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Full text of "Études sur les dialectes de l'Arabie méridionale"

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ÉTUDES  SUR  LES  DIALECTES 


DE 


L'ARABIE  MËEIDIONALE. 


U  •Z^53^e. 


ÉTUDES  SUR  LES  DIALECTES 


DE 


L'ARABIE  MÉRIDIONALE 


PAR 


LE  COMTE  DE  LANDBERG. 


-±^ 


DEUXIÈME  VOLUME. 


DATINAH. 

Deuxième  partie. 
Commentaire  des  textes  prosaïques. 


7.      ^     5z 

LII3KA1KJE  ET   IMPlilMEKlE 

ci-devant 

E.  J.  BRILL.  -  LEIDE. 
1909. 


lUF&iUEBiE  ci  devant  £.  J.  bbill,  L£ID£M. 


A  LA  MÉMOIRE 

DU 

Roi  OSCAR  II. 


Deux  semaines  avant  la  mort  du  roi,  je  reçus  de  lui 
une  lettre  dans  laquelle  il  m'écrivit  entre  autres  choses 
ceci  :  „Le  livre  Die  Keilmschriften  imd  des  Alte  Testament 
que  le  professeur  Zimmern  m'a  envoyé  m'a  vivement 
intéressé,  surtout  la  partie  qu'il  a  écrite  lui-même.  Mais 
il  faut  être  plus  savant  que  moi  pour  bien  comprendre 
tout  cela.  Oui,  c'est  en  Babylonie  que  nous  devons  cher- 
cher l'origine  de  notre  religion  et  de  ses  dogmes.  Je  vois 
plus  clair  à  présent.  Un  point  me  paraît  encore  obscur: 
quelle  est  la  relation  entre  la  civilisation  égyptienne  et 
celle  de  la  Babylonie,  car  il  doit  y  en  avoir  une.  Il  y  a 
longtemps  que  je  le  suppose."  J'étais  justement  en  train 
de  lui  répondre  pour  lui  exposer  comment  j'envisage 
cette  relation,  lorsque  je  reçus  la  nouvelle  que  mon  bien 
aimé  roi  avait  fini  sa  mission  sur  la  terre.  Le  coup  était 
terrible  pour  moi,  car  je  lui  étais  très  attaché.  Les  Orien- 
talistes, dont  beaucoup  ont  eu  avec  lui  des  rapports  per- 
sonnels, connaissent  l'intérêt  qu'il  portait  à  leurs  études. 
Ce  n'était  pas  là  une  expression  aimable  de  roi,  mais 
un  intérêt  basé  sur  le  désir  d'approfondir  l'histoire  de 


VI 

la  religion  dans  laquelle  nous  avons  été  élevés.  La  vérité 
scientifique  dominait  tout  chez  le  roi.  Malgré  cela,  il 
était  persuadé  de  la  haute  valeur  éthique  du  christianisme. 
Profondément  philosophe,  il  avait  supporté,  avec  une  séré- 
nité de  sentiments  admirable,  le  terrible  choc  qu'un  en- 
nemi insidieux  avait  apporté  à  notre  patrie.  „Je  n'ai  pas 
voulu  que  les  deux  frères  s'entre-tuent,  me  dit-il,  et  les 
juges  suprêmes,  le  temps  et  l'histoire,  prononceront  leur 
verdict."  Ce  verdict  a  déjà  été  prononcé.  Requiescat 
in  pace. 


PREFACE. 


L'impression  du  manuscrit  de  ce  volume  a  duré  trois 
ans  et  demi.  Pendant  ce  temps,  quelques  ouvrages  ont 
paru  que  j'aurais  bien  voulu  utiliser.  Tels  sont  Volks- 
sprache  und  Schriftsprache  im  aîten  Arabien  par  Karl 
Vollers,  et  Grundriss  der  vergleichenden  Grammatik  der 
Semitischen  Sprachen  par  Cari  Brockelmann.  Je  ne  crois 
pas  que  l'ouvrage  très  important  de  Vollers  ait  été  ap- 
précié par  mes  confrères  autant  qu'il  le  mérite.  Il  con- 
tient d'immenses  matériaux  pour  l'histoire  des  dialectes. 
Quelques  vues  de  détail  de  mon  savant  ami  ne  sont  pas 
toujours  les  miennes,  mais  je  trouve  le  jugement  de 
Brockelmann  V  G  S  S  p.  24  tout  à  fait  injuste,  car 
Vollers  ne  dit  rien  de  pareil. 

Le  Grundriss  de  Brockelmann  est  un  monument  de 
la  science  orientale  allemande.  La  force  de  travail  de  cet 
orientaliste  est  phénoménale,  écrasante.  Il  fait  dans  son 
ouvrage  une  large  part  aux  dialectes  arabes.  Ceux-ci  for- 
ment même  le  nucleus  de  son  exposé.  Pour  un  ouvrage 
de  cette  nature,  le  premier  de  son  genre,  le  début  est 
brillant,  et  j'admire  franchement  l'étendue  des  connais- 
sances, le  zèle  collectionneur,  la  facilité  de  travail  et  la 
force  synthétique  de  l'auteur.  Cependant,  j'ai  pu  me 
persuader,    en   étudiant  le   Grundriss,  que  les  dialectes 


VIII 

sont  encore  insuffisamment  connus  et  mal  connus.  J'en- 
visage bien  des  phénomènes  autrement  que  Bfockelmann. 
S'il  voulait  travailler  moins  vite,  il  nous  rendrait  encore 
plus  de  services.  Je  renvoie  à  son  ouvrage  autant  que 
me  l'a  permis  la  technique  de  l'impression,  mais  je  me 
propose  de  publier  une  critique  raisonnée  de  la  partie 
arabe  de  ce  livre  capital.  Quelques  mémoires  de  I.  Barth 
et  de  A.  Fischer,  tous  les  deux  mes  amis  personnels, 
qu'une  discussion  scientifique  a  brouillés,  espérons  pour 
peu  de  temps,  m'auraient  également  servi,  non  pas  pour 
modifier  mes  jugements,  mais  pour  les  confirmer. 

La  publication  de  Rhodokanakis  sur  le  dialecte  de  Pofâr, 
qui  parut  lorsque  mon  livre  était  presque  en  entier  im- 
primé, est  très  méritoire  et  intéressant.  Elle  a  pourtant 
besoin  de  rectifications.  Je  les  donnerai  au  Glossaire. 
En  outre,  le  „dialecte  de  Çofâr"  est  un  patois  bien  hété- 
rogène, produit  du  commerce  des  Mahrah  avec  les  Arabes 
des  côtes  de  l'Arabie  méridionale  et  du  Golfe  persique. 
C'est  même  plutôt  un  baraguinage  individuel  qu'un  véri- 
table dialecte. 

On  trouvera  sans  doute  que  mes  commentaires  sont 
un  salmigondis  fort  indigeste.  Et  pourtant  je  n'y  ai  mis 
qu'une  petite  partie  de  ce  que  je  voulais  et  pouvais  dire. 
Il  y  a  beaucoup  de  choses  dans  le  girâb  el-kurdî 
que  j'ai  rapporté  avec  moi  de  l'Orient.  Qui  sait  si  un 
autre  pourra  dépenser  trente  ans  de  sa  vie  en  Orient,  sa 
force,  son  argent  et  ses  intérêts  personnels  pour  relever 
les  dialectes,  comme  je  l'ai  fait,  moi?  Les  commentaires 
des  textes  poétiques  sont  élaborés,  et  je  ferai  tout  mon 
possible  pour  que  la  publication  ne  s'en  fasse  pas  trop 
attendre.  Le  Glossaire  formera  un  gros  volume.  Il  com- 
prendra non  seulement  tout  ce  qui  figure  dans  les  trois 


IX 

volumes  de  Datînah,  mais  aussi  une  grande  portion  du 
vocabulaire  dés  dialectes  de  l'Arabie  du  Sud.  Cela  pour 
faciliter  le  travail  que  préparent  quelques  savants  alle- 
mands, et  auquel  je  porte  le  plus  grand  intérêt. 

Il  n'est  pas  inutile  de  dire  que  j'ai  parlé  le  dialecte 
dâtînois  tous  les  jours,  depuis  plus  de  douze  ans,  avec 
les  indigènes  qui  m'ont  entouré.  Je  passe  à  présent  à 
un  autre  dialecte,  que  je  parlerai  pendant  quelques  années 
avant  de  le  présenter  à  mes  confrères.  Voilà  ma  méthode. 
Elle  est  très  lente  et  très  coûteuse,  mais  elle  est  plus 
sûre.  Mon  ami  le  professeur  Enno  Littmann  et  les  savants 
algériens  suivent  la  même  méthode.  Elle  a  donné  les 
résultats  qu'on  connaît. 

Ne  travaillant  que  pour  la  science  elle-même,  je  n'ai 
jamais  envoyé  d'exemplaires  de  rédaction  aux  revues 
critiques.  Le  jugement  de  quelques  orientalistes,  pour  la 
plupart  mes  confrères  intimes,  qui  auront  de  l'intérêt  à 
lire  cet  ouvrage,  est  le  seul  qui  m'intéresse.  Ne  dépen- 
dant de  personne  et  n'acceptant  que  les  vérités  prouvées 
par  la  philologie,  l'histoire  et  les  sciences  naturelles,  je 
fais  carrément  face  au  mysticisme  de  l'Eglise,  qui  domine 
encore  les  pays  où  la  séparation  de  l'Etat  et  de  l'Eglise 
n'a  pas  encore  eu  lieu.  C'est  justement  cette  Eglise  dogma- 
tique qui  est  la  plus  grande  ennemie  de  la  science.  Notre 
devoir  est  de  la  combatti'e.  L'Orientaliste  est  la  bête  noire 
du  clergé,  chrétien,  juif  ou  musulman,  car  il  lui  montre, 
philologiquement  et  historiquement,  la  provenance  orien- 
tale des  dogmes  mystiques,  émanations  d'un  clergé,  vieux 
comme  le  monde,  et  qui  croyait,  alors,  voir  du  surnaturel 
là  oii  il  n'y  avait  que  du  naturel. 

La  France  nous  donna  la  liberté  politique  par  la  grande 
Révolution.  Elle  vient  de  donner  aux  Français  la  liberté 


religieuse  par  la  séparation  de  l'Eglise  et  de  l'Etat.  Cet 
ouvrage,  écrit  en  français,  comme  tous  les  précédents, 
est,  à  ce  titre,  un  hommage  de  respectueuse  gratitude  à 
la  nation  libératrice.  Pour  nous  autres  Germains,  la  route 
est  encore  longue! 

Les  découvertes  des  dernières  cinquante  années  ont 
bouleversé  nos  idées.  Les  dialectes  arabes,  qui  forment 
un  emporium  inépuisable  de  trésors,  encore  tout  brillants, 
malgré  leur  vétusté,  contribuent,  pour  leur  part,  à  dis- 
siper les  ténèbres  qui  ont,  jusqu'à  présent,  couvert  le 
monde  oriental,  dont  la  civilisation  a  ra5'0nné  sur  toute 
l'Europe  et  qui  lui  a  donné  le  cachet  qu'elle  porte  encore 
à  l'heure  qu'il  est. 

Avec  la  mort  d'Ed.  Glaser,  nous  entrons,  je  l'espère, 
dans  une  période  de  calme  et  de  collaboration  désinté- 
ressée. D  voyait  partout  des  persécuteurs  et  des  rivaux. 
Par  son  esprit  chicaneur  et  sa  plume  souvent  fort  en- 
venimée, il  avait  laissé  planer  sur  nos  études  une  gênante 
lourdeur,  car  personne  n'était  à  l'abri  de  sa  mauvaise 
langue.   A  présent  que  D  H  Mûller  et  Fritz  'Hommel  se 

sont  solennellement  réconciliés  par  un  sy>  lAic,  publié 
dans  le  W  Z  K  M  1908  XIII  Heft  2,  il  faut  espérer  que 
ces  deux  savants  nous  donneront  le  résultat  pratique  de 
cette  alliance  retentissante,  en  publiant  ensemble  les  ins- 
criptions de  Glaser.  Alors  seulement  nous  pourrons  ap- 
plaudir à  un  acte  qui,  sans  cela,  ne  serait  pas  bien 
compréhensible.  Pour  faire  avancer  la  science,  il  n'y  a 
pas  de  sacrifice  trop  grand. 

Je  présente  ici  tous  mes  remerciements  à  M.  le  Directeur 
Peltenburg,  chef  de  la  Maison  E.  J.  Brill,  à  Leiden, 
qui,  avec  un  nouvel  essor,  continue  dignement  la  renommée 
de  cette  honorable  maison. 


XI 

Le  lecteur  est  prié  de  vouloir  bien  corriger  les  fautes 
d'impression  avant  de  lire  cet  ouvrage. 

Tous  les  mots  et  tous  les  exemples  où  il  n'y  a  pas 
d'indication  de  provenance  sont  du  dialecte  datînois. 

Nice  le  1er  Novembre  1908. 
Landberg. 


TROISIÈME  PARTIE. 

COMMENTAIRE. 


281 


7, 1.  La  première  ligne  nous  offre  déjà  des  particularités 
dialectales.  L'article  est  dans  le  pays  à  l'ouest  de  Hadra- 
môt,  la  plupart  du  temps,  em  ^),  au  lieu  d'el.  Je  dis 
„pour  la  plupart",  car  les  Bâ  Kâzim,  confédération  prin- 
cipale du  pays  des  ^Awâliq  Inférieurs,  se  servent  de  pré- 
férence d'el.  La  voyelle  prosthétique  est  pourtant  u  ou 
0  1"  si  la  première  lettre  du  mot  est  w:  um-weli',  le 
saint,  le  sanctuaire-,  om-waldah  77,  21;  80,  22;  81, 
1.  Devant  la  même  lettre,  l'article  peut  aussi  devenir 
ow:  ov^-v^aldât,  38,  3,  et  9;  ow-waladât  38,  6, 
les  filles;  il  est  même  allongé  en  ô:  ô  v*^ aidât  74,  14; 
75,  1;  140,  9.  Cela  n'est  cependant  pas  une  règle  géné- 
rale. 2°  Si  le  mot  précédent  finit  par  un  u  ou  un  w, 
avec  lequel  l'article  fait  alors  corps:  wàlligum-kutub, 
cachez  les  livres;  hàqwum-waldah,  la  taille  de  la 
jeune  fille.  Um  représente  aussi  Jtj,  p.  é.  9,  10:  um- 
%uq  =  ^ytJt5.  En  Datînah,  on  se  sert  des  deux  articles, 
mais  em  est  d'un  emploi  plus  fréquent.  Cette  simulta- 
néité provient  des  relations  fréquentes  qu'ont  les  Datînois 
depuis  quelques  années  avec  Aden;  voyez  ici  p.  115.  l. 
Ya'^îé,  pp.  1222  et  1377,  et  ez-Zamaljsarî  ')  rapportent 
selon  en-Namir  b.  Tawlab  ^)  que  le  Prophète  aurait  dit  : 

1)  En  copiant  I.  («innî,  sans  toutefois  le  nommer;  el-MofassaH53. 
L.  A.  V  p.  110,  où  se  trouve  éfïalement  cette  tradition  pou  authen- 
tique, mais  non  moins  intéressante  pour  cela  au  point  de  vue  pliilo- 
logique.  Ilizânat  el-Adab  T  p.  405  marpe. 

2)  K  A  XIX,  p.  157  et  ss. 


282 

JÛ^  J.  À.*:*^  .*^'  ^yi  ^-^ ,  le  jeûne  en  voyage  n'est  pas 

un  acte  de  pieté'.  Cet  article  est  attribué  à  la  langue  des 
Tayy  '),  et  (jauharî  dit  même  qu'il  est  de  celle  des  Him- 
yar.  Cette  tradition,  ainsi  formulée,  est  connue  de  tout 
musulman  un  peu  lettré  en  Orient.  Le  Prophète,  pour 
lequel  la  içJu-  bUJo>  était  un  facteur  important,  a  cer- 
tainement voulu  imiter  les  Arabes  yémanites  en  s'expri- 
mant  ainsi,  mais  l'article  em  ici  prouve  que  celui-ci 
était  alors  connu  dans  le  Higàz.  Les  Tayy  avaient  depuis 
longtemps  quitté  leur  patrie  méridionale  et  avaient  sans 
doute  adopté  la  langue  du  Nord.  Mais  on  ne  saurait 
cependant  nier  qu'ils  n'eussent  pu  conserver  l'article^)  et 
d'autres  particularités  morphologiques  du  Sud,  car  sans 
cela  on  ne  les  leur  aurait  pas  attribuées. 

Déjà  Neswân   b.   Sa^îd  el-Himyarî,   prince  de  Beyhân, 
a  dans  son  ouvrage  Sams  el-'Ulûm  ')  relevé  cet  article 

lorsqu'il  dit:  Juc«i  ^^  s^-'làLÎj  s^lXlS  ïJljujV)  v^'  ^ÔS^ 

\jjj  JJyj  ^  iuxj  ujyo  ':^j»i'^  j.^,  et  de  même  el-^ibûb  est 
el-mo'ûbbah,  c'es^  à  dire,  el-mokâbarah  et  el-mo- 
fâharah.  Un  des  proverbes  des  Himyarites  dit:  s'il  n'y 
avait  la  réclame^  les  tiges  de  roseaux  (?)  n'auraient  pas 


1)  Il  aimait  beaucoup  à  se  servir  de  mots  yémanites.    Ainsi,   dans 
un  rescrit  aux  Yémanites  concernant  la  ii^Joa  il  fit  écrire:  ^jo^Li  ^% 

byb  a.yilj   en    employant    le  mot  yémanite  »j01j,  L  A  5,  p.  140. 

2)  L'article   em   se  trouve  aussi  dans  un  vers  d'un  Tayyite;  v.  L. 
A.  XV,  p.  189  et  Lane  s.  v.  xJLw.  H.el-A  1.1.  marji^e. 

3)  Cité  par  D.   H.  Muller  SS  p.  18. 

4)  Sur  w*x.  dans  notre  dialecte,  voyez  le  Glos.saire  s.v. 


283 

de  débit.  Quelques-uns  d'entre  eux  changent  Varticle  1  en 
m,  tandis  que  d'autres  le  charigent  en  n.  El-Hamdânî, 
el-Gézîrah  p.  134,  fait  la  même  remarque:  aL\*:>5  r^T^y* 

^î  j»jtJ)  ^^L  J.  ^)j»Jo«!  ^^L  Q^jiyi:^  ^^^lic^r.^  Cela  est  plus 
clairement  expliqué  p.  135:  iL^uai  >_A=>.t  ^  o"^  "^^-5 

^5   ^yijj   é}y>\   ooî;3    ^^j:^  ^j  J^y'  ^y'  ^  ^  ^\ 

Si  je  comprends  bien,  l'auteur  veut  dire  qu'on  traîne 
sur  les  mots  et  que,  au  lieu  de  éj^jt^  et  é^l^\,  on  dit 
ba^îrâk  et  ahawâk.  Le  premier  serait  un  exemple 
du  y>,  commun  dans  la  prononciation  p.  e.  des  Bâ  Kâzim, 

et  le  second  du  ol\=>^),  auquel  on  comparera  le  banâh 
du  Nord  pour  ol^  et  la  finale  âh  pour-ât  des  Tayy. 

J'ai  devant  moi  un  recueil  de  zawâmil  des  Dû  Moham- 
med et  des  Dû  Hoseyn,  écrit  par  un  Yémanite,  et  où 
l'article  est  presque  toujours  ^]. 

Hamdânî  et  (jauhari  pouvaient  donc  parfaitement  dire 
que  l'article  liimyarite  était  ^\  ^).  Mais  par  himyarite  il 
faut  alors  comprendre  le   dialecte  arabe  parlé   dans   le 


1)  Le  texte   porte   *a<i,  ce  que  l'éditeur  a  corrigé  dans  les  Notes. 

2)  Ilamdànî  emploie  ainsi  OiA:>  o.  1.  p.  122/3. 

3)  El-Harîri,  Diin-at  el-Kauwâs,  éd.  Thorbecke  p.  183=  éd.  Cstpl. 
1299  p.  114  =  le  -.^  d'Ahmed  el-Hafri>;'î,  ibid.  p.  234.  Lane,  s.v.  (.L 
De  Sacy,  Anth.  gramm.  p.  71.  Le  ^^  d'el-Harîrî  Cstpl.  p.  IM^KamplT- 
meyer,  die  arab.  Verbalpart.  b  p.  36,  est  autre  chose.  Il  existe  en- 
core dans  le  Yéman.  On  sait  que  A.  v.  Kremer  et  Blau  n'admet- 
taient pas  l'existence  de  l'article  em!  Nos  connaissances  ont  fait  des 
progrès  depuis.  L'auteur  d'el-Murnî  dit  que  em  n'est  usité  que  lorsque 
l'article  n'est  pas  contracté  avec  la  lettre  suivante.  Cela  est  faux, 


284 

Yéman.  La  simultanéité  des  articles  em  et  en,  selon 
IJaradanI,  s'explique  facilement  :  les  Arabes  avaient  le  pre- 
mier et  les  Hirayar  le  second.  Cela  paraît  aussi  être 
l'avis  de  D.  H.  Mûller  o.  1.  p.  111.  En  correspondrait  alors 
au  an  sabéen.  Hommel,  A. A  p.  39  note,  veut  que  am- 
provienne  de  a  n.  Cela  est  possible,  mais  non  encore 
prouvable. 

Je  crois  que  nous  pouvons  retracer  l'article  em  assez 
loin  avant  l'histoire  islamique.  Plinius,  VI,  157,  fait 
mention  d'une  ville  Mariaba  Baramalacum  '),    où  je  vois 

dU*^t  j.    D.  H.  Mûller,   Burgen  II,   p.  70,  l'explique  par 

(iVL  b  et  il  ajoute  „sans  l'article  al,  qui  n'était  pas 
usité  en  sabéen".  Mais  j'ai  prouvé,  Arabica  V,  p.  114 
et  ss,  que  l'arabe  existait  au  Yéman  à  côté  du  sabéo- 
himyarite,  et  Nôldeke  est  tout  à  fait  de  cet  avis,  Z.D. 
M.G.  59,  p.  415.  A  présent,  j'ai  réuni  encore  plus  de 
preuves  à  l'appui  de  cela.  Glaser,  Skizze  II,  p.  132,  l'iden- 
tifie avec  dUL*  ^  =  ^ULo^j  in  'Asîr,  par  conséquent  „dans 
une  contrée,  oii  l'arabe  était  dominant  dans  l'antiquité". 
Ptolémée,  Sprenger  AGA  §  896,  parle  d'une  ville  'AjS/o-jsjtca, 
avec  la  variante  Afi(3i7X(x,x.  Cet  endroit  a  encore  aujour- 
d'hui le  nom  de  e  1-B  i  s  à  m  a  h ,  iuU^Jî.  Il  se  trouve  au  N. 
du  Gebal  el-^Areys,  dans  le  Surrat  en-Naha^'în,  situé 
dans  le  W.  el-Bisilmah  ^),  qui  débouche  dans  le  W.  Yarâ- 
mis.  Par  conséquent,  à  peu  près  où  le  place  Ptolémée  ^). 


1)  La  traduction  de  Wittsteiii  porte  Marippa  Palmalacura  et  Gla- 
ser 0.1.  p.  l'28  Maribba. 

2)  Maitzan,    toujours    en  faute,  l'appelle,  o.  1.  p.  253,  W.  Bosârne. 
On  voit  connue  il  e.st  iin|iortunt  de  ne  pas  oublier  l'article. 

3)  Ce  n'est  donc  pas  identique  avec  r*>jCS!  (jv^LLS/o  (pas  Makateyn), 


285 

La  variante  Af/,(oi(Txixx  est  la  bonne.  Comme  rien  ne  persiste 
aussi  inaltéré  que  les  noms  de  lieu,  on  pourra  voir  dans 
ce  nom  une  preuve  de  l'emploi  de  l'arabe  à  côté  du 
sabéo-himyarite  à  une  époque  antérieure  à  notre  ère.  Mais 
l'arabe  n'a  jamais  été  la  langue  lapidaire  et  officielle  des 
dynasties  régnantes.  Voilà  pourquoi  elle  n'a  laissé  que 
des  traces  éparses  dans  la  nomenclature  des  pays.  Hommel, 
en  compulsant  l'ouvrage  si  intéressant  de  Stephan  de 
Byzance,  est  arrivé  à  des  conclusions  étonnantes  sur 
l'importance  du  rôle  des  Arabes  avant  l'Islam.  Ayant  pu 
vérifier  ces  conclusions,  je  crois  que  nous  pouvons  nous 
attendre  à  des  révélations  importantes. 

Si  les  nombreuses  observations  dialectales  qu'on  trouve 
dans  les  plus  anciens  livres  sur  la  langue  n'étaient  pas 
l'expression  d'une  réalité  existante  au  temps  du  pre- 
mier Islam,  on  ne  saurait  guère  se  les  expliquer.  Il  est 
évident  que  les  grammairiens  n'ont  pas  enregistré  les 
différences  dialectales  sur  une  tradition  transmise,  car 
une  chose  pareille  se  perd  avec  le  temps  dans  la  mémoire 
du  peuple,  mais  sur  des  données  positives  ayant  encore 
leur  vie  dans  les  idiomes  parlés  par  les  diverses   tribus. 

Nous  savons  par  I.    es-Sikkît ')    qu'el   Farrâ"   disait: 

^csTO  ^Aj^^  j.L>  Jyb  ^JZh  ^j^  ^L^  j^  ^j=M  c>A.-«,  c'est- 
à-dire,  le  î  était  prononcé  comme  un  a,  ce  que  l'auteur 
exprime,  selon  l'habitude  arabe,  par  un  hamzah.  De 
même,    les   ïamîm   et  les   Qeys  proféraient  le  hamzah 


le-  meilleur  port  après  Aden,  ainsi  que  le  pense  Sprenger  o.  1.  39G,  et 
Maltzan  o.  1.  p.  253  est,  bien  entendu,  en  erreui'.  C'est  ainsi  que  la 
plupart  des  raisonnements  et  des  identifications  de  Sprenger  se  ré- 
duisent à  néant  devant  les  résultats  des  recherches  in  loco.  On  auiait 
dû  coniniencer  par  là  au  lieu  de  faire  de  la  science  de  chambre. 
1)  ilallner,  Texte  zur  arab.  Lexicographie  p.  24. 


286 

avec  un  sou  très  fort  de  tïicon  à  en  faire  un  ^  et  vice 
versa.  Cette  faiblesse  de  la  prononciation  du  ^  est  encore 
caractéristique  pour  le  Sud  ').  Si  el-ParnV  a  entendu  cela 
de  ses  propres  oreilles,  c'est  que  ces  tribus  n'avaient  pas 
encore  complètement  perdu  les  traits  distinctifs  de  leurs 
dialectes.  Nous  devons  donc  admettre  que  ces  traits  se 
sont  effacés  par  le  grand  remue-ménage  qui  eut  lieu  dans 
les  deux  premiers  siècles  après  l'Islam,  pendant  lesquels 
les  grandes  tribus  du  Nord,  avec  leur  gutturalité  plus 
forte  du  p,  ont  communiqué  leur  prononciation  aux  tribus 
immigrées. 

J'ai  également  constaté  l'article  en  chez  les  "^Awâliq 
Supérieurs  et  les  habitants  de  Marhah,  au  Nord  d'Ansâb. 
Une  plaine  fertile  de  ce  pays  s'appelle  Qasa'^an-heyr, 

-Ji  ^^,  les  collines  du  bien  (de  la  fertilité).  La  justesse 

des  inscriptions  sépulcrales,  rapportées  par  el-Hamdânî 
dans  son  el-Iklîl,  est  par  là  confirmée  ^). 

Ce  n'est  pas  par  hasard  que  les  inscriptions  découver- 
tes par  J.  Euting  à  el-^Ola  nous  offrent  l'article  -^,  à  côté 
de  P,  ainsi  que  l'a  bien  prouvé  Hommel  ^).  Les  anciens 
habitants  d'el-'^Ôla  étaient  certainement  du  Sud,  si  l'hy- 
pothèse d'Euting,  D.  H.  Mûller,  Epigraphische  Denkmâler 
etc.  p.  8  et  s.,  et  la  mienne,  Arabica  IV,  p.  12  et  ss., 
sont  plausibles.  Leur  langue  me  paraît  un  mélange  des 
dialectes  du  Nord  et  du  Sud.  Ont-ils  déjà  eu  l'article  _>l5> 


i)  Hafiner,  Texte  zur  arab.  Lexicographie  p.  24. 

2)  D.  II.  Muller,  SS.  pp.  118,  122.  Mon  Arabica  V,  p.  112. 

3)  Auf-.  u.  Abh.  p.  38  et  s.  Faut-il  plutôt  y  voir  JJ^  =  Jî  LP  [5^], 
avec  permutation  des  liquides,  ainsi  qu'un  .savant  me  le  fit  observer? 
Nous  aurions  alors  une  preuve  de  l'existence  de  ce  déterminatif  dia- 
lectal du  Nord,  qui  n'est  nullement  une  contraction  de  J'  'Â^, 
ainsi  qu'on  le  verra  plus  loin. 


287 

en  venant  dans  le  Nord?  Si  tel  est  le  cas,  on  devra  y 
voir  l'influence  himyarite,  car  les  Himyar  n'ont  certaine- 
ment pas  parlé  la  langue  lapidaire  qu'ils  nous  ont  laissée, 
ainsi  que  je  viens  de  le  dire.  L'idée  de  Glaser  que  les 
inscriptions  d'el-'Ôla  appartiennent  à  l'époque  entre  250 
et  400  après  J.  Ch.  devient  assez  probable. 

A  propos  de  l'article  e  m,  une  particularité  assez  bizarre 
se  présente.  Dans  quelques  noms  propres,  l'article  reste 
toujours  el,  p.  e.  el-Hadr,  où  l'on  ne  dirait  jamais 
em-Hadr;  el-bâreh.  Mer  soir.  La  prononciation  em- 
bâreh,  seule  usitée  en  Syrie,  en  Palestine  et  en  Egypte 
(embâreh),  ne  renferme  pas  l'article  sudarabique,  ce 
que  quelques  dialectologues  ont  soutenu,  mais  c'est  une 
assimilation  sous  l'influence  du  b.  Les  Arabes  Méridionaux 
ne  disent  jamais  em-bâreh,  mais  toujours  el-bâreh, 
class.  K^.Liî.  Comme  el-bêreha  à  Môsul  Z.D.M.G.  26 
p.  7,  13  et  passim.  Reinhardt,  'Oman,  a  p.  114:  Ibârha 
et  p.  241  1.6.:  mbârha,  quoiqu'on  'Oman  l'article  ne 
soit  jamais  em.  Ces  exceptions  sont  pour  le  moins  curi- 
euses, et  je  ne  me  les  explique  pas.  Il  me  paraît  difficile 
d'y  voir,  soit  une  influence  savante,  soit  une  importation 
directe  du  Nord,  Pour  des  mots,  tels  qu'el-Hadr,  soit, 
mais  pour  ceux  du  genre  d'el-bâreh,  cette  provenance 
ne  saurait  entrer  en  ligne  de  compte. 

Souvent  l'article  reste  soudé  au  mot  avec  lequel  il  a 
fini  par  faire  corps.  Cela  a  lieu  surtout  dans  les  noms 
propres.   Les  deux   exemples  typiques  sont  Meysar,   el- 


1)  Lôhr,  professeur  de  tliéologio  à  Breslan,  a  publié,  après  un 
séjour  des  quelques  mois  à  Jérusalem,  une  giaïuinaire  très  rudimen- 
taire  de  ce  dialecte  où  il  donne  §  134  imbiirelj,  à  côté  de  ilhâf, 
comme  exemple  d'un  «préfixe  euphonique"!  Ce  livre  renferme  beau- 
coup de  ces  savantes  remarques! 


288 

Meysarî,  tribu  de  Datînah  =  y^jûi',  nom  tiré  de  l'endroit 

o  — o 

Eysar,  et  Môdieh  =  wo^'u)',  territoire  des  Mayàsir 
dans  le  W.  Marrân.  Le  nisbah  du  coll.  q^j^*-'',  subdivi- 
sion des  'Ôlat  el-Bahr,  est  ^j:^^^^',  pi.  ^^-o^,i^i  ou  s^L*^!. 
Le  nisbah  du  coll.  ^^L^u>,  de  la  tribu  des  'Armân  des 
'Ôlat  Haurah,  est  ^}.:^,  à  côté  de  ^J^^f^.  lj^'j^'  ^^^  ^^ 
nisbah  de  ^o^  Jî,  dans  le  pays  indépendant  d'esSa^ah. 
Le  nisbah  de  iLi^yol  jT  d'es-âubâhî  est  ^c^/^^  et  non 
.c^jC'L   Le  nisbah  de  ^^.2^  J',  qui  est  pour  oi^"^',  est 

^JùJas),  des  "Awdillah  d'el-Kaur.  Salim  es-Sâhimi  el-Kâzi- 
mî  d'Ahwar  a  dit,  à  propos  de  la  guerre  que  les  B. 
Kâzim  firent  au  sultan  Fadlî  et  où  ils  furent  battus: 

U^^J  ^    d^    L^    C^    L^/     ■■ 

Et  nous  sommes  sortis  dans  Vaprès-midU 

0  Labîs  élevé! 
Mon  messager!  salue  la  famille  d'Abu  Ruqûé! 
J'ai,  moi,  des  guerriers  qui  font  passer  ma  volonté^), 
Je  ne  suis  pas  comme  eux,  qui  l'achètent  moyennant 

[finance. 

1)  Il   y   a  ici  un  .5^,0",  car  iùJ;   signifie  aussi  le  terrain  suffisam- 
ment   arruac    et    imbibé    d'eau    à   l'aide    de    l'iiTigation    artificielle, 

/  /  f  . 

rawîyet    min    em-mâ'.     Ensuite   on   prépare,   ^jr*-?"»   ce   terram, 

l)our  la  semence.  Mot  à  mot,  cet  hémistiche  se  traduit  par:  je  n'ai 


289 

Ce  n'est  que  lorsque  j'eus  noté  cette  mirgilzah  que 
je  sus  que  les  Marâqisah  s'appellent  aussi  u^^^j-  Cela 
indique  que  l'origine  de  ^J:^/>  est  (ji^s,^î  =  {J^'^J^\  comme 

^^LvJ^I  devient   ^,lJ1^,   Vhomme,  et  iùo5^5t  fait  Môdieh 
et  Mùdieh  etc. 

Cette  soudure  de  l'article  est  du  reste  fort  rare  dans 
les  dialectes  que  je  traite  ici,  mais  elle  se  rencontre  en 
''Oman  RO  §93,  Bemerk.  2.  Par  contre,  les  Tunisiens  disent 
Ukanda  de  l'italien  locanda  ^).  Pour  l'arabe  littéraire, 
j'ai  trouvé  trois  mots  qui  sont  de  cette  catégorie*).  Je 

peux  y  ajouter  ^^^jl^^  =  ^jr^y^^   Hamâsah  p.  793,  M.  el- 

M.  s.v.  .Jj,  et  ceux  rapportés  par  Vollers  Volkssp.  p.  149. 

Maltzan,  Reise  p.  239  et  272  note,  parle  de  l'article 

8 m,  mais  la  remarque  qu'il  y  ajoute  est  insensée.  Il  ne 


pas  des   yiJ    clr-    labourage   qui   préparent    )>ion   cluunp   arrosé.    Le 

terrain   arrosé   dont   l'eau    a   été   absorbée    s'appelle    {J^^    ou    Àè, 
comme  dans   cet    hémistiche    d'une    longue    qasîdah    d'un    Ahwarite 

Qui  7i'a  pas  de  boeufs  (deux  mots  non  compris)  hc  labourera  ni  le 

terrain  arrosé  ni  le  terrain  déjà  séché,  jàc  est  la  qualité  de  la  terre 
qui,   après   l'évaporation   de   l'eau,   se   désagiège   facilement    sous   la 

pression  des  doigts,  sys,  est  le  teriain  encore  détrompé  paj'  l'eau  du 
sél,  comme  dans  cet  hémistiche  de  Moh.  b.  Mehdi  el-'Aulaqî 

0  guerrier  qui  te  trouves  avec  les  guerriers  qui  ont  soif  de  la  guerre! 
0  loi  qui  as  été  élevé  avec  les  bêtes  de  labourage  sur  le  champ  dé- 

[Irempé  par  le  sèl  ! 

1)  Sedira,  Dict.  p.  911,  mais  Stumme,  TGr.  Gl.  s.  v.  donne  1  u  k  â  n  d  a. 

2)  La  langue  arabe  et  ses  dialectes  p.  47. 


290 

reconnaît  même  pas  l'article  dans  les  noms  qu'il  rap- 
porte  et  il  le  confond  avec  j.',  mère.  C'est  ainsi  que 
ahlem-Rassàs,  p.  301,  est  devenu  Ba  0mm  Rezaz 
et  p.  303  W.  em-Halîf,  W.  0mm  Chalif.  Il  prétend 
p.  238  que  dans  le  dialecte  des  Diyâb  le  suffixe  verbal 
ka,  au  lieu  de  ta,  s'est  conservé.  J'ai  beaucoup  fréquenté 
les  Diyâb,  j'ai  même  passé  quelques  heures  dans  leur 
pays,  mais  jamais  je  ne  me  suis  aperçu  d'une  telle  par- 
ticularité. Maltzan  ne  mérite  aucune  créance.  Son  livre 
sur  l'Arabie  méridionale  n'est  qu'un  tissu  d'erreurs,  de 
noms  écorchés  et  de  données  fausses.  Il  est  vraiment 
temps  de  rectifier  un  auteur  qui,  sous  des  dehors  scienti- 
fiques, pendant  plus  de  trente  ans  a  été  l'oracle  de  tous 
les  orientalistes,  de  tous  les  géographes.  Il  appartient  à 
la  grande  classe  de  ceux  qui,  sans  études  préalables,  veu- 
lent devenir  célèbres  à  peu  de  frais  en  voyageant.  Ce 
qu'il  a  fait  de  mieux,  c'est  d'avoir  réhabilité  la  mémoire 
du  pauvre  v.  Wrede  que  v.  Humboldt,  dans  son  orgueil, 
avait  si  malmené. 

7,  1:  Bir,  fils.  D'abord,  un  grand  arabisant,  ayant 
lu  le  premier  volume,  m'écrivit  que  y  était  une  erreur 
typographique  et  qu'il  fallait  lire  ^,  d'autant  plus  qu'il 
voyait  figurer  cette  dernière  forme  aussi  ;  et  puis  un  autre 
confrère  me  fit  observer  qu'il  est  intéressant  de  constater 
que  la  forme  araraéenne  est  employée  dans  le  Sud.  Le 
premier  avait  absolument  tort,  le  second  seulement  en 
partie,  car  ^  est  une  forme  sémitique  qui  dans  le  Sud 
s'est  conservée  à  côté  de  l'arabe  ^.  Je  dirai  même  que  ^ 
est  dans  le  dialecte  datînois  plus  commun  que  ^.  On 
dit  môme  ibër  (ibr)  et  cela  toujours,  de  môme  que  ibn, 
lorsqu'il  ne  s'agit  pas  d'un  filiation.  Le  Ôalihi  dit  môme 


291 

alors  bin,  el-bin.  La  coïncidence  avec  l'araméen  ne 
doit  pas  impliquer  un  emprunt  à  cette  langue,  surtout 
dans  le  Sud,  où  le  mehri  a  aussi  y  ^).  B  i  r  se  trouve 
dans  l'inscription  d'en-Nemârah  :  ^y:  y  u*^'  f- 

Il  y  a  trois  manières  d'exprimer  la  filiation  directe: 
1°  nom  du  fils  4-  y  ou  ^  -1-  nom  du  père  ;  2"^  nom  du 
fils  4-  nom  du  père:  Nâsir  ^Ali,  p.  7  1.  5,  =  N.  fils 
de  ^A]  3°  nom  du  fils  -|-  nom  du  père  avec  l'article, 
Hasan  em-Mas'ùd,  H.  fils  de  M.,  18,  21,  Ahmed 
em-Fadl''),  A.  fils  de  F.,  10,  22.  Cette  dernière  manière 
est  aussi  usitée  en  Egypte,  Spitta  Gr.  p.  256,  et  dans 
le  Nord  de  la  Péninsule.  Socin,  Diwan  III,  §  192  b,  la 
constate  pour  le  Negd,  mais  il  y  voit,  „non  pas  l'article 
malgré  la  prononciation",  mais  la  préposition  J  avec 
prosthèse.  Je  ne  saurais  accepter  cette  explication  étrange  '). 

Il  faut  ici  observer  que  dans  le  Sud  on  ne  peut  pas 
toujours  se  servir  à  volonté  de  l'article.    On    dit   bien 


1)  En  mehri  bort,  fille,  pi.  bant. 

2)  Le  nom  «'tait  chez  les  auteurs  arabes  J**i2fiJ!,  niais  dans  le  Sud 
c'est  sans  l'article. 

3)  Le  Hamûd  el-^Obeyd  de  Euting  Tagbuch  I,  p.  187,  que 
Socin  y  cite,  est  du  reste  Ha  m  mû  d,  comme  écrit  aussi  es-Suyûtî 
ce  nom  dans  son  Bujyat  el-wa'ât  s.v.  ioUa^  ^  aU!  lAxc  qJ  lX^ts^, 
et  dans  le  ms.  du  Diwan  d'el-Uellanûbî,  que  Schiaparelli  a  peut-i'-tre 

déjà  publié,  le  nom  du  râwî  est  écrit  (j:*r^.  q?   *^'   *-^^^^  O^.^^  _^î 

L>y^:>-   ^^,    avec   un  sedd.    Ce  ms.  est  de  l'an  513  a.  H.,  Prov.  et 

Dict.  p.  128.  El-Kisâl  dit:  dUJ^^  ^^"^l      yiàx  J^  Jj^  J^  Le  J^^ 

qvwJ>5  O}^  ^5^*^,  Brockeimann,  Beitriige  z.  Geschichte  der  arab. 
Sprachw.  Z  A.  XIII,  p.  35.  Cette  forme  se  rencontre  aussi  en  hébreu, 
Z  D  M  G.  57,  p.  527  et  773  et  ss.,  mais  je  ne  puis  accepter  la  déri- 
vation y  proposée  par  Praetorius  p.  773. 


292 

Hasan  em-Fadl,  Silleh  em-Bedr,  mais  non  p.  e.  Hasan 
el-^Ali,  quoique  Socin  donne  justement,  1.1,  Mhammed  al- 
"Alî.  Il  m'a  été  impossible  de  trouver  ici  une  règle.  Le 
n".  2  est  le  plus  commun.  Si  la  filiation  n'est  pas  directe, 
il  faut  j,  de  môme  que  lorsque  le  nom  du  père  a  lui- 
même  l'article:  em-Heytami  bir  el-Hadr  bir  ^Assâl,  où 
el-Hadr  est  le  nom  du  père,  et  ^Aééal,  celui  de  l'aïeul. 

On   pourra  comparer  JJ!^  ^JL*:»".    Turfat  el-asMb  porte: 

de  même  que  I.  Hisâm  p.  700,  14:  ^-j"^  ^Ji  ^j^,  mais 
p.  869,  10:  ^.^^L£  ^j^. 

Dans  l'Arabica  III,  p.  105  note,  j'ai  parlé  de  L  J'ai  eu 
tort  d'y  dire  qu'il  n'est  jamais  prononcé  Bfi.  Au  contraire, 
nous  avons  B  â  K  a  z  i  m,  B  â  H  a  1  a  1  ')  etc.  Ce  b  â  est  =  ^. 
Nous  le  retrouvons  dans  les  noms  des  anciennes  tribus 
cyy^Jb,  ^xJb  etc,  el-Kâmil  d'el-Mobarrad  p.  619/20  et 
p.  661.  Il  est  très  commun  dans  le  Sud,  mais  principa- 
lement devant  les  noms  de  tribus.  Dans  le  Hâdinah  il  y 
a  les  Bilaswad,  qui  sont  une  fahîdah  des  Hal  ""Omar 
bil  Hasan,  où  bil  me  fut  expliqué  par  ^Ji.  Je  ne  saurais 
dire  si  Arabica  V,  p.  212  bâ  Garrali  est  de  cette 
nature.  Il  me  semble  difficile  d'admettre  que  ce  soit  une 
abréviation  de  yj,  comme  le  pense  de  Goeje,  Wright 
Gr.  3  p.  24  note,  et  Wùstenfeld.  Faut-il  le  chercher  aussi 
dans  Be  Hadad,  Gen.  36,  35,  et  dans  les  noms  Be 
Eâterah,    Be   Dad,    Brommîmah')  dans  la  Liban 


i)  Voyez  les  Glossaires  de  Arabica  V  et  de  Hdr  s.  v.  Bâ. 

2)  La  coïncidence  de  IJe  Hadad  avec  Brummânah,  est  pour 
le  moins  très  curieuse,  du  moment  qu'on  sait  que  Ri  m  m  on  était 
ri''|iitli("'to  syrienne  do  Hiulnd.   llnmiiiol  (i  G  G  p.  88. 


293 

etc.,  où  Hommel  GGG  p.  167  note  4  voit,  je  crois  à  tort, 
la  préposition  ba,  bi?  Dans  ce  cas,  notre  bâ  serait  fort 
ancien.  Le  nom  ^^^  d'une  inscription  minéenne  d'el'Ola, 
D.  H.  J\Iûller  EDA  N"  XXXVIII,  est  par  le  déchiffreur 
et  par  Hommel   A  A   p.  35  comparé  à  ^-'.Aiiij.  Si  cela 

tient,  nous  avons  une  preuve  sûre  de  Jo  =  j,  mais  l'in- 
scription porte  ^yi  ^^  j.[5,  ce  qui  rend  cette  comparaison 
un  peu  douteuse.  Le  j^a.^  de  mes  inscriptions  de  Daman, 
Hommel  A  A  p.  152  N°  VII,  ne  me  paraît  pas  non  plus 
très  concluant  à  cause  du  o  précédent.  Dans  les  inscrip- 
tions safâites  nous  trouvons  les  mots  didn^d.  nDJ<3.  n^3D> 
nnN^n.  rhn2  etc.,  oiî  Glaser,  0  L  Z  VIII,  p.  448,  a  bien 
raison  de  traduire  2  par  par. 

Em-Bedr  =:  Badrûn. 

Le  n.  p.  em-Bedr,  que  nous  rencontrons  souvent 
dans  ce  livre  peut  marquer  le  point  de  départ  d'un  his- 
torique intéressant  des  noms  en  -un.  Kampffmeyer,  qui 
nous  a  donné  de  si  jolies  études,  a  aussi  traité  cette 
question  dans  la  Z  D  M  G  53  p.  629  et  s.s.  Cependant, 
je  ne  saurais  accepter  toutes  les  conclusions  auxquelles 
ce  savant  est  arrivé.  Em-Bedr  correspond  à  Badrûn, 
nom  si  connu  par  I.  Badrûn,  qui  descendait  d'une  famille 
de  Hadramôt,  o.  1.  p.  645,  comme  el-Fadl  (ancienne- 
ment toujours  avec  l'article)  est  identique  à  Fadh'in. 
Le  fait  que  les  noms  en  un  alternent  avec  ceux  en  an, 
comme  Salmûn   et  Salmàn'),  Zeydûn  et  Zeydan 


1)  Nous  avons  qUIw,  *-JLw  et  ^.^UaLw,  Fracnkol  V  W  p.  242,  et 
^,L^L<  Diw.  I.liitim  Tey,  Sclmltli  ,  N"  LV  v.  W.  ^L^U    ^  K  A  X, 


294 

etc.,  amène  Kampffmeyer  à  y  voir,  avec  raison,  le  déter- 
minatif  sabéen  An,  ou  l'article  déterminé.  Cet  article 
est  resté  dans  une  foule  de  nomina  loci  et  persona3,  aussi 
bien  dans  le  Sud  que  dans  le  Nord.  Bû  DiyèbâD  = 
v^iLÀj'î  _o',  tribu,  à  côté  de  Ahl  ed-Diyôb.  Kaiikabân 

=r  ^*iyC).  Ôauhatân  =  li=>j^'l  jYriqût  III,  p.  333  et 
422,  7,  Hçlr.  Gloss.  s.v..  Samsân,  le  cap  Aniinon  [=') 
'^)*2V  ^  f**^'J  de  Ptolémée  :=  ^v.^4-^',  la  montagne  d'Aden 
z=z]WD''^,  Simson,  véritablement  ]1TO'^  zn  Sa,a\//a>v  *).  Peut- 
être  p^ii  est-il  aussi  ]lûïï\s  =r  j>^'^\,  le  D'^n  par  excellence, 
et  apporté  du  Sud  de  l'Arabie  par  les  Phéniciens,  d'au- 
tant plus  que  Baudissin  Z  D  M  G  59  p.  461  enregistre 
aussi  la  forme  p'^.  Il  ne  fait  cependant  pas  mention  de 
cette  éventualité.  Hebrôn  est  sous  la  forme  l.Iibrân 
le  nom  d'un  wadi  du  Sinaï,  Vollers  Z.  A.  P.»  p.  197  note. 

^^^L:s^  sésame,  class.,  :=  J.^^  du  Sud  ').  Les  inscriptions 


p.   50;    ^•,L^^o    ibid..   ^5^^    J'    Diw.     Iiritiin    p.    43,   18.    ^.,^^  yj 

des    Tayy,    I.Lim.    2(vl    I.    H.    ,j,'^Vc    lioh.    IV,    p.  78.    (^)'-*^,    <it''z. 

p.  77.    ^-y^p-  i''id.,  p.  GO,  19,  24;  1G9.   ^•,^->/>  Arabica  IV,  p.  53. 

L,^-  L  ibid.  p.  41.    .^o.^   Hoh.  vu,  p.  101.    .\^L  ibid.  V,  p.  100, 

Diw.    Ijâtini    j).    44,   19.    (^•)L'l;-\    larnillc   à  Habbân.   ^•^_y^  qJ   q^) 

^^,L^  ^ji  Vollei'K  el-Miital.  p.  29  note  3.  Kt  une  infinité  de  noms 
analogues.  Ijdr.  j).  225  et  512  note,  llominel  A.  A.,  p.  112  note. 
KampfTtneyer  o.  I.  p.  034. 

1)  llominel  A.  A.,  p.  155. 

2)  Donc,    ce  n'est  pas  un  diminutif,  comme  le  veut  Noldeke  D  S  S 
W,  p.  105,  note  2. 

3)  Mais  je  fais  observer  que  beaucouii  de  noms  botanicpios  finissent 
dans  le  Sud  on  -ii  n. 


295 

protoanibes  nous  fournissent  Sa'd  ot  SaMu  fi  côtô  de 
SaMàu,  ilalôvy,  Nouvel  essai  etc.  Vocab.  p.  96  s.v.. 
SaMîln  est  encore  un  nom  courant  chez  les  Bédouins 
du  Nord,  tandis  quo  SaMàn  est  .singe. 

J'ai  déjà  relevé  que  l'a  se  prononce  dans  certaines  con- 
trées du  Sud  C>  et  0  ot  que  c'est  ainsi  que  s'explique  le 
nom  do  \\  a  (,1  r  a  m  ù.  t,  1,1  a i.i  r  a  m  ô  t,  11  a (j  r  a  m  ù  t  et  qqf. 
aussi  H  ad  rama  ut').  Nous  voyous  môme  que  la  dési- 
nence du  pluriel  vio  riinparlait  est  -un,  -on  et,  plus 
rarement  -aun,  ou  -ù,  -o,  -au,  -ou. 

Ce  passage  de  il  en  ô  est  commun  à  l'ost  de  Datinali. 
A  'Azzîln  j'ai  ontondu  banùt  ■=  oLo;  beliV  z=  Mj, 
sans;  kamôh=:^U3,  comme  lui,  comme  cela-,  gô' = 
cls,  sol;  sôki  n  :=^^^3  Uv;  H, ôkob  n.  lot'.;  îil  ol-yosOr, 
la  main  gauche,  Id  ol-yemôn,  la  m.  droite.  Tour  lo 
*^Oma,n,  Reinhardt  rapporte  §  178  s  10) m  ot  slauniuii=r 

j.liU,  (."bL-,  et  dans  lo  Sahl.ii  nous  trouvons  chez  Jayakar, 

B  B  E  A  S  1902,  p.  263,  ^ys>  =  ^U:>  due  ;  p.  264  o^^  = 

oij'ù',    pl.   de   iûli'ï);    p.  259   JJjo  =  ^L.    Dans  lo  mohri, 

cette  prononciation  de  ;i  est,  à  peu  d'exceptions  près,  la 
règle.  Je  ne  citerai  que  (piehiues  mois  ')  (pii  se  trouvent 


1)  Aiabica  V,  p.  181),  '201,  201).  l.Idr.  p.  89  et  s..s.  ot  ici  lo  Gloss,  sub  à. 
Socin  Diw.  lll,  y.  W'-ll  :  ^^•^Cs.xm.  On  u  iiri  mr'tno  prononcer  Hadra- 
inût,  ou  -mot,  et  M  ad  ra  111  ;i  11  t  dans  raiiti(jiiitt'  .sabôoiiiio,  car  sans 
los  C(.da  li's  inscriptions  no  poitoraioiit  pas  c>-<irAi:i^>  à  côlo  do  KZiy^f^-^^- 
Snonck,  Nitidoiios  l'cstsclirift,  I  p.  U7,  dit  qno  »dio  j^obildoton  nnd  inaiulio 
ungebildeto  Madhraniioton"  prononcent  Hadrainôt  ot  «qu'il  n'y  a 
pas  do  raison  pour  introduire  Hadraïuut  on  JMiropo".  J'ai  le  plus 
souvent  entendu  I.ladrainùt.  Je  crois  quo  les  trois  formes  sont 
éj^aloinent  boiuies. 

'2)  l'our  x<^'    -  Oniâii  iy*J",  .layakar  o.  ot  I.  1.  s.  v.  poiko. 

,1)  Kxtraits  an  hasard  do  l'ouvrage  do  j).  jj.  MnUor,  A'w  Mrliii-  iiinl 


296 

aussi  en  arabe  :  n  e  h  ô  r  =  ^'^i,  a  m  ô  m  e  t  =:  mI^,  m  î  d  ô  n 
=  ^^ÎL\y«,  hagôgi=:|^^L^,  m  a  ^y  0  n  =  ^^lajw,  mabam- 

melût=ro^û^,  habbOz=jL*3.,   bannôy  ^'--o'),  zôl 

=:  JU,  biikOret,  pi.  bâkôrôt  :=  h^^^  salut  z=  bJuo, 
3^LAa  î^A»'!*,  tOéer=^j,  hôdem=:j.j>J>,  et  ainsi  tous 
les  participes,  usôh  =  ^'u*.3,  àegôget=:À^^j>,  genObi 

=  ^Li=>,  poignards,  k  e  1 1 0  n  =  ^l-^^,  pwnaise  '),  q  ô  m  e  t 
=  iUj.  Les  deux  noms  bibliques  ^^^4^^  o*A^  furent  pro- 
noncés Maillon  wa  Kilyôn  par  le  mehrite  et  le  soqotri 
de  D.  H.  Mùller  o.  1.  p.  45,  10. 

Dans  le  soqotri,  où  cette  prononciation  est  moins  fré- 
quente, on  trouve  mbôrek  rr  j)  Ly),  esOmer  =  esfimir 

=  vî)'uxj,  raehri  niôk,  o.  1.  61,  15;  bawwôb=r*>ji^,  61, 
20,  mais  61,  28  bouwâb. 

Le  dialecte  de  Mésopotamie  offre  aussi  une  tendance 
du  passage  de  â  en  0,  Z.D.M.G.  58,  p.  935. 

Quelques  mots  de  la  langue  littéraire  ont  encore  un 
aspect  graphique  qui  rappelle  leur  prononciation  dans  la 
langue  à  laquelle  ils  ont  été  empruntés:  a^jp-,  s^Lo,  h^: 
etc.  Wright  Gr.  I,  p.  12,  Nôldeke,  Geschichte  des  QorAns 
p.  255,  c'est  à  dire,  on  aura  dit  originairement  hayOt, 
salôt'),   zakôt  etc.   Le  nabatéen  offre  aussi  cette  par- 

ticularité    dans   certains   mots:   jjj^    manôtû  =z  -j'uLx, 


Soqotri-Sprache  et  de  celui  de  Alfred  ,hihn,  die  Meliri-Sprache  in 
Siidarabien.  , , 

1)  Voyez  lidr.  Gloss.  s.  v.  2)  Sud  q^,  n.  gen. 

?t)  .l'ai  vraiment  entendu  cette  prononciation  dans  la  lii^iirho  d'un 
homme  de  W.    Amamn  à    A/.z'in. 


297 

Euting  N.  I.  p.  26,  encore  conservée  dans  le  Qonln  53, 
20:  byx.  Nôldeke  fait  o.  1.  p.  77  observer  que  le  ô  „ap- 
partient  ici  au  dialecte  arabe,  parce  que  ce  mot  est  arabe". 

On  sait  que  cette  coloration  de  îi  en  ô  est  une  règle 
en  hébreu,  à  peu  d'exceptions  près,  Kônig  LG-  II,  p.  483, 
Wright  Gr.  3  p.  84  et  s.,  et  cette  voyelle  est  ensuite 
nuancée,  de  même  qu'en  araméen  et  en  phénicien,  en  û, 
Zimmern  VGSS.  p.  49  s.  s.  Cf.  ^.,LLL  i)  et  l'hébr.  ]rûb^, 
puissant,  Koh.  8,  4.  Voyez  les  Additions. 

Il  ne  souffre  donc  pas  de  doute  que  des  noms  tels  que 
Badrùn,  Hamdûn  ne  soient  absolument  identiques  à 
Badrân  et  à  Hamdfin,  qui  se  rencontrent  aussi.  C'est 
une  prononciation  sudarabique  ancienne  que  les  tribus 
émigrées  vers  le  Marrib  ont  emportée  avec  elles  et  qui 
s'est  conservée  telle  quelle  ^).  Nous  ne  savons  pas  com- 
ment on  prononçait  cette  terminaison  ^^,  on  ou  un, 
au  temps  qu'elle  était  encore  vivante,  p.  e.  I.  Haldôn 
ou  I.  H  a  1  d  û  n  ,  ce  que  Kampffmeyer  fait  lui-même  ob- 
server, p.  643.  Eu  égard  aux  dialectes  sudarabiques  et 
à  l'hébreu,  qui  pour  nos  études  sont  d'un  grand  secours, 
je  suis  incliné  à  n'y  voir  que  la  prononciation  On.  Plus 
tard,  lorsqu'on  ne  voyait  que  la  chose  écrite,  on  aura  bien 
prononcé  -un.  Or,  c'est  sur  la  forme  écrite  que  Kampif- 
meyer  base  sa  théorie,  car  il  dit  ;  o.  1.  p.  649,  note  1  : 
„Bei  der  Regelmassigkeit,  mit  der  wir  ô  fur  û,  anderer- 


1)  Nous   trouvons    la    variante  phonétique    ...LiJU;. 

2)  On  ne  saurait  ici  penser  à  la  terminaison  patronymique  persane, 
p.  e.  q''-^.  A'**  <^^  ^/-i  car  les  Per.sans  ont  laissi-  bien  peu  de  traces^ 
dans  les  dialectes  du  Sud.  Il  n'est  pas  non  plus  néces.saire  d'y  voii-, 
avec  Hommel  A.  A.,  p.  '.)'.),  »ia  forme  aramôenne  ^.j^JLsss", 
autre  sens. 


298 

seits  aber  bei  unsern  Namen  nur  un,  nicht  On  haben, 
ist  es  nicht  môglich  unsere  Namen  fur  phonetische  Um- 
bildungen   aus  An   zu    erklàren.    Landbergs'    Schreibung 

3-  darf  uns  nicht  verwirren  :  er  meint  ô,  wie  er 
auch  zu  gleicher  Zeit  und  sonst  transcribirt"  :  Kampff- 
meyer  ne  s'est  pas  aperçu  que  par  ces  mots  il  s'est 
entortillé  dans  un  cercle  vicieux,  car  c'est  lui-même  qui 
écrit  en  lettres  européennes  on,  tandis  que  les  Arabes 
n'ont  qu'une  seule  manière  de  rendre  graphiquement  on 

et  un:  ^p_.  Voila  pourquoi  dans  mes  ouvrages  précé- 
dents j'avais  adopté  le  suédois  â  pour  3-,  et  ô  pour  3- 
ainsi  prononcé.  J'ai  ici  changé  â  en  ô,  mais  je  vois  à 
chaque  moment  que  (^yo*o  U,  comme  disent  les  Arabes 
du  Sud. 

On  comprendra  à  présent  pourquoi  „le  père  du  célèbre 
chef  du  parti  des  Mowallad  s'appelait  Hafs,  et  pourquoi, 
lorsqu'il  fut  devenu  riche  et  puissant,  on  lui  donna,  le 
nom  de  Hafsûn,  ou  plutôt,  d'après  la  prononciation  des 
Arabes  d'Espagne,  Hafsôn"^).  C'est  qu'on  avait  encore 
conscience  de  la  provenance  de  cette  terminaison.  Etre 
originaire  du  Yéman  était  une  gloire,  et  on  donna  à 
Hafs  la  terminaison  yémanite:  il  était  devenu  par  là 
noble.  Le  raisonnement  de  Kampffmeyer,  0. 1.  p.  651,  me 
semble  tout  à  fait  acceptable.  Dozy  a  donc  très  bien  pu 
dire  „que  cette  terminaison  équivalait  à  un  titre  de 
noblesse"  ^).  La  noblesse  ancestrale  des-  musulmans  re- 
monte à   H  as  an   et   Hoseyn-'),   qui   ont  ensuite  reçu 


1)  Dozy,  I  Adhi'iri  2,  48  =  Kampflmeyer  o.  1.  p.  640  et  s. 

2)  Geschidite   (1er   Mauren   in   Spanien    I,   p.   3G6  =  KampITmeyer 
0. 1.  p.  (')41. 

.3)  Sans  l'aiticle  cliez  I  Sud   ill,  1  p.  25  et  s.,  mais  aussi  avec  l'ar- 


299 

leur  „particule  nobiliaire",  en  devenant  el-Hasan  et 
el-Hoseyn,  c'est  à  dire  Hasanôn  et  Hoseynôn, 
selon  l'ancienne  manière  maghribine.  Cette  terminaison 
■an  ne  doit  pas  être  confondue  avec  le  pluriel  -an,  si 
commun  dans  les  dialectes  méridionaux,  ni  avec  celle 
des  adjectifs  ^^^s. 

Kampffmeyer,  o.  1.  p.  646,  pour  appuyer  sa  thèse,  cite 
encore  des  mots  en  ^-  qu'on  rencontre  déjà  de  bonne 
heure:  qjJ^^,,  à  côté  de  qÎA^^,  ^.^T,  à  côté  de   ^tcxr, 

(j^s^  etc.  Cela  n'est  qu'une  imàlation  de  -an,  prononcé 

an,  en,  et  ensuite  în  ').  Il  rapporte  aussi  les  deux  noms 


ticle  dans  une  ancienne  tradition  rapportée  par  Hodeyfah  b.  el-Yamân 
chez  Dussaud,  Nosairîs  p.   146  note. 

1)  Je  recomman  le  l'article  de  A.  Fischer  dans  la  Z.D.M.G.  59  p. 
647  et  s.s.  sur  rimâla.  Le  savant  professeur  de  Leipzig  y  met  des 
points  sur  les  î.  L'adverbe  hadari  ba^'dên,  i^ht'i  tard,  ensuite,  dont 
j'ai  parlé  Arabica  III,  p.  166,  correspond  au  sabéen  qI-^,  Glaser 
542  =  die  Abessinier  p.  50  en  bas  et  p.  204  s.v.,  prononcé  ba'^dan, 
et  peut-être  même  ba^'dên  au  temps  des  Sabéens.  Cf.  ce  que  je  dis 

de  lX*j  I.Idr.  pp.  454  et  ss.,  771  et  Bohârî  II,  p.  10.  Souvent  j'ai 
entendu  ba  deyn  chez  les  paysans  de  la  Syrie,  mais  seulement  là 
où  domine  la  tendance  de  conserver  la  diphthongue.  Il  n'est  pas 
inutile  de  faire  i-eraarquer  que  les  Bédouins  de  toute  l'Arabie  ne  se 
servent  jamais  de  cette  forme  archaïque,  qui  est  exclusivement  ha- 
dari. Ils  disent  ba'^d  ou    oqb  h  ad  a  ^uqiib).  Les  formes  l'apportées 

par   Wallin,   Z.D.M.G.    6   p.  204,   des  Bédouins  de  Muweylih,  (jjLJic 

et  jjti3^,  prouvent  justement  que  le  parallèle  ba^dên  ne  renforme 
pas  un  ancien  duel,  contrairement  à  Vollers  Z.D.M.G.  49  p.  389  qui 
y  voit  à  présent  q'  iA*j,  W.Z.K.M.  VI,  p.  169,  ce  qui  est  impossible. 

Je  fais  observer  que  à  est  devenu  c  dans  les  deux  noms  Diyé'bi 
et  Subchi  pour  ^bj  et     ^L*x3,  lidr.  Gloss.  p.  762  et  note.  Voyez 

ici    sub   14,    4:  gafâ.    Le   syr.    hêk,    ainsi,   même   heyk,    de  »i)L^. 


300 

de  lieu  Bagerên  et  Hagarên.  J'ai  été  à  Bagarên,  où 
j'ai  constaté  que  le  nisbah  en  est  Bagarani,  et  dans 
le  ^.,Aii  yti  ;-o^j  l'auteur  nous  apprend  que  le  nisbah  de 
Hagarên  ^)  est  Hagarânî,  exactement  comme  qJj>'-  fait 
Js)y>:  ')  et  3^^  fait  ^J^  et  ,^j*>  ;  cf.  A.  Fischer  Z.D. 
M. G.  59,  p.  651,  oîi  se  trouvent  d'autres  exemples  inté- 
ressants d'imàlation.  Il  y  a  un  Bah r an  dans  W.  es- 
Ôo"^eyb  et  un  autre  dans  W.  Habbân,  Arabica  V,  Gloss. 
S.V.,  et  le  nisbah  en  est  également  bahrànî.  Si  l'on  a 


J'espère  qu'on  ne  considérera  plus  ba'^dcn  comme  »énigmatique", 
Noldeke  B  Z  S  S  W  p.  14,  pas  plus  que  kanitin,  qui  est  d'une  for- 
mation analogue,  I.Idr.  Gloss.  s.v..  Noldeke,  o.  et  1.1.,  traduit  celui-ci 
pai-  so  vicl,  ce  qui  est  inexact,  car  il  signifie  auch,  ebenfalls,  iwch. 
A.  Jérusalem  on  dit  avec  les  suffices  kilmani,  kamâk,  k  aman  a, 
kilmâkum  etc.,  comme  les  Hédouins  du  Sud,  à  l'exception  de 
kamâ'i,  au  lieu  de  kamâni,  Lôhr  V  A  D  J.  p.  87.  V.  Additions. 

1)  Il  l'appelle  ^jy^iî,  comme  aussi  Yâqût  s.v.  Celui-ci  ajoute 
de  son  cru,  en  citant  el-Uézîrah  p.  86  en  haut:  j^^^  ^-^  J^3i» 
ce  que  D.  H.  Muller  a  corrigé  en  isy-^'J  et  il  fait  figurer  cela  dans 
le  texte  d'el-Hamdâni,  comme  il  le  dit  ingénument  dans  les  notes, 
II,  p.  87!  Hirsch,  Reise  p.  161  a  Hagarën,  mais  les  n.  pr.  de  ce 
voyageur  sont  tous  estropiés.  Il  dit  p.  136:  .  .  .  entdeckte  ich  eine 
Fliege...,  den  richtige  Rindhornchen  schmiickten,  so  dass  man  bei 
ihrem  Anblick  an  ein  Miniatur-Ochschen  zn  denken  versucht  war, 
was  auch  in  ihrem  Nainen  Bagarûn  (j^^^yjj)  zum  Ausdruck  kommt". 

L'auteur  a  bien  pensé  que  r\^^  est  un  diminutif  de  yij;  il  avait 
peut-être  entendu  parler  d'un  diminutif  -un  (6n)  quelque  part, 
Duval  Gr.  Syr.  §252 a;  Noldeke,  Neysyr.  Gr.  §  53,  mais  en  arabe 
un  tel  diminutif  n'existe  pas.   Le  »petit  boeuf"  s'appelle  simj)leinent 

...^jï  L.  C'est  ainsi  que  les  soi-disant  explorateurs  deviennent  célèbres. 
Les   livi'cs   du  (toupie  Bent  contiennent  également  de  telles  aménités 
désopilantes,    i-j'y^    est   un    A2:>*   dans    Halévy    465  =  Z  D  M  G  37 
335,  5. 

2)  Iloramel  a  déjà,  A.  I.  0.  p.  274,  soupçonné  qu'il  n'y  avait  pas  ici 
un  duel;  idem,  GGG  p.  244  note  5;  contr.  à  VoUers  Volksspr.  p.  160. 


301 

dit,  ou  l'on  dit  encore,  Bagareyn,  Hagareyn,  Bahreyn, 
cela  ne  pourra  ôtre  qu'en  vertu  de  la  diphthonguisation 
parce  qu'on  croyait  et  croit  encore  y  voir  un  duel, 
comme  Zamahsârî  dans  Yàqût  1,  p.  505.  Mais  cela 
ne  fut  pas  admis  par  les  savants.  On  a  toujours  dit 
^y«5?.  pour  tous  les  cas  selon  Yâqût.  Ayant  oublié  que 
les  mots  ^\y>^.  et  ^y?^  renfermaient  déjà  l'article  sabéen, 
ou  y  a  ajouté  l'article  arabe,  comme  on  l'a  fait  pour 
iLs^!,  bJoA!âl  et  ^^^  0,  mais  ^î^^,  Diw.  Hâtim  Tey 
N»  LV  V.  8,  déjà  Haurânu  dans  les  textes  assyriens, 
Hommel  GGG  p.  8.  Le  nom  moderne  de  l'ancien  Eridu 
que  je  vois  écrit  Abu  Sali  rein*)  doit  sans  doute  être 

^^U^_^f  = -i^!_^î  et  se  prononcer  Sahrên  =  Sahrân 
L'imâla  â  devient  réellement  ê  dans  la  prononciation,  et 
on  la  rend  aussi  graphiquement  par  un  ^.  Nous  savons 
que  les  plus  anciens  manuscrits  qorâniques  portent  p.e. 
w^  pour  ljLIj  imâlé,  ^^.f^  pour  qJ/'^  imâlé,  Nôldeke 
G.  des  Q.  pp.  253,  255,  281,  328.  Hdr.  p.  387  et  s.  où 
j'en  ai  donné  d'autres  exemples  ^).  Le  zâmil,  à  présent  si 
connu,    rapporté   par    Abu    Zeyd    dans    ses    Nawâdir  ^) 


1)  Il  paraît  que  Sabwah  avait  aussi  l'article  dans  l'antiquité,  puis- 
que  Strabon   dit   ^6\tv   S' 'éxoua-iv  xx^xtccvov  ,    Hommel,   GGG    p.    137. 

Un  oIt^'  Arabica  V,  p.  21G. 

2)  Hommel,  GGG  p.  3GG.  .leremias  AT  p.  29.  KAT''  p.  359. 
La  traduction  »des  deux  lunes"  est  donc  erronée.  Sahrân  est  du 
reste  un  nom  de  lieu  sabéen,  D.  H.  MuUer,  Sudarab.  St.  p.  128. 

3)  Quelques  savants  européens  ont  commencé  à  rendre  l'imâla  par 
ê,  p.e.  .lahn  dans  sa  traduction  de  Sîb.  et  A.  Fischer  Z.D.M.G.  59, 
p.  GG4,  mais  cela  prête  à  confusion.  Voyez  à  présent  VoUers  VS  j).  15 
et  s.  et  p.  101.  Voyez  Additions. 

4)  Aussi  par  es-Sîrafî  chez  Jahn-Sîb.  Comment,  p.  48  =  L.  A. 
s.  V.  =  Beh'idorî  p.  48  =  I.  el-Ath'  4,  p.  286  =  el-'Aynî,   marge  de 


302 

p.  105,  fait  rimer  d^^,  avec  dUJî,  ilèka  Ou  prononrait 
donc  ^i)Uï  qafêka  pour  qafâka.  Les  noms  ^.Jui., ^at 
etc.  ont  donc  été  prononcés  Kasdên,  IJamdûn  etc. 
Or,  comme  dans  les  dialectes  nordafricains  et  arabe- 
espagnoles,  ainsi  que  dans  ceux  du  Sud  de  l'Arabie,  y 
compris  le  mehri,  ê  permute  si  souvent  avec  î  ^),  ces 
mots  auront  pu  ensuite  être  prononcés  Rasdîn,  Ham- 
d  î  n  etc.,  comme  la  trilogie  S  a  1  h  â  n  ^),  8  a  1  h  0  n  et  S  a  1- 
l.iîn»);  ^,^,|1VD,  Ma'în  et  M  a 'an;  ^,LJ,  ])]ûb,  mehr.  lisîn. 
Nous  avons  donc  la  série  an,  on*),  un,  et  an,  un, 


IJiz.   el-Adab,   IV    p.    591r=Nuldeke,    BSSW    p.    t>l  =  Z.D.M.G.    38 
p.  413  =  Kampffmcyer  o.  1.  02'i. 

.le  diffère  de  Nôldeke  quant  à  la  prononriation  des  rimes  en  ques- 
tion. Fisclier  a  mille  fois  raison  de  dire  ZDM(>  59,  p.  651,  que 
pour   motiver   Timâla   la  règle  d'un  i  patent  ou  latent  ne  suflit  pas. 

Faut-il    ici    su])poser   ^\ue   Lai    est   originairement   Lâi,    sur   jLxi,    en 

analogie  avec  les  autres  mots  de  cette  catégorie? 

1)  Voyez  le  Glo.ss.  sub  ay,  ô,  î,  a,  où  l'on  trouvera  de  nombieux 
exemples.  Bâb,  bàb,  bîb,  porte,  llrmali,  et  hîmah,  tente,  les 
deux  dans  le  Sud.  Dcrah  et  dîrah,  territoire,  localité,  dans  le 
Nord  (la  remarque  de  Socin  Diw.  Gloss.  s.v.  est  erronée,  v.  ici  Gloss. 

S.V.).   En   Mésoput.   on   dit    y  a   rat  =  c:^^   \i  et  min  hât  =  ^ 

ev?>-    VV^^  et  U^    Muzhirll,  pp.  127,  142,  144,  Arabica  V,  p.  95. 

Stuinme  TGr.  p.  41.  Ilâl,  force^t}-^;  hâl,  cJievcwx^=  ^y^;   sâf, 

élé  =  ^iSo   etc.   ZDMG   58,    p.    935,   938.  Voyez  Arabica  V,  p.  215 
l'observation  très  instructive  à  propos  de  la  prononciation  de  Beylu'in. 

2)  Hommel  SAChr.  §  61  et  p.  132;  Arabica  V,"  p.  95. 

3)  Arabica  V,  p.  95.  Kampffmeyer  o.  1.  p.  647/8.  Cf.  la,  la,  li  = 
"b5  =  'o!.  Je  ne  saurais  décider  si  le  nom  sudarabique  Sâlmîn  que 
portent  les  esclaves  est  de  cette  catégorie,  ou  bien  un  véritable  pluriel. 

4)  0  n  passe  avant  û  n ,  contrairement  à  Kampffmeyer.  On  obser- 
vera   man,    miin,    min,   mîn,    mon,    mehri   et   aram.,   où   auss 


303 

în.  Sur  les  noms  prononcés  avec  ses  terminaisons  nuan- 
cées de  an,  Kampffmeyer  construit  sa  théorie,  o.  1.  p. 
633  et  656,  que  „la  détermination  sudarabique,  du  moins 
originairement,  a  dû  être:  nom.  -un,  gén.  -în,  ace.  -an" 
et  „  qu'elle  est  sortie  de  la  mimation  renforcée  plus  an- 
cienne: -ûm,  -îm,  -âm".  Je  ne  crois  pas  que  ce  savant 
nous  ait  apporté  de  preuves  valables  pour  une  telle  hy- 
pothèse. Nous  connaissons  sûrement  que  la  détermination 
était  an,  et  rien  ne  nous  autorise  à  en  admettre  une 
autre  ^).  Dans  mes  études,  je  n'expose  que  des  faits  et 
je  laisse  les  théories  et  les  hypothèses  à  ceux  qui  y 
voient  plus  loin  que  moi. 

—  7,  4;  Muhtâlefîn  ''a la  ^ays  u  melëh  est  une 
locution  et  une  pratique  très  communes.  Les  Lihyânites 
et  les  el  Mustaliq  avaient  fait  un  qasàmah  (Arabica  V, 
Gl.  s.  V.)  en  mangeant  et  en  buvant,  Diw.  Hodeyl,  Koseg. 
p.  170,  N^S?.  J^  est  dans  l'A. M.  nourriture,  manger  en 
général,  et  non  pas  pain  comme  en  Egypte.  On  jure 
par  le  manger  qu'on  fait  servir  aux  contractants  ou  à 
l'accusé;  on  jure  par  le  sel,  s'il  n'y  a  pas  de  nourri- 
ture, et  on  en   met  une  pincée  devant  celui   qui   doit 


m  an,  quil  Hâdâlâ,  Dt,  hadôlâ,  Hd.  et  Nord,  et  h  ad  ô  le,  h  ad  île, 
"^Omân.  Sâhar  et  Sîhar,  mehri,  charbon  de  bois.  Ehodim  et 
ehêdim,  je  sers,  soqotri,  D.  II.  Muller  Soq.  p.  61,  5.  Tahâren 
et  tahèyreu  =  ^r^j  ^jî^»  ibid.  p.  146,  '20.  Je  ne  cite  que  quel- 
ques exemples  qui  rae  viennent  à  la  mémoire  en  ce  moment. 

1)  Kampffmeyer  dit,  o.  1.  p.  650.  que  »le  temps  où  les  noms  en 
-un  commencent  à  s'employer  plus  généralement,  marque  l'époque 
où  le  sudarabique  commençait  à  disparaître  dans  les  milieux  où  ces 
noms  avaient  cours".  Je  trouve  que  c'est  tout  le  contraire.  La  dispa- 
rition de  ces  noms  du  parler  populaire  marque  aussi  celle  de  l'elfa- 
cement  des  rémini,scences  philologiques  des  idiomes  de  l'Arabie  mé- 
ridionale. 


304 

jurer  ').  Par  le  repas  commun  l'alliance  est  conclue.  Les 
alliés  s'appellent  aussi  [jS^'^  et  dans  le  Nord  (jn^ujo**). 

Cette  „alliance  par  le  manger  et  le  sel"  date  de  la  plus 
haute  antiquité.  Elle  était  pratiquée  par  les  sectateurs 
de  Jésus  de  Nazareth,  qui,  en  instituant  l'Eucharistie, 
créa  un  dogme  qui  est  devenu  la  base  de  l'Eglise  chré- 
tienne. Le  (jixjoi  et  le  ^  étaient  aussi  le  symbole  et  le 
scellement  de  l'hospitalité  chez  les  Grecs.  Homère  dit 
%ov  xKei;,  TToîi  Tpâ-Tre^cti,  où  sont  les  sels,  OÙ  les  tables? 
Voilà  pourquoi  ils  disaient  âxx  xx)  Tpxxe^xv  7rxpx(2xlv£iv, 
manquer  aux  devoirs  de  V hospitalité.  Homère  donne  au 
sel  l'épithète  de  ^frof,  divin.  Dans  notre  société  moderne 
le  (jix-o:  et  le  ^JU  sur  des  tpxttsî^xi  •')  sont  aussi  le  scel- 
lement d'un  'iJil^.  Un  pacte  est  chez  nous  aussi  le  plus 
souvent  confirmé  par  un  repas,  a^U-o,  entre  les  deux 
parties.  Lorsqu'on  Arabie  tout  le  monde  saura  lire  et 
écrire,  le  ""a y  s  et  le  mil  h  seront  remplacés  par  un 
acte  notarial.  L'usage  du  sel  pour  corroborer  la  validité 
d'un  serment  est  encore  très  commun  chez  les  Bédouins 

de  toute  la  Péninsule.    ^Uii  J^  of^^-^  ^'"^  -^^^^  ^^^  ^^ 

sel,  et  on  jette  souvent  du  sel  sur  le  feu  par  lequel  on 
jure.   La  crépitation  en  est  symbolique.  El-Muraqqis  dit, 


1)  Arabica  V,  pj).  134,  158.  Goldziher  MS  I,  p.  03  et  ss..  Kremer, 
Studien  p.  22.  V;"^'  ''^■^  d'el-Mofaddal,  Cstple,  p.  237.  Meyd.  Prov., 
Fieytag  II,  p.  690.  I.  Qot.  p.  229. 

2)  rfJLc  donner  le  sel  à   qqn  en  signe  d'hospitalité  D.T.O.  p.  24. 

3)  AM  =  :a^    ou    iyc,    (|iie    Vollers,    Z.D.M.G.    49,    p.  497,  note  3, 

paraît  drrivei-   de   'incnsa,  qui    a  donnr  en  portugais  mcsa  et  tneza, 
mais  iA^  est  un  emprunt  du   iicrsau   :-^,  table. 


305 

Mofadd  41,  V.  11  :  ^j^Jî  ^^  ^  pL^^.  C'est  le  'iS^S  ^ 

de  la  (jrâhilîyeh,  L.  A.  s.  v.;  K.  el-Hayawân  d'elGâliiz, 
éd.  Caire  p.  27.  Wellh.  Reste  2,  p.  189.  Dans  le  Sud, 
on  donne  un  morceau  de  sel  ^OU  u^j  à  celui  qui  doit 
jurer  et  qui  prononce  cette  formule  ou  quelque  chose 
d'analogue  en  tenant  le  sel  entre  ses  doigts: 

gJt   u^J   %    ^y^    ^    ^)J^.    l5^    /^^^  ')   ^'    ^^^   *^'3> 

(je  jure)  par  Dieu  et  par  ce  sel  pur  dans  ma  mai7i,  —  qu'il 
me  frappe!  que  je  n'ai  pas  vu  etc. 

Chez  les  ""Awâliq,  on  jure  même  par  les  fusils,  q^J^. 
ooLuJI  ^^.  Je  ne  fais  que  rappeler  ici  le  n^p  fins  des 
Hébreux').  Les  Babyloniens  appelaient  le  sel  tabtu  et 
s'en  servaient  également  dans  leurs  sacrifices*).  A.v.  Kre- 
mer  dans  son  Studien  p.  28,  prétend  que  dans  la  haute 
antiquité  les  Sémites  n'ont  pas  connu  le  sel.  Selon  lui, 
l'emploi  en  aurait  été  découvert  par  les  Egyptiens,  au 
dire  de  Sanchoniaton,  et  „parce  que  sel  se  dit  mrh  ou 
mlh  dans  la  langue  hiéroglyphique".  Mais  d'abord  ces 
mots  ne  signifient  point  sel,  et  puis  une  telle  ignorance 
de  la  part  des  Sémites  est  vraiment  inadmissible.  L'Ara- 
bie est  le  pays  du  sel  par  excellence.  Le  long  du  Rub"" 
el-Hali'',  aussi  bien  au  Nord  qu'  au  Sud,  il  y  a  toute 
une  série  de  „montagnes  de  sel"  dont  j'ai  parlé  dans 
mon  Arabica  V  ^).  Les  Minéens,  les  Sabéens,  les  Qataba- 
nites  et  les  Himyarites,  pour  ne  parler  que  de  ceux  du 
Sud,  ont  dû  exploiter  ces  gisements,  comme  les  Arabes 
les  exploitent  encore  aujourd'  hui. 


1)  Obs.  milh,  mais  dans  le  Nord  pour  la  plupart  mèlôh. 

2)  Ou  ^f-irV^.       3)  Gesen.-Buhl  H.WB'*.  p.  38GI).  KAT»  p.  OOG. 
4)  Jeremius  A.T.  p.  27G.  KA'P  p.  598.  5)  Index  s.  v.  sel. 


30G 

Le  fait  d'avoir  mangé  avec  quelqu'un  constitue  déjà 
un   certain   pacte,   ,^,  de  fraternité,  et  tout  araiDisant, 

ayant  voyagé  en  Orient,  y  a  entendu  la  phrase  ji-^  LJûI 
U-csxj  «-^l  j^JL«5  c'est-à-dire,  nous  somroes  des  amis.  Le 
repas  qu'offre  celui  qui  a  été  reçu  dans  une  corporation 
de  Damas  ^)  s'appelle  _yJ^'  ou  JLixi!  iUxi.,  repas  de  récep- 
tion. Le   sens  de  tromper  que  -Xj  a  aussi  pris  prouve 

que  le  hadarî  ne  considère  pas  toujours  le  sel  comme 
un  ciment  suffisant  de  bonne  foi:  c'est  trop  salé!  Mais 
une   chose  qui  a  une  mica  salis   est   pour   les   Latins 

comme  pour  les  Arabes  aussi  une  i^Ls^OU. 

Les  Bédouins  sont  fort  hospitaliers,  et  bien  des  inimi- 
tiés ont  été  aplanies  par  „Ze  manger  et  le  sel"  \  exacte- 
ment comme  par  les  dîners  de  nos  Congrès  des  Orienta- 
listes. Même  l'ennemi  qui  entre  dans  la  tente  et  y  mange 
est  à  l'abri  de  la  vengeance,  tant  qu'il  a  la  nourriture^ 

iés^JUi,   dans  le   ventre.  L'hôte  est   une  personne  sacrée 

aussi  longtemps  qu'il  n'a  pas  digéré  le  sel. 

Seul  le  ^y^  est  mis  au  ban  de  la  société  et  \i  U» 
^^  "^  3  x^ls,  il  n'a  ni  nourriture,  ni  protection,  ni 
feu,  ni  lieu.  C'est  une  honte  de  ne  pas  donner  à  manger 
à  celui  qui  arrive,   J^j^,  r^^'  ;'-*^'  y^^'   ^^^  ^  P®^^' 


1)  Voyez  »Ies  Corporations  de  Damas"'  dans  les  Actes  du  Congrès 
de  Leide  II.  Ce  travail  est  rôdigé  par  Coiulsi,  mais  uniquement  sur 
des  données  que  je  lui  ai  fournies. 

2)  Huikliardt,  Beduinen  etc.  Weimar  1831,  p.  V.Vd.  Euting,  Tage- 
bucli  p.  G2. 


307 

de  ce  que  le  monde  dira,  si  l'on  se  montre  chiclie,  le 
plus  grand  défaut  aux  yeux  des  Arabes,  comme  dans 
notre  récit  N*^  4.  Un  haurânien  m'a  raconté  sur  ce  sujet 
le  joli  épisode  que  voici. 

Les  ^Umûr  sont  une  branche,  v^«-^;  d^s  Sebâ ,  des 
'Anazeh,  Ils  sont  connus  pour  leur  verve  poétique.  Deux 
^Umûr  étaient  partis  pour  piller  ^)  \^Js^\  Qy^l^..  Us  arri- 
vèrent à  une  tente  où  il  n'y  avait  qu'une  femme  qui  ne 
leur  voulait  rien  donner.  L'un  dit  alors  à  l'autre:  èhde 
bibàdâk  yigîk  qerâk^),  reste  là  tranquille,  et  tu 
auras  ton  manger!  Le  mari  survint  et  ayant  appris  que 
c'étaient  des  ^Umûr,  dont  la  critique  était  à  craindre,  il 
s'écria:  mas  hilâf,  ya  zeyn  el-gâf  *),  il  n'y  a  pas 
de  mal,  mon  beau  rimeur!  Et  alors  gâm  el-mo'azzib 
yihâwis*)  ^ala  hôrmetu:  hadôl  dûyùfâna'Umùr 
ubaÉir  yifdahùna  'and  el-'arab.  Qâm  râh  ugâb 
dabîha  udabàbha  uhaddàrelhom  kull  sèy  min 
hôfu  min  eg-garâsi.  Le  maître  de  la  tente  se  mit  à 
gronder  sa  femme.  „Nos  hôtes-là,  dit-il,  sont  des  '^Umûr, 
et  demain  ils  nous  déshonoreront  auprès  des  Bédouins^ 
Il  alla  donc  chercher  une  dabîhah  qu'il  égorgea  et  leur 
apporta  toute  chose,  de  peur  d'être  la  chanson  de  tout  le 
monde.  Cette  obligation  d'offrir  „le  pain  et  le  sel",  si 
usitée  encore  en  Russie,  trouve  son  expression  dans  l'im- 


1)  v_iL=>  dans  le  Sud,  rôder,  hcrumstrcichen.  jm*j,  o,  Nord,  chiper. 

arracher,  voler.  jL**^,  voleur. 

2)  Dialecte  de  llaurùn. 

3)  LJlî   est.  usitô  dans  toute  l'Arabie  pour  rime,  même  poésie. 

4)  =  Datînali  J^  ;; i,  (JvC  SjsjkJJ  on  iji^    avec  i'acc. 


308 

précation    bédouine   ^^3  xUI  oj^  ').    Dans   l'histoire    très 

importante  d'el-Hôtrobî,  que  je  me  suis  fait  dicter  en 
dialecte  des  ""Anazeh,  il  est  dit:  yôm  râ'a  el-i>érba 
wllya  el-madârî'â  ^)  u  et-tûs^)  mitel  rodràn 
es-seyf.  Ukân  hakk  el-hîn  yitga'*)  gai:  sauwid 


1)  Voyez  plus  loin.  Je  ne  puis  ni'cmpéclier  de  faire  observer  ici 
que  ce  'JJ  n'a  rien  à  faire  au  mehri  siqaraur  que  Jalin  MS.  Gloss. 
p.  205  traduit  par  Jcmandeii  moralisch  anschimirzcn.  schlechl  ma- 
chen.  Il  renvoie  au  passage  du  texte  où  se  trouve  ce  verbe.  J'ai  déjà 
relevé  la  b(!vue  de  Jahn  dans  ma  critique  de  son  ouvrage  p.  16, 
mais  je  n'y  ai  pas  été  assez  sévère.  D'abord,  il  n'y  a  pas  dans  le 
dialecte  hadramite  un  verbe  garr  avec  ce  sens,  comme  le  suppose 
Jahn,  et  le  garr  de  son  texte  hadramite  signifie  avouer.  Le  texte 
mehrite  porte  43,  15:  ararût  heh:  siqaràrak  babêdi  araôr 
hîs:  siqaràrak,  ce  qui  correspond  au  hadramite  :  galet  luh:  gar- 
ràyt  bilkidib?  Gâl  làhii:  garràyt.  Jahn  n'y  a  rien  compris  et 
il  traduit  gaîment:  sie  sprach  zu  ihm  :  hast  du  mich  durch  eine  Liige 
anschwiirzen  wollen?  Er  erwiederte  ihr:  ich  habe  (dich)  ange- 
schwârzt.  Or,  si  dans  siqaràrak  est  le  si  (s)  interrogatif  qui  est 
aussi  commun  dans  le  mehri  que  dans  les  dialectes  arabes.  Jahn  le 
répète  une  seconde  fois  croyant  qu'il  faisait  corps  avec  le  verbe  et 
"Abd  el-IIâdi  lui  disait,  bien  entendu,  aussi  siqarârah  une  seconde 
fois  ayant  la  mrnie  phrase  dans  sa  tête.  Dans  le  vocabulaire  p.  205, 
Jahn  a  conservé  la  jjarticule  interi'ogative  qu'il  prend  pour  un  pré- 
fixe verbal,  correspondant  à  un  J.AàXA«',  ce  qui  ne  l'empêche  pas  de 
traduire  par  noircir.  Le  vocabulaire  est  fait  en  Europe  et  fourmille 
d'erreurs  horripilantes.  _  ^_ 

2)  On    me    disait    que    le   sing.    en    est  py-^,    "if^is   c'est   plutôt 

ù  O 

pl.iA/o^  homme  poitant  le  P j"^- 

3)  Sing.  iowLL».  Quelquefois  les  Bédouins  du  Nord  l'appellent  a\3jj>. 

4)  Prcpr.    peler  =  -b,Ato,    qui   est    moins  usité.  bJtiu,  pcl.  ...Lxiib 

et  c  yiij,  peleur,  qui  a  la  vcsse,  peureux.  En  Dt.  et  en  Hd.  ^Lb-to, 
jocrisse.  Cf.  ^Ji*^  et  .«i»,  classiques,  et  le  datînois  \Jisic.  ou  v»i*£, 
0,  iv.s.sr>',  et  le   cla.s.sique   ti^Àc.    La    variation    phonétique 


309 

aîîa  garâkura!  Yôm  bugtu  birùmâg  Aiia; 
arîd  minkom  yôm  min  ayyâra  el-'Arab  uhàluh 
"ômerhom  ma  yâhedu  madda.  Lorsque  el-ùerba  re- 
garda^ il  vit  les  cottes  de  mailles  et  les  casques  de  fer 
briller  comme  les  étangs  de  Vété.  En  ce  moment-là^  il  eut 
peur  et  dit:  y^Que  Dieu  îioircisse  votre  hospitalité  !  car  vous 
avez  violé  le  pacte  de  Dieu.  Je  veux  de  vous  „mie  Jour- 
née des  Journées  des  Arabes",  et  sa  faynille  n'acceptera 
jamais  le  prix  du  sang.''  Autre  exemple  sub  p.  13,  17, 

18.    De   là,    i_c-s  a  même  pris  le  sens  de  ^Lo,  renommée. 

Dans  le  Sud,  le  verbe  ^^^  n'existe  pas  avec  ce  sens. 
Une  particularité  assez  extraordinaire  est  à  relever:  il 
n'est  pas  d'usage  d'inviter  un  étranger  qui  arrive  lors- 
qu'on mange  soi  même:  il  faut  qu'on  prévienne  l'hùte 
qu'on  va  lui  donner  à  manger.  Cela  no  s'applique  pas 
à  un  pauvre  diable  ni  à  l'ami  du  maître.  Ceux-là  sont 
régalés  sans  cérémonie.  , 

'Abd   Allah   Mizyad   de  'Oneyzah    me  dicta  les  deux 
morceaux  suivants  ^). 

J^'  cr''  o'  r^'^^  a^^  -^-^^  <^^  ^r^  ^)'^-  "^  7-^^-  cr^ 


aussi  otnpioyée  on  Di.    Au  fij-Miiv  !<^V   oiÀc,    o^c-    et 
m«/  /in'  a  ixhctppr. 

\)  Voyelles  selon  lii  |ironoti(i:itiiiii  il'AluLill'ili. 

2)  Ohsoivc/  le  I)  du   |iri''sniit.. 


310 

Parmi  les  habitudes  des  Bédouins,  il  y  a  que,  si  quelqu'un 
d'eux  entre  chez  toi  pendant  que  tu  es  en  train  de  manger, 
et  que  tu  l'engages  à  manger,  il  n'accepte  pas.  Si  tu  sers 
le  manger  pendant  qu'il  reste  chez  toi,  sans  qu'il  le  sache 
(prévenu  d'avance),  il  dit:  ^^Cela  est  une  surprise."  Leur 
habitude  est  aussi  que  celui  qui  a  mangé  par  surprise  n'est 
pas  invité  à  prendre  place  dans  leurs  réunions.  Mais  si  tu 
le  préviens,  avant  que  tu  fasses  servir  le  manger,  que  ton 
intention  est  de  lui  donner  à  souper  ou  bien  à  dîner,  alors 
il  ne  refuse  pas  de  manger.  Il  ne  change  la  nourriture 
dans  le  ventre  que  chez  lui  à  la  maison  ou  bien  le  lende- 
main, car,  s'il  la  change,  son  témoignage  est  récusé  chez  eux. 
Si  le  maître  de  la  tente  n'a  pas  de  dabîha,  il  n'est 
pas  toujours  embarrassé,  car  ..^-^i^  JuJ._e  ^J»-*---^  -^  ^5 

Le      1..''>~>1jO»      t 'iX^^      ^4^mO     i^»r~-i ^       .•.i»-À'-)'j      \JLkAl2_J      L^^.lXJ^     L   ;    à  ^ 

\jt-<  j^,>L^^   %^j^,    )^-^   ^^'l^'    yM^  L  ^  xj"b5  ..-♦JC^L   wOLjj 

Si  un  hôte  arrive  chez  quelqu'un  et  que  le  maître  n'ait 
2MS  de  moutons,  il  s'en  va  aux  moutons  de  son  voisin  et 
casse  le  pied  à  un  des  moutons.  E  l'égorgé  pour  son 
hôte,  et  le  prix  en  est  à  sa  discrétion.  Le  propriétaire 
n'en  exige  pas  le  prix,  parce  que,  si  Vautre  n'avait  pas 
cassé  le  pied  du  mouton,  et  s'il  y  a  ensuite  des  affaires 
de  commerce  avec  lui,  il  lui  dit:  „Vois,  amène  ton  Jiôte 
chez  moi,  ou  j'égorgerai  pour  lui  une  chamelle  de  tes 
chameaux."  A  cause  de  cela,  il  casse  le  pied  au  mouton^ 
afin  qu'il  n'y  ait  pas  de  réclamation. 


311 

Cela  est   appelé  ')  îsjjvî  iC<AjJ»  parce  qu'il  est  pris  par 

^_aAxj■.  On   voit  donc  combien   la  différence  est   grande 

entre  les  habitudes  des  Bédouins  du  Nord  et  du  Sud  de 
la  Péninsule. 

Lorsqu'on  a  ainsi  mangé  ensemble  dans  un  but  déter- 
miné, on  est  frères  et  alliés.  Mais  je  fais  expressément 
observer  que  ce  procédé  n'est  pas  en  usage  dans  le  Sud, 

cil  il  y  a  le  iw*o  ou  w^^j  ^iiisi  que  nous  allons  le  voir 
plus  loin. 

Cette  fraternisation  était  aussi  une  pratique  du  Pro- 
phète ^).  Sachau,  dans  son  excellente  préface  d'Ibn  Sa^d, 
vol.  III,  Theil  I,  p.  XXXIII,  s'exprime  aussi  sur  ce 
sujet:  „Un  événement  singulier  de  ce  vieux  temps  est 
encore  la  double  fraternisation  par  laquelle  Mohammed 
tâchait  de  donner  une  nouvelle  consistance  à  sa  com- 
munauté, arrachée  à  tous  les  liens  de  famille,  en  unissant 
par  la  fraternité,  d'abord  deux  Mekkois  entre  eux  et  plus 
tard  un   Mekkois  et  un   Médinois.  Cette  institution  n'a 


^)  P'-  ^53''-^'  ^^  1"'  indique  un  singulier  (^=31-^^.  Cela  est  illustré 

dans  une  dictée  d'un  "Anazi:  Inzalu  "^ala  'Arab  Sa  dûn  ukull 
ma  gâham(!)  surbet  udyûfaw  masâ'îr  irâru  'a  la  isyâh  el- 
'Awâgiîn  wa  la  yèédibu  kûd  illi  ma  lindebih.  ""Ôgbuh 
^addat  el-'Arab  'and  Sa'dûn:  halâlna  kulluh  râh  "^adâwi. 
Ils  campèrent  avec  les  Bédouins  de  Sa^dûn,  et  toutes  les  fois  qu'un 
certain  nombre  d'hôtes  ou  de  visiteurs  leur  arrivaient,  ils  faisaient 
main  basse  sur  les  moutons  des  '^Awâyitcs,  mais  ils  ne  prenaient 
que  ceux  qui  ne  devaient  pas  être  égorgés  (à  cause  du  lait).  En- 
suite, les  Bédouins  crièrent  chez  Sa'^dûn:  r>Tous  nos  biens  ont  été 
enlevés  de  force."  Voyez  Hdr.  p.  461  et  s. 

2)  Rob.- Smith,   Kinship,   p.  135.    Hoh.   V,   69:    iUo    jr.jJ'    l*^'' 
et  passim. 

24 


312 

certainement  pas  eu  l'importance  que  Mohammed  voulait 
lui  donner,  mais  elle  se  manifeste  cependant  dans  les 
siècles  suivants  à  différentes  occasions.  Lorsque  le  vieux 
serviteur  de  Mohammed,  Abdallah  I.  Mas'oûd  mourut,  le 
fisc  lui  devait  une  grande  partie  de  ce  que  lui  était  dû 
des  revenus  de  l'Etat  parce  que  le  khalîfah  ""Otmân  en 
avait  suspendu  la  paiement.  Alors  son  frère  ez-Zobeyr 
s'employa  en  faveur  de  ses  héritiers  et  leur  fit  avoir 
leur  droit.  Et  lorsque  mourut  en  Palestine  le  comman- 
dant supérieur  ^Obeyd  AUâh  b.  el-Garràh,  il  nomma  son 
successeur  son  frère  Mu'âd  b.  Gabal".  Le  terme  de  cette 
institution  est  i^  ^^^1  et  se  rencontre  fort  souvent 
dans  l'ouvrage  d'Ibn  Sa'd.  Les  Sabéens  l'avaient  aussi, 
Hommel  A  A  p.  170.  Je  ne  crois  pas  que  le  Prophète 
ait  créé  une  chose  nouvelle.  Il  pratiquait  seulement  une 
vieille  habitude  qui  existe  encore  dans  tout  le  monde 
bédouin.  Maintes  fois  j'ai  assisté  à  Damas  à  une  pareille 
fraternisation  entre  des  marchands  chrétiens  et  des  Bé- 
douins. Ce  pacte  était  nécessaire  pour  le  commerce  des 
Damascènes  avec  les  tribus  de  l'Intérieur.  Je  possède 
encore  le  traité  d'alliance  que  je  conclus  par  écrit,  en 
présence  de  témoins,  avec  le  seylj  d'el-Legâ,  Mutlaq  el- 
Qedîs,   le  23  Nov.   1882,  dans  lequel  celui-ci  dit:   q-:^vj 

vAic  by>  iu^î,  nous  sommes  ses  frères  par  pacte  de  fra- 
ternité*). Le  droit  de  fraternité,  a^b^,  doit  se  payer  tous 


1)  iijLi»,   pour   «jl-i»!,   est  droit  de  fraternité,  Schulzzoll,  et  '^y>, 

pour  'iy>^,  fraternité,  Bruderschaft,  chez  Hadar  et  Bedu,  et  non 
pas   comme    dit    Wetzstein    Z.D.M.G.    XXII,    p.   171.   Naturellement, 

•■5  -  O    - 

'iy>    peut   s'employer   pour   »^Li>.  Le  verbe  e5v>'    est  faire  taire  la 


313 

les  ans,   de   même   que  les  Anglais  paient  les  subsides 
aux  sultans  de   l'Arabie  de  Sud  tous  les  ans;  c'est  la 

aîjLi^    politique.    Au   ^J^;)    on   ne  donne  qu'une   somme 

payée    une    fois  pour    toutes,    ^ou  ,^j^  ijî,  j'ai  en  ha 
mon  wasî. 

7,  4:  Zaug-  Tout  arabisant  sait  qu'on  fait  venir  ce 
mot  du  grec  ^svyoç  ^).  J'en  ai  toujours  douté,  mais  je  ne 
savais  qu'y  substituer.  Comment  peut-on  supposer  qu'un 
mot  désignant  une  chose  aussi  ancienne  que  la  langue 
arabe  ait  pu  se  répandre  par  toute  l'Arabie  s'il  était 
emprunté  aux  Grecs?  A  présent,  Hommel  nous  en  donne 
une  étymologie  -)  qui  me  paraît  très  plausible  et  dont 
on  trouve  des  analogies  dans  la  classe  des  nomina  in- 
^trumenti  et  vasis.  Ce  savant  ingénieux  montre  que 
zai  indique  les  deux  petits  Jumeaux  de  l'Ecliptique.  La 
racine  de  ce  nom  babylonien  est,  selon  lui,  zawaya, 
et  le  substantif  en  serait  véritablement  zauyu,  zauy, 
dont  seraient  sortis  zawwu  et  zayu.  De  là,  les  Arabes, 
les  Syriens  et  les  Ethiopiens  ont  fait  ^^J,  couple,  formé 
de   zauy   par   la   palatisation   du   y,   comme  ?vi.=>  de 

£y^  et   jix=^  de  Jixj_^).  L'arabe  possède  aussi  ^ :  :=  ^^j. 

L  A    XIX,    p.    85    dit  :   ^j   ^53  J^^^^  y  oX  ]Sj  ^^  *). 
Hommel   suppose  que   le  lat.  jugum,  joug,  [allem.  juk, 


Ijûwah:    Vj*^   ^i)^y>'   "'  (pour  ii)uy>î),  je  te  ferai  conclure   le 
pacte  de  fraternité  avec  les  Bédouins. 

1)  Wellhausen,  die  Ehe  etc.  p.  432.  Fraenkel  F.W.  p.  106.  Vollers 
Z.D.M.G.  49,  510  et  51,  298. 

2)  Grundi-ii's  der  Geogi-aphie  unil  Geschiclite  des  Oiients  I,  p.  103, 
note  4. 

3)  Hadraïuoût  p.  539.  4)  OJ^   ^-    Aiilarali  27  v.  3. 


314 

Joch,  suéd.  ok,  sanscr.  yug,  pers.  ^^]  pourrait  bien  être 
de  la  même  provenance,  „soit  un  ancien  mot  astrologique 
d'emprunt".  Seulement,  d'après  moi,  on  ne  saurait  encore 
décider  où  se  trouve  la  source  primordiale. 

(j:jj,  i,  est  dans  le  Negd  serrer  fort^  straff  anziehen  ^). 
La,  cousine  de  Hoseyn  abû  Suweyrât  composa,  à  l'occa- 
sion de  la  guerre  contre  les  Qahtân,  un  qasîdah  qui 
commence  ainsi*),  mètre:  ----i----i-^--i: 


J^U)    v4^'    -y>^'    'r-*^    -r*^';    \i 
o.       ^-     .    ^       L    ,  o^ô, 

0  ^oz  gwz  montes  la  chamelle  baie  qui  fend  la  chaleur 

[blanchâtre 
et  qui  se  layice  (courroucée),  si  Vavant  garde  de  la  troupe 

[la  devance! 
Il  n'y  a  sur  elle  que  le  bât  qu'il  (le  cavalier)   a  forte- 

[ment  serré  avec  des  cordes 
et  sa  petite  outre  dont  la  co7ifection  est  de  date  fraîche. 

Plusieurs  thèmes  amplifiés  de  la  racine  j  ont  ce  sens, 
du  moins  dans  les  dialectes:  .i,  ^.u  o.:,  j.;.  LA  s. h.v. 
paraphrase  ^^j  par  [j^  et  ^^. 

Le  mot  zauy,  ^^j,   nous  explique  l'étymologie  d'un 


1)  Class.  réunir^  serrer,  zusammenziehen,  mais  aussi  détourner  de 
qC.  L.A.  s.v.  et  IV,  p.  56  1.  6.  Fasîh  Ta'lab  éd.  Barth  p.  7.  1.  2. 
Talwîh  fî  sarh  el-Fas!h  par  Moh.  el-Harawî  +  433,  éd.  Caire  1285, 
p.  19.  Fleischer  apiid  Lewy  N.II.W.B.  I,  p.  5G1  :  [^•tj,  zusammen- 
ziehen, zusammenfnssen,  einschliessen. 

2)  Ainsi  chanté. 


315 
autre  mot  sudarabique  ^^y  joug  (=  ^  et  3-0),  pi.  _Lp. 

On  sait  que  j  et  ^_,-.  se  permutent  ')  et  que  ^^  devient 
souvent  en  mehri  p.  De  -^j,  on  a  donc  fait  .a^Joug^  sur  -o, 

et  ce  mot  doit  faire  originairement  partie  du  dictionnaire 
mehrite,  car  il  n'est  employé  qu'à  l'est  du  Yéman,  à 
côté  de  iJLiP,  qui  est  surtout  hadramite. 

7,  5:  ^Arra.  A  l'ouest  de  Hd.,  c'est  le  verbe  pour 
laisser.  ^}s>  y  est  moins  employé.  La  langue  classique  a 
ici  ,^y:t,  mais  aussi  ^_5j£,  car  nous  lisons  dans  L  A  XIX, 
p.  272:  ^;oJ:  Aï  ^^-^Ji^j  xxJUPt  ^^^  JX'  JLaj  .«Ji  Jï.  Je  ne 
crois  pas  que  (jyuJî  J^,  Dîw.  el-Qutâml  XVI  v.  11 
renferme  cette  idée,  mais  plutôt  celle  de  ^1)  L^  ^î, 
L  A  1.1.,  c'est-à-dire,  on  lui  a  ôté  le  bât,  on  l'a  mis  à  nu 
pour  le  laisser  en  liberté.  Nôldeke  ^)  traduit  bien  [/!. 
Lebîd  Mo'^all.  v.  2  et  v^^oj:  par  verlassen,  de  même  que 
Huber  46,   v.  1    i^f),  mais  j'incline  à  y  voir  le  même 

sens  premier  de  mettre  à  nu. 

7,  6:  sa.  Sur  la  conjugaison  de  ce  verbe,  contracté 
de  ^c^,  voyez  Arabica  V,  Gloss.  p.  296^).  S  le  m  an  sa 
heytam  les-salâh  fi  sab'eh,  S.  mit  ime  bague  au 
doigt  pour  la  prière. 

7,  7:  'azîmeh,  pi.  ^ijx:,  prononcé  "azeym,  *^azêm, 
amulette^   consistant  en  un  bout  de  papier  portant  quel- 


1)  Hunger,  Becherwahi-sagung  p.  7.  KAT^  p.  C50  note  5. 

2)  Funf  Mo  ail.  II,  p.  57. 

3)  Où  il  faut  lire  m  isba, 


316 

que  chose  d'écrit  ^).  j^^  est  une  "^azimah  enveloppée  de 

peau  et  renfermée  dans  une  boîte  qu'on  porte  à  côté. 
On   ne  dit  pas   iUjy^  comme  dans  l'Afrique  du  Nord  ^), 

ni  le  verbe  ^"^  ^). 

7,  8:  ^ja^  frotter.  Fahast  el-qôt  bimâ'  'ala  éân 
tuwèlli*)  em-nuqtah,  J'ai  frotté  l'habit  avec  de  Veau 
afin  que  la  tache  s'en  aille.  Èfhàs  em-subùl  bergî- 
lek,  triture  (en  frottant)  les  grains  avec  tes  pieds.  De 
ce  thème  ^  se  sont  développés  deux  autres:  ii:>?  et  *^. 

sL>-JÎ  J^  ^^,^:<Ut  ^Ji5^f,  triture  le  blé  sur  le  moulin  d 

mainz=z^Zj.  Bâ  tes!"*!!  satàr  bôythin  risiV  uf- 
1.1  à  m  h  a,  tu  me  feras  des  torons  que  je  veux  pour  une 
corde,  et  tords-les  bien.  Minsânah  tîfham  em-ma'zal 
^ala  fàhdeha  te^rîh  utesûwi  em-mà'^râh  min  ne  h, 
la  femme  roide  le  fuseau  sur  sa  cuisse  et  le  fait  tourner, 
et  elle  en  fait  la  corde. 

7,  9:  ^ass,  ijlac.  Hdr.  Gl.  s.v.  ^Ôss  em-kara^ah 
1  a  m  m  a  y  i  h  r  o  g  e  m-d  è  h  e  n  m î  n  h  a,  presse  l'outre  pour 
que  l'huile  en  sorte.  Synonyme  de  ce  verbe  est  (j^,  Hdr. 
Gl.  s.  V..  Par  contamination  de  deux  racines,  les  Syriens  ^) 


1)  Son  synonyme  »_jL^I>-,  est  connu,  mais  peu  employé. 

2)  Stumme  T.Gr.  p.  93  et  56;  idem  T.M.  p.  81. 

3)  Stumme  T.Gr.  p.  23. 

4)  Le  u  est  sous  l'influence  du  w  et  nullement  la  voyelle  régulière 

littéraire  des  J^sj,  conformément  à  la  juste  remarque  de  Socin  Di- 

wan  III,  p    103,  1.  9  et  ss. 

5)  En   Syrie,   c'est  écraser   avec   la   )nain  et  (jaA:>,  écraser  avec 
le  pied.  Je  nu  connais  que  lu  lurnio  avec  (j£>. 


317 

ont  ^>alc,  écraser,  presser,  écrit  ^j^ss.  par  Bc  et  Ht  chez 

Dozy  et  par  Beaussier  Dict..  s.  v..  q^^'  ci^A^àc,  j  ai 
écrasé  le  citron  (avec  les  mains).  De  cette  racine  ^j^, 
nous  avons  les  thèmes  amplifiés  Lo^,  o,  class.,  panser, 
^.^  1),  ^,  ^c  '),  H(lr.  p.  251  note  3,  et  ^  ').  Avec 
l'amplification  du  ^  je  peux  encore  citer  pour  les  dialec- 
tes méridionaux: 

JL,  être  gai,  réjoui.  ^  J^  =  ^  ^^>^,  do7iner  la  bien- 
venue à,  accueillir  avec  joie,  dans  le  datînois,  mais  peu 
employé;  RO p.  416,  =  ^.  —  u^j,  regarder  =^.  —  ^>^, 

recueillir,  collecter  —-  j^:> .  J'ai  entendu  ,jîJ.  ^y  pour 
Ji^t  py,  jour  de  la  Résurrection. 

On  observera  les  class.   j.o,   blâmer,  et  yoo,   gronder, 

Hamâsah,  263,  13;  Nôldeke,  Fûnf  Mo'all.  II,  p.  45.  liû, 

fermer*),  aussi  Eg.,  et  le  syrien  ^<>w,  babyl.  sakâru, 
barrer. 

Ih,  boire  jusqu'à  la  dernière  goutte,  tout  vider  en 
buvant,  et  chez  les  Bâ  Kâzim  et  à  l'est  de  là,  boire  en 
général,  qqf.  enfouir,  et  jth,  a,   enfouir,  dans  le  Nord, 


1)  Comme  Jaj  et  w^^iJ,  Hdr.  Gl.  s.  v.  Cf.  ^^li  =  ^Ic,  M.S.O.S. 
VI,  p.  111,  note  21. 

2)  Comme  vA*w  et  j»iA<w  et  *Iiw,  fermer;  i—^  et  *-»-^  r/ro  liant; 

wS^  et  fJJ-^,  briser;  (j«as  et  j*-»^,  presser. 

3)  Presser   ou    lurtlre  jusqu'il  en  faire  sortir  tout  le  liquide,  f/a/c 
auskratnen.  Dt. 

4)  Aussi    Dl.    hcxrler:  il^ji^Ui    ^jrJDw,    /d  plaxclie  {le  bois)  »i'a 
heurté. 


318 

et  en   Syrie,   combler^   Tab.  I,  p.  839,  mais  sauter  dans 
le  Sud.  ^g^lD,  enfouir,  engloutir. 

Joe,  Hdr.  Gloss.  s.  v.  ;  Arabica  V,  Gloss.  s.  v.  ;  Socin, 
Divan  III,  Gloss.  s.v.  Meissner,  M  S  OS  V,  p.  110  et 
295.  =^. 

(jiJs,  tirer  avec  le  fusil  à  bout  portant  sans  viser,  =:  J^. 

ijli',  éblouir  =  ^j^,  a,  faire  honte  a,  désillusionner,  = 

7.  10:  râh.  La  signification  spéciale  â'aller  dans  V après 
midi  ou  le  soir  est  strictement  observée  dans  toute 
l'Arabie  ainsi  qu'au  Maroc  D  T  0  p.  27.  L.  A.  III,  p.  292 
dit:  Jc-^L>  c^s*L3  ftJotJL.  iCA.i;LLî  c>^=>;*-.  C'est  là  une 
phrase  toute  courante  encore  aujourd'hui  chez  tous  les 
Bédouins.  Mais  au  sens  figuré,  comme  dans  le  texte,  on 
le  trouve  synonyme  à!aUer,  s'en  aller,  mourir,  z=  ^J^, 
se  mettre  à,  commencer  ^),  même  dans  les  textes  classi- 
ques. El-Azharî,  L.A.  III,  p.  291  en  bas,  dit  avoir  pour- 
tant entendu   des   Bédouins   se   servir   de   J^    lorsqu'il 

s'agissait  de  c^o^  j^  j^^). 

7,  10:  suwâd.  Les  Bédouins  n'ont  pas  d'eticre  pro- 
prement dite.  S'il  faut  écrire  une  lettre,  07i  coupe  une 
frange  du  tôb,  ^_j^!  ^y,  JjJoî  ^^v^llaJ,  et  on  la  met 
dans  un  peu  d'eau  où  l'indigo  se  dissout:  c'est  là  leur 
encre.  o'Jw<  est  moins  employé;  yj>  inconnu,  vjs^»  est  le 

papier  écrit;  ^'^  le  papier  blanc. 

Cette  espèce  de  sorcellerie  est  une  vieille  pratique  orien- 


1)  Donat  Vernier,  Graiiim.  Ariibu,  §  1039,  4°. 


319 

taie.  Voyez   le  récent  article  de  H.  Winckler  OLZ  15 
Avril  1906,  p.  219  et  s. 

7,  11:  k ara" ah,  iCc/,   pi.   ^y,  petite  outre  en  peau 

de  mouton,  c  T ,  eau  de  pluie,  dans  tout  le  Sud,  y  com- 
pris le  Yéman. 

7,  12:  radie  t.  Les  verbes  ont  aussi  souvent  à  la 
troisième  pers.  du  sing.  l'accent  sur  l'ultième  que  sur 
la  pénultième,  surtout  si  le  verbe  est  ult.  ^  (^jJw).  Ici 
redf,  1.  14,  laqf,  140,  9,  huff,  142,  15').  Cet  accent 
n'est  pas  déplacé  de  la  voyelle  longue,  si  ce  n'est  à  la 
seconde  pers.  fém.  du  sing.  oii  il  peut  aussi  frapper  l'ul- 
tième, et  à  la  seconde  et  à  la  troisième  pers.  fém.  du 
pluriel,  oii  il  frappe  toujours  l'ultième.  Les  afformatifs  a  t, 
et,  n a,  (y) e y n,  etc.  y  sont  simplement  ajoutés.  Les  plus 
anciens  textes  babyloniens  offrent  la  même  particularité, 
Hunger,   Becherwahrsagung  p.   8.   Je  vais  donner  ici  la 

conjugaison    complète  d'un  verbe  ^^xi.  Les  ^^  et  ^jjé\ 

se  conjuguent  selon  le  schéma  classique. 

Parfait, 
m.  f.  a  n  a  b  a  q  î  t,  je  suis  resté 
m.  i  enteh  baqît, 

f.  (  enti  baqît i  ou  baqîtîn'). 
m.  j  hù"  baqf 

f.  (  hf  baqiet  [baqî'et]  ou  baqiyet 

1)  ,  <^)  ic^  6t  ensuite  (j;*^.  Nous  trouvons  de  mCmie  les  va- 

riantes  du  Qor.  20,  90:  radî  et  nasî;  20,  119:  rawi. 

2)  Dans  les  dialectes,  comme  en  hébr.  et  en  syr.,  les  tertiœ  ^  se 
sont  fondus  dans  les  tertise  (^,  excepté,  bien  entendu,  pour  les  sub- 
stantifs de  _^. 

3)  Comme  en  arumi-en  et  en  hébreu  avec  les  suffixes. 


320 

m.f.  ahna  ou  lahna  ou  nahna  h Siqlna,  nous  sommes  etc. 
m.  j  entu  baqitu. 

f.  (  entên  baqîtèyn  (-tên)  ou  baqeytèyn^) 
m.  (  ho  m  baqfu  ou  baqîyu"). 

f.  (  hin  baqîyèyn  (-yen)  ou  baqiyèyn. 

m.  f.  w  a  h  i  t  e  h,  je  Vai  senti,  entendu. 
m.  (  wahîteh. 

f.  (  wahîtih. 
m.  (  wahîh. 

f.  (  wahi^eteh  ou  wahiyeteh '). 
m.f.  wahînâh,  7ious  l'avons  etc. 
m.  j  wahîtùh. 

f.  (  wahîtèyneh  (-tên-)- 
m.  (  wahf  ùh,  wahîyùh  [wahf  ùh,  wahiyùh]. 

f.  (  wahîyèyneh  (wahiyèyneh,  -en eh). 

La  hamiet  em-éams,  lorsque  le  soleil  devient  chaud. 
Hf  ma  wahîetha,  elle  ne  s'en  apercevait  pas,  81,  8; 
76,  2.  Tîyâbi  h  ad!  y  et  'a  le  y,  mes  habits  sont  trempés 
d'eau.  Ed-dunya  safiet,  le  temps  s'est  éclaira.  Ma 
lâqîet  tôkulah,  elle  mange  ce  qu'elle  trouve.  S  e  q  î  e  t 
em-ard  kulleha,   toute  la  terre  a  été  arrosée.  {,Ji^). 

Batni  sabîyet,  mon  ventre  est  ballonné,  Ildr.  p.  185, 
note  1.  Hâràha  lammardîet,  il  lui  parlait  jusqu'à 
ce  qu'elle  consentît,  140,  11.  Tafîet  en-nâr  wahàlah 


1)  Voyez  ma  brochure:  La  langue  arabe  et  ses  dialectes,  p.  55, 
lidr.  p.  244.  Les  Bédouins  de  la  Syrie  disent  également  ici  -èyn, 
mais  les  Haurâniens  -en. 

2)  '^Omân;  bàqyu:  Egypte:  biqyu  ou  biqyum;  Negd  :  ba- 
giyau,  radiyau;  sabéen:  _^  et  j^;  lihyâni  :  ^^-^aj  D.  H.  Millier. 
EDA.  p.  44. 

3)  Ici,  p.  70,  1.  2. 


321 

n  è  b  e  r  u,  le  feu  s'est  éteint,  et  les  habitants  s'en  sont  éloignés, 
me  dit  un  Beyhânite  pour  expliquer  la  phrase  l)c^L^  c:^'. 

Les  Bédouins  de  Syrie  et  du  Negd  *)  ont  la  forme 
bàqyet,  dàryet.  Wàhiyet  el-màsala,  l'affaire  est 
devenue  grave,  'Anazî.  Egypte:  biqyet.  'Iraq:  'amet 
%yni,  M.S.O.S.  V,  II,  p.  106,  1.  3. 

Imparfait. 

Sing:  èbqa;  tebqa;  tebqi  ou  tebqîn;  yebqa;  tebqa. 
Plur:  nèbqa  ou  lebqa;  tèbqu  (tibqô,  tibqàu,  tèb- 
qàu);   tebqèyn;   yibqu   ou   yibqûn   [yibqo, 
yibqàw,  yibqàu,  yibqàun];  yibqèyn,  yibqên. 
La  préformante  a  la  voyelle  i  et  e,  quelquefois  a,  sur- 
tout devant  les  gutturales.  On  dit  toujours  yarà^  tara' 
ou  y  ara  tara,  et  le  plus  souvent  tabà''^),  mais  yibà". 

Pour  les  verbes  Jsjé,   la  conjugaison   est  la  même  pour 

ce  qui  concerne  les  aflformantes.   Dans  notre  dialecte,  on 
ne  rencontre  que  fort  rarement  la  forme  ressautée  (auf- 


1)  Socin,    Divan    III,    §   130,    donne    la    forme    begât,  =  u>^, 

mais  je  ne  la  connais  pas,  et  j'en  doute.  N"  66,  35  nous  lisons 
begat,  et  66,  36  bëgât  doit  être  lu  de  même.  Socin  n'a  étudié 
que  sur  ces  textes  et  il  n'avait  pas  une  connaissance  personnelle  des 
dialectes  arabes.  Meissner,  N.A.G.I.  p.  XL VIII,  ne  parle  pas  non  plus 
d'une  telle  prolongation  de  la  voyelle  et  il  donne  au  contraire  mise  t. 

2)  Si  l'on  veut  s'orienter  sur  la  voyelle  de  la  préformante  dans 
l'ancien  arabe,  je  renvoie  aux  ouvrages  suivants:  Noldeke  W.Z.K.M. 
IX,  p.  46,  note;  idem  Z.D.M.G.  59,  p.  413,  1.  14.  Sîb.  II,  p.  275 
et  ss.  Fleischer,  Kl.  Schriften,  I,  p.  97.  Barth,  Z.D.M.G.  48,  p.  4. 
Freytag,  Einleitung,  p.p.  76,  81,  91.  L.A.  s.  v.  ^^  et  iCblJ".  L.A. 
et  T.A.  s.  V.  ^!.  Ei-Mo'arrab,  p.  9.  Bânat  Su'àd,  éd.  Guidi,  p.  96  = 
éd.  Caire,  p.  47.  I.  Giimî  el  Hasâis,  fol.  201  b.  el-Beydîiwî  1,  p.  449. 

Hofni  ^^j!^^  p.  24.  Muzhir  1, 124, 1. 16.  Vollurs  V.S.  pp.  16,  129  et  172. 


322 

gesprengt)  de  Stumme-Marçais :  bâlhorùgsi  12,  8,  9. 
Je  ne  l'ai  pas  beaucoup  observée  dans  le  dialecte  hadra- 
mite,    où   elle   est   pourtant   un    peu   plus  commune  *)  : 

yisômrùn  m  ^-ji;  -*^.i  Hdi"-  367,  8  d'en  bas  z=  376; 
yedebl.iûn,  Hdr.  378  1.  6;  yiholtûh  Hdr.  395,  8; 
yihôlgOn  Hdr.  485,  4;  tâ'ôsob  z=  >;,*j«3*j'  Arabica  III, 
71,  8  d'en  bas.  Elle  devient  plus  fréquente  au  fur  et  à 
mesure  qu'on  s'avance  vers  'Oman,  où  elle  est  très  com- 
mune. Elle  ne  s'y  limite  pas  à  certaines  radicales  verba- 
les, comme  l'enseigne  Reinhardt  Gr.  §  268.  Ce  cas  ne  se 
présente  pas  seulement  lorsque  le  verbe  est  suivi  d'un 
suffixe  à  l'accusatif.  Il  peut  se  produire  avec  tous  les 
verbes,  ainsi  que  me  le  prouve  la  longue  liste  que  j'ai 
réunie  d'imparfaits  'omanites.  Dans  le  Nord,  elle  est  plus 
courante  que  ne  le  suppose  Socin,  Divan  III,  §§  165  et 
141.  Je  la  considère  comme  un  imparfait  archaïque  *), 
resté  dans  les  dialectes.  Nôldeke  Z.D.M.G.  59  p.  416  1. 
14  et  S.S.,  ne  semble  pas  être  de  cet  avis,  car  il  s'y 
déclare  partisan  de  la  théorie  de  Stumme  sur  la  forme 
„aufgesprengt".  Mais  la  théorie  de  mon  savant  ami  n'est 
qu'un  exposé  des  faits,  et  nullement  une  explication. 
C'est  tout  bonnement  un  nom  nouveau,  donné  à  un  pro- 
cédé morphologique  dont  les  dialectes  ont  hérité  depuis 
la  plus  haute  antiquité. 

Il   n'est  pas  déplacé  d'appeler  ici  l'attention  sur  l'im- 
parfait des   verbes  qui  ont  une  forme  transitive  et  une 

autre   intransitive  :    ^yé,  ^yiàj  et  ^yè,  ^^.juj  :  ^jiL>,  ^c^.^ 


1)  Il   faut   donc  un    peu  modifier  ce  que  j'ai  dit  dans  ma  critique 
sur  le  »Die  Mehri-Sprache"  de  D.  H.  Muller,  p.  50,  1.  8. 

2)  La  langue  arabe  et  ses  dialectes,  p.  57.  Stumme,  Tun.  Grumm. 
p.   13. 


323 

éteindre^  et  ^_^,  ,J>^.i  s'éteindre  ^)  ;  t  â  f  i  y  i  n  n  h  a ,  je 
V éteindrai',  em-nùr  ta. fi,  la  lumière  est  éteinte.  ^J<a^ 
^^,  remplir^  et  ^J.a,  ^J^_,  être  plein]  su  dî  hù'  raâ- 
liinneha,  qui  va  la  (iojs)  remplir? 

Impératif. 

Ibq;  ibqi  ou  ibqi'^)  fém.;  ibqu;  ibqèyn,  fém.- 
A  u  h  ')  ou  ô  h  ;  à  u  h  i  ou  a  u  h  î'  ou  ô  li  i,  ô  h  î",  fém.  ; 
àuhu  ou  ôhu  etc. 

La  deuxième  radicale  de  la  IP  personne  du  singulier 
masculin  reçoit  une  voyelle  finale  adjuvante,  e  ou  i,  lors- 
qu'elle est  suivie  d'un  suffixe  à  consonne  initiale  ou  d'un 
mot  formant  corps  avec  l'impératif.  Elle  reçoit  un  a 
lorsque  la  seconde  consonne  est  un  c:  ès^a  râsak,  in- 
cline ta  tête  ((^^JtAû).  Cette  forme  apocopée  *)  est  aussi 
admise  par  les  grammairiens  :  Sîb.-.Jahn  §  490  ;  El-Mofas- 

sal,  p.  162,  quoique  ce  soit  la  moins  employée  t;;yjt]iî  jlïL 


1)  Sturarae,  T.G.,  p.  19,  dern.  1.  et  p.  20,  1.  6. 

2)  Comme  en  hébreu:  v.  Hdr.  p.  309,  note,  et  ibid.  p.  287.  1.  3: 
u  g  r  u  b  î' ,  approche  ! 

3)  De  /y>35  sentir,  entendre.  Cp.  Hadramoût,  p.  276,  note. 

4)  Déjà  observé  par  Snouck,  Feestbundel  p.  21  note,  et  25.  Dans 
le   verset  qui   se   trouve   chez   Hartmann,   Z.D.M.G.   51,  p.  195:  yâ 

ù 

nâr  albi  is'^ili  wiswi  lahra  nayya,  iswi  n'est  pas  pour  j-^', 

comme  il  le  dit  p.  201,  mais  c'est,  de  môme  que  is'^iii,  l'imprratif 
régulier  au  f»'!m.  à  cause  de  ^cii  .li  =  la  femme.  Le  chant  donnerait: 

y  a  nâra  albi-s  ili  wi.swi  lahem  nayya.  P.  198,  Str.  7,  2,  il 
faut  y  lire;  hu  tt-el-'adam  al'udam,  ^lAflic  j.(Aftiî  -t2>,  et  cor- 
riger la  traduction  ridicule.  J'ai  déjà  ailleurs  émis  mon  opinion  sur 
ce  livre  manqué  du  grand  réfurniateur  de  l'Islam. 


324 

Sîb.-Jahn,  1. 1.,  et,  d'après  lui,  I.  Ya'îé  II,  p.  1279.  Nôl- 
deke,  Zur  Gr.  des  Class.  Arabisch,  p.  10  =  es-Sîrâfî 
apud  Sîb.-Jahn,  vol.  I,  ii,  p.  43.  Comme  deux  consonnes 
consécutives,  sans  voyelles  intermédiaires,  dans  la  même 
syllabe,  sont  contraires  au  génie  de  la  langue,  on  y  inter- 
cale souvent,  surtout  si  la  dernière  est  une  labiale,  mais 
jamais  si  la  première  est  une  liquide,  une  voyelle  adju- 
rante, si  l'impératif  est  en  pause  ou  suivi  d'une  consonne  : 
èdër  et  ëdir  ici  p.  79,  1.  19  et  20.  Autrement  la  der- 
nière consonne  se  lie  à  la  voyelle  suivante.  Sîb.-Jahn. 
§  490,  trad.  Voyez  Hdr.  p.  124.  1.  14  et  note.  Ce  pro- 
cédé est  aussi  courant  dans  le  Nord,  Socin,  Divan  III 
§  142.  Meissner,  N  A  G  I  p.  XL VIII,  §  77,  h.  Avec  le 
suffixe  «_,  la  voyelle  a,  e  ou  i^),  est  toujours  interposée, 
mais  elle  appartient  au  pronom,  et  non  pas  à  la  radicale, 
Sîb.-Jahn,  §  490,  vers  la  fin.  Socin,  Divan,  III,  §  142  d. 
L'impératif  de  toutes  les  formes  des  verbes  3^  et  ^_5^ 
est  traité  de  la  même  façon.  L'exemple  classique  en  est 
le  vers  *)  cité  par  Abu  Zeyd,  Nawâdir,  mais  je  ne  l'y 
trouve  pas  ^) 

S.  dit:  Achète-nous  de  la  farine  et  donne  du  pain  de 
froment  et  du  sawîq*).   Forgé  ou  non,  ce  vers  reflète 

1)  En  Hadraraût  u.  Cf.  Qor.  7,  v.  108  argih  et  2,  v.  122  arna 
(variantes). 

2)  L'observation  de  Nôldeke,  z.  Gr.  d.  class.  Arab.  p.  9,  note  31. 
«Manches  mag  hier  kiinstlich  sein,  aber  auf  Grund  der  wirklichen 
Aussprache",  frappe  tout  à  fait  juste. 

3)  =  Sîrâfî,  Sîb.-Jiihn  I,  1,  p.  43;  I.  Ya'îs,  p.  1320;  Noldeke,  z. 
Gramm.  d.  class.  Arab.  p.  10,  et  .souvent  ailleurs. 

4)  Sur  ce  mot,  dont  la  définition  est  assez  vague,  voyez  L.  A., 
Xll,  p.  36,  Jacob,  l^eduinenleben^,  p.  89,  Nôldeke  Z.D.M.G.  1895  p. 
714.  V.  Kremer,  Studien  z.  vergl.  Culturg.  I  und  II,  p.  14:  Mchlbrei. 


325 

la  langue  parlée  encore  de  nos  jours.  Un  exemple  iden- 
tique se  trouve  Hdr.  p.  393,  1.  4.  On  sait  que  dans  les 
dialectes  hadar  l'impératif  en  question  finit  toujours  en 
â  ou  en  î.  Les  variantes  Qor.  7,  108  argîhi  et  2,  31 
anbîhim  sont  de  cette  catégorie.  Il  n'y  a,  que  je  sache, 
que  l'impératif  ta^àP),  viens  ici,  qui  fasse  exception.  La 
dernière  syllabe  est,  dans  ce  cas,  longue  dans  les  poésies 
hadar,  témoin  Dalman,  Palâstin.  Diwan  p.  147,  1.  8: 
ya  ràbbi  hàlli  môhreti  *  tikbar  wàna  hayyâlëha 
(c'est  ainsi  qu'il  faut  lire:  --w-i_--_),  ô  Seigneur, 
laisse  ma  poulai^ie  grandir,  et  que  je  sois  son  cavalier  ! 
Ibid.  p.  151,  1.  9:  ""alli  rafâdiË  ya  yûm  *  nahna 
debàyih  lilgûm,  rehausse  ton  coussin  de  selle,  ô  mère, 

nous   sommes   les   victimes   de    V ennemi^):    --^^-i . 

Egalement  chez  les  Bédouins  nordafricains,  comme  chez 
Stumme,  Beduinenheder,  p.  59,  v.  76,  et  Hartmann,  L 
L  W,  n°  5,  passim.  Dans  la  poésie  bédouine  de  toute  la 
Péninsule,  cette  dernière  syllabe,  avec  sa  voyelle  adju- 
vante, est  toujours  métriquement  *)  brève.  Le  poète  Dô''an 
el-Murqusî  des  Fa^î  (-[- 1315  H.)  dit  dans  une  qasîdah: 


1)  Prov.  et  Dict.  p.  109. 

2)  Dalraan  traduit  incorrectement:  nous  sommes  les  bouchers  de 
Vennemi.  ^IjO  est  le  pluriel  de  iC^O  qui  ne  veut  pas  dire  boucher, 

et  l'expression  JyJ!   f^^i^^   ry^  ou  [•yiiî  est  fort  commune  chez  les 

Bédouins  du   Nord  =  nous  sommes   prêts   à  nous  offrir  comme  da- 
bàih,  victimes,  aux  chameaux  de  l'ennemi. 

3)  Il  m'est  incompréhensible  comment  Stumme,  trip.  tun.  Bedui- 
nenheder, p.  28,  peut  dire  que  »ces  voyelles",  interpolées  pur  lui 
pour  parfaire  le  mètre,  mais  venant  naturellement  dans  la  bouche 
du  chanteur,  »n'ont  pas  de  valeur  métrique  syllabique".  Si  ce  n'était 
pas  le  cas,  le  chanteur  ne  les  y  mettrait  pas.  Il  y  a  ici  entre  Stumme 
et  moi  de  profonds  désaccords. 


326 

M  xjtj.-^l    li-v-J^^Si^'    lN^j^e'-jl^    .^sLj 

0  père  de  Mohammed,  je  veux  te  demander  et  raconte- 

[moi,  toi. 
Demain  il  y  aura  le  retidez-vous  des  troupes  alliées. 

Un  poète,   en  parlant  de  la  guerre  entre  le  daulah  de 
Ahwar  et  ses  tribus,  dit: 

Passe  chez  le  seigneur  d'el-Majabi^)  et  raconte-lui; 
Dis-lui  que  je  suis  aujourd'hui  parti  le  matin  des 

[Montagnes. 
Exemples    de    l'impératif:    nahna   negûl   isèb    (ou 


"1)  S\i  olji-si)  ou  yij  J^'t  ou  yij  JoLfiJ!  est  un  terme  technique. 

Wrede,  Reise  in  Hadhramaut,  p.  185,  s'est  rendu  coupable  d'une 
gaffe  inouïe.  Il  décrit  une  ^réunion  de  tribus"  qu'il  appelle  Qabayl 
Bah'y  et  à  laquelle  il  aurait  assisté.  Il  a  entendu  la  phrase  stéréo- 
typique  ci-dessus  et  ne  comprenant  pas  l'arabe,  il  l'a  prise  pour  le 
nom  de  l'assemblée.  G.  Jacob,  Beduinenleben,  page  257,  cite  ce  pas- 
sage sans  s'apercevoir  de  la  drôlerie  de  ce  Qabayl  B  a  k  r  y.  Je  rap- 
pelle ici  une  autre  erreur  de  Wrede,  p.  79,  citée  par  G.  Jacob,  o.  1. 
p.  5  note.  Il  dit  que  »les  Bédouins,  après  chaque  coup  de  tonnerre, 
s'écriaient:  eh-ya-ho!  en  menaçant  avec  le  poing  du  côté  du  ton- 
nerre".  Il   ne  put   en  savoir  l'explication.  Les  Bédouins  auront  crié: 

Kfi  ^Xi  ^g=>  [i,  se.  T*^',  comme  c'est  encore  l'habitude,  et  ils  ajou- 
tent: L  Ij  -.3.  Heureusement,  nous  pouvons  contrôler  les  voyageurs 
amateurs  dans  l'Orient  sémitique,  mais  pour  certains  voyageurs  à  la 
grande  cloche,  comme  Sven  Hedin,  qui  voyage  toujours  seul,  tout  con- 
trôle nous  manque. 

2)  Pluriel  de  »jy  ,  petite  montagne  chez  les  Bâ  Kàzira. 

3)  Capitale  des  '^Awûliq  Inférieurs. 


327 

iseb)  ^'al-faras,  nous  disons:  monte  sur  le  cheval,  Hdr. 
p.  124, 1.  14  et  note.  Yagûlûluh  'àtëna  hagg  àlia, 
ils  lui  disent:  Do7ine-nous  le  droit  de  Dieu,  "Anazî.  Dans 
le  volume  sur  le  Hadramoût,  on  trouve:  Orra  el-gedf, 
jette  (donne)  la  contrevaleur  exacte,  p.  177,  1.  8.  Èhîg 
"^ala  hâda  el-mahall,  garde  cet  ejidroit,  ne  laisse  appro- 
cher personne,  p.  228.  il  à  mina  bil-lîhâf,  couvre- 
moi  avec  la  couverture  {^^  i),  p.  405  1.  9.  Isf  ^alêh, 
sieh'  auf  ihn  hinunter,  p.  503  1.  9.  Willelha  uegi- 
relha  =  Ui  ^Ç  L^  J^,  cours  la  chercher,  p.  380  1.  19. 

Datînah'):  ibil  li  husn  =  LlAl^  ^l  ^t,  batis-moi  un  h., 

comme  Qor.  40,  37  :  L>yo  ^  ^^!  ^U^  b.  I  s  b  h  i  n  a,  reste 

ici  tranquille  (^^i^^,   i).    Id'àh,   id'èh,   et  Hdr.  id^ùh, 

appelle-le.     Id'^eha,    appelle-la.    Iqër   em-hatt,    lis   ta 

lettre.   Iqràh,  lis-le.  Ifël  tiyâbak,  épouille  tes  habits. 

"Arr   em-karîb  yitwahgam,  laisse  le  feu  flamber 

{^f).  Hallhora  yirga^ôn,  laisse-les  revenir,  Hdr.  31 1. 
9.  Wàzzëna,  appuie-moi,  Hdr.  309  et  note  i^j^).  Tara  m 
hina,  reste  ici,  ibid.  276  1.  13  {^^).  Miss  hâlak,  ^zre-^oz 
d'affaire,  ibid.  343  note.  Dali  hina,  reste  ici  {^Jàs  ^ 
JCto).  Wiéé  em-taub  "a la  haqwak,  desserre  le  vête- 
ment sur  ta  taille  (^yi^).  Wiééim-nis'ah  'a la  hàq- 
wis,  desserre  (fém.)  la  ceiîiture  sur  ta  taille.    Le  poète 


1)  Je  ne  saurais  assez  accentuer  que  les  exemples  que  je  donne  no 
sont  jamais  de  mon  cru,  mais  tirés  de  mon  grand  daftar,  où 
j'enrepistre  tout  ce  que  j'entends  après  l'avoir  tout  de  suite  inscrit 
sur  un  calepin. 

25 


328 
DC^an   dit:  pjù\  U  Uuaj  ><^  ^A»Jî ,  la  sincérité,  laisse- 
la  persister  entre  nous  jusqu'à  ce  que  nous  puissions 
conférer.  Le  poète  Ahmed  b.  ""Alî  el-Hirayarî,  de  Naqhân, 
chante  : 

j&fôye  ^es  /rères  et  tes  cousins  (contrihules)  et  aie  patience 
dans  la  bonne  comme  dans  la  mauvaise  fortune.  Prop.: 
amer  et  doux.  D  e  k  k  2)  e  m-t  a  b",  égorge  le  petit  taureau 

(^_^L>).  Wàffëna  swôy,  do?ine-moi  encore  un  peu,  ïïdr. 
379  1.  11. 

Itf  em-raisbâh,  éteins  la  lampe  (^_csl>  et  ^_^M).  H 
ou  H  w  ou  i  î  u  'a  1  è  y  =  ^J<c  yof,  éclaire-moi.  H  s  *) 
em-sirâg,  allume  la  lampe  (j_^c^i).  Iftènna  (=  o*it 
Uo)   bi   kalâmak,  parle-nous  clairement,   mais  ift  bi- 

kalâmak.  Isin  nefsak  ou  isnëha,  sois  courageux^). 
Andëni  em-raazàbb,  donne-moi  le  berceau. 


1)   Ainsi   écrit   dans   l'original,  récité  et  chanté,  et  non  pas  rab 
bih-,  ce  qui  est  aussi  bon.    Le  mètre  de  la  qasîdah  est: 


deux  fois. 

2)  tc^^j    tuer  de  la  façon  rituelle,  pour  que  la  bête  ne  crève  pas. 

3)  Voyez  p.  322. 

4)  Le  •1'  =:  J  sous  l'influence  du  ijo.  (j:^  =  t<V*^  et  ,jr*^'  =  *i>-^'  • 

5)  XwÀJ  .e:*-^  ou  ,  c^')  c'est  à  dire,  délester  sa  propre  per- 
sonne, en  faire  bon  marché  au  point  de  ne  pas  se  soucier  d'un 
danger.     C'est    peut-être    dans    ce    sens    qu'il    faut   comprendre    le 

_^LLii3  _j^^    de  l'inscription  de  Glaser  1080,  Hommel  A.  A.  p.  184 
s.  V.  Li-ii.    Glaser  107G  1.  27  =  Winckler ,  Uie  sab.  Inschr.  der  Zeit 


329 

Ta%ss  ma^na,  ou  ef^ass,  soupe  avec  nous.  La  rig%t 
la  Datîneh  itfèss  qalîl  bfômrak,  lorsque  tu  retour- 
neras en  Datînah,  fais  un  peu  la  roue  =  yi^^i  et  JXj. 

Iltaw  ou  il  tu,  îoeich'  ah;  fém.  Htewi. 

Ihtàr  era-manîhah  ^)  (ji  tcbàha,  choisis  la  bête 
à  lait  que  tu  veux  que  je  te  prête.  Iftàq  làrdak, 
soupire  après  ton  pays.  Itmàr  ènteh  wiyàh,  dispute- 
toi  avec  lui^).  Dô^an  a  dit: 


Alhan  Nahfan  p,  14:  Li-ii,  ennemi.  Cf.  les  class.  (^wvjj  et  i^.^ - 
La  locution  *.>^i  ^Jy^  ^j^  J^;>  rapporté  par  un  ancien  gram- 
mairien et  qu'es-Suyûtî,  Muzhir,  I  p.  55  en  bas,  met  en  doute,  est  encore 
très    bédouine:    courageux,   qui   est  sj^i    pour  son  adversaire.    Xi^ 

^yÀj  =  Atlar  le  vaillant.,  (j*^U^'  ou  ;j**-i^jÎ,  ZDMG  54  p.  254 
et  s  .  Dô'^an  dit  dans  une  longue  qasîdah  : 

Je    n'ai   besoin   que  de   gens  braves  et  intrépides  qui  font  sortir 
le  Diable   de  dedans  les  pierres.    J**i2J,  o,  retirer.    ^/.:5^t    vi>Jlj«2J 

fOj^^    CT*  '  ■t"'^  retiré  le  blé  de  faire. 

1)  ii:<v*-*    est   la   bête  qu'on   prête  à   quelqu'im    pour   qu'il    s'en 

serve,  surtout  des  bêtes  à  lait.    C'est,  avec  iC:?^wU    Boh.   V,  p.  59,  1. 

3  d'en  bas,  un  mot  et  une  pratique  très  anciens;  LA  III,  p.  445. 
Tab.  I  p.  1786.    Cf.  l'hébreu  j^n^p  et  son  rôle  cultuel. 

2)  Ainsi    que  les  verbes  concaves  qui  con.servent  l'a  à  l'imparfait, 
Hdr.  2U1    note  1,    mais  notre  dialecte  dit  ni  m  et  nam. 


330 

+ 


«__i.L_L_Jl   isL* 


o 


L?^ 


Suis  [l'exemple  de]  un  des  tireurs  ')  qui  font  butin 
de  fusils  roumis  de  cinq  empans  (de  longueur  de  canon). 

x,-Ji!t  J,  ^^  oLaj1,    sois  coulant  avec  moi  pour  le  prix 

Hdr.    177.    %^^  J^  auXJy!  J>-m^'!  ,   préfère  la  jeune  fille 

à  la  vieille  femme  (^^^Lm^').    —    Istah,  aie  honte! 

Pour  finir  cette  longue  digression,  je  fais  observer  que  les 
verbes   c»p  et  ^,  moins  ceux  de  la  note  2  précédente, 

font  à  l'impér.  régulièrement  ^  et  « ,  contrairement  aux 

dialectes  hadar  ^)  et  en  vertu  de  la  règle  invariable,  à 
quelques  exceptions  près,  exposée  dans  "La  langue  arabe 
et  ses  dialectes,  p.  21  ').  L'impératif  de  ^b-  est  dans 
notre  dialecte  gi^  et  ainsi  tous  les  impératifs  analogues. 
On  ne  dira  donc  pas  que  la  grammaire  arabe  ne  reflète 
pas  une  langue  anciennement  parlée  et  encore  ainsi 
parlée  de  nos  jours.    La  grammaire  classique  se  trouve 


1)  Voyez  le  Gloss.  s.  v..  iCs.LliIÎ. 

2)  Aussi   dans  le  Sahhî  'oraânite  BBRAS   1902,  p.   270   s.  v. 

wait:  (Jns^,  attends-moi. 

3)  Le  fait  que  dans  les  dialectes  hadar  la  voyelle  longue  est  ici 
conservée  est  par  Doutté  TO  p.  67  ainsi  expliqué:  wlorsque,  par 
suite  d'un  accident,  la  forme  trilittère  du  mot  n'est  plus  apparente, 

o  )  o    ) 

le  vulgaire  la  rétablit:  il  ne  dit  pas  JJJ,  mais  J^."  Le  beau  livre 
de  Doutté  est  déparé  par  des  reflexions  et  des  règles  aussi  absurdes. 
Le    contraire   de  ce   raisonnement  serait  que  les  Oranais,  en  disant 

aJJ^,  dis-lui,  rétablissent  la  bilittéralité! 


331 

encore  éparpillée  dans  les  divers  dialectes  de  tous  les 
pays  arabes,  moins,  bien  entendu,  les  désinences  voca- 
liques  et  le  tanwîn,  qui  n'existent  plus  qu'à  l'état 
rudimentaire. 

7,  13:  la  ""and  el-^ôlb.  "^  est  pour  ^\ ,  sur  lequel 
voyez  Arabica  V  p.  139  et  ss.  et  Hdr.  Gloss.  s.v.  ^i,î. 
Les  Arabes  aiment  beaucoup  les  rendez-vous  près  d'un 
arbre.  On  lira  chez  I.  Qoteybah,  -  éd.  de  Goeje,  p.  262, 
un  rendez-vous  amoureux  près  d'une  talhah,  mimosa 
gummifera. 

7,  15:  sëhêreh,  ^,^,  pi.  ^L^^  comme  ww.^,  pi. 
v_jUjî  '),  beau-frère,  cousin,  jparent.  Ce  n'est  pas  le  dimi- 
nutif, car  celui-ci  est  dans  les  dialectes  du  Sud  aussi 
rare  qu'il  est  commun  dans  ceux  du  Nord.  Quelques 
mots  ont  une  prononciation  fixe,  stéréotypique,  qui  s'écarte 
du    schéma   classique.    Sehêr')  et  daheyl,   hôte,  pi. 

jJ>o,  en  sont  les  deux  exemples  typiques.  Dans  tout  le 
Sud,  entre  ^Omân  et  le  Yéman,  on  les  prononce  de  cette 
façon,  et  non  sahîr  et  dahîP). 


1)  VV:-*^  est  celui  qui  a  appelé  son  enfant  du  nom  d'une  per- 
sonne dont  il  recherche  la  protection;  Arabica  V  p.  175  et  ici 
plus  loin. 

2)  S-tP''->  veut  dire  associé,  Hdr.  Gl.  s.v..  C'est  un  <y^  =  J^li , 
comme    jJ-*'    =    y^K   et   se   trouve   partout  hors  du  Sud,  môme  en 

Afrique,  Burckh.,  Beduinen,  pp.  131,  140  et  s.,  2G4  (où  les  différents 
mots  sont  mal  écrits).  Marçais,  Graram.  Gloss.  s.v..  Stumme  TTBL 
V.  709  et  738  ;  id.  T  M  G  p.  90  n»  27  v.  5  où  le  mot  a  le  sens  or- 
dinaire de  Schulzsuchmder,  et  ensuite  de  protér/é,  Dozy,  Suppl.  s.v., 
et  non  Bitte,  comme  l'explique  l'auteur  TTBL  Glo.ss.  s.v..    La  défi- 


332 

On  a  bien  vu,  en  parcourant  mes  ouvrages  sur  les 
dialectes  méridionaux,  que  la  diphthongue  a  y  [ey]  peut 
devenir  î,  comme  dans  les  dialectes  africains,  et  que, 
vice  versa,  la  longue  î  se  dissout  en  a  y  [ey].  La  pro- 
nonciation stéréotypique  des  mots  en  question  me  fait 
croire  que  nous  sommes  en  présence  d'un  reste  phoné- 
tique des  langues  parlées  dans  le  Sud  avant  la  prépon- 
dérance de  l'arabe.  Je  dis  „des  langues"  car  on  ne 
saurait  encore  décider  si  la  langue  minéo-sabéenne,  le 
dialecte  himyarite  ou  la  langue  mehri  étaient  l'idiome 
courant  du  Sud.  Peut-être  toutes  les  trois  langues  à  la  fois. 

Or,  il  paraît,  à  en  juger  par  ce  qui  se  passe  dans  les 
dialectes  arabes  du  Sud  de  la  Péninsule,  et  surtout 
dans  ceux  des  Mahrah,  des  Qara  et  de  Soqotra,  qu'un 
des  traits  distinctifs  de  ces  dialectes  est  de  dissoudre  une 
voyelle  longue  en  diphthongue.  Le  nom  de  Hadramôt 
en  est  l'exemple  le  plus  frappant.    C'est  certainement 

un   pluriel   oU*a=>>   comme  ot«UJ!^),  cjL^^''->^' ^)  >  oljyti!, 


nition  de  de  Goeje,  Doughty  Travels,  Gloss.  s.v.,  est  tout  à  fait 
juste.  Le  dahîl  du  Nord  s'appelle  dans  le  Sud  rab'r,  Hdr.  Gloss. 
S.V..    [^!]   ^^  i3>^^    n'a  le  sens  de  chercher  -protection  en  entrant 

chez  quelqu'un  que  dans  le  Nord  [=  v  Lf j^ji  ^^'^  cette  phrase 
est  sj-nonyme  de  xC  ^  ^3  ou  (_<W  _Lj,  et  ^^  y  est  par- 
tout équivalent  à  ^fp'-^,  qui  demande  protection  ou  asile.  R.  Bas- 
set, Moh.  et  le  Chameau,  donne  cet  hémistiche: 

ana  dahîlak  ya  emîr  *  enta  dahîl  el-murainîn 
qu'il  traduit  par:  J'entre  chez  toi,  ô  émir  .qui  entres  chez  les 
croyants,  ce  qui  ne  rend  pas  le  sens  intrinsèque  des  deux  dahîl. 
J'ai  It  regret  de  dire  que  cette  publication  fourmille  de  fautes  contre 
le  mètre.  Le  maddâh  n'a  peut-être  pas  chanté  ainsi;  ou  bien  les 
Algériens  ont-ils  perdu  tout  sens  métrique? 

1)  Graf,  Sprachgeb.  der  ait.  chr.-ai-ab.  Lit.,  p.  99  s.v. 

2)  Gezîrah,   p.   216.   Cp.  :*^'^   Diw.  Hodeyi,  éd.  Wellh.  N«  465, 


333 

Yâqût  s.v.  Cette  désinence  -ât  a  été  prononcée  -ôt, 
ainsi  que  c'est  encore  l'habitude.  Ot  est  ensuite  devenu 
d'un  côté  -ût:  Hadramût,  et  de  l'autre  -aut:  Ha- 
dramaut  (v.  p.  295)  que  j'ai  aussi  entendu  à  l'est  de 
la  frontière  mentionnée.  U  devient  souvent  au,  surtout 
dans  le  pays  d'ed-Dâhir,  où  l'on  dit  p.  e.  bahàur  et 
bahôr  pour  .J^',  encens.  A  Lahig,  j'ai  relevé  yahaus 
=  j;.^  •);  ^^  =  ^^;  J^  =  à^  Hirsch  Reise. 

Force  est  donc  d'admettre  que  la  prononciation  de  ces 
mots  sahêr  et  daheyl  s'est  perpétuée  à  travers  les 
siècles  et  qu'elle  remonte  à  une  haute  antiquité. 

Le  mot  ^o-fp'j,  est  aussi  de  ceux  qui  sont  presque  tou- 
jours prononcés  avec  la  diphthongue;  Arabica  V,  p. 
95.    On   prétend  que  Q.*^yt  *)  est  importé  du  Sud,  oià  il 


V.  1,  et  oJtJ^,  V.  6.  Dans  la  grande  inscription  de  Sirwâh  il  faut 
peut-êtie  prononcer  v^^^ÀJO  comme  o^^^,  Glaser,  Skizze,  II  p.  89; 
0.  Weber,  S  S  A  K  II,  p.  24.  L'entourage  géographique  de  ce  mot 
prêle  à  l'identifier  avec  la  Datînah  actuelle,  quoique  la  sibilante  soit 
à  présent  à  la  place  de  la  dentale. 

1)  Un  zâmil  du  poète  I.    Howeydir  me  fut  ainsi  récité,  chanté  et 
voyelle  par  un  datînois  lettré: 


'3' 


.:>    sOi:    ,  ij»    -.  ,LJU!    ^_jka_j"     L 


lA—w 


Bâtez  les  montures  et  les  chevaux  hennissants;  tu  vas  faucher 
les  grains  secs  et  ceux  qui  sont  encore  tendres. 

Reinhardt,    pour  "^Omân,   §  178   donne  slôm  et  slaumun,  *^^ , 

o 

*^L« .  Cp.  Hadranioût  pp.  89  et  ss.  et  ma  lettre  dans  la  Revue  Sé- 
mitique 12,  p.  79  et  s.    Voyez  Additions. 

2)   ^^^\  est  donc  la  forme  adjective,  car  les  inscriptions  donnent 

cette  épithète,  .san.s  nom  de  dieu,  rhmnn  =  i-)^^;  —  c'^y'"  ^^^^ 


334 

se  rencontre  dans  plusieurs  inscriptions  dont  les  passages 
ont  été  réunis  par  W.  Fell  dans  la  Z  D  M  G  54 ,  p. 
252.  Mais  il  ne  s'ensuit  pas,  selon  moi,  que  ce  mot 
doive  provenir  originairement  du  Sud,  car  on  le  trouve 
déjà  en  Babylonie  comme  épithète  de  Mardouk,  rêmênu, 
et  d'Istar,  ummu  rêmnîtum,  KAT'  pp.  373,  428 
n.  3,  438,  dans  Onkelos  II  M.  34,  6  et  dans  les  deux 
Talmouds.  Les  Juifs  s'en  servaient  au  temps  du  Prophète  : 

^Lait  Lt  L  eULc  ^}\  éja  JLai  ^^\  ^  \^^  ^ili  Boh.  VIII, 
108,  1.  4  d'en  bas.  Nôldeke,  Geschichte  des  Qorâns, 
p.  93  note,  a  donc  tort  de  dire  que  ce  mot  n'était  pas 
connu  dans  le  Higâz  au  temps  du  Prophète.  Si  el-Mo- 
seylimah  était  appelé  x*U-J'  -qI^j,  cela  n'est  certaine- 
ment pas  une  imitation  du  Qorân.  Le  Prophète  supprima 
plus  tard  ce  nom  d'Allah  justement  parce  qu'on  appelait 
ainsi  son  rival,  qui  allait  jusqu'à  s'intituler  lui-même 
^^'L«j>yî .  Wellhausen,  Skizze  VI  p.  17,  dit  avec  raison: 
„der  Name  Rahman  imd  die  Form  des  Gottesdienstes 
waren  keine  Erflndungen  Mohammads."  La  conclusion  de 
Glaser  ')  et  de  Grimme  *)  me  paraît  un  peu  trop  hâtive. 


une  publication  qui  est  la  plus  pure  expression  du  caractère  fanfaron 
des  Sémites,  Opuscules  d'un  Arabisant,  Hartwig  Derenbourg,  «membre 
de  l'Institut"  et  le  troisième  prince  »d'une  dynastie  d'orientalistes" 
(p.  295)  dit  (p.  21,  note)  à  propos  de  sa  traduction  d'er-Rahmân 
par  clément,  ceci:  »Je  ne  traduis  plus  ainsi,  l'adjectif  rahniîin  n'étant 
pas  employé  en  arabe,  et  le  dieu  er-Rahraân  ayant  été  dans  l'esprit 
de  Mahomet,  le  concurrent  qui  avait  longtemps  disputé  la  préséance 

au    victorieux    Allah.     La    formule ,   je    la-  traduis  :    »Au    nom 

d' Allah,  le  Rahmân  miséricordieux."  Cette  subtile  argumentation  ne 
nous  empêchera  pas  de  traduire  er -Rahmân  par  le  Clément, 
comme  nous  traduisons  Allah  par  Bien. 

\)  Ausland,  12  Janvier  1891,  p.  28.  Skizze  I,  p.  12  et  s.s. 

2)  Mohammed  II,  p.  40,  et  Mohammed  (Weltgeschichte  in  Karak- 
terbildern),  p.  60/61. 


335 

Je  ne  nie  pas  que  le  culte  et  la  nomenclature  cultuelle 
de  rislâm  n'aient  été  fortement  influencés  par  la  i^oU-  iuK>, 

si  considérée  par  le  Prophète,  mais  pour  la  provenance  en 
question,  les  raisons  convaincantes  manquent.  Cependant, 

l'habitus  graphique  consacré  de  ce  mot:  q^  pourrait 
être  une  preuve  plus  solide  de  sa  provenance  méridionale. 
El-Hamdànî,  dans  son  Iklîl,  cité  par  D.  H.  Mùller,  Sùdarab. 
Studien   p.    122  et  133,  a  relevé  que  les  Himyarites  ne 

marquaient  pas  l'a:    ^.i^oë^   ]ô\  ^jui^  i^jjc^.  q5>>^.  ^UlX/ 

tranchement ')  n'a  lieu  que  lorsqu'il  y  a  l'article:  q^--î, 
c'est  à   dire,  le  Rahmân  par  excellence,  comme  s"b"^î  est 

le  Dieu  par  excellence,  n'est  pas  non  plus  sans  importance. 
Si  er-Rahmân  vient  de  chez  les  Sabéens,  on  pourrait 
étendre  cela  à  toute  la  juxtaposition  er-Rahmân  er-Rahîm. 
Ce  n'est  que  dans  le  Sud,  y  compris  le  mehri,  que  le 
mot  *-^.  a  le  sens  courant  non  religieux  de  gentil,  gra- 
cieux, nett,  lieh'^),  comme  le  classique  *^^^  tandis  que, 


1)  Donat  Vernier,  Gr.  I.  p.  90  et  s.,  donne  la  liste  complète  des 
mots  ainsi  retranchés  de  leur  â.  Ce  sont  pour  la  plupart  des  noms 
propres.    Voyez  Additions. 

2)  Nôldeke,  Beitràge  z.  Kenntniss  der  Poésie  der  alten  Araber,  p. 
X,  est  bien  à  présent  d'un  autre  avis  qu'il  y  a  plus  de  40  ans.  Je 
ne  vais  pas  aussi  loin  que  certains  critiques  qui  veulent  que  chaque 
mot,  chaque  idée  des  anciennes  poésies  .se  rapportant  à  l'Islâra 
soient  substitués  à  autre  chose.  Plus  on  avance  et  plus  on  verra 
que   le   Prophète   a   fait    peu    d'innovations  et  qu'il  a,  au  contraire, 

conservé  ce  qui  existait,  (jiSjfij'j  iU-*jî  se  rencontre  plus  d'une  fois 
dans  les  anciennes  poésies,  p.  e,  Su'arà^  en-Nasr. ,  éd.  Beyrouth,  II, 
p.  626  V.  1,  et  je  tiens  cela  pour  authentique. 


336 

hors  de  là,  ce  n'est  qu'une  épithète  d'Allah  '),  der  liebe 
Gott,  après  avoir  été  l'appellation  d'Allah,  Qor.  XVII,  v. 
110.  Il  n'est  donc  pas  nécessaire  de  considérer  le  mot 
er-Rahmân,  lorsqu'il  se  rencontre  quelquefois  dans  les 
anciennes  poésies,  comme  une  substitution  musulmane. 
^^L^'Jt  seul  est  souvent  employé  dans  le  Sud  pour  Dieu, 
cela  en  harmonie  avec  l'usage  ancien  ^).  On  y  dit  p.  e.: 
^^LrJI  iJLJ  et  ^JjTj  é^^,  sans  l'article,  ou  xoLr,,  to7i 
soir  est  heureux,  =  ^^LÎt  iJoJ,  ou  ^^  ^  |y*^xil  ou, 
plus  vulgaire,  ^  J^,  correspondant  à  notre  boîisoir.Le 

^Lry!  oLui  =  iXj\  ^Àx^,  Tab.  I  p.  1099, 10,  des  Bédouins 
du  Nord  n'a  certainement  pas  reçu  ce  nom  seulement  après 
rislâm.  Le  nom  d'une  divinité  Js^'^  qui  se  rencontre  dans  le 

Diw.  des  Hodeylites  et  dans  les  inscriptions  protoarabes, 
Littmann,  Th.  I,  p.  75,  La  langue  arabe  et  ses  dialectes, 
p.  60  et  66,  est  aussi  d'importation  méridionale.  Le 
jJUi'  n'est  pas,  comme  le  veut  D.  H.  Mùller,  ZDMG 
37,  p.  404,  „le  nom  d'une  tribu  ou  d'un  endroit,"  mais 
^J'  lsj-^j  veut  dire  les  deux  prêtres  du  Puissant  = 
J^lXi .    D.  H.   Mùller  ne  connaissait  pas  encore  le  sens 

sudarabique  de  J^,  pouvoir,  être  de  force  de,  mais  il 
aurait  dû  chercher  dans  les  dictionnaires  hébreu  et 
éthiopien  pour  éviter  un  lapsus  aussi  grave.  Hommel 
GGG  p.  136  le  traduit  correctement  par  „der  Allmàch- 

tige".    Dans  le   nom  de  Q^ip',  fils  de  Saba,  il  faut  voir 


1)  Fleischer,  Kl.  Schriften  I,  p.  311. 

2)  H.  Winckler,  Altorient.  Forschungen,  Heft  IV,  p.  335. 


337 

le  même  sens,  sur  la  forme  de  ^lia^s:^,  [J^^^  etc., 
mais  je  n'oserais  décider  si  c'est  un  adjectif  ou  = 
j4^î,   comme   ^f^  [nom  d'une  confédération  de  tribus 

et  n.  loc]  est  =  j*i!, 

7,  18:   withâddu.    ÔL^',  se  faire  l'un  à  l'autre  une 

sJ^  ou  J^x,  attaque,  aussi  =  y;^-  Sur  3^,  v.  Hdr. 
Gloss.  S.V.,  et  ces  sens  sont  communs  dans  toute  l'Arabie. 
Meissner,    NAGI  Gloss.  s.v..    Jj^î  S^J^  ,j^^  ct^^^  j*^ 

jL>  jaj  J^î  <JLe  J^a:2s  ,  poésie  de  Dau^an  lorsque  les  Facll 
tombèrent  sur  les  Bîr  ô-âbir.  Le  même  Dau'an  (Dô^an) 
dit  (basît): 

v>lj  gJ^'  cr  LT^y  cr?  ^>^  ^^  -^^-5 

Çmz  a  fourbi  la  pique  de  B.  Lanças  ') ,  laquelle  exhale 

[une  bo7ine  odeur?  -) 
Il  attaqua  le  soir  d  blessa  le  seyyid  et  agita  (par  cela) 

[le  pays. 
Dans  le  sens  ^'abattre,  démolir^  les  vocabulaires  du  Nord 

et  du  Sud  sont  d'accord,  o»^'  ^ -,  abattre  la  tente,  est 
le  terme  technique  des  Bédouins  du  Nord  lorsqu'ils  veu- 
lent décamper:  î^^Xxi,  \*,Ss>  '),  sie  brachen  aufund  zogen  weg. 
Dô^au  dit:  .   ,    ,    o  ,    c  ,  c,  ,    +    = 


1)  Sur   "^Awad   b.  Larwas,  v.  Arabica  V  p.  232,  où  la  traduction 
n'est  pas  bonne,  et  Die  Hunde  von  Azzân,  p.  12,  où  il  faut  lire  Larwas. 

2)  Peut  aussi  signifier  que  le  vent  fait  mouvoir  la  pique  de  B.  L. 

3)  Je  tiens  à  relever  que  je  ne  puise  rien,  ni  dans  Burckhardt,  ni 


338 

Tai  démoli  Qunful  après  l'attaque  qui  déstruisit  ^)  ton 

[hameau. 

Tu  ne  te  soustrairas  plus  (aux  événements);  celui  qui 

[charge  ses  chameaux  décampera  (aussi). 

Ma^gar  b.  Dabi,  soldat  du  clan  soldatesque  des  Mawâ- 

lideh  d'Ahwar  est  un  poète  très  renommé  dans  son  pays. 

Il  dit  dans  sa  longue  qasîdah  de  51  versets: 


0  mécréant!  convertis-toi  à  l'Islam,  car  notre  seigneur 

fAlî  fest  venUy 
qui  aiguisa  son  épée  avec  notre  seigneur  ''Omar. 
Ils  attaquèrent  Heyhar  et  en  démolirent  la  muraille; 
ils  mirent  au  ban  Abu  (jrahl,  le  sacré  mécréant. 

3^  est  ici  employé  dans  les  deux  sens. 

j,yC!  ^J^  3^,   se  lever,   =   ^^  Jj .   En  "Oman :  .  .  jIjlI! 

(^-.s^t  L5>Ai-^ ,  la  chèvre, . .  le  bouc  la  saillira,  propr.  tombera 

sur,  R  0  p.  331  d'en  bas.  Dans  le  Nord  de  'Oman,  ouvrir, 
BBRAS  1902,  p.  276.  Abu  Hamzah  des  B.  'Âmir 
a  dit  2): 


dans  aucun  autre  voyageur.  Tout  ce  que  je  donne  provient  de 
mes  propres  notes,  faites  sur  une  connaissance  personelle  ou  tirées 
des  nombreux  textes  bédouins  que  j'ai  collectés  pendant  plus  de 
25  ans. 

1)  J'ai  voulu  rendre  ainsi  les  deux  sens  de  lXP. 

2)  Socin,  Diwan  N"  69,  v.  25,  on  ce  vers  ne  figure  pas  tel  quel. 
A  sa  place   nous  y  lisons: 


389 

(wilànne) 
C'esi  gwe  je  fais  pour  elle  des  attaques  de  lion, 
des   attaques  du  lion  qui  habite  les  flaques  du  fourré 

[de  roseaux. 

Â5),  se  poser  (oiseau),  des  Bédouins  de  Syrie  renferme 
l'idée  de  s'abattre  sur,  Z  D  M  G  XXII,  p.  145.  Le  mot 
est  bien  illustré  par  cette  phrase  du  Tîgân  d'I.  Hisâm,  mon 

ms.:   L^Jlc  oÂii!  JL^^l^  *^n^^  3l\_^3  uV^JLi'  Lj^o  ,<-f^, 

et  il  entendit  un  bruit  comme  le  tonnerre  et  un  grand 
fracas   comme   si   les   montagnes   s'écroulaient  sur  elle. 

Dans  le  Nord,  Sj>  est  aussi  synonyme  de  .o^,  mugir 
(chameau),  ce  qui  est  très  instructif  pour  connaître  le 
sens  primitif  de  ce  thème.   Il  est  bien   intéressant  de 

constater  qu'en  "Oman  S^  est  menacer,  tandis  que  dans 
la  langue  littéraire  ce  sens  n'est  donné  qu'à  la  Ile  et  à 
la  Ve  forme. 

7,  19:  yihrôgha  =  U^-^?.  de  ^j^l,  et  la  voyelle  de 

j  est  en  vertu  de  la  permutation  constante  de  i  et  u,  o. 

7,  20:  uzâh  =z  iilai.    Il  est  a  constater  que  le  subst. 


+  .  +       o.  ,  +  = 

que  Socin  traduit  avec  incertitude  par  :  sonst  wi'irde  ich  die  An- 
slrengunyen   eines   Lowen  fur  sic  gemachl    habcn,    um  die  Sache 

rasch  abzumachen.    On  voit  du  moins  que  cjÎlX^  est  remplacé  par 

G  - 

son  synonyme  o^^iU^.  Mon  texte  est  meilleur.  Est-ce  que  les  an- 
ciennes poésies  n'ont  pas  eu  le  même  sort  que  celles-ci,  qui  sont 
toutes  modernes? 


340 

3jc  est  d'un  emploi  fort  rare  dans  notre  dialecte.  — 
iji^,  pi.  (ji-l^t,  est  un  espace  entouré  d'un  mur  de  clôture. 
7,  20:  tmani  hinyâm.  Tlât  hinyam  64,  8,  21. 
Dans  mon  mémoire  „La  langue  arabe  et  ses  dialectes" 
p.   47,  j'ai  parlé  de  cette  particularité  du  collage  du  » 

du  nombre  cardinal  fém.  au  mot  Jul  suivant.  Littmann 
m'écrit:  „mein  Araber  aus  Jérusalem  schrieb  mir  immer: 
j.Lù'  ^^î,  ^.^"  u-.*j>.  Ferner  sagt  man  in  Sùdpaliistina 
immer  auwalt  imbàri  h."  Dans  mes  notes  je  trouve  : 
hâda  bâqi  min  arba""  hal-qurûsilladindèyteni, 
(oJùiAjt  ^_a>J\  (Ji^yii!  ijç.t  ^j^  ^_^Ij  \Sj>,  ceci  est  ce  qui 
reste  des  quatre  réaux  que  tu  m'as  donnés,  où  même  le 
3  d'illadi  est  lié  au  mot  suivant.  Da'^â,  hal-^Abdali, 
p.  171,  17  =  ^lXxxjî  >i!co;  ma  bà^a  hal-bahhâr,  p. 
172,  10;  wal-qable  hal-'aagâ^  p.  173,  12.  Voyez  N« 
56  vs.  1,  57  V.  3,  58  v.  3,  62  v.  1  et  2,  et  ainsi  souvent  dans 
la  poésie.  Les  premiers  exemples  sont  moins  concluants,  car 
la  liaison  aurait  aussi  eu  lieu  ici  dans  la  poésie  littéraire. 
Elle  est  ici  motivée  par  le  mètre.  Le  »,  t,  peut  aussi  être 
conservé  :  a  r  b  a*^  t  i  n  y  a  m  etc.  Je  fais  observer  que  le 
mehri  a,  selon  Jahn,  MS  p.  191  et  GMS  p.  63,  heyûm, 
à  côté  de  yôm,  jour,  pi.  hayyôm  p.  187,  mais  je  cite 
cet  auteur  avec  la  plus  grande  réserve. 

Inyâm  =  -LÏ;  dans  d'autres  dialectes  iiyyâm, 
iyyâm  ou  îyfim.  Ce  dédoublement  d'une  voyelle  ou 
d'une  consonne  double  par  la  nasalisation  avec  n  ou  m 
est  assez  commun.     Dans  le  premier  cas,  nous  avons 

minyit  =  c>^-*,  mort  '),  hifiya  =:  Lx^,  allons  !  ^  n\y  ?i 


1)  Aussi  en  Palestine,   Littmann,  NAVP  p.  44,  n«  V,  1.  7.  Le  pi. 
en  Dt.  est  mîyitîn . 


341 

=:  Q:  andeynâhom  inyâh,  nous  le  leur  avons 
donné,  27,  6^).  Bâ  litbàssar  ifiyehin  ou  èyhin  ou 
wên   dî  minhin  ahsan,   nous  allons  voir  lesquelles 

d'eux  sont  [les]  meilleures.  Les  diminutifs  de  Joè  et  de 
J^  sont  quelquefois  ainsi  traités.    Sinyir:  abù'i  kân 

yirhàmni  këtîr  uàna  sifiyir  ou  sùîiyir^),  lorsque 
j'étais  petit,  mon  père  m'aimait  beaucoup.  Ce  mot  est 
assez  curieux  :  c'est  originairement  ^fju^  ')  ;  il  devient 
ensuite  ^^Ix^o,  siayyir,  siyyir,  sîyir,  et  finit  par 
faire  sinyir.  Le  nom  du  mois  du  Ôa'bân  est  aussi 
Qosiûyir*);  c'est  JJ>aï,  diminutif  de  ,aajj.  Qo^inyid 
=  jJxi  de  0^6  =  o*jti.  Le  second  cas  se  rencontre 
à  chaque  pas  :  ^^^j'  =  ^«->î  ^),  prétendre,  soutenir;  oiâijt 
=r  s.Jt£î\ ,  rencontrer  ;  ^y»  ly^'  =  ^c^'  '  craindre  ;  ^II^^* 
T=  -3w  =  i'^^f  D.  H.  Mùller,  Die  Mehrisprache,  90, 
16;  le  et  jc^,  donner  un  croc  enjambe,  faire  tomber; 
^_w^L>  =r  i_rV^  '  épingle  ^)  ;  ij^yJ^  Dt.  ^)  z=z  ijo^i ,  "^Omân, 


1)  Mais  Cî  7,  8  ou   b   8,  ',  avec.  Hdr.  p.  14,  i». 

2)  Sinyin,  parvulus,  avec  permutation  des  liquides. 

3)  Le    diminutif  est    très    peu   employé   dans   ce   dialecte  et   en 
général  dans  le  Sud,  mais  il  existe. 

4)  Jahn,   Mehri-Sprache  p.   206   donne  qassâyer,  sans  doute  à 

tort  quant  à  ;\,  car  p.  270  il  écrit  sa^ayar  =    j**^- 

5)  Meissner,  NAG  i,  p.  121. 

6)  Nord,  massue;  Haurân  et  Béd.  Syrie  aussi  &.«*oj>  ou  3^  [urV^  ]> 
pi.  ^J:»Lx3,   qui   est   en   bois,   longue  d'un  mètre.    Dans  la  qasîdat 

es-Sahf^a,  on  chante: 


342 

' 

>  û  9 

luth;  (j-2j>.«^  Dt. 

= 

•  o* 

^ 

,  pois 

sO»lNj> 

Hdr. 

Gl.  S.V.; 

hàmbali  : 

= 

--' 

,  ie 

préfère  ; 

et 

> 

fermer  ; 

'Oman 

r= 

J^J' 

,  rz2, 

etc. 

etc. 

8,  2:  kaown,  j^.,y^,  comme  aussi  10,  17,  kaoun. 
Cet  emploi  de  ^  comme  terme  militaire  existe  chez  tous 
les  Bédouins  de  l'Arabie.  Dans  le  Nord,  J^  ^1^  est  même 

attaquer.  q^LJ^"  ,  se  chamailler^  se  battre,  Haur.  ^^«/^s  ^^5^, 

attaque  du  jour.   ^Lyo  ^^^ ,  attaque  du  matin,  avant  le 

soleil.  ^>S  signifie  même  guerre.  ^^».^  ^j,  il  y  a  la 
guerre  entre  eux.  On  l'emploie  ensuite  au  sens  topique: 
^^»j^  [^ ,  vent  violent  avec  poussière,  =  -;i  t^ .  Dans  mon 
grand  recueil   de  textes   d'el-Qasîm,   un  récit  historique 

commence  ainsi:  :^j.^  olJrJv^_^J'  uv**^  'j^  u':r*-*^'  cr  ^"^"^ 

Une  certaine  année,  Hoseyn  Abu  Swêrbât,  chef  d'el- 
Birzân,  des  Mëtêr,  fit  une  razzia.  Il  se  rencontra  avec 
une  razzia  d'e^-Suqûr,  des  "Anazeh,  et  un  combat  eut 
lieu  entre  eux,  dans  lequel  Hoseyn  Abu  Swêrbât  tua  le 
chef  d'es-Suqûr  etc.   ^^y  me  fut  ici  expliqué  par  ijii'^ . 

Wa  sâr  el-kôn  beynu  la  beyn  el-bàliid,  und  es 
entstand  ein  Krieg  zwischen   ihm  und  der  Stadt,  ZDM 


Les  coups  des  glaives  et  des  pokpiards^  et  les  massues  ne  nous  ont  pas 
fait  reculer.  Cp.  Burckhardt,  Bedninen,  Weimar  1831,  p.  43,  où 
l'auteur  n'a  pas  reconnu  le  mot  (j:vÀï  [=  class.  a'uÀJs?].  La  massue 
n'est  pas  employée  dans  le  Sud. 


343 

G,  36,  p.  27,  17  (Socin-Mardîn).  Chez  Socin,  Diwan  I 
NO  21,  2d  ^^  est  paraphrasé  par  0;1jw,  Handgemenge. 
Dans  la  première  édition  de  Cuche,  il  y  a:  guerre,  com- 
bat, ce  qui  est  aussi  exact  qu'intéressant,  mais  son  suc- 
cesseur Belot  a  éliminé  la  plupart  de  ces  sens  dialectaux, 
ce  qui  est  déplorable.  Fleischer,  Kl.  Sdnriften,  III,  p.  2. 
Socin,  Diw.  III,  Gloss.  s.v. 

La  différence  entre  ^^î  et  ^^  est  que  celui-ci  indique 
le  status  helli,  l'état  d'être  en  guerre,  tandis  que  celui-là 
implique  l'action  même  qui  se  produit  entre  les  partis, 

V.  Hdr.  Gloss.  s.v.  j.y;  z=z  'i^\ji,  inimitié,  état  de  guerre: 
«JOo|^  Jj:  0-5 V-  '^J-'*^'  L>^^"  Le  lXxj^  ,  et  après  (lors)  que 
les  approvisionnements  sont  finis,  ils  retournent  d  leur  status 
quo  ante  d'inimitié,  "^Oneyzite,  expliqué  par  ^^LVc.  Dans 

le    Sud,    ^».i    me    fut  toujours   paraphrasé  par  Jj3  ou 

jJià,  et  Q^Lî^'  y  est,  comme  dans  le  Nord,  synonyme  de 
JJ'Laj'  et  JsiLâj",  en  venir  aux  mains,  se  faire  la  guerre 
=r  ^^^  ^j  «J55,  et  aussi  au  figuré,  comme  en  français, 
se  chamailler,  se  battre.  Seulement,  il  faut  remarquer 
que,  comme  terme  militaire,  ce  verbe  renferme  toujours 
l'idée  qu'il  y  a  des  blessés  ou  des  tués,  car  sans  cela  il 

n'y  a  pas  de  ^J^y  ,  mais  seulement  ^/^  •  Voilà  pourquoi 
j'ai  traduit  par  tués.  iG^'L.  xiUJLfl  c>o^!^ ,  j'ai  frappé  la 
femme  avec  le  bâton  =  w^>J  M,  mais  on  peut  aussi 
L^jjLjCj  ou  ifjyô ,  en  la  grondant. 


1)    Malgré   cet    exemple,    je    ne    prétends    pas    que    '^^     vienne 
de    ^^. 


344 

Ce  sens  de  ^>^{  pourrait  bien  se  retrouver  dans  l'in- 
scription sabéenne  publiée  par  Glaser,  Die  Abessinier  p. 
68.    Nous  y  lisons  : 

f  j-j'  b-^  er^:;  "^"'  y^^  y^-'^y^  ^y-^-  ^-  ^ 
..Air  Q-j  Q.-'S  *j-j  -^"[î  A^"^^  CJ*"^^    o   »   5 

L.*w    ^iOUs'     uv^  *  ^ 

Jo^  ..fc_5^  LiLi:  — *i2-j  _fc.4..;:>jt;i'^  _^^^»v..4-i»!^  »  7 
t  j-ULj^  ^^j— .->'^  ^.,_X_L^^(  J^  ^-vj  ^^j-/^^'  «  8 
Uw  dU^'  ^^'Z"'  o^  cj^  cr'  "  ^ 

j!j   *_L.w_P»    .—♦JLw   o^—i— '   .••-J«— JL-oi    .Lw    ^  »  10 

O^'    t:W   -j^   r    »    11 

Je  traduis  comme  suit  en  acceptant  ce  que  j'approuve 
dans  la  traduction  de  Glaser  : 

4  lorsque  ')  leur  patron  tutélaire  T.,  l'élevé^  seigneur  de 
T.  *)  les  gratifia  ^) 

5  de  la  pacification  {*"i^%)  et  que  Yarîm  Aymdn,  fils 

de  Hamdân,  unifia  et  réunit  *) 

6  les  rois  de  Saba 

7  et  leurs  troupes  et  leurs  tribus  dans  [=r  pendant]  une 

guerre  qui  avait  éclaté  et  une  hostilité  {^..J )  dans  tout 

8  le  pays  entre  tous  les  rois  et  toutes  les  troupes.    Et 
satisfit  A- 


i)  Exactement  le  rnt'me  emploi  que  *»j  dans  les  dialectes. 

2)  Voyez  Arabica,  V,  p.  29/30  et  ici  Gl.  s.v.  Jju  . 

3)  En   m'appuyant  sur  le  sens  de  ^^-ii^  dans  les  dialectes  de  Sud. 

4)  Conformément  à  l'arabe,  il  faudrait  transcrire  (j^  |^"î^  lX^L^oj, 
NôIdeUe,  Z.  Gr.  des  Cl.  Arab.,  p.  26,  Hdr.  p.  73  et  ici  p.  312.  Les 
deux  verbes  renferment  à  peu  près  la  même  idée. 


345 

9  ymân  fils  de  if.,  ses  maîtres,  rois  de  Saba , 

10  et  les  autres  rois  à  cause  de  cette  -paix.  Et  pacifia 
et  uni-  "- 

11  fia   Y.  les  rois 

Glaser  traduit  ici  la  ligne  7  par  „m  dem  Kriege,  wel- 
cher  ausbrach  und  in  allen  Ldndern  uar",  mais  si  L^ 
est  un  parfait,  il  faudrait  aussi  que  j^,y  le  soit,  ce  qui 
n'est  pas  le  cas.  Ce  mot  est  plutôt  un  substantif  (infi- 
nitif) et  fait  pendant  à  j^,  le  1^  des  Bédouins  du  Nord, 

Je  sais  bien  que  ^,y  se  rencontre  souvent  dans  les 
inscriptions  dans  des  passages  oi^i  c'est  le  verbe  ^l^, 
prononcé  ^^y,  d'après  la  manière  éthiopien,  au  dire  des 

sabéistes,  mais  je  prie  d'observer  que  y^  et  ^y  sont 
souvent  aussi  juxtaposés,  comme  Hommel,  S.A.Chr.,  p. 
1  et  2.  Il  se  pourrait  donc  que  cet  emploi  de  ^y'  soit 
l'origine  de  celui  des  Bédouins  actuels.  Mais  il  faudrait 
alors  admettre  qu'il  soit  venu  avec  les  tribus  méridio- 
nales vers  le  Nord,  où  nous  le  trouvons  aussi  loin  qu'à 
Mardîn  et  à  Môsul.  Si  ^^»^^  (et  c'est  ainsi  qu'il  est  écrit) 
est,  selon  les  sabéistes,  la  prononciation  éthiopienne,  pour 
^^1^,  je  suis  étonné  qu'elle  ne  ce  trouve  pas  à  l'infinitif 
dans  d'autres  verbes  analogues.  En  mehri,  quelques  verbes 
9^   ont   la  forme   jy;  lu  m  z=  ^')),  zôr  =  Jy   Pourtant 

je  vois  dans  ce  ^^yS'  3  y^ ,  le  bédouin  ^^»^  *>  yi ,  guerre  et 

inimitié,  ou  peut-être  plutôt  ^  ^  v_j,:>,  selon  l'idée  qu'on 

attache  à  ^^^  dans  toute  l'Arabie.    Voyez  Additions. 

8,  5:  bàndîkora.  Le  verbe  (j^Aj'  a  été  traité  dans 
Arabica  V  p.  148  note.    A  présent,  j'ai  un  peu  modifié 


346 

mon  opinion.  Nous  avons  le  même  verbe  en  mehri,  et 
le  babylonien  nadânu,  donner^),  fait  croire  que  le 
thème  Ai  est  primordial.   Hébr.  m;,  présent  =  'Oman 

wAi,  BBRAS,  1902,  p.  251.  Il  faut  savoir  quelle 
relation  il   y   a  entre  le  bab.  nadû  ri;:,  arroser,  ^Aj, 

être  mouillé,  et  ce  mot  hébreu.  Est-ce  que  ^jîAj,  rosée, 
est  vraiment  reichliche  Gobe  comme  le  veut  Vollers,  Z. 
A.  IX,  p.  188?  Cela  n'est  pas  impossible*).  ^J^)  et 
"tDi  pourraient  bien  avoir   quelque   corrélation.   On   sait 

que  J  «  a  pris  le  sens  de  donner  chez  les  Bédouins  du 
Nord.  En  tout  cas,  ^^^i  n'a  pu  donner  ni  ^^^î, ni  t_5Joî. 
Il  y  a  peut-être  une  contamination  populaire. 

8,  6:  ^^!  i^^  =  ^^\  ^y  GO. 

8,  7  :  m  u  z  û  w  i  g  îi  t.  Les  combinaisons  a  ww  a , 
awwi,   3_,    et   ayya,   ayyi,   xl  deviennent,  le  plus 

souvent,  dans  notre  dialecte  ûwa,  ûwi,  îya,  îyi. 
Y  i  s  û  w  i ,  il  fait  ;  y  i  k  ù  w  i  n ,  il  rosse  ;  t  e^^ù  w  i ,  tu 
hurles,    150,    note    1;    hûwid,  je   hurle  en  pleurant; 

nûwârah,  ombre^).  Sîyid,  cslL;  mîyit,  ow»;  nîyâk 


1)  Winckler,  Gesetze  Hammurabi's  Gl.  s.v.  Delitzsch,  Gr.  p.  289. 

o  -  o 

2)  On  comparera    iU.>j,  pluie.    Il  est  bien  curieux  que  *-»^  v ,  pi. 

*^,,  signifie  pluie  légère,  Moh.  Tâhir,  Ma^raa^  Bihàr  el-Anwâr  s.v., 
Diw.  Hod.,  Wellh.  N»  266  v.  4,  et  pi.  ^J-^\  ibid.  N»  233  v.  4; 
Nôldeke,  Fûnf  Mo"^aIi.,  II,  p.  60.  Le  vieux  mot  ^\i  à  présent 
oublié,  aurait-il  pris  la  foime  ^y  sous  l'influence  de  l'onctuosité 
islamique  ? 

3)  Nûwârah,   frange,    Hartmann    L.L.W.,    162,    28;  sîyûd  =: 

oL>^A«,  ibid.  p.  197.    Aussi  dans  d'autres  dialectes. 


347 

(éllll;  îyâm,  j.D.  J'ai  dit  le  plus  souvent,  car  j'ai  aussi 
noté  des  cas,  où  la  diphtliongue  est  restée,  même  iy: 
i  y  y  e  h  i  n  a  li  s  a  n  ,  quelles  (cigarettes)  soyit  les  meilleures? 

Ahl   Dîyân   =:   ^fio;  Ahl  Sîyâr  =:  jl^.  Sîyir  ou 

sîyîr  =  -vw,   ,-oLA«.    Les  exemples  en   sont  nombreux 

dans  ces  textes. 

8,  9:  atlâq,  du  sing.  odL,  expliqué  par  &I^y«  ^  U. 
Ce  n'est  pas  veuve  ou  divorcée,  mais  libre^  7ion  mariée. 
vjdL  est  délivrer,  libérer  en  général,  le  contr.  de  J^j . .  -.  ;L=> 

[pas  ic>-.Li>],  pi.  „j=>,  femme  divorcée  ou  veuve  sans  en- 
fants; iuu^i,  femme  en  général;  iJocl,  femme  divorcée  ou 

veuve  avec  enfants;  «lXJj,  jeune  fille;  KlXc,  pi.  ^Jo^s., 
vierge.  Je  demandais  comment  s'appelle  la  fille  qui  a 
perdu  sa  virginité.  Rép.:  „cela  est  impossible,  car:  ^a^' 

c>viL>  j.*j  U/  Lf>5i;  cX-Lc,  e?/e  va  c/îe^  son  mari  comme 
au  jour  qu'elle  fut  créée!"  Cela  n'est  pas  le  cas  dans  les 
tribus  ou  le  tawrîd  est  pratiqué,  car  celles-là  ne  se 
soucient  pas  si  la  fille  est,  ou  non,  vierge. 

8,  10:  liaysaiia.  La  forme  du  Sud  est  \^,=>,  ainsi 
qu'il  ressort  clairement  de  ses  deux  hémistiches  de  mon 
grand  recueil  de  poésies  populaires: 

Je  dirai,  sauf  le  respect  pour  Dieîi  et  pour  le  seyyid, 
si  je  l'ai  cassé,  c'est  que  j'en  ai  une  excuse. 


Loin  de  nous  que  vous  nous  ayez  trouvés  en  faute, 


348 

[si  nous  disons]  une  parole  de  mauvais  aloi,  werden 
wir  uns  blamieren  (Dô^an). 

Lorsque,  une  fois,  à  Aden,  je  dis  heyéaîia,  cela  fit 
beaucoup  rire  les  Adénites  présents,  car  ils  n'ont  que 

la  forme  Ui'L=>.  é\JUfp>  est,  dans  le  Sud,  un  euphémisme 

pour   âne  et  soulier,   et  dans  le  bas  langage  ^J^.>p-  est 

même  devenu  soidier  ^)  tout  court,  avec  le  pluriel  J^y*p>  ■ 

'oi^x:>  me  fut  toujours  expliqué  par   ^-^^c  (â'îb).  Heysa 

*^alèy  ma  sûwi  hada  =  ^_Jlc  ^v^c,  j'aurais  bien 
honte  de  faire  cela,  =  idl]  J^Ls?^.,  comme  dans  cet  hé- 
mistiche d'Ibn  Laqwar: 

■+-  s 

Que  Dieu  me  ''préserve,  ô  Qoreychite,  fils  de  Loioay! 
Je  n'ai  pas  à  te  payer  le  prix  du  sang,  et  je  n'ai  pas 

[de  tué  à  mon  actif. 
La  forme  du  Nord  est  LiL>  ou  Ui^.   Harfouch,  Drog- 
man,  donne,  p.  175  et  196,  dl'uco-,  loin  de  toi! 


1)  Les  souliers  ont  plusieurs  noms.  £iA=>,  pi.  ^A:>,  s'emploie 
partout.  Les  ^Awâliq  Supérieurs  disent  x^. ,  pi.  ^>i^, ,  ou  'iJo\ù, 
pi.  >Ji:>'»|J> ,  qui  est  usité  dans  le  pays  d'er-Rassâs.  Jlju,  seule- 
ment au  pi.,  n'est  connu  qu'à  Aden,  où  l'on  dit  aussi  ^J^^  ,  pi. 
^Ji<|^_S'! ,    (j*w£A/),    pi.    ^jf^Cs^A ,    ^ji!^,    pi.    ^jij.'^ .     Le   mot 

vjyj,    pi.    O5-J,    s'entend    dans   l'ouest   du    Yéman   (Zebîd   et   el- 
MoW). 


349 

oIjU^  3iÂP  \jjt>  Jvc  [; jy^"  q'  (iVjuL^'  U:L=>5  ,  à  Dieu  ne 
plaise  que  vous  permettiez  de  pareils  méfaits,  Washington 
Serruys,  L'Arabe  moderne,  Beyrouth,  p.  76.  ^.lXÎ  Uij>, 
ou  ii)Lcij>  chez  les  ^Anazeh,  s'entend  souvent  en  Syrie, 
ce  qui  correspond  au  liLcX-ï  LJ:s_a_>  ou  d^-^^  Lci-:^ 
du  Sud.  On  s'en  sert  en  général  dans  tous  les  pays 
arabes  en  parlant  d'une  personne  ou  d'une  chose  vile  et 

désagréable^).  ^ilUi-o*  dVx'Jc,  devant  toi  il  y  a  des  sa- 
letés, Dt.  Ll?  cj>  .U>  ^jC<i  ^*^,  sauf  vôtre  respect, 
un  âne  est-il  passé  par  ici?  Les  paysans  de  la  Syrie 
disent:  'SJd>l^  j,^  xL'!  ^Li;L>,  sauf  vôtre  respect,  ma  femme 
est  malade,  a  la  fièvre  ■=:  xlj!  iiUj>!,  et  chez  les  Bédouins 
de   la  Syrie  w^Lb  ^  pXi'.    On  le  place  dans   le  Nord 

toujours  avant  le  mot  de  mauvais  augure.  Les  Juifs, 
dans    toute    l'Arabie,    sont    toujours    ainsi    apostrophés 

lorsqu'on  parle  d'eux:  ^^.>j-iri  ^^''  ^i)UiL=>  ^.^^^à^  Nord  =: 
Sud    >Ji  *i)Lc.-o>  o.Aij,  fai   vu,   sauf  votre  respect,   un 

juif!  Bel,  Djâzya,  p.  81,  nous  raconte  la  même  chose 
pour  les  Juifs  de  l'Algérie,  les  ^yls^  <^y^2x^  de  la  Fâtihah.  — 

Uop.  est  aussi  une  réponse  négative  de  mépris.  „Tu 
dois  boire  ce  vin."  Rép.:  haysa!  Jamais  de  la  vie! 
expliqué  par  îlXjî. 

Malgré  l'article  de  Fleischer,  Kl.  Schriften,  I,  p.  405, 
462  etc.,  qui  considère  le  L;iL>  classique  comme  un  nom 
verbal  exclamatif,   propr.   Abwehr,  Fernhaltung,  accepté 


1)   l>el,  Djâzya,  p.  80.    Dozy,  Suppl.  s.v. 


350 

par  Reckeudorf,  S  Y,  p.  426  ^),  l'histoire  de  ce  mot  me 
semble  encore  assez  obscure.  Elle  l'était  aussi  pour 
les  premiers  grammairiens,  ainsi  qu'on  pourra  le  lire 
dans  vSîb.-Jahn,   LA  et  Lane  ^).    Celui-ci  l'a  sous  ^e-^^^'^^ 

comme  Ille  forme.  La  variante  ^\s>  Qor.  XII  v.  31 
prouve  que  ce  mot  était  très  employé  au  début  de 
rislâm.  Dire  avec  L  A  XIV,  p.  361,  selon  el-Kisâ'î,  que 
ijÎ'l>  est  pour  jjri-'w^  est  une  subtilité,  car  dans  le  parler 
courant  les  deux  formes  ne  font  qu'une  seule  prononcia- 
tion, et  l'observation  doit  se  rapporter  à  une  orthographe 
défectueuse  des  écrivains  qoraniques  —  encore  une 
preuve  de  l'ancienneté  de  ce  mot. 

Si   c'est  un  nom   verbal,  la  ioL^o  est  bien  extraordi- 
naire. A  présent,  il  est  employé  comme  verbe,  xU!  *i)UiL>, 

et  comme  substantif,  Jjlc  L-ii^^p-,  (^c^Aa/-  ^f:=>,  ainsi  que 
nous  venons  de  le  constater.    La  forme  sudarabique  est 

peut-être  de  la  catégorie  de  i^,XjJ>  ,  ^^  etc.  ^).  L'étymo- 
logie  de  Fleischer  de  ji^y>  ne  me  sourit  guère,  et  je 
crois  qu'il  faut  nous  en  tenir  aux  grammairiens  arabes 
qui  y  voient  originairement  un  verbe,  peut-être  le  par- 
fait optatif.    Cela   est   l'avis  de  Dillmann,  Gr.  Âth.^  p. 


1)  Où   la   note   ne   cadre   pas   avec  le  texte,  car  u*'l^>,  excepter, 
n'est  pas  la  III»  forme  de  U*'^-^  • 

2)  Fischer,  ZDMG  59,  p.  814. 

3)  Hdr.   p.   578.    Jjii    et    ,'j*j  ;    '^^J^   et  '->5j*> ,   Hartmann,  L 

LW  p.  35:  fJi,  peigne,  Diw.  Hod.,  Wellh.  N°  169,  v.  4,  N°  205, 
V.   8;   ^,  jeune   femme,   ibid.  N°  169,  v.  7,  N°  205,  \.  9.    JJ^'j 

et  J^  ibid.  N°  163,  v.  2  et  Scholien;  Harth,  Norainalbildung  §38. 


351 

304,  pour  le  correspondant  éthiop.  ihù-  Quoiqu'il  en 
soit,  son  emploi  doit  remonter  assez  loin,  et  par  le  fré- 
quent usage  il  a  reçu  des  modifications  qui  ont  troublé 
la  source  première. 

8,  11:  win,  souvent  aussi  winn,  même  devant 
une  consonne.  Cet  adverbe  est  fort  usité  dans  le  Sud 
au  commencement  d'une  proposition,  comme  dans  la 
langue  classique.  C'est  un  affermatif  qui  n'a  pas  besoin 
d'être  traduit.  Je  l'ai  souvent  remarqué  également  dans 
les    dialectes    du    Nord:    iJuJLc  UJlc  *il[5   iiuJLc    LJ!  ^'^ 

iUlc  U^^^  ik}y>  .  ^U!  «^  ^\^  v^y  u^y  •  J6  fis  feu  sur 

eux,  et  Dieu  nous  aida  contre  eux.  Nous  sortîmes  de  leur 
milieu,  et  ils  prirent  la  fuite.  Moi  et  la  jeune  fille  mo7i- 
tâmes  sur  la  montagne;  nous  arrivâmes  sur  une  hau- 
teur dominante,  où  il  y  avait  une  source  d'eau.  Nous 
mîmes  pied  à  terre  et  nous  nous  reposâmes  à  côté  de 
l'eau,  "Anazî.  Yôm  uhù''  nâim  fil-bêt  ma  sâfilla 
hôrmi  bitfèyyiqu.  Fattah  ""ayûnu  winnha 
mart  *^ammu.  Un  jour  qu'il  dormait  à  la  maison,  une 
femme  le  réveilla  soudainement.  Il  ouvrit  les  yeux  et 
voilà  que  c'était  la  femme  de  son  oncle  paternel,  Haurân. 

Lfiîj  me  fut  ici  expliqué  par  L^LJ^.  Les  Bédouins  de 
Syrie  auraient  même  dit  ici  by  "îl^  ;  v.  sub.  13,  7. 

Cette  affirmation  de  ^,î  ressort  clairement  de  ce  vers 
de  I.  Qeys  er-Ruqqeyyât  (Kâmil)  ')  : 


1)  A.  Fischer,  ZDMG  49,  p.   G75. 


352 

iJ^  elles  disent:  ta  tête  est  déjà  grise,  et  tu 

es  devenu  vieux.    A  quoi  je  répondis:  C'est  bien  ça! 

El-Beydawî  p.   599  explique  le  ^^^^f>^  q'^  q]  y»» 

du  Qor.  XX  V.  66  par  jJeJ,  ce  qui  n'est  qu'un  pis  aller, 
mais  qui  prouve  bien  la  nature  de  ^.,î.  VollersVSp.  161. 

Le   syrien   et  le  sudarabique,  à  l'exception  de  Dt.,  "^I 

ou    "^t,   mais  oui!  si  fait!  certainement!,  renferme  les 

deux  affirmatifs  ^^t  et  3  (devenu  graphiquement  "ii ,  comme 
Liî  et  vulg.  bo').  Ce  n'est  pas  la  particule  restrictive, 
contrairement  à  A.  Fischer,  Z  D  M  G,  59,  p.  658,  et  à 
Snouck,  Nôldeke's  Festschrift  p.  102.  Dozy,  Suppl.,  a 
confondu  les  deux  particules.  Le  haf  ella  de  Snouck, 
Festbundel,  p.   30/31,  peut-être  bien,   est  dans  le  même 

cas.  Hçlr.  Gloss.  s.v.  ^1  et  q!  '). 

1)  En  Hdr.  on  a  la  locution  m  alla  éh.  C'est  la  réponse  à  une 
demande,  négative  ou  affirmative.  Batteyt  las-sûg?  —  Ma  lia 
êh!  es-tu  allé  au  marché?  —  Mais  certainement!  Est-ce  que  ce 
m  al  la  est  composé  de  ma  +  in  +  la,  où  les  deux  derniers  seraient 
les  affirmatifs,  ou  bien  est-ce  ma  +  i  1 1  a  ?  Comme  m  a  1 1  a  dans  les 
dialectes  à  l'est  de  Dt.  veut  dire  seulement^  je  suis  d'avis  qu'il  faut 
chercher  ce  même  malin  dans  la  locution  en  question.     Cf.  le  class. 

et    le  sudarab.   "^! ,  p.e.  Bohârî,  IV  p.  8 :  3?'   i^'A^o    t^AJ"   aJ   JwJis 


5    > 


;,\i!     ^   Q^    rUs    »jijo(   "bJI   (JUis   a^^Ud    il  répondit:  si  fait! 

je  le  vendrai Cf.  Fleischer,  Kl.  Schriften,  I,  p.  458  et  l'hé- 
breu f^bn.  Je  fais  ici  observer,  à  propos  de  la  remarque  de  A.  Fi- 
scher, Z  D  M  G  p.  656,  note  2,  qu'en  Ejxypte  j'ai  aussi  entendu 
umâl,    Prov.|  et  Dict.,    p.   198,   et  je   suis   de   l'avis  de  Barth  que 

l'étymologie  de  le  particule  "^l-«'  est  encore  très  obscure.  A  el-Fayyûm 
on  dit  aussi  ummàlîtî. 


353 

8,  12:  ma k su  s.  En  Egypte  on  dit  xf>3  lJv^Xc. 
La  wallèyt  ^and  wâhed  uqult:  àndini  ""esrîn 
qurs  muddet  arba't-àshur '),  u'alab  la  yindîni 
ukàssani,  si  je  vais  chez  quelqu'un  et\[m\dis:  „Donne- 
moi  vingt  réaux  pour  quatre  mois,''  il  se  refuse  à  me  les 

donner  et  m'envoie  promener,  ^ow^olj  oyy^.  ==  *ww^lj  Oj«^, 
je  lui  ai  fait  honte,  je  l'ai  mortifié,  maltraité^  rudoyé^ 
renvoyé  bredouille.  C'est  aussi  éblouir  =:  ^^  a, :kàs- 
setni*)  ""ayn  e  m-s  a  m  s ,  le  soleil  (pr.  l'œil  du  soleil) 
m'a  ébloui;  faire  honte  à  quelqu'un,  frustrer,  jeter  de  la 

poudre  aux  yeux,  désillusionner  quelqu'un  =  Zs  et 
^^ .  ijlj^!,  être  ébloui,  et  les  autres  significations  ré- 
fléchies de  yj^.  Akkànni  [=  (^OLÎ"!]  fulan  bâyin- 
dîni  sf  kasà'^ni  fi  wùghi,  un  tel  m'a  leurré  en 
disant  qu'il  allait  me  donner  quelque  chose,  et  il  m'a 
jeté  de  la  poudre  aux  yeux. 

8,  18:  humûd,  pi.  de  A^L?.    Bâ  nèhmid  hilna') 

la  m  m  a  yigza'^u*)  hâdalà^,  nous  allons  rester  tran- 
quilles ici  jusqu'à  ce  que  ceux-là  aient  passé.  Qiddâ- 
mena  halq  uqult:  bâ  nèhmid  hàna'),  uqult: 
waiîa    bina    sâr    fim-tarlq    ulantafàqna   ula 


1)  La  langue  arabe  et  ses  dialectes,  p.  47  et  ici  p.  340.  Aussi 
arba*^a  ash  ur. 

2)  Ou  kassètni. 

3)  Obs.  la  prononciation  différente;  plus  à  l'est  on  dit  hôna. 

4)  Observez  ici  _  ^  g,  comme  aussi  page  20,  1.  5.  C'est  qu'on 
prononce  le  -  comme  g  dans  notre  dialecte,  lorsqu'il  fait  syllabe 
avec  les  préformantes:  igza",  tigza*^  etc.  En-nûb  yigni,  les 
abeilles  déposcnl  le  miel{  em-heyl  tigri,  les  chevaux  courent; 
yigrib,  donne  la  gale;  la  tigràhah,  ne  le  blesse  pas.  Autre- 
ment c'est  toujours  <^:  yigorr,  yif^arrib,  etc. 


354 

ho  m  husûm  inna')  ba  lithamid  làhna  wiyâ- 
hom.  Devant  nous  il  y  a  des  gens,  et  tu  dis:  „nous 
allons  rester  ici  tranquillement,"  à  quoi  je  réponds:  „par 
Dieu,  nous  allons  continuer  notre  route,  et  si  nous  les 
rencontrons  et  que  ceux-là  soient  des  ennemis  à  nous, 
nous  alloïis  nous  attaquer." 

ôC^,  i,  être  tranquille,  se  calmer,  de  n'importe  quoi, 
hommes  et  choses;  être  désert,  abandonné.  L'homme  est 
OsA^   lorsqu'il   est    tranquille;    le   campement   est  ô^a\s> 

lorsque  tout  y  est  sile^icieux;  la  maison  est  CsAs> ,  silen- 
cieuse, si  tout  y  est  tranquille  et  sans  vie.  Ordinaire- 
ment, on  dort  alors,  mais  lX^  n'est  pas  pour  cela  dor- 
mir^). Mâlak  hfimid,  pourquoi  es-tu  indolent,  indifférent? 
ySAjî  lA^,    la   mer  s'est   calmée  •=.   Sj^,  Jc>5  et  q^. 

sJuP,  silence.  Js.^^,  tomber  sur  qqn.  à  V improviste  pen- 
dant qu'il  dort  ou  pendant  que  tout  est  tranquille  dans 
le  camp  ou  dans  l'habitation. 

Un  potier  de  Rasâyat  el-Fohhâr,  au  pied  du  Hermon 
en  Syrie,  en  me  décrivant  son  métier,  me  dit:  yizuq- 
qûh  ^ala  ed-dokkan  ya^ni  el-masna*^  uhinâk  yi- 
sabbiru  et-tîn  fil-mahmar  uyesîru  yihartûh 
nyiharmûh  bis-sabbi')  nyirôssûh  bilmôy  uyin- 
qol  es-sâne^   el-harta*)   min   el-mahmar  ila  ba'd 


1)  =  LxJ,  par  l'intermédiaire  de  èlna.  Ce  n'est  pas  la  nounation. 
Cf.  ennefsu  =  XvwÀii  ,  seul,  =  elwalide  Hartm.  LLW  p.  166, 
8  d'en  bas. 

2)  Hartm.  LLW  p.  87,  1.  12  et  88,  1.  13,  où  la  glose  n'est 
qu'explicative,  ce  que  l'auteur  n'a  pas  compris. 

3)  =  ■Spxjo   w^  GO. 

4)  =  -bj^dî   (jJal\  GO. 


355 

el-blât  fid-dokkan  qadër  ma  bisteril  kull  en- 
nahâr.  Badèyn^)  bidûsu  bigrêhom  la^)  yehmod 
ya'ni  yeflis')  et-tîn  el-moqa'qar  *). 

..♦.i^d!  J.  (jUiJÎ  Î5j-î>^  ^\J^»>  ^J^^  ^cJu  ^^l^jJt  ^i-c  ^_^jj 
iCij-rS^!    «JLajJ)   J^«àj_5   -UIj   "^-^jJ»!   i^^lj   ^^.^   ajlj^^è:'.   Îj^j-^a^j^ 

^î    Ji*iijî  ^J^J2J!  (j^Jiâj    ^^^Ju    ^V(y    J    jiuL:>.-i   ^^.«^lXj    qJ'-^ 

O^i  transporte  la  terre  à  la  fabrique,  oii  on  l'entasse 
daiis  le  mahmar.  On  se  met  à  la  dépecer  et  à  la  dé- 
couper avec  la  pelle  et  on  l'asperge  d'eau.  L'ouvrier 
traiisporte  l'argile  découpée  du  mahmar  à  la  fabrique, 
[et  la  met]  sur  des  dalles,  la  quantité  qu'il  pourra  tra- 
vailler dans  toute  la  journée.  Ensuite,  on  la  marche  avec 
les  pieds  afin  que  l'argile  entassée  s'aplatisse. 

Le  sens  de  j:^  donné  ici  à  l\!?  doit  bien  en  être 
une  explication,  et  je  crois  que  le  verbe  en  question 
signifie  ici  se  reposer,  s'affaisser,  ce  qui  a  lieu  lorsque 
la  pâte  devient  compacte. 

Son   synonyme  est  ;j:iA^,    être   tranquille,    en   Syrie 

ÎlX^^).  ^j^p,  Stace  p.  135  s.v.  quiet. 

1)  Obs.  la  diphthongue. 

2)  Expliqué  par  ^^-^  ■,  voyez  la  note  suivante. 

3)  ^JiJi,  étendre,  mais  aussi  intr.;  le  texte  dit  encore: 

w  O     - 

gjwjtXj!     ijiJLàjt    (jyLSLp    ^^v^»i    ^JiJ^    ij^^    »Jii>    ^    [j..^eAj 
Ce  lîn  est  fâlii  et  rnaflûs. 

4)  =  («jCo  =  _kAj»  GO.  jiixi  doit  avoir  une  affinité  radicale  avec 
Jijji,  Arabica  V,  p.  1G0,  1.  3. 

5)  Pour   le   cl.    'AP,    Dozy,    Suppl.    s.v..  Prov.  et  Dict.  Gloss.  s.v. 


356 

j^^AP  a  le  même  sens.    ^ô<^  v/^'j   v-^>^''  ^^  guerre 

s'est  calmée,   s'est  apaisée;   les  coups  de  fusil  ont  cessé. 
^lAP  T**>-5',  le  chameau  s'est  tu  après  avoir  mugi,   ,J4j. 

\jA^  LP)"^' ,  ^6  pays  est  tranquille,  ^^^^ap  i=  ^^j^.^ ,  mais 

je  crois  que  le  premier  est  pour  ^S.^^.  q'Â^,  tranquille, 

ne  se  rapporte  jamais  à  une  trêve  de  g^ierre,  iLjj^,  mot 

inusité  dans  ce  cas.    Trêve  se  dit  xcj^^. 

En  Iraq,  ol^  est  ^^  ,  M  S  0  S  VII,  5.  En  Datînah, 
c'est  s'eii  aller  au  loin  sans  qu'on  sache  oii,  disparaître. 

Ojy'   en    Dt.    être  tranquille  ^).  qjo^^  \j^\  ^yj,)\ ,   nous 

sommes   à  prescrit  en  trêve,   nous  ne  sommes  pas  en 
guerre  pour  le  moment. 

^ji.'^jjf^  sont  les  deux  parties  lorsqu'il  y  a  suspension 
des  hostilités.  C'est  surtout  un  terme  militaire,  syno- 
nyme de  j^.tx3y5 .   Bàkat  këtîr,  delhîn  hàuwadet, 

elle  a  beaucoup  pleuré,  à  présetit  elle  s'est  calmée  z=  ^xPj, 
inf.  0IP3,  et  J^'s>\ .   Mais  o^  est  aussi  tout  le  contraire, 


^]yS^\    o' J^   U ,  Bohàrî,   V,   93,   1.  2  =  Dt.  jjl   c>ol>^   U  . 

t_cA5î,  tranquillité,  Sîb.  I,  p.  1492,  6  =  ^tXP,  Diw.  Ilâtim  et-Tay 
éd.  Schulthess  N»  LXXXII  v.  1,  avec  la  nirme  nuance  que    -l\P  . 

1)   En   Syi'ie   O^  serait  selon  Dalman  s'en  aller,  descendre  Diw., 

273,   I.  4  d'en  bas,  322,  1.  5  d'en  bas,  ==  »AxP,  idem,  o.  1.  p.  45,  I. 

14    d'en    bas;    mais  je   crois   qu'il    faut  lire  O^  et  i-'V^,  qui  ont 
ce  sens. 


357 

crier ,  „La3  ,  stôhnen,  dire  hu  !  hu  !  ;  il  n'est  pas  nécessaire 
de  pleurer,  Z  D  P  V  XXIV,  p.  82.  Cf.  hue  et  huer  en  français. 
Bî"  ramad  uana  hûwid  min  em-^ayr  uqâlet 
ummi  èhëd  màkânak  ya  ibni.  J'avais  l'ophtalmie 
et  je  criais  par  la  brûlure.  Ma  mère  me  dit  alors:  reste 
là  tranquille^  mon  fils! 

(AP3   être   tranquille.    Dt.    eXi?!^    =   lX^,    tranquille. 

Wuhêd,   sich  beruhigen,   en  mehri,  Jahu,  o.l.  p.  235; 
hôdi,  tranquille,  ibid.  p.  149. 
8,  19:  Kâbah,  voyez  sub  N°  3. 

8,  21:  Halwah,  pi.  ^J.=> .  Il  s'agit  ici  d'une  de  ces 
nombreuses  maisons  en  pierre  de  deux  étages,  iCa^L, 
chacun  d'une  chambre,  l'inférieur  i^-J,  et  le  supérieur 
5^3-,  qui  donne  son  nom  à  toute  la  maison.  Elle  est 
étroite,  5Aà:>.  En  ed-Dâhir,  iûL,  "èllieh,  pi.  oLL. 

8,  21:    Oboh   =r  xj^i,   fais  attention,   par   harmonie 

vocalique.    Celle-ci  est   très   commune  dans  les  dialectes 
du  Sud. 

Nous  trouvons  dans  ces  textes:  bùho,  11,  13;  ba- 
nûho,  12,  20;  yibrokûho  93,  12;  duburho,  93, 
17,  18;  ôrbôtûho,  19,  6,  où  partout  ho  =1  iP; 
fOqoh  :=  fôqeh,  55,  2;  yolûbah,  104,  note  8; 
winnihî'  =  winne  hî',  112,  8;  buq'uh,  13,  12; 
burrauh  20,  9,  16;  buq'oteh,  42,  21;  ruq'uh,  47, 
18;  hofroh  51,  note  1  ');  yiqollûn  et  yiktorûn  57, 
8,   9;   les  rimes   du   N"   90.    Elle   se  trouve  sans  doute 


i)  Voyez  Arabica,   V,  p.   139,  et  p.  152:   ho  mu  h. 


358 
aussi  dans  la  décliuaison  des  mots  classiques^)  ^^,  ♦^l, 
UL';    5y>',   ë^-'t,    =>>';    (*i,    (^,    Ui '),    et  dans  les  formes 
jj  J^  et   (j-.yLw ,  pluriel  admis  de  'iJ^ .  L'harmonie  conso- 

nantique  est  tout  aussi  fréquente:  wasat,  19,  13;  41, 
14;  saut,  13,  19;  sattar,  31,  7.  Le  mot  ^LlaJUo,  qui 
est  ainsi  prononcé  dans  tous  les  pays  arabes,  en  est 
l'exemple  typique  ^). 

8,  22:  iiyikûwisùna.    ^Jy  est  l'intensif  de  ui.'i',  o. 

i(î>  ^luv^il  j.  j^î  l^'i',  z7s  refoulèrent^  renfermèrent 
les  gens  dans  leur  habitation  (campement),  ^i^'  ,j^^ 
\.2f^y>  j^ ,  j'ai  renfermé^  parqué  le  bétail ,  synonyme 
de  J^y>  '  v^-'  (s>b-^  ^  ^-«J^  ou  p^\3 ,  zusammen- 
wickeln.    Le  sens  primitif  paraît  être  fourrer  dedans  *), 

0     9^ 

ou  einioickeln.  Aussi  au  fig.  xxx!j>  i>*^  =  Uj^Ju,  Lie  y, 
27  la  gronde  et  la  bat.   iji^'^,  engueuler-,  ui-^bCi",  s'engîieu- 
1er ,  se  chamailler  ;  cf.    ^^^^ ,   ^^^'i' . 
iji-^.l  n'en  est  qu'une  amplification.  ^^-^^  3-  *^^  '*^3;^5 


4)    Je    rae    demande    si    ce    *    n'est    pas    la    mimation    sabéenne. 
..."bL^s»-,  sésame,  =  \:^\Jl>  dans  le  Sud,  a  bien  conservé  l'article 

sabéen  tout  en  y  collant  la  nounation  arabe.  Cette  classe  de  mots 
du  Sud  et  une  foule  de  n.  loc.  du  Nord  sont  de  nature  à  réfuter 
l'hypothèse  de  Kampffraeyer  que  le  nom  di-terrainô  aurait  eu  en 
sabéen  les  cas  un,  în. 

2)  Voyez  Fleischer,  Kl.  Schriften  1,  p.  178  et  309. 

3)  Vollers  VS  §§  6  et  7. 

4)  L  A    VIII,  235  :    L^>^   *-s*.  ^^   U^'^  >    où  se  cache  sans  doute 
le  .sens  ci-dessus. 


359 

refoulez  les  gens  dans  leur  campement  ^  hineintreiben. 
3"1<^JI  ^  v'^'  u^3-^)  fourre  les  habits  dans  le  sac. 
(_cl\>le  ^jiijiCxJ'  t*Uu),    pourquoi    te    fourres- tu    chez   moi, 

restes-tu  les  bras  croisés?  Karwastèh  lié,,  je  te  l'ai 
fourré  dedans  (se.  ^y^)  =  kauwastèh.lis^). 

Cet  r  épenthétique  après  la  première  radicale,  et  aussi 
après  la  deuxième,  est  très  commun  dans  tous  les  dia- 
lectes. C'est  une  forme  qui  dénote  l'intensité,  la  pluralité 
ou   la  répétition.    C'est  souvent  une  amplification  d'un 

Jjts .    En  voici  quelques  exemples  de  notre  dialecte  : 

yi^:  a,  ji^.,  égratigner, gratter, racler ;Syne,trouer.— 

;^ix3y ,  idem  ;  Syrie,  idem  ^). 

Jslaj  *  —  JsL-*j  ,  se  déchirer  par  l'usage  (étoffe),  de- 
venir JLLj,  mauvais. 

ijiJaj ,  i,  couper.  —  ^JiJ^.^  ^),  couper  beaucoup  ou  en 
plusieurs  endroits. 

(ji>-»3.  *  ^)    —    o'*^  r^  '  produire  un  léger  bruit,  x^^  . 

4)  Cf.    iji'^tàj'  J.  ^i;^syC),  se  fourrer  dans  le  lit,  et  Hdr.  Gl.  s.v. 

2)  Syrie:  .^i^i» ,  érafler^  (^cio.i» ,  faire  ■plusieurs  éraflures; 
(ji->> ,    éraflure.    En   Syrie    aussi    .j^s^- ,    faire   une  égratiguure, 

o  ) 

(j^'«->  •  u*^''^^!  /aire  rfes  égratigyiures.  U^fr',  égratigner  Dt.  ; 
écraser,  moudre,  Yéraan. 

3)  En    Syrie:    donner    des    laluches    avec    une    vieille   pantoufle, 

'^j^y  ;  débagouler  (des  injures).  (jii-JJ  n'y  existe  pas,  mais  (ji^>>^ 
y  a  le  même  sens. 

4)  Inf.  -J;<;A^ .  comme  la  plupart  des  verba  soni. 

5)  u^*^  .  i,  en  Dt.,  enduire  le  mur  avec  un  mélange  de  terre 
et  de  bouse  de  vache  =  (ji=^,  a. 

27 


360 

Ji>.=>,  a,  remuer  les  pieds,  battre  des  pieds  ').  —  -^t>, 
gambader,  battre  des  pieds;  fig.  faire  du  désordre  , 
abî?ner. 

^_^>,  i,  faire  un  pas,  passer.  —  ^c-^.:^',  passer  sur 
les  jambes  de  quelqu'un,  sauter  sur,  ilberspringen  ^)  = 

Jiii ,  0,  fendre,  déchirer  ')  =  Jaxj  et  "j».  —  Jyi  et 
iiyi ,  déchirer.  Assyr.  s  a  r  â  t  u ,  zerreissen,  s  u  r  r  u  t  u , 
zerfetzen. 

y 

o  ^ 

«iiii ,  faire  une  enjambée ,  'ijts^  *),  passer  sur.  — 

«jî-i;,  tomber  qqn.  (t.  des  lutteurs)  =  ^^;  passer 
par-dessus,  9,  12  ==    «i.^'  =  (jr-^j^'  • 

v.jiii^ ,  fendre ,  casser.  —  wàïyi ,  fendre,  casser  tout 
à  fait. 

oLaA2,  0,  et  JUi^o,  battre  des  mains.   —  \Jtiy>^i   idem. 

(jiias,  chercher.  —    (jiJ^,  idem. 

.uxwi,  différer.,  renvoyer;  disloqer^),  détacher.  —  .i^n*-^, 
écarter  les  jambes. 

^^^^  *  —  ^^  j,  écarter  les  jambes. 


\)  Cp.  v^> ,  courir,  galoper. 

2)  Cela  est  fort  mal  vu;  v.  Wrede,  Reise  in  Hadhramaut,  p.  264/5. 

3)  Hdr.  Gloss   s.v..  Stace,  s.v.  tear  et  torn.    Ce  n'est  que  dans   le 

Sud  que  -^a^  a  conservé  ce  sens,  mais  -b-^  et  -Is^J^  se  trouvent 
aussi  dans  les  dialectes  du  Nord.  Kn  syrien,  ..^J^  et  f^f^  signi- 
fient aussi  déchirer. 

4)  En  Hdi".  =  pas.  <.^>,  a,  faire  de  longues  enjambées,  accélérer 

la  marche;  ***>,  enjambée.  ^yy> ,  a,  i,  ramper  comme  V  enfant. 

o  -      _ 

5)  jf^^    J*c    J-»j5^i,J    :.^^««àj'  ,     la    charge    s'est    défaite    sur    le 
chameau. 


361 

«.ai,  a,  crever'^).  —  «ii,  faire  craquer  les  doigts^). 
r.*s ,  a,  taper  •'').  —  ;tj  js ,    tapoter  *),  mais  cf.  ^ji . 
wA-ai,  0,  couper.  —   w^i,  id.    Cf.  ^j^^^cîi  et  w,*-^. 
^jiliï ,  a,  couper  la  pointe.  —  ^jixy ,  idem, 
^^àxiï ,  0,  briser^  couper  une  chose  sèche.  —  -_suoys ,  idem  ^). 

_l2xï  ic> ,  pam  aî/aw^  une  croûte  croquante  ;  ia^si ,  gri- 
gnotter. 

fJ^^    i,    et   j»iioP,    casser  *').    —    (^j^,   itérât.,   casser; 

1)  ^«JJLii    vi^otflj,  /li  as  crevé  Voulre. 

2)  Classique,  et  dans  tous  les  dialectes. 

3)  La  racine  >— ^,  se  trouve  avec  ce  sens  dans  ^^iJùs ,  v.  lesdict., 
d'où  le  nom  de  soque  en  bois ,  et  qui  certainement  ne  vient  pas  du 
hirayarite;  Prov.  et  Dict.,  p.  149. 

4)  ;-M-^'    fj^   ^-^j    lA-'')   pourquoi    tapotes-tu    sur    la    table? 

<^yij'    iLcLw^i ,  la  montre  fait  tic-tac. 

5)  .le  demandai   a   un   datînois   quelle   est   la  différence  entre  ces 

deux  verbes,  et  i!  me  répondit:  <e_4.:^.lj  o^-^ySj  "^^^^  ^-»Aii,  qasaf 
désigne  l'unité  et  qarsaf  la  pluralité.  Ce  que  es-Suyûti,  dans 
6 1-a  .s  b  â  h     w  e  n-n  a  z  â  i  r ,    mon    ras. ,    exprime    par  :    i_;^  r^*   j*^^ 

j_5vxil  rV^  J^  J*-^  •  M<^"  dafînois  ajouta:  la  "andak  kîitri 
tugsùfah  ula  'andak  kiltûr  tegàrsifha,  si  lu  as  une 
[seule]    bûche    de    bois,    tu    dis    tuqsuf    et    si    tu    en    as   plu- 

sieurs,    tu    dis    teqarsif.       ^Jo^ ,  pi.  o^*^,  brisure.    'Arr  em- 

û   ,  o 

krîb,  [non  pas  "^arreni-k.]  yiqsof,  laisse  le  feu  flamber  ^  ^r^^j^.. 
jÀCCwi'    ^^yJlc    ^Àoï    ,c-^)    our   work    is   (joimj    on,   nous   travail- 

O,  o  û  ■ 

luns  sans  désemparer,  -bjii!  \^Àoy5,  brise  les  roseaux  [de  durah 
etc.]    Cf.  le  class.    ouoc  . 

())  ^fS>.    .v-is^    jflcr   une  pierre  sur. 


362 

*ui_ij,  se  casser,  se  ruiner,  tomber  en  mine  ^),  aussi  au 
fig.  devetiir  décrépit,  cassé  de  fatigue  ou  d'âge  ^). 

j^^,  hypocondre.  —  f^~^  i  porter  l'enfant  à  cali- 
fourchon sur  la  lianchc  ''). 

iî»  *  —  is.^j",  marcher  doucement  et  sans  bruit '^): 
s'accroupir,  hocken,  expliqué  par  môhù''  [harra.  voca- 
lique]  mitreyyil  'a la  qahàrah^),  J^  ^j^_y^  ^  L 
3^,  il  n'est  pas  d  son  aise  [assis]  sicr  so7i  derrière.  Le 
verbe    simple    ;î^  *)    ne    me   semble   pas  employé,   mais 

jiy  a  le  même  sens  que  jJ5^y>' .  E  t  w à q q a z u ')  li m- 
t  a  r  î  q  la  h  a  d  y  ù  h  î  k  u  m ,  marches  doucement  sur  la 
route  afin  que  personne  ne  vous  entende,  jïyu  figure 
bien  dans  L  A  et  Sihâh,  et  l'on  veut  que  ce  soit  pour 
L^  [donc,  une  faute  de  copiste]  dont  le  sens  approche 
de  celui  de  notre  thème  "). 

i)  ciVî~'  *^^^^  démolir,  ruiner  la  maison  =  f*^ ,  J-**-^)  ^w\£0. 
jC^aL^Li  (_^)*»A-ii   c>-*-^rî^,  y'aî'  cassé  la  cible  [pierre]  avec  la  balle. 

2)  xiJ>    jjLwo!    (et   loo    Ivit^wj') ,    homme,  (et  femme),  rendu  de 

fatigue.,  épuisé,  cassé  d'âge  ou  de  maladie,  offre  la  même  image. 

3)  Sur   la   chose,    voyez    Wrede,    Reise,    p.    112.     Les   deux    mots 

étaient  prononcés  iSf^  et  j^rp  par  les  Hadramites.  y$\^ ,  partie 
molle  de  la  hanche.  Les  datînois  disent  Uj'A>  Jw^  Lî'A;^  ci^lii. 

4)  ^uo    ou    ^c=>'>    [=    ^c^3]  . 

5)  Ici  le  «  est  devenu  —  ;  cp.  p.  78,  note  1. 

6)  En  tunisien,  jfl»  signifie  s'accroupir,  sich  hinkaucrn,  St.  T.  Gr., 

P-  23. 

7)  Paraphrasé  par  etwàqqa'u,  «Jjy"  =  ^^Jijj  ;  v.  p.  364  note  2. 

8)  On  ne  doit  pas  le  confondre  avec  (j^j ,  rester  inoccupé,  devenu 


363 

8,  25:  biroweyd.  La  première  voyelle  du  diminutif 
n'est  pas  en  vertu  du  schéma  classique,  car  elle  est 
d'ordinaire  i  dans  ce  cas,  mais  sous  l'influence  du  ^ 
suivant.  On  dit  aussi  raweyd.  On  a  si  peu  conscience 
du  diminutif  qu'on  en  forme  même  un  diminutif  ruwî- 
yid,  tout  doucement. 

9,  1:  in  kân  si  minneh.  Hâlhom  yisûwûn 
''ukkàs  lâken  ma  minneh  sf,  quelques-uns  porteiit 
un  bâton,  mais  c'est  sa7îs  importance.  Dans  elBohârî 
VII   p.    13    (Lf*«âi  sîi'  ^<sj£.  ^L)   nous  lisons:    ^}y^  'lXP 

(je  n'ai  pour  tout  prix  de  mariage  que)  ce  pagne  et  la 
moitié  en  est  'pour  elle.  Que  veux-tu  faire  de  ton  pagne? 
demanda  le  Prophète.  Si  tu  le  mets,  toi,  il  ne  servira  à 
rien  à  elle,  et  si  elle  le  met,  il  ne  te  servira  à  rien,  ne 
vaudra  rien  pour  toi. 

9,  3:  lêé,  se  dit  lorsqu'on  appuie  sur  ce  mot,  aussi 
lis,  comme  ici  38,  lo,  41,  t.  Sans  cela  c'est  toujours 
leé,  leéé. 


aqis   et  puis  (j^!  l'iqi^'.  comme  y»'  devient  >>',  aussi  en  Afrique, 

St.  T.  Gr.,  p.  22.    tj^î  '  rester  tantôt  et,  tantôt  là  =  Le?  ^  ^.Jjj 

Lx^  CT*  U*^^^--î  •  L>-^!>-''>  "'''•■  /"""'"<'  inHiueUe)nenl  la  aentinelle,  se 
srirvcilter,  t.  de  guerre.  Âqisi  "andis,  reste  là.  Part,  présent, 
mftqus  ou  mùqis  pour  niTiqis,  comme  mitliid,  miikil,  mamir, 
mfiwi,    qui   s'égare,   dévie   de  la  route,  de  (^5'  =  jj:«>^  =  (jr*^  * 

Ces  formes  irrt''puli6res  existent  aussi  dans  d'autres  dialectes,  R  0, 
j).  189.  St.  T.  tîr.,  ]>.  21.  11  no  faut  pat-  les  confoudie  avec  les  par- 
ticipes do  Jj'  pour  Jk;»'  . 


364 

9,  6:  Les  Harîbites  et  les  Madhigites  présents  disaient 
watab,  mais  les  Datînois  et  les  'Awlaqites  wutib, 
sous  l'influence  du  5 . 

9,  7:   bigâd,  pi.   ^Jl^J  et  l\>:  .    Sur  la  forme  jL«s, 

comme  d'autres  mots  qui  indiquent  une  chose  qui  sert 
à  couvrir,  à  boucher,  à  fermer  et  à  travailler.  C'est 
une  couverture,  en  laine  de  mouton,  à  raies  rouges, 
blanches  et  jaunes  alternatives,  ou  bien  toute  blanche, 
qui  est  la  plus  belle  et  coûte  jusqu'à  dix  roupies.  Elle 
consiste  en  deux  longueurs  d'étoffe,  [:y^.f  ^),  cousues  en- 
semble ,  cjë^àJU .  On  la  met  sur  la  natte,  's», ,  et  l'on 
couche  sur  une  moitié,  tandis  que  l'autre  moitié  est 
tirée  sur  le  corps,  s'il  fait  froid.  La  si  bard  yidfà^bah 
ula  hù"  (ou  si)  harr  yitwàqqa"^)  bah,  s'il  fait 
froid,  il  se  couvre  avec,  et  sHl  fait  chaud,  il  se  couche 
dessus,  me  dit  un  datînois.  On  fait  les  bigâd  en  Dt., 
comme  partout  ailleurs.  Celles  de  Soqotra  sont  très 
recherchées.  Le  mot  aoLs^  n'est  pas  connu  des  Bédouins. 
Le  tapis  européen  était  pour  mes  Datînois  oL>:. 

Dozy  rapporte  dans  son  "Vêtements"  etc.  la  seule  dé- 
finition ^)  que  les  lexicographes  arabes  donnent  de  ce 
mot,  l'un  ayant  copié  l'autre:  vêtement  rayé  des  Bédouins, 
i»jtyi":j!  iLs.^j'i  ^  iÂ^'  i'^^  *).    Pour  illustrer  cette  sig- 


1)  Class.  ,i^jJj  ,  LA  s.v.  ^^•^. ,  où  l'on  a  erronément  imprimé 
«.;>iï  en  suivant  la  mi' me  erreur  du  TA  II, .  p.  293  ;  cp.  L  A  III, 
p.  170,  et  ici  Gloss.  s.v.. 

2)  Pour  ,^syo  V.  I.Idr.  et  ici  Gloss.  sub  ^;  et  cf.  ici  p.  3G2  note  7. 

3)  D'après  I.  el-Kalbî,  Muzliîr  I,  p.  75,  jJ^  q^  >^1->v  serait  une 
tente,   mais  je  suppose  qu'il  parle  de  l'étoife  dont  la  tente  est  faite. 

4)  Hamâsah,  p.  643,  s'exprime  dans  les  mêmes  termes.  Autre- 
ment I.  es-Sikkît,  Talicjîb  el-Alfâz,  Reyrouth  p.  660,  4. 


365 

nification,  ils  racontent  que  le  Prophète  donna  à  ^Abd 
el-'Uzza  el-Muzanî  le  nom  de  'Abd  Allah  Dû  el-Bigâdeyn  ^). 

^j>"blj  .;;dt_5  li=îu\^L.  Parce  que,  lorsqu'il  allait  partir 
pour  se  rendre  auprès  du  Prophète,  sa  mère  coupa  en 
deux  morceaux  une  couverture  qu'elle  avait.  Son  fils  se 
servait  alors  de  Vun  comme  châle  (ou  râdi)^)  et  de 
l'autre  comme  pagne^).  Ce  bigâd  était  bien  un  vête- 
ment pour  le  pauvre  garçon,  que  son  père  avait  dénué 
de  toutj  mais  jamais  en  arabe  ce  mot  n'a  eu  ce  sens. 
Wellhausen  ne  s'y  est  pas  laissé  prendre,  et  dans  sa  bonne 
traduction  d'el-Wâqidî  il  dit:  seine  Mutter  schnitt  aber 
eine  Decke  entzwei*).  Pourtant,  en  hébreu  1^5  a  aussi 
bien  le  sens  de  vêtement  que  de  couverture^).  Les  sig- 
nification du  verbe  -i:d,  être  traître,  perfide,  agir  par 
surprise,  furtivement,  existent  aussi  dans  les  dialectes 
du  Sud.  Enteh  mistà'fel  ugâ"  insân  ubàgadak, 
ii)i_\:^  3  o*"^'  ''^-î  t)^**--^  ^-^^  '  ^^^  restes  là  sans  te 
douter  de  rien,  et  voilà  qu'un  homme  vient  tomber  sur 
toi  à  l'improviste.  Bagadùk  awâdim  uhadu  baw- 
sak,  tiUi^  îjuXi-îj  j^y  lilî*-^-»  des  gens  sont  venus  fur- 
tivement et  ont  enlevé  ton  bétail.  Un  ^ulaqite  l'expliqua 
par  iiV.JL£:  Sj^î» .  Istareyt  minneh  bazz  uqâl  lak: 
ma,  si  mitëlmàh  àbadan;   witër  em-bezz  saba- 


\)  LA,  TA,  Usd  el-râbah.  II,  138. 

2)  Des    Hadramites,    et   radîf  ou    rida    des    Yémanites,    Hdr. 
p.  10  et  s. 

3)  j,yw    Hdr.    p.  10  =  class.  J'j\,  Bohâiî  I,  p.  78  et  35.  I.  Sa'd. 

III,  I,  p.  17  et  19. 

4)  Midiammed  in  Médina,  p.  .399. 

5)  Gesen.— Biilil,  Il  W  H  •♦  s.v.    Lcvv.  N  II  Cli  W  I!  s  v. 


366 

rûk    bim-liAmùroh,    bagadak    fim-bcâ"    um-éira, 

^yCiJtj   «-<*il  ^5  i£)A:È^  a.vel^L)  .   Tu  luï  Qs  acheté  de  la  toile 

blanche,  et  il  te  dit:  ,,Il  ii'y  en  a  pas  de  pareille,"  mais 
voilà  qu'ils  ont  teint  la  toile  en  rouge  d'aniline:  il  t'a 
trompé  dans  l'affaire.' 

Loqmân,  qui  était  de  l'Arabie  du  Sud  selon  I.  Hi'sâm, 
Tîgan,  s'est  servi  du  mot  oL^  lorsqu'il  dit,  sur  la  foi 
d'Abû  el-Q;isim  b.  Hamzah  dans  son  i^AiLc!  J^^  ^y^*>^' 
Hyt,  mon  ms.,  dans  le  ragaz  suivant: 

L'original  du  Caire,  de  même  que  TA  VII  p.  122,  a 
oLj^vJI  ,  mais  L  A  ^)  oLs^Jt .  Kremer,  Beitràge  z.  arab. 
Lexikogr.,  cite  ce  passage  sub  Ui  et  le  traduit  ainsi: 
„0  du  Besitzer  des  schwarzen  Oberkleides  —  îmd  der 
gemeinschaftlichen  Gattin  —  sie  kmnmt  nicht  dem  zu, 
der  nicht  dir  befreundet   ist."     L  A  rapporte   ces   vers 

comme  é  â  h  i  d  *)  du  sens  de  xXJb> ,  qui  est  un  m^c> 
JwOjil  ^  u^yu,  et  cette  leçon  est  inacceptable,  tandis  que 
le    T  A    l'explique    seulement   par   noir  très  foncé.     Le 

icXLs^J!  de  Kremer  est  en  tout  cas  une  erreur  et  doit 
être  ioObsU! .  Mais  alors  jb>:  devient  féminin,  ce  qui 
m'est  inconnu.  Il  faudrait  sans  doute  un  pluriel  à  cause 


d)   XII,   p.   297.    On    appelle   en   Syrie,   celui  qui  fait  des  convei'- 
tures,  des  coussins  poui*  le  lit  (A>U^  . 
2)  Selon  I.  Barri  TA   1.1. 


367 

de  iC^JL^jî ,  et  alors  on  pourra  lire  ■j>l^ ,  pi.  de  iA>:^ ,  tapis, 

synonyme  de  oLs-.  Kremer  voit  ici  une  preuve  de  la 
polyandrie  ')  ancienne.  En  effet,  ces  vers  se  prêtent  à 
cette  preuve.  Mais  les  lexicographes  expliquent  ^J;ii^,  ou 
^juAi  ou  ^juj> ,  par  un  homme  qui  a  eu  trois  femmes  et 

le  féminin,  par  une  femme  qui  a  eu  trois  maris.  Ils  ne 
disent  pas  que  les  trois  maris,  ou  les  trois  femmes,  se 
soient  trouvés  ensemble  en  même  temps. 

oL^^vJIj  o»iUl  ^(jr^t  semble  avoir  été  une  locution  pro- 
verbiale dans  l'antiquité.  Cela  veut  dire  l'outre  à  lait 
qu'on  enveloppait  avec  un  bigâd.  C'était  là  une  pra- 
tique des  Tamîm  qu'on  raillait  à  cause  de  cela.  I.  Sa'd 
y,  p.  275.  éâhiz  K.  el-Bayân  I,  p.  78,  1.  23.  L  A  IV, 
p.  44  en  haut  ^). 

Plurieurs  personnes  peuvent  dormir  sous  la  même 
couverture.  Nous  en  trouvons  un  exemple  dans  le  Diw. 
des  Hodeylites,  éd.  Wellhausen,  p.  Ô,  1.  3.  C'est  con- 
traire à  la  Sounnah  de  tuer  quelqu'un  dans  son  som- 
meil ^).  Le  fait  est  que  les  Bédouins  n'ont  pas  cet 
égard,  et  c'est  bien  pour  cela  que  le  Prophète  l'a 
défendu. 


1)  Qui  existait  certainement  cliez  les  Sabéens,  Winckler,  For- 
schunpen,  11*8  Reihe,  Band  I.  Heft  2,  p.  81. 

2)  oL^.  se  trouve  KA  X,  p.  51,  1.  6. 

3)  Wellhausen,  Resie  ^  p.  163  note,  cite  encore  Doughty,  I,  p.  250. 1. 
Hisâm,  326,  p.  16,  I  Sam.  19,  ".  Mais  cela  n'empochait  pas  les 
partisans  du  Prophète  de  procéder  comme  par  le  passé.  On  lira  l'em- 
poignant récit  de  Bobârî,  IV  p.  63  {•éJ^^  *jLx]i  J>^),  Wellh.,  Moh. 
in  Médina  p.  170/1,  et  sur  l'assassinat  d'Abu  Rûfi',  ordonné  par  le 
Prophète  Tab.  I  p.  1375  et  s.  Cela  se  passe  dans  un  husn  et  re.ssemble 
beaucoup  à  notre  récit. 


368 

9,  1'  mideffiîn.  j^cJ'^,  a,  devenir  tiède,    ^'o,  tiède \ 

o.L)  _^  "^^  L.'^'^  _^^  "^j   ^^   ?w^  ^'^^^  ^^^  c/^awd  ?i2  froid., 

selon  un  datînois.    ^_^-v...♦^'(  ^.^  Lyij  ^),  >20?«s  ?20î/5  sommes 

chauffés  au  soleil,  ^^o ,  couvrir^  prop.  chauffer,  ^oî  =  (^c^^', 

se  co2(vrir.   lio  (jLxj) ,  couverture,  prononcé  d  a  fà^ 

9,  10:  tara  h.  Les  Datînois  et  les  "Awâliq  Supérieurs 
disent  ainsi  et  aussi  ta^rah.  Les  Madhigites  et  les 
Dâhirites  prononçaient  tu'ruh,  qui  sonnait  même  tu^ruh, 
tandis    que    les    ^Awâliq    Inférieurs   disaient   tarrah, 

3 jti .  C'est  le  classique  5^',  fossette  jugulaire  du  cou''). 
Le   c   est   tellement  affaibli   qu'il   est  devenu  â,  comme 

dans  le  Sahhî  ^o'J  pour  le  "omânais  iLJti',  BBRAS 
1902,  p.  265  s.v.  Gecko. 

9,   11:  ^azzëha   =r   Uj.5,   GO.    cUiî  ,.^    .^^  ";£  ,  ra- 

masse  la  pierre  du  sol.  ;c ,  i,  est  au  fig.  garder,  con- 
server, comme  l'allemand  aufheben,  ayant  les  deux  sens, 
aufhewahren.  J'LJ  ^]1\  L\^  ^ ,  he^e  dies  Fleisch  bis 
morgen  auf.  [^''zzëha]  \^;^  k^v^^  "^3  'iLxL^  ,j«.a..«_c: 
cherche  le  goujon  (du  bâton)  et  si  tu  le  trouves,  garde-le, 
hebe   den    Zwinger   auf.     ^)J-^>jj!   ^   ^^a^I  o^^'    ^^^^ 


1)  Les  exemples  sont  toujours  voyelles  tels  f|ue  je  les  ai  entendus. 
La  langue  littéraire  n'a  pas  été  une  langue  artificielle  et  elle  vit 
encore  en  partie. 

2)  Nôldeke,  Funf  Mo'all,  II,  p.  4G.  P.  de  Koning,  Trois  traités 
d'anatomie  arabes,  p.  790. 

3)  PI.  J*>-o  .  C'est  une  plateforme  sur  quatre  perches  pour  y 
mettre  le  roseau  de  dnrali. 


369 

hebt  das  Rohr  auf  dem  sabl  auf.  "^Izz  ergîlak, 
retire  tes  pieds. 

9,  12:  sarqa'  =  ^  o  GO:  =  <iJ^,  v.  p.  SrjO. 

9,  13:  de  g  ga  h.     ^o   est  to^er,   stossen  en  général, 

^«per  (ies  pzeds  en  marchant,  piétiner  =  ,_ . .  ^LJi  -Ju, 

27  frappe  à  la  porte,    (j-otil  ij.  -.Ju  _L\=>^A^' ,  l'orgelet  bat 

dans  l'œil.  <^  „o,  terrasser  qqn  =:  „u\xi  ,^e>ol .  b^Jiil  „o, 

Socin   Diw.,   I,   N"   22,  1.  2,  est  =  ^\  lo  chez  les  Bâ 

Kiizim,  mais  ailleurs  dans  le  Sud  jjj>  ou  ^ .  -b,  lutter 

avec   qq7i.    éj»,  ijî  J^  Ij  ,  wows  aZ/ows   lutter,   moi  et  toi 

=  „  .b  et  ^î,  •  Jo! ,  lutter   ensemble,   corps   à  corps, 

partout  dans  le  Sud  z=  -.  ,b!,  Yéman,  et  ^''f',  à  Aden 

;;  .Lij" .  ii^îA^j  M^e  corps  à  corps.  Cp.  ^jo,  i,  taper 
des  pieds  en  marchant,  faire  du  bruit  ^)  =  é^ù  du 
Nord  ^).  Cf.  -;s=>j>,  battre,  et  sJL>o,  Hdr.  Gl.  s.v.,  comme 

_j>  et  O'^  plus  haut,  ,..^»  et  oi-«  etc. 

9,  13:   nigûf,    pi.   de   ^s>^,   Vendroit  sur   les  deux 

dernières  côtes,  épigastre.  Le  pluriel  en  est  aussi  ^J'i^ 
et  ^\^\ .  Dô'ân  a  dit  : 


1)  Mehri,  poursuivre^  selon  Jahn,  Mohiisprache  s.v.  debû^. 

2)  =    olass     OwV5  '  ,  le  tiernccnien  LiO,  u,  trottiner,  Marçai.s  (Ir. 
Tl.,  p.  69. 


370 

Dis-lui:  le  fer  à  brûler  est  chaud,  et  c'est  moi  qui  le  retiens: 
je  vais  brider  sur  les  épigastres,  d  la  poitrine. 

9,  13:  gala  bat.  v^?  dévier,  passer  à  côte  de,  ef- 
fleurer. ^)  v^b>  'lU^ ,  le  poignard  dévia,  passa  d  côté 
■=  .yJLc  c>o^  [ou  ui^  o?u=>]  ou  kAsl  ...j^^^^Id,  glissa  sur 
lui  GO.    ji:>  et  ^_Jl:>  sont  synonymes.    iJUil^  c;^j^,  la 

balle  effleura  sans  toucher.  JJb>  osL>  iJuJ^^,  ^a  6a/^e 
effleura  la  peau.  ^Ass  minsân  em-masâb  il  df 
ya'rif    maswâb    uqâl    qar    ra'^àwha   g  al  al,    ^^-^ 

l'homme  qui  se  connaît  en  blessures  tâta  le  blessé  et  dit: 
c'est  bien  im  effleurement  de  la  peau.  Socin  Diw.  I,  N" 
21,  2a,  donne  kJ'l^  „von  einer  Kugel,  die  bloss  die 
Haut  streift". 

9.  14:    hauwak.   é^  =  »J>oj  ^  GO,  ^pousser  un 

son  prolongé  comme  lorsqu'on  appelle  étant  blessé  ou  au 
secours  contre  l'ennemi"  GO.  C'est  en  général  prolonger 
la  voix,  comme  on  le  fait  à  la  fin  des  marâgîz  et  des 
zawâmil.  Le  verbe  J-^j  a  même  ce  sens,  et  de  là 
probablement  le  nom  du  Js^U  .    Ce  cri  peut  être  de  joie 

ou  de  détresse,    (jî^'^ij  ^^  ><*-f^*-?.  u".^'  J-  *i^^  u^}^  j 

le  gardien  crie  dans  le  champ  pour  que  l'entendent  qui  est 
caché  ^)  et  qui  est  d  la  vue  de  tous,    é^  n'est  pas  usité. 


1)  On  ne  voulait  pas  ici  x«-Li- ,  car  »cela  ne  se  dit  pas"! 

2)  Pour  voler.  ;^^1j  =   r^'^  ,  qui  se  montre.  'lXj,  bada,  ouver- 

Icincnl.    j.oSj'bl    |»l(»\i    'Aj    *aaLù.  ,  je    Vai  i^ris   à  la  vue  de  tout  le 
tnu)uU'. 


371 

iX)^"  [jy*  OU  'iS'Li>>  ^),  poussez  un  cri  prolongé^  et  ii)|^, 
crieur.  Je  demandai,  ayant  le  dictionnaire  devant  moi, 
si   'iSj^   veut   dire  fosse.    „Non,  répondit-on,  nous  appe- 

Ions  une  5^à=>  liauq,"  oy>,  pi.  ^>> ,  mais  ^^y>  est 
véritablement  l'espace  sous  la  voûte,  tunnel. 

9,  15:  na'nt  =  xUj.  On  évite  de  prononcer  le  thème 
^jxl ,  dont  on  fait  Jsju  ou  ^J}6 ,  qui  est  devenu  Jj  dans 
le  Mehri,  Jahn  MS.  p.  214,  idem  G  M  S  p.  12.  Dans  la 
langue  littéraire,  nous  avons  ^^li  ^^  Jlj ,  invectiver  quel- 
qu'un,  Boh.  I,  p.  104,  1.  5,  Tab.  I  p.  1472,  u,  mais 
cela  n'est  pas  de  la  même  provenance. 

9,  16  :  b  a  y  1  i  b  b  ù  n  e  k.  ^^2  est  aider  en  général,  secou- 
rir, venir  en  aide,  et  me  fut  expliqué  par  l\cL«,  ^^t  et  J^^\^. 
C'est  porter  secours  à  qui  est  attaqué.  La  kan  wâhed 
wahdeh    harag    ba^îd    min    em-sakin   uîntafaq 

h  ù"  u  h  u  s  û  m  u  s  a  h  :  w  â.^a  n  d  i  !  "a  n  d  i  !  u  a  s  h  â  b  e  h 
yisma^ûn  em-saut  uyifhamûnah  uyisîhùn:  yâ 
labbèyk!  yâ  labbèyk!  walla:  yâ  labbeyk!  tumm 
labbeyk!  Si  quelqu'un  sort  seul  loin  du  campement 
et  rencontre  des  ennemis,  il  crie:  à  moi!  à  moi!  Ses 
compagnons  entendent  alors  la  voix,  ils  la  compren- 
nent et  crient:  yâ  labbeyk!  labbeyk!  ou  bien  yâ 
labbeyk  et  encore  labbeyk!  Lorsqu'on  est  en  détresse 
ou  à  la  guerre,    ~^^^\  0^5,  on  crie  ahV  (ou  h  al  à"*  et 


1)  Le  hoch  !  allemand  était  appelé  'iS\yi^  par  mes  Datînois.  Pour 

o 

la  forme,  cp.   »;Li>^,  ce  qui  n'est  pas  sans  intérêt. 


372 

à  1  a)  1  a  b  b  û  n  a ,  liolà  !  secourez-nous  !  ')  Cela  me  fut  ex- 
pliqué  par   L-ow  ^^y^. ,  ils  se  joignent  à  nous.  ^ ,  i,  a 

le  même  sens  de  secourir  ^)  ^^  ^^  =:  J.LJ ,  im  tel 
m'a  secouru. 

A*lS ,  est  aussi  simplement  la  réponse  à  un  appel,  à 
un  ordre,  etc.:  me  voici!  j'y  suis,  à  vos  ordres  etc.  et 
s'emploie    de    la    même    façon    que    'u^^xî  »).  En  Algérie, 

plaît-il  ?  selon  Beaussier  s.v.  Sur  la  locution  nUli  J,t. , 
je  suis  sans  le  sou,  voyez  Marçais  R  M  T  A  p.  482.  R  0 
p.  190  donne  cette  phrase:  Yô  Marzûql  —  Lebbêk 
hâdimek  watîtek  bên  yedêk,  umîirbômaturîd, 
Marzûq!  —  Me  voici,  ton  serviteur,  ta  sandale  est  devant 
toi,  ordonne  ce  que  tu  veux!") 

Cet  emploi  est  du  reste  ancien  ^).    En  voici  quelques 

exemples.  *JJI  J^w^  L  tiU*j  J ï  ^..^  b  [  Jyy '  ]  ^-^^  ,  il 
appela:  ,,-He.'  Ka^'h!  Celui-ci  répondit:  me  voici,  ô  envoyé 
de  Dieu,"  Boh.  I  p.  95.    JUs ^c.-Jt  Uuo^  lil  UlJ  JIï 

é^^Sju^*,  aJJ!  J^-w.  d^J  vj^  o'ow  L  ,  27  c?«Y;  ^pendant  que 
je  montais  derrière  le  Prophète  sur  le  même  chameau  — 


1)  La  langue  arabe  et  ses  dialectes,  p.  58. 

2)  wO   aussi   être   attaché  «,   au   propre  et  au  figuré  =    w>->Jj' . 
liVj    v.j'b    ,^,JJL!    =    ii)o    Q-^L  ■    11   signifie   en    outre  passer  à  côté 

de,  tourner,  abweiclicn;  cp.  le  syrien  ^ÀJ  et  le  class.  iA*J  . 

.3)   Aussi    RO   p.  190,  1.  42;  Rôssier  M  S  OS  I  p.  86,  note  2,  où 
il  faut  lire  wenhîka  =    —  ^-  \  -^  —  |__ 

4)  J'avoue  que  cet  exemple  me  paraît  suspect  comme  n'étant  pas 
pris  sur  le  vif. 

5)  Au.ssi  Sîbaweyli,  I,  p.   i47,  1.  1. 


373 

il  me  dit  alors:  ô  Mu^âd!  et  je  lui  répondis:  me  voici" 
etc.,  Boh.  VII  p.  170.   ^f^h  \j  c^=>.*a5  i^j^I  v.lII    ^s\ 

j?w!  o«xo  La;s  d^>uJ  bJ  L-u.^'    Vi-aî  \j'«.o ,  '  Ja    servante   vint 

aw  W7f2(Zz  e^  ^e  cherchait  en  criant  son  nom  (à  lui);  il 
V entendit  et  répondit:  me  voici!  tu  as  appelé  un  homme 
qui  est  près  de  toi,  Dîwân  Hâtim  Tey  éd.  Schulthess  p . 
39.  Omayyah  b.  Abî  es  Sait,  un  peu  avant  de  mourir, 
aurait  dit  à  trois  reprises  : 

Je  suis  à  vous  deux!  Je  suis  à  vous  deux!  Me  voici 
devant  vous  deux!^)  KA  III  p,  191.  Su'arâ^  en-Nasrâ- 
nîyeh  I  p.  225.  iu^i'  ^^yîsj  )i^^  ^^  j,vj  "a^.x.wî  ^  }y^  ]3\ 

Lorsqu'ils  furent  à  une  journée  de  marche  de  Tihâmah, 
leur  kâhin,  '^Auf  h.  Rabfah,  devint  inspiré  et  dit:  Hom- 
mes! et  ils  lui  répondirent:  ^^Nous  sommes  à  toi,  6 
notre  maître,"  I  Qoteybah  p.  37/8. 

Liai)     ti>    ^oJ>l:S^Û5    O^Xi-J!    ^iU    J,£0    J>î    iikxJ     ^^ 

Je  dis:  me  voici!  car  le  désir  ardent  m'appelait  à  toi; 
et  aux  deux  chameliers  je  dis:  poussez  la  monture!^ 
Hamâsah  p.  550. 
I.  et-Tatrîyeh,  I.  Qot.  p.  256,  1.  2,  dit: 


1)  Le  pronom  doit  se  rapporter  aux  deux  anges  de  la  mort.  Spren- 
ger  LM  I  p.  117  le  traduit  par  fur  cnc/i,  ce  qui  n'avance  à  rien. 


374 

Il  répond  par  son  labbeyka,  toutes  les  fois  que  tu 

[l'appelles^ 
et  il  pense  qu'il  s'est  bien  acquitté  de  ce  dont  il  a  été  chargé. 
Un   emploi  analogue   LA   XX  p.   104   dans  un  vers 
d'el-Asadî: 

^g^ \C>. 1 ii    *— ii'    * — *■_ — ; — y — J 

J'ai  appelé  un  jeune  homme  qui  a  répondu  par  sori 

[labbeyka 
d  un  jeune  homme  qui  l'a  appelé,  un  fier,  un  beau 

[gaillard. 

^^ ,  prononcer  le  mot  labbeyk^),  était  très  cou- 
rant dans  les  premiers  temps  de  l'Islam.  ^^Uî  ^^^  ^^ 
Bohârî  II  p.  20  ;  I.^JLi  ^^ ,  p.  43  ;  s^  ^^^^  ^^  , 
p.  137.  ^A>J^''  v^"  1  P-  138.  Nous  savons  que  ce  mot 
joue  un  rôle  cultuel  dans  les  cérémonies  religieuses  de 
rislâm  lors  de  la   visite   des  pèlerins^).    Le  talbiyah 

du  Prophète  était:  dUli  Ai  dLj_ii  "ii  dV-Ji  dV-^J  *^!  e^^i 
él  é^.J^  ^  eUIÎj  dU  -iLj^]^  lxJ.  ^\,  Boh.  Il  p.  138  = 
Trad.  p.  502.  Il  est  évident  que  ce  mot,  que  nous 
rencontrons    au   début   de   la   littérature   arabe,    faisait 


1)  Sîbaweyh    I,    p.    148,   1.    16.    Tab.    I    pp.   1538,  *;   1539,   <8,  i»; 
4631,  10;  1661,  '*.    Voyez  Additions. 

2)  Lane   s.v.;   L  A   s.v.;   Beydâwî,   éd.   Fleischer   I  p.  580,  I.  3,  a 

.a^^it   cjLaJ    =    s::^^  ,  de  même  que  Muzhir,  II  p.  133.  Hamâsah  p. 
^       .         .  .. . 

550  :    ^_c>J    =    LjJ   comme   (i«c   et  ii)yJ£ .    Suyûtî,  Muzhir  I,  p.  223  : 

AJ     w^*^'    Q'-^-'L»    s:.>^:v^-    ry^    ^W*' i    pour    Cxv>-«.i. 


375 

depuis  longtemps  partie  de  la  langue.  Le  Prophète  n'a 
fait  que  conserver  une  locution  archaïque.  Si  on  relit 
ce  que  les  grammairiens  arabes  ont  dit  sur  ce  mot,  on 
se  persuadera  facilement  qu'ils  étaient  en  présence 
d'une  locution  dont  l'explication  leur  a  donné  beaucoup 
de  fil  à  retordre.  Fleischer,  dans  ses  Kl.  Schriften  I 
p.  302,  a  carrément  accepté  l'étymologie  de  la  plupart 
des  savants  arabes,  d'après  lesquels  ce  mot  serait 
„un  duel  à  l'accusatif".  On  croirait  que  par  cela  tout 
avait  été  dit,  mais  je  trouve  que  nous  ne  sommes 
pas  plus  avancés  pour  cela.  Avant  de  tâcher  d'élucider 
la  question,  je  veux  expliquer  ce  que  c'est  que  cette 
fête  pendant  laquelle  ce  mot  célèbre  de  vraies  orgies. 

Elle  est  un  reste  de  l'ancien  culte  babylonien  et  minéo- 
sabéen,  spécialement  celui  de  la  Lune.  Celle-ci  est  en 
détresse  pendant  les  trois  jours  de  son  invisibilité.  Le 
mois,  ici  l'année^),  commence  avec  sa  réapparition. 
Hubal,    le    dieu   de   l'ancienne   Mekka-),   revient   au 


1)  La  fête  du  nouvel  an,  rês  satti  =  K^v^!  L/'^j  ?  '^  point 
culminant  du  culte  du  Marduk  babylonien. 

2)  Wellhausen,  Reste  2  p.  75,  221.  Winckler  A  S  0  p.  83  et  ss. 
Le  même,  Himmels-  und  Weltenbild  der  Babylonier,  p.  55,  Reli- 
gionsgescbichtler  und  gescbicbtlicber  Orient  p.  31.  KAT-^  p.  328. 
Tab.  I  p.  1417,  '':  Hohal  hoch!  Les  Arabes  ont  une  mytbologie, 
aussi  bien  que  les  autres  peuples,  malgré  la  coucbe  islamique  qui  la 
couvre.  Lorsque  Noldeke  dit,  Z  D  M  G  39  p.  714:  »mais  les  Arabes 
n'ont  certainement  pas  eu  une  mythologie  développée,"  il  juge  trop 
sévèrement.  Je  demande  si  toutes  les  religions,  y  compris  celle  des 
Chrétiens,  sont  autre  chose  que  de  la  mythologie.  Pour  ma  part,  je 
trouve  qu'il  n'y  a  que  cela,  même  à  l'heure  qu'il  est.  St.  Paul  et 
St.  Augustin  nous  ont  légué  les  doctrines  mythologiques  dont 
l'Eglise  de  l'Etat  a  fait  son  arme  pi-incipale  contre  la  vérité  scienti- 
fique.   Mais  cette  vérité  remportera  bien  la  victoire. 

C'est   l'impérissable    mérite  de    Hugo    Winckler  d'avoir  le  premier 

28 


376 

pouvoir.  Pendant  les  cérémonies  des  trois  jours  de  ""Ara- 
fah,  les  pèlerins  crient  à  chaque  moment  labbeyka. 
En  réalité,  c'est  la  continuation  du  cri  de  secours  adressé 
à  Mardouk  contre  Tiâmat,  l'ennemi  de  la  Lune.  Cela  est 
corroboré  par  le  fait  que  jj=i  et  J^iX*«î  [et  non  jL?  comme 
le  dit  Glaser  0  L  Z  1906  p.  386]  signifient  prononcer  la 
talbiyah,   Boh.  II  p.  140  =  Trad.  I  504.  Boh.  ajoute 

que  le  sens  fondamental  de    \s>  est  apparaître:  ^^^  xk 

^L^uJt  ^  ^f>  y^Ii  l^t^  ^^i  .  Cf.  Tab.  I  p.  1622,  a 
et  L  A  14  p.  225.  On  crie  labbeyka  lorsque  la  nou- 
velle lune  est  en  danger.  De  là  vient  aussi  originaire- 
ment JJ^,   qui  s'emploie  encore  partout  comme  oj^-Lo 

de  i^\  "3  AÎI  "S ,  mais  qui  n'est  qu'une  application  très  à 
propos  d'une  idée  ancienne  à  la  nouvelle  formule  de  foi. 

-  G  .- 

Son  synonyme  classique  JsJL^  est  la  forme  II  „  dissoute", 
comme  le  dit  bien  Grùnert,  Mischwôrter  im  Arabischen 
p.  35,  et  non  une  vieille  forme  IV. 

\s> ,   i,   expirer,  finir,  se  dit,  dans  de  Sud,  du  mois. 
jixij!  J^ ,  le  mois  a  expire  =  ^^'J  X^ .  Ce  sens  paraît 


soulevi!  le  voile.  Il  a  quelquefois  dépassé  la  mesure  là  où  nous 
autres  arabisants  ne  voyons  que  l'histoire  exacte,  mais  aussi  pour- 
rait-il aller  beaucoup  plus  loin.  Grimme  a  aussi  commencé  à  remuer 
l'histoire  des  Arabes  et  celle  de  l'Islam.  11  faut  vous  secouer,  mes- 
sieurs les  Arabisants  et  changer  votre  «méthode"  surannée! 

1)   C'est  ainsi   que  le   dénominatif   -«i^,  pour  ^\  xU! ,  se  trouve 
déjà   dans   un    vers    du    Diwan    de    Hâtim    et-Tây,    N°    82    v.    5: 

««-^^  ^'  ^  i3';  l-*^,  *-'<  lorsqu'il  me  vil,  il  dit:  Dieu  seul 
est  le  plus  grand!  Ce  n'est  certainement  pas  le  Prophète  qui  a  in- 
venté la  croyance  en  un  Dieu  unique. 


377 

à  première  vue  étrange,  mais  il  faut  probablement  y 
voir  l'écho  d'une  connaissance  ancienne,  à  présent  per- 
due, ou  plutôt  une  locution  mal  appliqiiée.  La  lune  est 
bien   renouvelée,  mais  elle  est  encore  invisible,  en  lutte 

avec  Tiâraat.  Comme  -l  est  aussi  'pleine  lune  ^)  dans  le 
Sud,  comme  en  sabéen,  il  faut  attribuer  à  cette  locution 
le  sens  primitif  de  la  lune  a  apparu,  astronomiquement 
parlant,  d'autant  plus  que  J^Lp  est  bien  encore  la  nou- 
velle lime,  aussi  dans  le  Sud.  La  phrase  littéraire  et 
ancienne,  jJ^\  J^  ^),  la  lune  a  apparu^  se  rend  dans  le 

Sud  par  -j-iJf  j ,  v.  Gloss.  s.v.  y ,  et  dans  ce  vers 
d'une  longue  qasîdah  du  poète  Dô^an: 


et  ce  soir  nous  sommes  dans  les  ténèbres:  ni  soleil  ne 

va  se  lever,  ni  lune  n'est  sortie. 

j-iJî  i3^  est  aussi  bien  la  nouvelle  lune  du  mois  que 

l'expiration  du  mois,  antithèse  qui  n'est  guère  explica- 
ble que  par  l'oblitération  de  l'emploi  primitif,  causée  par 
l'invisibilité  de  la  nouvelle  lune  pendant  les  trois  pre- 
miers jours.    Est-ce  que  cette  oblitération  se  trouve  déjà 

dans  le   vers  d'Imru'1-Qeys,   Ahlw.    N°   43  v.   1:    o^^y 


•1)  Comme  Mond,  Lune,  et  Monat,  mois,  en  allemand.  Aussi  dans 
l'intéiieur  de  l'Afrique,  Kainplîmeyer  BDIA  p.  199,  et  au  Maroc, 
Dozy  Supp.  S.V.. 

2)  Harizalah  ef-Tâl,  Su'arâ^  en-N.  I  p.  91  dit  :  . . .  JJjî  -^  ^J  . . . 


378 

J31  JyJb  S^  que  Wellhausen  Reste^  p.  110,  traduit 
par  nuit  obscure?  J'avoue  ne  pas  l)ien  saisir  ici  le  sens 
de  Jj:! .  Abu  Ishfiq,  L  A  XIII,  p.  227,  dit  qu'on  nomme 
généralement  S^  la  nouvelle  lune  des  deux  premières 

nuits.  Les  savants  arabes  n'étaient  point  d'accord  sur 
ce  mot. 

jJp  est  par  conséquent  aussi  devenu  dans  le  Sud  ac- 
complir^ finir,  volJziehen. 

Le  sens  primordial  reluit  dans  Ocç^'Jt  ^\^  LlJ?  ou 
ÛjI?  ,  710US  sommes  montés  jusqu'en  haut  de  la  montagne, 

paraphrasé  par  Lc>j>  et  ij-î^ ,  c'est  à  dire,  nous  sommes 
sortis  à  la  vue  en  haut,  nous  avons  apparu  en  haut. 

Une  question  importante  est  de  savoir  quel  est  le 
sens  primordial  de  J^,  nouvelle  lune.  L'idée  de  Well- 
hausen, Reste^  p.  110  note  3,  que  ^jJ^Î  dans  le  sens 
d'apparaître,  dit  de  la  nouvelle  lune,  est  le  dénominatif 
de  S^  est  à  rejeter  ').    Le  fait  est  que  les  Arabes  ont 

donné  un  nom   à  la   nouvelle  lune  et  que  ce  nom  doit 

signifier  quelque  chose  dans  leur  langue  ancienne.  Si  J^ 
est  crier  en  général,  sens  nuancé  qui  parcourt  toutes 
les  autres  formes  de  ce  verbe,  je  ne  vois  pas  bien 
comment  J^l^  pourrait  s'y  rattacher.  C'est  plutôt  l'autre 


1)   L'objection   de  Glaser  OLZ  -1906  p.  38G  renferme  une  erreur 

en  tant  que  Wellliausen,  o.  et  1.1.,  ne  dit  pas  que  }J>  signifie  crier 
la  talbiyah,  ce  qui  est  à  tort  admis  par  Gla.ser.  Pour  le  reste, 
je  suis  (le  l'avis  de  celui-ci. 


379 

sens,  le  plus  ancien,  de  }J> ,  apparaître,  sortir  cl  la  vue, 
qui  en   est  le  fond  ').   S^  serait  donc  l'apparition  par 

excellence.  ^ ,  la  pleine  lime ,  renferme  l'idée  de  la 
continution  de  l'évolution  lunaire,  lorsque  la  planète 
LôlXJî  (jvc  j^xio ,  domine  la  terre,  39,  le,  ou  est  levée  sur 
la  terre,  arrivée  à  ou  en  route  pour  arriver  à  son  apogée. 
^\  »;^3  »^^M  ^'^  (jr<^  j*^'  jP^'îj  L  A  VI  p.  101. 
.^^3  Ki^  Si^]  ^\,  Moh.  Tàhir,  M.  B.  el-A.  p.  221. 
^ ,  a,  est  dans  le  Nord  se  dresser,  se  lever.  ^ ,  dresser, 
lever  ^).     xj!  j:^  iu^  t^U.  Uiiï  icLaSt  J.*ii:c.s«l3  *JiJ!  Jy«.  J^ 

\xajClc  ..i;^"  L  ijc\^  LS^jf^:  2^  ^^^^  ^^s  mains  au  poitit 
que  etc  Tab.  I  p.   1651,  7.     Glaser,  OLZ  Juli  1906  p. 


1)  J^J^    est  encore  en  Syrie  s'encourager  par  des  cris  en  faisant 
la  fantasia.    De  là  le  nom  si  connu  de    J^^^'    «Aj:  j^\  .    En  ^Irâq, 

c'est  le  ~^j^\  des  Syriens,  M  SOS  V,  ii  p.  118  note  9.  Jereraias  AT 
p.  33  note  et  p.  211. 

2)  .{♦.»».    est  en  Dt.  sortir  pour  regarder,  comme  lorsqu'on  reçoit 
un   personnage   de   marque.    On   monte   sur   le  toit,  on  sort  dans  la 

rue  (=  cl.  Oyi^')  pour  avoir  un  coup  d'œil  sur  la  situation.  Le 
sens  primaire  de  ce  thème  j*^  n'est  noté  dans  les  dict.  arabes 
qu'en  passant.  Fell,  dans  son  beau  mémoire  Z  D  M  G  54  p.  2.54,  ne 
semble  pas  frapper  tout  à  fait  juste  lorsqu'il  traduit  l'épithète 
q'^^  de  quelques  divinités  méridionales  par  bcrïihmt.    C'est  plutôt 

le    haut,   Vélevé,   que   ce  soit   un   J^>jé  ,   un   jLxà  ou  un  Joè  .    Cf. 

o'>^  >  éponyme  d'une  tribu  des  Hat'^am.  Le  verbe  ^  n'existe 
pas  dans  les  dict.  hébreu  et  éthiop.,  mais  le  substantif  y  figure. 
"  ;r**''*i    gruss,  hervorslchcfur,  llartni.  LLW  p.  120. 


380 

387,  veut  que  ^  vienne  d'un  verbe  „inco]ore"  signifiant 
être  rond,  aller  en  rond.   Je  ne  le  crois  pas. 

Vu  les  cris  de  joie  qu'on  jetait  en  voyant  la  nou- 
velle lune  adorée  le  verbe  Jp  aurait  plus  tard,  mais 
à  une  époque  bien  reculée,  pris  le  sens  de  crier.  Nôl- 
deke  nous  a  montré  comment  jl?»  a  pu  devenir  zurûck- 
schrecken,   propr.   aufschreie?i  ^).   ^^ ,  faire  un  hond,  = 

■^ ,  a  bien  le  sons  d'avoir  peur  et  de  secoîirir  J .  Je  ne 
vois  pas  pourquoi  l'hébreu  bbn  ne  peut  avoir  la  même 

origine  que  l'arabe  J^l  et  ^,  c'est  à  dire,  pousser  le 
cri  S^  \i  S^  [i  et  ensuite  pousser  des  cris  d'allégresse, 
jubiler,  contrairement  à  Wellhausen,  Reste'^  p.  113.  Bevan, 
Festschrift  de   Nôldeke  I   p.    581   et  s.,   dérive  Dbp_,  to 

praise,   de  nbp,  to  mock,  et  le  compare  à  Jj^t,  to  invoke 

the  deity,  de  Jp ,  to  make  a  loud  7ioise.  Les  Hébreux 
avaient  aussi  anciennement  le  culte  de  la  lune,  et  s'ils 
appellent  la  lune  HT ,   comme  les  Assyriens  et  les  Sa- 

béens  (-"J^),  ils  ont  pourtant  conservé  une  autre  forme 
du  mot  en  question  :  bb;n  -) ,  qui  me  fait  l'effet  d'être  de 


1)  ZDMG  .S9  p.  728  où  il  y  a  des  exemi)les.    Wellhausen  Reste'^ 
p.  110  note  3. 

2)  Ges.-Buhl    II  W  BAT'*  h.v.    "p^H   il  est  dit  que  l'arabe  "^  est 

luire.  Cola  n'est  pas  tout  à  fait  exact.  Lorsque  la  lune  sUwJ'  J.  J^ , 
elle  luit  certainement,  mais  le  verbe  aralic  n'implique  pas  cette 
nuance.  Uomniel,  A  A  p.  271,  traduit  ^^^H  pivr  luisanl  selon  le  sons 
iK'brou,  qui  est  pourtant  secondaire. 

Le  J^lj  des  lexicographes  arabes  et  le  JAj  des  inscription  sabéen- 
nes,    Hommel,   o.  1.   p.  158  et  275,  Fell  ZDMG  54,  p.  254,  doivent 

so   rattacliei'    à   JJj   dont  le  sons  est  lo  uirmo  que  celui  de  JJ^  et 


381 

provenance  méridionale;  cf.  jJll5=  =  jJb.  Les  anciens 
habitants  du  Sud  n'ignoraient  pas  le  nom  S^ ,  témoins 

les  noms  de  rois  qatâbânites,  tels  que  ^pJ>  ^  ,  où  les 
deux  noms  de  la  lune  sont  accouplés,  et  S^  ^  Vj^  » 
Hommel  A  A  p.  29  et  158  et  G  G  G  p.  141,  et  d'autres 
noms  qatâbânites  chez  Glaser  OLS  Juli  1906  p.  386 
note  1  ^). 

Toutes  les  cérémonies  de  cette  fête  islamique  de  pèle- 
rinage ne  sont  que  des  réminiscences  de  l'ancien  culte 
babylonien,  ainsi  que  l'a  prouvé  Hugo  Winckler  par  des 
arguments  que  nous  devons  aujourd'hui  accepter  comme 
une  acquisition  précieuse  de  la  science  assyriologique. 
Or,  on  ne  s'est  jamais  demandé  à  qui  se  rapportent 
originairement  les  deux  pronoms  du  mot  labbeyka. 
Le  second,  ka,  doit  forcément  marquer  la  personne  ou 
la  divinité  à  laquelle  on  l'adresse,  et  qui  ne  peut  être 
que  la  lune,   el-Hilâl  ou   Hobal.    Le  premier,   caché 

dans  le  verbe,  se  rapporterait  à  Mardouk.   ^J)  serait  donc 

un  parfait  pour  ^.J:  il  (Mardouk)  t'a  (la  lune  ou  Hobal) ... . 
Ce  peut  aussi  être  un  optatif. 

Si  l'on  admet  que  le  méridional  ^_^ ,  secourir,  n'est 
pas  un   dénominatif  postérieur  de  tiUlJ  ^),  l'exclamation 


J»fl^  encore  aujourd'hui  en  Syrie;  cp.  J^^  .  Les  deux  mots  se  rap- 
poi-tent  donc  au  culte  de  la  lune.   Cp.  l'hébreu   ^"«^i^,  idole,  et  le 

nom  théophore  J^b  ^>y-c  ,  Nold.  Z  D  M  G  39  p.  726  =  Wellhausen 
Reste2  p.  4. 

4)  Tout  ceci  était  écrit  bien  avant  cet  article  de  Glaser. 

2)   ,  <r~  ,    prononcer  labbeyita,  ne  serait  pas  alors  non  plus  dé- 
noniinatif.    (p.  I.  Ya'is  p.  147,  I.  8. 


382 

signifierait:  qu'il  te  secoure!  ou  il  t'a  secouru!  Les  Bé- 
douins du  Sud  n'ont  pas  la  moindre  idée  des  cérémonies 
du  pèlerinage.  Personne  ne  connaît  le  rôle  que  ce  mot 
y  joue.  Je  l'ai  constaté  plus  de  cent  fois  dans  mes  con- 
versations  avec   les   indigènes  de  l'Intérieur.    Le  verbe 

^ ,  secourir^  était  inconnu  aux  Hadar,  ce  qui  ressort 
clairement  de  Sîb.  L  p  148  1.  6  et  ss.,  mais  il  fait  re- 
marquer, p.  147  1.  9,  que  quelques  Arabes  (=  Bédouins) 
disent  labbi.  On  ne  doit  y  voir,  selon  moi,  qu'un  im- 
pératif et  nullement  une   analogie  de  ^y^  et  oLc,  ni, 

comme  le  paraphrase  Jahn,  trad.  p.  219  '),  „une  interjec- 
tion inflexible",  du  moins  pas  à  l'origine.  Sîb.  ne  dit 
pas  ce  que  labbi  signifie,  mais  je  suppose  que  c'est 
secours  !  (impératif)  ').  Pourtant,  les  premiers,  grammai- 
riens ont  eu  un  soupçon  de  cette  signification,  comme 
nous  allons  le   voir.    De  toutes  les  locutions  analogues 

^iLiLXx^y  3  dUli  fait  bande  à  part.  Il  faut  retenir  que  le 
dernier  mot  n'est  pas  employé  seul.  Il  n'est  donc  qu'une 
■épl^.  Sîb.  dit  p.  147  1.  19:  JUb  xi!  ^Lk^  _^!  ^-Jo 
^^Is  JJ!  Jcs  \>L£  ^'  "^3  .vs^'lsj  "^5  t^^'t  JwE  ^jlJd!  Jw>yj 

slX-cLwj    »_xt    J^^    b^Ls    ^^^    i>ju«l    lXJS    JL2J3    \JsS*)    \<j^    J^ 

«Acm!  i«iLJ>5Î5.  On  voit  donc  que  le  second  est  l'expli- 
cation, disons  le  synonyme,  du  premier,  ainsi  que  c'est  le 
cas  dans  la   «j^L^  '),   et   on  à  déjà  vu  que  (_cJ  fut  par 


1)  Cf.  p.  381   note  2. 

2)  Bohârî,  VIII  p.  60  :     tiULX**«3    éV-Jb    v_jL>î    ^    U\j  . 

3)  V.   Grunert,    Die  Allitération  im  Altarabischen,  Wien  1888,  et 
l'importante   critique   qu'en   a  faite  Prjctorius  ZDMG  42  p.  G76  et 


383 

mes  Datînois  justement  expliqué  par  le  même  synonyme 
lXcL-  .  L'ancien  vers  cité  par  Sîb.  p.  147  1,  16,  LA  s.  v. 
et  le  Sarh  d'eJ-'Aynî  p.  231  : 


-     o 


.y**-0    e5^V4    ic^     iCt^        Lfc-w-X     ^_o-j'j    Uj     0^_Cl> 

me  semble  bien  avoir  été  inventé  par  les 'grammairiens 
pour  appuyer  leur  théorie  du  duel  en  le  modelant  sur 
un  emploi  presque  analogue  avec  le  pronom  (p.  373/4), 
d'autant  plus  qu'on  enseigne  que  ^^  ne  peut  pas  être 
suivi  d'un  substantif  en  annexion  ^),  malgré  l'exemple 
casuistique   de   lXj;  ^  . 

Les  autres  mots  avec  lesquels  on  compare  liUuXjt.^  ^  dUJ 
sont  d'une  tout  autre  catégorie.  Ils  sont  tous  sur  la 
forme  JL*!:  liU^L^,  ^Vj^SlX^,  dLoLc>,  iiUi|^  (aussi  ^Jy^ 
et  Jy>!),  liUiîjo ,  iiLç>L^  et  d^otj^ .  On  a  prétendu 
que  ce  sont  de  vrais  duels  d'intensité  ou  des  pluriels 
archaïques,  Lagarde  et  Hommel  A  A  p.  17  note,  D.  H. 
Mùller  Z  D  M  G  37  p.  9  et  ss.,  el-Kâmil  d'el-Mobarrad  p. 
347/8.  Barth,  ZDMG  42  p.  355  soutient  que  ce  sont 
des  singuliers  par  analogie  avec  Ji^  et  ^î ,  "^^V.  et  ^^n*  , 
et,  d'après  lui,  les  preuves  de  l'existence  d'un  pluriel  en 
ay  dans   les   langues   sémitiques   sont   encore  à  fournir! 

J}y>  peut  être  le  pluriel  de  ^J_^  ,  prononcé  h  a  w  â  1  î , 
hawâlê,  et  plus  tard  hawâley.  Les  analogies  d'une 
telle  prononciation  sont  multiples.  Comme  pluriels,  ils 
ne  seraient   pas  plus   étranges  que  oLlo  -|-  les  suffixes 


ss.  K.   el-Itbâ'  wel-Muéàwazah  par  I.  Fâris  dans  le  Festschrift  pour 
Noldeke  1  p.  225  et  ss. 

1)  Sîb.  §  73.    EI-'Aynî  1.1.  dit  que  c'est  J>Ui   .o'j.    V.  Additions. 


384 

qui  se  trouve  dans  tous  les  dialectes,  dans  l'éthiopien 
babaynât,  l'hébr.  niJ"'?  et  les  syr.  ^L.^  et  ai  .A  . 
Cp.  ce  que  je  dis  sous  ,^=JvJ . 

Maintenant,    on  me  dira  que  l'arabe  ferait  ici  *i)LJ,  et 

non  liUJ .  C'est  que  je  considère  la  seconde  forme  comme 
primaire,  comme  je  vais  l'exposer.  En  hébreu,  je  ne 
trouve  rien  à  l'appui  de  ma  thèse,  mais  le  syriaque  ')  et 
le  sabéen  pourraient  servir  d'exemples.  A  propos  de 
l'assyrien,  Zimmern  m'écrit:  ,.Das  Assyrische  ist  fur 
die  Frage  der  Verba  ult.  ^  mit  Sufflxen  nicht  sehr  er- 
giebig,  da  hier  sehr  starke  Abschleifungen  und  Ausglei- 
chungen  in  dieser  Verbalklasse  stattgefunden  haben. 
Ausserdem  kommt  im   Assyrischen  das  Perf.  eigentlich 

ausschliesslich  nur  intensiv-passiv  als  Permansif,  in  Job 
speziell   in  der   Form  quttul,  bei  tertiae  (^,  z.  B.  von 

^^i  als  bunna,  vor,  und  nimmt  darum  naturgemâss  keine 
Suffixe   an,    oder  hôchstens  eines  mit  Dativbedeutung. 

Ich  kann  also  hier  keine  einem  ^ilXo  entsprechende  Form 
angeben." 

Cela  n'exclut  pas  que  le  ^^  n'ait  pu  se  conserver  dans 
la  prononciation,  car  le  sabéen,  le  lihyâni,  D.  H.  Mùller 
E  D  p.  14,  l'écrivent  et  ils  l'ont  par  conséquent  aussi 
prononcé,  Hommel  S  A  Chr.  p.  9,  de  même  que  dans 
certains  dialectes  arabes  au  pluriel  des  ^^^.  Par  exemple, 
Glaser  891  1.  4  porte  \^^  j-H^j^  ^^  o"^  '  °^  ^® 
verbe    doit   bien   se    prononcer   haufayhumu  ^).     Cf. 


1)  Zimmern    VGSS   p.    IGO   et   p.   IGl    note   42:   gallcyan(î), 
galleyîik.    Duval,  Gr.  Syr.  p.  192  ot  p.  202, 

2)  Hommel    o.  1.    p.    16    vocalise  ^  ♦  i.^'y^  ^    mnh    rien    ne   nous 


385 

vii..Aj^Uj"  Hommel  o.  1.  p.  22,  lo.  Le  mandéen  paraît  aussi 
avoir  eu  la  même  prononciation  des  (^^  selon  Nôldeke, 
Mand.  Gr.  p.  257  et  262. 

Tout  arabisant  sait  que  la  désinence  monophthongue 
(3_,  qui  très  souvent  représente  un  sémitique  a  y  (ê), 
de  n'importe  quel  nom,  excepté  certaines  prépositions  dont 
j'ai  parlé  à  la  page  383,  devient  L_,  jamais  xl  devant 
les  suffixes.  Nous  savons  par  Abou  Zeyd,  Nawâdir  p. 
58,  que  les  B.  el-Hârit  b.  Ka'^b  avaient  la  spécialité  de 
prononcer  même  la  diphthongue  a  y  du  duel  comme  â, 
cf.  Lane  s.v.  (J.c .  Cela  est  par  conséquent  aussi  le  cas 
des  verbes  (^^  à  la  troisième  personne  masculine  du 
parfait.  On  sait  aussi  que  ce  ^  reparaît  dans  les  autres 
personnes  du  parfait.  Cette  règle  s'applique  aussi  aux 
formes  dérivées  des  verbes  ultimse  ^  et  ^ .  L'arabe  a 
donc  fait  bande  à  part  pour  cette  désinence  a  y  ou  â, 
qui  s'est  conservée  dans  plusieurs  prépositions  des  autres 
langues  sémitiques,  surtout  le  minéo-sabéen. 

On  peut  dire  que  la  désinence  a  y  n'existe  pas  du 
tout  en  arabe,  exception  faite  pour  le  duel.  Un  mot 
non  arabe  à  finale  a  y  correspond  à  un  mot  arabe  pareil 

en  â ,  (^  _  ou  L  _  .  P.  e.  ^êlI^^L  =  ^J^  ■  Les  particules 
mêmes  offrent  cette  particularité  là  où  l'hébreu  et  le  sa- 
béen  conservent  le  y,  p.  e.  "inç  et  ^.^  dans  Glaser  282 
(Hommel  SAChr.  p.  16  et  175  1.  3;  WZKM  II  p.  10 
et  11)  =  Lo  ^  ou  LcUx . 

Si,  à  l'apparition  historique  de  la  litérature  arabe,  les 
thèmes    vi)  -)-  -oé  et  ^  ~\-jjé   étaient    prononcées   dCxs   et 


autorise    à    croire    que   les   Minéo-Sabéens   avaient  conservé   l'ancien 
Irâb  aussi  fidèlement  que  les  Arabes. 


386 

(iUiî,  il  me  semble  difficile  que  cela  ait  pu  donner  di- 
rectement   ii)L*i    et   éjt: .    Il   faut   pour   cela   admettre 

qu'alors  déjà  la  désinence  vocalique  de  ^jjd  était  tombée 
et  que  la  diphthongue  a  y  l'a  remplacée  d'une  façon 
toute  naturelle.  Nous  avons  dans  le  Qorân  des  variantes 
qui  prouvent  que  cette  prononciation  fa^'êka,  et  peut- 
être  fa"eyka,  était  connue.  ajoLs,  3,  33,  s>iy,  6,  ei, 
iuk^\  6,  70,  OÙ  l'on  a  voulu  voir  l'imâlab.   Je  sais  bien 

que  l'imâlah  est  ainsi  exprimée  dans  les  variantes  qora- 
niques,  comme  i^j^j»  =  Js>\ya  Qor.  I,  5,  iojCis^i  =  aUCisx 

Qor.  24,  35  et  d'autres,  mais  la  question  est  de  savoir  si 
l'on  a  prononcé  nâdeyh(u),  nâdêb(u)  ou  nâdâh(u) 
etc.  Les  puristes  rédacteurs,  qui  n'admettant  que  le 
classique  n  a  d  â  h  u ,  rejetaient  une  prononciation  vulgaire 
dont  Dieu  ne  serait  pas  rendu  coupable! 

De  J^ .  on  a  probablement  fait  ^^. .  Mais  la  diph- 
thongue finale  n'étant  pas  précisément  du  génie  de  la  langue 
arabe,  excepté  pour  le  duel,  on  la  monophthonguisait  en 
ê,  comme  en  assyr..  Ne  pouvant  la  rendre  par  l'écriture 

sans  être  équivoque  '),  on  se  contentait  de  l'écrire  ^^' 
et,  avec  les  suffixes,  ?sL.,  au  lieu  de  \>u«.  pour  éviter 
une  prononciation  équivoque.  Cette  monophthonguisation 
a  bien  dû  exister  pour  l'arabe  à  une  époque  reculée,  et 
c'est  peut  être  cela  que  les  grammairiens  on  voulu  dire 
lorsqu'ils  autorisent  ici   l'imâlah.    A  présent,  je  ne  l'ai 


1)  On  l'a  pourtant  fait,  témoin  le  qoiiinique  ^jjJiS,  et  les  exem- 
ples cités  plus  haut.  Cela  se  pratique  encore  dans  les  dialectes, 
faute  de  signe  graphique  pour  ê  et  à. 


387 

jamais  observée  dans  cette  sorte  de  verbes.  Rien  ne 
nous  autorise  à  affirmer  que  la  prononciation  4^.  ait 
existé  dès  l'origine.  On  peut  seulement  constater  qu'elle 
est  la  règle  dès  le  début  de  la  littérature  arabe,  de 
même  que  dans  tous  les  dialectes  de  nos  jours.  La  mo- 
nophthonguisation  se  rencontre  dans  toutes  les  autres 
personnes,  et  je  ne  vois  pas  de  raison  pour  qu'elle  n'ait 
pu  se  produire  à  la  troisième  personne. 

L'éthiopien  a  encore  dans  les  ultimae  3  et  ^  la  dési- 
nence vocalique:  wa,  ya,  mais  Prsetorius  m'écrit  que 
cela  pourrait  bien  être  une  analogie  moderne  d'après  les 
verbes   forts.    Cependant,  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue 

qu'au  passif  la  désinence  vocalique  reste:  ^_^^,  i^^-c  etc. 
Barth,  Z  D  M  G  42  p.  348  et  355,  paraît  vouloir  assi- 
miler liUlî  et  A^ySju^  aux  particules  qui  ont  reçu  leur 
désinence  a  y  par  analogie  avec  ^l!  et  Js^  •    Il  ne  ressort 

pas  clairement  de  son  argumentation  si,  pour  lui,  liUli 
renferme,  ou  non,  une  préposition.  D'après  sa  manière  de 
voir,  elle  aurait  donc  été  originairement  Q ,  à  l'accusatif, 
si  je  le  comprends  bien.    Voyez  ici  p.  375. 

Pour  conclure,  je  crois  donc  que  nous  avons  en  lab- 
beyka,  ou  labbèka,  une  prononciation  archaïque  re- 
montant à  une  époque  bien  éloignée  et  perpétuée  telle 
quelle,  en  forme  cristallisée,  à  travers  les  temps.  Pour 
moi,  l'unique  point  abscur  est  de  savoir  si  le  parfait  a 
ici  le  sens  optatif,  comme  en  arabe  et  en  minéo-sabéen. 

Or,  le  lecteur  critique  me  fera  encore  cette  objection  : 
si  labbeyka  était  originairement  une  exclamation 
adressée  à  Mardouk-Hobal,  comment  a-t-elle  pu  devenir 
une  exclamation  générale,  telle  que  je  viens  de  l'exposer? 


388 

La  fête  mekkoise  se  répétait  tous  les  ans.  Elle  a  dû  se 
célébrer  depuis  une  haute  antiquité.  L'air  resonnait 
alors  de  ces  cris.  Lorsque  le  Prophète  vint  d'el-Médînah 
à  Mekka,  en  profitant  des  trois  jours  de  paix  pendant 
la  fête,  il  parcourait  la  vallée  de  la  ville  avec  ses  parti- 
sans, en  poussant  le  cri  traditionnel,  ainsi  que  l'a  si 
bien  décrit  Grimrae  dans  la  jolie  page  121  du  premier 
volume  de  son  Mohammed  (1892).  C'est  que  ce  cri  fai- 
sait depuis  longtemps  partie  intégrante  du  vocabulaire 
journalier  des  Arabes.  On  s'en  servait  à  toute  occasion 
de  la  vie.  Originairement,  on  a  bien  célébré  cette  Fête 
de  la  Nouvelle  Lune  dans  toute  l'Arabie,  et  labbeyka 
n'était  pas  une  particularité  des  cérémonies  mekkoises. 
Je  ne  crois  pas  me  tromper,  lorsque  je  prétends  que  ce 
mot  est  une  preuve  de  l'antériorité  du  culte  de  la  Lune 
en  Arabie.  S'il  est  venu  de  l'Arabie  Méridionale,  ce  qui 
n'est  pas  du  tout  nécessaire,  ce  serait  alors  un  des 
nombreux  arguments  qui  militent  en  faveur  de  l'énorme 
importance  que  ce  pays  a  eue  sur  la  culture  des  Arabes. 
Grâce  aux  recherches  de  Halévy  ^),  Hommel,  Glaser, 
Grimme  et  surtout  de  H.  Winckler,  dernièrement  aussi 
de  Huart  et  de  Schulthess  -),  on  a  commencé  à  y  voir 
plus  clair.  Sut  le  vieux  sol  yémanite,  dans  le  sens 
étendu  que  les  Arabes  y  donnent,  la  cosmogonie  orien- 
tale, disons  plutôt  suméro-babylonienne,  s'était  le  plus 
longtemps  conservée  comme  religion  officielle.  Si  l'on  y 
cherche   bien,   on  l'y  trouvera  encore,  car  l'Islam  en  est 


\)  Qui  cependant  persiste  à  ne  pas  admettre  l'immigration  des 
tribus  méridionales  dans  le  Nord.  Mon  vieil  ami  est  parfois  un  peu 
entêté. 

2)  La  Festschrift  de  Nôldeke  I  pj).  86  et  ss. 


389 

tout  imbu,  malgré  la  couche  monothéiste  que  le  Prophète 
lui  a  imposée.  Labbeyka  est  un  des  mots  les  plus 
vénérables  d'antiquité.  Il  a  son  origine  dans  le  crépus- 
cule de  l'histoire  orientale,  aussi  bien  quant  à  sa  forme 
grammaticale  que  quant  à  son  sens  religieux.  Comme 
notre  mon  Dieu!  le  bavarois  Jesses!  et  le  suédois  ja 
vars!^),  il  est  devenu  une  exclamation  triviale:  me 
voici!  à  tes  ordres! 

L  A  I  p.  146  et  XX  p.  104,  el-Beydâwî,  I  p.  580,  s , 

disent  *)   que  l'origine  de  ^L.  o*.*!'  serait  otJ ,  ce  qui 

n'est   pas   reprouvé   par   el-Farrâ\    aZS   pourrait    donc 

être  pour  AA ,  Nous  trouvons  également  dans  L  A  I  p. 
388  et  VII  p.  817  un  mot  prétendu  himyarite  et  qui 
pourrait  bien  avoir  quelque  corrélation  avec  labbeyka. 

C'est  oLJ,  ainsi  voyelle.  Au  premier  endroit,  il  figure 
sous  u>vJ  et  au  second,  sous  ^L.  Dans  les  deux  pas- 
sages, il  est  expliqué  par  eULc  ^_^y.lj  '^,  ce  qui  me  semble 
inacceptable,  d'autant  plus  que  nous  savons  par  Tab.  I 
p.  919,  6  que  les  Hiimyarites^  disaient  (j*L,  "^j  en  admet- 
tant toutefois  que  la  phrase  y  rapportée  est  véritable- 
ment himyarite.  Les  deux  hémistiches  que  LA  cite  à 
l'appui  sont  différemment  rendus  dans  les  deux  passages  '). 


1)  Ou  ja  vaserra  Ire  =  ja  vid  vâr  lierres  Ira  =  oui,  par  le  bois 
(croix)  de  notre  Seigneur  =  je  veux  bien! 

2)  Voyez  ici  p.  374  note  2. 

3)  T  A  donne  sub  ^i>-J  les  hémistiches  de  L  A  sub  vi^v^J  ,  tandis 
que  sub  (j«Ij  il  ne  donne  que  le  second,  le  premier  lui  ayant  pro- 
bablement paru  incompréhensible.  c>->^  aurait  le  sens  do  frapper, 
selon  L  A.  Ce  serait  alors  une  variation  phonétique  de  Lui ,  ,^ 
et    -li*AO    (labat);  v.  le  Gloss.  s.v.. 


390 

El-Azharî  en  est  la  source,  et  il  dit  avoir  trouvé  ces 
vers  dans  -^  ^l^' .  On  les  comparera  à  ceux  de  Kit. 
el-Ar.  XX  p.  8,  d'après  lesquels  la  leçon  de  L  A  sub 
ij^l  semble  préférable.  Mais  je  ne  saurais  donner  une 
explication  plausible  de  ce  „mot  himyarite". 

Je  n'ai  jamais  autant  constaté  l'emploi  de  labbeyka 
que  dans  l'Arabie  Méridionale.  Jamais  je  ne  l'ai  relevé 
dans  la  bouche  des  Bédouins  du  Nord.  Cela  n'est  pour- 
tant pas  un  argument.  Une  chose  m'a  toujours  frappé, 
c'est  que  le  pays  entre  la  mer  et  les  montagnes  dans  le 
Yéman  s'appelle  encore  Tihâmah.  On  observera  que 
l'hébreu  Tehôm  est  aussi  féminin  et  également  sans 
l'article.  En  arabe,  ce  nom  n'a  l'article  que  lorsqu'il  dé- 
signe les  Pays  Bas  en  juxtaposition  avec  les  Montagnes  ^). 
Dans  le  K  A  T  p.  492,  Zimmern  admet  que  Tehôm  et 
Tihâmah  peuvent  être  un  emprunt  du  babylonien. 

Je  me  permets  de  signaler  ici  quelques  faits  qui  pourront 
peut-être  illustrer  l'expansion  des  idées  cosmogoniques  de 
l'ancienne  Babylonie.  Dans  le  Sud  de  la  Mer  Rouge  et  dans  le 
Golfe  d'Aden,  depuis  Giboûtî  jusque  dans  la  mer  Indienne, 
les  trombes  d'eau  et  les  cylones  sont  assez  fréquents  ^),  pen- 
dant la  mousson  d'Est.   Sur  les  côtes  de  la  Méditerranée 


..  0  1 

1)  'Omârah  p  26:  jJ'u^Iî  S^  ^^  ;  cf.  Arabica  Y  p.  115  et 
s..  Abu  Mahramali,  rf-^^  r*^'  ^^.J^  i  ^'  #^Uj"  Q-*ry'  J^-e  ... 
^^^^3  ,  et  j^jL^Ij  JUs-  ';é  ,  tandis  que  les  tribus  ;\  l'est  du 
Yéraan    disent   Jw^I^-^wj!^    Ji-^^  ,    ici   p.    157,   '«.    Cela  correspond 

au   sabéen    '^U^^    j.Oj,I:>  ,    Arabica  V  p.  115/116.  ZDMG  53  p.  5. 

2)  On  se  souviendra  de  la  perte  des  deux  navires  de  guerre,  le 
Château  Reynard(?),  française,  et  l'Augusta,  allenoande,  le  même 
jour,  je  crois  le  4  Juillet  1894. 


391 

levantine  et  dans  la  Mer  Rouge,  on  appelle  une  trombe 
d'eau  tinnîn  '),  et  sur  les  côtes  de  l'Arabie  du  Sud  on 
nomme  un    ouragan,  et  particulièrement  un  ouragan  de 

cette  mousson,   qIï^î^,    comme   le   Qor.   7,  i3o  et  29,   is 

Rien  ne  vient  de  rien,  et  toute  idée  abstraite  a  pour 
point  de  départ  une  chose  concrète.  Depuis  la  Syrie 
septentrionale  jusque  vers  l'Equateur  en  Afrique,  nous 
avons  une  série  continue  des  résultats  des  perturbations 
tectoniques  causées  par  un  efîbrt  de  la  Terre.  Les 
principaux  en  sont  les  volcans  du  Haurân  et  de  Tulûl 
es-Safâ,  les  nombreuses  H  a  r  r  a  h  du  Higâz,  la  Mer  Morte, 
la  Mer  Rouge,  le  Golfe  d'Aden  et  les  lacs  au  Sud  du  pays 
des  Sômâl,  et  toute  l'Abyssinie  avec  ses  volcans.  Le  long 
des  côtes  ouest  et  sud  de  l'Arabie,  tout  est  volcanique. 
Dans  le  Sud,  il  y  a  des  volcans  éteints  et  de  puissantes 
coulées  de  lava.  Le  Gebal  Sîrah  à  Aden  n'était  pas 
encore  éteint  au  temps  de  l'auteur  de  Tàrîh  Tarr  'Adan. 


1)  Sur  lequel  voyez  K  A  T  p.  507  et  ss.  et  p.  5H  ;  Zimmern, 
Keilinschriften  und  15ibel  p.  15  et  ss. 

2)  La  forme  qoranique  n'est  pas  arabe;  celle  du  Sud  l'est.  Les 
savants  diront  si  le  mot  typhon  peut  avoir  quelque  relation  avec 
le    mot   arabe,    malgré    l'étymologie    chinoise    qu'on    lui    donne    en 

gr'néral.    Si    q^^^    ^^^    ^^^    contamination   populaire,   le   qoranique 

qIs^  reste  à  expliquer.  11  n'est  pas  impossible  que  les  Arabes  du 
Sud  aient  emprunté  ce  mot  au  chinois  et  que  le  Hi^âzites  l'aient 
adopté  sous  la  forme  que  lui  donna  le  Prophète,  d'autant  plus  que 
•lans  tous  les  dialectes  du  Sud  aw  permute  avec  û.  Si,  au  contraire, 
les  Méridionaux  ont  fait  faufân  du  qoranique  tûfân,  celui-ci  reste 
toujours  obscure.  Est-ce  que  q'-î^  serait  un  infinitif  de  lJI-^  ?  Il 
correspondrait  alors  exactement  au  mot  tornado. 

29 


392 

Les  cratères  que  j'ai  découverts  près  de  Husn  el-Roràb  ') 
témoignent  encore  du  bouleversement  qui  trouve  son 
écho  dans  les  légendes  arabes  sur  la  formation  de  Bâb 
el-Mandeb  et  du  G-olfe  d'Aden  par  l'invasion  des  eaux 
de  la  mer.  On  peut  dire  que  toute  Arabie  porte  partout 
les  traces  d'un  grand  cataclysme  igné,  le  x.xTxy.xv7(Ji,é: . 
déluge,  de  Bérose,  KTAT  p.  101,  KAT'  p.  546.  Je 
me  demande  si  cette  lutte  des  éléments,  cette  grande 
catastrophe  géologique  n'a  pas  pu  donner  lieu  au  mythe  de 
la  lutte  de  Mardouk  contre  Tiâmat  ?  Bérose  dit  que  toute 
cette  histoire  n'est  qu'un  exposé  allégorique  des  accidents 
de  la  Nature  :  xxx-zi'yopiy.xz  là  :p-^7)  (Bérose)  tcZto  Trscpv^io- 
xoyyjabxi.  La  cosmogonie  babylonienne  est  basée  sur 
l'astronomie.  Sur  cela  il  n'y  a  pas  de  doute.  Est-ce  que 
la  mythologie  babylonienne  n'aurait  pas  en  partie  une 
base  réelle:  l'influence  cosmique  des  planètes  et  les 
phénomènes  terrestres,  de  quelque  nature  qu'ils  soient? 
Les  Assyriologues,  habitués  à  toujours  lire  dans  „le 
hvre  du  Ciel",  ne  veulent  point  admettre  comme  point 
de  départ  du  mythe  en  question  un  événement  réel 
sur  lequel  se  serait  développé  le  reste,  en  conformité 
des  idées  mytho-rehgieuses  des  Babyloniens.  Zimmern, 
K  A  T^   p.   555,   n'y   voit  qu'un   „Naturmythus"   qui    a 


1)  Kossinat,  qui  fut  attaché  par  rAcadi'-mie  de  Vienne  à  mon  ex- 
pédition dans  l'Arabie  Méridionale,  pouvait  étudier  à  son  aise  tout 
ce  pays  pendant  une  semaine.  Il  m'y  déclara  en  vouloir  publier 
une  monographie,  .lusqu'à  ce  jour  elle  n'a  pas  paru.  La  monogra- 
phie sur  Soqotra  nous  donne  une  mince  idée  de  la  capacité  de  ce 
jeune  homme.  Les  nombreuses  photographies  prises  par  le  membre 
le  plus  extraordinaire  de  cette  expédition  dorment  encore  dans  les 
portefeuilles  de  l'.Académie,  et  les  inscriptions  que  Bent  et  moi  avons 
fait  avoir  à  D.  H.  Millier  ont  dû  céder  le  pas  à  Hamraurabi. 


393 

pour  base  la  course  du  soleil  au  ciel.  „Peutêtre,  dit-il 
p.  556,  de  vagues  réminiscenes  d'inondations,  particuliè- 
rement destructives  et  datant  du  temps  que  le  pays 
n'était  pas  encore  protégé  contre  ces  inondations  par 
une  canalisation  bien  organisée,  jouent-elles  ici  un  rôle." 
Il  est  vrai  que  le  mythe  de  la  création  dd  monde,  tel 
qu'il  est  rapporté  dans  YEnuma  élis  et  par  Bérose,  ne 
peut  être  ramené  à  un  fait  réel.  Mais  les  éléments  de  la 
nature  avec  lesquels  il  a  été  construit  forment  la  base 
solide  et  palpable  autour  de  laquelle  tourne  l'imagination 
spéculative  des  Babyloniens.  Le  mythe  du  Déluge  aura 
eu  le  même  sort. 

Le  mythe  babylonien  existait-il  déjà  avant  cette  cata- 
strophe? Cela  n'est  guère  probable  d'après  l'épopée  de 
Gilgames  K  T  A  T  p.  84  v.  13.  Il  faudrait  dans  ce  cas 
lui  reconnaître  une  très  grande  antiquité  que  les  Assy- 
riologues  ne  voudront  peut-être  pas  admettre.  Quoique 
l'histoire,  et  pour  cause,  ne  nous  ait  pas  conservé  de 
souvenir  d'un  pareil  bouleversement  —  car  le  mythe 
n'est  pas  l'histoire  exacte  pour  nous  —,  la  haute  anti- 
quité de  ce  mythe,  reflétant  un  fait  réel,  n'est  pas  pour 
cela  inacceptable  ^).  Nos  connaissances  ne  commence  que 
lorsque  la  cosmogonie  babylonienne  était  de  tout  point 
formée  et  faisait  partie  de  la  conscience  populaire. 

Le  cataclysme  a  dû,  en  tout  cas,  avoir  eu  heu  avant 
l'histoire  de  l'ancienne  Babylonie,  qui  commence  environ 
3000  av.  J.-Ch.  Tout  ce  qu'on  peut  dire  à  ce  sujet  a  été  réuni 
par  Ed.  Suess  dans  son  livre  die  Sintfluth  1884.  Mais  il 


1)   Le  calcul  chimérique  de  Bosanquet,  Trans.  Bibl.  arcli    Soc.  III 
1874  p.  19,  fixant  le  déluge  en  l'an  2379  av.  J.-Chr.  est  ridicule. 


394 

ne  pouvoit  alors  connaître  la  configuration  du  sol  de 
l'Arabie  méridionale.  En  tout  cas,  il  est  impossible  de 
dire  si  l'abùbu  de  l'épopée  de  Gilgames  et  le  D"i~n  nii^.j^D 

de  la  Genèse  Vil  11  et  VIII  2  ont  été  produits  par 
le  même  mouvement  sismique  qui  a  si  profondément 
transformé  les  pays  qui  sont  baignés  par  le  Golfe  d'Aden 
et  le  Golfe  Persique.  Il  me  paraît  cependant  probable 
que  la  plus  grande  de  ces  catastrophes  qui  a  poussé 
l'onde  sismique  dans  le  Golfe  Persique  et  la  vallée  de 
l'Euphrate  ait  donné  lieu  au  mythe  du  Déluge.  C'est 
peut-être  par  le  même  événement  que  le  peuple  de  'Âd, 
qui  habitait  l'Arabie  du  Sud,  fut  détruit.  Malgré  l'envie 
que  j'ai,  je  ne  veux  m'étendre  sur  un  sujet  qu'on  n'a 
pas  encore  étudié  à  fond. 

Ce  qui  m'a  toujours  frappé  pendant  mes  longues 
études  sur  l'Arabie  méridionale,  c'est  que  nous  y  trou- 
vons certaines  particularités  qui  rappellent  quelques  traits 
du  mythe  babylonien. 

A  b  û  b  u  est  le  grand  flot  envahisseur^  le  déluge  K  T  A  T 
p.  89  III,  4,  K  A  T^  p.  495  note,  Wirbelsturm,  Sturm- 
flut,  cyclone,  Del.  W  B  p.  3.  On  connaît  le  grand  rôle 
qu'il  joue  dans  la  cosmogonie  et  la  mythologie  babylo- 
niennes.    Dans   le   Sud,   x^  est   Y  immensité  des  eaux, 

^^\  ïL-jf:,  et  par  là  profondeur.  .♦iL'î  )LJ^  ,  le  grand  golfe 
sur  la  côte  méridionale,  est  connu.  Em-qalt  ra^  fîh 
""ubboh  ma  tistor  tisbah  fîh,  Lo  iSà  \*i  ^.  ^^^î 
\x5  ^-■^-«J"  f^^  ,  la  flaque  d'eau,  il  y  a  de  la  profondeur 
(beaucoup  d'eau):  tu  ne  peux  y  nager ^  Dt. ').  Dans  notre 


1)   Le  mot  syrien  w*ji ,  Ilrlr.  j).  119  note,  a  donc  une  étyraologie 
toute  naturelle  et  ancienne. 


395 

dialecte  et  dans  le  mehri,  on  dit  ubbah,  iilc.  La  haute 

mer  est  partout  dans  le  Sud  un  »jj^y  i^c,  et  ce  mot 
n'est  pas  seulement  appliqué  au  „Golfe  de  la  Lune".  Il 
est  aussi  employé  dans  la  Mer  Rouge.  La  langue  litté- 
raire a  ^Ui  dans  le  même  sens:  ^Uî  JJojw,  ^Uî  s^, 
^j-yX'î  yaiî ,  i^yiS'*,  i^lsjj^  ô--^^  jJ^y^  LA   II  p.   62,  ce 

qui  est  exactement  le  babylonien  u  b  â  b  u.  ^  et  Ûj:  , 
dont  plusieurs  sens  se  touchent,  ne  sont  que  des  varia- 
tions phonétiques.  On  voit  donc  que  le  mot  babylonien, 
ou,  si  Ton  préfère,  sémitique,  est  conservé  dans  la  langue 
arabe,  littéraire  et  parlée.  La  traduction  de  abûbu  par 
Wasserflut,  Zimmern  K  A  T'  passim,  déluge,  inondation, 
cataclysme  est  donc  la  seule  bonne.  Il  n'a  rien  à  faire  à 

Çv?,  souffler  (vent)  '). 

Gunkel,  K  A  T^  p.  492  note  2,  suppose  que  l'appelatif 
'Of/,opKx,  donné  par  Bérose,  Winckler  KTAT  p.  100, 
à  la  souveraine  du  monde  chaotique  représente  une  forme 
ararnéenne  i<p"ii<  DN ,  la  mère  de  la  profondeur  (terre),  ce 
qui  est  contesté  par  Zimmern  K  A  T^  p.  492  note  2  fin, 
qui  le  fait  remonter  au  babylonien  ;  cf.  KTAT  p.  100 
note   2.    Or,   il  se  trouve  dans  le  pays  des  Diyêb  une 

localité  appelé  ^".î,  ou  ii^c.  Arabica  V  p.  232,  où  il  y  a 
le  sanctuaire  d'une  femme  de  ce  nom.  On  sait  ce  que 
les  sanctuaires  représentent  la  plupart  du  temps.  Il  est 
très   vénéré,   non  seulement  par  les  masâih  Bâ  Dâs'), 

1)  Note  de  Haupt  dans  E.  Suess,  Die  Sintfluth  p.  71. 

2)  De  vrais  Himyarites,  peut-être  mentionnés  dans  la  petite  in- 
scriptions de  Husn  el-ljurâb,  Arabica  IV  p.  l~y.  u^AjO  .  Le  passage 
de  s  en  s  m'est  cejjendant  un  peu  suspect,  quoique  nullement  im- 
pos.sible.  Le  fait  est  que  toute  cette  contrée  est  remplie  de  ces 
nia.saih  Bâ  Dâs. 


396 

mais  aussi  par  les  marins,  qui  n'y  passent  jamais  sans 
lui   adresser  une  fâtihah.    Ce   nom   pourrait  au   fond 

bien  être  =  'S^,  le  ^  étant  prononcé  ^,  et  provenir  de 
o^,  rappelant  ainsi  l'abûbu  lointain. 

Près  de  Çofàr,  dans  le  pays  de  Qarâ,  se  trouve  les 
ruines  de  l'ancienne  'AlouaaâTroKtç,  décrites  par  Bent 
dans  son  Southern  Arabia  (avec  photographie),  idem 
Geogr.  Journal  August  1895  p.  116.  Or,  iSuo-o-oV  est  pro- 
fondeur de  la  mer,  et  âfSvajos,  très  profond,  d'où  vient 
le  latin  abyssus  et  le  français  abîme.  Dans  &(ou(j-aoi;  on 
ne  saurait  trouver  l'alpha  privativum,  car  le  sens  s'y 
oppose.  L'étymologie  du  mot  n'est  pas  grecque.  Je  me 
demande  donc  si  l'on  n'y  doit  pas  chercher  le  babylonien 
apsû')  de  l'Enuma  élis?  Nous  pourrions  retracer  ce 
mot  dans  le  nom  d'em-Bisâmah ,  [ou  em-Bisâmah?] 
mentionné  à  la  p.  284,  =  apsû  +  ^U,  eau,  profondeur 
des  eaux?  Les  Arabes  l'auraient  alors  refaçonné  selon 
leur  langue.  La  mer  des  Indes  qui  baigne  les  côtes 
de  l'Arabie  méridionale  est  très  profonde.  Il  y  a  de  vrais 
abîmes,  xl3u7(roi,  de  4000  m.  et  davantage.  Voilà  le  apsû 
réel  et  palpable,  Y  abîme,  le  a(3u(T7og,  d'où  l'abûbu  enva- 
hisseur. Le  souvenir  lointain  est  resté  attaché  à  ces 
deux  noms  de  localité  de  la  côte. 

Nulle  part  dans   ces  parages  de  la  mer  des  Indes  le 

requin,   j*^  ^),  n'est  plus  commun  que  sur  le  littoral  de 


4)  Winckler  KTAT  p.  102.  K  AT'  pp.  359,  492.  Zimmern  Keil- 
inschriften  und  Bibel  p.  12  et  ss.    Voyez  Additions. 

.V,  ' 

2)  N.  gen.;    ,i^^    o^s=-    n.  unit.    Le  voyellement  des  dictionnaires 
*.^'>^   n'est  pas  connu.    C'est  un  mot  sudarabique  que  les  lexicogra- 


397 

l'Arabie  du  Sud.  On  y  est  empesté  par  l'odeur  nauséa- 
bonde (cf.  (^,  pwer)  des  dépôts  des  nageoires  de  ce 
squale.  On  les  exporte  en  Chine,  où  elles  sont  considé- 
rées comme  une  grande  délicatesse.  Les  arabes  estiment 
aussi  beaucoup  la  chair  du  requin,  qui  n'est  pas  défendu 
comme  nourriture  ').  Lahmu  et  sa  femme  Lahâmu  sont 
le  couple  primordial  ^).  C'était  sans  doute  le  poisson  pré- 
féré dans  l'apsû  babylonien,  d'oii  est  sorti  le  monde. 
C'est  là  peut-être  l'origine  de  la  légende  de  Ea-Oannes. 

Kûr  veut  dire  montagne  en  soumérien,  selon  les  As- 
syriologues.  La  grande  chaîne  de  montagnes  qui  parcourt 
le  pays  des  'Awâliq  Supérieurs  s'appelle  ^^\  '). 

On  voit  donc  qu'il  y  a  encore  en  Arabie  une  foule  de 
particularités  qui  pourront  trouver  leur  explication  dans 
les  temps  de  jadis.  Les  forces  physiques  de  la  nature, 
les  incidents  qui  s'y  produisent,  la  vie  animale  qui  s'y 
meut  forment  les  éléments  premiers  de  la  cosmogonie  et 
de  la  théogonie  de  l'ancien  Orient.  On  se  les  expliquait 
selon  la  portée  des  connaissances  d'alors.  Les  Arabes 
croient  bien  encore  que  l'éclipsé  du  soleil  et  de  la  lune 
est  l'effet  de  la   voracité  d'un  animal  monstrueux  qu'il 


phes  n'ont  pas  bien  compris.  Hors  du  Sud,  on  l'appelle   j=^'   v*^  • 
Rûba  s'en  sert,  Ahlwardt  p.  158  v.  329  et  Variantes  p.  90,  LA  s.v. 

Il   faut  sans  aucun  doute  lire  k^.^^*)  *jLOp»  c:ajS\L«Lc)3  ,  et  lu  tia- 


duction  d'AhIwaidt   est   en  tout  cas  peu  réussie.    On  n'oubliera  pas 
que  Rûba  était  Arabe  du  Sud. 

1)  Cf.  Bohârî  II  p.  129;  V,  166/7;  VII,  90.  Tab.  I  p.  1605  et  s., 
I.  Sa'd  III,  II  p.  299.  Gézîrah  p.  37,  où  il  faut  lire  3^.^-otji.V.  Addit. 

2)  KTAT  p.  102  et  ss.  K  A  T»  p.  492  et  passini.  Ziinniern  Keil- 
in.'^cliiift.  u.  Bibel  12  et  s.  Homme]  GGG  p.  130. 

3)  Pour  d'autres  significations,  voyez  le  Glossaire. 


398 

faut  chasser  par  du  tapage.  C'est  le  phénomène  constaté, 
mais  astronomiquement  inexpliqué,  qui  a  produit  le  mythe. 

Ces  quelques  notes,  que  je  pourrais  facilement  accroî- 
tre, n'auront  peut-être,  aux  yeux  des  Assyriologues,  que 
la  valeur  d'un  renseignement.  Moi,  qui  vois  partout 
encore  en  Orient  le  reflet  de  l'ancien  esprit  sémitique, 
j'ai  le  devoir  d'enregistrer  tout  ce  que  je  trouve,  tout 
ce  que  j'entends.  C'est  là  une  méthode  que  les  voyageurs 
en  Orient  auraient  dû  adopter  dès  le  commencement. 

9,  16:  éû  dâ.  Pronom  interrogatif: 

1°  dans  une  proposition  nominale, 

Sing.  et  plur.:  wes,  wus.  Wus  ènteh,  qui  es- 
tu?  Wus  el-masùrah,  qu'est-ce  que  cette  affaire? 
Wes  en  tu,  qui  êtes-vous?  J'ai  même  entendu  weys 
entu?    Wîiééehom,    qui   sont-ce?    Partout    aussi   ^y, 

ou  ^. 

2°  Dans  une  proposition  verbale. 
Singulier. 
,'  su  d î ,  su  d a  ^) ,  su  d î  1  î ,  su  1  î  d î. 
masc:      wèssu  hû^  dî;  wessuhu,  wuésuhu,  wissuh, 

'  wessu,  wussu,  wissu  avec  ou  sans  dî. 
fém.:  wèséi  hi  dî,  wessf  hi"  dî,  wèééi  dî,  wessf 
dî,  wuséi,  wiééi. 

Pluriel, 
masc:  wèséu  hom  dî,  wuésuhom  dî,  wiséehom  dî^). 
fém.:   wessihin  dî,  weésehin  dî,  .wuééehin  dî*). 


1)  Dâ  est  rare,  c'est  seulement  une  prononciation  nuancôe  de  dî, 
comme   on   l'a   rencontre    dans   la   poésie  chantée.     Autrement,   su 

2)  hom  et  iiin  ne  sont  pas  nécessaires. 


399 

La  première  syllabe  ^  et  ^  peut  partout  se  prononcer 
es-,  us-,  mais  non  pas  is-,  où  la  semi- voyelle  persiste. 

Le  neutre  est  eys,  es,  es,  wus,  wuss  et  wiss. 
On  écrit  J^\,  mais  la  voyelle,  pour  la  plupart,  est  brève 
dans  le  parler  datînois,  ce  qui  a  été  justement  relevé 
par  Meissner,  N  A  G I  p.  XVI  note,  aussi  pour  le  ^Irâq. 
Les  "Awâliq  Supérieurs  disent  weys,  wîs. 

Dô'an  el-Murqusî  dit  dans  une  qasîdah: 

Qui  a  donc  l'âme  généreiise  pour  donner  un  chameau? 
Comme  lui  [il  y  en  a]  depuis  Ahwar  jusqu'à  el-Kubeydah 
et  à  el-Radîr. 

En  Hçlr  c'est  su  seul,  tandis  qu'en  Dt  il  est  suivi 
de  (^ j  d  î ,  comme  l'hébreu  n"i\s* ,  qui  '?   ^à  ^^^  ^),  qui  est 


1)  Autre  exemple  de  j-wj  dans  Arabica  Y,  p.  211  note  3,  où 
la  traduction  n'est  pas  bonne.  On  voit  ici  qu'il  y  a  deux  s;  cp.  p. 
139   note   1    à   ce   sujet.    Jii*« ,  empêcher^  retenir;  à  Aden,  mentir, 

(jUùai  ,    menteur. 

2)  i^'^ry^  p.  168,  V.  2  est  relatif,  celui  qui,  voyez  plus  loin.  On 
sait  qu'en  Syrie,  su  est  quoil  ce  que.  Su  hâyda,  qu'est-ce  que 
celai  Ma  ba'^rif  su  hâyda,  je  ne  sais  pas  ce  que  c'est  que  cela. 
Hdr.  p.  53  noie  1.  On  ne  doit  pas  oublier  que  dans  la  langue  lit- 
téraire _^  n'est  pas  seulement  il,  lui,  mais  aussi  neutre:  le,  cela, 
das,  d'après  notre  idée  à  nous.  K.  el-Mahâsin,  p.  146,  offre  un 
exemple  concluant.  Nos  grammaires  ont  ici  une  lacune.  Dans  le 
syro-palestinien  su  =  s-l-hû,  le  pronom  est  neutre,  tandis  que 
dans  le  sudarabique  hu  est  la  3^  personne  masc.  Le  diflerence  est 
que  dans  le  premier  cas,  hu  se  rapporte  à  une  chose  et  dans  le 
second,  ii  une  personne.  Su,  quoi?  n'est  donc  pas  une  contraction 
de  è.s  hû,  comme  le  dit  Lôhr  DJ  §  14,  mais,  plus  exactement,  de 
é  +  (h)u. 


400 

de  règle  en  araméen,  et  rare  en  datînois,  mais  non  pas 
en  Hdr  et  dans  le  Yéman.    Wes  est  une  contraction 

de  ^  (^1,  où   ^  est  sans  nounation.  Dire  que  c'est  de 

Sj^^  ^_=l  est  une  subtilité  inutile  ^).  Je  suppose  même 
que  (^1  n'y  entre  que  dans  la  forme  wes  eu,  car  ^J^  , 
se,  si,  est  devenu  une  particule  interrogative,  de  même 
que  hu,  sur  lesquelles  je  parlerai  plus  loin.  Essu, 
qu'on  ne  dit  pas,  est  devenu  V7essu,  non  pas  à  cause 
d'un  3  préposé,  mais  en  vertu  d'un  renforcement  de  la 
voyelle  initiale,  comme  dans  vfên,  lJ'^^  etc.  Cela  est 
aussi  l'avis  de  Socin  Diwan  ITI  p.  95. 

On  observera  que  le  féminin  est,  au  sing.  et  au  plur., 
weési,  wesse,  ce  qui  est  :=  wes  hî. 

Le  neutre  ci-dessus  est  aussi  courant  dans  les  dialectes 
du  Nord  et  dans  celui  des  Bédouins  et  des  bédouinisants 
de  la  Syrie,  Socin  o.  et  1.1.  La  locution  rapportée  par 
Lôhr  DJ  §  15:  wês  ez-zôl,  qui  vive?  est  plutôt  wes 
ez-z.   et  signifie  véritablement  quoi  est  cette  apparition? 

9,  17:   yanseyrâh   ou   ya   nuseyrâh.    La   forme 

diminutive  est  ici   plutôt  caritative,  comme  le  iJU^i  des 

Bédouins  de   Syrie,  si  célèbre  par  le  joli  récit  de  J.  Eu- 

ting  Reise  p.  120.  La  forme  exclamative  en  l_,  Wright 
Gr.'  p.  295,  est  bien  conservée  dans  le  Sud,  où  elle  est 
même  souvent  précédée  de  [5,  au  lieu  de  L. 


1)  Spitta,  Gr.  p.  80,  Prov.  et  Dict.  p.  173  et  ss.  où  j'ai  commis 
cette  subtilité.  A  présent  je  ne  pense  pas  ainsi.  On  dit  in  kàn 
tout  court  =  mû  kiin,  m(''me  kàn,  n'' importe  quoi,  ce  qui  exclut 
toute  idée  de  nounation.  Meissner,  NAGI  p.  XVI  note,  sinhu 
n'est  pas  non  plus  lu  nounation,  comme  je  le  prouverai  plus  loin. 


401 

9,  19:  dâ^iliom;  sur  ^\j>  voyez  Hdr.  Gl.  s.v. 

10,  4:  el-Faragi.  Le  singulier  du  nisbah,  employé 
comme  collectif;  v.  p.  111,  1.  6;  ^^^^^jS:^^  163,  9;  ^j*^^ 
N°  96  V.  8.    Dô^an  dit  dans  une  qasidah: 

5_Lj'  |^>  1^^»,   x.^>   J.   v_jL3e_ii3 

ie  pays  à  cause  de  lui  est  en  branle  jusqu'au  pays  des 

Kâzimites.    Les   vallons   sont   en ,    de   même   que 

ceux  qui  demeurent  à  Tala'^. 

Un  poète  "^aulaqite  chanta  le  zâmil  suivant  lorsque 
les  ^Awâliq  allèrent  à  Habbân  pour  arranger  les  diffé- 
rends entre  les  tribus  de  là: 


0-0  û        - 


Les  Slêmânites  et  les  Tôsalites  sont  venus  chez  nous, 
et  l'étoile  brillante  (Vénus)  s'est  levée  sur  le  ciel  du 
Seigneur. 

Et    dans    el-Eâdinah   il   y    a   les   loups   aggresseurs. 
Combien  l'ennemi  est  tombé  sur  l'ennemi! 
Le   sultan   Ahmed    b.   ''Ali,    le  quatrième  sultan  des 
'Awâliq  Inférieurs,  a  dit: 


1)  On   récitait   es-Slrmâni,   mais  on  chantait  es-Salàmân  i, 
et  le  s  avait  sa  voyelle. 

2)  Arabica  V,  p.  40  ;  aussi  avec    ijo   à  cause  du    -^  . 


402 


o     - 


Tw  as  te  demeure  au  pays  des  Kdzimites.  Tu  arroses 

tes  champs  avec  l'eau  d'el-Ahmar  et  tu  bois  à  eji-JSUsîl  *). 

On  dit  toujours  elFadli  en  désignant  les  tribus  du 
sultan  Fadli.  Un  autre  exemple  se  trouve  dans  le 
troisième  verset  suivant.  Le  même  emploi  a  lieu  dans 
nos  langues  européennes:  le  Français  est  très  poli;  der 
Deutsche  ist  sehr  gewissenhaft  ;  l'Italiano  è  eccellente 
musico,  où  le  singulier  désigne  le  collectif. 

10,  4:  ukân,  expliqué  par  uljalas  et  u  kafàh  GO. 
Dô^an,  le  poète  des  Fadli,  a  dit,  dans  une  qasîdah  à 
l'adresse  des  Yâfl^  ennemis  des  Fadli: 

^\^^  ^^  ^  ^^  L  J;;:^ 

0  tez   gta"  épouvantes  le  monde  avec  les  serpents  qui 

[ont  soif  (=  les  guerriers  en  combattant), 

Sauve  vos  bêtes  fauves  {z=  les  guerriers)  du  t  â  m  i  é  !  2) 

■  [voilà  ! 


1)  Wâdi  dans  le  pays  des  Bà  Kàzim.    La  rime  est  en  eyl  sur  la 

première    J>-J  .    V.  la  poésie  plus  loin  sub  13,  21. 

2)  Tamis   est  une   bête   fauve  qui  attaque  hommes  et  animaux, 

aussi  appelée    ^^\.%w>*av  ,  mais  j'ignore  son  nom.    (ji^-*— ' ,  a,  arracher, 
enlever  avec  force,  wegreissoi    =   (j^ {■  '  . 


403 

Celui  qui  proclame  la  guerre  et  les  événements  funestes 

[sont  encore  loin. 
Son  éclair  (guerre)  luit  aux  abords  des  nuages. 
Et  les  Mayâsir  font  suite  au  chameau  en  rut,  au 

[guépard  (le  sultan  des  Fadli) 

qui  est  fort  en  face  de  la  guerre  et  secouru  (qIjw)  par 

[son  Seigneur  (Dieu). 
Un  Dâhirite  a  dit  (basît)  i) 

,  ,  ,   +  ,c<. 


G  ^^  ;;  ,     5  >         o      _ 


0  "Amirite!  as-tu  aujourd'hui  des  sous  dans  ta  poche? 


1)  Je  voyelle  toujours  selon  la  prononciation  des  Datînois  et  non 
d'après  la  grammaire.  Les  rimes  sont  en  en  =  eyn,  et  le  poète 
a  fait  rimer  kàn  avec  cela.  Un  indigène  me  l'écrivit  aussi  r\^  i 
que,  bien  entendu,  il  ne  faut  pas  prononcer  keyn,  quoique  les 
autres  deux  mots  permettent  aussi  la  diphthongue  au  lieu  de  la 
longue.  On  sait  que  déjà  dans  les  anciens  manuscrits  qoraniques 
rimâla  est  exprimé  par  un  f^,  ainsi  que  c'est  encore  l'habitude 
dans  le  Sud.  Cette  transcription  avec  ê  est  aussi  adoptée  par  des 
savants  algériens;  mais  ils  ont  tort.  Cf  ici  p.  299  et  s..  On  observera 

lû-wal-lâ-hern.    —    '-^^^^.v^^^    beysî",    =    ,  c-^    ^    —    l5*-^    ^  • 

Ce  chant  est  du  pays  d'ed-Dûhir,  où  l'on  parle  un  dialecte  un  peu 
différent.   Les   Béni   ^Âmir  sont  une  tribu  fort  ancienne,  selon  l'idée 

des  Arabes.  J'en  parlerai  ailleuis.  wSjJ^  =  lJ  J-> ,  la  poche  de  devant 
formée   par   la   chemise  et   la  ceinture;   v.   Gloss..      (jyo  est  pour 

UV^  >    '^^^-    de    qJ  ,    fèves    de    café,    =    arf/ent;    locut.    dâhirite. 

Ijy^  =  ^^.^  1  'lu  sing.  iCLJj  ,  impression  ou  tracf  morale 
qu'une  chose  lai.sse;  v.  le  Gloss.  s.v..  Pour  la  foiiue,  cp.  ici  N"  53: 
bazeyn,  et  Hdr.  p.  385  et  ss.. 


404 

Non!  par  Bieu^  la  pique  va  te  faire  des  impressions 

[au  cœur. 
Nous  avons  pris  tes  yeux  {=  tes  plus  proches  parents, 

ce  qui  t'est  cher),  et  ils  sont  ce  qu'il  y  a  de 

mieux,  usalâm! 
J'ai    déjà  parlé  de  cette  particule  Hdr.  p.  478  et  s.. 

Elle  est  synonyme  de  si^  et  correspond  à  l'égyptien 
Ji^^  ')  et  au  syro-égypt.  uo"l>j  ou  -^L-^,  und  damit 
Punctum.  Elle  s'emploie  aussi  dans  le  Higâz,  Snouck, 
Mekk.  Sprichw.  pp.  8,  24,  38,  73,  et  au  Maroc,  mais 
je  ne  la  connais  point  dans  d'autres  dialectes.  Est-ce  le 
verbe  3'?  On  dit  bien  kân!  c'est  comme  ça!,  et  ^é 
est  usité  un   peu  partout  pour  ^1^  ^\,  Hdr.  p.  479  et 

Gloss.  s.v.  Mais  alors  il  faut  en  séparer  étymologiqueraent 
son  synonyme  i^*, .  Peut-être  faut-il  le  mettre  en  ligne  avec 
l'hébreu  "? ,  ainsi,  v.  Ges.-Buhl,  H  W  B  s.v.,  et  alors 
son  étymologie  coïnciderait  avec  celle  de  */  qui  vient 
certainement  de  la  lettre  démonstrative  è  avec  le  pro- 
nom =  comme  cela,  ainsi;  cp.  l'hébreu  nÏD. 

10,  10:  intadâq  ==:  io\j!   1.    13.    vj:Ài,  faire  tomber, 

jeter  =  iJ> .  yii  ,:?^Li  ,^Jkj  ,  tu  as  jeté  la  pierre  tout 
droit.  La  kânet  em-galabah  wugî"  [ou  wugî'ah] 
uéît  uqidhri  mandùq  fim-qâ"  u'âdha  hày  (ou 
hàyyeh)  dèkkëha  la  tahrag,  si-  le  mouton,  (ou  la 
chèvre)  est  malade  et  que  tu   le  trouves  jeté  par  terre 


i)  Spitta,  Gr.  p.  169,  I.  22  n'est  pas  ici  très  exact.  ,j«J3  ô^^j^ 
dans  le  ^.A>w!  'sS^<m  par  "^Abd  Allah  en-Nadira,  Caire  1319  p.  55, 
où  l'on  trouve  des  dialogues  en  langue  vulgaire  du  Caire. 


405 

encore  vivant^  égorge-le  afin  qu'il  ne  crève  pas  sans  être 
égorgé  '). 

10,  11:  fat.  o'i  a  aussi  dans  le  Sud  le  même  sens 
qu'en  Syrie  de  passer^  vorbeigehe?i,  mais  non  celui 
d'entrer,  Mneingehen^  ce  qui  n'est  au  fond  qv'une  nuance 
de  passer. 

10,  12:  sadahôh.   _oV-w,  a,  étendre  à  terre,  jeter  par 

terre,    à  plat,    faire  tomber.    ^>:^,"^!  ^  ié>5L)c^^  UJu  iùJiJî 

l'outre   est  pleine,   couchée   sur   le  sol  -).    Lorsqu'on   est 

^3L>-v^,  on  peut  être  couché  n'importe  comment,  sdra- 
o 

j?a^o   en   italien,     ^ci  !^;c*J5  Jow  |^:c>lX-v^!  A^Lo,  pourquoi 

vous  êtes-vous  étendus?  vous  ne  vous  êtes  pas  encore 
levés.  Bâ  lin  sida  h  hina,  yious  allons  nous  éte?idre  ici 
pour  dormir,  vogliamo  sdrajarci.  C'est  un  verbe  très 
classique,   aussi  usité  en  Hdr  et  en  ""Oman  RO  p.  276. 

LA  compare  lui-même  -.^ii^w'),  comme  Js^  et  J^^. 

10,  14:  qutil.  Le  passif  est  encore  vivant  dans  les 
dialectes  méridionaux,  ainsi  que  je  l'ai  déjà  exposé  dans 
Arabica  m  p.  79.  Ici  nous  trouvons  Ajcs  11,  7;  42,  15, 20, 

et   passim;  67,  «;  105,  3;  ,:jjùc>  67,  n;  c>^fiJ>:>  =  ^I^ili- 


1)  Cp.  Bohârî  VII,  p.  97:  Bâb  en-nahr  wad-dabh. 

2)  C'est  bien  ainsi  qu'il  faut  expliquer  le  iuJi)t  ^,  remplir 
Voutre,  des  dict.,  car  lorsqu'on  l'a  remplie,  elle  est  'iis>^J\„M^  (L  A 
S.V.),  couchée  par  terre  à  côté  (*•**>  ^'  k*^j))  LA  et  TA,  qui 
n'a  fait  que  plagier  le  premier.  De  môrne,  il  faut  comprendre  le 
sens  de  —A*-  =  _-o 3  .  On  voit  combien  les  dict  arabes  sont  peu 
exacts,  mais  heureusement  la  langue  vivante  les  corrige. 

3)  Piov.  et  Dict.  Gloss.  s.v..    En  Egypte    -^Ilw  et  — nULw  . 


406 

77,  15;    ^.y^    10,    16;   J^  =  Jj^    80,    y;    c>--i'j  =  c^^ 

78,  3.   -   Imparfait:  JjJL  67,  s;  112  5;  Jjii'^jifi:)'  122, 
8  et  note. 

10,  21:  Meg'ali.  Ce  nom  pourrait  bien  être  originai- 
rement sabéen,  comme  S^c>^  J.  et  M.  Derenbourg  Et. 
s.  l'épigr.  du  Yéman  JA  8  sér.  II  p.  229  N»  11.  ,Jou^, 
Hommel  A  A  p.  145,  ZDMG  37  p.  401.  t>^,  ibid. 
30,  686  (où  la  traduction  de  D.  H.  Mùller  me  semble 
peu  réussie),  Hommel  0. 1.  p.  29.  Jkr*^  ?  ibid.  p.  145. 
Jjtko,  ibid.  p.  141.  Il  est  utile  de  constater  que  le 
nom  de  ^Alî  se  rencontre  dans  l'inscription  de  ►'^abwah, 
donnée  par  moi  à  l'Académie  de  Vienne  '):  madharum 
di  Mukarribim  bin  ^Alîyim,  Hommel  0. 1.  p.  141 
note.  A  propos  du  nom  nabatéen  bi^'h}} ,  Euting  N  I  p. 
67,  Nôldeke  se  demande  si  des  noms  tels  que  'Alî  et 
Mohammad  ne  sont  pas  au  fond  des  hypocorisitika.  Il 
faudrait  alors  admettre  qu'il  y  a  longtemps  de  cela. 
Autre  question  est  si  les  noms  ci-dessus  renferment 
vraiment  le  nom  de  "Alî  *).  On  sait  que  Mohammed  est 
aussi  un  nom  préislamique  ^). 

Derenbourg,  les  monuments  sab.  et  himy.  du  Musée 
d'archéol.  de  Marseille  (Revue  archéol.  T.  XXXV  1899) 
lit  sur  le  N°  VIII  [Aboû'aljî,  fiîle  de  Ha'àn  etc.  Mais 
la  pierre  ne  porte  ici  qu'un  ^,  le  côté  étant  cassé,  et 


1)  Par  l'entremise  de  D.  H.  Muller,  ainsi  que  bien  d'autres  in- 
scriptions non  encore  publiées.  On  m'en  a  remercié  par  des  injures, 
ce  qui  est  très  original. 

2)  Voyez  sur  ces  noms  Mordtmann  Z  D  M  G  35  p.  439. 

3)  Cliez  les  Sabéens,  Derenbourg  F^tudes  sur  l'épigr.  de  Yemen 
p.  14,  >. 


407 

il  n'y  a  pas  assez  de  place  pour  Aboû'alî,  complété  par 
Derenbourg.  Il  est  incertain  s'il  faut  lire  Glaser  830 
(Berlin)  1.  18  et  (jézîrah  p.  69,  i*'  et  113,  e  'Alîyan  ou 

'Alyân,  mais  'Ali  y  an  (JJlxiO  ^st,  d'après  la  remarque 
de  D  H  Millier  ôéz.  II  p.  60,  u,  la  prononciation  la 
plus   probable.    Je  fais  cependant  observer  que  mon  ma- 

nuscrit  de  l'Iklîl  voyelle  toujours  qLJlc  .  Cf.  Hartmann 
Jamaniyât  Z  A  X  p.  1 44  et  s.,  et  Pygmalion  ^  ]vb}!  nV€. 

10,  23:  illedf.  Dans  le  Gloss.  d'Arabica  V  s.v., 
j'ai  dit  que  ^JJJ!  appartient  à  la  langue  des  livres,  mais 
cela  n'est  pas  exact.  Dans  le  éahhî  BBRAS  1902,  p. 
253  (Jayakar),  c'est  même  le  relatif  usuel  :  ail  ad  i.  Il  est 
également  très  usité  en  "^Omân,  à  côté  de  _^ .  Déjà  dans 
mes  Prov.  et  Dict.  p.  297,  je  me  suis  prononcé  contre 
l'opinion  de  ceux  qui  veulent  qu'illi  soit  une  corruption 

de  ^jj)  ^),   car  le  j  est  aussi  peu  tombé  qu'il  l'est  dans 

Js^,  qui  serait,  selon  Nôldeke  ^),  pour  _iS  L\P,  avec 
chute  du  3.  Pour  élucider  la  question,  je  vais  une 
bonne  fois  passer  en  revue  les  pronoms  relatifs.  t_5^it 
est  composé  de  trois  démonstratifs:  1°  al,  2°  la,  3"  dî, 
qui  sont,  chacun,  employés  dans  les  dialectes  arabes, 
tantôt  dans  l'un,  tantôt  dans  l'autre,  comme  relatifs. 

1«  ^J.Jf 
En    Datînah  et  en   Ha^lramôt,   on   prononce  elledf, 


\)  Spitta,  Gr.  p.  81,  erreur  relevée  par  Ostrup,  Contes  syriens, 
p.  135  note. 

2)  BZSSW  p.  43.  Stumme  T  Gr.  §  155  partage  l'avis  de  Nôl- 
deke,  mais  il  ajoute  prudemment  que  hiilli  peut  aussi  souvent  être 
pour  h  à  +  elli. 

80 


408 

illedf,  elli  ou  illi  dV  avec  l'accent  le  plus  souvent  sur 
la  dernière.    C'est  probablement  cette  prononciation  que 

les  grammairiens  ont  voulu  rendre  par  la  variante  ,^JJ) . 
On  le  prononce  même  le  plus  souvent  comme  deux  mots 
elle  di'.  Il  se  rapporte  à  tous  les  genres  et  à  tous  les 
nombres,   ce  qui  est  déjà  très  ancien  selon  L  A  XX  p. 

343  et  Qor.  IX,  70  ]yol=>  ^l^  f*XsaJ>5  •). 

20  Jt  al 

Prononcé  al,  el  et  iP).  Cette  forme  est  très  répandue 
dans  le  Nord;  Haurân:  ZDMG  51  p.  184-^);  ibid.  p.  189, 
1.  11  d'en  bas;  le  Liban,  Tallqvist  Arab.  Sprichw.  N"' 
12,  23,  24,  28,  qui  considère  à  tort,  p.  171,  il  comme 
une  abréviation  de  illi  avec  chute  de  la  voyelle  finale. 
Syrie   et   Palestine,    surtout   à   l'est   du   Jourdain,   p.  e. 

Dalman    P  D   p.   226,   1.    13:   Subhâne  rabb'^il  'atâ- 

k  e  -  b  k  u  1 1  e  w  a  g  n  a  h  à  1  \),  louange  au  Seigneur  qui 
t'a  donné  un  grain  de  beauté  sur  chaque  joue.  Subhân 
rabb  il  "atîha,  louange  au  Seigneur  qui  l'a  donnée 
p.  120  N»  3,  1.  8,  et  1.  4:  niyyâl  il  bâlu  hedyân, 
heureux  celui  dont  l'esprit  est  tranquille.  Wel  ma  ye- 
çaddiq  yisteri  (ragaz),  et  celui  qui  ne  croit  pas,  qu'il 
achète!  p.  106,  1.  5;  et  passim  dans  cet  ouvrage.  Hart- 
mann,  ZDMG   51,  p.   189,  Str.  7  v.  3.   -  Gâlàt  lig 


1)  I.  Ya'^îs  I  p.  480,  où  il  y  a  d'autres  exemples. 

^  j 

2)  Comme  J  f^ans  dVJi.    "hii  éth.  est  aussi  sing.,  Z  A  XiV  p.  7  note. 

3)  Où  il  faut  lire:  dassarta  bu  y  al  ffâbani,    J'    ;^c«j    o-^^^ 


(^c*?^  •  c^  T"i  a  échappé  à  Wetzslein  et  à  Hartmann  !! 

4)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire,  car  on  chante  ainsi.    Mètre  basit. 


409 

éâbet   el-mahbes,   elle  dit  à   celui  qui  avait  apporté 
l'anneau,    Meissner   MSOS   V   ii  p.   100,   1.   19.    Lis- 
sibyân    el   ma  bîhum   mêle,  pour  les  jeunes  gens 
qui   n'ont  pas    de   tare,   ibid.   p.    118   1.    9.    Hâmm   il 
îbgalbi    fêla   yimhi  galam   (basît),   le'  souci  qui  est 
dans  mon  cœur,  une  plume  ne  l'efface  pas,  ibid.  p.  98, 1. 14. 
Ta^àl  denèltim  y  à  Sikèna 
%  t-t  î  f  1  a  b  ù  k  e  d  d  â  b  i  h  î  n  â  h  ^), 
Vie7is,  ô  Sikênah,  frappons  donc  [la  poitrine  de  douleur] 
à  cause  du  garçon  de  ton  père  qu'ils  ont  égorgé!, 
ibid.  VI,  II  p.  78,  N»  4. 

Wonnête  ma  liannât  hulû  yil-bedâwi 
EP)  bilgède  muhtelfe  ""a  nil-wulfe  wuhwâr 
J'ai  gémi  comme  gémit  une  jeune  chamelle  du  Bédouin 
laquelle  au  fort  de  l'été  devient  hors  d'elle  loi7i  de  son 

fcompagnon  et . . . .% 
Meissner,  MSOS  VI,  ii  p.  82,  N"  4,  1.  2. 

Tibki  behiss  el  yiébah  el-girfe  dâwi 
Mit  1  er-rubâbe  hissaha  bîde  éa"âr. 
Qui  pleure  sur  un  ton  qui  ressemble  à  celui  du  bruis- 

fsement  de  la  plage. 
Sa   voix  est  comme  (celle  de)  la  rabâbah  à  la  main 

fd'un  chanteur  *). 
Yiqta''  fëgûg  el  ma  biha  hisse  'âwi 


i)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire:  Mètre  — ^-  I  — ^-  I  -,  sur  lequel 
tous  ces  na*^àwe  sont  à  corriger;  cp.  MSOS  VII,  ii,  p.  3,  1.  11. 

2)  El  est  de  trop:  mètre  — ^-  I  — ^-  !  -^ —  . 

3)  La  traduction  de  Meissner  me  semble  défectueuse.  ^^  >^àixi>î 
doit  signifier  ici:  être  séparé  fie,  mais  comparez  pp.  88  1.1.  J'ai  re- 
dre.ssé  le  mètre.    Le  dernier  mot  jure  avec  le  reste. 

4)  Et  non  danseur,  comme  le  veut  la  traduction  de  l'auteur. 


410 

Eyda  fêla  lah  rêre  sekkàne  lahwâr') 
n  parcourt  des  chemins  oii  il  n'y  a  pas  de  voix  qui  hurle, 
et  encore  n'y  a-t-il  que  les  habitants  des  trous  (serpents 
etc.),  ibid.  p.  84,  1.  7. 

Bân  en  nehed  minnâh  es  sâna^ah  rabbin  ra'Tif  ^) 
Etait  visible  sa  poitritie  qu'a  faite  im  Père  compatissant , 
ibid.  p.  86,  K*^  5,  1.  5. 

Ôâlel  li^tiyâfu'aglfî  birasi  hatûf) 
Elle  leva  pour  moi  les  vêtements,  et  l'esprit  qui  est  dans 
ma  tête  s'e7i  alla.  Ibid.  p.  88,  1.  7. 

Y  a  bu  Ijedêd  el  yefùh  el  misl^e  minna  (:= 

0  toi  qui  as  des  joues  dont  se  répand  le  musc,  ibid. 
p.  96,  Atâba  3. 

Refîqi  el  ma  nefa'^ni  wana  hay 

Mon  ami  qui  ne  me  servait  à  rien  tant  que  je  vivais, 
ibid.  Atâba  4. 


1)  Redressé   selon    le  mètre  et  le  chant.    Les  Datînois  que  j'avais 

avec  moi  à  Syracuse  appelaient  les  Latomies  ;|y>' ,  pi.  de   ,*3>  . 

2)  Le  mètre  doit  être  le  ra^az,  mais  il  est  en  désordre. 

3)  Mètre  en  désordre;  je  ne  saurais  le  redresser;  il  est  peut-être 
celui  des  'atâba h.  Meissner  donne  ici  une  traduction  très  jolie. 
Avec   le    vers   précédent,   elle   est   ainsi  :    Vaimée    {ry*^^    l5^^     ~ 

langoureux)  est  comme  un  pacha  parmi  les  soldats  alignés;  ils 
levèrent  pour  moi  les  chemises  tout  haut,  et  Vesprit  dans  7na  tête 
disparut.  Aussi  bien  dans  le  premiçr  que  dans  le  second  verset  l'objet 
aimé  est  au  masculin,  ainsi  que  c'est  l'habitude  des  Arabes,  mais 
dans    le   second    Meissner    rapporte   le   participe     -^àLù,    aux    soldats. 

Ceux-ci    auraient    donc   montré   leurs   pénis,  ce  qui  est  bien  défendu 

par  le  Qorân.  L'amoureux  vit  le  — i  de  son  amie  ainsi  retroussée, 
ce  qui  est  déjà  pas  mal  ! 


411 

Les  exemples  abondent  dans  les  textes  de  Meissner, 
N  A  G I  p.  XVI  §  12,  et  se  rencontrent  dans  tout  le 
pays  entre  la  Syrie  et  la  Perse.  Sachaii  A  V  L  M  p.  33. 
Socin  Diwan  III  §68.  ZDMG  51  p.  189:  ya  wêle  lil 
ma  loé  m  ara,  malheur  à  celui  qui  n'a  cas  de  femme. 
Un  exemple  des  Bédouins  de  Syrie  Arabica  III  p.  30 
note  ^).  Chez  les  Béd.  à  l'ouest  de  l'Egypte:  il  abkâh, 
qui  t'a  fait  pleurer,  Hartm.  LLW  p.  165  1.  11  d'en  bas. 
Môs.-Mârd.  Z  D  M  G  36  p.  7,  n;  i),  i5.  ly;  15,  i  et  passim. 

Ensuite  J'  devient 

1  °    Jo ,  Jj ,    comme    ^^u    =    «"^î ,    .y^-L  et   .y>l ,  ^] 
et  QîV^J.  5  Yâqût  I,  p.  110,  KaJj  et  Xiilî ,  yilumma  = 
Ul   =   U  ,  Hdr  Gloss.  s.  v.,  ^^.j>l  et  vs^.  ?  et  d'autres 
exemples  dans  K.  Alef  Bâ  d'el-Balawî  II,  p.  575  *). 
^ojlXc  jJiAAaj  ,  c^^"^  i3^  —1^'  (basît) 

des  pommes  qui  ont  mûri  (se  trouvent)  sur  la  gentille 
poitrine  de  ^Aclcjûbah,  ZDMG  51,  p.  194,  1.  9. 

Gazâkum  hère  yel  kuntum  warâna*),  que 
Dieu  vous  récompense,  vous  qui  étiez  des  nôtres,  Dalman, 
P  D  p.  67,  N°  6. 


1)  Dans  le  chant,  ces  vers  auraient  bien  été  sur  le  mètre  ^ . 

2)  Cp.  iù.->!  =  iotXj  ,  j)elilc  main,  Mufassal,  p.  473.  Cette  per- 
mutation est  bien  plus  fréquente  que  ne  l'admet  G.  Weil  ZA  18  p. 
22,  Behandlung  des  Hamza-Alif  etc. 

3)  Le  texte  poite  la  devant  gezâkum,  ce  qui  brise  le  mètre 
■^ .  C'est  ainsi  que  ])resqiie  chaque  ligne  comporte  quelque  cor- 
rection dans  ce  d(''licieux  ouvrage,  qui  est  une  de  mes  plus  giandes 
joies  littéraires.  C'est  expies  que  j'évite  ici,  autant  que  possible, 
d'apporter  des  exemples  tirrs  de  textes  recutillis  par  moi  pour  qu'on 
puisse  contrôler. 


412 

2''  ys>.  Hada  ibn  'Abid  liai  ra'âkum,  celui-ci  est 
le  fils  de  ^Ahicl  qui  vous  a  fait  paître,  Dalman,  P  D  p. 
70,  1.  3. 

Un  verset  de  "atâbah  de  Haurân  dit: 

Tir  if,  liai  fi  sudêrak  min  ra'ûdeh 

0  jolie!  ce  que  tu  as  sur  ta  poitrine  est  tombé  du  ciel  *). 

Ces  deux  variantes  ne  se  trouvent  pas  dans  les  dia- 
lectes du  Sud.  Le  h  est-il  ici  le  démonstratif  L? ,  que 
nous  constatons  également  dans  l'article  halyôm  z= 
^^î,  aujourd'hui,  MSOS  VI  p.  90  1.  3,  ZD  M  G  22 
p.  124,   v_jU<Jl5:  Littmann  Thamud.  Inschriften  p.  17,  ou 

bien   un   renforcement  du  î ,  comme  dans  l'algérien  "^O 

pour  ^'wt  donc,  par  conséquent? 

J'  est  aussi  pronom  relatif  singulier  en  sabéen,  Hom- 
mel  SAChr.  p.  15  et  16,  Glaser  ^)  Altjemenische  Nach- 
richten  I  p.  32  v.  26,  mais  dans  le  sens  substantifdece?w2 
qui,  celle  qui,  ce  qui,  correspondant  au  datînois  el  di, 
di  li.  Kampffmeyer  ZDMG  54  p.  627.  Glaser  Die  Abes- 
sinier  p.  211  ').  Il  y  a  aussi  le  pluriel  ^^.'À  comme  dans 
S  D  p.   66  :   *jto  j  Q-^-wo  j^^t  ^^^_:JL>->3  ^y^^ ,  la  maison 

o 

(temple)  et  &Jujs\jI  (village  ?)  qui  sont  appelés  Dî  NâHm  ^). 


1)  On  croit  que  la  foudre  fait  tomber  des  joj'aux  du  ciel,  Haur. 
et  Béd.  Elle  portait  des  ornements  en  argent  .et  pierreries  sur  la 
poitrine. 

2)  Glaser  croit  à  présent  que  dans  beaucoup  de  passages  J'  est  la 
négation  "^  0  S  Z  8  p.  497  et  ss..  Deux  exemples  de  J'  ^c3  chez 
Otto  Weber  SZSAK  II  p.  18. 

3)  Où  il  y  a  à  la  fin  une  très  juste  remarque. 

4)  Hommel   SAChr.  p.  17,  traduit     .^^^a^^    par  territoires  fron- 


413 

La  forme  JJ=t  =  Jî  se  rencontre  aussi  p.  e.  Hal.  365,  s: 
^1  ^1  ;  449,  1    et  530,  2  :    ^^  ^\ . 

Cet  emploi  de  Jî  comme  relatif  n'est  pas  sans  exem- 
ples dans  la  langue  littéraire,  mais  il  fut  considéré  par 
les  grammairiens  comme  une  extravagance.  Pour  ne  pas 
répéter  ce  qui  est  connu  de  tout  arabisant,  je  renvoie 
simplement  aux  ouvrages  suivants:  Sîb.  §39;  Abu  Zeyd 
Nawâdir  p.  67  ;  Zamahsarî  el-Mofassal  *  p.  56  1.  4  d'en 
bas,  et  p.  57  1.  7  d'en  bas;  I.  IVîs  I  p.  469  et  ss.; 
Fleischer  Kl.  Schriften  I  p.  642/3;  Howell  Gram.  I  p. 
595;  Lane  Dict.  I  p.  74  et  75.  Reckendorf  Syntakt. 
Verhaltnisse  §  192.  Donat  Vernier  Gramm.  arabe  I  p. 
25  II  §  828.  Wright  Grammar^  I  §  345  Rem.  c;  ZDM 
G  22  p.  124. 

3«  j. 

Personnellement,  je  ne  l'ai  jamais  entendu,  mais  son 
existence  dans  les  dialectes  de  Môsul  et  de  Mârdîn  ^)  est 
assurée  par  Socin  dans  le  ZDMG  36.  Ummu  qâlet: 

a  n  î'  e  h  h  é  b  e  y  z  la  g  i  b  t  e  1  n  a ,  sa  mère  dit  :  oii  {^J') 
est  le  pai7î  que  tu  nous  as  (aurais  dû)  apporté?  31,  2.  n. 
A'tîni  hây  el-mara  la  hîya  fil-bâb,  donne-moi  cette 
femme  qui  est  à  la  porte,  264,  2.  A'tîni  hâdi  m  art  la 
fi  gild  eé-gclmâl,  domie-moi  cette  femme  qui  est  dans 
la  peau  du  chameau  264,  »,  et  passim  dans  ces  textes. 
Le   pronom   relatif  dans   le   tigré  est   A  ou  A  ,  et  Litt- 


tiircs,   niais    ce   n'est    pas  un  pluriel.  iCL->J'  est  un  nom  de  village 

assez  commun  dans  le  Sud.    Cf.  ici  sub  20,  «. 

1)    A    c6t(''   de  el  et  de  iilladi,  33,  4,  16  et  passim.    Ces  te.xtes 
sont  très  bien  notés  et  très  intéressants. 


414 

mann  Z  A  XII  p.  304,  fait  observer,  contre  Nôldeke  W 
ZKM  IV  p.  294,  que  cet  1  correspond  à  celui  de  al-la- 
di,  mais  dans  das  Verbum  der  Tigresprache  p.  7  note 
il  se  range  de  l'avis  de  Nôldeke.  Dans  le  dialecte  tigrina 
d'Agamié  le  relatif  est  au  sing.  A  et  au  pi.  "SU .  Peut- 
être  faut-il  considérer  le  ë  1  des  textes  de  Socin  Z  D  M  G 
(v.  ici  p.  411,  9)  comme  étant  au  fond  ce  la,  avec  la 
voyelle  préposée?  Sur  la  lettre  démonstratif  la,  al, 
voyez  Dillmann  Âth.  Gr.'  p.  95,  et  Littmann  Z  A  XII 
p.  296;  idem,  Chant  de  la  belle  mère  v.  75,  95  et  186. 

est  rare  en  Hdr,  oii  ^  est  prépondérant,  Hdr  p.  238. 
A  l'ouest  de  là,  c'est  le  relatif  le  plus  commun.  Di  est 
aussi  particulier  au  marocain  des  villes,  dit  Marçais  Gr. 
p.  175,  et  s'emploie  aussi  à  Tleracen,  Bel.  la  Djâzya  p. 
90  (t.  à.  p.),  dans  la  petite  Kabylie  et  le  Nord  de  la  Tu- 
nisie D  T  0  p.  35.  En  mehri  et  en  soqotri,  on  le  trouve 
également:  hem  de  rayé  de  hadèmk  éeh  Bô'az 
mehri,  =z  éem  de  ""ayg  di  nafa^k^)  se  h  B.,  soqot., 
le  nom  de  l'homme  chez  qui  j'ai  servi  est  B.,  D  H  Mùl- 
1er  MS  p.  52  §19.  Ragên  de  tarahk  teh  henên, 
mehri  =  miigsam  dèqolk  éen,  soqot.  z=  el-wulêd 
li  hallêt  "andena,  le  jeune  homme  que  tu  nous  as 
laissé,  ibid.  p.  62  §8.  Ragên  de  henêk,  mehr.  z=. 
mugsam  di  éîh,  soqot.,  le  jemie  homme  qui  est  chez 
lui,  ibid.  p.  128  §13.  Wanehè  rayg-di  ksièh,  mehr. 
::=  waniéi  "aig  di  ksèeh,  soqot,  et  l'homme  oublia 
ce  qu'il  avait  trouvé^  ibid.  p.  131   §32*). 


1)  «.ftj  est  dans  tout  le  Sud,  y  compris  le  raehri,  servir. 

"2.)   K  11  1 1    di.    iiielui,  celui  qui,  quiconque,  comme  aussi  dans  les 


415 

Jahn,  M  S  p.  171  et  Gr.  M  S  p.  28,  dit  que  le  pluriel 
de  dâ,  de,  di  est  la,  le,  11.  Nous  trouvons  p.  97,  12: 
uyiwôda    barayb  bâliôm   là   bar   môtem,    ^f^.^ 

îy'Lo  tXs  qjÀ-'  v^**j  •  Il  le  compare  au  hadramite  lî, 
mais  cela  n'est  pas  tout  à  fait  exact,  comme  nous  allons 
le  voir. 

Après  su,  qui?,  ^S  est  de  rigueur  dans  notre  dia- 
lecte. Su  di  qâlah,  qui  l'a  dit?  ou  su  di  htf  qâlah, 
qui  est  celui  qui  Va  dit?  Nous  trouvons  dans  les  in- 
scriptions sabéennes,  Hommel  SAChr.  p.  15  et  16,  ^ 
^jJou  Hal.    259,  yC*j  003  Hal.  ibid.  et  ^<a3ij  J>  ^3  Hal. 

257,  citées  par  D  H  Mùller  EDA  p.  43;  idem  ZDMG 
37  p.  338,  et  Index  s.  v..  En  araméen,  il  faut  toujours 
''"I  après  ]D,  mais  non  pas  dans  les  inscriptions  naba- 
téennes   Euting  N I  p.   79,  où  le  ^1  relatif  est  pourtant 

courant:  dhd^  ^1  '^^1i^  b'2^  z=z  ^^x.<j  ^6  ^l.^t  j^^;  ^i  "d 

^ïh^h  -b^n^  z=  oJ^J  o^y^.  [to  U]  ^coJI ,  ibid.  p.  77  et  78. 

Les  Tâyyites  disaient  30  pour  tous  les  cas,  A  Z  N  p. 
61,  el-Kâmil  d'el-Mobarrad  p.  563,  g  et  564  (oii  exemples), 
L  A  XX  p.  346  et  348  (oii  exemples),  Wright,  Lectures 
p.  116,  Reckendorf  S  V  §  193  (où  exemples).  Dans  l'in- 


dialectes  arabes  du  Sud  et  le  sabéen,  D  H  Mtiller  E  D  A  N°  XXVI,  5, 
Hommel  SAChr.  p.  15.  Avec  le  sens  de  chaque,  il  est  rapporté  par 
KampHineyer  o.  1.  p.  627  selon  Dominicus  Germanusde  Silcsia,  Fabrica 
linguœ  arabicte  1(339,  seulement  ce  n'est  pas  ici  le  (^3  relatif,  mais 
le  même  que  dans  delhîn  et  l'égyptien  delwakt  (écrit  \j^jj  ^^^ 
par  'Abd  Allah  en-nadîm  dans  son  Su  la  fat  en-Nadîm  p.  44.  Le 
de  (di)  du  mehri  et  du  soqotri  n'est  que  la  nota  relations,  comme 
au  .Maroc,  ejnployé  comme  de  en  français. 


416 

scription  d'en-Nemârah ,  découverte  par  Dussaud*),  de 
l'année  328  a.  D.,  on  lit:  *i).JL«  ^y:   j  o-^"^'  f  u""^  u^ 

_Uw!  ^î  ^J>  xls'  Vj*^')  <^^^^  ^^^  ^^  tombeau  de  M.  el-Q.  b. 
"Omar  (ou  ''Amr^)).  roi  de  tous  les  Arabes  \  qui  ceignait 
le  diadème  ou  liait  le  turban  (sur  sa  tête). 

Le  Diwan  de  Hâtim  Tey  éd.  Schulthess  W  XIV  4: 


Wenn  du  nichts  von  dem,  was  ihr  getan  habt,  dnderst, 
So  mâche  ich  mich  an  den  Knochen,  den  ich  abnage, 
selon  la   traduction   de  l'éditeur  p.  21,  où  l'on  trouvera 
d'autres  exemples,  ainsi  qu'aux  p.  88  et  s.;  el-Mobarrad 
p.  564,  el-Mofassal  p.  56  en  bas  =  I.  Ya^îs  p.  464  *). 

Dans  el-Muzliir  II   p.   60  nous  lisons  :  (jib.  jj!  L-oc\=> 

w-^X^l    v_ji-c'*it    '-^yfri    ic"^'    •c:a-àS^    \'é      t^^jSV^     .^    (_f*"T^'    i"T^ 
■^j7^'    ^-_^Uxj   P>    Lojj    u'i.    ^jy    Lij:_5    J.yjî    ^^:^    (^^    ;^c 


1)  Revue  archéologique  1902  p.  411.  OLZ  1903  p.  '278. 

2)  3  -^  peut  (''tre  les  deux,  car  les  noms  ,'jj,  A**  _n:>  (=  ^^>Ax!  ?) 
et   uXjt-.^  ,  dans  la  môme  inscription,  ont  aussi  le  3  final.    Cela  est 

important.  ., 

3)  Observez  \Ji  pour  UJi  ,  comme  encore  aujourd'hui  chez  les  Bé- 
douins du  Nord;  v.  Gloss.  s.v.  ' J^ . 

4)  Qui  l'attribue  à  ^Âriq  et-TiVî. 


417 

w*.xXjjj   y_jLc'bî   5-».Xij  ^3   :  Jï  .    T.4.o"^)    --0J5   .-jj  liUI! 

^]  i«ju  :  ^i^Jis .  ^UJÎ ,  (le  cheykh  lui  dit  :  tu  es)  celui  qui 
recherche  la  société  des  Bédoimis  et  prend  note  de  leurs 
vocables? ....  ') 

Beha  ed-dîn  el-ôanadî,  -\-  732  H.,  dans  son  K.  es- 
Sulûk  etc  dont  Kay  a  publié  un  extrait  sur  le  con- 
quérant qarmatite  ^Alî  b.  Fadl,  -f-  303  H.,  dans  son 
Histoire  du  Yéman  par  "Omârah,  rapporte  l'épisode  sui- 
vant ,   p.   If V  :    c;^jë5  ,yi-!  ^  ^L>J  ^.^\  dVJLo  ^î  Js=>  <xï 

(vXi-  (^3  ..y^  lXj  "^  c>>-S  ^JLjo  "^  (_cJ^.  ij'>:>oU-s->'î  (j^;i*j  Kii 
^j^    lÂ-J    "li    ^.^^    L^'i'    i^cÂJ!    ^_5^_    3U.:^\Jti!    JIAJL    ;j:J^    ..-ry"^' 

\^  ^^î  ,j>ju_  -yfl"^î  i*jC:>  (^ÀiL  /.  Mâlek  a  raconté  qu'un 
homme  de  ses  partisans  ')  mit  la  main  sur  une  très 
vieille  femme,  mais  ayant  constaté  ce  qui  en  était,  il 
voulait  s'esquiver  d'elle.  Elle  lui  dit  alors:  „Pas  moyen 
de  se  soustraire  à  ce  que  l'Emir  a  ordonné'^)."  Dû  dans 
la  langue  de  certains  Yémanites  a  le  sens  de  1  a  '')  ;  c'est 


4)  On  voit  donc  que  les  plus  grands  philologues  arabes  nous  ont 
montré  comment  nous  devons  procéder.  Les  dialectes  arabes  n'ont 
rien  perdu  de  leur  importance  depuis  el-Asma'^î  (+   2i6  H.). 

2)  Le  mot  <v.o^A:>  du  texte,  que  Kay  ne  traduit  pas,  m'est  in- 
compréhensible. 

3)  ,»yjjf    sont  ici  les  partisans  religieux  du  Qarmatite  "^Âli  b.  Fadl. 

4)  Ou  permis,  selon  le  sens  que  ce  verbe  a  dans  le  Sud.  Voyez 
ici  le  commentaire  de  Banât  "Arwal. 

5)  Ce  sens  de  5O  est  confirmé  par  une  inscription  sépulcrale  en 
dialecte  himyarite  qui  figure  dans  i'Iklîl  et  qui  a  été  traitée  par 
Mordtmann  dans  la  Z  D  M  G  44  p.  190  et  ss..  Les  mots  i^*-^  •>->  que 


418 

donc  comme  si  elle  disait  la  budd  etc.,  et  di  équivaut 
à  illadi  etc. 

^3  est  le  nominatif  de  ^j>  et  de  îo,  comme  les  Ho- 
deylites  disaient  il  lad  un  a,  LA  XX  p.  342,  pour  illa- 
dîna.  Selon  l'exposé  de  Reckendorf,  SV  §194,  comparé 
à  celui   de   Sîb.  §231,  l'accusatif  li  était  aussi  employé 

comme  relatif,  mais  seulement  après  U  et  ^j^  interroga- 
tifs,  là  oià  nous  trouvons  dans  le  Sud  ^^j>  après  eé 
et  min. 

Mais  les  grammairiens  ne  confirment  pas  cette  ex- 
ception.   L'école  d'el-Basrah  considérait  cet  emploi  de   ii 

dans  le  sens  de  ^ÀJ'  comme  exceptionnel^  ^^i;,  tandis 
que  celle  de  Kûfah  le  tenait  pour  bon,  Mufassal  p.  60 
=  I.  Ya'^îs  p.  492  et  s.,  où  l'on  trouvera  des  exemples 
à  l'appui,  de  même  que  dans  LA  XX  p.  348  et  s.  On 
ne  peut  donc  pas  être  de  l'avis  des  deux  Sîbaweyh, 
arabe  et  allemand,  que  les  dialectes  arabes  ne  connais- 
saient pas  la  forme  \ô>  comme  relatif.  Les  exemples  en 
sont  trop  nombreux  et  absolument  concluants. 

Nous  pourrons  donc  reconstituer  l'emploi  de  tous  les 
cas:  dû,  dî,  dâ-,  pi.  (illa)  dùna,  (illa)  dîna.  C'est 
bien  là  „une  analogie  avec  le  nom",  comme  m'écrit 
Barth,   mais  cette   analogie   n'est  point  casuistiquement 


le  savant  confrère  n'a  pas  su  expliquer  et  qui  sont  paraphrasés  par 
iAjF'  *^  ,  elle  ne  trouva  pas,  doivent  probablement  se  lire  ^x«0   jiAs, 

car  ksù  en  mehri  et  kése  en  soqotrî  signifient  trouver,  J«<ci;>  . 
Par  ces  deux  témoignages  difléients  »0  =  "b  est  donc  absolument 
assuré  poui'  le  dialect  hirayarite.  C'est  le  'o  de  l'inscript.  de  Mârib, 
Glaser  Danirabruch,  où  il  se  rencontre  trois  fois,  ZDMG  53,  ",  "'. 


419 

ment  faite  par  les  Bédouins  ignorants.  Ses  racines  sont 
bien  profondes,  et  l'arbre  fleurit  sur  le  sol  natal.  A  pré- 
sent, ^j>  seul  est  en  usage,  mais  seulement  dans  le  Sud 
et  dans  certains  dialectes  africains. 

L'araméen  biblique  a  aussi  "*!  et  le  mandéen,  ë  d  et  de, 
Wright,  Lectures  p.  116;  Zimmern  VGSS  §83.  Nous 
rencontrons  également  ce  relatif  dans  les  inscriptions 
safâïtes,  qui  ont  un  cachet  si  sudarabique,  malgré 
l'opinion  de  Nôldeke  :  .Lv  ÂJ  JL-w  =   'lw  ^3J  J.■^L« ,  salut 

à  celui  qui  passe,  Littmann  S  I  p.  52  =  p.  55:  V  232. 

».ytj  *ÂJ  .^  =  ^jysu  (^^Ài  ,y; ,  cécité'  d   celui   qui   l'abîme 

(l'effacej!  ibid.  p.  57  et  61  ^).  Les  inscriptions  protoarabes 
en  offrent  aussi  des  exemples  :  ^djé  o  j^éJsS.1 ,  de  N.  qui  l'a 

fait,  Littmann  Th.  I  p.  35  ::=  le  sinaïtique  Aac  ^^3,  ibid.. 
Fell,  Z  D  M  G  51  p.  258,  est  enclin  à  voir  le  relatif  dans 
la  nota  relationis  o  du  sabéen,  qui  se  trouve  dans  les 
inscriptions  litiyânites,  D  H  Mûller  E  D  A  p.  92,  et  dans 
celles  d'es-Safâ.  Littmann  Th.  I  dans  M  VAG  1904  1  p. 


1)   Inscription   fort   intéressante,      «vc ,   qu'on   a   certainement   dû 
prononcer  sans  tanwîn,  a  peut-être  le  sens  intransitif  de  la  II  forme 

jyc-  qu'on  trouve  dans  la  langue  classique,  Tab.  I  p.  1309,  »,  p.  1374, 
'*,  et  dans  toute  l'Arabie,  à  l'exception  des  Bédouins  du  Sud,  d'abimer, 
détériorer,  ùbel  zurichten.  11  y  a  peut-être  aussi  un  jeu  de  mots. 
La  dernière  inscription,  p.  61 ,  porte  ensuite  «-V^^^  Jjw  =  J»c  ^J^ 
«A*i>  ,   de   dessus    la  pierre.    Ce  n'est  que  dans  le  Sud  qu'à  présent 

*-\^  est  montagne,  mais  aussi  bloc,  rocher,  grosse  pierre  et  même 
pierre    tout   court.     j^\    j    lX-ç>  ,    un    rocher   dans    la   mer  Dt. 

"-V^  Q^  rr^-  '^^  >  ^'^('^  ^<^*'f-  f^"  rocher  Dt.  A-j>;  jrjio  ,  il  me 
heurta  avec  une  pierre  Dt.  La  lecture  de  Littmann  me  paraît  juste. 


420 

19  et  Gloss.,  ainsi  qu'en  mehri  et  en  marocain.  C'est 
bien  le  même  mot,  mais  il  est  imprécis  s'il  est  devenu 
ici  relatif. 

Le  soqotri  connaît  également  ce  relatif.  J'extrais  du 
grand  recueil  de  textes  de  D  H  Mùller  ')  les  quelques 
exemples  suivants.  Hô'  de  "àmbher  di  kèsek,  où  est 
cet  ambre  que  tu  as  trouvé?  p.  111,  s.  De  %nbeher 
di  kèsek,  cet  ambre  que  tu  as  trouvé,  p.  110,  is.  Èhe 
de  ""ambher  di  ki^i  éf,  ceci  est  l'ambre  qui  m'est  resté, 
p.  110,  28.  Di  hàdeb  traduit  par  i^jju  >!  p.  118  note. 
"^A  y  g  d-i  r  à^a  q  e  n  h  ù  y  t  e  n ,  un  homme  qui  faisait  paître 
le  bétail  p.  104,  n.  Wuègeb  kan')  dihè  lesàfi  di 
t  ë  k  è  n  0  min  h  è  s  i  h  i  n  w  u  q  a  s ,  et  il  frappa  cette  image 
à  ses  pieds  qui  étaient  de  fer  et  de  terre  cuite,  p.  33,  n. 
Wade  kanè  eb  di  isàyah,  et  cette  grande  image  gui 
brillait,  p.  32,  21.    Ho  di  lèhamk^),  =  ^^:^^^  ^ô  Ijî, 

c'est  moi  qui  ai  touché,  p.  107,  i".  Ho^o  de  ^ayg  diken 
ha  beqà^er,  ml  est  cet  homme  qui  est  ici  dans  la  mai- 
son? p.  79,  14.  "Ayg  di  iharaq  =  ^^  ^3  ^^L*oî 
p.  80,  H.  'A  y  g  di  "èijan  bitt  Selem,  un  homme  qui 
aimait  la  fille  de  S.,  p.  261  N'^  399. 

De  la  combinaison  de  Jî  et  de  ^co  est  sorti 


1)  D  u  Muller  écrit  ici  et  §32  par  erreur  mizilier,  qui  d'après 
§  36  est  rêve.  Il  a  en  outre  oublié  de  nous  dire  dans  les  Gram- 
matische  Tabellen  p.  372  ce  que  i  représente,  car  il  n'y  parle  que 
de  z  =  Jb .  Sa  théorie  que  le  soqotri  provienne  du  mehri  ne  me 
semble  guère  acceptable.    Les  différences  sont  trop  grandes. 

2)  Métathèse    =    xL    =   arabe    u*^  avec  changement  commun  de 

{jM  arabe  en  v  mehri  et  soqotri,  exactement  comme  le  h  grec  peut 
devenir  s  en  latin  «aç  =  sal,  'v^rèp  =  super  etc.,  Homme!  A  A  p. 
23,  où  il  Y  a  d'autres  exemples. 


421 


4"  ^=ÀJ!  il  dî',  el  d  i' 
Cette  forme  est  très  usitée  en  Datînah;  voyez  Gloss. 
S.V..  Wai:iah  yel-%udeh  îbënha  ''as  l^ama  el- 
"audeli  el  df  ma  tësîr  sî'  in  kân  titwakka 
"a la  tintên  "asf  s  11*^11  b,  par  Dieu,  la  vieille  vivra  cer- 
tainement aussi  longtemps  que  cette  vieille  qui  ne  marche 
qu'en  s' appuyant  sur  deux  cannes  à  crochet  '). 

Comme  ,^w\jS,  c'est  aussi  un  substantif  ■=  U:  bândîh 
il  dî'  fil-qârûrah ,  ye  lui  donnerai  ce  qui  est  dans  la 
bouteille.  La  tesaddiq^)  (ou  tesiddiq)  sf  il  di  qâl 
lak,  ne  crois  pas  ce  qu'il  t'a  dit,  mais  la  t.  si'  il  df 
qâl  lak  h  ad  a,  7ie  crois  pas  celui  qui  fa  dit  cela. 

Il  existe  aussi  au  Liban.  A  Tlemcen,  sous  la  forme 
eddi  =  eldi,  Marçais,  Gr.  p.  175,  Bel  La  Djâzya  p. 
90  et  note  '). 

Les  grammairiens  arabes  parlent  aussi  de  la  combi- 
naison ^=  JJ ,  avec  suppression  du  déterminatif  J! ,  Fleischer 

Kl.  Schriften  I  p.  354.  LA  XX  p.  112  1.  13,  veut 
même,  et  avec  lui  Reckendorf  S  V  p.  601,  que  ce  soit 
là  la  forme  primaire,  et  ^jsl\  y  figure  sub  ^5-"^- 

5"  J\  i  1 1  i 

de  ^\  et  J ,  devenu  ^_^  de  1  a  (J)  et  probablement  aussi  sous 


4)   >--«aco  ,  pi.  de  i«,AA;i!j  canne  avec  un  crochet  en  haut:    I    . 

2)  Pour  tesaddaq,  comme  sâdarieh,  fjilel,  et  d'autres. 

3)  Où  l'exposô  n'est  pas  très  scientifique,  car  le  terme  «après 
avoir  supprimé  l'article  J'  et  le  démonstratif  J"  ne  rend  nullement 
le  ])ron''dé  du  pai'ler  po|)u!aire.  Bol  a  probablement  lu  Sjjitta  Gr. 
§  ;iO'',  où  se  tiouve  la  tin''me  expression  jeu  adéquate. 


422 

l'influence  de  ,^Sl\ .  Invariable  pour  tous  les  nombres. 
Cette  forme  appartient  surtout  aux  dialectes  du  Nord,  de  la 
Syrie,  de  l'Egypte  et  de  l'Afrique  du  Nord^).  Au  Negd,  on 
dit    alli^).   Sa   variation' phonétique  syrienne  et  %âqite 

yalli,  yilli  ne  provient  pas  toujours  de  ^J\\j  =  ^^b, 
M  S  0  S  VI  p.  92  1.  3,  mais  s'explique  comme  Jo .  Pour 

^Js>,  voyez  sub  J^  p.  412  et  p.  407  note  2.  Sur  le  pi.  sab. 

^^M),  voyez  Hommel  S  A  Chr.  p.  15  et  17. 

6«  ^l  li 

Qu'on  trouve  surtout  en  Hadramôt,  rarement  en  Datî- 
nah  8,  -^s,  et  plus  rarement  au  Negd,  dans  le  Nord  de 
l'Afrique,  mais  non  pas  en  Syrie  et  en  Egypte.  Pour 
tous  les  nombres.  Es  li  di  basàrt,  qu'est  ce  que  tu  as 
vu?  Dt.  Ou  dâ""  li  qàtalah,  qui  est  celui  qui  l'a  tue'? 
9,  16.  On  peut  dire  aussi  bien  li  di  que  di  (dâ)  li.  En 
mehri  li,  (là,  le)  est  le  pluriel  de  di.  Weber,  Studien 
z.  S  A  Altertumsk.  II  p.  18  rend  le  sabéen  Jl  par 
elli,  sur  la  foi  de  Glaser,  mais  rien  ne  nous  autorise  à 
le  prononcer  ainsi.  On  voit  donc  que  ces  trois  démon- 
stratifs-relatifs s'emploient,  soit  seuls,  soit  combinés 
entre  eux  pour  former  six  relatifs  différents.  Chacun  a 
sa  vie  propre,  et  l'on  ne  saurait  parler  ici  ni  de  défor- 
mation, ni  de  chute  d'une  lettre.  Les  dialectes  arabes 
sont  le  grand  emporium  des  langues  sémitiques,  qui  n'y 


i)  Stumme  T  Gr.  §155.  Idem  MGT  p.  273  §163,  Marçais  Gr.  p. 
175.  Doutté,  Texte  oranais,  p.  19. 

2)  Gloss.  s.  V.;  Socin  Diwan,  III,  §  68. 

3)  Hommel  voyelle    j^^' ,  pensant  à  l'arabe. 


I 

I 


423 

sont  pas  à  l'état  de  lettre  morte,  mais  vivent  en  partie 
encore  dans  la  bouche  du  peuple  illettré. 

11,  2:   tibâneh,    ^,Li  ^),   pi.  iaJr,  sur  la  forme  JL« 

des  nom.  vasis,  correspond  au  ^£.  des  Syriens,  sur  le- 
quel Hdr  p.  119  note.  C'est  la  place  entre  le  corps  et 
la   chemise   (s'il   y  en   a),    derrière   la  ceinture,  *îj=>   ou 

)Li,:=>  ^),  où  est  placé  le  poignard.  On  y  met  aussi  la  sa- 
coche à  argent,  iJuA^- .    On  fait  un  t  i  b  â  n  en  ployant  le 

pan,  'iJa^ ,  de  la  chemise  ou  d'un  autre  vêtement,  préci- 
sément comme  font  nos  domestiques  avec  leur  tablier. 
(iViLo  ^  (^J>  ^^A^5aj)  L;.ajCw(  ,   verse  le  blé  qui  est  clans  ton 

tibân. 

RO  pp.  138  et  227  traduit  tbân  par  Schoss,  sein, 
ce  qui  convient  à  la  phrase,  mais  mes  Datînois  ont 
beaucoup  ri  en  entendant  ces  deux  exemples;  cf.  Vol- 
1ers  ZDMG  49  p.  51,5.    Un  poète  de  Yafi'  dit: 


1)  Aussi    w-î-^;    les    Awâliq  i3Jj;  cf.  LA  XVI,  p.  225:    ^}^'^ 
i^'<j  (j;.^>  'î^î  Ojîs  .  Malgré  des  demandes  réitérée-,  il  ne  m'a  pas 

été  possible  de  trouver  un  seul  mot  d'une  lanj^ue  européenne  qui 
rende  le  mot  arabe:  dans  la  Franche-Comté  on  l'appelle  hurncc  et 
dans  la  Charente,  darne. 

2)  iOo5;>    est   en    étoffe;    *'i>,  en  cuir. 

31 


424 

//  Voivoya  chez  moi,  et  moi,  je  suis  son  cavalier, 

Tenatit   son  licou  comme  (je  tiens  serré)  la  pierre  du 

[tihân. 

Les  lances,  ils  les  ont  secouées  contre  ceux  qui    se 

[trouvent  à  Bena, 

Et  les  chevaux,  nous  les  avons,  6  père  d'mi  tel! 

La  ,.,lAijt  .S  a  pour  cela  justement  le  nom  de  i;^>.i/«, 
pi.  ^^JLixl .  On  la  porte  toujours  dans  le  tibân  en 
voyage  pour  être  prêt  à  la  lancer  '),  si  l'on  est  attaquer. 
^^li ,   ou  ,-pï-^" ,    se   munir   d'une  pierre   à   cet   effet. 

iCxx4^  Jsc  (^"  est  mettre  la  main  sur  la  tête  du  poignard 
de  l'adversaire,  pour  avoir  le  temps  de  le  poignarder, 
avant  qu'il  puisse  tirer  le  sien.  Mais  le  sens  des  dic- 
tionnaires n'est  pas  connu  ^). 

11,  2:  etlâyafu  yâ  gambîëh.  Ce  verbe  ne  s'em- 
ploie que  pour  le  poignard.  ,JlJ  ,  cribler  de  coups  z= 
^Ju^ .  v_j!j"^',  5e  cribler  mutuellement  de  coups.  Yabù" 
(ou  yibif)  yitlâyifûn  ufâra'u  beynhom,  ils  vou- 
laient s'attaquer  à  coups  de  -poignards,  mais  on  les  sé- 
para. Yâ  gâmbîeh  a  son  analogie  41,  i^:  uitrâgamu 
y  a  hagar,  on  s'attaqua  à  coups  de  pierres.  On  ne  se 
sert  de  ce  [>  qu'avec  les  verbes  désignant  frapper,  atta- 
quer etc  et  on  le  met  devant  l'objet  avec  lequel  on 
frappe  ou   attaque.    A   ma  demande  pourquoi  plus  loin, 


i)  Sur  l'habileté  des  Arabes  méridionaux  a  lancer  des  pierres, 
voyez  suh  N°  11. 

2)  Hartmann,  LLW  p.  101,  1.  21,  a  un  mot  dabbîine,  qu'il 
explique,  p.  110,  1.  3  d'en-bas,  par  el-hudn.  Est-ce  le  même  mot? 
Le  mètre  ne  permet  pas  ici  la  forme  sudarabiqiie.  .-yo  et  .-r*^ 
snnt-ils  paronts  ? 


425 

41,  it,  on  ne  disait  pas  uta'^anah  y  à  "^ùd,  au  lieu  de 
bi'ùd,  comme  cela  me  fut  dicté,  on  me  répondit  „qu'il 
ne  frappa  avec  la  pique  qu'un  seul  coup,  et  que,  si  l'on 
disait     >3^  b ,    cela   impliquerait   qu'il   frappa   plusieurs 

coups.    oîA-o  \j  v^j  ^^  ^^^^  ^^'5  coups  de  fusil,   mais 

oJ^  v-^)  ^^  ^^^^  ^'^  ^^'^P  ^^^  fusil.  L'analyse  de  cette 
étrange  locution  m'échappe.  En  tout  cas,  elle  indique 
la  pluralité.  Est-ce  L] ,  qui  devient  aussi  L?,  mais  dans 
notre  dialecte  L  ne  s'emploie  pas  dans  le  sens  à'avec  = 
moyennant. 

11,  4:  nasîbeh.  Voyez  Arabica  V  p.  175  et  les  textes 
y  donnés.  Pour  se  concilier  la  protection  d'un  homme 
puissant,  d'un  chef  de  tribu,  d'un  homme  considéré  ou 
même  d'un  simple  qabîlî,  le  da^îf,  le  ra%uwî  ou  un 
qabîlî  d'une  tribu  faible  nomme  son  nouveau-né  du 
nom  de  celui  dont  il  désire  la  protection.  Le  père  réunit 
les  hommes  influents  et  ses  connaissances  et  leur  com- 
munique sa  décision,  sur  quoi  on  lit  la  Fâtihah.  Il  se 
rend  ensuite  chez  celui  qu'il  a  choisi  pour  protecteur  et 
lui  donne  des  présents.  Le  protecteur  et  le  protégé  sont 
^-v^wi   l'un   de   l'autre.    Il  y  a  entre  eux  i^-wi  ou  ^j-^^o  . 

Cela  est  surtout  pratiqué  dans  le  pays  d'er-Rassâs,  qui 
n'est  pas  à  même  de  protéger  ses  ra'ieh  contre  les  dé- 
prédations des  turbulentes  tribus.  L'influence  du  nasîb- 
protecteur  est  limitée  à  sa  tribu  ou  à  la  confédération  à 
laquelle  elle  appartient.  Les  Bédouins  du  Nord  appellent 
le    nasîb   hasîb.    La   personne   protégée  et   ses   biens 

sont  ^A.!^  pour  le  hasîb,  qui  doit  en  rendre  compte, 
Hdr  p.  173  note.   J'ai  voyagé  d^^-j-l?  ^"^oiis  ta  protection^ 


426 

et  ce  qui  m'a  l'té  enlevé  est  ton  w^.*^> .  Voyez  l'article 
"Le  droit  d'asile". 

11,  5:  Un  exemple  analogue  de  la  protection  qu'on 
doit  accorder  à  son  rabî"  se  trouve  dans  le  Diwan  des 
Hodaylites  éd.  Wellh.  N"  153.  Les  Béni  Lihyàn  avaient 
un  gâr,  protégé,  qu'un  homme  des  B.  Huzaymah  b.  Sîl- 
hilah  b.  Kâhil  avait  enlevé  et  vendu  comme  esclave. 
Cela  causa  une  guerre  entre  les  tribus.  Tout  ce  récit  est 
fort  intéressant,  et  l'état  des  choses  n'a  pas  changé  depuis. 

11,  9:    millêhom.     dU^  ^Ju  ju^,    ma   maison   est 

près,  à  côté  de  la  tiemie.  Sif  di  mil  la  felân,  qui  est 
à  côté  d'un  tel?  Millam-bahr  =r  min  qëdà^  du  côté 
de  la  mer.  Ana  millék,  ^'e  suis  à  côté  de  toi.  Su  dî 
millêh,  qui  vient  après  lui?  =  *^Aulâqi  >sLàï .  Cette 
particule  est  une  spécialité  du  dialecte  datînois.  C'est 
donc  comme  ^J.'^   et   <è^\   jj^ÂJ  et  ^iL:Ai,  etc.;  cf.  ici  p. 

383.  Mais  son  étymologie  ne  me  paraît  pas  claire.  C'est 
peut-être  un  composé.  On  pourrait  comparer  l'hébreu 
^l?2[''bp]  devant,  en  face,  et  le  talmudique  «^b^'2,  d'où?, 
millëqadmîn  Kônig  LG  II  303  et  300.  Ou  bien  est-ce 
z=z    ^  L,  ce  qui  suit,  +  les  suffixes? 

A  propos  de  u^aJ,  je  me  permets  de  faire  ici  une  di- 
gression. Son  étymologie  m'a  longtemps  intrigué,  et  je 
ne  vois  rien  dans  les  autres  langues  sémitiques  qui 
puisse  l'élucider.  Je  crois  qu'il  faut  la  chercher  dans 
l'arabe  même.  Dans  le  Negd,  ladey  est  une  préposition 
fort  usitée.  Je  la  trouve  souvent  dans  mes  textes  neg- 
dites.  Dans  la  célèbre  qasîdah  de  'Agab,  fils  de  Sa'dûn 
el^Awfigî,  le  poète  dit,  vers  6: 


427 

Ma  hî  h  al  al  egdûdina  làuwalîni  [ou  -nal-au] 
Kesban  ladêna  min  halâib  ^adâna 

Ce  ne  sont  pas  là  des  bestiaux  de  nos  arrière  grands- 

[pères, 
Mais  un   butin   entre  nos  mains  des  bêtes  à  traire  de 

[nos  ennemis. 
Le  mot  en  question  me  fut  expliqué  par  laîdêna,  = 

Lu JI^ ,  et  bîdêna  ou  bidêna.   Or,  dans  le  Nord  et  en 

Syrie,  i  est   toujours,   et   dans  le   Sud  le  plus  souvent, 

prononcé  i ,  comme  classiquement  avec  les  suffixes,  et 
la  longue  î  dans  î  d  ê  n  a  devient  souvent  brève  \  témoin 
le  vers  2  de  la  même  qasîdah: 


\)    En    Sj'rie,    il    s'ainuït    tout   à    fait  au  diminutif:  dayyàtak, 
Pr.   et   Dict.    p.   100,   comme    ,  <j    et  (j?^    dans  bèyyi  et  hèyyi, 

mon  père,  mon  frère.  liLjp  ^^;f ,  les  boutons  de  mes  mains,  Dalman 
p.  24,  N°  6.  Sachau  ZDMG  37,  p  566.  Hartmann,  ZDMG  51,  p. 
208,  prétend  qu'il  faut  me  «rectifier"  lorsque  je  dis,  Prov.  et  Dict.  Il, 

que  Ow)>>  est  le  pluriel  du  duel  =  O'tXjî .  Je  sais  bien  que  le  dimi- 
nutif est  iiJiAj  ,  R  0  p.  47,  pi.  o'  - ,  mais  comment  veut-il  alois 
expliquer  oLsy?-!  pieds,  qui  se  dit  aussi,  o.  et  1.1.?  Cela  n'est  cer- 
tainement   pas    un    diminutif  de   ^! .    Je    persiste  donc  à  voir  dans 

oIjO  un  pluriel  du  duel.  Nous  avons  bien  dans  la  langue  du  pre- 
mier   Islâm     ..jl.LoJÎ  ,    les    deux    Aiist'ir,  soit  le  pltuiel  au  duel,  mot 

an.ssi  courant  alors  que  (^iAj  . 


428 

Sib  el-rawârib  mu  bramât  el-idêni 
Min  sâse  ''eyrâtan  lafen  min  ""ômàna 
Âvx  garrots  gris,  aux  jambes  de  devant  bien  tournées, 
d'une  race  rapide,  qui  sont  venues  de  "Oman. 
La  de  y  est  donc  pour  laîdey,  devenu  successivement 
laïdèy  et  ladèy.    Cette   dernière  forme  s'entend  dans 
tout  le   Negd:   el-bill   waslet  ladèy  l^âsibînhom, 
les  chameaux  sont  arrivés  chez  leurs  enleveurs.    Alla 
gâbha  ladèyna,   Dieu  nous  Va  envoyée.    ^Csj  se  ren- 
contre dans  l'inscription  lihyânite  d'el-'Ôla,  D  M  Mùller 
E  D  A  p.  76  N"  27  1.  3,  où  l'auteur  le  traduit  par  pen- 
dant.   La   traduction   est  cependant  très  incertaine.    La 
définition  des  grammairiens  de  l'emploi  de  ,^oAJ  est  qu'il 
se   rapporte   à  une  chose  qu'on  possède  actuellement  et 
à  proximité').    De  même   que   le  ladey  des  Bédouins 
ne   s'emploie   pas   uniquement  en   parlant   des  hommes, 
wusùlna  ladèy  bêtak,  nous  sommes  arrivés  devant  la 
tente,  de  même  le  (j:o>J  classique,  se  dit  aussi  des  choses, 
Reckendorf  S  V  p.  208. 

Il  a  cela  de  commun  avec  son  synonyme  ,^a3û  ^j^ 
ibid.  p.  206.  ^^Uit  ^\^^  ...  ■^^\  ^î  J^  ...  ^c.^î  „^, 
Sj.otiT  (j:o\j  ^J^  j^.j3-r  v'j'-^'j  ^^ob*  P'  80/1  . . .  j'ai  vu  le 
monde  et  les  bêtes  passer  devant  le  bâton  -).  j^c!  ^jr*^;) 
.^[^\  ^J^    \jl\j  u;.s_i  5j_ci;  ":)  \j':)  ,  il  a  été  nommé  Â'zal, 


\)  I.  Ya^s  I  p.  552,  Wright  Gr.  II  p.  1G6. 

2)  Sur  ce  bâton  du  Prophète,  appelé  sj*xj|,  voyez  lioh.  I,  Sutrat  el- 
Musallî,  B.  Sj^jtJI  ^lî  3^LaJt•,  Tab.  I  p.  1281,  •«;  MafTitîh  el-'Uh'im, 
iVl.  V.  VIoton  p.  119;  Noldoke-Festschrift  I  p.  849  et  ss.  (Hecker)  et 
mon  mémoire  sur  le  bâton  dans  ce  volume. 


429 

parce  qu'il  n'ij  a  rien  devant  lui  en  fait  d'étoiles^  L  A  XIII 
p.  469.  ^^Àit  ^^_i^^  (j^'-'V  cW  is^^Lvw  iX!  c>^3*  u>'~Jjo  Uli 
^t  xxs,  après  avoir  prié,  je  sortis  sur  une  place  ouverte 
devant  Vendrait  où  se  trouvait  etc,  Osâma  K.  el-'Usî,  mon 
ms.  Nous  trouvons  même  le  pluriel  ,J1=>-X  ^  f^J^-.Ajf  (j-o  dans 
une  Tradition  Boh.  I  p.  9  en  haut.  '\.^J>,  Lu^vJ  cô^ 
Tab.  I  p.  1213,  12.  13^4^!  ^-vo  Tab.  I  p.  1223,  o,  p.  1231, 
I,  p.  1562,  16,  p.  1563,  13,  De  la  même  façon  nous 
avons    s^y   (Cj^b   (j\j   u«-)b>  _^^    I   Hisâm    430,    le   = 

Jj!^  ^J'^  Boh.  IV  224,  i  d'en  bas  et  VII  127,  6  d'en 
bas,   KA   W   13,  o   d'en  bas,   Tab.   I   p.    1237,   n.    ^J^ 

f?^3J  ^^  Tab.    I    p.    1237,    n,    p.    1533,    ».    Barth,    à 

qui  j'emprunte  ici  quatre  citations,  Formangleichung 
bei  hegrifflichen  Korrespondenzen  dans  le  Festschrift  de 
Nôldeke  p.  789,  y  voit  la  raison  qui  est  exprimée  par 
le   titre  de  son  mémoire,  soit  une  assimilation  de  forme 

avec  ^J^ÂJ  ^^ .  LA  W  p.  196,  ne  donne  pas  précisé- 
ment un  appui  pour  une  telle  assimilation.  On  pourra 
comparer  le  pi.  hébr.  ^"irii^,  nnî^c  etc,  derrière,  par  der- 
rière. Nous  avons  vu  à  la  p.  383  que  Barth  explique  la 
finale  a  y  de  tant  de  particules  par  une  analogie  avec 
les  prépositions  ^i.î.  et  ^c.  Il  me  paraît  difficile  d'ad- 
mettre que  le  peuple  procède  d'une  façon  aussi  artificielle 
en  formant  son  langage.  Comme  ^ô^,  ^%j  est  certaine- 
ment un  duel,  ^J^  ij-o  l'est  aussi,  de  même  que 
^inî^  etc. 

Quant   à   i^c^vJ,   je   ne  trouve   rien   d'impossible  dans 
mon    hypothèse,    (]Ug   je   donne  du  reste  pour  ce  qu'elle 


430 

vaut.  ^J\J  serait  dans  ce  cas  une  formation  savante  par  ana- 
logie comme  ^J^  et  ^J.c .  Nous  avons  dans  l'arabe  littéraire 
bien  d'autres  étymologies  analogues  d'ancienne  date.  De 
^J:.A ,  pâturage,  on  a  fait  -:  ^a  ,  abonder  en  pâturages,  Ha- 
mâsah  p.  99,  s,  K  A  21  p.  206,  e;  de  ^/J\',  «Jj ,  paître  à 

satiété  aussi  dial.;  de  ,  j^^  i^^)  =■  ;^.'«,  -r^,  se  recuire 
à  la  guerre,  Diw.  Hod.  éd.  Wellh.  N"^  197  v.  2  i);  de  i:^, 

c>-^l,  avoir  une  mauvaise  année,  Tab.  I  1089,  i  et  tant 
d'autres  mots  classiques.  Les  dialectes  nordafricains  sont 
particulièrement  riches  sous  ce  rapport  :  ^",  lisser,  satiner, 
de   -ijj^  polissoire,   et  regarder  avec  des  yeux  hagards, 

de  ^,  RM  TA  p.  485;  Ax^^,  abîmer,  de  j^,a,  couvert 

de  cendre,  ibid.   p.  486  ;  ,^  ,  marquer,  de  s^U  ^  a  .'«x' , 

signe,   ibid.   p.   490;     _;:;i ,    donner   un   signe,    de  ^x^. , 

Meissner   N  A  G  I   Gloss.   s.v.,   M  S  0  S   VI  p.  109  note, 

tandis  qu'au  Maroc  le  même  verbe  a  donné  ^  ,  lancer. 

Yollers    VS    p.    9/10    dérive    ^'Jl    de  .'  et   J  ,  pour   la 

bouche,  et  il  veut  que  ^Jl  soit  ici  primaire  et  p'JJ  secon- 
daire. Je  crois  que  dans  tous  ces  cas,  non  seulement 
dans  les  langues  sémitiques,  mais  aussi  dans  les  langues 
européennes,  la  dentale  est  primaire,  par  conséquent 
Juù  a  donné  ^Lài. 


1)    La    traduction     »kanipflustig    waren"    n'est    pas    tout   à    tait 
exacte.    De  — 'j^,  les  Béd.  de  Syrie  ont  fait  —  r^ ,  se  reposa'  la  )iuit, 

_-x!  ,  faire  lialtr  la  mdl,  et  en  Algérie  '^r^ ,  prendre  l'air. 


431 

Si  ^_sJs^  et  j^jO  sont  de  la  même  provenance  ^),  ce  qui 
est  probable,  mais  non  prouvé,  il  faut  admettre,  pour 
que  mon  hypothèse  soit  soutenable,  que  ^JJ,  est  pri- 
maire et  que  ^l>J  en  est  un  développement  bien  posté- 
rieur avec  la  lettre  démonstrative  n.  La  grande  varia- 
tion -)  de  formes  collatérales  de  ^cC  montre  son  emploi 
fréquent,  en  même  temps  que  la  perte  de  la  conscience 
étymologique  du  peuple.  Fleischer,  apud  Levy  N  Ch  W  B 
II  p.  534,  fait  venir  les  deux  mots  de  1^,  sich  anschmie- 
gen  etc,  ce  qui  ne  me  semble  pas  acceptable. 

11,  11:  hû^hom  bir  "ammehom,  où  les  deux  der- 
niers  mots   sont  l'explication  du  premier.    Comme  ^î  et 

*£  ^'  sont  aussi  cousin,  un  parent  plus  ou  moins 
éloigné,  même  un  contribule  ^),  on  demande,  pour  con- 
naître le  degré  de  parenté:  dUc   ->  A3-[il  "i»»  iJ  ^«^['J, 

est-ce  ton  frère  utérin  ou  bien  ton  frère^  fils  de  ton  oncle 
paternel?  Les  Latins  appelaient  aussi  le  cousin  frater, 
Lettres  de  Cicero  ad  Attic.  I  5,  où  il  appelle  son  cousin 
Lucius  frater.  ^L>c>i  est  aussi  la  femme  du  frère.  Le 
frère  et  la  sœur  de  la  femme  sont  ^f^:^  et  5-,^^ . 

Nous  rencontrons  ici  1.  13  le  mot  très  classique  fZ 
dont  l'expression   précédente,  .A::^'^  *J-,  ou  ^a^".  ^♦-<'J, 


1)  I.    Wîs  le  nie,  Il  p.  552.  Nôldeke  Z.  Gramm.  des  cl.  Ar.  §49 
semble  l'admettre. 

2)  Reckendorf  S  V  p.  208.  Vernier  Gr.  I  p.  532. 

3)  *-^wj3»!,  un  Lahmite,  Diw.  el-Mutalammis  éd.  Vollers  p.  59. 

\jAP_p.!,  Diw.  Hod.  éd.  Kosegart.  N°  75  v.  t.  c;^'  j  .Oi-^'!)  JJb 
^\^    jro  ,     Bob.   I  p.   12tJ  I.    11. 


432 
dénote  l'origine.  L'explication  des  indigènes  était  ^^  'l«^ 
jrU^J  ^A^,  comme  tu  dis:  ceci  est  ma  chair.  Selon  LA 
III  p.  412  en  bas,  on  ne  saurait  dire   L^J  Jl=>  Loi  ^^ 
ni    Lsu  )Uc  Lo>  '^ ,  ce  qui  pourrait  être  allégué  comme 

preuve  de  la  prépondérance  du  matriarchat.  Jj  n'est 
certainement  pas  autre  chose  qu'une  contraction  archaïque 
de  ,Js^S .  Une  contraction  analogue  est  dans  la  langue  litté- 
raire 05  =:  aj;,  ,  pieu  de  la  tente,  dans  le  dialecte  des 

Tamîra,  Imru  1-Qeys,  Ahlwardt  N*^  18  v.  2  ^).  Tab.  I  p. 
1376,  7.  Les  Bédouins  de  Syrie  disent  ici  03  ou  o^ . 
Meissner  NAGI  p.  146:  J^.  Vollers  VS  p.  17.  ^^-.s^  A>.c 
^  ^^w-».<cL<c  (dans  le  vers  ^).  Le  syriaque  bat  pour  barit, 
comme  dans  les  dialectes  du  Nord  ■^j^,  pour  u>-o,  hébr.  ns  et 

\7i3,  et  le  sabéen  ^^^o  à  côté  de  ^:>.-o  ,  Homrael  Chrest 
p.    9').    Nous   avons   également   Bù   Bakk  =:   ajjj' 
très  commun   dans  le   Sud.    Le   'âqil  des  Ahl  er-Rubât 
des  Al   Burkân  s'appelle  Hoseyn  um-Bùbak  =  jG  vJi 

^Ji:c>,    nez,    pi.   ^cU^io> ,  =   *-ii^ ,   R  0  p.    148  en  bas 

^c  =:  ^^,  'Oman.  Âc  =  A>L£  Rossler,  MSOS  VI,  11  p.  86 

woi  =  ^  en  Hdr,  ^J^\  ^  =   ^  à  Saydâ,  eU  (Mekk) 

=  dOw  dans  le  Soudan,  ui,^,  Egypte  =  Syrie  -3,  visage.  03 

=  a:^  R  Op.  10,  Rossler  MSOS  I  p.  78,  et  wodd  Vol- 


1)  Relevé  par  I.  (linnî,  de  flexione  éd.  Hoberg  p.  29. 
2")    Derenbouif.'',  Monuments  sab.  et  himy.  du  musée  d'archéol.  de 
Marseille  N°  VI  lîi  HiZ ,  /'//'•  de  Sovr,  et  d'?D  HD,  jUlc  de  Sàlim. 


433 

1ers  ZDMG  41  p.  376,  49  p.  497  (wâd).  «J>o  =  o3oo  Béd. 

du  Nord,  (j^  ,  moitié,  dans  tous  les  dialectes,  mais  l'oranais 
ijoy^  D  T  0  p.  67  (ce  qui  ne  concorde  pas  avec  ce  qu'il 
dit  p.  28  W  120).  De  Goeje  BGA  IV,  Gloss.  p.  192, 
nous  indique  en  outre  '^  =  iotsj,  idï  ■=.  'xy^,  x^j>  =z 

11,  20:  y  11-^0 1  m  an  i  ^aleyk.  Les  sultans  Fadli  de 
Suqrah  portent  aussi  l'ethnique  J,Uic  et  ils  se  disent 
parents  des  Turcs.  Cette  prétention  est  du  reste  illu- 
soire, comme  l'a  déjà  relevé  Maltzan  Reise  pp.  252,  2-59. 
Je  n'en  ai  pas  fait  un  secret  à  mon  ami  le  sultan  de 
Suqrah,  qui  était  tout  penaud  de  ma  révélation  basée 
sur  des  documents  historiques.  El-Melek  el-Asraf  Abu 
Hafs  ""Omar  b.  Yûsuf  b.  Rasûl  el-Rassânî,  qui  régnait 
entre  694  et  696,  troisième  roi  de  la  dynastie  rasoû- 
lide,  nous  a  laissé  un  ouvrage  extrêmement  précieux: 
»_jLMJ'b5t  ii^jjun  ^^  ^_Jb?>/a^J!  icijj').  J'en  ai  préparé  une 
édition   critique.    Or,  cet   auteur   dit,   en   parlant  de  la 


1  )  Comme  le  hadr.  is^Ajiï  =  iUxos ,  boite,  Jahn  Mehrisprach  p. 
48,  8.  Ne  l'ayant  pas  entendu  moi-mi'me,  je  ne  suis  pas  sûr  que 
Abd    el-Hàdi   ait    vraiment   prononci';    ainsi    et    non    pas  gusa,  le  ?; 

•'■tant  très  faible;  cf.  ma  critique  de  cet  ouvrage  p.  14.  oVs  n'est  pas 
une  contraction  de  y\i  ,  Ildr.  Gloss.  s.v.,  contr.  à  Doutté  T  0  p. 
29.  Marçais   R  M  T  A  p.  4G7. 

2)  Rien,  Suppl.  Hr.  Mus.  p.  370.  Ahlwardt,  Cat.  Berlin  N°  9380. 
Glaser,  Pet.  Milth.  1880  Heft  2  p.  39.  Niitzel,  Mûnzen  der  Rasuli- 
den,  Berlin  1891  p.  14,  donne  la  biographie  de  l'auteur.  Playfair, 
Ilist.  of  Arabia  Félix  p.  89.  lOI-Hazragî,  mon  ms,,  en  énumérant 
quelques  ouvrages  de  l'auteur,  ne  mentionne  pas  celui-ci. 


434 

tribu  des  Âl  Y  a  h  y  a  b.  'Alî,  une  des  quatre  tribus 
de   la  confédération  des  Galiâfil,  que  les  Al  Yahya 

étaient  appelés  ft-iusi]  L  Uj  .  Un  en  trouvera  le  texte  dans 

la  Géographie  de  Datînah.  Ce  sobriquet,  étant  déjà  en 
usage  au  7»  siècle  de  la  Higrah,  est  fort  intéressant.  On 
connaît  par  le  récit  de  Maltzan,  Reise  p.  259,  que  la 
famille   du  sultan    des    âl    Fadl    de   êuqrah-Abyan   est 

appelée  c>^  _o  J(  ,  la  famille  aux  six  doigts,  parce  que 
la  particularité  de  six  doigts  ou  de  six  orteils  est  héré- 
ditaire dans  cette  famille.  Celui  qui  ne  nait  pas  avec 
le  sixième  doigt  ou  le  sixième  orteil,  plus  ou  moins  ru- 

dimentaire,  est  considéré  comme  y-  ,  bâtard,  m'a-t-on 
assuré.  Cela  est  pourtant  exagéré,  car  il  y  a,  dans  cette 
famille,  plusieurs  membres  qui  n'ont  pas  cette  défectuosité. 
Deflers,  qui  a  beaucoup  voyagé  dans  ces  pays,  dit  avoir 
plusieurs  fois  constaté  la  même  anomalie  chez  les  Arabes 
descendant  des  anciens  Himyarites  ^).  A  présent,  on  préfère 
couper  le  doigt:  la  proximité  d'Aden  a  un  peu  civilisé  les 
Bû  Sitt.  Le  poète  officiel  des  Fadli,  Dô'an  el-Murqusî,  a 
fait  ce  zâmil: 

l3;^  ^ci  L?^  tj^  U^t'»  ^  tiU*:>  '^ 


i)  Revue  d'Egypte  le  année  p.  415.  Les  données  historiques  et 
ethnographiques  de  cette  «Esquisse  de  géographie  botanique"  ne 
sont  pas  exactes,  ainsi  qu'on  le  verra  dans  la  partie  géographique  de 
cet  ouvrage. 

)  î  

'2)  y^  ,  pi.  de  sXju^i  .  et  J^ ,  rendez-vous  des  tribus. 


435 

0  Kàzimite,  je  suis  venu  chez  toi,  conformément  à  la 

[dignité  des  tribus  ; 
Entre  moi  et  toi  il  y  a  une  pareille  coutume. 
Je  ne  suis  pas  venu  me  plaignant  de  ce  qui  m'est 

[arrivé: 
C'est  que  je  suis  au  service  de  Bû  Sitt  à  la  chevelure 

[huppée  ') 
Lo  même  poète  dit  dans  la  qasîda  citée  pp.  402  : 

et  el-Husn  et  er-Rauiva  ^)  et  Hanfar  son  compris  dans 
[le  compte  à  régler  (=  la  guerre)  ; 
tu  restes  avec  Bit  Sitt,  et  donnez-lui  V explication. 
Le  nom  de   O7v)^sov,   Wadd.    2130,  et  celui  des  deux 

célèbres    iC*>.xA3!  ^^  ^^\  doivent  sans  doute  leur  origine  a 

une   particularité   pareille,    ainsi   que    l'a   déjà   entrevu 
Nôldeke  B  Z  S  S  W  p.  102. 

Par  les  renseignements  fournis  dans  le  texte  que  je 
publie    dans    la    Géographie    de   Bafînah ,    nous   savons 


1)  ^Jù'^  ,  pi.  (le  'lisSsi,  ou  pour  v>_A>Ce  ,  p],  de  iift^ ,  ou  oi^  . 
Ce   mot  s'emploie   à   l'est  de  Dt.  et  en  Harîb-Beyhân.  Les  Datînois, 

les  Dâhirites  et  les  Banyar  disent  ilxai  ou  iCLai ,  Hdr.  Gl.  s.v..  Ce 
dernier  mot  vient  du  babylonien  qisru,  nœud.  Delitzsch  AWB 
S.V..  La  locution  signifie  que  les  Bû  Sitt  sont  fiers  et  courageux 
comme  les  Bédouins  qui  portent  cette  coiffure.  Arabica  V  Gl.  s.v. 
iJlxai  .  Bent  SA   p.  415,  23. 

2)  Village  dans  le  W.  Yarâmis.  Maltzan,  Reise  p.  199,  écrit 
Rauhwa,  dont  la  forme  prouve  déjà  son  erreur.  Bent,  Southern 
Arabia  p.  413,  plus  correctement:  Arrawa. 


436 

donc  que  les  Fadli  actuels,  c'est  à  dire,  la  dynastie  des 
Jsxas  Ji,  étaient  puissants  et  chefs  de  tribu  au  septième 
siècle  de  l'ère  islamique.  Il  est  peu  probable  qu'un 
Turc  de  Tûrân  Sâh  ait  pu  acquérir  un  tel  pouvoir  dans 
un  pays  aussi  jaloux  d'être  arabe  pur  sang  que  celui-ci. 
Le  Yêman  resta  sous  la  domination  des  Ruzz  ayyûbites 
depuis  569  ad  H.  jusqu'à  626  ^).  Il  est  encore  moins 
probable  qu'un  Fadli  ait  épousé  une  princesse  turque 
dans  une  époque  assez  rapprochée  de  la  nôtre,  comme 
le  suppose  Maltzan,  lorsque  les  relations  des  Turcs  avec 
ces  pays  étaient  absolument  nulles.  Le  témoignage  d'el- 
Melek  el-Asraf  ci-dessus  cité  est  décisif.  ^Otmân  n'est 
pas  du  reste  un  nom  introduit  ni  par  les  Arabes  musul- 
mans, ni  par  les  Turcs,  puisqu'il  se  trouve  déjà  dans  une 
inscription  protoarabe  ',;,U࣠ ^  Cxsu^l,  Halévy  Nouvel 
Essai  sur  les  inscr.  protoarabes  p.  6  N°  315. 

11,  21:  bârût.  C'est  là  la  forme  dans  tout  le  Sud. 
De  Goeje  dans  son  opuscule  Quelques  observations  sur 
le  feu  grégois  -),  t.  à.  p.  p.  96,  dit  que  „le  nom  de  la 
poudre  à  canon ....  peut  être  une  autre  forme  de 
haroucl  qui  signifie  „réfrigératif"  et  s'emploie  de  divers 
réfrigératifs,  p  e.  d'un  collyre  pour  rafraîchir  les  yeux. 
Il  n'est  pas  impossible  que  le  salpêtre  ait  été  nommé 
ainsi  parce  que,  autrefois,  les  médecins  le  prescrivaient 
comme  remède  contre  la  fièvre."  Je  ne  crois  pas  que  ce 


1)  Arabica  III  p.  32.  Sprenger  R  R  p.  133.  ZDMG  14  p.  530  et 
27   p.   318.    Rieu   Suppl.   Cat.    l^rit.  Mus.  N°  469.  L'ouvrage  -k-wJî 

^^L,  jiji  ^^  lil^t  jupA  J.  ^^î  ^Liil  ,  Rieu  o.  1.  p.  716,  b, 
traite  de  cette  époque.  Maljramah,  Târîh  Tarr  'Adan  s.v.  LJLL2=>  . 
Houtsma  W  Z  K  M  II  p.  218  et  33. 

2)  StuMiriie  TGr.  p.  59  et  72.   lieaussier  Dict.  s.v. 


437 

soit  là  qu'il  faille  chercher  l'étymologie.  C'est  plutôt  le 
grec  qui  nous  l'indique.  Nous  y  trouvons  Truphijg  ou 
TTvpÎTtç,  adjectif  se  rapportant  à  ttDp,  feu  ^).  Le  grec  mo- 
derne  a  TTupïTiç,   poudre,  et  la  langue  parlée  a  même  ro 

(Jt-TTXpOVTl  ! 

Dans  le  mot  arabe,  l'accent  est  conservé,  et  l'î  est 
devenu  ù,  ce  qui  n'est  pas  un  fait  isolé.  Il  n'a  d'après 
moi  rien  à  faire  avec  oy,  et  Dozy  ne  l'a  pas  non  plus 
enregistré  sous  ce  thème.  Dans  tout  le  Nord,  en  Syrie, 
en  Egypte  et  à  l'ouest  de  là,  on  se  sert  de  la  forme 
o^.Ij  .  Reinhardt,  o.  1.  p.  10,  veut  qu'elle  soit  originale 
et  que  les  Arabes  du  Sud  en  aient  fait  leur  05X  ,  Cela 
est  possible,  parce  que  le  mot  est  peut-être  venu  du 
Nord,  où  les  Arabes  ont  d'abord  connu  le  feu  grégeois. 
Autrement,  la  forme  sudara bique  représente  mieux  l'éty- 
mologie grecque.  Jahn,  M  S  p.  154,  35  et  gloss.,  a  bârûd 
et  Meissner,  NAGI  p.  XIX  §  23,  bârût.  Sihâb  ed- 
din  b.  Fadl  Allah  el'Omarî,  +  748  a.  H.  =  1348  a.  D., 
dans  son  livre  oyyiJt  .^^lIiA^aiL.  v^àjjcJI  ,  Caire  1302  p. 
208,   a   un  chapitre  intitulé  o^^LJt  J.j>bC^  .    Il  en  ressort 

que  le  iJL<"X<  était  une  arme  à  feu  avec  laquelle  on 
tirait  à  balle^  'iLiCsj^  .    T  A   VIII   p.  97  a  pu  enregistrer 

iJi^cjCs ,  fusil,  et  il  ajoute  que  „ce  mot  appartient  à  la  langue 
des  Marâribah"  ^).  Cela  n'est  pas  vrai,  car  les  Bédouins  de 


i)  Cette  étymologie  fut  communiquée  par  moi  a  mon  ami  le  prof. 
Hommel,  bien  avant  la  publication  du  mémoire  de  son  élève  Weissen- 
bacli,  sur  Dia  arahischc  Nominalfonn  fa^âl,  où  elle  est  mentionnée 
p.  53  et  p,  85.    Je  ne  réclame  jamais  une  priorité. 

2)  Aussi  V3-XÀJ  au  Nefjjd,  Socin  Diwan  N*  92  v.  6  =  Sud  1J5A-0. 
Sur  S-s:^  et  iCi^^jCs ,  Z  [)  M  G  49  p.  511.  Î^J»  au  Ne^;d  et  on  Oman 


438 

Syrie  appellent  le  fusil  kLï^v-C*  ^)  et  la  poudre,    \^S  ou 

JL> .  jiJL<:-oC«  n'est   donc  pas,   comme  dit  Stumme  T  Gr. 

p.  59,  „proprement  Kochlbûchse" ,  mais  Pulverbûchse. 
Je  ne  crois  pas  que  ce  soit  une  application  sémasiologique 
de  idrs^-C* ,  boîte  à  collyre,  sens  aussi  courant  dans  le 
Sud.  La  coïncidence  avec  l'allemand  Bûchse,  boîte,  est 
pour  le  moins  curieuse.  ao^.L.  est  en  Syrie  et  chez  les 
Bédouins  de  la  Syrie  fusil  et  au  figuré  tireur.  Dans  ce 
dernier  sens,  il  fait  au  pluriel  O..L.  ^),  [comme  nous  disons 
p.  e.  :  cent  fusils  pour  cent  hommes  portant  le  fusil], 
lorsqu'on  est  à  la  guerre,  et  J^J^  lorsqu'on  est  en 
repos.  Il  est  bien  intéressant  de  constater  que  la  pro- 
nonciation  idrs'jC*  est  déjà  mentionnée  par  les  plus  an- 
ciens grammairiens').  Elle  est  donc  très  archaïque,  quoique 
avec  un  autre  sens.  Or,  étant  enregistrée,  de  même 
que  quelques   mots  analogues,   par  les  grammairiens  et 


aussi   poudre.    '3LXJÎ     j    y   est   une  locution  usuelle.  Soc.  Diw.  I  N° 

12  V.  22;  Gloss.  s.r.,  oii  jJ  est  trans.  et  intransit.  ,}.^S  ,  collyre, 
est,  selon  K  A  T^  p.  649,  un  mot  babylonien:  guhlu,  de  même  que 

&Li:>,  ibid..    J-^j^^^  ,  pondre,  en  ""oranais,  Bel  Djâzya  p.  96. 

1)  Socin  Diwan  I  p.  288  c.  N°  30. 

2)  Le  sing.  J'j.Li ,  fusil,  Socin  0. 1.  N°  92  v.  3,  m'e.st  inconnu.    Il 
faut  pourtant  y  lire  bar û de,  et  cela  peut  y  signifier  poudra. 

3)  LA   XIII    p.   103,   qui   cite   Sîb.    où  je  ne  le  trouve  pas.    Des 

exemples  analogues  sont  J^-ix,  Ildr  p.  424,    J^^i^  I.  Qot.  p.  133, 

'• ,     ^-^  ,    JiJt-v.^  ,    iJî>/«  ,   i^j^  ,   Ài-^  ,    JikA  ,    Aiw  ,    el-Kisâ'î  : 

Jyxl\  Kfi  CT^^.  -*  ^l^  édité  par  Brockelmann  /,  A  XIII  p. 
.36:  LA  11..  S.  de  Sacy,  Gr.  §692.  Wright  Gr.3  I  §248.  Donat 
ViMiiier  Gi'.  I  §203.  Vollers  VS  §6.  Cf.  Hdr  p.  424. 


439 

les  lexicographes,  elle  peut  figurer  dans  la  langue  litté- 
raire, mais  on  a  oublié  des  centaines  de  cas  analogues 
qui  se  trouvent  dans  les  dialectes  bédouins. 

J'incline  à  croire  que  le  nom  de  l'inventeur  supposé 
de  la  poudre,  le  mystique  Berthold  Schwarz,  à  qui  la 
ville  de  Freiburg  in  B.  a  érigé  une  statue!,  n'est  que  la 

traduction  de  l'arabe  Ov^  '),  charbon  de  bois,  propr.  noir- 
ceur, avec  lequel  on  fabrique  la  poudre  en  Arabie  et  qui 
lui  donne  la  couleur  iioire.  Mais  je  ne  saurais  dire  par 
quelle  voie  cette  traduction  serait  venue  en  Allemagne. 
L'égyptien  Ahmed  Zeki  lut  au  congrès  de  Hambourg 
un  mémoire  par  lequel  il  voulait  prouver  que  les  Alle- 
mands ont  inventé  la  poudre.  Les  Allemands  mêmes 
trouvèrent  cela  peu  de  leur  goût,  et  l'on  coupa  la  parole 
au  facétieux  égyptien.  Le  manuscrit  dont  il  parla, 
Verhandlungen  p.  285  et  s.,  ne  fait  que  refléter  la  lé- 
gende européenne  et  n'a  aucune  valeur.  La  poudre  a  dû 
être  connue  en  Arabie  avant  son  usage  en  Europe.  Qui 
sait  si  le  Bédouin  armé  d'un  long  fusil  à  mèche,  au 
milieu  d'inscriptions  protoarabes,  dans  le  Journal  de 
Huber  p.  291,  ne  représente  pas  une  réalité?  Les  autres 
dessins  d'animaux  qu'on  y  trouve  ne  sont  certainement 
pas  de  date  récente.  Nous  connaissons  encore  si  peu 
l'histoire  de  la  culture  de  l'Arabie  bédouine,  septentrio- 
nale et  méridionale,  que  nous  pouvons  nous  attendre  à 
bien  des  découvertes  sensationnelles.  G.  Jacob,  Die  kul- 
turelle   Bedeutung   des  Islam   p.   7   et    Ôstliche   Kultur- 


1)  Aussi  _:S-o  pour  3^^  ,  Hdr  p.  356  et  s.;  v.  d.  B.  Hdr  p.  64 
note  1;  Meliri  aussi  sâhar,  Jahn  M  S  p.  53.  *;  56,  22;  et  sîher 
p.  152,  8;  Egypte:  suhhâm,  charbon,  de  suhfim,  comme  doliljân 
de  dohân. 

82 


440 

clémente  im  Ahendland  p.  14,  a  bien  raison  de  mettre 
en  doute  l'inventeur  Berthold  Schwarz.  Celui-ci  doit 
plutôt  être  un  chinois,  et  les  Arabes  ont  propagé  l'usage 
de  la  poudre  dont  ils  avaient  tous  les  ingrédients  in 
loco.  Sur  l'histoire  des  armes  à  feu,  voyez  R.  Maclagan, 
On  early  asiat.  flre-weapons,  J.  As.  Soc.  Bengal  1876 
XIV  a  p.  30  —  71,  et  tout  dernièrement  la  polémique 
entre  le  chimiste  anglais  Oscar  Guttmann  et  l'indianiste 
Gustav  Oppert,  publiée  dans  le  Mitt.  z.  Gesch.  d.  Medi- 
zin  und  Naturwissenschaften  iy05;  compte-rendu  dans 
le  Globus  du  9  Août  1906  p.  100. 

11,  22/3:  Un  cas  analogue  de  transport  d'un  canon, 
prêté  par  le  sultan  de  Lahié  à  celui  de  Dali",  est  raconté 
par  Manzoni,  el-Yemen  p.  242  et  s.. 

11,  25:  haggarat  ....  'ala.  Arabica  V  p.  4')  j'ai 
réuni  les  thèmes  ^,  ^  et  t^c^,  d'un  sens  à  peu 
près  analogue,  tous  usités  dans  le  Sud.  On  peut  y 
ajouter  j*^^  (Tab.  III  p.  670  1.  11:  ^\  ^  se  retenir)  et 
J^ .  Lahna  dell.iin  mehaggarîn  "alam-mêz*), 
710US  entourons  à  présent  la  table  =  nous  sommes  assis 
autour  de  la  table,  'i,:^^:^  S±i  z=z  jo.lA^  ,  ville  entourée 
d'un  mur,  mais  aussi  ville  assiégée.  Le  premier  sens 
n'est  pas  courant  dans  notre  dialecte  ').    ij^j2\  J^  ysru> , 


1)  Voyez  ibid.  Gloss.  s.v.. 

2)  Je  demandai  à  mes  Datînois  à  Aden  pourquoi  ils  disaient 
mêz.  »Nous  avons  appris  ce  mot  à  Aden,  répondirent-ils;  est-ce 
que  nous  avons  dos  tables,  nous  autres!" 

3)  gJI    JUI    ^1^1   ^    ....    ^!    ^t    J^    ..  .    J^s,    ^^  , 

il  le  mit  sous  tutelle,  Livre  des  Avares  éd.  v.  Vloten  p.  209  1.  5 
d'en  bas.  Une  phrase  analogue  sabéenne  chez  Homrael  A  A  p.  176 
s.v.  y>^;  de  Goeje  Gloss.  Geogr.  s.v.  y^  . 


441 

renfermer  le  bétail  dans  un  enclos,  le  parquer.  o^^J' 
ii).Ajt  ^  «r^^  5  ^^s  tentes  entoureiit  la  place  où  s'age- 
nouillent les  chameaux^  elles  les  empêchent  d'en  sortir. 

Notre  verbe  se  retrouve  dans  tous  les  dialectes.  ^ 
J^,  Glaser  Peter.  Mittheil.  p.  77;  retenir,  aufhalten, 
RO  p.  89  et  315,  M  S  0  S  III  p.  5  et  p.  11  ;  enfermer, 
einsperren,  Hartmann  LLW  p.  190.  jf^\  se  retenir  de, 
s'empêcher  de,  se  faire  attendre,  Dt,  Hd  et  "Oman ,  R  0 
p.    169.    q'j?^  ,  Verspâtung,  R  0  pp.  52,  281  ;  M  S  0  S 

III  p.  5.  On  comprend  maintenant  que  'iyS^\=>  n'a  pas 
toujours  été  tout  bonnement  Stadtviertel,  RO  pp.  110, 
368  ^),  mais  originairement,  avec  layakar  J  R  A  S  1889 
p.  860,  walled  quarter,  ou,  avec  Badger,  Oman  p.  20, 
blockhouse,  fortalice.  L'hébreu  i:in ,  entourer,  lier  autour, 
a  déjà   été  comparé  par  Vollers  Z  D  M  G  49  p.  510,  qui 

y  cite  aussi  le  sabéen.  S'il  entend  parler  de  ys^ ,  ville  *), 

je  crois  qu'il  est  dans  le  vrai.    Dans  le  Sud,  ^  Qt  ^  em- 

o 

piétent  constamment  l'un  sur  l'autre,  et  il  ne  me  paraît 
pas  inadmissible  que  le  sab.  ^^  renferme  la  même  idée 
que   by^v^ .    Je  suis  persuadé  que  ys^ ,  lier  les  pieds  de 

devant  d'un  chameau,  Dt,  Hdr  =  ,>ic ,  avec  le  jj^ , 
corde  ^),  doit  provenir  de  ^  . 

1)  Ibid.  p.  99,  »0W",  ce  que  Vollers,  ZDMG  49,  510,  a  corrigé, 
mais  R.  emploie  ici  ce  mot  dans  un  sens  spécial. 

2)  Arabica  V  Gloss.  s.v..  Plusieurs  endroits  ont  encore  le  nom  de 
Ha<^ar  dans  tout   le  Sud. 

3)  Usité   seulement   dans  le   Nord   =   J'Jic   (pour  J'^Jic-)   dans  le 

Sud.  Socin  Diwan  Gloss.  s.v.,  où  il  y  a  aussi  y$^  ,  fcsscln,  mais 
la  première  forme  n'est  pas  employée  dans  le  Sud. 


442 

On  ne  saurait  rattacher  ce  sens  à  la  racine  classique 
-s^p ,  et  ,1:?^  y  jure.    C'est  probablement  un  affaiblisse- 
ment du   _  dans  -^.   Cette  hypothèse  est  appuyée  par 
le  thème  S^  »  avec  ses  significations  apparentées,  l'éthio- 
pien rh*7A,  entrave,  le  syriaque  i^  ^). 

Synonyme  de  j?v=>  est  ^ ,  et  j'ai  déjà  émis  la  sup- 
position, Arabica  V  Gloss.  s.  v.,  que  le  dernier  n'est 
qu'une  variation  phonétique  du  premier,  Hdr  Gloss.  s.  v., 

comme    j^>    l'est   de   J-^^ ,   qui   signifient  également, 

retenir ,  empêcher,  ^  --  y.  Le  -.^^^'  de  "Oman,  être  re- 
tenu''), Rôssler  MSOS  I  p.  61  1.  1  \  se  dit  en  lîd  et 
en  Dt  _o^' .  Cependant,  la  première  forme  ^L> ,  i,  se 
trouve  dans  le  Nord  =  ^àï^  ,  et  Socin  Diwan  I  N°  32, 
7  note  b,  a  ^11!  ^L>,  das  Wasser  ist  stehen  geUiehen  *), 
et  N*'  74  V.  33:  o'-j'l:>  o'Acï  ,  ,^rund  und  unbeweglich". 

Dans  le  sens  d'embarasser  et  d'être  emharassé,  ,jj=>  et  ,*^ 

sont  aussi  bien  employés  dans  le  Sud  que  dans  le  Nord. 

^^wjyo'ii  \Jai  S-^  '   ^^^  Anglais  l'ont  mis  aux  arrêts 


\)  Le  haugôr,  esclave,  des  Mehrites  et  des  Qarâ,  DH  Millier  M  S 
p.  65  §18,  Jahn  M  S  Gloss.  s.v.  p.  191,  Carter  BBRAS  1847  p. 
ii59,  \ient  au  contraire  du  nom  de  W.  Hagr,  qui  fournissait  les 
esclaves  et  fournit  encore  aujourd'hui  une  classe  ouvrière  tiès  mé- 
prisée dans  le  Sud,  à  l'est  de  Datîuah. 

2)  Le  texte  y  porte:  ene  aulâd  Ihalàl  thaggart,  ce  que 
Rosslei'  traduit  par:  ich,  ihv  Sôhne  des  Et'lnuhlen,  ich  liahc  midi 
verspalet ,  à  l'instar  de  la  drolatique  traduction  de  1001  Nuits 
d'un  certain  Mardrous.  Ana  akûn  muthaggra  hàl  neferén, 
icfi  wenle  f'ùr  zioei  uuftjehullcn  sein  MSOS  III  p.  34,  2. 

3)  On  comparera  le  ^U!  .b>  et  ^U!  ^x>^  de  L  A  V  p.  303  avec 
le  même  sens. 


443 

Dt  =  îj^^^.  -  ^  j^  iî  ^J^\  ^-  ^^L^  ^^  Ù 
^yCM^ ,  lorsque  le  mandit  arriva  à  B.  il  s'arrêta  dans 
un  endroit  inhabité,  dans  ^^jl  3  ,  par  'îsâ  b.  Lutf 
Allah,  en  relatant  l'histoire  d'un  révolutionnaire  juif 
dans  le  Yéman. 

Une  qasîdah  de  Dô'an  el-Murqusî,  à  l'adresse  de  "Âtif 
b.  Hantamah,  commence  ainsi: 


Salut  à  "Âtif  aussi  souvent  que  la  pluie  se  lève. 
Salut  à  '^Atif  aussi  souvetit  qu'on  lui  dit  (de  composer), 

[il  compose  (une  poésie). 
Tu  as  été  absent  longtemps,   et  ton  mirgâzah  s'est 

[fait  attendre, 
Mais  aujourd'hui  la  gène  et  Venîiui  m'ont  quitté. 
Mohammed  b.  Mehdî  el-^Aulaqî  a  dit  dans  une  qasîdah  : 

Bô^an  est  retenu  dans  les  entraves  sa^dites. 

0  Mu.fabey7i,  aujourd'hui  je  salue  le  jour  que  tu  es  venu. 

Dans   le   texte   mehrite  de  Jahn,   M  S  in  SA  p.  76 


1)  Ecrit  o-^J'  tians  l'oriiuMnal,  voyelle  par  un  lettré  de  Datînah! 

2)  Ecrit  %^  dans  l'original,  et  c'est  ainsi  qu'on  me  le  pronon(,'ait. 

3)  Observez  la  prononciation  sà^diyeli. 


444 

1.  26:  dôulet  hayîr  li,  le  daulah  (sultan)  m'a  retenu, 
empêché  ^). 

J^\  o^',   Lebîd  éd.  Hâlidî  p.  S6  v.  16,  L  A  V  p. 

304,  ne  me  semble  pas  devoir  être  traduit  autrement 
que  par  :  les  champs  ont  retenu  l'eati  =  ^jj  tU!  j-lï! , 
selon  le  commentaire ,   et  l'explication  de  L  A  1.1.   par 

êi»  o^i*-<'  ne  fait  que  peindre  l'effet  produit  aux  champs. 
^Lsx*«t ,  s'arrêter  dans  un  endroit,  L  A  V  305.  Le  syrien 
et  l'égyptien  s  .o ,  quartier  de  la  ville ,  qui  fait  en 
■"Oman  le  pluriel  hawâyôr  RO  p.  83,  s,  vient  de  cette 
racine  ^),   comme  son   synonyme  "omânite  susmentionné 


i)  Jahn  traduit  par  défendre  et  il  compare  l'arabe  rV>  •  S'il 
parle  de  la  langue  littéraire,  il  a  tort,  car  les  dict.  n'offrent  rien 
de  pareil. 

2)  On  n'est  pas  d'accord  sur  le  sens  de  jO  ,    L  A  V  p.  359,  mais 

"-  ''  -    , 

voyez  Hdr.  Gloss.  s.v.   jJ» ,  et  -:0  =   c  .j  Gezîrah  86,  ". 

3)  El-Hîrah  doit  signifier  ville  close,  fermée.  C'est  sans  doute 
d'abord  bylil ,  devenu,  selon  Hdr.  p.  386  et  s.  et  L  A  V  p.  303  1.  2  d'en 

bas  et  p.  304  1.  8,  H-çsO!  ,  syr.  Hêrtâ,  en  vertu  de  la  permuta- 
tion  constante   de   é   en  î.    On  aura  prononcé  3.L>  h  ara  h  [malgré 

son  étymologie  de  Ji^\j>,  »;*^> ,  hérah],  vu  que  l'imâlah  (ici 
supposée)  se  comporte  mal  avec  la  lettre  » .  Cet  hémistiche  de  la 
qaçîdah  de  Dô'^an  citée  p.  329  note  est  très  intéressant  sous  ce  rapport  : 


Ces  discours-là  qu'il  veut  m'atiribuer,  le  Créateur  les  connaît,  qui 
pousse  en   avant    les  nuayes  de  pluie.    Ici  matâr  est  pour  mater 

=   jJI^  ,   pi.   de  '»jy-*  >  Huaf/c  de  pluie.    C'est  à  cause  de  cela  que 


445 

Cl         5 

»j>v=>  vient  de  ^  .  Lorsqu'on  lit  ce  que  L  A  et  Lane 
enregistrent  sur  ce  thème,  on  est  persuadé  qu'ils  ont 
commencé  par  où  ils  auraient  dû  finir. 

Je  crois  que  le  sens  d'être  stupéfait,  vulg.  être  emba- 
rasse]  inquiet,  est  plutôt  figuré,  ce  qui  me  semble  dé- 
couler du  sens  que  ^L:>,  ^  et  y*^  ont  encore  dans 
les  dialectes  bédouins,  Hdr,  Gloss.  s.  v.  ^ . 

Un  autre  sens  de  ^ ,  ou  plutôt  de  j^\=>  et  .:ê't ,  est 
pousser  des  trilles  de  joie,  que  j'ai  enregistré,  Arabica  V 
Gloss.  et  Hdr  Gloss.  sub  ,^ .  C'est  que  je  l'ai  entendu 
assez  souvent  prononcer  ainsi  par  des  Hadramites.  Mais 
j'ai  pu  me  persuader  ensuite  que  c'est  avec  _  ,  et  ainsi 
je  trouve  dans  un  hémistiche  d'une  qasîdah  de  Dô*^an, 
qui  me  fut  notée  par  un  indigène  lettré  : 


ù       5 


Nous  suivons  Mohdâr  ;  qui  le  veut,  se  joigne  à  lui  ! 
La  femme   blanche  pousse  pour  lui  des  trilles  de  joie, 
fautant  qu'il  y  aura  des  "asr  (des  après-midi). 


de   Bahn'-n,   de   Ha^arên   et  de  «jr^^^-î'    (»;*^')  on  a  fait  le  nisbah 

liahrânî,  Ha^'arânî  et  Hârî  ou  Hêrî;  Hommel  AIÛ  p.  274; 
Nôldeke  Geschichte  der  Perser  u.  Araber  p.  25  note,  et  Wellhausen 
Proleg.  zii  ait.  Geschichte  der  Islam  p.  G7  note  6,  ont  déjà  touché 
à  cette  question.  Je  ne  vois  pas  avec  Wellhausen,  o.  et  I.I.,  un  ara- 

méisme   dans   le   mot    ,*:>  ,  pi.   }-*p>  ,  les  établissements  des  Arabes 

que  les  Musulmans  trouvèrent  dans  la  Syrie  septentrionale  lors  de 
leurs  conqu(''tes.  Le  mot  uj-^v^  ^XJ^f^^  ^"'  ^'^  rencontre  dans 
les  inscr.  sab.,  Mordtmann  H  I  A  K  M  H  Index  s.  v.  est  probablement 
le  même  mot.    Hartmann  ZA  X  p.  làG  note. 


446 

Subs.:  »ysA.^w< .  La  femme  est  '^^ss^ss^^ ,  pi.  oL  ou 
^L>* ,  ou  bys^  ,  si  elle  continue  à  pousser  de  ces  cris. 
Au  Yéman,  on  dit  ^Ja£  . 

12,  5:  hambalèyna.  Nous  lisons  ici  p.  12,  9: 
fahù''  hambali,  c'est  que  j'aime  mieux  cela;  p.  117, 
18:  hambali  darbe  sâ^a,  j'aime  mieux  tirer  'pendant 
une  heure.  Hambali  hôll  fi  kurbi  wa  la  ^îs  hâ- 
dem-^îseh,  je  préfère  habiter  dans  une  cahane  que  de 
mener  cette  vie.  Ilambalèyna  na^mid  ma^ëm-rubâh 
min  hâdem-ard,  nous  préférons  rester  avec  les  singes 
que  de  rester  dans  ce  pays.  C'est  un  idiotisme  datînois. 
Hors  de  là,   on   dit  habbali,  habbalèyna,   et  cela 

indique  Tétymologie  =  ^1  ^^',  expliqué  par  heyrinna 
•=.  'uJ  ^ .  L'a  initial  tombe  selon  la  règle,  et  la  consonne 
double  se  décompose  en  nb  et  ensuite  en  mb,  comme 
(j^_y^ ,  ij^yt^ ,  ij<'j^ ,  luth  ,  Xw  et  Xlw  ,  Oman ,  sucre  ^ 
et  j^  et  jj^ ,  ^Omân,  riz,  et  quantité  d'autres  dans  toutes 
les  langues  sémitiques;  cf.  ici  p.  340  et  s..  Hambali  me 
semble  plutôt  être   ^  v^j>î  ,    et  hambaleyk  etc,  Joî 

dUJ  pour  eUi! .  De  cela  on  a  fait  un  dénominatif  jJl^ 
avec  l'ace,  de  l'objet,  aimer  mieux,  préférer  =  class. 
\}£.  ^^:s^u«i.  Qor.  XIV  3:  ^  LJjL'l  B^Jt  ^^^I:s^L^  0=^.^' 
by>^5i  se  dirait  dans  notre  dialecte:  elledi"  yitham- 
balûn  hàyât  em-dunya  ^alam-âhireh. 

12,  1-  hâdtilâk.  Ce  pronom  me  fournit  l'occasion 
de  parler  des 


447 

Pronoms  démonstratifs 
Singulier. 
Masc.  et  neutre 
Dt    dâ,  hâda,hâdâ,  celui-ci,  ceci. 

^^^  »  »  »  j)  » 

Dt    dâk,  hâdâk,  celui-là,  cela. 

•v-V^^     n  n  »  » 

Féminin 
Dt    deh,  hâdeh,  hâde,  celle-ci 
Hdr     „  et  di  „     hâdi  „ 

Dt   tâk,  hâtâk,  celle-là'^) 
]}d.r  duk,  hâduk      „ 
Pluriel. 
Masc.  et  fém. 
Dt   dâla,  dâlà',  hâdâla,  hâdâlà\ 
Hdr  dôla,  dôlà'',  hâdola,  hâdôlâ\ 
Dt   dâlàk,  hâdâlàk,  hâdalâk 
^dir  dôlàk,  hâdôlàk,         „ 


ceux-ci,  celles-ci. 
ceux-là,  celles-là. 


Tous  ces  démonstratifs  sont,  comme  leurs  correspon- 
dants dans  la  langue  littéraire,  aussi  bien  substantifs 
qu'adjectifs.  Comme  adjectifs,  ils  se  placent  avant  ou 
après  le  substantif.  Dans  quelques  locutions  adverbiales 
temporelles,  ils  sont,  dans  ce  dernier  cas,  toujours  devant 
le  substantif:  delhîn  ou  delhîne,  à  présent,  mais 
tâk-el-hîn,  tout  de  suite,  =  ^Omân,  dik  el-hîn,  Rôss- 
1er  M  S  0  S  I  p.  87. 

Dâ  et  hâda  se  lient  souvent,  mais  hâde  (fém.)  tou- 
jours avec  la  voyelle  suivante.    Dàl-mahtar,  cette  fois- 


1)    Hors  de  Dt  aussi  hatîk. 


448 

ci;  hâdàmdarb,  ce  mur -ci;  hriçîem-''arfa  (ij;),  ces 
chameaux-ci. 

Le  â,  a  final  se  prononce  alors  le  plus  souvent  e.  Le 
pluriel  hadramite ')  dôla,  h  â  du  la  etc.  serait,  selon 
quelques  séraitisants  *),  une  forme  mixte  du  sing.  !3,  IÀ5> 

et  du  pluriel  ^l\ ,  s"^!  .  Cela  n'est  vrai  qu'en  partie.  Je 
formulerais  autrement  cela,  en  disant  que  le  J ,  mar- 
quant le  pluriel,  et  qui  existe  aussi  en  sabéen,  s'est 
conservé  dans  les  deux  cas,  sans  que  pour  cela  le  peuple 
ait  formé  intentionellement  une  forme  mixte,  car  le 
parler  populaire  ne  procède  point  ainsi.  Comment  expli- 
quer la  différence  de  prononciation  entre  dâla  et  dôla, 
en  Hdr  qqf.  hâdêle  et  en  "Oman  même  hâdîle?  Je 
fais  observer  qu'on  ne  dit  jamais  davs^la.  Le  ô  est  donc 

pour  •_ .  Je  crois  que  les  "^^J^  et  ^AP  de  v.  d.  Berg, 
0. 1.  p.  251,  sont  donc  un  peu  incorrects,  car  la  diph- 
thongue  n'y  est  pas.  Le  datînois  â  est  devenu  ô  en  Hdr, 
dans  le  Nord  et  en  Afrique,  ainsi  ce  que  cela  arrive 
souvent  ^)  d'après  ce  que  j'ai  exposé  p.  295  et  s..  Nous 
voyons  que  l'accent  est  aussi  sur  la  dernière,  dâlà',  ce 
qui  motive  le  hamzah.  Nous  trouvons  celui-ci  également 


1)  Aussi  Nord,  Sucin  Diw.  II  .^66;  dans  le  Iligâz  Snouck  M  S  p. 
30  note  1;  en  Mésopotamie,  Meissner  N  AGI  §  10;  en  Egypte:  dôl, 
dôli,  Sp.  Gr.  §35  et  dôlâ  Vollers  Z  D  M  G  41  p.  379  d'après  Hazz 
el  Qiihûf;  en  Tripoli:  hâdôl,  hâdûl,  St  M  G  T  II  §161. 

2)  Wright  Lectures  p.  108.  Zimntiern  VGSS  p.  73.  A.  Tischer 
ZDMG  59,  p.  059. 

.i)    A.    Fischer   ei>t   aussi    de    cet   avis  Z  D  M  G  59  p.  054  note  3. 

On  observera  anssi  h  an  de,  LV?,  dans  le  dialecte  de  Mai'dîn  ZDM 
G  p.  35,  '», 


449 

dans   la  forme  littéraire  =%is>  ^)  parce  que  cette  syllabe 

porte  l'accent.  Comme  %\3>  l'a  aussi,  ^  aurait  également 
dû  s'écrire  i"^;  on  l'a  mis  dans  la  première  forme  pour 
donner  un  appui  graphique  à  la  voyelle  finale.  La  forme 

exacte  serait  ^%^ ,  hâ^-u-lâ^'-i,  et  le  i  sei'ait,  d'après 
Reckendorf  S  V  p.  602,  le  reste  de  la  finale  plurielle 
-îna,  après  chute  de  -na.  Les  analogies  semblent  parler 
en  faveur  de  cela.  Holzhey  Z  D  M  G  57  p.  756,  veut 
que  cet  i  final  soit  ce  qui  reste  du  démonstratif  féminin 
h  i.  Le  dialecte  de  Mardîn  a  h  a  d  ô  1  i  Z  D  M  G  36  p. 
15,  14;  17,  2. 

Une  inversion  de  hâdâ,  hâdàk,  en  dâhâ,  dâkhâ, 
comme  en  ^omâni,  RO  §  15,  n'a  pas  lieu  dans  les  dia- 
lectes de  Hdr  et  do  Dt.  'lP  n'est  pas  non  plus  usité  ici, 
contrairement  aux  dialectes  du  Nord  et  de  la  Syrie  ^). 
Son  emploi  se  trouve  aussi  dans  la  langue  classique, 
Reckendorf,  s.  v.  p.  409.  Le  p  devant  les  substantifs 
dans  les  inscriptions  protoarabes  parait  être  l'article  •'^), 


i)    Elle   est   encore  conservée  dans  un  dialecte,  mais  je  ne  trouve 
plus  lequel. 

2)  J'ai  déjà  dit  p.  407  que  cet  adjectif  démonstratif  LP  avec  l'article  = 

ù 

^  ne  provient  pas  de  -.'î  L\^  avec  cluite  du  3,  malgré  l'auto- 
rité de  Noldeke  B  Z  S  S  W  p.  15,  et  de  Fleischer  Kl.  Schriften  I  p. 
580.  Socin  Diw.  III  p.  93/4,  n'a  pas  non  plus  accepté  cette  hypo- 
thèse, répétée  par  Marçais  Gr.  p.  119  note  3,  et  Lôhr  DJ  §11  (qui 
est  théologue  et  non  pas  arabisant).  Quant  à  l'explication  de  Mar- 
çais du  groupement  p.  e.  hâd-dau,  cette  lumière,  il  a  raison  d'y 
voir  hâd-el,  avec  assimilation  des  dentales.  Le  hâl  de  Socin  Diw. 
III  p  94,  s'expliquerait  par  l'accent  que  l'article  prend  si  souvent 
dans  les  dialectes  bédouins  du  Nord,  ibid.  p.  230,  noais  je  n'ai  ja- 
mais entendu  que  hàl  et  je  doute  fort  que  hâl  existe  vraiment 
■i)   Littraann    .Safâ.   Insclirift.    p.   2   ut   note;   id.  Tliam.  Insclirift. 


450 

car  le  démonstratif  est  exprimé  par  ^^J>.  Dans  une  in- 
scription, Eut.  89  =  Littm.  Th.  I  p.  17,  nous  lisons: 
Joii  ^'3  .^vJiP  j>\  =  iJf  v_j1joQ,;>  ^)  y>l ,  [qui]  éloigne 
cette  inscriptioti,  —  où  le  commencement  manque  —  en 
la  comparant  au  Dpn  V^  à  côté  du  nabat.  □p^^*  V"*'^  J. 
A.  Sept.-Oct.  1901  p.  14,  Hommel  G  G  G  p.  147,  cf.  Tab. 

I,   1100,  i9:  xUî  ^i   ^^  et  II  448:  o^î  ^. 

12,  8,  9:  bâlhorùgsi   v.   p.   321   et   s.,    éi  est  ici 

enclitique,  faisant  corps  avec  le  mot  précédent.  Cela  est 
pourtant  assez  rare  dans  notre  dialecte,  où  si,  sf,  est 
un  mot  à  part.  On  sait  qu'en  ""Oman  et  en  Egypte  il 
est  toujours  enclitique. 

12,  12:  naqat.  C'est  la  chute  de  la  balle  qui  rico- 
che de  l'objet  frappé,   selon  l'observation   des  Datînois: 

'iU2Rj^\  ^  iuîilsJ!  >sw\%  .    Le  contraire  est  ,Jc>,  lorsque  la 

balle  perce  et  fait  un  trou,  .Jc> .  A  l'imparfait,  on  pro- 
nonçait tinqà";  cp.  Hdr  Gloss.  sub  ^.  Ce  renforce- 
ment de  a  en  c  a  même  lieu  sans  que  la  dernière 
porte  l'accent.    On  aurait  également  pu  dire  tinqa^ 

12,  13  :  r  a  s  s  e  t.  ^c* . ,  être  fixé,  s'arrêter,  se  fixer 
dans  un  endroit.  Emqaum  mer  si  ou  merèssi  ou 
merèssieh  ^ala  m-sakin,  Vennemi  est  campé  devant 
le  village  ou  le  campement.  El-markab  merèssi 
fil-màrsa,  le  bateau  est  ancré  dans  le  port.  Ana 
mèrtësi  fi  raahrcVi,ye  tiens  ferme  ce  que  j'ai  dit. 

Dô"'an  dit  dans  une  qasîdah: 


passim,  et  Halévy,  Nouvel  essai  sur  les  inscriptions  protoarabes,  passim. 
1)  De   même   dans   Euting   22    d'el-Ôla,   D.  H.  Muller  E  D  A  N" 


XI  1.  4:  ~^«>'  =  />'  =  Homiiiel  A  A  p.  ii 


22. 


451 

^)  J.:^ij>  aj  (^.-M^i^  Jyuui'  oULk)^ 

^^  ^w  délies  le  lié,  qui  devient  par  là  libre  '),  et  tu  lies 
[le  chameau  étalon  (^=^  le  ^âqil  ou  le  sultan), 
qui  devient  par  là  immobile  sous  son  fardeau. 

,_çvyi  est  l'endroit   où  l'on   est  fixé,   un   endroit  fixe. 
Un  zâmil  de  W.  Mayfa^ah  porte: 

E  1-q  a  b  w  a  1  a  h  ^)  ma  s 'f  1  a  m  â  r  s  â  h  a  t  a  r  a  f 
La  hf  'alal-qâmah  wa  la  settîne  "ùd 
Ed--^-^)  yehlif  wayehlif  Bâ  Bahar 
Wahlel-Qoweyrah  hom  udi  hallu  ^Atûd. 
L'honneur  de  la  tribu  *)  n'a  pas  de  limites, 
Il  ne  se  mesîcre  pas  d'après  la  taille  (du  qabîlî),  ni 

[d'après  soixante  piques. 
Les  D  . . .  Jurent  et  les  Bâ  Bahar  ^)  jurent  (de  ne  pas 

[faire  de  désordre), 
Et  les  habitants  d'el-Qoweyrah^)  aussi  et  ceux  qui  demeu- 
[rent  à  "Atoûd  (et  pourtant  ils  font  des  désordres). 
Un  zâmil  des  Fadlî  dit  : 
Ya  nôde  hizzi  min  marâsi  Heydarah 
Las  'âbehal-gammah  wa  Bir  Ahmed  'Ali 


1)  Sur  J*->«=>  voyez  le  Gloss.  s.v.. 

2)  En  Datînah,  on  dit  aL^aÏ  ,  et  à  l'est  de  là,  'i^y>^  . 

3)  Mon  ms.  a  ici  un  |)âté  d'encre,  ce  qui  m'empêche  de  lire  ce 
nom,  qui  est  celui  d'une  tribu  de  W.  Habbân. 

4)  On  voulait  que  ilj^  pût  aussi  signifier  toutes  les  tribus,  et  la 
phrase  signifierait  alors  que  les  tribus  sunt  fort  nombreuses,  sans 
limites,  mais  cela  ne  s'accorde  pas  avec  ce  qui  suit. 

5)  V.  Arabica  Y.  Gloss.  s.v.. 
O  Ibid.  Gloss.  S.V.. 


452 


+ 


:;_^     O^     L 


l-'^ 


jLc   (A5^'    -J3    N4jS\<I    1  ;  y>  *  ^'.'.f  "il  ^) 


Ô  vew^/  souffle  du  côté  des  demeures  de  Heijdarah  *) 
Jusqu'aux  vallons  nombreux  et  d  B.  Ahmed  Ali  ^) 
12,  15:  bûwâreq  haqq  eé-éeyh  'Alî  bâ  Hàlâlu 
es-seyh  'Araàr  Be  Sa^àyd*). 

Voici  d'abord  le  récit  d'un  Datînois  à  propos  de  ces 
deux  santons.  Il  est  on  ne  peut  plus  intéressant.  C'est 
la  légende  qui  a  cours  dans  le  pays.  Aga  '^Amar  bir 
^Ali,  11  maqbûr  fil-Waht,  min  "Aynât  ugèza' 
*^and  sâkin  ^Amar  bir  Sa^îd*).  Uhàrag  "^Amar 
b.  Sa^îd  uqâl:  hayyâbak,  y  a  ^Amar  b.  'Ali,  bâ'' 
làsi'lak  qahwah.  Uqâl  "Amar  b.  'Ali:  ana  ma'- 
éûl,  âkràmak!  Uqâl  'Araar  b.  Sa'îd:  hâda  ardi 
lak  matlaq  hosânak  qàhwetak.  Uatiaq  bil- 
hosân   min   H  a  m'a  h  la  ard   hal  Diyyân  usâret 

'asûrha  uqabâ^ilha  li  'Amar  bir  'Ali.    ^   ^c  i'L> 
^  ^  L^^3  '^jy^  ^J^^  -o^"^  ^'  ^J  ^'  '^'^^  a'' 


1)  Pour  ;!' ,  V.  Arabica  Y  p.  140  et  ss,  où  p.  140  1.  12  il  faut 
lire  qJlXaÏ  ,  et  non  A^Js  . 

2)  H.  b.  Ahmed,  oncle  paternel  du  sultan  actuel  de  Siiqrah. 

3)  C'est  à  dire,  la  guerre  doit  relater. 

4)  On   observera   Sa%yd   et  Sa'îd.    Je  ne  saurais  dire  si  le  nom 
est   p^  ou  j-,^ ,  car,  dans  le  Sud  les  deux  se  sont  fondus. 


453 

J^.  "Omar  h.  "Alî,  qui  est  enterré  à  el-WahO\  vint  de 
"Aynàt  ("înat)  et  passa  près  de  la  demeure  de  "Omar  h. 
SaHd.  Celui-ci  sortit  alors  et  dit:  „Sois  le  hienve^iu^  ô 
"Omar  h.  "AU,  nous  allons  te  faire  du  café!"  —  „Je 
suis  pressé,  répondit  "Omar  h.  "Alî,  je  te  remercie."  — 
,,Cette  terre  que  je  possède  est  à  toi,  reprit  alors  "Omar 
h.  S.,  pour  autant  de  distance  que  pourra  courir  ton 
cheval:  ce  sera  ion  café"  [à  titre  de  don  de  ma  part]. 
"Omar  h.  "AU  laissa  alors  courir  son  cheval,  depuis 
Ham^ah  jusqu'au  pays  des  Biyijdn  (Dayyân),  et  la  dîme 
et  les  tribus  de  ce  territoire  devinrent  la  propriété  de 
"Omar  b.  "AU. 

Cette  légende  paraîtra  au  premier  abord  ridicule,  et 
pourtant  elle  est  très  significative.  'Omar  b.  Sa^îd  était 
seyh,  c'est  à  dire,  appartenant  à  une  ancienne  famille 
l.iimyarite  et  comme  tel  autochtone  dans  le  pays.  ^Omar 
b.  "Alî  était  seyyid,  de  la  famille  dont  l'ancêti'e  ^),  im- 
migré d'el-Basrah  en  Hadramôt,  il  y  a  environ  mille 
ans,  se  fixa  à  ^Aynât,  d'où  ses  descendants  se  sont  dis- 
perses sur  le  pays  entre  ""Oman  et  le  Yéman  et  exercent 
une  grande  influence  sur  les  populations.  Ils  ont  peu  à 
peu  acquis,  ou  plutôt  pris,  les  meilleures  terres  et  se 
font  donner  la  dîme,  en  se  basant  sur  l'ancien  droit  des 
membres  de  la  famille  du  Prophète.  La  légende,  proba- 
blement mise  en  circulation  par  les  sâdah  eux-mêmes, 
doit  appuyer  leurs  prétendus  droits  par  le  fait  d'une 
transmission  volontaire  et  respectueuse  des  anciens  pro- 
priétaires du   sol  himyarite  aux  nouveaux  envahisseurs. 


1)  Voyez  Index  s.v.. 

2)  Voyez  v.  d.  Berg  le  Hadhraraout  p.  50. 


454 

Car  ce  fut  une  vraie  invasion  qui  se  produisit  par 
l'arrivée  du  seyyid  d'el-Basrah.  De  même  que  le  seyh 
vénérable  himyarite  salua  avec  déférence  le  descendant 
du  seyyid  de  "Aynât,  de  même  le  peuple  de  Datînah 
devait  se  soumettre  au  pouvoir  de  „la  famille  du  Pro- 
phète" et  lui  payer  les  redevances  qui  leur  revenaient 
d'après  une  coutume  officiellement  établie  par  le  Pi-ophète 
lui-même  ^). 

Le  seyh  "^Omar  b.  Sa'îd  est  enterré  à  em-Negdah, 
village  situé  entre  el-Hâfah  et  em-âa'ah,  dans  le  W. 
^Aydarî,  et  qui  appartient  au  pays  d'emÔa'ah.  Il  est 
le  welî  des  Mayâsir,  des  Hasanah  ("Olat  el-Bahr),  des  el- 
Hâtim  ("Olat  el-Kaur),  des  'Awdillah  et  de  leurs  tribus, 
des  Ahl  em-êa^ah,  des  Ahl  Daman  et  de  leurs  tribus, 
des  Al  "Alî  Mohemmid  à  âorgân  dont  le  âqil  est  "Ali 
Ahmed  (Ibër)  em-Dahbalî,  d'une  ancienne  famille  souve- 
raine en  Datînah,  mentionnée  dans  le  (lézîrah  d'el- 
Hamdâni  p.  91  et  96=). 

'Omar  b.  Sa^îd  avait  trois  enfants,  un  fils  et  deux  filles. 
Son    fils    'Alî    bâ    Hàlâl,   J^LP  ^  Jjlc  3)   est  enterré 


i)  Qor.  VIII  V.  42. 

2)  Où   l'éditeur   a  voyelle    ^J^A-'  !    Mais  il  ne  pouvait  pas  con- 
naître la  vraie  forme. 

3)  Fils   (le    la  pleine    lune.    Une   famille   dans  ed-Dâliir  s'appelle 

o     > 

-^  Li.  Béni  Badr  Diw.  Hâtim  et-Tây  p.  50-  1.  5.  Un  -«jl!  qa^^ 
se   trouve   chez   les   Gu^ymelî    dans  ed-])âhir,  (D  H  Mûiler,  Ôéz.  p. 

91,   écrit   -♦ii.î ,   et   Dieu  sait  pourquoi),  et  un    ~-^'  CT*^^^  ^^^^  '® 

pays  des  Sûhûr,  sing.  ^_c,i^ii-î  ,  dans  ed-I)âhir.  Ce  sont  là  des  ré- 
miniscences de  l'ancien  culte  de  la  lune.  Cf.  Nôldeke  Z  D  M  G  40  p. 
166  note  . 


455 

à  em-Medârah,  sur  le  territoire  des  Mayâsir,  entre 
es-Sâfa^îeh  et  Môdieh.  On  visite  son  tombeau,  près 
duquel  habitent  encore  des  descendants,  Ahl  Hâlâl, 
au  nombre  de  quarante  hommes  environ.  On  ne  leur 
donne  pas  de  'asûr,  mais  on  a  l'habitude  de  présenter 
à  une  de  leurs  familles,  ahl  ââya*",  quelque  chose  de 
la  valeur  de  un  talleri  à  l'occasion   d'un  mariage.    On 

appelle  cette  redevance  ^j^",  sans  qu'à  présent  elle  soit 
expressément  une  étoffe.  Ce  nom  est  l'écho  d'une  pra- 
tique qui  remonte  au  loin;  voyez  le  Gloss.  s.v.  Le  nom 
est  resté.  Sa'^îdah  bint  ^Omar  a  son  misgid  sur  la 
route,  près  de  la  mer,  entre  âuqrah  et  Ahwar,  mais  sur 
le  territoire  des  Fadlî.  Elle  est  la  welîyeh  du  pays 
d'Abyan.    Son  sanctuaire  est  desservi  par  un-hâdim, 

qui  reçoit  les  .  .lXj  et  les  ,yCus. .  Sa  fille  S  u  m  e  y  1  a  h  est 
enterrée  dans  le  W.  Yarâmis,  mais  je  ne  suis  pas 
renseigné  sur  l'endroit  exact. 

Les  descendants  de  'Omar  b.  Sa'îd  sont  fort  nombreux  ; 
on  les  compte  par  centaines.  On  pourrait  donc  parler 
d'une  tribu  des  ^0.  b.  S.,  et  c'est  ainsi  que  les  tribus 
se  forment.  Le  sanctuaire  des  "0.  b.  S.,  à  présent  un 
lu=>  inviolable,   v.   Arabica   V   Gloss.   s.v.,  est  desservi 

par  des  *Il\>  '),  tandis  que  celui  de  son  fils  est  desservi 


1)   *A=>,    0,    est    particulièrement    servir    un    sanctuaire]    aussi 

faire  la  cuisine,  f.  le  café,  p'-^^,  cuisine.  '\aO^ ,  couteau  de  cui- 
sine. Servir  comme  domestique  se  dit  Jtii  :  jrotsju  ,-t^  ,  un  tel 
sert  chez  moi,  de  même  qu'en    Omim,  =  ^jîcXJx.    ^Lis/o .  Le  plui-iel 

de    *->l3>    est    aussi    ^lSs>  ,   scrinteurs    mâles,    ainsi    que    dans  Diw. 


88 


456 

par  des   membres  de  sa   famille.    On  tire  des  coups  de 
fusil  en  arrivant  dans  le  sanctuaire  du  père,  mais  celui 

du  fils  s.A-ci.xxIl  JyJjj  Lo,  n'accepte  pas  les  coups  de  fusil. 
Il  y  a  actuellement  cinq  branches  qui  descendent  de 
"Omar  b.  Sa'îd.  1°  les  'Alî  bfi  Hàlfll  à  em-Médârah 
dont  j'ai  déjcà  parlé;  2°  Ahl  em-ôauf,  qui  habitent  à 
em-éauf,  entre  Ard  Ahl  Dîyan  (Dayyan)  et  Laudar; 
3°  Ahl  ""Abd  el-Hâmid,  au  village  em-Hannânah,  à 
une  heure  à  l'est  d'em-Médârah,  dans  le  pays  d'el-Hasa- 

nah  ;    4°    Ahl  Mô'ôyliq,   o^^ax-*  J^' ,    qui   habitaient 

auparavant  à  el-Mu  wassah  •)  mais  ensuite  ils  sont  allés 
habiter  de  pauvres  huttes^  l*:^'-^'  ^  es-Sâfa'^îeh.  Ils  sont 
devenus  très  pauvres,  et  leurs  terres  ont  été  vendues 
ou  mises  en  gage.  Il  n'en  reste  que  quelques  personnes. 
Le  Môdieh  leur  payait  une  redevance  en  nature;  5° 
Ahl  Sa'd  b.  'Amar  à  em■Naqà^ 

D'après  la  légende  ayant  cours  en  Datînah,  "Omar  b. 


Hod.  Wellh.  p.  vf  1.  2,  Stumme  M  G  T  §120  Dans  la  langue  litté- 
raire ,  j»o'l:>  et  le  j)!.  |.w\j>  désignent  aussi  Yesclavc  femelle,  Bolj. 
1  72,  IV  33,  I.  Bat.  II  197.  ^y^^  S^  MJ>li>  Jwwy.  J^'^  _^j'  ^^1^3 
iùS^lju    *jCv.*.*Jo    ^Juf^^j.jL,\j   X;o'La2  ,    Boh.    I   63,   exactement  comme 

encore  en  Tunisie,  Stumme  T  Gr  §  01  et  §  98,  Negerdieuerin,  et  en 
Algérie,   Bel,    Djâzya    p.  110.  Dans  le  Sud,  le  *oL>  est  toujours  un 

maie.  Dans  le  Sahhî  |»'kAi> ,  pi.  *joLV>  ,  est  cultivateur,  BBRAS 
1C02  p.  262.    .le  fais  observer  que  dans  notre  dialecte  ^jr'^'-^  est  des 

deux  genres,  serviteur,  ouvrier,  mâle  et  femelle,  à  côté  de  iL^iLi  . 

1)  Gé/.    p.   91,   '2. 


457 

Sa'ld  était  très  puissant  dans  le  pays,  sur  le  quel  il 
prélevait  la  dîme. 

Les   sanctuaires    des    deux    filles    reçoivent   „le   sillon 

o 

votif"   Jlj" .    C'est  une   habitude   fort  répandue   dans  le 

Sud.  L'aïeul  des  Masâbihah,  tribu  d'ed-Dâhir,  au 
village  de  Medmanah,  'iLLa^Xa  ,  ^Omar  el-Masbahî,  était 

un   grand  seyh.    Il  est  enterré  à  Medmanah.    Tous  ses 

descendants  sont  des  maéâih,  qui  reçoivent  le  yi^  des 
Barkân  et  des  habitants  de  ""Aryab:  „le  premier  sillon 
tout  entier  est  à  eux."  On  met  aussi  à  part  pour  eux 
la  dixième  partie  du  blé,  amoncelé  après  la  récolte,  en 
la   mesurant.     De   cela,    une    moite   est   distribuée   aux 

pauvres  par  le  sanctuaire,  &UÎ  \Ji=>,  et  l'autre  moitié 
devient  la  propriété  des  masâih.  Le  premier  tribut  est 
un  Ai  ou  ^  du  temps  du  sèh  "Omar  pour  son  sanc- 
tuaire et  ses  desservants.  Nous  voyons  donc  que  les 
masâih  et  les  sâdah   vivent  en   partie  aux   dépens  du 

peuple,   tout  comme  chez   nous!    Le  a^ic  commun   des 

descendants  de  'Omar  b.  Sa'îd  est  jj=  ^j^  \^ ,  je  suis  un 

rejeton  de  Omar! 

Chaque  pays  a,  du  reste,  un  sanctuaire  qui  n'est  pas 
toujours  situé  dans  le  pays  même,  et  où  le  saint  homme 
est  enterré  ou  censé  l'être.  Car  souvent  ces  sanctuaires 
ne  sont  que  la  perpétuation  du  culte  sabéo-himyarite. 
C'était  le  . .  .  3  Jju  de   l'endroit,   et  ce  Jou  est  devenu 

le  ^ryui,  ^*>i  [ou    J>^]  ou  ^^.oLo  ')  du  pays  qui  est  sous 


4)  Glaser,  OLZ  du  15  Avril   19UG  p.  198,  est  tout  ;i  fait  dans  lo 


458 

son  vocable.  Cela  me  paraît  surtout  être  le  cas  où  le 
sanctuaire   n'est  desservi  que  par  des  j.îj>^=> ,  comme  les 

iuAA«  de  la  Ka^bah.  Ces  fonctions  sont  héréditaires  dans 
la  famille  du  walî.  Si  elle  est  éteinte,  la  tribu  désigne 
une  personne  considérée  comme  j.oL>.  C'est  bien  là  une 

espèce  de  hiérocratie,  que  Wellhausen,  Reste  ^  p.  130, 
ne  veut  pas  reconnaître  pour  l'antiquité  préislamique. 
Plusieurs  pays  peuvent  avoir  le  même  sanctuaire.  C'est 
ainsi  que  les  Suhûr  ont  pour  walî  notre  'Omar  b. 
Sa'^îd ,  bien  qu'ils  habitent  dans  un  pays  qui  est  à 
sept  heures  de  marche  d'em-Negdah.  Lorsqu'on  se 
rend  en  ziyârah,  on  doit  toujours  apporter  au  sanc- 
tuaire quelque  chose  en  cadeau,  chacun  selon  ses  moyens, 

xbu  vvs??.  ^^^^'3  3  Oj  et  il  est  de  rigueur  d'apporter  des 
victuailles,  un  mouton,  si  cela  se  peut.  On  le  donne  soit 


tort  en  parlant  de  ^y^  lorsqu'il  dit:  In  den  Stellen,  in  denen  das 
Wott  gewôhnlich  so  (Bùrger)  aufgefasst  wiid,  bedeutet  es  lediglich 
»Einwohner,  Leute",  genau  wie  im  heutigen  Jeniendialekt  sâhib  in 
Verbindung  mit  einem  Ortsnainen  in  der  Regel  nnr  besagt:  »der 
Mann  von....",  »der  Mann  ans....",  aiso  z.  B.  sâhib  Mârib 
vollig  =  »der  Mann  von  (ans)  Mârib"  =  >»der  Mâriber,  der  Mari- 
bite"    =    i^jUjÎ  ,    genau    wie    man    auch    sagt  sâhib  <]iqn,    »ein 

Bârtiger",  sâhib  "^aql,  »ein  verstândig  Mensch".  Rien  de  plus 
faux,  car  sâhib  Mârib  est  seulement  le  Seigneur  de  M.  =  le 
serîf  régnant  de  M.  .Te  voudrais  bien  voir  la  mine  de  l'Emîr  *^Abd 
er-Rahmân  b.  Hoseyn,  .si  un  de  ses  Bédouins  répondait  à  la  demande: 
qui  es-tu?  par  ana  sâheb  M.,  ce  qui  seraft  possible  selon  l'expli- 
cation de  Glaser. 

1)  }^  1  force,  moyen,  de,  ,3^,  a,  i,  pouvoir,  être  de  force  de  = 

jXfcw  ,    'Jjx. .      ."yJ^c    ^J^    i3»^'    Lo     ou    AJ    =r    AJ    ^jr^    JC*«t    Le  ,  je  ne 

suis  prtji  de  force  à  le  faire.  Le  nom  de  la  grande  tribu  yémanite 
Bakîl  pourrait  donc  signifier  fort,  puissant. 


459 

aux  maéâih,  s'il  y  en  a,  soit  aux  huddâm.  Pour 
s'orienter  sur  les  sanctuaires  du  Sud,  on  n'a  qu'à  con- 
sulter la  table  des  matières  de  mon  Arabica  V  s.v. 
sanctuaire,  où  l'on  trouvera  beaucoup  de  détails  qu'il 
est  inutile  de  répéter  ici. 

Bùwâreq  est  le   pluriel  de  vJSjIj,   bâriq.    Le  u  est 

sous  l'influence  du  w  suivant.  La  forme  s'explique  par 
une  contamination  avec  le  verbe  ^y ,  qui,  selon  mes 
Datînois,  en  serait  l'origine!  Je  crois  que  les  Arabes  du 
Sud  ont  emprunté  le  mot  directement  aux  Persans. 
D'ailleurs  le  passage  de  ey  en  â  est  assez  commun, 
Hdr  p.  578  et  ici  p.  302  note. 

Dans  le  Sud,  on  a  tout  autant  la  manie  des  drapeaux 
que  dans  les  milieux  hadar  islamiques  hors  de  là.  Cha- 
que sanctuaire  possède  le  sien,  quelquefois  même  plusieurs. 

Les  iÇjyf  et  les  oIjK  sont  du  reste  fort  anciens.    A  en 

croire  el-Mas'oûdî,  Pr.  d'or  2  p.  100,  l'origine  des  dra- 
peaux serait  même  babylonienne.  Il  a,  à  ce  propos,  un 
article  fort  intéressant  sur  les  p^Ut  des  Babyloniens. 
Ces  drapeaux  portaient  l'image  d'un  animal,  tels  que 
éléphant,  dragon,  panthère,  loup,  serpent,  scorpion  etc. 
Ils  étaient  fort  bariolés  de  couleurs.  Les  Assyriologues 
se  prononceront  sur  cette  assertion  d'el-Mas'oûdî.  Elle 
n'est  a  priori  nullement  impossible,  vu  l'importance 
symbohque  aussi  bien  des  animaux  que  des  couleurs 
dans  la  conception  cosmique  des  Babyloniens. 

Le  Prophète  donna,  selon  el-Wàqidî  Tab.  I  p.  1265, 2, 
en  l'an    1    un  {jnj^^  ^^j^  à  Hamzah   b.  'Abd  el-Muttalib 

à    la    tête    de    trente    Muhagir.    Il    fut   porté    par    Abu 
Martad.    Un  mois  plus  tard,  il  donna  un  liwà  pareil  à 


460 

""Ubeydah  b.  el-Hârit  b.  el-Muttalib.  Il  fut  porté  par 
Mistah  b.  Utatah.  La  même  année,  SaM  b.  Abî  Waqqâs 
eut  un  liwâ  blanc,  porté  par  el-Miqdâd.  On  voit  donc 
que  le  porte-drapeau  fut  toujours  désigné  à  part.  Selon 
I.  Ishâq,  0.1.  p.  1267,  u,  le  Prophète  aurait  donné  le 
premier  iuL  à  '^Ubeydah,  d'autres  disent  à  Hamzah,  p. 
1268,  3.  Les  noms  des  drapeaux  sont  donc  différents. 
En  parcourant  l'histoire  d'et-Tabarî  sur  les  o'^iè  du 
Prophète,  on  constate  qu'il  y  a  tantôt  ^y ,  tantôt  iùî. . 
On  lit  p.  1862:  ^ajI  ^y  ^Ullo  j^  -^  ^JJ!  J^^  ^y  ^^^ 

o'rfK  àd^^,  ^yCi"  _}•,  wsJuâll  Jv^  ^  sjT  5^ .  On  peut  dis- 
cuter sur  la  portée  de  à^_o  ici,  mais  il  est  clair  qu'il 
y  avait  une  différence  entre  les  deux.  Cela  ressort  aussi 
d'I.   Sa'd   III,   I   p.   4   d'en   bas.   Le  Prophète  avait  son 

'!j}j  appelé  "Oqâb,  v-jiic,  fait  d'un  fichu  noir  de  'Aïsah, 
et  LA  V  314,  a  dit  que  tout  liwâ  était  ainsi  appelé,  confirmé 
par  Mutai.,  Vollers  p.  54  v.  13.  C'est  l'aquila  romaine.  Cet 
aigle,  adoptée  aussi  par  les  souverains  modernes,  est  un 
écho  de  la  cosmologie  astrale  des  Babyloniens,  pour  lesquels 
l'aigle  était  l'animal  de  Ninib  (=  Mars,  Zeus),  le  dieu  de 
la  gaerre,  Winckler  A  0  F III  p.  291  et  297  et  s.s.;  Wùnsche 
Salomos  Thron  p.   11;  K  A  T'  p.  409  et  631  et  s.. 

Chaque  tribu  arabe  avait  son  drapeau  autour  duquel 
elle  se  réunissait  en  temps  de  guerre,  comme  à  la  ba- 
taille de  Honeyn,  Wellh.  o.  1.  p.  357.  ^-.^^  o^L  ,  Lu- 
zùmîyât  Caire  I  p.  45,  2.  iùLc ,  Mo'all.  Lebîd  v.  58,  se 
rencontre  dans  le  Traditions  comme  synonymes  de  :<jL  . 
Ces  mots  sont,  sans  doute,  purement  arabes;  cf.  le  bab. 
diglu,  étendard,  de  dagàlu,  regarder,  Del.  WB  s.v.. 

Les   drapeaux  servent  encore  de  signe  de  ralliement 


461 

pour  les  tribus.  Nous  lisons  dans  M  S  0  S  I  p.  89,  lo 
d'en  bas:  Wasalu  bibë waruqhum,  walladi  hare- 
gan  min  el-bewâruq  ma^  ëssâyuhbiqaderham- 
sta'^éar  bêraq,  ils  arrivèrent  avec  leurs  drapeaux,  et 
les  drapeaux  qui  sortirent  à  l'appel  de  guerre  étaient  au 
nombre  de  quinze  environ.  Les  bawâriq  sont  rouges 
et  verts;  ou  blancs,  à  légende  rouge.  Les  couleurs  vert 
et  rouge  sont  devenues  celles  de  l'Islam,  parce  que  les 
rayât  des  Médînois  avaient  ces  mêmes  couleurs,  tandis 
que  ceux  des  Mobâgirîn  étaient  noirs,  Wellb.  o.  1.  p.  357 
note.  Je  renvoie  ceux  qui  voudront  approfondir  ce  sujet 
à  Bohârî  IV  p.  53:  ^,il\  ^y ,  Tab.  I  pp.  1097,  lo,  i7; 
1099,  2;  1270,  is,  le;  1271,  3,  7,  ii;  1297,8,9;  1579,4;  1580, 
1,  lo;  1581,5;  1614,8;  1616,  u,  c;  1619,  u,  le;  1629,5;  1630, 
6;  1685,  7,  9;  1636,  u;  1660,  lo;  1662,  u;  1664,  3,  s;  1665, 
4.  V.  Kremer  C  G  0  I  p.  80  et  s.    Y.  Additions. 

12,  17:  es  tabîna  ne  qui.  La  même  construction 
se  trouve  ici  tebàninzil,  9,  4  =r  Jjji  J.u.j  ;  bàkum 
tindûni  11,  le;  kam  tabùni  sûwîlak,  46,  23;  te- 
bâ'hen  yigiffèyn  65,  15.  Et  ainsi  tous  les  verbes 
vouloir  et  désirer  Hdr  p.  16  note  1.  Reckendorf  S  V  p. 
396  et  s..  Nôldeke  Z  G  Cl  A  p.  67,  §  53. 

Un  Habbânite  dit  dans  une  qasîdah  : 

Si  tu  veux  que  le  taureau  laboure,  donne-lui  à  manger 
fie  matin,  et  donne-lui  de ...  .^) 


1)  ^\-iti\   n'est   pas  employé   dans  notre  dialecte,  qui  dit  (_^vAj) 
mais  plus  à  l'est. 

2)  ;y*^J'    n'était  pas  connu  des  Datînois. 


462 
a  manger  le  soir  ou  le  matin.  (jr.uJi,  [jt  ^^ujÎ.  ,  je  me 
voyais  avec  le  Prophète^  Bob.  I  p.  51,  3.  ^J^'^^}J  ^j  j'  U-o 
xl^  ^3, ,  peiidant  que  je  dormais,  je  rêvais  être  au  Pa- 
radis. Ibid.  IV  p.  117,  5  d'en  bas.  ^cjJLe  U  '-^fp'"  ^ï> 
llio  i^  viot<-w  LA  18  p.  309,  2;  cf.  Reckend.  0. 1.  p. 
397  note  1. 

12,  18:  qàrânât.  Doughty,  Travels  Gloss.  p.  618, 
dit  que  les  marchands  étrangers  de  'Oneyzah  appellent 
les  états  d'Europe  Koronât.  C'est  notre  mot,  Hdr 
Gloss.  S.V..  Spitta,  Gr.  p.  26,  l'a,  le  premier,  dérivé  du 
turc  J!/  .  Ensuite,  Nôldeke,  Z  D  M  G  35  p.  232  note, 
le  fait  même  venir  du  nom  de  Charlemagne,  passé  aux 
Slaves-Magyars,  Krol,  Korol,  et  de  là  aux  Turcs,  comme 
aussi  Vollers  Z  D  M  G  51  p.  322.  Cela  est  répété  par 
Hartmann  L  L  W  p.  56.  Je  crois  que  notre  ^\^  est 
tout  simplement  l'arabe  ^^îi,  conjonction  de  deux  étoiles, 
et  qui  joue  aussi  un  rôle  dans  la  titulature  persane: 
^^5y)  i.^o>uo,  un  roi  qui  a  régné  40  ans.  Il  n'a  rien  à  faire  au 
turc   .\\J>,   qui  figure  aussi  dans  la  titulature  turque^). 

12,  20:   a^tal   umabâli.     J-Lii   est  un   sac  fait  de 

tresses   de   foliole  de   ^Jy^  ^   Hdr  iCàliii.  ^bU^  ou  a^L^ 

est  un  sac  en  laine  noire  pour  le  blé,  etc.  =  a.Lc .  A 
Aden  et  au  Yéman,  c'est  le  sac  à  fourrage^  musette  des 
chevaux,  ce  qui  se  dit  iu-caii*  chez  les  .Bédouins,  b.t^ 
est  un  mot  très  répandu  dans  toute  la  Péninsule  et 
aussi   en  Afrique.    Hartmann   L  L  W  p.   74.    Muzhir  II 


1)  Moh.  Mihri    :iJ'    &-w,AjJ    iouwLjtJt    'iJL^\   Caire  1884  p.  265. 


463 

p.   161  en  bas.    En  Haurân,  un  'ijf.  est  de  80  mudd. 
12,  24:    ma  'àuwadu  éîleh  =  a!  ^ci  f^^  ^  GO. 

>3^E,  =  ^,   0,  ^u\s,  J^,  J4>,  ^y:,  ^<j ,  n'est  usité 

que  dans  notre  dialecte  et  celui  des  ''Awâliq.  Gahàz^) 
fi  hâdat-tarîq  ma  bâf'auwad  tâ^bar  fîh,  il  y  a 
des  cahots  sur  cette  route,  tu  ne  pourras  y  passer, 
Hammâmî.    Ma  bà  'àuwid  silleh,  ^e  ne  saurais  Veti- 

lever.   Ici  s  i  1 1  e  h  est  =  <xLi' ,  tandis  que  s  î  1  e  h  est  =: 

&î  ijri ,  car  X^ ,  i,  appartient  aux  dialectes  du  Nord. 
Sîleh  est  prononcé  comme  un  seul  mot,  et  dans  le 
dialecte  sahhî,   Sj^  est  même  devenu  rien,  à  en  croire 

Jayakar  BBRAS  1902  p.  267.  Il  y  a  dans  le  Sud 
une  foule  de  verbes  qui  signifient  pouvoir,  comme  on 
l'a  vu  en  haut.  .L> ,  o,  et  1^ ,  imp.  jy^.'  ma  bâgûr 
silleh,  je  ne  saurais  l'enlever,  le  porter;  ma  bâgûr 
s  î  1  e  h ,  ye  ne  saurais  le  faire.  .y>  ,  pesant  :  ^y>  J..*.:> ,  ^in 
lourd  fardeau;  n'ayant  pas  de  pluriel,  c'est  bien  un  in- 
finitif, yi ,  imp.  Tvcco .  Ma  biswar  qussah,  Je  ne 
peux  le  couper,  =  ma  bitâ'^nisi  ou  bitfâniéi  = 
ma  bâhsin.  Ce  verbe  s'emploie  chez  les  Bâ  Kâzim  et 
à  l'est  de  là,  jusqu'en  Hadramôt;  v.  d.  B.  Hdr  pp.  245, 
6  et   281,   5.    .yi   est  aussi  savoir.    Vollers,  ZDMG  49 

p.  509,  fait  la  remarque  que  le  ^omàni  a  ^yi ,  Hôhe,  R 
0  p.  90,  .lyi ,  Hochgaîig,  ibid.  p.  268,  yyi ,  hoch,  ibid. 
p.   63,   et   il  semble   vouloir  donner  à    .yi ,  pouvoir,  le 

1)  =  Là>  (10. 


464 

même  sens  primordial.  Il  compare  à  cela  le  "omani  *'. , 
pouvoir  •),  savoir  et  l'hébreu  U^ ,  haut.  Nôldeke,  W  Z  K 
M  IX  p.  21  avait  déjà  émis  un  avis  identique:  „j.5^ , 
eigentlich  sich  erhehen."   Hdr  Gloss.  s.v.  ^_^  . 

13,  1:  lafâ\  «i/^s ,  bouse  fraîche  de  vache,  ^j^" ,  bouse 

sèche  =  Hrb  _>>/.  S ,  crottin  des  chevaux,  des  ânes,  à  Aden 

et  au  Yéman  =  o^ .  en  Dt.  ^*j  ,  crottin  des  chameaux, 
chèvres,  moutons,  hyènes^  lièvres  ;  verbe  yu  ,  a  -),  fienter. 

..JL ,   excréments  d'homme,   avec  le   verbe  ..^L^ ,   a,   ca- 

care  ^).  J>Àq> ,  i,  faire  un  idii=>  ,  gros  caca.  Ce  sont  des 
nom.  gen.;  le  nom  d'unité  est  en  »_.  Littmann  trouve 
le  mot  iJÙAS  dans  une  inscription  safâite  1 S  p.  19,  où 
Nôldeke  ajoute  la  remarque:  „scheint  gânzlich  unbelegt." 
Dans  les  dictionnaires,  oui;  dans  les  poésies  anciennes, 
je  ne  l'ai  pas  trouvé  non  plus,  mais  dans  le  Sud  ^àa^  , 
a,  est  cacare  et  ne  s'emploie  que  des  bêtes  à  cornes. 
Sa  métathése  ^^  figure  dans  les  dictionnaires   classi- 

ques:  peter,  caquer.  iLats/iJ  à  très  bien  pu  être  un  nom 
propre,  cf.  Littmann  o.  et  1. 1.,  car  j'ai  connu  à  Saydâ 
une  famille  musulmane  qui  porte  le  nom  de  famille 
h  ara  baqar,  bouse  de  vache.  Je  possède  toute  une  Hste 
de  tels  noms  extraordinaires,  rien  que  pour  la  Syrie. 


1)  RO  p.  27,  '2,  201,  s  d'en  bas,  279,  ».  Z  D  M  G  34,  p.  218;  M 
SOS  1  p.  89,  2  d'en  bas;  ibid.  III  p.  6,  »  d'en  bas,  p.  16,  »*,  '«,  " 
et  passim  dans  ce  texte.         ^ 

2)  Pas  à  confondre  avec  ,Ij  (hamzab  prononcé!)  roter,  aufslossen, 
mais  sans  vomir. 

3)  Cf.  class.  ^.^^  ,    iAJj  et  — jàjI  ,  rendre  des  cxcrôtnenis  liquides, 

et  i3»iJ ,  fienter. 


465 

Ces  plaques  stercoraires  servent  de  combustible  par- 
tout où  il   n'y  a  pas  de  bois.    Les  ramasseuses  de  '»!=> 

en  Egypte  sont  assez  connues.  Dans  les  steppes  asiati- 
ques, elles  servent  au  même  emploi,  exactement  comme 
dans  la  vallée  d'Avers  en  Suisse. 

13,  6:  etsa'faru.  fx-^ ,  répandre,  verser,  ausgiessen, 
synonyme  de  joxj^ .  tLai!  J.  s^t  oj^^x.^ ,  tu  as  versé 
le  café  par  terre,  sur  le  sol.  Ce  dernier  verbe  aussi  au 
fig.  éparpiller j  disperser:  L>^LJî  ^  ^yi^Jakà^  ^Ix^  ^\,  les 
S.  sont  éparpillés,  habitent  par- ci,  par -là,  dans  le  pays 
=  i^j^hL.^  ou  ^jaIw  .  La  h  a  mi  et  em-sams  bâ  tit- 
sa'^tar  em-matêr,  lorsque  le  soleil  sera  chaud,  les 
nuages  se  dissipero7it.  Jixh ,  Jeter.  ^U!  ou  ^UL  ^à*^ ,  ver- 
ser l'eau.  Tous  ces  verbes  sont  aussi  intransitifs,  mais 
la  forme  JJl*àj'  est  aussi  employée.  Cf.  class.  ^  et  les 
syriens  *^i:^jej:i  ')  et  ^-cc^jL^  ,  divulguer,  répandre  U7i  bruit; 
le  class.  yAii,  se  disperser,  Gloss.  Tab.  s.v.. 

13,  7:  lahamma.    Il  y  a  ici  les  deux  conjonctions 

^,  =  ij^,  et  1.  ♦".->.  Celle-ci  est  une  contraction  de 
Lo  }3>,  plutôt  que  de  UJb> ,  lorsque,  employé  seulement 
dans  le  Nord  ;  v.  Hdr  Gloss.  s.v.  Jj>  .  iCj^i  S^ ,  au 
moment  die  la  rébellion.  Lahamma  correspond  exacte- 
ment à  LJ ,  qui  se  dit  aussi  dans  le  Sud  Lo  "^  ou 
ijv:>  "^ ,   class.   aussi  Lo  !ô!  ou  Lo  ô! .    Cette  particule  "bJ 


1)   Mais  aussi    briller,    y^f*' ,  répandre  une  chose  liquide,  Syrie 
et  Egypte;  cp.    ,3  et  j'^\'^  • 


466 

se  trouve  dans  tous  les  dialectes,  excepté  ceux  de 
l'Egypte  et  de  la  Syrie,  mais  elle  est  déjà  très  com- 
mune  en   Haurân.    Un    proverbe   recueilli  dans  ce  pays 

dit:    jjoI^XxJî  c^^cU^  ^o'iiiiJ!  c>^>  *i^,  lorsque  les  disposi- 

tmis  divines  jugerd,  celles  de  l'homme  se  perdent  '),  ex- 
pliqué par  la  hakam  Alla  ^aleyk  bisf  biddu  sîr^), 
lorsque  (si)  Dieu  a  décidé  quelque  chose  pour  toi,  il  faut 
que  cela  soit.  Dans  le  Negd,  c'est  plutôt  il  a,  avec 
voyelle  prosthétique  ;  aussi  dans  le  Sud,  Hdr  Gloss.  s.v.. 
Socin,  Diwan  III  §§  55  et  57,  émet  l'étrange  avis  que 
cet  ,;ila  n'est  qu'une  autre  prononciation  pour  le  clas- 
sique ida."  Hartmann  avait  déjà  commis  la  même  er- 
reur en  statuant,  L  L  W  p.  237  note,  que  „îlà  et  là 
sont  des  formes  collatérales  de  idâ."  C'est  Stumme  TT. 
B  L  Gloss.  s.v.  qui  est  la  source  de  cette  étymologie, 
qu'on  répète  in  verba  magistri.  Je  défie  n'importe  qui 
de  me  citer  un  seul  exemple  en  arabe  où  S  soit  devenu 
J ,  et  vice  versa.  La  forme  i  1  a ,  devenue  î  1  a  sous  l'ac- 
cent, est  la  plus  répandue  dans  les  dialectes  africains, 
Stumme  T  Gr  p.  142;  idem  MGT  p.  283.  Marçais  Gr  T 
p.    191.    Socin    Arab.   Dial.   von   Marokko   p.   162.  I  As. 

1887  p.    197    (Môsul).    ZDPV    XVI    p.    18.    ZDMG 

1888  p.  352  (Barth).  Ce  là  se  trouve  également  dans 
les  conjonctions  sudafricaines,  qbella,  amw^  g?/e,  ba'dla, 
après  que,  en  Tunisie,  St  Gr  p.  142,  Marçais  Gr  p.  191, 
où  le  tripolitain  peut  même  dire  lagèbël,  Stumme  M 
G  T   p.  283,  et  dans  le  waqt  la  du  dialecte  de  Mardîn 


1)  Comme    le    pioveibe  dans  el-kilam   en-iia\vûbir  d'ez-Zainahsarî 

2)  5ur  l'iiiiiiarrait  a|>iès  biddu.  voyez  Piov.  et  Dict.  [).  G5. 


467 

ZDMG  36  p.  37,  ?,  19  =  waqt  ma,  malgré  waqt 
âlledi  p.  35,  is.  La  combinaison  1>  \.j3  n'est  pas  non 
plus  étrangère  aux  dialectes  du  Sud.  Un  poète  de  Hab- 
ban  chante  : 

C'es^  gwe  ;e  regarde  d'abord  avant  que  je  voie  la  pluie, 
et  elle  fait  des  éclairs  qui  brillent  au-dessus  d'el-Kadà. 
Un   autre   poète   dit  :   dépêchez-vous  de  vous  montrer, 

'«Ls^!  oyi  L*/  -jii-j'  "li  J-^s  q^,  am?z^  qu'elle  éclate,  comme 
la  mort  subite.  1>  est  ici  aussi  peu  négation  que  dans 
son  synonyme  Le  J^  .  Stumme  MGT  Gloss.  p.  313,  y 
voit  une  assimilation  rétrograde  de  m  avec  1,  mais  la 
prononciation  bédouine  qable  la  s'y  oppose.  Je  ne 
suis  point  sûr  que  la  même  particule  soit  renfermée  dans 
le  tlemcénien  ba'dli,  après  que,  quoique  D  H  Mûller  et 
Jahn  aient  relevé  la  prononciation  li  pour  la  dans  le 
Sud*).  Ensuite,  la,  qui  est  à  présent  principalement 
employé  comme  particule  conditionnelle,  de  même  que 
lot  dans  les  dialectes  hadar  ^)  et  wenn  en  allemand,  est 


\)  Var.  datînois  ,  c*^  • 

2)  Malgiv  l'opposition  de  Nôldeke  ZDMG  59  p.  416,  je  suis  per- 
suadé que  kî,  lorsque,  n'est  pas  une  abréviation  de  kîf,  mais  \a 
conjonction  babyl.-hébr.-sabéo-mehrite,  d'un  emploi  si  courant  dans  le 
Maghreb,  Marçais  Gr.  p.  191  et  note,  la  Langue  arabe  etc.  p.  57,  et 
que  nous  retrouvons  dans  le  raaghribin  ba'dki.  Marçais  a  bien 
raison  de  douter  de  cette  amputation  de  kîf  et  il  fait  justement 
observer  que  kî  joue  ici  exactement  le  môme  rôle  que  ma  et  li 
dans  baMma  et  ba'dli.  Voyez  Gloss.  s.v. 

3)  to!  n'existe  pas  du  tout  dans  le  Sud,  qui  a  "^  et  ...t  . 


468 

suivi  de  ma  et  devient  aloi's  conjonction  temporelle, 
lorsque.  Cela  non  seulement  dans  le  Sud,  mais  aussi 
dans   le   Nord.  ^ÛJiî   S^Jsls>  JJïj  ^UJ'  1^  ^a^  'uyij'  L«"^ 

v^^  s  ^t  (j:«-'ij  lorsque  nous  arrivâmes  chez  lui,  il  alluma 

le   feu,    mit    les    cafetières   sur   le   feu   et   fit   le   café, 

""Oneyzite. 

mutfi  liza-1-hêgâ  ila  mad-duwâ  târ 

qui   éteint   la   flamme   du   combat   lorsque    la  poudre 

[détonne. 
Soc.  Diw.  I  NO  12  V.  22. 

Pour  le  Sud,  voyez  le  Gloss.  de  Hdr  et  celui  de  ce 
volume.  Chez  Hartmann  L  L  W  p.  37  n°  2  Str.  1,  nous 
lisons:  uhaddik  mtîl  el-barag  la  ma  bân,  et  ta 
joue  est  comme  réclair  lorsqu'il  apparaît.  L'auteur  y 
ajoute  la  remarque:  „là  ma  =  Le  lo!  ;  mit  la  m  ma  hat 
es  nichts  zu  tun,"  probablement  contre  Wetzstein  Z  D 
M  Gr  XXII  p.  147  qui  se  prononce  pour  Lo  "^5  :=  L»  ^'^. 
Socin,  ZDMG  46,  p.  357  et  Diwan  III  §58,  est  plus 
judicieux  et  il  admet  carrément  que  Ûj  ,  Jusqu'à  ce  que, 
jusque,  employé  dans  tous  les  dialectes,  excepté  celui 
de  la  Syrie,  a  très  bien  pu  provenir  de  U  ^\ ,   et  quant 


1)  11  y  a  un  autre  L«  j  provenant  de  w  ^^  jusqu'à  ce  que. 
o'i^  .Lo  L  "b  *Jji.i!  ^j,A-iouj  ,  ]c  bruit  arriva  de  tout  côté  au 
2Joint    qu'il   devint  une  certitude.    J^  J^*^  ^   «laJ  UxO  ^^î  i» 

0  me.i  compagnons!  envoyons  un  cavalier  (voollen  wir  etc.)  sur 
cette  colline-là  pour  nous  faire  la  vigie!  —  Mon  cher!  doucement! 
jusqu'à  ce  que  nous  arrivions  sur  leurs  territoires,  'Anazî  (voyelles 
ainsi  prononcées).  Pour  le  Sud,  voyez  Hdr  Gloss.  s.v.  et  ce  Gloss.  s. v.. 


469 

à  la  conjonction  temporelle  U  ,  lorsque,  classique  et  dia- 
lectale, il  est  indécis,  quoiqu'il  ne  soit  pas  éloigné  d'ac- 
cepter ici  la  même  étymologie.  Dans  le  volume  sur 
Hdr,  j'ai  déjà  dit  qu'il  faut  voir  dans  la  m  ma,  lorsque, 
la  particule  temporelle  la.  Dans  la  prononciation  dialec- 
tale, les  deux  particules  se  confondent:  lamma  de  là 
ma  et  lamma   de   [i]lâ   ma,  et  comme  nous  allons  le 

voir,   uJ  et  U.  ^^î   devient   dans  le  Sud  là,  ainsi  que 

je  l'ai  surabondamment  prouvé  dans  mon  Arabica  V 
p.  139  et  ss..  Si  donc  ilâ  ma,  ou  lima,  lama,  a  pu 
faire  lamma,  jusqu'à,  jusqu'à  ce  que,  je  ne  vois  pas 
pourquoi  là  temporel  suivi  de  ma,  n'a  pas  pu  faire 
également  lamma,   lorsque.    Ce  qui  semble  corroborer 

cette  étymologie  de  ÛJ ,  lorsque,  c'est  qu'il  est  aussi 
dans  le  Sud  synonyme  de  ^-.j>,  uUc  ,  prépositions  tem- 
porelles. Nous  avons  ici  lammas-subëh,  13,  22,  39,  12 
=  f^j^j^l^  o^Xc  ou  ,.^^JJ^^'  (jv> j  6t  lammal-leyl,  84,  13. 
Jahn,  M  S  p.  59,  1.  23,  a  la  mmâs-sùbâh '),  am  Mor- 
gen,  où  le  mehri  a  ta  ksôbâh,  avec  la  particule  tem- 
porelle ki,  k,  dont  j'ai  parlé  à  la  page  467,  note.  La 
langue  classique   ne   procède  pas  autrement,   témoin  le 

^^Sol)  Lo  loî  de  K.   el-Mahâsin,  éd.  v.  Vloten,  p.  XVIII, 

dans  un  vers  =  la  ma  (lamma)  es-su bëh  du  Sud. 
P.  87,  6  le  texte  datînois  porte  lamma,  tandis  que 
celui  de  Beyhân  a  là'  mû,  lorsque.  L  "il  offre  donc  la 
même  indoles  que  '1*1  JoLc,  Le  \3,  L»  i^^^  Lo  jc«  et 
trouve  son  analogie  dans  la  particule  française  lorsque 
de  Vores  que  [quoclj  =  L«  xcL«  .    Fleischer,  Kl.  Schriften 


1)  Plus  correctement  laiii  ma§-sùb6h. 


470 

I  p.  456,  fait  venir  uJ  de  la  racine  J  ,  unir,  de  même 
que  S.  de  Sacy,  mais  „als  ursprûngliche  einfache,  durch 
^\  verstàrkte  Conjunctivpartikel."  J'avoue  ne  pas  bien 
saisir  ce  que  feu  notre  che5^kh  a  voulu  dire  par  là.  En 
tout  cas,  cela  lui  reste  pour  compte. 

Fleischer  fait  au  même  endroit  cette  reflexion:  „und 
wie  kônnte  endlich,   wenn  die  zweite  Silbe  von  Û  die 

Conjunction  Lo  wâre,  derselbe  abstracte  Begriff  in  ^\  LJ 
s'^,  Sur.    12   V.   96   und    Sur.    29   V.    32,   dann   noch 

einmal  durch  das  gleichbedeutende  ^^î  ausgedrùckt  wer- 
den?  Einen  solchen  Pleonasmus  lâsst  das  Arabische 
nicht   zu,  wohl  aber  die  Verstarkung  einer  ursprûngli- 

chen  Conjunction  durch  ^\ ."  11  me  semble  que  le  maître 
s'est  ici  entortillé,  et  il  se  contredit.  De  tels  pléonasmes 
sont  fort  communs  dans  les  dialectes:  xjî  Lo  to>,  lorsque, 
dans  le  Nord  s'entend  souvent,  et  je  pourrais  citer 
beaucoup  d'exemples  du  pléonasme  j^  '^',  L  ^  Lj, 
jr:x  ":),  '-0  j^  "^  des  dialectes  du  Sud. 

Reckendorf,  S  V  p.  593/4,  la  considère  comme  provenant 
d'un  là  m  perdu  -|-  ma,  en  cela  d'accord  avec  Wright 
et  d'autres,  tandis  que  p.  656  il  dit  que  c'est  le  -o  tem- 
porel avec  la  particule  confirraative  la.  Donc,  contra- 
diction! Hommel,  Sab.  Chrest.  p.  56,  le  fait  venir  de 
lan    ;-  mû. 

La  forme  aurait  donc  originairement  été  lama.  Or, 
celle-ci,  nous  la  trouvons  à  chaque  pas  dans  les  dialectes 
de  la  Péninsule.  On  n'a  qu'à  ouvrir  mes  Glossaires  s.v. 
pour  s'en  convaincre.  Absolument,  comme  de  hamma 
on  fait  aussi  h  a  ma,  mais  en  sens  inverse,  car  hamma 


471 

est  ici  primaire,  La  négatif  devient  aussi  \û  devant  j»!e 
et  lXï  ,  Hdr  146,  g;  215,  g;  421,  3;  453,  is,  comme  le  là 
temporel  peut  se  contracter  avec  un  mot  suivant  com- 
mençant par  une  voyelle:  lanta  Hdr  178,  5.  Ce  lama 
^  la  m  ma  appartient  également  aux  dialectes  bédouins 

du  Nord  :  JJ JJ»  .^^^-Jy'  UJ  ,  lorsque  le  di\\ù\  fut  prêt, 
"Anazî.  Dans  la  phrase  p.  468  note  1,  ;^î  Jjo\  w^^Lu"  , 
le  "Ûneyzite  disait  là  ma,  le  Damascène  la  m  m  a,  et  le 
'Anazi,  lama.  Il  est  vrai  que  cette  particule  est  ici  = 

li>J^  =  io^J  =  lc^  =  lJ^=[J),  mais  elle  coïn- 
cide ici  avec  là  ma,  lorsque. 

Ce  la  temporel,  je  le  retrouve  également  dans  le  so- 
qotri,  D  H  Mûller  MSS  II  p.  146,  2-1,  28'),  p.  147,  21: 
le  ""ose,  le  matin  =  ''a m,  qui  en  soqotri  est  usité 
comme  conjonction  et  préposition  temporelles  ^). 

Nous  trouvons  également  "^  temporel  dans  la  conjonction 


1)  Le  texte  soqotri  p.  146,  '^  est  très  instructif:  Min  Girge 
tahèyren  (tahâren)  min  sùqahar  wngehènoen  Ma^àbad 
wunfôsen  min  M.  wifqàren  '^Abèro  di  Siqà'e  wa'^amoden 
^af  tsàbah  wule  '^6 se  tahèyren  [tahâren]  af  negôhom 
T'intin,    ce    qui    peut    se    traduire    en   arabe   hadramite    par:    q-. 


^\  LJLoj  Lé.3  '\J.iMS.  Il  est  vrai  que  les  mots  soqotri  que  je  rends 
ici  par  leurs  correspondants  en  hadramite  y  ont  une  application  un 
peu  nuancée.  La  traduction  de  Millier  n'est  pas  exacte.  On  obser- 
vera â  =  ey  dans  tahâren  et  tahèyren.  ^ose  paraît  être  ici  le 
matin,  car  1  28  il  y  a  aussi  le  "^ose,  où  d'après  le  contexte  il  ne 
peut  avoir  le  sens  de    -Uiot»!  . 

2)  D  H  Mijller,  MSS  p.  418.  i  et  p.  155  n"  5  v.  1  et  2:  'A  m 
tsabah,  ah  cv  morgen  tuurdc,  p.  181,  ^f",  =  ^,  aussi  clas- 
sique. La  Langue  arabe  p.  57. 

34 


472 
des   dialectes   du    Nord    la   inniih    ou    lannuh.     Un 
^Anazî    me    dit:    vJ!\l\j'  (joLoJ'  Pj^^'  ^^^^3  u^^^'  ^'  "^ 
_/jIiî!  iCï.ô  JoU  sXc,    lorsqu'on   lui  tire  dessus  et  que  la 

halle  frappe  la  cotte  de  maille,  elle  coule  à  terre  comme 
une  fiente  d'oiseau.  De  même  que  classiquement  3b>LàII  \j>\ 
la,  sous  la  forme  ilya^),  ilyâma,  willa  et  la- 
winn[uh]  désignent,  comme  conjonctions  coordonnées, 
un  fait  qui  se  produit  plus  ou  moins  subitement.  Mais 
cela  n'a  lieu  que  dans  les  dialectes  des  Bédouins  de 
Syrie,  car  dans  le  Negd  on  ne  dit  que  \J>\  et  "i\  ["bJ]  qui 

est  la  forme  originale  du  il  y  a  susmentionné;  cela 
est  à  noter.  Dans  le  Sud,  on  a  pour  cela  xj',  ce  qui 
est  aussi  classique,  et  ^  ou  ^. .  ,^^1  jjji'  ^-j^Li'  ^ 
ij-w-S%|    Lj-tv^    ^jJLsLà    [  ^jk-J   ou]    LA,    LÛLVs ,    pendant 

que  nous  chassions  les  hommes  qui  étaient  devant  nous, 
voilà    qu'un    d'eux    s'en    retourna    brusquement    vers 

nous    et    nous    chassa,    "Anazî.     L;L*i".   :  J5   .-^fw-j!   ijj^ 

,    ,       +  ... 

[éèy'an]  UaÀj  LuL.  csss.  %  IjJoLc  "b.   qj->^'j  1->^'  ^^^>^  ^ 

<^y>\j  .  LyJ^  iciblj  J~*ii  LJ'_5  lij^;  'i^J>^^  'è^  ^.^  j»4j»i  .  ^J:^^ 

^  LJj  {j^(^^*o  ^JOc    .Lo  J^  &L'îj  'uJ^  ;.;,'^iài  ,1^  L^yj'y  Lo 

.  yij>l    I.Ui    LlJI^  ^.x>^   ,^Li3   LLr?:-i:)Lu"  (j-w<->iî  dVP  .  L-oAj'u   ^  Lo 

M.  esSmêr  dit:  nous  sommes  partis  à  cheval  de  chez 
notre  famille,  en  activant  la  marche  des  montures,  sans 


1)  ZDMG  XII  p.  120.  Il  y  a  et  wilya  .sont  aussi,  bien  entendu, 
purement  conditionnels.  Wîlya  sâret  'aleyk  ed-dîj?a,  et  s'il  te 
survient  une  détresse,  ^Anazî. 


473 

avoir  une  mauvaise  mtention.  Lorsque  nous  fûmes  à 
une  certaine  distance,  nous  regardâmes,  et  voilà  des  ca- 
valiers ^)  qui  venaient  sur  nous.  D'abord^  nous  n'eûmes 
pas  peur  d'eux,  mais  ensuite  nous  chevaux  commencèrent 
à  s'alarmer,  et  les  voilà  devant  nous.  Alors  nous  nous 
sommes  attaqués,  et  nous  avons  eu  là  une  rude  journée, 
""Anazi. 

Dans  le  récit,  en  dialecte  de  ^Oneyzah,  sur  la  perspi- 
cacité, iCw'^ ,  du  sultan  b.  Swêt,  cheykh  desed-Çafir, 

[ez-Zafîr]    vis-à-vis   de   son  agresseur   I.   Sa'ûd,  je   lis: 

+^^    ,  .'    ",  '  ■■■         ,  '  .    ' 

^U^!     Ui»ji5^3    '-^[î    ^^    ^t-^    Jv.:>J3     ,-y^'    (_^Jj     Swi    ^iAJ\, 

-  o 

Jjjya  (jj .  Les  cavaliers  d'I.  Sa^iid  coururent  sus  à  eux 
de  loin.  Mais  lorsque  les  hommes  d'I.  S.  arrivèrent 
au  campement  des  Bédouins  d'I.  Sioêt,  voilà  que  tous 
leurs  chevaux  se  débandent,  et  les  cavaliers  des  ed-Dafîr 
se  ruent  sur  eux  de  près:  ils  tuent  beaucoup  de  leur 
monde  et  prennent  une  grande  quantité  de  chevaux.  Les 
gens  d'I.  Sa'^ûd  surviennent  alors.  Lorsque  les  drapeaux 


1)  Nous  lisons  dans  H.  el-A.  I  p.  487:  ,.,!    SSj   Lo    L^ii^  Vj*^' 
Î^Jixi  UJlc  ^Si  IJ^i^]  Ki  oU   U!^   îÀ-T^   WS  ^.vJbé  J^ 

2)  Et   non    "^^  comme  on  aurait  aussi  pu  dire  =;  ^  -}-  r)'  +  "^î 
V.  p.  339, 


474 

d'I.  Sa^iid  arrivèrent,  ses  cavaliers  étaient  déjà  tués  et 
leurs  chevaux  enlevés.  I.  Sa^ûd  revint  sur  ses  pas.  Les 
Bédouins  considèrent  ceci  comme  une  preuve  de  la  per- 
spicacité d'I.  Sivêt. 

Le  synonyme  'iràqite  lenn,  avec  les  siifixes  lenni, 
comme  aussi  il  y  an  ni  ci-dessus,  ne  me  paraît  pas  avoir 
une  autre  origine:  là  inn. 

Ilyâ  provient  aussi  de  ^^i,  Hdr  Gloss.  p.  522.  Dans 

le  dialecte  "omânite,  qui  a  plusieurs  particularités  des 
idiomes  du  Nord,  il  a  est  employé  de  la  même  façon. 
Ilîn')  hum  yedùru  wa  il  â  ho  m  bihôm  fil-gau: 
rahîm  yehôman,  wa  sa  ru  ila  hâdâk  el-mekân 
yitrâkedu  wa  ilâhum  bi  Yûsuf  "a la  sahr  el- 
wâdi.  Pendant  qu'ils  cherchaient  ainsi,  voilà  qu'ils  vi- 
rent quelque  chose  planer  dans  l'air  ;  c'était  des  vautours 
qui  planaient.  Ils  allèrent  alors  à  cet  endroit  au  pas  de 
course^  et  voilà  que  Yûsuf  était  là  sur  la  berge  du 
wâdi,  Rôssler  M  S  0  S  I  p.  67,  12  et  ss. 

J'ai  voulu  revendiquer  pour  l'ancien  fond  arabe  une 
particule  "^ ,  qui  était  originairement  temporelle,  mais  qui 
est  devenue,  comme  son  synonyme  !iî ,  aussi  condition- 
nelle. Sa  nature  temporelle  est  cependant  conservée 
dans  les  compositions  lu  ma,  la  rama,  lama,  qabl 
la,  b a d  1  i  (?)  w a q t  la  etc. 

13,  9:  waila  bënà''  riga",  ou  ibnà',  par  Dieu, 
nous  reviendrons  bien  à  vous! 


\)   Cet   ilin    ne   me   paraît    pas   ici   venir    de     •,'    (C*' i    "lais  de 
q!    j'    =    q)    1) ,    tandis    que   la    préposition    ilîn,    ilT-n   est,  avec 

Nôldeke  W  Z  K  M  IX,  p.   15,  de  cette  provenance. 


475 

Déjà  dans  mon  Arabica  V  p.  146  et  ss.,  j'ai  traité 
de  cette  construction  avec  ^^,  (^,  et  Kampffmeyer  l'a 

ensuite  discutée  dans  son  intéressant  mémoire  Die  arabische 
Verbalpartikel  (bm)  p.  42  et  ss..  Comme  je  suis  en 
désaccord  avec  mon  savant  confrère  sur  l'origine  de 
cette  étrange  construction,  je  vais  ici,  tout  d'abord,  rap- 
porter quelques  exemples  tirés  de  mes  notes. 

Cette  construction  comprend  deux  catégories  d'idées, 
qui  cependant  se  touchent  souvent. 

1  °    Une    assertion,     ,1^3-1 ,    une    affirmation.     I  b  e  n 

'âdak  hissir  mâlak  u^âdha  hey,  tu  dépenseras  as- 
surément e7icore  ta  fortune^  et  elle  (=:  la  femme)  sera 
encore  vivante.  La  si  ma"!  mus  bini  halaq  bèha, 
si  j'avais  un  rasoir^  je  me  raserais  bien  avec. 

Wàiia  béni  mât  ana  ubû^i  u^âdha  te'îs,  moi  et 
mon  père  nous  mourrons  assurément  qu'elle  vivra  encore^ 
me  dit  un  datînois  de  sa  femme. 

Waiîa  bàni  tâb  min  surbed-dohân,ye  cesserai 
pour  sûr  de  fumer ^  mais:  wàiiani  tubt  min  etc. 
fai  cessé  de  fumer. 

Waiia  béni  bal  ùsirib  e m-b a u  1 ,  par  Dieu,  je 
vais  pisser  et  boire  la  pisse  ').  Hamma  tibsarem- 
mâ'  yifûr  elwâhed  yiqùl  waiia  boni  mât  min- 
neh  là^  d  ah  ait  fîh,  lorsqu'on  voit  l'eau  bouillir,  on 
dira:  par  Dieu,  j'en  mourrai,  si  j'y  entre,  me  dit  un 
datînois  en  me  décrivant  les  thermes  célèbres  d'Ahmed 
b.  'Alwan  el-Yafrosî  '). 


1)  Me  dit  un  homme  dans  le  W.  May  ta 'ah,  et  moi  de  lui  donner 
une  bouteille  de  Gieshuhler  pour  qu'il  n'eût  pas  à  enfreindre  son 
serment!  Cet  exemple  figure  peut-rtre  mieux  sous  2°. 

'i)  Voyez  Arabica  V.  j».  lîO. 


476 
Dù'an  dit  dans  une  qasîdah: 

J^J!  iAa^T  léS'  ^J\^  dV-L   x% 

et  tu  me  verras,  par  Dieu,  comme '). 

L^  Jï  ^j^  aIÎÎj  JLL  ^^  o^-w  Uil  o.-^  "^  .  Si  je  vois 
qu'elle  me  fasse  du  mal,  c'est  que  je  le  lui  dirai  bien. 
I  b  n  i  'à  m  i  d  b  è  h  a  g  ô  f  e  m-k  ô  r ,  par  Dieu,  je  vais  avec 
elle  (la  canne)  lui  frapper  sur  la  tête,  Ba  Kâzim.  Waîi:a 
benhàkalak,  par  Dieu,  elle  va  te  manger.  Waiia 
benhàràmahak  em-râhëla,  par  Dieu,  la  chamelle 
va  te  donner  un  coup  de  pied.  Lentement,  on  prononçait 
ibënharàmahak. 

2°  Une  nécessité,  un  serment. 

Waî^:a  %lf  wàtan  ibni  sùwàh,  par  Dieu,  il 
faut  que  je  le  fasse.  Qadènna  [rrr  Lo  u\ï]  bâta  h  à  n  a 
waîîa  bèna  sâr  nis^af  era-baué,  il  y  a  longtemps 
que  nous  sommes  ici,  il  faut  que  nous  allions  rentrer  le 
bétail.  Waiia  binkum  riga*"  raa'^àna  willa  bnà" 
dabàhkum  ou  benàdàbahabûkum,  par  Dieu,  il 
faut  que  vous  reveniez  avec  nous,  sinon,  nous  allons 
vous  égorger,  dit  un  envoyé  du  sultan  de  Heyfûn  aux 
quatre  esclaves  enfuis  qu'il  venait  de  retrouver  à  Ôuqrah. 
AVàiîabni  min  sàmmahak  bà^àd  e  s-s  a  r  a  f  (ragaz), 

^IvJi  lXjlj  d^v**-  Q^  ^JJ^  ^[5  ,  par  Dieu,  je  te  corrige- 
rai bien  après  l'empiétement  {égarement)!  ici  n°  63,  v. 
1.  Wiiia  bènak^)  saqqa  min  essêl  ed-dahaf, 
par  Dieu,  tu  seras  abreuvé  par  le  torrent  impétueux! 
ibid.  V.  2. 


1)  Je  ne  corapcends  pas  les  deux  derniers  mots. 

2)  Lisez  benàk  dans  le  texte  du  cliant. 


477 

Qrùb  yàba  (ou  lui  ij  e  1-w  u  g  h) ,  approche,  mon  bon! 
Il  refusa,  et  le  'Arwalite  dit:  walla  bnik  gà^  par 
Dieu,  il  faut  que  tu  viennes. 

Dans  une  lettre  de  Datînah  on  m'écrivit:    iulsJî  v^3 

'.^\^  y^\  i^i3  .^  ^,5!.-  ?y>i  :yi-  ^;à  j^!^  e.-^î 

o^LJî  ^j^  J^  ^)  ^o!  ^îj  o^^*^  ^  '^'■-5  '  -^'^  cause  du  de'- 
sordre  était  les  Qanncm,  à  propos  de  leurs  terres.  Ils 
disaient  que  les  Sâleh  ne  voidaient  pas  qu'ils  labourent 
leurs  terres^  tandis  que  les  Farag  disaient:  laissez-les 
labourer  leurs  terres.  Les  Sâleh  dirent  alors  :  par  Dieu, 
ils  ne  labourei'ont  pas,  et,  nom  de  ?i07n,  il  faut  qu'ils 
partent  du  pays.  Autre  exemple  avec  bina,  p.  353: 
w  a  1 1  a  bina  s  â  r  f i  m- 1  a  r  î  q ,  par  Dieu  nous  allons 
continuer  notre  route. 

Nous  constatons  ici  que:  1°  aL'Îj  n'est  pas  absolument 
nécessaire,  mais  il  rend  l'assertion  ou  le  serment  plus 
solennels;  2°  le  verbe  suivant  doit  toujours  être  à  la  troi- 
sième personne  masculine  du  singidier  du  parfait;  la 
forme  sans  les  suffixes  est  ibën;  3°  on  dit  toujours 
bin  ou  ibn  avec  les  suffixes,  jamais  binnak,  binne- 
kum,  binnehom  etc.  mais  b  1  n  a  k ,  b  i  n  a  h ,  b  i  n  k  u  m , 
binhom,  ou  avec  la  voyelle  prosthétique ;  4°  avec  na, 
Ij,    c'est   toujours   bina,   jamais   binna,   ce  qui  a  été 


\)     ^^[']     est    une    implication    se.    ^^jStl  et   n'influence   pas  le 

temps  du  verbe,  qui  est  lUi  parfait  à  cause  de  ^-J^ .  On  dit  ^j^  î^-c 

'Sjf:**^.  >    luivsez-lc.s  partir,  snprifti!  Ce  n'est  pas  un  v_5lL>  ,  coinnie 
avec  (^'  . 


478 

justement  relevé  par  Kampffraeyer,  o.  1.  p.  49,  is,  comme 
dauna  pour  daun-na;  5°  min  (=  ^  après  bin 
n'est  pas  nécessaire.  Dans  notre  dialecte  proprement  dit, 
je  ne  l'ai  pas  remarqué,  mais  déjà  dans  celui  des  "Awâ- 
liq,  cette  tournure  est  fréquente. 

Les  deux  exemples  suivants  de  deux  poésies  du  soldat 
Ma'gar  des  Bâ  Kâzim  illustrent  bien  l'emploi  de  ^^ .  Il 
finit  ainsi  sa  longue  qasîdah  en  r: 

Ceci   est  de  la  part  d'er-Bahmân:  mon  Seigneur  Va 

[ainsi  décrété. 
0  mon   cœur,  patiente!  car  un   cœur  comme  toi  doit 

[avoir  de  la  patience. 
Expliqué   par  ^aa^j  »yi . 


Ô  vous  qui  partez  le  matin,  fussé-je  donc  un  des  vôtres! 

On   comparera   ce  que  j'ai  dit  Arabica  V  p.  154  et  s. 

et  Kampffmeyer  A  V  Pb  p.   48,  à  propos  de  l'idiotisme 


4)  Pour  \yj>y*i  . 

2)    On    dit    en    Datînah:    iC^vlxaJ!    ^jcj    (J^oj)    ^^    ^    tiV^^ 

ou    bien    Axfc*    Li    (j--^   Vr^    cr»   ^^o  •     Voyez    phrase    analogue 
chez  vStumino  Malt    St,  p.  93:  tauwa-rra  wugheli  fi  niàser. 


479 

Et  Tétymologie  de  ce  mot?  Dans  mon  Arabica  V  p. 
15-4,    je    me   suis   carrément   prononcé   pour    ^' ,    fils. 

Kampffme^^er  y  voit  "la  conjonction  sudarabique"  j  +  ^i 
p.  48,  mais,  quant  à  la  première,  il  n'est  pas  sûr  de 
son  fait,  p.  53  en  bas.  M.  Hartmann  LLW  p.  109, 
soutient  que  ^  est  une  défiguration  de  byn  ^^-o.  Je  ne 
mentionne  cela  qu'à  titre  de  note  gaie  '). 

Du  moment  que  j'estime  que  le  mot  veut  dire  /?/§, 
je  n'avance  rien  d'osé  (Kampffmeyer  p.  46  et  note),  en 
disant,  que  la  vraie  forme   est  ^^^  car  le  classique  ^^î 

n'est  que  la  racine  ^  avec  voyelle  prosthétique ,  té- 
moin le  pluriel  j^,  j^  pour  ^^^,  ^-.yo .  Si  l'étymologie 
était,   d'après   Kampffmeyer   ^^'  j ,    contractés   en  b  i  n , 

comme   benn[i],    benn[ak]  etc.,  peut-être^   de   ^'u  ,  je 

demande  pourquoi  on  ne  dirait  alors  jamais  binnekom, 
comme  innekom,  12,  ae.  Les  dialectes  n'ont  du  reste 
in  que  dans  un  parler  rapide,  autrement  c'est  toujours 
inn.  C'est  à  cause  de  cela  que  je  note  quelquefois  in, 
p.  e.  9,  2,  s;  10,  2;  11,  25;  12,  i,  13.  On  dirait  dans  ce 
cas  indiscutablement  aussi  binnëna  et  non  pas  bina. 
Cette  dernière  forme  au  lieu  de  bin-na,  et  qu'on  pour- 
rait comparer  à  certaines  combinaisons  morphologiques 
de  la  grammaire  classique'),  se  confondrait  avec  benna, 


1)  Si  l'on  veut  admirer  les  connaissances  de  ce  réformateur  de 
rislàm,  on  n'a  qu'à  lire  le  stupéfiant  commentaire  qu'il  donne  p. 
109  sur   les   mots   bannit  fîh.    11  ne  se  donne  pas  môme  la  peine 

d'ouvrir  un  dictionnaire.    Cf.   Hdr.  Gloss.  s.v.    .y  . 

2)  Cp.  Hamâsah  p.    140,   ':     ^gJ^j^  ^  et  i.  4:    ^^^yli  . 


480 

peut-être  que  nous.  Mais  l'impossibilité  de  rexplication  de 
Kampffraeyer  ressort  le  plus  clairement  de  l'emploi  obligé 
du  parfait  à  la  3°  personne  masc.  du  singulier.    Si  nous 

disons  donc  .L«  j^njo  ,  il  faut  que  vouz  partiez^  je  ne 
trouve  pas  que  la  construction  grammaticale  soit  ex- 
pliquée  par    .'uAv  j»XjÇ ,   car  le  verbe  est  en  l'air  et  n'est 

régi  par  rien.  Je  veux  bien  que  la  construction  soit  ar- 
chaïque, mais  elle  est  fixe  et  invariable.  Les  anciens 
ont  bien  construit  leur  phrase  d'une  façon  logique.  Cette 
logique  nous  échappe  si  nous  admettons  l'étymologie  de 
Kampffmeyer.  Avec  la  mienne,  le  verbe  a  du  moins  un 
regens:  ^^\ .  Eu  égard  au  rôle  que  jouent  les  mots  ^^1 
et  _^1  dans  les  jurons  et  les  imprécations,  je  ne  vois  pas 
d'impossibilité  à  ce  que  ce  mot  ibn  puisse  aussi  figurer 
dans  la  construction  en  question.  Les  deux  mots  sont 
même  juxtaposés  dans  la  phrase  .L«  ^^t  ^'^  p.  477,  7 
et  note;  cf.  p.  476,  is. 

Qu'on  lise  ce  que  j'ai  déjà  publié  sur  ce  sujet  dans 
mon  Arabica  V  p.  153  et  ss.,  et  l'on  saura  peut-être 
donner  une  solution  définitive  à  une  des  plus  grandes 
difficultés  de  la  phraséologie  sudarabique.  Je  fais  obser- 
ver  que  les  Arabes  eux-mêmes  m'ont  toujours  expliqué 

cette  construction  par  dVJ'  ^p  etc. 

Au  même  endroit  j'ai  mentionné  une  autre  construction 
qui    est   encore   plus   compliquée:   iAj   ou   ^iSj  avec  les 

suffixes.  Kampffmeyer  en  a  aussi  traité  dans  son  mé- 
moire suscité.  Il  fait  venir  lXj  de  ^\j  en  disant  que  dans 
lo  sudarabique  (il  veut  dire  sabéen)  les  prépositions  sont 
employées   soit   seules,   soit  avec  l'addition  de  j>  ou  o-i, 


481 

comme  conjonctions,  et  il  compare  l'éthiopien  ba-za, 
pendant  que.  Je  n'ose  pas  encore  me  prononcer  sur 
cette  manière  de  voir.  En  tout  cas,  la  difficulté  est  la 
même  que  pour  la  construction  avec  ^\  à  cause  du 
verbe  au  parfait.  Le  maître  de  Leyden  veut  que  ce 
soit  l'ancien  Jo,  qui  peu  à  peu  aurait  pris  le  sens  de 
js.'j  1> ,   comme   \.Z^  et  Ulw  "::!  (communication).    Mais  le 

o  n'est  jamais  double.  Ahmed  b.  'Alî  es-Sâhimî  d'Ahwar 
dit  dans  une  qasîdah: 

L^'   ^^  ^^J^  «3Î^  ^^   ^! 

C'est  que  c'est  une  noce,  et  il  faut  que  je  m'y  rende, 
[et  si  im  crieur  se  fait  ente^idre, 
?ious  nous  joignons  à  ceux  qui  y  accourent  ^) 
Dô%n  a  dit: 


Après  la  mort  de  mon  oncle  (ou  étant  avec  mon  oncle), 

[nous  ne  manquons  pas  à  notre  devoir  ; 

il  faut  encore   que   nous  nous  entrechoquions  avec  les 

[lumières  noires  des  fusils. 

Bidi  qâl  lilkunt,  ^e  Ze  dirai  certainement  au  comte, 

dit  un  de  mes  datînois.    On  pensera  bien  au  biddi  des 

Syriens  =   ,j=o_^   des  Bédouins  du   Nord,  Arabica  V  p. 


1)   Les    Datînois,    qui    n'ont    pas    cette    particule,    disaient    ibni. 
jSa    était    prononcée    me^àr    par    les    Datînois   et   ineqâr   pai'    les 
Aulaqites.    Le  poète  veut  dire  (ju'il  se  fourre  partout. 


482 

156,  mais  que  faisons  nous  alors  du  parfait  Jj' ?    Ce  l\j 

est  seulement  usité  au  nord  et  à  l'est  de  Datînah. 
Enfin,  je  perdrais  il  ranno  e  il  sapone  à  m'étendre  plus 
longtemps  sur  ces  idiotismes  et  je  l'aisse  à  d'autres, 
plus  savants  que  moi,  à  me  mettre  dentro  aile  segrete 
cose  *). 

Puisque  Kampfîmeyer  a  englobé  dans  ses  recherches 
la  particule  bann,  j'en  parlerai  ici,  ainsi  que  de  quelques 
particules  de  la  même  catégorie.  Je  trouve  dans  mon 
grand  recueil  de  poéies  les  deux  vers  suivants  d'une 
qasîdah  : 

«^L^  b  Le   ^1  ^3^-   ^^— ^   \yJï 


On  dit   que  E.  a  dit   (de  moi)   que  je  ne  veux  pas 

[l'égaler. 
Quelle  honte  pour  celui  qui  prononce  un  mot  qui 

[blessera! 
Ou   bien    Sàleh  Va  dit,   s'étant  peut-être  fâché  contre 

[moi  lorsque  j'ai  rappelé 

que  l'homme  qu'il  a  tué  ne  sera  pas  vengé  ^). 

Ma  la  bànnak  min  "^Ôleh,  est-ce  que  tu  ne  serais 

pas  des  "Olah?  =   inn   bennak  ou   kinnak.    Dàn- 

nena  bâkir  bâninzil,  noiis  descendrons  probablement 


1)  Dante  Inf.  III  v.  21. 

2)  11  y  a  ici  une  faute  de  mètre. 

3)  C'est  à  (lire,  que  Sâlch  ne  vaut  rien. 


483 

demain  matin  vers  le  Yéman  (Aden).  La  dàDnehom 
ahël  fëlân,  ne  seraient-ils  pas  les  gens  d'un  tel?  = 
kinnehom  ou  la  kînnehom.  Waîia  ma  la  den- 
n  a  k  min  "^Ô 1  e  h ,  par  Dieu,  est-ce  que  tu  ne  serais  pas 
des  ^Olah?  Dènnah  Ijifi  bègi  liâna,  7non  frère  vien- 
dra peut-être  ici  =  dan n eh.  Walîa  inn  denn  hû'i 
gâ,^  par  Dieu,  mon  frère  est  peut-être  venu. 

Daun  ashâbi  fi  "^Adan,  mes  compagnons  sont  peut- 
être  à  Aden  ■=.  la  daunehom.  Dauna^)balesîr 
el-yôm,  nous  partirons  peut-être  aujourd'hui. 

Kinnehom  giV,  seraient-ils  venus?  =  je  suppose 
qu'ils  sont  venus  =z  binnehom  gû'  z=  la  kînnehom 
gû".  Kampffmeyer  AVPb  p.  3.  Nous  lisons  dans  Boh. 
IV  p.  182  (B.  Qissat  Zamzam):  jo-^î  ^K  JU»  JjLc  ^x.  ^ 

o —       j  0 

j»jLi  o^  v^^j    Alî  passa  à  côté  de  ynoi  et  dit:  L'homme 

sera  un  étranger?  —  Je  dis:  Oui.  J-^jCo"  ^U'i",  tu  ne 
me  reconnais  donc  pas?  Masoudi,  Pr.  d'or  V  p.  19. 

Il  y  a  donc  quatre  mots  qui  désignent  la  môme 
chose.  On  peut  aussi  s'en  servir  seuls  sans  les  suffixes. 
Bann  "âd  ahtfi  makanah  filfisëq  au  bannah 
''âqil,  est-ce  que  mon  frère  est  encore  dans  la  débauche, 
ou  bien  serait-il  (devenu)  sage2  Daun  wiiq^'at  bi^  em- 
wà'ak,  j'ai  peut-être  la  fièvre.  Cela  a  la  même  portée 
que  ^j-  L  ,  Prov.  et  Dict.  p.  445. 


1)  l'as  (làunena,  et  comparez  bina  ponr  bin-na  p.  477  et  s.. 

2)  i^j^  >  peut-être,  ne  fait  pas  paitie  de  la  phraséologie  bédouine 
du  Sud.  Peut-être  tout  court  se  dit  «j  ou  efV^  ,  comme  l'italien 
sarù.    Voyez  GIoss.  s.v.    ^L> . 


484 

Nous  avons  vu  que  bann  est  probablement  =  bi- 
ann.  Dan n  est  sans  doute  aussi  une  composition  ana- 
logue avec  d ,  peut-être  la  particule  démonstrative  ô . 
Kinn  est  assurément  ka-inn.  Tous  peuvent  être  pré- 
cédés de  1  a ,  qui  peut  être  remplacé  par  i  n  n ,  excepté 
avec  daun:  la  bann,  la  dann,  la  kinn,  la  daun 
ou  inn  bann  etc.  Reckendorf,  SV  §  129,  dit  à  propos 

de  ^^J^•■    „ Comme  la  négation  "^  dans  cette  particule  ne 

donne  point  de  sens,  il  est  à  supposer  que  l'a  est  con- 
tracté de  ââ,  et  nous  aurons  par  conséquent  *lââ- 
kinn  a,  où  l'on  reconnaît  sans  difficulté  la  particule 
affirmative  la.  On  peut  en  outre  en  détacher  àk  et 
inna  et  l'on  aura  dans  le  premier  l'hébreu  ~N.  Donc, 
une  particule  qui  véritablement  accentue  avec  force  ce 
qui  suit."  Cf.  Zimmern  VGSS  §59e  et  f.  Si  la  est 
ici  affirmatif,  inn  l'est  aussi.  Les  deux  affirmatifs  sont 
encore  vivants  dans  le  Sud;  v.  le  Gloss.  s.v..  Il  est  vrai 
que  les  particules  en  question  sont  plutôt  dubitatives, 
mais   c'est   un    dubitatif   affirmatif  qui   laisse  supposer 

l'existence    de    la    chose   énoncée.   ^Us  ^^  ^  est  bien 

o 

mon  châle  est  peut-être  perdu  =  Ajo  v^L>  ,  mais  avec 
l'idée  qu'on  le  croit  vraiment  perdu.  Ces  particules 
m'étaient   toujours  paraphrasées  par  ^^^  (qu'on  connaît 

o 

d'Aden)  et  son  synonyme  o'u=>,  peut-être,  pour  ^_i'3-î ,  je 
crains. 

On  comparera  kainn,  avec  ou  sans  suffixes,  si  usité 
dans  les  dialectes  d'Egypte,  de  Syrie,  de  l'Arabie  du 
Nord  et  du  Yéman,  et  qui  est  le  même  mot,  non  con- 
tracté, que  notre  kinn  en  question.    J'en  ai  parlé  dans 


485 

Arabica  V  p.  153,  et  Kampffmeyer  o.  1.  pp.  3  et  ss.  a 
tort   d'y   corriger   la    traduction    de   Barthélémy   et   de 

Tantawy  de  ce  mot.  La  phrase  de  Tantawy  Ji' xyû' c>oî , 

o 

tu  la  connais  doiic,  est  exacte,  et  ^'i^ ,  ou  plutôt  ^^1^ ,  y 
est  à  sa  place,  aussi  en  Syrie. 

13,  13:  Il  y  a  had  et  h  u  hadd.  C'est  qu'il  y 
a  les  deux  formes,  selon  que  l'accent  repose  plus  ou 
moins  sur  le  mot   ou   qu'on   parle   plus   ou  moins  vite. 

3o  est  répandu  dans  la  plupart  des  dialectes  arabes, 
même  bédouins.  L'aphérèse  initiale  se  rencontre  aussi 
en  araméen  et  en  hébreu,  Kônig  L  H  S  II  p.  479  (3,  et 
le  néo-syr.  a  ^^,  Nôldeke,  Neusyr.  Gr.  p.  88. 

13,  17:  ra'ni.  Un  datînois  rencontra  un  juif,  à  qui 
il  dit:  ismil,  prends  à  gauche.  Le  juif,  se  croyant 
dans  ed-Dâhir  ^),  répliqua:  ma*^rif  ismil,  je  ne  sais  pas 
prendre  à  gauche.  Le  frère  du  juif  lui  dit  alors:  Ismil, 
rà'^ak  fi  Ard  ""Ôleh,  prends  à  gauche,  c'est  que  tu 
es  dans  le  pays  des  "Ôlah.  La  tôkol  si  minneh,  ra'^ak 
bâtëbùwis  minneh,  7i'en  mange  pas,  car  tu  e?i  seras 
malade.  El-yôm  ra'na  raqafna  min  em-bard'^) 
nous  avons  tremblé  de  froid  aujourd'hui. 

Dans  cet  ouvrage,  nous  en  trouvons  les  exemples 
suivants.  Ra'  fîh  edgâm  kamedgâm  Neyfân, 
c'est  qu'il  y  a  des  crêtes  comme  les  crêtes  de  N.,  p.  76,  s. 
Ra'  min  qutil  yislahiV  lal.idah,  voilà  qu'on  prépare 


1)  Datînah,  le  paj-s  des  olali,  n"a  pas  de  sultan  comme  eil-pâhir, 
et  l'on  n'y  a  ])as  besoin  de  rintermédiaire  des  Juifs,  vu  la  proximité 
d'Aden  et  l'esprit  entreprenant  des  Datînois.  Les  Juifs  y  sont  fort  mépri- 
sés, et  on  les  force  toujours  à  j)rtsser  à  gauche  lorsqu'on  les  rencontre. 

2)  Et  non  pas  bard.  On  dit  de  même  kalb,  chien,  g  a  mal, 
chameau  etc.,  ce  qui  est  à  noter. 


486 

;«  fosse  de  celui  qui  a  été  tué,  117,  23.  Win-nasâwîn 
ra"  nicV  si  '^aleyhin  qasà'',  c'est  qu'à  l'égard,  des  fem- 
mes on  ne  saurait  avoir  de  la  dureté,  105,  1.  Wen- 
Nasiri  ra"  lieyr  lat-tabb  ahrién,h,  quant  aux  Nâ- 
sirites,  il  vaudrait  mieux  qu'ils  fassent  sortir  le  j^oisson 
(de  la  tribu)  111,  2.  La  r a^n i  m  u 1 1  r=  in  k â n  m u  1 1 , 

je  serais  certainemetit  (i)  mort,  86,  i  et  note  1.  Ra'^ni 
''Awad,  je  suis  '^A.,  moi!  145,  ir..  Rahha  teqîleh 
mitël  heyd  es-§errîeh,  c'est  qu'elle  est  lourde  comme 
la  montagne  d'es-S.  108,  12.  Ràhhatwàsset,  la  voilà 
qui  s'est  relâchée,  R  a  h  h  0  m  t  e  1  â  t  a  n  i  y  â  m ,  ils  sont 
trois  qui  dorment  déjà,  8,  25  et  s.  et  181  note  1. 
Ra^îha^)  sâbtis  gelîleh,  voilà  qu'une  halle  t'a  blessée 
{touchée)  81,  8. 

Heydarah  b.  Mehdî  el-Murquéî  lança  ce  zamil  mordant 
à  l'adresse  du  sultan  des  ^Awâliq  es-Suflâ  dont  on  était 
fort  mécontent  : 


0  sultan!   nous   viendrons  chez  toi,   si  tu  es   encore 

notre  [bon]  sultan^ 
Sinon  tu  verras  un  événement  se  produire  sur  le  sommet 

d'el'AMf^) 


1)  Où  le  pronom  se  rapporte  id*i> . 

2)  Ces  pieds  [nâk,  lîb]  sons  rares  dans  la  poésie. 

3)  Sens  incertain.   Ces  poésies  sont  des  Bâ  Kilzim,  qui  ont  un  vo- 
cabulaire à  eux. 


J 


487 

S'il  y  a   des  changements  dans  tout  ce  langage  (que 
[tu  nous  tiens  à  tort,  c'est  bon), 
Sinon,  tu  verras  le  flot  heurter  tout  rivage  '). 
Le  sultan  riposta  par  ce  zàmil: 

v>^  l5^  l>'3  r^^jj-^-  ''^^-^j^ls 

0  Heydarah,  fils  de  Mehdi!  C'est  que  l'événement  est 

{arrivé: 
B  faut  que  tu  le  fasses  entendre  à  qui  a  l'intelligence 

[bornée. 
Le  tonnerre  gronde^  et  qu'est  ce  qui  peut  lui  faire  face? 
C'est   à  peine   si   l'homme   courageux  chez  vous  peut 

[s'écrier:  Grand  Dieu!'} 

Cet  inapératif  est  conjugué:  ra^i  (fém.),  ra^u,  ra^èyn 

(fém.).  Il  correspond  au  nordafricain  râ  ^)  et  fait  comme 

lui  office   du   verbe   être.    Seulement,   il  y  a  toujours  la 


4)  =  si  tu  ne  te  conduis  pas  comme  il  convient  à  un  sultan, 
nous  te  destituei'ons. 

2)  Sur  l'expression  3' a  latîf  à  cette  occasion,  voyez  p.  320 
note  1. 

3)  Stumme  T  Gr  p.  145  et  MGT  p.  239;  Doiitté  T  0  p.  68; 
Marçais  Gr  p.  122  et  s  s..  Il  y  a  cependant  la  différence  que  les 
dialectes  sudarabiques  ne  connaissent  pas  les  formes  râlii  =  râha, 
et  râhna    =  râna.    Hartmann    LLW  p.  55,  8  d'en  bas:  rîtûne 

râna    gti'^ne    =    1  *»iTi    cXï    jyits.'':  .    Hartmann    s'est    fait   la   spé- 

eialité  de   donner  des  textes,  recueillis  entre  deux  tartines,  sans  les 
traduire.  Il  les  comprendra  peut-être,  lui,  mais  non  pas  nous  autres. 

35 


488 

môme  idée  que  dans  le  français  voilà  ').  Il  peut,  bien 
entendu,  être  suivi  de  n'importe  quel  nom  à  l'accusatif 
comme  objet:  ra'  em-raatar  yehdil,  voilà  que  la 
pluie  tombe  fine. 

J'ai  trouvé  ce  même  ^'  dans  le  sud  de  l'Algérie,  chez 
les  Ulâd  Nâil,  ce  qui  est  à  remarquer  à  cause  de  l'ori- 
gine  de  cette   tribu.    Comme  le  classique   ^c.  doit  être 

une  prononciation  plus  gutturale  de  ^;:i.,  du  moins  dans 

quelques   acceptions  ^),    c ,   me  paraît  bien  dériver  de  la 

même  façon  du  classique  ou  -s  devenu  râ  en  Afrique. 
Le  verbe  ^. ,  a,  existe  bien  chez  les  Bédouins  de  la 
Syrie  dans  le  sens  de  voir:  gàllu:  ma  ""andak  ne- 
ras  si  1  y  a  mo^azzib  er-Rohman?  Qâl:  èr'^a  es-sâ- 
bùni  uelma"  ràssil  yedk,  (un  bédouin  venu  à  Damas 
où  il  fut  régalé)  lui  dit:  ,^N'as-tu  pas  quelque  chose 
pour  me  laver,  ô  amphitryon  du  Rahmdn?"  Celui-ci 
répondit:    ,, Voilà  le  savon  et  l'eau,   lave-toi  la   main," 

5aurân.   ^.î   me   fut  ici   paraphrasé  par  „-ui,   regarde! 

^)^  est  chez  Hartmann  L  L  W  n°  16  Str.  5  v.  3  et  p. 
67,  voir  ').  Dans  le  B  Z  G  C  A  p.  76,  Nôldeke  traduit 
jjl'impersonnel"    J.  par  erhlichen,  sehen,  tandis  que  Fùnf 


1)  Littmann  compare  (communication)  le  siidpalestinien  hai'ûto 
=  Yt'-rusiil.  haiyô.  Dalman  PD  p.  32  note .  2  dit:  »hai'i  oder 
ai'^i,  sielie,  erinnert  an  harê  bez.  are  im  Hebraischen  der  Misclina 
und  dem  targum.  Dialekt.  des  Aramiiischen." 

2)  Pour  (^.  et  (^K ,  comparez  le  français  considérer,  avoir 
égard,  l'italien  aver  rir/iiardo  et  l'allemand  Bi'(cl:sicht  nehmcn. 

3)  Le  cy?^'  ^î;  de  Ilodeyl  ,  Wellh.  n»  249  v.  3,  est  bien  re- 
garder, observer  les  étoiles. 


489 

Mo^llaqat  il  traduit  le  v.  14  de  la  Mo^all.  de  'Antar  par 
merken  ').  Je  crois  que  r,\  a  partout  ici  son  sens  ordi- 
naire à' effrayer^  car  un  verbe  c!  ,  voir,  m'est  inconnu. 

A  ces  ra"  et  râ  correspond  le  tara  ou  tara  inn  des 
Bédouins  du  Nord.    Ils  l'appellent  p^lXi  ^^o^" . 

Dans  l'histoire  de  Tîtâb,  en  dialecte  de  ^Oneyzah,  j'ai 
noté:  BaM  ma  màda  min  ez-zamân  ha  m  s  u^asrîn 
sèna  ràzau  el-Bisër  ila  gihat  Negrân  fawaga- 
dau  gurb  al-hey  atar  ibël,  fadàwaru  "a la  elibël 
fawagadu  atar  sahs  yèr^a  el-ibël  uyagûd  fa  ras, 
fanizal  ahù''  Tîtâb  M  oh.  I.  Buheyyit  u  nazar 
atar  es-sahs  râ'^i  el-ibël,  ugâl:  yâl  Murra  waita 
in  hâda  atar  Tîtâb  au  atar  wulèdu,  fnàzaru  el- 
gôm  el-atar,  sàhdu  ^alîy,  fagàssau  el-atar  fa- 
wà^adau  râ^il-ibël.  Gâlûloh:  entîbën  min?  Gâl: 
ànîbën  fiilân  el-Radbâni,  wantum,  ya  halràzu, 
taràkum  duyûfi.  Faràhu  m'iàh  ila  bêtu.  Après 
que  quinze  ans  furent  écoulés^  les  Biér  firent  une  incur- 
sion du  côte'  de  Negrân  et  trouvèrent  près  de  la  tribu 
des  traces  de  chameaux.  Ils  se  unirent  à  la  recherche  des 
chameaux  et  trouvèrent  des  traces  d'une  personne  qui 
faisait  paître  les  chameaux  et  conduisait  une  jument. 
Le  frère  de  T.,  Moh.  fds  de  B.,  mit  alors  pied  à  terre  et 
regarda  les  traces  de  l'homme,  pâtre  des  chameaux.  „0 
Mourrah!,  dit-il,  ce  sont  là,  par  Dieu,  des  traces  de  T. 
ou  celles  de  son  garçon."  Les  compagnons  regardèrent 
alors  les   traces  et   s'en  portèrent  témoins.    Ils  suivirent 


1)  KA  10  p.  52  I.  0  (J'en  bas.  ULx  N(  ^\^  Lo  .  Cette  tnurmirc 

avec     c'.    correspond    à    celle-ri:    ^yo    ^!    |y)iAJ5    •^    ^^f  c>À.^  -*■•, 
vttili)  tpit:  tous  avand:renl  sur  tnnl^  "^Ana/î. 


490 

les  traces  et  trouvèrent  le  pâtre  des  chameaux.''  Le  fils 
de  qui  es  tuf"  lui  demander  entils."  „Je  suis  le  fils  d'un 
tel  le  Radbânite,  et  vous,  compagnons  de  la  razzia,  vous 
devez  être  mes  hôtes."  Sur  quoi,  ils  allèrent  avec  lui  à 
sa  tente.  Ici  ^!  J  me  fut  expliqué  par  *Jlx^^  ^jjx.  q»X>. 
Un   "^Anazî    et    une  'Anazîeh   s'aimaient:  il  lui  dit'): 

^  "^  o 

:  vi>J'ï    .  Uj    ^v-JLo"    (jii»    'jA-Xé-jUig'    :  u^    ^^^Ji    .  i^z/jl     ^-.j-,    ^^l-^; 

*^    ^W^    l'^'î^'    "^     JW^"     -^J-^^     dVjW     ,-^î     Aj."     d^Ji*jy>     j.îj 

„Donne  à  boire  à  ce  cheval."  —  ^Volontiers,  répondit- 
elle,  et  tout  ce  que  tu  voudras."  —  Je  lui  dis  alors: 
„Que  Dieu  fasse  vivre  ta  parole!"  —  Elle  dit:  ,,0ù  est 
ton  pays?  où  est  ta  famille?"  —  Je  lui  dis:  ,,Que  veux- 
tu  de  ma  famille?"  —  Elle  dit:  „Je  veux  ton  bien:  c'est 
que  tu  es  un  brave  homme,  toi!"  —  Je  lui  dis:  y,Que 
veux-tu  par  cette  demande?"  Elle  dit:  „C'est  que  je 
t'aime  et  je  veux  m'en  aller  avec  toi,  et,  par  la  voix  de 
Mohammed,  je  ne  te  cache  rien,"  "^Anazî.   :"  sAc  j;.^    Jï 

iJàlb  'ujj  v^^  L)   î.jCi^!    'yo,  Il  dit:  Qu'est-ce  que  cela  fait? 

Allons,  témoignez,  ô  Bédouins:  la  voilà  qui  est  déjà  repu- 
diée,  A  nazi.  *jc<j  Vj  \j  j  Jujt!'  _i;'  .1* ,  Allons,  achète 
l'esclave:  ne  le  voilà  t-il  pas  sa  dernière  chance,  "^Anazî. 

v_,»»<jij"    L»—    ,*-*-)    J'r-J"    J»;    \^^yJi^    L«    ...'3    (jiL^wO    J»;     ^^^/JiJii      ..! 


i)  Voyellement  d'après  la  prononciation  du  bédouin. 


491 

^j.,..»^).  Si  tu  vois  une  silhouette  à  Vhorizon,  nous  pren- 
drons la  fuite,  et  si  tu  ne  vois  rien,  c'est  que  nous  res- 
terons   (ici)  jusqu'à  ce   que  le  soleil  se   couche.    ^^   Jï 

dit:  Où  est  le  Bédouin  qui  a  enlevé  la  fille?  Il  répondit: 
Monsieur,  ils  sont  aie  hân. 

Dans  le  récit  d'el-Hôtrôbî,  je  trouve  ceci:  Sellim  ''a la 
el-Hôtrôbi  ugiiUuh:  hawîyetak  illi  edharàtak 
1  a  e  1  m  à  g^a  d  1  a'a  n  d  e  1-6  e  r  b  a  e  t  g  ù  1 1  a  k  :  a  n  a  t  a  r  â  ni 
hatt  min  ehtût  "a bâta k.  Salue  el-H.  et  dis-lui:  Ta 
sœur  qui  fa  fait  paraître  dans  le  compartiment  de  ré- 
ception devant  elé.  te  dit:  Je  suis,  moi,  une  raie  des 
raies  de  ton  manteau,  ""Anazî.  La  célèbre  qasîdah  de 
"Agâb,  citée  p.  426  et  s.,  porte  ces  vers: 


a-" 

Envoie-la   à   Muslit,   héritier  des  victorieux:  il  est  à 

[court  d'exploits,  s'il  veut  venir  contre  nous. 

Dis  lia:  nous  sommes  en  train  de  marcher  contre  toi; 

décampez  de  votre  abreuvoir,  qui  est  devenu  notre  eau 

[à  nous. 
In  a  n'a  m  t  u  'a  1  e  y  n  a  t  à  r  a  m  o  r  â  g  âM  i  h  â  t  è  r  k  u  m , 
si  vous  nous  faites  une  faveur,  c'est  que  cela  vous  sera 
compté  comme  une  gracieuseté,  ici  30,  23. 

Le   récit  d'un   'Oneyzite  commence  ainsi:  ^  AcLs  ^1^ 


492 

\ï^    \^ju   AcJi    xJ    ji  Li  j.^^3    ..."^li    x>5;    'AP   [yï^    Li^c.   vXio^ 
^y   cf^.   ^-r-'   J^j   ^'/    (i^jr^   -ij)    o^   l^  ci^l,   ^^Lc  j^îy 

JwJi  ^xij"  Ljoc  ^p:Jax).    (^c^zd  b.  Miglâd  était  le  chef  des 

el-'^Imàrât,  des  "Anazeh.  Il  vit  une  femme  des  "Anazeh 
dont  il  devint  épris  et  demanda  qui  elle  était.  On  lui 
dit:  ,^C'est  la  femme  d'un  tel."  Dès  le  lendemain  matin, 
QâHd  convoqua  ses  Bédouins  et  leur  dit:  ,^C'est  que  vous 
partirez  en  razzia,  et  toi,  un  tel,  tu  seras  mon  zam- 
mâl,"  c'est  à  dire,  tu  monteras  mon  chameau  pendant 
que  les  chevaux  (cavaliers)  font  l'attaqiie. 

Qu'il  me  soit  ici  permis  de  parler  de  quelques  autres 
mots  analogues  qui  ne  sont  employés  que  dans  le  Nord, 
en  Syrie  et  en  Egypte.  Dans  les  exemples  cités,  au 
lieu  de  p.  e.  tara  ha,  on  aurait  partout  pu  dire  atâ- 
rîha,(atarîha),târîha,(tarîha),atrâha,atrîha. 
Les  formes  entre  parenthèses  ne  sont  que  des  variations 
de  la  première.    Exemples: 

1°  ^^'j1  —  ^,Jii:>  Joîj  (Aj.'j!  c>o!  b,  voyons,  tu  es 
donc  un  querelleur,  toi,  Bâsim  le  Forgeron  éd.  Landberg 

5  ù 

p.  16,  H.  ^Lo^  ^J^  ^Jr^'^  »^y^  jvj'j  ^^.■*'^,  je  croyais  qu'il 

dormait,  et  le  voilà  qui  est  éveillé  depuis  longtemps, 
Caire. 

A  Jà"    (liw)   •^^^  ci^xiîj   *-s^-->  o-=^f- 

Il  fronça  le  front,  se  tourna  vers  moi  et  me  dit: 
Mais  c'est  que  tu  es  un  7iigaud  insiinde  et  un  étourdi. 
E.s-.^abràwî,  Himl  Zagal,  Caire  p.  6,  21. 


493 

[jjsLw  [^jj'  -i^v^î-^'  j-  (*T^  lA^'  si:^^»  i^  SW25  allé  les 

chercher   à    la   maison,    mais   voilà   qu'ils    étaient   déjà 
partis,  Damas. 

En   Egypte,   on   peut  remplacer  ,sjjt,  qui  y  est  aussi 
usité,  mais  ne  figure  dans  aucune  grammaire,  par   ^Jj\, 

dont  on  trouvera  des  exemples  dans  la  Grammaire  de 
Spitta  p.  179  0. 

;j;y-j1 ,  je    croyais  qu'il  était  cinq   heures,  et  voilà  qu'il 

n'est  pas  encore  deux  heures,  Caire.  *jjj  ^^'J  'ij«.;jij!  Lu=>, 

wo?<5  sommes  venus  chez  lui,  et  voilà  qu'il  dormait,  Da- 
mas, Wetzstein  ZDMG  XII  p.  124  note. 

Il  y  encore  deux  autres  particules  qui  entrent  ici  en 
ligne  de  compte: 

je  suis  allé  à  la  jument  la  croyant  eti  train  de  paître, 
et  la  voilà  qui  dormait,  ^Anazî.    Cela  me  fut  paraphrasé 

par  i^-lj  Lfs'^jiS.  c>ou\x  U  dVj.j'  ,  voilà  que  tu  n'es  pas 
encore  parti,  ZDMG  XXII  p.  123  note,  /'w^t  ^jj\ 
j)JJI  '^  »^j^  .^^Â^ ,  ainsi,  les  soldats  continuèrent  à 
marcher  tout  d'un  trait   toute  la  nuit,  ^Anazî,  récit  de 


1)  Qui  le  (li'iive  de  j^gj^^^'l  .    Cela  me  paraît  suspect.    Les  savantt; 

indigènes  le  dérivent  de   v_j  loi ,   car   on   dit  aussi   'J>'  en  Egypte  ii 
c6té   de   !v3' .    Le   o   est   itiononcé  O  et  ensuite  cj  .    Mais  pour  moi 

l'étymolopie  en  est  encore  obscure.  Cf.  Hartmann  Z  A  19  p.  364  et  note. 


494 

Hôtrôbî.  Le  mot  en  question  me  fut  ici  expliqué  par 
JJI3  .  D'autres  exemples  Z  D  M  G  (Wallin)  VI  p.  205, 
11;  ibid.  XXII  p.  123  note. 

4°  o^ii' .   —  Aciî  ^j"l-j1  «^* ,    il   entendit^    car   il   était 

^  5050  ù^ 

éveillé,     A  nazi,     odjw    ,Uiî  'Msy^*^  )JJi  J^y^'  W  f^-  («y. 

iAaxj  ^^  xjLâj'i-ii  ^j:o.!^l  o'^'.  ^o.î^_^  yJî,  il  regarda  alors, 

et  voilà  que  la  mèche  était  allumée  (et  luisante)  comme  U7i 
petit  morceau  de  charbon  incandescent.  C'était  là  un  homme 
armé  de  fusil  (chasseur).  Il  se  trouva  que  cet  homme  l'avait 
vu  de  loin  ZDMG  22  p.  75,  9.  Le  bédouin  de  Wetzstein 

l'expliqua   par     ^Lli!!^.   —   j^  \j   .Lo  ^yC:^  aÎ  Ji^.  tJu 

mença  à  lui  raconter  tout  ce  qui  lui  était  arrivé,  d'un 
bout  à  l'autre,  et  voilà  que  la  même  chose  était  arrivée 
au  Chammarite  qu'au  Khâlidite,  ibid.  p.  75,  is.  Ici  un 
'^Anazî  m'expliqua  le  mot  par  ^V^UI .    Je  te  croijais  bien 

portant   q>L«-  e^J'U"'^,  mais  voilà  que  tu  es  malade,  ibid. 

p.  123. 

Quant  à  la  signification  de  toutes  ces  particules,  il  est 
à  observer  qu'elles  ne  désignent  pas  seulement  l'appari- 
tion subite  et  inattendue  d'une  chose,  ou  souvent  l'anti- 
thèse, mais  aussi  la  conséquence,  la  situation  continuée 
ou  la  raison  d'être. 

Je  crois  que  ^J:.^j1  n'est  qu'une  prononciation  pour 
^^iji  et  que  ^J3  a  simplement  perdu  son  a  initial.  En- 
suite l'a  est  devenu  a.  Une  contamination  avec  ^cjJ 
n'est  pas  exclue.  Elle  exphquerait  la  forme  atrâha  ■=. 
tarriha.    Dans  ki   forme   aWjT^,   qu'on  entend  aussi,  le 


495 

premier  a  renferme  le  démonstratif  vulgaire  T  qui 
correspond  au  classique  L?  . 

Quant  à  l'étymologie  de  ^y^ ,  Wetzstein  ne  tranche 
pas  la  question.  Il  dit,  o.  1.  p.  123:  „C'est  probablement 
un  pluriel  JL«  de  S)  ou  ayî  avec  le  ^ ,  souvent  attaché 

en  annexion  aux  particules  chez  les  Bédouins;  on  dit 
LuJs^  ,  fôqîna,   sîir  7ions,   et  Af?^  >  tahâtîk '),  sous 

toi  etc."   Le  pluriel  de  y'  ou  y^  est  yï,  aussi  chez  les 

Bédouins,  et  si  l'argumentation  de  Wetzstein  est  plau- 
sible, elle  expliquerait  bien  la  forme  âtârîh.  Pour 
o'yî,  il  s'exprime  ainsi:   „Je  le  considère  originairement 

comme  un  pluriel  de  àii,  nom  d'unité  de  S)  ou  de  .iî , 

la  trace,  la  signe  visible,  qui  provient  d'une  personne  ou 
d'une  chose."    Cela  parait  probable. 

Ces  particules  n'existent  pas  dans  le  Sud. 

Tarey,  fém.,  121,  6,  est  le  même  mot,  mais  il  n'est 
pas  employé  ici  comme  particule  démonstrative  ;  il  peut 
être  ici  remplacé  par  l'impératif  ra'i  ou  sa'^i  (ra'ày, 
éa^y).  Stumme,  Beduinenlieder,  traduit  tara,  Gloss. 
S.V.,  par  wohlan,  also,  drum!  ce  qui  ne  serait  pas 
tout  à  fait  juste  pour  les  dialectes  de  l'Arabie,  vu  que 
son  emploi  n'y  est  pas  exactement  le  même.  Nous  le 
retrouvons  cependant  en  Algérie,  Bel  la  Djâzya  p.  75. 

J'ai  déjà  fait  ressortir  dans  mon  L  A  p.  62  que  c' 
et  ^  font  le  même  office  que  les  affirmatifs  ^^.,!  et  Jo  . 
On    peut    donc    souvent    traduire    la    phrase    par    déjà 


1)    Non,    on    dit    tahtîk.     Ce    renforcement    de    la    voyelle   sous 
l'influence  de  l'accent  se  trouve  aussi  dans  le  dialecte  égyptien. 


496 

jJls  5!. ,   Algérie,   r=  ^^  kcj   Dt.,   le  voilà  qîii  est  parti, 

est   donc  =   il  est  déjà  parti,  .L-  xj'  ou  .'uw  ^jo  (Hdr 

svAi) .    -flj?-  Mi,,   il  est  déjà   venu.    Hartmann  LLW  n° 

25  Str.  2,  a:  râssôb  ma  fîh  sê''aib,  qu'il  traduit 
bien  par:  die  Liebe,  bei  der  ist  icirklich  keine  Schande, 
vu  le  caractère  afflrmatif  de  ce  mot. 

L'impératif  ^  a  été  traité  dans  mon  L  A  p.  62  et 
ss..  Il  est  très  courant  dans  le  Sud.  Eu  voici  des  exem- 
ples, tirés  de  mon  grand  recueil  de  poésies  populaires 
du  Sud,  voyellées  selon  le  chant. 

C'est  que  ton  ami  n'a  pas  une  ocque  (de  poudre) 
dans  son  attirail  de  tireur,  et  l'ocque  de  poudre 
ne  vaxit  pas  le  poids  de  la  rude  mo7itagne. 

tX-'é  yJL    J.L_*_j'   dV_l4'   ^c-^    ^^-^' 

Moi,  ton  fils,  veux-tu  me  nuire  de  propos  délibéré''^ 
C'est  que  l'ocque  (de  poudre)  vaut  dans  la  balance  un 

+  [bahâr. 

-,   ^    ■    -  ^  -■       ^        '- 

(y_^i   ^J^\   ^    v;'^--^'    ^r^-    ^ 


\)  Obs.  la  prononciation  ôqieh. 

2)  *i^!  est  substantif,  et  v—j.Lca^l  est  l'objet.  11  faut  iieut-étie  lire 

*J^  comme  adjectif,  mais  la  rime  est  en  a  m. 


497 

Ne  voilà-t-il  que  tout  chef,  lorsqu'il  est  engagé 

dans  son  entreprise^  fera  sortir  la  migraine  de  la  tête 

[malade. 
Dô^an  dit  dans  une  longue  qasîdah: 


y> 


J.-^^!^    s^^jJ^\    3y-z    ^c-^.    '^- 

Je  ne  dévie  pas  comme  toi  de  la  route,  et  tu  as 
coupé  la  corde  (du  puits)  lorsqu'elle  vient  sur  la  mar- 

[celle  et  la  poulie. 
Sache  que  celui  qui  dévie  de  la  route  est  enterré 
à  côte  du  ciynetière  ;  il  se  sépare  de  ses  amis  et ... . 
Faisant  suite  au  verset  à  la  page  330: 


L5    '■" 


Sinon,    raccourcis   le  parler,    car    le  parler  est  [une 

[cause  de]  blâine  (désagréable), 
quand  même  tu  sentirais  une  souris  dans  le  foie. 


_vvJi^iJt    ^    e5^^    .,J^^ 


C'est   que  mon  pays  se  trouve  dans  les  contrées  orien- 

[tales, 
et  nous  {=.  je)  tenons  à  avoir  de  quoi  payer  nos  dettes 

[avant  le  coucher  du  soleil. 


1)   Chantô    fak-kî-eli,    mais   la   dernière  syllabe  n'est  pas  métri 
queraent  très  juste,  car  le  poète  la  considère  comme  brève. 


498 


,o  -  ^        ^   -o^ 


oli    ...LcjJj    ^exilai!    ;?  ;_c:     >— X—i:     !Si.>^ 

Z^a  renommée  de  I.  Lanças  le  Marba^ite  monte  toute 
valu  :  sa  pique  a  bien  mis  en  branle  et-  Tarah, 
et  le  mont  Nûmân  tremble. 

A 

0  Ibn  er-Riclâ%  nous  voulons  avoir  2m  poste  de  garde 

[placé  dans  le  pays. 

Des   Bâ  Diîjêbân,  il  y  en  a  qui  a  pris  la  route  de  la 

côte  (pour  aller  à  Aden)   et   qui  est  parti  (pour 

(un  autre  pays  de  l'Intérieur). 

Dô'an  dit: 

^j-*LftJb    ÂJ>-*^    LLjl\-==-    -J-*-^ 

Nous  avons  déjà  pris  Ga'^walah  avec  la  poudre  qàmizite, 
qui  détonne  du  poste  de  garde  des  (aux  ?)  quatre  angles 
Le  même: 


1)  =  oLii .  Les  dialectes  de  toute  la  Péninsule,  de  même  que 
celui  de  Syrie,  aiment  beaucoup  l'accouplement  de  deux  verbes  si- 
gnifiant partir,  s'en  aller,  en  guise  de  «jj'-^  •  C'est  un  long  clia- 
pitre  à  écrire. 

2)  =    ij^^s^' ,  oii  l'a  initial  tombe. 


499 

Cest  que  je  me  charge  des  fardeaux  des  forts  chameaux  : 

Ne  s'effraie  que  celui   qui  n'a  pas  de  chameau  à  sa 

[disposition. 
Le  même: 

,,       ,    ',  ,       ;  ,  + 

Je  ne  lui  ai  rien  dit:  elle  forme  encore  l'accès  de  Kalad. 

Depuis  que  nous  sommes  partis,  c'est  qu'ils  sont,  les 
gredins,  (encore)  pleins  de  perfidie. 

Le  'omânais  sa  -f-  suffixes,  R  0  p.  149,  2,  272,  6  d'en 
bas,  et  souvent  dans  les  textes  de  Rôssler,  M  S  OS,  et 
qui  correspond  à  c.  et  «^  ,  m'est  encore  obscur,  quant 
à  son  étymologie. 

Dans  mon  mémoire  L  A  p.  63,  j'ai  dit  que  les  dialectes 

méridionaux  ont  aussi  le  verbe  ^yt^" ,  voir,  regarder,  et 

Jj^^jt^",  nachsehen.  J'y  ai  comparé  le  babylonien  éeW^), 
et  l'hébreu  n)W ,  ayant  le  même  sens.  Nôldeke  Z  D  M 
G  59  p.  418,  émet  l'avis  que  ^JJt^  et  nr^  ne  peuvent 
pas  avoir  de  corrélation,  car  le  (ji  arabe  correspond  à 
un  tf  hébreu.  Il  y  a  trente  ans  qu'el-Muzhir  I  p.  133 
me  l'a  appris:  ^i:^  ^i  ^jy^^^  oT^^  ^'  o^  ^"w^  ^  y^  Jiï 

^\  ^"^^^  j^-^UJ.  C'est  là  l'abc  de  la  philologie  sémitique, 

et  je  me  suis  bien  gardé  de  dire  que  l'un  vienne  de 
l'autre.  Le  grand  maître  de  Strasbourg,  qui  souvent  se 
prononce  avec   un   peu   trop  d'assurance,   a   oublié  que 


1)  Infinitif. 

2)  Delitzsch  H  W  U  p.  632.    Winckler  Gesetzo  Hanimurabis  Gloss. 
p.  112.  .lensen  K  15  VI  p.  304. 


500 

l'hébreu  et  l'arabe  ont  beaucoup  de  mots  où  le  é  est  en 
commun  et  qui  proviennent  d'une  même  source.  Cela 
est  ici  le  cas.  Le  s  assyrien  peut  faire  s  aussi  bien  en 
hébreu  qu'en  arabe.  Delitzsch  A  G^  §63  cite  sa'âlu, 
demander^  ^^"p ,  sûru,  taureau,  ilïï'.  Barth  Et.  St.  46 
et  ss.  a  bien  prouvé  que  le  ïï'  hébreu  peut  rester 
{Je  en  arabe,  surtout  avec  les  gutturales.  Pour  ma  part, 
j'ai  toujours  trouvé  que  les  lois  phonétiques  de  nos  se- 
mitisants  ont  été  formulées  d'une  façon  trop  absolue. 
Elles  ne  s'appliquent  guère  lorsque  les  deux  langues  ont 
conservé  un  mot  provenant  directement  de  l'ancien  fond 
sémitique.  Vollers  dans  le  Z  A  IX,  Arabisch  und  Semi- 
tisch  p.  196  et  209,  a  bien  exposé  les  faits  tels  qu'ils 
se  présentent  en  réahté  '). 

Je  persiste  donc  à  voir  en  ^ ,  ^<Jt^"  ny**:'  et  s  e^'ù  la 
même  racine.  Pour  le  syrien  sa^^u,  et,  avec  permutation 
de  p  en  „,  sahha,  voyez  mon  L  A  p.  62.  Littmann 
m'écrit  qu'  "à  l'est  de  Homs  on  dit  iqéahho"  rr: 
Jtijiî .  «^cijs ,  voir,  regarder,  si  usité  en  Syrie,  en  Mé- 
sopotamie ZDMG  36,  p.  15,  9,  et  en  Algérie  RMT 
A   p.  473,  Bel  la  Djâzya,  p.  75  (où  aussi  ^J^S)  pourrait 


1)  On  n'a  qu'à  parcourir  Ges.-Buhl  HWB  sub  lit  '2',  ('t  l'on  se 
demandera  à  quoi  servent  les  juxtapositions  des  mots  hébreux  avec 
"^   à    des   mots   arabes   avec  ^ji-,  si  un  "2!  hébreu  doit  toujours  être 

l'équivalent  du   ^^w   arabe.    Noideke   lui-même,"  ZDMG  57,  p.  418, 

juxtapose  ^'yi}  et  %ssi'' ,  et  je  ne  crois  pas  qu'il  ait  tort.  Le  sudara- 

bique    -bv^i    ou    -tJiyii^^ji ,    promenade,    course,    provient  d'un  verbe 

-bLw ,  inusité  dans  les  dialectes,  mais  qui  se  trouve  en  hébreu  et 
en  chaldéen  tOltt':  errer,  rôder,  courir  par  ci,  par  là,  et  qui  a 
donné  l'arabe  ua-wi . 


I 


501 
bien  en  être  un  thème  augmenté,  comme  ^^  ,  retrous- 
ser les  habits,  et   .^ ,  Syrie;  Ja^-ccJw  jj,  vieux  fripon, 

de  Ji^  ,  Syrie  ;  J.JJ  jt.^  ,  J'ai  la  chair  de  poule,  de 
jtio ,  Syrie,  et  d'autres. 

13,    18:  eftâha.    ^^,   a,   être  clair,  (langage)  ^\ , 

parler  d'une  façon  claire.  Ift  kâlâmals:  Vf  ou  bikil- 
lamak,  parle-moi  clairement.  ^^"iS^  i^^jcàx  ij',  je  m'ex- 
prime clairement.  Mais  aussi  simplement  =  ^^.:^  ,  pro- 
noncer un  mot,  parler,  comme  dans  notre  texte.  J    J^S, 

prononcer  une  sentence.  oUc  ^J^ ,  demander  V explication 
de  quelque  chose  à  quelqu'un  ==  ^_c-^■L«^.  •  ov?  e.«— '^  ' 
éclaircir  un  point  litigieux,  se  prononcer  sur  une  question 
juridique  ^)  =r  ,j%-j  ^^^  ou  J .  ^^"'li  =  ^^ ,  clair,  lan- 
gage ou  homme  en  parlant.  Insân  kalâmah  fâti, 
un  homme  dont  le  langage  est  clair  =    ^^  •^\^  .      ji 

est  aussi  habile,  soit  en  parlant,  soit  en  travaillant; 
seulement  à  Aden  dans  ce  dernier  sens;  actif.  Wàllu 
yitgâdalu  ''and  fëlân  yiftùn  el-kalâm  luh  uhù' 
eftà'  le  ho  m,  ils  s'en  allèrent  porter  leurs  griefs  chez 
un  tel  en  lui  exposant  leur  affaire,  et  il  émit  son  avis.  Dans 
ces  milieux,  il  n'y  a  ni  qûdi  ni  mufti,  et  l'on  s'adresse 
simplement  à  une  personne  de  marque  pour  trancher 
un   différend.    On   voit  donc  quelle  est  l'origine  des  ter- 


1)  Proprement  faire  de  façon  (lue  quelque  chose  soit  claire  entre 
les  parties.  Cf.  ici  p.  .317  et  note,  Hdr  Gloss.  sub  v.  v_,*ii> . 
J*;^^  (J^  ObL*<  Jy*y'  >  '''  Prophète,  fit  faire  une  course  de 
chevaux.  Bob.  I  87;  IV  31. 


502 

mes  juridiques  ^^p3l  et  ^j^-  Mais  je  ne  vois  pas  bien 
quelle  relation  il  pourra  y  avoir  entre  cette  signification 
du  verbe  et  celle  ^'être  jeune,  vigoureux. 

Les  Arabes  ont  peut- être  considéré  le  jeune  homme 
comme  étant  seul  capable  de  s'exprimer  bien,  ce  qui 
paraît  s'ensuivre  du  joli  récit  d'el-Masoûdî,  Prairie  d'or 
V   p.    426    et    s.,    tandis  que  les   Hébreux   tenaient   le 

^  pour   \"!Ç ,   hênet,   niais.    C'est  la  manière  diâerente 

d'envisager  l'utilité  d'owmr  la  bouche  qui  a  amené  cette 
antithèse  sémasiologique  ^).  Dans  Levy  N  H  Ch  W  B  4 
p.    157   nous  lisons:  „R.  Lewi  sagte:  In  Arabien  nennt 

man  das  Kind  n\')D  j<à."  Cela  doit  être  dans  les  milieux 
juifs,  car  les  Arabes  n'ont  jamais  appelé  un  enfant  jo  . 
La  citation  de  R.  Akib  o.  et  1. 1,  semble  confirmer  cela. 
13,  17,  18:  wahi  emsaut.  Une  phrase  analogue 
chez  Bol}.:  Kijoi  o^'_^'  oA^è,  V,  p.  93.  ^£.=>»,  vulg. 
^er>if   ii^^i^  ^^^^  ^®^  suffixes   wahyak   (ou  wahyik), 

est  un  son  en  général,  de  n'importe  quoi,  d'un  être 
vivant  ou  d'une  chose  morte,  voix,  bruit  sourd.  Mes 
Datînois  prétendaient  d'abord  que  wahi  ne  se  dit  que 
d'un  son  perçu  la  nuit,  lorsqu'on  ne  voit  pas  d'où  il 
vient.  Cela  est  pourtant  faux.  Cette  remarque  prouve 
seulement  que  le  wahi  est  un  son  ou  un  bruit  vague, 
une  perception  indécise  dont  la  provenance  n'est  pas 
toujours  certaine.  Elle  illustre  bien  l'acception  dogma- 
tique du  mot  et  elle  parcourt,  comme  celle-ci,  la  même 
l 

1)  Nôldeke  ZDMG  40  p.  735  dit:  »Uebrigen.s  ist  noch  reclit  un- 
klar,  wie  die  verscliiedenen  Bedeutungen  des  semitischen  ^hq  ,nnD 
zusammenliangen." 


503 

échelle  de  l'inconnu  au  connu.  Le  c.>>^'  ,^^5  est  une 
perception  dont  on  ne  connaît  pas  le  point  de  départ, 
tandis  que  s  ^4^  ^^=>^ ,  la  voix  de  la  chamelle  mugis- 
sante^ est  un  son  produit  par  une  bête  près  de  vous. 
Le  son  des  cloches,  [j^-^^'  bJucJLo  ^)  ou  L-.-:srJ'  oj^"), 
que  le  Prophète  croyait  entendre  correspond  au  premier 
cas.  Le  tintement  de  ses  oreilles  était  le  wahi  surna- 
turel. Pour  les  orthodoxes  musulmans,  le  wahi  prove- 
nant de  Gabriel,  avec  lequel  le  Prophète  avait  de  vraies 
conversations,  correspondrait  au  second  cas.  Pour  nous 
autres,  la  chose  n'a  pas  changé  de  face.  Le  o^  que 
le  Prophète  entendit  venir  du  ciel,  L  Sa'^d  I,  i  pp.  130, 
131  et  132,  Tab.  I  p.  1147,  1150,  Sprenger  L  M  I  p. 
331  et  s.,  lorsque  le  wahi^)  lui  vint  pour  la  première 
fois,  est  une  expression  de  l'esprit  des  Orientaux,  nourri 


1)  Boh.  IV  p.  112;  I  Sa=d  I,  i  p.  132,  3. 

2)  I  Sa'd  I,  I  p.  131   fin.  —  [j^^^  a  classiquement  le  même  sens 

o    ^ 

que  notre  ^jP-^;  Tab.  I  p.  1234,  '. 

3)  La  Soûrah    74,   v.    1 — 4  serait   le   premier   wahi.    C'est  tout 
bonnement    la    description,    du    Prophète   lui-même,    de   ce  qui  s'est 

passé  après  son  retour  à  la  maison  de  Hadîgah.    Les  verbes  ji->  du 

Qor.  74  et  ^\  des  Traditions  Tab.  I  p.  1147  sont  presque  synony- 
mes. Il  faut  savoir  que  les  Arabes  ne  se  reposent  jamais  sans  se 
couvrir  pour  éviter  de  se  refroidir.  Caetani,  Annali  dell'  Islam,  écrit 

partout  al-niudat  1)  thir,  mais  le  Qor.  ])Oite  -iA.1'  =  yii-XXiî  qui 
se   rappoi-te   au    Prophète,   tandis   que    -iiAl!  se  rapporterait  à   celui 

qui  le  couvrait.  On  ne  doit  pas  se  laisser  éblouir  par  les  immenses 
proportions  de  cet  ouvrage,  qui  est  plus  ou  moins  une  compilation 
où  la  critique  n'est  pas  toujour.s  prédominante. 

86 


504 

depuis  des  milliers  d'années  de  l'ancienne  théosophie  ba- 
bylonienne, qui  n'a  pas  disparu  à  l'heure  qu'il  est  et 
qui  s'épanouit  en  pleine  floraison  au  sein  de  l'Eglise 
chrétienne.  De  Goeje  a  tâché  de  fixer  la  nature  de  ce 
premier  wahi  dans  son  mémoire  „die  Berufung  Moham- 
med's",  NôldekeFestschrift  I.  Je  crois  qu'il  faut  en 
chercher  l'explication  dans  l'agitation  intérieure  du  Pro- 
phète, I  SaM  I,  I,  p.  132,  6  et  ss .  Mon  Fadl  elMeysarî, 
malgré  son  séjour  de  sept  ans  en  Europe  et  sous  mon 
influence  spirituelle  constante,  prétend  encore  fermement 

avoir  vu  des  j.^  et  entendu  des  voix  dans  les  oj-p*. 
Ceux  qui  n'ont  pas  vécu  la  vie  des  Bédouins  ne  pour- 
ront jamais  bien  juger  du  début  de  l'Islam. 

Le   sens   ci-dessus   mentionné   de   ^^>-3    se    rencontre 
dans  un  vers  de  la  Hamâsah  p.  616  1.  2  d'en  bas-: 


Et  si  un  vent  pouvait'  faire  parvenir  un  souffle  (son) 

[de  l'etivoyeiir, 

Désireux  d'avoir  de  tes  nouvelles,  je  m'aboucherais  avec 

[le  vent  du  Sud  dans  le  défilé  de  la  montagne  ^). 

Je   ne   trouve   pas  un   autre   sens   de    ^=>3  dans  tous 


les  passages  oîi  il  figure  dans  le  Qorân. 

La  provenance  supposée  du  wahi  par  excellence  n'a 
rien   à   faire  au  mot  comme  tel.    La  forme  en  est  aussi 

^J>*,  .    Une   locution    répandue    dans   toute   l'Arabie,   et 


l)  w^i>  n'est  pas  tout  à  fait  défili',  mais  un  passage  étroit,  na- 
turel ou  non,  dans  une  montagne  ou  un  roc  et  où  il  v  a,  par  con- 
séquent, un  courant  d'air. 


505 

même  hors  de  là,  une  exclamation  de  souhait  et  bien- 
venue, est  tiû>.  ^c^  (ou  ié)vp-5  '  masc.)  ou  ii]w>3  i^^a>  , 
vive    ta    voix.    LA     confirme    cela,    XX   p.    259,    15: 

conformité  avec  l'usage  bédouin  d'aujourd'hui;  cf.  Dozy, 
Suppl.  s.  V..  Le  texte  de  Stumme,  M  G  T  p.  38,  lo,  porte: 
y  a  râged,  ràgged  wahyek.  D  le  traduit  par:  ScJiIà- 
fer,  du,  hring  lieber  deine  Phantasiererei  m  Schlaf! 
C'est  bien  le  même  sens  que  partout  ailleurs:  ta  voix. 
Ugât  ora-waldah  ""a la  wahi  Sâleh,  et  la  jeune 
fille  vint,  guidée  par  la  voix  de  S.,  81,  i.  Tûhi  si 
wâhi  kalb,  entends-tu  la  voix  d'un  chien?  Ana  ôhi 
wahi  gâ'^ereh,  j'entends  la  voix  d'une  chamelle  qui 
mugit.  J'avais  amené  un  datînois  en  Suède.  Nous  étions 

dans  une  forêt  qu'il  appelait  c>>.^i".  «Pourquoi  l'appelles- 

tu  ainsi?"  lui  demandai-je.    ^,-:>5  k^  Le  fut  sa  réponse. 

Dans  le  charmant  récit  de  Hôtrôbî  (que  je  publierai 
plus  tard),  en  dialecte  "anazî,  je  relève  ce  passage: 
Qâl  el-*'aqîd:  sàuwid  aiia  garâk,  sauwàttana 
ma""  umm  hal-walad.  Entum  èq'edum  behâda  (se. 
makân)  elyàma  arûd  wesûf  in  kannu  ma r bût 
usmà't  luh  wahi.  Waî^:a  mâfârqeh  kùd  in  ni 
àntoloh  natlet  ba^îr.  Hase  "a la  el-'^Arab  elqâ'id 
udarahom  kullahom,  ma  sàme"  la  e  1-w a  1  a d 
wàhi.  Râ'  'a la  ràb'u,  gâl:  ma  lagèyt  lèh  'ôlëm. 
Le  chef  répondit:  „Que  Dieu  noircisse  votre  nom!  car 
vous  nous  avez  noircis  auprès  de  la  mère  de  ce  jeune 
homme.  Vous  resterez  ici  afin  que  j'aille  faire  une  re- 
connaissance et  voir  s'il  est  prisonnier  ou   si  j'entends 


506 

quelque  son  de  sa  part.  Par  Dieu!  je  ne  le  quitterai 
pas  jusqu'à  ce  que  je  l'enlève  comme  on  enlève  un  cha- 
meau." Le  chef  s'approche  des  Bédouins  et  les  contourne 
tous,  mais  il  n'entendit  pas  un  signe  de  vie  de  la  part 
du  jeune  homme.  Il  retourna  auprès  des  siens  et  leur 
dit:  „Je  ne  lui  ai  trouvé  aucun  indice." 

Avant  de   m'étendre  sur  ce  substantif,  je  vais  parler 
du  verbe  j^^=>3  .  Il  veut  dire  en  Arabie  entendre,  sentir, 

percevoir,  s'apercevoir,  hôren,  empfmden,  fûhlen,  bemer- 
ken,  comme  l'italien  sentire,  ayant  les  deux  sens.  Dans 
nos  textes,  nous  trouvons  :  Y  û  h  i  e  r-r  â'i  e  ra-d  à  b  é  a  h , 
le  pâtre  entend  le  po%if,  29,  13.  Ye'ôss  min  l.ieyt 
yûhiddamm,  il  tâte  l'endroit  où  le  malade  a  la  sensa- 
tion du  sang,  46,  20.  U  la  qad  v\rahiha  etwasset, 
lorsqu'il  s'aperçoit  qu'elle  s'est  relâchée,  47,  19.  Uwa- 
hiyeteh,  et  elle  s'en  aperçut,  76,  12.   Uhi'  ma  V7ahî- 

etha  éf,  et  elle  ne  s'en  aperçut  point,  81,  s.  —  „JlZ«- 
,*ji1j  s.  ^c^^  '-«  vi  J^-H^^i  1^^^  ^i  samallag  est  la 
viande  et  le  manger  auxquels  tu  ne  trouves  {tu  ne  sens) 
aucun  goût,  insipide,  ^^c■>y  c^^->^  '  ^'^  entends  le  son,  le 

bruit  vague.  A  n  a  w  a  h  î  t  s  ô  t  a  k ,  j'ai  entendu  ta  voix, 
paraphrasé   par  c^ot,-w  .    D  e  1  h  î  n   b  û  h  i  ^)   fi   b  a  t  n  i ,    à 

présent  je  sens  des  douleurs  clans  le  ventre.    ^K^li    ^^  , 

ressentir  une  douleur.  Ana  basir  Fahmân,  but  la' 
fîh,  vï^elfiît  Sâleh  em-Bedr  uualli:  sà'ah  "agi" 
il  la  la  si  tûl.ii  zegà.'  fi  ergîlak,  je  vais  au  W. 
Fahmd?i,   où  je  monte;  j'y  trouve  S.  em-B.  qui  me  dit: 


4)  Obs.  le  b  avec  delhîn,  à  présent! 


507 

„Mais  c'est  que  c'est  difficile^  à  moms  que  tu  ne  te  sentes 
de  la  force  dans  les  pieds."  Wahît  ma  basàrteh, 
j'ai  entendu  dire,  je  ne  l'ai  pas  vu.  Dari  bil-kalâm 
di  aheyteb,  je  connais  ce  que  j'ai  entendu  dire. 
Dans   le   récit  d'un   ^Oneyzite,  je   trouve:    ^yi  ^'  .y^.\», 

\Xaï£  ij^A^jf  b  Jyjj  Css>  c;^.>j:>3  ^^)  ^i  '^t-Aj-,  I-  Raàîd  leur 

envoya  quelqu'un  et  leur  fit  dire  :  Si  j'entends  quelqu'un 
dire:   ô  Iblîs!,  je  le  punirai. 

On  voit  donc  que  ^^*^  et  ^jp>*\  sont  synonymes, 
comme  du  reste  aussi  dans  la  langue  littéraire,  LA  s.v. 
(où  il  y  a  ^^  pour  le  dial.  ^c^»).  Chez  Hartmann  L 
LW   p.   67   in   fine,   ^^*,   est   =   oL=>;  c'est  plutôt  la 

sensation  quon  éprouve  lorsqu'on  a  peur.  J  ^J>y  ^  43, 
1 ,  ou  ^c=>y^'^  [^=  ^j-:>\jjJ] ,  attendre,  z=  J  ^i  ou  J  ^IsXj^\  , 

et  écouter  =  ^-^ . 

L'acception  dogmatique  de  révéler  est  naturellement 
secondaire,  quoiqu'elle  remonte  à  une  époque  bien  antérieure 
à  rislàm.    Il  faut  considérer  le  sens  encore  vivant  chez 

les  Bédouins  de  ^^^*,  [verbe]  et  de  ^y>^  comme  primaire. 

Voilà  pourquoi  L  A  XX  p.  258  in  fine  n'a  qu'en  partie 

raison   en   disant:    ^lsJ>  ,%  f^l  L^  ijil'î  j  ^_c=>y'|  ^«^[5 

U>5  ^c'-f^j  (.Ui'^S  J^  dUioV^  ^).    Cette  croyance  à  un  wahi 


1)  V.  Kremer,  Geschichte  der  herrschenden  Ideen  des  Islams  p. 
225  veut  que  ce  sens  fût  le  seul  connu  du  temps  du  Prophète. 
Cela  n'est  qu'en  partie  vrai.  Les  habitants  d'el-IIigâz  ont  certaine- 
ment employé  ^c^3  et  ^c^3  de  la  môme  façon  que  les  Hédouins 
d'el-Hi^âz    encore  à    l'heure   qu'il   est.    Les   exégètes  du  Qorân,  les 


508 

surnaturel  circulait  du  reste  dans  les  milieux  arabes 
avant  l'Islam.  Kous  savons  qu'elle  forme  la  base  de  la 
religion  chrétienne,  dont  les  dogmes  ne  sont  que  la  con- 
tinuation des  mythes  et  de  la  mythologie  sémitiques. 

Omayyah   b.   Abî  es-Salt,  dont  les  poésies  jettent  une 
lumière  si  intéressante  sur  la  provenance  de  l'Islam  dit  ^): 


(-  «sUaï    ^^ij^^^.    ^y 


v_;«r-»— o 


^,  ,:^>U 

^U.-s^L   o^---t-^. 

fM  d-i^ 

^^— J!     9^0     jLx.jk_*<^ 

collecteurs  de  Traditions  étaient  trop  imbus  du  parler  hadarî  pour 
avoir  recours  aux  dialectes  bédouins  et  tiop  influencés  par  le  sens 
dogmatique,  déjà  ancien  alors,  pour  voir  dans  le  wahi  du  Livre 
sacré  autre  chose  que  précisément  ce  sens.  Lorsque  nous  aurons 
collecté  tout  le  dictionnaire  bédouin  de  l'Arabie,  nous  aurons  fait 
une  œuvre  qui  pourra  dignement  se  mettre  à  côté  de  celle  des  As- 
syriologues. 

i)  Su'aiû'  en-Nasr.,  Beyrouth  I  p.  227. 

2)   Cela   rappelle   le  Qor.   XI  v.  39  et  XXIII  v.  27:    ^^1    U*.^^! 

L>L<.:>53    LaJLacL    tjXisJî    «>-ot    ...1 .    —    Je    viens   de  lire  le  mémoire 

de  Schulthess  sur  Omeyyah  dans  la  Festschrift  de  Nôldeke.  Il  est 
précieux  comme  document,  muis  l'auteur  a  dû  se  limiter,  faute 
d'espace.  Je  crois  que  les  poésies  d'Omayyah  sont  pour  la  plupart, 
si  non  toutes,  autenthiques.  Il  faut  seulement  se  garder  de  les  con- 
sidérer comme  »i</ie  nouvelle  source  du  Qorân''\  selon  la  thèse  de 
Iluart,  J.  A.  Juillet — Août  1904.  Omayyah  et  Mohammed  étaient 
enfants  de  leur  temps,  imbus  des  idées  en  cours  dans  leurs  milieux. 
Si  une  partie  de  ces  poésies  est  forgée,  ce  n'est  certainement  pas 
par  un  musulman.  Cela  aurait  été  amoindrir  la  grandeur  de  l'œuvre 
du  Prophète,  un  sacrilège.  Les  Chrétiens  et  les  Juifs  ne  se  sont 
jamais  occupés,  que  je  sache,  à  produire  de  pareilles  fraudes  litté- 
raires, .le  vois  dans  les  poésies  d'Omeyyah  des  documents  impor- 
tants pour  l'histoire  de  l'Islam.  Il  est  urgent  de  les  réunir  dans 
une  édition  critique.    Schulthess  est  l'homme  pour  cela. 


509 

Et    une   irovpe  alignée  en  rangs  qui  regarde  Dieu  ac- 

[complir  ses  décrets, 

prêtant  tranquillement  les  oreilles  au  walii. 

Au  milieu  d'elle  se  trouve  Gabriel,  le  préposé 

au  Saint  Esprit  (w  a  h  i)  '),  et  Michel  -),  le  bien  dirigé, 

[à  l'esprit  fort. 

Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  d'exposer  la  doctrine  dogma- 
tique qui  s'est  développée  de  cette  croyance  au  wahi. 
On  pourra  lire  H  L  Fleischer  KL  Schriften  ^)  II  p.  134 
et  ss.;  Nôldeke  Geschichte  des  Qorâns  p.  15  et  ss.. 

Le  verbe    ^Jr=^^  ne  s'emploie  pas  rien  qu'à  l'égard  du 

Prophète.    Pour  le  diable  Boh.  VII  p.  91;  ^L^i!  ^\  ^^^\ 
ibid.  IV  p.  111;  :^^\  i( ,  Qor.  XXXIV  v.  10. 

Barth,   ZDMG  41  p.  641  et  Et.  St.  p.  10,  juxtapose 

^LI  et  nin ,   anzeigen,  verkûnden,   avec  ^^^  .   Il   veut 
que  ^^3,   soit   Mitteilung  „déjà  avant  l'Islâra  et  que  de 


1)  Le  Saint  Ksprit  fut  admis  à  la  Trinité  par  le  Concile  de  Nicée  : 
l'Orient  transplanté  en  Europe.  Il  n'y  avait  pas  d'orientalistes 
alors!  KAT*  p.  418  et  s.  Le  Prophète  était  aussi  sous  l'empire  de 
L^v^iAiL'    ^3.  selon  le  joli  passage  de  Tab.  I  p.   1543,  '*. 

2)  Sur  Michel,  voyez  l'excellent  travail  de  Lueken,  Michael  1898. 

3)  Feu  notre  maître  y  sabre  Touvrage  couronné  de  Geiger,  Was 
hat  Mohammed  etc.,  et  sur  lequel  le  rabbin  de  Municli,  Werner, 
basa  toute  la  conférence  horripilante  qu'il  fit  devant  le  prince  royal 
Louis  de  Bavière  et  une  centaine  de  correligionnaires.  Entre  autres 
choses,  il  nous  régala  de  la  vieille  farce  de  l'évêque  Abni-Farag,  éd. 
Beyrouth  p.  17(),  que  les  Arabes  auraient  incendié  la  Bibliothèque 
d'Alexandrie,  refutée,  il  a  longtemps  par  Krehl  et  par  Noldeke  Z  D 
M  G  39  p.  338.  Le  prof.  Prutz  et  moi  avons  tout  de  suite  refuté 
ce  que  le  rabbin  avait  o.sé  avancer.  Quelques  jours  après,  dans  le 
Munchener  Neueste  Nachiichten,  en  parut  le  compte  rendu,  où  l'auteur 
liit  »qu'il  avait  brillamment  refuté  nos  objections".  Le  mémoire  de 
VVernei-,  dûment  remanié,  a  été  imprimé  dans  Asien  II  jt.  147,  or- 
gane do  la  soi  disant  «Société  orientale  de  Munich." 


510 

ce  sens  fondamental  indifférent  (indifférente  Grundbedeu- 
tung),  qui  est  parallèle  avec  l'araméen,  Mohammed  ait 
fait  un  terme  pour  la  révélation  orale."  Il  cite  quelques 
exemples  à  l'appui  de  sa  thèse.  Mais  d'abord,  il  n'y  a 
pas  dans  une  langue  une  indifférente  Gnmdbedeutimg, 
car  chaque   mot  a,   à  l'origine,  un  sens  concret  et  pour 

ainsi  dire  palpable,  et  puis  ,^^>5 ,  Mitteihmg,  le  j.'li^î  des 

exégètes  et  des  lexicographes,  s'est  développé  de  celui 
de  donner  ou  causer  un  wahi,  un  son  quelconque,  une 
sensation,  une  perception. 

Le  Prophète,  le  dernier  tupsarru,  -w^,  de  l'anti- 
quité, n'a  rien  innové  de  son  cru:  il  a  tout  simplement 
pris  ce  qui  existait  déjà  dans  le  monde  sémitique.  On 
a  jusqu'à  présent  trop  méconnu  ce  fait,  qui,  pour  moi, 
est  depuis  longtemps  hors  de  doute. 

Plus  de  mille  ans  auparavant,  il  avait  un  prédécesseur 
en  le  roi  assyrien  Nabouna^'id  (556  —  539).  Celui-ci,  dans 
ses  inscriptions  déclare  que  toutes  les  actions  ont  été 
inspirées  par  les  dieux,  moyennant  des  révélations  pen- 
dant le  rêve:  il  avait  aussi  son  wahi.  Tout  ce  que 
Mohammed  entreprend  est  par  ordre  d'Allah  :  il  ne  fait 
qu'exécuter  le  amr.  De  même  que  c'est  Allrih  en  personne 
qui  parle  dans  le  Qorân,  de  même  c'est  Allah  qui  tue 
les  ennemis  du  Prophète,  p.  e.  Tab.  I  p.  1377,  9,  à  propos 
de  l'assassinat  du  juif  Abu  Râfi%-  cf.  Tab.  I  p.  1553, 
u.  Absolument  comme  dans  les  guerres  modernes:  c'est 
Dieu  qui  donne  la  victoire,  c'est-à-dire,  c'est  lui  qui  tue  les 
soldats  ennemis.  Nous  sommes  encore  de  vrais  Orientaux, 
des  Babyloniens  en  gilet  blanc  et  queue  de  morue. 

Dans  les  passages  anciens,  ^^],  n'est  pas  Mitteilung, 


511 

révélation.  Nous  pouvons  bien  le  traduire  ainsi,  car  nous 
n'avons  pas  un  mot  qui  y  corresponde  exactement,  d'autant 
plus  que  les  Arabes  eux-mêmes  voient  dans  le  wahi  un 

*L,  comme  nous  lisons  à  la  page  505, 5  d'en  bas.  Cependant, 

les  Anciens  avaient  bien  la  conscience  qu'au  fond  ^^»^  n'est 
pas  tout  à  fait  JLc .  Tab.  I  p.  1159,  2  dit:  b^w  ^\  ^y>50 

*.j£5  x^^^  .  JiàJ ,  rejeter  par  la  bouche  Tab.  I  p.  1415, 
13;  1583,  17,  offre  la  même  transition  sémasiologique  qui 
l'a  conduit  à  signifier  prononcer  un  mot,  J^ ,  parler  ^). 
Ce  qui  prouve  que  cette  idée  du  wahi  est  très  an- 
cienne, c'est  que  déjà  dans  les  poésies  préislamiques  le 
verbe  a  le  sens  d'écrire.  Ru'bali  éd.  Ahlwardt  N°  55 
V.  15  dit: 


*w*.JLï  o 


ce  que  le  poète-traducteur  rend  par: 
Der  Judeyi  Bibel,  drin  der  Kritzler  malte 
Die  Zûge,  die  sein  Griffel  schrieb  mit  Tinte  ^) 


1)  Ja«J    pourrait    bien    être    une    métathèse   de    iJ^âj,    Boh.    I   p. 

408,  Tab.  I  p.  1.372,  '•■»  (cp.  v^") ,  cracher;  cf.  l'aram.  ^\^^ 
et  le  targ.  J37D  ,  rejeter  par  la  bouche.  II  se  peut  aussi  que  nous 
ayons  dans  le  bédouin  septentrional  oilaj  =  CsJù ,  ici  p.  472,  ", 
le  point  de  départ  pour  le  sens  littéraire  connu. 

2)  Il  paraît  s'ensuivre  de  cela  que  le  scribe  a  d'abord  écrit  à 
l'encre  et  qu'il  a  ensuite  fait  l'opôration  indiquée  par  ^-=>5  ;  cf. 
Taiafah  19,  v.  2.  Ce  n'est  donc  pas  simplement  écrire,  malgré  la 
glose  de  L  A  XX  p.  259,  où  il  y  a  la  variante  '^K»,'S  t}-^^ .  Cette 
dernière  expres.sion  prouve  combien,  dans  le  Yôman,  on  avait  alors 
pou   de  notion  de  la  différence  entre  Juifs  et  Chrétiens.    On  appelle 


512 

j^^3  ®st,  écriture^  inscription^  Nôldeke  Funf  Mo'allaqât 
II  "p.  65 ,  Goldziher  MS  II  p.  7 ,  L  A  XX  p.  259,  et 
l'art  d'écrire^  Tab.  Gloss.  s.v.. 

Lorsqu'on  sait  que  le  savoir  et  l'écriture  étaient  con- 
sidérés dans  l'antiquité  comme  une  révélation  divine,  on 

comprend  que  ^^*,  et  ^^^^  ont  pu  prendre  le  sens 
d'écrire  et  d'écriture.  Comme  dans  le  vers  si  souvent 
cité  de  la  Mo'^allaqah  de  Lebîd  ^)  : 

C'était  une  voix,  une  perception  venue  d'en  haut.  Les 
dieux  babyloniens  avaient  leurs  „ Tables  des  destins", 
tupsîraât  ou  takaltu,  où  étaient  inscrits  les  com- 
mandements des  dieux  et  la  vie  des  hommes.  Les  Ba- 
byloniens appelaient  les  étoiles  „écriture  du  ciel",  si  tir 
samê,  iUwJ!  iiw^).  Tout  ce  qui  se  trouve  au  ciel  a 
son  pendant  sur  la  terre.  Celui-là  est  le  prototype  de 
celui-ci.  Ce  qui  se  passe  dans  le  monde  céleste  se  passe 
aussi  dans  le  monde  terrestre.    Cette  idée  était  encore 


encore  dans  les  milieux  bédouins  du  Sud  les  Juifs  non  indigènes 
^_c.Uaj    ^yi^.  '    Le   mot   Kvilzlcr   pour   (*-».*-*-<i    ne  répond  pas  bien  à 

l'arabe.  Avec  la  meilleure  volonté  du  monde  je  ne  piiis  découvrir 
dans  les  vers  d'Ahlwardt  un  mètre  iambique  et  je  ne  vois  pas  non 
plus  pourquoi  on  appelle  le  ra<j;az  de  ce  nom. 

1)  Traduction  chez  Nôldeke  Fiinf  Mo'all  II  p.  57.    S^  j.  ^^yi^ 

Jwy^^j!    Zoheyr,    Ahlw.    App.    4,    »    =    Nôld.    Dclectus   p.    107  1.  7. 

Zoheyr  15,  »,  17,  s.    v_JuL:i?    c*^^^    'Antarah  27,  2. 

2)  Jensen    Kosmologie  der  Babylonier  pp.   7  et  45.    Winckler  Die 
babyl.  Kultur  p.  19.  K  A  T'  pp.  400,  034. 


513 

vivante  chez  les  Arabes  préislamiques,  car  sans  cela  on 
ne  s'explique   guère  le  dire  du  Prophète  Qor.  65  v.  12: 

-x"^!    J^-^aj    (■'  j^_iLi^   (j^^"^'   (j-15   o^-f^  ^—^"^  oLL>    (^w\j!    xUt 

^^-iÀAj ,  C'est  Dieu  qui  créa  sept  deux  et  il  créa  aussi  sur 
la  terre  un  nombre  égal  comme  eux  (=  les  cieux), 
entre  lesquels  descend  le  amr.  Cet  -<l  est  l'émanation 
divine,  autrement  le  wahi  dogmatique.  Tab.  I  p.  1190,  17 

dit:    sijîj    JwJJS    sljî    îjfr-î     'r^    ^y'  >=^   '^^   3»'    ^    ^'    Jv^;»i 

\xijj  sysL)  gLx;^  &)Jt  (j^  \-j£  |^,_:>^Li   ,L^! ,  où  ^y»!  et  wJ 

sont  justement  l'explication  du  genre  de  ce  wahi  dont 
le  Prophète  fut  sans  cesse  l'objet. 

Nébo  (Nabû),  devenu  j^^î  des  Musulmans^),  était 
celui  qui  écrivait  les  destins  et  il  a  transmis  aux 
hommes  l'art  d'écrire  ^).  Moïse  communiqua  à  son  peu- 
ple les  commandements   célestes,   après  les  avoir  reçus 

de  Dieu.  Les  musulmans  ont  aussi  leur  Ji^iJu  _  J , 
table   gardée^    oîi   tout  est  inscrit.     Tab.   I   p.    1191  ra- 


1)  Il  y  a  les  deux  leçons,  rj^^  ^^  CJÎ^^'  ^®  ''"'  modifie  un  peu 
la  traduction.  Ceci  était  écrit  plusieurs  mois  avant  la  publication  du 
mémoire   de   Grimrae   dans   la    Festschrift  de  Noldeke  I.  p.  455  sur 

le  Logos  in  Sûdarabieu.  Son  explication  du  mot  y«l  est  d'une 
grande  portée.  Mais  lorsqu'il  dit  p.  4G1,  avec  un  certain  mépris 
que  »sowohl  der  babylonisclie  Ammatu,  wie  der  siidarabische  Amr 
der  jetzt  so  beliebten  astralen  Konstruction  des  altorientalischen 
Olyraps  sich  sclilecbt  anpassen",  il  est  injuste,  car  tout  son  exposé  à 
lui  n'est  qu'une  »construction  astrale".  Je  suis  heuieux  de  concorder 
avec  lui  sur  la  provenance  d'une  grande  partie  de  la  tliéosopbie  du 
Propliète. 

2)  K  A  ï'  p.  400.  Winckler,  Religionsgeschichtler  etc.  p.  23  note 
3.  Idem,  Abraham  als  iJabylonier  etc.  p.  37. 

3)  Jeremias  A  T  p.  29  et  45.  K  A  T'  p.  400  et  ss. 


514 

conte  que  Qor.  S.  39,  64-66  et  S.  109  furent  révélés 
dans   un    moment  critique   de  chicanes  de  la   part  des 

ennemis  du  Prophète:  'ujj  L  Jjs  :  J^yJÙ'  -•^'  cr  l.c=^'  -^ 

-J  Qîi-t'.  Le  Qorân  est  même  appelé  ^b>pî ,  I  SaM  lïl  i 

p.  137,  15,  Z  D  M  G  59  p.  387.  Tous  les  prophètes,  anciens  et 
modernes,  ont  entendu  ce  w  a  h  i.  On  n'a  qu'à  aller  à  l'église 
ou  à  la  synagogue  pour  constater  que  les  prêtres  et  les 
rabbins  ne  diffèrent  en  rien  de  leurs  collègues  orientaux 
depuis  la  plus  haute  antiquité.  L'Ecriture  Sainte  est 
bien  un  wahi  pour  tous  les  peuples,  dans  toutes  les 
rehgions.  C'est  le  wahi  ou  VEcriture  par  excellence^). 
Ce  petit  mot  renfei-me  toute  l'histoire  du  monde  jusqu'à 
l'heure  qu'il  est.  Lorsqu'on  en  démontre  la  provenance 
et  l'essence,  on  est  mis  à  l'Index.  En  France,  le  wahi 
oriental  ne  sert  plus  d'enseigne  d'Etat,  mais  chez  nous 
autres,  peuples  germaniques,   on  nous  répond  comme  le 

Prophète   i^îcJJ!   '^k^L^  ^,-«-j  ^*  i^c-^^  r^  j"^'  '^^  '  ^°^" 

XXI,  46,  si  nous  osons  y  voir  autre  chose  que  l'ex- 
pression d'une  imagination  orientale,  une  mythologie 
sémitique.  La  France  a  accompli  une  grande  œuvre. 
Elle  a  pour  la  seconde  fois  entrepris  la  tâche  d'affranchir 
l'esprit  humain  des  chaînes  de  l'Eglise.  Elle  a  droit  à 
notre  gratitude. 


■1)  Sprenger,  toujours  spirituel,  dit,  LM  I  p.  169  en  bas,  «qu'on 
ne  peut  jamais  avoir  trop  rtu  miraculeux  dans  une  religion."  Au 
lieu  de  créer  des  chaires  de  religions  comparées,  comme  en  France, 
on  ne  fait,  en  Allemagne  et  en  Suède,  que  construire  des  Eglises 
pour  y  prêcher  le  wahi.  Les  soi  disant  «théologiens  modernes" 
admettent  »die  Voraussetzungslosigkeit"  jusqu'à  l'arrivée  du  wahi 
chrétien.    Knsuite,    la  foi  seule  doit  remplacer  la  science  scrutatrice  ! 


515 

En  connection  avec  |^^>. ,  je  veux  envisager  un  autre 

mot,  identique  au  point  de  vue  dogmatique  :  ^\ .  On 
le  traduit  par  inspirer,  et  le  j.Uj]  est  Vinspiratlon  de  Dieu 
et  surtout  celle  dont  le  Prophète  fut  l'objet.  Ce  sens  ne 
pourra  guère  découler  de  celui  d'avaler  avec  avidité,  en- 
core courant  en  ^Omàn  R  0  p.  386,  15  ^),  ni  de  celui  de 
manger  dans  les  autres  langues  congénères.  T  A  expédie 
^!,  inspirer j  en  trois  lignes,  tandis  que  l'autre  sens 
remplit  tout  l'article.  Dans  notre  dialecte,  ^  n'a  pas  le 
sens    d'avaler,    mais   Ut^ ,    manger,    mordre,  paraît   en 

être  une  variation  phonétique  ^). 

Au  contraire,  j  ^l  est  en  Datînah  se  rappeler,  com- 
prendre. Enteh  sêr  ma''  ^uqqâl  uteqâbalu  hom 
u\iqqâl  u  tahabbàrteni  uqùlte  li  inteh:  lehimt 
e  1-k  a  1  â  m  h  à  q  q  e  h  0  m ,  Tu  marches  avec  des  chefs  qui 
rencontrent  d'autres  chefs.  Tu  me  demandes  alors  en  me 
disant:  „ As-tu  compris  ce  qu'ils  disaient?"  Cette  pre- 
mière forme,  je  l'ai  rarement  observée. 

*^ ,  inspirer,  au  bien  ou  au  mal,  inciter  à,  suggérer. 
Yilàhhim  leh   S  a  le  h  yizûwig  binteh,  Sàleli  lui 


\)  Rasâil  Abî  el-'Alâ  el-Mo^arrî,  Caire,  p,   181. 

A 

2)  0  b  a  h  mine  ni-h  a  n  a  s  la  y  1 1  h  a  fa  k  ,  prends  garde  au  ser- 
pent qu'il  ne  te  morde  pas,  expliqué  par  la  yôkolak,  Em-ba^îr 
lehef  îdi,  le  chameau  m'a  mordu  la  main.  Lehèfetni  (accent!) 

em-nâr,  le  feu  m'a  brûlé.  Aiidèytak  qartah  (i^y>)  ulehèf- 
teni,  je  t'ai  fait  un  prêt,  et  tu  me  Vas  escamoté.  Le  dernier  hé- 
mistiche de   la   célèbre   poésie   rapportée   par   Wallin   Z  D  M  G   G   p. 

,0,  +    .       ,  ,  -t-  „ 

369  et  Socin  Diwan  I  p.  285  est    OvjJU   C>\j!,^   ^jLc   -Uiflj    LiJL>  , 

son  homme  se  jette  avide  sur  le  manger. 


516 

suggère  Vidée  d'épouser  sa  fille.    Hf   melahhim')    la 
Il  a  sa  n   yiqtol  zôgeha,  elle  incite  Hasan  et  tuer  son 

mari,  paraphrasé  par  aI  ;ji,ij  ou  kU^,  . 

^!,  faire  ressouvenir,  rappeler  qqc  à  qqn.  Àlhàm- 
tak  tisterîli  masnaf,  je  t'ai  rappelé  de  m'acheter 
un  pagne,  llhimni  bâkir  biéteri  zingibîl,  rap- 
pelle-moi demain  d'acheter  du  gingembre.  Ce  sens  était 
aussi  courant  en  Espagne,  selon  Dozy,  Suppl.  s.v.,  de 
même  que  la  forme  suivante. 

J.  ^1 ,  se  rappeler.  AVên  tabà^?  Walla  nesît 
éf  u  iltahàmt  fîh,  iétarèytah,  Où  veux-tu  aller? 
Par  Dieu,  j'ai  oublié  quelque  chose,  je  me  le  suis  rappelé  et 
je  l'ai  acheté. 

pl\  ne  se  rencontre  qu'une  seule  fois  dans  le  Qorân, 
91,  8,  où  el-Beydâwî  l'explique  par  ^\  .  Cela  fait  sup- 
poser que  ce  verbe  n'était  pas  très  commun  chez  les 
Qoreychites.  Mais  son  emploi  dans  le  Sud  et  en  Espagne 
donnerait  à  croire  que  le  sens  d'inspirer  doit  originaire- 
ment être  rappeler,  faire  comprendre,  comme  le  para- 
phrase el-Beydâwî.  Nous  le  traduisons  par  inspirer  parce 
que  ce  mot  implique  l'idée  dogmatique  que  le  Prophète 
et  les  premiers  musulmans  y  attachaient.  Est-ce  que 
Mohammed  n'aurait  pas  emprunté  ce  mot,  comme  tant 
d'autres  dans  le  langage  actuel  de  l'Islam,  aux  Yémanites  ? 
Une  conversation  que  j'eus  avec  des  Datînois  sur  ce 
verbe  est  très  caractéristique.  „  Vous  dites  bien  a  l  - 
hamni  Aiîâh?"  —  Oui,  nous  le  disons,  mais  c'est  là 
un  k  i  (J  b,  mensonge ,  car  Dieu  7ie  parle  à  personne  ni  ne 


\)  Obs.  ici  le  masculin. 


517 

rappelle  rien  à  personne:  ^^^^^  A=>  .fJ\j  L>  u\.=>  Jkj  L». 

Us  sentaient  que  le  dogmatique  ^^ ,  dont  [ils  avaient 
entendu  parler  par  les  sâdah  et  les  savants  de  Hdr,  ne 
faisait  pas  partie  intégrante  de  leur  phraséologie  théolo- 
gique. 

Les    „théologiens   modernes",  tels  que  Budde,  Gunkel, 
Kônig,    Oetli,   Stade,   les  deux   Jereniias,  pour  ne  parler 
que  des  Allemands  et  les  plus  sérieux,  acceptent  bien  les 
résultats   des  investigations  des  assyriologues,  tant  qu'il 
s'agit  de   l'A  T.    Mais  lorsqu'ils  arrivent  à  la  limite  où 
commence  le  N  T,  ils  font  halte.   Ils  sont  professeurs  de 
théologie  et  ne  peuvent,  comme  tels,  nier  le  fond  même 
de  la   doctrine   qu'ils  doivent  professer.    Il   ne  faut  pas 
toucher   au   wahi  chrétien.   Hommel,  le  plus  grand  lut- 
teur  de  l'école  antiwellhausenienne,   s'y   arrête  humble- 
ment. Cette  négation  de  la  ,;Voraussetzungslosigkeit"  de 
la  science   est  le  mieux  caractérisée   par  ces  mots   de 
Johannes    Jeremias,    pasteur   en    Saxe   et   assyriologue 
très  sérieux,  dans  son  liv]-e  „Moses  und  Hammurabi"  p. 
41,  à  propos  de  la  révélation:    „Hammurabi  affirme  for- 
„mellement   que   Samas   lui   a   „fait  don"  de  la  Loi.    Il 
„se  réclame  d'une  révélation.    Mais  cet  appel  à  la  divi- 
„nité  a   sa  racine   dans  la  conception  cosmogonique  de 
jjl'ancien  Orient.    Celle  ci  veut  que  tout  ce  qui  se  passe 
„sur  la  Terre  ne  soit  qu'un  reflet  de  ce  qui  se  passe  au 
„Ciel  (H.  Winckler)  ;  que  même  le  monde  des  conceptions 
„soit  subordonné  aux  dieux.  Dans  cette  révélation  païenne 
„manque   l'acceptation,    spirituellement   et   éthiquement 
„libre,   de  la  foi.    Elle  ne  s'élève  pas  au  dessus  des  for- 
„mes  du  despotisme  de  l'ancien  Orient." 

La  révélation  dont  le  grand  Hammurabi  fut  l'objet  en 


518 

recevant  le  don  de  la  Loi  de  Samas  n'est  donc  qu'une 
farce  orientale,  parce  que  les  Orientaux  étaient  païens! 
Mais  le  don  des  Tables  de  commandements  que  Elohîm 
fit  a  Moïse  est  vérité  historique;  en  tout  cas,  une  révé- 
lation divine!  Il  me  semble,  si  l'on  admet  la  révélation 
pour  la  Bible,  qu'il  faut  aussi  l'admettre  pour  le  Qorrin. 
Les  Prophètes  d'Israël  ont  l'avantage  de  l'antiquité,  de 
la  pénurie  de  documents  historiques,  de  la  réclame  faite 
pour  eux  par  le  Peuple  élu  et  par  les  Pères  de  l'Eglise 
chrétienne,  successeurs  des  mêmes  Prophètes.  Le  Pro- 
phète de  l'Islam  est  plus  près  de  notre  temps.  Nous 
connaissons  ses  actes  presque  jour  par  jour.  Il  est 
l'auteur  incontesté  d'un  livre  religieux  authentique,  ce 
qu'on  ne  saurait  dire  des  œuvres  attribuées  aux  Prophètes 
d'Israël.  Aucun  chrétien  ne  lui  accorde  le  privilège 
d'avoir  reçu  le  wahi  de  Dieu.  Le  Prophète  et  ses 
Croyants  sont  plus  logiques,  car  ils  ne  mettent  pas  en 
doute  l'inspiration  divine  des  livres  d'Ahl  el-Kitâb. 
On  lira  à  ce  propos  le  joli  épisode  qui  se  passa  entre 
le  Prophète  et  un  juif  dans  Bohârî  III  p.  120  ').  La  ré- 
vélation n'est  qu'un  chapitre  de  l'Histoire  des  religions. 
Elle  est  la  base  des  trois  grandes  religions  orientales, 
judaïsme,  christianisme  et  mohammedanisme,  qui,  au 
fond,  ne  sont  que  des  formes  purifiées  et  idéalisées  de 
a  mythologie  do  l'ancien  Orient.  On  peut  être  bon 
chrétien  sans  croire  au  wahi.  Pour  ma  part,  je  tfiche 
e  l'être. 


519 

13,  19,  20:  zaraqôh  bfûd.  Ce  sens  de  lancer, 
jeter,  est  connu  dans  tout  le  monde  arabe.  Nous  trou- 
vons la  même  locution  dans  I.  SaM  III  i  p.  6  :  sijji 
xlxas  io^. .  Jahn  M  S  p.  25,  12:  zaràghâ  birumh,  il 
lui  lança  une  lance  =z  mehri  zerqàys  bâqanât.  Dans 
le  gloss.  Jahn  dit  que  l'arabe  et  le  mehri  zirôq  signi- 
fient die  Lanze  auf  Jema?iden  loerfen.  Cela  est  trop 
restreint.  Il  le  traduit  ainsi  parce  qu'il  a  entendu  ce  com- 
plément.   La  glose   originale   de   Socin   Diwan  N°  39  v. 

14   note   est   inexacte,    o'^j^  est  chez  les  Bédouins  du 

Nord  une  lance  courte,  B  B  p.  192. 

13,  21:   neym   m   ^L;  .    Dans   Hçlr   p.  386  et  s.  j'ai 

parlé  de  cette  contraction.  Se  m  =  ^Lo  Hdr  p.  130, 
la.  Qêmeh  =  iUjls  ibid.  p.  175,  19;  185,  u;  319,  e. 
Hêg  =  -iv.^>  ibid.  p.  94,  4  d'en  bas.  Hês  =r  ^J^!s> 
ibid.  p.  303  note  2.  Hêk  =  ê^[^  ibid.  p.  398  note  et 
ici  p.  11,  1;  19,  19;  38,  lu;  170,  10.  ùè'û."  =  «^.L>  ici 
p.  24,  19.    Le  poète  Dô^an  dit: 

0  toi  qui  pars  de  chez  moi  qui  suis  d  es-Serrîeh, 
Salue  Ahmed  qui  attise  les  huches  de  la  guerre. 
C'est  là  le  début  de  beaucoup  de  poésies  populaires 
dans  le  Sud.  Cette  contraction  se  montre  presque  tou- 
jours dans  le  pluriel  A^^  .  IJazèyn  =r  qj';3-  p.  119, 
«s;  120,  12;  136,  c.  Tabêq  =r  oM'i-^  Hdr  p.  267,  7. 
yalîmah,  fille  du  célèbre  Farîd  à  Yesbom,  dit  dans  une 
longue  qa^îdah  : 

87 


520 


Ceci  est  le  dire  de  W.  Kohcyl,  qui  s'est  repu, 
Où  se  trouvent  les  châteaux  forts  et  les  tonnerres  des 
fusils  {■=.  les  fusils,  les  guerriers)  habitués  (à  la  guerre)* 
Dô^an  dans  sa  grande  qasîdah  en  ûr: 

Ceci  est  le  dire  du  poète  des  tribus  hardies  et  dont  la 
veine  poétique  choque  comme  les  flots  des  mers. 
Un  qabîlî  des  Bâ  Sahm  d'Ahwar  a  dit: 

-  -  .  ,     ,  +  >  .      "  t  '. 

Et  es-SaHdî  dit:  ô  sidian,  je  te  remercie,  et  l'honneur  se 
trouve  dans  les  fusils  roûmi  aux  tonnerres  noirs. 
Une  mirgâzah  porte: 


0-C-. 


+    o 


jL/ii_j!   ,.,1 o cL   dV-AM_«^t   \jJLc >o'j 


r^  !>-H^'  ur=  cc-^'^ 


Nâsir  a  sur  lui  du  musc  et  des  branches  de  basilic: 
C'est  lui  qui  a  attaqué  el-Haulî  avec  des  balles. 
C'est  lui  qui  a  assaisonné  le  café  avec  S.  h.  ^A.  (il  lo  tua) 
FA  mis  dans  leur  café  du  clou  de  girofle  et  du  cardamome. 


521 

Wahed  Sa  m  a"!  u  ma^h  wahed  sultan  min 
dôlët  Ahwar.  Uhâdes-sultân  hâl  (=  Jl=>)  fil- 
Manqa^ah,  us-Sama^i  sîyîr  ma^es-sultân  yitsar- 
rafùn  bùkër.  Uâgà^  bedwi  min  bel  Ma.  ne  a"  min 
qabâyil  èhël  Sama'^ah.  Uessiiltân  gâlis  dàhër 
sôm  em-wùdën.  Uqàtal  es-siiltân  bi^ûd  u  farr. 
Heyt  innehom  beyn  bel  Ma  ne  a'  ued-dowleh 
qàtël.  Uèhël  âama'^ah  kaddu  'a la  dowlet  Ab- 
war:  es  tabù'  fim-wùgëh?  tebûna  lindi  laum 
au  y  a  u  m  ?  U  s  a  r  r  a  bu  e  b  1  Sam  a'^ab  ""a  1  a  b  e  1  M  â- 
nëa^  uindu  yôm  qafâb,  uqàtalu  wâhed  utà- 
rahu  sitteh,  u  essitteh  silimu  ukullebum  (ou 
■ho m)  ''ôtôlu. 

TJn  SamaH  se  trouvait  avec  un  sultan  de  la  dynastie 
d'Aliicar.  Ce  stdtan  habitait  à  el-Manqa^ah^  et  le  SamaH 
accompagnait  le  sultan  comme  sauf-conduit.  Ils  travail- 
laient à  la  moisson  de  la  doura  rouge.  Un  bédouin  des 
Ahl  Mâne''.,  des  tribus  d'Ahl  Sama^ah^  vint  alors.  Le 
sultan  était  assis  sîir  la  levée  de  terre  du  champ.  Le 
bédouin  tua  le  sidtan  et  s'enfuit.  Cela  parce  qu'il  y  avait 
entre  les  Mâne''  et  la  dynastie  d' Ahwar  un  meurtre  in- 
expié. Les  Sama^ah  envoyèrent  dire  à  la  dynastie  d' Ah- 
war: „Que  voulez-vous  comme  expiation  de  lèse-garantie? 
Voulez-vous  que  nous  donnions  des  dommages-intérêts  ou 
bien  la  punition  des  coupables?  Les  Sama^ah  sortirent 
alors  ^)  contre  les  Màne"  et  donnèrent  un  y  a  u  m  à  cause 
de  l'assassin  (VLài).  Ils  en  tuèrent  un  et  couchèrent  six 
blessés  sur  le  sol.  Les  six  échappèrent  à  la  mort^  mais 
ils  furent  tous  estropiés. 


4)  Parce  que  les  Ahwaritcs  voulaient   uu   yauni. 


522 

Le  sultan  Ahmed  b.  ""Alî  d'Ahwar  envoya  alors  un 
messager  à  el-Kabs,  résidence  des  puissants  masâih  Ahl 
Sama%h,  porteur  de  la  qasîdah  suivante.  Elle  est  très 
caractéristique  pour  le  sujet  qui  nous  occupe  à  cause  des 
rimes.  On  trouvera  la  réponse  d'un  âama*"!  à  la  page  556. 


dULf-'^j    ^    "^    u-^-<-^'    <T'^^-    f^^^3    ^ 
J^^A-i'    ^.,.Xftj    ^S    ^V_j^^_a_:'    A.V.C 

^iV à__E.l •M     \j     "i^j     d^^ ÎÉ  "b     M^ A !'     4 


w«      ^     r.    (_j  _XC^J] 


i    Ô  toi  qui  pars  ce  soir,  je  t'envoie  comme  messager, 
Et  lorsque  tu  viendras  à  A  h  w  a  r ,  je  veux  que  tu  y 
[passes  à  l'approche  de  la  nuit, 

2  Et  Pois  le  matin  à  Husn-el-Kabs,  et  que  rien  ne  te 

[retienne  !, 
Chez  des  tribus  qui  roulent  les  mèches  de  fusil. 

3  Une  nouvelle  m'est  venue  qui  m'a  troublé  l'esprit. 

0  el-Kabs  chez  qui  les  bassesses  ne  se  logent  jamais. 


\)  Pour  les  noms  de  cette  poésie  voir  l'Index. 


523 

4  Aujourd'hui  je  ne  te  verrai  pas  et  je  ne  veux  t'ac- 

fcompagner, 
Lorsque  tu  arriveras  chez  les  Sâfé'ites  et  les  tribus. 

5  A    propos  de  la  siyârah^),  vous  discuterez  les  me- 

[sures  d  prendre. 
Et  toi,  tu  ne  feras  plus  comme  le  seigneur  d'es-Subeyl: 

A  A 

6  Tu  as  ta  demeure  au  pays  des  Bd  Kdzim, 

Tu   arroses   tes  champs  avec  l'eau  d'el-Ahmar  et  tu 

[bois  à  en-Nesîl. 

Nous  voyons  que  la  rime  est  en  eyl,  comme  leyl. 
Dabeyl  =  ^Li3,  pi.  de  iJLjJ.  F  a  se  y  1  r=  JoUo,  pi. 
de   idUvi  .    Qabeyl   m   JoUi ,   pi.   de   ici^  ,   mais   v.  2 

q  a  bail.    On   observera  que  Nesîl  est  devenu  Niseyl. 
Cet   ey,   contracté   en   ê,   peut   même  devenir  î:  ^agîz 

=:  'agêz  =  j>l^  ,  pi-  de  :v=^';  hawîk  =  hawêk  = 

ti)oty> ,    pi.    de    dVjL>   ou    liVxi.  ^).    'îsah  =  'Êsah  r= 
iuij£ ,  Doutté  l'Islam  algérien  p.  73  et  ici  p.  525,  5. 

Le  verset  suivant  fait  suite  à  celui  rapporté  Hdr 
Gloss  s.  V.  ,Ju>t>  : 


o  - 


(• 


La   bergère  s'est  placée  à  côté  des  branchages  épineux 

[des  bêtes  à  laine. 

Et   le   chameau   en   rut,    qui  donne  des  coups  avec  la 

[muselière,  mugit. 

.     1)  Je  ne  traduis  pas  ce  mot,  qui  doit  ôtre  assez  connu  aux  arabisants. 
2)    Le    j)lniiel    en    est   aushi   *^a^}j;îz   et   hauwîk,  comme   ^-V^x:, 
^luwîd,  (le  ^^>^ ,  vieille  femme.    Ce  pluriel  est  aussi  luelirilo. 


524 

Ici  fadîm,  qui  rime  avec  nahîm,  karîm  et  ha- 
kîm,  est  pour  fade  m,  fa  dey  m  =  ^îAi ,  pi.  de  iOoîcXi. 
j^jA:  ,  pluriel,  est  ici  à  cause  de  la  rime,  car  la  locution 

usuelle  est  iL^'As-L.  J=>^.  ^^\   r^^'^,  le  chameau  en  rut 

donne  des  coups  avec  la  muselière. 

Il  peut  aussi  devenir  une  simple  imalah  â  comme  nous 
avons  vu  à  la  page  443  n.  3,  où    'J;^  =:  -iiixi  pi.  de  a^y:'*, 

nuage,  rime  avec  XjS  et  ;L>t^  .  Ibn  el-Mogawir  écrit 
souvent  (ou  son  copiste)  [j^^  pour  .ji-:^  ,  et  tout  ara- 
bisant connaît  o1j>  pour  .i>^ ,  Hdr  p.  388.  Cf.  el-Mo- 
qaddasî  éd.   de   Goeje  p.    158,   is,  ic,  i?,  is,  lo,  où  il  y  a 

L-^À^^   et  Lwil^  ,   l'un  à  côté  de  l'autre. 
Dù'an  el-Murqusî  dit: 


0  -o 


^i  les  chevaux  sont  avec  vous  et  les  excellents  chameaux, 

Et  si  quelqu'un  vous  appelle,  vous  le  ferez  sortir  (du 

[mauvais  pas)  avec  des  excuses  *). 

Cette   contraction    de  ây  en  ê  existe  aussi  dans  le 

Nord,   mais   seulement  dans  les  participes  de  la  nature 

de   ^j ,   Socin   Diwan   III  p.  112.    Dalman,  PD  p.  340, 

10   d'en    bas,   a:    gum   idbàhlum  hêP)  uhurfàni. 


\)   C'est   d'abord  tiljrif^  de  — P*' i  et  puis,  avec  permutation  des 
voyelles,   tihrog,   et   ensuite,  par  harmonie  vocalique,  toljrog,  et 

>  3        > 

non    pas    -rj^    devenu    — r^  • 

2)  Traduction  des  derniers  deux  mots  incertaine. 

3)  Je  ne  crois  pas  que  hôl  soit  ici  pour  (3^=>  ,  pi.  de  J^J'-^  >  car 


525 

va  leur  égorger  une  brebis  stérile  et  des  moutons,  mais 
ibid.  p.  343,  s:  ma  tidbah  illa  hâyil. 

Elle  est  du  reste  ancienne,  Hdr  p.  387.  L  A  V  p.  303 

in    fine    dit:     ioi  tU  "b  ,y^L  ^»jw  „L^^Jî   j>j>  b,>^lj» 

^  •••      ^>      Cv  •  >         >    ■  -^ 

oiJ"^t  _^j  ^_Jl-Âi^;iS  =  Yâqût  II  p.  189,  2;  voyez  ici 
p.  476.  Wellhausen,  Skizzen  (Prolegomena)  VI  p.  67 
note,  a  raison  d'identifier  s,L>  et  »,*:>,  mais  ,>s>  n'est 
pas  précisément  un  équivalent  araméen  pour  ,-^ii=> ,  car 
yfP'  est  un  mot  arabe,  et  on  n'a  pas  besoin  d'avoir  re- 
cours  à  l'araméen.    1î^=>  ,   Usâmah   p.   54,  si  ;  p.  55,  7, 

10,  et  J2a£  sont  anciens.  Le  même  phénomène  se  ren- 
contre en  français  dans  son  passage  du  latin  ')  :  regina 
fait  refgjitia,  reina,  reine,  (rân),  mais  l'espagnol  a  con- 
servé reina. 

Dans   H^r  p.   307,  j'ai  exprimé  l'idée   que  les   nom- 

G 

breux  adjectifs  de  la  forme  Jii  pourraient  bien  être,  à 
l'origine,  des  participes  contractés  de  cette  façon.  Je  vois 
à  présent  avec  plaisir  que  Vollers  VS  p.  138  et  s.  est 
aussi  de  cet  avis.  Ce  savant  suppose  ZA  XVII  p.  319, 
aux  substantifs  pluriels,  tels  que  iCcL. ,  vendeurs,  &X.LL) , 
obéissants^  wa  ,  visionnaires,  ïjL«  ,  seigneurs,  'iS^  ,  tisse- 
rands, etc  une  forme  analogue:  iouL,  ïCxjUj  etc,  comme 
iJû'wiw ,  si  je   le    comprends  bien.   Barth   N  B  pp.  78  et 

350,   admet   même  une   pareille  formation  pour  les  sub- 

G  O 

stantifs   tels  que  .Ij  et  .b- .    Comme  ces  adjectifs  et  ces 

dans  les  dialectes  des  Bédouins  de  Syrie  ce  passage  de  ô  en  î  n'est 
pas  commun. 

1)  Où  l'endroit  de  l'ictus  est  cependant  diflérent. 


526 

substantifs  sont  d'une  haute  antiquité,  nous  n'aurions 
dans  cette  contraction  dialectale  qu'un  procédé  ancien 
fort  intéressant  à  constater.  11  me  semble  pourtant 
qu'il  faille  alors  également  supposer  que  le  â,  provenant 
de  ay,  ey,  ê,  étaient  originairement  a.  La  seule  ma- 
nière de  rendre  ce  son  graphiquement  correct  était  avec 
I,  a,  car  avec  ^^  comme  dans  ^.-s-t^  des  anciens  ma- 
nuscrits qorâniques,  il  y  a  confusion').  Cet  ey,  ê, 
devenu  a,  surtout  dans  le  chant,  ainsi  qu'on  peut  le 
voir  ici  à  plusieurs  endroits,  est  aussi  effectivement 
prononcé    â;   j'ai    devant    moi    une    longue    qasîdah    de 

Dô'^an  oîi  yfj^  et  .Lix  =  ^Lo« ,  pi.  b.y:.^  ^),  riment  avec 
LS  etc.  L'imâlah  ne  fait  pas  partie  intégrante  de  la 
grammaire  arabe:  elle  est  à  prendre  ou  à  laisser,  mais 
elle  n'en  est  pas  moins  une  partie  intégrante  de  la  pro- 
nonciation de  la  langue  parlée.  Et  je  suppose  qu'elle  a 
toujours  existé.  Barth  et  Fischer,  avec  force  science  des 
deux  côtés,  se  sont  disputés,  dans  la  Z  D  M  G  59  Heft 
3,  sur  la  primordialité  de  â  et  de  â  (ê).  Mon  savant 
confrère  de  Leipzig  la  revendique  pour  â.  Cela  est  une 
subtihté,  car  nous  ne  connaissons  nullement  si  l' â  n'était 
pas  prononcé  â  déjà  à  une  époque  très  éloignée.  De 
même  que  les  grammairiens  arabes  nous  ont  laissé  le 
choix  entre  le  *:v^^"  et  la  iJUi ,  en  lisant  les  textes 
sacrés,  de  même  nous  pouvons  laisser  de  -côté  la  question 
de  l'antériorité  de  â  et  de  â  (ê),  qui,  au  point  de  vue 
linguistique,   n'a  qu'une  importance  relative  ^).    Le  seul 


1)  La  remaïque  de  Kisclier  ZDMG  59  p.  655  en  bas,  est  tout  à 
fait  juste. 

2)  Voyez  ici  p.  524,  *. 

3)  â   et  à    alternent  à  chaque  moment  dans  les  dialectes.    Tantôt 


527 

point  qu'il  vaille  la  peine  d'élucider  est  celui  de  constater 
si  anciennement  l'imâlah  était  graphiquement  rendu  par 
un  ^ .  Voilà,  ce  me  semble,  à  quoi  se  réduit  la  dis- 
cussion entre  les  deux  savants. 

13,  21:  habâbetah,  paraphrasé  par  sittah  (non 
sittah).  C'est  ainsi  que  les  esclaves  appellent  leur 
maîtresse.    Ils   disent   sîd   à  leur   maître,   quand  même 

celui-ci  ne  serait  pas  uX-^^  ou  sA-^-^  .  L'appellation 
sU  [}  ou  ^L.  y,  mon  bon!  mon  vieux!  est  par  eux 
usitée,  dans  toute  l'Arabie,  à  l'égard  de  tout  le  monde. 
iùLp-  est  aussi,  et  surtout,  la  grand'  mère^  paternelle 
ou  maternelle;  v.  mon  M  S  p.  22.  Wetzstein  apud 
Kampffmeyer  ABD  Innerafrikas  p.  170  note,  prétend 
que  ce  sens  n'est  courant  qu'en  Hdr,  mais  cela  et  faux, 
car  on  s'en  sert  dans  tout  le  Sud,  y  compris  le  Yéman 
et  'Oman,  où  le  masculin  v'-t^  ?  g^cind-père,  est  aussi 
d'un  usage   commun,   M  S  0  S  VII  p.    18,   1.  lî,  et  rien 

que  là.  Toute  vieille  femme,  '-i^jc,  peut  être  appelée 
habâbah. 

13,27:   uhasafo.    u>^^  ,   i,    couper  le   6/e  lorsqu'il 

est  encore  petit  =  Dàhir  v_j 3- ,  tandis  que  ^yo  est  cou- 
per lorsqu'il  il  y  a  déjà  l'épi.  Ce  thème  ne  figure  pas 
dans  les  lexiques  arabes. 

13,  25:   zâr'ah,   '^jj-  Je  pensais  d'abord  que  c'était 


on  dit  â,  tantôt  à.  Les  règles  des  grammairiens  sur  l'imâlah  sont 
tout  à  fait  insuflisantes.  Elles  n'expliquent  pas  l'imâlah  de  mii  et 
1  à.    Fischer  Z  D  M  G  59  p.  657  en  bas. 

1)  Des  discussions  pareilles  sont  très  utiles,  surtout  lorsqu'elles 
sont  conduites  avec  l'uibanité  de  ces  deux  confrères  Les  arguments 
de  Fischer  me  paraissent  tout  à  l'ait  irrrlutables. 


528 
JkJtil'  JifiJb  J^j^' ,    Miizhir    I    p.    159,   II    p.    130,   mais 
p^j  ,  a,  est  intransitif,  être  couvert  de  ^  .j  ,  produire  des 
céréales:    ^  ^.A^  .   Y.    Hdr   p.  190.    Semer  se  dit  ,-"i 

13,  26:  asarna  =  j-^^,  i,  t^œr  un  animal  en  en- 
fonçant l'instrument  dans  le  flanc,  mais  aussi  tuer  un 
animal  de  n'importe  quelle  façon.  D'après  un  datînois, 
on  ne  saurait  employer  ce  verbe  à  l'égard  d'un  homme, 
à  moins  qu'il  ne  soit  tout-à-fait  vieux  et  décrépit,  ne 
pouvant  faire  aucune  résistance.  Comme  on  prononce 
aussi  avec  l'affaiblissement  de  c  en  a,  j'ai  cru  que 
c'était  pour  -«î  ;  mais  ce  verbe  n'existe  pas  du  tout  dans 
le  Sud,  et  la  forme  est  -wj: . 

13,  27:  bill,  mais  aussi  bil,  92,  9;  131  note  6. 
Une  fois  à  el-'^Imâd,  à  2  h.  d'Aden,  à  l'occasion  de  la 
fête  de  ce  sanctuaire,  en  présence  de  milliers  de  Bédouins 
de  tous  côtés,  j'ai  discuté,  coram  populo,  la  question  des 
deux  1.  D'aucuns  disaient  billi,  d'autres,  bili.  Un 
beyhîlnite  disait:  tak  iblak,  voilà  tes  chameaux.  Cette 
prononciation  a  seulement  lieu  lorsqu'il  n'y  a  pas  l'article, 
ainsi  que  l'a  justement  relevé  Hess,  Bemerk.  zu  Doughty's 
Heise  p.   7,    mais   ce  n'est  pas  là  une  règle.    La  langue 

littéraire  a  joi  et  Jol .    Ku'bah  dit  : 

JwXxj    ,^s_i  »',  Vv    ^^J,'JL.J         Jb!    '^::Ai*    ;j:wVJiJ    '^\->3'    U- 


Lorsqu'elle  dédaigna  mon  numéraire  et  que  mes  chameaux 
devini'ent  trop  peu  nombreux^ 


il 


529 

elle   changea  de  casaque  et  alla  jusqu'à  me  dire  :  Quel 

[Béotien 
que  mon  e'pouseur! 

Diwan  Rifbah  éd.  Ahlw.  N°  46  v.  9.  L  A  VII  p.  30. 
Arâgîz  el-^Arab  p.  122.  Un  autre  exemple  Mobarrad 
Kâmil  p.  537,  7,  où  la  raison  en  est  expliquée. 

Plus  de  cent  fois,  j'ai  pu,  dans  mes  relations  avec  les 
Bédouins  de  Syrie,  constater  la  forme  bill  ou  bu  11, 
30,  7.  On  m'épelait  distinctement  et  lentement  toujours 
bil-li,  mes  chameaux. 

Dalman  PD  p.  47  a: 

Wàrdat  billak  yà  bazbùz 
w î n t e m-^à nig  làk  "^âgàz^) 

Tes  chameaux  sont  arrivés  à  Veau,  ô  Bazbûz, 

pendant  que  tu  embrassais,  toi,  une  vieille  femme. 

Meissner  NAGI  p.  114:  bill.  Hartmann  LLW  pp. 
185,  187:  bill.  Stumme  J^GT  pp.  219,  §29  et  247, 
§70,   4:   bill  et  bil,   mais   T  Gr   pp.    41    et  44  bîP). 

Moh.  b.  Cheneb,  Prov.  arabes  N°  475:    jo. 
^\    est   cependant   la   forme   ancienne,    car    nous   le 

trouvons  dans  les  inscriptions  sabéennes,  oià  ce  n'est 
pourtant  pas  un  collectif,  p.  e.  Glaser,  die  Abessinier  p. 
80  ;  D  H  Mùller  Z  D  M  G  37  p.  329  et  note  ;  Mordtmann 
et  idem  SD  pp.  10  et  14.  Cf.  l'assyr.  ibilu  Delitzsch 
WB  p.  7.  La  conjecture  de  Vollers,  ZDMG  50  p. 
652,  que  Joî  vienne  de  l'indo-persan  fîl  (pîl),  assyr. 
pêru,  éléphant^  me   paraît  une  impossibilité  historique 


1)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire.  Métro:    --  |  1-  |  . 

2)  Motivé  jtar  l'accent,  comme  le  tunisien  iJi^' 


530 

et    culturale.     Avec    la    même    raison    on   pourra   faire 
venir   iCs'J  du  sanscrit  nâga,  éléphant^  que  l'éthiopien  a 
emprunté. 
A  présent   Vollers,    VS   p.  52,  préfère  mettre  Jo'  en 

corrélation  avec  l'assyr.  abâlu,  hébr.  by^,  et  lui  donner 
le  sens  primitif  de  hête  de  somme.  Cela  est  en  tout  cas 
plus  plausible.  On  ne  saurait  séparer  le  chameau  de  la 
race  sémitique. 

Wùstenfeld,  Bahrein  und  Jemâma  p.  7,  rapporte  un 
récit  curieux.  Hassan  b.  Tubba"  conquit  la  Yéraàmah, 
Masoudi  3,  p.  283  et  ss.,  et  choisit  parmi  les  prisonnières 
une  jolie  femme  pour  lui.  Au  moment  de  partir,  il  fit 
avancer  un  chameau  pour  elle.  Elle  n'avait  jamais  vu 
un  chameau  auparavant  et  demanda:  „Qu'estce  que 
cela?"  On  lui  répondit  que  c'était  un  chameau.  Une 
yemâmite  qui  n'avait  jamais  vu  un  chameau,  voilà  ce 
qui  est  on  ne  peut  plus  extraordinaire.  Wellhausen 
Reste''  p.  115  note  2  dit:  „Da  der  Quitus  antiquarische 
Neigungen  hat,  so  ist  das  Rind  bei  den  Semiten  viel- 
leicht  àlter  als  das  Kamel,  obwohl  im  Alphabet  nicht 
bloss  Alpha  sondern  auch  Gamla  vorkommt."  Mais 
alpha  précède  gamla.  Cf.  Lagrange,  Et.  sur  les  relig. 
sémit.  p.  254. 

Pour    ce   qui    est    de   notre  'dialecte,   nous  avons   les 

noms  suivants.    Jo  et  jo,  coll.,  m.  et  f.,  chameaux. 


1)  Hoiiiiiiel  A  A  p.  21'.)  (lit  que  pirii  vient  de  b  ii  r  u  ,  bîru, 
jeune  taut'cnu,  mot  qu'on  appliqua  jilus  tard  à  Vrléii/nuit.  Une 
forme  plus  récente  serait  d'après  lui  l'assyr.  bùlu,  hélail.  Voyez 
aussi  II.  Lewy,  Die  seniitischen  Freiiidworter  im  Griechischen  pp.  1. 


531 

masculin 
_ou  sans  pluriel.    J.^^  '),  pi.  JU:>  • 
o^'ï  2),  chamélon,  pi.  q'Axï  ,  :=  ^ 
^y'j,  monture,  pi.  v^j  ^)- 

féminin 
iJL=>t.,  qui  a  mis  bas.    i^Jx*  *)  19,  7- 
«yÇ ,  pi.    bu  ,  g?a"  w'a  pa-s  mis  bas. 
masculin  et  féminin 
x^jS'  ,  pi.  vv^j  j  qu'on  le  monte  ou  non.     ^L:> ,  pi. 
j^,Lio>  '^),  petit  ou  pe^zYe  qui  tette  encore. 


-1)   Le   singulier   J»*^   est   peu    isité   ici,    mais   iJU=>  est  le  pi.  de 

>••  • 

2)  Peut  porter  une  charge  légère. 

3)  *Jy  j  à  Lahig  est  la  chamelle  quon  monte,  plnr.  oLy^  .  Le 
cliameau  monté  y  est  aussi  t_5r^-  • 

4)  Voyez  p.  suivante  note  1. 

5)  Expliqué   par  x<S  Laï  JK  Lo   (qafiîmmah),    toH<  qu'il  suit  sa 

mèi'c.  j^ÙfS>  est  un  jeune  chameau,  aussi  bien  cl'.ez  les  Bédouins  du 
Nord  de  l'Afrique,  Hartmann  L  L  W  p.  99,  que  dans  le  'Oman  sep- 

tentrional,   BBRAS   1902   p.   261,   où    le   fém.  en  est  bj.^io-  et  le 

jiluriel    ,.^fc-yix>-    et   j^yiXi» ,   selon    Jayakar.    Le    sing.    (j^U-Cio  de 

Hartmann,    o.  1.    p.    150,    est   comme   tel  une  erreur.    Hess,  Bemerk. 

zu    Doughty's    Reiso,    W  Z  K  M    XVI    p.    il,    a  ^^ ,  pi.  oîr**^  > 

cliameau   d'un   an.  RO  §123:  hâsi,  pi.  h  a  w  â  s  i ,  /tmgres  Kamecl, 
mais   p.    3r)(i,    note   2,    pi.    hwôsiyât,  ce   qui   est   le    pi.    du  dim.. 


532 
Il  est  curieux  que  ,x*j  n'ait  pas  de  pluriel,  tandis  que 
dans  le  Nord  il  est  A>^  '),  ^^  et  ^^.j^*^ ,  qui  comprend 
alors  les  mâles  et  les  femelles,  ce  qui  concorde  avec 
Socin  Diwan  I  p.  286.  Le  pi.  ^!jtj  n'est  usité  que  dans 
le  Liban  et  sur  le  littoral  syrien,  de  même  qu'en  ""Oman, 
RO  p.  366  note  2.  Le  singulier  .;ou  est  chez  les  Bé- 
douins de  Syrie  chamelle^  mais  chez  les  TIadar  et  chez 
les  paysans,  mâle  ou  femelle,  comme  dans  Muzhir  II  p. 
118.  La  même  fluctuation  dans  L  A  p.  137.  Dans  el- 
Qasîm  au  contraire,  .xsu,  est  charneau  mâle  et  j:Ij',  cha- 
melles, tandis  que  ^.J-^  comprend  les  deux,  comme  dans 

tout  le  Negd.  En  hébreu  et  en  aram.  "l'i^B  est  bétail. 
D  H  Mùller  Z  D  M  G  37  p.  329  note,  dit  qu'en  sabéen 
c'est  hctail  et  chameaux,  collectif.  Il  ajoute  que  dans 
un  seul  passage,  Prid.  14,  c:  jtj  .  .o,  il  paraît  être  n. 
unit,  aussi  en  sabéen,  mais  que  cela  n'est  que  spécieux. 
„I1  faut,  dit-il,  interpréter  ce  passage  comme  dans  le 
Diw.  Hodeyl.  Kosegarten  n°  100  v.  5  : 


Socin  Diwan  GIoss.  s.v.  Tl  paraît  qu'en  Algérie  c'est  vraiment  cha- 
meau de  trois  ans,  puisque  Daumas  (Dozy)  et  Delphin.  Textes  p. 
77,  sont  ici  d'accord. 

1)  Véritablement  pi.  du  pi.  inusité  ayuî,  et  j^.Lrj  est  le  pi.  du 
pi.  ^;J'r*J  >  L  A.  S.V..  i«jyK  ,  chameau  p.  monter,  m.  et  f.,  n'est 
employé  que  dans  les  pays  au  nord  et  à  l'ouest  de  Datînali,  vers  les 

(jûwiin  et  le  Yéman.  Dans  le  Negd,  «V^^  ,  ^y^-^  et  (j'.-r?^^  sont  sj'- 
nonymes.  Dans  le  Sud,  les  deux  derniers  mots  sont  absolument  in- 
connus. Les  Neédites  me  prononçaient  toujours  dulûl  (non  pas 
d  û  lui  ou  <]I  û  I  !)• 


533 


Il  ne  s'est  pas  aperçu  qu'il  a  commis  une  erreur  en 
appuyant  sa  thèse  sur  cette  citation,  qui  prouve  tout  le 
contraire.  Glaser,  Die  Abessinier  p.  50,  traduit  un  pas- 
sage analogue  par  un  taureau  et  une  (jeune)  chamelle^ 
et  je  ne  lui  donne  pas  tort.  L'inscription  SD  p.  14  est 
pourtant  assez  claire,  ce  que  Mûller,  ibid.  p.  14,  est 
forcé  de  reconnaître. 

Ce  que  je  viens  d'exposer  est  le  résultat  de  longues 
recherches  chez  les  Bédouins  de  Syrie.  Ces  résultats  ne 
coïncident  pas  avec  ceux  de  Wetzstein  Z  D  M  G  XXII 
p.  118,  mais  je  suis,  sur  bien  d'autres  points,  en  dé- 
saccord avec  lui.  Il  travaillait  superficiellement  et  con- 
naissait peu  l'arabe.  J^^j  est  chez  les  Bédouins  de  Syrie 
un  collectif,  les  chameaux  mâles  qui  peuvent  porter  des 
fardeaux.  La  femelle  de  somme  est  ^.^. ,  pi.  JoL:>  ,  r= 
iw'^  ici'j .  ïJLvj  ,  pi.  J^jLvj  ,  est  monture  en  général,  m. 
et  fém..  Qàllha:  wes  tàleâ^  bïîdi,  ma  li  zïmâli. 
Qâlet:  dûnak  fa  ras  abùyi,  gum,  sèddha.  Il  lui 
dit:  Que  puis-Je  faire?  je  n'ai  pas  de  monture.  Elle  dit: 
tu  as  là  la  Jument  de  mon  père,  va  la  seller,  ""Anazi. 
ô  d^j  1  0,  fournir  au  cavalier,  jLi> ,  partant  en  razzia, 
le  zamâlah  ou  dalùl  qui  porte  les  provisions  et  les 
munitions.  Le  J'-oj ,  pi.  iJU)j ,  le  monte  et  le  cavalier  est 
assis  devant  lui  sur  le  olAxi  pour  que  le  cheval  soit 
ménagé  pour  l'action.  Tout  cela  n'existe  pas  dans  le 
Sud,  où  pourtant  \^j  est  encore  les  provisions  qu'on 
porte  avec   soi   sur  lo  chameau.    Chez   les  Sammar  du 


534 

Nord,  ^j  est  un  étalon  en  rut.  JL-  en  Mésopotamie, 
âne,  Meissner  NAGI  p.  125. 

Ce  qu'il  y  a  de  plus  curieux,  c'est  que  i^'j  pour  cha- 
melle est  très  peu  employé  dans  les  pays  à  l'est  du 
Yéman  et  pas  du  tout  dans  notre  dialecte.  Hommel  dit, 
A  A  p.  95,  que  l'assyr.  anaqâti,  chamelle,  est,  de 
même  que  gammalu  et  bakkaru,  un  mot  emprunté 

à   l'arabe  ').     Il    compare   le    pi.    arabe    •^la.xS  .    Je  ne 

trouve  dans  L  A  que  le  diminutif  irrégulier  cj^^,^}  .    De 

même  qu'on  a  voulu  enlever  aux  Sémites  la  paternité 
du  mot  Jo*,  on  a  essayé  d'attribuer  à  iiu  la  même  ori- 
gine indienne. 

^   o 

13,  28:  mis ba  ah.  Le  ic**.^,  pi.  o'otx^i^ ,  plus  rare- 
ment j.jw^^ ,  est  le  côté  droit  du  (ji./ ,  ventricule,  et 
Kc^;s^  ,   le  côté  gauche,   au  dessous  de   l'épine  dorsale. 

C'est  le  creux  extérieur  de  cet  endroit.  En  allemand,  on 
l'appelle  Hungergriep. 

14,  1:  el-habl  mer  si  ^ala  el-'^agala  =r  xJ'Xo  »_j^' 
y.b ,  la  guerre  dure  encore,   G  0.    Ces   métaphores,   se 

rapportant  au  puits  pour  indiquer  les  choses  de  la 
guerre,   sont  assez  fréquentes   dans  la  langue  littéraire. 

JLs^w  vt^>^'  6st  une  locution  qui  revient  souvent. 


1)  La  meilleure  preuve  de  cela  c'est  que  Glaser,  qui  pose  pour  être 
arabisant,   écrit   Peterm.    Mittheil.    ISSC)    Heft    1    p.   H  dje  ui  m  elû  ; 

ibid.  kâssaba;  ibid.  p.  3:  massar  pour    r*.2x  ;  'abbe  pour  ^^l-^c  . 

5 

Ibid.  1884  Ileft  V:  duj-ra  et  merrek  [i.  179  pour  5.0  et  o^  , 
hunillon.  Mais  il  est  excusé,  car  les  Babyloniens  et  les  Euro|)i''ens 
ont  entendu  de  nitmie! 


535 
14,  3:  ma  lâqsil  =  A.>^j  w.    Une  phrase  analogue 

5  O- 

de  SaM  b.  Nâsib  se  trouve  Hamfisah  p.  30:  j.&  Jww.£'c>y- 

^^U  ^LxJS,  =  Hiz.  III  p.  144  =  I  Qot.  p.  438,  abso- 
lument comme  dans  les  langues  européennes. 

14,  3:  biqàtël  uquttâl.    Le  second  infinitif  est  de 

J«jè  .    La  vraie  forme   est   S^  ,  qui  s'entend  tout  aussi 

souvent.    Dans  ce  volume  nous  avons:  jL^  39,  2;  JÛ> 

prononcé  hammâl,  p.  154,  is.  D'autres  exemples: 
ta'ibt  min  (ed-)dûwar  (""ala)  el-kutub,^'e  me  suis 
fatigué  en  cherchant  les  livres  ■=.  te^ùbt  mid-duwâra, 
Rôssler  MSOS  I  p.  59,  où  il  faut  bien  lire  dûwara. 
W  a  q  a^  k  i  ç]  a  min  q  i  1 1  a  b  a  k ,  il  est  devenu  ai?isi  par 
ton  maniement^  à  force  de  le  manier.  Hâdeh  ow-walda 
tehibb  ou  tirham  em-hibbâb,  cette  jeune  fille  aime 
à  haisoter.  Bâgi  ba'd  em-mirrât,  je  viendrai  après 
le  massage.   AV  a  h  h  a  d   w  i  h  h  fi  d  ,   il  se  calma  =  h  a  u- 

w  a  d  h  e  u  w  a  d.  éX^  o^  !ap  ,  ceci  est  de  ta  brisure , 
c'est  toi  qui  l'as  brise'.  J«jljt!'  j.Û£ ,  V action  d'invester  le 
Viqil  de  la  ^aqfilah,  en  lui  mettant  le  turban  à  la 
tête.  aU-L  _bULj  ii^î  o->r'  >  /«^  apporté  le  peigtie 
pour  te  peigner  la  tète.  iiJ'jCiJi  i^JLli  *vvî  '),  d  présent  on 
a  abandonné  la  supi-rstition  (de  partir  le  8  du  mois),  de 
eVXi ,  croire  une  chose  néfaste^  de  mauvaise  augure). 
Zâmil  de  Dô'an: 


1)   *yJî    aVjCi^    j'  ,    /V(t    \in    prcssciiliDwnt    di'    mauvais   awjnrc 

38 


Salut  à  quiconque  nous  salue!  aidant  qu'il  y  a 
de  munition  pour  ^)  les  fusils  frangis  et  roûm. 
Ni  nous  ni  vous  ne  manquerons  à  notre  devoir^ 

^ 

0  toi  qui  t'entends  si  bien  à  briser  les  os. 
Dans  une  qasîdah  d'un  ^ulaqite: 


,    o 


La  ruse  et  le  carnage  des  dôlah,  qui  coupent 

la  levée  de  terre  là  où  elle  a  été  abîmée,  ne  servent  à  rien. 

JLsts  est,  avec  ^}^mS^  l'infinitif  le  plus  commun,  Langue 

arabe  p.  56.  11  y  en  a  deux  autres  :  Jotsù'  et  ilxsis .    Mais 

ces    quatre    ne    sont    pas    employés   p7'omisc7ie.     Tous 

les  ^VÂî  peuvent  avoir  J^^wJ'»  tous  n'ont  pas  Jues  et  peu 

ont   Jotài)'  -).    L'infinitif  le    plus    rare   est    :<lxsu  :  s.uVjù"  , 


aujourd'hui.    Xaî  ^i)lXiO  ^j^i  L* ,    cela   n'est  pas- de  mat^lH(is  augure, 
mais   t-X-ot*«  . 

1)  Mot  à  mot:  autant  que  le  sârif  (munitionnaiie,  dans  le  sens 
de  se  fournil"  de  munition)  se  fournil  de  )nunilion  de  guerre. 

2)  1.  nordâdheh  p.  100  nous  lisons  dans  un  verset  [m»^  c>-»^^ 
que  de  Goejo  traduit  par  habituées  à  ne  pas  quitter  leur  domicile. 
Dans    le    Gloss.,    il    est    tenté    de    le    considérer  comme  le  n.  act.   de 

I  wv^  .      La     prononciation    i  -»jtJ',    comme    vjioj"    est    secondaire. 


537 
empêchement;  il.*i^' ,  l'action  de  regarder  si  le  nuage 
donnera  de  la  pluie.  —  jJll'î  j  vî^^IjÎ^  v^  >  ^'^  fi^  V'o- 
clamer  dans  le  pays.  *Juû'  ^M  ^cjociû'  ":>,  n'achète  qu'au 
comptant  Hdr  p.  393,  4.  ^-^xiJî  ^Ji>^-,  ^e  coucher  du  so- 
leil ibid.  Gloss.  s.v..  ^^;v^',  action  de  pincer  le  luth^  Ara- 
bica III  p.  59,  12.  Un  bédouin  de  B.  Kâzim  arriva  chez 
un  ami  qui  habitait  un  pays  fertile  et  lui  dit  : 
-    _  -  +     = 


-      +■   -  ^  ,         =       ^ 

j"  o!t\ suit  ^ s  *si '^ 


»SaZwi  à  to^  ô  wâdi,  rempli  de  fruits, 

Tu  as  les  soldats  qui  fondent  les  balles  dans  les  inouïes. 

C'est  que  le  forgeron  a  son  attirail  avec  lui: 

Une  serrure  a^gami  qui  ferme  vingt  portes. 

Après  le  verset  p.  520  en  haut,  il  y  a  celui-ci: 


liarm.  vocal.,  selon  la  juste  observation  Wiislit  Grainrn.^  I  p. 
HfiA.  Snouck,  Feestbi'ndel  p.  '23  note,  appelle  cet  inf.  «fatliah  avec 
imâlah"! 

1)  Var.  ^^jiA/o  .    On  dit  ioA^    "^ r?"  '    .c^^^    et    ,--jJA.^  ! 

2)  Didficile  à  ouvrir. 

3)  J'ai    avancé  Langue  arabe  p.  50  que  la  préposition  ^ÎAï  (pour 

j»l>As ,  qui  existe  aussi  cotniiio  inriuilit)  pnurrail  bien  rti'c  oi'i^inaire- 
ment    C(!t    iurniitif,    ;iyaut  de  bonne  beure  subi   la  poruiutatinn  de  u 


538 

Où   (à  W.  Koheyl)  se  trouve  le  chef  des  nacaires,  Bâ 

[Baram  ; 
Qui  n'a  pas  hu  à   la  coupe  de  la  guerre'^):  dis  (par 
[conséquent)  aux  tribus  qu'elles  le  traitent  avec  Justice. 
Dô'^an  dit  dans  une  qasîdah: 


1     g    A^iX-'S-'S     'j», 


cr' 


La  tribu  ^)  est  chez  moi  et  Je  suis  son  chef 

Lorsque  l'éclair  lui  ^)  luit 

L'infinitif  ^lxJu  (JLxli'),  plutôt  rare  dans  la  langue  clas- 
sique, existe  seulement  dans  le  Negd.  Dans  le  récit  sur 
I.  Swêt  (p.  473),  le  'Oneyzite  me  dicta:  ^j^  ^Ji  *ii'  ^V^ 


en  i,  comme  ^îcj  et  ^^icj,  »L>3  Boh.  V  114  et  tant  d'antres  enregis- 
trés par  les  lexicographes.  Harth  (lettre)  ne  le  croit  pas.  Mais 
quelques   infinitifs   olxsu  sont  bien  devenus  des  substantifs  concrets: 

*^iL^' ,    blaiinciir  ,   |»La^  ,    (/ourinfoiif   etc.,    Bartli  o.  1.  p.  08  et  29'i. 

L'égyptien   oLa^  ,    en    face   de,  Dozy  Suppl.,  mais  sans  voyelles,  est 

formé  comme  j»L\i  .  Je  ne  trouve  pas  que  ma  supposition  soit  in- 
acceptable. '^ISy  pourrait  bien  s'expliquer  de  la  nirme  façon,  Kônig 

LG  II  pp.  301  et  409,  mais  autrement  Voller.s,  7.  D  M  G  49  p.  514,  ". 

1)  On  pense,  dans  le  Sud,  que  le  guerrier  courageux  a  toujours 
.soif  et  qu'il  boit  beaucoup  étant  à  la  mêlée.  Voilà  pourquoi  il  y  a 
toujours  des  femmes  qui  portent  de  l'eau  aux  combattants,  comme 
dans  les  combats  préislamiques.   V.  Gloss.  s.v.   ,e*^  • 

2)  Signifie  au.ssi  VlKnineiir  (j(i})Ui\  je  l'ai  et  je  suis  à  sa  tête. 

o 

3)  =  lorsque  la  guerre  éclate,  (iassâs  b.  Minrah  dit:  c:^lv3  iLÀxàji 
vjj»,*-',    Suuiii'  en-Nasi-.  I  p.  2.M,  o. 


H 


539 

>iJK^  fj^]  Jjj^  Ji   ^^^  ^éy]  ^il'iP ,   ^Abd   Allah   b.   Feysal 

avait  à  cette   époque  toute  l'administration  en  main.    Je 
l'ai  rarement  entendu,  et  Socin  n'en  parle  pas.  En  Syrie, 

on  a  'iSÛs ,  poêle  à  frire.    Cf.  Barth  N  B  §  183. 

En  harmonie  avec  l'infinitif  J'l«  ,  's'est  formé  l'infinitif 

JLxÎj'  ,    de     \jtscs ,    dont   voici  quelques   exemples,     ^^iki  , 

Arabica   III  p.  22,  4  et  p.  34.    -'Isù-   Hdr   p.  262.    ^'lio 

Hdr    p.    840.    ^'uoù'    Hdr    p.    449.    -b'Ji*:)",    ici   p.    74,    s, 

s'étirer.     Tidârrâb    p.    93,    4o.      olj-ljci  j^  dUJic   =  yi  , 

je  crains  pour  toi  l'action  de  monter  (que  cela  ne  te 
nuise).  Tiniqqâh')  em-baqârah,  le  beuglement  de  la 
vache.  J'ai  entendu  cette  conversation:  Nâsir  em-seyb 
fi  rase  h  u  hù''  mus  këbîr  fi  "ômreli,  N.  a  déjà  la 
tête  grise  et  il  n'est  pas  vieux.  Rép.:  Min  tesarrâf^) 
larhâm  wùqa*"  seybeh,  à  force  de  regarder  les  ktiIcj 
il   est   devenu   vieillard.    Un    dicton    très    répandu    est: 

^^Ijc»:^!  ^J^  Js^l  ^^\Lc  j»jL*:2>-' ,  les  Hadramites  ont  des 
poux   à   cause   de   leur   piété  •'').     Un    autre    dicton    est 


1)  Prononcé  ainsi  clairement. 

'2)   Je   demandai    ce   que   c'est  que  tesarrâf,  et  on   me  répondit 

O    _  -     1 

tebassâr.    f*-=^^  =  o       '  H'Ji  ^^^  inusiti-  dans  les  milieux  bédouins. 

?,)  (M'A*-' ,  èlre  pieux  (car  les  Bédouins  ne  s'occupent  pas  des  pré- 
ceptes religieux,  qu'ils  ne  connaissent  même  pas),  mais  dans  les  dia- 
lectes  hadar,    êlrc   civilisé.    Les   Bédouins    se  moquent  beaucoup  des 

savants  de  Hadramôt.  Ils  disent  en  proverbe  Jojï^jl'  ^rVSK'.  jJ^'  jii') 
trop  lie  science  amène  la  diselle,  en  l'appliquant  aux  savants  du 
jjjijîj    QJ^Ai'    <S)h  par  excellence. 


540 

^^^  .isxÂJt  ^jxjoJ!   fpîÂfij   OU]   plÂflii'î  ^^  (^  u^r^'^i  lJ^^''  *>^' 
J..a1JI  j.L\j?j1 ,    Dieu  est  hors  de  cause,  n'est  pas  respon- 
sable de  Vavancement  du  chameau  en  rut  (qui  est  alors 
très  méchant)  et  de  l'avancement  du  torrent. 
Le  poète  Dâbî  a  dit  (basît): 

+  ,  .      + 

(^  L^L/r  j  ^>J«;;:   ^^    ^1   Vj^  U 

^6w  '^^Zî  (Zî^;  0  ve7it  (c>y  fém.)!  /«^'s  mouvoir  les  brises 

[(du  naud), 
^^  la  femme  dit  que  je  suis  épris  de  sa  minauderie. 
S'ils  voulaient  seulement  la  laisser  à  ses  allures! 
Elle  ne  boit,  si  ce  n'est  dans  ses  propres  sachets  *). 

Les  verbes  ^^  perdent  cette  lettre  à  l'infinitif.  e)X^', 

l'action  de  l'entretenir,  te  consoler.  RO  p.  161  ne  donne 
que   Jyjtàj'  pour  le  Joé ,  tandis  que  pour  jjtâj*  il  a  id^iàj" 

et  Jytàj',  Ajljtàj',  idiJtài"  et  ^^jtsu .    Les  deux  premières  for- 


1)  Prononcé  aussi  Pj^' ,  comme  5^",  f-  atlenlion  à,  cf.  Arabica 

III  p.  72  et  I.Idr  Gloss.  s.v.  Iju . 

2)  Le  premier  pied  manque,  ce  qui  est  assez  fréquent  dans  les 
poésies  qui  commencent  par  jj  -|-  le  nom. 

3)  Le  mètre  est  ici  en  désordre.  J'ai  oublié  de  le  rectifier  à 
Aden. 

4)  Mes  hommes  ne  comprenaient  i)as  le  sens  intrinsèque  de  ce 
7âmil,  car  »il  n'y  a  que  le  sîi'ir  lui-même  qui  comprenne  ce  qu'il 
dit."    Les  anciens  commentateurs  ont  souvent  aussi  dû  se  dire  cela. 


541 

mes  appartiennent  à  ^ ,  ainsi  que  l'a  déjà  signalé 
Yollers  Z  D  M  G  49  p.  504.  Reinhardt  se  contredit  ici 
lui-même  §  306  oii  il  donne  ô*^  comme  infinitif  de  Joti. 
Le  nom  d'unité  des  paradigmes  n'a  jamais  été  constaté 
par  moi  dans  les  dialectes  de  Hdr  et  de  Dt.  Les  voyelles 
subissent  des  colorations  selon  les  consonnes  environ- 
nantes, ainsi  que  nous  l'avons  vu  dans  les  exemples.  Sur 

^y^jdu  et  son  emploi  en  Egypte,  voyez  Vollers  Z  D  M  G 
49  p.  604.  En  Hdr  et  en  Dt.,  il  n'y  a  que  les  infinitifs 
que  je  viens  d'énumérer  '). 

L'infinitif  de  J^^Làj'  est  aussi  J^LàJ' .  Ana  zâhif  min 
em-tenâwâm,  Je  suis  fatigué  par  le  ovstpwyfjt.ôi;. 

Les  quadrilittères  ont  également  un  infinitif  pareil. 
LilLiJt  Us'   J:>Lii:d!,  taqanzah   est  la  même  chose   que 


c 


saqqaf.    j.Lsui^'  Hdr  p.  81. 

Je  fais  observer  que  l'infinitif  de  Jo63l  et  de  Jotijc*.,! 
n'est  jamais  sans  le  Vorschlag,  comme  dans  les  dialectes 
de  ""Oman,  R  0  §  300,  et  de  l'Afrique  du  Nord,  Marçais 
Gramm.  p.  18,  et  en  sabéen.  Par  conséquent:  iktesab, 
i  h  t  e  m  a  1  ;  i  k  t  ë  s  a  b  ,  i  h  t  ë  m  â  1. 

Sîb.  II  p.  259  est  le  premier  qui  parle  de  ses  infinitifs 
archaïques   ^\jé    et   .^^jdù .    Il    donne   les   exemples    xxj^ 

N'-«.>  kA^^=>^  {^iSS^  à  côté  du  qorânique  ^\ô>S  (Qor.  78, 

28  et  33),  en  ajoutant  que  ceux  qui  se  servent  de  celui-ci 


1)  Je  suis  étonné  de  ce  que  Stumiiie  et  Marçais  ont  complètement 
négligé  les  infinitifs  dans  leurs  grammaires.  Je  fais  le  môme  reproche 
à  Socin  dans  le  Ille  volume  de  son  Diwan. 

2)  Ces  infinitifs  sont  aussi  mentionnés  par  el-Mobarrad,  el-Kâu)il 
p.  634,  «.    Cf.  Noldeke  Mand.  Gr.  p.   123  note. 


542 

disent  aussi  jû^'.  Ces  infinitifs  étaient  donc  employés 
dans  le  langage  journalier  de  ce  temps-là.    La  remarque 

d'el-Beyçlâwî  p.  382  à  propos  de  ^\5S  :  Jyjià:)"  ^<J.x*j  Ô^ 

iLswtà^î  J.^b'  j  «JU  o^  semble  militer  en  faveur  de 
cela.  Le  fait  est  qu'on  ne  les  rencontre  que  dans  les 
dictionnaires.    On   ne   les   entend  jamais   dans  le  Nord. 

Comme  JLxs ,   existe  en   minéo-sabéen,  je  suppose  qu'on 

finira  aussi  par  y  retrouver  JLxsJ'.  Ils  ont  été  enre- 
gistrés par  les  lexicographes  pour  une  demi-douzaine  de 
verbes.  LA  a  déjà  S^  et  JLl>^',  Tab.  I  p.  1565,  6, 
pSÏ/  et  j."^",  probablement  d'après  Sîb.,  de  même  que 
le  Qâmoùs.  L  A  a  aussi  o-Uj"  .  Le  Qâmoùs,  en  outre, 
P^L ,  cLLiij' ,  («j^jj" ,  j.û>o"  que  L  A  n'a  pas.  Feyroûzâbûdî 
les  aura  entendus  dans  le  Yéman.  Barth  NB  p.  68, 
rapporte  quelques  autres  infinitifs  sur  le  paradigme  JLii, 

de  même  que  AVright  Gr.''  §  202.  Nous  savons  que  ces 
infinitifs  se  rencontrent  aussi,  mais  à  titre  d'exceptions, 
dans  les  autres  langues  sémitiques  ').  Ils  sont  même 
employés  comme  substantifs  concrets  avec  un  sens  in- 
tensif, Barth  o.  1.  p.  292.  Comme  tels  ils  sont  plus 
nombreux.  Etant  la  règle  dans  les  dialectes  du  Sud,  ils 
montrent  à  l'évidence  ce  que  nous  pouvons  trouver  en 
fouillant  bien  les  dialectes. 


1)  I.  Ya'îs  p.  1350.  Fleisclior  Kl.  Sclirilten  I  p.  70  en  209.  S.  de 
Sacy  Gramm.  I  p.  290.  Wright  Gramru.''  I  p.  115  et  s.;  idem  Lec- 
tures p.  203  et  213.  i'.aitli  NB  p.  08  et  292.  Ziiiitiiern  VGSS  p. 
122  et  132.  Vollers  WZKM  VI  p.  171.  Stade  Gramm.  §207. 
NiJldeke  Mand.  Gratntn.  p.   121   et  note  3,  p.   132. 


543 

D  H  Mûller  Z  D  M  G  47  p.  342  voit  dans  le  ^^^^  de  Hal. 

192   le   pi.   de  l'infinitif   c'i ,   qui   me   paraît  être  faire 

payer  un  c!  j ,   impôt,   la  forme  m'est  cependant  incer- 
taine.    Mais    dans    Gl.    282,   i  et   Gl.   298,   3:   ,.,3  yJ- 

(^js^xs,    c'est    sans    doute    l'infinitif  j'jr- ,    et    non  j'^r-, 

comme  le  croit  Hommel  S  A  Chr  p.  24  note. 

14,  4:  Ôar'^al-qabciil.  Comme  le  mot  c^yi  est  l'ex- 
pression la  plus  chère  au  qabîlî  et  qu'on  l'entend  à  chaque 
moment,  je  vais  en  donner  quelques  exemples,  tirés  de 
mon  grand  recueil  de  poésies  ;  v.  aussi  le  Gloss.  s.v.  : 

Dô'^an  el-Murqusî,  +  1315,  dit: 

Ceci  est   ce   que  je  dis:  qu'en  prenne  note  celui  qui  a 

[de  l'honneur. 
Envoyez-le  à  BoiXnah  et  au  Barr  el-^Agam. 
El-Yâfi'^î  dit  dans  une  qasîdah  à  l'adresse  de  Dô^an  : 

+  ^-    .      ^ 


Vous  avez  ynanqué  de  probité  à  l'égard  de  la  chose  en 

[dépôt  chez  vous: 
C'est  là  la  mayiière  du  vil  qui  fait  ft  de  son  honneur. 
Dans  la  réponse  de  Dô'^an  nous  lisons: 

Pj-^J'  j.  A_jj_j   (CjLjCo  LJ_»!   L/1 


544 

Il  n'y  a  que  celui  d'entre  vous  qui  agit  contrairement 
[à  votre  honneur  qui  soit  en  faute  : 
Notre  sultan  n'est  pas  habitué  à  provoquer  une  émeute  '). 
Dô'an  a  composé  ce  zûrnil: 


•^  {- ^y*)  xjLjlj' 


5 


+ 


* LA_*_a_jl    p»r-^    iA_5>iJ'   b    (•v-tv-^'j 


ie  sultan  est  le  gardien  des  tribus  et  des  daulah  *). 
.   Je  suis   venu  chez  lui  et  je  lui  ai  parlé:  il  refusa  de 

[répondre. 
Aujourd'hui  tu  vas  estimer  à  leur  juste  valeur  les  lois 

[d'honneur  des  tribus, 
Si  tu  as  raison  dans  ton  appréciation  de  cet  honneur 

[solide 
Ou  si  tu  es  atteint  par  lui  (l'honneur),  contre  lequel  tu 

[as  agi  ■'). 
Le  hàgil   suivant  est  d'Ahmed  b.  Alî  el-Hamyarî  de 
Naqbân : 


i)  Propr.:  qui  ^^'^^^'  y^- ■>   ^'"^'^'''^    '^    terre   avec   le    y>     pour  en 

faire  un   ^y*/ ,  v.  Gloss.  s.v.  y>  . 

2)  Ainsi    écrit    dans    l'original    fourni    par    nn    lettré.    C'est  v_,*ic 
=  v_,ot  cil  l'initial  est  devenu    î  ,  â.    Cf  Noldeke  LZB  du  20  Févr. 

1904   p.  208.    (_,^aj>V  est  plutôt  une  forme  littéraire  pour  ^ys^j  . 

3)  Chanté  win-nis.    On  dit  donc  inn. 
A)  Voyez  Gloss.  s.v.. 

5)  Traduction  selon  le  sens. 


545 


(■'  |ji^_E>_i:   o^L_b   *_i^_jJLjL_ 


Ô  honneur  de  tribu,  tes  lois  sont  élevées  et  sans  fin; 

Fixe-toi  là  oii  te  désires  (te  fixer). 

Celui  qui  n'a  pas  de  fusils  pour  repousser  (l'ennemi), 

Reste  comme  l'oiseau  dans  son  vol. 

Elève  tes  frères  et  tes  cousins  (contribules) 

Et  aie  patience  dans  la  bonne  comme  dans  la  mau- 

fvaise  fortune. 

Chez  ceux  qui  se  soulèvent  pour  dissiper  ton  souci 

Tu  te  sentiras  le  cœur  tranquille. 

Un  homme  de  Ahl  Fileys  des  Bédouins  Façîlî  fit  ce 
zarail  à  la  louange  de  W.  Bena  et  de  ses  habitants  à 
propos  de  la  guerre  entre  les  Fadlî  et  les  'Abâdil  de 
Lahig,  lors  de  la  prise  de  "Asalah  par  les  Anglais. 


* — »._:!i^_-'    5;., — cc^_Jl    J_>l       \_»_«3_!!     .,fcJL.«- 


i)  Le  contraire  de  (ji-c»^  cJj>liÏ  (=  KD^tsii  par  liannodie  voai- 
liqiie,  et  observez  la  persistance  de  la  voyelle  classique  sur  le  ^j^ . 
^■T'    tr  X  y^    tr  '  -)  V.  p.  323.  et  ss.. 


546 

W.  Bena  ne  s'est  pas  laissé  prendre  : 
Il  y  a  là  les  guerriers  rebelles 
Qui  portent  les  fusils  roumi: 
Des  gens  de  sentiments  d'honneur  parfaits. 
Un    qabîlî    des    Qouraoûs    chanta    à    l'occasion    d'une 
attaque  contre  eux  : 

,  +         o       .  ,  .  i      , 

I^JlX^       L       3rV^      C^^-^-J       xJLfc-^       C^'JLO 

3  >      -s  -  -     o  ^ 

,^Jl     J>~^=>     L.*:-^     (~!^-*^     ,Oo'u^S?Jol 

3         3^^  O  -  ' 

■»>  n  *  j'    yjuo    (^^^    sOjAw    b    ^__)Lo    j_cj 

TJ^ie  délibération  ^)  eut  lieu  au  pied  de  la  Montagne  des 

[Bâ  Hadâ*), 
Et  la  poudre  qâmizite  détonne  dans  les  bons  fusils. 
Vos  gens  à  vous  ont  pris  le  mauvais  côte  -'), 


-1)  =  Dt  _Jb  ou  „Jl\-o  . 

2)  Mon  ms  a  !y«'j ,  iDais  mes  Datînois  ne  connaissaient  pas  ce 
verbe.  Ils  voulaient  lire  5y>.î  ,  ce  qui  paraît  juste,  car  |»'j  m'est 
inconnu. 

3)  ï^-^^  =  *^iJj!  'JLjCj  ,  ils  délibè>'r)it  pour  soupeser  les  me- 
sures en  vue  do  lu  <;uerre.  Cf.  le  zâmil  chez  Tab.  I  p.  1580,  '". 

4)  V.  Arabica  V  Index  s.v.. 

5)  V.  le  Gluss.  s.v.  i^^j' 


547 

Et  nos  gens  à  nous  sont  enfermés  entre  les  '^Awâliq  et 

fies  Bd  Kàzim. 
Que  Dieu  frappe  Ihlîs  qui  a  frappé  les  Arabes! 
Et   qui  a   frappé   les   Bâ  Serdah  ')   et  qui  a  frappé 

[les  os. 
S'ils  ne  remplissent  pas  les  devoirs  de  l'honneur  des 

ftribus, 
Le  monde  ne  bougera  pas  pour  aider  le  sultan  Muhsin  ^). 
Dans  sa  longue  qasîdah  en  â,  Dc^an  dit: 


>(Aj>'»i    __:i^Js*    L^ 


Mais  toi,  tu  fais  de  la  co?ifusioti  et  tu  n'arrives  à  rien 

[démêler, 
Tandis  que  l'honneur  de  la  tribu  a  chez  moi  son  poids 

[juste  (JS). 
Si  je  n'avais  pas  le  sentiment  de  cet  honneur, 
Tu  aurais  perdu  ta  considératioti,  ô  Atif,  et  je  t'aurais 

[taxé  d' improbité. 

Par  le   fréquent  emploi   ^^^   prend   même  le  sens  de 

coutume  =  :<j^  .   E  s-S  ô  m  A 1  ''a  n  d  h  o  m  s  a  r  a'  b  a  1 1 A 1  : 

la  z  ù  q  u  r  u  w  A,  h  i  d  r  a  u  w  a  h  u  1  i  1-q  1  r  y  a  h  q  a  t  a  1  ù  h , 
les  Sûmâl  ont  une  mauvaise  habitude:  lorsqu'ils  prennent 
quelqu'un,  ils  rentrent  (avec  lui)  au  village  et  le  tuent. 
Rôssler   M  S  0  S   I   p.   09,  7  traduit  y  i  1  k  u  m  b  i  1  h  ô  z 


2)  V.   Arabica  V   Index  s.v.  ^ï . 
I)  l'Iiraso  iiMiilogue  N°  85  \>.  15"). 


548 

wusser^  rêr  hâde  Ikelâm  par:  iind  nach  Brandi 
und  Gesetz  steht  euch  nichts  zu  dis  was  wir  hier  sagen, 

mais  pj^  a  sans  doute  ici  le  même  sens  que  dans  les 
exemples  cités  plus  haut.    Pour  le   reste,   je  renvoie  à 

mon   long  article   sur  ^j^   dans  Hdr  p.  501  et  ss..  _^ 

e^yco  ou   ij^  correspond   à  l'égyptien  liVlob   ,y*£.] ,   fais 

selon  ton  devoir  (prop.  origine)  '). 

14,  4:  qafà^,  c'est  la  prononciation  à  côté  de  qàfa-). 
A  propos  de  cette  prononciation,  une  jolie  histoire  est 
racontée  par  el-ùâhh  dans  son  K.  el-Bayân,  Caire  II  p. 

I.jX«-t3  ^).    Cette  anecdote  prouve   1°  que  les  illettrés  ne 

savaient  pas  employer  l'i'râb  et  2°  que  la  prononciation 
de  ce  mot  était  alors  aussi  qafà\  Un  autre  exemple 
de  cette  prononciation  qafà"  est  rapporté  par  LA  XX 
p.  54,  selon  lequel  I.  Ginnî  l'autorisait.  Dans  le  ragaz 
cité  par  Noldeke  BZSSW  p.  21*)  et  ici  p.  549  note, 
LjC^  rime  avec  LC-oc  et  IXJ! .  C'est  la  manière  de 
rendre  l'imâla  dans  les  vieux  mss.  du  Qonln  et  chez 
les  illettrés  de  nos  jours  qui  savent  écrire  tant  bien  que 


i)  Mal  compris  par  Spitta  Or.  p.  174  en  bas. 

2)  QafiV     em-bM,     mais    aussi    qàlam-brt,    comme    dans    la 
hira  h. 

3)  Je  ne  traduis  pas  parce  que  riiistoire  y  perdrait  son  sel. 

A)    Aussi    Abu    Zeyd    Nawâilir    p.    lUI^i,    Belâdorî    Ahlw.    p.    48   et 
LA   II. 


549 

mal.  Les  Arabes  syriens  ')  qui  en  72/3  assiégèrent  Mek- 
kah  auront  donc  prononcé  qafâka.  S'ils  ont  de  même 
chanté  ''asâka  et  ilâka,  ce  qui  pourtant  n'est  pas 
une  conclusion  nécessaire,  comme  le  croit  Nôldeke,  on 
retrouve  la  même  largeur  de  prononciation,  ê  en  a, 
dans  une  foule  de  mots  contenant  la  diphthongue  ey 
devenue  ê^). 

14,  4:  wagëh.  Ce  mot  ^o-^  ,  qui  joue  un  si  grand 
rôle  dans  les  langues  les  plus  disparates  et  dans  le 
monde  entier,  même  en  Chine,  est  on  ne  peut  mieux 
illustré  par  le  récit  de  feu  mon  ami  "Abd  Allah  Mizyad 
de  ^Oneyzah. 


1)   Si   vraiment   les  Syriens  ont  ainsi  chanté,  comme  le  dit  el-Be- 
lâdorî,  ce  raéaz  est  d'un  grand  intérêt.    Le  voici: 


Abu    Zeyd    les   attribue    à    un    himyarite.    Nuldeke   a  raison  de  dire 

qu'on  aura  sans  doute  chanté  UXajLe,  ce  qu'on  aura  ensuite  changé, 
»de  même  que  beaucoup  de  solécismes  dans  les  anciennes  poésies." 
Si  c'étaient  des  Arabes  de  Syrie,  il  faut  reconnaître  que  les  tribus 
yémanites  y  établies  avaient  longtemps  conservé  des  particularités 
de  leur  dialecte.  Si  c'était  un  himyarite  nouvellement  arrivé  de  son 
pays,  il  est  clair  qu'Abu  Zeyd  avait  des  notions  de  l'idiome  himya- 
rite, et  ce  ra<!îaz  devient  alors  moins  intéressant. 

2)  Voyez  Gloss.  sub  r.  Arabica  V  pp.  201  note  et  215.  Prov.  et  Dict. 
Gloss.  s.v.  vv?^-  Fleischer  Kl.  Scbriften  III  pp.  477,  481.  Nôldeke 
Geschichte  des  Qorâns  p.  225.   Abu  Zeyd  Nawâdii-  p.  5.  Muzhir  I  p. 

240:  dâm  =  ^v3  ;  ibid.  Il  p.  144:  ^Laj'  ^-^  ^\  jL^  J^î 
(qiir).     Cp     \^  et  JLP  ,   cardiimDtiir. 


550 

'iJuS.^    C'-^r^à    J.C    ("  LJi-    Jdj    ^    ('  5-r^  J'    0Ï3    ^t-^^'    '-V!>^    CT* 

^<ii^  ^.i>-:^j  Ji   (j.^  '«Lixjl  |*jJL*o'  Jvc  IjyAoiJj'   d^AAJ    ,-)vîyv.   î>j*:2iiil 
*.lju    j*_JCL/0     -oLi>-     iLx>JCc    U    iou-w!    jJij    xXcUji-     ,-_2^o^     K.ljyo 

j»jd^   !^>-_5^  Jyb^   ^-vbLs^t   ("  (_,A_o>LU!  (^j^   •  '^y^^  ("  rj'^ 
^.jfcJiL^   OW--JI    i_j'LLb!    (''  ..jM^Lx-X-j^    iyJ"^   ^..yij^jp    ^    i^M'i 


1)  V.  Hdi-  Gloss.  S.V.. 

3)  Les  ~Oneyzites  prononcent  toujours  d(''rali,  tandis  que  les  Bé- 
douins  de   Syrie  disent  dîreh.     C'est  ou  une  prononciation,  comme 

dans   iU.*^  et  iU-^i» ,  et  elle  est  fréquente,  ou  bien  une  contraction 

de    s-j'j»   en    dc'rali,    comme   '^-jL:>  a  donné  ;>,aS»-  et  ensuite  '■i^^- 
>••  '  y  >■•  >••  ___ 

('•5_.^jÎ  V.  p.  470  et  f)2r)).  IJelot,  Vocal),  dans  leSuppl.p.  987,  n'a  donc 

tort  d'écrire  »jO  qu'en  tant  que  ce  n'est  pas  là  la  prononciation 
bédouine  sjjricunr,  et  l'obsei-vation  de  Socin  Diw.  Gloss.  s  v.  n'est 
pas  justifiée. 

4)  Cette  locution  .se  trouve  souvent  dans  el-Mohârî. 

5)  (j<*~fc*J  G  n. 
0)    J.A*«lji?   GO. 

7)    OjjL^A-*    L^i^ljL>r.    G  O. 


551 

JjiuP  S^vl-^^^  ^y^y^  d^^i  (jLù^^Ji   J-:^   o->}l-2j   ^y^y'   ""^.v^ 

C7we  fZes  habitudes  des  Bédouins  est  que,  lorsqu'au 
printemps  la  pluie  tombe  sur  le  territoire  des  "Oteybah, 
tandis  qu'elle  ne  tombe  pas  sur  celui  des  Qahtân,  ceux  ci 
se  rendent  à  chameau,  au  nombre  de  trois  ou  de  quatre, 
chez  une  des  personnes  les  plus  en  vue  des  '^Oteybah.  Ils 
y  font  agenouiller  leurs  montures  et  lui  demandent  le  voi- 
sinage en  disant:  „Nous  voidons  que  tu  nous  admettes 
comme  voisins  moyennant  quoi  nous  te  donnerons  une 
brebis  pour  chaque  tente."  Il  les  met  alors  sous  sa  pro- 
tection en  disant  :  „  Vous  êtes  b  i  w  u  g  h  i ,  sous  ma  pro- 
tection." Là-dessus,  il  monte  mi  d  a  1  û  1  ou  bien  une 
jument  et  crie  de  toute  sa  voix,  au  milieu  de  ses  con- 
tribides:  ^Ecoutez,  ^Oteybites,  que  celui  d'entre  vous  qui 
est  présent  informe  celui  qui  est  absent  que  les  Qahtân 
sont  sous  ma  protection  et  mes  voisins.  Ils  camperont 
avec  vous  jusqu'à  ce  que  l'herbe  devienne  sèche."  Les 
envoyés  qahtânites  retournent  alors,  et  il  (le  ^Oteybite) 
leur  dit:  ,, Allez  chez  vos  familles  et  revenez  ici  avec 
elles."  Les  Qahtânites  campent  ensuite  avec  les  "Otey- 
bites,  en  laissant  les  cordes  des  tentes  les  unes  rappro- 
chées des  autres  (les  tentes  des  deux  tribus  se  suivent 
sans  distinction).  Leurs  bétes  mangent  ainsi  au  pâtu- 
rage du  printemps  pendant  trois  mois.  Ils  sont  dans  la 
plus  parfaite  harmonie  de  voisinage.  Lorsque  l'herbe  a 
séché,  les  chefs  des  Qahtân  vont  chez  celui  des  '^Otei/bah, 
qui  leur  a  accordé  le  voisinage  et  lui  disent:  „Tu  as  vrai- 
ment bien  agi."    Ils  mènent  leurs  chameaux  de  côte,  loin 

89 


552 

des  autres,  et  chargerit  leurs  chameaux  de  somme.  Et 
lorsque  leurs  chameaux  et  leurs  charges  ont  disparu  aux 
yeux  des  ^Oteybah,  les  cavaliers  ')  des  Qahf/m  et  ceux 
des  "Otetjhah  s'attaquent,  et  ceux-ci  se  mettent  à  piller 
ceux-là,  nonobstant  qu'ils  fussent  hier  comme  des  frères. 
C'est  bien  là  le  bédouin  avec  sa  fausseté,  qu'on  ap- 
pelle en  Europe  chevalerie,  et  dont  se  plaignait  déjà  le 
Prophète  en  disant  IX  v.  102: 

Leur  iJûIsJ'  ç  j-ii ,  le  v/^-  lt^^  ?  j®  l'^i  éprouvé  plus 
d'une  fois.  Je  voyageai  ^^y^-^  qwIsLwJ'  t^^  à  "Azzân , 
avec  une  frange  du  manteau  du  grand  m  an  si  b  de 
Gaul  es-Seyh,  Arabica  V  p.  184,  comme  sauf-conduit, 
et    il    me    pilla   honteusement.     Une   caravane    voyage 

,j1^\  i^jj ,   et  ou  le  sîyîr  vous  fait  le  brigand  ou  il 

est  lui-même  attaqué  ou  tué  pas  ses  propres  contribules, 
avides  d'argent,  ainsi  qu'on  l'a  vu  à  la  p.  521.  L'Oriental 

est  v^'wU,  et  l'Européen  a  à  l'égard  de  ces  e;.'r>Q3  un  peu 

trop  de  ^^l^Juo  }Js^\  Il  est  faux,  menteur,  brigand  aux  bel- 
les manières,  Fra  Diavolo  et  Musolino,  avide  d'argent  et 
carotteur.  L'Européen  se  laisse  éblouir  par  l'air  pur,  le  ciel 
clair  et  les  „quarante  siècles"  qu'il  contemple  et  qui  ont 
roulé  sur  ce  sol  classique.  Il  en  a  toujours  été  ainsi,  et  il 
en  sera  toujours  de  même.  Nous  autres  qui  avons  passé 
toute  une  vie  dans  ces  pays  charmeurs,  on  ne  nous 
croira  jamais:  on  est  ébloui. 

io^"'  ^  Nord,  =  \:>^'t  y^  Sud,  est  lorsqu'on  dépouille 


i }  Voyez  j).  473  note  i  sur  J>^fc>  =  cavaliers. 


553 

quelqu'un  ou  fait  du  tort  à  quelqu'un  qui  est  ^^^Ls  iw>^,  ou 
qu'on  rompt  un  engagement  contracté  par  l'entremise 
d'une  tierce  personne.  Le  sêh  dit  p.  e.  à  qqn:  ^^i^^?  --'j 

va  t'en  sous  ma  protection,  mais  celui-ci  est  ensuite  dé- 
pouillé par  un  contribule  du  sêh  ou  par  une  tribu  alliée, 
et  l'on  a  alors  „coupé  la  figure"  du  sêh.  Cela  est  le 
comble  de  la  turpitude,  mais  cette  turpitude,  on  la  commet 
souvent,  surtout  dans  le  Sud.  Si  l'inimitié  est  grande  et 
qu'il  faille  du  sang  pour  expier  un  crime,  l'implacable 
ennemi  auquel  on  dit  ii^-:>^  ^'  répond:  iLx"^LM^!  ^^, 
c'est  à-dire,  k>-^)  ^^  „!=>  ^o! ,  tu  es  hors  de  'protec- 
tion. Mais  cette  protection  est  dans  le  Nord  même 
alors  accordée  si  le  menacé,  au  moment  d'être  tué,  pro- 
nonce  la   formule   sacrée:    .«jjtJi  j.uj  ^^  *yj  é^s^-c-  î^j:. 

Ce  dernier  trait,  vraiment  joli,  des  mœurs  bédouines  du 
Nord  fera  l'objet  d'un  article  ad  hoc  dans  un  autre 
ouvrage,    kC\  $Li;  ^! . 

Halîmah,  poétesse  renommée,  fille  du  'âqil  de  Yesbom, 
Farîd  b.  Roweys,  composa  une  longue  qasîdah  citée  p. 
520,  à  propos  de  l'assassinat  de  son  père  Nâsir  b.  Farîd 
par  les  Rabîz  des  Mohagir  M-  Cela  eut  lieu  pendant 
qu'il  était  le  sîyîr  d'une  caravane,  qui  était  par  consé- 
quent i^l^jri  • 

^J«_:^uJ!    LuÀo   \_>^f   Oj-j3   (^3    b    17 

-'   ^    .      -,  +    -  .•^' 


4)  Arabica  IV  p.  41,  où  il  faut  lire   .=>l.>\II  . 

2)  Cheyiih  parce  qu'il  appartient  ù  une  vieille  lUmillc  himyaiite. 


554 

v^àlîJÏ    j    (''  J^ iO^  jr-^   "^3    ^c^::>    20 

«X:^\^^    jjiC:    Le    il >j— ^f    AJ_c    JV^ 

17  0  toi  qui  as  parlé  de  la  responsabilité,  ?ious  avons 

[épuré  la  souillure. 
Et  le  cheykh  est  au  Paradis,  que  Dieu  l'accueille! 

18  Le  tombeau  du  cheykh,  nous  l'avons  crépi  de  chaux 

[et  nous  lui  avons  fait  des  coupoles. 

Nous  avons  mis  au  dessus  de  sa  tête  des  crânes 

[dont  le  nombre  augmentera  encore. 


1)  Ici  cheykh  s'applique  à  l'endroit  où  il  est  enterré,  selon  une 
habitude  commune  dans  le  Sud. 

2)  Cette  prononciation  pleine  du  pronom  se  rencontre  souvent,  et 
dans  le  chant  on  en  a  besoin  pour  le  mètre.  La  règle  de  Wetzstein 
ZDMG   XXII   p.  175,  *  n'est  pas  absolue.    En  Haurân,  j'ai  souvent 

j  ^  —  j 

entendu   hadàhu    =   aAi»' ,  ramâhu  =  b'wo^  etc.    Stumme  TBL 

A  A 

p.  103  V.  CI 2 a:  giibûhe  min  barr  gehàla  (ainsi  chanté). 

3)  >— ^*s  est  la  prononciation  usuelle,  comme  tous  les  pluriels  ana- 
logues ;  cf.  le  \Jils>  suivant. 

4)  Se.  Vj^  '^'-  Gloss.  S.V.. 

5)  =  f^^  .    Obs.  \var-rey-dï-yim-bar-nâ-he  dans  le  chant. 
6}  Mètre  brisé.    Un  mot  sur  —  manque. 


555 

19  Nous  avons  expulsé  le  Reydite  et  nous  avons  vidé 

[la  coupe  ^) , 
Et  demande,  toi,  où  il  a  fixé  son  campement. 

20  Quand  même  il  entrerait  dans  le  rang  des  com- 

[battants, 
Mais  lorsqu'il  s'agit  de  son  wagh,  il  n'y  a  rien 

[qui  le  retienne. 

21  C'est  que  le  wagh  est  le  wagh  d'Iblîs%  ô  toi  qui 

[en  parles, 

Seulement,  ses  enfants  (d'Iblîs  =  les  Rabîz)  so7it 

[dayis  les  anneaux  et  la  chaîne. 

Un  Habbânite  dit,  à  l'occasion  de  l'arrivée  des  'Awâliq 

à  Habbân  à  l'effet  d'arranger  le  différend  entre  le  sultan 

et  ses  sujets: 


=3  J-  c_  :  •  •  >    . 

Château  de  Habhân!  ô  toi  dont  V honneur  est  intact! 
Si  tu  me  veux,  je  viendrai  encore  et  je  partirai  (à  la 

[guerre). 
Celui  qui  dit:  „Je  veux  l'objet  garanti,"  a  une  raison 

[valable. 


1)  =  nous  les  avons  anéantis.  ^  _ 

2)  Il  m'est  impossible  de  bien  traduire  ces  deux  ik>5  sans  une 
longue  circonlocution.  Le  wa<j;h  de  Nâsir,  en  qualité  de  sîyîr,  fut 
changé  eu  un  waii^li  du  Diable  par  suite  de  l'attaque  des  Rabîz. 
Cet  ouvrage  n'étant  écrit  que  pour  des  confrères,  ceux-ci  compren- 
dront sans  de  longues  explications. 

£ 

3)  =:   t;^**'^  ,  Hdr  Gloss.  s.v.    I . 


556 

Noîis  le  (^>•)  ferons  sortir,  quand  même  il  tomberait 

[au  milieu  d'un  puits. 
La  qasîdah  à  la   page   522  eut  la  réponse  d'em-Deyb 
b.  Moh.  es-Sama'î  à  el-Kabs: 


—      o  — 


Je  saZwe  to  ^e^^re,  ô  chef  de  la  tribu! 
Toi  qui  domies  la  sécurité  à  celui  qui  est  en  dayiger 

[sur  les  routes, 
Toi  qui  as  rendu  tributaires  le  Nord  et  le  Sud^), 
Tu  y  es  venu  du  pays  des  Hâsid  à  celui  des  Bakîl. 
Tu   entretiens    sa   flamme  et  tu   allumes  so7i  feu  (la 

[guerre), 
Et  7Î0US  autres,  nous  courons  toujours  après  nos  obliga- 
[lions  d'Jionneur  (nous  avons  toujours  hA,te  de  les  remplir). 
Dô'an  a  dit: 


1)  |»Ui    fut   expliqué   i^»,*^    XlxAiijI    i^-j    (^3,   qui  serre   la  tribu 

cnaoïihle.    On    voulait    que   *;  et  iA  fussent  la  nu' me  chose.    B^lfecti- 
vement,  le  sens  des  deux  verbes  est  presque  identique. 

2)  Le  sens  ne  me  paraît  pas  très  clair  à  cause  de  ^  =  (jr^'  • 

3)  Chanté  qa-f  â-lau-é^-he. 

'^)  J**;  )  0,  courir  à  petits  pas,  trottiner. 

5)   |»L/iol  est  ici  le  pays  au  noid  et  à  l'ouest  de  Lahig ,  et  ^♦aJ! 
est  Lahig,  dan.s  l'idée  des  habitants  à  l'est  d'Aden. 


I 


557 

I)z^es  à   celui  qui  ne   connaît  pas  7îotre  devoir  de  dé- 

[fendre  ce  qui  nous  a  été  confié 

Que  nous  faisotis  (même)  sortir  le  foie  de  Vhomme  qui 

/(le  foie)  7i'est  pas  près  '). 
Abu  Hamzah  des  Béni  "Amir  (du  Nord)  dit  dans  une 
qasîdah  : 


Demande  aux  braves  des  Béni  Sinân,  puisqu'ils  sont 

honorables  et  donnent  des  coups  de  lance  aux  ennemis, 
selon  la  rédaction  que  je  tiens  d'un  Qasîmite,  tandis  que 
Socin  Diw.  I  p.  169  v.  26  a: 

Winsid  *serât  béni  Senân  fainnahom 

bîd-elwugûh  rubâyib  en-no^mâ'î 

Mon  voyellement  est  d'après  le  chant,  et  alors  le 
mètre   n'est  pas  brisé,  comme  chez  Socin  ^).    x^t^j^^  me 


1)  Mon   ms.  porte  <-^_jc!    La  locution    qLaa^j'!^'   \Xj,i    "  r^    ®^^ 

jx'rdre   j)0'l'i^^^ce,    être    tracassé,   éreinlé,  et  ^'  r-j^'  en  est  l'idée 
transitive.    Le   sens   est   ici:    nous   lui   ferons  bien  entendre  raison, 

quelque    difficile   que   cela   soit.    p-;"^J  est  pour  le  classique  — r^^ 

avec    harmonie    vocalique.     Un    autre    dirait    p»;-^    ou    -^j-^^ ,   ou 

> 
mfcme    -rj^^  i    en    vertu    de    la    permutation    constante    des    deux 

voyelles. 

2)  C'est  ainsi  (jue  la  rédaction,  que  je  possède,  de  plusieurs  qnsidah 
du  Diwan  de  Socin  ^iiffèro  do  celle  qu'à  recueillie  l'eu   mon   ami.    On 


558 

fut  paraphrasé  par  5>:>^'.    Dans  le  Nord,  ».js>^  est  aussi 

adjectif,  notable,  pi.  ^UjJ-^  .  Comme  tout  arabisant  con- 
naît ses  expressions,  je  suis  dispensé  de  m'étendre  sur 
ce  sujet. 

ci 

On  voit  donc  que  \:>^  peut  avoir  une  foule  de  sens, 
selon  l'idée  à  laquelle  on  l'applique:  honneur,  responsa- 
bilité, protection,  dépôt,  chose  qu'on  doit  défendre,  ce  dont 
on   est    responsable,    etc.    Lorsqu'un   ^.  a  subi  quelque 

tort  pour  lequel  il  faut  payer  le  *J ,  dommages-intérêts, 
ceux  dont  il  est  le  ^,  envoient  à  ceux  auxquels  appar- 
tient le  coupable  un  gâmbîeh,  une  pique  ou  quelque 
objet  de  cette  nature,  en  leur  faisant  savoir  ce  qui  est 
arrivé  et  en  les  priant  de  fixer  le  jour  et  l'endroit  pour 


peut  donc  se  faire  une  idée  de  l'originalité  des  poésies  préislaraiques, 
si  l'on  admet  qu'elles  ont  circulé  oralement  et  sans  être  notées  par 
écrit.  Mais,  même  écrites,  elles  ont  dû  subir  des  modifications,  car 
une  copie  précédente  ne  servait  pas  toujours  pour  une  copie  suivante. 
11  y  avait  aussi  la  transmission  orale  d'après  laquelle  des  copies  fu- 
rent faites.  Il  y  a  deux  exemples  modernes  qui  sont  ici  d'une 
grande  lumière.  11  existe  des  copies  du  Diwan  de  Nimr  el-'Adwân. 
Je  n'en  ai  pas  vu,  mais  je  me  suis  fait  dicter  des  poésies  de  ce  poète 
dont  la  teneur  ne  concorde  pas  toujours  avec  les  mêmes  poésies 
recueillies  par  Socin.  Je  possède  les  Diwans  des  poètes  de  l'Arabie 
méridionale:  Hu  "^Alwi  de  Sê'ûn,  Bû  Mo'gib  el-Yâfrî,  ^Alî  b.  Ziimil 
el-6àbirî  [dont  le  fils  vit  encore  et  a  hérité  de  la  halîlah  de  son 
père],  'Abd  el-Haqq,  1.  Sihâb,  Hoseyn  Zàhid,  Yahyâ  "^Omar,  el-Wâ- 
hidi,  I.  I);ibak  Ahmed  des  Ahl  es-.Saî\h  des  "^Awdillah,  et  en  même 
temps  des  dictées  orales  de  quelques  poésies  de  ces  Diwans.  La  dif- 
férente est  souvent  grande,  et  les  variantes  sont  multiples.  Socin, 
0. 1.  111  p.  0,  a  donc  parfaitement  raison  de  dire  que  la  transmission 
écrite  n'est  nullement  une  garantie  pour  la  rédaction  originale  du 
texte.  Ceux  qui  ont  édité  des  textes  peuvent  en  dire  long.  11  faut 
en  faire  son  deuil.  Guttenberg  est  né  trop  tard. 


559 

arrêter  le  montant  du  [.^  à  payer.    Cet  objet  est  aussi 

appelé    ic>5 . 

L'importance  de  la  figure  des  hommes  ne  doit  pas 
étonner  du  moment  que  Dieu  lui-même  a  une  figure, 
*JUI  ^l  Qor.  II  V.  109  et  274,  ^^  »^^  13,  12;  55,27;  et 

Genèse  33,  lo.  Le  \=>^l  ijs:[^  ou  le  i>j>-j})  o|^^  ')  jouent  à 
cause  de  cela  un  grand  rôle  dans  la  phraséologie  des 
Arabes  et  des  autres  peuples  orientaux,  de  même  que 

dans  le  Qorân,  p.  e.  II,  102:  ny>^  o^j  ^3  u^45';  XVI, 

60  :  îo^,«-o  \i>5  ^ ,  où  notre  avoir  la  figure  noire  rend 
bien  l'idée  de  la  phrase.  D'après  Boh.  II  p.  26  '),  Abu 
Tâlib  aurait  dit: 


-  ^  oc- 


Pour  en  finir  avec  Sam^ah,  je  vais  donner  la  fâtihah 
que  sa  famille  prononce  sur  elle: 


1)  Dans  el  hâge  swêdit  wugh,  Rossler  MSOS  III  p.  32,  2, 
swcdit  ne  peut  être  le  verbe:  die  Nolh  hal  miv  das  Gesicht  cjc- 
schwcb'zl;  il  doit  y  avoir  une  faute  d'impression. 

2)  La  traduction  de  Houdas-Marçais,  I  p.  330,  acceptée  par  Bel,  R 

M  T  A  p.  75,  n'est  pas  tout-à-fait  exacte,  car  ^-^^r^?  •  •  •  (J—^'i 
ne  veut  point  dire  »et  à  cause  de  son  blanc  visage";  il  n'est  pas 
non  plus  prouvé  que  cela  se  rapporte  au  Prophète. 

3)  =  i,jy*i •  Obs.  lo  paifait.  On  prétendait  que  |l?JLw  valait 
mieux  que   iJ    ur***^  >    'malgré  les  imparfaits  précédents! 


560 

La  fàtil.ia  pour  l'dme  de  Kâsir  b.  ^AU  et  de  Sam^ah. 
Que  Bien  les  démolisse  et  ne  bâtisse  pas  leur  maison  et 
ne  leur  donne  pas  de  progéniture,  ni  ne  laisse  subsister 
trace  d'eux!    Et  la  fâtiha  sur  le  Prophète! 

J'ai  envoyé  ce  récit  imprimé  à  mes  amis  de  Datînah. 
Ils  m'ont  fait  savoir  que  j'aurais  mieux  fait  de  ne  pas 
parler  d'une  chose  aussi  vilaine  qui  les  a  couverts  de 
honte.  Je  leur  ai  répondu  qu'il  y  a  en  Europe  beaucoup  de 
Nâsir  "^Ali,  beaucoup  de  Sam^ah  et  que  ce  n'est  pas  la 
première  fois  que  j'aie  dû  m'occuper  de  deux  amoureux 
pareils.  Cela  les  a  fait  rire,  et  ils  sont  à  présent  fiers 
d'avoir  en  moi  un  ami  aussi  expérimenté! 


Mehellet  el-bedu  fi  Wâdi  Marrân 
Le  commencement  de  ce  récit  est  très  intéressant  en 
tant  qu'il  nous  montre  le  rôle  que  joue  le  chef  de  la 
tribu.  C'est  lui  qui  décide  quand  le  rahîl,  Hodeyl., 
Wellh.  N°  271,  v.  2,  doit  avoir  lieu  et  où  l'on  doit 
camper.  C'était  de  même  dans  l'antiquité.  I  el-Kalbi  ra- 
conte KA  XXI  p.  100,  8:  "bl  di  !3!  [^L^  ^]  -^j  J^^ 
y^    j«-Jîx    ^^    ^\   "iiî    Ji    !<3f3    -»Axoi  u>i*^  ^^Lli?  .^J^  ^l 

lyilîtj,  Lorsque  Zoheyr  disait:  j,IIolà  !  la  tribu  doit  partir  !" 
les  Qodcfah  partaient^  et  lorsqu'il  disait:  j,Holâ!  la  tribu 
doit  faire  halte!"  ils  campaient  et  s'y  fixaie7it.  Le  célèbre 
chef  Koleyb  b.  Wâll  faisait  de  même  K  A  IV  p.  165,  s: 

yilj,  Et  c'était  lui  qui  leur  désignait  les  campements  et 
les  faisait  partir.  Us  ne  campaient  que  sur  son  ordre  ^). 

19,  5:  rawâhel,    pi.   de   ^Jb>î^,  cliamelle  de  charge. 

Les  maies  se  vendent  en  g('nôral.  icï'j  est  partout  com- 
pris; mais  ce  mot  ne  s'emploie  que  rarement;  je  ne  l'ai 

constaté  que  chez  les  Bédouins  des  ""Awûliq.  :ww ,  pi. 
LUm,  1.  7,  sert  pour  monter.  Les  trois  planches  ci-jointes 


1)  Citations  d'après  GolJzilier  Abhandlungeu  I  p.  18. 


562 

donnent  les  trois  espèces  de  bâts  employés  dans  le  Sud. 
Elles  me  dispensent  de  toute  description. 

19,  6:   Ijâyam  =  j*-ç>,  pi.  de  iU-ç>  ou  iU^i- .   Cette 

dernière  forme  se  trouve  aussi  dans  les  dialectes  Nord- 
africains  ^).  Dans  le  Sud,  iU-3-  et  ci*^  sont  synonymes 
pour  désigner  la  tente  de  poil  des  Bédouins.  Cependant, 
il  semble  que  dans  l'antiquité  iu^  était  un  abri  fait 
de  quatre  perches  et  du  branchage.  L  A  en  donne  de 
nombreux  exemples  à  l'appui;  I^yall,  Ten  ancient  Poems 
p.  13.    Abu  Do'eyb  dit  dans  son  diwan^): 


;-«— J    0)^j 


J'ai  connu  les  demeures  de  la  mère  d'er-Rahin, 
entre  e^-Zubà'  et  W.  '^Osur. 

Elle  s'y  fixa  et  se  construisit  une  hutte  à  côté  de  rigoles 

f d'eau  douce  courante. 

19,  8:  dûwâdah.  Pour  la  forme,  voyez  p.  346.  Pour 
le  pluriel,  voyez  la  règle  Arabica  I  p.  60,  qui  s'applique 
aussi  aux  dialectes  du  Sud.  Il  est  curieux  de  constater 
que  le  thème  est  o.o,  contrairement  à  la  langue  classique 
et  aux   inscriptions  protoarabes.    Littmann  Th.  I  p.  60, 


•1)  Ce  changement  de  i;  en  î  est  courant  dans  toute  la  Péninsule, 
y  compris  le  mehii  et  le  soqotri. 

2)  Le  jtremier  vers  LA  s.v.  ry^j  ,  et  L*^;  "Yâqîit  III  p.  573  et 
673;  le  second,  LA  s.v.  ..-A-^iï  et  ^  . 


Bat. 


1  :  ^\j .  —  2  :  ,  •yw.Lc .  —  3  :  iOto  .£ .  —  1  :  JUiJx./* . 
V.  le  Gloss.  s.  h.  v.. 


Biït.  ,  -3>.  .--  1-  ^\Jsj^.  —  2:   Ivi^i  <   iisJCj :5  :  ^U_-ji,  — 

5:  iLli .    V.  lo  (îluss.  s.  li.  v.. 


Uât  ycnianitc. 


563 

où  il  y  a  des  renvois.  J'ai  bien  entendu  cette  phrase 
L^sot^Ju  Kb>!.  K,b>t  j! ,  la  chamelle  est  attachée  à  son  gardien, 
le  suit,  mais  cette  prononciation  est  plutôt  exceptionnelle. 
Dans  nos  dialectes,  o^o  est  coll.,  les  chameaux,  et  >3!^l> 
est  gardieti  de  chameaux,  du   verbe  otJ>,  o,  garder  les 

chameaux.  ^JjJ!  ^X!  j^LaJî  ^^^  ^^y^^^^  J->y  ÔjÀj  oL,JJ!, 

Ze  gardien  pousse  devant  lui  les  chamelles,  c'est-à-dire,  il 
les  conduit,  le  matin,  du  campement  (de  l'habitation)  au 
pâturage  •=  ^>^.  GrO.  o!o  n'est  pas  usité  en  lidr. 
.lL,  pi.  ij^lij,  gardien  du  gros  bétail  à  cornes.  ^U^,  pi. 
^î-io,   gardien  des  champs  lorsque  le  blé  est  déjà  grand, 


c 


ou  gardien  de  bestiaux  en  général:  u^j2\  ^  rr^  • 
(_^w^L>  pi.  u/''y>,  gardien  de  nuit  pour  les  champs.  Le 
bétail  est  toujours  reconduit  à  la  zerîbah  le  soir, 
goyc,  pi.  Q^j^'.yî,  gardien  des  champs  pour  que  les  bêtes 
sauvages  et  les  singes  n'y  fassent  pas  de  dégâts,  ainsi 
appelé  parce  qu'il  ,^^t  ^  guy.,  verbe  dénominatif  de 
^^f^^J,  un  si7ige,  pi.  ^^l^^  ou  ^lJ,  fém.  'i^j,  ribhieh 
ou  ribhieh. 

19,  9:  baows.    ub^  »  pl-  u^!>?',  est  en  Dt  et  à  l'ouest 
de  là,  jusqu'au  Yéman,  tout  le  bétail  =  Jf  jiiijl ,  mais 

1)   O^u)   Bol).    II  p.   12G,   I.   Qot.   p.   2G2,  ';  oî^jî   ibid.    p.    215; 

oi^O  ibid.  p.  202;  SJ'3  Goldz.  I.Iotcya  p.  141.  j.yj!  o!o  Talidîb  ol- 
Alfâz  Beyrouth  p.  w. 


564 

en  Hdr  il  commence  déjà  à  signifier  chameaux,  sens  ex- 
clusif en  'Oman  et  dans  le  Nord.  R  0  §  26.  M  S  0  S  I, 
80  passim,  81  et  82  passim,  V,  ii  10  et  passim.  Èzleme 

i  s  m  u  Mohammed  h  a  d  a  m  "and  e  m  î  r  '  A  r  a  b 

u  s  â  r  k  u  1 1  s  ù  r  e  1 1  u  "a  1  a  M  o  h..  U  g  â  1 1  u  h  :  1  a  g  i  r  a'i  1- 
bôs  uehllb  lin  a  min  nâget  el-wadha  ut  a"  hâ 
hâ.  —  Amrak,  'alar-râs!  Qôtar  uwijsil  laër-râ^i 
ugâl:  hât  en-nâga  el-wadha  dà^na  nehlîbha. 
Uhalab   en-nâga   min   de  y  d  ha  lahatta  fâd.    Un 

homme  nommé  M.  servait  chez  un  émîr  bédouin et 

tout  son  travail  tombait  sur  le  clos  de  M..  Il  lui  dit:  „Va 
trouver  le  gardien  des  chameaux  et  trais-moi  la  chamelle 
blanche,  et  toîit  de  suite!"  —  „^  tes  ordres!"  —  Il  s'en 
alla  et  arriva  auprès  du  gardien  et  lui  dit:  ,^ Amène-moi 
la  chamelle  blanche,  nous  allons  la  traire"  Il  traya  le 
pis  de  la  chamelle  jusqu'à  ce  que  le  lait  débordcd,  '^Anazî. 

Mais  J^yi  n'est  pas  pour  cela  Milchkamel,  comme  le  dit 
Socin  Diw.  III  Gloss.  s.v..  Il  traduit  le  pi.  c>l^!  correc- 
tement par  Kamelherden,  I  N°  108  Einleitung. 

En  H(lr  et  à  Wâdi  Meyfa'ah,  j'ai  constaté  (>1j  ,  o  ,  et 

u*^",  piller,  enlever  à  la  razzia,  qui  doit  être  un  déno- 
minatif, puisque  tout  pillage  est  en  vue  de  prendre  le 
baus!  En  Dt  je  n'ai  relevé  que  ij^^Lo",  rafler,  prendre, 
ramasser  à  la  hcde  ;  lorsque  chacun  prend  à  la  hâte  et  au 
hasard  ce  qu'il  voit  devant  lui.  Piller  est  véritablement 

(jiLP,  0,  ou  ,'«^ ,  V.  Gloss.  s.v..  ij^y  est  un  collectif.  La 
définition  de  M.  el-M  :  ^)  iuUi'  iCiL  'îjtùù)  iL^Uî  n'est  pas 


d)   De  (jiijï,   m  fier,    arracher  à  la  hâte.    '^J^ ,  bête  en  général 
parce  qu'elle  ij^ji^  tout  ce  qu'elle  peut  manger;  cf.  isv**"^»    jC^Law. 


565 

tout-à-fait  exacte,  et  la  traduction  de  Dozy,  Suppl.  trou- 
peaux mis  au  parcage^  l'est  encore  moins. 

Le  sens  de  cohue,  populace  est  tout-à-fait  inconnu 
dans  les  milieux  bédouins  de  la  Péninsule.  Le  sens  pri- 
mordial est  sans  doute  1A=> ,  et  les  thèmes  v>^)  v^j 
D"''^,  ^-^-A^-)  \J^3i  L/^''  'J^'-^)  lA^^)  Lr-*^j  L/-"*^  6t  uiw> 
sont  probablement  congénères,  revenant  tous  à  l'idée 
de  iJL=> . 

19,  9:  el-Môlab  est  le  nom  d'un  wâdi,  où  se  joignent 
plusieurs  autres  grands  wâdis,  à  trois  heures  à  pied 
au  sud  d'em-(jiblah.  Il  y  a  une  source  d'eau  saline 
très  chaude,  où  l'on  abreuve  les  chameaux  tous  les 
dix  jours. 

19,  10:  tegâ",  c'est  ainsi  que  cela  me  fut  prononcé. 
La   vraie  forme  est  ï'l:^' '),  sur  JLxs,  v.  p.  63  note,  car 

avec  les  suffixes,  c'est  tigâhi,  tigâhak,  etc..  Un  ^ 
ou  un  £  à  la  fin  d'un  mot  se  confondent  si  souvent,  ce 
qui  a  déjà  été  relevé  par  Hartmann.  Les  indigènes 
écrivent  sj.? ,  k*^  là  où  j'écris,  et  je  crois  plus  correcte- 
ment, toujours  hù',  hf. 
Dô'^an  à  fait  ce  h  â  g  i  1  : 

(^^Î-tJ  3^>lU  ji  U^     ^^o^b   IIÎJUT  (2jo^'  L-j 


\)  »L>5 ,  en  face  de  I.  Sa'd  lU,  i  p.  38,  '», 

2)  =  Joui    Lo    Ij  . 

3)  =  j**j'  .    mais   il   fait   tomber  l'a  initial  faisant  syllabe,  ainsi 

que  c'est  la  règle,  ne  pouvant  se  servir  de  ia  forme  ordinaire   r**J"f, 
pour  avoir  le  pied  voulu;  cf.  p.  498,  note  2. 


566 

Mon  pays,  comme  tu  es  loin  ce  soir  !  pendant  que  moi,  je 
marche  sur  le  rivage  de  la  mer. 
J'ai  vu  le  Hadir  passer  devant  moi  et  (j'ai  vu) 
le  nâfihah  et  le  bois  verf^). 

19,  10:  elmâligi  =  ^^>^"  LJ  avec  Y orschlsig, jusqu'à 
ce  que  nous  venions,  de  J  +  Lo ,  tandis  que  son  équiva- 
lent Û  vient  de  Le  ^'  où  i'  devient  ^ ,  "l^ ,  v.  p.  468 
note. 

19,  11:  hisyân,  pi.  de  ^^'j>  ,  c7iaw2e7o«,  jusqu'à  deux 

ans  passés.  Ensuite,  il  est  appelé  oyë  ou  j>y^'é  ou  wou». 

19,  14:  Sâkin  est  en  général  lieu  d'habitation,  en- 
suite habitat,  village,  campement.  "^Alqamah  b.  Di  Gadan 
dit,  DH  Mùller  BS  I  p.  78: 


3     5     O 


Les  loups  et  les  renards  hurlent  sur  son  territoire, 

et  aujourd'hui  V endroit  de  sa  demeure  (son  campement) 

est  comme  s'il  n'avait  pas  été  habité^). 

^•Su>^  ne  peut  pas  ici  être  un  habitant  de  jadis  à 
cause  de  la  proposition  suivante.  Je  trouve  dans  mon 
exemplaire  de  l'Iklil  que  ^Alqamah  se  sert  de  ce  mot 
dans  le  même  sens  plus  d'une  fois.    (jréz.  p.  139  ult.  : 

^yu.3    c   : .    Jw^'  '^jj  iùpj"^'  'sÀP  Ji^,    et   dans  tous   ces 


1)  Deux  aromates  des  Indes.         ^  ^ 

2)  Miiller   o.  1.    p.   37   traduit   Ki^   [il   a   incorrectement  %iJ  par 

Wohnsitze,    ce    qui    peut    aller,    mais    il    ne    traduit   pas    du    tout 
qj  «.*« ,  ce  qui  est  plus  commode. 


567 

wâclis   il  y  a  des  palmiers,    des  champs  cultivés  et  des 
habitations  '). 
^^'ww  est  bien  un  participe  présent  de  la  catégorie  des 

mots    Jots^i  Jaàij  J-^^'  dont  j'ai  'parlé  à  la   page    528. 

Son    pluriel    r^^_y^  est,  comme  on  le  sait,  le  nom  d'une 

ville  égyptienne  sur  la  côte  de  la  Mer  Rouge.  Dans 
d'autres  contrées  du  Sud,  on  dit  „1ja  ou  ijjs . 

19,  14:  fâz'în  la.  Verba  metuendi  ont  "^  dans  la 
proposition  subordonnée,  et  cela  dans  la  plupart  des  dia- 
lectes. La  langue  classique  connaît  aussi  cette  construc- 
tion -),    de    même    que   le   français.    ^L.  ,_,:-??.  "^  ^j'-J ,  je 

crains  qu'il  ne  vienne  demain  =  il  viendra  peut-être, 
mais  yij  ^  ^j^,  L)  "bJ  c:'i,  je  crains  qu'il  ne  vienne 
pas  demain,  ^j^,  ^  o'^,  il  viendra  peut-être^  mais 
^j^.  Le  "^3  ^^J>  ^),  il  ne  viendra  peut-être  pas.  Spitta  Gr. 
§  197  d,  Sturame  T  Gr.  p.  143  s.v.  là-*),  Marçais  Gr.  p. 


1)  Mon  ras.  porte  P^y\*,  rj^^'^3  •  Les  mss.  D  et  E  de  D  H  Mill- 
ier  II   p.   m    ont     p3;33    rj^  UWX3   . 

2)  S.  de  Sacy  Gramm.  II  §874.  Wright  Graram.3  II  p.  304  §1G2. 
Même   après    ^j^î  :    Tab.    I    p.    1501,  ":    '^^    >A:^    "^    ^J    ^j-,Lj    J, 

mais  p.  1G3G,  ":    '^Cyo    ,J^.Ji    j    aJ    ^y^"    q'    cr^J    ^  • 

3)  Dans  notre  dialecte,  le  veibe  o.>,  a,  n'est  pas  employé;  mais 

^\j>  est  devenu   adverbe,  peut-être,  se  construisant  pourtant  selon 
l'idée  séinasiologique  qui  lui  est  inhérente. 

4)  Oîi  les  deux  exem|)les  ne  .sont  pa.s  de  la  mrme  nature,  car 
dans  le  second  ^  n'est  pas  un  pléonasme,  pas  plus  que  dans  l'exemple 
analogue  de  Fischer,  Marokk.  Sprichw.  M  S  OS  I  p.  212,  2*,  et  ici 
23,    ",   24,    2',    25,  •■».    Si  Marçais,  Gr.  p.  190,  traduit  rodd  bâlak 

40 


568 

190,  Fischer,  Marokk.  Sprichw.  MSOS  I  p.  212,  moi- 
même  Prov.  et  Dict.  p.  166  et  s.,  et  tutti  quanti;  nous 
avons  seulement  eu  en  vue  le  cas,  lorsque  la  proposition 
subordonnée  est  virtuellement  une  affirmation.  Il  n'y  a 
que  Doutté,  TO  p.  25  §71,  qui  ait  relevé  le  cas,  lorsque 
la  proposition  subordonnée  est  négative.  11  dit:  „ràni 
hâif  la  yuqqutlûni,  ce  qui  est  proprement  notre 
„j/e  crains  qu'ils  ne  me  tuent."  Mais  râni  hâïf  ma 
yuqqutlûni  si  voudrait  dire:  Je  crains  qu'ils  ne  me 
tuent  pas."  Cela  se  dirait  en  datînois:  ra^ni  fâzeâ"  la 
yôqtolûni  et  ra^ni  f.  la  ma  yôgtôlûni  éî?  On 
observera  la  coïncidence  avec  si,  dans  le  second  cas, 
dans  les  deux  dialectes.  Cependant,  il  ftiut  ici  signaler  que 
ce  la  pléonastique  n'est  pas  de  toute  rigueur,  car  on 
peut  très  bien  dire  fâzeâ*^  yîgi  bâker,7'e  crains  qu'il 
ne  vienne  demain,  et  f.  ma  yigi  sf  bâker,  ^e  crains 
qu'il  ne  vienne  pas  demain.  On  sait  qu'en  français  on 
veut  à  présent  supprimer  ce  ne  pléonastique,  qui  n'y  a 
que  faire.  Après  les  verba  cavendi,  la  n'est  pas  pléo- 
nastique, comme  on  peut  souvent  le  lire,  p.  e.  Fischer 
0.  et  1.1.. 

19,  14:  yistanbilûn  bah  =  iu  ^ ^^Jj^jo  G  0. 
^  ^}ujjj^} ,  expédier  une  chose  avec  vitesse  et  habileté,  bâ- 
cler une  besogne.  C'est  une  terme  technique  pour  se  dé- 
barrasser de  qqn  par  un  meurtre.  ^,  nebel,  nebil, 


là  tti'îli  par:  prends  garde  de  tomber,  il  ne  s'aperçoit  pas  que 
l'idiotisme  est  du  côté  du  français,  tandis  que  Stumme  Gr.  p.  143, 
et  Fischer  o.  et  I.I.  rendent  la  môme  phrase  en  allemand  par: 
nùnm  dich  in  Achl,  da.ss  du  nicht  falhl!  Après  les  verba  cavendi 
"^  n'est  donc  pas  un  pléonasme.    Ex.  dans  Usânia  p.  102,  '*. 


569 

fera,    nebeleh,    nebileh,    dégourdi,    ingambe,   alerte, 
débrouillard ,  contr.  de  }^  ou   ^^^iZS . 
19,  16  :  ]  i  s  i  w  î  h  z=.  ^j>«. j  . 

19,  16:  misruh   ==  colonne  du  milieu  qui  supporte 
dans  une  fourche,  iL<JL5  ou  iLoti;  ^),  la  perche  transversale, 

(jzjbw  ou  [jcjj:..    Elle  est  ainsi  appelée  parce  qu'elle  est 

_  .Lw  '),    sortant   debout   de   la    terre    où    on    la    dresse, 


o 


xj\:>,ao  .  Le  mot  Ok,=  pour  colonne,  quoique  connu, 
n'est  pas  usité  dans  le  Sud;  il  paraît  surtout  appartenir 
aux  dialectes  du  Nord  ^).  La  description  d'une  tente  se 
trouve  dans  Burckardt,  Beduinen  und  Wahaby  (Weimar 
1831)  p.  22  et  ss.;  Socin,  Diwan  I  p.  290;  y.  Oppen- 
heim,  Vom  Mittelmeer  zumPersiscbenGolf  IIp.  45et  s.s.. 

19,  18:  tefl.iàmah  =  tiftàlah  GO.  ^  est  tor- 
dre un  seul  fil  sur  le  genou.  C'est  le  terme  technique 
pour  tordre  une  ficelle,  une  corde,  ^j^ ,  a,  est  commettre 
les  fils  en  les  entortillant  avec  la  paume  de  la  main , 
aJI  i:>!^,  sur  le  genou,  Hdr  p.  264.  Jj3  est  faire  une 
iJLyj ,  cordelette,  mèche,  jjs^  est  véritablement  frotter, 
p.  e.  la  main  sur  la  table. 

L'infinitif  des  verbes  de  cette  catégorie  est  J^  :  *jy  ^), 

Juy6,  ijoL^,  i»^ .    Les  dictionnaires  classiques  ne  con- 

1)  Cf.  iù^L-,  colonne,  pilier,  Tab.  I  p.  1672,  '.  -y-,  (j?/^  et^L«, 
comme  étymologie  et  signification,  se  rapprochent. 

2)  Les  trois  pliirieLs   iA>£    oUx.    et     •sA^j:.'    se  rencontrent  dans 

une  poésie  antisociali.stc  d'el-Afwal»  el-A\vdî,  Noldeke  Delectus  p.  4. 

3)  |»j,  0,  est  employé  dans  toute  la  Péninsule  avec  la  plupart  des 
significationfs  que  comportent  le.s  verbes  tourner  et  lonlrcQW  français. 


670 

naissent  point  ce  sens  de  ^v^  et  de  ^ ,  qui,  au  fond, 
ne  sont  qu'une  amplification  de  ^^î,  oii  nous  pouvons 
encore  reconnaître  le  sens  en  question.  L  A  III  p.  373 
dit   à    propos   de   ce    verbe:    xxsxj  L?aJi:>  ^\^  ^  j>.>j. 

\j^*^ ,  en  parlant  de  la  vipère  qui  frotte  sa  peau  et  pro- 
duit par  cela  un  son,  ^^  .  Le  sens  connu  de  ^ja:^  , 
examiner^  est  évidemment  secondaire,  et  Zamahsârî  dans 
son    A  sa  s  ne  l'envisage  pas  autrement.   Il   a  subi  la 

même  évolution  que  ^_j^ ,  essayer^  prop.  gratter.  Une 
variation  phonétique  en  est  ^j>.^,  ^.ù^^^.  et  le  vulg.  syr. 
^_^ivj$^. ,  comme  aussi  le  sudarabique  ia^,  frotter^  écraser^ 
zerreiben,  v.  p.  316.  Mais  ^  a  aussi  une  autre  signi- 
fication: être  hors  d'haleine,  être  essoufflé.  Ul  c;^^ 
^«.J^wL!!  diîaj  ,i>s..«.js\î ,  j'ai  tellement  couru  que  j'ai  perdu 
l'haleine,  •=.  oJyy,  oA^iis'!,  ou  oA)si,  sens  qui  trans- 
pire dans  celui  ^'être  essoufflé  à  force  de  pleurer,  en 
parlant  d'un  enfant,  des  dictionnaires  :  ^^-îso^.  ^^  Jo  îol 
iûy^.  xwij  L  A  XV  p.  346.  Un  lexicographe  en  avait 
constaté  l'emploi  dans  un  cas  pareil,  il  l'avait  enregistré, 
et  les  autres  de  le  copier.  C'est  ainsi  qu'il  faut  expliquer 
les  restrictions  apportées  aux  définitions  des  mots  dans 
le  dictionnaire  de  la  lurah. 

j*:s^,  qui  se  trouve  dans  toutes  les  langues  sémitiques, 
charbon  de  bois  et,  maintenant  aussi,  houille,  ne  fait 
partie  que  du  dict.  du  Yéman.  Ailleurs,  dans  le  Sud,  on 
dit  ôj^  ou  ~^  et  Hdr  y<^.ô,  Hçlr  GIoss.  s.v.;  cf.  ^=>  , 
bitume,    qui   certainement   ne   vient  pas  de  j*^] ,  rouge. 

f^=>    est   en  Dt  suie,  mais  class.    ^>  ,  charbon.    *:s^  a 


F 


571 

dû  être  courant  jadis,  puisque  nous  avons  en  sabéen 
j*.:^iix,  autel^  l'endroit  ou  le  récipient  où  le  ^y^  brûle 
le   ^,    et   Wâdi   Fahmân   rr   ^ll\  ^ol,   en   Datinah, 

Arabica  IV  p.  25,  (*-m.>  class.  =  j^',  Fath  el-Bârî  XII 
p.  114. 

Je  crois  que  dans  la  racine  ^=à  se  rencontrent  deux 
racines,  qui  ont  motivé  les  deux  significations  si  différentes. 
j«j>,  être  chaud,  que  nous  retrouvons  amplifié  dans  oU=> 
(Syrie),  la  steppe  bridante^),  est  devenu  aussi  j.»j>,  ^^^^ 
et    même  j.L:> .    Ce   dernier   verbe   est   usité   au  Maroc, 

1)  Sacliau  Am  Eiiphrat  pp.  76  et  78.  Aussi  3oU.=>  en  Mésopota- 
mie M  S  OS  VI  p.  110  N"  41.  Hess  Bemerk.  zu  Doughtys  Travels 
p.  10,  fait  observer  avec  raison  que  c'est  sans  "  sur  le  *,  en  cela 
d'accord  avec  Huber  Journal  p.  140  et  Hamdânî  Géz.,  Index  s.v.,  où 
l'on   trouve  aussi  un  nom  de  lieu   oUr> .  Hartmann  LL  W  N"  17  a 

(p.  72)  v.  G,  écrit  hamniïidi  en  s'appuyant  sur  Dozy  Suppl.  s.v., 
mais  le  pied  v-» —  demande  ici  hamadi.  VoUers  Z  D  M  G  49  p. 
509  commet  la  même  erreur,  mais  D  H  Millier  a  imprimé  correcte- 
ment ôézîrah  p.  152,  2'  et  153  »oUi> .  De  même,  On.  Reclus: 
Lâchons  l'Asie  p.  158.    Mais  il  paraît  qu'en  Afrique,  et  rien  que  là, 

la  forme  »oU>  est  courante.  Duveyrier  écrit  pourtant  H  a  m  â  d  a 
et  de  Metelynski,  Dialecte  de  Rédamès  p.  257  a,  même  pour  l'Afrique, 

oUs» .  Vollers,  Z  D  M  G  49  p.  509  et  Mutai,  p.  41  note  4,  veut  que  ce  mot, 
si  répandu  dans  les  pays  arabes,  signifie  originairement:  die  in  Lchm 

eingebctlcle  Kieswûsle  à  cause  du  ^omânais  5yA*=>,  Scfilamm^mud^et 
Hess   le   traduit,   o.  1.,   probablement  sur  la  fui  de  Vollers,  aussi  par 

KieswHslc;  cf  ^U.^ ,  dans  le  Sud  iUj> ,  vase  noire  des  jjuitti.  Du 
moment  que  o\.».:>  veut  dire  rire,  chaud  et  "iQn  ,  brûler,  je  trouve 
que  l'étymologio    que  je    propose  n'est  j)as  à  dédaigner.    Elle  a  son 

o  - 

pendant  en  i^^^^xi. ,  la  slrpiir  bnUantc,  mot  assez  courant  dans 
le  Sud  (=  class.  iu*:2Xj  ou   Iv^ii/) .  |  ;   voyez  p.  hl'.). 


572 

j.y>,  chaleu?',  Socin  Hùwàra  p.  110,  et  dans  le  Sud 
de  l'Arabie,   où  il   me  fut  toujours  expliqué  par  j^c*:>, 

être  chaud.  vr^>^'  à-  ^^^'  '■"^  f^j  ^^  mort  nous  me- 
nace dans    la   guerre,    nous    chauffe.    UJLc    j.L> ,    ?zoms 

awws  e?e  près  de  la  mort  dans  la  guerre.  ^J,o^  u>-<iL=> , 
j?''e7î  suis  dégoûté^  je  ne  puis  le  manger.  ^^  ^c^*^  c>>!l^ 
kjLavo*:^!  ■=:  cj^vA.*^  (v.  p.  319)  ou  ^^  ^.i^^^jï,  ^e  suis  dé- 
goûté de  la  femme,  j.^,  chaleur,  aussi  Yéman  et  sueur. 
|,y:sTJ!  ^j^  uy]  Luk:  ^^ ,  évente-nous  pour  que  nous  nous 
rafraîchissions  (et  ne  souffrions  pas)  de  la  chaleur  '). 
j.l:c>t,  rtwz'r  chaud,  transpirer,  de  même  que  vt^'  -^^j 

l'ardeur,  le  plus  fort  cZe  ^a  guerre,  et  o^''  ic*^  sont 
des  expressions  très  ordinaires  dans  nos  dialectes  mé- 
ridionaux ;  V.  Hçlr  Gloss.  s.v.  *L> .  .L^''  ^^  correspond 
exactement  au  DVn  dn  de  la  Genèse  XVIII  v.  1,  la 
chaleur  du  jour. 

Nôldeke,  Fùnf  Mo^'allaqat  II  p.  44,  fait  remonter  iOo^ 
*_jJi.  et  ojl'  -  à  j.L>,  tourner,  planer,  ce  qui  me  paraît 
bien  incertain.  Les  Arabes,  du  reste,  n'ont  point  le 
sentiment  d'une  telle  idée.  Mais  l'on  pourra  comparer  y>, 

remuer,  et  y>,  chaleur,  avec  éf^  Hdr  Gloss.  s.v..  Une 
autre  amplification   de  *:>  est  l24s> ,  o,  et  ii*j> ,  a,  être 

chaud,   bien  brûler,    in»-?.  ^.^ jCl ,  le  feu  brûle  bien,  est 


1)    J'ai    môme    entendu      ^-«-i^l    (•5-=>,    /«   chaleur   qu'on    ressent 
dans  lo  corps,  à  cause  de  la  cliaU'ar  de  la  lempévalare. 


il 


573 

bien  nourri.  U(.iâl  em-sêh:  bâ  sîr  bidljol  bifra" 
bênehom.  Uqâl  hadem-sèbeh :  entelr  mignûn 
ma  tara'  év"  k  ê  f  h  à  m  a  t  (ou  li  à  m  i  t)  b  e  y  n  e  h  o  m  ? 
Et  le  cheyk  dit:  „Je  vais  entrer  au  milieu  d'eux  pour 
les  séparer."  Ce  vieillard  dit  alors:  „Tu  est  fou!  Ne  vois- 
tu  pas  comme  la  lutte  est  au  plus  fort  entre  eux?" 
i2/iL>  ij^..*^!  -vJI ,   avjourd'hui  le  soleil  est  chaud.    j.yJî 

j2xiL>,  il  fait  chaud  aujourd'hui.  2^A=>  tLaiJ! ,  le  travail 

est  chaud  :=  il  y  a  beaucoup  de  travail,  çà  chauffe. 
JsjLccJ!  UJle  -L2/)L=>  ^La:^,  nous  avons  eu  U7ie  rude  besogne. 
2^l=>  i_,^jsnjl ,  les  céréales  sont  chères.  l_,»j:>C!  ^  .^^i*^., 
ils  accaparent  le  blé  pour  le  vendre  plus  cher  ensuite. 
ii*:>i ,  entretenir  le  feu^  nachlegen.  ^^S-  J^U^ ,  l'ardeur 
du  combat  =  ^A  x/)^.  o^î  JpU=>,  l'ardeur  du  com- 
bat^ oit  la  ynort  menace  =  o>iS  My>-.  L'assyr.  h  a  ma  tu, 
brûler,  Del.  W  B  p.  281.  La  langue  littéraire  a  c>n^ 
et  sa  métathèse  >i>.4:=>  ^)  avec  le  même  sens  à.'étre  chaud, 
Ta'àlibî  Fiqh  ellurah  p.  351  (Beyrouth),  L  A  II  p.  329, 
oîi  la  phrase  U-^  -li*j>  aï  r=  Uxjj  c>-*^  ^aï  dans 
notre  dialecte.  J'ai  même  entendu  ici  Oc*j>  ,  mais  seule- 
ment chez  les  Bfi  Kâzim.  L'hébreu  iDn ,  brûler ,  l'arabe 
L\-»:.;:>t,  ct7'e  d'une  chaleur  intense,  brader,  ^oU>  r=  ^j>U^, 
chaleur  intense,  et  la  métathèse  de  u\.*:>,  j.l\=>,  brûler, 
avec  les  dérivés  ^j,  prouvent  que  mon  observation  n'est 


1)    u^-r^.»^    Boh.  V  p.   100,   '0:    ■iy*=>    ^    ^\i  . 
'2)    Est-ce    que    l'iii-abe  et  le  sabéen  iA.»:>  ,  lutter,  n'est  pas  secon- 
'laiie,  et  l'iirljifu  l'^H  "u  serait-il  pas  urigiiiaiienieiit  hn'tlrr  d'iiirii'l 


574 

pas  douteuse.  Les  anciens  lexicographes  semblent  avoir 
eu  un  soupçon  de  ce  sens  de  ~^us>,  car  dans  L  A  IX  p. 
147  nous  lisons  qu'un  des  noms  sous  lesquels  les  An- 
ciens ont   fait   allusion  au  futur  Prophète  était  LLlI=>  , 

(Qâmûs  Bûlciq  1303  a  ^^'l^>).  C'est  le  grand  fournis- 
nisseur  en  titre,  Ka'b  el-Ahbâr,  qui  raconte  cela,  et  c'est 

bien  aussi  lui  qui  l'explique  par  ^'^\  u:^^'^  •  ^^  P^^^' 
I.  Barth  a  bien  voulu  me  donner  cette  note:  „Da  die 
Bennennung  von  K.  el-Ahbar  herkommt,  so  ist  eine 
hebr.  oder  aram.  Etymologie  am  wahrscheinlichsten.  Im 
aram.  Targum  bedeutet  t^î^^n  sich  hùiknieen  (es  ist  in 
jerusal.  Targumim  die  regelmassige  Uebersetzung  von 
hebr.  ;?"iD,  niederfallen,  hinknieen.  Der  arab.  Ausdruck 
ist  demnach  vielleicht  auf  einen  aram.  Emphaticus  Nî2^n , 

Niederknieer  :=:  hâuflger  Beter,  zurùckzufùhren  (=  oL^*«). 
Die  Ausdeutung  der  Araber  ist  wohl  nur  eine  Zerteilung 
von  j_^LA.«i>  in  ^Jd\  -\-  ^,-*j> .  Wie  sie  die  zweite  Hiilfte 


Vollers  Z  D  M  G  49  p.  509  veut  que  le  sens  en  arabe  et  en  liébreu 
se   soit   développé   de   '6\\4S>   et   l>U^>,  que  j'ai  cités  p.  571  note,  et 

il  le  compare  au  classique  ij:?-'',  Ioue)\  »de  i^--^,  frais,  humide." 
C'est   là    une    sémasiologie    plus   que   hasardée,    i^y^' ,    louer,   doit 

venir  d'un  mot  signifiant  aromate  et  qui  est  caché  dans  sSjIixi  iLLwsÉ 

et  (^»ii«  '3^ .  C'est  donc  notre  encenser  qqn.  Dante  Par.  VI  v.  48  : 
Ebber  la  fama  che  volontier  mirro.  Le  '^omânais  (^rbl ,  faire  men- 
tion de,  RO  p.  221,  8  d'en  bas,  p.  235,  3  d'en  bas,  p.  290,  >•  d'en 
bas,  est  le  transitif  de  i_«r» ,  arriver,  apparaître,  très  employé 
dans  le  Nord  et  chez  les  Bédouins  de  Syrie,  voyez  Gloss.  s.v.,  où  exemples 
et  Socin  Diw.  III  Gloss.  s.v..  Il  n'a  rien  à  faire  avec  (^  J-» ,  être  frais. 


575 

sich  zurecht  gelegt,  ist  fraglich".  Si  rexplication  de  Ka'^b 
peut  impliquer  la  connaissance  de  -Luj>  ,  l'autre  étymo- 
logie  d'un  juif  converti  à  l'Islam,  citée  par  L  A  et  copiée 
par  TA  V  p.  161,  ne  le  fait  pas,  car  là  le  mot  est  pa- 
raphrasé par  ;»~5^S  Lf*"^-  '  ^^  ^^^^  ®^^  motivé  par  ^^-^j^ , 
et  par  J^Lll  ^J^^. ,  ce  qui  est  motivé  par  LLI  (ou  ^JJ^^)^ 

LA  IX  p.  146  dit  que  le  verbe  i^*^  est  oUx, 
n'existe  pas.  Nous  venons  de  voir  que  pour  les  dialectes, 
cela  n'est  pas  le  cas.  Le  syrien  a  -ki^",  avec  J  ou  (J.£, 
tiourrir  une  haine  contre  qqn,  ce  qui  coïncide  avec  le 
aIû.L.J\  =  JiUiî  et  ^;,*xa£ .  On  pourra  comparer  notre 
s'échauffer.  De  la  racine  *:=>,  devenue  aussi  ^,  s'est 
développée  toute  une  série  d'autres  thèmes  amplifiés,  qui 
tous  renferment  l'idée  d'ctre  chaud.    Cf.  p.  595  et  s.. 

19,  19:  iciij i  ,  pi.  oyijS,  prononcé  farêq '),  est  la 
longueur   de  l'étoffe   sur  le  métier  (ioK  et  &>u;,  pi.  o'JÎ;, 

et  ^^y^),  résultant  de  celle  de  la  chaîne  (sÂx).    Plusieurs 

farîqah,  cousues  ensemble,  forment  le  toit  de  la  tente. 
On  pourra  le  traduire  tout  simplement  par  longueur 
d'étoffe  ou  bande.  Le  o'w>:  est  de  deux  iiibi ,  deux  pièces 
d'étoffe  cousues  ensemble,  iuji  et  ..i^,  que  nous  ver- 
rons plus  loin,  sont  synonymes.  Les  deux  verbes  vjy 
et  ^J6  ne  sont,  du  reste,  que  des  variations  phonétiques, 
et  Moh.  Tâhir,  Magma''  bihâr  el-Anwâr  s.v.  ^Si,  a  raison 

de  dire  o^iJ'  ^^-^  — ^'  Js*-^'^^  >  6t  il  aurait  pu  y 
ajouter  Uàis  Qt  ^  S  ,  séparer. 

1)  A  t'I-IJoilcydali,  iJui  est  IxHon. 


576 
19,   20:  yiska'^hin.  jx^,  ficher    dans^   oi filer ,  est 
synonyme   de   aV-ii   et  e^-io>  par  lesquels  il  me  fut  para- 
phrasé. JL^JI  ^i'U:,  lier  ensemble  les  cordes  =  J^Sj  GO. 
'ÎG'LXjî  ^^;^[^x^  ,  rt?/a?i^  ?es  mains  réunies^   lorsqu'on  se 

tient  par  la  main  en  marchant,  ainsi  que  c'est  l'habitude 
dans  le  Sud.    j.U^  ^Ucv«,   radoteur  =  i>./i^  5^'^  (j=-> 

Up  ^J^^  Llp  ^^    =:    ^xi^b"  ^.aÂJLj  ,  Syr.,    et   ^J>^.   I.Idr  = 

«-♦.^  j.^1/    Dt.    Une   chienne   en   chaleur   est    ti^Li;    ou 

^Lci^,   (ou  5_),  parce  qu'elle  veut  s'accoupler^  demande 

le  J^^ .  Ce  verbe  semble  aussi  être  une  prononciation 
renforcée    de  -^^    (sakà"    devient    sakà"),    car    jXii 

me  fut  toujours  expliqué  par  y^v^,  ^x*^,  et  ^^,  être 
ennuyé  do,  dégoûte'  de.  s^!  ^^  c^JtjC^ ,  i'aî  assez  du 
café.  s/Li  et  j^.,L*Kui  =  (^,yp^,  (^jL^^^yi:  ou  fJi>^  et 
^.jLic  .  jjr^  ^3,  „Lj^!  q^  (^.jLjtjCxi  Lj! ,  je  suis  ennuyé  des 
flatuosités  dans  mon  ventre.  Stace,  Vocab.:  worn-oiit  (dis- 
gusted)  ^\jtk2;> .  Ce  sens  est  surtout  courant  à  l'est  de 
Datînah,  voyez  p.  443,  n. 

Ez-Zamaljéarî  et  Lane  n'ont  pas  du   tout  ce  thème, 
qu'ils   ne  considéraient  probablement  pas  comme  étant 

très  classique.  Cependant  elGauharî  a  «.x^zr:^^,  ^.^:ji£ 
et  le  verbe  ,ou;!  =  ^r^-^^',  et  il  ajoute:  ^->i^'j  \Ju!  Jjjj^. 
L  A  et  el-Qâmoûs  répètent  cela.    L  A  dit  ô'uJh  JjCJ  JLib^ 

G  G 

^"L%  ^^x-^  ^^^  ^j^ .  Ce  sens  d'être  fâché,  être  ennuyé, 
se  plaindre  est  donc  très  classique,  puisqu'il  figure  déjà 


i 


577 

dans  les  Traditions,  ainsi  qu'on  peut  le  voir  dans  en- 
Nihâyah  d'I.  el-Atîr  et  le  Magma'  Bil.iâr  el-Anwâr  de 
Moh.  Tâhir.  Dans  le  Nord,  c'est  surtout  le  sens  de  se 
plaindre  d'une  doideur,  être  malade  qui  est  courant. 
Socin  Diwan  N°  152  v.  22  porte: 

Mil  libbe  mislSâ^'in  mënal-bo'de  migzâ'' 

+ 


O  5   ~=         - 


(Cela  vient)  du  cœur  d'un  accablé  de  douleur, 
(qui  est)  au  désespoir  à  cause  de  la  séparation. 

La  glose  explicative  en  est:    cLCL«  r=r  ij^.f^  ;;ywsxi 

=:  qL*>5  et  ^Uï  ^Ui  {jol*i^^  la  maladie  fatigue  un  tel. 

Est-ce  qu'on  n'est  pas  en  droit  de  voir  dans  ce  verbe 
la  rencontre  de  deux  racines  de  significations  bien  diffé- 
rentes: dUi  et  ^?  Hartmann,  dans  son  LLW  rap- 
porte le  sens  de  luire,  briller,  scintiller'.  N°  7  St.  3,  2: 
yesâka'  kêf  il-mikbyâs  =r  (_vvJLài!  ^juS  ^^  GO, 
scintille  comme  une  lanterne.  N°  16  (p.  58)  redde  3: 
uhaddik  kema  bareg  yeska""  îsâra,  ta  joue  est 
comme  un  éclair  qui  brille  {-\-  mot  incompréhensible). 
Hartmann  traduit  par  aufleuchtet.  Ibid.  St.  3,  4:  idrâ'ak 
é  6  k  a'  s  ê  f  m  a  s  r  i  g  b  i  d ,  ton  bras  est  le  brillant  (l'éclat) 
d'un  glaive  égyptien  qui  a  été  dégainé  [g  b  i  d ,  sans  doute 

=  oVo-  =  v-'^  5  rnétathèse  fort  courante  de  ce  verbe]. 

Je  ne  trouve  nulle  part  la  confirmation  de  cette  signifi- 
cation, qui  cependant  ne  paraît  pas  douteuse. 

19,  20:  yirsin.    Un  poète  dit,  dans  un  qasîdah: 


5  Habitué  au  hien-ètre  et  habitué  à  une  vie  dure, 

Je  supporte  avec  patience  le  coup  et  je  supporte  le 

[soleil  ardent. 

6  Au  poiîit   que,   si   l'on   dit:   ^^C'est  un  vieux  qui  ne 

[peut  pas" 
Je  fixe  mes  p>ieds  (je  monte  gaillardement)  dans  les 

[montagnes  d'et-  Teylamûs. 
Irsin   elwitid   fim-gèdër,   fixe  le  taquet  dans  le 

m%ir,    ^awalaqî.    ^. ,    intr.,   être  fixé,  attaché,  et  ^. , 

trans.,  fixer,  attacher,  synonyme  de  oiJLc,  intr.,  et  Uilc. 

trans.,   ou   oilc .    On  dit,  o>^>Li;.   se.    }jl\  =    .LC!  o*jiJLc , 

le  feu,  a  pris,   est  allumé.    J^ùs. ,    oJJ^  et  oji^  ^)    sont 

ainsi  employés  dans  tout  le  Sud  ^),  même  chez  les  Mali- 

rah;   tandis  que  ^^  et  ^-^ , ,  sont  plutôt  rares  dans  le 

parler  des  ^Awâliq  Supérieurs. 


i)  Mais  dans  le  verset: 

Ce  sonl  des  possesseurs  de  man  of  loar  dont  le  prix  est  cher,  re- 
[vètus  lie  cuivre,  et  sur  lesquels  on  a  mis  de  la  chaux 
(=  peints  en  blanc)  Je  Ilirscli  lleisen  in  Sudaiabien  p.  293,  !^î 
n'est  pas  pour  |Jii£. ,  comme  le  dit  l'auteur,  qui  ne  connaît  pas 
le  verbe  badramite  et  alf^érien  ^^!  ,  faire.  Cette  poésie  d'un  Bâ 
Atwali  t'ijurmillL'  de  fautes. 


579 

19:  21,  falîg,  pi.  x^:^'^ ,  est  la  pièce  d'étoffe  qui 
forme  les  quatre  parois  de  la  tente.  Elle  est  d'un  seul 
morceau^  sA:>'3)  ijùi  .  Kazimirski  le  traduit  par:  mor- 
ceau de  la  tente  parce  qu'il  ne  connaissait  pas  la  portée 
du  mot  ii.ii .  V.  Oppenheim,  Vom  Mittelmeer  II  p.  45, 
rend  vjla^!  par  Zeltdach,  ce  qui  n'est  pas  non  plus  très 

exact.  Selma  b.  el-Muq'^ad  el-Quramî,  Diw.  Hodeyl.  Wellh. 
N°  184  V.  4,  dit: 

[Alors]  pour  sûr,  une  mère  d'une  jeune  hyène  resterait 

[sur  lui  (pour  dévorer  son  cadavre), 

Et  lorsqu'elle  serait  repue  de  lui,  elle  serait  comme  une 

[bande  de  l'étoffe  de  la  tente  tendue, 

ou,  comme  le   traduit  fort  bien   Wellhausen,  die  einem 

gespannten  Zelttuch  gleicht.    LA  III   p.    171,  copié  par 

T  A,   cite  aussi  ce  vers  et  ajoute  :    oU  ^yCs  ^\  \y^.^ 

f'u^!  jxcj  iL^L)  (JLkj  'u*^  o^^-  o'  35^--5  ^^^^  iioA*^  ^"^^^W^ 
iU:  L.  ^!  «^A^îj  0;Uj  ^  ^JJî  ^^  ^  ^.^vJo  ^.,i  j^.3  .  Ce 
n'est  que  la  deuxième  éventualité  qui  soit  juste,  car 
*£>Jlà  fait  partie  des  dialectes  du  Sud,  et  i:^^  de  ceux 
du  Nord.  Abu  ^Obeyd  (+  223),  cité  dans  el-Rarîb  el- 
Mosannaf,    sub    iL^o^ii  ^L. ,    dit:     oiiui  ^J^  ^i^  i:::>uJL2it3 


1)  LA  TU  p,  17  a  aussi  cette  phrase,  qu'il  attribue  à  el-Asma'^î.  Les 
savants  ara])es  avaient  et  ont  encore  le  nn'-me  (I(''faut  que  quelques 
savants  européens  do  ne  citer  leurs  sources  que  lorsqu'ils  y  sont 
obligés. 


580 

J'^^'-^^L)    iL^T-Ji-.)    Jc>    ^_5^*«       (_jj_i-i    JwéJC^Xx)    .-j^      ,-/is-*J' 

//  marchait  sans  ctre  enveloppe  cVaiitre  vêteme?it  qu'une 
batide  d'étoffe  de  tente  retenue  par  la  cheville  de  la 

[tente  ^). 
I.  Sîdah  (-}-  458)  fait  ici  la  remarque:    ii-s^iLài!  Je"  «^ 

ôls^)  ^J^  ijtlis .    Dans   LA   (4-   711)  IV   p.   43,  s  d'en 

>  3  ■H       i 

bas,    nous   lisons    cette   définition:    A^^t  ^^  iCiiciJJ  JLSj 

^iï  wu^j  -v^-  Il  fa^it,  bien  entendu,  lire  ^^Ji  et  ^. 
L'erreur  provient  de  l'auteur  de  TA  II  p.  293 ,  qui 
n'a  pas  su  corriger  le  mauvais  ms.  d'Ibn  Sîdah  qu'il 
copia  au  Caire,  et  les  éditeurs  du  L  A  jurant  in  verba 
magistri.  ,.;îwJLi  est,  comme  j'ai  dit  p.  575,  syno- 
nyme de  Kfljy  et  implique  simplement  une  longueur 
d'étoffe.  On  en  fait  des  sacs,  ou  n'importe  quoi,  en  les 
cousant  ensemble.  Le  verbe  ^ ,  avec  l'accusât,  de 
l'objet,  a  encore,  dans  le  Sud,  le  sens  de  gagner  sur  qqn^ 
avoir   gain   de  cause  contre,   réfuter  les  arguments   de 

l'adversaire.  \j1<^  ,  tu  as  gagné  contre  nous.  .^Nbiî! , 
avoir  le  dessous,  être  convaincu  d'avoir  tort. 

Dans  cette  description  de  la  tente,  on  a  oublié  la 
iLfij-b,  aussi  nommée  iLàj^-w,  qui  est  employée  dans  tous 
les  pays  bédouins.    I.  esSikkît  dit,  el-Mohassas: 

Lo  Jitj   )    ç'.i  (Joe    UAiSjC  j*^   ^î    ^-î_5-o    ^j^~)    ^nao    iiibia^t 


1)  Je   crois  que  le  sens  est  bien  cela  et  je  considère  J^   comme 
un  infinitif. 

2)  Mon  nis  ^^.-^^-o  .  11  faut  peut-ôtre  lire  iL^Wvo  avec  L  A  XII  n. 
91  en  bas,  qui  a  copié  ce  passage  sans  nommer  I.  Sîdah. 

3)  L  A  ^jSS\    ^  . 


581 

\;^  oyD .  Je  lis  dans  le  beau  récit  ''anazite,  Histoire  de 
Hôtrôbi"):  U  el-bêt  'ôgëb  ma  tiln  'ala  àrba'  taraiq 
nikas')  gatba,  et  la  tente,  après  avoir  été  de  quatre 
compartiments,  devint  une  petite  tente  misérable.  Dans 
un  autre  récit  de  la  même  provenance,  je  trouve:  An- 
tâh  hamsîn  nâga  u  fa  ras  u  hamsîn  î  n'agi  u  bêt 
arba""  tarâiq,  il  lui  donna  cinquante  chamelles,  une 
jument  et  cinquante  brebis,  ainsi  qu'une  tente  de  quatre 
compartiments. 

Dans  le  joli  récit  de  Wetzstein  Z  D  M  G  22  p.  80  1. 
16,  il  y  a  ceci:  ^  ^^:^]   î^^  o'ls^  U^  ^^^  ^  L-^] 

^^\i  ^^  Itï  vJulL»  i^w.^ ,  Habbâs  vendit  ime  jument , 
acheta  des  morceaux  d'ctoffe  et  agrandit  la  tente  en 
quatre   compartiments,    comme  elle  l'était  auparavant  '^). 


1)  LA  J-î'i',  et  Q^o   Lo  manque.    Notre  leçon  est  meilleure. 

2)  L  A  ii*jJ  . 

3)  L  A  o^a-iJ'   ^y^^   j-  . 

4)  Appelés  ïA^^  (support,  I.Idr  GIoss.  s.v.  As  )  chez  Socin  Diw 
1  p.  290  H  13.      ^  ^  ■ 

5)  Ce  qui  n'est  pas  exact. 

6)  Que  Je  publierai  certainement. 

7)  ij^Ju  corre.sponfl  ici  exactement  à  l'italien:  tornarc. 

8)  Ce  qu'il  dit  p.  100,  note  30  qu'on  «l'achète  par  t^tes  (ri\s), 
car  ils  mesurent  l'ôtoiïe  en  la  mettant  autour  do  la  t.'-te,"  est  tout 
bonnement  ridicule.  ElTectivement,  les  'Anazeh,  auxquels  J'ai  racont.'- 


582 

J'ai  traduit  le  mot  en  question  par  compartiment^  et 
Wetzstein  le  rend  par  Abtheihing^  mais  cela  n'est  que 
faute  de  mieux.  Voici  ce  que  j'écrivis,  il  y  a  vingt  ans, 
en  élaborant  les  commentaires  sur  le  récit  de  Hôtrôbî, 
lorsque  je  n'avais  pas  encore  connaissance  de  la  définition 
d'Ibn  es-Sikkît:  'i^.^  est  la  bande  d'étoffe  en  poil  de 
chameau  (on  pourrait  dire  chemin  pour  bien  rendre  le 
mot)  qu'on  coud  le  long  du  pli  du  milieu  du  toit,  et  qui 
repose  sur  les  colonnes.  S'il  n'3-  a  qu'une  seule  tarîqah, 

il  n'y  a  qu'une  seule  colonne  au  milieu  (S'd^^^  ou  Ja^-ij) 

et  deux  plus  petites  aux  extrémités,  appelées  ^AaJ!  j>^^ 

et  j=>*j'  ^>^^  •  Celle-ci  est  plus  courte.   yJ^  est  le  petit 

poteau  de  bois  qu'on  place  à  chaque  extrémité  de  la  ta- 
rîqah.   Chaque  compartiment  a  sa  tarîqah.     Voilà  ce 

qui  peut  justifier  notre  traduction  ^).   y^i  est  le  .^'  du 

texte  d'I.  es-Sikkît  et  sur  lequel  les  philologues  arabes 
avaient  des  idées  confuses,  ainsi  qu'on  lira  dans  Lane 
S.V..  Du  reste,  v.  Oppenheim  ')  et  Socin,  Diwan  I  p. 
290  H,  10,  sont  aussi  en  désaccord  sur  ce  mot. 

19,  2 1  :  m  a  h  îL  1 ,  véritablement  m  a  h  a  1 1 ,  pi.  de  jJ^ , 


cela,  en  ont  beaucoup  ri.  ij^^j  veut  ici  dire  pièce.  On  achète  aussi 
le  bétail  par  têlc,  {j^K,  mais  on  aurait  de  la  difficulté  à  le  mettre 
autour  de  la  tête!  Il  faut  toujours  contrôler  Wetzstein,  dont  la 
science  n'était  jamais  bien  profonde. 

4)  Les  oijLb  sont  bien  définies  dans  v.  Oppenheim  o.l.  II  p.  44. 

2)  Dans  ce  beau  livre,  on  ne  sait  jamais  ce  qui  est  de  B.  Moritz, 
de  M.  Hartmann  ou  de  l'auteur.  Si  d'autres  riches  juifs  voulaient 
imiter  l'exemple  des  Opiienheim,  des  Erlanger  et  des  Ilirsch,  les 
Sémites  d'Europe  auraient  davantage  droit  à  nos  louanges. 


583 

=  J1>,  pi.  jli-  (JJ^)  01-1  J^"^^-  C'est  une  chose  avec 

laquelle  on  perce,  J3- ,  o.  Dans  notre  cas,  c'est  une  pe- 
tite cheville  en  bois  fort  ^).  Yegîb  em-mohàll  yibèr- 
risah  (ou  yimèttilah  ou  yi^addibah)  bim-safrah 
lamraa  yidàlliqah  uyèhsikah^)  fira-falîg  ufira- 
farîqah,  il  prend  la  cheville  qu'il  taille  avec  le  couteau 
pour  la  rendre  pointue  et  l'enfile  dans  le  falîg  et  la 
farîqah.    Ce  mot,   très   classique,  s'emploie  dans  tous 

les  milieux  bédouins;  pourtant,  dans  le  Nord,  iJL>  et 
v3^i>  ont  prévalu.   Le  khelle  de  Burckhardt,  Beduinen 

p.  30  n'est  pas  un  pluriel,  comme  le  suppose  Socin  Diw. 
III  Gloss.  S.V.. 

19,  21  :  K  a  b  r  a ,  «J/ ,  pi.  oîji'  ^).  C'est  ainsi  qu'on 
me  le  dictait,  mais  quelque  temps  après,  lorsque  je 
voulais  faire  le  commentaire,  on  disait  karba,  en  sou- 
tenant  que  les  deux   mots  étaient  synonymes.    On  me 

fit  aussi  cette  remarque:  ,i>Ji^'  %  -«^Ci  ^j-^s^Ju]  Jo  "^ 
Uïki  oL^ilt  i^j^  o^b  SI5  ,  si  le  toit  a  des  trous  ou  des 
fentes  ou  s'il  est  vieux,  on  y  étend  une  couverture  dessus. 

C'est  le  toit  plat,  ^^Jo*^  ou  OjJv^,  de  la  tente,  io/,  pi. 
o 


o  07 

1)  Ji>^  ,  Grewia  populifolia,  ^j'Ar^  j  r*-^^  >   (jt^aisaï  . 

2)  Les  Harîbites  présents  disaient  y  imèrrigah ,  de  ^Jî/' > 
passer,  comme  en  Syrie. 

3)  On  observera  ici  les  voyelles  du  pluriel.  Wright  Gram.'  I  §  301 
Rem.  b.  Cette  voyelle  de  remplissage  a  trouvé  sa  règle  dans  la 
grammaire  classique,  tandis  que  les  autres  dont  parle  VoUersZDMG 
49  p.  499  et  ss.  et  VS  p.  17  et  ]).  97  ne  figurent  que  comme 
formes  collatérales  dans  les  dictionnaires  ou  comme  variantes  de 
leçons  qorûniques! 

41 


584 

oIj/  ot  v"/  j  6st  la  tente  en  poil  de  chameau  des  Bé- 
douins des  Montagnes.  Nôldeke  ZDMG  59  p.  417  nous 

O  >  0  5 

apprend  que  ^^c^-»,  ^/ 1   caban?ie,   dont  j'ai  parlé  dans 

La  langue  arabe  etc  p.  61,  vient  du  persan  luS,  xJLs", 
cabane,  dont  l'ancienne  forme  k  u  r  b  a  k  a  donné  en 
arabe  aussi  oïjy»,  'J^/ ,  '^/  •    Dans  sa   Mand.  Gr.  p. 

G    5 

120,   il   dit:    „*^  Winkel  (verwandt  mit  curvus,  ailes 

von  \/  hvar)."  D'après  le  Lex.  de  Vullers,  xJlT  signifie 
1°  domus  parva,  angusta  et  obscura;  2°  3^,  conclave; 
3°  officina,  taberna  (^M-  Kazimirski  Voc.  fr.-persan  a: 
hutte,  sJS .   E.  H.  Palmer,  A  concise  Dict.  of  the  pers. 

lang.,  donne  xJiS' ,  closet,  cell.    Es-Sîrâfî   chez  Jahn-Sîba- 

waihi  I  II  p.  49:    \as  ^'^^^  -^/^  où^  o^JLi*-  j-  o^i>^ 

iij/.    êifâ'  el-Ralîl  d'el-Hafâgî  p.  193:  ob/^  ob/3  go/ 

v_jj)w  oylJ- .  La   forme  ^0/  se  trouve  chez  el-(jâhiz  K. 

el-Bayân,  Caire  II  p.  63  s,  10  d'en  bas.  Notre  io/  vient 
donc  certainement  de  là.  Mais  il  y  a,  dans  le  Sud,  un 
autre   mot   qui  aurait  alors  sans  doute  la  même  étymo- 

logie:  ^Jri/ ,  pl-  ijrj'/-  C'est  une  toute  petite  maison- 
nette en  pierre  ou  hutte  en  branchage  des  habitants  des 
villages  sédentaires,  ji  .  L'algérien  g  u  r  b  i ,  pl.  g  a  r  a  b  i , 
serait  le  même  mot,  ainsi  que  je  l'ai  avancé  dans  La 
langue  arabe  p.  61.  Dolphin,  Rec.  de  textes,  Traduct.  p. 
51,  donne  la  description  d'un  gurbi  qui  correspond 
exactement  au  kurbi  de  l'Arabie  du  Sud.  Ce  mot  est 
venu  en  Algérie  avec  les  tribus  yémanites,  et  il  y  a 
conservé  lo  o  do  la  forme  ^Jl^jï,  devenu    J'j> . 


H 


585 

19,  24:  raisqâb,  croc  en  bois,  z=  <^U^ .  J  v^'^» 
saisir  avec  un  croc ,  accrocher.  Au  figuré  :  wAJtciJ'  (jiJ 
^oJJ,  pourquoi  t'accroches-tu  à  la  conversatimi ,  ten 
mêles-tu?   =   {jp-^^  ou   ^^sJicco"  GO. 

Le   verbe   ^oui,    qui    n'est   qu'un   développement   de 

v.i^,  ne  se  trouve  pas  dans  les  dictionnaires  de  la 
langue  littéraire,   et  je  ne  le  connais  pas  non  plus  dans 

les  dialectes,  mais  il  a  bien  dû  exister.  A  Aden,  w*^ 
est   guignard,    et  ioLa^ ,   guigne.    Est-ce   une   variation 

consonantique  de  v*-:^  '?    Le  w».^uo^ ,  ou  v_jL5^ ,  Jacob 

B  L  p.  42,  correspondant  au  ^o-^w  des  Syriens,  trépied, 
Fleischer  Kl.  Schriften  II  p.  566,  est  autre  chose. 

20,  2:  mingàlla  =  "i^  Jc>t  ^^  =  \3\  Jc>l  q..,  parce 
que  si. 

20,  2'  qurûs.  L'étymologie  courante  est  l'allemand 
Groschen,  dont  les  Turcs  auraient  fait  rurûs.  Les  Ara- 
bes auraient  pris  cela  pour  un  pluriel  auquel  ils  auraient 

alors  donné  le  sing.  (ji-^,  o^-^-  C'est  là  l'avis  de  Vol- 
1ers  ZDMG  51,  p.  323,  répété  par  Doutté  TO  p.  26 
N°  90  et  Hava  iù^Jot  Jut^î  p.  899  (l'édit.  anglaise  de 
Belot).  Je  sais  bien  que  „les  noms  de  monnaie  ont  tou- 
jours passé  d'une  langue  dans  une  autre  avec  la  plus 
grande  facilité,"   TOI.  1.,   et  les  Arabes  ont  leurs  ^.o , 

;jJj,  ^Ujj>,  ïs-'l.  etc,  mais,  dans  le  Gloss  s.v.  de  mon  Hdr, 

j'ai  émis  un  doute  sur  l'étymologie  adoptée  de  ^ji^.  V. 
Dozy  Suppl.  s.v..  Si  l'allemand  Groschen  en  est  l'origine, 


586 

il  faut  bien,  lorsque  les  Turcs  le  transportèrent  à  „  Alexan- 
drie, à  Rosette  et  à  Damiette,"  Vollers  o.  et  1.1.,  que 
ceux-ci  l'aient  entendu  dans  leur  commerce  avec  les 
Allemands  ou  plutôt  les  Autrichiens.  Pour  élucider  la 
question,  je  me  suis  adressé  à  mon  vieil  ami  M.  le  con- 
seiller intime  le  prof.  J.  Euting,  directeur  de  la  Biblio- 
thèque de  Strasbourg,  qui  a  bien  voulu  m'écrire  ce  qui 
suit:  „Bezùglich  der  Herkunft  des  Wortes  (>^,  j^f^, 
habe  ich  mich  an  den  Vorstand  der  Landesmûnzsamm- 
lung  Geh.  Rat  Dr.  L.  Mùller  hier  gewendet.  Derselbe 
sagt,  der  Ausdruck  „grossus"  (Grosclien)  bedeutet  eine 
Dickmûnze  im  Gegensatz  zu  den  solidi  (Pfennig).  Die 
verbreiteste  Sorte  im  deutschen  Reich  (einschliesslich 
Osterreichs)  war  der  von  dem  Bôhmen-Kônig  Wenzel  II 
(1278  —  1305)  eingefûhrte  „Grossus  Pragensis".  Dieselben 
wurden  bald  auch  von  den  einzelnen  deutschen  Staaten 
(Sachsen,  Braunschweig)  und  von  Polen  nachgepriigt. 
Von  den  Eigentùmlichkeiten  ihres  Gepràges  erhielten  sie 
verschiedene  Namen:  Apfel-,  Bauern-,  Breit-,  Fûrsten-, 
Lôwen-,  Marien-,  Schild-Groschen.  Schon  frùher  hatte 
Ludwig  IX  (der  Heilige)  von  Frankreich  zwischen  1226  — 
1229  zu  Tours  eine  ins  XV.  Jahrhundert  viel  geprilgte 
Silbermûnze,  Grossus  Turnensis,  auch  Grossus  Turnesius 
(in  Deutschland  Turnosen  genannt)  pràgen  lassen.  Als 
die  ersten  Thaler  in  Deutschland,  1484  in  Hall  in  Tirol, 
aufkamen,  wurden  sie  Thalergroschen  genannt,  wohl 
auch  als  Dickgroschen  bezeichnet.  Dass  die  Maria-Theresia- 
Thaler  noch  mit  diesen  Namen  in  Deutschland  bezeichnet 
worden  wàren,  davon  kann  ich  keinen  Nachweis  brin- 
gen  ;  dies  ist  aber  von  vornherein  unwahrscheinlich.  So 
viel  scheint  rair  sicher,  dass  von  den  bis  ins  XVI.  Jahr- 


I 


587 

hunderts  in  Deutschland  (also  auch  Wien)  gaEgbaren 
Grossi  (Pragenses)  sehr  wohl  der  Name  den  Tùrken  be- 
kannt  geworden  sein  konnte.  Littman  giebt  an,  in  Abys- 
sinien wird  ein  Unterschied  gemacht  :  *7^'rt  g  e  r  s ,  =i 
dem  âgypt.  und  tùrk.  Piaster,  dagegen  4*<C*rt"  qers, 
*^Cd,  qersi  und  ^^A  riyâl  =  Maria-Theresia-Thaler". 
Mon  doute  sur  rétynaologie  de  J^J^^  \J^^  ne  paraît  donc 
pas  motivé,  surtout  si  l'on  sait  que  les  Maria-Theresia- 
Thaler  =  (jiyj  ou  JIj^  ,  dans  le  Sud,  sont  toujours  frappés 

à  Triest  expressément  pour  les  pays  situés  autour  du 
Golfe  d'Aden. 

20,  4:  hârrah.  Quoiqu'un  phonème,  initial  ou  mé- 
dial,  comme  hâr  ne  soit  pas  précisément  du  génie  des 
langues  sémitiques,  La  langue  arabe  p.  21  ici  p.  134 
note,  les  Bédouins  peuvent  très  bien  le  prononcer.  Rein- 
hardt,  "^Omân  §  7,  l'a  constaté  également.  Cela  n'exclue 
pas  que  la  prononciation  harrah  soit  la  plus  commune. 

8^Li>  est  ainsi  appelée  parce  que  l'eau  b^  '^.. ,  murmure 
en  coulant^  au  dire  de  mes  hommes.  Cela  est  assez 
significatif,  car  .i> ,  couler^  implique  aussi  un  hruït; 
voilà  pourquoi  il  peut  aussi  signifier  ronfler,  Hdr  Gloss. 
S.V..  Les  Anciens  du  Nord  disaient  ^J.^,  ^^^,  ^JJ>  et  ^^o, 

selon  LA  XX  p.  171.  Zoheyr,  Primeurs  arabes  p.  80 
■=:  Ahlwardt  Six  diwans  p.  94,  N°  16  v.  5  =  Noldeke 
Fûnf  Mo'all.  III  p.  14,  dit  : 

-     '      •        ;  £ 


588 

Des  pierres  d'âtre  noircies^  à  l'endroit  oit  un  chaudron 

[avait  été  posé, 
et  une  fosse  comme  le  fond  de  l'auge  qui  n'a  pas  été 

febrcché. 
D'autres  exemples  L  A  XX  p.  173  ;  Jacob  B  L  pp.  42 
et   235;  Kôldeke  o.l.  II  p.  68,  III  p.  22;  Ahtal  p.  168  c. 

20,  5:  mishâh.  En  Hdr,  Hdr  p.  302,  et  en  Harîb 
on  dit  5^>!  =  Beyhân  bj  j .  Mais  "Oman  aussi  sL^^*^ 
RO   p.  361.    ^^3   ;2Jg-'jG  'wLJ'  l^J>    Boh.  I  p.  122. 

C'est  l'instrument  avec  lequel  on  racle  qqc,  de 
^_^w«- ,  i ,   enlever  en  raclant ,   wegschaufeln ,   et  se  dit 

de  la  boue.  On  me  l'expliqua  par  ^Jù  t^^J^t  oî^^wj, 
er  schaufelt  die  Erde  nacli  ohen  hin  îceg.  Ishu  em-tîn 
lahâdem-hufrah,  écarte  avec  la  pelle  la  terre  (ou  la 
boue)  [et  mets-la]  dans  cette  fosse.  Ces  deux  exemples 
prouvent  que  (_^^  et  ^ji^âf"  sont  synonymes.  w^:=i~  n'en 
est  qu'une  variation  consonantique,  et  Dillmann  Lex.  p. 
329  a  raison  de  comparer  aoilth'iï  à  «Ls^-..^-. 

20,  5:  mal-matar  =  ^1  ^U.  Quoique  *'-«  soit  tou- 
jours prononcé  mà^  en  vertu  de  la  règle  physiologique 
générale,  il  perd  naturellement  son  hamza  lorsqu'il  est 
contracté  avec  la  voyelle  suivante.  La  voyelle  devient 
alors  brève  pour  éviter  la  syllabe  mal,  qui  n'est  pas 
du   génie  de  la  langue  ').    Nous  trouvons  de  même  Tab. 


1)  Si  nous  disons  sX^^  ^  — w_  ,  la  voyelle  dans  j.  rend  cette 
syllabe  prosodiquennent  longue,  mais  si  nous  disons  Le  O'-**^'  i3 
—  ^  -  ,   lii   voyelle   devient   pour   nous  brève,  mais  la  syllabe  reste 


il 


589 

I  p.  1717,  i  ^i'cxip  pour  tilsUl?,  qui  n'allait  pas  avec  le 
mètre.  Mais  cette  contraction,  elle-même,  n'est  pas  une 
règle  dans  les  dialectes  parlés,  où  le  hamza  est  unique- 
ment motivé  par  la  rencontre  de  deux  voyelles  :  s  à'a  1 , 
qabâ^il,  ou  par  l'accent:  nisà^'hom.  VoUers  en  trai- 
tant du  hamza  dans  son  VS  §15  n'a  pas  pris  cela  en 
considération. 

20,  6:  elljêmeh  lônha  aswad  u  abyai.  Cela  ne 
veut  point  dire  que  les  tentes  soient  toutes  blanches. 
Le  sens  est  que  l'étoffe  est  rayée  de  blanc  et  de  noir, 
Socin  Diwan  I  p.  290  H  71,  mais  qu'on  préfère  la  couleur 
toute  noire  à  cause  de  la  qualité  moins  résistante  de 
l'étoffe  blanche.  En  général,  en  Arabie,  les  tentes  sont 
noires.  En  guise  d'ornementation,  on  entremêle,  quoique 
rarement,    des   cordelettes  rouges  et  l'on   suspend,  tout 

autour  du  toit,  une  frange,  3>:2:>,  rouge  et  blanche.  — 

II  n'y  a  pas,  que  je  sache,  de  tentes  rouges  en  Arabie; 
mais  anciennement  cela  paraît  avoir  été  le  cas,  car  ''Abîd 
b.  el-Abras,  K  A  VIII  p.  65,  o  d'en  bas,  appelle  sa  tribu 

asadite  ^J^\  v^'  J^'»  Jacob  BL^  p.  41.  Boh.  VII  a 
un  tyil  ïlflii  ^\j,  où  il  est  dit  ^^^  jc*ï  J._^3  ^X'  1^^ 
*j'  ^ .  La  seule  tribu,  en  Arabie,  qui  ait  des  tentes 
blanches  sont  les  „  Bédouins  blancs"  ou  ^v-^'  v-=  des- 
ceodants  de  la  célèbre  tribu  s,A£_*>lj,  dont  ils  ont  hérité 
l'amour  et  la  poésie.  Ils  se  nomment  eux-mêmes  b.jJtlî  ^^  '). 

prosodiqueraent  la  mCTne.  La  théorie  de  la  prosodie  arabe  est  l'es- 
sence ru»''ine  de  la  laniziie. 

1)   C'est    avec  l'article  que  J'ai  entendu  cette  appelation.  Le  livre 

de    Megnùn    Leyh'i   lus   ont  rendus  ctMùbrcs  en  Orient,  et  le  Lied  do 


590 

Ces  Bédouins,  venus  du  Sud  avant  l'Islam,  Tab.  I  p. 
1092,  15,  sont  ainsi  appelés  à  cause  de  leurs  habits 
blancs  et  de  leurs  tentes,  qui  sont  d'une  pièce  d'étoffe 
blanche  et  d'une  autre  noire,  alternativement. 

20,  8:  qatôr,  de  -lis,  et  ^,  intens.,  dégoutter.  En 

Hdr  on  dit  J^ï ,  en  analogie  avec  J^'-o ,  pluie^  lXcL  ,  ton- 
nerre, vjjj'^j  éclair,  etc,  formation  aussi  courante  dans 
le  Nord.  La  maison  y  ij  ou  "^.  =  Syr.  v^^v .  Le 
trou  par  où  il  dégoutte  est  s^  en  Hdr,  ailleurs  .:s^s  ou 


O     5 


jJJ> .    ^^ï  se  dit  particulièrement  du  toit. 

La  forme  Jv^'i,  ou  'il^z,  est  très  commune  dans  tous 
les  dialectes  arabes.  L  F.  Weissenbach,  élève  de  Hom- 
mel,  a  publié  sur  „Die  Nominalform  fâ^ûl"  un  excellent 
traité.  J'espère  qu'on  ne  dira  plus  que  cette  forme  archi- 
arabe  soit  empruntée  de  l'araméen  comme  on  l'a  tou- 
jours prétendu,  quoique  dans  la  lurah  il  y  ait  beaucoup 
de  mots  qui  viennent  directement  de  là.  La  forme  est 
intensive,  Socin  Diwan  III  §  101  ;  cela  ne  souffre  pas  de 
doute.  Weissenbach  ne  passe  en  revue  que  les  fâ'^ûl  de 
la  langue  littéraire.  Beaucoup  de  mots  qu'il  considère 
comme  douteux  ne  le  sont  pas  du  tout.  Il  aurait  dû 
arranger  sa  hste  selon  les  significations.  Le  fa'ùl  sert 
surtout  pour  exprimer  les  nomina  instriimenti  et  vasis, 
certaines  affections  corporelles  et  les  accidents  des  élé- 
ments. Je  vais  donner  une  petite  liste  de  mots  qui 
me  viennent  à  l'esprit  en  ce  moment.  Ceux  qui  sont 
sans  indication  sont  tirés  de  notre  dialecte. 


Heine,  en  Europe.  Voyez  Jacob  B  L^  p.  38.  J'en  parlerai  sub  n°  16, 
il  propos  du  pain  qu'ils  font. 


591 


a.  Instruments 

,S\j  ou  '^.S\j ,  bâton  à  crochet,  dans  toute  l'Arabie. 
.^oL>,  rosse,  Tunisie. 

%.L>  =  io,:5^,  ^eWe,  râtissoir. 

(ji^''L>,  famille,  Syrie. 

Jbj.Li.,  ?iœwd  coulant.  iC^.Li»,  automobile,  ainsi  appelée 

à   sa  première  apparition  à  Aden,    parce  qu'elle  J:?3^', 

05jL>,  pieu,  pal,  dans  tout  le  monde  arabe. 

^ol  ,  peigne,  Algérie. 

&IyL«,  Zog'we^  en  bois,  Syrie. 

iiij^Li ,  5de  pour  scier  la  pierre,  Syrie. 

.oUi,  Mc^e,  Algérie. 

ui^U ,  marteau,  Syrie,  du  turco-persan  ^oC^r  ou  -y"U^. 

.yj'uo,  couperet,  de  ia^a  pour  Ja^. 

^cjU?  ,  briques  cuites  au  soleil,  Sachau  Am  Euphrat  p.  38. 

sv^yo,  verrou  en  bois,  mot  très  instructif. 

.fcXa'j,  lunettes  et  toute  chose  servant  au  môme  usage. 

v_jo'j,  ^«(^we  pour  tailler  la  pierre. 

b.  Vases 
%jLI:>  ,  four  à  pain  Yéman  ;  x)laque  en  fer  pour  cuire 

le  pain  à   Aden   =:   iCj^Ju  en  Dt,  _Lo  Nord  et  Syrie;  la 
farine  fine  qui  vient  des  Indes. 

j^.^LId  ,  four  à  chaux  Yéman  ;  moulin  Syrie. 


8.3I 'ï,  flacon,  bouteille,  partout, 
ïs^.iï,  seau  en  métal  pour  traire,  Eg. 
^,^U,  ustensiles  de  la  maison,  partout. 


592 


c.  Affections  corporelles 

-bj.Li»,  douleur  de  ventre,  tranchées  de  ventre. 
ç^.L>,  une  selle   abondante,  renforcement  de  '^j-=>  de 

lJ^K,  saignement  du  nez. 

^^Lw ,  éructation  ;  cf.  R  0  §  57. 

^y^Lw,  diarrhée. 

J^^Lw,  cours  de  ventre. 

icb^Li,  r«Ze  de  la  mort,  Syrie. 

,jy:LL,  peste,  partout. 

.^Aolc,  douleurs  de  ventre,  tranchées  de  ventre. 

ij^j^^ ,  cauchemar,  aussi  class.  =  ^^Jj  et  (•y'^* 

d.  Accidents  des  éléments 

uj^L>,  grains  de  grêle,  Socin  Diw.  III  §101. 

JyoL=>,  torrent. 

Jy>lj,  tourbillon  de  poussière. 

io^!:,  iuyi:  et  ^J^j ,  tourbUlou  de  vent,  avec  pous- 
sière, Eg. 

o>=>L*«  dans  l'imprécation  (^^^L-  dU  L.sva:  ["asàlak], 
^?t'z7  (Dieu)  t'écrase! 


■ 

1)  Cette  phrase,  d'un  inténH  hors  hgne,  fut  expliquée  par  dUtAJÎ 

0>>La«,  qu'il  te  donne  un  sâhûq,  c'est-à-dire,  qu'il  to  réduise  à 
une  cliosc   broyée.    En   entendant   la   première   foi   "^asâ  dans  cette 

sorte  de  phrases,  je  croyais  que  c'était  le  verbe  \^ ,  de  i^y*i,  faire, 
avec  un  a  prosthétique,  comme  L>!  de  'L>,  venir.  Mais  je  m'ajjerçus 
bientôt  de  mon  erreur,  car  Lv  ne  devient  jamais  Lw',  et  le  ^  est 
fort  distinct.    Nous   sommes   donc   en   présence   du    verbe  sémitique 


593 

(_î^Ui ,  orage  avec  pluie  p.  39,  5. 

^^_^\^,   tison  incandescent  p.    51,  «  r=  J-^L^  ^>c,   Le 

diminutif  en  est  ïûyLi  ^). 

yo!c,  tourbillon  de  vent,  douleurs  de  ventre. 
oyO£,  vent  violent,  Socin  Diw.  III  §  101. 

.yli',    î;ew^  chaud,  sirocco  =:  Syr.  o^  î^. 

Cette  forme   est   tellement   arabe,   qu'elle   est  même 
employée  là  où  elle  n'est  pas  de  mise. 
v_J5.L>,  mouton,  Syrie  seulement. 
Jjîo  =  JJo,  Bédouins  du  Nord,  chameau  coureur. 
^y>!c,  Eg.  vieille  femme. 
c>^!c,  colomie,  Nord. 
^'0,  jeune  chameau,  chainélon,  dans  toute  l'Arabie. 


utt'V  >  faire,  Oh^ ,  retvibuit,  et  qui  est  resté  dans  ces  formules.  On 
s'explique  à  présent  aussi  l'origine  de  ^^.wj: ,  verbe  impersonnel,  de- 
venu avec  le  temps  adverbe  verbal,  si  bien  traité  par  Fleischer  Kl. 
Schriften  I  p.  G4G  et  s.  et  Reckendorf  S  V  p.  578  et  s..  La  con- 
struction si  variée  de  ce  verbe  cristallisé  dénote  se  haute  antiquité. 
Le  sens  primordial  échappait  déjà  aux  premiers  grammairiens.  L'hé- 
breu, l'éthiopien  [et  l'arabe  doivent  provenir  d'une  source  commune, 
à  cause  du  (_/-  dans  les  trois  langues,   l.  Levy  N  Ch  W  B  III  p.  707 

avait  déjà  identifié  itf  y ,  H^V  à  ,  ^^^ ,  ce  qui  fut  approuvé  par 
Fleischer,  et  l'on  pourrait  aussi  englober  le  sab.  ^j^-"*^,  consacrer, 
«dont  l'équivalent  arabe  n'a  pas  été  reconnu,"  comme  disait  Barth 
en  1893,  Et.  St.  p.  56.  Ce  savant  identifie  même  ,<-**«  et  ntt'V  » 
0.  et  1.1.,  ce  qui  n'est  pas  aussi  sûr.  L'expression  si  commune 
"^asàlla  &l]l|^^_*w£  correspondrait  donc  exactement  ù:  que  Dieu 
fasse  ! 

0     5  ~  > 

1)  Expliqué   par   q>>^    w^asï   "i!^    iji,U:JJ   et  en  général     ^^J^  L« 
U*^y    ^%  ,    )i  importe  quoi  qui  soit  sec. 


594 

20,  9:  lingali  =  ,^;^^uj,  Hdr  Gl.  s.  v..  Je  fis  observer 
à  mes  Datînois  que  .^^  serait  véritablement  cuire  à 
point,  à  quoi  ils  répliquèrent:  „Mais  tout  doit  être  cuit 
à  point."  Cependant,  cette  idée  y  est,  en  comparant  ce 
verbe  avec  vjilw  p.  598  et  s..  Ce  sont  là  deux  degrés  de 
cuisson.  Les  locutions  suivantes  sont  aussi  très  instruc- 
tives. Nigaht  min  hTidem-tibillâg,  j'ai  assez  de 
cette  plaisanterie.  Nigaht  min  e m-t a r î q ,  expliqué  par 

rv*^'  ^y^  u;^>.à:>3  ,  je  suis  fatigué  de  la  route  (de  la  mar- 
che).  *^bot  \j,:<:<^ ,  nous  sommcs  tombés  d'accord,  nous 

avons  mis  la  chose  au  point  =  j.'iîC!  U,-v*.£: .  On  compa- 
rera le  français  :  être  à  point  et  mettre  au  point.   >.-^ , 

intr.,  cire  cuit'^);  .a^,  .^  et  ^-^'î,  trans.,  faire  cuire, 
et  le  synonyme  *.m.^c,  qui  est  surtout  courant  dans  le 
pays  des  ^Av^dillah,  en  Damfm  et  en  Hdr.  Nîgah  el- 
lahm,  la  viande  est  cuite,  bouillie,  rôtie,  c'est-à-dire,  au 
point  voulu.  Nagàht,  naggàht  et  angàht  ellahm, 
j'ai  fait  cuire,   boullir,   rôtir  la  viande,   avec  la  même 

remarque.    Le  verbe  s'applique  à  toutes  choses.    L;-^-^ 

s^t  ^  8j-yi!!  Lu-v/^c  -lA^'  ^^^  ^11  ?^"^'  I^£  <3t  "^Awâliq 
faire  bouillir  la  viande,  comme  Mufadd.  XXVII,  17.  On 

comprend  à  présent  pourquoi  ^^,  dans  la  lurah,  a 
pris  le  sens  de  réussir,  proprem.  être  a  point  ou  plutôt 
au  point,  sens  inconnu  dans  le  Sud.  ;.^  n'est  employé 
dans  le   Sud,   à  l'exception  du  Yéman  et  des  hadar  de 


1)  C'est  ainsi  qu'en  toscan  on  désijïno  par  cotio  un  degré  su- 
prême d'un  état  inental  :  in)ia))wralu  colla,  hriaco  colla;  et  l'argot 
parisien  a;  se  cuiter,  s'enivrer  fortement,  au  point  d'avoir  une  cuite. 


595 

Hdr,  que  pour  le  café.  ;?Jiw  ou  jC=>Liw  est  dans  le  Nord 
la  dallah  servant  à  Tébullition  de  l'eau  du  café.  La 
langue  classique,  le  Yéman  et  les  Bédouins  du  Nord  ont 
leur  ,£v^ ,  être  à  point,  être  mûr,  de  toutes  choses  ;  il  y 
a  même  chez  les  derniers  la  métathèse  (j:^ ,  comme 
j'ai  aussi  relevé  la  métathèse  ,^i<^  dans  le  Sud,  Hdr  pp. 
327  et  401. 
Dans  le  Yéman   et  à  Aden,   on   dit   ô^4à>  =  gcp  et 

js^  z=   -^ ,  ,c<^  et  -is<:"'î .     Stace   a   lX-*j>   (son    ^x*s> 

o  •   '  o  ■  C'- 

est  erroné),   ripened,   p.    144,   iAli>,    lie  cooked,   p.   40; 

JÛ^  et  iX^,  cooked,  ibid.,  et  ^Xm3-,  ripe,  p.  144,  ^ 
vX<'l~>  ou  Oy^  j^  V'   180   [où  ^  appartient  aux  deux 

mots].  C'est  donc  la  cuisson  à  point,  la  maturité.  Faut- 
il  dériver  ce  sens  de  ô^ ,  o,  qui  se  dit  du  feu  lorsqu'il 

cesse  de  flamber,  z=  .LJî  c^o'u»  ou  oA^,  et  cela  impli- 
querait alors  qu'on  fait  cuire  sur  les  charbons  incandes- 
cents ou  sur  les  cendres?  Ou  bien  est-ce  un  afifaiblisse- 
ment  de  prononciation  du  Jb  en  o  et  puis  en  ù  pour 
Jo^^,  i,  qui  dans  la  lurah  veut  justement  dire  faire 
rôtir,  LA  IX  p.  167,  72.  Nous  le  retrouvons  dans 
l'hébreu  n*^''çn,  Kuchen  (de  kochen),  et  l'arabe  classique 
■1:1^,  cendre,  qui  est  une  métathèse  de  U\^  et  doit 
être  une  forme  yémanite  puisqu'il  ne  se  trouve  que  dans 
le  Qâmûs  (et  par  conséquent  dans  T  A).  L'éthiop.  Jk/d^ 
représente  le  A*.=>  classique,  et  tUan^  est  cendre.  La 
question  que  je  viens  de  poser  est  sans  doute  gratuite, 
car  les  thèmes  ^c*^,  ^,  j.y>,_^=>  et  ses  dérivés  -li«.=>, 

oU=»,    Os.*=>,     <:^*^,    i-X.*=>,    >A*=>,    LT^^^j    u^^*^     et    -i4i> 


596 

s'enchevêtrent  tellement,  et  l'on  en  a  appliqué  le  sens 
primitif  à  des  accidents  différents,  qui  tous  pivotent 
autour  du  point  de  départ. 

Rien  ne  prouve  mieux  l'insuffisance  du  dictionnaire  de 
Lane  que  son  article  sur  le  thème  J3*=> .  Il  n'y  parle 
que  du  sens  qui  se  rapporte  au  liiy  et  au  goût  amer  de 
son  fruit,  avec  quelques  variations,  probablement  parce 
que  Zamahéarî  n'est  pas  plus  explicite.  Pourtant,  Olaw- 
harî  a  déjà  /j».=>  ,  rôtir  un  moiitoti,  et  L  A  est  encore 
plus  détaillé.  Celui-ci  en  donne  même  un  exemple  tiré 
d'el-'Aggâg  '),  Ahlwardt  Diwan  Ru'bah  N°  20  v.  58  et 
V.  59.  Feyroûzâbâdî  commence  même  son  article  par  le 
sens  mentionné.  Un  autre  signification  de  .!?♦->  et  de 
ia;^" ,  s'emporter  de  colère,  se  trouve  déjà  dans  les  Tra- 
ditions, Nihâyah  et  Mo^i.  Tâhir,  et  dans  tous  les  diction- 
naires arabes,  Hamâsah  pp.  109,  is  et  293,  3  d'en  bas, 
Ru^'bah,  Ahlw.,  N°  31  v.  31,  N°  32  v.  27  ^).  Ce  n'est 
là  qu'une  variation  consonantique  de  lii^'  dont  j'ai 
parlé  p.  575. 

Comme  l'affaiblissement  de  la  consonne  marque  sou- 
vent l'affaiblissement  de  la  signification,  de  même  que 
la  pluralité  des  consonnes  marque  la  pluralité  ou  l'inten- 
sité, ou  parce  que  le  „  n'est  souvent  prononcé  que 
comme  « ,  et  vice  versa,  nous  avons  la  racine  ^ ,  qui, 
aussi  dans  ses  dérivés,  touche  à  sa  congénère  plue  forte 
^,  Dillmann,  Lex.  p.  71,  76. 

20,  9:   burmuh,   pi.   ^!y .  Vollers,  ZDMG   49  p. 


1)  Mais  il  l'attribue  à  Ru'bah. 

2)  Oii  il  faut  lire   -LU^Jî    pour  faire  pendant  ù    -^Ljl!' 


597 

512,  voit  dans  l'existence  simultanée  de  ce  mot  en 
"Oman  et  en  Egypte  une  preuve  de  l'immigration  de 
tribus  méridionales  dans  ce  pays.  Dans  tout  le  Sud,  *j 
est   faire   des   *b ,  proprement  :    les  façonner  au  tour. 

Jj  est  'potier,  La  burmah  est,  chez  les  Bédouins,  une 
grande  marmite  en  marbre  vert,  tandis  qu'à  Aden  et 
dans  le  Yéman,  c'est  une  petite  marmite  en  terre  cuite. 

Les  *2pî  (pi.  de  *'j),  qui  sont  ainsi  appelés  parce  qu'ils 
s'adonnent  à  la  fabrication  des  marmites  en  marbre  vert, 
sont  une  subdivision  des  Al  "Omar,  tribu  des  Banyar 
sédentaires  d'ed-Dâhir.  Ils  habitent  au  village  de  Darb 
di  Nâ'im^)  dans  le  Wâdi  de  ce  nom,  Gézîrah  p.  90, 
i9,  oîi  il  y  a  incorrectement  ^jj  ,  malgré  la  note  vol.  II 
p.  93  1.  5  2).  Voyez  ici  p.  412,  20.  On  fabrique  ces 
marmites  dans  tout  le  pays  d'ed-Dâhir,  en  Daman,  en 
Redâ'  et  en  Radmân,  soit  dans  les  pays  des  montagnes. 

O  3 

20,  9:  j<xj^,  prononcé  sù'ûd,  pi.  oLatA»,  est  Vâtre  fait 

de  trois  pierres.  Est-il  ainsi  appelé  parce  qu'il  est  haut, 
de  Ajuo,  hauteur?   Les  Madhig  l'appellent:  ^^fJ>. 

20,  10:  tilfi,  pour  ^'l^I,  pi.  de  iL^î,  et  fi  eh,  et  fi  h 


1)  Quantité  de  nom.  loc.  ont  encore  di  devant  le  nom,  ce  qui 
prouve  que  le  nom  du  château  des  rois  de  Saba  et  de  di  (du) 
Reydân  étaient  comme  je  viens  de  l'écrire.  Une  autre  subdivision  de 

la  tribu  Âl  'Omar  s'appelle  Al  Garhûm,  ^^f>  ô^ ,  ce  qui  rappelle 
les  Ôorhom  légendaires.  Tout  cela  sera  exposé  dans  une  future  pu- 
blication sur  ces  pays,  à  l'instar  de  ce  que  j'ai  déjà  donné  dans  mon 
Arabica  V. 

2)  Ce  texte  sur  .^o^V*  ^,a«  fourmille  de  fautes,  mais  l'éditeur 
était  en  ]iré.'?enco  do  difficultés  insurmontables  alors. 


598 
ou  tefîh,  comme  (^^'3  pour  ^^^'i',  selon  la  règle  géné- 
rale. Nôldeke,  Fûnf  Mo'all.  ITI  p.  21  et  s.,  traite  de  ce 
mot  et  en  donne  quantité  d'exemples  à  l'appui;  Imrul- 
Qeys  N°  19  v.  38;  cf.  Jacob  B  L  p.  90  et  note  1.  Les 
anciens  philologues  n'étaient  pas  sûrs  que  le  mot  vienne 
de  wsiî  ou  de  ^Jr^1  et  Feyroûzâbtldî  l'enregistre  sous  les 
deux  thèmes,  Zamahsarî  seulement  sous  Uii'.  Ce  vieux 
mot  sémitique  est  répandu  un  peu  partout  en  Arabie.  On 
les  appelle  aussi  ïjs/^,  pi.  Afy,  et  les  anciens  Arabes 
les   désignaient   également   par   ^^[jj.   Le   singulier   en 

était  probablement  'iJ^^j ,  mais  il  n'a  pas  été  enregistré. 
Un  ancien  poète  dit,  Sîbaweyh  I  p.  74: 


isAj 


(Les  demeures)   ont  péri,  et  cela  en  a  fait  disparaître 

fies  traces  par  l'usure  dit  temj^s, 

à  Vexception  des  trois  pierres  de  l'âtre  dont  le  charbon 

[est  devenu  des  atomes  de  poussière. 

21>  J^l^,  ^  Zoheyr  15,  3.    Ce  pluriel  *i>  ou  -yj> 

n'est  pas  un  synonyme  classique,  mais  une  épithète, 
ainsi  que  l'a  bien  compris  Noldeke  Z  G  C  A  p.  48,  u,  à 
moins  qu'on  le  traduise  par  les  trois  pierres  couvertes 
de  terre  par  le  vent,  de  façon  à  former  trois  petits  tertres. 

20,  11:  leselliq  =  olLô  .  Cela  me  fut  expliqué 
par:  yi^rali,  ou  yesuff  el-lahëm  tarhah  tarhah 
''alal-macjba  lamma  yiswîh,  il  met  ou  range  la 
viande  morceau  par  morceau  sur  le  foyer  de  pierres 
pour  la  rôtir.   Le  Joli    est  ici  employé  à  cause  des  dif- 


599 

férents  morceaux;  cf.  Jacob  B  L  p.  92/3.  oilw,  o,  est 
griller  de  façon  à  ce  que  ce  ne  se  soit  ni  nî",  cru,  ni 
n  agi  1.1,  à  point,  mais  entre  les  deux,  soit  o^Jl-^.^  ,  et 
donner  au  pain  une  cuisson  légère.  Le  sens  de  faire 
bouillir  dans  Veau  n'est  pas  connu,  et  ce  verbe  ne 
s'emploie  que  dans  ce  cas  spécial.  v3>Juv-^  *-^  est  donc, 
dans  le  Sud,  de  la  viande  légèrement  grillée  sur  la 
pierre.    Nous   dirions:    viande  rôtie  à  l'anglaise,   viande 

Ù     5 

saignante.    o>U-<  yJ>,  pain   légèrement    cuit.     C'est  ce 

que  les  anciens  Arabes  exprimaient  par  ..^4^1),  0  S  II 
p.   136,  14.  comme  dans  ce  vers  d'Imru'1-Qeys  IV  v.  62  : 

V^^^iax    ë|j^    ^    U^    ^^y^    \c>\        LlI/I    oLçS^T    oÎjxL    ^JhI^ 

Nous   nous  essuyons  les   mains  avec  les  crinières  des 

[nobles  chevaux, 
Lorsque  nous  venons  de  manger  de  la  viayide  légère- 

[ment  rôtie  ^)  ; 
et  L  A  II  p.  40  ajoute  :  .  i.^^^  J.  ^Lo  Jè^  s|^  \^  J^3 

jf^*^  ^a  j-^^  i}^  L^y^  u-^^^:^^  (*J-  :jy:  ^\ .  On  l'appelait 
aussi  ^yoyi  ^î^  L  A  XI  p.  21,  *.  Cf.  Jacob  B  L  p.  90 
sur  'iiju^j.  ii*i>  a  le  même  sens,  voyez  p.  602  et  s.  à 
propos  de  ^.^ . 


i)    w*.^iiix    de   Geyer,    Zwei  Gedichte  von  el-A'sâ  p.  59  note  1   et 

p.    74,    2^    qu'il    traduit    par   gcruslvi   doit  bien  ôtre  ^_,*.^^u2^;  cf.  ZA 

19  p.  406.  On  disait  aussi  v^r-^^^  I  Sîdali  IV  p.  -I'i7,  »  d'en  bas. 

2)   Lane   s.v..    J'ai  .souvent  observé  cette  cbarmante  nianiiJulation, 
mais  je   peux    a.ssurer    que    la    barbe,    les  cbeveux  et  les  habits  font 

tout    aussi    .souvent    fonctions    <le  crinièie.    ^ji./o  a  encore  ce  sens  en 
Mésopotamie,  Meissner  NAGl  p.    14;^  s.v.. 

42 


600 

20,  10:  miihtâz.  jl-> ,  o,  ôter,  enlever  =  J^ , 
écarter,  mettre  de  côté,  faire  aller  de  côté  =:  jy>  =  ^^^ , 
aussi  T.Trb  et  lidr.    Comme  les  classiques  oj^  ,  H.  el-A. 

p.  296  marge,  marcher  lestement,  ■=  lX^.^  =  (j:A=>  = 
syr.  Ai>A>,  trottiner.  Vollers,  Z  D  M  G  49  p.  15,  2  et 
ss.,  donne  d'autres  exemples  de  formation  analogue. 
8Â>5  ^j!i:>  ^  \y> ,  mets-moi  ce  qui  est  à  moi  à  part. 
j,L>  ,  i,  a  le  même  sens  que  :L> ,  0,  et  en  outre  séparer, 

délimiter,  abgrenzen,  et  ljs>  est  =  :y>  et  p-^  .  Il  faut 
remarquer  que  l'imparfait  de  _jL=>  n'est  jamais  \,^. ,  mais 
toujours  ;jç>r. .  Hiz  minni  qalîl,  écarte-toi  un  peu  de 
moi.  l.Iiz,  hàuwiz  (ou  hùwiz),  hi3^yiz  (ou  hîyiz), 
wahhiz,  etwahhaz  et  alitiz  min  el-bâb,  ôte-toi  de 
la  porte,  peuvent  se  dire  l'un  pour  l'autre  ').  Wahhiz 
min   hina,  ôte-toi  d'ici.    Dans  les  quatre  premières  for- 

mes,  il  faut  sous-entendre  ^i)^ ,    ta  personne,  car  ces 

verbes  sont  transitifs.  Les  réfléchis  sont  :  jU=>î,  jy>^',  jjç>^' 

et  f>yii  s'ôter,  s'écarter,  s'éloigner,  etc.  Ehtàz  el-Miyâ- 
sir  nufûshom,  les  M.  se  retirèrent  seids,  de  leur 
côté.  Le  classique  jL^'t ,  fuir,  n'est  employé  que  chez  les 
Bédouins  du  Nord,  et  le  classique  \^\^ ,  ctre  éloigné  les 
uns  des  autres,  est  en  Dt  ^J^\  lî^L^»  ^^-5  se  séparèrent, 
chacun  allant  de  son  côté.  Les  verbes  en  question  sont 
courants  dans  tout  le  Sud,  Hrb,  ""Awâliq,  Dt  et  Hd.  Nous 

avons,  classiquement,  ^3,  écarter,  éloigner,  ^^  intens. 
^^j,  Hod.,   Wellh.  N°  153  v.  11,  Mutalam.,  Vollers  p. 

1)  Aussi  =  w  à  b  1)  i  r  et  i  n  d  a  li  i  n. 


601 

39,  où  il  y  a  des  renvois,  p.  54  N°  XVÏI,  Hamâsah 
p.  655  V.  3,  à  côté  de  J\ ,  s'écarter,  s'éloigner  =  ^t- . 
Le  syrien  „rj ,  i,  écarter,  selon  Pr.  et  Dict.  p.  11.  Il  y 
a  donc  une  racine  i=>  et  sa  métathèse  „  -,  dont  le  sens 
primaire  serait:  couper,  abschneiden.  Selon  le  coup  d'œil 
que  j'ai  sur  les  dialectes,  je  constate  que  ^  et  ses 
dérivés  sont  courants  dans  le  Sud,  tandis  que  _  :  et  ses 
dérivés  le  sont  dans  le  Nord.  En  'Oman,  les  deux  sont 
employés.  Il  y  a  toute  ane  série  de  verbes  ^~  et  ^^ 
qui  se  développent  en  bilittères  doubles.  Je  vais  ici  rap- 
peler les   suivants:  (j}3  et  j::^'à^ ,  s^"  et  ^o^j',  v_jL>  et 

^^^j^u:^,  ^L>  et  j^^^^c^  [u^^^],  qI->  et  q^-^,  lpL=> 
et  \j^i^^>:a~>,   Jj^  et   «./>;,    ^j    et    ^jîj,   0J3,  class.,  et 

Ojj:  ,     cLio     et     «-^iotii ,     -L:-^    et   JaxLc,    Je    [^J    et   .^pÀ::^, 

^  et  jÀ«,  jli[^I  et  ^^,  3i  et  JJili,  _"b$  et  ^-Jl^,  ^y» 
et  -yi,  ^Ij  et  ;-\>cs^,  et  ainsi  une  infinité  d'autres,  aussi 
bien  de  la  lurah  que  des  dialectes.  Le  même  cas  se 
présente  pour  les  verbes  médias  radie,  geminatae  et  les 
^^  et  ^^.  Je  les  ai  relevés,  dans  les  dialectes  de  Syrie, 
d'Egypte  et  d'Algérie,  par  centaines. 

20,  11:  yirwah.    Le  parfait  _^.  est  rare,  car  je  ne 

l'ai  jamais  constaté.  .^3.  =  class.  J . ,  a  et  i,  JJ ,  ^^.f , 

J^t    et   p-^yi*-!,  ^dr  Gl.  s.v.;  l'intransitif  _^ . ,  aussi  en 

^gl^  et  en  'Oman  =  class.  J^^  et  „j^t .  Nous  voyons 
donc  que  ce  verbe  est  transitif  seulement  dans  la  pre- 
mière forme  dans  la  lurah. 

^^y.  7  il  flaire,  v.  d.  Berg  Hadhramout  p.  245,  0.    Yir- 


602 

wàhni,  es  riecht  mir  RO  p.  16,  ♦  d'en  bas^).  Tîrwah 
éi  ri  m  m  eh  fim-dâr,  sens-tu  une  mauvaise  odeur 
(puanteur)    dans  la  maison?   Anà-rwah   rîh,  je  sens 

U7ie  odeur.  ^^J ,  sentir  quelque  chose  qu'on  met  sous  le 
nez:  etràuwah  hâdemsuqrah,  sens  l'odeur  de  cette 
fleur;    mais,    classiquement,    c'est   exhaler   une   odeur. 

L'intr.  -.3.  est  sentir,  en  général,  bon  ou  mauvais.    J,  , 

„j  _j ,   fuir,   laisser  échapper,   lecken,   rinnen  ■=  p  y^,  a. 

Em-(iirbeh  terûh,  l'outre  fuit  ■=  ^^,  En  Syrie,  -.^^ 
a  le  même  sens,  Rasîd  ^Atîyah,  ed-Dalîl  ila  Murâdif,  etc 
p.  156. 

20,  11  :  m  a  d  b  a ,  est  le  foyer  en  pierres  plates,  'ijdu^ , 
pi.  oiiLci^,  OU  iCïLaA.ix,  pi.  o5.>^'>-<2x,  =  iCïLàJuo;  OU  m'a  aussi 
dit:    iJisLAa ,    pi.   ^Jiél^y^ ,   et   'i^^à^Juo ,   pi.   ^jitJjuo   [safêq], 

mais  d'autres  prétendaient  que  cela  n'est  pas  juste. 
Cette  pierre  est  'LséL^iA  ,  plate  ■=.  syr.  JJiaxa^ .  Hdr  p. 
326   et   s..    Les  anciens  les   appelaient  .^JUas  L  A  V  p. 

17,  13.  (^,->-cax>  n'appartient  véritablement  pas  au  dialecte 
de  Dt,  voilà  pourquoi  on  n'y  prononce  jamais  mai'ba, 
et  l'on  y  dit  plutôt  st^xi^.* .  Cette  manière  de  rôtir  la 
viande  est  pratiquée  en  voyage.  Les  anciens  avaient, 
pour  exprimer  cela,  le  verbe  ^.^.^^  ,  comme  nous  l'avons 


1)  La  règle  y  exposée,  à  propos  de  l'accent,  ne  forme  pas  une 
exception.  Cette  prononciation  rentre  dans  la  règle  générale  sur 
l'accent  en  aiabe. 

2)  Le  trou  |)ar  lequel  l'eau  fuit  est  v_j^>>î  et  v_jJtJî  ^^  v^  ''-^'j 

Veau  coule  de  Vouifc.    î.  -éJ  V-*^'>   Voulrc  fuit. 


603 

déjà  constaté  à  la  p.  599.  Ce  verbe  n'est  qu'un  déve- 
loppement en  ^ ,  cas  très  commun,  de  *  ^U? ,  et  ^^.-yto 
en  est  une  formation  collatérale.  Ce  qui  confirme  cela,  c'est 
la  définition  que  les  lexicographes  donnent  de  la  manière 
de  redresser  le  bois  de  la  lance  ou  de  plier  celui  de  l'arc, 
par  le  feu,    opération   qu'on   fait  subir  au  bois  aussi  en 

Europe.  L  A  II  p.  40  porte:  U^y:  ^^'3  u^''  vv^r-^" 
sjjkÊj  !>s>-j}  XjlMj  ^>.^3  ouiLiLxJ!  lA-Lc  .LC!  (J»e  .  Cela  est 
copié  par  le  Qâmûs  et  TA.  A  cela  on  comparera  ce 
vers  de  Ru^bah,  LA  19  p.  208  en  bas  =  Ahlw.  Diwan 
N°  2  V.  6  et  7,  Arâgîz  el-'Arab  p.   159'): 

C'est  que  mon  épijie  dorsale  est  comme  la  lance  qu'on 

,    fait  passer  au  feu  pour  en  redresser  le  bois:  l'artisan 

[la  façonne  et  le  dâbî  le  passe  au  feu. 

La  seconde  partie  n'est  qu'une  peinture  de  la  con- 
fection de  la  lance  d'un  bois  tordu,  comme  le  dos  du 
poète.  Mot  à  mot:  le  cuisinier  la  confectionne  et  le  gril- 
leur  la  grille  ^).  Ce  ^jUait  ^îvi>*^  »  doit  être  un  terme 
technique,  et  comme  le  même  terme  s'emploie  pour 
griller  la  viande^  le  poète  a  fait  un  jeu  de  mots  en  se 
servant  de  j^c^Lb .  Lorsqu'on  est  poète,  comme  le  véné- 
rable maître  de  Greifswald,  on  traduit  ainsi  : 


1)  Ce   livre  est   du    Srh   Ahmed  es-Sinqîtî;  il  me  l'a  maintes  fois 
dit,  mais  le  seyyid  el-I3eUiî  l'a  publié  sous  son  propre  nom! 

2)  Il    m'est    impossible   do  rendre  ici  exactement    ^-j-jCa,    L>-^,  et 
(jjl-^ .  J'ai  demandf'-  à  des  fabricants  de  meubles,  mais  on  me  d'sait 

toujours:  passer  au  feu, .  ^-*.C2j  d'AliIw.  est  une  faute. 


604 

Mei7i  Rilckgrat  gleicht  dem  krummen  Lanzenschaft, 
Ben  man  am  Feuer  grade  reckt,  dann  kalt  stellt. 

Le  second  verset  est  bien  libre,  et  la  dernière  partie  ne 

correspond  en  rien  à  l'original. 

Lorsqu'on  est  chez   soi,   à  la  maison,  on  fait  rôtir  la 

viande  dans  le  four  ^Jl^a  .  Cela  s'appelle  Sss^ ,  i,  usité 

un  peu  partout  en  Arabie.  Mes  Ne^dites  et  mes  Qasî- 
mites  s'en  servaient  et  ils  prétendaient  que  ^^»^  n'y 
est  pas  courant.  ôyS^  ^  ou  LX_yc> ,  la  viande  rôtie 
au  four.  Ce  participe  J^vL=>,  se  rencontre  dans  le  Qorân 
XI  V.  72.  Voici  comment  on  procède  en  Datînah,  à  peu 
près  comme  dit  LA  V  p.  17:  tiéhib  minsânah 
fira-mîfa  utôqod  uéàkket  em-làhëm  fi  ""atri  ute- 
'àlleqeh  fim-mîfa  la  dfiljel,  u  'attet  ""alêh  1)im- 
mâhtâmeh  uraàhhalet  beyn  em-mîfa  ubeyn  em- 
màhtâraeh  bihùlub  mingal  la  yidhol  si"  nahs. 
La  dàhal  em-nahs  bâ'  yihrog  nf.  ""Arretah  tlât 
sâ^'ât.  Utitrah  tist  fi  qâ'^at  em-mîfa  mingàl  em- 
hâl  yiqàtter   fim-tust.     Uhâda   ''andena  lahëm 

mahnûd   willa  hanîd.    ^Aïy^  ^jA^^  j  J^Lwi*^^'  ^r^r^' 

^  [Kj^b^^l  [^IJ  J^l  ^  ^^1  -^i  ^  ^^  ^^^  otLv 
o\_yo-    ^"îj    3y^    ^    liCuc    SlXPj    .vi^-vvJiIi  ^.  La  femme 


^)    L^f^^^t    P'-  jy^^  >   ficelle   en  filaments  de  '^azaf,  do   -lic  ,  o, 
i,  (ordre  avec  In  main. 


605 

allume  le  feu  dans  le  four  et  elle  l'entretient.  Elle  enfile 
la  viande  sur  une  ficelle  et  la  suspend  dans  l'intérieur 
du  four.  Elle  la  couvre  avec  le  couvercle  et  enduit  de 
boue  (la  fente)  entre  le  four  et  le  couvercle  afin  qu'il 
n'entre  point  d'air.  Si  l'air  y  entre,  la  viande  en  sortira 
crue.  Elle  la  laisse  trois  heures.  Elle  met  une  écuelle 
dans  le  fond  du  four  afin  que  la  graisse  égoutte  dans 
V écuelle.  Ceci  est,  chez  nous,  lahm  mahnûd  ou  hanîd, 
de  la  viande  rôtie  au  four.  Class.  Jvo,  I  Sîdah  IV  p.  128,  n. 

20,   12:  salqa.  xiiLw,  pi.  UjIw,  à  Aden,  mais  en  Hdr 

et   chez  les  ^Awâliq   k«jL   pi.   oiJÛv;  v.  Hçlr  Gloss.  s.v.. 

On  les  fait  un  peu  partout,  mais  ce  sont  surtout  les 
Laqît,  subdivision  des  el-Mahâgir,  confédération  dans  le 
pays  des  'Awâliq  Supérieurs.  Il  habitent  dans  la  partie 
haute  de  Wâdi  ^Abadân,  et  leur  pays  est  couvert  de 

ujjc,  palmier  nain,  dont  ils  confectionnent  une  foule  d'objets. 
Les  Bâ  Kâzim  s'occupent  aussi  beaucoup  de  cette  industrie. 

20,  14:   bâiit-    Voyez  p.  51  note  4  sur  la  palatisa- 
tion  de  J.   iata,   ^J^,  coller  le  pain  dans  le  mîfâ. 

Maîat,  iJU  ,  avaler  vite,  chiper.  Haîîas,  uJii> .  v-JuiJ 
est  prononcé  iatîf  dans  tous  les  pays  arabes,  Doutto 
T  0   p.    54.    icJXilj  iiL ,  le  mot  lui  est  échappé,  propr.  il 

a  rejeté  le  mot  de  sa  bouche.  En  Tripolie ,  JJb ,  jeter, 
Stumme    MGT    §  170.    On    lira   Hdr   Gloss.    s.v..    En 

Syrie,  Prov.  et  Dict.  Gloss.  s.v..  On  y  dit  JaLo  -'^ , 
il  est  allé  se  ballader  ').  En  Egypte,  être  à  la  dérive  (ba- 

1)   Par  cette  traduction,  je  ne  veux  nullement  faire  une  ctymolo- 
gie  à  la  A.  Jahn,  malgré  ioL  =  jJj  T  A  Vol.  V  p.  112,  ". 


606 

teau),  être  Jetc  à  la  plage  et  atterrir  (bateau).  Le  sens 
transitif  que  Lane  lui  donne,  d'après  TA  V  p.  112' 
m'est  inconnu,  quoique  j'aie  voyagé  sept  fois  en  daha- 
bîyeh,  du  Caire  à  Assuan,  tout  en  me  notant  chaque 
fois  les  termes  des  marins,    ^}x.  i^IL ,  se  moquer  de,  me'- 

dire  de.  -IoLj'  ,  bavarder,  dire  des  sottises,  dans  le  Sud 
et  en  Oranais  RM  TA  p.  417.  -L^  est,  dans  notre 
dialecte,  celui  qui  raconte  tout  et  ne  garde  pas  un  secret, 
indiscret,  qui  xJbClL.  iaJLo ,  comme  ci-dessus. 

20,  16:  quMeli.  La  vraie  forme  est  soW' ,  ainsi  que 
j'ai  écrit  partout  ailleurs,  mais  je  croyais  avoir  ici  en- 
tendu avec  o  .  J'ai  pu  me  tromper.  PI.  oljt/ ,  pour 
Jlsù"  ,    grande  jatte   ou    assiette   en   bois   pour    manger, 

grande  ou  petite,  =  Hdr  buà:^ ,  pi.  qL-à:?-  •  On  la  fait 
de  *_^  ou  de  S^\.  La  petite  s'appelle  iià^jo,  pi.  oLs^xs. 
Dans  le  Nord  Axi  ,  Huber  Journal  p.  134. 

20,  17:  qadah,  pi.  Jjd\  ou  ,.,L>J»i ,  écuelle  en  bois, 


o 


grande  ou  petite,  pour  le  lait,  l'eau  et  autres  choses,  faite 
du  même  bois.  Partout  courant.  Huber  Journal  p.  134.  Les 
autres  ustensiles  en  bois  d'un  ménage  en  Datînah  sont: 

y^jjs^ ,  pi.  yoU^  ,  bol  où  l'on  met  le  X*-=^  •  ''^f'^^  ^st 
plus  petit.  Voyez  sur  ce  diminutif  Pr.  et  Dict.  p.  128; 
cf.  _j^,  voi'ite,  plus  grande  que  b^,  Syrie;  ii'^\^DD ,  grande 
table,  et  NmiriD ,  petite  table,  Fraenkel  F  W  p.  83,  note. 

Jj^  ,     pl.   y^'^)   cl.   -iÂ:s^,  Hdr  ij^jJ^,  expliqué  par: 

^I^lMLi  éf^'*,    ic*^    ^^l-j,  e7i   bois  fendu  (au  bout),  avec 


607 

lequel  la  femme   fait   cuire  la  bouillie;  elle  saupoudre  de 
farine  avec  la  main  dans  la  marmite  et  remue  avec  le 
moulinet. 
iûyix^     (m  i  s  ù  r  b  a  h) ,     pi.    <^\J:^    ou    m  i  s  u  r  b  â  t , 

grand  bol. 

-lNJLo  ,  pi.  oUu ,  louche  pour  le  oy) ,  bouillon,  et  autres 
mets;  mais  x>lXji«  v.  Hdr  Gloss.  s.v.. 

^j,*x. ,  pi.  ij*^_y*^  »  seau  p.  le  lait,  comme  Boh.  VII  p. 
68,   5,    à   Damas  iùlc,  Muzhir  II  pp.  241  et  271,  aram. 

'iil. ,  pi.  OjC ,  V.  p.  609.    Aussi  dans  le  Nord. 

iCfcs^Aâ ,  pi.  i^iL^jo  ,  V.  p.  606. 

xjyj ,  pi.  oLy ,  petit  seau. 

sj^i ,  pi,  ^ j  ou  oî^rï ,  seau  un  peu  plus  grand  que  le 

précédent,    tandis  que  dans  le  Nord  c'est  un  grand  plat 
ou  plateau  en  bois.    Huber  Journal,  p.   134. 

20,  17:  maqla,  pi.  ^^^1»^,  casserole  à  manche,  ijo^ 

ou  ^jA,  en  fer  ou,  en  Hdr  et  au  Yéman,  aussi  en  terre 
cuite.    (J3 ,  i,  griller  le  café,  la  durah,  etc. 

20,  17:  "arb  =  S^ ,  pi.  v^yi  •  I.Idr  Gloss.  s.v.. 
Et-Ta^alibî  Fiqh  el-lurah  Beyrouth  p.  25.  Muzhir  II  p. 
156,  9.  Aussi  dans  le  Nord,  Socin  Diwan  I  p.  291  k,  2. 
Un   qasîmite   me   dicta  ceci  :    y^y  ^_*_j  ^JoLc  . . .  U-o'  ^)j>\ 


608 

-ç-Jp  Jsi .  Les  habitants  de  Teymâ ....  ont  un  grand 
puits  qu'ils  appellent  Haddâg  *).  Ils  disent  que  c'est  là 
l'endroit  où  une  étoile  est  tombée,  et  il  n'est  pas  creusé  par 
les  hommes.  Il  y  a  90  grandes  outres  qui  puisent  l'eau. 
L'outre  est  une  peau  de  chameau.  Tout  Teymâ  prend 
l'eau  à  ce  puits.    A  en  juger  par  ce  que  dit  el-Belâdorî 

p.  61,  v_j-î  était  considéré  comme  appartenant  au  dialecte 
du  Yéman.  Les  noms  des  outres  dans  notre  dialecte  sont: 

^Ày  la  plus  grande 

Xjyj ,  plus  petite 

o 

oUm^  ,  la  plus  petite,  Hdr 


pour  l'eau  ;  en  peau  de  ^ , 


p.  249 

_^G,  outre  ou  seau  pour  le  puits,  Hdr  p.  261,  pi.  ^ô. 

Axj',   pi.    c'y,  =  Hdr  i^,    Hdr  p.   256,  lequel  nom 

est  inusité  en  Dt. 
HyLi ,  Hdr  »\£î:,  Hdr  p.  255,  pi.  ^J^  et  o^Ci.. 

o'jO,  pi.  03,0,  pour  le  beurre.  C'est  pour  ^-i/',  mais 
on  ne  le  prononce  pas  ainsi. 

^^ ,  pi.  i'^^1  et  l:r^^ ,  synonym  de  o^J ,  mais 
surtout  usité  à  l'est  de  Dt.    Mot  très  classique. 

20,  18:    Siyâni,   pi.   de   ,  .^^^yo ,  petite  tasse  pour  le 


1)  Et  non  Haddâg,  comme  je  l'ai  vu  dans  quelques  livres  euro- 
péens. Huber  Soc.  de  Géographie  1884  p.  512.  Dougthy  Travels, 
Index  S.V..  A.  Mez,  Festschrift  de  Nuldeke  I  p.  2.52,  fait  venir  ce 
nom  de  »  ...l\5>  ,  branler,  développement  de  -O,  goutter'  —  Science 
de  chambre  à  bon  marché!  L'auteur  devrait  aller  à  Teymâ  en  de- 
mander l'étymologie  aux  habitants,  qui  sont  les  seuls  juges. 


609 
café,  en  porcelaine.   iCs  ji ,  pi.  lJ-c,  tasse  plus  grande  en 
bois  de  J^ ,  A  Aden  et  au  Yéman,  qL^  ou  qL^J^,  et 
les  Hadar  du  Sud  en  ont  fait  leur  qL^FV^  >  pl-  eJ^rr-l^  • 

20,  18:  beddak  tehassil,  tu  trouveras  rarement, 
difficilement.  «A^»'^  ^3o ,  il  est  rare  de  trouver  qqn. 
Beddek,  prononc.  datînoise,  beddak,  biddak  et  à 
Aden  b  u  d  d  a  k ,  peut  se  traduire  par  :  difficilement. 
„Trouve-moi  un -homme  de  Habbân."  Rép. :  fi  ""Adan 
beddak,  à  Aden  ce  sera  difficile.  On  me  le  paraphrasait 

toujours  par  ^oUiL  ou  Uj^  ,  peut-être  ;  les  Harîbites  et  les 
Datînois,  aussi  par  ^^•^:=-  s^î^ ,  quelquefois.  L'analyse  de  cet 
idiotisme,  qui  est  surtout  commun  à  l'est  de  Datînah, 
ne  me  paraît  pas  claire.  On  ne  doit  pas  le  confondre, 
quant  au  sens,  avec  bewuddi,  bewiddi,  ou  simplement 
w  u  d  d  i ,  je  veux,  je  désire,  comme  chez  les  Bédouins  de 

o 

toute  la  Péninsule.  Mâbwiddi  sir  (Aden  asîr)  ''Adan, 
je  ne  veux  pas  aller  à  Ade7i,  madhigî.  Budduh  biV 
y  i  r  ô  h ,  il  désire  aller.  C'est  là  une  contraction  de  Ojj  , 
comme  l'indique  la  forme  pleine  des  Bédouins,  Pr.  et  Dict. 
p.  4.  Je  dois  cependant  ajouter  que  la  locution  bewuddi 
etc.  est  plutôt  d'un  emploi  rare  dans  le  Sud,  où  ba  ou 
iéti  sont  ici  plus  courants.  Il  est  douteux  que  notre 
beddak  soit  le  même  mot  que  wuddak,  tti  désires. 

20,  18:  dibbuh,  pi.  ^^^^ ,  fruit  de  la  plante  cu- 
curbita  lagenaria,  calebassier,  gourde.  La  forme  classique 
est  tÇo,  n.  gen.,  et  àsÇo  n.  unit,  Diw.  Imru^l-Qeys  N° 
19  V.  37.  Mais  dans  notre  dialecte,  il  n'y  a  que  le  n. 
unit.    ï\l>  [dibbâti,  ma  calebasse],  et  cela  par  la  simple 


610 

raison  que  issG^^  aurait  été  impossible  dans  n'importe  quel 
dialecte  arabe.  Il  aurait,  tout  au  plus  da7is  le  Nord,  fait 
jôbo  ,  comme  stLc  a  fait  ioLA£  et  tous  les  mots  analo- 
gues, et  dans  les  dialectes  bédouins  du  Sud,  où  cette  modi- 
fication du  hamza  n'a  pas  lieu,  ^Ço  a  été  assimilé  à  ^Lj, 
et  le  n.  gen.  s'est  par  là  ]:)erdu.  L'ancienne  forme  col- 
latérale  ioj  *),   L  A    XYIII   p.    273,    3.   Qâmûs  s.v.,  pro- 

vient,  de  même  que  ^^^o  T  A,  du  déplacement  de  l'accent: 
dubbà'  devenu  diibba  et  dubbah.  Beaucoup  de  for- 
mes doubles  s'expliquent  de  cette  façon.  C'est  ainsi  qu'il 
faut  envisager  les  phénomènes  exposés  par  Vollers,  V  S 

§  15  b,  p.  86  en  bas,  à  propos  de  Us'  et  ^^«5^  etc,  p.  132  en 
bas,  p.  133  c,  p.  136  g,  et  par  moi  Hdr  pp.  41  et  ss.. 
Nous  avons  des  doublets  tels  que  tlXj ,  b  u  k  â",  et  ^^  , 

b  ù  k  a  ;    iL> . ,    r  a  h  à^    et   ^^. ,    r  à  h  a  ;   i'jj  ,   z  i  n  i\\  et 

j^^ : ,   zina;   ^IAa- ,  s  ad  à',  et  ,^A*«  ,  sàda;  ^LLc  ,  "a  ta', 

et  LIac ,  'àta;  ^Lai ,  qascV,  et  Laï ,  qàsa;  tÇU ,  rilib- 

bà',   et   ^J4j^ ,   l'ilibba,  ^,^1  -^J^'))  et  tant  d'autres. 

-   o  ^ 

C'est  ainsi  qu'il  faut  comprendre  les  deux  formes  ^^o  L 


1)  Il  faut  sans  doute  lire    wO  . 

2)  Ce  mot  est  cité  par  A.  Fischer  Z  D  M  G  59  p.  669  et  60  p.  850.  Mon 
savant  confrère  y  cite  p.  665  Mufassal  p.  95  sur  les  .yaii,!  et  il 
ajoute:  »Wie  man  sieht,  ist  an  diesen  Stellen  nirgends  von  einem 
lautlic/ien    Untersclieide     zwischen    liildungen    wie    (C*^    und    '  iè , 

.  ^Jl ,    Lao*]!    und    'b  J!    die  Rede."  Mais  je  trouve  que  c'est  tout 

le  contraire,  et  l'observation  de  Fisclier  qui  suit  ces  paroles  est  jus- 
tement ce  qui  est  contenu  dans  le  texte  de  Zamahsarî. 


611 

pour  iUipi  \j ,  mentionnées  par  Abu  Zeyd  Nawâdir  (où  ?), 
L  A  XIII  p.  301,  T  A  VIII  p.  194  et  s.,  Lane  s.v.  ^t , 
Kampflfmeyer,  Die  arab.  Verbalpartikel  b  (m)  p.  37  note. 
Sîrâfî,   Jahn   Comm.   Sîb.   p.   38,   dit   à  ce  propos:  J^L, 

jj^,    ^JiJ^:>3\    ^^^    \xxj"    ^^*,    (ji.âi-'bS!   "§!   ;y^'   >->^    o^jtS^T. 

OjlX*^  Ji  ^  jj<=>^  L*/  jy^^  J^  "^-^  •  Toute  l'histoire  de 
l'accent  est  dans  ces  mots.  Hàdi  et  hadî,  que  Vollers 
cite   V  S   §  8.   n'est   pas   aussi   sûr,  car  le  premier  peut 

être  l'infinitif  ^^^,  I  Sîdah  IV  p.  19,  mais  l'observa- 
tion de  L  A  20  p.  234,  22  et  de  Muzhir  II  p.  144,  15  parle 
aussi  en  faveur  d'une  prononciation  hàdi  pour  hadi\ 
Cela  serait  donc  le  pendant  exact  de  nàbi  et  nabf. 
La  distinction  que  fait  Vollers  entre  l'Ouest  et  l'Est  ne 
me  semble  pas  très  probable.  Dans  les  dialectes  haçlar, 
cela  se  voit  à  chaque  pas.  Car  ceux-ci  n'aiment  pas  les 
mots  finissant  en  à:  l'accent  y  est  reculé  et  l'a  final 
est  réduit  à  sa  valeur  phonétique. 

Ce  n'est  pas  là  un  sj^!  U>^Ji^' .  La  finale  à"  accen- 
tuée doit  avoir  un  hamza  final  en  vertu  d'une  loi  phy- 
siologique ^).  L'accent,  une  fois  reculé,  le  hamza  n'est 
plus  possible.  Voila  pourquoi  l'histoire  du  mot  nebi, 
rapportée  par  moi  Arabica  V  p.  170  note,  renferme  les 
deux  prononciations  nebî^  et  nèbi.  On  comprend  que 
le  nebi   Muhammed  a   voulu   être  ainsi   intitulé,   car  le 


1)  C'est  ainsi  que  tous  les  infinitifs  des  ultimaj  3  et  (j=  des  formes 
J.*sl    et    ^V**i'    finissent    en    liamzah  :    isqâ',    iftirâ'.    C'est   égale- 

ment  ainsi  i\u'\\  faut  coMï|)ren(lie  ^iL>:>  el  ^^^^j  <ie  1.  Vais  II  m.  1278. 


612 

mot  nèbi,  aussi  vieux  que  le  monde  babylonien  dont  il 
représente  la  dernière  floraison,  était  pour  lui  la  vieille 
prononciation  des  noms  des  collègues  précédents,  à 
partir  du  nabû  babylonien.  Si,  malgré  cela,  on  disait 
nebfnâ  M  oh.  cela  tient  à  l'accent  que  cette  com- 
binaison devait  forcément  avoir.  A.  Fischer ,  Z  D  M  G 
59  p.  669,  a  donc  pleinement  raison  de  dire  que  „cette 
fusion  de  jKy^iCî  fU**^'  avec  les  so^A^I'  s^lfJ^\  [et  les  fé- 
minins simples  en  s-]  a  dû  commencer  de  très  bonne 
heure."  En  parcourant  le  dictionnaire  classique,  on  pourra 
trouver  une  foule  de  mots  de  la  catégorie  de  dubbà'  et 
et  diibba(h). 

ioo  est  aussi  la  forme  d'Aden,  selon  .Stace  s.v.  pump- 
kin  p.  133,  [mais  j'y  ai  entendu  dubyah  et  dibyah], 
de  Mekka  (Higâz?),  Snouck  MS  Index  s.v.  '),  et  du 
Maroc,  S  H  M  pp.  54  et  94.   Mais  ce  n'est  pas  la  même 

chose  que  notre  ^bo.  La  ioj>  qui  vient  du  Yéman  (Lahig) 

est  mangée  ;  la  à1j>  ,   ne   l'est   que   lorsqu'elle  est  petite 

_^ob .  Le  Prophète  l'aimait  beaucoup ,  et  les  autres 
l'imitèrent  alors,  Boh.  V  p.  68  en  bas  =  p.  75  en  bas 
=  p.  78:  B.  ed-dubbâ'.  Moh.  Tâhir  M.  B.  el-A.  I  p. 
394.    Ce  sont  donc  deux  espèces  différentes. 

jiGo  et  ^Jl<\~>,  pi.  Lil.:s^,  sont  les  calebasses  qui  servent 

comme  ustensiles  de  ménage,  de  même  que  les  calebasses 
dans  le  Midi  de  l'Europe.   La  dibbâh  est  basse  et  large 

n  o  , 

iU-svo ,     C^  ,  tandis  que  la  oi^s^  est  étroite  et  longue. 


4)  11  dit  ji.  95  note  1   que  TA  a  aursi  a-b^,  mais  ce  dictionnaire 
n'est  pas  voyelle,  et  je  n'y  trouve  pas  de  mention  de  cette  voyelle. 


613 

Voilà  pourquoi  Imru'1-Qeys  compare  le  derrière  de  la 
bête  à  une  b^Lo  . 

Cet  usage  domestique  de  la  courge  doit  être  d'une 
haute  antiquité.  Le  Prophète  l'avait  d'abord  défendu 
Boh.  I  pp.  25,  107;  II  p.  105;  IV  pp.  178  et  181;  V 
p.    169;    VII  pp.  68,  75,  78,  107;  VIII  p.  41.  LA  VII 

p.  86.  Il  avait  même  défendu  les  ^-î^  J^ ,  vases,  en  gé- 
néral, et  ce  n'est  que  lorsque  les  Ansâr  lui  firent  ob- 
server que  ces  vases  leur  étaient  de  toute  nécessité,  qu'il 

dit:  j,Eh  bien!  alors,  non!:  'J»]  ^  ."  Le  Prophète  vou- 
lait qu'on  se  servît  exclusivement  de  i^ULw,  outre  en  peau 

de  mouton  ou  de  chèvre.  Mais  on  lui  fit  comprendre 
que  tout  le  monde  ne  trouvait  pas  un  siqâ",  et  il  per- 
mit alors  la  jarre  non  goudronnée  Boh.  VII  p.  107. 
Lorsque  les  ''Abd-el-Qeys  vinrent  présenter  leurs  hommages 
au  Prophète,  ils  lui  demandèrent  quelques  règles  de  con- 
duite." Je  vous  ordonne  quatre  choses,  leur  dit-il  :  1° 
la  foi  en  Dieu  et  l'acte  de  foi;  2°  l'observance  de  la 
prière  ;  3°  l'acquittement  de  la  dîme  ;  4°  la  remise  du 
quint  du  butin  à  Dieu  (=  le  Prophète);  et  je  vous  dé- 
fends quatre  choses:  1°  ed-dubbâ'  (les  calebasses);  2° 
el-hantam  {vase  rouge  ou  vert  dans  lequel  on  apportait 
le  vin  à  el-Médînah);  3°  en-naqîr^)  {le  tronc  du  dattier 
évasé  pour  y  faire  le  vin  de  dattes  L  A  VII  p.  86)  ;  4° 
elmuzaffat  {oase  poissé  qu'on  fait  encore  à  Mekka, 
Dr  Sâleh  Çubhî,  Pèlerinage  p.  61),  Boh.  I,  p.  25  [oi^i  il  y 


i)   Var.   ^^   Boh.   IV  p.  -17H.  Wellhausen  Restez  p.  170  note  2, 

(lit   no   pas  savoir  ce  que  c^Jj*'^   j^Jù!  signifient.    Les  dictionnaires 
et  les  commentaires  les  expliquent  pourtant  assez  clairement. 


614 

a  qI-^  |»y^  en  plus,  ce  qui  fait  cinq],  p.  107,  IV  p. 
181.  La  raison  de  cette  prohibition  du  Prophète  était 
qu'on   se   servait  de   icijx  jy> ,   Qastellânî  VIII  p.  320, 

Hamâsah  p.  671  '),  et  que  la  dubbâ^ah  fait  fermenter 
le  jus  de  raisin.  ^Âïsah,  interrogée  sur  la  tradition  citée, 
répondit  :  „  Le  Prophète  nous  a  défendu  à  nous  autres, 
membres  de  sa  famille,  de  mettre  le  jus  de  raisin  dans 
le  dubbâ"  et  dans  le  muzaffat."  Boh.  VII  p.  107. 
Moh.   Tâhir,   M.  B  el-A.  I  p.  394,  commente  cela  ainsi: 

Uç     ^^^JuXu    \j^^     .  ssbc>    ^^    ^yiSl  _y?    fbAJÎ    ^y^    ^^    kj3^ 

■M  £  , 

Li*-^    (jix^  Jo    "^    *-^i*J^    Lij"^    li'î"^'    ^'^   Q^   L/^^    iuLib 

tjUi  ;,%^  iu«yj  j  yC.v.Jl .  L  A  XVIII  p.  273  dit  à  peu 
près  la  même  chose.  Malgré  tout  cela,  on  se  sert  tou- 
jours (ou  du  moins  jusqu'à  il  y  a  peu  de  temps)  de  la 
dubbah  pour  le  vin,  ainsi  qu'on  pourra  lire  chez  G. 
Jacob,   Orient.   Stud.   Festschrift  de  Nôldeke  II  p.  1069. 

20,  19:  gahf,  à  Aden  wà.^^,  pi.  oL<«:>  ou  oL^^>l, 
calebasse,  longue  et  étroite,  fruit  de  la  plante  c^.  o».5^ 
j^Lwj! ,  une  tête  de  citrouille,  Dickkopf.  ^J^J>  chez  les  Hadar 
du  No'-d,  drôle,  bouffon,  vient  sans  doute  de  ^j>,  ours. 

20,  19:    sikvveh,    plus    rarement    3jX;i    en    Dt,    pi. 


i)  Comme  les  Grecs  encore  aujourd'lmi.  On  voit  donc  que  c'est 
là  une  vieille  habitude.  Je  ne  sais  »si  le  vase  était  enduit  de  poix" 
en  dedans  ou  en  dehors. 


615 


oî^^,   qqf.    ^J^  1   cf.   class.  ^^J^;  décrite  Hdr  p.  255. 

Uas  c^'-yj ,  on  trait  le  lait  dans  la  jatte  ou  clans  l'écuelle 

en  bois,  on  le  verse  dans  l'outre  et  on  l'y  laisse  reposer. 
Elle  ne  s'emploie  ordinairement  que  pour  le  lait  et  non 
uniquement  pour  l'eau,  comme  il  est  dit  dans  le  Kullî- 
yât,  Rasîd  "Atîyah,  ed-Dalîl  p.  218.  Ce  mot  est  répandu 
dans  tout  le  monde  arabe,  Stumme  T  Gr  §  51  a. 

20,  19:   minsaf.    —    C'est   une   grande   tablette^  un 
plateau^  une  vannette  ronde  en  "^azaf.  On  s'en  sert  pour 

vanner,  v^^,  a  o  '),  ou  ^AwJ,  le  blé,  la  durah  ou  n'im- 
porte quoi,  comme  LA  XI  p.  241.  Il  fait  aussi  office 
de  plateau  pour  le  pain.  En  Syrie,  iCv^o  ^}j^  w^:s^Jî  i>s,w^ 
^ji-ï,  on  vanyie  le  hic  sur  un  plateau  en  paille.  Ce  mot 
est  répandu  partout.  Dans  le  Nord  o!^*J-« .  Socin  Diw. 
III  Gloss.  S.V..  Hartmann  LLW  p.  167  N°  99,  *  a 
entendu  ^jtlsj.^ ,  mais  rien,  dans  ce  mot,  ne  motive  le 
uo .    Dozy  définit  inexactement  ws-^^^-*,  d'après  M.  el  M.. 

On  connaît  le  joli  récit  de  Wetzstein  dans  le  Hauran 
und  die  Tracho7ien  p.  146.  Rien  ne  prouve  mieux  que 
ce  mot  la  simplicité  des  Bédouins.  Sur  le  minsaf  on 
vanne  le  blé,  on  y  met  le  pain,  on  y  sert  le  manger,  et 
il  a  une  foule  d'autres  emplois.  Le  minsaf  du  Nord 
est  plus  important,  comme  l'a  prouvé  Wetzstein  ZDMG 
XXII  p.   100   note   32.    Il   y  est  en  bois  ou  tout  autre 


\)  Synonyme  JLaj)  ,  o,  et  ^V-^il:^ . 

43 


616 

matière,  excepté  le  ^azaf,  vu  que  cet  arbuste  n'y  existe 
pas.  Un  texte  haurânien  de  mon  grand  recueil  du  Nord 
porte:  Râhèt  lu  giilèt  lu:  „wus  tidbah?  Gâl: 
„Ma  bèdbah  sf;  rùl.ii  sauwîlu  'à se  min  el-bêt." 
Làgat  'andhe  swàyyet  ruzz,  tabljàt  lu  yâhen 
usabbàthen  bi  hal-minsaf  (ou  m  an  s  a  f)  uetla- 
■^àthen  lu  h  tayi  tuasse.  Elle  alla  chez  lui  et  lui  dit: 
„Que  vasiu  égorger?"  „Je  n'égorgerai  rien  du  tout,  ré- 
pliquat-il;  va  lui  faire  un  souper  de  [ce  que  tu  as  à] 
la  maison,"  Elle  trouva  chez  elle  un  peu  de  riz.  Elle  le 
lia  fit  cuire,  le  versa  sur  le  plateau  et  le  lui  servit  pour 

qu'il  soupât.   —   Les  deux  formes  ^a^^Xa  et  ^^*J^  sont 

également  bonnes  dans  le  Nord. 

Minsânah     n  à  sa  fat    em-l.iabb     fim-wasar,     la 
femme   a   vanne,    éventé  le   blé  sur   l'aire  =  ^3 ,   a, 

vanner  au  vent,   expliqué  par   U-vJt  j.  ^j'^.    —   L;iiî«J 

Oyo! ,  le  vent  nous  a  couverts  de  x^oussière  =  I^lJLc  o  ^ 

^^A.yi   =   Uxlw.    En  Syrie,  v'-^'  !>t^'  wà-^  veut  dire  la 

même  chose.  L  A  XI  p.  240  a  ^j^wj  et  ^.à^î ,  soulever 
la  poussière,  ce  qu'il  paraphrase  par  uil^S  et  qu'il  a  sans 
doute  tiré  du  Muhkam  d'Ibn  Sida  ;  répété  par  T  A  VI 
p.  254,  12  d'en  bas.  Le  verbe  «^'l^I  n'ofifre  pas  un  tel 
sens  dans  nos  dictionnaires,  mais  iiÀj'uwJt  étant  jcJUJ! 
'»ji^ji\ ,  LA  XI  p.  66,  u,  il  se  peut  bien  que  lJL«,  o,  se 
soulever  (poussière),  et  son  transitif  i^L«ï  aient  pu  exister. 

Une  faute  d'écriture  pour  c^nSav'  n'est  pas  non  plus  ex- 
clue. Il  y  a  dans  le  Sud  aussi  un  sens  figuré.  Em-bôs 
(Jallèyn  yinsafèyn  fim-balad,  le  bétail  reste  là 
d    brouter    le   sol,    expliqué    par    dallèyn    yOkolèyn 


617 

uyidhaqèyn  fimzar'^â,  il  reste  là  à  manger  et  à 
marcher  dans  le  champ  de  verdure^  cf.  LA  XI  p.  241, 

5.    sAx^j'  ,j^  wà-vvJj ,   il  mange  clans  la  jatte  ;    Ji'i!   ouvi 

»l\=>3,  Yéraan  et  Syrie,  il  a  tout  avalé  tout  seul,  il  a 
tout  pris  pour  lui.  &!U  ^^  ,_juvJ_j  ,  il  mange  de  son  pé- 
cule. Le  ^^\  ^y,  oi^j  de  Dozy  SuppL  est  en  Dt  il  a 
mangé  tout  son  soîd  et  en  Syrie,  il  a  tout  mangé  sans  rien 
laisser,  et  non  :  mangé  goulûment.  Ces  expressions  corres- 

pondent  à  xL^L.  \xJb3'  \5)  ^L.<il  ,xxJ!  ^suvj  et  à  c>~2-^^ 
L§rU=>|5  Le^l^L  KiJ>J>^  ^L};:l  iL^Uî,  LA  XI  p.  240.  xi-w-i 
Xjcyj^L  OU  oLy-JL. ,  27  lui  flanqua  un  coup  de  poignard  ou  de 
sabre.    iuLi  \â,wo,    ?7    ^m2    allongea   une   gifle   Aden   =: 

v^Ls"  \.à..w.o  Syrie.  Em-ba^îr  nasàfni  birigleh  ya 
ma'^na  ramàlini  birigleh,  le  chameau  me  donna  un 
coup  de  pied,  jJu^'^  :=  j-^j  .    Et  ainsi  dans  L  A  XI  p. 

241,  8  1  dVJJv^j  . . . .    (^  (.Aa+j    xl:>.    t_j./i3   \ô\  xb>jj    «^**j'   ^_À^ 

^^Ui-^L  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  75,  4  donne 


„j^!  *JLc,  il  jeta  la  besace  sur  lui,  expliqué  p.  120  par 
Ji*.^:  er  loarf  hinauf;  —  ZDPV  XIV  p.  7:  herum- 
werfen.  — 

^Jl«.o  est  même  devenu  dans  notre  dialecte  gronder^ 
tancer  :  n  a  s  a  f  h  ô  r  m  e  t  a  h  "a  1  a  t  i  h  i  m  1  â  g  h  a ,  il 
gronda  sa  femme  parce  qu'elle  traînait  les  pieds.    \yu^j:s 

|."blJCJLi ,  il  se  prirent   de  bec  entre  eux  ^)  ;   iyj^^L.  Ui>wUj , 


1)  L'original   a   ici  une  lacune  et  une  erreur,  et  l'éditeur  corrige 
ec  T  A  en    LoAï    Uj  v  î*^    '^'  • 

2)  Classiquement  :  ne  dire  des  choses  ù  Vorcilk,  à  voix  basse. 


618 

ils  se  flanquèrent  des  coups  de  poignard,  l'un  à  l'autre. 
Je  dois  ici  mentionner  trois  significations  du  dialecte 
syrien.  ^'-^^  ^^  oi-vj  ,  relever  les  habits  par  derrière, 
comme  font  les  dames  européennes;  c'est  le  bédouin 
nordique  ^  ^Ji^ ,  expliqué  par  Socin  Diw.  I  p.  248, 
note  7.  iAw^L.  qU^H  j^=>.  ^^,  parer  le  pied  du  cheval 

avec  le  boutoir.  Chez  les  Bédouins  du  Nord,  heurter, 
repousser,  ce  qui  n'est  qu'une  nuance  du  sens  sudara- 
bique  rapporté  plus  haut.  J'ai  le  devoir  de  défendre  ici 
Freytag,  dont  le  dictionnaire,  à  présent  inutile,  est  un 
monument  des  études  arabes  en  Allemagne,  contre  une 
attaque  injuste  de  Wetzstein  dans  le  Z  D  P  V  XIV  p. 
7,  note.  Celui-ci  y  dit:  „S'il  est  dit  dans  le  dictionnaire 
de  Freytag:  ventilavit  flatu  motuque  frumentum;  min- 
saf,  ventilabrum  ;  nu  sa  fa  quod  ventilando  ejicitur  — 
se  sont  là  de  fausses  assertions  qui  sont  la  cause  de  ce 
que  l'arabe  nasaf,  avec  la  signification  erronée  de  souf- 
fler (flare),  est  entré  dans  le  dictionnaire  de  Gesenius, 
Handw.  éd.  9  (et  je  suppose  aussi  dans  les  autres)  pour 
illustrer  l'hébreu  n^^-"  Freytag  a  exactement  rendu  le 
vannage  du  blé  =  ^j».^'^ ,  class.  et  dialect.,  dans  tous 
les  pays  arabes,  et  si  ^-*.j  ne  veut  pas  dire  précisé- 
ment souffler^  l'action  de  souffler  y  est,  comme  il  ressort 
des  significations  des  racines  ^  et  o^v-  et  leurs  dérivés, 
dans  la  langue  littéraire  et  dans  les  dialectes:  se  mou- 
voir légèrement  [par  le  vent]  ;  voyez  le  Gloss.  s.v.  (jJj , 
(j^;-^  et  j«.wi  —  signification  qui  explique  le  sudarabique 
vju.^) ,  trembler  r=  j^i-^uj  ou  ^X  Le  savant  continua- 
teur de  Gesenius,  le  prof.  Buhl,  no  s'y  est  pas  laissé  prendre 


619 

par  l'autorité,  très  exagérée,  de  Wetzstein,  et  „dans  les 
autres  éditions",  il  a  prouvé  que  dans  les  langues  sémi- 
tiques   ^"^^  est  souffler,  comme  aussi  qS^ '),  assyr.  na- 

sâpu.  De  là,  avec  métathèse,  ^jJù,  le  souffle  de  la  vie, 
le  napistu,  vie,  des  Babjdoniens,  comme  l'a  déjà  relevé 
Jensen  ^).  Le  sens  de  sich  ausdehnen,  Del.  H  W  B,  Winckler 


1)  Fiqh  el-lurah,  Beyrouth  p.  355:   jLxitSLi   .^s^*^   ^\   ^^ij^^î  . 

2)  Les  Bédouins  croient  qu'à  la  mort  l'âme  sort  comme  un  souf- 

fle  par  le  nez.  Chez  les  Bédouins  du  Sud,  [j»Jù  est  le  vésicule, 
attaché  au   foie,   qui  contient  la  hile,  ^V  r*  •    La  bile  elle-même  est 

aussi  appelée  \j>*J>^  •  iUlr^î  U*^ ,  ^e  vésicule  biliaire  et  la  bile 
même  du  mouton  (ou  de  la  chèvre).  Chez  les  Chinois,  la  bile  est 
la  manifestation  de  l'âme  et,  de  même  que  le  foie,  le  siège  du  cou- 
rage, Globus  1902  N°  6:  der  Kannibalismus  der  Chinesen.  En  arabe 

l\>j     et   i-V^   renferment   la   même  idée,   Lebîd,   Hâlidî,   p.   19,  ". 

Est-ce  que  le  biblique  »verser  Vâmc"  ne  viendrait  pas  de  la  même 
conception?  Cf  Ges.-Buhl  W  B  s.v.  ^Di  •  Cette  conception  de  l'âme 

remonte  à  la  nuit  des  temps.  Elle  existait  déjà  en  Babylonie.  Elle 
est  intimement  liée  à  celle  de  la  création  de  l'homme.  Genèse  I  v. 
7  nous  lisons  :  »  Yahwe  forma  l'homme  de  poussière  du  sol  et  souf- 
fla  dans  ses  narines  un  souffle  de  vie,  et  Vhomme  devint  un  être 

vivant.'"  Le  mot-à-mot  arabe  du  texte  hébreu  serait:  ioÀJb  ;i^Jùj*> 
^J;^  {j^^  f»>->!  fjrfi^-i  '^^t^  iivfv/J  .  Dans  le  Qorân,  nous  rencon- 
trons  la  même  conception  orientale,  p.  e.  S.  38  v.  71  : 

cf.  S.  15  V.  20  et  i)assim.  Or,  dans  l'épopée  de  Gilgames  K  B  VI  p. 
120  V.  34,  la  même  idée  est  rendue  presque  pur  la  même  expression: 

tîta    iqtaris   ==   ^j^y^''i  Li^^  .     11   est   vrai  que  (joyil  ne  figure 


620 

die  Gesetze  Hammurabis  p.  107,  et  l'arabe  i'tre  large, 
spacieux  n'en  sont  que  des  applications  sémasiologiques 
secondaires.  Wetzstein  fait  preuve  de  manque  de  con- 
naissance, lorsqu'il  prétend  que  l'intensif  ou  l'itératif  ou^o 
est  le  dénominatif  de  ou^ux .  Mais  déjà  le  simple  ^jo^ 
a  ce  sens,  même  dans  le  Qor.  77  v.  10,  et  l'on  pourrait 
alors  dire,  avec  tout  autant  de  raison,  que  le  latin  ven- 

tilabrum  a  engendré  le  dénominatif  ventilarel     ws-wjj! 

est  celui  qui  .^nj  J!  ^Jl^^_  ,  produit  le  vent  en  éventant  le 

blé  sur  le  minsaf.  Le  supplément  de  Dozy  est  bien 
clair  et  parfaitement  exact. 

Plusieurs    significations   de    \.juvj    coïncident   dans   le 

Sud,  ainsi  qu'on  l'a  vu,  avec  celles  de  ^Jo^ ,  i  [Hdr  J>-^ 
dont  j'ai  parlé  dans  Hdr  Gloss.  s.v..  Em-nôd  yisfi 
em-tîn  ""ala  béni  Adam,  le  vent  fait  soulever  la  terre 
[la  poussière]  sur  les  hommes,  fait  répandre.  I  s  f  e  1- 
mà^,  jette  Veau   (en  la  lançant  au  loin),  schmiess'  das 

Wasser  weg.   Safâna  bil-mâ'  =  iUL  L-i^s^,,  il  jeta  de 


pas  dans  les  dictionnaires,  mais  la  forme  est  régulière  et  nullement 
impossible.  C'est  le  pendant  de  (jy^  q^  oUj>,  avec  la  nuance 
que  comporte  le  verbe  oJJ^ ,  que  ce  soit  jjartagcr  selon  Noldeke, 
Fûnf  Mo'^all.  II  p.  36/7  et  p,  93,  ou  lisser  selon  Fleischer  Levy  W 
13  II  p.  205.  Cf.  K  A  'P  p.  506,  Jeremias  A  T  p.  71  et  s.,  Ges.-Buhl 
W  B  s.  V.  13113.  Le  mythe  expo.sé  K  B  VI  j).  287  v.  5  et  G,  sur  la 
créatioa  des  sept  hommes  et  des  sept  femmes  avec  les  qirsu  tîti  =: 
(:J^  LN'':^' ,  je  l'ai  entendu  raconter  par  des  Bédouins  'anazi,  il  y 
a  bien  longtemps.  Je  croyais  alors  que  c'était  un  conte  bleu.  C'en 
est  un  aussi,  mais  ce  conto  fait  partie  du  rituel  lithurgique  de 
l'Eglise  chrétienne,  ainsi  qu'on  pourra  le  constater  à  chaque  enter- 
rement chez  les  Protestants.  Vraiment,  les  A.ssyriologues  ont  fait 
une  œuvre  admirable. 


621 

l'eau  sur  nous,  nous  arrosa  d'eau  j  mit  Wasser  bespritzt. 
Insafa  ^aleyna  el-habb,   notre  blé  s'est  répandu  = 

^mJJ^  ou  yLxJ;^  .  Hartmann,  L  L  W  p.  92,  dit  :  schlagt 
man  das  Rassepferd,  so  richtet  es  dièse  serârîk  auf, 
schlagt    lœdelnd    mit    ihnen,    yesfîhen.     Nous   avons 

même  le  verbe  simple  ^_àw,  o,  dans  notre  dialecte. 
>_ji,s*o  ^jy  j  Ig  vent  siffle  z=:  o^j.  q^  ii^i^t  oi-«^"  o^it 
dV-wL  Kjiji  ,  der  Wind  blâst  die  Miitze  von  deinem  Kopf 
iveg.  ,^suvo  J0Î5  p.  ;> ,  quelqu'un  est  passé  comme  le 
vent,  en  toute  hâte. 

Je  me  demande  si  ^à^  ,  o'^-^ ,  ^y^^ ,  f^^  et  ^^Ju»  qui 
certainement  ont  la  même  affinité  radicale,  peuvent  être 
en    corrélation   avec   ^juvj?   3o^   et   sa  métathèse  (jls 

[(^  Lvi ,  vesser  ;  '-i^y^ ,  vesse,  =  vulg.  Syrie  \jci,  et  by^s] 
impliquent  l'idée  du  vent,  comme  nous  venons  de  le 
voir.  Je  n'ose  m 'engager  sur  ce  terrain,  quoique  la  théorie 
du  sens  intrinsèque  d'un  thème,  même  d'une  seule  lettre, 
soit  dans  les  langues  sémitiques  absolument  inéluctable. 
Il  n'est  point  impossible  que  ^su^  soit  un  développement 

de  vju«,  à  l'instar  des  verbes  énumérés  Hdr  p.  137  et 
ici  sub  24, 10;  mais  comme  ,J*^j  se  prête  aussi  à  un  tel  dé- 
veloppement, il  est  difficile  d'avoir  une  opinion.  On  ob- 
servera encore  ^àj,  0,  siffler  (vent)  Dt,  dont  l'intensif 
est  wà*ài,  et  c>.àj,  -Àj,  *;^âj,  ;,>8j,  La  contamination  de 

plusieurs  racines  a  produit  un  tel  enchevêtrement,  qu'on 
ne   saurait  toujours  le  débrouiller.   Je  considère  le  mé- 

1)  ,  c^  )  ')  vcaser,  Sud. 


622 

moire  de  A  Mez  ïfher  einige  secimdàre  Verba  im  Ara- 
Uschen,  Festschrift  de  Nôldeke  I  p.  250  et  ss.,  comme 
peu  réussi  pour  ce  qui  concerne  les  exemples. 

20:  19,    fitûr,  pour   ys,    pi.    .bi!,    ëftâr,   fait   de 

\^yù\  (joji>  j^>,  les  filaments  qui  se  trouvent  aux  bords 
des  folioles  du  palmier  nain.  C'est  un  rond  en  'azaf 
au  bord  relevé,  aussi  appelé  yÎJJx .  Les  Datînois  pronon- 
çaient le  singulier  avec  Jp,  mais  les  'Awlaqites  avec  o. 
Le  pluriel  était  dans  les  deux  cas  .L^iL  La  dernière 
forme  avec  o  est  donc  la  vraie.  LA  VI  p.  350 :  Aj^_^I 

C'est  donc  très  classique!  Est-ce  le  mot  yii,  que  nous 
trouvons  dans  une  inscription  minéenne  de  Madâin  Sâleh, 
D  H  Mùller  E  D  A  N°  XXV  1.  3,  Hommel  S  A  Chr.  p. 
113  ^=  Mordtmann  Beitr.  z.  Min.  Epigr.  p.  53?  Hom- 
mel, A  A  p.  33,  l'identifie  à  .y;i  ^) ,  qui  vient  du  sou- 
mérien  ban  sur  dont  les  Babyloniens  et  les  Assyriens 
ont  fait  pâsûru  ou  passûru,  les  Araméens  |i»oA£, 
les  Juifs  NIIDD,  Fraenkel  Aram.  Fremdw.  p.  83,  et  les 
Romains  paiera  ^).  Le  changement  de  yi  en  jo  est  un 
phénomène  tout  ordinaire,  et  la  prononciation  yas  s'ex- 
plique comme    .o  et  . vb ,  yj^ ,  yot<  et  ^jlyw  ,   t  n  â^s  a  r , 


1)  Exemples  à  l'appui  chez  Weissenbach,  Die  arab.  Nominalform 
fuûl  p.  70  et  s.  et  L  A  s.v..  Ilommel  G  G  G  p.  131  l'énumère  parmi 
les  mois  arabes  que  les  Babyloniens,  voire  même  les  Soumériens, 
auraient  empruntés.  C'est  aller  un  peu  trop  loin. 

2)  Weissenbach  o.  et  1.  1.  a  tort  d'en  douter.  Piîtera  semble 
plutôt  venir  d'une  forme  patar,  futur  que  de  fiitûra;  celle-là  pourrait 
bien  être  la  forme  minéenne. 


623 

douze,  jjij'  et  jJAj",  se  couvrir  la  figure  jusqu'au  nez  d'une 
j.Uj,  j.li2i,  Bédouins  ""Anazeh,  etc.  Nous  serions  donc  en 
présence  d'un  de  ces  nombreux  nomma  vasis  qui,  de  la 
Babylonie,  ont  passé  dans  d'autres  langues,  même  dans 
les  nôtres  ').  Jensen  K  B  VI  p.  407  a  déjà  pensé  au 
y3  arabe.  KAT^  p.  421  note  6.  Haupt,  Beitrâge  z.  As- 
syriologie  I  pp.  161  et  323,  parle  en  détail  de  ce  mot. 
Il  dit  que  passûru,  ou  pâsûru,  n'est  pas  seulement 
écueUe^)^  plat,  mais  aussi  table^  exactement  comme  les 
lexicographes  arabes  expliquent  .yli.  Il  était  probablement 
en  bois,  car  son  idéogramme  est  précédé  du  déterminatif 
g— y,  bois,  Del.  Gr.  p.  20  et  21 .  Ce  mot  renferme  donc  la  même 

peinture  éthologique  que  l'arabe  5^,iw  par  lequel  notre  JJ> 

est  expliqué  dans  les  dictionnaires.  »^,  aussi  ^,  est 
originairement  la  hougette  des  voyageurs,  faite  d'une  peau 
d'agneau  ou  de  chevreau,  pour  y  mettre  les  provisions 
de  route  et  sur  laquelle  on  mange  Boh.  VII  p.  70,  11, 

13,  14,  17,  20;  p.  75,  7,  =_^â=>^,  Hdr  et 'Awâliq,  C^ 
en    Hdr  et  en   Dt;  v.  Gloss.  s.  v.,  Hafâgî,  éifâ  p.  127, 


1)  Comme  sac,  Sack;  kanne,  [cannette  de  bière]:  /o/j/jc, tonneau; 
tasse,  Tasse;  lagg,  suédois  =  qA);  silo:  le  latin  capsus,  etc.  Il  y  a 
une  quantité  de  KuUurwôrtcr  qui  nous  viennent  de  la  Babylonie.  — 
Capilal  de  caput  comme  i3'-«  ^J«L  [Tab.  I  p.  1753,14;  *X.*^'  U*5^;l 
est  qaqqadu,  caput,  dans  le  Codex  de  Hammurabi.  Les  Arabes  ont 
une  foule  de  locutions  que  nous  retrouvons  en  Babylonie,  telles  que 

rjJj^wj-îj  ^t  jjLiLv,  (j'4'-*'''  V;-  Uai'îi'î,  Durrat,  et  le  Comm 
d'el-IIafôéî  Cstpl.  p.  72:  (j^K  q,,  ce  qui  est  exactement  l'ital.  da 
capo.  Nous  disons  qu'un  chauve  a  une  lune  sur  la  tète,  et  le  poète 
Abun-Na;!^!!!  s'est  servi  de  la  môme  image,  Haflner  AL  p.  173  en 
bas.  On  pourrait  écrire  tout  un  volume  sur  ce  sujet  intéressant. 

2)  L'allemand  ScUusscl  est  le  même  mot,  du  latin  sculctla,  [se  u- 
tula)  ital.  scodella. 


624 

Ôawaliqî,  Hatâ  p.  141,  Z  D  M  G  XXII  p.  100,  note  32. 
Bel,  La  Djâzya  p.  86  (:=J.  As.  p.  192),  n'a  pas  reconnu 

ce  mot  dans  l'algérien  s^âA^,  nappe  et  ensuite  mets.  Avec 
le  temps,  et  par  une  raison  bien  claire,  ce  mot  est  venu 
à  signifier  la  table  mise,  comme  l'arabo-persan  ^^>f>.  '^f^ 
n'est  pas  employé  dans  ce  sens  dans  le  Sud,  Hdr  Gloss. 

s.  V.,  mais  je  soupçonne  fort  que  io,-w-«,  plateau  rond 
en  "azaf  pour  manger,   chez   les  'Awâliq,   renferme  la 

racine  transposée  de  s^.  L'hébreu  iÇTil',  dont  la  voyelle 

â  marque  la  haute  antiquité,  offre  la  même  adaption.  C'est 
primitivement  la  peau  enlevée  de  l'animal,  à  l'instar  de 

8jLw,  de  nbï',  enlever  la  peau,  comme  le  syrien  ^^ui^),  se 
dépouiller  de  ses  habits.  VoUers,  Z  D  M  G  49  p.  493,  dit 
avec  raison  que  ,*JUi  est,  au  point  de  vue  phonétique, 
la  continuation  directe  du  sémitique  primitif  r\T2!, .  J^^ 
Les  Arabes  ont,  d'autre  part,  leur  ^JLw,  ayant  le  même 
sens.  Or,  ]nb'^  a  aussi  pris  le  sens  de  table,  ainsi  qu'on 
pourra  le  voir  dans  Ges.-Buhl  W  B  p.  761.  C'est  ainsi 
que  les  langues,  bien  analysées,  reflètent  la  marche  de 
la  civilisation. 

Dans  l'inscription  minéenne  citée  plus  haut,  il  y  a 
ceci  de  certain,  que  oVi.  a  pour  objet  (^y^is:  ,,«7  dcdia... 
son  ou  ses  ftr  aux  dieux  de  Ma^în."  Si  nous  tradui- 
sons avec  Mordtmann,  o.  et  1.  1.  „aux  enfants  de  Wadd", 
le  j  dans  ij^yi^^  serait  superflu,  et  sa  place  inexplicable. 
Ce  3  relie   J6  au  verbe  précédent,  cela  est  clair.  Je  con- 

sidère  yis  =  pi.  ^yi,  car  il  avait  bien  plus  d'un  yii,  d'autant 


1)  L  A  m  p.  330  et  Feyrovizâbâdî  disent  que  ,^^  ,  dépouiller  = 
piller,  encore  employé  en  Syrie,  est  un  idiotisme  des  Ahl  es-Sawâd. 


625 

plus  qu'il  y  a  ensuite  le  pi.  ^%  les  dieux.  Mais  il  se 
peut  aussi  que  chaque  maison  eût  sa  patère  de  libation 
par  excellence,  et  que  celle-ci  fût  dédiée  aux  dieux  de 
Ma^îD.  Cela  me  rappelle  le  vers  d'Ovide:  vinaque  mar- 
moreas  paiera  fundehat  in  aras.  Quoiqu'il  en  soit,  si  ^ 
était  une  patère  de  libation,  ce  mot  aura,  avec  le  temps 
et  après  la  disparition  de  la  religion  minéo-sabéo-himyarite, 
pris  le  sens  de  notre  ;cî,  dans  un  milieu  où  les  patères 
en  métal  furent  remplacées  par  des  ustensiles  en  ^azaf. 
Si  mon  exposé  n'est  pas  acceptable,  le  mot  ii  n'en  reste 
pas  moins  étranger  à  la  langue  arabe  proprement  dite. 
20,  21  :  q  u  h  ût.  ii^jj,  o,  faire  lepaîji  sans  levain.  Voici 
comment  cela  se  fait:  Tebill  em-hôrmah  em-habb 
fim-mà'  utùqsurah  "alem-merhâh  bim-'âli  uba- 
"âd  tisdofâh  uterôsseh  bimà''  utidaqqiqah 
uingahàtah  fim-mîfa,  uhâdâ  yitsamrna  ràhi. 
Utisûwi    min    em-rahi   em-quhût,    ula    hamma- 

ràtah  fim-sams  yitsàmma  ràhi  hâmii.  iu!:5^t  JJi* 

^Uj  HJ^J*)    lsiô^j.23    lAxJ^    ^'ut-b    isL^jJf    Jo:    «-CiJij^    ^\X\    j.    \Z>^ 

La  femme  mouille  le  blé  dayis  l'eau  et  l'écrase  sur  la 
metde  avec  le  roideau  en  pierre.  Ensuite,  elle  le  moud 
plus  fin,  en  y  aspergeant  de  Veau,  et  le  fait  cuire  au 
four.  Cette  pâte  s'appelle  rahi.  D'er-rahi  elle  fait  le 
quhût.  Si  elle  fait  lever  le  rahi  au  soleil,  il  s'appelle 
x ^\\\ aigre. —^JL^:    min    l.iagar   kama  em-qarûrah 

qiyâs   sibr   uhams    banèyn   (=  ^j^  )  tir  h  a  b  è  h 
'alam-merhâh.  Le  ""ali  est  en  pierre,  comme  (ayant  la 


626 

forme  de)  la  bouteille,  d'environ  un  empmi  et  cinq  doigts 
(de  longueur)  avec  lequel  elle  moud  sur  la  meule.  ^lS^, 

0,  moudre  plus  fin.  Il  y  a  trois  manipulations  :  1°  '^J^, 

2°   i^îJoo    et   3°    vJj'lso.    "s'i^yi    est  une  seule  pierre,  une 

-   o  - 

meide,  tandis  que  ^j^^la^  est  de  deux  pierres^).  Mes 
Datînois  prétendaient  que  l'usage  du  5L>yi  est  nouveau 
dans  le  pays  et  qu'il  leur  est  venu  des  pays  d'el-Manqa^ah, 
à  l'est  de  Datînah.  Les  Bédouins  de  Datînah  n'ont  pas 
de  (jr^'/!i  mais  seulement  des  ^^\^^  tandis  que  les  Bâ 

Kâzim  n'ont  que  des  ^,j>î>î.  Les  hadar  ont  partout  des 
^^LIw.  A  propos  de  ^=>.  et  yL=>y»,  une  discussion  inté- 
ressante se  souleva.  Je  prononçais  naturellement  avec  -, 

o 

mais  les  Datînois  disaient  que  c'était  tout-à-fait  faux. 
Aussi  me  corrigeaient-ils  toutes  les  fois  que  je  me  servais 
de  ces  deux  mots  :  ils  les  prononçaient  toujours  avec  »  !  Il 
n'y  avait  pas  moyen  de  les  persuader  que  le  tort  était 
de  leur  côté.  Cet  affaiblissement  du  -  ne  doit  pas  nous 
étonner,  surtout  dans  les  dialectes  du  Sud.  Il  a  dû 
exister,   dans  ce   thème,  aussi  dans  le   Nord,  car  nous 

lisons  dans  L  A  XIX,  p.  C3,  3:  ^j^  er^^-  -^  ^^-^''> 
^^^  j^i^  ^  \Jle  v^:î3  a->^'  ^®  ^^^  ®^^  ^^°^  doute 
pour  'sl=>.,  broyée,  ou  n.  qualit.  pour  désigner  les  mets: 
içjLj,  ïlJlL^,  aj.lX>^„  ïùJLn^,  etc.   Prov.   et  Bict.   pp.   78 

et  126.  Nôldeke,  BZSSW  p.  55  note  7,  veut  que  les 
singuliers  arabe  ^^^:>^  et  araméen  j^^i ,  N'^~n  soient  secon- 
daires. Comme  nous  avons  vu  qu'il  y  a  aussi  une  seule 

■1)  o^        ^^^  jémanite,  fuiir  à  chaux. 


627 

meule  sur  laquelle  on  broie,  je  ne  sais  pas  pourquoi  les 
Araméens  n'ont  pas  pu  avoir  cela  aussi.  Ce  mode  de 
triturage  semble  même  être  plus  ancien  que  celui  des 
deiix  meules,  D^nn. 

Les  Bédouins  n'ont  pas  de  levain.  Pour  faire  lever  la 
piUe,  on  l'expose  quelques  heures  au  soleil.  On  appelle 
cela  j^,  iS^.i  iûtr.,  et  jK^,   tr.,  faire  lever  la  pâte  au 

soleil.  Une  telle  pâte  est  j^J:^.  C'est  surtout  dans  ed- 
Dâhir  que  ce  mot  est  employé,  et  là  on  laisse  la  pâte 
pendant  la  nuit,  ce  qui  pourrait  en  expliquer  le  sens  '). 

Les  Datînois  disent  de  préférence  [j^i.*^.  (jp--'  (masc), 
lorsque  la  pâte  se  lève,  comme  dans  notre  texte. 

20,  21:  lisez  »iA*^  et  1.  22  qahwah,  car  dans  notre 
dialecte  ^  est  toujours  prononcé  q. 

20,  22:  sur  le  café  au  lait,  je  parlerai  au  n°  19. 

20,  23:   yisarrifûha  ■^^,  verser  le  café  dans  les 

tasses.  .*x,  le  servir,  propr.  faire  passer  ou  passer,  tr. 

20,  24:  yirwîlehom.  ^=5  ,  raconter  qqc  à  qqn  avec 
uj  de  la  chose.  Su'  di  rawàlak  (aussi  dirwàlak) 
bihâdem-habar,  qui  t'a  raconté  cette  histoire?  Irwïli, 

raconte-moi.  Irwînna,  raconte-yious.  (^5.,  montrer,  avec 
l'accusatif  de  l'objet.  Kôweni  em-sûr  di  fim-kùMeh, 
montre-moi  le  reste  du  manger  qui  se  trouve  dans  la 
jatte.  Répandu  dans  tout  le  Sud.  En  'Oman,  M  S  0  S  III, 
p.  8,  2  d'en  bas,  et  dans  le  'Iraq,  MSOS  V  p.  120, 15. 


1)  On   est   tenté   de   penser   à   l'assyr.   satîi,    boire,   hébr.   ûD'i'. 

T    T 

éth.  flTP,  sab.  c>-w  =  le  pain  qui  a  hu  la  chaleur  du  soleil,  imbibé, 
saturé  de  chaleur  et,  dans  l'autre  cas,  imi>t7>é  de  l'humidité  de  la  nuit. 


628 

jj:^L  est  aussi  montrer^  tandis  que  dans  le  Yéman  c'est 

informer ^  raconter,  aussagen.  (j:^,',  montrer,  est  rare 
dans  le  Nord,  M  SOS  VI  ii  p.  118  n^  20  v.  3,  et  dans 
le  Yéman.  ^  lt^'/j  cMibcrer,  conférer.  ^.3,  montrer, 
appartient  seulement  aux  dialectes  du  Nord,  quelquefois 
aussi  dans  le  Yéman.  On  ne  saurait  séparer  les  thèmes 

cf';»  '>>»  u=3;  6t  ij=;3j  ^^  J^  ^^'^^^  aussi  ^^^  et  J?i,  Fleischer 
Levy  W  B  IV  p.  485.  Mais  il  est  difficile  de  dire  si  le 
j^^3  du  Nord  est  une  métathèse  de  (j:^.,  comme  ^.-wj 
(^^^-Avîj)   de    ^y^y    faire,   ^^j    peut  être  pour  ^L  comme 

y«)^  est  pour  ^J^,  Hçlr  Gloss.  s.  v,,  et  J^,  au  lieu 
d'une  métathèse,  pourrait  aussi  être  la  Ile  forme  de 
(jj=z^'i^,   selon  LA  I  p.  31  en  bas,  ou  bien  s'expliquer 

comme  le  "omânais  0,3,  réveiller,  de  oL  j=>*,  =  ji=>, 
écarter,  Gloss.  s.  v. ,  cf.  Vollers  Z  D  M  G  49  p.  508,  ce 
qui  est  moins  probable.  Comme  l'amarina  [et  le  tigriùa]  a 
ïxailr',  annunziare,  clare  una  notizia,  htlOi^;  far  anmin- 
ziare,  et  les  autres  formes  dérivées,  Guidi  Vocabolario 
amh.-ital.  p.  562,  il  est  étonnant  que  les  dialectes  sudara- 
biques  ne  connaissent  point  le  thème  ,j:>_5. 

Si  ï^pin,  sLy,  vient  de  rn'',  enseigner,  il  correspondrait 
au  terme  technique  des  traditionnistes  'îJ^^,  notice,  récit, 
comme  sens  et  étymologie.  Haupt,  Zimmern,  K  A  T  ^ 
p.  606  b,  et  Barth,  Et.  St.  p.  13,  le  font  dériver  de 
l'assyr.  ter  tu,  le  numen  des  Romains;  cf.  le  terûja, 
amen,  des  "Omûnais  R  0  §  65.  L'étymologie  serait  alors 
aussi  à  peu  près  la  même.  Cf.  Vollers  VS  p.  102.  Ha- 
lévy,  Festschrift  de  Nôldeke  p.  1024,  dit  de  cette  éty- 
mologie: „Non.  rmn  vient  de  mm,  et  têrtu  de  ikd." 


629 

20,  27:  Yimellisûnah  bidèhneh.  ^jJio  est  frot- 
ter légèrement,  caresser  avec  la  main,  =r  ^vw.^  ou  ^w*v«, 
à  l'Est,  et  au  figuré,  flatter,  tandis  que  (j^  est  frotter 
fort,  masser.  C'est  là  un  devoir  de  l'hospitalité  bédouine, 
et  la  femme  a  toujours  un  ^j^  ou  „y>.^  ')  en  réserve 
pour  frotter  ^)  les  pieds  de  l'hôte  fatigué  ou  pour  l'honorer 
d'une  façon  particulière,  voyez  aussi  p.  39,  27.  Dans 
toute  l'antiquité,  cela  a  dû  être  la  plus  haute  expression 
de  l'honneur  qu'on  voulait  faire  à  qqn.,  comme  cela  l'est 
encore  dans  les  milieux  bédouins.  Voilà  pourquoi  le  W"^^ 
a  reçu  ce  nom,  et  voilà  pourquoi  le  prêtre  babylonien 
est  parîsu  KAT  p.  590,  Jensen  Mythen  und  Epen 
p.   368,  de  même  que  celui  des  Hébreux.  Je  fais  encore 

observer  qu'à  l'Est  de  Dt  ,.;v%.v«3^,  ,^^*^  et  le  réfléchi  g.^^^' 

1)  Pour  -,v.wvo  dans  la  lurah,  comme  é^^,  ^y^i  '^J^^i  7^^^ 
(3yA^,    ^»-32,,    etc.    qui,    par    harmonie    vocalique,    sont,    dans    les 

3  3 

dialectes,  prononcés  ij^«. 

2)  On  frotte  avec  du  q^'-^j  dèhen,  huile  o\\  beurre  cuit,  om':^^'^, 

dèhneh,  notre  beurre. 

3)  Une  autre  variation  est  iç*«-*  =:  "'-\v?  xrs^ww,^.  Cette  signifi- 
cation n'est  mentionnée  que  par  Feyroûzâbâdî  s.  v.  et  T  A  qui  cite  aussi 

el-Qattâ"  :  ,vAjJ  iL5^uv^.v«  c  ^\  ^cr'^■  0'")  A.  Jahn  M  S  p.  213  a  trouvé 
ce  sens  et   tout   de  suite  il  s'en  sert  pour  ex[)liquer  le  mehri  môsî, 

saluer.  11  dit  textuellement:  »in6sî"'  [vgl.  ar.  fc***^  mit  der  Hand 
abwischen]  die  eigene  Nase  an  der  des  oder  der  zu  Begriissenden 
reiben  (v^'as  dem  Kiissen  entspricht),  jemanden  begriissen."  Môsî  est 


naturellement  ^c'-'^-^i  souhaiter  le  bon  soir,  comme  sôbah  p.  226  est 

f^^t  souhaiter  le  bon  jour.  On  se  frotte  les  nez  Tun  contre  l'autre  dans 
les  deux  cas.  Franchement,  Jahn  est  de  l'école  de  Uaminer-Kamory  ! 


630 

est  s'oindre,  se  frotter  avec  un  -^>*^  quelconque,  sans 
qu'on  ait  besoin  d'ajouter  q.?w\J1j  ou  quelque  chose  d'ana- 
logue. Lorsque  les  Assyriologues  auront  révélé  toute 
l'antiquité  babylonienne,  lorsque  les  Arabistes  auront 
recueilli  tous  les  dialectes,  toute  l'éthographie  de  l'Arabie 
actuelle,  alors  nous  n'aurons  qu'à  y  puiser  pour  dissiper 
les  ténèbres  qui  entourent  encore  l'histoire  de  la  pensée 
humaine. 

Le  massage  est  très  répandu  dans  toute  l'Arabie;  il 
forme  même  une  partie  intégrante  de  l'art  de  guérir  des 
Bédouins.   Doughty  Travels  II,   p.   207.   Tout  le  monde 

connaît  le  masseur,  j-JX*»  f^es  bains  d'Orient.  La  reine 

de  Madagascar  avait  des  masseuses  auprès  d'elle  pendant 
la  nuit.  Dans  l'Arabie  méridionale,  oii  il  n'y  a  ni  bains 
publics  ni  masseurs  ad  hoc,  masser  s'exprime  de  plusieurs 

façons.  Hdr  :  ^^,  propr.  presser  ;  Dt  :  ^^  et  -Ly  ;  ""Awâliq  : 
J  c;^,  0,  ou  o-^J^  connu  aussi  en  Dt.  ;  HarîbBeyhân : 
jx  ou  y.^;  'Oman:  éJs^,  R  0  p.  255,  16^).  ^vi^^i  se  com- 
prend partout,  de  même  que  J^.^,  i,  et  son  intens.  lX^xi. 

Ce  dernier  mot  est  courant  dans  toute  l'Arabie.  On  sait 
que  c'est  le  verbe  ordinaire  pour  masser.  Je  ne  connais 
la    lèi-e  forme   Js..^^,   i,  que  dans  le  Sud.  Ce  qui  rend  le 

mieux    notre  masser  est  -b^>  et  uVw^-,  j<m^,  tun.  c><-^, 

Stumme  Gr.   p.  23.  Mais  dans  le  Sud,  C\l^  est  surtout 

dans  le  parler  des  femmes,  tandis  que  ^^  appartient 
à  celui  des  hommes.  -b.x!  a  aussi  d'autres  significations, 
d'une  autre  catégorie,  qu'on  trouvera  dans  le  Glossaire. 


1)  Propr.  peser  sur  RO  §239,  p.  149,  4. 


631 

Le  uXwv^,  ou  oLw^,    est  une  pratique  des  femmes  pour 

faire  avorter:  yirasidèyn  "a la  zabân')  emhôrmeh, 
elles  massent  sur  le  ventre  de  la  femme. 

Lorsque,  à  mon  arrivée  en  Syrie,  j'entendis  le  verbe 
iXm*^,  ma  première  idée  était  que  le  français  masser 
pourrait  bien  venir  de  là.  On  sait  que  le  massage  a 
toujours  été  pratiqué  en  Orient.  Littré,  sur  la  foi  de 
Pihan,  et  après  lui  Darmesteter  et  Sachs,  le  font  dériver 

de  l'arabe  ^>>^a,  toucher.  Mais  pour  que  cela  soit  possible, 
il  faut  bien  admettre  que  les  Arabes  se  soient  servis  du 
même  mot  pour  masser.  Cela  est  aussi  peu  le  cas  que 
si   l'on   voulait  désigner   cette   manipulation   en  français 

par  toucher.  Mais  notre  iAwj  a  pu  donner  masser  par 
contamination  avec  l'autre  masser  déjà  existant.  Voyons 
un  peu  si  l'arabe  ancien  ne  nous  fournit  pas  une  preuve 
de  l'antiquité  de  ce  verbe.  La  Hamâsah  p.  798  nous 
rapporte  une  poésie  très  drolatique  d'Abu  el-Handaq  el- 
Asadî  : 

Dieu  me  préserve  d'une  nuit  qui  m'approclie  d'u7i  gîte 
en  commun  [avec  une  femme],  comme  si  c'était  le  frot- 
tement avec  une  corde  de  lîf! 

C'est  que  je  lui  touchai  le  corps  nu.,  et  ma  main,  dans 
ce  que  je  touchai,  ne  tomba  que  sur  un  pieu  de  tente! 

tiUo  était  le  mot  technique  pour  frotter  le  corps.  L  A 


1)  |.jLi:    osl  la  paitio  au-dossiis  du   nomltril,  (ih<l(,ntrn. 

44 


632 

XII  p.  310:  JLmJCc^î  Aie  ^^Vw^  dUo  ^(  jw>y!  *i)Jjù-.  Si  le 
js^Li  tiUjJ!  de  notre  vers  n'est  pas  précisément  masser^ 
cela  rappelle  pourtant  la  manière  des  baigneurs,  des  bains 
d'Orient  et  d'Europe,  de  laver  avec  un  tampon  de  lîf 
et  celle  des  Bédouines  du  Sud  qui  ont  la  même  chose 
lorsqu'elles  yimessidèyn  zabân  em-hôrmeh.  En 
outre,  nous  pouvons  constater  dans  L  A  IV  p.  411,  Lane 

S.  v.,  que  dans  le  vers  de  Ru  bah  ^)  :  ^w  .u  ^  k^j<:j  Jji'  ^->^-«^, 

ce  verbe  A-^^s  est  expliqué  par  Jui  et  ^o,  fortifier.  Le 

sens   ordinaire   est   tordre  bien  une  corde,  xloi  oL>!i)  et 

3J^  serait  tordu  =  o^.-.^^  Quand  même  ce  sens,  qui 
certainement  est  trop  limité,  comme  c'est  souvent  le  cas 
des  définitions  des  lexicographes,  aurait  pu  donner  lieu 
au  dérivé  masser,  ainsi  que  les  autres  significations,  ap- 
pliquées au  corps  humain,  le  rendent  possible,  il  n'est 
pas  non   plus  exclu  que  oVw^  soit  un  développement  de 

^-w«,    comme  ^j>^=>   et    l\.sv.=>,   envier  Dt,  y^  et  o.j,  ^  et 

oJs,  o^ï,  ojï',  *jo  et  A^ji:,  ♦A^  et  le  sudarabique  A^^^,  o, 

ramasser  du  blé  pour  le  vendre  cher  plus  tard  et  le  syrien 
aZo,  ^o>)  et  A>^,  sucer,  .a^*^  est  certainement  dans  ce  cas. 
Alors  A*-^  serait  comme  _wvvw<  originairement  passer  la  main 

sur,   streichen.    Ou   bien   faut-il   considérer  A«*^  comme 


1)  Ne  se  trouve  pas  chez  Ahlwardt. 

2)  Dans  les  dialectes  bédouins  du  Nord,  .3^    seul  a  ce  sens,  bien 

lier,  bleu  serrer,  bien  faire  toi e  chose.  yjJUj\  J^  i3^  =  (J^  Ai, 
aussi  'Oman,  RO  p.  32,  Rossler  M  S  OS  I  pp.  58,  59,  G4,  G5,  Oy^' 
(j-^-i-i     ^ys:.,    rire  dans  son  assiette  à  cheval,  Ngd. 


633 

un   dénominatif  de  Jk^  =  ^J,?  D'autres,  plus  savants 

que  moi,  jugeront  si  l'étymologie  que  je  propose  est,  ou 
non,  acceptable. 

Un  synonyme  de  -b^-<  et  de  <Aa^  est  ^yo,  a,  et^^;,^^) 
masser,  avec  J  de  l'objet.  C'est  aussi  se  frotter  avec 
une  matière  colorante,  comme  c'est  l'habitude  des  fem- 
mes, surtout  dans  le  Sud  et  aux  Indes,  se  maquiller. 
Une  femme  qui  a  le  maquillage  pour  sa  spécialité,  espèce 

de  „ coiffeuse  de  dames",  est  ici»!^.  La  lurah  a  ^,a  et 
.iys,  oindre,  frotter  d'huile,  mais  la  première  forme,  pro- 
bablement une  variation  vocalique  de  la  seconde,  n'est 
plus  en  usage  dans  ce  sens. 

20,  28:  hafam-heyd.  Là=>,  hàfa,  ou  £U=>,  hafà'', 
selon  que  l'accent  est  sur  la  première  ou  la  seconde 
syllabe.  Le  verbe  est  ^c^^i  ^'^^^  raboteux,  dur  et  pier- 
reux, chemin.  Mais  ^^.^  veut  aussi  dire  1°  avoir  les  pieds 
abîmés  pour  avoir  marché  sur  un  sol  dur  et  raboteux. 
obiiiî  Là^  u^  c>yÀ=>  lit,  j'ai  les  pieds  abîmés  par  l'état 

raboteux  et  pierreux  de  la  route. 'E,{\\i\^  li  ergîli  rà'^ni^) 
hâfi,  frictionne  moi  les  pieds,  car  je  suis  h  â fi, /ai  les 
pieds  abîmés.   2°  être  abîmé  par  un  sol  raboteux,  se  dit 

du  pied.  iùjsb>  ^j^j,  mon  pied  est  abîmé  par  le  mauvais 
chemin.   3°  être  nu-pieds,   sans  chaussure,  partout  cou- 


1)  Tous    les    verbes  frolto',  presser,  tordre,  écraser,  triturer,  etc. 
ont  leur  infinitif  sur  J.*»*. 

2)  On    piononrait    anssi    rà^ni.    ^^\.  r=    gC...  Praetoriiis  Alh.  Gr. 
p.  73  note. 


634 

rant,    se   dit   de    l'homme.   4°  être  nu,   se   dit  du  pied. 
^L=>  vjuij  ou   Lc*^5  chemin  rude  et  raboteux  •=.  ouJj 

21,  2:  lisez  yidhanur.  La  raison  ici  donnée  de  l'hos- 
pitalité offerte  à  l'hôte  est  la  crainte  d'être  considéré 
comme  chiche.  "Abd  el-Qeys.  dans  les  Mufaddaliyat  ^), 
s'exprime  sur  ce  sujet  de  la  façon  suivante: 

SJ  501J  S_  5,  _i  >oc£  5_-0 

Honore  l'hôte,  car  être  hébergé  est  un  droit  qu'il  a,  et 
7ie  sois  pas  une  malédiction  aux  yeux  de  ceux  qui  te 
visitent.  Et  sache  que  l'hôte  racontera  à  sa  famille  com- 
ment il  a  été  hébergé  pendant  la  nuit,  quand  même  on 
7ie  le  lui  demanderait  pas. 

21,  4:yiskorhom.  Ce  sens  de  louer,  à  côté  de  re- 
mercier, se  trouve,  non  seulement  dans  le  Sud,  mais 
aussi  dans  les  dialectes  nordafricains,  Stumme  Gr.  tun. 
Gloss.  s.  V.,  Beaussier  aussi  louer,  vanter,  et  Sedira 
vanter.  Il  y  a  ainsi  une  foule  de  mots  qui,  avec  le  même 
sens,  ne  sont  usités  que  dans  l'Arabie  du  Sud,  en  ^Omân 
et  dans  le  Nord  de  l'Afrique.  Les  plus  curieux  en  sont 
certainement  u*.lï,  jeter,  que  je  n'ai  trouvé  que  dans  le 
dialecte  sahl.iî  P,  B  R  A  S  1902  p.  270  s.  v.  throvv,  et  en 


1)  C'est   le   classique  y^    et  tj^*^.,   avec   le  tnrme  sens.    ;x^,  a, 
litre  sans  pour,  être  courarfcux.  J^  ..jLwJl  =  Lo  iAjÇ>^  z*^'-*-  ,-)l-*^' 

^    (J-»    P-^'rii  un  homme  caiiroffeux  cl  brave  ffiii  ii\i  peur  ili'  rien,  GO. 

2)  Aussi  LA  XVII  |).  27:^,  3. 


635 

Algérie,  Bel  la  Djâzya  p.  100,  6,  Marçais  KMTA 
p.  477,  et  masîd,  lX;s=w>^,  Hdr  Gloss.  p.  539,  Fischer 
Marokk.  Sprichw.  p.  189  note  4.  La  conclusion  qu'on 
tirera  de  ce  fait  est  patente.  Mais  un  .SJ;:^  ^  n'est 
pas  identique  avec  ^^^^>^  J^,,  comme  semble  le  croire 
Stumme  o.  et  1.  1..  Le  premier  est  un  homme  qui  est 
loué  avec  gratitude,  à  cause  de  sa  bonne  conduite,  tandis 
que  le  second  est  un  homme  connu,  ^JjrX^  d^)',  c'est 
presque  notre  célèbre,  mais  il  peut  être  jyi^^  ou  ^•^j^ 
comme  brave  homme  ou  comme  canaille.  Du  reste,  ce 
sens  figuré  du  thème  ^  ne  fait  point  partie  du  diction- 
naire des  Bédouins  du  Sud,  qui  ne  s'en  servent  qu'au 
sens  propre,  v.  Gloss.  s.  v..  ,«pi-^  d^j  est  un  terme 
hadarî  et  nullement  bédouin. 

21,  6  :  h  â  d  i  y  e  h  me  fut  expliqué  par  y;>:  ^3  qJ  r^^' 

OjJl  ^^^  '),  les  deux  mois  pendant  lesquels  le  froid  est 
inte?ise,  ou,  comme  le  disaient  quelques  Bédouins  de  Dt, 


1)  y^.  nie   paraissait   ici   étrange,  et  j'en  demandai  l'explication. 

On  me  répondit  :  O^l  q^  l<*^-  l^'^j  pendant  lesquels  le  froid 
devient  intense^  propr.  se  chauffe.  Cela  m'intrigua  encore  davantage, 

d'autant    plus    qu'on    ajouta:    O^i    cyi^    r^-    L^*-^*    0"    dit   môme 

0-«j!    ^Jf^    à'    '-'-^^j    nous  sommes  au  plus  jort  du  fruid.  On  voit 

donc  que  le  sens  fondamental  de.  y>  ne  peut  pas  être  cire  chaud; 
voyez  I.Idr  Gloss.  s.  v..  Un  exemple  analogue  se  trouve  en  babyl.  oia 
qirru    est    feu,    chaleur,  du   thème  qarâru,   brûler,  tandis  que  la 

même  racine   JJ,    Prov    et  dict.  pp.  7'i  et  185,  1p,  J-i-p,   •£,   (D/,^ 

dénotent  l'idée  opposée.  K  AT'  p.  417  note  5.  Sur  J  et  jj^Js,  voyez 
Uiw.  de  Sanfarah,  éd.  Cstpl.  p.  ôO.  Syrie:  O-Jî  ^^  U^r^t  <-''''c 
transi  de  froid. 


636 

JUi^  JuJ>  J.LJ',  l'époque  du  rut  des  chameaux.  En  effet, 
toutes  les  fois  que  j'étais  à  Aden,  au  mois  de  Janvier, 
c'était    là  le  cas.   On   y  met  aussi  qqf  l'article:  iujJi.. 

C'est  l'époque   du   plus  grand   froid   qu'on  appelle  ainsi. 

„Mais,   me  disait-on,  il  ne  fait  plus  froid  à  présent."  Je 

crois  bien  :  les  deux  mois  se  déplacent,  grâce  à  la  compu- 

tation  lunaire.  Le  sultan  "Awad  b.  Sâleh  d'Ansâb  a  dit: 

Ahna   kama   bard   es-sita  fi   Hâdiyeh 

di  yâbis^)  el-hadra  uhallâha  retûm^) 

Nous  sommes  comme  le  froid  de  l'hiver^  à  l'époque 

[de  la  Hàdiyeh, 
Qui  fait  sécher  la  verdure  et  la  réduit  en  des  amas 

[de  détritus. 

Un   vieux  du  pays  me  déclara  que  Hâdiyeh  est  un 

j,^^  ^^yi.   Cela   me  fait   supposer  que  c'est  le  féminin 

de  (j;Ow=>,  premier,  et  le  mot  désignerait  une  saison.  J'ai 

aussi  entendu  ^-^'^j  ^^-^'^i  5^'ww,  etc.   Je   suppose  que 


1)  Var.  yibbis  et  yîbis.  Sur  yàbis  voyez  Hdr.  GIoss  s.  v.  et 
note.  (j*^j!  pour  ^j*aj',  faire  sécher,  imparf.  yîbis,  yeybis, 
yébis  et  yàbis. 

2)  PI.  de  Jj.JiJjdl\^  J^sk^^^  o^^b  ^L^'  ^L>  Ji  ^  }^\ 

j*S.  !A?5  iJjîO  L^Lmij,  le  torrent,  lorsquil  descend,  emporte  les 
arbres,  les  excréments  des  bestiaux,  les  pierres  et  le  menu  bois 
et  Vamoncelle  (propr.  et  le  fait  ensemble):  c'est  là  rata  m,  c'est- 
à-dire,  tout  ce  que  le  torrent  chanie.  LA  XV  p.  117  dit:  f^y'^^ 
^y^^l    xLa',    et    1.  18:  ^^*SJi\    bt    ^^    ^^    ^_c*=^3-   Cf.  r*-"^,  (^_;- 

j»ij  est  aussi  la  trace  qu'on  laisse  sur  le  sol  en  marchant,  spéciale- 
ment plusieui*s  personnes;  cf.  **«.. 


637 

c'est  la  première  étoile  Jv^^ji,  Canopus,  soit  les  premiers 

treize  jours  de  la  saiso7i  de  l'automne^  ^^yè'J!  jiï,  qui 

est  la  deuxième  saison  de  l'année,  selon  la  computation 
des   agriculteurs  du   Sud,   voyez  Hdr  Gl.  s.  v.  ^y  Les 

autres  étoiles  de  cette  saison  sont  nommées  :  l\xav,  bycâ-î, 

(iij!,  (j^xilii,  ^_v.oLvJ!,  et  5jL^''.  Mais  le  lever  héliaque  de 

Canopus  commence  le  21  Juillet,  et  ce  n'est  pas  là  le 
plus  fort  de  l'hiver,  mais  de  l'été.  J'avais  pensé  que 
notre   mot   pourrait   venir  de  ÎA=>,  pousser,  parce  qu'on 

dit  j>-J)  'jtjo  z=z  LuJLi,  mais  je  crois  qu'il  faut  éliminer 
cette  idée,  car  on  dit  ^^SJ^  ^y  ou  iùoL^,  avec  et  sans 
l'article.  Par  contre,  ^J^  o^l  est  le  vent  qui  pousse 
671  avant. 

21,  7:  gâmis,  de  ^"^-^^^^  s'épaissir,  se  figer,  geler;  se 

dit  de  toutes  choses,  et  non  seulement  du  beurre  qui  se 
fige  ;  voyez  les  dictionnaires.  El-Asma^î  a  donc  eu  tort 
de  taxer  Dû  er-Rummah  d'inexactitude  lorsque  celui-ci 
dit  ,j^\^  ili!  LA  VII  p.  341.  C'est  que  ^w-*:> appartient 

aux  dialectes  du  Sud.  Par  contre,  iA4.=>,  qui  dans  la 
lurah  est  :=  j^*s.*::>,  est  dans  notre  dialecte  déborder,  se 
répandre  par  dessus  les  bords  z=  .àjuio".   En  Hdr  et  dans 

le  Nord,  A^-  a  les  sens  des  dictionnaires.  ..^^jcj  ^wçrîP 
fSoj^  j^^\ ^J>^l=>,  est-il  vrai  que  chez  vous  la  mer  gèle? 

La  glace  est  justement  appelée  ^j^l:>  ou  «AJb>  par  les 

Bédouins  des  hautes  Montagnes,  où  l'eau  gèle  souvent 
en  hiver.   En   H(.lr,  j'ai   entendu  ^,--vvo>  et    .J^  dans  le 


638 

même  sens.  On  applique  ^c-*".o>  aux  matières  grasses,  aussi 
bien  qu'à  l'eau  :  (_5^L>  tU,  eau  gelée,  comme  L  A  XVIIl 

p.  160,  12:  L.w>  tUt  Lvc>. 

21,  8:  makrîb,    ou    kërîb.    Dans  l'Arabie   du  Sud, 
v_;y,  0.  i.,   est  allumer  le  feu,  et  particulièrement  celui 

qu'on  fait  hors  de  la  maison.  <-jJ^,  le  foyer  de  bois  al- 
lumé, autrement  appelé  ^My>,  soit  dans  la  maison,  soit 
en  plein  air.  Ce  feu  est  >-^.Xa,  pi.  wo.LjCa,  ou  wo/,  pi. 

^^.  Yisûwûn  krîb  finyâm  em-stâ"  ma  kân  ^ùd 
k  ë  b  î  r,  on  fait  un  krîb  dans  les  journées  d'hiver  de 
n'importe  quel  bois  grand.  Dans  l'ouest  du  Yéman,  ces 
expressions  sont  peu  usitées.   Selon   un   homme  de  W. 

Ramâdah,   près   de  Ta'^izz,  on  y  dit:  lXjs^'  ij^\  j;^®^ 

anciens  du   pays  disent  vj^'  v/'»  ajouta-t-il.  Au  pays 

des  Murâd,  v/^  Gst  =  iAjy«,  et  l'on  y  allume  le  v^X*. 

J'ai  entendu  ^^/  et  ses  dérivés  à  Dofâr,  àDîsetenHdr; 
je  l'ai  constaté  chez  les  gens  de  Dt,  du  paysdes'^Awâliq, 
des  Yâfl ,  de  Harîb-Beyhân,  de  Mârib  et  des  Murâd.  ^j^ 

4>I^  JyJJ!  |-^P^  LjLot^,  notre  feu  a  continué  de  flamber 
toute  la  nuit,  me  dit  un  Diyêbî  dans  le  W.  Meyfa^ah.  A 

5  o  3  i 

Aden,  ^^  est  un  tison  ardent  et  ^S'S-,  se  chauffer  au 
feu.  Le  feu  que  nos  paysans  allument  dans  les  champs 
est  un   .-^^L«.   Ceux   qui  ont  voyagé  sur  le  Nil  ont  vu 


1)  u:*»^»   '"^''•'  L*^   ^^  c«^'   ^'■'  ^"  --•   u=^  ®^^  " 


639 

ce  feu   de   roseaux   des   rùfara,  gardiens^  allumé  toute 
la  nuit. 

Le  poète  Dô'an  dit  dans  une  longue  qasîdah: 

L  ;,  *  <^  ^^  s_A_=>5   Là_a_^l*v  ^_j_<'J!  11 

^^^L^ULJ    p-^-xaJ     vy^-^  J*r^-    *~^^ 

:         '+  o ,  ^ 

11.  Za  guerre  est  notre  coutume^  et  les  biens  qu'elle 
nous  procure,  c'est  notre  butin.  Lorsque  la  guerre  se  lève 
le  soir,  nous  7ious  apprêtons  le  lendemain  matin. 

12.  La  mer  {z=.  le  sultan)  ne  diminue  pas,  et  rien  ne 
la  trouble.  Si  elle  remplit  (envahit)  le  feu  flambant  de 
l'ennemi,  il  s'éteint. 

Le  sultan  Fadl  b.  'Abd  Allah,  grand  oncle  du  sultan 
actuel  de  êuqrah,  a  fait  cette  rairgâzah: 

Hâdem-masûrah  bâdiyeh  ma  qàtte  gèt 
Ma  si  telà'  li  nigde^)  fi  hâda  yesîb. 
La  bâla^)  wud-dôleh  hârib  gêsem-gebal 
La  hàuwanu  fîha  ta  fi"  gamrem-karîb. 


1)  Prononcé  la  m  la,  et  voyelle  ^i*-'    par  un  indigène. 

2)  Mon  ins  i-^^,    mais  mes  Datînois  prononçaient  A:S^j. 

3)  Clianté  bii-l  a-wii  d,  de  ^^Ij,  comme  dans  la  grammaii-e  clas- 
sique, Wrigth  Gr.,  I  p.  21  c,  et  conformément  au  génie  de  la  langue. 
Dô%n  dit  dans  une  qasîdah  : 

^^'  r'^'  c^  o'^'  o^^^**^  ^^    hr^  ^  ^=^V  ^'  ^'^  ^^ 

(Ju'o)it  ilil,  dans  leur  conseil,  les  purlcum  de  fusils,  qui  altcllent 
les  serpents  lui.r  jours  du  lahouraije  (les  combattants  à  la  guerre)? 
Cf.  Sîb.-Jahn,  Comment.  iSîrâfi  pp.  38,  41 .  Noideke  B  Z  S  S  W  p.  17,  note. 


640 

w^x^      'A?     ,i     J^     ^     «il:.    ,c^    Lo 

C'es^  ^à  wne  chose  nouvelle  qui  ne  s'est  Jamaie  vue  ; 
Il  ne  m'en  revietit  aucun  résultat  acceptable. 
Si  les  daulah  font  la  guerre,  la  troupe  de  la  mon- 

[tagne  est  détruite. 

S'ils  se  montrent  conciliants  à  ce  sujets  les  charbons 

[incandescents  du  karîb  s'éteignent. 

Dô^an  y  riposta  par  ce  zâmil  : 

Ma  Vide')  daqqèytu  ^alP  yâ  sâhebi 
Di  sàqqasel-lahbah  udi  sàbbel-karîb 
La  m  m  a  laqeytu^)  kulle  min  "âdali  sîlim 
Mà^ad  yidâwi  wag'^àha^)  réret-tabîb. 


Lo  U  ,^ 


1)  Prononcé   gàt,   ^ei  ou  git  :=  o-L^. 

2)  Ainsi  exige  le  mètre,  mais  on  chantait  m  a'^âd,  tout  en  déclarant 
que  ce  zâmil  est  mal  fait.  Au  quatrième  hémistiche,  on  chantait 
mà'ad  et  ma'^âd,  car  ■->«  w  est  devenu  une  particule  et  elle  est 
ainsi   souvent   traitée  dans  la  poésie,  soit  — ,  sans  que  le  d  reçoive 

une  note.  V.  Gloss.  s.  v.  et  s.  v.  v_îl3-. 

3)  Ecrit  par  un  indigène  i^-vj*^  '• 


4)  Le  mot  est  ^~>^i    mais  Dô'^an  en  a  fait  ici  ^^3    et  l'on  chan- 
tait: w i-w a è'^â-h â",  ne  pouvant  faire  autrement! 


641 

Vous  ne  m'avez  pas  encore  informé,  mon  ami,  qui  a 
[attisé  la  guerre  et  qui  a  soufflé  sur  le  feu, 
Lorsque  vous   avez  trouvé  ceux  qui  en  so?it  sortis 

[sains  et  saufs. 
Il  7i'y  a  plus  que  le  médecin  pour  guérir  sa  douleur. 

Au  lieu  de  v/^»  o"  dit  souvent  ^^f,  avec  permutation 

des   labiales.   j.^</i  =  v_jj}C^.   On   ne  doit  pas  le  confondre 

avec    un    autre    ^^,  citigler:    o|;^L>  iilÔÎ    qv^^.,    ^^^ 

cinglent  la  boule  avec  le  bâton  dans  le  jeu  o^,  espèce 
de  golf.  Un  de  mes  Datînois  disait  même  toujours  vs^^S  ^/ 
au   lieu   de   v-j/,  de   même  que  qaramat  muddetah 

=  \j"Jc<!   u>Or>>    S071  terme  est  proche.    -.:^^->-L.  ^^J^  cr^'' 

le  lait  est  chauffé  avec  la  pierre,  et  le  lait  ^y^.,  bout. 
C'est  là  la  manière  des  Bédouins  de  Dt  de  chauffer  le 
lait  !  Cette  permutation  ^)  n'est  pas  rare.  ^j=>  et  vj>  9dr 

Gl.  s.  V.  ;  le  syr.  w^àd,  Prov.  et  Dict.  Gl.  s.  v.,  et  j»jo;  ^^o 

et  j.lj>o,  moisson,  propr.  coupure  du  blé  ;  v'j^  ^t  ^f>,  faible, 

déjà  relevés  par  Neswân  el-Himyarî,  le  premier  cité  par 
D  H    Mûller    Z  D  M  G   XXX   p.   705,  et  le  second  par 

Wetzstein    Z  D  M  G    22    p.    139  ;    ^\^   du  sab.  j.!y<*, 

sanctuaire,  comme  l'éthiop.  9^fl\/^'9"^),  contr.  àFraenkel, 
FW  p.  274'').  Du  temps  d'el-Muqaddasî,  p.  85,  ^oj:.\  ^l 


1)  Déjà  constaté    pour    le   sabéen    W  Z  K  M    VIII  p.  253,  ZDMG 
1894  p.  652. 

2)  v'r^    "®  vient  donc  jia.s  de  DIDD,  temple,  comme  onlitduns 
Ges.-Buhl  H  W  H  p.  105  s.  v.  -|-)D. 

3)  jaax     vient  du  sudanibiqiic   jO,    Gloss.  s.  v.,  et  est  de  la  nn'me 


642 

était  prononcé  ^<XLi\  v_jL  Je  pourrais  donner  une  liste 
d'une  centaine  de  mots,  rien  que  pour  la  langue  clas- 
sique, où  cette  permutation  a  lieu.  Zimmern  V  G  S  S  §  106. 
Notre  wo^x/i  me  fournit  l'occasion  de  passer  au  minée- 
sabéen,  où  nous  trouvons  ce  thème  l_j/.  Nous  savons 
que  le  mot  y^  des  inscriptions  sabéennes  désigne  une 
chose  et  un  titre.  Comme  nom  d'une  chose,  il  faut  sans 
doute  le  prononcer  mikrab  ou  plutôt  mekrâb,  car 
cette  prononciation  est  indiquée  par  l'éthiop.  mëfVil^ 
nom.  loci,  comme  9"W'/5.'n,  temple,  chrétien  ou  juif.  Cette 
identification  a  déjà  été  faite  par  A.  v.  Kremeren  1866, 
Sùdarabische  Sage  p.  27,  note.  Elle  fut  adoptée,  et  avec 
raison,  par  Glaser  dans  ses  Mittheilungen  p.  83,  appuyée 
de  l'autorité  de  Praetorius.  Dans  le  même  ouvrage  p.  80, 
Glaser  dit  :  „lm  Maériq  heisst  jeder  heidnische  Tempel 
(nicht  jûdischen  oder  christlichen  Ursprungs)  Mikrâb, 
Maukab^)    oder    Muqâma."   Je   n'ai   pas  été  dans  le 


provenance  que  la  plupart  des  autres  inots  cultuels  de  l'Islam.  Cola 
n'a  pa.s  ("tr  relevé  par  Becker,  Festsclirift  de  Noideke  I  :  die  Knnzcl 
im  Kullus  des  nllen  Islam,  ni  par  Scliwally  ZDMfi  !')2  p.  14()  et 
ss..  v'r^  senrible  aussi,  d'après  LAI  p.  '29G,  avoir  étô  très  courant 
dans  le  Yéman.  Le  sabcen  a  *j^  et  Vr^  i  Z  D  M  G  XXX  p.  704, 
où    D  H    IMiJller   a   déjà    constaté  la  permutation  des  labiales.  Je  les 

o  o 

prononce  f»'r^    et  *— j'-:^    parce  que  ces  formes  se  sont  conservées  en 

éthiop.  et  qqfen  arabe.  Ici  f»'*^  est  sans  doute  piiuiaire.  Voyez  en  outre 
p.  G45  et  note  1. 

2)  Glaseï'  répète  cela  dans  die  Abessinier  p.  48:  »v— ^5^  heisst 
noch  beute  Kapelle  oder  dgl."  .T'ai  consulté  l'Emîr  d'el-l.Iaqbah,  Ara- 
bica V  p.  70,  sur  ce  mot,  et  il  ne  me  donna  que  la  signification 
que  J'ai  exposée  Hdr  Gloss.  .s.  v  .  llommel  A  A  p.  190  donne  aussi 
»Ka[)elle  oder  iilinlicb." 


643 

Masriq,  c'est-à-dire,  le  pays  à  l'est  du  Yéman  proprement 
dit,  mais,  voulant  avoir  la  confirmation  de  cette  asser- 
tion de  Glaser,  j'ai  constamment  demandé  à  toutes  les 
personnes  du  „Masriq"  que  j'ai  trouvées  pendant  mes 
séjours  réitérés  à  Aden.  Jamais  cette  signification  n'est 
parvenue  à  mes  oreilles.  Dieu  sait  combien  j'ai  impor- 
tuné le  monde,  des  gens  de  Màrib,  d'el-Haqbah  et  de 
Beyhân,  mais  toujours  avec  le  même  résultat.  Je  le  re- 
grette, car  —  es  wâr'  so  schôn  gewesen  !  Pourtant  le  mot 

uj!,<xi  y  existe,  au  moins  par  tradition,  car  c'est  d'après 

Glaser,  apud  Nielsen  Altarab.  Mondreligion  p.  101  [des- 
cription de  Glaser  du  Haram  de  Mârib],  le  nom  d'une 
colline  avec  des  ruines,  oîi  se  trouvait  un  des  édifices 
cultuels  du  temple.  Mais  le  raisonnement  de  Glaser,  o.  1. 
p.  81,  à  propos  de  ce  mot  n'en  reste  pas  moins  très 
juste.  On  peut  discuter  sur  la  vraie  portée  du  mot:  s'il 
désigne  un  temple  ou  un  autel.  Le  mot  éthiopien  '),  étant 


1)  L'i(]ée   de   filaser   que    Mekka    provienne   de  ce  mot  est  tout  à 
fait   à    i-ejete,    malgré  l'appui  de  Winckler.  On  ponrrait  tout  au  plus 

pnnscr  à  Vj^-*»  car  avec  v'j^  ''^  syllabe  finale  longue  âb  se 
serait  immanquablement  conservée.  Admettons  la  forme  Makrab. 
Makr  aui-ait  alors  fait  Makk,  comme  Bakr^lîakk,  v.  p.  4.S2,  et 
nous  aiuions  Makkb.  La  fmale  sei'ait  tombée,  et  Ma  k  k  resteiait.  On 
lui  aurait  donné  la  désinence  féminine  des  noms  de  ville,  ou  bien  on 
aurait  alors  prononcé  Makk  a,  ce  qui  est  aussi  confirmé  ^avVUvitiàv 

i^^^lXo,  Noldeke  13  Z  S  S  W  [).  9.  Mais  J'avoue  que  cette  étymologie 
me  païaît  impossible.  Rien  ne  se  consei'vo  en  Orient  mieux  que  les 
uomina  loci.  Les  anciens  noms  des  Montagnes  autour  de  Mekkah 
s(mt  encore  vivants  dans  la  boucbe  des  tribus  qui  habitent  dans 
ces  parages.  Peut-on  vraiment  croire  que  le  nom  du  vénérable 
sanctuaire     se    soit     tellement    écorcbé:     de    Makiab     en     Makka? 

l"ps(   phitut  1<^J  =  Iv-oJi^,  qiie  noiis  triiuvons  (lansiOyJjij  Bekri  s.  v.. 


644 

le  même  que  le  v'/^  sabéen,  est  tout-à-fait  isolé  dans 
le   thème  In^fl.   Il   me   fait  l'effet  d'être  très  archaïque 

dans  la  langue  éthiopienne.  Notre  woyC^  n'est  pas  moins 

intéressant  quant   à  sa  forme.  Js-otà.^  est  rare  en  arabe; 

il  y  est  toujours  adjectif  qualificatif.  Est-ce  que  w*jX<i  se- 
rait tout  bonnement  le  sabéen  v_j!,</o,  prononcé  mekrâb 
ou  mikrâb,  devenu  ensuite  mikrêb,  niikrîb  et 
makrîb?  Je  ne  saurais  me  figurer  que  ce  soit  un  Jsil^ 
hybride  de  ^^.^ -  Cette  dernière  forme  est  un  J^  r= 
JytL«,  allumé.  On  ne  saurait  non  plus  penser  à  l'araméen, 

comme  p.  e.  |  o . ;i Vn  =  arabe  v|;j^>  car  les  dialectes  du 

Sud  n'ont  pas  été  influencés  de  ce  côté-là.  Comme  titre 
des  plus  anciens  rois   de  Saba,   vj^  ^oi^j   ^^.ns  aucun 

doute,   être  prononcé  vj^j  d'après  la  grammaire  arabe, 

bien  entendu,  car  nous  ne  connaissons  pas  le  schéma 
vocalique  du  sabéen.  Glaser,  dans  son  livre  die  Abessinier, 
écrit  tantôt  le  pluriel  makârib,  pp.  13,  22  et  29,  10 
d'en  bas,  tantôt,  p.  65  note,  mukarrib,  mukarrab 
et  makrûb.  Nous  savons  que  le  thème  ^^  est  très 
commun  dans  la  langue  sabéenne.  I.  Hisâm,  dans  son 
Tigân,  mon  ms.,  dit  :  J^  ^/^î  *^3>  ^  '^^  (^Ajw.  Cela 
doit  provenir  de  son  souffleur  en  titre,  Wahb.  b.  Mu- 
nabbih  [+110,  113  ou  114].  ^X  se  traduit  ordinaire- 
ment par  béiiir,  et  karàbu  a  déjà  ce  sens  dans  le 
Codex  de  Hammurabi,  Winckler  die  Gesetze  H.  p.  102. 
D'aucuns  veulent  que  "lia  é^  en  soit  une  métathèse 
Ges.-Buhl   H  W  B   s.  v..    <.-jX^  est  rendu  par  consacrer^ 

et  ^yis'    par  présenter  une  offrande,   J>^    (?),  pi.  ^\s\ 


645 

ou  ^*>^\.  Or,  je  me  demande  si  le  sens,  si  répandu  dans 
tout  le  Sud,  ^'allumer  le  feu  ne  doit  pas  être  le  point 
de  départ  pour  expliquer  celui  du  <^^  sabéen  et  de  ses 

o^  o_  o_  o_  ^ 

dérivés.    Les   vM^j  ')    ^^^-^^^àa-,    oî^-w^,    J.^Lvv<l,    .LLa.*,    lJLs^ 

indiquent  tous  une  place  où  se  fait  une  cérémonie  cul- 
tuelle, que  ce  soit  le  nom  du  sanctuaire  ou  seulement 
de  l'autel.  Les  trois  premiers  indiquent  que  le  feu  y 
jouait  un  rôle,  ainsi  que  Glaser  l'a  déjà  entrevu  dans  le 
Mittheilungen  p.  81  et  ss.  On  brûlait  beaucoup  d'encens 
dans  toute  l'antiquité,  et  l'Eglise  catholique  a  gardé  cette 
coutume  orientale,  comme  tant  d'autres').  Le  mukar- 
rib  serait  donc  le  Pontifex  maximus  des  Sabéens  (Glaser 
0.  et  1.  1.),  qui  avait  pour  fonctions  d'entretenir  le  feu 
sacré,  comme  les  Vestales,  et  de  brûler  l'encens,  peut- 
être  aussi  la  k<vjo,  sur  le  mekrâb  ou  mefhâm.  D.  H. 
Mùller,  W  Z  K  M  I  p.  102  et  ss.,  attaque  son  correli- 
gionnaire  à  fond  de  train.  Il  veut  que  ^S  soit  partout 
une  prononciation  pour  j./,  déjà  avancée  dans  Z  D  M  G 
XXX  p.  704,  et  signifierait  présenter  des  offrandes 
d'honneur,  parce  qu'il  trouve  dans  les  inscriptions  des 
juxtapositions  comme  v/-^  oo^  et  v/'3  oj^^^).  Or, 
du  moment  que  A>y  est  honorer,  il  faut  aussi,  selon 
lui,    que   ^S    ait   le   môme   sens.   Il   va   môme  jusqu'à 


\)   On  ne  saurait  dire  s'il  faut  a  ou  a,  mais  selon  l'arabe  toujours, 

J^À*   est  ici  mieux. 

2)  Sur  l'encens  et  l'onguent  dans  l'Eglise  du  Moyen  âge  en  Orient, 
voyez  Tazyîn  el-Aswâq,  Caire,  II  p.  1.5. 

3)  Faut-il    i)rononcer    kabâwidat,  kabaudât  ou    kabwadât, 

selon  le  hahitus  de  quelques  mots  sudarabiques,  p.  e.  JOv<-s?  Moniinel 
S  A  Chr.  p.  42. 


646 

prétendre  que  le  babyl.  v_j^,  brnir,  est  un  affaiblissement 
pour  ^y.  Nous  avons  bien  vu  que  ^^  peut  être  quel- 
quefois prononcé  j.^,  mais  j'avoue  que  le  raisonnement 
de  D  H  MûUer  est  peu  digne  de  sa  science  philologique. 

Selon  lui,  le  titre  ^X^  serait  vt^j  ^^^  ®^^  P'^^^''  rT^> 
honoré,  W  Z  K  M  I  p.  102,  et  ^^  signifierait  „rendroit 
oii  sont  déposées  les  offrandes  d'honneur  à  la  divinité". 
Avec  la  même  raison  il  pourra  dire  que  nos  v^/'  et 
v_ajX«  sont  pour  ^,^  et  f»^:^,  du  verbe  j.^,  pronon- 
ciation pour  '^S.  Dans  j.îj^  et  v'/^5  il  y  a  en  effet  le 
même  thème  avec  permutation  des  labiales.  Mùller  pré- 
tend que  ce  que  Glaser  dit  de  oî^-^  et  Oy*v«,  Mittheil. 
p.  84  et  ss.,  „est  tellement  à  tort  et  à  travers,  que  cela 
ne  vaut  pas  même  la  peine  d'une  réfutation"  ^).  Glaser, 
die  Abessinier  p.  65  note,  lui  rend  la  monnaie,  en  reje- 
tant son  M  u  k  r  a  b  =:  M  u  k  r  a  m.  Je  suis  d'avis,  moi, 
qu'il  faut  prendre  en  sérieuse  considération  l'idée  émise 

par  Glaser  à  propos  de  j>y^^.  Ce  mot  doit  bien  avoir  un 
sens  à  l'origine.  Lorsqu'on  dit  le  Souverain  Pontife,  on  ne 
s'imagine  guère  que  c'est  pontif ex  et  que  cela  se  rattache  au 
pont  sur  le  Tibre.  Cette  permutation  de  ^X»  en  j.yC«  peut 
avoir  existé  déjà  dans  le  langage  populaire  sabéen.  11  n'est 
pas  impossible  que  la  famille  de  haute  noblesse  ^LoyC*  Jî, 
qui  habite  à  el-Qasâb,  Arabica  V  p.  32,  et  que  Hamdânî, 
(jrézîrat  p.   98,   17,   appelle    qI-^^^  ^U  -^•ij,  tire  leur 


1)    Millier    lis.'iit    ^y^^A    rmiiine   '-^l^i*,    Rurgen    u.    Sclilosser    II, 

59,    S  D    p.    89,    et    c'est   à   cause   de   cela   qne  «Glaser  est  indigne 
d'êti'e  i-éfuté"  ! 


1 


647 

nom  justement  de  ce  mot.  ^Ly^  jT  serait  donc  ^J^\  Jt 
=1  j.yCIÎ  jT;   le   nisbah    en    est    ^_c^y^,  pi.   'i^JJ^.    Nous 

savons  par  Glaser,  die  Abessinier  p.  65,  que  les  Béni 
Makram,  une  des  quatre  subdivisions  des  Hamdân, 
sont  encore  les  chefs  des  Yâm  dans  le  Négrân.  Il  y 
ajoute  une  remarque  qui  trouve  son  application  dans 
toute  l'Arabie  du  Sud,  où  nombre  de  vieilles  familles 
sabéo-himyarites  sont  encore  puissantes.  D'après  'Omârah, 

éd.  Kay  pp.  134,  218,  269  et  278,  ^yU!  paraît  avoir  été 
un  titre  honorifique  dans  le  Yéman.  Mais,  bien  entendu, 
je  ne  veux  nullement  affirmer  que  ^^  provienne  ici  de 
v_jjS",  avec  permutation  des  labiales,  et  non  de  la  racine 
j»^,  honorer^  directement.  En  tout  cas,  il  ne  faut  pas, 
ce  me  semble,  confondre  le  thème  indépendant  ^^  avec 
la  variation  phonétique  ^S  de  v/* 

Le   sens  que  je  viens  de  proposer  pour  'Ss^  semble 

être  confirmé  par  celui  d'un  autre  mot  cultuel  minéo- 
sabéen. 

On  traduit  ,Vï^>  qui  se  rencontre  dans  les  inscriptions 
rainéennes,  par  prêtre,  Z  D  M  G  37,  p.  381  et  p.  403, 
Hommel  SA  Chr.  Gloss.  s.  v.,  idem  A  A  p.  184.  C'est 
lui  qui  devait  présenter  les  offrandes,  Z  D  ]\r  G  37  p.  404, 
ou  peut-être  le  prêtre  qui  rôtit  la  dabîl.iat,  bab.  zîbu, 
K  A  T  p.  595.  Il  est  évident  que  ^yi  est  une  variation 
de  i_5j-ii,  bab.  éamû,  brûler,  -b^  et  Ji^ii,  ji,y^^)i  qui 
se  rapportent  tous  au  feu.  Il  est  aussi  identique  à 


1)  Je  fais  observer  qu'on  mehii  saiiq  est  hrûloi\  tr.^  allumer,  et 
satàq,  oblii!,  ,'(rf  allumé,  brûler,  .laliii  M  S  p.  242,  sens  propre 
disparu  en  arabe. 

45 


648 

car  .Uiî  ^^  est  allumer  le  feu,  mettre  du  bois  au  feu,  L  A  X 

p.  56  en  bas  =  Sud  ^^jj^^jj^,  mettre  du  menu  bois  au  feu, 
attiser  le  feu.  Le  P.  Lagrange,  Rel.  Sémit.  p.  261,  com- 
pare l'arabe  „ç^^,  brider",  mais  les  dictionnaires  ne  don- 
nent point  ce  sens.  Cela  n'exclut  pas  que  ce  sens  ait  pu 
exister,  car  l'arabe  c!yixxi  =  yjd!  '■^^j^-,  fourgon  du  four, 
le  prouve,  ce  n'est  pas  pour  ^lJLo,  comme  le  croit  Fey- 

roûzâbâdî,  s.  v..  Il  est  le  seul  qui  l'enregistre,  l'ayant 
probablement  noté  à  Zebîd.  On  ne  doit  pas  oublier  que 
l'éthiopien  a  *^ahO.  sacrifier,  et  "/fl>-d  et  ia»<P*V,,  sacri- 

flcateur.  Il  est  hors  de  doute  que  le  c^Li.  ou  le  c'yi  (les 

deux  formes  selon  l'analogie  éthiopienne)  était  celui  qui 
offrait  l'holocauste  à  la  divinité.  Nous  aurions  donc  un 

pendant  du  ^"S^,  avec  la  différence  que  celui-ci  était  le 
chef  de  l'état  en  même  temps  que  celui  du  culte  reli- 
gieux, comme  le  Souverain  Pontife,  lorsqu'il  présente 
l'hostie  au  nom  de  la  Chrétienté  sur  l'autel  de  St.  Pierre. 
Le  feu  a  disparu,  et  le  sacrifice  a  été,  une  fois  pour 
toutes,  consommé  en  la  personne  de  Jésus  de  Nazareth. 
Voilà    pourquoi   les    Chrétiens    mangent   encore  l'agneau 

m  i  s  w  i ,   i^y^  ^),  à  Pâques,  et  les  musulmans  leur  ^^s^J» 

w  w  o     i 

•iûk_w)  à  la  Grande  fête  de  Arafah,  iÇçs^^"b5!  Ou^.  Voilà 
aussi  pourquoi  l'on   offre,    au   sanctuaire,   la  dabîhah. 


1)  Le  ^5y»«  «les  Arabes  correspond  un  s  uni  A  des  IJabyloniens,  K  B 
VI  p.  188,  39  et  p.  462,  K  A  T  p.  598,  2  et  note  2.  Les  ofliandes 
étaient  chez  les  I^abyloniens  considérées  comme  noiirritnre  pour  les 
dieux,  K  A  T  p.  594,  et  le  culte  minéo-sabéen  n'a  pas  dû  essentiel- 
lemont  dilfiîror  do  celui  des   liabylonicins. 


_  o    _ 


649 
qu'on   mange  ensuite,   rôtie  sur  le  ^_<-ï^.  Si  la  coutume 

des  iCc]^  de  la  fête  nuptiale,  dont  je  parlerai  plus  loin, 
est  un  reste  de  l'ancien  culte  sabéo-himyarite ,  ou  s'il 
faut  attribuer  à  ce  mot  le  sens  ^'accompagner^  cyi  et 
^^  se  mêlant  l'un  à  l'autre,  c'est  une  question  que  je 
n'oserais  aborder. 


3. 

Ez-zerîbeh. 

23,  2:  zarb.  v_j.j,  et  H(.lr  y.:,  comme  dans  les  diction- 
naires, n.  gen.;  io.j  n.  unit..  D'après  Forskal,  c'est  Rosa 
indica.  Mais  dans  le  Sud,  c'est  tout  arbre  ou  tout  arbuste 
ayant  des  épines^   branchages  épineux^   ronces.   Cela  est 

>     -  5    5  O- 

confirmé  par  p.  86,  26:  jfwJl^  ^\^\^  v.>J^f  Vi)?  ^^  6ra?i- 
c/iagfe  épineux  de  jujubiers,  de  Salvadora  persica  et  d'Acacia 
etbaïca,  dans  le  texte  beyhânite.  La  Rosa  indica  est  du 

v_;.:,   mais   ce   n'est  pas  là  son   nom   comme  plante,  v. 

Arabica  V  p.  11.  iù.j,  U7i  arbre  épineux,  mie  broussaille  épi- 
neuse, U7ie  branche  épineuse,  etc.  C'est  bien  là  le  sens  pri- 
maire dont  découle  une  partie  des  autres  du  thème  ^.y 

D'après  les  dictionnaires,  ^.j,  ou  ^ .;,  est  la  même  chose  que 

iLo^j  .  ^\  J^j  y_j^,  Hodeyl.  Wellh.  Schol.  p.  41 7,  L  A  V, 

p.  190.  iLo -,  sur  la  forme  passive  xloè,  comme  les  mots 

analogues   3,jyji=>,    s^Jsj^-,    5,^*12^,    3  ,jJj=>,  iLâj .  • ,  iCxjyii^,  suX-y^^ 

etc.  '),  est  donc  un  endroit  clos  de  ^.:.  A  présent,  v_j  • 


1)  Cela  donne  à  cioire  que  ilxjiAx  est  un    iJLoti    de  ■•«^-^ 


651 

ne  s'emploie  pas  pour  &^^j,  et  si  ^.-^  désigne,  dans  les 
poésies,  aussi  la  chose  faite  avec  du  ^.:,  c'est  au  figuré, 
layakar,  B  B  R  A  S  1902  p.  204,  donne  bien  pour  le  sahhî 

O  -  5  5  O 

v_j^^,  fold^  pi.  vi^jj  ®t  Stace  p.  80  v_j.j,  hadge  ofthorns^ 

mais  c'est  là  le  même  cas.  Jahn,  M  S  Gloss.  s.  v.  p.  239, 
le  traduit  également  par  Zaïm  \  ce  qui  est  de  la  même 
catégorie  que  son  samra,  Baumast  M  S  p.  277,  ma  cri- 
tique p.  28.  Si  cela  est  vrai  pour  l'Arabie  du  Sud  où 
^jj  a  conservé,  chez  tous  les  Bédouins,  sa  signification 
primitive,    on    ne   saurait   dire   de   même   de   ^.:,  haie, 

courant  dans  les  dialectes  nordafricains,  où  ^.u  ronces, 
n'est  pas  connu.  Les  lexicographes  arabes  n'étaient  pas 
mieux   renseignés.  LA  17  p.  2  s.  v.  ^o  dit  :  y-Ji?- ^jJt 

"^^^  o'-5  "^jj  lt^  ^^ci3.  ^  ^^  ^li  j*;^  J^-  ^^j^  ^ 
éy^    ^j^    'ij^^s\=>   ^y).     Vol.   I  p.   430,   il   s'exprime   de 

la  même  façon.  On  voit  que  ce  w>-.;ij>  ^^,  employé  aussi 
par  d'autres  lexicographes,  prête  à  la  confusion.  Ne  con- 
naissant pas  le  v_j.j  sudarabique,  les  savants  arabes  ont 
proposé  une  étymologie  lidicule,  en  prétendant  que  lj.: 
veut  dire   JckLi.    C'est  Abu   'Amr  (lequel?)  qui  en  est 


1)  Il  le  compare  à  l'assyr.  »zarâbu,  cincngen",  ce  qu'il  a  trouvé 
dans  Ges.-Buhl  W  B  s.  v.,  mais  cela  n'a  rien  à  faire  avec  notre 
V^j.  C'est  Thr-br.  3"iî,  zusammenpressen,  et  ensuite  capitonner,  >.sii , 

un  développement  de  ^j,  serrer,  d'où  découlent  aussi  O.j,  J3.j,  *  j, 
l*>)j,  avec  contamination  des  thèmes  .j  et  [•;,  à  sens  analogues. 
Les  ouvrages  de  Jahn  sont  remplis  do  ces  coq-à  l'âne. 


652 

l'auteur.  Cela  provient  sans  doute  d'une  ancienne  défini- 
tion qui  a  trouvé  sa  place  dans  les  dictionnaires,  bau- 
harî  dit:  ^^  y>^  \ô\  jJLJ!  ^^ji!  u\s.,  ce  qui  est  répété 
par  LA  I  p.  431  en  omettant  le  mot  lXïLJL Zamahsarî, 
A.  el-B.  I  p.  259,  s'exprime  de  même.  C'est  peut-être  là 
l'origine  de  Jw=>lX/«.  Dans  le  Sud ,  on  peut  bien  dire  v^j 
*jLiiJ  ou  jUxiî  ^}^,  mettre  du  zarb  quelque  part  powr  les 
moutoyis,   mais  on   ne  saurait  dire  i^j^j^'  V;3>  fO'i'^Q  ^^^^ 

z.  pour  'i^.jyi^  c?y*,  car  cette  phrase  signifie  seulement 
mettre  encore  du  zarb  sur  la  zarîbah.  Ce  dernier  mot 
veut  dire  aussi  bien  le  mur  en  zarb  tout  autour  que 
tout  l'enclos.  Il  est  employé  dans  tout  le  monde  arabe, 
même  dans  l'Intérieur  de  l'Afrique,  oià  les  Arabes  du 
Sud  l'on  introduit.  Le  plus  ancien  exemple  que  je  con- 
naisse dans  la  littérature  arabe  de  xo^j,  se  trouve  dans 
la  Hamâsah  p.  346'),  oià  elAhnas  b.  âihâb  dit: 

Tu  vois  les  chevaux  courir  librement  autour  de  nos 

[tentes^ 
Comme  les  chèvres  du  Hi^âz  qui  manquent  de 

[zarîbah. 

Un  rairgâzah  de  W.  Meyfa^ah  porte: 


1)  Aussi  Zaïnahsaiî  A  el-B  s.  v.  et  Yâqût  II  p.   l'29. 

2)  c>^*s  "^z  cv'-xs^,    ce   qui    ne   se    dit    que    chez  les  Diyiib  et  les 
tribus  voisines. 

3)  ^  "^î  —  L<;  voyez  le  Gloss. 


653 

Une  blanche  tomba  dans  du  charbon  ');  qui  l'a  amenée'^ 
Pourquoi   la   blanche  ne  sort-elle  pas  et  reste  dans 

[son  zarb? 
Le  jeune  homme  se  leva  lorsqu'il  (l'autre  ?)  le  frappa 

[avec  le  bâton 
Et^  aimant  les  discordes^  il  ne  désire  rien  moins 

[que  de  lui  faire  la  guerre. 
I.  Dâbî   dit   à  l'adresse  du   sultan   Muhsin  de  ^Azzân 
(v.  n°.  91)  dans  une  qasîdah: 

i^JjlX^^Îj  »jXAii>î  ^%  v_j->io^  wvir?  (•Tt^':'  ^î'-^J   'i<S\LA    liU  ^)   OV^j 

v_j^.jjL>  \Ji<J^^  ^^LwJf  L^  L>  ^5      L^^-rs^ui  j»iA*j_5  L^^-i  lA^-  Lo 

Je  t'ai  élevé  une  brebis  qui  donna  beaucoup  de  lait: 
Tu  la  trais  et  tu  bois  (le  lait)  clans  la  bonne  comme 

[dans  la  mauvaise  année^). 
Personne  ne  l'élève  pour  ne  pas  en  avoir  ensuite  la 

[graisse  *), 
Lorsque  le  voleur  lui  vient  et  jette  par  ci,  par  là, 

[le  zarb. 

De  ce  v_j.;  on  a  ensuite  le  dénominatif  *_j.j,  entourer 
de  zarb,  enfermer  dans  un  enclos  de  zarb.  Saràqt 
tentên  "anam  uwaddèythin  ilam-heyd  ugidart 


1)  Personne  ne  sut  m'expliquer  cette  phrase,  »Qui  connaît  la 
langue  de  ces  poètes-là",  était  la  réponse  à  ma  demande.  Ma  tra- 
duction est  à  tâtons.  Je  ne  .sais  mémo  si  L*i2-o  ett  blanche  ou  i»*i2xj  ucuf. 

2)  Var.  :  ci«-Oj,  a  clé  élevée.  Sur  isL:?Uxi,    voyez  le  Glossaire  s.  v.. 

3)  Littéralement:  pendant  l'épuque  de  la  verdure  et  du  manque 
de  pluie. 

4)  C'est-à-dire,  je  veux  que  mon  cadeau  me  profite:  toutes  les 
poésies  abouti.ssent  à  cela. 


654 

'alèyhin  fi  éarf  uzaràbt  "^aleyhin,  j'ai  volé  deux 
moutons  (chèvres)  et  je  les  ai  amenés  à  la  montagne,  où 
je  les  ai  enfermés  dans  ime  petite  grotte  devant  laquelle 
j'ai  fait  un  parapet  de  pierres  et  j'en  ai  bouché  Ventrée 
avec  du  zarb. 

Dans  un  récit  du  Haurân,  je  trouve:  essubëh  qô- 
taret  el-'^agûz,  uzàrabu  el-mà^'az  bis-sîri^),  le 
matin,  la  vieille  s'en  alla,  et  ils  enferynèrent  les  chèvres 
dans  l'enclos.  On  voit  que  ^^\  a  ici  perdu  le  sens  pri- 
mitif,   car   le   'iy^  est  un   enclos  de  pierres  à  hauteur 

d'homme.  v[;j^  ^st  l'endroit  où  se  trouve  du  ^-j.:,  n'im- 
porte où.  V;3  6n  est  l'intensif.  B.  Laqwar  dit  dans  une 
qasîdah  dont  j'ai  déjà  cité  un  verset: 

j^  VjjJ'  ^^f^y=>  U  lX*j  (^       ^/  ^^jù.  Jo  j,^l  -)  Mli!  Ju^sr^ 

Et  nous  louons  Dieu,  aujourd'hui  que  je  bois  de  l'eau 

[de  pluie, 
Après  que  mes  cousins  [contribules]  ont  mis  dw  z  a  r  b 

[sur  les  puits  [les  ont  bouchés]. 

Ensuite  Vjj  ^  pris  le  sens  général  à.' enfermer.  Zrùb^) 
tiyâbak  (ou  aksàk)  fim-sahharah'')  la  yitna^ta- 
1  è  y  n  ®),   enferme  tes  habits  dans  la  caisse  afin  qu'ils  ne 


1)  Seulement    dans  le  Nord.  Mais  le  mot  doit  î-tre  connu  dans  le 
Yéman,   car    une   montagne   à  Aden  s'apelle  «r*^    J^-î-r".  t*'^^'^    ^-:V^ 

Moqadlasi  p.  87. 

2)  Chanté   dal-la  1-y 6-me:    Alla   réduit   à  sa  valeur  phonétique. 

3)  D'autres  disaient  ïzrîb. 

4)  On    n'a    pas  de  ».l.:ï?u«    dans  l'Intérieur.  Objet  et  mot  d'Aden. 

-    o  -  o 

5)  Aussi    yitna'tarèyn,  qjJjiJuij,    thème  développé  de   Jo. 


655 

s'éparpillent  pas.  Cette  phrase,  prononcée  par  un  Bey- 
hânite,  fut  approuvée  par  les  ^Awâliq  et  les  Hadramites 
présents,  mais  les  Datînois  prétendaient  que  dans  ce  cas 
il  fallait  dire:  zlùqhin  fim-gùnieh').  Ils  rejetaient 
même  tout  emploi  figuré  de  ^jj-  Notre  mot  doit  bien 
avoir  une  étymologie.  Quel  est  le  sens  primitif  qui  s'y 
cache?  Dans  le  Gloss.  d'Arabica  V.  p.  294,  j'ai  avancé 
une  éventualité.  Wâhid  u  hù'  yesîr  fim-tarîq  us- 
Siidàleh  sf  éân  zarab  sà'ar  dîmeh  yà'^ni  yitràk- 
kez  es-sa'^ar  min  em-fazà^  quelqu'un  en  marchant 
sur  la  route  se  trouva  en  face  d'un  g  an,  cela  lui  fit 
venir  la  chair  de  poule,  c'est-à-dire,  les  poils  se  dressent 
sur  la  peau  {^.S) par  la  peur"^).  Là^,  ma''  bâtzûwighà" 

si\'  izrabet  sa%rati  minha,  ma  bâqderhà^  sf, 
non!  je  ne  veux  pas  l'épouser:  cela  me  fait  venir  la  chair 
de  poule,  je  ne  peux  la  supporter.  Ezràbet  sa^àrati 
min  hâdem-kalâm,  ce  langage  me  fait  dresser  les 
cheveux.  Mais  cette  locution  ne  s'applique  qu'aux  poils 
du  corps  et  non  aux  cheveux  de  la  tête.  Pour  être  plus 

clair,  on  me  l'expliqua  en  disant  que  c'est  comme  ^4?-^ 
j^Jui  J^  Vî^'j  ^^"5  épines  du  z a  r  b  sur  la  peau.  Le  verbe 
est  ^^j  et  v_j^^!,  puisqu'il  y  a  les  participes  v_r,tj  et  vjj^- 
Eh  bien,  je  suppose  que  nous  avons  ici  un  indice  de 
possibilité  étymologique.  Vjj  serait  donc  quelque  chose 
qui   se  dresse,   savoir  les   épines.  Pour  être  complet,  je 

1)  OJJ V ,   0,   enfermer,  mettre  cUdih,  hine{nschmeissen,=  ^s'y  o. 
Miiis  <-j    \ji.'\    et  v-J    '^jji  jeter  qqc. 

2)  Classiquement:  f-^i    ou  ^-oJ' ;  cf.  (j>aj    et  ^j-^jcù,  Ifdr  Gl.  s.v. 


656 

ferai  ici  mention  d'un  autre  sens  de  ^jj-  J^  ne  l'ai  noté 
qu'en  Syrie  et  je  l'ai  déjà  enregistré  dans  mes  Prov.  et 
Dict.  p.  36  :  couler^  dégoutter.  Un  dicton  syrien  dit  :  ^JsJî 
8jA_b  ^j^  Vjjr^)  ^^^  dettes  lui  coulent  du  cul  =z  Haurân 
K<y^  ^y,  /^=^-  o^A'-'j  il   est   criblé  de  dettes.  De  là  aussi 

probablement  ^^;,  cacare,  dans  le  ''Iraq,  Meissner  N  A  G I 
p.  125  s.v,.  La  lurah  connaît  aussi  ^U!  uj.;  —-  JLw,  LA 

I   p.   430,    14;    l'hébr.   Dllîî^,    déborder,  découler,  uj.;  = 

i-U!  J.X.WWO  LA  s.  V.,  v'';j^5  gouttière,  canal,  chald.  n"iDQlî., 

n'a  donc  pas  besoin  „d'être  immigré  en  arabe  par  une 
voie  araméenne,"   comme  le  pense  Fraenkel  A  F  p.  24. 

û 

v|;r*j  î-=lî-^  ^^  -^"''-  ^"^  ^^^^  ^^^  métathèses,  et  ._;.: 
n'est  nullement  „ secondaire",  Fraenkel  o.  1.  p.  25.  v'/-*) 
me  paraît  être  un  mot  indépendant,  de  ^\\ ,  coider,  L  A 
I  p.  207,  15.  Dans  notre  dialecte,  on  a  v_j^,  coider  pla- 
cidement et  sans  bruit.  ^"-^  J-rv^''  ou  vy*^»  ^^  torrent 
coule  sans  bruit.  Un  Datînois  l'expliqua  par  ^jL*o"s5i    U/ 

«JL^  oJ>  U  ^,-wJù  *v>,  comme  l'homme  lorsqu'il  marche 
sans  bruit,  personne  ne  l'entend.  Les  dictionnaires  ont 
aussi  JLv.  !J!  v_j-«5  ^U!  v_j.:.  La  coïncidence  est  surpre- 
nante. Faut-il  attribuer  au  maghribin  Cj.y  se  dépécher, 
se  presser,  Beaussier,  Fischer  Marokk.  Sprichw.  p.  222, 
la  même  provenance,  ou  bien  est-ce  le  même  dévelop- 
pement dont  j'ai  parlé  p.  627,  2,  renfermant  la  même 
idée  que  le  français  se  presser?  Une  autre  question  est 

s'il  faut  rapprocher  de  ce  thème  le  vieux  mot  iLo.j  tapis 


657 

velouté^  qui  se  retro.uve  peut-être  dans  v_j^j,  n.  géii.,  stores 

en  cannes,  ZDMG  XXII  p.  153-).  L  A  en  donne  cepen- 
dant une  autre  étymologie. 

23,  3:  sarr,    surr,   Arabica    V   p.    11,   Hdr  p.  349. 

Le  fruit  s'appelle  -o^. 

23,  4:  du  b  y  an,  nom.  gen.  Je  crois  que  c'est  Mwosa 
unguis  cati.   En   tout  cas,  c'est  un  Acacia  épineux.  Les 

lexicographes  voyellent  ^^'^  et  QL^j-i,  avec  permutation 

ordinaire  de  ces  voyelles,  mais  ils  n'ont  pas  su  ce  que 
ce  mot  signifie.  L'étyraologie  selon  les  radicales  d'Ibn 
Doreyd,GEHB  p.  167  en  bas,  et  des  autres  après  lui, 
n'est  que  l'expression  de  la  manie  ordinaire  des  Arabes 
d'étymologuiser,  chose  bien  pardonnable  pour  ce  temps-là. 

Cet  arbre  donne  du  \Ju-w,  résine,  et  croit  dans  les  mon- 
tagnes. Dans  ed-Dâhir,  à  une  demi -journée  au  n.  o.  d'el- 
Beydâ,  chef-lieu  du  pays,  il  y  a  encore  les  qLoJ»  ^]. 
Ils  sont  sédentaires  et  habitent  dans  des  maisons  de 
pierres.  Dans  les  inscriptions  sabéennes,  qL-jJ  est  un 
nom.  loci,  SD  Gloss.  s.  v..  Un  du  Duby  an  figure  parmi 
les  partisans  d'Abraha  dans  la  grande  inscription  de  la 
digue  de  Mârib,  Glaser  Dammbruch  p.  107  et  s..  Je  n'ai 
pas  besoin  de  rappeler  que  c'est  aussi  le  nom  d'une 
grande  tribu,  dont  la  guerre  fratricide  avec  les  Abs  est 
à  présent  mieux  connue  par  la  publication  des  Naqâid, 
par  Bevan.  Burckhardt,  Reisen  p.  078,  les  place  sur  la 
route  entre  et-Tâif  et  San'^â'.  Du  temps  d'el-Hamdûnî, 
ils  campaient  entre  Teymâ'  et  ^aurAn,  Géz.  p.  129,  15 


1)  Est-ce   que    le   bas    lat.    car/rila    [d'oii    le  fi-anrais  carpelle]  ne 
viendrait    pas   de   là  Voyez  Littié,  qui  le  fait  venir  du  lat.  carpcrc. 


658 

p.  131,  25,  où  ils  étaient  mélangés  de  Tâyyites.  On  les 
trouvait  même  dans  le  Haurân  actuel,  Gez.  p.  131,  6. 
Leur  marché  était  Hâmir,  (jez.  p.  180,  5.  D'après 
Turfat  el-Ashâb,  ils  étaient  un  des  sept  butûn  de 
Bakil,  descendant  de  Hamdân. 

23,  4:sarh,  plus  correctement  _^,  nom.  gen..  Cet 
arbre  n'a  pas  d'épines.  J'ignore  son  nom  latin.  Nôldeke 
Fûnf  Mo'all.  II  p.  41. 

23,  7:  kan  pour  ^1^  ^,!  Hdr  Gloss.  s.  v..  I.  Dabi  dit 
dans  une  qasîdah  (basît): 


La  balle  (^yo)  provenant  du  fusil  européen  et  du  fusil 

de  cinq  mesures  de  poudre  frappe  {^y^)  et  sort  en 

fcontinuant  son  évolution. 

Je    ne    me    sers  si  ce  n'est  de  plomb  pur  et  je  ne 

ft'attaque  pas  avec  des  écorces^). 

On  ajoute  même  "5f  devant  ^^1^  ^^!,  p.  e.  :  ^J  SJ!  oo^3  U 

UJic  oLL)  j^  r^iJG    ne    m'en   suis   aperçu    que   le  voilà 

qui   tomba  sur  nous.   Fleischer   Kl.   Schriften  I  p.  505. 
Cela  rappelle  cette  construction  chez  Tabarî  I  p.  1435,9: 


i)  Kn  Dt  on  dit  jàj  „_^..  Les  verbes  Jù,  Dt,  et  -*£,  lorsque  la 
balle  perce  et  pasuc  outre;  le  contraire  en  est  :  >Sj^  j.  c>-»^^  ^-'^^H"» 
/r<   ^«//c'  lui  resta  lugée  dans  le  corpt<. 

2)  Traduction  incertaine. 


659 
L-m3»  iJJt  *ij^  Lij^  "^1  ^^  ^],  ye  ?e  voyais  qui  tenait  à  la 

main  une  grappe  de  raisin  qu'il  mangeait,  tandis  qu'il 
n'y  avait  pas  un  seul  fruit  à  Mekkah:  ce  n'était  là  qu'un 
bien  dont  Dieu  avait  gratifié  Habib.  Mais  il  est  vrai  que 
cet  ^^]  peut  aussi  être  la  négation  =  Le,  et  la  compa- 
raison clocherait  alors.  Dans  le  dialectal  ^l^  ^  _  U,  ^ 
ne  me  paraît  pas  être  la  négation,  mais  la  conjonction, 
comme   dans  %^=."i    ^1.   Ensuite,   ^   est  élidé  et   ^ 

seul  indique  l'exception,  «yâ^î  ^ÀP  ^^1^  ^'■^^^  k  je  n'ai 
que  ce  couffin  de  "azaf.  Ceci  dans  tous  les  dialectes  du 
Sud  et  ceux  de  l'Afrique  du  Nord,  Doutté  T  0  p.  24 
N°  69.  La  négation  peut  aussi  se  supprimer,  comme  dans 
l'Afrique  du  Nord,  Stumme  T  T  B  L  Gloss.  s.  v.  ^1^.  Avec 

^t,  cette  suppression  est  très  fréquente  dans  tout  le  Sud 

En  voici  quelques  exemples.  Le  verset  qui  précède  ceux 
que  j'ai  rapportés  Arabica  V  p.  152  est: 

(jH*^jXijS\   Sij^  ^bC!!   ^_jjJs   ^jiij      ^,jw   '3.    (.IJoT^    l5^  Js^t 

Le  territoire  est  à  moi,  et  il  n'y  a  que  moi  qui  aie 

[le  don  de  la  parole. 
Qui   a   fait  venir  le  mécréant  près  du  pays  d'el- 
fe Aydaroûs? 
Dô'^an  dit,  dans  la  qasîdah  citée  pp.  524  et  543: 

Le  pays  de   Yàfb'  n'a  que  l'opprobre,  tandis  que  nous 

autres   réglons  l'affaire  par  une  guerre,   dans   des 

[jours  heureux,  sans  erreur. 


660 

Le   môme   Dô'^an  a  dit  à  l'adresse  de  son  adversaire. 
"Âtif  el-Murqusî: 

"=^  "  "  + 

,. .  f.  +  r  "   ,   ,   '  , , 

iLj_jt=j!    >-\*^-    1^3'^    J^^;     ^    J^ 

0  oiseau  !  apporte-lui  (ceci),  car  je  vais  t' envoyer  chez 

["Atif,  071  tu  n'arriveras  que  de  jour. 

Dis-lui:  les  messagers  de  Dô^an  sont   à  la  montagne 

[d'es-Sarrîyeh 
Où  le  guépard  rugit  des  broussailles  de  la  mo7itagne. 
Et  s'il  me  donne  un  démenti,  qu'il  demande  seulement 

d  Heydarah 

Qui  tient  en  main  les  bœufs  de  labourage  qui  se  ren- 

[contrent  en  traînant  les  herses  [=la  guerre]. 


1)  A  propos  de  cela,  mes  Datînois  firent  cette  réflexion  :  Jj'biLi  *»,ajl::^ 
So    'sLw    ^-^^3    (iinteli)     «c^^'    ^^t    c'est  drôle,  d'abord  il  le  met 

cm  7nasculhi  («v^)  et  puis  au  féminin  (  jj-^  et  ^^^p);  mais, 
ajouièrent-ils,  l'oiseau  du  poète  était  une  femellel"  Pour  l'histoire 
de  la  terminologie  grammaticale,  cette  phrase  est  imj)ortante,  car 
les  B(''flouins  n'ont  certainement  pas  traduit  le  grec  'dpptiv,  xppsviKÔt, 
de  Hpttv,  ni  ô^^vnéç,  de  ùti^vj,  mamelle.  Je  reviendrai  autre  part  sur 
ce  sujet  important,  déjà  touché  en  passant  dans  ma  »La  langue 
arabe",  p.  39,  ce  qui  m'a  valu  la  critique  absolument  gratuite  de 
Nôldeke,  Z  D  M  G  59,  p.  464,  qui  méconnaît  tout-à-fait  la  rjenèse 
de  la  Grammaire  arabe.  On  observera  que  je  dis  la  genèse.  Cf.  H. 
Winckicr.  AOF  III  p.  .S05,  note,  j*!:»  est  aussi  fém.  dans  la  lu  rah, 
LA  VI  p.  180,  15. 


661 
"Atif  riposta,  à  une  autre  occasion: 

B(fan^  de  ses  vallons^  a  donc  commencé  à  dire  des  vers 

[en  ragaz, 

Lorsqu'il    sut  qu'il  y  avait  devant   lui  deux   tireurs 

[de  fusil^). 

Ma^gar  des  ""Awâliq  Inférieurs  dit  ce  zâmil: 


O^^T-"    ^"^    ^      7^^   ^^1>^'    ^ 


J'az  w?s  une  pierre  dans  le  loâdi,  ô  vous  qui  réparez 

[les  canaux! 
Et  la  côte  reçut  la  pluie.  Je  me  suis  fixé  dans  un  wâdi 

[spacieux. 

0  vous  qui  voulez  (le   reste  incompréhensible),  et  le 

[commerce  ne  se  fait  qu'avec  circonspection. 

Il  se   met   un  fichu   sur  la   tête,   quand  mcme  la  tête 

[serait  malade. 
Fadl   b.   "^Abd   Allah   el-Fadlî  fit  cette  mirgfizah,  étant 
fîlché  contre   le   frère  du  traître  Moh.  Sâleh  Ga'far,  bien 
connu  par  mon  récit  „die  Hunde  von  "Azzân"  : 


i)  =11    n'a   que    doux    soldats,    lo    pauvre    homme,  et   iioiiitant  il 
fait  le  fier  en  coiii|iosaiit  îles  poésies  de  hiavouie. 


662 

ScUeh  vous  dit  des  balivernes  et  veut  de  vous  le  souper  ; 
Le  sultan  grommelle,  et  mon  cœur,  à  moi,  bout. 
Je  sais   bien   ce  que  je  dois  faire:  j'ai  donc  le  bâton 

[avec  moi. 
Et  nos  biens  sortent  des  bouches  des  oiseaux'^). 

"^Omân:  Qilnâlha:  kê  hena  nibra  illa  n^ûfu, 
je  lui  dis:  eh  bien!  je  veux  absolument  le  voir^),  Rôssler 
M  S  0  S  HT  p.  23,  9  d'en  bas.  ^1^  ^^(  peut  aussi  devenir 

^1^  seul,  et  de  même  ^^  ^^\,  comme  conjonction  condi- 
tionnelle, subib  la  même  élision  de  ^J,  non  seulement 
dans  le  Sud  de  l'Arabie,  mais  aussi  dans  l'Afrique  du 
Nord.  Àmût  kân  sâfni  Mehammâd,  je  mourrais, 
si  M.  me  voyait,  Jahn  M  S  p.  28,  20.  Kân  ^âd  ma^ili 
éi  ""askar,  s'il  a  encore  des  soldats,  ibid.  p.  48,  10. 
Kân  tibray  tet"'amîhâ,  si  tu  désires  en  goûter,  ibid. 
p.  54,  7.  Ukân  tibra'^ûni  sultan,  si  vous  me  voulez 
pour  sultan.,  ibid.  p.  59,  2.  —  "^Omân:  qultlu  ê,  sâni 
bâri  asîr,  kân  ma  tâtîni  kân  sâir  ''annak,  je 
lui  dis:  Hé!  C'est  que  je  veux  partir:  si  tu  ne  me  demies 
pas,  je  te  quitterai,  Rôssler  M  S  0  S  III  p.  9,  4.  S  î  r 
dauwàrlënâ  sûhh  kân  ma  sî"  ma^kum  fil-bêt, 
va  nous  chercher  des  dattes,  si  vous  n'en  avez  pas  à  la 
maison,  ibid.  p.  36,  3.  Kân  t  e  h  î  d  h  a  d  t  ë  f  à  d  d  a  1 
de  1  11  ni,  si  tu  connais  quelqu'un,  je  te  prie  de  me  le 
montrer,   ibid.   p.   39,  9.  Hallensîr .kân  se"  mMndu, 


1)  Cette  conception  bédouine  est  fort  lépandue.  C'est  une  trans- 
mission de  l'ancienne  cosmopçonie  orientale.  On  se  rappellera  la 
colonabe  de  Noé  et  l'oiseau  Phénix.  Voyez  l'Index  s.  v.  oiseau. 

2)  La  traduction  de  Rôssler:  ich  will  sie  ja  nur  sriien,  n'est  })as 
tout-à-fait  correcte.  Fleischer,  Kl.  Schriften  I  p.  507,  a  bien  analysé 
cette  tournure. 


I 


663 

îass  uns  gehen  (um  zu  sehen),  oh  er  etivas  hat,  ibid.  p.  39, 11 . 

Pour  l'Afrique  du  Nord  :  Stumme  T  Gr.  p.  142  et  T  T  B  L 
Gloss.  s.  V.  ^1^. 

Il  y  a  encore  d'autres  particules  restrictives  dont  je  ferai 
ici    mention.    Les    Datînois   disent   J^  L  ==  "^î  _  U    Ma 

h  al  hâdem-walad  If,  j'ai  seulement  ce  garçon.  L'éty- 
mologie  de  ce  J^  ne  me  paraît  pas  claire.  A  l'Est  de 
Dt,  c'est  m  a  11  a,  employé  comme  adverbe  et  comme 
conjonction.  L'emploi  de  ces  deux  particules  est  comme 
le  français  seulement.  Es  gibt?  M  a  11  a  hadâ,  Qu'as- 
tu  apporté?  Bien  que  ceci.  Eé  mà^ak  hàna?  M  alla 
gâlis  fi   halà^'i,    Que  fais-tu  ici?  Je  reste  seulement  ici 

pour  rien  du  tout,  Ba  Kâzim.  Cest  rr":§!  _  L.  Ce  malla 

ne  doit  pas  être  confondu  avec  une  autre  particule  sem- 
blable dont  j'ai  parlé  p.  352  note;  v.  Gloss.  s.  v..  M  al  la 
en  tunisien,  eh  bien!  donc!  Stumme  T  Gr.  p.  142,  comme 
l'égyptien  m  il  la,  Hartmann  L  L  A  p.  110,  12  d'en  bas. 

En  Dt,  il  y  a  une  autre  particule  très  intéressante  :  ^, 

mêr,  et  qui  s'emploie  comme  J>i  L»  et  Xo.  i^JJ^  '^^j 
je  n'ai  que  ceci.  C'est  une  contraction  de  yj  Lo  =  ^  Lo  zz:  jxé  Lo, 
par  la  prononciation  de  ^  comme  ^  et  ensuite  par  l'affai- 
blissement de  la  gutturale').  Déjà  au  pays  des  'Awâliq 
on  dit  ^  L.  Je  crois  que  Le  est  ici  le  pronom  conjonctif 
et  non  la  négation.  Ayant  perdu  la  conscience  de  la 
provenance  de  cette  particule,  on  l'accouple  même  à  ^. 
Ibn  Çoweydir  dit  dans  une  qasîdah  : 

i)  6âhiz,  K  el-IJayân,  Caire,  Il  p.  3,  raconte  une  histoire  où  yj: 

est    affaibli    en    ^L    nnais    c'était    là    une    iirononciation    individuelle 
défectueuse. 

46 


664 

I)zew,  dans  50?i  Livre,  n'a  déclaré  pur  personne, 
Si  ce  n'est  les  enfants  du  Prophète,   le  meilleur  du 

[genre  humain. 
Avec  ^y,  il  forme  même  une  préposition,  comme  nous 
venons  de  le  voir  dans  le  verset  p.  659  de  Dù'an.  Ce  qu'il 
y  a  de  plus  curieux,  c'est  que  la  même  particule  se 
trouve  chez  les  Bédouins  du  Nord,  mais,  cependant, 
seulement.  Socin  Diwan  III  §  54  e  en  a  très  bien  expliqué 
le  caractère   contre  Wetzstein,   ZDMG   XXII  p.  144; 

seulement,   ce  n'est  pas   ^  q,,   comme  le  croit  Socin, 

mais  yfs:.  li.  Ensuite  -ya  est  devenu  J-o.  J'ai  souvent 
entendu  ces  deux  formes  dans  la  bouche  des  Bédouins 
de  la  Syrie  et  même  dans  le  Haurân.  Lamma  gît 
raddeyt  ha  bar  utë'^addàrt  mink  ugultlak:  mâr 
usnit  ""aleyyi  ya^ni  isra  likalâmi.  Lorsque  je 
suis  venu,  fai  rapporté  la  réponse,  je  t'ai  fais  mes  excu- 
ses et  je  t'ai  dit:  de  grâce,  écoute-moi'^),  où  .L  me  fut 

expliqué    par    -J:^^'.  Gâlat    ummu:    yâbi    zammal 

wàna  mu^ayyeh,  mar  dahàlk^),  fukk  'ànneh. 
Sa  mère  répondit:  il  désire  un  homme  qui  lui  fournisse 
la  monture,  mais  je  m'y  refuse;  de  grâce,  laisse-le  donc! 
"Anazi,  récit  de  Hôtrôbî.  Il  est  intéressant  de  constater 
la  migration  de  ce  mot  avec  les  tribus  méridionales. 
Couime  il  n'existe  que  dans  notre  dialecte,  il  faut  croire 
que   les   tribus  datînoises   avaient  pris  part  à  cette  mi- 


1)  -oxo  =:  ^^_i-o.   Mais  -iUs   fut  aussi  paraphrasé  par  ry^' 

2)  =:  dU;>o,  je  te  supplie. 


665 


gration  vers  le  Nord.  Cela  ressort  aussi  des  restes  des 
tribus  émigrées  qui  demeurent  encore  en  Datînah,  prise 
dans  sa  plus  grande  extension  d'autrefois,  et  dans  les 
pays  environnants.  Dans  le  Nord,  le  ^  ne  s'affaiblit  jamais 
en  ;p,  excepté  dans  des  thèmes  où  cela  a  lieu  déjà  dans 
la  langue  littéraire,  comme  oUé  et  oUc,  et  encore  moins 
le  c  devient  simplement  a. 
Nous  pouvons  dresser  ce  schéma: 


1°  7ie 


que. 


lÀ*  ^t  l_JJOX 

le 

'^o^oj-      -    • 

— 

'^  o^  o'  -    - 

- 

lÀ*  yK  -  . 

- 

2°  seulement. 

Ij^  ^5j^  ]i 

u 

ÎÂ*    (^aXLc 

Dt. 


—  —    ^  Lo  :    'Awâliq 

—  -       ^û:EstdeDt. 

—  —      UÎt:  littéraire. 


Je  n'ai  que  ceci. 

Ici  L  peut  partout 
être  supprimé. 


J'ai  seulement  ceci. 


Ici  on  une  seconde 

négation  est 

impossible. 


Su  est  bien  "^t  Le,  correspondant  au  ^  Lo  des  'Awâliq 

et  des  Datînois  (raêr).   Le  littéraire  UÎt  offre  le  même 
caractère  que  mal  la:  Lo  -à-  ^^\,  au  lieu  de  ^^  ^]  Lo. 

Ce  -^  Le  se  rencontre  dans  la  lurah  comme  Lo  ^, 
quoique  avec  un  emploi  différent,  Nôldeke  ZGCA  §51. 
[js>f  "^  ^  ^^  K  el-Addadp.  138,  6.  Nous  le  retrouvons 
môme  dans  une  inscription  sabéenne:  SD  N°  31=::-DH 


666 

Mûller  Z  D  M  G  37  p.  397  :  _^c/3-  j^^  Jj^  ^)  ^J^  3Î353 
et  ils  continuèrent  la  mise  en  état  de  J^  à  Vexception 

de  son  ^JH.  jr^y;^,  à  V exclusion  de,  paraît  ici  faire  fonction 
de  préposition. 

23,  8,  11,  12,  13:  tu  m.  Observez  ici  un  seul  m. 

23,  8:  Kàbah.  La  description  est  claire,  mais  l'ori- 
gine du  mot  ne  l'est  pas.  Le  ^iqil  des  Hasanah,  Bû 
Nâsir  "^Awad  b.  Sa'^ûd,  dit  dans  une  qasîdah  (basît) 

iLj'i'_5     «y-r^);     d^Lw     ljJ>C     .-wJ     J!ïssi'     b 

Voici  ce  que  dit  Bû  Ndsir  :  Ce  soir  Je  jure 

de  faire  encore  un  enclos  et  une  kàbah  à  el-Fagg'^). 

Glaser,  Sùdarabische  Streitfragen  p.  24,  dit  que  les  deux 

jambages  verticaux  de  la  porte  s'appellent  'iJi,  pi.  ^|^, 
à  Kaukabân  et  à  l'ouest  de  là.  Arabica  V  p.  308  je 
déclare  cela  erroné.  Mais  à  présent,  je  crois  que  Glaser 
peut  avoir  raison,  car  le  frère  du  éerîf  Hoseyn  '^Abd  er- 
Rahmân,  emîr  Mârib,  lorsqu'il  me  visita  à  Aden,  me 
raconta  que  les  colonnes  en  maçonnerie  de  la  mosquée 
de  Mârib  s'appellent  iù'^,  pi.  oL-'i'.  A  Aden,  c'est  égale- 
ment une  colonne  en  pierre.  Nous  avons  vu  dans  notre 
récit  que  toute  la  fermeture  qui  barre  l'entrée  a  le  nom 


1)  '.-jAc  est,  d'après  les  sabéistes,  mettre  en  état,  herslclleii,  et 
je  crois,  avec  raison,  car  dans  le  Sud  >— 'Ac  me  fut  toujours  para- 
phrasé  par   ^?vLo.    Je   ne   l'ai    entendu   s'appliquer  qu'au  bois,  à  un 

pieu  auquol  on  donne  la  forme  voulue: -î^Aju  =  ^^.^iJu^  . 

2)  C'est-à-dire,  je  mettrai  bien  les  Ha.sanah  à  la  raison.  El-Fa^é  est 
un  teri'itoire  des  Hasanali  du  W.  Wa-jrr. 


667 

de  iùl^,  car  les  poteaux  s'appellent  ù^,  „^,  ou  iC-^l  c 
Je   crois   même   que  ce  mot  figure  dans  la  grande  in- 
scription de  la  digue  de  Mârib,  publiée  par  Glaser,  Zwei 
Inschriften    ûber   den   Dammbruch   von   Mârib.   Nous   y 
lisons,  Glaser  554  1.  13  et  ss.:  ^y^  j^jJLi  Kj^^  . . .  .^^Jsx:^ 

cr^"  r^^  '^^3  r^^>  o^  o^  o^^3>  ^)f  0^3  cy^*^ 
^^  ^lXJs  ^_50  qJj^^  [U-ià^  ^y^j  o^j^-  D'abord,  je  me 
demande  si  ^  n'est  pas  une  faute  pour  ^^y^,  qui  se 
trouve  deux  fois  dans  une  combinaison  analogue  :  n  au 
lieu  de  ^,  car  je  suppose  que  c'est  ce  s,  puisque  Glaser 
le  transcrit  par  D.  Si  c'était  n ,  l'erreur  serait  plus 
explicable.  Malgré  l'essai  de  traduction  très  remarquable 
de  Glaser  et  les  observations  de  Praetorius  Z  D  M  G  53. 
p.  8  et  s.,  je  n'ose  proposer  aucune  traduction.  jJtit  iû^ 

est  cependant  clair:  le  barrage  de  la  rivière.  ^"  ^XjI^ 
jjdàxj    ^^yu£    pourrait   bien   être,    si   ^^    est   juste,  = 

jjLà^3    JyJLlI    ^jN-o'    ^\    iùbo!,    le   barrage  qui  sépare  la 

rivière  et  M. .  Les  trois  iu'i'  sont  ici  l'objet  de  _^jÀc.  Le 

mot  revient  1.  80  :  ^^  ^^^*)  ....  ^  ...  .  (jJi^  js  ^Ai, 
ils  solidifièrent'^)  les  deux  barrages  de  B. 

Comme  l'inscription  porte  iùiy,  on  aura  prononcé  l'a 
médial:  ka'abat,  qui,  avec  le  temps,  serait  devenu  a, 
comme  jL  et  JLw,  Abu  Zeyd  Nawadir  p.  201,  ^J^  et 
,jiiL>,  ayu,  «yti,  ayti,  ta^'rah  et  lâr ah,  p.  368  ;  cf.  sub.  20,  5. 
Est-ce    que    le    nordafricain    ijJr,  serrure   de  la  porte, 

1)  Ou  quelque  chose  d'analogue,  JcJ  =  iji^J,  bab.  la  ni  ad  u,  ou  tXJ? 


668 

Sturame  T  T  B  L  Gloss.  s.  v.,  et  v.-^,  regarder  par  la 
porte  et  ensuite  entrer,  dans  le  dialecte  du  ""Iraq,  M  S  0  S 
VII,  II  p.  6,  pourraient  avoir  quelque  affinité  radicale 
avec  le  mot  en  question? 

23,  9:  'à la.  iU2£,  et  dans  ed-Çâhir  ''udah,  est  dans 
le  Sud  arbre  ou  arbuste  en  général  ;  ce  n'est  pas  un 
arbre   spécial,   i-os^,   comme  le   prétendaient  les  Q»J«r^", 

LA  XYII  p.   412,   17.  Le  pi.  est  ^^^^)  ou  ^^U>^.  Les 

lexicographes  paraissent  ne  pas  avoir  su  si  ^'LA:aE  est  un 

collectif,  avec  le  nom.  unit,  en  »,  L  A  1.1.,  p.  412,  12, 
p.  413,  4,  ou  bien  le  pluriel  de  jCa^c,  de  même  qu'ils  ne 
savaient  si  c'était  un  arbre  à  épines,  Lebîd  Hâlidî  p.  103, 
5,  Haffner  AL  p.  18,  15,  ou  sans  épines.  La  définition 
juste  se  trouve  dans  ces  mots,  LA  1.1.  9,  10  d'en  bas: 

suis  persuadé  qu'on  l'aura  confondu  avec  Li^ii:,  sLcsî, 
Tamarix,  le  ^  ayant  pu  être  affaibli  en  c.  Le  mot  était 
peut  être  plus  courant  dans  les  dialectes  du  Sud,  car 
je  ne  l'ai  jamais  constaté  dans  ceux  du  Nord,  et  cela 
expliquerait  le   vague  des  définitions.   Nous  lisons  dans 

Boh.  IV  p.  94,  en  bas  :  ^jJc>  *jJl.^  v'j^^"^'  *^'  Jv^j  u>^ 

^^ÎO^  Sy^^  Jl-«5  *JJ'    ôy^j    w%5    ^rb^    c>^à!i^    8^«    ^!    sj^a/to! 

jJClo  NJC-v^  Uii  ïLoaxil  -«j^  JJ^  ^^1^  _^.  Ibid.  V  p.  115  = 

p.    116:   o]»,    j.  j^^    iJLiJjJ!    n;c5' oî    L.«Jlî  aJJ!  Jyv;   ex  'ij^yi 

Uj  J.Iï^^,  '^y^f^x^  vi>^'  Jy3  ïLcaxii  ^yxis'.  Houdas-Marçais 
traduisent  aussi  correctement  par  arbres,  II  p.  404.  El- 


1)  Mais  'olâti,  mes  arbres. 


669 
Rarîb  el-Mosannaf  a  un  chapitre  intitulé  :  yLv^  xUsjtJt  i_j|j 
_>wi:Jî.  Hamdânî,  dans  son  Iklîl,  mon  ras.,  dit  ^^Luot  w^ 

Lf/^lî   LT^'lî    OV-''^    L?^'^3    Lf^j^^3    Lfj:^   ^y^  Cr   »1-^*-' 

et  dans  son  Gezîrah  p.  133,  23,  il  distingue  entre  A^sdw  «l-cac 

et  'sS^  sUox:,  qu'il  appelle  p.  134,  i.r:LMl\»)  îOoLiJ!  sLoaxit 
Nous  voyons  donc  que  ^^coc  est  arbre  ')  ou  arbuste  de 
n'importe  quelle  espèce.  D'après  Halévy,  Rév.  Sémit. 
April  1904  p.  180,  ce  serait  un  mot  soumérien:  is,  iz, 
babyl.  isu;  Winckler,  Gesetze  Hammur.  Gloss.  p.  96, 
bois^)^  de  même  que  ^j^c,  bois,  en  sabéen,  Hal.  520,  6, 
Naqb  el-Hagar  Hommel  A  A  p.  147  et  S  A  Chr.  Gloss. 
s.  V.;   hébr.   yv,   arbre.   Voyez  pour   les  autres   langues 

sémitiques  Ges.  Buhl  W  B  p.  554. 
Ahmed  Abu  Nigmah  dit  dans  une  longue  qasîdah: 

2)a^uj'î  '^\  L^j^o  -iyL^  y^li 

*)  J^'^r  ylijT  ^  ^±A«  _J_.^l  u>i'^ 


4)  Comme  le  suédois  trii,  bois,  de  trâd,  arbre. 

2)  Doit  être  »y>LvJî,  quoique  mon  original  porte  Sj^Lvjl.  Question 
de  la   faiblesse   du    —?  Mais  je  n'en  suis  point  sûr.  Ces  poésies  bé- 

douines,  surtout  celles  des  Bà  Kazim  contiennent  tellement  d'allu- 
sions, souvent  inconnues  même  aux  habitants  du  pays,  que  j'ai  eu 
beaucoup  de  peine  à  les  bien  traduire.  »Les  poètes  ont  une  langue 
à  eux",  me  disaient  souvent  mes  Bédouins.  Cela  explique  aussi  le 
fin  mot  de  la  poésie  ancienne. 

3)  Ainsi  l'original  pour  Uj^Lw.^.  C'est  que  dans  le  Sud  le  (_y  est 

souvent  prononcé  avec  un  léger  zézaiement  qui  rappelle  le  O. 

4)  Chanté  "as-re-l  û-wal,  ce  qui  donne  -^  — ,  tandis  que  le  pied 
aurait  dû   être    — ^-.   Mais    le   premier  est  aussi  un  pied  rag;az, 

■t  le  poète  n'est  pas  toujours  tout  à  fait  exact. 


670 

No2is  dominons  par  un  pouvoir,  au  dessus  duquel  il 

[n'y  a  que  la  sorcière: 
Nous  en  arrachons  ses  vices  comme  on  arrache  les  arbres. 
Les  B.  Sallâm  étaient  au  premier  siècle  (rancien  temps). 
E  n'y  a  pour  venger  le  brave  d'autre  fedû  que  l'ar- 
rachement des  arbres,  [l'anéantissement  de  la  tribu 

[ennemie]. 
Ahmed  b.  ''Alî  el-Hamyarî  chante  dans  une  qasîdah  du 
pays  d'el-Manqa^ah  : 

LjLat-wl    ^    «lX/cLc    i^^^    LjLjoî 


^^^^"^  ^^  cri  o'^*^"'  cr  ^y* 


J'ai  wa  demeure  dans  les  parties  orientales, 
Où  commande  le  Sam^ite  et  commande  B.  Farîd. 
Nous  avons  des  bêtes  fauves  qui  habitent  dans  ses  vallons. 
Si  les  ennemis  viennent  sur  notre  terre,  elles  les  en 

[chasseront  bel  et  bien. 
Elles  (les  i^^lfx.)  mangent  des  arbres  qui  y  poussent: 
Elles  mangent  du  g  a'^d  a  n  '-)  et  de  jeunes  branches  de 

[jujubier. 


1)  Le  pied  est  fautif. 

2)  J'ignore   le   nom    latin,    mais   ce   n'est  pas  le  même  arbre  que 


-,   k.   en-nabât,   Beyrouth,   Index   s.  v..   V.  la  Gezîrah  p.  134  où 
il  faut  lire  i!uA3q>    et  I.Idr  p,  350  note. 


671 
La  continuation  des  vers  cités  p.  653  est: 

^-5^^   ^J^   Lf*^   U^-î^   Cr^   O^   ^-^ 

Quand  même  elle  mangerait  les  arbres  amers, 
Bin  Larioas  serait  avec  moi  (lui  qui  est)  un  gros  gail- 

[lard  dévorateur. 

Laaw,  endroit  oit  il  y  a  des  arbres^  fourré  d'arbres. 
Isma*"  em-bill  yiqramôyn')  fim-mà^ia,  fentetids 
les  chameaux  qui  broutent  da7is  les  arbres. 

23,  14:  lirza'^zrpjy.  Sur  ^j^  voyez  Hdr  Gloss.  s.v.. 

c  jLj,  conclîire  wie  trêve  de  Dieu,  '^\..  Cette  signification 
a  probablement  été  motivée  par  le  fait  qu'on  place  un 

o 

monceau  de  pierres,  cU-o,  à  l'endroit  où  quelqu'un  a  été 

tué  ou  pillé.  C'est  comme  si  l'on  disait  nous  allons  faire 
des  ^.\^f   pour  ceux  qui  ont  été  tués  à  la  guerre.  C'est 

sans  doute  un  développement  de  3^,  être  ferme  ou  pxe 
dans  un  endroit,  cf.  (_*,.  et  ^J^v..  ^^jSi\  ^  ^^^^.^j  "=  >^  i.:^A.*iii:*vl, 
je  suis  resté  fixé  dans  un  endroit.  Aussi  transitif:  j^ 
jj"!  3  j"  _^^  cLal!  ^3  ;iil*ilj,  il  ficha  le  bâlon  dans  le  sol, 
et  il  y  reste  et  il  y  est  fiché.  Aussi  "^Omân,  R  0  p.  285. 
Un  sj"^  est  un  endroit  mémorable   où  une  personne  a 

1)  *yj,  a,  ne  se  dit  que  des  animaux,  comme  /ressen  en  allemand. 
Le  verbe  indique  véritablement  le  bruit,  le  grignottement  qui  se 
produit  lorsqu'ils  mangent.  Cela  est  aussi  renferma  dans  les  thèmes 

congénères  -^r*»  — ^-^  et  *^J5.  n^r*'  f7'^w'"i  pourrait  bien  ôtre 
l'origine  du  fiançais  rjounnand,  dont  l'étymologie  est  inconnue.  Le 
mot  est  usité  dans  les  dialectes  nordafricains. 


672 

été  pillée  ou  tuée,  ou  un  endroit  qui  a  été  marqué  de 
quelque  chose  pour  indiquer  un  fait,  comme  p.  e.  lorsqu'on 
fait  l'ascension  d'une  montagne  et  y  place  quelque  signe 
commémoratif.  t^,  place  de  réunion^  v.  Gloss..  Sur  un 
murùzzeh   on   fait  un  c!jy«.  On  s'explique  pourquoi  le 

classique  ^.  et  le  syrien  dialectal  ^  :  ont  pris  le  sens 
de  rosser  et  pourquoi,  en  Egypte,  ^3.  est  fourrer  tout 
dans  le  ventre,  manger  avec  gloutonnerie.  Ce  thème  ne 
figure   pas   dans   les   dictionnaires.    Le   Qâmoûs  seul  a 

c j.t  =  Q>^^  mais  L  A  considère  cela  comme  une  faute 
pour  jè  tjî,  ce  qui  n'est  pas  certain,  car  Feyroûzâbâdî  a 
très  bien  pu  connaître  ce  mot  au  Yéman.  Au  figuré, 
notre  verbe  est  également  employé.  A'bar  ''a la  fëlân 
irza%h  li  uqiîlleh  màna  si  halî',  'passe  chez  un 
tel,  fais-le  rester  là  et  dis-lui  que  je  ne  suis  pas  libre.  Les 
autres  développements  sont  l_jj^,  peu  employé,  -j^  ^),  j.j^ 
et  ^^j^. 

23,  15:  la  g  a   sâriq.   Une  phrase  analogue  se  trouve 
dans  la  poésie  rapportée  ici  p.  653. 


1)  En  Dt  stampfen.  C'est  le  >*;.  de  Hdr  Gloss.  s.  v..  Ayant  noté 
cela  aussitôt  après  mon  arrivée  à  Aden,  la  première  fois,  j'ai  con- 
fondu _  avec  >s,  ce  qui  est  très  facile.  Snouck,  Feestbundel  aan 
Prof,    de    Goeje,    p.    23,    26,    donne    le   proverbe  hadramite:  kesàh 

weyirzah:    il   est   estropié   et   il   danse.   Le  if^^.\\  est  la  iUvjJ  des 

Syrieiis  et  des  Iladar  du  Nord,  ^^jj,  donner  un  coup  de  pied  à  = 
i^j  Dt  =  class.  Ji».  En  'Oman,  ramassei\  aufheben,  développement 
de  j'ij,  0,  RO  §§  236,  260,  mais  o.  1.  p.  405  n".  87,  se  tenir  coi: 
qahba  erràzha  ahyar  min  horr  el-raàzha,  la  putain  qui 
se  lient  coite  vaut  mieux  que  la  dame  qui  rit.  Cela  rappelle  le 
sens  figuré  de  ^  3,    mentionné  ci-dessus. 


673 

23,  17:  dabgah.  Ce  thème  ne  figure  dans  aucun  dic- 
tionnaire.  ^j>,  i,   est   faire   du   bruit   avec  les  pieds  en 

marchant,  piétiner,  hommes  et  animaux,  =r  oc>Âiî  oyô, 

le   son  du  piétinement.  Inf.  ^j>  et  ^is^oo.  Dans  le  Nord, 

il  est  devenu  léLvi,  comme  lXj?^  et  l\;5^,  nier,  renier 
Dt,  comme  l'éthiop.  h/h^,  tigré  hrhA»  DiUmann  Lex. 
p.  824  et  ibid.  Mùnzinger  p.  36,  hébr.  "iPlD  ;  ,\u:>-  et  ^^5"  ^), 
pouvoir  Dt;  ^y>  et  ^^,  Fraenkel  F  W  p.  13  et  ses 
dérivés.  Le  dictionnaire  classique  offre  également  de  nom- 
breux exemples  de  cette  permutation.  Les  suivants  sont 

tirés  de  mes  notes  :  ^Â=^  et  Sf,  wij>L>,  meilleur,  et  v^'^î 
^  j>-  et  ^^ ;  (*jt>  et  ^,  museler;  Là:>  et  L^,  ren- 
verser un  objet,  aussi  dialect.  retourner;  iC*L>  et  jcJ^, 
stérilité  de  Vannée;  ^L>  et  ^V,  montrer  de  la  dureté; 
^y>  et  ^,  couvrir;  *$y-:>,  ^^jà>  et  dV-ç>(?),  ou:>,  ^S.*i», 
peter;  iU=>;,  iU:>;  et  iU/j,  profond  soupir  d'mie  femme 
en  mal  d'enfant  ;  ^J  et  é^.\  trembler  Muzhir  I  p.  224  ; 
^Ji  et  jvJC).!,  être  entassé;  ^X^'-  et  ^UC^j,  Muzhir  I  p.  224 ; 

^x-w  et  iîu«  ibidem  ;  ^  «pitv^  et  ^i)^.jty^,  ibidem  ;  ^  et  yCc, 
revenir  ;  J^  et  ^"^,  manger  *).  Cf.  Vollers  Z  D  M  G  50 
p.  612  et  Ges.-Buhl  W  B  sub  litt.  D. 

Le  passage  de  „  en  o  est  encore  plus  fréquent,  voyez 
Gloss.  s.  V.  „  et  o.  La  langue  littéraire  en  fournit  de 
nombreux   exemples.  Pourtant,  il  est  fort  rare  que  dans 


1)  La  langue  arabe  et  ses  dialectes  pp.  GU  et  66.  Aussi  en  éthiop. 
et  en  tij^ré,  o.  I.  s.  v. 

2)  Pour  les  significations  plus  précises,  on  n'a  qu'à  voir  L  A  s.  s.  v.  v. 


674 
un  dialecte  ^  devienne  ^.  Dans  le  nôtre,  je  ne  connais 
que  A^,  i,  =r  JJij,  transporter.  Js^^^o",  transporter  à  plu- 
sieurs reprises.  'sS^  =r  xUi  :  ..^^1^  ici^,  une  charge  de  bois  ^). 
Il  y  a  affinité  radicale  et  séniasiologique  entre  ^oo  et 

„L>,  dont  j'ai  parlé  p.  369;  mais  il  y  a  aussi  contami- 
nation avec  Cjù.  Avec  renforcement  de  la  prononciation 
de  la  lettre,  se  développe  ici  le  renforcement  de  la  sig- 
nification, et  ,.;^  est  faire  du  vacarme,  criaillier,  Sud  =: 

J!i>  Nord  et  Syrie,  Socin  Diw.  III  Gloss.  s.  v.  Cuche  s.  v..  ^). 


4)  Vu  l'isolement  de  ce  cas,  j'ai  aussi  pensé  que  Jw^  pourrait 
provenir  de  ,^^\  s' apprêter  1 

2)  Je  soupçonne  mî-me  que  le  sudarabique  ^,  retentir  (écho), 
résonner,  pvoduirc  un  bruit  sourd,  comme  lorsque  plusieurs  per- 
sonnes parlent  à  la  fois,  et  son  développement  w*-^'  de  sens  identique, 

sont  originairement  ce  ,svi3  avec  palatalisation  du  ija.  Avec  le  temps, 

celle-ci  a  disparu.  Socin  Diw.  III  Gloss.  a  *-^>-,  lautes  Gesclirei,  qui 

est  ou  notre  'iL^\j^  ou  &->-.  Cette  palatalisation  de  ij^  a  aussi 
laissé   des   traces  dans  la  lurah,  car  c'est  ainsi  qu'il  faut  expliquer 

eii^vliiî  =  «.i^lJa/toî,   Mufassal    p.    176,    4,   et  ^^f^^   ibid.    p.  195,  4 

d'en  bas,  I.  Ya'îs  p.  1387,  L  A  X  p.  87.  -sL'  tpxfL)"  et  -sL.'  ^vlsl)", 
ressembler   à  son  père   LA   IX   p.   92   13  et  p.  98,  3  d'en  bas.  Il 

n'est  point  impossible  que  Jj  et  (_p5,  jj  et  ^wi3,  lX^-o,  •  Vr^V 
"Ij^'p  (i-^,  au  contraire  est  une  métathèse  pour  |»lX-  frapper,  de 
lXJ    et    -^)    soient    de    la    mi''me    catégorie.    De   mî'me,  ,-n*:25,  Hdr 

Gloss.  s.  V.,  et  ^^,  j^  et  jJj.  A*i2:>  J^.  et  ^^^,  L.  A.  s.v. 
et  Muzliir  I  p.  228.  Le  syrien  tj^^JuisÂA,  touffu  =  J^*'^-  -^t^,  et 
J^aJ    («£^),  frapper.  Voyez  Gloss.  s.  v.  ijc. 


4. 

Er-râ'i. 

^^1^,  pâtre  des  jUc,  pi.  q^^^  et  très  rarement  ^-j^'.y 
'Oman  ra'at  RO  §§  109,  141,  Rôssler  M  S  0  S  I  p.  73, 
5  reât;  c'est  »£. ,  comme  ^^^K,  »Lo,,  etc.  ^).  Chez  les 
Bédouins  de  Tihàmah,  j'ai  relevé  le  collectif  ^'  r=  ^jJî^., 

comme  wJ^,  i-,  j4-j-  Hodeyl.  Wellh.  N°.  217  et  N°.  240 
V.  4.  Un  poète  habbânite  dit  : 

AjLiJî    ^l-^Cy  ")    _5^-^^    ol^    kit*JLÈ 

Zes  ^Z^es  des  Bédouins,  les  bergères  des  moutons,,  chan- 

[taient 
Pendant  que  les  hommes  pilaient  la  poudre  dans  le 

[mortier. 
'xjj^^j,  bergère,  qui  fait  au  pi.  oLxtlj,  et  qL*c^    indique  les 

deux  sexes.  Le  sens  de  w^^>  •t^t  hébr.  }n,  et  ni?i,  qui 
est  courant  dans  tout  le  Nord  et  en  "^Omân,  n'est  pas 


1)  El-Azharî  va  donc  trop  loin  voulant  limiter  ce  pluriel  en  disant  : 

(UiJ!    ^^y    o^y'-5    '^^    '^^J    '^^    ^    >^'^    L  A   19    p.  41,  12. 

2)  Chante  tel-bed-wû-ra^ 


676 

connu   à   l'ouest   de  ce  pays.   ZDMG  22  p.  115.    ^^\. 

Jv'i,  cavalier  qui  monte  un  dalûl,  ^Anazeh.  HiV  rû*"! 
el-bêt  el-kebîr,  karîra  el-lèhya  umin  agâwîd 
AHâh,  il  possède  une  grande  tente,  il  est  généreux  et 
l'un   des   nobles  seigneurs  de  Dieu,   récit  "anazî.   Socin 

G 

Diwan  III  Gloss.  s.  v..  q-«^-^'  ^^\  ^Lp-^  chez  Meissner, 

MSOS  VI,  II  p.  118  N°  20,  n'est  pas  heim  Leben  des 
Hirten  der  Schônheit,  comme  il  le  traduit,  mais  pa?-  la 

vie  de  ta  beauté.  RO  §§  109  et  Ul.  J^j^l]  ^^cl,,  bou- 
tiquier,  Rôssier  MSOS  I  p.  60,  9.  ^X-ClJ  ^^l,,  le  seig- 

neur  de  Maskat,  ibid.  p.  72,  6.  ^yr  _jj  ^^ç^^j,  le  com- 
mandant du  fort  ^A.  ibid.  p.  72,  13.  c^^^y'  [^^jy  ^^ 
propriétaire  de  la  maison,  le  chef  de  la  famille,  ibid.  III 
p.  15,  4=:=c>.->-^"  ^^*j>^o.  ^vvJî  3£,,  les  marchands  du 
marché  ibid.  I  p.  73,  5.  Un  de  mes  récits  de  'Oneyzah 
commence  ainsi  :  v_î'wii  si^^Lc  ^\^  ^^Jsl\  M  jyj:  Jî  a*.^ 

iè^l  (jUic  o^,  le  seigneur  de  '^Oneyzah.  Ici  jX*w«  ^^^, 
et  s^A^  ^).  disent  la  même  chose  que  ^^'-o  waj>Lo  dont 
j'ai  parlé  p.  457  note  1.  Màlgît  serîk  ûlâ  râ^i,  ye 
n'ai  trouvé  ni  compagnon,  ni  ami,  Hartmann  L  L  W 
N°.  81  Str.  8.  —  Je  laisse  sub  judice  si  le  mehri  ra, 
frère,  et  rayt,  sœur,  contiennent  le  même  radical,  comme 
le  pense  Vollers  ZDMG  49  p.  514  note  2.  Jahn  GMS 
p.  d  prétend  que  ce  soit  le  même  mot  que  J  avec 
permutation  de  .^  en   c.  Mais  les  exemples  qu'il  y  donne 

clochent  :  r  a  b  t,  =  iaj],  se  dit  déjà  en  Hdr  Joj',  ii*x  et  Jo^c, 

comme  ^yax!  et  ^y^^»  boyau,  dans  tout  le  Sud,  à  l'Ouest 
de  'Oman.   Le  môme   renforcement  du  a  initial  se  ren- 


677 

contre  dans  le  dâhirite  >_^j  pour  wo,',  lièvre,  mehri 
harnêb.  „Rabôr,  zusammentreffen''\  est  cité  comme 
exemple  de  ^=  ^et  comparé  à  l'hébreu  ,p5V,  an  Jemmiden 
voriiberkommen",  en  général  passer.  Mais  c'est  l'arabe 
_»£,  passer,  s'écouler,  variation  phonétique  de  ^  et  con- 
génère radical  de  ^.^,  ^lé.  et  ^^.  On  pensera  plutôt 
à  une  affinité  radicale  entre  ra,  rayt  et  le  mehri  rayg, 
homme. 

Un  fait  sémasiologique  m'a  toujours  intrigué  à  propos 
du  verbe  ^^j,  c'est  qu'il  s'applique  aussi  bien  au  pâtre 
qui  fait  paître,  pascere,  qu'à  la  bête  qui  paît,  broute 
l'herbe,  pasci.  L'hébreu  nv"i  est  dans  le  même  cas.  '»u^\. 

est  aussi  bien  bergère  que  les  bêtes  qui  paissent,  surtout 
dans  le  Negd,  comme  ïCa^Lo,  gros  bétail  =  'iji^^  ').  Je  crois 

donc  que  nous  avons  dans  la  première  acception  l'idée 
primordiale  encore  cachée:  ^.  renforcement  de  ^\.,  et 
^j£.\.  serait  alors  Aufseher ,  inspecteur  (in-spicere,  de 
specere,  regarder).  Si  l'on  considère  ce  que  j'ai  dit  de  ce 
thème  p.  487  et  s.  s.,  on  ne  saurait  mettre  en  doute 
cette  argumentation,  déjà  avancée  par  Barth,  Wurzel- 
untersuchungen  z.  hebr.  und  aram,  Lex.  p.  46  et  s. 

Le  singulier  ».*^.  n'est  connu,  dans  le  Sud,  qu'avec 
le  sens  de  gages  du  pâtre,  ni  le  ^^.,  pi.  LL,  de  l'Algérie, 
Bel  la  Djâzya  p.  109.  'ï.^^  est,  dans  le  Sud,  le  pluriel 
de  (jjyij,   agriculteur,   laboureur,  propriétaire  de   terre, 


1)    Leurs    synonymes     iixc.    et    i^cyo    sont    J'jjJtî    et    J«jiJw    de 
(jpj   pascere. 


678 

même  marchand^  liomme  de  métier.  Ce  n'est  pas  le  con- 
traire de  ^,J^,  car  celui-ci  peut  aussi  être  ^^^y  s'il 
s'occupe  d'agriculture,  Arabica  V  Gloss.  s.  v..  Le  déno- 
minatif (^y^jj",  s'occuper  d'agriculture.   Comme  un  ^3^] 

fait  toujours  partie  d'une  qabîlah  ou  se  trouve  sous 
la  dépendance  d'un   daulah,   le   chef  peut  dire:  un  tel 

est  un  de   nos  ra'^îeh,  U"*:^.  ^^,  un  de  nos  fellàhîn, 

comme  dirait  un  Egyptien.  Un  hadramite  me  dit:  El- 
Qa'^âtî    mitra'^wi    lil-Inkrîz,   le   Q.   est   le  raVi,  le 

vassal  des  Anglais.  Les  '^j  actuels  s'appelaient  Ju^  du 

temps  d'el-Hamdânî,  (jéz.  p.  86,  16.  On  sait  que  ce  mot, 
étant  singulier  hors  de  l'Arabie  du  Sud,  se  traduit  par 
sujet  '),  ce  qui,  dans  le  Sud,  ne  serait  pas  du  tout  exact. 
N'importe  qui  s'occupant  d'agriculture,  même  un  daulah, 

est  <^fy'  Une  qasîdah,  souvent  citée  dans  le  Sud,  porte  : 

Laissez-moi  me  balader  à  la  porte  du  château: 
Je  ne  suis  point  d'er-R.,  ni  de  T.  non  plus. 
Et    le   soldat  rHest  pas  de  force  à  ouvrir  sa  porte, 
Lorsque  les  gens  de  métier  et  les  marchands  partent. 

Chez  les  Bédouins  du  Nord,  iUc  ,  pi.  bic    est  une  troupe 


\)  Dans   le   lan^^age  des  Hadar,  hors  de  l'Arabie,  «s^v^;    est   siid- 

ditanza,  Untertanenschaft. 

2)  hal-lii-nï  — w  où  ,  gi  est  bref. 


679 

de  chameaux,   ^U  jL^.,   et    icJUi   pi.   L^Li  rr  Syrie  iotixi, 

tro^ipe  de  moutons  ou  de  chèvres. 
Une  autre   forme  assez   curieuse  du   môme   mot    est 

i^»r^y  r  a'^à  u  w  i  '),  pi.  5^,.  Le  pluriel  Jyù  est  assez  rare, 

mais  le  fait  même  qu'il  existe  est  fort  intéressant.  Il 
provient  surtout  d'un   singulier   JL«.    Belàuwad,   be- 

|Uwwid  ou  belûwid,  de  o^b,  ville"^).  Kalàuwam  de 
P^b".  Utrukù"  minna  luidem-kalàuwam,  laissezlà 
ce  verbiage,  propr.  ces  paroles,  est  une  phrase  que  j'ai 
entendue  plus  d'une  fois.  Mais  ce  pluriel  est  commun 
dans  le  mehri,  et  c'est  de  là  qu'il  vient,  car  il  ne  figure 
dans  aucune  autre  langue  sémitique^).  En  voici  quelques 
exemples  tirés  des  deux  publications  de  A  Jahn:  halêq, 
habit ^  halôweq  GMS  p.  41;  setôh,  espèce  de  plante, 
stôweh  p.  42;  bêqal,  espèce  de  plante,  bcqouwel 
p.    38;  dôfa",  buse,  crottin,  dafôwa''^)  p.  39;  hùmuq, 


1)  Comme  ^^t^Cs^,  Bédouin,  des  dialectes  du  Nord  et  de  l'A  trique, 

Meissner  NAGI  j).  H3,  Ilaitmann  L  L  W  p.  145,  24.  On  dit  même 
^c^IAj  Wetzstein  Z  D  M  G  22  p.  137,  Meissner  NAGI  dans  M  S  0  S 
VF,  Il  p.  82  N^  4  V.  2  =  ici  p.  409,  12. 

2)  Kn  IJdr  aussi  L>jJb    et    iAL  IJdr  Gloss.  s.  v.       3)  V.  Additions. 

4)    C'est  le   sudarabique   %Sji2   dont  j'ai    parlé   p.    4G4.  Jahn  M  S 

Gloss.  p.  174  dit:  »dôfa',  ]>!.  dawôfa'  [vgl.  ar.  %À>:o  FAcphcDilen- 
)itisl,  ,«Âo,  scheisscn,  iitli.  ÙV'Ù),  Kuli/hulen."  Dans  sa  G  M  S  p.  39 
il  a  oublié  son  «Knlifladen"  et  traduit  do  Çii'  \)îiv  y^Klcj/lianloniiisl". 
Comme    il    n'y  a  pas  d'éléphants  chez  les  Mahrah,  il  n'y  a  pas  non 

jihis   de   crulli»    irélrp/iiinl.    .lalm    a   trouvé  dans  le  Qâmoi'is   tftAiai'^ 

!>**-'  J^)  Cf'    qu'il    rnpi(>    tdut   court,    sans    s'aponcvoii'  di>  la  mon- 

47 


680 

abcès,  homôweq  p.  39;  taba"  «^  impression,  ta- 
bôwa",  M  S  p.  232;  taliz,  glissade  [sudarabique  ^, 
glisser,  butter^)]  tahôwez  p.  232.  Je  fais  remarquer 
en   passant  qu'il   y   a  d'autres   formes   plurielles  extra-' 

ordinaires,  p.  e.  vv^^j^,  vieille  femme  :  j*:^,  et  &j^,  même 

sens ,   lAjy;  ;  é^,  tisserand,  ^i>.y>,  p.  523  note.  Comme 

tous  ces  innombrables  pluriels  du  mehri,  dont  Jahn  a 
donné  une  liste  assez  mal  ordonnée,  mais  fort  instruc- 
tive, ne  figurent  ni  en  sabéen  (?)  et  en  éthiopien,  ni  dans 
aucune  autre  langue  sémitique,  on  ne  saurait  prétendre 
que  les  Habaé,  en  quittant  leurs  demeures  dans  l'Arabie 
du  Sud,  aient  emporté  avec  eux  une  langue  qui  soit, 
quant  à  la  morphologie,  proche  parente  du  geez.  Le 
mehri  est  si  nettement  caractérisé  par  sa  morphologie, 
surtout  les  pluriels  et  les  verbes,  qu'il  faut  lui  assigner 
une  place  à  part  dans  les  langues  sémitiques.  J'espère 
que  D  H  Mûller,  comme  résultat  glorieux  de  notre  Expé- 
dition-), nous  donnera  la  grammaire  du  mehri  et  du  soqotri. 


struosité  d'une  toile  traduction  du  mot  mehrite.  Il  est  intéressant 
de  lemonter  à  l'origine  de  ce  quiproquo.  L  A  X  p.  94  [=  T  A  V  p.  433] 

t  -  50  50-  50-- 

poile:  ^A)^  qI^Ij^  C)î;ir^'  '**-^^3  ^sxnl\  J.*ftj!_^  «3|;^"^'  q^'  i3i" 

o 

qLaao-^Îj  ce  qui  est  bien  autre  chose,  mais  Fej'roîizâbridî  n'a  copié 

que  les  mots  cités  plus  haut,  et  voilà  pouixjuoi  Jahn  a  trouvé  des 
clcphanls  chez  les  Mahrah.  Veut-on  un  exemple  plus  frappant  de 
la  Unzuverlàssigkeit  de  Jahn! 

4)  Voyez  ma  critique  de  cet  ouvrage  p.  29. 

2)  Que  0  Webcr,  Forschungsreisen  in  Siid-Arabicn  bis  zum  Auf- 
treten  Ed.  filascrs  p.  30,  a  jugée  avec  un  ceitain  dédain,  mais  il 
oublie  les  six  gros  volumes  qui  ont  été  publiés  jusqu'à  présent.  C'est 
au  contraire  la  petite  brochure  de  Weber,  bien  inutile  après  les 
livres    do   Zobrnp   et    de    Iloiiimcl,  qui  me  semble  l'tro  »mit  gro.ssem 


681 

A  propos  de  ^_^^,  je  me  permets  de  mentionner  un 
incident  de  la  vie  du  Prophète.  Il  a  défendu,  Qor.  TI  v. 
198,  IV  V.  48,  de  dire  LlcÎ^,  aie  égard  d  nous.  Les  mu- 
sulmans lui  disaient  cela  lorsqu'ils  voulaient  avoir  l'ex- 
plication de  son  langage  souvent  incompréhensible.  Les 
Juifs,  entendant  cela,  s'en  servaient  aussi,  mais  en  guise 
d'imprécation.  Probablement,  ils  avaient  en  vue  leur  VI, 
mauvais,  méchant.  C'est  ainsi  que  je  comprends  Beydâwî 
I  p.  77,  16.  Car  ce  mot  n'a  sans  doute  rien  à  faire  avec 

io^.,  imbcciliié.  Il  pourrait  tout  au  plus  entrer  en  ligne 

de    compte,    si   les    Juifs    avaient   dit  Lj^r,,   au  pluralis 
majestatis,  comme  le  croit  I.  Sîdah,  L  A  17  p.  41  s.  v.  ^^j. 

24,  8:  in^àq.  olxj,  a,  inf.  ^Jj6  et  oi^,  est  mettre 
la  main  fermée  sur  la  bouche  et  produire  un  son  répété 
comme  un  gros  pet.  Le  pâtre,  en  continuant  comme 
cela,  fait  suivre  le  troupeau.  Ce  verbe  est  très  classique, 
ainsi  qu'on  pourra  le  voir  dans  LA  12  p.  234,  où  il  y 
a  des  exemples  à  l'appui.  On  appelé  cela  aussi  J  -^j?» 
0,  inf.  iajy.  Ubrùt  lem-^anam,  appelle  les  moutons 
par  ce  son').  On  ne  dit  pas  J  -^^,  mais  je  crois  l'avoir 
entendu  chez  les  Bédouins  de  Syrie.  En  tout  cas,  J  d^^^ 
se  trouve  aussi  dans  la  lurah.  LA  0  p.  215  explique 
bien  le  sens  figuré  faire  fi  de  qqn,  auf  Etivas  pfeiferi. 
On  est  bien  tenté  d'envisager  -b^  comme  une  variation 


GeriUiscli  in  Szene  gesetzt"  pour  encenser  Glasoi',  l'ami  de  rauioiir. 
Personne  n'a  fait  plus  de  «Gerauscii"  autour  de  leurs  personnes  que 
la  triade  sabéo- judaïques:  Derenbourg,  Glaser  et  D  II  Miillei-. 

1)  -Ly,  0,  est  aussi  dt'frichcr  la  terre,  frayer  nnr  roidr,  cinrn 
Wvf/  nufhrcc/icn.  Sa"^  em-bôs  kt'f  barateyn  em-tarîq,  ri-'/urdr 
co))nnc  le  hclail  ci  tracé  imr  roule  e»  y  uHircIniiil  toujours. 


682 

phonétique  de  -h^^o,  mais  j'avoue  ne  pas  avoir  pu  trouver 
un  seul  exemple  d'une  permutation  de  (ja  avec  v  Dans 
le  Nord,  J  Jaij,  a,  veut  dire  la  même  chose  =  class.  i^ài, 

i,  Meydânî,  Prov.  II  p.  507.  Kltij ,  un  son  avec  la  bouche 
fait  de  la  façon  susmentionnée;  cf.  kIiàLic.  Muzhir  I 
p.  27,  8  d'en  bas. 

24,  8:  hod    behâ"    lil-heyd  =  serrihha    ilam- 
éebal  GO. 

24,  8:  wiqlibhar=r5ddeha  GO. 

24,  9:   unuwir-beha.    Les  ^Awâliq  et  les   Hadra- 

mites  voulaient:  Uj  ^^).  Je  demandai  pourquoi  cela; 
on  me  répondit:  briyidùwih  râsak  ubâtisqot  fim- 
sams,  ula  saqèyt  em-'ànam  min  ëm-mail.iàmi 
bâtidrôq  minneh,  la  tète  te  tournera  et  tu  tomberas 
au  soleil,   et  si  tu  abreuves  le  petit  bétail  d'eau  chaude 

(par  le  soleil),  il  en  chiera.  .y,  se  mettre  à  l'ombre^  ex- 
pliqué par  jL^!  ■=  jl^kj'î  =  jI*i2J"  =  JJllàJ".  C'est  surtout  se 

mettre  à  l'ombre  pendant  la  plus  forte  chaleur  de  la 
journée.  Bâlnûwir  hana  hubîyib*)  taht  em-'olàh, 
u  1  i  s  r  0  b  m  à  y  min  e  m-^a  r  b,  nous  allons  faire  halte  ici 
un  moment  soîis  les  arbres  et  boire  de  l'eau  de  l'outre. 

s.iy  et  3;'y-«  est  l'ombre  en  général.  iCùa*;!  b.ty  =  iwca*!'  iJ^lto, 
l'ombre  de  l'arbre.  ^\i,  ffiy,  ou  ioli,  ffiyeh,  est  l'ombre 


1)  y^    dans  le  Yéman.  C'est  aussi  se  reposer  en  mangeant  du  qât. 

2)  Var.    Il  11  I)  ('-y  yi  It ,    li  ii  h'i  y  y  i  1) ,    diminiitif,    comme    bU^^Li  du 
Nord,  V.  nioss.  s.  V.,  de  ^L^,  quclqur  Imips^  un  peu. 


683 
de  V après-midi^   causée  par   le   u*-».*^'!  Jî^-.   En   Dt,   ^Ji 

n'est  pas  employé  pour  b^y.  En  tu  teqùlu  fèy''  unal.i- 
n  a  le  (i  ù  1  n  ù  wâ  r  a  h ,  vous  dites  f  e  y" ,  mais  7ious 
autres  diso7is  nûwârah,  Dt.  Un  proverbe  du  Nord  dit: 
^jù\  y5^:^.  LJ  ^^..^-é-cioL.  (Aiicl,  reste  au  soleil  jusqu'à  ce  que 
l'ombre  te  vienne^  M  S  0  S  V,  II  }).  104,  3.  Nôldeke, 
ZDMG  5y,  p.  419,  considère  ^y  comme  un  dénominatif 

de  i^vJ,  nheure  de  la  lumière,  heure  de  midi,  car  l'ombre 
est  le  plus  nécessaire  lorsque  la  lumière  est  le  plus  intense  ; 
cf.   j^,  être  à  midi."  Cela  est  fort  probable.  Stace  p.  200  : 

^y  he  went  early,  et  p.  119:  he  yassed  the  day,  ce  qui 
est  fort  incorrect. 

Lorsque  le  sultan  Muhsin  accompagna  mon  expédition 
de  "Azzân  à  Bàl  Hâf,  par  le  Wâdi  Meyfa^ah,  il  donna 
toujours  l'ordre  de  faire  halte  à  midi  pendant  deux  heures. 
Je  ne  m'y  opposais  nullement,  d'abord  parce  que  cela 
n'aurait  servi  à  rien,  et  parce  que  je  savais  que  c'était 
la  Sounnah  du  Prophète.  C'était  sans  doute  une  an- 
cienne sounnah  des  chameliers  arabes,  motivée  par  le 

^^.-♦^!  j.^=>  dans  les  pays  arides  de  la  Péninsule.  Muhsin 
suspendit  son  sabre  à  un  arbre  et,  après  avoir  mangé, 
il  fit  sa  sieste  à  l'ombre  d'un  palmier.  Tous  suivirent 
son  exemple.  Cela  rappelle  en  tout  point  le  récit  de 
BoljArî  IV  p.  40,  deux  fois  [=rtrad.  II  pp.  318  et  3191, 
V  pp.  115  et  116:  :<U'JiJi  ^/i  <^jw  ^  .vjjl  dy^^  J^  ÛJiJ 

.1.JL  Et  lorsque  l'Envoijé  de  Dieu  partit,  il  [Gîibir  b.  ^Ab- 


684 

dallâh]  partit  avec  lui.  L'heure  de  la  forte  chaleur  (ou 
de  la  sieste)  les  atteignit  dans  une  vallée  où  il  y  avait 
beaucoup  d'arbres.  L'Envoyé  de  Dieu  fit  alors  halte,  et 
les  gens  se  disséminèrent  dans  les  arbres,  y  cherchant 
de  Vombre.  L'Envoyé  de  Dieu  s'arrêta  sous  un  acacia 
spirocarpa,  auquel  il  stispendit  son  sabre  ;  puis  nous  fîmes 
un  somme'^). 

Bohârî  I  p.  109  rapporte  les  Traditions  sur  ^jI^jL.  o!^*:^t 
^  sÂxi  ^  et  jsu^\  ^  ^\j  j>\^f:^\  z=  ib\(\.  p.  124,  qui  con- 
firment cette  sounnah. 

Le  Prophète,  avec  sa  maladie,  pouvait  mal  supporter 
la  chaleur,  et  il  dit  que  la  forte  chaleur  est  une  exha- 
laison de  l'Enfer,  ^S^  _\as  ^y,  ^  ^S^,  Boh.  1  p.  109  = 
trad.  I  p.  190,  L  A  IV  p.  50.  Le  terme  technique  ancien 
et  moderne  est  uyî,  se  rafraîchir  \  dialect.  aussi,  mais 
plus  communément  o^,  i,  o,  Voyez  Hdr  p.  367,  17  et 
p.  375. 

24,  10:  nissirha.  yio,  o,  sortir  ou  s'en  aller  après 
midi.  Bà  linsor  ma^  nisnâs  em-bîïrûd,  nous  al- 
Ions  partir  (cet  après-midi)  par  le  zéphire  de  la  fraîcheur. 
„jM  est  sortir  avant  midi,   yixjl,   s'habiller  d'une  façon 


1)  Nous  avons  ici  >iL:2£-  et  j^^,  niais  je  ne  sais  s'ils  sont  ici 
synonymes.  Peut-être  faut-ii  tiaduire  "sL^sr:,  -j)ar  broussailles.  Les 
traducteurs  ont,  pour  ce  mot,  tantôt  arbres  épineux  II  p.  318, 
tantôt  arbres  seulement  II  p.  319.  Voyez  ici  p.  GG8. 

2)  Var.  de  l'autre  version  p.  40,  5  d'en  bas:  ayS-Vi    c;/c>  . 

3)  Houdas-Marçais,  allcndre  la  fraîcheur,  ce  qui  n'est  pas  absolu- 
ment exact.  Le  abUaJLi  ÎjOjÎ  Boh.  I  j».  109,  5  d'en  bas,  est  par  eux 
rendu  par  allemlc:  la  fraîcheur  pour  faire  la  prière,  ce  qui  est 
iiussi  un  à  peu  près,  mais  je  ne  saurais  le  remplacer  j)ar  rien  de  mieux. 


685 

élégante,  se  parer  de  ses  plus  beaux  atours,  s'attifer, 
s'arrayiger  ;   participe  yi:j->i.  Halîmali,   fille   de   Farîd   el- 

^Awlaqî,  dit  dans  une  qasîdah  déjà  citée,  où  elle  se  moque 
de   sa   famille   qu'elle   trouvait  byo'o,  parce  que  son  pore 

assassiné  n'avait  pas  encore  été  vengé: 

Elle  (la  tribu  de  Farîd)  ne  s'attife  que  d'un  habillement 

[cher  qu'elle  met. 
Elle  sort  le  vendredi  portant  le  turban. 
C'est    le   synonyme   de   vj^-?    vj^^^-'  ^t  yc^î,    même 

sens,  =  ^jX:>l,  V.  Hdr  Gloss.  s.  v..^xio,  faire  sortir  après 

midi,  et  _j-w,  fai7'e  sortir  avant  midi;  .L=>,  o,  rentrer  le 

soir;  y^,  faire  rentrer  le  soir.  Ce  sens  de  yio  ne  se 
trouve  pas  directement  dans  les  dictionnaires,  mais  L  A 
VU    p.   64,   4   dit  :   ^^ycj    J.JJL  ^t  J;^i3  ^l  yUJt.  ^ 


1)  Lorsque  je  récitai  cette  qasîdah  à  mes  Datîiiois,  en  prononçant 
tin. s  or,  croyant  que  c'était  l'imparfait  de  y^,  o,  ils  dirent:  «Non 
il  faut  dire  tinsir". —  »Mais  vous  dites  toujours  tin.sor."  —  «C'est 

autre    chose."    C'est   que   le   voyellement   classique  J^-wij    n'est  donc 

pas   un   schéma   conventionnel   des   grammairiens.  Je  veux  bien  que 

le   dialectal  ^.«àj  pour  J-*»J,  se  confond  souvent  avec  Jotàj,  à  cause 

de  la  permutation  constante  des  deux  voyelles,  mais  ici  on  avait 
conscience  qu'il  ne  fallait  pas  les  confondre,  et  c'est  là  le  côté  inté- 
ressant de  cette  collection. 

2)  Se.  'iy*^  .  Mon  original  porte  ^»j^'f.t  ce  (jui  bri.se  le  mètre, 
«-w^"  pour  LiAw-Jj'  n'est  pas  non  plus  correct,  car  jamais  dans  le 
Sud  ah  n'est  pour  ha,  comme  dans  le  Nord. 


686 

v_j'LAiji,  exposer  les  habits,  les  étendre.,  les  déployer  pour 

qu'ils   prennent    l'air.   j>^\   k:^.:;^^    le  vent  s'est  levé  z= 

oA-^',  GO. 

^■^!  J.  ^ui-î  oj-i^',  le  menu  bétail  s'est  dispersé  dans 
le  pâturage,  et  on  l'expliqua  par  Uj  ^>.'o  ,^iij^  L  ^c^U'^, 

saws  (/z^e  le  pâtre  en  eût  connaissance.  C'est  à  peu  près 
ce  que  dit  LA  VII  p.  64,  7:  c>-îa3'  ^iùW  )S^\  oyi^'j 
L^t.  Q^  sj:  ^^,  par  l'inadvertance  de  leur  pâtre.  .xiJo!, 

se  ranger  à  la  file,  s'aligner,  s'arranger,  se  dit  des  soldats, 
des  composants  d'un  ^j;^  ou  des  danseurs.  Aussi  syno- 
nyme de  yijt.  Dans  les  deux  cas  l'idée  est  s'arranger, 
comme  en  français.  liOrsque  je  dis  une  fois,  pour  savoir 

si  l'on  allait  comprendre:  o|>^^'^^'  -^  aI'',  on  me  répliqua  : 

+ 

3-jiJÎ^  "^  pl^,  LJ.   ot^  oîyî^'   ^3-i;^j  ^'y^^'j  les  vivants 

font  sortir  {emp)ortent)  les  morts:  comment  notre  seigneur 
les  porte-t-il  au  ci7)ietiè?-e?  C'est  que  le  sens  théologique 
de  yio,  trans.  et  intr.,  ressusciter,  n'est  pas  connu  dans 
les  milieux  bédouins,  par  la  simple  raison  que  cette  croyance 
leur  est  étrangère.  Cette  réponse  fait  voir  l'idée  qui  est 
la  base  de  J^,  ressusciter. 

De  jjLi!!  oy^  provient  ï-cii  ou  syio,  bétail,  qu'on  ne 

dit  pas  en  Dt,  mais  ijui  est  employé  partout  ailleurs 
dans  le  Sud,  même  chez  les  Mahrah,  neserêt'). 

4)  Jahn  M  S  p  219  où  il  traduit  par  animal,  ce  qui  est  faux. 
Il  y  renvoie  à  la  page  136,  5  do  son  ouvrage:  ha  tii  bii  nesêr 
hîw«»n  a  g  11  w  6  m,  qu'il  rend  par:  auf  die  schwachcn,  sluinnicn 
Ticrc   bcdaclU.   Or,    hiwôn   aguwôra    est    nsUimmc    Tiet'c\   et  si 


687 

De   même   „^,    troupeaux  au  pâturage,   provient  de 

_ -w,  sortir  le  ynatin.  JUI  ic>j*v,  sortie  matinale  des  trou- 
peaux au  pâturage,  Négd,  voyez  Gloss.  s.  v..  Toutes  les 
significations  que  je  viens  de  rapporter  no  se  ramènent 
pas  sans  difficulté  au  sens  primitif  de  yco,  et  je  me 
demande  s'il  n'y  a  pas  ici  deux  thèmes  divers?  *iiiî  oy^ 
est  intr.,   mais  v'^'  /^  6st   transitif,   ce  qui  donne  à 

penser,  d'autant  plus  que  nous  avons  le  synonyme  ^, 
0,  class.  et  dans  les  dialectes  du  Nord:  suspendre 
pour  sécher,  ital.  sciorinare,  Meissner  N  A  G I  Gloss. 
s.  V..  Ce  serait  alors  un  développement  par  n.  Cela 
m'amène  à  parler  d'une  autre  signification  de  yco,  o, 
scier,  courante  dans  tous  les  dialectes.  Les  Bédouins 
n'ont  pas  de  .LC:j^,  scie,  mais  le  mot  est  employé,  comme 
dans  ce  zâmil  d'Al.iraed  b.  ^Ali  el-Hamyarî  de  Naqi.iân: 

Jk^'  ^col^!   J,   ^,fi^»)   !>-^      -LfiJLjj  .c>J^  -^'   ^y^   LI=> 


nesLT  (pi.  de  neserôt)  était  animaux,  il  y  aurait  deux  fois  la 
même  chose.  La  phrase  se  traduit  :'/»6fy)<Vt».<;  hcsliaax,  ((]ui  sont) 
dca  animaux  tnuclfi.  Jahn,  qui  traduit  eu  vers,  avait  besoiu  du  mot 
"schwach"  pour  faiie  le  mètre  ! 

1)  Var.   c>^-J*- 

2)  Il   lUiit  lire  *.>^Jtj!    .LiX>Uj,    pour  ne  pas  briser  le  fiiètre. 


688 

C'est  une  jeune  chamelle  qui  est  allée  au  pâturage  avec 

[les  autres  dans  les  montagnes  d'es-Sarrîyeh. 

Ceux  qui  secouent  les  cornes  à  x)oudre  sont  venus  se 

[poster  devant  elle. 

Lorsque  le  chameau  étalon  en  rut  la  vit,  elle  devint  pleirie. 

Ils  retournèrent  alors  et  la  laissèrent  errer  dans  le  loâdi. 

Un  radeau  {?)  que  nous  avons  fabriqué  avec  la  scie  des 

[Persans  et  avec  lequel  nous  fendrons  la  mer  en 

[long  et  en  large, 
Et  celui  qui  le  fabriqua  m'en  apporta  les  bois. 
Le  vent  d'est  les  a  transportés  chez  le  maître  des 

[jugements  ^). 

Il  n'est  pas  inutile,  pour  ce  qui  suit,  do  rappeler  que 

dans  le   Yéman   s^UxL,  est  faucille  dentée,   Manzoni  El 

Yemen  p.  124. 

Ce  thème  J:^,  scier,  coïncide  avec  yit  et  y^j'),  iit^ 
et  a^wù  qui  signifient  aussi  scier,  yi'  est  probablement 
ici  primaire.  Kûmil  d'cl-Mobarrad  p.  383  en  bas.  La  scie 
est  ^UcjLx),  mais  dans  la  1  u  j-  a  h  il  y  a  par  conséquent 
aussi  la  forme  .U^^,  devenu  ^L^^  L  A  V,  i).  80,  4,  pi. 

-yÎLi,    Nabirah   XIV   v.    12,   et  ^\j^.  G.  Jacob,  ABL 

p.  152,  écrit  misâr,  ce  que  Socin  W  Z  K  M  IX  p.  374 
trouvait  mauvais,  mais  Jacob  o.  1."  p.  260  maintient  sa 


1)  J'avoue  que  ma  traductidii,  Juste  (juant  aux  mots,  à  l'exception 
(le  »-àAw  que  mes  Datinois  ne  connaissaient  pas,  est  fort  obscure  quant 
au  sens  intrinsèque  des  phrases.  Ce  zâmil,  qui  est  dans  la  langue 
des  Bà  Kïizim,  se  rapporte  à  des  faits  à  présent  oubliés. 

2)  Exactement  comme  J    io'    et    njj,    faire  allcnliun  à  =  J   ^>.i. 


689 

manière  première  d'écrire  ce  mot.  Vraiment,  il  aurait 
dû  écrire  mi^'sâr  ou  mîsâr  pour  être  à  l'abri  de  toute 
censure.  Nous  savons  que  l'hébreu  a  "itirç,  ce  qui  nous 
renvoie  à  "ilïï'^iD,  .Uj-^.  Meissner,  qui  nous  donne  des 
mémoires  si  instructifs,  admet,  MVAG  1904,  Assyriol. 
Studien  II  p.  54  et  ss.,  que  le  mot  en  question  vient 
du  babyl.  n  a  sa  ru,  vermindern,  verkûrzen^  Abbruchtun, 
Del.  WB  p.  487,  et  il  voit  en  sassaru,  qu'il  incline 
à  traduire  par  scie,  une  forme  safal  de  nasâru.^LciJ^ 
serait  donc  l'instrument  avec  lequel  on  amoindrit  qqc. 
C'est  sans  doute  un  de  ces  nombreux  mots  culturals 
qui  ou  étaient  communs  aux  Sémites  ou  bien  venus  de 
ce  foyer  puissant  de  civilisation   qui  s'appelle  la  Baby- 

lonie.  Nous  avons  vu  que  }i.\.^J>^  est  faucille,  et  il  n'est 

pas  impossible  que  le  saassa-ru  sa  sarpi,  Meissner 
0. 1.  p.  55,  la  faucille  d'ctrgetit,  soit  la  faucille  de  Mar- 
douk.  Mais  Hommel  me  dit  que  la  faucille  de  M.  est 
plutôt  une  flèche  ou  pique  (babyl.  mulmullu).  L'arme 
de  Mardouk:  ||  s'appelle  gamlu  d'oi^i  gimel,  'yxi^f^x 
de  l'alphabet. 

Vis-à-vis  de  yiî,  ^^,  iw,  ati*»/,  et  yco,  la  question 
se  pose  de  savoir  si  le  dernier  thème  ne  serait  pas  un 
développement  du  premier.  Alors  le  babyl.  le  serait  aussi. 
On   bien   faut-il   voir  dans    -ccJ  la  même  procédure  que 

dans  le  nordbédouin  j.^.L'1  j.-ij!  et  j*.j54II  ^JiJ,  la  viande 
sent  mauvais,  Ildr  Gloss.  s.  v.,  le  tâyyite  j^^Lm^jJ  à  côté 
de   ^^LwJi,  le  sab.  ^t  et  ^^,  Iloramel  SA  Chr.  p.  56, 

le  bagdadien  mùljol  pour  munliul,  OS  I  p.  410N°28, 
et   lo    pers.-arabe    qUcwo  qui    a  donné  le  mésopotamien 


690 

^.,U^jî,    Meissner   NAGI   Gloss.    s.  v.?   Cf.   aussi  0  S  II 

p.  040  rarticle  de  T.  Witton  Davies.  I.Idr  p.  137  note, 
j'ai  rapporté  quelques  thèmes  amplifiés  par  n.  Un  pourra 
encore    y   ajouter  les   suivants  tous  courants  dans   les 

dialectes:  jj,  l.Idr  Gloss.  s.  v.,  et  j>j,  5'0?<^ez;er,  Dt  et  Nord, 

Socin  Diw.  III  Gloss.  s.  v.  ;  ^  et  ;^,  couper;  jiL:>  et 
<J^^  I.Idr  p.  35  ;  ^s^,  gémir  en  pleurant^  râler ^  et  class. 
,.^^  Boh.  V  p.  7,  5;  o^.-^,  aspirer,  Stumme  BL  Gloss. 

s.  V.   et   oJ-<iio ;  js  et  ^;sj ,    faire   %in  bond,  Df,  à  coté  de 

cjs;  ;^co'j  et  (ji^,  déborder  (eau  qui  bout)  Dt  ;  .yi  Dt 
et  Jij,  creuser  ;  „b,  Jh,  exhaler  une  odeur,  et  ^-^,  souffler, 
et  ,^,  comme  _li  et  J6  et  souffler-  Ji.  et  ;.^  souffler; 

Jaxj  et  -Li,  V.  Gloss.  s.  v.  etc.  Mez,  0  S  Festschrift  de 
Nôldeke  I  p.  253,  en  rapporte  d'autres,  qui  ne  sont  pas 
tous  sûrs.  11  les  fait  venir  de  la  forme  J>.*àji  (,<àj'),  ce 
qui  ne  me  parait  pas  probable.  Cf.  ici  p.  621  et  s.. 

24.  10:  mufra'=:|Ç^^Î  -  ^^5  ou  ;=  21^),  pi.  de  "xc^, 
pjdturage  au  pied  d'une  montagne  ou  sur  le  versa?it  d'une 
montagne,  le  plus  souvent  au  pluriel,  aussi  o'^^.  H  cor- 
respond à  peu  près  à  ce  qu'on  appelle  les  chaumes  dans 
les  Vosges. 

24,  10  :  u  ù  b  il  h  1  è  h  a  ■=--  L^  w^!^ ,  expliqué  par  cwi', 
le  participe  \jy!.  Le  verbe  est  \j^!  ou  w!,  ainsi  que  tous 
les   verbes   analogues,   Ilaffner   A  L  p.  56  en  bas.  I.  es- 


I)    l'iunoticé    t'iiV    et    frà^    lu   dernière    forme   est   sans   doute  la 
bonne. 


691 
Sikkît,  Haffner  o.  1.  p.  57,  dit;')  .^^^^^  Lo^  ^J  ^^^\  ^  ^^. 


=  o^        >— 


L^3  bJ.  Dô^an  el-Murqusi  dit  dans  une  qasîdah: 

0  toi  qui  tiens  le  gouvernail,  largue  les  voiles 
Et  fais  attention  aux  mâts  dans  la  mer  des  ténèbres  ! 
J  *jjt,  faire  attention  •=.  surveiller^  avoir  soin  de,  z=z 
Jic  \j^î.  Ana  ôbaht  es-surli,  j'ai  fait  attention  à  mon 

tr avait  z=.^^jtJ^,\{(\x.   Mais  ,j^  \j^',  se  garder  de  24,  21. 

La  négation  de  la  phrase  subordonnée  n'est  pas  pléo- 
nastique, ainsi  que  je  l'ai  déjà  dit  p.  567  et  s.. 

24,  11:  ed-deyb.  La  prononciation,  la  seule  courante 
dans  le  Sud,  n'a  rien  d'étonnant,  car  î  devient  ey  à 
chaque  moment,  de  même  que  ey  est  dans  la  langue 
mehri  bien  plus  commun  que  î.  Elle  paraît  même  avoir 
été   celle    des    Himyarites   selon    el-Bekrî    p.    388    s.  v. 

^.^LjJ>,r=  ^^v3JI,  et  le  nom  de  ^UJ JJ!  dans  la  Gézîrah.  D  H 
Muller,  S  S  p.  127,  a  raison  de  dire  que  les  Sabéens  ont 
dû  prononcer  ^L^^  parce  que  le  nom.  loci  est  écrit  ^i 

dans  les  inscriptions,  ce  qui  ne  l'empêche  pas  de  voyeller 
correctement   ^^3  dans  la  Gézîrah.   Le   ^-jLoi  ^  actuel 


1)  Mais  aussi,   et   plus  correctement,  i,i>v^î  et  c>>-çJ»i.  L*c  en  est-il 

une  variation  phonétique?  ^c^)    ^c^*:^)    /'^'"'t'  atlcntiot),  Douttô  T  O 
p.  22  N^  42, 

2)  v*--*j>    t'clâclicr,  desserrer,  larr/ucr,   terme  marin, 

3)  Prcjnonci'-  wnholi.  C'est  un  avertissement  à  l'adiesse du  sultan. 

4)  Musil,  dans  In  liullotin  de  la  Kaiser!.  Akad.  der  Wissenscliafton 
in   Wien,  Sit/imi.'   I !»(»:'.  N     XXV  p.  179. 


692 

du  Moab,  le  T-""!  ^^e  l'A  T,  est  écrit  dans  leLXX  Aoujoccv, 
Ges.-Buhl   W  B  s.  v..   Le   pi.   de   ^oi  et  wJ'^  et  vj^A 

mais  ce  dernier  seulement  =:  les  Diyêb,  comme  dans  le 
commencement  de  la  qasîdah  d'I.  Dabi,  citée  p.  497: 

I 


0  Bâ  Musallam,  ô  jeune  homme  des  chamois  (guerriers), 

Toi  qui  as  fa  demeure  parmi  les  guépards  sauvages! 

Tu   m'as  fait  ressouvenir  au  M*   No^mân"^),  d'accès 

[difficile, 

L'entrée  des  montagnes  d'el-^Aqq  et  des  vallons  des 

[Diyêb  (tribu). 

Dans  mon  Arabica  IV  p.  18  et  s.  s.,  j'ai  parlé  du  rôle 
que  joue  ce  mot  parmi  les  tribus  bimyarites  du  Sud. 
Je  traiterai  de  ce  sujet  plus  au  long  dans  la  Géographie 
de  Datînali.  On  a  beaucoup  discuté  la  question  si  le 
wo3  de   la  poésie  arabe  est  loup  ou   chacal.  Hommel, 

Siiugetiere  p.  303,  veut  que  le  loup  ne  puisse  exister  en 
Arabie,  parce  que  les  conditions  de  vie  lui  y  manquent. 
Cela  n'est  pas  exact.   Noldeke  s'est  occupé  de  la  chose 


1)  Ce    mot  est  curieux,  i^^,    inôulah,  mûileli,  est  le  pluriel 
avec   l'article    *',    voyez   p.   281    et   s.  s..  Le  poète  entendait  ce  mot 

A  A  . 

dans   les  autres   tribus,   car  les  Bii-Kazim  n'ont  jias  1  article  *',  et  il 
croyait   que   c'était  l'équivalent  de  ïlcj'    ou    Jîcj'.  Voilà  pourquoi  il 

y  a  collé  encore  une  fois  l'article  J'    de  son  pays. 

2)  Peut-être  aussi  Ja  monlminc  rien  Nu^tnûn,  Arabica  V  p.  222. 


693 

dans  le  Fûnf  Mo'^allaqat  II  p.  78  et  s.  et,  par  les  preu- 
ves qu'il  allègue,  il  rend  fort  probable  que  le  ^j>  ne 
soit  pas  le  chacal,  mais  le  ccmis  lupaster  ou  Schakalioolf. 
Hommel,  o.  et  1. 1.,  avait  du  reste  déjà  entrevu  cela.  Je 
me  suis  aussi   donné   beaucoup   de  peine   pour   trouver 

une  identification,  et  je  partais  de  ce  fait  que  le  woi 
dans  les  cris  de  rallîment  des  tribus  du  Sud  ne  pouvait 
être  le  chacal.  Le  deyb  rôde  le  jour;  il  attaque  le  bétail, 
même  l'homme,  s'il  a  faim.  Si  le  wo3  était  le  chacal, 
un  bédouin  n'aurait  pas  dit,  Hamâsah  p.  690: 

Tai  laissé  mes  moutons,  qui  aiment  mieux  un  loup 

[pour  leur  pâtre 
Et  qu'ils  ne  me  voyent  jamais  plus. 
Le  loup  les  attaque  une  seule  fois, 
Tandis  que  moi,  je  suis  là  tous  les  jours,  un  couteau 

à  la  main  '). 
Dans  le  récit  ^anazite  d'el-Hôtrôbî,  jelis:  U. el-Hôtrôbî 
dure"  bel-gôm  mi  tel  ed-dîb  illi  yidra''  bil-ranam, 
et  el-H.  fond  sur  l'ennemi  comme  le  loup  qui  fond  sur 
les  moutons.  Une  locution  bédouine  du  Nord,  très  cou- 
rante, est  :  KJLiJb  —v.^'  ^  ^'-V.  Lo  Ax«  -^jL-L  c  iAj  q"^. 
Le  Datînois  que  j'amenai  aux  Jardins  Zoologiques  de 


1)  La  traduction  de  Riickert  N"  G70  n'est  pas  bonne,  à  l'exception 

de  c:^5  j':  So  weit  Jinb  icii's  f/cbracht.  Le  second  verset  veut  diie 
que  lo  loup  n'attaque  un  mouton  (|u'une  seule  luis,  puisqu'il  le 
Mianpc  alors,  mais  le  pfitre  est  toujours  là  à  défendre  les  moutons 
avec  le  routcau.  (  f .   I  Sa  .1   VIII   j».  107,  2r{. 


694 

Berlin  et  de  Nice,  me  désigna  le  loup  comme  deyb.  Il 
reconnut  aussi  le  chacal,  qu'il  appelait  «^!  G uarmani,  qui 
ne  savait  point  l'arabe,  constate  l'existence  du  loup  en 
Arabie,  Zeitschrift  Allg.  Erdk.  1865  p.  213,  de  même 
que  Huber  Journal  p.  579,  qui  en  donne  des  détails. 
Meissner,  NAGI  p.  122,  et  Reinhardt,  RO  §28,  tra- 
duisent  ^^i  par  loupy  mais  cela  n'est  pas  une  preuve: 

ils  ont  suivi  les  dictionnaires.  Par  contre,  Manzoni,  el- 
Yemen  p.  71,  dit:  „Nelle  montagne  vivono  a  truppe  gli 
sciacalli  (ed-dîb);  è  pur  facile  nello  Yemen  l'incontrare 
délie  magnifiche  volpi  (ed-drim)')."  Je  crois  que  nous 
ferons  bien  de  ne  pas  douter  de  l'existence  du  loup  en 
Arabie,  et  pour  ma  part,  je  traduis  toujours  woi  par 
lowp.  Sur  les  loups  en  Abyssinie,  on  lira  l'article  dans 
la  Géographie  1902  N°  6  p.  428. 

24,  13:  ''ôqleh,  pi.  Jjjc,  est  synonyme  de  i,:^  ou  iwds, 
creux  ou  bassin  da?is  le  rocher  ou  le  ravin,  où  se  collecte 
l'eau  de  pluie.  Hess,  Bemerk.  zu  Doughtys  Travels  p.  5, 
dit:  „El-''5gele,  pi.  èl-'ogal,  Brunnen  mit  sûssem,  aber 
spârlichem  Wasser  in  einer  Ebene."  Il  est  vrai  que  la 
"ôqlah  est  située  dans  le  bas.  C'est  là  la  seule  diffé- 
rence, qui  pourtant  n'est  pas  toujours  ol)servée.  J^îj,  pi. 

Juiij^,  est  une  petite  flaque  d'eau  dans  le  rocher.  ^lï, 
pl.  o^  OU  o^,  se  rencontre  souvent  dans  les  ancien- 
nes poésies  :  Tarafah  N°  4  v.  30,  Mufadd.  N°  16  v.  28, 
Hodeyl.   Koseg.   N°    118   v.   20,   Bolj.   7   p.'  89,  Gezîrah 


1)  .îo    no    ronnais    pas   rc    mot.    D;ins    le    Snd,    j».0   vpiil.  dire  rire 
roiiil.  p.  o.   pipno,   ot,  d'iinn  fonimp,  f'Irr  polch'-r. 


695 

p.  138,  26,  Arâgîz  el-'Arab  pp.  88,  160,  186.  Huber 
Journal  p.  142:  „Qelté  est  un  radîr  dans  la  mon- 
tagne." Stumme  T  Gr.  p.  45:  gel  ta,  Pfiltze.  Marçais 
R  M  T  A  p.  473  :  icdi,  mare^  flaque,  d'après  Beaussier. 
L  A  II  p.  376.  Je  trouve  dans  mes  notes  sur  le  dialecte 

du  Negd:  „idis  est,  au  Negd,  une  fosse  dans  le  rocher 
où  se  collecte  l'eau  venant  d'une  chute  qui  sèche  en  été, 
tandis  que  l'eau  de  la  qellah  reste."  J'ai  réuni  toute  une 
liste  des  noms  des  collecteurs  d'eau  dans  la  langue  des 
Bédouins  du  Nord,  mais  cela  ne  fait  pas  partie  du  cadre 
da  présent  ouvrage.  Barth,  Et.  St.  p.  86,  veut  que  oiï 
vienne  de  ^hp,  m  sich  fassen. 

24,  13:  ma  silqît  =  cj^  ^,^  ^■ 

24,  14:  galabah  =  ^>Li:    ^j.\^  GO. 

24,  15:  m  an  a.  La  négation  avec  les  pronoms  per- 
sonnels suffixes.  Cette  particularité  des  dialectes  a  d'abord 
été  relevée  par  moi  dans  les  Prov.  et  Dict.  p.  91,  pour 
la  Syrie,  ensuite  par  Spitta  Gr.  §  32  b  et  Vollers  Lehrb. 
p.  34  pour  l'Egypte,  Snouck  Mekk.  Sprichw.  p.  59  pour 
Mekkah,  Stumme  T  Gr.  §183  pour  Tunis,  idem  MGT 
§  201  pour  Tripoli,  et  Marçais  Gr.  Tl.  p.  188  s.  s..  Dans 
notre  dialecte,  la  contraction  n'a  lieu  que  lorsque  le  pronom 
suivant  commence  par  une  voyelle;  màna  (non  ma  ni), 
ma  [a]  n  te  h  ou  mente  h,  milhna,  [parce  que  ehna, 
nous\  et  cette  règle  s'applique  également  aux  dialectes 
précités.  Cet  idiotisme  dialectal  est  répandu  dans  tous 
les  pays  arabes.  On  peut  dire  que  c'est  une  conjugaison 
négative  périphrastique  du  verbe  être,  comme  l'a  juste- 
ment fait  remarquer  Marçais  o.  et  1. 1.  Comme  les  formes 
varient  un  peu  d'un  dialecte  à  l'autre,  je  vais  en  donner 
un  tableau  synoptique  des  dialectes  ci-dessus. 

48 


696 


Pluriel 


Singulier 


^ 

o 

1 

*> 

9 
t-t- 

2 

c5- 

^a 

o 

co 

> 

D 
O 

c 

en 

2 
5' 

o' 

6 

3 

tsi 

"** 

jo> 

O 

S: 

D 

S 

c?". 

** 

o 

s 

g 

«J 

^-> 

j2 

C 

^o 

TO 

S 

O 

3 
a 

•73 

7 

g 

O 

si 

K» 

(* 

H 

1-^ 

P 

J^ 

H 

1 
>-5 

«1 

03 

1-^ 

« 

f 

m 

=-i. 
m 

s 

2  "    s  2  — 

o  a"  ^   s 

1»  ''•,  ri 

•  ^^.  O: 

tS    «>  ~ 

O         a      tJ^ 

o  «  — 
12;:;. 
<=  s 

•^  c    2  *  «> 
p>  7:-  s       a- 

»    :t    H  a  p 


P        M 


K  P  =='^ 

=■    -  S  3    P 

'^  »"  *  3  s: 

^  3  »K-» 


•      cr  2  a> 

^     t5»     r*   '^ 

a  ji>  co  CD 

•^    —    00 
.-=  •«    "^t^ 

CD 

o  t? 


0- 


3  J 


S  B 


t. 


,9 


ic 

m 

(l> 

P 

C 

Co 

a> 

t! 

=5  Tï 

co 

rt) 

rn 

•^ 

O 

«>- 

3 

3  3 


3  3 


3 

ri 

n 

n 

n 

c* 

P' 

p 

p 

p 

3' 

s 

3 

3 

3 

c- 

3^ 

??• 

?r 

q 

o- 

a. 

r;> 

c- 

C/i. 

D 

Tl 

a. 

3 

— 

y.^ 

p 

K» 

3  3 
p>  p» 

c   3" 

3  = 
3 


3  3 
p  p- 

■S^  3 
3  3 
P>  p 

j/-.., — I 


2    3  3    3 

-3-         3-3 


3  3 
p-  P- 
3-  S- 


3 


3  3 


3 

Rc 

p:> 

p» 

"" 

3 

S 

p 


3       3  3 
P'      p  P- 

3*         3    3 


^ 


•«■ 


o„ 


697 

Le  dialecte  syrien  s'écarte,  ainsi  qu'on  le  voit,  des 
autres,  en  tant  qu'il  a  les  formes  m  ànak,  m  an  us,  man- 
koms,  manliom  [où  l'a  bref  est  pour  A]  avec  un  n 
épenthétique.  Fleischer  croyait,  Pr.  et  Dict.  p.  92,  que 
d'abord  on  aurait  dit  m  a  n  î  s,  ^J<^  -f  [^^\  'J'  -|-  L,  et  que, 
plus  tard,  on  aurait  appliqué  cette  combinaison  aux  autres 
personnes.  J'avoue  qu'un  tel  procédé  par  analogie  n'est 
pas  tout  à-fait  dans  les  allures  de  la  grammaire  d'une 
langue.  Cette  „formation  par  analogie"  se  produit  en  tout 
cas  d'une  façon  absolument  inconsciente  ;  ce  n'est  jamais 
de  propos  délibéré.  Pour  ma  part,  j'incline  à  voir  dans 
cet  n,  ou  une  contamination  avec  e  n  t  e,  e  n  t  u,  et  m  à  n  u  s, 
manhoms  seraient  alors  par  analogie,  ou  bien  le  déter- 
minatif  n.  Peut-être  Fleischer  a-t-il  au  fond  raison. 

24,  15:  lisez:  esif  ;  1.  18:  gâ\ 

24,  17:   yizekkin.  ^j,   a,   o,  prendre  garde,  faire 

attention,   aufpassen.   y*^*-^)  ^^à^j)  ôj^   ^î    )yf    Lo  |^jî, 

prenez  garde  que  vous  ne  veniez  qu'au  coucher  du  soleil. 
Izkùn  bi'aqlak  =  uhzi:ir  'aqlak,  fais  bien  attention 
à  ce  que  tu  fais  ou  dis.  J^  ^^j,  rappeler  qqc  à  qqn, 
recommander  qqc  à  qqn.  Zakkànt  ^aleyk  innak 
ma  tèhri')  fi  hfidem-bêt,  ^e  t'ai  recommandé  de  ne 
pas  fréquenter  cette  maison.  Zakkant  'aleyk  innak 


1)  ^.=>,  i.  ^-^  (Jji  O^f^-  r*^'^"^''  '^  '>yionde  frcquoile  un  tel. 
Uli'c  ,}^  l5-^  rV^'»  ^'^■''  -f^'^^  ■''^  râunisscnl  clirz  Icio'  chef  = 
iJsuLc  ..éAULo.  LiÀj!  .kc  ,  c->^  idb>U',  la  cliamellr  reste  auprès 
de  son  pelil.  On  pont  parlout    ici  iliro  i^f^.-  Cf.  J-^. 


698 

la  tigza'  fi  hridemmakân  wahlùft  àmri,  ma 
gara'  fîk  tistâhil,  ^e  t'ai  averti  de  ne  pas  passer  par 
cet  endroit,   et   tu  as  contrarié  mes  ordres;  ce  qui  t'est 

arrive,  tu  le  mérites,  ^s"- 1  z=  ^y  :  :  m  o  h  u  s  i  m  1  z  k  i  u 
bi'^aqlah,  il  ne  fait  pas  attention  à,  il  ne  se  soucie  pas 
de  ce  qu'il  fait  ou  dit.  Dô^an  finit  ainsi  sa  longue  qasîdah 
citée  p.  402  : 

^^y    î^'i"    Lo    iA*J    ^^    !>?J^-    ^        i^Â^I   ^JSS>  f»-i>03,  ^_cJ^  f^    J^ 

Dis  aux  Bin  Salmâ:  où  sont-ils  cette  année? 
Ils  seront  ruinés  après  avoir  été  attentifs  [à  leurs 

intérêts]. 

A 

0  Hâéimite!  fais  parvenir  la  réponse  du  MurquHte^ 
Qui  devient  fou  {de  joie)  lorsque  les  vallons  char- 

frient  de  l'eau. 
Ici  le   poète,   à  bout  de  rimes  en  fin,  a  donné  à  ^h 

un   pluriel   ^\.   au  lieu  de   ^y  ;•   Autrement,  ^1^  est 

recommandation,  avertissement. 

24,  19:  agâh.  Il  semble  que  'L=>  devient  àga  etagà', 
ici  1.  23,  un  peu  dans  tous  les  dialectes  de  la  Péninsule. 
On  sait  qu'en  Syrie  c'est  la  forme  ordinaire.  En  Egypte 
aussi  iga").   Le   participe  marocain   m  agi  n'a  pas  été 


1)  L'original,  écrit  par  un  indigène,  porte  u>-Îj.  Voyez  la  remarque 
p.  069  note  .3,  et  le  Gloss.  sub  ij^. 

2)  Les  formes  gi,  igy  et  aga  de  Spitta  Gr.  §  107  a  n'existent 
pas  au  Caire,  ni  l'impératif  gi,  non  plus,  o.  1.  p.  230.  La  grammaire 
de  Spitta  auiait  l)esoin  d'ilre  revue  et  corrigée.  Je  l'ai  fait,  pen- 
ilant  un  long  séjour  en  Egypte,  mais  pnui-  mon  propre  usage. 


699 

formé  sous  l'influence  de  m  â  é  i  de  Tinfinitif  ^^c¥j  comme 

le  croit  A.  Fischer  dans  son  savant  mémoire,  Marrok. 
Sprichw.  p.  203  note,  mais  c'est  le  participe  de  a  g  a. 
Les  verbes  ji!  sont  devenus  ^  pour  donner  plus  de 
corps  à  la  voyelle  initiale,  qui  sans  cela  tomberait,  comme 
cela  est  effectivement  arrivé  pour  ^x=>î  et  jiS,  devenus 

SJ>  et  (jAi=>,  Ji  et  ^JS']  oÀî>,  fém.,  c>oÀî>;  c>^  fém., 

oJ/.    Le    participe    est   ainsi  traité  comme  celui  des 

verbes  Joéï,  ce  qui  est  encore  une  des  preuves  du  sen- 
timent inné  de  leur  langue  chez  les  Arabes.  De  cette  façon 
s'expliquent  mâkel,  mâhed,  Stumme  Gr.  tun.  p.  21, 
Marçais   Gr.   p.   71,   ici   p.  362  note  8,   l'égypt.   mûzi, 

Vollers  ZDMG  41  p.  396.  Mâmir  vient  ainsi  de  ^T, 
usité  dans  tous  les  pays  arabes,  et  la  réflexion  que  fait 
Socin  Diwan  III  §  181  est  fausse  d'un  bout  à  l'autre. 

24,  19:  gê'â  =  ^'^  devenu   j^,  selon  la  règle  Hdr 
p.  386  et  s.  et  ici  p.  444  note  3. 

24,  21  :  y  i  t  s  a  m  1  è  1 1  e  k  =  d^  iiûUL.  J'ai  traduit  par 

attaquer,  mais  cela  n'est  pas  tout-à-fait  exact,  car  le  verbe 
veut  dire  se  glisser  d  pas  de  loup,  s'approcher  en  tapi- 
nois, sich  anschleichen,  expliqué  par  ^è^  ^..^.m^,  ou  i_,a:>u»*:o 
eU.  Es-sâriq  yishab  willa  yitsamlal  fil-qâ'  ula 
gât  el-^anam  yinta^ha  (ou  yintahha),  le  voleur  se 
glisse  eyi  tapinois  sur  le  sol,  et  lorsque  les  moutons  vien- 
nent, il  en  arrache  un.  Etsamlalinna  em-dOb  uhà- 
warat^)   em-^anam,  le  loup  vint  d  nous  en  tapinois  et 

1)  .!;>    est   le   .son   raiiqne   (lu'émet    le   mouton   lorsqu'il  est  pris. 
Ce  n'est  donc  pas  tout  à  fait  hclvr.  On  dit  «jj  des  chèvres. 


700 

lea  moutons  bêlèrent.  0  b  a  h  min  e  mç]  ê  b  la  y  i  s  h  à  b- 
1  a  k  ou  y  i  t  s  a  m  1  à  1 1  a  k ,  fais  attention  au  loup,  qu'il 
ne  se  glisse  pas  sur  toi  furtivement.  Il  me  semble  que 
ce  verbe  soit  un  développement  ou  plutôt  un  dédouble- 
ment de  la  consonne  médiale  par  m  de  ^vL^",  s'esquiver 

sans  bruit,  sich  loegschleichen  z=z  J«-woi,  Bob.  I  p.  32,  3. 
Comp.  .-j-^"  et  ,^^4.^,  monter  sur  une  hauteur  pour  voir, 
sortir  pour  voir,  comme  ^il»,  sortir;  ^.-♦.ci-*  <\.fP>,  mon- 
tagne ayant  de  hauts  p)ics,  ^*)y*-^,  pi.  :.v^U^^),  de  ^^ 
I.Ti.lr  Gloss.  s.  V.;  les  syriens  ,u\^,  gro7ider  (chien),  et^iAP; 

Xj  et  iixj,  se  glisser;  ji  et  j^,  piquer,  et  beaucoup 
d'autres. 

24,  22:  yibhasèyn.  (j^>:,  a,  balayer,  est  datînois  = 

Hdr  (ji>.:>,  ^Awâl.  et  Beyli.  j^;  cf.  ^ï .  ^-^  n'est 
connu  que  des  hadar  et  ne  fait  pas  partie  du  diction- 
naire bédouin.   Au   fig.:   tout  manger,  faire  table  rase, 

propr.  balayer  l'assiette.  iUis:w«,  màbhasah,  balai,  fait 

de  branches  d'arbre,  le  plus  souvent  de  ^^^^fy^,  Ocimum 
canum,  tandis  que  le  matàréah^),  balai,  est  en  "azaf. 


d)  I.Ii.li-  v_jjl3xw,  et  partout  ^3. 

2)  Observez  qu'on  ne  dit  pas  ni  à  tr  as  a  h,  comme  on  dit  màb- 
hasah, màtraqah.  iJ^J^  n'est  pas  balayer,  mais  asperfjcr  cVcau, 
et  c'est  bien  là  un  des  emplois  de  la  matàrsah.  .Te  considère  cette 
dernière  forme  comme  sémitique  archaïque,  et  l'accent  duil  forcé- 
ment tomber  sur  la  pénultième,  qui  est  longue.  Dans  niàdrasah, 
la  pénultième,  étant  brève,  ne  sauiait  porter  l'ictus,  mais  dans  le 
nordafricain  medèrseh,  elle  devient  longue  et  duil  le  porter.  C'est 
là  la  règle  générale  en  arabe,  et  il  est  inutile  de  la  complicpier  par 


701 

o  o 

24,  20:  daman.  Kàdamat  îàf^am-bôs  lahtà- 
raqat  tetsàmma  daman  willa  dimnah  u  ma- 
hàtt  em-hîyam  yiban  ba'^ad  sànah,  le  tas  des 
excréments  du  bétail  lorsqu'il  est  bridé  s'appelle  daman 
ou  dimnah,  et  l'emplacement  des  tentes  est  visible  même 

après  un  an  Hdr.  Mais  en  Dt  iU/i^,  n'est  pas  usité.  ^^L^, 
hébr.   ]pi  =  (^îu>,   est  le  résidu,   les  détritus  de  toutes 

sortes  qu'on  jette  sur  la  'saSS.  De  cela,  le  mot  a  pris 
le  sens  de  fumier,  partout  courant,  Meissner  N  A  G I 
II  p.  80,  et  ^c>,  i,  fumer  le  champ,  io^,  =  "Oman  l\*a«, 
R  0  §  262.  En  Hdr,  un  endroit  qui  a  été  habité  dans 
l'ancien  temps  est  appelé  icuj.  C'est  ainsi  qu'on  dit 
iCixJsJt  (.L-ii  et  'SJ^ôô\  j^y,  voulant  par  là  indiquer  que 
les  villes  de  Sibâm  et  de  Terîm  sont  du  temps  des^Âd. 
'»Sjt>CsS\  Jc5>î  ^  ^^Ls,  %m  tel  est  d'une  très  ancienne  famille, 

dont  l'origine  remonte  au  loin,  ei^ie  uralte  Familie.  Le 
nom  de  la   ville  de  nipi,  Ges.-Buhl  H  W  p.  149,  pour- 

o 

rait  bien  être  le  même  mot  icuo.  On  connaît  le  rôle  que 

joue  ce  mot  dans  les  anciennes  poésies  arabes.  Le  com- 
mencement de  la  Mo'allaqah  de  Zoheyr,  Primeurs  arabes 

II  p.   78:   ^Jî    |JbCj"   ^   '»j^j>   ^^53!   J.I  ^yiî  est  ainsi  com- 


des  noms  qui  n'expliquent  rien.  Stumme  T  Gr.  §  70  et  ss.,  Marçais 
Gr.  p.  56.  Matàrsah  est  pour  moi  un  vieux  mot  cultural  dont  la 
forme  primitive  a  été  conservée  telle  quelle.  Cotte  forme  s'est  per- 
pétuée et  s'est  généralisée  dans  les  dialectes  nordafricains  plus  que 
partout  ailleurs.  Je  compte,  en  temps  et  lieu,  parler  plus  au  long 
de  ces  formes  »i'e.ssautéos"  et  »sursautées",  qu'on  a  bien  amplement 
décrites,  mais  non  discutées  et  analysées. 


702 

mente  par  el-A^lam:   ù\JX   J^    Sy*.  U.   ^\csS\  p\  iJ^cX-'^ 

liVji  ^ajLj  ytJ'j.  La  traduction  de  NOldeke,  Fùnf  Mo%ll. 
III  p.  14  :  Si7id  von  TJmm  Aufà  noch  Wohnungsspuren 
(la  est  une  traduction  de  l'explication  .tju!  J^,  mais  non 
do  \Xaj>.  Stace  p.  95  a:  'eJ^j>,  pi.  ^-o,  a  jpz'ece  o/"  ^a;KZ, 
sens  qui,  d'après  Dozy,  était  aussi  courant  dans  le  Maghrib, 

o 

et  p.    103  ^y^J>,  mamire,   mais  cela  doit  se  comprendre 

do   la  même  façon  que  c^jiD,  mcasure  p.  95,  Hdr  Gloss. 

S.V.,  et  y-^àé,  c'est-à-dire,  la  terre  qu'on  fume. 

En  connection  avec  cela,  je  vais  mentionner  le  verbe 
^  fort  usité  chez  les  Bédouins   du   Nord   et  dans   le 

Haui'c\n,   demander  asile  et  protection.  ^J^o,  donner  asile 

et  protection.  ^^Aj"  et  ^^Uj  demander  asile  et  protection 

=  ^^y.   Je  trouve   souvent  ces   mots  dans  mes  textes 

bédouins  du  Nord:  ;.nj^'  c>>->^j  ,J^  ii  chercha  tm asile 

dans  la  tente  du  cheykh.  Kân  fîh  wiiliad  ûmsâheb 
mart  v^^ûhad  tâni.  Fât  ""ala  bêtu,  sâfu  ^andha, 
winhazam.  Lèhigu  gôzha  yirkod  warâli.  Iga 
""a    bôdar    gôz    el-hOrma    uahad    smalat^)    ""adas 


1)   isoL*^    n'est  pas  tout-à-liiit  poiiiiicc  (Dozy),  car  cela  se  dit  iCcoo 

ou  ii/ii-*J ,  mais  la  quantité  de  blé  ou  do  tout  autre  {tlante  des 
champs,  telles  que  lentilles,  fèves  etc  qu'on  ramasse  avec  une 
seule  main  en  une  fois,  un  holteau  non  lié.  Ainsi  appelé  parce  que 
le  moissonneur  saisit  avec  la  main  gauche  pour  couper  avec  la  main 

droite  ce  qu'il  a  ainsi  empoigné.  Le  xLç«-;i  de  M.  el-M.  est  une 
erreur.    On    piunoiicu   qqf  siiirli    dans    la    Montagne,    mais   c'est    là 


703 

min  el-bêdar,  tedâman^)  niis  ugàl  la  ho  m:  dà- 
hëlkora!  "a la  smulat  ''ad as  lâhàgni  tayigtôlni. 
Il  y  avait  quelqu'u7i  qui  était  l'ami  de  la  femme  cVun 
autre.  Celui-ci  entre  chez  lui  et  vit  Vautre  avec  elle. 
L'amant  prit  alors  la  fuite.  Le  mari  lui  courut  après 
pour  l'att7'aper.  Il  (l'amant)  vliit  à  l'aire  du  mari  et  y  prit 
une  poignée  de  lentilles.  Il  demanda  la  protection  des  gens 
(qui  étaient  là)  et  leur  dit:  „Je  vous  supplie!  A  cause 
d'une  poignée  de  lentilles,  il  m'a  poursuivi  pour  me  tuer." 
Haurân,  à  propos  d'un  proverbe.  Dans  le  récit  'anazite 
de  Hôtrôbî,  il  y  a:  Gâlen  el-banâh:  y  a  walad  ma- 
^àzibak  erhasùbak,  nètla^ak  min  tàhat  er-ru- 
wâg  utedâman  bêt  Ibn  es-Suwêt.  Jeune  homme! 
dirent  les  filles  (à  Hôtrôbî),  les  hôtes  font  bon  marche 
de  ta  personne.  Nous  te  ferons  sortir  par  dessous  la 
paroi  de  derrière,  et  tu  iras  chercher  asile  à  la  fetite 
d'L  es-Sivêt.  Wetzstein  Z  D  M  G  22  p.  137  a  :  „^.,bCjL?  lI^Lv.-, 
wir  lodhlten  notgedrungen  diesen  Ort.  iU-<îjJ  ist  =  K J! 
(tjjl),  die  dusserte  Not,  der  Zivang.  Man  sagt  :  ihr  werdet 
nur  sicher  sein  jS-o  l^^'Aj"  ^.^t,  loenn  ihr  mein  Haus  zu 

eurem  Asyl  macht  G  0."  Wazzân,  au  Maroc,  est,  d'après 
Rholf,  Mein  Aufenthalt  in  Marocco,  1873,  p.  24,  appelé 
iuLo  ^b,  la  maison  de  refuge.  Or,  ce  sens  pourrait  bien 
se  rapporter  à  ij^^,  qui,  d'après  Dozy,  est  aussi  le  territoire. 
On   se  rend  à  la  dimnah  d'un  tel,  d'où  le  dénominatif 


une   forte   imâlah,   comme   J^-rVr-   pour  ^^'^    v.  ]>.  301.  \5nQJuinlce 

se  (lit  à  Diinias   »5)j  ;  sur  io  littoral   ;'y>  ;  les  Bédouins  5i;jC. 

1)  Paraphrasé  par  ifU^X*-!    et    iO    .L>U:*«L 

2)  Sur  bani'ili  voyez  p.  283. 


704 

^J^^,  Q^'AJ".  Ou  bien  est-ce  une  prononciation  afltàiblio  de 
^^ytJ^o,  comme  les  classiques  lX^j,  j^'j  et  ^<^,  j^^,  Boh. 
II  p.  15,  (de  (jtIj,  aussi  olj),  o!c  et  (_p!,  Ôu'an'i^  en-Nasr. 
I  p.  234,  ^Ai^  et  ^  Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  II  p.  73  = 
le  tun.  j.l\ï,  Stumme  tun.  Gr.  §  13  P, 

Le  verbe  ^^  j"  que  je  viens  de  citer  mérite  une  petite 
digression.  On  entend  souvent  les  Bédouins  du  Nord  dire 

o 

d'un  tel  qu'il  est')  iCoLci^Jt  ^j,  chmnpion  des  jolies  femmes, 


1)  Sing.  ,-*-^,  généreux  et  6rai'e  =  y»Uit  *Jr^''  GO,  pi.  iCxîUco, 
comme  *^k,  *-^^j)  M  S  0  S  V  p.  G9  N"  52.  &:v*.^,  _/w/ic  femme  = 
Kj^  jit  ^.l:,^JLJt  G  0,  pi.  cjLa-*-^-  Dalman,  P  D  p.  8,  rapporte  une  poâsie 

sur  le  puits  de  Zamzam,  qu'il  faut  lire  et  traduire  ainsi:  [mètre 
li)  (jsJOc    -w_  I  -v_    etc.]: 

B  î  r  e   Z  e  m  z  a  m   '^a  1  é  h   h  â  r  i  s  i  n   mû   y  e  n  à  m 
Wen-nesâmah  '^alch  mitle  raffil-hamâm 
Der  Zamzambrunncn,  an  ihm  ist  cin   Wucliter,  dcr  nicht  schlâfl, 
Und  die  Tapfern  sind  an  ihm,  wic  dey  Flug  der  Tauhcn. 

Dans  la  célèbi'e  qasîdah  de  Sa'^dûn  el-^Awâgî,  il  y  a  ce  vers: 

Ya   râkiban   sallim   "ala   "^Agâbe   waHgâb 
Gûlu    la    M  u  z^il    yan-nisTimah    tebâteyt 

0  cavalier!  Salue  ^Oqàh  et  ^Hiâh. 

Dites  à  Muz'^il:  O  braves  gens!  Tu  as  longtemps  tardé. 

Wetzstein,  ZDMG  22  p.  130,  écrit  mIJ^ï,  jugendlich,  et  ajoute: 
»das  Wort  scheint  unverïinderlich  zti  sein."  Wetzstein  est  ici  dans 
l'erreur,  ainsi  que  cela  lui  arrive  très  souvent.  Ayant  contrôlé  avec 
des   'Anazites,   pendant  de   longues  années,  tout  ce  que  ce  savant  a 

public,  je    puis   assurer   qu'on    ne   dit  jamais    iC/«uio,   ce  qui  ressort 


705 

et    on  me  l'expliquait  toujours   par  ^^^^^  ,«uV.  J>    ou 

^^^^JL*^.  Jl  Socin  Diwan  III  Gloss.  s.  v.  :  ^^j,  Beschiltzer. 

Effectivement,  LA  s.  v.  donne  à  ^^y  le  sens  de  «o.  C'est 

peut-être  une  variation  développée  de  ^c>,  qui  veut  dire 
la  même  chose,  classiquement  et  dialectalement  (Nord 
seulement).   A   Aden,  iojj,  o,  donner  un  coup  de  pied., 

icLuj,  Stace  p.  93,  comme  aussi  class.  xby  ^^:,  Hamâsah 

p.    13.   ^^t,   défendre,   donner  asile.    CsJss.  ^y,  chercher 

asile,  et  ^J^  ^^jS,  se  défendre  de.  Burkhardt,  Beduinen 
und  Wahaby,  Weimar  1831  p.  264,  dit:  „  Une  expression 
ordinaire  pour  dahîl  est,  chez  les  Arabes,  zeben.  Ils 
disent  tezebbenet  au  heu  de  dahelet,  et  la  tribu 
chez   laquelle  un   homme  a   trouvé  protection   s'appelle 

mezbene."  C  est-à-dire,  la  tribu  est  un  ^jx,  asile. 

Dans  le  Sud,  ^-^  n'a  pas  ces  sens  particuliers.  ^^\\ 
y  est  soutenir,  aider,  et  ^^y  secours,  aide.  L'idée  pri- 
mordiale est  la  môme.  Mais  ces  mots  ont  leur  sens  tout 
spécial,   ^^y  est  secourir  qqn  €7i  lui  fournissant  le  z'ihi^, 

aussi  clairement  du  vers  cité.  Le  iCjUi«oî  oL^-j'  de  son  récit  p.  78, 
9,  qu'il  traduit  p.  97,  3  par  die  hïibschen  Miidchen,  doit  être  le  pi. 
iwLio,    les   braves  filles.   On   applique  aussi   ce  pluriel  aux  femnoes 

dans  ce  sens,  comme  nous  venons  de  voir  dans  iC«Uvv»J'  ^^j,   tandis 

que  oIa-*-^^  est  jo/i'cs.  Les  "Anazites  me  dirent  que  (^«^  iC^Lio  i^ji, 
le  mol  nisâmah  est  un  cri  de  bravoure,  car  pour  exciter  le  cou- 
rage   à    la    guerre,    on    s'écrie   iCxLxo  Lj.   Le  pi.  ni.sâmâ  de  Socin, 

Diw.  Gloss.  s.v  ,  est  iOcLio,  non  ^uC>-j.  Dans  le  Sud,  *-^  est /o!<cr, 
Hilr  Glo.ss.  s.  V. 


706 

qui   consiste  en  hommes  et  en  munitions  de  guerre,  iol-. 

B  e  y  t   m  i  n  n  a  k   z  i  b  ô  n   est  je  veux  de  toi  les  hommes, 

le  plomb,   la  'poudre  et  ce  qu'il  (mit  pour  faire  le  vj^- 

'ilfjM  ^^■f  Q^Lî,  un  tel   est  le  soutien  de  la  tribu,  il 

lui  Iburnit  le  zibn.  On  s'explique  à  présent  le  zebeun 
de  Daumas,  apud  Dozy  s.  v.,  rétribution  que  reçoivent 
les  cavaliers  après  une  expédition.  C'est  un  de  ces  mots 
nombreux  qui  sont  immigrés  en  Afrique  avec  les  tribus 
sudarabiques. 

Il  y  a  aussi  dans  le  Sud  un  autre  ^^-s,  demander  un 

prix  cher.  ^^,0:,  fém.  jG^j,  cher.  YebiiVùnah  bizù- 
bùn,  on  le  vend  cher.  Idvi  mitzàbbin  "a  le  h,  il  en 
demande  trop  cher.  Istarèytah  zîibûn,  ^"e  l'ai  acheté 
cher.  Les  autres  significations,  dans  les  dialectes  hadar 
et  bédouins  du  Nord  et  hors  de  l'Arabie,  se  trouvent 
chez  Dozy  s.  v..  Ce  thème,  avec  les  dernières  significa- 
tions du  Sud  et  du  Nord  renfermant  la  mOme  idée  pri- 
mitive, n'a  rien  à  faire  avec  l'autre  ^j;  =  ^so,  repousser, 
secourir.  Fraenkel  F  AV  p.  189  dit,  à  propos  du  classique 
^yt^,  que  ce  mot  n'a  pas  d'étymologie  en  arabe  et  il  le 
fait  venir  de  l'araméen  ]3î  ,^1,  ericachsen.  Je  crois  plutôt 
que  nous  sommes  en  présence  d'un  thème  sémitique  qui 
se  trouve  dans  l'assyr.  zibânîtu,  balance'^),  car  les 
Araméens  n'ont  exercé  aucun  rayonnement  sur  les  dia- 
lectes méridionaux  de  la  Péninsule.  Il  doit  faire  partie 
du  fond  sémasiologique  commun  de  l'ancienne  civilisation 
sémitique. 

Qor.  96,  18  le  Prophète  appelle  les  ic*iljj  à  son  secours 

1)  Del.   II  W  H  s.  V.   Wiiiikler  A  l-    3  \^.  47. 


707 

contre  son  ennemi  acharné  Al3u  Gahl.  Ce  sont  les  bour- 
reaux de  l'Enfer,  sur  lesquels  voyez  Grimme  Mohammed 
II  pp.  50  et  163.  Ce  mot  ne  se  rencontre  qu'une  seule 
fois  dans  le  Qorân.  Il  ne  figure  pas  du  tout  dans  les 
Traditions.  La  racine  en  est  peut  être  ^j,,  pousser^  comme 
dans  la  Hamâsah  p.  13,  et  les  Zabâniyah  seraient 
alors  ceux  qui  poussent  le  condamné  dans  le  feu  de 
l'Enfer,    .Uil  ^\  «jyP^,  comme    dit  Beydâwî  ad  locum. 

La  forme  plurielle  me  fait  l'effet  d'être  méridionale.  C'est 
sans  doute  un  ancien  mot  babylonien.  H.  Winckler, 
ASO  p.  93  et  A  F  III  p.  47  le  fait  venir  du  nom  du 
signe  zodiacal'),  zibânîtu,  balance.  C'était  le  signe 
de  Nébo,  dieu  de  l'automne,  qui  préside  à  l'entrée  des 
Enfers,  et  qui  était  le  chef  des  iLoLij,  ou  des  icC^U,  Qor. 
66,  6.  Ce  serait  donc  les  balanciers,  pour  ainsi  dire, 
exécuteurs  des  décrets  de  Nébo-Mercur,  qui  tient  la  ba- 
lance oïl  sont  pesées  les  œuvres  de  l'homme.  Cette  con- 
ception de  la  balance  ^\^\  s'est  perpétuée  dans  le  chris- 
tianisme et  l'Islam,  tous  les  deux  sortis  de  la  religion 
astrale  babylonienne. 

25,  1:  h  or  t.  .l=>,  o,  Hdr  Gloss.  p.  559,  rentrer  dans 

Vaprès-midi.  .l=>  ou  -v>,  faire  rentrer  l'après-midi.  'A  r- 
rùnalhùr  em-beyt,  lasst  uns  nach  Hause  gehen. 
H  il  u  w  i  r  u  ou  h  ù  w  i  r  u  e  m-b  ô  s,  faites  rentrer  le  bétail. 
La  langue  classique  a  également  ce  verbe:  veiiir  à  et 
revenir  de,  ainsi  que  l'éthiopien  ^xd,-  Les  thèmes  j»s> 
et  ^  s'enchevêtrent  l'un  dans  l'autre.    .l>  s'emploie, 


1)    La    XVIe    maiision    hinaiie   est    appelée  ,  <JLii^'    selon  Ilommei 
Z  D  M  G  45  [..  r)97. 


708 

classiquement,  aussi  exactement  comme  l'italien  tornare, 
ce  qui  est  également  le  cas  de  ses  synonymes  <j>.,  Je 
et  le  classique  tj^.  Le  vers  de  Lebîd,  Hrilidî  p.  22  v.  G  = 
I.  Qot.  p.  151  =:L  A  V  p.  296: 

se  traduit  donc  en  italien  : 

E  Vuomo  non  è,  se  non  corne  il  fuoco  e  la  sua  Ince: 

Egli  (il  fuoco)  torna  cenere  dopo  che  fu  fiaynmeggiantc. 

orT  Su'ara'  en  Nasr.,  I  p.  234,  dern.  1..  Nôldeke  Z  G  C  A 
p.  37  et  s.  donne  plusieurs  exemples  à  l'appui  de  ces 
verbes    qui,   tous,   se   traduisent  le   mieux   par  l'italien 

tornare.   Dans  le  Nord,  ,v>  est  =  e)^: -i^fii!   ,.^,  remue 

le  café.  Nous  disons  de  même  retourner  la  salade.   .\»f>. 

bâtotmet  ou  cuiller  pour  remuer  les  fèves  de  café,  Meissner 
MSOS  VI,  p.  104,  N°25')  et  note  =  Dt  é^. 

25,  2:  sahlân.   Le   nom.  gen.  est  J^-w  ;  nom.  unit. 

masc.   ^çJL^;   fém.  iULî^ww.   Le  pluriel  est  ^^^L<'ww.  Dans 

notre  dialecte,  le  nom.  unitatis  d'un  nom.  generis  et 
d'autres,  est  souvent   formé  en  ^Jm.  Cela  se  rencontre 

qqf  aussi  dans  le  Nord:  ^erùdî,  rat  et  souris;  en 
tigré,  selon  Littmann,  on  le  trouve  également. 

Mais  la  formation  datînoise  n'est  pas  une  règle  générale 


i)  Où  il  y  a  cuîmî    bil  mahâ  iiir  =  .«iL^mj    i^tj^', ce  qui  dénote 

nn  singulier  jv^^j    qui  existe  effectivement.  J'avoue  mon  impuissance 
pour  prononcer  le  premier  de  ces  mots.  Va  pour  cnâni  ou  cuâni, 

mais  cil  il  ni  est  impossible.  Et  je  ne  vois  pas  poiu'quoi  mon  tsWilni 
ne  serait  pas  tout  aussi  bon. 


709 

Je  donnerai  ici   une  liste  des   mots  que  j'ai  relevés  de 
cette  forme: 

i^c^f)  pi-  ^^^fi  P^m  du  singe. 

^coî^,  sauterelle,  aussi  bol:?-;  ■^^-^  n.  gen.. 

l5^j==->  P'-   o  >-^  ^^  ^jr-'  ^■^^'  "l'^^^s  ;^7  n.  gen.,  souris, 
'^Ji  n.  unit. 

L.<Hy>,  poisson  et   „î;ers   qî^"  sor^  cZ'wwe  pZaee   o?i   des 

narines  du  chameau";  o^  n.  gen.. 

i^^o,  furoncle,  pi.  J^L*o. 

eçjL''^,   fi'Mepe,   >^|ji  n.   gen.;   dans  la   lurah   >^L.J  est 
n.  gen.  et  n.  unit.,  Noldeke  Fûnf  Mo'all.  II  p.  29. 
^^j,  mouche,  pi.  ^bo. 

^^c>,  nouvelle  pousse  à  la  branche,  pi.  Jî^â 
^^^^,  singe,  fém.  iL^^  ou   iLo^^;  pi.  ^L^^  ou  ^L>^.  Les 
autres  formes  des  autres  dialectes  dans  le  Glossaire. 
,^^i:<u«,  voyez  plus  haut. 

^e-X,   02seaw,   pi.  ^^ .  ^   n'existe   pas  dans  notre 
dialecte. 

^^yo,  morpion,  pi.  ^Lo^;  ^^  n.  gen.. 

j^^ya,  „ww  oiseau  qui  crie  beaucoîip",  Jy2>  n.  gen.. 

^_,-Lyi3,  mouton  ;  j^jLto  n.  gen.. 

^cJac,  corde  de  ^azaf,  pl.^^c,  parce  que  iCiIjuL  ^5iutJ  = 
M^^j,  '({75  ?a  tordent  avec  les  mains. 
,  c^U,  à  côté  do  >_jU,  corbeau,  pi.  ,.,Lji 


710 

^^l^é,   caméléon;   ^Li^j,  n.  gen.,  mehri  fahaij,  Jahn 
M  S  p.  176. 
q;oL]s,  teigne  des  animaux  à  pieds  fourchus,  pi.  q'^J»; 

oUs,  n.  gen.. 

^_5L\A5,  espèce  d'oiseau,  fôm.  i^A^;  pi.  pas  employé. 

(j:jis',  racine  d'arbre  srche,  qu'on  sort  lorsqu'on  défriche, 
6?2c/ie  cZe  6o/s,  pi.  ^y^. 

j^^f,  punaise;  ,^r  n.  gen..  ITdr  ^^jûs' =  Mehri  Jahn 
M  S  p.  202. 

^,-^,  huppe,  Upupa  epops  =  »^aP.  On  m'a  dit  que  le 
pluriel  n'existe  pas^). 

(_cj^,  et  non  j»,  Hyrax  capoisis,  Hirsch  Reisen  p.  244, 

^=j=>5,  même  sens,  selon  les  uns,  un  reptile,  selon  les 
autres.  Mot  employé  hors  de  Dt.  ri.  ^y^J>l. 
g:^>:pju,  espèce  d'oiseau,  pi.  ^Uj. 
On   ne  saurait  dire   que   ce   sont  là  des  qualificatifs, 


1)  Cet  oiseai)  a  dû  jouer  un-  rôle  dans  l'ancien  monde  oriental, 
comme  c'est  encore  le  cas  dans  le  monde  arabe,  voj'ez  I.  Qot.  p.  280 
et  Dozy  s.  v.  cXPAP.  Il  serait  intéressant  de  rechercher  s'il  n'y  a 
pas  quelque  corrélation  entre  ce  mot  et  le  latin  upupa,  qui  adonné 
l'ital.  upupa;  le  prov.  upa\  le  franc,  huppe,  lev.  ail.  /(»/>«,  l'allem. 
Ilaube.  le  suédois  hvfon.  Dire  que  huppe  vient  de  'upupa  et  l'allem. 
Ifauhc  de  huha,  n'est  que  fixer  une  étape  de  la  marche:  ce  n'est 
pas   une   étymolofj;io.    Les  enfants  de  Datînah  chantent  en  voyant  le 

huhiiliî:   w^^^i    j-^    V^    -r^    ^r*^    huh!    huh!    huh!  pluie  et 
rjernu-s  (Vhrv1>es!  Cf.  Ni.ldoke  l:Z8S  W  p.  11.1  et  note. 


711 

car  ceux-là,  je  les  ai  soigneusement  éliminés.  Du  reste, 
le  pluriel  s'y  oppose. 

Je  vais  à  présent  donner  un  tableau  synoptique  des 
différents  noms  des  moutons  et  des  chèvres  dans  notre 
dialecte.  H  indique  l'ouvrage  de  Hommel:  Die  Namen 
der  Sàugethiere  bei  den  Sûdsemitischen  Vôlkern,  ouvrage 
que  j'apprécie  beaucoup. 


In  fugam  vacui 

jii  n.  gen.  mâle  et  femelle. 
masc.  fem. 

.^,  taureau,  pi.  ^j\^  —  s^Uj  ^),  vache  qui  se  trait,  pi. 

[«^■,  pl.  Q^-*^  —  «s^'  OU  &i>,  pi.  (3y>^),  ge'nisse. 

"g^  jy^==-)  pl-  -tv^'^r^j  ^^^<^  ^^  femelle^). 


5 
5   > 

ânesse. 

^(^;,otA3   „  Yéman. 

» 

„  Yéman. 

1)  Mais  déjà  à  ed-Dâliir    tsyù. 

2)  =  Jv>'  =  Jv?^;  pour  la  forme  0V>  voyez  I.Idr  p.  519. 

3)  Schwarz.lose,  die  Waden  p.  86,  donne  une  liste  des  no«is  des 
petits  des  animaux  dans  la  lurab.  Sur  la  forme  de  ^^.ci.a:>,  voyez 
ici  p.  715. 


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713 

^^Lto,  dân,  n'est  jamais  prononcé  avec  hamzah.  Hors  de 
Dt,  il  y  a  le  n.  unit.  iCiUs,  un  mouton^  tandis  qu'en  Dt  le 

n.  unit,  est  ^^c*^1  deyni,  déni.  Cette  forme  est  pro- 
bablement une  contraction  de  ^c^^,  car  la  langue  clas- 
sique a  ^yU^  et  iLoLo,  LA  17  p.  119,  Haffner  AL 
p.  74,  Nôldeke  B  Z  S  S  W  p.  60  et  s.  et  note.  Cela  fat 
déjà  de  bonne  heure  contracté  en   ^^y>so  et  (^^,  par  la 

permutation  ordinaire  de  ay,  ê  et  î,  L  A  1.  1.,  comme 
déjà  l'assyr.  se  nu,  petit  bétail,  mais  aussi  moutons,  Del. 
W  B  p.  556,  id.  Gr.  pp.  83,  88  [selon  lui,  imâlah  de  â, 
mais  j'en  doutel,  à  côté  de  sînu.  Il  est  curieux  qu'el 
Asma*^!  ne  parle  point  de  ce  mot,  ni  dans  son  K.  el- 
Farq,  ni  dans  son  K.  es-Sâ^  quoiqu'on  le  rencontre  dans 

le  Qorân  VI  144:  ^-yjil    ■jt2\  ^^^  i^^^Àiî  qL»^'  ^^.  Les  trois 

mots  3-^.,  .Lxc>  et  'ï^^  ne  se  trouvent  dans  aucun 
dictionnaire,  parce  qu'ils  appartiennent  exclusivement  aux 
dialectes  du  Sud.  Mais  'i^^  se  retrouve  dans  le  'î^^^ 
d'el-Meydânî,  Hommel  o.  1.  p.  239,  et  dans  ^^•>^),K.  es-Ôâ" 


\)   LA  VIII  p.  25  dit  que  (j*j-*£,  agneau,  est  un  mot  de  Syrie. 

Abu  ^Arar  el-Azharî:  ^3->  (^^v-^-^-iîij  ^^^^y^xJ.  Gawâlîqî,  el  Mo- 
"^arrab.  éd.  Sachau,  p.  106  fin,  le  fait  venir  du  grec;  il  pense  à  «ftvrfç, 
Hommel  o.  1.  p.  239.  Le  mot  a  été  employé  par  le  khalîfah  "^Abd- 
el-Melek  b.  Merwân,  LA  1.1..  Noldeke,  o.  1.  pp.  77  et  148,  et  Sachau, 
0.  1.   p.   48,  l'assimilent  à  i^l'^N,  [Levy  W  B  I  p.  -102:  a(jneaii'\  = 

mand.    i<"13Dy;   dim.    syr.  :    ^^oj-Lc]-    Cette   assimilation,   quelque 

tentante  qu'elle  soit,  n'est  pas  sûre,  en  i)résence  de  notre  *-wj:, 
et  Nôldeke  a  oublié  que  le  mot  babyl.-hébreu  existe  aussi  en  arabe  =  m. 

-«^    et  f,  »-*',  L  A  V,  p.  92,  5,  sur  lequel  Hommel  a  déjà,  dans  son 


714 

p.  18.  C'est  un  développement  de  ^^f^  sur  la  forme  [ic]i>i«i, 

que  nous   rencontrons   dans   les  syriens    ,0;ï')  et  »;yÀ 

Schdfchen,  dim.  en  relation  avec  le  class.  ^\J>^  moutons,  L  A 
6,  398,  10,  Hommel  o.  1.  p.  242,  Prov.  et  Dict.  p.  127,  et 

Schàfchen.  Ce  dernier  mot,  de  J^^^,  est  le  pendant, 


Siiugethiere  p.  237,  dit  tout  le  nécessaire;  idem  A  A  p.  219  note, 
Ges.-Buhl    H  W  B    p.    46.    C'est    un   vieux   mot  sémitique  commun. 

(_^*5-^  et  le  fém.  iL^^^  sont  sans  doute  pour  ij^^-^  et  ^-^^^^i 
avec  dissolution  assez  ordinaire  de  la  consonne  double,  et,  comme  tels,  un 
diminutif  régulier  des  parlers  du  Nord  et  des  dialectes  hadar.  Probable- 

ment,  immeru  {^li'Oi^  n'a  rien  à  faire  avec  Lr-^ir*-^-  -^e  me  permets  de 

relover  ici  une  bévue  formidable  de  G.  Jahn  dans  le  Die  Liehcndcn 
von  Amasia,  p.  24  note  2,  qu'il  a  publié  après  la  mort  de  Wetzstein. 

Il  y  dit:  »iCo^,  proslituce,  femme  méchante  Dozy.  De  là  vient  le 
français    garce   (putain),  de  même  que  garçon  (forme  plus  ancienne 

gars)  de  (j^jC  (coquin,  selon  Dozy)."  Dans  mes  Prov.  et  Dict.  p.  140, 
il  aurait  pu  lire  que  iCo^  est  pour  iCw.c.  Le  bas  latin  garcio  a 
fait  gars,  et  l'accusatif  garcionem  a  fait  garçon,  qui  n'est  pas  une 
abiéviation  de  gars,  comme  le  dit  Sacbs  dans  son  W  B.  Garce  est 
le  fém.  de  gars.  Le  c  ne  devient  jamais  g  en  passant  de  l'arabe  au.K 
langues  néo-latines.  Jahn  n'avait  qu'à  lire  Littré  pour  être  édifié. 
.Te  vois  à  présent  que  Nôldeke,  Z  D  M  G  01  p.  203,  a  aussi  rejeté 
cette  étymologie,  qui  »schon  etwas  an  Hammererinneit."  La  critique 
de  l'édition  de  Jahn  par  notre  maîti'e  de  Strasbourg  est  bien  douce, 
car  ce  travail  de  Jahn  est,  je  l'espère,  le  dernier  reflet  en  Allemagne 
de  la  science  de  Ilammer,  de  triste  mémoire.  II  fourmille  de  fautes 
provenant  non  seulement  de  Jahn,  mais  de  Wetzstein  lui-même. 

1)    BB    p.    163,  où  il  faut  lire  ^yyj.  Les  haieauv  des  Nahalcens, 
'•^fr^^  J^îr^'    ^'^^*    "^^ï    ^^'    étaient-ils   ainsi    appelés,    parce   qu'ils 

ressemblaient  à  un  mouton  ou  bien  est-ce  >cépKovpoç1  Cf.  V]bi^,  bateau., 
L.idzb.  Kplicm.  II,  p.  232  =  bab.  elippu. 


715 

quant  à  la  forme,  de  i^jy^.  Cette  forme  dirainutive-carita- 
tive  a  été  traitée  dans  mes  Prov.  et  Dict.  p.  127.  Elle 
existe  aussi  dans  la  lurah  pour  qq.   noms  d'animaux: 

L,«.j-i,  o^^s,  Oycjî  etc.  i^3y=  n'a  donc  pas  besoin  d'être 
^emprunté  à  l'araméen  avec  la  désinence  diminutive  en 
usa",  comme  le  croient  Nôldeke,  Mand.  Gr.  p.  148,  et  Hom- 
mel,  S  Th.  p.  239,  mais  c'est  un  mot  de  la  langue  parlée  de 
jadis.  J'ai  aussi  entendu  une  femme  syrienne  dire  à  son 

enfant  y  â  fa  r  f ù  r  t  i,  ce  qui  est  le  caritatif  du  classique  s^îj, 
agneau^  Hommel  o.  1.  p.  239.  On  voit  donc  que  les  dia- 
lectes sont  une  mine  inépuisable  pour  le  philologue. 

ill  est  inconnu  dans  le  Sud.  ^y«,  fém.  'û^^,  pi.  q'j;-*, 

est  un  agneau  qu'on  engraisse  à  la  maiso7i^  =  Syr.  (-î^"-«, 
uhû*  limhedî''  uyirbatûh  (non  yirbotûh)  fira- 
nûwârah  yiria^ûn  laban  uyitzàbban  'alêh 
môlàh  yôm  hû'  sëmîn,  et  il  est  pour  le  gourmet,  et 
on  le  lie  à  l'ombre,  on  lui  donne  à  boire  du  lait,  et  son 
propriétaire  en  demande  cher,  parce  qu'il  (l'agneau)  est  gras. 
Les  Bâ  Kâzim  disent  j«.ic,  oii  le  c  est  si  faible,  qu'avec 

l'article  cela  devient  1  â  n  i  m  i=  ^lxS\  =  jJîSî.  Les  Bédouins 

à  l'ouest  de  l'Egypte  disent  Jl,  Hartmann  L  L  W  p.  127, 
RMT  A  p.  470. 

25,2:  wahzor  'aqlak  =  dûac  j^  G  0.  ^j>,  o,  est 
véritablement  soupeser  avec  la  main  pour  voir  combien 
ça  pèse=jL  0.  Ahmed  b.  'Ali  es-Sâhimî  dit: 

iiii  ^jéy  ^[^  vji*^  A>  ^'3      i^'— v^  j)-^:.  3   ^-b^-   o^^ 


716 

Si  les  serpents  (guerriers)   se  rassemblent  et  que  leur 

[feu  de  guerre  s'allume, 
Je  passerai  peut-être  sans  que  les  étincelles  m'atteignent. 
Chacun  se  met  en  garde  et  pèse  bien  sa  conduite, 
Et  si  quelqu'un  déchire  S07i  châle,  il  le  rapièce  avec  de 

[la  cotonnade  blanche. 

La  suite  du  verset  cité  Hdr  p.  523  s.  v.  v3ol  est  : 
+ 

Vous  avez  pris  (pour  refuge)  les  montagnes  d'el-Masna^ah 

[du  château], 
Lorsque  vous  avez  rejeté  loin  de  vous  toute  réflexion. 


/  5    C    ) 


^iUl^b'   ,j>',  pèse  ce  que  tu  dis.  En  Syrie,  .^  et  -^y^, 
deviner. 


5. 

El-harâwah. 

Le  verbe  ^*)f^^  marier^  ^^j^^-^  ^^  marier^  et  ses  dé- 
rivés, est  employé  dans  tout  le  Sud,  à  l'ouest  de  Hdr, 
le  Yéman  et  le  mehri.  Maltzan  Z  D  M  G  27  p.  264  donne 
herauwi,  fiancé,  mais  son  identification  avec  ood^R, 

sponsus,  et  y^.î,  paire  de  bœufs,  est  gratuite.  En  Hdr 
ce  thème  est  rarement  employé  dans  ce  sens.  S3y>  y 
est  cortège,  suite.  Le  verbe  doit  avoir  une  relation  avec 

G 

y>,  vulva,  qui  est  devenu  bilittéral,  Barth  Z  D  M  G  41 

p.  609,  probablement  d'un  trilittéral  3y>,  à  en  juger  par 
les  formes  sudarabiques,   que  les  savants  arabes  n'ont 

G  o 

pas   connues  *).    ^  ^   me   fait  l'effet  d'être  académique, 

quoiqu'on  le  rencontre  dans  les  anciennes  poésies,  v.  Gloss. 
s.  V..  J^\  aussi  des  vulves  des  mulets  Z  D  M  G  59  p.  609 

en  bas.  C'est  lebabyl.  uru:  ursa  iptêma  =  LP.c>  c>>.;s^ 

Dhorme  o.  1.  p.  196  v.  16.  J'avais  pensé  au  hawiru*) 
mari,  du  Code  de  Hammurabi  §§135  et  174,  mais  c'est 
là^b^^rniru  de  la  même  racine  que  .L>,  o,  en  arabe  i. 


1)  De  même,  son  synon.  ^j*^  est  ou  le  babyl.  k  uzbu,  Dhorme 
0.1.  p.  192,  22.  19G  V.  IG  ou  kussu,  amour. 

2)  D  H  Millier  dans  sfon  excellent  livre  »Die  Gesetze  Hamraurabis" 
transcrit  incorrectement  hawiru. 


718 

Un   Bédouin   des  Bii  Kâzim  a  composé  ce  zâmil  dro- 
latique : 

iCiLJb    \/\-s.   ^1^   ^^!   (\.^-î^J> 

ifa  famille  m'a  marié  à  ime  pucelle  tiubile: 
Pas  une  n'est  comme  elle  clans  en-Nizeylah  et  en-Nazîl. 
J'ai  deux  épouses^  et  c'est  que  faime  V amour  ! 
Elle  n'est  pas  mal  (sie  ist  nicht  schlecht  ausgefalleti), 

[et  moi,  je  ne  suis  pas  avare. 

_^,:>,    fiancé   et  jeune  marié,   comme  l'est   aussi    son 

synonyme  du  Nord  t^-j-c,  Boh.  VIII  p.  53,  8  oîi  le  Pro- 
phète est  appelé  ij^*,^  le  lendemain  de  son  mariage  avec 

Zeynab;   Hartmann   L  L  W   p.  54.  bjj,=>,  fiancée,  jeune 

mariée.  Les  deux  mots  aussi  dans  la  Tihdmah,  Glaser 
Peterm.  Mittheil.  1886  Heft  I  p.  7.  Après  les  sept  jours 
passés,  on  lave  la  tête  à  la  harîwah,  yintorèyn 
râsha^),    et    cette   manipulation   faite,   elle   n'est  plus 

harîwah,  mais  'm.=>.  Un  Beyhânite  m'a  raconté  l'anec- 
dote suivante:  Une  femme  buvait  le  café  avec  un  Bé- 
douin. Elle  voulait  se  marier  et  le  pria  de  lui  lire  la 
fâtihah.   Ce  qu'il   fit   de  cette  façon:  El-ffitiha  la  rôh 

1)  Chanté  harwiini  ahli  où  ni  est  bref. 

2)  Pour  nazil  et  baljîl.  3)  Pour  w^:>'    ^b- 

4)  =  o^xij. 

5)  Pour  yinioreyn,  ylJ,  o.   SJo,  lavage  de  la  /é^c ;  voyez  Gloss.. 


719 

iil  Bâl-Hayyât*)  uâl  Bàl-Gallât*  yihàrwi  rigga"^) 
uyitalliq  el-miharwayât*bigah  es-sêh  Bû  Bakr 
môla  ""Aynât^}.  La  fâtihah  pour  Vàme  des  Bal- H.  et 
des  Bal- G.,  qui  marient  les  divorcées  et  font  divorcer  les 
mariées,  par  la  puissance  d'Abu  Bakr,  seigneur  de  ^Aynât. 
Le  Bédouin,  homme  facétieux,  raconta  sa  rencontre  avec 
la  femme  à  mon  Harîbite  'Abd  Allah,  qui  était  curieux 
de  connaître  ce  genre  de  fâtihah. 

26,  5:  hsez   yiqrubûn,   le  dialecte  datînois  n'ayant 
.  pas  o  =  g. 

26,  7:  tàrib.  ^^  o^-^y^  L,  je  n'ai  envie  de  rien,  . 

26,  14:  yesù".  cUi,  o,  aller  de  maison  en  maison  pour 
inviter  au  mariage.  L'idée  primitive  est  aller  par  ci,  par 
là,  herumgehe?i  =:  ij^l:>;  o.  Es  ma%h  yisû*^  quddâm 
bèytena,  qu'est-ce  qu'il  a  qu'il  rôde  devant  notre  mai- 
son =  ^J^_^^\J..  Le  fiancé  est  alors  ct^,  mais  ses  amis  in- 
vités sont  également  ses  Kc^,  p.  27,  1,  p.  121,  6.  L  A 
X  p.  54,  u,  donne  ;iot*^  j^yi-f  ^y^,  dont  serait  venu  '^j^^, 

L  A  X  p.  55,  u,  qui  se  trouve  aussi  en  hliyânî  et  en 
sabéen,  DH  Mùller  EDA  p.  72'*).  Cependant,  cette  idée 

1)  Les  B.  Haj'yât  sont  des  santons  enterrés  à  el-Rêt,  Arabica 
V  p.  41.  Il  y  en  a  encore  trois  familles  à  el-Qasâb.  Les  B.  G  allât 
sont  des  santons  de  Beyhân. 

2)  ^^^K.    divorcée   ou  veuve,  pi.  ^^j  =  Dt  •r}-^^  P'-  -rr^' 

3)  Arabica  V,  p.  206.  Aussi  ^Ènât  et  Inât,  comme  en  babyl. 
Del.  Gr.  p.  96a,  §39. 

4)  Le_^U    cyi  de  Osiander  8,  7,  D  II  Mùller  o.  1.  p.  37,  pour- 

rait  bien  î'tre  f?=— <  r'^*f^-,  ^^^  pnrtisn)is  de  leur  princr^  les  pL**' 
du  Diw.  Hâtini  Jey  Schulth.  N"  LXVIII  v.  1. 


720 

n'est  pas  renfermée  dans  le  verbe  datînois  et  elle  est  tout 
le  contraire  du  sens  primordial  de  ^Ui,  i.  Le  class.  jCcLi 

iJy!,\  Jc>Jt,  épouse,  est  à  noter.  La  racine  ^yi  est  faible- 
ment représentée  en  arabe  classique,  mais  les  dialectes 
la  connaissent  davantage.  Dans  le  nôtre,  ?yi!  est  chiche^ 
sordide,   mais  aussi  très  grand  et  mince,  ^y^  ic>^,  figure 

renfrognée.  Dans  la  lurah  cyiî  est  celui  qui  a  les  che- 
veux hérissés,  Hafifner  L  A  p.  174,  15,  L  Doreyd  GE 
Handb.  p.  252,  6,  ce  qui  concorde  bien  avec  Hdr  Gloss. 

p.  628  s.  V.  ')  ^^-.^4^t  f!y^,  lever  du  soleil  R  0  p.  203, 
12,  comme  chez  Rôssler  MSOS  I  p.  71,  7  d'en  bas. 

26,  16:  'afrah.  La  vraie  forme  est  sjii,  qu'on  dit 
hors  de  Dt,  pi.  Jjil  ou  ojjài.  C'est  la  peau  d'un  petit 
agneau,  jix?,  ou  d'un  petit  chevreau,  ^J^.  On  en  fait 
des  blagues  à  tabac,  des  oiitres  pour  l'eau,  sUllxi,  et  des 

sachets  pour  toutes  choses.  ^!  a^,  le  sachet  à  café, 
comme  dans  notre  texte.  Dans  les  dictionnaires,  nous 
trouvons  jtl,  petit  du  chamois,  et  Âd,  veau. 

26,  20  :  m  i  t  r  e  f  f  i  d  î  n  n  a  k.  De  même  ici,  m  û  z  i  n  n  e  h 
ou  mùzlnneh,  38,  6  et  note;  zâqirînnah,  64,  24; 
mûsâhibinneha  149,  18;  kâme'ànnah,  165,  212). 
Dans  le  volume  sur  le  Hadramoût,  p.  166  note,  j'ai  dit 


i)  Py^^  j-S  I-  Doreyd  o.  et  1.  1..  Dussaud,  Voyage  archéol.  au 
Safii  p.  35  N"  7  :  ^^yi^î,  nom  propre. 

2)  Où  l'a  est  sous  l'influence  du  c.  Voyez  d'autres  exemples, 
Arabica,  V,  p.  139. 


721 

que  cette  forme  est  rare  hors  de  ''Oman,  mais  cela  ne 
s'applique  qu'au  dialecte  de  Hadramoût.  Elle  est,  au 
contraire,  commune  dans  les  pays  à  l'ouest  de  là,  même 
au  Yéman,  mais  son  emploi  y  est  pourtant  limité,  ainsi 
que  nous  allons  le  voir.  Je  vais  d'abord  en  donner  des 
exemples  tirés  de  mes  notes  ')  sur  le  dialecte  de  Datînah. 
Singulier.  Su  d  i  b  a  r  i  k  i  n  n  e  h ,  qui  Va  fait  agenouiller  ? 
Ana  râhiminnha,  je  l'aime.  Su  di  kâtibinneh, 
qui  Va  écrit?  Ana  kâtibinneh,  moi.,  je  Vai  écrit.  Su" 
di  hû'  ^i  m  il  in  n  eh  ou  '^ammâlinneh,  qui  le  laboure 
(le  champ).  Ma  bârûwih,  ummi  lâbigînni,  je  ne 
m'en  irai  pas,  ma  mère  va  me  battre.  Su  di  musû- 
wiyinnah,  qui  Va  fait?  Màna  si  "âwizinneh,  je  ne 
le  veux  pas.  Ana  g  a  y  i  n  n  a  k  ^)  b  â  k  i  r,  je  viendrai 
chez  toi  demain.  Em-râhileh  dêrinneh'),  la  chamelle 
ne  se  soucie  pas  de  son  petit.  Râbit  innehom  min 
ez-zina  fi  môledeb,  il  leur  a  défendu  de  s'adonner 
à  la  débauche  pendayit  sa  fête.  Em-màrad  mâkkinni, 


1)  En  composant  le  premier  volume,  je  n'avais  pas  encore  trié  et 
ordonné  les  milliers  de  fiches  que  j'avais  alors  et  que  j'ai  à  présent 
augmentés  d'autres  milliers.  Je  n'avais  pas  encore  alors  fait  de  fiches 
pour  les  nombreux  textes  que  je  me  suis  fait  dicter  des  dialectes 
méridionaux.  La  traduction  des  exemples  rend  le  sens  qu'avait  le 
participe  ou  l'adjectif  verbal  dans  les  conversations  lorsque  je  les  notais. 

2)  Le  gâinek  de  Brode,  M  S  0  S,  V,  II,  p.  11,  1.  3,  est  une 
erreur.  Ce  texte  est  tellement  mal  noté,  qu'il  faut  absolument  le 
laisser  de  côté.  On  ne  doit  rien  publier  avant  d'avoir  bien  appris! 
Les  textes  de  Rossler,  dans  le  même  recueil,  sont  au  contraire 
excellents.  U  y  a  peu  d'erreurs. 

3)  jjp   est  pour  jjjo  et  dans  ce  sens  il  n'a  pas  de  forme  féminine. 

A 

On   prononçait  aussi  dé'irinnah,   et  diiirînnah   n'était  pas  ac- 
cepté. On  l'expliquait  par  sîUji  tîn  nah  =:  Likii»L«. 


722 

la  maladie  m'a  extémié.  Crallabinneha,  je  V ai  amenée 
pour  la  vendre.  "^A  r  r  â  z  i  n  n  h  a  *),  il  lui  donne  à  manger 
(au  chameau).  Ou  di  hàd  em-maqsai"?  Hù  meljab- 
b'innha'-),  m  os  mibey  yi  n  i  nn  ha,  qui  a  pris  le 
panier?  C'est  lui  qui  l'a  caché  et  il  ne  le  montre  pas.  Yi'^ 

mesinnah  kamat-têri,  ^^^^  ^  *JÎ'^)  Lfy^  ê>i  ^^^^ 
se  le  figurait  comme  un  oiseau.  F  en  em-sadêrieh? 
Ma^allaqinneha,  où  est  le  gilet?  Je  l'ai  suspendu. 
Stf  di  harrag  et-tib'^ân?  Ana  meharriéinnehin, 
qui  a  dressé  les  petits  taureaux  au  labourage?  C'est  moi 
qiii  les  ai  dressés. 

Ana  merkinnak  ou  m q v ^\ nu2i^ Jet' appuie,  ^/J. 
Abûh  muhdiyinnah,  son  père  l'a  gâté.  Sahîh 
fëlân  mendiinnak  qurûs  ou  mendinnak,  est-ce 
vrai  qu'un  tel  va  te  donner  de  l'argent'?  M.\?^n\\\\ nQ\i2i% 
c'est  un  brave.  Hf  mâqâdinni  ou  màqâdiînni,  elle 
est  e7i  face  de  moi.  H  û'  m  i  t  h  a  d  d  i  n  î  n  n  h  a  '') ,  il  la 
tient  dans  ses  bras.  Hû"  mehâlifinnak,  il  est  ton  allié. 

Pluriel.  Lahna  qâbilîninnah,  nous  l'acceptons. 
L  a  h  n  a  h  à  m  i  1  î  n  î  n  n  e  h  o  m,  nous  nous  portons  garants 
pour  eux.  H  â  m  i  d  î  n  i  n  n  e  h,  ils  le  louent.  M  à  h  n  a  si 
%wizîninnes,  nous  ne  voulons  pas  de  toi  (fém.) 
Wùssehom  di  ho  m  labigîninneh,  qui  sont  ceux 
qui  vont  le  frappera  Wuésehom  di  hom  musûwi- 
yîninnah,  qui  sont  ceux  qui  l'ont  fait? 


■l)jj^)    i,  en  lui  fourrant  les  roseaux  dans  la  bouche. 

2)  Plus  lentement,  on  prononçait  meha  bbiyînneha. 

3)  Observez  la  forme  masculine. 

4)  Voyez  p.  328  note  5. 

5)  Prononcé  lentement  mithaddin'i  nneha. 


723 

Eé  mà'na  el-habb  sawf?')  Mirbisîninnah. 
Quelle  est  la  signification  de  elh.-s.?  [Cela  veut  dire  qu'] 
ils  Vont  mélangé.  Hom  mehâlifînin  na,  ils  sont  nos 
alliés.  Hâdâlà'  meqâdi  [y]îninna,  -inni^),  ceux-là 
sont  en  face  de  nous,  de  moi.  R  a  h  h  à  n  !  ■'')  s  â  r  i  q  â  t 
înnak,  attention!  elles  vont  te  voler. 

On  aura  déjà  vu  que  le  participe  se  rapportant  à  un  fémi- 
nin ne  reçoit  pas  toujours  au  singulier  la  forme  féminine, 
et  Ton  se  sert  de  la  forme  masculine  en  parlant  de  ou 
à  une  femme  (ou  chose  du  genre  féminin),  (jâibinneh 
peut  donc  signifier  il  ou  elle  l'a  apporté  ou  rapportera. 
L'adjectif  est  dans  le  même   cas.   Nous  trouvons  dans 

ces  textes:  ^^^  «^  20,  23;  ^_^L^  L^^  aAxijLl!,  62,  11; 
iJî  yjî^  g,  64,  2-i  et  note  8;  Joc^  «ii,  73,  11;  ^5;'^  ^3, 


1)  t_5y^,    a,    se    dit    de    la    terre    lorsqu'i7   n'y  pousse   rien  par 

manque  de  pluie.  (j:y^   L>^;^'>    ^«  terre  ne  produit  pas  de  récolle. 

c>Jaa3    iLL<'.ÀJî,  le  palmier  est  en  mauvais  état,  mais  non  desséché, 

V.    Dict.    (j^r»i    (J-»    ci*Jy^)    js     suis    exténué    par    la    maladie. 

(^_5yaot,    être    dans    la   *|y>3,    pénurie    de  blé.  i^>t^   v-.*-^vJ',  le  blé 

est  frelaté,   sale.   (_,/j5^!    q^   ^y^    U-^j"^',    la   terre  est  dépourvue 

de  blé.  i^Y^  U^y^\    ?c   bétail  est   harassé,  soit  faute   de   manger, 

soit  à  force  de  travail.  >— ^^^    ^^    '^   '\y^   U^;*^'    i3»    '^  y  a  cherté 
de  blé  dans  le  pays.  Un  poète  des 'Abâdil  dit  dans  une  longue  qasîdah  : 

*\y.sl\  ^    P  Vt*5    '^^-""■'f:^   0-»   !>j''-*       (^-^^^  L_î'^iL>t  c>v>^   SJSa  ^^X^ 
(mètre  en  désordre). 

2)  in  ni  prouve  que  inna  n'est  pas  =  UJ,  voyez  p.  726. 


724 

81,  1;  w-.:^.iU>o,  99,  7.  Hf  dâri  inn  el-'audeh 
m  a  11*^111,  elle  sait  que  la  vieille  est  méchante  (maudite) 
Dt.  On  trouve  quelquefois  cette  construction  chez  les 
anciens  poètes').  Enti  katibetin  neh,  Vas-tu  écrit? 
(à  une  femme),  pourrait  se  dire,  mais  kâtibînneh 
serait  préférable,  contrairement  aux   dialectes  du  Nord, 

où    le    fém.    est   usité:    »sjLli  Z  D  MG   XXII,  p.  192 

note  (Wetzstein),  et  au  dialecte  de  'Oman:  dâribitu 
M  SOS  V,  II,  p.  17,  1.  9;  RO  §§250  et  256.  Haurân 
et  Béd.  Syrie  sâifîtu  =3iJCàjLii,  et  ainsi  tous  les  parti- 
cipes de  cette  forme:  bint  'a  m  mu  rûidîtu,  ""anazî. 

Il  ressort  donc  de  ces  exemples  que  1°  le  suffixe  est 
l'objet  à  l'accusatif  du  participe  ou  de  l'adjectif  verbal  ; 
2°  ce  suffixe  est  collé  à  son  régime  moyennant  le  mot 
inn  (non  pas  in);  3°  aussi  bien  au  singulier  qu'au 
pluriel;  4°  le  participe  a  tantôt  le  sens  du  passé,  tantôt 
celui  du  présent  ou  du  futur,  en  harmonie  avec  la  nature 
intrinsèque  de  ce  temps,  mise  en  évidence  par  le  beau 
mémoire  de  Reckendorf,  Zum  Gebrauch  des  Partizips  im 
Altarabischen,  dans  les  Orientalische  Studien,  présentés 
à  Theodor  Nôldeke  lors  de  son  70  anniversaire.  Je 
demandai  une  fois  en  entendant:  hom  sâriqînînnah, 
ce  que  cela  pouvait  signifier  par  rapport  au  temps,  et 
mon  interlocuteur  répondit  très  judicieusement:  il  faut 
demander  :  s  a  r  a  q  û  h  ô  \\  d  h  o  m.  Vont-ils  vole  ou  pas 
encore?  Mais  le  sens  futural  me  paraît  prédominer  dans 


4)  Jv^    iU=>,  'Omar  I.  er-Rabî=,  171,  ".  (Jjx  Ji!,  Mo'alI.Zoheyr, 

Àhlw.    p.   95,    V.   22.   D'autres  exemples  chez  Noldeke,  Zur  Gramm. 
des   class.    Arabisch    p.   22,   et   Z  D  M  G  58,  p.  902  note.  Le  même, 

Funf  Mo'all,  III,  p.  29.  Cp.  LA  s.  v.  wJl5>)  et  Hdr  Gloss.  sub  v/^- 


725 

la  conscience  populaire.  Cela  est  tellement  vrai  que,  lors- 
qu'il s'agit  du  temps  passé,  on  préfère  le  parfait  ou  le  par- 
ticipe sans  inn:  wiàssi  di  labagèteh,  qui  est  celle  qui 
Va  battu  ?  au  lieu  de  1  â  b  i  g  i  n  n  e  h.  Le  participe  et  l'adjectif 
verbal  sont  plus  employés  en  ''Oman  que  dans  les  dialectes 
plus  à  l'ouest.  Du  reste,  cette  construction  n'est  pas  non 
plus  de  toute  rigueur  en  'Oman,  car  nous  trouvons  dans 
les  textes  de  Rôssler  hna  mâhidînha  o.  1.  III,  p.  12, 
1.  9,  et  msauwînhin  p.  26,  1.  10;  v.  ici  p.  727 
note  2.  Cf  R  0  §  §  250  et  256,  d'où  il  ressort,  ainsi  que 
des  nombreux  exemples  dans  sa  grammaire  et  dans  les 
textes  de  Rôssler,  que  cet  emploi  du  participe  ne  se  limite 
nullement  au  temps  passé.  Par  le  texte  publié  par  Wetz- 
stein,  Z  D  M  G  XXII,  nous  savons  que  le  participe  avec 
inn   [chez  lui  ann]  se  trouve  aussi  chez  les  Bédouins  de 

la  Syrie  :  iJIi.bj  l\oij  ^^^  x^àjL^  ;j=j>.L*J!  o'ji^,,  es  war  ein 
Schiltze  ;  derselbe  hatte  ihn  nàmlich  von  Weitem  geseheyi 
uncl    sich    herangeschliche?i.    D'après    ses   collaborateurs 

bédouins,  p.  192  note,  la  différence  entre  p.  e.  sL)Slo  et 

jJids'U)  serait   que  le  premier  veut  dire:  elle  est  en  train 

de  le  manger,  tandis  que  le  second  signifierait  :  elle  V avait 
mangé.  En  tout  cas,  cette  différence,  à  moi  inconnue, 
n'existe  pas  dans  le  Sud.  Ce  que  je  sais,  c'est  que  dans 
notre  dialecte,  mâkilinneh  veut  dire:  elle  le  mangera. 
Socin,  Diwan,  III.  §  154  dit  que  cette  construction  ne 
se  rencontre  pas  dans  le  Negd.  Dans  la  désopilante  et 
poétique  brochure  de  Glaser  Suwd"  und  al-^Uzzd  und  die 
altjem.  Inschriften,  où  il  démontre  à  l'évidence  l'inca- 
pacité phénoménale  de  H  Derenbourg,  il  donne  p.  1 7  deux 
phrases  de  la   langue   du   Nord   du  Yéman:  an  a  lu\i>i- 


726 

rinnkum  elhadd,  ich  verhiete  euch  die  Qrànze,  et  sou 
antithèse:  an  a  muhdirinn  el-liadd  lakum,  ich  er- 
lauhe  euch  die  Grdnze.  Ces  i)hrases  me  font  l'effet  d'être 
du  cru  de  l'auteur.  On  dit  dans  le  Yéman,  comme  par- 
tout ij  y^\^ ,  et  i  n  n  k  u  m  ne  peut  pas  être  pour  ^i^l, 
comme  inna  est  pour  'uJ.  Et  pourquoi  dit-il  dans  le 
second  exemple  lakum  au  lieu  de  muhdirinnkura 
oîi  la  construction  doit  être  la  même?  Si  hâéirînn- 
kum  peut  se  défendre  =  |*XÎI  y>'u=>  =  ^/^'l^,  muhdi- 
rinn, sans  le  suffixe,  est  impossible.  J'ajoute  l'accent, 
car  l'ictus  doit  bien  être  sur  la  dernière  à  cause  des 
deux  n.  Dans  le  Nord,  on  entend  quelquefois  la  nounation 
a  n  a  r  â  Ë_i  b  a  n  (r  â  Ë  i  b  i  n)  f  a  r  a  s  a  n,  je  monte  une  ju- 
ment, mais  l'accent  n'est  alors  jamais  sur  la  dernière. 
La  mémoire  de  Glaser  lui  a  fait  défaut. 

Avant  d'aller  plus  loin,  et  pour  éviter  toute  équivoque, 
je  fais  observer  qu'il  y  a  une  autre  construction  qui 
ressemble  à  celle-ci,  mais  qui  ne  tombe  pas  dans  la  même 
catégorie. 

P.  e.  yislahinna:=  Lo  ;.'Xw_>,  il  rigole  avec  7ious ; 
heyrinna  =:  Uî  yff>;    katibinna  ^  IjJ  >^^;    ta'^siv 

m  i  n  n  a  :=:  LJ  jw*ou,  elle  nous  cuit,  39,  26  ;  t  e  s  i  n  n  a  = 

Ui    ,^er^,    elle    nous    fait,    ibidem;    yôrinna^rljJ    .yi 

MSOS,  VII,  II,  p.  122,  v.  3.  Cela  n'est  qu'une  assimi- 
lation des  deux  liquides'),  car  selon  el-Bohârî  VI,  73: 
^^U=>!    C)^'^    r"^'-   Cette    assimilation   de  J  avec   un  ^^ 

suivant  est  partout  très  ordinaire:  arsannà"*  lak  ku- 


4)  Stumnie  T.  Gr.  §2.  Marcais  Gr.  p.  131. 


727 

t  â  b,  nous  t'avons  envoyé  un  livre  ;  h  u  s  û  m  i  n  n  a,  = 
UJ  cy.^^;  h  a  m  an  ni  =:  ,^0U>  MSOS  VI,  ii,  p.  110, 
N°  41,  V.  1,  et  en  Afrique:  yurbtinna  = 'ulS  -Laj-j, 
y  a  h  a  r  q  i  n  n  a  r:r  UJ  oy>r.  ^)-  Lahenna  =  LJL^^) ,  ^Anazeh. 
Maintenant,  comment  faut-il  analyser  cette  construction 
avec  inn*).  Reinhardt,  dans  sa  grammaire  du  dialecte 
de  'Oman,  propose  trois  solutions:  1°  la  nounation  avec 
redoublement  du  n,  à  cause  de  l'accent,  comme  dans 
"an ni,  minnek  etc;  2°  une  préposition,  cachée  dans 
in,  pour  indiquer  l'objet,  sous  l'influence  des  formes  avec 
les  prépositions  v  ^t  J  qui  se  collent  enclitiquement  au 
participe.  En  cela,  selon  lui,  il  faut  considérer  : 

a)  l'existence  du  suffixe-objet  ni  au  lieu  de  i; 

b)  la  forme  fém.  sing.  du  participe,  p.  e.  nâli mit-no, 
elle  l'appela,  comparée  aux  formes  telles  que  \j  juUic, 
■^ô  1  m  à  n  i  tb  o,   elle  en  avait  connaissance,  ^  ii^'o'uw,  s  â  d- 

kit-li,  elle  me  massait; 

c)  des  formes  telles  que  d  â  r  b  i  n-n  h  e,  il  la  battit  ; 

3°  En  admettant  une  transposition  de  la  deuxième 
voyelle  de  la  forme  du  participe  avec  la  préposition  n. 
De  cette  façon,  dârbi[n]ni  serait  pour  dârib-ni. 

Pour  la  nounation  se  sont  prononcés  carrément  Wetz- 
stein^),  ZDMG  XXII  p.  123,  et  Socin,  DiwanIII§154 


\)  Stumme,  Gr.  tiin.  arab.  §§133,  138  (p.  110);  idem  M  G  S  T 
p.  270  §158;  Marçais  o.  1.  p    27. 

2)  Elle  n'est  pas,  du  reste,  absolument  nécessaire,  car  nous  trou- 
vons chez  Reinhardt,  §426:  hîya  ed  darb  bu  hâtfînhe,  cest 
là  la  roule  sur  laquelle  vous  marchez  ;  plutôt  :  est-ce  là  la  etc.  ? 
Voyez  ici  p.  725. 

3)  11  se  contredit  cependant  en  proposant,  o.  1.  p.  192  note,  la  déii- 

vation  de  «Lj!  bLcLi,  ce  que  Nôldeke  a  déjà  condamné,  W  Z  K  M  IX,  p.  12. 

50 


728 

et  G  G  Adz.  1895,  n°  2,  p.  128,  tandis  que  Vollers  est 
plus  prudent:  il  la  trouve  bizarre  et  se  demande  avec 
raison  comment  on  voudra  alors  expliquer  le  pluriel 
dârbîn-no,  ZDMG  49,  p.  504. 

Nôldeke,   WZKM  IX,  p.  12,  n'y  voit  pas  la  nouna- 
tion,  mais  la  réminiscence  de  la  voyelle  dTrâb  qui  aurait 

la  première  personne  pour  point  de  départ,  J^j-^,  et  il 

y  cite  des  exemples  de  quelques  auteurs  anciens. 

Je  vais  à  présent  envisager  de  près  ces  opinions.  La 
nounation  a  bien  laissé  des  traces  profondes  dans  les 
dialectes  modernes,  ainsi  que  je  l'ai  exposé  dans  ma 
brochure  „La  langue  arabe  et  ses  dialectes",  mais  seule- 
ment au  nord  du  Rubâ'  el-Halî,  nullement  dans  les  dia- 
lectes méridionaux.  Dans  le  dialecte  de  ""Oman,  elle  est 
très  rare  et  ne  figure  que  dans  des  locutions  savantes, 
abstraction  faite  de  quelques  cas  isolés,  qui  proviennent 
d'un  rayonnement  des  dialectes  bédouins  du  Nord').  A 
l'ouest  de  *^Omân,  elle  disparaît  complètement,  à  l'exception 
de  a  b  ad  an  et  de  kulle[ê]n^).  Or,  je  demande:  comment 
le  tanwîn  aurait-il  pu  se  conserver  aussi  régulièrement 
dans  ce  cas  particulier  et  dans  des  contrt'^s  oîi  cela  ne 
fait   absolument  pas  partie   de  l'idiome  parlé?  Et  pour- 


\)  Nuldeke   WZKM    IX   p.    11.  Kemmîn,  o.  I.  p.  12,  n'est  pas 

tanwîné,    mais    provient    de   Q*i   =  q^    j*.5  ,    comme   ^^yo    de    q-»- 

La  ^oime  allonjïée  mîn  n'est  pas  du  tout  seulement  celle  de  la  pause, 
comme  le  dit  Wright,  Lecturrs  p.  124. 

2)  Sufran  et  guflan,  I.Idr  p.  G5,  v,  11  et  13,  sont  des  cas 
isolés  qui  ne  comptent  pas;  le  poète,  connaissant  cette  désinence, 
en  avait  besoin  jiour  le  mètre.  Cp.  La  langue  arabe  et  ses diale<tes, 
p.  27. 


729 

quoi  cette  construction  n'existerait-elle  pas  dans  le  Negd, 
où  les  restes  du  tanwîn  se  rencontrent  à  tout  bout  de 
champ?  Les  Arabes,  qui  ont  si  merveilleusement  con- 
servé leur  langue  depuis  l'époque  la  plus  reculée,  auraient- 
ils  introduit  une  telle  horreur  grammaticale  que  de  coller 
le  suffixe-objet  à  un  mot  tanwîné?  Franchement,  je  ne 
les  crois  pas  capables  d'un  tel  crimen  laesse  grammaticœ  ^). 
Et  de   plus,   ils   auraient  appliqué  ce  même  tanwîn  au 

participe  pluriel  ^^J^  en  y  soudant  les  suffixes  !  Quant 

au  tableau  donné  par  Reinhardt  §  250,  il  faut  remarquer 
que  inn  n'y  est  usité  que  pour  le  singulier  masculin 
et  le  pluriel  féminin.  11  y  a  chute  d'un  n  à  cause  de 
l'accent  sur  la  dernière  syllabe  du  mot  féminin,  et  pour 
le  pluriel  il  y  a  contraction  à  cause  de  la  rencontre  de 
trois  n,  car  le  mot  intercalé  est,  comme  je  l'ai  dit,  inn 
et  non  pas  in.  Reinhardt  et  Rôssler^)  n'ont  pas  voulu 
marquer  ces  deux  n,  en  acceptant  une  fausse  opinion 
parmi  les  philologues  modernes.  On  voit  donc  que  les 
dialectes  de  Hdr  et  de  Datînah,  mieux  conservés  que 
ceux  de  "^Omân,  ont  ici  la  prononciation  pleine.  C'est 
ainsi  que  le  Datînois  dit  darib[at]inneh  et  dâribîn- 
inneh,  tandis  que  les  ""Omanites  disent  dârbitno  et 
d  â  r  b  î  n  n  0. 


■1)  Th.  Bent,  lui,  est,  bien  entendu,  d'un  autre  avis,  voyez  Hdr, 
p.  91.  Il  y  a  des  exemples  de  nisbah  formés  de  mots  qui  ont  con- 
servé  l'article  sabéen,  p.e.  Kaukabânî,  Ha^arânî,  Baqarânî, 

î      > 
éul^ulânî,   de    ,.j"^.>'.l:>,    enregistré   par  les  lexicographes  à  cûtô 

de    JsiOL>;    (j^Ûb-    et    ■^^    Boh.  III  p.  184/5. 

2)  Qui  écrit  cependant  quelquefois  aussi  i  n  n  devant  une  consonne 
p.  e.  innkum  M  SOS  III,  p.  10,  1.  19. 


730 

Quant  à  la  deuxième  solution  proposée  par  Reinhardt, 
elle  a  déjà  été  rejetée  par  Noldeke,  et  avec  raison.  Ce 
serait  ce  que  les  grammairiens  appellent  J-»jc'  io^iixj  j.^, 

mais  dans  ce  cas,  x  vj'*-^  ferait  dans  le  dialecte  de  ''Oman 
dârbillo.  Je  ne  suis  point  sûr  que  le  suffixe  de  la 
première  personne  soit  ni,  et  non  i.  Classiquement,  c'est 
i  pour  l'accusatif,  avec  le  participe,  comme  on  sait,  quoique 
n  i  se  rencontre  aussi  comme  phénomène  dialectal,  Nôldeke 
W  Z  K  M  IX  p.  12,  note.  Le  mot  de  liaison  étant  inn, 
cela  ne  souffre  pas  de  doute,  le  n  de  ni  serait  absorbé 
par  les  deux  n  déjà  existants.  Les  remarques  b  et  c 
n'ont  rien  à  faire  avec  cette  solution. 

La  troisième  solution  est  un  peu  confuse,  en  tant 
qu'elle  ne  considère  que  la  première  personne  du  suffixe 
et  n'explique  point  les  autres  personnes.  Il  n'y  a  pas  de 
transposition  de  voyelle,  mais  chute  régulière  de  la  deuxième 
voyelle,  la  troisième  radicale  faisant  syllabe  avec  la  con- 
sonne suivante:  dâr-binni,  dârbinnak,  etc.  ne  diffè- 
rent point  de  sâd-kîtli,  sâdkitlak  §255.  Mais  il  y 
a  anomalie  dans  le  fém.  sing.  cl  âr  bit  no,  elle  Va  battu, 
où  les  dialectes  de  l'Ouest  ont  la  forme  pleine.  Je  ne 
me  l'explique  que  par  l'immuabilité  de  l'accent  sur  la 
finale  féminine  du  participe,  ce  qui  empêche  la  forme 
pleine  qui  devrait  nécessairement  avoir  l'ictus  :  *  d  â  r-b  i  t- 
inno  =:  dâribatinneh  des  Datînois.  Reinhardt  revient 
encore,  à  la  page  273,  sur  cette  „préposition  cachée  dans 
in"  en  citant  des  formes  du  dialecte  de  Bagdad,  telles 
que  ''a  1  ô  n  u  ')  =  \JU;,  b  î  n  u  =  nj,  a  b  ù  n  u  =r  ^jJ,  et 
qatalûnurrr  •>^. 


1)  Nuldeke,    W  ZKM  IX,   p.  13  note,  ne  croit  pas  qu'il  y  ait  ici 


731 

Yahuda,  qui  semble  être  originaire  de  cette  ville,  a  publié 
une  liste  de  proverbes  de  ce  dialecte  dans  le  0  S  Festschrift 
de  Nôldeke.  P.  403  N°  3  il  dit,  à  propos  de  as  midrînu: 
„In  yj^Jwc  steckt  das  Partizip  der  IV  Form,  wie  schon 
Meissner,  M  S  0  S  1901  Abt.  2  N°  85,  richtig  erkannt  hat  ^). 
Das  ^^  wird  bei  der  3  Pers.  sing.  stets  nach  einera 
Vokal  den  Verben,  Partizipien,  Subs.,  Pron.  und  auch 
Prapos.  sufflgirt,  so:  s^^  hibbînû,  bewahre  ihn,  ver- 
stecke  ihn,  «'uiLw  (i)s  q  â  n  û,  er  gab  ihm  zu  trinken,  ^^Ui 

sâfônû,   sie  sahen  ihn^  ^u\>Lc  ^^  xjjjJi  qiirônû  min 
'en  de  m,  sie  toarfen  ihn  hinaus,  xjjSlX-o   (i)mdâwînu, 


un  n  û  n  épenthétique.  Epenlhétique  oui ,  mais  la  provenance  en 
est  obscure.  Je  rappelle  ici  le  rôle  que  joue  le  n  en  babyl.  et  en 
sabéen  avec  certaines  prépositions,  Hommel  Sùdarub.  Chrest.  p.  49, 
Glaser,  die  Abessinier,  p.  206  note  et  p.  2H,  Konig  L  G  II  p.  254 
et  ss.  258  note.  A  présent,  Barth,  S  W  U  S  p.  11,  veut  que  nu  soit 
»le  suffixe  même  de  la  I  p.  sing.  raasc." 

1)  Se   trouve  déjà   dans   mes    Prov.   et  Dict.  p.  274,  comme  tant 

d'autres   choses   dialectales.   C'est   le  pronom  neutre  ^,    cela,  et  non 

lui;  voyez   i^f^,  Yahuda  N°  4.  ^j^^,  Pr.  et  Dict.  Gl.,  =  (J=j^V  '-*, 

Qor.  passim,  I.  ?aM  III  i  p.  289,  3  d'en  bas.  Le  Prophète,  qui  aimait 
cette  locution,  aura  sans  doute  dit  m  udrîk,  mais  les  savants,  ramenant 
la  langue   parlée   à   une   allure   i)lus  »classique",  l'ont  rapportée  en 

scriplio  ploia.  Dans  le  Sud,  on  dit:  S\-^    u*''j    est-ce  que  je  le  sais, 

M  OC. 

moi\  vil'.O  (jit,  est-ce  que  tu  le  sais,  tuil  =:Qor.  ii)'.o!  Lo.  Lorsque 
le   Prophète  devint   plus   routine,  il  se  servait  foit  i-arenient  de  ces 

(ilLjl    U    et   li^j^Aj    U,    qui    paraissent    avoir    aussi    fait   partie   du 

langage  des  Kâh  i  n. 


732 

der  ihn  Heilende,  x-^-^-j^  r  è  m  î  n  û  *),  der  ihn  Werfende^ 
«LjL^iws  mistranû,  sei7i  Einkauf,  ^^!  abùnu,  sein 
Vater,  sJ  linu,  iJim,  s^  bînu,  in  ihm,  sAs.  (eyiênû, 
auf  ihn,  u.  s.  f."  Nous  y  trouvons  aussi  wiyyânûr= 
»b|5   N°  10;  lini  =  ^oJ  =  ^^    N°  13  ;  >^  =  w  et  îdênu 

N°  15.  Le  même  nûn  épenthétique  se  trouve  dans  le 
dialecte  de  Môsul,  ZDMG  XXXVI  p.  11,  s,  p.  17,  u. 
Quant  aux  qatalûnu  de  Reinhardt  et  qiironû*)  de 
Yahuda,  ils  pourraient  bien  être  le  pluriel  dialectal  qui 
se  rencontre  partout  en  Arabie  [nous  l'avons  ici  N°  96 
V.  6],  modelé  sur  l'imparfait,  ce  qui  a  déjà  été  relevé 
par  Nôldeke,  Beitrâge  z.  Semit.  Sprachw.  p.  18.  Mais, 
vu  l'analogie  des  autres  cas,  cela  est  moins  probable; 
c'est  aussi  l'avis  de  Brockelmann  G  Y  G  S  S  p.  52.  On 
est  porté  à  assimiler  ce  ^^^  au  i^i^î  ^,y  des  grammairiens. 
S'il  a  été  intercalé  pour  empêcher  le  hiatus  entre  les 
deux  voyelles,  il  faut  absolument  admettre  que  les  pro- 
noms ont  perdu  la  laryngée  initiale,  sans  quoi  l'épenthèse 
n'aurait  pas  sa  raison  d'être. 

Ce  phonème  adjuvant  inn  entre  dans  la  composition 
d'autres  mots  bien  différents.   Les  dialectes  tunisien  et 


1)  Pour  ^sy',,  Est-ce  un  vrai  ô,  ou  bien  l'auteur  rend-il  ii  ainsi? 
Nous  trouvons  dans  son  mémoire:  qêdi  =  '5Acj'  N"  4,  Avéhed  = 
lA^îj    N°   49,  j!^ î  m  e"  =  ^L:>    N°  5,    N°19  et  note,  ce  qui  indique 


un  iotacisme  très  fort. 


2)  Ibid.  N°27  ti  h  hrônu  =  sjil?    et  widdônu  =  sjOj.  Il  n'est 
pas  inutile  de  faire  observer  que  l'imparfait  finit  en  on:  yerîdôn- 

iyselbônû,   ^j^-a1ajij   ^^^.Aj^  (non_^J^A»aj   comme  l'écrit  l'auteur) 
N°  32). 


733 

tripolitain  ont  kîfen-hùa,  kîfenliûma,  etc  et  kî- 
fènnhu,  kîfènnhûm')  etc.  Stumme,  dans  sa  Gram- 
maire tunisienne,  p.  130,  voyait  ici  le  tanwîn.  Il  a  bien 
reconnu  la  monstruosité  d'une  telle  explication,  car  dans 
son   M  G  T   §  1 98  il   se  range  à  l'avis  de  Nôldeke  '),  qui 

y  voit  ^J,  ou  plutôt,  selon  moi,  ^L  En  l^gypte,  ^JlS  peut 

être  suivi  de  Le:  kêfmasbàhtu,  comment  allez-vous  ce 
matin,  Spitta  Gr,  p.  175,  29.  Le  dialecte  de  ^Irâq  nous 
offre  le  pronom  interrogatif  sinhu,  sinhi,  etc^),  et  le 
marocain  de  Tanger  a  sinnu,  Meissner  NAGT  p.  52, 
22,  26.  C'est  un  composé  de  si,  s,  devenu  particule  in- 
terrogative*),  de  même  que,  dans  tous  les  dialectes  arabes, 
du  phonème  in[n]  et  des  pronoms;  donc  =:  s i-i n h u,  si- 
i  n  n-u  etc.  Le  beyrouthin  s  û  n  û  w  e  h  ^),  =  le  damasc. 
s  1  ô  n,  est  ■=:::  s  u,  déjà  cristallisé,  i  n  n  (i  n)  et  h  û  w  eh  =_^. 
Meissner,  N  A  G  I  p.  XVI  note,  trouve  ici  la  nounation, 
ainsi  que  Nôldeke,  B  Z  S  S  W  p.  8,  et,  in  verba  magistri, 
Doutté  T  0  p.  28.  Ils  font  venir,  comme  tous  les  autres'') 
avant  eux,  es,   es,   de  ayyu  sey'in,  ce  qui  n'est  pas 


1)  stumme,  T.  Gr.  p.  130:  idem  MGT  §198. 

2)  WZKM  VIII,  p.  265  et  s..   Cf.  Doutté  T  0  p.  17. 

3)  Sinhi  ^enûtil-wùlif  bîye  radiir  (basît,  rime  avec  bah  iir) 
quels  sont  mes  crimes?  Vami  m'a  trahi,  Meissner,  MSOS  V,  11, 
p.  94,  N°2  V.  1.  Sinhu,  MSOS  VI.  11,  p.  92.  N'  5,  v.  2. 

4)  Bien  entendu,  de  ^,_c-^.  S  î ,  è  i,  est  aussi  employé  dans  une 
demande  indirecte;  v.  Gloss.  s. v..  En  mehri,  si  interrogatif  est  très 
commun. 

5)  Ce  sûnûweh,  où  le  n  ne  peut  absolument  pas  être  un  tan- 
wîn,  donne  la  clef  pour  expliquer  les  formes  snhûwa,  àsinhûa 
etc  énumôrées  dans  le  savant  mémoire  de  Fischer  ZDMG  59p.  810 
et  s.  qui  n'a  paru  que  longtemps  après  que  cet  article  fut  écrit. 

6)  Prov.  et  Dict.  p.  173. 


734 

tout  à  fait  exact,  car  la  nounation  y  est  en  tout  cas 
de  trop^).  Dans   mes  Prov.   et   Dict.  p.    173,  j'ai  aussi 

écrit  ^^  (^1  sans  nounation,  de  même  que  Fischer  Z  D  M  G 

59   p.    659,   et   ^J:  est  devenu  ijri^),  éi,  selon  une  règle 

générale.  Faut-il  englober  ici  l'égyptien  enhif,  en  h!" 
etc-''),  pronom  interrogatif:  qui?  et  son  adjectif  interro- 
gatif:  ènhu,  ènhi  etc.  de  même  que /'acZ/'ec^//' interrogatif 
syrien:  ènu,  èna  (enhu,  en  ha)  dont  j'ai  longuement 
parlé  dans  mes  Prov.  et  Dict.  p.  174  etss.  etl'amar.  enu, 
le  tun.  an  a,  ânahu  etc.?  En  a  pu  devenir  en,  de  même 
que  e  y  s,  es  est  devenu  e  s,  et  ]\s  fait  jN*,  et  Kj&  fait  h, 

ë.  V.  Addit..  Le  sûnûweh,  comment  es^ce?  de  Beyrouth 
et  du  Liban,  que  je  viens  de  mentionner,  ne  renferme 
certainement  pas  la  nounation.  Dans  les  Prov.  et  Dict. 
p.  177,  je  supposais,  avec  Nôldeke,  Syr.  Gr.  §  234,  et 
Dillmann,  Gr.  Âth.  Spr.  §  62  c,  que  nous  sommes  ici  en 
présence  du  phonème  démonstratif  na,  an*).  Wright, 
Lectures,  p.  121  note,  nous  informe  que  Nôldeke  a  changé 

de  vue   depuis  et  qu'il   y  voit  _^  J:!  q^.  Mais  Nôldeke 


1)  Si  el-Ga\vâlîqî,  Festschrift  fur  Fleischer  p.  146,  exige  expres- 
sément   ici    le^})    cela    n'est   d'aucune   importance;   Nôldeke,   o.  1. 

p.  G,  note  4. 

2)  Brockelmann  GVGSS  p.  48,  13  a  raison  de  dire  que  le  dia- 
lectal y>kV  n'est  pas  une  continuation  du  classique  sa)""',  mais  le 
hamzah  est  en  vertu  de  la  loi  physiologique  générale. 

3)  Spitta,  Gr.  %To^  et  §38";  Vollers,  Lehrbûch,  §10. 

4)  Prononcé  aussi  ann,  inn  «avec  Lebhaftigkeit  und  Nachdruck" 
comme   le  fait  remarquer  Reckendorf  S  V  p.  354,  à  propos  des  deux 

formes  ^i    et    ^i.    Mais   voyez   Bartli,   S  W  U  S   N""  1,   qui   n'admet 
que  in. 


735 

a  dernièrement  préféré  son  ancienne  manière  de  voir  dans 
ses  Beitrâge  ZSSW  p.  14.  Wright,  p.  121  note,  est 
lui-même  incliné  à  accepter   l'opinion   de  Spitta  que  en 

dans  enhu  provient  de  ^^,  en,  oit?  Cela  semble  se 
confirmer  par  la  forme  sjTienne.  Je  ne  vois  pas  en  quoi 
Spitta,  Wright,  Nôldeke  et  moi-même  différons,  car  ,^.1 
est  bien  aussi  formé  de  ^\  et  du  suffixe  démonstratif 
n  ^),  qui  semble  avoir  joué  un  grand  rôle  dans  les  langues 
sémitiques.  Nous  le  retrouvons  peut-être  dans  les  formes 
syriennes  énumérées  p.  667  (mànis)  et  le  n  final  des 
nombres  en  Afrique,  Stumme  T  Gr.  p.  125,  Doutté 
TO   p.    16. 

Quant  à  sinhu,  il  y  a  pourtant  une  chose  qui  me  met 
la  puce  à  l'oreille,  c'est  qu'on  dit  sinhi  et  nonsinha,  ce 
qu'on  dirait  bien,  si  in  était  le  phonème  n  et  non  la  nouna- 
tion.  Mais  la  forme  analogue  de  Mausilâsnak*),  comment 
es-tu?  exclut  certainement  toute  idée  de  nounation.  Je  ne 
crois  pas,  contr.  à  Nôldeke,  o.  1.  p.  14,  quelestribusyéma- 
nites  aient  répandu  l'emploi  de  cette  lettre  démonstrative, 
mais  j'explique  son  existence  par  le  fait  indéniable  et  de 
plus  en  plus  évident  que  les  dialectes  arabes  ont  conservé 
une  foule  de  particularités  morphologiques  appai'tenant 
au  domaine  des  langues  sémitiques  et  que  la  langue  lit- 
téraire avait  déjà  perdues  lorsqu'elle  se  manifesta  pour 
la  première  fois  comme  l'organe  des  poètes  préislamiques. 
Ces  deux  faits  constituent  le  point  le  plus  intéressant, 


1)  Mais  qui  n'est  pas  le  même  que  dans  l'assyr.  iânu,  ïil  n'y 
a  pas",  înu,  rioi,  et  l'éthiop.  en,  et  qui  existe  aussi  comme  plio- 
nèrae  de  négation  dans  les  langues  aryennes.  Cf.  Ges.-Iiiilil  H  W  B 
s.  V.  "]^N.  Voyez  Additions. 

2)  Z  D  M  G  36,  5  =  Nôldeke  B  Z  S  S  W  p.  6. 


736 

mais  en  même  temps  le  plus  obscur,  de  l'histoire  de  la 
langue  arabe. 

A  présent,  je  suis  persuadé  que  dans  les  compositions 
telles  que  êé  in[n]kân,  waqt  in[n]kân,  kêf  in[n]kan 
èmta  in[n]kâu'),  cet  in[nl  n'est  pas  la  nounation,  quoique 
Nôldeke  ait  approuvé  mon  opinion  précédente ').  Cet  in[n] 
de  es  in[n]  kân,  éinhu,  si  nu  (Socin  Diw.  III,  101), 
âsnu,  àsnak,  âsnûa  etc  [cités  par  Nôldeke-^),  qui  y 
voit  le  tanwîn^)]  et  duy^t,  quoi2^  algérien*)  ne  diffère 
en  rien  du  in[n]  dans  kêf  in[n]  kân,  kîfen  hûwa 
etc,   oii  il  faut  voir  ^\  ^Ju^.  Il  peut  être  remplacé,  aussi 

bien  en  Syrie  qu'en  Egypte,  par  ma').  En  Dt:  ^li'  L», 
n'importe  quoi.   Je  trouve   dans  L  A  IV  p.  352,  3  d'en 

bas  cette  phrase:  0^3  jtii  ^  Si\  ^j^.^  o^'  Lf^-*^ 
^  ^\  dUo  ^3,  où  ^'^  ^l  est  certainement  =  ^^^  ^\  ^JXuJ 
et  non  s'il  y  en  a,  car  il  y  a  toujours  la  qisdah. 
^i>j'i'  Le  îstyi!  jw>J!  ^^y  ^\   .Lx^!,  e  s-s.  =  que  tu  maries 

l'homme  à  une  femme  quelconque,  I  Sîdah  III  p.  24  en  bas. 
Ceux  qui  connaissent  l'esprit  des  Arabes  et  leur  sentiment 
de  la  langue  peuvent-ils  vraiment  les  croire  capables  de 
produire  un  tel  avorton  morphologique  que  p.  e.  âsuak, 
si  c'était  le  tanwîn  suivi  du  pronom  possessif?  Dans  le 
vocabulaire,  on  voit  bien  quelquefois  des  bizarreries  con- 


4)  Prov.  et  Dict.  p.  174  et  s. 

2)  Beitrâge   z.   semit.   Spracliw.   p.   G.  Les  cas  cités  par  Noldeke, 

où  se  rencontrent  ry^}  et  o^'j  doivent  être  jugés  selon  le  con- 
texte, et  ces  ouvrages  me  font  défaut.  Par  contre,  le  maltais  âeyn, 
sîn,  r/Mot,  =  le  meliri  hiiéen,  renferment  peut-t'trc  la  nounation. 

3)  Doutté,  T  0  j).  28,  ne  fait  que  répéter  l'opinion  de  Noldeke, 

4)  Marçais,  RM  TA  p.  412. 


737 

traires  au  génie  de  la  langue;  dans  la  grammaire,  jamais'). 
De  la  même  façon,  il  faut  juger  les  particules  tempo- 
relles hînin^),  yômin,  yôraan»)  waqtin,  etc,  qui 
reçoivent  également  les  suffixes  :  h  î  n  in  ni,  yôm  inna, 
w  a  q  t  i  n  n  u   etc. .    xiî ,    lorsque,  du  Nord  est  —  i^\^  =i 

iJl  j,^  =1  *J!  ^^^^  ou  Lo,  usité  en  SjTie*)  et  en  Egypte^). 
Reckendorf,  dans  son  S  V  p.  745  note,  nie  même  la  nouna- 
tion  dans  \3\  et  LXiIx:>,  où  il  voit  la  particule  in[na],  car 

„idan  et  idin  pouvaient  bien  être  interprétés  comme  for- 
mes nounées,  mais  non  pas  créées"  comme  telles.  Il  rejette 
ridée  de  la  nounation,  parce  que  le  sens  est  ici  tout  à 
fait  déterminatif.  Mais  nous  la  trouvons  bien  p.  e.  dans 

îiAc,  demain,  qui  n'est  pas  moins  déterminé  comme  sens. 
Pour  que  le  raisonnement  du  savant  confrère  tienne,  il 

4)  A  Fischer  a  dernièrement  publié  un  mémoire  très  substantiel  sur 
(ji^ij  dans  la  Z  D  M  G  59  p.  807  et  ss.,  où  je  constate  avec  satis- 
faction que  nous  sommes  d'accord  sur  les  points  principaux. 

2)  ^i    ^-jA>   chez  Nôldeke,  Zur  Gramm.  d.  cl.  Arab.  p.  106,  1.9. 

3)  Il  vaut  donc  mieux  voir  dans  le  L<j.j  de  la  page  34, 1.  5  et  note 

4)  Ilyànni  sùftak  es-su  bh  min  hîn  \nni  maddèyt 
wetfâwàlt  bîk,  Alla  yihèyyi  dâk  el-fâl,  sûr  nahâri 
raabrûk,  lorsque  je  fai  vu  le  malin,  au  moment  où  je  suis  sorti 
et  que  j'ai  pris  cela  pour  un  bon  augure,  que  dieu  fasse  vivre  ce 
bon  augurel  ma  journée  est  devenue  heureuse,  "^Anazî.  Hîn  ma 
et  même  hîn  il=^5   ^j^,  MSOS,  V  p.  94  N°  2, 1.  5.  Làmman  = 

^t  U,  aussi  très  usité  class.  :  Qor.,  Nîibirah,  Zoheyr.  Dîw.  Hod.  éd. 
Wellh.    p.    62,   1.    4;    p.  64,  1.  12;  N"  197,  v.  6;  N"  199,  v.  2.  La- 

wànn  =  jjt  jj    du  Nord  et  qqf  law  i  nn  dans  le  Sud.  Cp.  Gloss.  s.  v. 

5)  Hartmann,  LLW  p.  110,  qui  n'a  pas  compris  son  interlocuteur. 


738 

me  semble  qu'il  faille  aussi  rejeter  la  nounation  dans 
l'accusatif  adverbial.  Du  reste,  l'essence  même  du  tanvvîn 
et  son  emploi  en  arabe  n'ont  pas  encore  été  assez  étudiés 
et  éclairais. 

J'espère  avoir  convaincu  mes  confrères  que  d  â  r  i  b  i  n  n e  h, 
dârbiuo,  ne  renferme  pas  le  tanwîn,  mais  le  suffixe 
in[n],   commun   à  toutes  les  langues  sémitiques,  et  qui 

doit  être  le  même  que  dans  le  \j!  classique  et  dialectal. 

On    peut  la  comparer  à  ^Ù  J«x'i,  sans  que  notre  inn 

dérive  de  là,  comme  le  veut  Wetzstein.  Il  est  cependant 
fort  extraordinaire  que  cette  composition  n'existe  que 
pour  le  participe  avec  son  suffixe  à  l'accusatif,  à  côté 
cependant  de  la  forme  régulière,  qui  est,  cela  est  vrai, 
moins  employée. 

Si  je  suis  tout-à-fait  d'accord  avec  Nôldeke  pour  ne  pas 
voir  le  tanwîn  dans  cette  composition,  je  ne  saurais  ac- 
cepter sa  manière  de  voir  lorsqu'il  veut  que  le  tanwîn 
soit    renfermé   dans   des   formes   'omânites,    telles    que 

mohtagilli,  WZKM  IX  p.  12, —  J.  Jj:^  etc.  Les 
exemples  d'une  pareille  assimilation  qu'il  y  rapporte  ne 
sont  pas  tout-à  fait  de  la  même  nature.  Le  redoublement 
de  la  consonne  de  la  préposition  provient  de  l'accent. 
Les  deux  dernières  radicales  du  participe  ayant  perdu 
leur  voyelle,  kât-b,  la  dernière  radicale  se  lie  à  la  pré- 
position suivante  moyennant  une  voyelle  qui  forcément 
doit  recevoir  l'ictus,  et  la  consonne  est  redoublée  ^).  L'avant- 
dernière  syllabe  de  la  nouvelle  composition  reçoit  par  là 
un  appui  nécessaire.    Le   même  redoublement  se  trouve 

p.   e.    dans   tekkèltnèbbo   =w  'o^doo",  du   hast  uns 

1)  Coruine  le  tleracenien  ketbèttelhum,  Marçais  Gr.  p.  i31. 


739 

damit  hetraut,  RO  p.  310,  1.  5  d'en  bas;  habàrbbu^ 
«u   »^  MSOS  I   p.  86,  ].  16.  Le  phonème  avec  la  pré- 
position et  son  pronom,  devenus  enclitiques,  font  tellement 
corps  avec  le  verbe  que  les  deux  ne  forment  qu'un  seul 
mot.   Dans   mohtagîlli,    J  „b:^,  le  cas  est  le  même 
Par  suite  de  ce  soudage  intime,  l'accent  se  reporte  néces 
sairement  sur  la  deuxième  syllabe  longue  de  la  fin,  gil 
qui  a  par  cela  sa  consonne  redoublée,  comme  p.  e.  dans 
seelîtto,  RO  p.  310,  1.  2  d'en  bas,  le  tunisien  gâ  bit  tu 
Stumme  TG  §139  et  146,  et  les  syriens  qultîil  lu,  _ye /ta* 

ai  dit^),  Prov.  et  Dict.  p.  3,  et  sahhàllu  — *1  i^, 
ibid.  p.  177.  Brockelmann  GVGSS  §61/3  suit  à  tort 
Nôldeke.  Le  babyl.  offre  aussi  des  cas  analogues. 

Ceux  qui  voudront  se  persuader  de  l'importance  du 
thème  n  dans  les  langues  sémitiques  et  hamitiques  liront 
le  mémoire  de  l'abbé  Victor  Ancessi:  Etudes  de  Gram- 
maire comparée,  S  causatif  et  le  thème  N  dans  les  langues 
de  Sem  et  de  Cham,  dans  les  Actes  de  la  Société  de 
philologie  Tome  III  N"  3  Juin  1873.  La  première  partie 
de  cet  ouvrage  est  assez  faible,  surtout  ce  qui  concerne 
les  exemples;  la  seconde  partie,  sur  le  thème  N,  est 
bien  supérieure  et  conserve  encore  aujourd'hui  toute  sa 
valeur,  bien  que  certains  détails  soient  à  modifier. 

27,  6:   inyâh  =  »L!  voyez  p.  340  et  ss. 

27,  7,  8:  uqâm  kideh.  Déjà  dans  ma  critique  des 
ouvrages  de  D  H  Mùller  et  de  A  Jahn  sur  la  langue 
mehri  p.  36  et  48,  j'ai  dit  que  j.ij"  sert  comme  mot  redon- 
dant, un  Flickwort,  qu'on  n'a  pas  besoin  de  toujours  tra- 
duire. On  peut  le  rendre  qqf  par  se  mettre  à,  comme  verbe 

1)  Pour  l'oianai.s,  voyez  Maiçais  Gr.  p.  131. 


740 

inchoatif.  Les  Arabes,  en  s'en  servant,  n'y  attachent  nul- 
lement l'idée  de  se  lever.  Il  est  extrêmement  commun 
dans  tous  les  dialectes.  Voyez  Gloss.  s.  v.  (.'5.  Qâl:  sgid 
Semhân;  ana  qâim  arkeb,  er  sagte:  beuge  dich  S.; 
ich  reite  los,  Rôssler  MSOS  I  p.  61,  5.  Wa  qfimu 
yelittûh,  ce  que  Rôssler,  ibid.  p.  79,  5,  traduit  par 
sie  machten  sich  auf  uncl  liefen  eilig  hinter  ihm  lier, 
mais  ils  étaient  tous  debout,  et  ]yii  est  ici  redondant. 
Qfim  yitrartam,  da  fmg  er  an,  in  seinem  Bart  zu 
brummeln,  ibid.  III  p.  13,  17.  Wusùrna,  ba^dna  ma 
wâsilîn  elbêt  qâm  yitrazzen  fit-torîq,  da  gin- 
gen  wir,  und  aïs  wir  noch  nicht  zu  Hause  angekommen 
waren,  fing  er  an,  unterioegs  zu  zôgern,  ibid.  p.  25,  11 
d'en  bas.  We  gâbah  el-molle  wehattàh  qiddâ- 
mah  wegâm  yë^allîmâh  bialif  bâ\  le  molla  le  fit 
venir,  le  fit  asseoir  devant  lui  et  se  mit  à  lui  enseigner 
V alphabet,  Meissner  ibid.  VI  p.  86  N°  5,  2.  ^_^w..«-ciJî  ^o'ui: 

.  d^îcj     *iiS     Sy>    \i>^i    •  è^jii    :  UJ    'c^J^    ci'.^Ljî    e<r^!>^    ^-i^^^i 

_-s*^!  ^y,  ji'j   o,!-^  w^-Ï5   (_r-jà;'  >.i>v^-  ^^  soleil  se  coucha, 

et  je  vins  aux  cotés  de  la  fille  à  qui  je  dis  :  „  Que  Dieu 
te  fortifie"^)!  Elle  répondit:  „Que  Dieu  te  fortifie  et 
t'assiste  !"  Je  déliai  la  jument,  qui  se  mit  à  manger  du 
sîh  (Artemisia,  O^ti'),  récit  de  Haurân.  Ici  se  mit  à  est 
déjà  dans  o,!^,  car  les  chevaux  bédouins  ne  se  couchent 
jamais  le  jour.  El-^arka  fis-subh  gâm  huwa  g  alla: 
éiddi  'al-husân.  Der  Kampf  war  am  Frilhmorgen.  Da 
stat^d  er  auf  und  sagte  zu  ihr:  „Sattle  das  Pferd!  ^.'5 
est  ici  seulement  Flickwort.  Voyez  Stumme  M  G  T 
Gloss.   s.  V.  J.J",   Doutté   T  0  p.    16.  La  langue  classique 

1)  =:je  te  salue! 


741 

offre   également  quelque  chose  d'analogue.  I  Qot.  p.  231, 

4  et  13.  Le  *JJ  -^j^  de  Aus  b.  Hagar,  Geyer,  N°  4, 
V.  5,  fut  traduit  par  l'éditeur  incorrectement  par  ,,(nun 
aber)  liegt  sie  tvach  iind  taclelt  midi",  ce  qui  donne  une 
situation  assez  drolatique.  Barth  Z  D  M  G  47  p.  325  le 
rend  par  (Die  Tadlerin)  erhoh  sich  und  tadelte.  A  Fischer 
proposa  d'abord  Z  D  M  G  49  p.  87  :  sie  begann  zu  tadeln, 
mais,  sur  l'observation  de  quelques  savants,  il  le  corrigea, 
ZDMG   49   p.   673,   en:    j,sie  envachte,   erhoh  sich  aus 

ihrem  Schlummer  und  tadelte."  Z^  est  se  reveiller,  aussi 
bien  dans  la  lurah  que  dans  les  dialectes  méridionaux, 
mais  dans  le  passage  en  question,  le  verbe  est  inchoatif, 
s'il  n'est  pas  tout-à-fait  redondant,  comme  dans  les  dia- 
lectes. Fischer  aurait  dû  s'en  tenir  à  sa  première  tra- 
duction:  elle  se  mit  à  blâmer:  c'est  la  seule  acceptable. 

i»*i]  (j-*^^  j»j"  l*  (j^,  cius  ivelchera  Grunde  hat  mich  ein 

gemeiner  Mensch  mit  Schmàhungen  atigefallen  ?jF\eischev 
Kl.  Schriften  I  p.  364. 

27,  8:  hâdeh.  SJ>,    pi.   q'à>J>   et  o'up-,  est  en  géné- 
ral un  vase  quelconque,  ^«5,  comme  yo,  iCx*>,  --i^i^,  iLo^, 

Hjy,  'sJ^ji,  ^^^A,  etc.  De  là  le  dénominatif  jy~>,  mettre 
dans  un  3l~>.  Dans  le  Sud,  ow:>  ^^  veut  dire  de  (ma) 
bourse,  et  oL=>  ^^,  aux  frais  de  =z  Nord  et  les  dialectes 
hors  du  Sud  ^j^  ^J^,  ^j^  J^.  Cette  locution  est  fort 
ancienne,  car  elle  se  rencontre  déjà  dans  les  inscriptions 
de  Palmyre,  Vogue,  Inscr.  Sémit.  N°  7  et  16.  Le  texte 
grec  le  rend  p;ir  1^  l^îuv,  Prov.  et  Dict.  p.  435.  ^j^^'', 
bourse,  est  dans  le  Sud  un  sac  ou  un  sachet  en  étoffe 
blanche  de  coton,  ^i",  ou  teinte  en  indigo,  iw^,  pi.  J^^ 


742 
ou  oL;^,  est,  dans  le  Yéman,  une  bourse  en  cuir  pour 

l'argent.  Zimmern  K  A  T^  p.  649  fait  venir  ""'Z  du  babyl. 
kîsu,  kîsu,  mais  Halévy,  OS  Nôldeke  p.  1018,  dit 
que  c'est  un  mot  commun  des  Sémites  du  Nord.  Les 
deux  ont  raison.  Comme  les  Babyloniens  sont  pour  nous 
le  peuple  sémitique  le  plus  ancien,  et  comme  nous  savons 
qu'ils  avaient  un  commerce  très  étendu,  avec  une  comp- 
tabilité réglée,  il  n'est  pas  trop  osé  d'attribuer  à  ce  mot 
une  origine  babylonienne.  Il  s'est  répandu  dans  tout  le 
monde  sémitique,  Ges.-Buhl  H  AV  B  s.  v..  Ce  qui  milite  en 
faveur  de  l'assertion  de  Zimmern,  c'est  que  les  Arabes 
ont  les  deux  formes  babyloniennes  k  î  s  et  k  î  s,  soit  ^J^-J' 

et  iui-j'.   C'est  ainsi  que  le  latin  bnlga,  bourse  de  cuir, 

a  donné  le  vieux  français  bouge  et  bougette,  sac  de  voyage 
en  cuir,  le  vieil  allemand  Bulge  '),  et  bougette  est  ensuite 
passé  en  Angleterre  où  on  le  prononce  budget.  On  sait 
ce  que  ce  dernier  mot  signifie  à  présent.  La  transition 
sémasiologique  de  kîs,  kîs,  na"'D  p,  k-^  ^y^  ou  Js^ 
i^^^,  ^SJ>  (J.C,  offre  beaucoup  d'analogie  avec  bulga, 
bougette  et  budget.  ^J«-J'  est  donc  un  vieux  mot  cultural 
sémitique,  et  je  ne  serai  pas  étonné  de  voir  qu'on  dé- 
couvre, un  beau  jour,  que  bulga  et  SJ>  sont  aussi  de 
cette  catégorie.  SJ>  n'a  aucune  étymologie  en  arabe^). 
Jahn,   M  S   p.    278,  rend  auf  Kosten  von  par  -^  ^^    et 

il  prétend  que  c'est  là  une  locution  hadramite.  Ce  fait 
est  la  plus  jolie  illustration  du  dialecte  soi-disant  hadra- 
mite de  ce  monsieur.  Les  Sômâl,  beaux  parleurs  qui  aiment 


1)  Les  hoUjic  de  Dante.  1)  Est-ce  pour  3-=>;,  de  Ai»!? 


743 

beaucoup  la  langue  arabe  sacrée  du  Prophète,  en  venant 
à  Aden,  ne  savent  pas  prononcer  le  (i)  et  le  ;^  comme 
il  faut:  ils  disent  tîz  au  lieu  de  kîs,  ou  une  pronon- 
ciation qui  approche  de  tîz.  Or,  l'homme  de  Jahn  et 
de  Mùller,  'Abd  el-Hâdi,  avait  appris  son  arabe  avec  les 
Sômâl  d'Aden  et  il  prononçait  le  mot  kîs  comme  eux. 
Je  me  demande  donc  quelle  confiance  on  peut  avoir  en 
la  notation  du  mehri  de  Jahn,  du  moment  que  son 
„ dialecte  hadramite"  fourmille  de  telles  bourdes?  Je  suis 
persuadé  que  Mûller  aurait  été  incapable  de  ne  pas  distin- 
guer ici  la  fausse  prononciation  de  'Abd  el-Hâdî. 

27,  10:  yifdàbeha  "aie h  est  expliqué  par  ce  qui  suit. 

27,  13:  si  If.  Goldziher  m'écrivit  à  propos  de  ce  mot: 

o 

„J'ai  entendu  à  Suez   ^jtJî  _JIav,    avec  3  distinctement. 

Plus  tard,  j'ai  trouvé  dans  Sîrat  b.  Dî  Yazan  VII  p.  84, 
15:  :^l  "ùSli  M,  jJLv  ^L  „ Il  demande  laquelle  est  la  forme 

originale.  C'est  évidemment  oJ-w  =  ce  qui  a  été,  au 
temps  passé,  une  ancienne  coutume  des  ancêtres. 

27,  17:  qinqin   el-marfa^   Qfi>^')   m'était  toujours 

paraphrasé  par  vy^»  iii^is  comme  on  dit  aussi  ^^,  «.iî  = 
^,,  je  suppose  que  c'est  le  son  et  non  le  v/^  Q^i  ^^ 
est  le  fond.  Cela  est  confirmé  par  l'hébr.  îî^,  Geràusch, 
Schall,  Levy  W  B  s.  v..  ^^\  iLiï  ^-^"j  entends-tu  le  son 
de  la  nacaire  ?  =  'iJ^  ou  \X:>.  On  prononçait  iui  comme 
qinnah,  c'est-à-dire,  presque  ^j^,  ce  qui  n'est  pas  sans 


1)  En  Syrie  ry^,  devenir  rance  (beurre). 

6L 


744 

importance  pour  une  affinité  radicale  éventuelle  entre 
^,  ^  et    ^JJJ^.   LA  17  p.  229,  7  d'en  bas  donne  ^^-Ji 

iUi.xjs^î  jyj^  ^).  Ne  faut-il  pas  rapprocher  l'éthiopien  4»Vf 
et  ses  dérivés,  chanter,  l'arahar.  4»'>*P'1l*  (qënnëwat), 
specie  di  canto,  4»i  (qënî),  aussi  éthiop.,  c^a?ii  =  arahar. 
inno  sacro  cantato,  looesia^  qui  a  donné  4»V+i,  intonare 
un  versetto  nel  canto  in  chiesa,  Guidi  Vocab.  ss.  vv., 
l'hébr.  ip.  nrp,  Ges.-Buhl  s.  v.,  et  finalement  l'arabe 


chanteuse?  Il  faut  bien  séparer  ce  dernier  mot  de  (j\j, 
forgeron,  à  moins  que  celui-ci  ne  renferme  l'onomatopée 
^Ji,  qui  rend  le  son,  produit  en  forgeant.  Je  vais  encore 
plus  loin  et  j'englobe  aussi  le  latin  can-ere,  chanter.  Je 
suis  en  cela  hardi,  mais  l'ancien  Orient  a  tant  donné 
aux  Grecs  et  aux  Romains,  que  le  chant  et  la  prosodie 

peuvent  aussi  venir  de  là.  «-«  est  un  mot  fort  inté- 
ressant. Le  dessin  ci-joint  me  dispensera  de  toute  descrip- 
tion. (_y.'i-<^'  ij^  '^jfj^'i  i^LIiJ!  ^j^  j^  ^^,\,  le  marfa"  est 
fait  d'une  petite  ta  sa  h  en  cuivre,  me  le  définit  un  Datînois. 
Lorsque  l'armée  des  Awâliq  Supérieurs  alla  attaquer  le 
sultan  Ahmed  b.  Iloseyn  el-Fadh  à  âuqrah,  leur  poète 
composa  ce  zâmil: 
-t- 


-     ? 


;j^--^.v^^^(^LX4J>'^/î^tîCi!  j^IasO  L        ij^y^^*)    %S^yJili    Li^^   w\_î    "^ 


1)  Qui  est  donc,  comme  forme  et  étymologie,  un  vrai  mot  arabe, 
Fraenkel   F  W    p.    284.    Moli.    Tâhir    MB   el-A    II   p.    173    porte: 

Uj    v/^'  =  Niliûyali  III  p.  281,  avec  '^l^^i}  et  c:,';:^^!. 


745 

Tu  as  une  dette  ^),  ô  Ôabal  h.  Sâgirah:"^) 
La  décision  est  à  Dieu  qui  affranchit  de  toute  dette. 
Si  nous  sortons  le  matin  avec  les  nacaires  et  les  timbales, 
Le  mécréant  se  fera  musulman,  de  même  qu'Ahmed 

h.  Hoseyn. 
Dans  une  longue  qasîdah,   Dô'an  dit  après  le  verset 
cité  p.  678. 

Les  prix  sont  divers  ^),  ils  ne  sont  pas  les  mêmes. 
0  vous,   mesures  de  capacité,   vous  n'êtes  jpa-s   (aussi 
[exactes)  comme  le  poids  constaté  par  les  balatices. 
Les  gens  des  nacaires  et  des  timbales  (les  qabâil)  sont 

[tristes  à  cause  de  toi. 
0  Marba^ite!   0  corne I'^)   0  chamois  (mot  incompris)! 

Hû  el-^Alwî  de  Se' un  dit  (ragaz)  :  ^y>  3,  iCwlL  *J  ^^LÎiLl, 
le  sultan  a  une  timbale  et  une  nacaire. 

Dans  le  Gloss.  de  Hçlr,  p.  642,  j'ai  parlé  du  «i^,  du 
(3^  et  de  la  'iJjJo.  Ils  sont  l'emblème  du  pouvoir  dans 
toute  l'Arabie,  spécialement  dans  le  Sud.  C'est  surtout 
le  marfa^  qui  jouit  de  cette  considération  chez  les 
Méridionaux.  Chaque  sultan,   chaque  "âqil  en  a  un.  Les 


1)  »AJijO  n'est  employé  que  par  les  jLxii  •  nous  autres  disons  qJO", 
me  firent  observer  mes  Datînois. 

2)  Les    ay>l-^    i3'   sont    une    subdivision    des    Rabîz.   Ce  sont  des 

Bédouins  qui  habitaient  le  liaut  el-Kaur.  Arabica  IV,  p.  42. 

3)  Chaque  pays  a  le  sien,  car  les  produits  sont  diirérents. 

4)  =  courageux  et  rompu  aux  fatigues. 


746 

cheykh  du  Nord  ont  aussi  ces  instruments  qu'on  ne 
frappe  que  lorsque  le  cheykh  est  présent,  Socin  Diw.  I 
N°  102  II  p.  122,  note  a.  Sur  les  oi-^J^-^  d'Egypte  sous 
la  domination  des  Tcherkesses,  voyez  Chroniken  der  Stadt 
Mekka  éd.  Wiistenf.  III  p.  188.  Une  famille  de  soldats 
du   sultan  de  LOdar,   chef-lieu  des  'Awdillah,  s'appelle 

*-i'r*^'  y^'  parce   qu'elle  fournit  les  j^-wj«'^-,  qui  frappent 

les  «'-^  et  les  deux  petites  timbales,  ^->^.  C'est  une  caste 

de  soldats  et  nullement  des  parias,  comme  le  dit  Maltzan, 
Reise  p.   282.  Le  "âqil  du  pays  indépendant  d'es-Sa'ah, 

Hdr  Gloss.  p.  64-2,  a  un  marfa"  qui  s'appelle  Qwoi-î. 
Lorsque  quelque  événemeiit,  j^Lii,  p.  e.  attaque  subite  ou 
meurtre,  est  annoncé,  il  frappe  lui-même  très  doucement 

afin  que  les  hommes  qui  habitent  le  ^y-^^  accourent. 
Ensuite,  les  soldats  frappent  plus  fort  à  l'effet  de  réunir 
les  qabâil,  s'il  s'agit  de  faire  la  guerre.  Dô^an  dit,  en 
blâmant  em-Dêb,  le  "^âqil  des  Bâ  Kâzim  qui  fut  tué  par 
son  neveu: 

'  -1-  -^- 

'S,a2jLj     aLo     (^   ...-A^Ju"'      .*Li?-    .    i->  ,   ,->-*^\     &)J1j     *«-J-if     'J'S>,JM     JL5^o 

'     -   -.  ,  =  +  .-  C-: 

Isous  sommes  sortis  ce  matin  avec  Dieu  et  son  Prophète, 
Qui  a  fait  venir  leRassân;  6  Dieu  !  donne-lui  la  victoire! 

A 

0  em-Déb!  tu  as  perdu  le  bien  de  V intellect: 
Tu  vas   tomber,   vieux  bonJiomyne,  à  cause  de  ton  âge 
■  [avancé. 

1)  Dans   les   deux   endroits  écrit    Q^Aa"^î.   J'ai  cru  longtemps  que 
c'était   pour   qu*2*-Î,   jusqu'à   ce   que  j'entendisse  les  Dâhirites  dire 


r 


L 


r 


■o 


-4- 


747 
Dans  une  longue  qasîclah  il  dit  encore: 

Qui  suit  eî-Rassân,  si  guelqu'wi  te  fruste; 
Il  ment,  et  cela  est  pour  lui  une  coutiime  et  une  dette. 
Ce  marfa"  est  très  célèbre.  On  le  dit  fort  ancien. 
Lorsqu'un  ^^Ui  va  avoir  lieu,  il  yehinn  tout  seul:  6o2(m/ 
boum  !  boum  !  sur  un  ton  sourd  !  Tout  le  monde  croit 
cela.  Le  "âqil  des  Ahl  Dû'ùd,  'aIî  b.  ^Omar  ed-Dâ'ûdî, 
qui  a  la  haute  main  sur  tout  le  pays  de  Daman,  a 
également  un  ancien  marfa"",  qu'on  dit  être  himyarite. 
L'ancêtre  des  Ahl  Dâ'ùd  serait  Dâ'ûd  b.  Himâm  el-Hamyarî. 

La  timbale  du  sultan  de  Lahig  porte  le  nom  de  ^LLtit, 
qui  fait  payer  la  dîme.  Sur  d'autres  noms,  voyez  Hdr 
Gloss.  s.  V.  ,\J^. 

On  bat  le  marfa"  la  veille  des  fêtes  religieuses,  des 
fêtes  de  famille  des  sultans  et  des  ^îqil,  dans  les  v^!y» 

cortèges  solennels^  fantasias,  revues  militaires ,  et  si  le 
^^U;  est  annoncé  qu'une  tribu  veut  attaquer.  Il  ne  s'en, 
suit  pas  que  cet  emploi  du  marfa^  ne  soit  pas  permis 
à  d'autres.  Les  Ma^n^)  ambulants,  une  caste  paria  de 
éâhit,  ont  aussi  leur  marâfi^pour  „faire  de  la  musique" 
dans  les  fêtes.  Les  dessins  ci  contre  ont  justement  été 
faits  d'après  les  exemplaires  qu'avait  une  famille  ma^'nite 
qui  vint  à  Aden.  Le  marfa'  est  plus  petit  que  la  t  as  a  h. 
Il    se  met  dans  le   creux   de  la   main   et  on   l'attache 


1)  xJlï    (J>c    ne  rentre  pas  dans  le  mètre. 

2)  Pas   à   confondre   avec   la  grande  confédération  des  Ma'^n  dont 
j'ai  parlé  provisoirement  Arabica  IV  pp.  39  et  ss. 


748 

quelquefois  avec  une  cordelette^  ^,  derrière  le  coude.  En 
bas,  il  y  a  souvent  une  cordelette  pour  le  tenir.  Dans 

le  Yéman,  on  l'appelle  ^y^^  gOhal.  Stace  p.  53  traduit 
ty  par  drum. 

On  m'a  dit  que  le  nom  de  marfa*"  vient  de  ce  qu'il 
o^!  ^s^,  élève  la  voix,  lorsqu'on  le  frappe.  Le  mot  est 
répandu  dans  tout  le  Sud,  mais  ce  sens  étant  inconnu 
dans  le  Nord,  où  il  n'y  a  que  J^  et  ^wwLL,  il  doit  ap- 
partenir originairement  aux  dialectes  méridionaux.  Nous 
savons  qu'en  Syrie  et  en  Palestine  le  carnaval  s'appelle 
«it  lXac  ou  «Uî  l\x£  ou  simplement  «^i  ou  |*.:s:UJ!  ^yi. 

Littm.  NAVP  p.  28  V.  15  porte: 

Baiia  "alêkum  ya  hâ^'ârïbi,  tzakkarûni 
Fi  îyâm  il-marâfi''  wil-a''yâd  tibkûni 
Ich  beschwôre  euch,   meine   Freunde,  gedenket  meiner 
In  den   Tagen  des   Carnevals  und  bei  den  Festen  be- 

fweinet  mich! 
Le  carnaval  est  originairement  la  fête  babylonienne  du 
nouvel  an,  Winckler  ASO  p.  96  et  ss.  p.  145,  idem 
Himmels-  und  Weltbilder  der  Bab.  p.  5  et  50,  idem 
A  0  F  II  p.  850  et  ss.,  idem.  Die  bab.  Kultur  p.  25 
p.  89  et  ss.  Il  se  peut  donc  que  ce  nom  de  cariieval, 
«y»,  provienne  directement  du  nom  de  la  nacaire-timbale. 
A  présent,  on  n'a  aucune  connaissance  de  ce  nom  de  la 
nacaire  hors  de  l'Arabie  méridionale.  Comme  cette  fête 
de  l'interrègne  des  Epagomônes,  ce  carnaval  oii  „resclave 
est  maître",  était  une  fête  populaire  officielle,  lemarfaS 
à  présent  encore  entouré  d'un  si  grand  prestige,  a  dû 
jouer  un  rôle  important.  Vu  que  cette  fête  s'est  conservée 
le  plus  longtemps  dans  le  Sud,  probablement  jusqu'à  la 
chute  des  Himyarites  au  commencement  du  VI^  siècle 


4â  '^■'^ 

Ta  sa  h  avec  les  madrab  =  jnaqra'^  =  lab. 


749 

de  notre  ère  ou  jusqu'à  l'apparition  de  l'Islam  dans  ces 
contrées,  il  est  naturel  que  le  nom  du  marfa'  se  soit 
aussi  conservé.  A-t-il  ce  nom  parce  que,  pendant  cette 
fête,  l'ordre  ordinaire  des  choses  était  ^ff-,  aufgehohen^ 
le  nom  de  la  situation  étant  resté  à  l'objet  y  employé? 
On  doit  bien  admettre  que  les  Sabéo-Himyarites  ont  eu  le 
thème  ^^.  Je  ne  veux  pas,  par  là,  prétendre  que  j.s-« 
soit  un  nom  sabéo-himyarite.  Dozy  nous  apprend  que 
%hyA  veut  dire  assiette,  sens  qui  ne  s'éloigne  pas  beaucoup 
de  celui  de  ïLwLL»,  écuelle.  Latâ^^if  d'et-Ta^âlibi  p.  74,  ii, 
I.  Bat.  m  p.  378.  Ce  serait  donc  l'objet  avec  lequel  ou 
l'endroit  oîi  on  lève,  aufhebt,  quelque  chose. 

Ce  sens  de  iC^LL»  est  inusité  chez  les  Bédouins  du  Sud  ; 
ils  l'appliquent  seulement  au  bassin  de  la  timbale'^), 
comme  nous  l'avons  vu  p.  744,  mais  il  est  courant 
partout  ailleurs  et  chez  les  Haçlar  du  Sud,  v.  d.  Berg 
Hadhr.  p.  66  note  2.  On  fait  dériver  iCwLL.  [les  Bédouins 
du  Nord  disent  aussi  ^«LL,  comme  les  Persans  modernes, 
bol  en  bois,  Burckhardt  B  W  p.  36,  comme  aussi  Sihâh, 
L  A  et  Qâm.]  du  pehlevi  rwi<r\  ou  nir^n,  Sachau  ôaw. 
el-Mo^arrab  p.  46,  qui  a  donné  l'arabopersan  ^..:yZ.3^), 
Vollers  Z  D  M  G  50  p.  645,  le  persan  ^i:yJ:Ja,  l'arabe  J^  % 
iuJj,  u>^-^J  c>-^,  l'hébr.   Dp,  plaque,  plateau,    vSppîî'i?, 


1)  idLyi?,  prononcé  timbale  h,  chaudron,  en  I.Idi".. 

2)  Cette  forme  est  encore  en  usage  en  Syrie,  Prov.  en  Dict.  p.  52  : 
i,i>^*wJ,    grand  chaudron  en  cuivre. 

3)  Comme    le   persan   u^/^-v^^,    hanu'(;o}i,  a  donné  en  arabe  tj-^, 
Fraenkel  F  VV  p.  123. 


750 

cuvette,  Levy  WB  II  p.  200  et  212,  et  notre  fasse,  Tasse, 
tazza  ').  Tout  cela  ne  prouve  pas  que  ce  soit  en  pehlevi 

que  nous  devons  en  chercher  l'origine.  (_^J^  et  ^^,  Hdr 
Gloss.  s.  V.,  n'ont  pas  besoin  d'avoir  passé  en  Arabie 
par  la  Perse,  Fraenkel  F  W  p.  83,  car  se  sont  là,  avec 
quantité  d'autres,  dos  mots  archibabyloniens.  Dans  ^-Lb, 
iCwLb,  la  seconde  radicale  est  *,  ;  elle  reparaît  au  pluriel 

ij^jh;  deux  ex.  pp.  744/5.  En  arabe,  nous  avons  le  mot 

archaïque  ij^y^,  pi.  u^\^^  ou  (j^I^Id^),  qui  veut  dire  ^^, 

lu7ie,  ou  ^J^Lp,  nouvelle  lune,  LA  VII  p.  434,  6,  16,  17, 
Lane  s.  v.   et  L  A  VI  p.   48  en  bas:  ^  Jljù  ^y=  _^! 

(_^wv^j!5  ^UjuJî.  i.  Sîdah  ne  donne  pas  ^^w^  parmi  les  noms 

de  la  lune;   il  ne  parle  que  de  ij^^j^  r>-^jl  Q^i  paraît 

signifier  les  trois  jours  où  la  lune  est  invisible,,  mais 
i.  Sîdah  IX  p.  31,  12  et  L  A  VIII  p.  434  d'en  bas,  XV 
p.  165,  16  ne  sont  pas  d'accord  sur  le  sens  de  ces  mots. 

Dans  l'arabe  yémanite,  selon  L  A  VII  p.  434,  4,  L^w^LLiî 

est  l'argent,  ic^aài!,  c'est-à-dire,  le  métal  de  S  in,  du  dieu 

lunaire,  et  au  figuré  beauté  (ou  beau),  tandis  qu'en  Syrie, 
selon  S.  et  L  A,  c'est  (3'u=>J!  ^yi  ^j^,  sens  répétés  par 
Yâqût  III  p.  555  en  bas.  On  observera,  en  passant,  que 


1)  11  faut  rechercher  si  l'anglosax.  dise,  coupe,  bol,  table,  et 
l'allem.  tisc,  Tisch  =  bol  et  table,  disk,  le  Lat.  discus,  bol,  l'ital. 
desco  =  tavola  n'offrent  pas  la  même  transition  sémasiologique?  Ce 
n'est  pas  seulement  les  conceptions  qui  nous  viennent  de  l'Orient, 
mais  aussi  les  objets  avec  leurs  noms.  Sur  ce  sujet,  on  n'a  encore 
rien  fait.  Cf.  ici  p,  G22  et  s.  s.. 

2)  Ce  voyellement  prouve  que  le  mot  a  été  d'un  emploi  usuel 
dans  le  parler. 


751 


u^jLb,  paon,  a  le  même  pluriel  que  ^w^,  savoir  i^^j,y^, 
à  côté  de  ^«j^ly:.,  R  0  p.  301,  1,  qui  indique  un  singu- 
lier o-53^  ^)-  Ru'bah  Ahlw.  N°  27  v.  18  a  ^w^4  forme 
assurée  par  la  rime  : 


„  TJnd  von  der  Jugendfarhe  schivand  der  Glanz" 
•Ibid.  N°24  V.  14,  le  poète  dit: 

que  Ahlwardt  traduit  par: 

j^Gleich  GôtzenbUdern,  pfauenhaft  beynalt" 
mais,  selon  moi,  il  faut  le  rendre  par: 

Comme  les  idoles  sur  lesquelles  il  y  a  des  lunes  peintes. 
De   là   le   dénominatif  ^,^11:.,  o,  ainsi  défini  par  S.  et  L  A  : 

y*&^  _^3  (_,^'*l^^'  ry*  Ly>Lo  j^*)  isdc  iA*j  j*^j  H-?15  ^^-**^==• 
On   ne   saurait  être  plus  clair.  u«jl>,  parer,  et  (j^_>l2j",  se 

parer,  se  faire  beau'^).  (j-s^t  Diw.  Hodeyl.  Wellh.  N°  266 
V.  21  =  L  A  VII  p.  434,  expliqué  dans  les  Scholien 
Z  D  M  G  39   p.   466   par  »^jl\  ^ou  ^^.  Autre  ex.  de 


1)  Le  liamzali  ne  doit  pas  étonner,  car  tâ'-ûs  l'a  forcément  dans 
la  prononciation  v.  Hdr  p.  386,  comme  (3^1-*ï  est  pour  qabâ^il. 
Dans  tous  ces  cas,  le  hamzah  n'appartient  pas  à  la  lettre  sur  laquelle 
il  est  placé.  La  forme  (ja-^^Lj  est  arabe,  comme  05,Li*;v.  p.  591  et  ss.. 

2)  C'est  peut-être  se  parer  d'orncmenls  en  formes  de  lune  et  de  crois- 
sant, comme  c'est  encore  l'habitude  des  femmes  en  Arabie  et  en  Syrie, 

les  D''iinii'  des  Hébreux.  J'ai  vu  des  chameaux  porter  sur  la  poitrine 

deux   grandes   dents   combinées   en  forme   de  croissant      _l         mais 

le  Prophète  a  défendu  cela,  de  même  que  les  grelots.  ^ 


752 

Ru'bah  dans  L  A,  mais  que  je  ne  trouve  pas  dans  son 
Diwan.  C'est  sans  doute  beau  comme  la  lune.  Les  Arabes 

ont  toujours  comparé  un  joli  visage  à  un  .Jo,  'pleine 
lune  '). 

Or,  la  tâsah  et  le  marfa'  ont  justement  la  forme 
du  croissant  couché,  comme  il  apparaît  dans  les  régions 
équatoriales  jusqu'à  30°  lat.  n.:  '^,  et  comme  il  est 
représenté  sur  les  monuments  babyl.-assyr.  et  sabéens. 
On  avouera  donc  que  la  chose  mérite  au  moins  d'être 
examinée  au  point  de  vue  d'une  étymologie  autre  que 
celle  qui  a  cours  à  présent.   Le  pehlevi  pourrait  aussi 

être  en  connexion  avec  le  vieux  mot  (j^_^,  lune,  refa- 
çonné selon  le  génie  de  cette  langue,  d'où  il  est  revenu 
ensuite  aux  Arabes,  à  son  point  de  départ  sémitique^). 
Lorsqu'on  prend  en  considération  le  "inon  i^^st  de  Gant. 
7,  3,  dont  je  parlerai  plus  loin,  cette  étymologie  devient 
presque  une  certitude. 

La  forme  arabisée  ^^  est  particulièrement  intéres- 
sante,  en  tant  qu'elle  nous  prouve   que  la  provenance 

primordiale  de  u^,  lune,  y  reluit  encore.  Ru'bah  [-f  145 
ad  H.]  a  dit  LA  VU  p.  lig^*): 


1)  Nielsen,  lorsqu'il  s'engage  sur  le  terrain  arabe,  radote  toujours. 
Il  dit,  Altarab.  Mondrel.  p.  112,  que  »chez  les  Arabes  badr  signifie 
encore  «pleine  lune"  et  »visage  plein",  «visage  de  pleine  lune",  et 
s'emploie  pour  parler  du  visage  plein  de  l'homme."  De  cette  façon, 
on  pourra  dire  que  »lune"  signifie  aussi  «calvitie." 

2)  Dans  la  lie  édition  de  son  A  T,  A  Jeremias  dit  p.  105:  «Aussi 
les  deux  autres  objets  d'exorcisme  de  l'antiquité,  la  coupe  et  le  bol, 
sont  sans  doute  en  connexion  avec  les  phases  lunaires  :  la  coupe  est 
probablement  le  croissant  en  son  décours,  le  bol,  d'ai)rès  Husing,  la 
demi-lune,  .le  suis  heureux  de  concorder  avec  ces  deux  savants. 
Voyez  Additions.  3)  Ne  se  trouve  pas  chez  Ahlwardt. 


753 

i^j^,j^'     O^iio!    ^_w^♦^f      L^AiifcJ*        ;j*J!jJL^3    ,_c^LP    f<r^'';     ic^^ 

^2«  pomt  qîi'elle  vit  le  sommet  de  ma  tête  comme  la  lune 
Que  le  soleil  embrase  de  l'éclat  du  bouclier.. 

C'est  le  soleil  qui  éclaire  la  lune.  On  comparera  à  cela 
ces  vers  d'Abû  en-Nagm '),  Hafifner  A  L  p.  173,  en  bas: 

^j^lXxj'i   Ja«^t   L.«^'>    W^.   r)ï 

^.  -Ar)L.*-.><l      s îj s      l_4»_i'L_^3 

U^LjJî     ■♦.9.  JL^^    isLxLJ'    ,^__£ 

dont  je  donne  la  traduction  plus  loin  et  l'on  se  persua- 
dera que  l'image  est  la  même.  Si  l'on  traduit  ,j1L  par 
bassin  ou  cuvette  {écuelle,  assiette  creuse,  etc.),  on  ne  peut 
cependant  s'affranchir  de  l'idée  que  le  sens  primitif  y 
soit  encore  caché  ^). 

1)  I.  Qot.  p.  381  et  ss. 

2)  Le  verbe  ^^LCî    .X!    ^fj\   JJj    de  L  A  VII  p.  430,  9  =  ^j^Sh 
l>^UjÎ    J.   de  Gauharî  (et  L  A)  se  dit  aujourd'hui  en  Syrie  et  chez 

les  Bédouins  de  Syrie  \^J*^j  s'enfuir,  se  débanda^  hommes  et  bêtes; 
s'égarer,  perdre  la  route,  en  Dt  et  en  Hdr,  comme  le  mehri  toss, 

Jahn  M  S  p.  233  ;  aussi  verser,  jeter  =  ■— ^  chez  les  Bédouins  du 
Nord  ;   en   Mésopotamie,  ensemencer,   Meissner  M  S  0  S  VI,  ii  p.  99, 

note  7,  idem  N  A  G  1  p.  132.  Cf.  ^^^  =  ^Jéf^,  idem  M  S  0  S  VI,  ii 
p.  80,  note  2  =  i^ciJj  ZDMG  22  p.  137.  Pour  les  autres  significa- 
tions, voyez  le  Glossaire  s.  v,.  Au  classique  (j*^  correspond  le  clas- 
sique ij^_^,  L  A  VII  p.  434,  6  =  (j^^^i^,  mais  je  ne  suis  point  sûr 
que  le  premier  ait  donné  naissance  au  second,  par  le  changement 
de  ^  en  r» ,  si  ordinaire  en  assyrien  et  qqf.  aussi  en  ai'abe.  Hébr. 
tî'lt),  chald.  Q1{3,  arani.  ^iCS-^  et  ^^^,  vuler,  flicycn. 


754 

On  a  vu  que  (_-3»'wj,  pour  ^^^*^,  veut  dire  argent, 
beauté  et  paon.  La  forme,  comme  je  l'ai  dit,  ne  doit  pas 
nous  effrayer:  les  Arabes  l'ont  façonnée  sur  leur  Jyi'i. 
(jawàlîqî  p.  102  dit  que  c'est  un  mot  étranger.  On  ob- 
servera en  outre  que  le  dim.  est  ^>^>^,  c'est-à-dire,  un 
petit  ij^J^,  et  le  pluriel,  ^J^^,  c'est-à-dire,  régulier  de 
,_w^,  Fraenkel,  F  W  p.  118,  dit:  „Bekannt  ist  die  Ent- 
lehnung  von  (j^^^^  aus  t«wç  ')."  L'hébreu  a  Div^a.  ^*D'l'lîû 
et  le  chald.  nçVl?,  le  s}^.   \^z^2,  ce  qui,  comme  forme, 

est  ^Jd  ou  iLw^,  l'éth.  ^î^h,  DiUm.  Gr.  p.  207.  H.  Levy, 
Die  semit.  Fremdwôrter  im  Griechischen  p.  10,  rejette  avec 
raison  l'étymologie  courante  de  c^^?ri,  tukiyyîm,  et 
cherche  une  étymologie  sémitique.  Il  croit  l'avoir  trouvée 
dans  „M\sn,  Gelilst,  Begehrensicûrdiges,  Anziehendes'\  et 
ce  serait  pour  „sippôr  ta'âwa,  Vogel  des  Gelilstes",  parce 
qu'on  convoitait  beaucoup  sa  possession.  Il  veut  que  „tous 
les  noms  asiatiques  du  paon  soient  empruntés  du  grec":  txûç 
aurait  donné  cy\\û,  ^_v.^^U=>.  Cela  avait  déjà  été  avancé  par 

Pott  et  de  Lagarde,  Gesammelte  Abh.  p.  227.  Mais  son 
étymologie  à  lui  me  paraît  plus  que  hasardée.  Si  les 
Phéniciens  ont  apporté  le  paon  à  l'île  de  Samos  des  Indes, 
ils  l'ont  certainement  aussi  connu  lorsqu'ils  habitaient 
encore  dans  l'Arabie  du  Sud,  où  ils  étaient  aussi  grands 
navigateurs  que  sur  les  bords  de  la  Méditerranée.  Qui  sait 


1)  Faute  d'impression  pour  t*»?  ou  t««ç  Le  lat.  pdvo,  qui  a 
donné  l'allem.  l'iau  (pfliwo)  et  le  français  paon  (de  pavo7i-em),  ne 
se  laisse  pas  ramener  à  txmç,  du  moins  d'après  mes  faibles  lumières, 


755 

s'ils  n'ont  pas  appelé,  là-bas  déjà,  DViilÇii'),  l'oiseau  de 
la  lune,  l'oiseau  beau  par  excellence,  à  cause  de  toutes 
les  petites  lunes  qu'il  porte  sur  son  plumage? 

Hehn,  Kulturpflanzen,  est  près  de  la  vérité  lorsqu'il 
dit,  p.  343,  que  „déjà  le  nom  du  paon  chez  les  Grecs 
nous  apprend  que  ceux-ci  l'avaient  reçu  de  l'Asie  anté- 
rieure. Les  Attiques  prononçaient  rx^q,  d'une  façon  in- 
solite, mais  plus  rapprochée  de  l'aspect  primitif  du  mot." 
Le  paon  était  l'oiseau  sacré  de  Héra,  "Hpj;,  la  reine  des 
dieux  et  divinité  lunaire.  Le  mariage  de  la  déesse  avec 
Zeus  se  célébrait  à  l'entrée  de  la  nouvelle  lune.  C'est 
là  une  conception  tout  orientale.  Argus,  qui  devait  sur- 
veiller la  déesse  lunaire  lo,  se  changea  en  paon,  après 
avoir  été  tué  par  Argeiphontes,  'ApysiCpévT>}ç.  Arrian, 
Vesp.  98,  raconte  qu'il  y  avait  à  Athènes  un  éleveur  de 
paons,  Démos,  AiJ^sç,  qui  avait  reçu  du  roi  une  coupe 
d'or  comme  c-ûac/Scao'/.  Cela  est  caractéristique.  Ce  que 
j'ai  dit  de  iCwLL,  [de  (^-^  d'où  dérive  aussi  txûç],  reçoit 
par  ce  fait  une  illustration  inattendue.  Ce  Démos  ouvrit 
sa  ferme  de  paons  au  public  émerveillé  d'Athènes  le 
premier  jour  de  la  nouvelle  lune.  On  avait  donc  le  sen- 
timent que  le  paon  était  en  corrélation  avec  la  lune. 
Toute  une  série  de  faits  concordent  pour  identifier  txû? 


4)  J'écris  IQJi,  et  non  "lléii.  parce  qu'il  y  a  dans  le  Sud  un  giand 

o  O 

oiseau   qui  s'appelle   ,àAS>^   mais   dont  j'ignore  le  nom  latin.    Ce  jft>o 
était    peut-être    l'oiseau    par    excellence,    comme    r^',    Vaiglc,  l'est 

o 

encore.   A   présent    -â^^    ne   veut   pas  dire  oiseau.   On    pourra  aussi 

penser  à  Ào  =  (^^^^>^,  l'oiseau  de  présage  (serpent  selon  les  diction- 
naires, L  A  et  Damîrî  s.  v.  avec  la  figure  d'un  oiseau  en  marge). 


756 
avec    (_,w^.    La   forme   attique    rxuq   correspond   même 

exactement  à  l^^.^LIj  —  ciVl2  ,  qui  doivent  remonter  à  une 
antiquité  assez  respectable.  On  sait  que  les  Yézidîeh  a- 
dorent  un  Melek  Tâ'ûs,  qui  est  pour  eux  le  diable, 
mais,  à  l'origine,  a  dû  être  la  lune  en  sa  qualité  de  S  in 
Mamê,  sur  lequel  voyez  K  A  T'  p.  364  et  s.,  Lidzb. 
ZDMG  51  p.  598  et  Ephem.  I  p.  257  note  3. 

L'idée  m'était  venue  que  notre  ^^jId  pourrait  être  la 
même  chose  que  Tamûz,  le  dieu  de  la  végétation  prin- 
tanière  des  Babyloniens.  Elle  fut  partagée  par  quelques 
babylonistes  à  qui  j'avais  communiqué  la  portée  de  ^^JIj 
Mais  le  rôle  que  joue  cette  divinité,  originairement  soumé 
rienne,  K  A  T^  p.  397,  ne  semble  pas,  de  prime  abord,  se  prê 
ter  à  une  telle  identification.  Au  point  de  vue  phonétique 
elle  n'est  point  impossible,  et  la  chose  mérite  d'être  exa 
minée.  Si  Istar  est  la  fille  de  Sin,  avec  lequel  elle  s'identifie 
même,  et  que  Tamûz  soit  l'amant,  hâmer,  d'Istar,  il  est 
évident  que  celui-ci  a  quelque  relation  avec  la  lune,  Jeremias 
A  T^  p.  31/2.  Les  formes  collatérales  de  Tamûz  :  D  u'û  z  et 
Dûz^)  ont  leur  reflet  dans  l'arabe  ^^vvj.LI:)  et  u*^.  Cepen- 
dant, l'étymologie  que  les  babylonistes  donnent  à  Tamûz  : 
vrai  fils,  ne  milite  pas  en  faveur  d'une  telle  identification. 
Cela  n'empêche  pas  que  les  anciens  Arabes  aient  pu 
appliquer  Tâwûz-Taus  à  leur  principale  divinité. 

Spiegelberg,  0  S  Festschrift  de  Nôldeke  p.  1114  et  1115, 
nous  montre  que  les  Araméens   établis   en   Egypte  du 


1)  Par  l'intermi'diaire  de  *Tawûz,  *Ta='ûz,  K  A  T»  p.  397, 
Ungnad,  Gr.  p.  8,  Del.  Gr.  p.  118,  Meissner  Gr.  p.  5.  Dans  Je 
Kitâb  el-Fihrist,  p.  .322  du  texte  arabe,  Tamûz  est  appelé  ;^'j, 
pour  j^^  J'  =  3y»-'>  fe  qui  correspond  mieux  à  la  forme  babylonienne. 
Cf.  Chwolsohn  Die  Sabier  II  p.  204  et  ss.. 


757 

temps  des  Perses  (700  —  300  env.)  ont  transcrit  '^:zi^  k 
par  D  et  p.  Ils  prononçaient  donc  ces  deux  lettres  de  la 

même  façon,  comme  ^  et  ^,  ou  bien  ils  les  considé- 
raient comme  étant  de  la  môme  provenance  organique 
et  la  gutturalité  du  P  ne  leur  paraissait  pas  avoir  assez 
d'importance  pour  le  distinguer  graphiquement  de  D. 

Comme  la  tradition  grecque  des  noms  des  lettres  est  la 
plus  ancienne,  Nôldeke  B  Z  S  S  W  p.  1 24,  on  peut  se  deman- 
der quel  est-le  sens  de  kxttttx  {<po7rrx,  xottttx).  L'origine  en 
est  sans  doute  le  babyl.  kappu,  le  creux  de  la  7nain, 
[qui,  courbée,  affecte  la  forme  d'une]  coupe,  Del.  W  B 
p.  347,  id.  Gr.  p.  199.  Notre  excellent  Buhl  (Ges.-Buhl  W  B 

p.  322)  compare  avec  raison  l'arabe  i^,  qui,  selon  S  et 

L  A,  est  toute  chose  ronde  ;  q'j^Iï  '^i  plateau  de  la  balance, 
est  commun  à  toutes  les  langues  sémitiques,  Fraenkel 
F  W   p.    198.   Kàr,  Sihâh,   et   'd^,  L  A,  =  les  ronds  du 

maquillage,  *%j'!  oMo.  f^D  et  j^-  ,  |2ua.s  offrent  la  même 
transition  sémasiologique  de  main  et  de  hol,  coupe.  Les 
arabes  ^i  et  o'i'  ne  comptent  pas,  car  le  premier  pro- 
vient directement  de  l'hébreu,  ou  du  syriaque,  et  le  second 
a  été  façonné  sur  cette  forme.  De  ce  kappu,  xottttx, 
dérive  le  lat.  cupa,  cuppa,  d'oîi  le  français  coupe,  le 
suédois  kopp,  tasse,  et  kupa,  cloche,  kupig,  en  forme  de 
cloche.  Or,  on  peut  se  demander  lequel  des  deux  sens, 
main  ou  coupe,  est  celui  qui  a  donné  naissance  au  nom 
des  lettres  q  et  k  ?  A  s'en  tenir  au  hiéroglyphique  '^:zz^  = 
3,  la  coupe  paraît  avoir  été  le  point  de  départ.  Ce  serait 
donc  une  idée  analogue  à  celle  qui  est  dans  ii^Lb  pour 

*'!^y^,  demi-lune  -^-z^ .  Hommel,  GGG  p.  104,  nous  ap- 


758 

prend  que  l'alphabet  est  intimement  lié  à  l'astrologie 
chaldéenne  ')  et  par  conséquent  au  culte  de  la  lune.  D'après 
le  même  savant,  o.  1.  p.  101,  la  main  d'Istar  était  le 
symbole  de  la  déesse  lunaire.  On  le  trouve  souvent  sur 
les  anciens  objets  babyloniens  et  sabéens,  ainsi  qu'on 
peut  le  constater  dans  le  dit  ouvrage^).  Les  deux  sens 

de  main  et  coupe  se  confondent  donc.  De  même  que  u^j^, 
lune,  a  donné  io.«lL,  coupe,  de  même  kappu,  la  mam 
droite  sacrée  d'Istar  ^>_^,  avec  laquelle  elle  bénit,  in  a 
imittisa  ikarrab-'*)  K  A  T''  p.  429  note  4,  a  inspiré 
l'idée  de  la  forme  de  la  coiqje,  devenue  le  signe  graphique 
^:i:^  pour  D,  et  dont  le  nom  est  conservé  dans  le  grec 
KOTTTTx,  KXTTirx.  Jo  vals  oucoro  plus  loin  et  je  demande 
si  nous  ne  retrouvons  pas  la  forme  de  la  kappu,  coupe, 
dans  les  lettres  k  et  q  de  tous  les  alphabets  sémitiques? 
Je  ne  veux  par  cela  prétendre  que  le  signe  égyptien  en  soit 
le  prototype,  d'autant  plus  que  je  fais  venir  kxttttx  du 
babyl.   kappu,   mais   comme   l'origine  de  l'alphabet  est 


1)  Les  Arabes  ont  aussi  divisé  leurs  lettres  en  deux  classes  :  O^ji» 

Xawws^^J!  et  iJr^'  <^>,J>,  lettres  solaires  et  lettres  lunaires.  Voyez 
H.  Winckler  A  F  III  p.  305  note.  Des  28  lettres  de  l'alphabet  arabe, 
le  nombre  des  jours  du  mois  lunaiie,  12  forment  une  seule  syllabe 
en  â  (le  hamzali  est  motivé  par  l'accent);  12  des  lettres  grecques 
finissent  également  en  a.  Les  noms  des  lettres  sanscrites  sont  toutes 
sur  la  forme  ba,  da,  etc.  Tout  cela  n'est  pas  fortuit,  mais  j'en 
ignore  la  raison,  si  ce  n'est  que  a  est  la  première  voyelle  et  la  plus 
pure.  L'article  de  H.  Lewy,  o.  1.,  sur  les  noms  des  lettres  n'est  pas 
à  la  hauteur  de  la  science  moderne. 

2)  Le  {y*^>-y^  '^-*^»  devenu  le  ,  <->*^'  ^— ^j  qu^  les  Musulmans 
collent  en  hennà  sur  leurs  bêtes  ou  suspendent  (en  bois)  ii  leurs 
maisons,  en  est  la  perpétuation  moderne. 

3)  Vî^    4-'-*^Vh^-  C'est  le  mot-à-mot,  mais  ^J^   est  sabéen. 


759 

encore  fort  obscure,  malgré  les  travaux  de  Lidzbarski, 
Hommel,  Halévy,  Peiser,  Praetorius  et  d'autres,  je  peux 
me  permettre  une  hypothèse.  Les  Egyptiens  auront  pu 
emprunter  le  nom  aux  Babyloniens  et  pour  exprimer 
kappu,  ils  lui  auront  donné  le  signe  ^:z:^:  JLc(  àAJÎ^. 

Cette  étymologie  de  iCwLL.  trouve  son  pendant  dans 
un  autre  mot  analogue.  Agû,  ou  agannu,  est  en  baby- 
lonien le  disque  lunaire,  et  aussi  le  croissant,  ou,  selon 
les  idées  babyloniennes,  la  corona,  ^^U',  du  dieu  Sin  et  en 
général  couronne,  tiare,  diadème,  Del.  WBp.  15=:agunu, 
ibid.  p.  17.  Bel  agê  =  Sin,  ibid.  Aganu  signifie  déjà  en 
babylonien  bassifi,  chaudron,  ibid.,  ZimmernK  AT  p.  649. 
Il  a  donné  l'hébreu  biblique  ]^N,  bassin,  cuvette,  le  talm. 
]m>  i^m .  N\'p;2N  Levy  N H  W B I  p.  21,  l'aram.  ji  | ,  ]i^ ,| , 
coupe,  bol,  Brockelm.  V  G  S  S  p.  245.  G-.  Hofifmann,  Z  A 
XI  (1896)  p.  241,  le  considère  comme  un  mot  cultuel 
harrànien;  peut-être  aussi  le  grec  ^'yyoç,  xyysïov,  xyyyiiov, 
vase,  vaisseau.  Le  "lûD"  \y^  de  Gant.  7,  3  est  très  instructif 
et  prouve  que  c'était  une  coupe  à  boire  en  forme  d'une 
demi-lune.  Kautzsch  traduit  ce  passage  par:  „deinSchoss 
ist  ein  gerundetes  Becken,  dem  der  Mischwein  nicht  fehlen 
darf."  Halévy,  OS  p.  1018,  veut  que  î^N'  soit  un  mot 
d'emprunt  en  assyrien.  Je  ne  le  crois  pas.  C'est  plutôt 
un   mot  sémitique  commun.   L'arabe  l'a  sous  la  forme 

iuL^I  I  Sa'd  IV,  I  65,  12  [ou  wL^I  ibid.  118,  16  :  ^'^  ^]  '), 

mais  l'on  n'est  pas  d'accord  sur  le  sens  exact  de  ce 
mot.   Il   paraît  signifier  bassin,   baquet  ■=  ^^  T  A  XI 

p.   219,   n.  LA  dit  que  l'origine  en  lest  le  persan  ajGtî, 


1)  Urne,  amphore  chez  Belot  est  une  erreur. 

52 


760 

mais  il  est  dans  l'erreur.  Si  ce  mot  existe  en  persan  (je 
ne  l'ai  trouvé  nulle  part),  il  y  est  adventice.  Lagarde 
fait  venir  :3i<  de  l'arménien  angan,  ankan  —  il  avait 
la  marotte  de  l'arménien  —,  mais  cette  langue  l'a  em- 
prunté de  l'araméen,  comme  tant  d'autres  mots. 

On  découvrira  peut-être  un  jour  que  iCwlL  a  son  proto- 
type en  Babylonie,  comme  yn,  pelle,  marre;  ^^IXw.  gou- 
vernail;  JL:^OL>,  anneau  pour  le  pied;  Jy*,,  bracelet^); 

[jS.'M,  couteau;  ^_J^,  coupe;  5.^'i,  coupe;  jJoCo,  panier^); 
idLjs,  panier;  (_^-li,  hache;  .Ui-Lo,  scie-,  by>,  canal,  et 
d'autres  objets  de  ménage  et  de  métier  par  douzaines, 
V.  p.  623  note.  On  dira  que  je  suis  devenu  panbabyloniste, 
comme  Hugo  Winckler,  H  Zimmern  et  Fritz  Hommel. 
11  y  a  longtemps  que  je  le  suis,  mais  je  n'ai  malheureu- 
sement ni  les  connaissances  ni  le  talent  de  ces  grands 
savants  qui  sont,  avec  Delitzsch,  Meissner,  Bezold,  Haupt, 
Jensen  et  tutti  quanti,  la  gloire  impérissable  de  la  science 
orientale  allemande. 

On   a   vu  que  je  traduis  «^  par  nacaire.  C'est  parce 

que  ce  mot  correspond  exactement  au  s. Lai,  s^ûi  (syiu,  byjij 
Dozy)  des  Syriens,  et  d'où  vient  justement  le  mot  français, 
Lammens,  Mots  franc,  dérivés  p.  203  note.  L'une  des  82 


1)  Mais  en  babyl.  c'était  aussi  bien  pour  le  bras  que  pour  le  pied, 
car   nous   lisons   dans   KB   VI   p.   84   v.    57  et  p.  88  v.  40:  simir 

kâtîsa  usîpîsa,    Uji:>.^    L^.^V.    j'»--^    ou,   comme   dans   le   Sud, 

^jIiAj!  et  L^Lç>.i  au  pluriel. 

2)  Bob.  I  p.  32  et  p.  122;  VIII  p.  144;  I.  Sa'd  IV  r  p.  87,  8. 


761 

strophes  que  j'ai  recueillies  de  la  S  ah  g  a  h  liaurânienne 
est  ainsi  conçue: 

Gôz  ehgùl  tidàll  iéùl*tidwi  mitlen-nàggâràt 

Une  paire  d'anneaux  pour  les  jambes  tournent  conti- 

[nuellement;  ils  font  im  bruit  comme  celui  des  nacaires. 

Il   y  a  en   Syrie  toujours   deux:  ^37^:37.  Elles  sont 

petites.  On  les  frappe,  yij,  Hartmann  LL  W  p.  113,  avec 

un  bâtonnet,  exactement  comme  dans  le  Sud. 

27,  18:  tiharrid.  oy;  est  le  dénominatif  de  o^,sa/ran 
des  Indes. 

27,  20:  yihammiqèynha.  vjil=>,  couvrir,  'Jil^^se 
couvrir^  n'importe  comment  et  avec  n'importe  quoi.  C'est 
le  synonyme  de  ^y>  et  J^o,  qui  est  le  terme  tech- 
nique pour  voiler  la  fiancée,  lui  mettre  le  J^,  voile'^). 
La  même  racine  se  trouve  dans  jJb>,  couvrir^  envelopper, 
et  jXs^",  se  couvrir,  s'envelopper,  qui  certainement  ne 
sont  pas  des  dénorainatifs  du  nordarabique  j^  ou  J^b-, 

couverture  de  cheval,  d'autant  plus  que  Maqqarî  a  jJ^", 
s'envelopper^  Dozy  s.  v.,  et  le  mehri  gilôl,  couverture, 
Jahn   M  S  p.    180,  sur  la  forme  correcte  JL«,  J"l=>,  bât, 

est  donc  l'objet  avec  lequel  on  couvre  l'animal.  Andïni 
migwal  etgallal  bèh,  donne-moi  un  voile  pour  m'en 
envelopper  Dt.  oUi^  est  ce  dont  on  se  couvre  en  général, 


1)  Que   Jacob   A  B  L^   p.   45   ti'aduit  incorrectement  par  chemise. 
uy?^    ne  s'emploie  que  pour  le  voile  de  mariage. 


762 

et  non  pas  spécialement  le  ^j^^  J^,  le  voile  de  la  fiancée. 

Les  lexicographes  ne  sont  pas  d'accord  sur  le  sens  exact 
de  J.^,  mais  d'après  l'excellent  Zamahsarî,  qui  le  définit 

par  \>i  Jys-'^j  y>'*^^'  ^  sLxsjl  *>.v^'  ^y,^  il  paraît  cor- 
respondre au  fichu  en  cotonnade  que  portent  les  femmes 
chrétiennes,  encore  aujourd'hui,   sur  la  tête  en  sortant. 

I.  Sîdah  IV  p.  37,  3  :  .iL?^Ll  k^  J^"  ^j^  ^ Jo  J^^kjî 

^^JJ:>•      g^     J*^.3      ^S^     '^'^     -bL:^.    ^e^*)    Vj^   >^     î  ^.;^    (^' 

aLJJ  P  ,*Aj[5  i^y^  Jjr?^-^'  J^j-  La  fille  musulmane  avant 

de  devenir  b.JL^,  Hdr  p.  266,  la  portait  aussi.  C'est  véri- 
tablement l'objet  dont  on  entou'fe  la  partie  supérieure  du 
corps.  Les  hommes  le  mettent  aussi,  surtout  dans  le  Nord, 

et  c'est  là  le  J^  du  Prophète,  LA  13  p.  139,  6,  Nihâyah 
I  p.  189  =  Moh.TâhirMB  el-A,Ip.  222.  Le  thème  ou:i.  ne  se 
trouve  pas  dans  les  dictionnaires  arabes,  mais  y^  a  le 

même  sens.  On  pourra  aussi  comparer  ^,  c^'^,  ^^^  et 
,  ^.  La  permutation  de  j,  et  de  =,  en  arabe,  n'est  pas 
rare.  Je  vais  en  donner  quelques  exemples  tirés  de  la 
langue  classique  et  qu'on  pourra  facilement  contrôler  dans 
les  dictionnaires: 

^.  =  yju  et  yi*j,  disperser^  =  ^jii  =  Sud  jLuui,  avec 
ej  =  Jd. 

^'\  =  j*ju1,  causer  une  indigestion. 

^^yà>  =  ^j*£,  raccourcir  un  vêtement  en  faisant  im  pli; 
mettre  en  réserve^  cf.  ^yS'. 

y^  =  ^uXi,  trahir,  cf.  ,}j:s>. 

^:Jl=>  =  wJLc,  enlever. 


763 

^  =  ^,  couvrir.  ^  =  y^,  haine  sourde.  y-vLJ!  ^Uî» 
=  (j^Luî  ^Ui,  cohue. 

L=>  =  ^c ,  parler  ou  pleurer  d'une   voix  nasillarde. 

ijj>  z=  iOc,  î^oio;  nasillarde. 

y>,   terrain  encaissé,  golfe,   crique,   grand  trou  =.  ^yi, 
assez  commun. 
f>^,  être  petit  et  chétif,  et  ^^,  wa?  nourrir  l'enfant, 

Ub  llcLo  ^o  =  Û>b ,  aller  au  loin  dans  l'Intérieur. 

^_^L=>'  ==:  (jç^iLcj'î   espèce  de  plante,  K.  eu-Nabât  p.  31. 

^oj  =  ^j,  ôowe,  I  Sa'd  IV  I  "p.  132,  8. 

i^\    yi.*£  ::=  «L  ;ji>-vc  =::  xsL  vee  aisée,  dans  l'abondance. 

j~>\  =jij»  déborder  (torrent). 

v_i<'Li  =  v^iLi,  agité,  des  Bédouins  de  Qeys  L  A  XI 
p.  84. 

^h\  =  (*^jt>î,  se  donner  des  airs.  *^^\  =r  j»£o!,  gwz  a  le 
devant  de  la  tète  noir. 

^Jc  =  cAs  [  z=^]  =-  ;^^vi25  =  i*i2s  =  «ii,  casser,  briser. 

Cf.  Ji,    ^,    «?Ji,     JOls   et    vJiJls;    (jiai  [faii],    ;-^.^   et    Jj. 

Mettre  le  voile  à  la  fiancée  lorsqu'elle  va  célébrer  ces 
noces,  est  une  coutume  pratiquée  dans  tout  le  monde 
civilisé.  Les  Bédouins  qui  ne  sont  pas  „civilisés",  dans  le 
sens  européen  du  mot,  ne  font  pas  autrement,  comme  nous 
venons  de  le  voir.  Cela  est,  a  priori,  un  indice  d'anti- 
quité. Effectivement,  nous  avons  également  ici  une  an- 
cienne habitude  babylonienne  ou  orientale  commune.  létar, 
la  déesse  de  l'amour,  porte  le  voile.  Descendue  aux  Enfers, 


764 

elle  y  fut  dépouillée  de  ses  habits  et  de  ses  ornements, 
mais  revenant  sur  la  terre,  ils  lui  furent  rendus,  et  c'est 
avec  le  voile  qu'elle  reparaît  alors  pour  s'unir  de  nou- 
veau à  Tamoûz,  „son  jeune  amant",  K  B  VI  p.  90.  Dans 
cette  fête  nuptiale,  il  y  a  même  des  danseuses,  comme 
les  (=;'y^  d'Egypte,  qui  exécutent  „la  danse  du  ventre", 
selon  la  traduction  de  Jensen  o.  et  1.1.  v.  51.  Winckler, 
ASO  p.  154  et  ss.,  a  exposé  la  portée  symbolique  du 
voile.  Il  y  a  certainement  une  grande  part  d'ancienne 
mythologie  orientale,  mais  plusieurs  faits  qu'il  y  men- 
tionne ne  proviennent  pas  d'une  conscience  des  mythes 
chez  les  Arabes,  mais  ce  sont  des  habitudes  qui  remontent 
au  loin.  En  Babylonie,  là  jeune  mariée  était  voilée,  k  al- 
la tum  kuttumtum,  fiaticée  voilée,  Tallqvist  Maklu 
I  2.  Dans  l'épopée  de  Gilgames,  Jensen,  Mythen  und 
Epen  p.  199  v.  19,  nous  lisons:  iktum-ma  ibri  kîma 
kallâti,  ce  qui  se  rendrait  mot  à  mot  en  arabe  ^  31 
(-  'iSif  Us"  C  -^t  alors  il  voila  l'ami  comme  une  jeune 
mariée.  Pour  plus  de  renseignements,  je  renvoie  à  K  A  T' 
p.  276  et  note,  p.  432  et  notes  3  et  4,  Winckler  ASO 


1)  Véritablement   compagnon   de  roule,    mais   seulement  dans  le 
Yéman  et  les  pays  frontières  =  v^J^ouv  ailleurs;  éth.  'ïfl*C  et  hébr, 

2)  En  Hdr  seulement  q^>  v.  d.  Berg  le  Hadhr.  p.  287,  nouveau 
marié  le  jour   du    mariage,   Brâutigam;   mehri   kelôn,   Jahn   M  S 

p.    201    [où   son   kelôn   est  une  erreur];  Syrie  ^y^-  Nous  voyons 

donc  que  c'est  un  vieux  mot  sémitique,  d'où  vient  le  syr.  JJj , 
donner  la  bénédiction  nuptiale,  marier,  et  sans  doute  aussi  i)-*J^l- 
Nous  voyons  aussi  que  la  couronne  qu'on  met  sur  l'épousée  le  jour 
du  mariage  est  une  ancienne  coutume  orientale.  Voyez  Gloss.  s.  v.; 
ij^U^ô.  Sur  la  forme  kallâtu,  KB  VI  p.  376, 


765 

p.  155,  idem  OLZ  1906  p.  209  et  s.,  Jeremias  AT 
pp.  37  et  237.  Le  voile  est  certainement  un  symbole  de 
l'amour.  C'est  l'insigne  d'Istar,  dit  Jeremias  A  T  p.  287. 
Chez  les  anciens  Hébreux,  la  "ilT ,  meretrix,  paraît  l'avoir 
porté.  Gen.  38,  145  raconte  de  Tamar,  =  Istar  selon 
Winckler  A  SO  p.  155,  qui  se  voyait  abandonnée  de 
Yehûdah,  qu'elle  ôta  les  vêtements  de  son  veuvage^  se 
couvrit  d'un  voile,  s'enveloppa  avec  et  se  mit  au  croise- 
ment (de  la  route)  de  "Etiaym,  qui  est  sur  la  route  qui 
conduit  à  Timna.  Lorsque  Yehûdah  la  vit,,  il  la  prit 
pour  une  putain^  parce  qu'elle  avait  couvert  sa  figure. 
Strictement  parlant,  il  ne  s'ensuit  pas  nécessairement 
que  le  voile  était  une  spécialité  des  putains  hébraïques, 
car  Tamar  voulait  se  cacher  pour  ne  pas  être  reconnue. 
Toute  cette  histoire  est  sans  doute  mythologique,  comme 
tant  d'autres  dans  l'AT;  Jeremias  AT  p.  237. 

Le  Prophète  ne  se  couvrait  pas  avec  le  S^^  lorsqu'il 

visitait  ses  femmes,  Haggâg  ne  portait  point  le  voile, 
Tab.  II  p.  863,  le  Mehdi  du  Soudan  ne  se  voilait  pas  la 
figure  et  les  Bédouins  du  Nord  ne  se  servent  pas  du 
J.ULJ    [ou   j.LLi]   parce   qu'ils   voulaient  et  veulent  par  là 

suivre  un  ancien  symbolisme,  mais  parce  que  c'est  là 
une  habitude  qui,  à  l'origine,  avait  probablement  une 
portée  symbolique.  Le  mysticisme  oriental,  transmis  de 
génération  en  génération,  dominait  le  Prophète,  comme 
il  dominait  le  se  h  el-Gebal,  qui  était  toujours  voilé, 
et  comme  il  dominait  le  Mehdi  du  Soudan,  le  .UJ^Jt  ^o 

moderne.  Je  ne  nie  pas  que  la  vie  du  puissant  Haggâg 
n'ait  été  entourée  de  faits  légendaires  anciens,  comme  celle 
d'Alexandre  le  Grand,  de  Jésu,  de  Mohammed,  de  Charles  V 


766 

et  de  Napoléon,  mais  nous  connaissons  trop  bien  la  bio- 
graphie du  célèbre  maître  d'école  el-Haggâg  pour  inter- 
prêter ses  faits  et  gestes  comme  une  application  des 
conceptions  mythologiques  de  l'ancienne  Babylonie^). 
D'autre  part,  j'avoue  que  le  voile  joue  un  grand  rôle 
dans  la  mythologie  musulmane.  La  Sourat  Maryam  v. 
16  que  Winckler  cite,  o.  1.  p.  155  note,  est  certaine- 
ment  le  reflet  d'une   conception   mythologique:   J.  /S]^ 

v_jL:sn.>  n'est  pas  précisément  voile,  comme  le  traduit 
Winckler,  mais  ce  mot  indique  simplement  le  rideau  qui 
sépare  le  ^^  des  femmes  du  (j*Jl^  des  hommes,  I 
Sa'd  VIII  p.  74  et  1.  Le  verset  ne  saurait  donc  être 
cité  pour  appuyer  „le  motif  du  voile."  Il  contient,  du 
reste,  assez  de  mythologie  légendaire  que  Mohammed 
trouvait  toute  faite  dans  tous  les  milieux  du  Higâz.  Pour 
eux  et  par  eux,  „la  Vierge  Marie"  avait  succédé  à  Vénus- 
Istar,  et  les  vierges  de  Murillo  à  Madrid,  de  Guido  Reni 
au  Vatican  et  de  „la  colonne  de  Marie"  devant  l'Hôtel  de 
Ville  de  Munich  sont  toute  une  mythologie  babylonienne 
en  peinture  et  en  pierre. 

El-(jâhiz,  K.  el-Bayân  éd..  Caire,  II  p.  84,  a  un  passage 
très  important  à  propos  de  l'usage  du  cLlï.  Après  avoir 


1)  A.  Jeremias  A  T^  p.  387  n.  3  accepte  l'opinion  de  Winckler 
sur  le  sens  mythologique  du  procédé  d'el-Ha^gâg.  Il  ne  faut  pas 
chercher  la  mythologie  là  oii  nous  autres  arabisants  ne  constatons 
que  l'histoire  exacte.  Voyez  ici  p.  768,  4  d'en  bas  une  phrase  ana- 
logue dans  la  bouche  du  Prophète. 


767 
parlé  des  ^J^^U^  et  des  ^^^,  il  dit  :  \J^  ^'--^-^'  eUÀ^D^, 

^^t^_5    ^yjt    ^    \f\Jo    ^^    ^l^    ^L^    ^Ï^UJ    ^    lot    xi""^     ^Ul 
(jttXXjîj    ikAMjXo    ^L-LaJt    -^(^3)     ^SV=T-^'    iJwLywj     ;»1>*^''    ^^^    *-^*i^ 

^\  ^\  ^J^\  ii>L>  l^c  Aï  ^îj  ^;^o   JL>^3  ^Uao  ^3 

La  dernière  partie  est  surtout  intéressante  :  Le  messa- 
ger de  Dieu  était  celui  qui  se  servait  le  plus  du  qinâ'^. 
La  preuve  que  cela  était  le  cas  chez  les  anciens  hommes 
de  distinction  (pieux?),  c'est  que  nous  trouvons  que  les 
chefs  de  toutes  les  sectes  religieuses  et  les  leaders  des 
partis  ont  adopté  cette  coutume. 

A  la  p.  79,  11  il  dit:  Ji^  Jv^'Jjtj  iL-^^î  ^U^w  ^  cLUiJ!^ 
oIXj  "^^   ^^  *JJ!  ^y.^   ^1   wJ^Lsi!  -^^^   ooLJI  J^LciJtj  eUi 


1)  Le  texte  a  {^j^yJ^,  dont  je  ne  sais  que  faire.  Goldziher,  qui 
m'a  proposé  cette  correction,  \eut  qu'il  ne  s'agisse  pas  ici  de  partis 
religieux,  mais  je  crois  que  c'est  justement  cela.  De  Goeje  est  aussi 
de  mon  avis. 


768 

Le  q  i  n  â^  était  un  signe  distinctif  des  chefs.  La  meil- 
leuse  preuve  et  l'argument  décisif  de  cela  est  qu'on  ne 
voyait  guère  le  Messager  de  Dieu  autrement  que  couvert 
d'un  qinâ,^ 

Le  Prophète  ordonna,  Qor.  XXXIII,  33,  à  ses  femmes 

de   ne   pas    sortir   de    la    maison   et  de   quitter  le  ^^ 
J^^\  £j^UI ,  ce  qui  I.  Sa'd,  VIII  p.  130,  20,  commente 

par  ^Ijl)'  iû^U^  joè  ^\j^\  i^'caJ]  ^gi^.,  c'est-à-dire,  que  dans 

le  temps  de  „rignorance  première"^)  les  femmes  avaient 
l'habitude  de  se  défaire  du  qina*^  et  de  se  parer  de 
beaux  atours  qui  ne  cachaient  pas  leurs  appas,  I  Sa'^d 
VIII  p.  144,  25.  C'est  là  l'habitude  des  Bédouines  encore 
aujourd'hui.  Le  qinâ'  était  porté  par  les  femmes  libres 
yî  J- ,  Nihâyah  III  p.  280,  sur  la  tête,  ibid.  en  marge. 
Le  j.lJci,  [ou  j.Lâi;  la  différence  que  font  les  lexicographes 

entre   ces  deux  mots  est  tirée  par  les  cheveux  ^j]  et  le 
^Ui,  ne   sont   pas   des  voiles  proprement  dits,  mais  une 

pièce  d'étoffe,  un  fichu  dont  on  s'enveloppait  la  tête  et  la 

figure,   un   Kopftuch.   I.   Sîdah  IV  p.  38,  lo:  ^''  À>.il«Jt 

UjU  ^3^  ^jjàj]^  U*«t.  »!i!  L^  ,_c^«j'.   Dans  le  Sud,  il  s'ap- 


1)  Sur    les    deux    Ôâhilîyeh    voyez    I   Sa'd  VIII  p.  143,  25  et 
p.   144,  24;   Beydâwî   II    p.  128;   Goldziher  MS  I  p.  219  et  ss.  En 

syrien  on  dit  >^j>^,  développenoent  de  — r^)',  s'attifer  cVune  façon 
voyante;  ^^-tJ^^  orné,  paré  iVune  façon  bariolée;  JoU  ,is^-jJCfl, 
Q^M^ï^t,  paré,  bariolé  comme  le  chardonneret;  (^Ls^j  ,  fard. 

2)  I.   Sîdah   IV   p.  .39  l'a  déjà.  Selon  lui,  Jjlj"  serait  la  langue  des 
Taraîra. 


769 

pelle  'xiJ>  =^  class.  icïyi.,  o.  et  1. 1.  7,  et  4  d'en  bas.  Au  clas- 
sique jjLiu"  correspond  le  sudarabique  ^^^  K.  el-Arânî 
VI  p.  33  raconte  que  Wadçlâh  el-Yémanî,  el-Muqanna*" 
el-Kindî  ')  et  Abu  Zeyd  et-Tâ^^î  allèrent  aux  <^jel\  *^l^-o 
la  figure  couverte  d'un  ^Uï.  C'était  „pour  se  préserver 
contre  le  mauvais  œil  et  contre  les  regards  des  fem- 
mes, parce  qu'ils  étaient  très  beaux",  comme  il  y  est 
dit.  La  première  raison  peut  être  plausible,  mais  la  seconde 
ne  l'est  pas  trop.  Dans  I.  Sa^d  IV  i  p.  35,  m  et  ss.,  nous 

trouvons  :  Ui  (j;^.*:ow  --»«:>  ^[5  i^c^'  o,Ui  ^  ^[>à^^\  Jt^ 

^6w  Sufyân  h.  el-Hârit  et  son  fils  Ôa^far  vinrent  chez 
le  Prophète  la  figure  couverte  d'un  fichu^).  Lorsqu'ils 
furent  devant  lui,  ils  lui  dirent:  „Es-salâmu  ''aleyka, 
ô  Messager  de  Dieu!"  Celui-ci  leur  dit  alors:  ^Découvrez- 
vous  et  faites-vous  connaître  !"  Ils  déclinère^it  alors  leurs 
noms  et  leur  filiation^  se  découvrirent  la  figure  et  pro- 
noncèrent la  formule  de  la  profession  de  foi.  Lorsque  el- 
Haggâg  tint  sa  célèbre  harangue  à  el-Koûfah,  il  ôta  son 


1)  K.-el  Bayân  I  p.  79. 

2)  On   ne   saurait   traduire   {^-^^é^i-x^    ici  par  couverts  d'un  turban. 
iCxL^   était  donc  autre  chose  que  le  turban  plus  tard.  Tab.  II  p.  863 

il  est  dit  d'el-IIa^g^é  qu'il  était  ^^r*^   ^  'sJL^ju  ,*iU,  ce  qui  n'est 

pas   non   plus   le  x*L^  actuel.  Vo3'ez  Meydâni  Proverbes:  ,.yo  t}-*^^ 
mI^xj]   j_5Ô,  Freytag  II   p.  233.  J'en  parlerai  plus  au  long  dans  le 

chapitre  sur  le  (jUoLvJ!    ^Ux:   dans  le  Sud. 


770 
'imâmah  pour  se  faire  connaître,   en  citant  la  poésie 

5      0 ^  .    £ 

de  Sohaym  b.  Watîl,  où  il  est  dit  :  ^cJ^/^'  *-*U*î'  ^'  ^5^ 

Tab.  II  p.   864,  2,  K  Ar.  12,  U,  Kamil  d'el-Mob.  p.  215. 

II  ne  faut  pas  y  voir  une  adaption  de  la  légende  du 
voile  de  Mardouk-Tanioûz,  comme  le  veut  Winckler  A  S  0 
pp.  153,  159,  quand  même  la  poésie  récitée  par  le  terrible 
gouverneur  porterait  l'empreinte  d'une  telle  légende.  Il 
ne  faut  pas  chercher  midi  à  quatorze  heures.  Lorsque 
le  prêtre^   n'-^^'  ^^  ^^  ""Uzzâ,  Dubayyah  b.  Harmâ,  vit 

approcher  Hâlid,  qui  avait  reçu  l'ordre  de  détruire  le 
sanctuaire,   il  prononça  ces  vers,  Tab.  I  p.  1648,  Yâqùt 

III  p.  666,  Wellhausen  Reste  ^  p.  36: 


)  = 


(j;_«^3   pUijjt   ^^î  lAiLi»   ^jXc      (}  L^  (^yi  "bJ  sl\^  çf"-^^  j^  -' 

0  ''TJzza!  Attaque  bravement  et  frappe  d'uji  coup 

[mortel 
Hâlid;  ôte  le  voile  et  retrousse-toi! 

I.  SaM,  0.1.  p.  12/13,  nous  informe  que  le  ^ssg  était 
pour  les  hommes  un  signe  de  deuil,  tandis  que  les  femmes 
se  dévoilaient  pour  la  même  raison,  ibid.  p.  83,  9.  Le  ^Us 
couvrait  la  figure,  moins  les  yeux  bien  entendu.  Cela  ressort 
clairement  de  ce  que  dit  el-Gâhiz  K.  el-Bayân  II  p.  78/9: 
V/tJl  ^\^\  J.3  £^3  (*^!>iî  i5  Vj-*^'  o^f  '^^'"^  cf  o^^ 
^^\  ^y,  ^j^  Le  ^!  -clftjJî  dUJ  i^\  U3  jL^Î  g:35  JbbCc  pC^ 
■^   ^^    \jl3  ^C^Js>  ^j-i  3y=  1^^  Oo!  j»-ç*j   ^  OM  J^    _b*L« 

i)  Sur  cette  locution,  un  peu  bizarre  ici,  voyez  LA  19,  p.  178, 
"Yâqût  a     <jÀ^j '^,  tic  aois  pas  lâche. 


771 

O^/^-    ^y^i    Vt*^'    \i'h"f    ^j^*~^    '^"^   ^«:■:^~^^.   q'  (_c^^.  "^3  ^■*^. 

C/iîe  habitude  des  notables  arabes,  dans  les  foires,  les  as- 
semblées et  les  marchés  des  Arabes,  tels  que  les  jours  de 
*^Ukâz  et  de  Dû  el-Magâz^)  et  d'autres,  était  déporter 
le  qinâ,"",  à  l'exception  de  Abu  Salît  Tarif  b.  Tamîm, 
un  des  Béni  "^Amr  b.  Gundub.  Celui-ci  ne  portait  pas 
le  qinâ*^,  et  il  lui  importait  peu  de  se  montrer  à  décou- 
vert devant  tous  les  notables  arabes.  C'est  que  les  guerriers 
n'aimaient  pas  à  être  reco7i7ius,  car  alors  les  guerriers 
ennemis  n'avaient  d'autre  souci  que  de  les  attaquer."  Les 
Bédouins  du  Nord,  d'aujourd'hui,  ne  pensent  pas  autre- 
ment et  ils  portent  encore  le  qinâ^  J'ai  eu  pendant 
quelques  années  à  mon  service,  en  Syrie,  un  fedâwî 
des  ""Anazeb  qui  portait  tout  le  temps  le  qinâ*";  il  ne 
l'ôtait  que  dans  ma  maison.  Ce  qinâ,*^  est  encore  em- 
ployé par  les  prêtres  du  rite  grec  en  Orient,  seulement 
on  le  porte  sur  le  chapeau.  El-Gâhiz,  o.  1.  p.  76  en  haut, 

parle  de  cela:  't^f.^  i»^ï^  o^i  ^  o^  vjLJLil-s^  ^  % 
LA.i£  ^y,^)  »jL<c  ^j^3.  Les  docteurs  en  théologie -),  en  Suède, 
reçoivent  un  chapeau  haut  de  forme  couvert  d'un  voile 
noir  plié.  On  ne  soupçonne  guère  que  c'est  là  le  qinâ*^ 
oriental. 

27,  22:  er-radîhe   m  ah  h  a,  aussi  m  ah  h  a.  Le  mot 
est  ra(Jdî]^ah  ou  racjdèhah,  avec  deux  d,  'li-:^'.,  pi. 


1)  el-Ya'^qûbî,  éd.  Iloutsnia,  I  p.  314. 

2)  C'est,  en  Suède,  une  haute  dignité  qu'une  douzaine  de  prêtres 
reçoivent  à  l'avènement  d'un  roi.  Ce  n'est  pas  un  examen  universitaire. 

?>)  Dans  ed-Dâhir,  ij^<   est   servante   en   général.  Cf.  le  {^■^^    du 
Gloss.  s.  V.. 


772 

ol.:s^vi3 ,  mais  j'ai  aussi  entendu  x^i,,  et  je  ne  saurais 
vraiment  dire  laquelle  des  deux  formes  est  la  vraie. 
Leylat  ma  yesillûn  el-harîwah  tinfa""  'andha 
utelebbisha  ti3^iibha  uhf  dârïyeh  bi  kulle  sf 
di  yitserrah  min  ^and  àhleha  utiglis  mahha 
arba''   hinyâm    willa  hams  hinyâm,   uba^âd    el- 

o 

harâwah  tindîha  keswah  utwèlli''and  ahleha. 
L'après-midi  où  Von  amène  la  fiancée  (à  sa  nouvelle 
maison),  elle  sert  chez  elle.  Elle  lui  met  les  habits  et 
elle  connaît  toutes  les  choses  qui  sont  apportées  en  dot 
de  la  part  de  la  famille  de  la  fiancée.  Elle  reste  avec 
elle  quatre  ou  cinq  jours,  et  après  les  noces,  la  jeune 
mariée  lui  domie  un  keswah,  et  elle  s'en  va  chez  sa 
famille. 

28,  1:  yidahhèlhom.  Le  terme  ilioJ!  ïLJ  ne  se 
rapporte  pas,  dans  ces  pays,  à  la  consommation  du  ma- 
riage.  idioJI  est  V invitation  ■=.'ii\^  du  Nord.  ^_Jic  ^y=>ù 
est,  comme  l'hébr.  bv  N*13,  Gen.  19,  31,  =  iL,  [Uj]'),  un 
euphémisme.  Dans  tout  le  Sud,  cet  euphémisme  n'est  pas 
employé,  et  la  tournure  y  veut  simplement  dire:  il  entra 
chez  elle.  C'est  le  mari  qui  hâtit  la  maison  ou  dresse 
la  tente  c>.xAjt  ,^uj.  De  ces  deux  locutions,  Rob.-Smith, 
Kinship  p.  167  et  ss.,  en  a  construit  son  système  de 
bina-mariage,  déjà  ébranlé  par  Wellhausen,  die  Ehe 
p.  444.  La  plupart  des  conclusions  de  feu  mon  ami,  si 
sympathique  et  si  spirituel,  sont  comme  les  chevauchées 
des  Valkyries  en   l'air.   Lorsqu'on  aura  éliminé  de  son 


i)  5Lij    bsLi    et   »1j  =  coï<ms;   la  dernière  forme  est  surtout  usitée; 
i^>>0o,    utérus. 


773 

Kinship  ce  qu'il  y  a  de  faux  et  de  douteux,  il  n'en 
restera  que  le  raatriarchat.  Celui-ci  ne  saurait  être  mis 
en  doute.  Mais  en  Arabie,  il  n'y  a  jamais  eu  de  bina- 
mariage,  dans  le  sens  de  Rob.  Smith.  Il  n'est  pas  rare 
que  le  mari  reste  dans  la  tribu  de  la  femme,  et  l'on 
sait  que  le  trait  caractéristique  des  Syriens  est  encore 
que  la  fille  ne  doit  pas  se  marier  au  loin.  Au  contraire, 
il  est  honteux,  dans  les  milieux  bédouins,  que  le  mari 
accepte  la  tente  de  la  femme,  si  elle  en  a  une  à  elle  par 
suite  de  la  mort  de  ses  parents.  Cela  s'est  vu  pourtant. 
Mais  un  vrai  q  a  b  î  1  î  ne  le  ferait  pas.  Il  a  sa  propre 
tente  ou  maison,  ou  il  en  fait  une:  c'est  là  le  sens  de 
'4JLC  ^,  et  pour  consommer  le  mariage,  il  faut  bien 
qu'il  ^^entre  chez  elle."  On  ne  doit  pas  y  voir  autre  chose. 
Rob.  Smith  généralise  les  exemples  qu'il  allègue  en  faveur 
de  sa  thèse  insoutenable. 

Classiquement,  on  dit  aussi  bien  ^  j^o,  I.  Sa'd  VIII 
pp.  87,  9,  95,  27,  96,  27,  101,  17,  115,  s,  145,  28,  que 
J^  J^j,  Wellh.  Ehe  p.  441  note  3,  même  J,'  c^Jli>o' 
de  la  femme,  Rob.  Smith  Kinship  p.  198.  J«£  \J>ô  s'ap- 
plique aussi  à  la  femme,  I.  SaM  VIII  p.  92,  m:  J^  L 

xiO  (Jy*^  (J^  (^s^à^a)  va/>I=>^  *o  iu>w  -iJ:^  o.A«,  je  n'avais 
pas  encore  accompli  dix-sept  ans  lorsque  je  consommai 
mon  mariage  avec  le  Messager  de  Dieu;  \JLc  c>JL=>o  UU 
ibid.  pp.  101,  10,  104,  13,  n,  où  certainement  il  ne  faut 
pas  voyeller  cUî»^,  Cet  emploi  de  JJ>o  exclut  bien  toute 
idée  d'un  soi-disant  bina-mariage. 


6. 


29,  24  ;  y  i  r  a  w  û  n  =r  ^^33^J.  Brockelm.  V  G  S  S  p.  88  et  s.. 

30,  l:gauwâkum.  Aussi  prononcé  g  à  u  k  u  m,  comme 
on  dit  aussi  gàuwak  ou  gàw  seul.  Cette  formule  de 
salutation  est  très  répandue  chez  les  Bédouins  du  Nord 
et  du  Yéman,  mais  inusitée  dans  le  Sud.  Wetzstein, 
ZDMG  22  p.  152  et  s.,  en  parle,  mais  il  est  inexact, 
car  on   salue   ainsi  tout  le   monde.  Le  salué  répond  ou 

comme  dans  notre  texte  ou  bien  par  ^Lp  b  ou  \^^.  Les 
Syriens  et  les  Bédouins  disent  aussi  ,_c^>e,  à  quoi  on 
répond  tiM'ju  &!!!  ou  'd^'ixl\  fX^^.  [*!!'].  ^^^is  cette  salu- 
tation s'adresse  chez  les  Hadar  à  la  classe  paysanne  et 
ouvrière.  Voici  une  jolie  histoire,  très  connue  en  Syrie, 
en  dialecte  du  Haurân  :  Bèdawi  ma  si  'at-tarîg. 
Làgetu  bedawie  min  rêr  "Arab.  Qâlètlu:  wes 
ismak?  Gâl:  ismi  biwùggilè.  Gâlètlu:  gàuwak, 
ya  muhsin!  Ugâl  laha:  wes  ismilt?  Galet  làhu: 
ismi  bidbâb  seyfak.  Gàllha:  gàuwik,  ya  fitni! 
Uma'hom  wâhed  éâmi  gâl  lu  el-bèdawi:  ma  tin- 
sidhâ  ""an  ismak.  Gâwab  es  éâmi:  ana  Abu 
Ahmad,  a'^lâlè  el-'^Arab  ma  hu  ^andi.  Un  bédouin 
marchait  sur  la  route.  Une  bédouine  d'une  autre  tribu 
le  rencontra  et  lui  dit:  ,jQuel  est  ton  nom?"  „Mon  nom 
est  sur  ta  figure",  répondit-il.  —  „  Je  te  salue,  ô  Muhsin."  — 
„Et  toi,  quel  est  ton  nom?"  —  ,,Mon  nom  est  à  la  pointe 
de  ton  sabre."  —  „Je  te  salue,  6  Fitnah."  Or,  il  y  avait 


775 

avec  eux  un  Bamascène  à  qui  le  bédouin  dit:  ,,Pourqî(oi 
ne  lui  demandes-tu  jpas  ton  nom  ?"  A  cela  le  Bamascène 
répliqua:  „Je  suis  Abu  Ahmed^  moi,  et  le  radotage  des 
Bédouins,  je  ne  le  sais  pas." 

Qaua!  Quwîtu!  chez  Glaser,  Peterm.  Mitth.  1886  1 
p.  7.  Idem,  o.].  1884,  Heft  6  p.  207:  Guwwîtu!  wa 
"ù  Imukum!  qu'il  faut  traduire  par:  Salut!  Quelles  nou- 
velles   avez-vous?    Dans  tout   le  Sud,   après  la  sala  m- 

salutation,  on  ajoute  toujours  dUJlc  iji!,  et  l'autre  répond 

régulièrement:  ^  kj>'-^^  ^.  Cela  est  devenu  tellement 
banal,  que  c'est  presque  notre:  comme^it  allez-voiis?  Mais 
c'est  l'habitude  de  demander  des  nouvelles  au  passant 
qui  a  motivé  cette  locution  stéréotypique.  Cela  est  telle- 
ment vrai,  qu'en  ''Oman  j'l~>  est  devenu  donner  la  main 
pour  saluer  RO  §291  {iJ^,sichbegrûssen,o.\.\).b\,&]. 
Es-srayrîn  yedarrèyyo^)  yisummo  we  yehâbro 
en-nâs,  die  Kinder  werden  gewôhnt,  (die  H'ûxi^o)  zu  kûs- 
sen"^)  und   die   Leute  zu  begrûssen,  ibid.  p.  430b.  Cela 


1)  .le  crois  qu'il  faut  lire  yeddarrèyo,  (^-oaj",    car  i^f^    est  le 
transitif  de  e^y^^j  que  nous  trouvons  à  la  même  page  1.13  d'en  bas. 

2)  ^   n'est  pas   tout-à-fait    bait/er,   ainsi   que  je    l'ai  déjà  exposé 

I.Idr  p.  109.  Nous  lisons  chez  Tab.  III,  p.  918:UiI>cà    \jJJj  !cJ  J 

U-iUs^    U.;4.w^    *-J' ,    il    les   embrassa,    les   flaira  cl    les   baisa.  *-il 

n'est  donc  pas  la  m'^me  ciiosc  que  i}^,  pas  même  dans  Ilamàsah 
p.  251,  ',  et  l'éthiop.  flhoD  HOflo  Barth  Et.  St.  p.  47.  Cette  ma- 
nière de  montrer  son  respect  ou  son  aflection  doit  remonter  à 
une    haute    antiquité    puisque    le    babyi.    a    nasâqu,    l'iiébr.    p*J^i, 

le  syr.  wa.AJ  ,  baiser,  l'arabe  OJ-^^"^ ,  /Inircr,  aspirer  par  le  nez, 
où  partout  .s. 

53 


776 

m'amène  à  parler  de  la  salutation  chez  les  Bédouins  et 
les  Musulmans. 

Pour  illustrer  ce  sujet,  je  me  permets  tout  d'abord 
de  raconter  un  joli  épisode  de  ma  vie  en  Syrie.  Je  me 
trouvais  à  Damas.  C'était  le  jour  de  la  fête  d'Ibrâhîm, 
au  village  d'el-Birzah,  où  le  prophète  serait  né,  selon  la 
légende,  Baedeker  Pal.  u.  Syrien  s.  v.,  Wetzstein  Z  D  M  G 
XXII  p.  105,  note.  C'est  une  fête  populaire,  la  plus 
jolie,  la  plus  bariolée  que  j'aie  jamais  vue  en  Syrie.  Elle 
est  célébrée  par  les  Chrétiens,  les  Musulmans  et  les  Juifs. 
Je  m'y  rendis  avec  quelques  indigènes,  habillé  d'un  tar- 
bouch et  d'un  'a  baye  h.  J'y  rencontrai  beaucoup  d'amis, 
qui  savaient  bien  qui  j'étais.  Le  Qorân  m'était  alors  plus 
famiher  qu'à  présent.  Je  dis  à  un  cheykh  que  je  con- 
naissais :  (*XJLc  j^^Zv .  Il  me  répondit  :  Jcol«  ^^y-i^  »  et 
moi  de  lui  répondre  par  ce  verset  qorânique  S.  4,  v.  88  : 
3^  J^  ^1^  *il!  ^1  1^3^^  3)  L^  ^^>L  1^  ■!Ç^  4-^  bt^ 

L-y*o  ^^,  et  si  vous  avez  été  salués  par  une  salutation, 
il  faut  saluer  par  une  salutation  encore  meilleure  ou  au 
moins  la  rendre  telle  quelle,  car  Dieu  tient  compte  de 
tout.  Le  cheykh  fit  de  grands  yeux  et  me  dit:  „Tu  n'es 
pas  musulman."  A  quoi  je  ripostai  tout-de-suite  par  S. 
4   V.   96  :  Ixa^a  c^^  j.^UoÎ  jJÇJLc  ^]\  ^  [^^  "^3 .  Un 

peu  indigné,   il   me   dit:  „Tu  as  fait  un  q^^,  car  dans 

0     3  -         O   ^ 

le  texte   du   Livre   il  y  a  j*!-*^  o-^  "  ')•  Là-dessus  dis- 


i)  Je  ne  savais  pas  alors  qu'il  y  a  une  difiéi'encc  entre  les  deux 
mots,  rylj^'  n'est  usité  qu'après  la  Iligrah,  I.  Sa^d  VIII  p.  145,  '. 
*lw^  chez   Euting   S.    I.  N"  -157,  malgré  l'opinion  de  Nôldeke,  ibid. 


777 

pute,  et  tout  le  monde  se  rassemblait  autour  de  nous. 
Je  proposai  de  faire  apporter  un  Qorân  pour  trancher 
la  question.  On  croyait  davantage  le  cheykh,  cela  était 
évident.  Le  pacha  ayant  appris  la  dispute  envoya  un 
homme  pour  m'inviter  à  venir  dans  sa  tente.  Je  m'y 
rendis  avec  le  cheykh.  La  foule  nous  accompagnait.  Je 
le  saluai  par  ^*jCJLc  ^.bLw .  Il  me  répondit  j,X*o!  f*-CJLc,  car 
les  Turcs  sont  moins  imbus  de  préjugés.  J'exposai  au 
pacha  ce  qui  s'était  passé,  et  il  fit  venir  un  Qorân  du 
sanctuaire.  On  se  persuada  facilement  que  c'était  moi 
qui  avais  raison.  Assez  fier  de  ma  victoire,  je  m'écriai: 
„Vous  croyez  être  les  seuls,  vous  autres,  à  connaître  le 
Livre  d'Allah;  nous  autres,  musulmans  d'Europe,  nous  le 
connaissons  aussi.  „Le  pacha  turc  me  combla  de  gracieu- 
setés, mais  les  musulmans  arabes  ne  voyaient  pas  d'un 
bon  oeil  qu'un  étranger  eût  donné  un  démenti  aussi 
patent  à  un  de  leurs  cheykhs.  L'affaire  n'était  cependant 
pas  finie  avec  cela.  —  „Tu  as  commis  une  faute  en 
saluant  le  pacha,   me  dit  le  cheykh  déconfit,  car  tu  as 

dit:  *5CJlc  j.Xw,  tandis  que  tu  dois  dire:  j*-)ÇJLc  j.X*Jî. 
J'étais  pincé;  il  le  croyait  du  moins.  Je  me  rappelai 
que  quelque  part,  dans  le  Qorân,  il  y  a  aussi  j.^Lw  sans 
l'article  et  je  demandai  le  Livre  pour  y  chercher  le  pas- 
sage.  Un  des  assistants  dit  alors  assez  haut  pour  qu'on 

l'entendît:  j^^.^^^^iî  4]  i^'  ^nQor.  56,  78]."-„Uskut!" 
s'écria  le  pacha  de  sa  plus  forte  voix  et  il  me  tendit 
lui-même  le  livre.  Avec  l'aide  d'un  cheykh,  je  finis  par 

trouver:  *.<JLc  j.^  JJa  Lu'Ub  ;j,m-9>j  ^y^^  ^=L>  !i]^,  6, 
54  et:  ^Sj^\^^  ^<^^  ^  i^-^^  i^  ^^'  ^''^"  »^ous  voyez 


778 
donc,   disje,   que   c'est  vous  qui  êtes  les  e,'J^W-î  ^t  non 

pas   nous  autres,  qui  étudions  le  Qorân  tout  autant  que 
vous.    Et  toi,   demandai-je  au   cheykh,  qu'est-ce  que  tu 

réponds  si  un  musulman  te  salue  par  j*XJL£  |.!^LJi?"  — 
„Mais  je  lui  réponds  :  j.'^LJ!  *.5ÇJLc."  —  „Tu  es  encore  dans 
ton  tort,  car  il  faut  dire,  selon  la  Sounnah  du  Prophète, 
P^UJI  f^<Ji£5,  car  le  ^  est  de  rigueur."  Sur  ces  entrefaites, 
la  tente  du  pacha  s'était  remplie  de  monde.  Pour  couper 
court  à  la  pénible  situation  où  j'avais  mis  le  cheykh 
ignorant,  le  pacha  se  leva  et  me  pria  entre  quatre  yeux 
de  ne  plus  faire  étalage  de  mon  savoir  qorânique.  „Ce 
sont  de  hamîr",  ajouta-t-il,  et  je  lui  donnai  raison.  La 
partie  était  gagnée,  et  c'était  là  le  plus  grand  triomphe 
de  ma  vie.  Il  faut  combattre  et  battre  l'adversaire  avec 
ses  propres  armes.  Le  fait  est  que  le  musulman  liadarî 
ne  se  sert  jamais  de  cette  salutation  à  l'égard  d'un  non 
musulman,  se  basant  en  cela  sur  le  Qor.  20  v.  49: 
(^^jC^T  ^1  ^^  ^j^  J.^LMJTJ.   Mais  nous  savons  par  el-Iklîl 

d'es-Suyûtî  que  Mohammed  saluait  un  kâfir  de  la  salu- 
tation islamique.  Tout  au  plus  on  répond  encore  aujourd'hui 

à  un  ^J^j>,  lorsque  celui-ci  s'en  sert,  par  ^iVJLcj,  conformé- 
ment à  la  tradition  Boh.  VIII  p.  57,  K.  el-Isti\lân,  B. 
Keyfa  yuraddu  'a la  ahl  ed-dimmah  etc.  Cela  peut 
avoir  sa  raison  d'être  dans  l'histoire  y  racontée  de  cer- 
tains Juifs  qui  saluèrent  le  Prophète  par  ^dUit  ^LwJt,  la 
mort  sur  toi\  ')  ^Aïsah  s'en  révolta  et  riposta:  *LJ!  jjÇJLc 


1)  Ce  mot  j»L*v,  mort,  trépas,  qu'on  ne  saurait  rapporter  au  thème 
j«y«,  est  sans  attache  en  arabe.  Je  crois  que  c'est  une  prononciation 
pour  ^h    dont  j'ai   parlé    I.hjr   Gloss.  j).  602.  Nous  savons  à  présent 


779 

iCjLL'..  „ Doucement,  Aïsah,  dit  le  Prophète,  Dieii  aime 
la  douceur  en  toutes  choses."  —  ^^Tu  n'as  donc  pas  entendu 
ce  qu'ils  ont  dit?"  —  j^Mais  c'est  pour  cela  que  j'ai  dit: 
et  sur  vous,  (•XJLc,."  'Abd  Allah,  fils  de  'Omar  b.  el- 
Hattâb  ne  voulait  pas  saluer  les  Juifs,  I.  Sa\l  IV  i  p. 
120,  5.  Dans  Boh.  VIII  K.  el-IstiMân,  nous  pouvons  lire 
les  prescriptions  sounniques  qui  règlent  la  salutation  dans 

rislâm.  Par  Boh.  I  p.  162  et  ss.,  »^*b5î  ^  lXÎ^!  l^L., 
nous  apprenons  comment  doit  être  la  sahitation,  J•^LJt, 
lorsqu'on  mentionne  le  nom  d'un  prophète.  Mohammed 
y  prescrit  même  qu'on  doit  lui  appliquer  la  salutation 
iJ'i'y^  iJJt  iiTjj  é^  j.X*JI.  C'est  encore  aujourd'hui  la 
réponse  à  une  salutation.  Il  a  aussi  ordonné  que  la  for- 
mule dVJlc  *il!  J^  soit  prononcée  sur  son  nom,  Boh. 
VIII  p.  77,  et  l'on  s'y  conformait  Tab.  I  pp.  1645,  4 
et  1725,  2.  Je  n'ai  pas  besoin  de  dire  que  la  salâm- 
salutation  est  aussi  ancienne  que  le  monde  oriental.  Les 
Arabes  l'avaient  bien  avant  le  Prophète.  Dans  le  Diw. 
des  Hodeylites,  éd.  Wellhausen  p.  52,  7  et  8,  noas  trouvons  : 

UjJ  Lo^Lw..  Il  en  ressort  que  le  3  était  aussi  nécessaire 
dans  les  temps  préislamiques.  Nous  lisons  dans  I.  Sa'd 
VIII  p.  163,  9  et  ss:  ^^'1  JL^  ^>Jl=>o  îo'  ^J  p  ^^ 
|,^LsmJI    jyL)'    ^1  ^^]  U!  ^y^^  aXJLc  "^  j.^Lv  ^S .   Umm, 


qu'en   soqotrî   *î;    est    mviirir,  ma   critique   de  Jahn-Muller,  Mehii- 

Sprache  p.  54.  Le  dict.  arabe  donne  aussi  *î;,  DWiirir  =  *\y  La 
permutation  de  ^_^w  et  ;  n'est  pas  rare,  Diw.  Ilâtim  éd.  Schulth. 
p.  15  N"  IIL 


780 

Ayman  avait  Vhahitude,  lorsqu'elle  entrait  chez  le  Prophète 
de  le  saluer  par  soJam,  sans  ajouter  'aleykum,  et  le 
Prophète  lui  permit  de  dire  es-salâm.  Lignes  7  et  s. 
de    la    même    page,    la   tradition    est   ainsi    transmise: 

pbLw-  Jyij'  ^^1  aJJ!  Jj-wj  bi  j^=>Ls  j.^Lw  Jyi-j>  'kjt^  O*^-  t'  ""^^ 
où  c'est  p^Lw  sans  l'article.  ^VJlc  j.'^Lv,!.  SaMIVipp.  83, 2, 
115,  20.  LA  18  p.  237,  3  et  ss.,  nous  informe  des  diffé- 
rentes formules  de  salutation  dans  l'antiquité  arabe.  Le 
latin  cicéronien  salutem  alicui  dicere  ou  mittere  est  ab- 
solument l'arabe  ^)  j.X^'1  Syj,  Bolj.  VIII,  p.  52  en  bas,  ou 
j.'sUJî  ^J,  d'où  notre  salut  et  salutation,  salus  =  j.^L«. 
Les  Bédouins  du  Sud  disent  encore  tout  simplement 
s  al  âm  —  de  même  que  les  Européens  en  Orient,  ce  qui 
est  tout-à-fait  arabe.  Ceux-là  ont  aussi  une  autre  salu- 
tation assez  bizarre  :  s  a  r  ô^  s  a  r  ù'  et  plus  rarement  s  a  1  ô', 
salù'*).  Je  suppose  que  c'est  une  apocope  de  salôm 
et  représente  une  prononciation,  fort  ancienne  de  ce  mot, 
comme  encore  dans  le  mehri,  voyez  ici  p.  295  et  s.  Le 
changement  de  J  en  ,  est  très  commun  en  arabe. 
Nôldeke,  Z  D  M  G  40,  p.  185  note  et  B  Z  S  S  W  p.  63 
note  ss.,  dit  que  cette  permutation  des  deux  liquides 
„est  presque  tout-à-fait  étrangère  aux  langues  sémitiques." 


i)   Il   est  assez   intéressant   de   constater  qu'en  mehri  ratirî  est 

parler  et  rarûy,  parler,  langue;  c'est  l'arabe  Uiî,  lire,  et  J>^|y5, 
lecture.  Jahn,  0. 1.  p.  185,  ne  l'a  pas  reconnu.  Ce  thème  se  rencontre 
aussi  dans  son  ouvrage  p.  43,  23  et  p.  59,  16.- 

2)  A  Jahn  dirait  que  le  français  salut  vient  de  là  !  Après  avoir 
lu  Die  Lirhciideii  von  Amasia  publiée  avec  notes  par  G.  Jahn,  je 
suis  persuadé  que  le  nom  de  ces  deux  orientalistes  ne  vient  pas  du 
latin  genius,  mais  qu'il  a  quelque  affinité  étymologique  avec  le  thème 

&^ 


781 

Pour  prouver  le  contraire,  je  présenterai  dans  le  courant 
de  cet  ouvrage,  une  liste  de  quelques  douzaines  de  mots, 
rien  que  pour  l'arabe  classique,  où  cette  permutation 
a  lieu.  Cf.  Brockelmann   V  G  S  S  p.  137. 

Si  la  salâm-salutation')  est  devenue,  par  Tlslâm,  la 
formule  généralement  adoptée  dans  les  milieux  hadar,  on 
ne  saurait  dire  qu'elle  soit  exclusivement  employée  par 
les  Bédouins.   Ceux-ci   ont  leurs  formules   à  eux  et  qui 

remontent  au  loin.   C'est  le  verbe  ^,-ç>  ou  ^efp^\  qui  y 

joue  un  grand  rôle.  ^!  ^1-^  est  courant  dans  toute 
l'Arabie  et  chez  les  Bédouins  de  Syrie  et  de  Mésopotamie, 
Doughty,  II  p.  236.  Voyez  l'anecdote  rapportée  ici  sub 
38,  10.  Il  renferme  plutôt  un  souhait  qu'un  salut  pro- 
prement dit.  ^^=^  et  dVjLl=>  sont  aussi,  comme  LZ>-^  et 

tiUJ,  la  réponse  à  un  ordre  donné,  él^  ^^i^.  ^^,  Que 

Dieu  fasse  vivre  ta  parole  !  est  chez  les  Bédouins  ''Anazeh 
un  souhait  fort  commun.   H  a  y  y  a  mil  e  d-d  u  n  y  a ,  = 

LijJ!  sj^   (jr^j  est  un  salut  ordinaire  chez  les  Bédouins 

du  Sud.  Pour  illustrer  l'emploi  de  ce  verbe,  je  vais  men- 
tionner un  épisode  de  mon  Expédition  dans  le  W.  Mayfa^ah. 
Lorsque  nous  fûmes  près  de  ""Azzân,  où  le  fameux  sultan 
Muhsin  devait  nous  recevoir  avec  un  maukab  solennel, 
la  question  des  zawAmil,  qu'il  était  indispensable  de 
chanter  devant  le  sultan,  fut  discutée.  Un  Dîyêbî  fut 
désigné  par  Ahmed  em-Dêb,  frère  du  sultan  et  tout  aussi 


1)  Moh.   ez-Zorqânî   sur   el-Mowaftâ    de  Mâlek  b.  Anas,  I  p.  1G7, 
Caire,  est  très  instructif  sur  ce  sujet. 


782 

grande  canaille,  pour  composer  le  zâmil.  Il  se  recueille 
quelques  instants  et,  avec  beaucoup  de  dignité,  s'avance 

devant  mon  escorte  et  commence -î  i-^o  L  j»ioLç>. 

Il  n'eut  pas  le  temps  d'achever  la  phrase,  car  tout  le 
monde  criait:  Va-t-en!  Tu  n'es  bon  à  rien!  Je  ne  com- 
prenais pas  alors  la  l'aison  de  cette  déconfiture.  Plus  tard, 
je  sus  que  tant  de  zawâmil  commencent  ainsi,  que 
c'est  là  une  preuve  de  l'insuffisance  poétique  du  mi- 
zammil.  Cet  épisode  nous  prouve  combien  cette  salu- 
tation est  répandue  dans  le  Sud.  Dans  notre  texte  nous 

trouvons  N°  64  v.  1  et  N°  71  v.  1  :  Lo  J^  ^  j^  ^_^.  «JJ! 

Que  Dieu  salue  celui  qui  nous  salue  !  propr.  fasse  vivre  celui 
qui  nous  a  dit  h  e  y  y  â  b  a  k.  On  dit  ^  ^jrtp-,  aussi  "^Omân 
RO  p.  422,  9  (oiï  il  faut  lire  haiji,  comme)  p.  424, 
N°  XVII:  l.ieije  bisêhên,  et  J  J^,  N°  88,  v.  2, 
comme  Qor.  56  v.  00:  ttU  ^^"±^  et  l'hébr.  biblique  Dl^ti^'?  "^j^ 
Ex.  4.  10,  et,  chez  les  poètes  seulement,  ^_Jl£  ^,-^,  N°  94 

V.  1.  C'est  proprement  prononcer  le  mot  ^_^  à  l'adresse 
de  qqn. 
On   observera   que,   dans  le  Sud,  la  seconde  syllabe  de 

heyyâ  est  toujours  longue  dans  le  mètre.  Le  verbe  ,^^jç> 
ne  devient  jamais,  dans  le  Sud,  une  particule  verbale, 
une  interjection,   mais  il   est  souvent  employé  comme 

substantif,  surtout  dans  la  poésie:  ^c-'P-  \j^\  deux  mille 
fois  [ie  prononce  le  mot]  heyya,  N°  87,  comme  le  syrien 
bL^3  ^î  o/>-y«.  Lorsqu'on   dit   heyya   seul   ou   heyya 

umarhaba,  les  deux  voyelles  finales  ne  sont  pas  de  la 
même    provenance:    heyya   est   le   verbe     Zp-,  comme 


783 

J/to,  et   marhaba   est   pour   U>-<,  Ma   Langue   arabe 

p.  28.  v_j  ^,uj:>,  par  le  fréquent  usage,  a  aussi  pris  le 
sens  de  bie7î  recevoir  qqn.,  lui  dire  heyya.  éV,^\  est  = 

ê^  se.  iJJt,  L  A  18  p.  237,  10  d'en  bas,  si  ce  n'est 
que  ahyâk  et  yihyîk  sont  moins  forniule  que  hay- 
yâk.  Dans  le  langage  courant,  on  prononce  toujours 
hayyàbak,  comme  marhabàbak,  dans  un  seul  mot, 
hayyâbkum,  mais  dans  le  vers,  cela  devient  hayyà 
bekum.  L'interjection  ^c=^j  nom  verbal  selon  Lane, 
n'existe  pas  dans  le  Sud.  Si  elle  vient  de  ^jr^p-,  devenu 

Jj>  par  le  fréquent  usage,  ce  qui  au  fond  n'est  qu'une 
notation  graphique^  elle  pourrait,  à  la  réflexion,  avoir  eu 
le  môme  sens  que  notre  ^}s.  ^,-ç>  N°  94,  v.  1,  savoir,  dire 

j»jCjLI:>  à  l'adresse  p.  e.  de  la  prière.  Les  lexicographes 
n'en  ont  pas  su  l'étymologie  parce  qu'ils  ne  connaissaient 
pas  le  bédouin  l_j  ^Jfp--  Ce  qui  me  fait  croire  que  cette 
étymologie  pourrait  bien  être  vraie,  c'est  qu'on  peut  dire 
classiquement  ^^Uj  ^  Jp>  ou  lj  ili  ^]^,  LA  18  p.  243, 
Lane  s.  v.,  oii  S^  ou  ^Ip^)  est  pour  Suî,  ayant  pris  la 
même  signification  que  ^  Çj>j  classique  et  dialectale.  Dans 
le   Nord,    nous   rencontrons  vraiment  ^g=>,  où  la  seconde 

syllabe  est  brève.  Le  classique  y5ijL  2OJ!  J^=>  =  (éL^ii, 
Ôézîrah  p.   80,    18,  s'entend  aussi  dans  le  Sud,  mais  là 

c'est  e)ut.  Lf^:^'  ^®  même,  le  classique  dU^^  ^t  uri^? 
Hamâsah   p.   23,    11    d'en   bas,   est  également  employé. 


1)  bL^    L  est,  dans  lo  Nord,  la  réponse  à  (i)|y». 


784 

Une  poésie  du  Dîwàn  de  'Abd  el-Ranî  en-Nâbulusî  com- 
mence ainsi: 

où  LL>  est  --  ,  mètre  basît.  MaisSocin,  Diw.  N°  34  v.  1  : 
Hayyal-gawâbu   hayyî   min   wallaf  al-qîl 
lïayyih  "^adad  ma  yas^'al  al-'^abde  maulâh 

Ich  hegnissG  das  Schreiben  imd  begrûsse  die  welche 

fdas  Gedicht  verfasst  hatj 
Ich  begrûsse  sie,  sovielmal  als  lïenschen  ihren  Gott 

[anflehen. 
Mètre:  ----  I  ----  |  ---- .  Ibid.  N°  89  v.  1: 

Hayye   dalmaktûbe   walmirsâli 
"•Udde  ma   bal-rîne   nâh  al-wargi. 

Gruss  dem  Schreiben  und  dem  Boteii, 

Sovielmal  als  im  Palmengarten  Turteltauben  girren. 

Les  Arabes  méridionaux  auraient  aussi  dit  ici  h  ày  y  a  1- 
gawâb  ethàyyih,  mais  le  premier  est  de  ^Jfp-Qt  le 
second,  l'impératif  régulier  du  verbe:  hayyeh  selon 
p.  323.  Dans  la  seconde  citation,  hayye  peut  aussi  être 

l'impératif,   et  je  me  demande  si  ce  ^^z>  n'est  pas,  au 

fond,  un  impératif  de  ^,-ç>  (=  ^^)  et  alors  employé  d'une 

façon  tout-à-fait  régulière  dans  le  mètre.  Dans  le  Sud,  l'impé- 
ratif n'est  pas  employé,  mais  le  parfait  ou  l'imparfait  le 
sont  comme  optatifs.  Dans  le  Nord,  le  passif  du  parfait 
s'entend  souvent:   huyyîtum!   comme  dans  le  verset 


785 

qorânique  cité  p.  776,  i7.  C'est  le  souhait  de  bienvenue 
courant  des  'Anazeh.  Les  vrais  Bédouins  du  Nord  ne  se 
donnent   pas  la  main  [ïCm^L^,  des  cinq  doigts]  en  se  sa- 

w   5 

luant,  mais  laissent  leurs  bras  tomber  aux  côtés,  S^Aj, 
jv^.vAjJ,  et  s'embrassent  sur  les  joues  [iiol^].  La  célèbre 

qasîdah   de   SaMûn  el-^'Awâgî  porte  v.  3  et  4: 

3.  Memàddak   es-Sumbul  lak   el-gèdyë  gad- 

[dâbO 
Talfi  ""ala  seyhan  irahhib  ilyalfeyt*). 

4.  Ihôtte  min  hôlwet  fîdiilah-'')  èlya^)  gâb 
Uyimla"*)  mazâliebhen^)  batargôleheyyît 

3.  ie   but    vers   lequel   tu    tendras   est   es-Sumbul,  et 
[l'étoile  polaire  t'indiquera  le  chemin'^). 


1)  Le  texte  est  d'après  le  chant  du  barde  du  Haurân,  Moûsâ  Rimû, 
dont  le  portrait  se  trouve  chez  v.  Oppenheim,  Vom  Mittelraeer  II  p.  127, 
mais   l'auteur   l'ignore   et   il   appelle   les  deUx  chanteurs  »Beduinen- 


sànger"  !   v'^^^»  î^''^  attire. 

2)  Observez  que  il  (el)  reste  ici  bref,  dans  les  deux  endroits  ;  Ildr 
Gloss.  p.  523. 

3)  xlcaà    Q^    8(_N-Lc    oy^    ^   lO"^*^   C^*'  ^  ^-  Moûsâ  récitait  bien 
efdâlah,  mais  il   chantait  fïdâlah. 

4)  U,  j,  est  ici  de  trop,    et  cela  est  souvent  le  cas  dans  la  poésie 
bédouine,   au  commencement  du  vers. 

5)  Sing.    &^j^,    où    l'on    met    le   v^^J    ou    i^;,   provisions  de 
voyaye\  cf.  i^?'.    v^J)    mellre  les  provisions  dans  le  sac. 

G)  l5^^,  [prononcé  g'"JJ)  v-  DozyJ,  appelé  tiUaJ!  par  les  marins: 


786 

Tu  arriveras  chez  un  cheykh  ^Aqâb),  qui  te  donnera 

[la  bienvenue,  lorsque  tu  y  entreras. 

4.  Lorsqu'il  t'apportera   le  manger,   il  mettra  devant 

[toi  tout  ce  qu'il  aura  de  mieux 

Et  il  remplira  les  sacs  de  provisions  des  chameaux 

Après  l'avoir  dit:  „Sois  le  hienvenu'"\ 

Dans  le  ^omânais,  ^_^L>  est  saluer,  Brode  M  S  0  S  V, 
2  p.  8,  3  d'en  bas:  u  sâru  ilaMesqetuliâyues- 
seyyid,    ils    allèrent   à   M.   et  saluèrent  le  seyyid,   en 

disant  *i]!  (»^û>,  et  non  pas  meldeten  sich,  comme  le  tra- 
duit Brode. 

Le   substantif  icL^'  a   tout-à-fait   disparu   du   langage 

dialectal,  où  il  n'est  connu  que  dans  les  milieux  hadar 
qui  observent  le  culte  religieux.  Glaser  dit,  Peterra.  Mit- 
theil.  1884  Heft  V  p.  178:  „en  entrant,  le  Gabîlî  ne 
prononce  jamais  sala  m  "aleykum,  mais  sala  m  t  ah  ie, 
c'est-à-dire,  salut  à  la  communatité."  On  voit  que  Glaser 
n'a  pas  reconnu  le  mot  tahîyah.  N'ayant  pas  été  dans 
ces  contrées-là,  je  ne  puis  qu'enregistrer  l'assertion  de 
Glaser.    Elle  me   semble  bien  être  un   malentendu.   Un 

bédouin  ne  dira  jamais  i^w^^nj'  J,^Lw  en  saluant. 

Il  est  clair  que  *J — xJl  est  dire  dVJLc  j.'liUo!,  et  ïCjcs^I 

est  dire  ^dJ!  éÇp;  mais  comme  le  dernier  est  aussi  proféré 
en   saluant,   l'un  est  employé  pour  l'autre  dans  les  défi- 


^jKxJii    L    \>X f>  j^,    il  csl  fixe  et  ne  bouge  pas.  Dans  le  Yi''inan, 

Û  O- 

on    l'appelle    .Uv^î    et    dans    le    Ne^d  méridional,  v^'>  Palgrave 
l'Arabie  contiale  II  p.  305, 


787 

nitions  des  lexicographes  et  des  commentateurs.  C'est 
pour  cela  que  la  kIs^'  figure,   chez  Boh.,  K.  el-Isti'dân, 

sous  la  rubrique  J.^UJt  ^o^  ^L.  Le  verbe  ^^-^  est  très 
employé  dans  les  anciennes  poésies  préislamiques  p.  e. 
Hamâsah  p.  23:  o^-y  u>-<ià'  ^"  olr^  o«JJl,  où  iç^"  est 
-expliqué  par  j.^.  Ibid.   p.   45:  UxL^  ^^^'X-  L  ^jl^  li], 

avec  le  commentaire:  *-JLe  (,J^,JLw  !ii  J^Jî  >iU^  JLoj 
De  même  dans  L  A  18,  p.  236,  8  d'en  bas.  Wellhausen, 
G  G  Anz.  1906  Juli  p.  577,  a  raison  de  dire  que  la  '^S^' 
est  une  formule  déterminée  de  salutation.  Il  ajoute  „qu'elle 
n'a  presque  conservé  de  trace  que  dans  l'étymologie  du 
mot  iu^',  et  qu'elle  a,  de  bonne  heure,  disparu  de  l'usage 
commun  et  semble  ne  s'être  conservée  que  pour  les  rois." 
Le  maître  de  Gôttingen  va  trop  loin,  et  les  dialectes  sont 
là  pour  prouver  le  contraire.  Cette  salutation  choisie  et 
élégante  était  adressée  aux  rois,  comme  l'hébreu  biblique 

i^^L^  V]  et  notre:  vive  le  roi!  Voilà  pourquoi  xlr^"  devient 

synonyme  de  ^vL,  Ilam.  1. 1.,  comme  notre  „Sa  Majesté", 
pour  parler  avec  Wellhausen,  o.  et  1.1.,  et  qu'il  fut  finalement, 
par  Mohammed,  appliqué  au  Roi  Suprême,  Dieu,  qui  est 
aussi  le  salut  p^UJ^  par  excellence,  Qor.  19,  23,  tout  en 
conservant  son  emploi  primitif,  ainsi  que  le  prouve  Qor. 


i)  Wellhausen  y  est  indécis  s'il  faut  faire  dériver  le  salut  phéni- 
cien et  caitliaginois  au,  avo  et  le  latin  ave,  hâve,  de  (C^-j  ^n> 
mais  Je  crois  qu'il  faut  carrément  adopter  cette  étymologie.  Cf. 
Schroder,  Pliôn.  Sprache  p.  207.  Notre  allô!  hallô!  est  aussi  sémi- 
tique. On  ne  saurait  plus  méconnaître  rénornie  influence  de  l'Orient 
.sémitique,  mrme  au  point  de  vue  philologique:  mots,  expressions, 
idées  ont  été  transmis  par  le  commerce,  absolument  comme  tle  nos 
jours  entre  les  différents  peuples  etu'opéens. 


788 

4  V.  88.  Le  Prophète,  voulant  toujours,  autant  que  les 
intérêts  de  la  religion  le  permettaient,  établir  une  dififé- 
rence  avec  l'ancien  état  de  chose,  aboht  la  salutation  en 

cours  et  en  présenta  une  autre  islamique:  dVJb  j,^L-  ou 

iVUle  *^LvJ',  avec  ou  sans  xi'^y^  &l'!  iT,».  D'après  I  Sa'd 
lY  p.  162,  5  Abu  Darr  était  le  premier  qui  donna  au 
Prophète  la  salutation  islamique  :  ^)LJ^'  îl^o  ^'wx:>  ,^  J.î. 
Mais  nous  avons  vu  que  cette  formule  existait  déjà  dans 
les  milieux  bédouins.  G  Jacob,  B  L"  p.  86,  dit  que  la 
salutation  musulmane  est  d'origine  hébraïque.  Cela  n'est 
pas  probable,  vu  que  cette  salutation  existait  dans  tout 
l'Orient  sémitique  et  même  chez  les  Egyptiens  comme 
mot  d'emprunt.  Tabarî  nous  donne  des  informations 
précises  sur  cette  modification  du  Prophète  ').  Il  raconte, 

1)  11  est  incontestable  que  toute  la  formule  musulmane  *^L»/ 
*j1^J5  aJJt  's^^^  i^W^  rappelle  singulièrement  la  bénédiction  mo- 
saïque  sur   le   peu])le  d'Israël,  Num.  G,  24—26:  ^"lî^^'^^l  "1"^  ^DIT 

ob"^  i^  D^^^  ïi^^Jî   T':iQ  hIû^  n'^^  i:n^i  ^^^n*  v:d  mn^  in^ 

T  ':  "T:  I     V"  TT  VIT  T  TV  •._      •  I     •.•  ■•  TT  V  :  "  '  "T 

Que  Yahwe  te  bénisse  et  te  garde!  —  Que  Yahwe  fasse  luire  son 
visage  siir  toi  et  quil  ail  pitié  de  loi!  —  Que  Yahive  lève  son 
visage  sur  toi  et  te  donne  la  paix!  Nous  trouvons  ici  les  trois  par- 
ties de  la  salutation  islamique  :  1"  wb"^  =  p^**' ;  2""  ^lîV^  =  *^''  ^^j 

on  dit  encore  en  Syrie  e^^    Cf^-   *^"'    P''*^^-  ^^  ^'^^-  Gloss.  s.  v.; 

3"  ïlDID'^  =  xJ'^^.    Cette   prière,   qui   est   encore  dans   la  bouche  de 

tous  les  peuples  protestants  et  qui  constitue  même,  avec  le  Pater 
Noster,  leur  principale  prière,  est  originairement  à  l'adresse  de  la 
lune,  ainsi  que  l'a  très  bien  expliqué  Nielsen,  Diè  Altarabische  Mond- 
religion  p.  180.  Cela  est  confirmé  par  le  verbe  ']^''y  =  -»",  sur 
lequel  on  lira  mon  exposé  plus  loin,  v.  Gloss.  s.  v..  Je  fais  observer 
en    passant,   et   à    titre   de   curiosité,  que  □1'?*^  ^b  Dï''*'!  correspond 

exactement  à  la  phrase  triviale:  ficher  la  paix  à  qqn,  car  *Ui,  i, 
est  ficher  originairement. 


789 
I   p.    1353,    à  propos  de  'Omeyr   b.   Wahb  el-ôumahî  : 

vXï  aHI  J^^^  JUB  ^j  ioJlPlll  j^l  il^  ^i^  L^Laû  î^t 
i^    ^^.    ioj^    j.^LwJLi    -^    Ij    tiVjy^    Q^    -ç>    X^çSTo    aUI    LlôI?! 

Ibid.  p.  1513:  ^jx>ù2i>  ^^   lXa^^Î  ^^  ^La«5  ^Ut  J^w    jjix/*l  UJLs 

iJLc  jJLj   ■■iyjl\   'i^  'sLi^.    Ibid.  p.   1610:  jjL  Lo   !!^  'ÛJli 

aùc  Uyu^li  ^^Lv■^!  iCx:s\Xj  LlaJLc.  Goldziher,  MSI  p.  30 
et  s,,  a  traduit  le  joli  récit  de  K  A  XIV  p.  30  et  s.,  où 
nous  lisons  dans  une  poésie  de  ''Uyeynah  b-Hisn,  dans 
un  moment  de  bombance  païenne: 

Tu  nous  as  donné  l'hospitalité  et  tu  nous  as  large- 

[ment  régalés  et  tu  nous  as  enseigné  la  salutation 

[de  l'Islam  qui  n'était  point  connue  auparavant. 

Goldziher  fait  ici  observer  que  Jis.  xl>^'  est  le  con- 
traire de  iO^Lil  'iU^',  Mais  il  ne  s'ensuit  pas  que  le  pre- 
mier soit  un  terme  technique  ;  au  contraire,  il  en  découle 
que  pour  les  anciens  Arabes  el-Gâhilîyah  était  vraiment 
Je  temps  de  l'Ignorance",  sans  cela  'Uyeynah  ne  l'aurait 

o 

pas  opposé  à  jJLc.  Goldziher  ne  veut  point  admettre  ce 

sens,  0.  1.  p.  219  et  ss.,  mais  nos  confrères  n'ont  pas, 
et  avec  raison,  adopté  sa  manière  de  voir. 

30,  10:  yigcjob  elfingân  biyeddeh  el-yumna. 
v^xajs  métathèse  de  ^<^,  aussi  en  Algérie,  Doutté  T  0 
p.  17,  oîi  il  y  a  d'autres  exemples.  Ces  métathèses  sont 


790 

très  fréquentes  dans  tous  les  dialectes.  La  langue  clas- 
sique en  offre  de  nombreux  exemples.  C'est  une  spécia- 
lité des  langues  sémitiques  en  g(3néral.  Je  n'en  indiquerai 
que  les  suivants  qui  me  viennent  à  l'esprit  en  ce  moment- 
ci.   Nord:   ^s/^  et   (ji2=>,  criailler \  ^^  et  .^ix^,    Ilartm. 

L  L  W  p.  88,  16  d'en  bas;  v'^r-  et  v'l^î)  v^L^^^t  v^'^ 

Bel,  Djazya  p.  74  '),  Socin  Z  A  D  M  p.  186  ;  ^^  et  s^, 
se  rendre  vers,  =  a>l2Js,  'Anazeh  et  Haurân  ;  «.^vcajt  et  ^^^a:f^, 
se  coucher j  s'étendre  sur  le  lit,  "Anazeh,  Socin  Gloss.  s.v.  ;  ^ 
et  J^,  Hdr  p.  304,  ici  p.  793  ;  i^^L^  et  ^J^^^,  faire,  her- 
richien;  ,.^*i2J  et  \j^,  o,  faire  cuire,  Béd.  Syrie  et  Hau- 
rân ;   ixoj  et  Jj ;x,  glisser  z=  Jj;  ;    %.*s3  et   t^jjuii    et  ^o, 

ù    5  O 

donner  une  gifle  Hdr  p.  401.  Mais  ^^^y>-  et  ypJ,  mortier 
du  café,  ZDMG  22  p.  100  note  35,  Euting  Tagbuch 
p.    195   Oi^iais  p.   84   note  incorrectement    Jsù),  de  Goeje 

BG  A  Gloss.  s.v.,  que  Socin,  Diw.  HI  §  173,  cite  comme 
„un  des  exemples  les  plus  frappants  de  la  métathèse, 
ne  se  laissent  pas,  aussi  facilement  qu'il  le  croit,  en- 
registrer dans  cette  catégorie.  T/étymologie  de  ^y>-  de 


•1)  Qui  l'appelle  «permutation",  ce  qui  est  autre  chose.  Il  aurait 
dû  dire  transposition-  ou  métathèse.  La  terminologie  scientifique  laisse 
un  peu  à  désirer  chez  nos  confrères  algériens.  Ainsi,  Bel  o.  1.  p.  93 
dit  que  »Ul^  est  une  déformation  du  régulier  de  q^";  v.  Pi'Ov. 
et  Dict.  p.  10,  ZDMG  38  p.  418  et  420,  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  163, 
Hiz.  el-Adab  d'el-Bardâdî  I  p.  289.  Leurs  analyses  sont  souvent  tout 
autre  que  scientifiques,  p.  e.  Bel  o.l.  p.  105  et  s.,  sur  le  rétablis- 
.sement  de  la  tiilittérité.  Ce  ne  sont  pas  là  des  expressions  exactes. 
En  étudiant  les  ouviages  des  aial)isants  allemands,  les  Algériens 
acquerront  aussi  cette  qualité  de  l'exactitude  terminologique  à  ajouter 
aux  autres  si  bonnes  qu'ils  ont  déjà. 


791 

Fleischer,  Levy  N  H  W  B I  p.  437,  ne  me  sourit  pas,  car  ^.^y> 
est  un  objet  ou  un  endroit  évasé, ^  creusé.  Eu  égard  au  sens 
du  verbe  yp,  v.  Gloss.  s.  v.,  on  est  plutôt  tenté  de  considérer 

G       5 

yF^  comme  primaire,  du  moment  que  ^y>  n'a  pas  le  même 
sens.  Mais  alors  il  faut  admettre  que  cette  métathèse  se 
soit  produite  de  bonne  heure,  puisque  Xi^,  aire  pour  battre 
le  blé,  se  trouve  déjà  dans  l'A  T  z=  l'éthiop.  l'-Ci  •  y^  me 
paraît  être  une  variation  phonétique  de  Mjt.  Autres  exem- 
ples Z  D  M  G  58  p.  933.  Brockelm.  V  G  S  S  §  98.  - 
Sud  :  ij^jA^,  occasion  =  iOoj,  Nord  ;  ijy«,  2:)lanche  Dt  ■=  ha^ 
Hdr  Gloss.  s.  v.  ;  J  u^jr-j  oser,  être  de  force  «-,  Dt  =  ^wj>, 
Nord  ;  ^,  a,  monter  dans  la  montagne,  grimper  Dt.  «.;J5, 
lever  la  tête  Dt  =  Hdr  oi^  [?]  ;  cf.  ioLï  ou  ids,  sommet  ;  u;^:^, 
59,  25,  cuire  à  point  =  Nord  et  le  class.  ,i>^'i,  v.  Gloss. 

s.  V.,  comme  „%:?  et  .^s^";  1-,  et  :^,  serrer;  ,  «3>  et  ;!«/, 
se  gâter;  (J^j,  prendre  avec  une  seule  main:  une  poignée,  et 
;ji.AP,  prendre  avec  les  deux  mains;  ^^Qt  ^^,  se  heurter, 
éahhî  BBRAS  1902  p.  262;  ^,  Joù  et  ^,  maudire, 

presque  dans  tous  les  dialectes  arabes,  Doutté  T  0  p.  1 7  ;  iciù 

Dt  =  y^^,  Ildr  sobriquet,  aussi  Egypte  Vollers  W  Z  K  M  VI 
p.  172,  et  class.  ^].  La  métathèse  n'est  pas  rare  non  plus 

en   mehri  :  ^i)  j,  genou  =:  hébr.  "^;;}3,  assyr.  b  i  r  k  u ,  aram. 

Uî«-o  6t  l'arabe  &J^.  On  dirait  que  le  mot  arabe  est  déjà  une 
métathèse;  ^j,  bénir,  serait  alors,  originairement,  s'age- 
nouiller ?  Et  l'assyr.  k  a  r  â  bu?  B  a  (1  à  u  q ,  couper  par 
morceaux,   découper  =  \j^  Dt,   et  non  pas  t*i2j,  comme 

54 


792 

le  dit  Jahn  M  S  p.  167').  Elle  se  montre  très  fréquem- 
ment dans  les  dialectes  nordafricains,  Doutté  o.  1.  p.  17. 
La  langue  classique  en  offre  des  exemples  par  douzaines. 
Je  me  rappelle  ici  c>^s>\^  et  -Js^  ;  -Lui  et  ^^^^la  L  A 
s.  V.  ;  Jjui  et  iaiu  •  (jii^^.  et  ija^  et  [js:\J>  ■  ^^  et  ^^, 
Tab.  I  p.  1416,  4,  Jahn  M  S  p.  177;  ^^^  et  ^cr,  Diw. 
Hod.  Koseg.  p.  48.  Les  grammairiens  arabes  ont  souvent 
relevé  ce  fait  de  la  métathèse.  Le  livre  le  plus  remar- 
quable sur  ce  sujet  est  le  JtJu'^îj  «-Jiaiî  ^i  j'uJJî  ^  par 

Ahmed  Fâris  eéÔidyâq.  Malheureusement,  il  n'en  publia 
que  le  premier  volume,  mais  les  autres  se  trouvent  en 
manuscrit.  La  métathèse  est  d'un  intérêt  capital  pour 
bien  juger  de  la  nature  des  racines  sémitiques.  Si  Houdas, 
Précis  de  Gr.  arabe  p.  161,  n'y  attache  pas  une  grande 
importance,  il  prouve  par  là  qu'il  est  seulement  philo- 
logue, mais  nullement  linguiste.  —  La  main  droite  est  la 
plus  noble,  parce  qu'avec  la  gauche  on  se  nettoie  le 
derrière,  iL^.;;:*^! .  Le  Prophète  a  du  reste  prescrit  l'emploi 
de  la  main  gauche  dans  les  besoins  naturels,  Boh.  I, 
p.  38:  tj^4jyL.  iL^ujCv."^'  ^c  lfS^'  v^:"-  Un  '^anazî  me  dit: 


4)  fôdok,  marée,  o.  1.  p.  17G,  n'a,  au  contraire,  rien  à  faire  avec 
lAàS  ,  descendre,  usité  dans  le  Sud,  mais  c'est  une  prononciation  pour 
\Js^.  Letôr  ou  letûq,  tuer,  p.  209  et  Gr  M  S  p.  12,  est  le  sud- 
arabique  <^iJ  ['-^>*-^  ou  y$\^\j\,  jeter  [une  pierre,  une  piqiœ  sur 
qqn],  le  vjî  arabe  devenant  souvent  h  en  mehri.  Jahn  et,  d'après 
lui,  Brockelm.  VGSS  p.  270  7,  veulent  que  ce  soit  une  transposition 
de  y^.  Cela  est  faux,  car  ^Ji^    et  ^,  contiennent  la  môme  racine 

que   dans   vj^,   LJ,    ^,   ^,   ^    et   Jiî,    ^_c^   ^^>^,  ■^^, 

•j^^i  j-^,  LT-^-^j  lA-^j  f^.  La  dite  grammaire  de  la  langue  mebri 
contient  une  telle  masse  d'erreurs,  qu'il  me  laudrait  un  volume  pour 
les  corriger. 


793 

Hanna  ya  ël-^Arab  kùllsin  nësâûwîh  bil-yùm- 
ma:  nigdib  "en an  elfaras  bil-yumna,  uer-rumh 
ues-seyf  nehôtteha  bil-isâr  nneshibha  bil-yum- 
n  a.  Nous  autres  Bédoui7is,  nous  faisons  toutes  choses  avec  la 
main  droite  :  nous  prenons  la  rêne  de  la  jument  avec  la 
droite^  et  la  lance  et  le  sabre,  nous  les  mettons  au  côté  gauche 
et  nous  les  tirons  avec  la  droite.  Cf.  p.  801,8.  Le  Prophète 
a  du  reste  ordonné  aux  Musulmans  de  manger  avec  la 
main  droite,  Boh.  VII  p.  68:  ^^\^  ^Lxk!î  J^  iwM-wjdt  ^_;|j 
(j-^Li .  Une  autre  tradition,  que  je  ne  retrouve  pas  pour 

le  moment,  est  ^jy=>^  S^  ^i  l^^i^",  Moh.  Tâhir  MB  el-A. 
II  p.  182.  Voyez  sur  le  côté  droit  Boh.  III  pp.  110,  112, 
154  en   bas  et   161   deux  fois.   ''Âïsah  a  dit,  Boh.  VII 

p.  154:  ^dx>u;5  i^f^  ^j^rr^  ^  O'*^'  ^î"*^-  (--■■^''  qI^' Js  ne 
crois  pas  que  ce  soit  là  une  innovation  du  Prophète, 
car  on  a  toujours  dû  se  nettoyer  le  derrière.  Dieu  lui- 
même  ne  se  sert  que  de  la  main  droite,  Ex.  14,  8;  15, 
6,   12;   Num.   11,  23;  33,  3.  Voyez  ici  p.  758,  s  et  ss.. 

30,  15:  ifëlliu.  Je  prononçais  îflahu,  mais  mon 
"anazî  et  Moûsîi  Rârâ  disaient  que  cela  voulait  dire 
labourez  et  que  cela  n'allait  pas!  On  dit  aussi  îfhelu, 
comme  chez  Wetzstein  ZDMG  22  p.  84,  8,  Hdrp.  304, 

ici  p.  790.  On  y  répond  par  éy  ^"Jtsj. 

30,  16:  yidàrrbu  darâbi.  ioo^o,  pi.  ^<j^j>->,  boîdette 
de  quelque  chose  de  mangeable,  boulette  de  Vicia  saliva, 
'sl^jf,  et  d'orge  qu'on  emporte  comme  provisions  de 
voyage,  ^\s>-  pour  les  chameaux,  =  ^iJ^-ow,  Prov.  et  Dict. 
p.   127.   On  l'appelle  aussi  '^j^j^  chez   les  Bédouins  et 


794 

les  Hadar,  et,  sans  la  dissimilation  des  consonnes,  id^Ô, 
chez  les  paysans  de  la  Syrie.  Socin  l'a  aussi  entendu 
avec  (jij  :   'i^^y^^  Diw.  Gloss.  s.  v.,  mais  cette  forme  m'est 

inconnue.  Elle  ne  doit  pas  être  vraie,  puisque  l'hébr.  a 
rh2l ,  Ges.-Buhl  II  W  B  s.  v.,  et  nb^?"! ,  Levy  N  H  Chald. 

W  B  s.  V.,  et  M.  el-M.  et  Dozy  donnent  i^V>^j  aussi  ap- 

pelé  syo.   Les  Arabes   du  Sud  disent  jyi*j,  „mais  nous 

ne   mangeons  jamais  de  riz",   m'expliqua-t-on  !  ^.o  est 

le  dénominatif.  J^j.o  est  pour  jôo,  faire  des  boulettes, 
aussi  classique.  La  racine  est  J^jj»,  qui  est,  dans  plusieurs 
sens,   une  variation  phonétique  de  yo,  et  je  ne  sais  pas 

si  l'on  peut  ramener  xo^o  à  cette  même  racine  :  »_j.j>  = 

Jou>,   avec  métathèse  et  passage  de  J    en  ^?  J'ai  bien 

pensé  à  uj.o,   route;  mais  ii^j^o  est  boulette  en  général: 

la  voyelle  serait  alors  comme  les  classiques  j4^  et  ^}!^, 

S'S  et  ,cS><>. 

30,  17:   kabtûli.   'i^J^ ,   'petite   boulette,  pelote.   Le 
verbe  Jjo/  et  le  substantif  sont  bien  expliqués  par  Dozy. 

idb^,  rond,  en  éahhî,  BBRAS  1902  p.  208.  C'est  une 

amplification  de  ^  [J-^]»  comme  -LLj,  glisser,  de  1^\, 

qui,  à  son  tour,  est  un  développement  de  -Lj  =  ii*;,  se 
glisser-,    -^j^;,    int.,   se  faupler,  se  glisser  partout.  -Lh 

(jaJCI  j,  o^f^"^'  j''^'  '  P^'^^^^  ^^^  î^w^fa  wwcto  labitur.  Le 
développement  par  «»j  après  la  seconde  radicale  est  peu 
fréquent. 


795 

30,  18:  yisgôlha.  Mon  ms.  a  yisgolha,  ce  que 
j'ai  changé  en  yisgolha,  mais  je  n'en  suis  point  sûr. 
Le  verbe  indique  le  mouvement  balançant  qu'on  exécute 
avec  la  main  en  faisant  la  boulette. 

30,  19:  y  a  balâ"  etc.  Je  ne  l'ai  pas  traduit,  parce 
que  je  n'ai  vraiment  pas  su  comment  le  rendre  d'une 
façon  compréhensible.  Cette  locution  fut  ainsi  expliquée 
par  Slêmân  b.  Da'ûd  el-Râzî,  du  village  de  Habab  [Haurân]  : 

Iza  wâhed  ittâma""  begûlùluh  el-matal,  ya 
fil-mâl  ya  fil-àkël  ues-surb.  Mitli  ana  la  yisohh 
bf  el-matal:  lumma  sagèytani  en-nebîd  bil- 
kâs  halleyt  bigiVu  mitol  ma  "atôytani  yâh, 
hatta  ma^)  yesîr  el-matal  ""alèyyi. 

Illi  ma  biliabberûh  rab'u  uhù'  bàla  liàsab 
unàsab;  u  èlina  yal-Hawârni  ma  minkebbir 
hâlna  mitlel-mùdun. 

Si  quelqu'un  est  avide  de  quelque  chose,  on  lui  dit  ce 
proverbe,  qu'il  s'agisse  de  biens  ou  du  manger  et  boire. 
Mais  ce  proverbe  ne  s'applique  pas  à  moi,  car  lorsque 
tu  me  verses  du  vin  dans  le  verre,  je  laisse  dans  le  fond 
(du  verre)  autant  que  tu  m'as  domic  ^)  afin  que  le  pro- 
verbe ne  me  touche  pas, 

[S'applique  aussi  à]  celui  qui  n'est  pas  considéré  par 
les  siens,  étant  de  basse  origine.  Nous  autres  Haurâ- 
niens,  nous  ne  nous  targuons  pas  comme  les  [habitants 
desl  villes, 

^  me  fut  expliqué  par  i^iUi,  fente,  de  tïw,  fendre, 
ce  qui  est  aussi  classique,  hébr.  V^D.  ?  JUv^  =  oï-ry^  o-^j^j 

1)  Ou  la. 

2)  Idée  un  peu  confuse.  Il  veut  probablement  dire  qu'il  en  laisse 
la  moitié. 


796 

affamé.  Les  ^y-w  et  ^J-^^wo,  Iningrig,  abgeynagert,  de  So- 

cin  Diw.  Gloss.  s.  v.  ne  sont  donc  pas  „incertams".  Un 
dicton  bédouin  dit:  ^\jj>   1\  \jj>  ^.vJ!  Jaljl  J^  pL^)  jJ^'L 

0  zalt  salue  le  malt!   Aujourdlmi   ici  et  demain  là. 
Sur  JJU,  voyez  le  Glossaire  s.  v. 

30,  23:  gussa  bigussa.  'iSki,  les  cheveux  qui  tom- 
bent sur  le  front.  C'est-à-dire,  chacun  donnera  sa  soeur 
en  mariage  à  l'autre,  et  alors  le  o'^^v^  n'aura  pas  lieu. 

30,  27:  natt.  Joj,  o,  est,  dans  le  Nord,  se  lever 
brusquement  et  au  figuré,  se  mêler  brusquement  de  qqc, 
p.  e.  à  la  conversation,  interrompre,  =  ^i  ou  gJ^"-  Dans 
le  Sud,  c'est  se  lever,  mais  non  brusquement,  ce  qui  se 
dit  fi.  Socin  Diw.  I  N°  94  note  3  :  [!]  ^jS^U  Id  ^M,  le 

prix  du  tabac  est  monté  au  ciel  =  j.*-?^'  ^*^- 1^  0  p.  389, 

2  :  ^obCi  j,  Xij  Mu«5  oùi>  ^3,  et  il  s'avança  au  milieu 
d'eux  et  sauta  clans  le  lit.   Son  synonyme  „-JaJ  en  est 

le  développement  en  ^,  comme  S.^  et  ,j^,  peiner,  s'ef- 
forcer ;  (j^  et  ^xa,   accorder  une  faveur.  Dans  un  récit 
oneyzite   je    trouve:    v^'^    JsJ!   Jsc  q'-^^^^^  d^  ^^'-^^ 

^T=>    ù\Sj\    ^^^*^3    ^^^    ;^J    »,L*i!   ^^bJj  «^î  >-^*^  "^  (C^3  i-^y. 

Xes    cavaliers   de    Ç.  assaillire^it  les  chameaux,  et  le 


1)  Jait  =  ijj^    -yi    ^^    iCïUi  j    J^*^')    ou    id:^\*j,  manger  avec 

ayih^é    sans    mâcher,    G  0.    a_5:\JL5:Ut    ^5    J^'j    (*»^'    i5    -^j^',  i(^ 
zalt  se  /ai7  c/a/is  la  bouche  et  le  haY^  dans  Vœsophagc^G  0.'^..^^^'^ 

paraphrasé  par  ^Jv?*)  qui  est  la  partie  sous  le  menton. 


797 

jeune  homme  monta  à  cheval^  mais  il  oublia  de  réveiller 
son  père.  Il  se  rencontra  avec  les  assaillants,  et  une  at- 
taque eut  lieu  entre  eux.  ^^  me  fut  paraphrasé  par  ^oLo 

^  Cl  ■)  ^    o    ^    - 

au/  J.  stossen,  imbattersi  in  qdn.  dUàc  V;^^  liU^iIaj 
(iû/)  u^-r^^j,  Je  t'ai  rencontré  par  hasard  sur  la  route, 
j'ai  eu  dégoût  de  toi  et  j'ai  eu  peur  de  toi,  mi  sono  im- 
battuto  in  te.  Un  récit  haurânien  porte:  ^yt  '^Çp-  ^iy^-j^ 

(_^L-w^î    jj/ .   Des   cavaliers  dît   Gouvernement   vitirent 

au  devant  de  nous  et  nous  dirent:  „Oît  sont  les  permis 
de  route?"  —  Nous  répondîmes  :  j,Nous  sommes  des  Bé- 
douins, nous  n'avo7is  pas  de  permis.  Nous  avons  été 
élevés  chez  les  Bédouins  et  nous  ne  connaisso7is  pas  les 
yermis."    Le  soldat  d'interrompre:   j^Parle  au  sergent! 

w.lXJî  (J^  s^isnLLo'  "^^  ycJsf  &JJJlP,  cet  homme  est  un  rude 
gaillard,  s'ils  se  rencontrent  avec  lui  sur  la  route  •=im- 
battersi  in,  zusammenstossen  mit,  expliqué  par  «yuLaj'. 
Autre  exemple  ici  p.  472,  3  d'en  bas.  Hataf  lôhsêni 
mhêt  éâebîke  uéâf  rôràl  hoslân  yitnattah 
dâhilhe,  der  Fuchs  kam  an  dem  Netze  vorilber  und 
sah  den  %  Ta  1  gefangen  und  sich  darin  herumschlagend, 
RO  p.  297,  6.  ^.\*ki  est,  chez  les  Bédouins  de  la  Syrie, 
adversaire.  Winn  gennàbet  ''anniumgènnib''an 
natîhak,  et  si  tu  m'évites,  tu  éviteras  aussi  ton  adver- 
saire, récit  de  Hotrôbî,  ""anazî.  Dans  le  Sud,  ^^ki  a  seu- 
lement le  sens  de  donner  des  coups  de  corne,  comme 
dans  la  lurah.  Mais  c'est  là  une  trop  grande  restriction. 


798 

et    I.    Sidali    dit,    LA    s.  v.  :    liVJLiiXwvo  U  ^Uiî^  -v^' 

(AxjiaI!  <Si=>.  C'est  donc  exactement  l'allemand  auf  ehoas 
oder  Jemand  stossen,  mit  Etioas  oder  Jemand  zusammen- 
stossen  et  l'ital.  imbattersi  in  ou  abbattersi  in.  Dans  le 
sens  figuré  ^'interrompre^  il  correspond  exactement  au  sué- 
dois   /a/Za    in.  Un  autre  développement  de  i^i  est  le 

""omânais  ^^  ^)  :  y?^'  v^j  ^^  heurta  la  jarre  R  0  p.  333, 

2.   u>o!    w.^Lù:oc    "^î   (iVjJaj    Lo   ^^^    wir  tun  deiner  keine 

Erioàhnung,  du  drângst  dich  nur  selbst  heran  R  0  \:).  22] , 
9  d'en  bas.  Faut-il  considérer  le  nordafricain  i^i,  scnder, 
Stumme  M  G  T   Gloss.   s.  v.,   comme  un  développement 

de  Jai  ou  de  ^■^),  Hçlr  Gloss.  s.  v.,  Haffner  AL  p.  161? 

Cf.  (jr'j,  (j^iiJ,  nordafr.,  et  j>lj,  se  lever.  La  métathèse  ^^ 
a  un  sens  analogue  : 
_5^w<^Jî  ii>J-o,  la  pierre 


iôXJ!    ojjj ,  la  balle 


a  fait  un  bond,  a  sauté  en  l'air. 


jjlL.,  et  iji^,  intr.  jaillir,  rejaillir,  gicler  Dt.  Pour  d'autres 
développements  de  ^,  ^  et  ^J^,  voyez  le  Glossaire. 

31,  5:  galbu  wâgid  "aleyha  mitël  et-taub  el- 
bâli  est  une  locution  bédouine  dont  l'analyse  m'échappe. 

31,  8:  in  l.iâlan.  Cet  ^1  est  le  classique  'Sy^'i  ^^, 
Wrigth  Gr.3  I  p.  293,  Reckendorf  SVp.  574  et  s. 

1)  Dans  notre  dialecte,  ^«,^I2j  est  arracher  les  poils  =  \«Àxj,  varia- 
tion phonétique.  Cf.   «iij,    JJai,  arracher. 

2)  Cf.  j*-J,   sauter,   Sud,  et  r*-^^^,  Nord,  Socin  Diw.  Gloss.  s.  v. 


799 

31,9:   u  ah  ad  et   sauha.   La  continuation   du   récit 
■^anazî  p.  351  est:  iC:>^^  ^L\jj>)  l.^*i:>  JJjt  J^t  LiiAî!  o.L-jj 

U:>-Lwl5  Loy  (j:-"-:^^  Jy^L"'   ^^   soir  avait  déjà  commencé; 

nous  laissâmes  passer  une  partie  du  soir  jusqu'à  ce  que 
nous  nous  fussions  fortifiés  et  reposés.  B  a%  t  n  i  r  a  s  û  1  "a  1  a 
Gudeyda  waljàttli  sôha  bil-mi^âd  u  mantanèyt, 
tagûl  enta:  Slêmân  ma  àga  uterîd  tetèyyir 
ë  z  à*^a  1  a  k  b  f .  Ta  m'as  envoyé  comme  messager  à  ôudeydah, 
et  j'ai  tardé  à  l'heure  fixée  et  je  ne  suis  pas  revenue.  Tu 
dis  alors  :  „S.  n'est  pas  venu",  et  tu  épanches  ton  courroux 
contre  moi,  Haurân.  Le  mot  me  fut  ici  expliqué  par  j4^. 
Yôm  rârat  el-''ôyûn  rârat  el-morîri  waràha, 
uyôm  Ijadu  sôha  tësalbat  el-Hôtrôbi  dahr 
èfrôsuh  uramàhha.  Lorsque  les  éclaireurs  coururent 
en  avant,  le  corps  principal  courut  derrière  eux.  Lorsqu'ils 
se  furent  un  peu  éloignés,  H.  s'clança  sur  sa  jument  et 

la  fit  partir  au  galop,   récit   ""anazî   de  Hôtrôbî.  ôoVi-f, 

^^^  'iL^-y::^  tu  as  pris  le  devant  sur  moi,  "^anazî.  dVi  ^..^ 

JLxj;5  ':ij>»r^,  absente-toi  un  moment  et   revieiis,  Haurân. 

,_cJb-  0.5,  iè^jJi  ^^yj^  <^J>,  il  s'enfuit  loin  de  moi  pendant 

quelques  moments  et  me  rejoignit  ensuite  de  nouveau, 
Haurân.  ic=>^  oAi>î,  cela  prenait  quelque  temps,  ou  le 
verbe  est  impersonnel  pour  nous,  mais  où  les  Arabes 
sous-entendent  LoiAJ!.  Le   mot  en  question  me  fut  sou- 

vent  expliqué  par  ioyi,  un  peu.  J'en  ignore  le  sens  pri- 
mitif, de  même  que  son  origine.  Il  n'est  usité  que  chez 
les  Bédouins  de  la  S'yrie  et  les  Hauraniens.  C'est  sans 
doute  un  mot  syriaque.  Le  verbe  _U,  0,  existe  en  Syrie  : 


800 

^JLc  «iSt-  lilj  t^c^  ^^j^j^,  mes  yeux  roulaient  pe7idant  que 

je  le  regardais.  —  ^J^ :  *.==>^.  V^'  j-f-  p^'f^^^.  ^-i?  lorsque 
celui  qui  lève  le  drapeau  appelle  au  secours^  il  le  brandit, 

"^anazî^).  ~.y^,  se  rouler  une  is^.y^>  ceinture^  autour 
de  la  taille,  selon  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  94  N°  17 
et  p.  130;  cf.  Dozy  S..  Le  J^  de  Dozy  est  le  dénomi- 

natif  de  ié>^,  car  on  dit  x^>j^'!  ^ha  {J^.^  courir  comme 
le  milan  (?),  Syrie. 

31,  11  :   Observez    m  i  n  h  u  =  \^.    M  i  n  n  e  h  ou  m  i  n- 

n  u  h  est  plus  commun. 

31,  13:  Sâbîteyn.  ■^\^=^  GO. 

31,  14:  bisâht  pour  iC:>Uo. 

31,  26  :  ô  s-s  h  à  g  a.  iL>v.swlt  est  la  vraie  forme,  de  ^^i^*, 
danser  Za  sahgah.  Wetzstein,  ZDMG  22  p.  105  N°  45  et 

Die  Lieb.  v.  Am.  p.  136,  dit  que  c'est  pour  iCfi:^u«,  déjà  corrigé 
par  Vollers  Z  D  M  G  49  p.  506  note  1,  et  Dalman  P  D  p.  295 
note,  mais,  malgré  cela,  Hartman  écrit  encore  ZDMG  51 
p.  199.  s  a  h  q  a.  Vollers  dit,  o.  et  1. 1.,  que  „-;^:^ww,  danser,  est 
à  T\,  comme  iUJlw  à  ^'é  et  ,;>^  à  Jj>."  Il  faut  alors  aussi 

le  comparer  à  ^o».  Wetzstein  o.  et  1. 1.,  compare  l'hébr. 


1)  ic  =  «i .  GO.  _.yi=  i?GO.  L'iiomme  est  appelé  r^y*^  ou 
Pf^i  (l^i  appelle  au  secours:  slXjS^ajL  (__coLâj.  Termes  de  gueri'e 
chez  les  Bédouins  de  Syrie.  Dans  notre  dialecte,  c.  y^,  est  lever  en 
l'air,  sans  agiter:  j^^-^JoLi    p  v^,  il  leva  la  cJiaise  en  Vair, 


801 

pnï',  au  Pi.  :  danser,  mais  le  t'  donne  à  penser,  et  Buhl 
ne  l'a  pas  non  plus  adopté;  je  crois  avec  raison.  Voici 
comment  on  la  fait,  dialecte  de  Hauran:  Yisoffûn^) 
er-rigâl  migdâr  saba'^în  tâmanîn  ezlemi,  uyi- 
gotbùn  hàlàga,  uyigaddimu  er-rigël  el-yèsra, 
uyehannûn  guteyme^)  ed-dahr  uyusaffigùn 
bil-àyâdi  uyenahhùn,  uelbânàyya  eP)-neémiyë 
bil-wast  sâhbi*)  seyf  biyèddha  el-yumna  utar- 
fa*^  drâ'èyha  utàTab  bis-seyf  utetmâyal  utet- 
gassa*^  utùrgus  utezarrit.  Uhêlè  yidfiwimûn 
lihadd  tâli  el-leyl. 

Les  hommes  se  rangeait  en  ordre,  environ  soixante- 
dix  ou  quatre-vingts  individus,  qui  forment  un  cercle. 
Us  avancent  le  pied  gauche  et  ils  courbent  un  peu  le 
dos,  en  battant  des  mains  et  en  disant  he!  he!  he!, 
tandis  que  la  jolie  fille  est  au  milieu,  le  sabre  tiré  à  la 
main  droite;   elle  lève  les  bras  en  jouant  avec  le  sabre; 


1)  Même   construction   Boh.   II   p.   85,  7:  s^L^    y^Lu!    v-àoj,  les 
fidèles   se   mirent    en    rang    derrière   lui  [trad.  I  p.  343],  et  ibid. 

p,  59,  d.  1.:  ^i"*^^  '^'j^  LxàÀAa^i  nous  nous  mimes  en  rany  derrière 
lui  etc.  [trad.  I  p.  381].  Nous  devons  le  traduire  ainsi.  Le  verbe  est 
donc  intransitif,  ce  que  nos  dictionnaires  europi'^ens  n'ont  pas  relevé. 

2)  ^♦*^"%    dim.    de    '!Ulai.    Qâl:  wus  beddilï    bî'i?    Gâlètlu: 
waggif  li  gutma,  Il  dit:  Que  me  veux-tu?  Elle  dit:  Reste  donc 

o 

un  moment,   Haurân.    Paraphrasé   par   iCcLw,    un   moment,  et  iCàio, 

un  peu.  C'est  un  mot  haurânien,  de  *iiJ,  couper.  X»ÎV')  est  donc 
morceau.  Cf.  le  franc,  un  bout  de  temps- 

3)  Ain.si  prononcé  et  non  en.  .l'ai  souvent  constatr  dans  le  IJaurân 
la  non  assimilation  de  l'article  avec  la  consonne  suivante. 

4)  En  non  sahbi,  =  Xa:>L«. 


802 

die  se  dandine^  minaude  et  danse,  en  looussant  des  trilles 
de  joie.  On  continue  ainsi  jusqu'à  la  soirée  avancée. 

Ce  n'est  pas  toujours  une  femme  qui  est  au  milieu; 
il  y  a  souvent  aussi  un  homme  et  aussi  un  homme  et 
une  femme  ensemble.   L'un   ou   l'autre  s'appelle  ^^'■^, 

Wetzstein,  o.  et  1.  1.,  a  donné  une  jolie  description  de 
la  sahgah.  Je  l'ai  souvent  vu  danser  et  je  possède 
une   's.^^^^^  aAx;^')   de   plus    de    cent    vers,    dûment 

notés  et  commentés.  Quelqu'un  qui  ,*^'!  A>^,  s'entend 
à  la  poésie^  la  chante,  invente  souvent  et  ajoute  des 
vers   à   la   qasîdah    en    vogue.   Les  danseurs,  i^>'^^, 

chantent  après  chaque  verset  j^^'Lo  [i  ^^J''^  l?,  qui  est  le 
refrain  de  toutes  ces  chansons  populaires  dans  toute  la 
Péninsule,  Dalman  P  D  p.  303,  Hdr  pp.  286  et  326. 
Lorsque  le  ^_£^^>  est  une  femme,  elle  ne  chante  pas, 
mais  lorsque  c'est  un  homme,  c'est  lui  qui  chante  la 
qasîdah.  Pendant  qu'il  chante,  on  ne  frappe  des  mains 
que  très  doucement,  afin  de  ne  pas  couvrir  la  voix  du 
chanteur,  qui  se  tourne  en  rond  en  battant  des  mains 
et  en  faisant  des  génuflexions.  Les  danseurs,  collés  les 
uns  contre  les  autres,  ne  font  qu'un  petit  mouvement. 

La  femme  brandit  le  sabre  pour  se  défendre  d'être 
touchée,  soit  par  l'homme,  soit  par  un  danseur,  car  on  doit 
tficher  de  la  toucher  avec  la  main,  B  B  p.  113,  Wetzstein  die 
Lieb.  V.  Amasia  p.  136.  Wetzstein  dit,  Z  D  M  G  22  p.  106, 
que  le  mètre  est  mûstêfMlûn  -i  fois.  Dans  la  longue 
qasîdah  que  j'ai  devant  moi,  le  mètre  est--i--i--i--, 


i)  Wetzstein,   o.  1.    p.    106,  se  sert  de  ^-\v^  comme  un  singulier, 
mais  c'est  un  pluriel,  de  même  que  dans  la  knali. 


803 

c'est-à-dire,  8  spondées  par  hémistiche,  avec,  par  ci,  par 
là,  un  ïambe  ou  un  trochée.  L'accent  est  tantôt  sur 
la  première,  tantôt  sur  la  dernière  syllabe  du  pied: 
_i  ou  -1,  selon  l'intonation  prosaïque  des  mots,  comme 
dans  la  poésie  classique.  La  même  rime  â  t  parcourt  toute 
la  qasîdah,  où  chaque  vers  a  deux  hémistiches.  Les 
deux  premiers  riment  ensemble.  Je  ne  possède  pas  une 
seule  qasîdah  où  le  mètre  soit  mûstêfilûn  d'une 
façon  permanente.  Le  pied  mustafilûn  est  tout-à-fait 
inusité  pour  les  qasîd  de  la  sahgah.  La  sahgah 
correspond  à  la  samrah  du  Sud,  v.  le  Gloss.  s.  h.  v. 
Pour  plus  de  renseigments,  on  lira  Dalman  P  D  p.  295 
et  s..  Il  y  donne  des  qasîd. 

32,  4:  Uistalamu  el-^arîs  ahl  el-^arûs;  la  leçon 
est  juste  :  la  famille  du  fiancé  reçoit  la  fiancée. 

32,  8:  yisumdûha,  aussi  prononcé  yisamdûha. 
Jujo  me  fut  expliqué  par  ^^,  parer,  onzer.  La  définition 
de  M.  el  M.,  rapportée  par  Dozy,  est,  comme  c'est  si 
souvent  le  cas,  erronée,  en  tant  qu'elle  ne  renferme  que 
le  dernier  acte  d'attifement  de  la  mariée.  Amma-n-nis- 
wân  bùsumdu  l-'^arîs  gamb  il-^ârûs,  Die  Fraiœn 
aber  setzen  Bràutigam  uncl  Braut  nehen  einander, 
Littmann  NAVP  p.  21,  11.  Je  crois  que  cette  phrase 
n'est  pas  à  sa  place  dans  le  texte,  et  la  traduction  de 
mon  savant  ami  est  influencée  par  l'inexacte  définition 
de  M  el-M  et  sa  traduction  chez  Dozy.  C'est  le  syriaque 
jl£  ,  attacher,  lier,  hébr.  iDiJ,  assyr.  samâdu,  si  m  du, 

bandage,  Winckler  G  H.  Gloss.  p.  110.  La  i;kiiLo,=:  iC:^. 
du  Sud,  attache  la  '^Sujo  à  la  tête  do  la  fiancée,  soit  lo 


804 

JJli't.  C'est  bien  là  l'idée  première,  qui  s'est  ensuite 
étendue  à  l'attifement  tout  entier.  soL«jo  n'est  pas  le  nom 
du  voile  nuptial,  mais  celui  du  fichu  que  les  Bédouins 
se  mettent  sur  la  tête,  mot  employé  dans  toute  l'Arabie, 
Snouck  Mekka  II  p.  53,  v.  d.  Berg  le  Hadhr.  p.  99, 
Vollers  Z  D  M  G  49,  p.  506.  Les  personnages  de  distinc- 
tion le  mettent  aussi,  et  dans  le  Sud  3ou>o  est  un  Jl<-wJ> 

plus  élégant. 

32,  11  :  u  m  m  e  1-f  a  1  â  f  î  1  i.  On  ne  savait  bien  expliquer 
cette  locution.  „Ca  vient  de  jiis,  qu'on  met  dans  le 
café,"  m'assura-ton,  „et  c'est  pour  plaisanter."  C'est 
peut-être  une  erreur  pour  fanAgil,  pi.  de  JL>oLs,  petite 

tasse.  —  »^t  J^'j^)  tous   les   ustensiles  du  café.    Dans 

tout  le  monde  arabe.  —  ^Ai,  n'est  (qu'enfant  mâle.  —  L\Jb>, 
n.  gen.,  les  hreUs  qui  ne  donnent  pas  de  lait.  Le  bédouin 
"anazî  me  l'expliqua  par  :  ^  "%  0*^5!  L^  Lo  ^Jî,  ce  qui  est 
exactement  la  définition  d'elôaubarî, 

32,  23:  Sab'^at  àyyâm.  Ces  sept  jours  qu'elle  doit 
rester  dans  la  burzeh  proviennent  d'une  ancienne  cou- 
tume, I  Sa'^d  VIII  pp.  63,  21,  64,  ci,  65,  4,  11.  Laban  dit 
à  Jacob:  complète  avec  elle  la  semaitie.  Les  noces  durent 
aussi  sept  jours,  et  Winchler  A  S  0  p.  25  a  bien  raison 
d'y  voir  un  motif  mytho-astral.  Cela  était  aussi  le  cas 
dans  le  temps  préislamique.  Wellhausen,  Ehe  p.  442,  dit 
que  ^L^  est  même  fête  de  mariage  parce  qu'elle  dure 
sept  jours,  et  il  cite  KA  II  p.  162,  14;  XII  p.  145,  2; 
XVm  p.  209,  2;  XIX  p.  181,  17  et  ss.  ;  Gen.  29,  27. 
Dans   ces  passages,  les  sept  jours  de  noces  sont  men- 


805 

tionnés,  mais  non  le  mot  ^L-w.  Quant  au  sens  de  ce  mot, 
Wellhausen  est  dans  l'erreur.  Selon  LA  X  p.  12,  cLa«, 

sur  la  forme  pU:>  —  iJL«  =  ^JL^là^  —  veut  dire  ;;L*=>,  coït, 

et,  selon  quelques-uns,  se  vanter  d'avoir  beaucoup  coïte\ 
L  A  ibid.  et  Moh.  Tâhir  M  B.  el-A.  I  p.  89.  C'est  une 
expression  obscène,  défendue  par  le  Prophète,  et  le  mot 

ne  vient  pas  de  ^^,  sept,  mais  de  x^,  bête  fauve,  c'est- 
à-dire    „viehmâssig."   Si   cLav  signifiait  les  sept  jours  de 

noces,  le  Prophète  n'aurait  pas  défendu  ce  mot,  car  il  a 
prescrit  le  ,<.>u-wà'  ou  les  sept  jours  de  lune  de  miel  qu'on 
doit  consacrer  à  une  vierge,  comme  le  ^.li^JLo',  les  trois 

iours,  pour  une  ^^■,  femme  qui  a  déjà  été'  mariée.  Mo- 
hammed n'a  pas  sanctionné  cette  coutume  de  festoyer 
pendant  sept  jours,   ce  qui  ressort  du  Boh.  VII  p.  24: 


7. 


Ce  texte,  qui  n'offre  pas  de  difficultés  au  point  de  vue 
de  la  langue,  est  très  intéressant.  Ce  pacte  de  mariage 
dans  le  Hamâd  est  tout  naturel.  Les  distances  entre 
les  campements  y  sont  grandes;  personne  n'y  sait  lire 
et  écrire,  et  il  est  impossible  d'y  trouver  un  hatîb.  Un 
hatîb  figure  bien  dans  notre  texte,  mais  on  peut  s'en 
passer.  On  s'éloigne  un  peu  du  campement  et,  se  tenant 
par  la  main,  on  se  marie  „sous  l'œil  de  Dieu."  La  pro- 
messe solennelle  d'être  mari  et  femme  suffit. 

Wetzstein,  Z  D  M  G-  XX  p.  109  note,  rapporte  une 
version  un  peu  différente: 

Anî   wâqif  'alâ  hager  uhî  wâqifa  ""alâ  hager, 
Fulâna  illî  mar^a  wanî  lêhâ  deger, 
'Alâ    sunnat   Allah    wurësûluh,    wishad,    yâ 

[rabb  el-beser! 

Je  ne  sais  qui  lui  a  fourni  cela,  car  ce  texte  est  fautif. 

Çager^)   pour  hagar  est   une  monstruosité,  de  même 


1)  Il  est  inconcevable  que  Wetzstein,  ZDMG  22  p.  IGS,  puisse 
avancer  que  «toutes  les  tribus  des  "Anazeh  prononcent  le  —  comme 
les  Saxons  le  g  dur  dans  Gabe."  Guthe,  ZDP-V  12  p.  229,  répète 
cela,  sans  citer  W.,  disant:  »Le  bédouin  syrien  le  prononce  comme 
notre  (saxon)  g  dans  Gabe."  Pendant  vingt  ans,  j'ai  fait  des  recherches 
à  ce  sujet,  et  souvent  l'assertion  de  W.  a  été  discutée  avec  des 
Bédouins,  mais  jamais  je  n'ai  réussi  à  découvrir  le  fameux  "g  dans 
Gabe."  Ce  qu'il  y  a  de  sûr,  c'est  que  les  nombreux  'Anazeh  que  j'ai 
fréquentés   n'avaient   pas  cette   prononciation.  Socin,  Diw.  III  §101, 


807 

que  deger  pour  dakar.  Wetzstein  considère  ce  récit 
comme  un  mythe.  Selon  lui,  ce  sont  „des  racontars  qui 
proviennent  de  la  haine  des  paysans  contre  leurs  op- 
presseurs", les  Bédouins.  Bien  avant  d'avoir  lu  l'article 
de  Wetzstein,  j'avais  pris  note  de  ce  genre  de  mariage. 
Pendant  vingt  ans,  la  cérémonie  ci-dessus  m'a  été  maintes 
fois  confirmée,  non  seulement  par  des  paysans  de  Haurân, 
mais  aussi  par  des  Bédouins  de  différentes  tribus.  Au 
moment  où  j'écris  cette  note,  dans  le  village  de  Habab, 
le  20  Octobre  1894,  j'ai  autour  de  moi  plusieurs  Bédouins 
de  Satâm  et-Tayyftr,  chef  des  Wuld  "Ali  des 'Anazeh, 
plusieurs  auti'es  d'el-Legâ'  et  quelques-uns  des  Ruwala. 
Je  viens  de  leur  lire  la  note  de  AVetzstein,  et  ils  sont 
indignés  de  ce  qu'on  a  pu  „démentir  une  chose  qui  est 
tellement  connue  de  tout  le  monde  et  pratiquée  dans  le 
Hamâd",  pour  me  servir  de  leurs  propres  termes.  Et 
pourquoi  les  paysans  auraient-ils  intérêt  à  inventer  une 
chose  pareille? 
Le  rôle   du   hatîb,   s'il   y  en   a,   se  réduit  à  peu  de 

chose:   il   doit   écrire  Vade  de  mariage,  LXaxJî.  N'importe 
qui    peut   le   faire,   et  j'ai   moi-même  fait   fonctions  de 


dit  qu'on  l'entend  qqf.  et  il  renvoie  à  l'observation  de  Euting  Tagbuch 
I  p,  53.  Personnellement,  je  ne  l'ai  jamais  entendu,  excepté  chez  les 
'Omâniles  et  dans  quelques  cas  particuliers  dans  le  Sud,  exposés  p.  353 
note  4.  Mais  je  sais  que  les  Béni  Harb,  entre  Mekka  et  el-Medînali, 

prononcent  g  Les  nombreux  individus  d'el-Gauf,  '^y:f\^\,  que 
j'ai  rencontrés  dans  le  Ilaurân,  même  à  Damas,  n'ont  jamais  eu 
cette  prononciation.  Et  l'homme  qui  a  fourni  les  chansons  à  Wallin 
était  d'el-ôauf.  Notre  science  d'aujourd'hui,  l'exactitude  de  nos  péni- 
bles recherches  actuelles,  sont  bien  autres  que  celles  fl'un  Bui-cklnudt 
ou  d'un  Wallin,  quelque  mérites  qu'aient  ceux-ci.  Toutefois,  je  dois 
dire  que  Euting  m'a  assuré  qu'il  a  entendu  dans  le  Gauf  le  — 
comme  g,  et  son  témoignage  ne  m  est  pas  suspect. 

65 


808 

hatîb,  étant  la  seule  personne,  sachant  lire  et  écrire, 
à  plusieurs  lieues  de  distance.  Je  ne  crois  pas  que  l'amour 
des  deux  contractants  fût  plus  sanctionné  par  mon  grif- 
fonnage que  par  la  poignée  de  main  donnée  „devant  la 
figure  d'Allah,  au  milieu  de  la  grandeur  de  la  solitude 
du  llamàd."  Si  le  mariage  est  facile  de  cette  façon, 
le  divorce  Test  aussi.  Les  Musulmans  considèrent  certai- 
nement  ce  mariage  sub  Jove  comme  nul  et  non  avenu, 

car  pour  eux,  il  faut  le  Aai.  C'était  là  aussi  la  coutume 
dans  toute  l'antiquité  sémitique.  Le  code  de  Ham- 
mourabi  dit  §  128  de  l'édition  de  Winckler:  summa 
awelum  assatam  ihuz  ma,  riksatisa  la  iskun, 
ameltu  sii  ul  assat,  si  un  homme  prend  une  femme, 
mais  ne  conclut  pas  un  pacte  avec  elle,  cette  femme  n'est 
pas  une  femme  mariée. 


8. 

36,  19:    ^.-xûiLjt.    Nous   lisons    darfs  BoMrî  V  p.  175: 

e^  je  îwe  suis  plainte  au  Messager  de  Dieu,  qui  me  dit: 
,,Défais  les  cheveux  de  ta  tête  et  peigne-les.  Il  est  inté- 
ressant de  constater  que  la  locution  existe  encore.  Elle 
ne  figure  pas  dans  les  dictionnaires.  V.  ici  p.  815,  iv.  Dans 
notre   dialecte,   on   dit   Jo,    o,   ici  p.  718  note  5.  (j-^oj  y 

est  délier  ce  qui  est  lié  :  ,jju1\  jJk=>  \jaio,  délier  la  charge 
du  chameau,  contr.  de  3^.  ^jkJ^\  ij^^j,  délier  la  chaus- 
sure (pluriel). 

37>  2:  vSdI~>;  3:  sllxi\,  ^.cL]  et  \a3.>;  5:  x^L^.,  où 
ah  est  pour  ha,  Socin  Diw.  III  §149.  Le  suffixe  masc. 
est  uh,  eh. 

37,  6:  ^Jzn^-^}]. 

37,  8:  ^er*^-  Lf*  récit  de  'Oneyzah  rapporté  p.  491  et  s. 
continue   ainsi:    ^^î  JL^Jt  (^-^'^3  C)""*^^^^^  ^  "^f^^  '^i^-î 

ÔJ>[>  j4-^'  'A-cLi  iC^Jo  ^,:,4«*.i:it  ^\  ^Lliiî^  xo^Jt  __5-  j^ 
•  y>'Li     ^J^     M  S-   uVxLi   (Ai>î    p^'^-j-S    •;-*— îî   î>*^5    *>■  ■*..^   «JOs^ 


1)  =.^oJ. 

Cl 


810 


^o-c 


:A_^    x<.:y-    c>^'^.a^^'i    *^    i^!^'»    ,  c**^    A=>L    '*jL> 

iJLw  o"^  Aiij.  Ze,9  Bédouins  firent  une  razzia  contre  les 
Qahtân,  et  l'homme  qui  était  le  mari  de  la  femme  fut 
tué.  Selon  toute  vraisemblance,  c'était  ÇâHd  qui  avait  causé 
sa  mort  afin  de  prendre  sa  femme.  Aussi  QâHd,  lorsque 
ceux  du  r  a  z  u  revinrent  dans  leurs  familles,  prit-il  la  femme 
dès  le  lendemain.  On  fit  venir  un  Huteymî,  qui  les  maria. 
Cette  femme  resta  chez  QâHd  quelques  années. 
Dans   le  Negd  et  les  tribus  bédouines,  la  fille  n'a  pas 

de  jyjS'.,   et   l'on  y  prend  pour  dU^  un  Huteymî,  car  il 

est  honteux  pour  un  Bédouin  de  faire  ce  métier. 

Ces  Huteym  '),  pi.  Hitmân,  semblent  être  répandus 
dans  toute  l'Arabie  septentrionale.  Burckhardt,  Reisen  in 
Arabien,  Weimar  1830,  p.  585.  Dans  Beduinen  und  Wa- 
haby  Weimar  1831  p.  316,  il  dit,  en  énumérant  les 
Arabes  de  la  province  esSerqîeh  en  Egypte:  „0n  trouve, 
de  cette  nation  très  répandue,  des  individus  dans  toutes 
les  parties  de  l'Arabie.  Une  partie  considérable  de  cette 
tribu  est  allée  jusque  dans  la  Haute-Egypte  et  campe 
au-dessus  de  Qus  et  Qoft  ou  Koptos."  Ensuite,  Wellsted, 
Reisen  in  Arabien  Halle  1842  p.  20,  les  trouve  aussi 
bien  sur  la  côte  arabique  que  sur  la  côte  opposée.  Ils  y 
exercent  le  métier  de  pêcheurs,  et  c'est  pour  cela  que 
Burckhardt  les  considère  comme  les  descendants  des 
Ichtyophages  de  Diodore,  La  description  de  celui  ci  con- 
vient en  effet  beaucoup  à  ces  pêcheurs,  [voyez  o.  1. 
p.  204  note].  L'auteur  du  Périple,  éd.  Fabricius  §  20,  dit 


1)  Dans  Bnickhardt,  Bed.  und  Wali.  p.  100  note,  l'éditeui-  a  écrit 
incoirecteincnt  ^^,_*-yJ>,  ce  qui  a  donné  H tôm  dans  Baedeker  Syrien' 
p.  170,  et  Hitrni  chez  v.  Oppenheim,  Vom  Mittelmeer  II  p.  118  note. 


811 

presque  la  même  chose.  Wellsted  trace  un  triste  tableau 
de  ces  Huteym,  pauvres  et  méprisés  par  les  Bédouins, 
et  il  prétend  que  Burckhardt  les  a  décrits  sous  un  jour 
trop  favorable.  Doughty,  Travels  in  Arabia  Déserta,  en 
parle  beaucoup,  (v.  Index  s.  v.).  La  peinture  qu'il  en  donne 
n'est  pas  en  leur  défaveur:  hospitaliers,  entreprenants, 
éleveurs  des  meilleurs  chameaux,  II,  p.  219,  et  possédant 
beaucoup  de  menu  bétail  I  p.  280.  Ils  ne  sont  pas  considé- 
rés, comme  n'étant  pas  de  la  race  arabe,  I  p.  282,  II  p.  65, 
et  encore  moins  comme  Bédouins,  I  p.  282.  Ils  sont  moins 
honorables  que  les  Bédouins,  p.  268.  Doughty  II  p.  231 
en  mentionne  les  subdivisions,  mais,  vu  la  transcription 
fantastique  de  l'auteur,  il  est  difficile  de  les  débrouiller. 
Charles  Huber,  Journal  d'un  voyage  en  Arabie  (1883  — 
84)  p.  206,  trouve  des  Huteym  à  Hâil.  Il  nous  raconte 
ceci  :  „0n  ne  les  appelle  jamais  ni  Arabes  ni  Bedou, 
mais  on  les  appelle  toujours  ou  Htéîm')  ou  du  nom 
générique  Hetmân.  Les  Serarat  sont  des  Htéîm  de  la 
tribu  Resaîdeh.  Les  Htéîm,  de  même  que  les  Çlèb,  leurs 
pareils,  sont  tous  de  très  bons  tireurs  et  tiennent  le 
fusil  fort  en  honneur,  ce  qui,  du  reste,  est  pour  eux  une 
nécessité,  car,  comme  ils  ne  jouissent  pas  de  la  même 
immunité  que  le  Çlèb  et  qu'ils  font  des  raz ou,  de  même 
qu'ils  sont  obligés  d'en  subir,  il  ont  besoin  de  se  familia- 
riser avec  cette  arme.  Ils  possèdent  des  fusils  célèbres 
qui  ont  un  nom,  toute  une  généalogie  et  une  histoire. 
Lorsqu'un  de  ces  fusils  sort  d'une  famille  pour  être  vendu, 
il  atteint  des  prix  toutàfait  extraordinaires  de  100  et 
200  megîdy  et  même  plus.  Et  ce  sont  toujours  des  fusils 


1)  Cela  doit  cire  Ihiteym,  llulêm,  (**>^! 


^ 


812 

à  mèche"  ').  Le  dernier  qui  se  soit  occupé  des  Huteym 
est  V.  Oppenheim *),  Vom  Mittelmeer  etc.  II  p.  llSDote 
3,  mais  il  écrit  incorrectement  H  item.  Il  les  appelle, 
quoiqu'avec  un  point  d'interrogation,  „de  vrais  tziganes"  ^). 
Rien  de  plus  faux.  Curtiss,  Ursemitische  Religion,  Leipzig 
1903,  p.  46  note,  parle  aussi  des  Hitmân,  mais  tout  en 
passant. 

Pour  finir,  je   citerai  ce   que   feu   'Abd  Allah  Mizyad 
de  "^Oneyzah  me  dicta  sur  ces  tribus  intéressantes:*) 

eC^    ^^    y-^^3  -  lO-^3)    tj=^\v^_;3    ^5^-^-5    Lf"^-^    L'^'*"^'^"^^ 

"^^o'lP  (*-*-^3   ^-j-aIa^jL,   io^^   L*'^    •n^'*^'   '^'^   0*3^^-5  ^'-'^ 

i^-LxJ  j^3  js^j)  ^^=j^.  ^j!^  ^y^  ^"^  f^  or^f^- 

J^"^  l^JàsLo  lX_;_c  ^^  oA;-^!  q^ïj:^.  ^->^  er»(    .oOJ-yb 

'o       w  +i,  o 


1)  Absolument  comme  dans  l'Arabie  du  Sud,  où  les  fusils  basant 
ont  des  noms  et  atteignent  des  prix  de  400  à  600  réaux.  Cette 
ressemblance  de  mœurs  est  à  enregistrer. 

2)  Ou  celui  qui  a  écrit  l'article:  Hartmann  ou  Moritz? 

3)  Cela  doit  provenir  de  Doughty  I  p.  280,  qui,  en  parlant  des 
Çalabah,  dit:  »and  the  Solubba  (bave  food  enough)  of  their  hunting 
and  gipsy  labour:  for  they  are  tinkers  of  kettles  and  menders  of 
îirras,"  4)  Voyellement  selon  la  prononciation. 


813 

La  classe  la  plus  basse  des  Arabes  est  formée  des 
Hitmân,  des  Salab,  des  Halawîyeh,  des  Raéâi- 
dah  et  des  "^Awâzim.  Le  singulier  en  est  Hëtêmî, 
Slùbî,  Hlùwî,  Rasîdî  et  ^Azmî  {tous  des  noms  pour 
la  même  chose).  Quant  aux  Easâidah  et  aux  ""Azâimah^), 
ils  ne  mangent  pas  la  bète  crevée  qui  n'a  pas  été  tuée 
d'une  façon  rituelle  et  ils  ne  sont  pas  artisans.  Ils  font 
la  razou  comme  les  Bédouins^).  Quant  aux  Halaicîyeh, 
aux  Salab  et  aux  Hitêm,  ils  sont  toujours  dans  la  cam- 
pagne et  ne  viennent  pas  dans  les  villes.  Ce  sont  des 
ouvriers  en  fer,  et  lettr  fer  est  extrait  des  pierres  de  la 
montagne.  Les  Bédouins  les  respectent  comme  inviolables. 
Ils  ne  les  prennent  pas  et  ne  les  attaquent  pas,  parce 
qu'ils  leur  font  les  choses  nécessaires  en  fait  de  fer s-à- cheval 
et  d'ouvrages  des  rênes.  Leur  nourriture  consiste  princi- 
palement en  viande  de  gazelle,  et  leur  habillement  est  en 
peau  de  gazelle,  car  ils  sont  forts  dans  le  maniement  du 
fusil.  Une  de  leurs  coutumes  est  de  percer  le  fusil  à 
Vembouchure  pour  qu'on  n'entende  pas  le  son.  De  cette 
façon,  il  leur  est  possible  de  s'emparer  des  gazelles  sans 
qu'elles  entendant  le  coup.  Ils  conservent  la  viande  de 
gazelle  sèche,  dans  les  montagnes,  à  cause  de  la  gra?ide 
quantité  qu'ils  en  ont.  Ils  ont  coutume  aussi  de  n'épouser 
qu'une  seule  femme,  et  ils  ne  la  répudient  que  sur  une 
incidpation  évidente. 

^Abd   Allah   Mizyad   soutenait   que  les  Hëtêm   et  les 


1)  Observez   le   pluriel    iUj'i^    et   le   collectif  («jUc,   comme  A^y^ 
est  coll.  et  imU^  ,  pluriel. 

2)  Comme  chez  Huber  ici  p.  811. 


814 

Suleyb  (Slêb)  ^)  étaient  le  même  peuple ,  mais  cela  n'est 
pas  sûr.  Doughty  dit  bien  I  p.  282  :  „The  Solubba  or 
Slèyb,  besides  this  proper  name  of  their  nation,  hâve 
some  other  which  are  epithets.  West  of  Hâyil  they  are 
more  often  called  el-Khlùa  or  Kheluîy,"  the  desolate, 
„because  they  dwell  apart  from  the  Kabâil."  Cela  explique 

le  nom  iùjii.  L'autre  nom  d'er-Rasâïdeh  trouve  son 
éclaircissement  dans  ce  qu'un  cheykh  htêmî  dit  à  Doughty 
II  p.  70:  „Jid  el-Heteym  is  Rashîd  and  we  —  the 
midland  Heteym  —  are  Beny  Rashîd". 

Une  chose  est  cependant  absolument  sûre,  c'est  que 
toutes  ces  tribus  ne  sont  pas  considérées  comme  Bédouins 
et  qu'elles  font  bande  à  part.  En  fait  de  Tziganes,  je 
ne  connais  que  les  M  a'n,  dans  l'Arabie  du  Sud ,  qui 
pourraient  bien  mériter  ce  nom,  mais  ils  ne  s'occupent 
point  de  „gipsy  labour",  v.  ici  p.  812  note  3.  Si  j'osais 
exprimer  une  hypothèse  bien  téméraire,  je  dirais  que  ces 
tribus  auraient  été  les  autochtones  de  l'Arabie  septen- 
trionale avant  l'immigration  des  tribus  du  Sud.  Il  est 
fortement  regrettable  qu'on  ne  les  ait  pas  étudiées  de 
plus  près.  Elles  sont,  avec  les  inscriptions  protoarabes, 
dont  la  Péninsule  est  parsemée,  ce  qu'il  y  a  de  plus 
intéressant.  Une  chose  me  frappe  ici,  c'est  qu'un  Hëtêmî, 


i)  Voyez  ma  »La  langue  arabe"  p.  72  et  note.  Iluber  Journal 
pp.  493:  Slobi  et  195:  Slèb.  ZDMG  22  p.  137:  Sulabât.  Littmann 
Th.    In.    p.    99.    Le    nom   n'a    rien  à  faire  avec  ^v^-*^,  croix,  et  le 

signe  -f  est    de    provenance    babylonienne.    v«.\4^  est    comme  *^^, 

un  diminutif  ou  Ciuitatif.  jr.--do,  .Slébî,  et  ^Jr*^^,  Ilëtémî,  sont  le 
nisbah,  un  Sl.'bi,  un  IlL-têmî.  Guarmani  Z.  Allg.  Erdk.  1865  p.  213 
confond  les  Çléb  avec  les  Nawar. 


815 

qui  est  aux  yeux  des  Bédouins  un  être  inférieur,  un 
paria  parmi  eux,  peut  servir  d'intermédiaire  pour  con- 
clure une  iL<L  [Higâz  =r  vi)^û  Negd  et  Bédouins],  fiançailles. 
C'est  comme  si  cette  démarche  avait  quelque  chose  de 
dégradant   pour  un   vrai   qabîlî.   Pour   mémoire,  je   fais 

rappeler  qu'il  y  avait,  en  Datînah,  une  tribu,  les  Jup 
pi.  j«jLp,  dont  il  y  a  encore  des  restes.  Ils  sont  consi- 
dérés comme  très  anciens. 

37,   11:    «_j-x^\    Le    soi-disant   ^^-^l^o-x    p^.    me   fut 
ainsi    décrit    par    ""Abd    Allah    Mizyad:    i^'^^f^.  -^  jr-^ 

.Latii^i     .._5A^LaJo_5    LwJJ'^    JI-^j^'    Î^"*^^    iL<"^    s    *   1   r    [^Ii>'._5 

^  icij'c  0^.3  f^^^^^  U-V^;  cr*^  /^  '^**^''-5  ^^- 

ij^->S3  UvJJÎj  c>:*-^  (J'.'r^  iiLx_X_sJ'  «>^  J.AzS^v^il  Ja-^j  J.  Aatiij 
L^  |^iÀJ_5  L^^ys-ii  v>:i«-*j^  v''ry-'  cr»  ^^^^*^  ^  r^*^'  ^-^^3 
slX-o    3A;>'3    (j*>»    t>w>i3    ...'l5    &>JjJ    LwJjI    (y-*J'    U    (C*^    J^r'ls 

^1   (ji-tjàJLi   ^5   JoJiiLi   o'-o   toi   Lo^Aii» 

C'esi   wwe  lance   qu'on  dresse  et   sur  laquelle  on  met 
un  signe   (morceau  d'étoffe).  Les  hommes  et  les  femmes 


i)   11   disait   qu'on    appelle   ainsi   le   qâdi,  qui  a  aussi  le  nom  de 
o^Lb.   Le   w.lc   est   le  lJ'-c   des  Arabes  préislamiques,  Arabica  V 

p.  133  et  Goldziher,  Ziim  iiltesten  Strafrecht  der  Kulturvolker dans 
Fraj^en  zur  Reclitsverplcichung  gestellt  von  Theodor  Mommser.  p.  108 
et  note  (cet  ouvrage  doit  être  étudié  par  tout  orientaliste).  Il  cor- 
respond au  mu  dû  des  Babyloniens,  celui  r^wi  6ai;7,  K  A  T  p.  590  et  ss. 


816 

se  réunissent  et  se  récitent  mntiœllement  des  poésies  de 
leur  facture.  Les  femmes  rappellent  les  bonnes  qualités 
de  leurs  hommes  et  leur  courage.  Pendant  ce  temps,  le 
"ârifah  de  la  tribu  reste  au  milieu  de  la  réunion  pour 
empêcher  la  discorde  entre  les  deux  tribus.  Les  femmes 
revêtent  leurs  plus  beaux  atours.  Elles  se  délioit  les 
cheveux  (qu'elles  laissent  tomber  sur  les  épaules)  et  les 
parfument.  Avec  cela,  les  hommes  ne  touchent  pas  les 
femmes  d'une  façon  indélicate,  car  si  quelqu'un  touchait 
une  femme  avec  la  main  (d'une  façon  indélicate),  la  main^ 
en  punition  de  cela,  lui  serait  coupée.  On  fait  cela  dans 
les  fêtes  religieuses,  telles  que  "^îd  el-fitr  et  ^là.  ed- 
Daha,  et  on  l'appelle  el-Munâsadah.  On  le  fait  égale- 
ment à  la  tombe  d'un  cheyck  lorsqu'il  est  mort,  surtout 
s'il  est  mort  tué  et  non  dans  le  lit,  etc. 

On  a  vu  que  ^x*^  est  une  lance  avec  un  morceau 
d'étoffe  comme  guidon.  B  B  p.  71  en  parle,  mais  sans 
expliquer  ce  que  c'est. 

On  fait  la  munâsadah  aussi  à  la  tombe  d'un  brave 

guerrier,  mais  je  parlerai  de  cela  autre  part  :  c'est  le  o'Jou 
des  anciens  Arabes.  Cela  n'est  pas  défendu  par  le  Pro- 
phète, Boh.  VII  p.  19  et  s.,  RS  Kinship  p.  81.  Mais  il 
ne  lui  convenait  pas  toujours  I  SaM  VIII  p.  328,  5  et 
s..  La  muniisadah  ici  décrite  est  l'ancien  ^yi-Lax,  Goldziher 
M  S  I  p.  54.  La  'iSj^  n'est  pas  tout-à-fait  la  même  chose, 
Hiz.  el-Adab  III  p.  396. 

37,  14:  xJ3.1uij  expliqué  par  NJ.Joto.  Z^  et  Jai^^, 
couper,  Syrie.  Dans  notre  dialecte,  ^  et  J^jj.,  passer  à 
côté  de,  passer  devant,  vorbeigehen.  -j-^'  (j^  f^,  il  passa  d 


817 

côté  du  village.  J^^Xi,  à  côte  de,  comme  Boh.  VI  p.  22,  5 

d'en    bas:   pL^    uV.;5^_^!    JjlJ^    d^:>5    S^    si>^y>    v^yp-    ^y,^ 

37,  18:  \.u:c^x^î  Lo  =  \;U  u>~^^^c>!  U,  ce  dont  tu  auras 
besoin. 

Eeinhardt,  dans  sa  Grammaire  du  dialecte  de  "^Omân 
p.  277  donne  la  description  d'un  mariage.  Comme  elle 
s'applique  en  partie  aussi  à  d'autres  pays  dans  le  Sud  de 
l'Arabie,  je  la  rapporte  ici  dans  les  deux  dialectes. 


""Omânais. 

Yôm  yesàuyo  zeffe^) 
heyyitnàqqyo  et-tefâ- 
fîq  bu  yedùrbo  sebah. 
Ul-'arûs  mërassâye  bit- 
yâb  umëlahhafe,  hat- 
rekkeb  'a  nâqa  uha- 
torkeb  biyâhe  horme 
bû   tuqbodha.    Uemme 


Datînois. 

Yôm  yisûn  mirwâh') 
y  i'^a  s  s  i  r  û  n  e  m-r  u  m  â  h 
di  yidrobùn  medwâs. 
Uemharêwah  me^attàh 
bitiyâb  umigàuwalah 
[bisuqqa  bêia  titsam- 
ma  migwal]^),  uyirko- 
bûnha    çlahr   e m-b a"! r ^) 


1  )  i3;  n'est  pas  ainsi  usité  dans  notre  dialecte,  mais  le  verbe  s'y  trouve  : 
»^r^  l^j  ,  conduire  la  mariée  à  la  maison  nuptiale  =  — îj^  l5*^) 
parce  que  cela  se  fait  dans  Vaprès  midi,  d'où  ausui  »^.J>-  \^r^, 
comme  Socin  Diw.  I  p.  284  v.  14,  mais  aussi  wyw  inf.  .Luw  .  'is- 
est  le  jeu   et   la  danse,  v^>    qu'on   l'ait  après   le   ^-[5-*;  cf.  ...^s:, 

danser. 

2)  Ce  qui  .se  trouve  entre  parenthèses  n'a  pas  de  correspondant 
dans  le  texte  "^omilnais. 

3)  On  ne  la  monte  jamais  sur  une  chamelle  en  Dt. 


818 


ez-zôg  hayûglis  fëbê- 
to  yeradhom  ilîn  ye- 
wàslo.  2.  Uyôm  wàslo 
q  i  d  d  â  m  e  Ib  ê  t  h  a  t  n  a  ii- 
wah  en-nâqa  uzzôg 
heyyesillhe  uheyye- 
dahhilhe  dâhil  el-bêt. 
Ul-'^arab  gâlsîn  hârug 
rêr  in  no  qurâbo  uhi- 
yâno  heyyedôhlo  bi- 
yâh.  3.  Uheyyegaryùlo 
e  1-^*1  s  or.  Uyôm  yeqauw- 
do  qaryîn  heyyenidro. 
U  kill  wâhi  yesîr  beto, 
u  z-z  ô  g  h  e  y  y  i  s  t  h  6  m  m 
bil-horme. 


uyirkab  hù"  yâha  rig- 
gâl   di  tizqar  bèh  [min 

ahleha     willa     min 
ahlem-l.iarêw].      Kalab 
zôgeha    yiglis    fi    bey- 

teh  yitwahhàlehom 
la  m  ma  yisalô".  2.  Ula 
■^àsilo  (wasilô')  qid- 
dâm  embêt  barak'jem- 
b  a^î  r  •'')  u  e  m-z  ô  g  y  e  s  i  1- 
1  e  h  a  [y  i  n  z  i  1  h  a]  *)  u  y  i  d- 
li  5 1  h  a  ')  dâhil  e  m-b  ê  t. 
Uem-^'arab    éâlesîn    hâ- 

rig    mêr   qarâibeh    u 
^a  y  a  1      "a  m  m  a  h     y  i  d  h  o- 
lûn    hom  uyâh.  3.  Uyiq- 

rûnleh     em-'^âsir*). 
Uyôm     kàmmalu     em- 

Qorân,  y  ihrogùn-^')-  U 
kuU  wâhed  yesîr  bê- 
teh  um-zôg  yila'^ibha. 


Lorsqvlon  fait   un   cortège   nuptial,  les  tireurs  qui 


1)  (i)j  est   intr.  se  courber  (chameau)  et  tr.  faire  courber  ^\èji^'i 
le  participe  est  toujours  ^^fj-V")    ce  qui  prouve  que  le  tr.  'è^  est  pour 

éJi,    également  employé    ^'j,    ^o   et  -;-yo',  |  bab.  nii  h  u,  ê<rt!  <r«>!- 
quille^  non  em;  loyéa. 

2)  En  Dt  le  mari  ne  le  fait  pas,  mais  le  \i>s>\J^   ou  les  femmes. 

3)  MÎ!me  remarque  que  pour  ti)jJ. 

4)  Cela    ne    se   fait  point  dans  les  milieux  bédouins,  où  le  Qorân 
est  absolument  lettre  morte. 

5)  En  Hdr  et  au  Nord  de  Dt,  on  dit  aussi  yindorûn. 


819 

tirent  à  la  cible  tii^ent  une  salve.  La  fiancée  est  cou- 
verte d'habits  et  porte  un  voile  sur  la  tête  [une  étoffe 
blanche  appelée  migwal].  On  la  fait  monter  sur  un 
chameau,  et  avec  elle  montent  des  hommes  qui  la  tien- 
nent [de  sa  famille  ou  bien  de  celle  du  fiancé] .  Quant 
au  mari,  il  reste  à  la  maison  les  attendre  jusquà  ce 
qu'ils  arrivent.  2.  Lorsqu'ils  arrivent  devant  la  mai- 
son, le  chameau  se  couche,  le  mari  enlevé  sa  femme 
(la  fait  descendre)  et  la  fait  entrer  dans  la  maison. 
Les  Arabes  restent  hors  de  la  maison,  mais  les  mem- 
bres de  sa  famille  et  ses  parents  (contribides)^)  entrent 
avec  lui.  3.  On  leur  lit  le  dixième  Soùrat.  Lorsqu'on 
en  a  fini  la  lecture,  ils  sortent.  Chacun  s'en  va  chez 
soi.  Et  le  mari  a  des  attentions  pour  la  femme  [s' amuse 
avec  elle]. 

Meissner,  NAGI  p.  107,  c,  rapporte  sur  la  même  ma- 
tière une  dictée  intéressante  que  je  crois  devoir  repro- 
duire ici  en  lettres  arabes  tout  en  gardant  le  voyelleraent: 


ioîj     LP_y!5     U^î     O^  '■>^-     (*r^/>     Si^^^     ^'     J^    J^>^     ^     O^-i-i' 
pOy     V^^i^.     L>^^À^Ij     ^-J;-J     ^Jî     '^.^     J^     y^^'     {ù'^r^K     ly'^ 

y*^!    JJULUJ    oLy*J!    \j  ».  Il  '•>     Soîj    ^LwwvJ!    J.x:    io^lju    \y->^. 
.a^Jj    j»3A5^    ^^»Ai>lj_5    ^LdJ    X^.^Ji    J^  yS>    ^^_j    a^JO    <->^^ 


I-Mto  cr  ^yj^   '"^p  '^^  (•i^V''   oy-"^^-  cr-*— ^  "^-^^ 


T»^ 


1)  qLa>,    Russier    écrit,    MSOS    p.  06,   14  hîyàn  et  p.  G7,  17, 
hiyûn.  Il  0  p.  IGO,  4  d'en  bas  hiyân,  mais  ^316:  hîyân. 


820 

^j^   w>i«Jj    Jb>;Jt   o:^^^    ''^J^    O^^^   J^j-^' 

j»L-jj    ioL»^    l-^'î    (£^3    'S-r4^    ''^3  <^^-=?.3    ^  T*-:^.    ^    '^'    (■*  ti-W^' 

iwy    Oj    i>^>V?    jrotj    ('vLo    iJ^SV^    ^r^?'y*    [''^' —" ]    *^'    i3^;^'    '^^ 

Mariage  en  Mésopotamie. 

Lorsque  quelqu'un  veut  prendre  femme,  il  voit  cV  abord 
de  trouver  une  femme  qui  lui  convienne.  Il  envoie  à 
là  famille  de  celle-ci  des  femmes  mariées  qui  parlent 
à  sa  mère  et  à  son  père.  Si  tous  sont  d'accord^  même 
la  fille  q^Cil  veut  épouser,  il  amlme  des  personnes 
comme  il  faut,  c'est-à-dire,  sérieuses,  qu'il  envoie  à  la 
famille  de  la  femme  pour  qu"" elles  parlent  à  la  fa- 
mille. Si  celle-ci  consent,  on  discute  la  question  du 
prix  de  mariage.  Lorsqu'ils  07it  décidé^)  le  prix,  il 
leur  donne  Var^gent.  Ensuite,  il  se  rend,  avec  la  mère 
de  la  femme,  chez  le  marchcmd  afin  cV acheter  des  ha- 
bits pour  la  femme.  Apr^ès  cela,  lorsqu^on  a  fini  de 
coudre  les  habits  de  la  femme,  on  la  conduit  de  sa 
maison  à  elle  à  celle  de  son  futur  mari.  On  procède 
à  Vacte  de  mariage  des  deux  contractants.  On  lui  ap- 


\)  C'est  généralement  la  fille  qui  reçoit  ces  oU^iju".  Mais  l'homme! 

2)  jL«J    est    persan  =  arabe   i>oA5>. 

3)  Meissner  traduit:  y>wcnn  sic  ctwas  abgehandelt  hahen"  ce  qui 
n'est  pas  juste. 


821 

prend  comment  il  doit  coïter,  s^il  ne  le  sait  pas.  On 
le  fait  entrer  chez  elle,  et  il  reste  avec  elle  sept  jours. 
Si  r/iomme  a  des  parents,  il  leur  donne  un  cadeau, 
tel  qiiun  voile,  ou  bien  un  fichu  ou  une  chemise  de 
femme.  On  s'amuse,  on  fait  de  la  musique  en  récitant 
des  poésies.  Ensuite,  ceux  à  qui  un  cadeau  a  été  donné, 
lui  donnent  de  Vargent,  environ  sept  fois  le  montant 
de  la  valeur  du  cadeau. 

Dans  les  milieux  bédouins,  le  père  force  souvent  sa 
fille  à  prendre  pour  mari  celui  qu'il  lui  a  choisi.  Cela 
est  contraire  à  la  Sounnah,  car  le  Prophète  a  dit,  Boh. 
VII    pp.     17    et   18   [Bâb  la  yunkihu    1-abu    etc.]: 

.^J:l3  J  Ji  lÀôi  _àx:r  xUî  J^^  L  \j}i.  Cf.  I.  Sa'd  VIII 
p.  12,  9,  10  et  p.  334/5.  Aussi  les  Sâdah  enseignent-ils 
partout  qu'il  faut  suivre  ce  précepte.  Les  habitudes  bé- 
douines et  non  bédouines  sort  trop  enracinées.  Mais  une 
orpheline  n'est  cependant  jamais  contrainte,  conformé- 
ment à  l'Islam. 

Le  jeune  homme  choisit  un  hatîb  pour  arranger  les 
fiançailles:   ^iju^    w^-bL^.  ou  _^„:s^  v^l^->   Hdr   Gloss. 

s.  V.  et  ici  p.  501  note').  On  discute  le  ta  ma"  et  l'on 
règle  tout  :  il  y  a  alors  â;-o  oîa^  .  Ly  3^  est  le  terme 
technique  pour  se  fiancer,  26,  11,  =  Ui>-ii>.  •ij^JxM^,  fiancée. 


\)  [^    wJ^li»    est  l'hébreu  talm.   Tjl'^  et  le  rabbinique  moderne 

\'yW-  De  là,  l'allemand-juif  Schadchcn,  arrangeur  de  mariage,  qui 
est  notre  wvj-ai» .  Celui-ci  a  cependant  d'autres  fonctions:  il  arrange 
les  différends  entre  les  tribus  et  entre  les  individus.  C'est  le  beau 
parleur,  l'avocat  des  Bédouins:  J^oii  =  J^'i,  comme  ^'  pour  y» î. 


822 

Le   Ijatîb   est   aussi   appelé  lXjJ^  pour  cette  raison.  Il 

ne  reçoit  pas  d'honoraires.  A  cette  demande  en  mariage^ 
'sJAJ^^  le  harîw  doit  donner  une  certaine  partie  du  prix 

du  mariage,  'c2jI\  Sf^  ^  comme  arrhes,  ^J^,  26,11. 
Les  fiançailles  sont  par  cela  conclues.  En  outre,  il  doit 
fournir  à  la  fiancée,  pendant  qu'elle  reste  encore  dans 
la  maison  paternelle,  le  a»-v^3,  les  habits,  le  o.*,  safran 
des  Indes,  et  le  ^^o,  beurre  cuit. 

^l-  est  aussi  bien  se  fiancer  que  se  marier,  mais  le 
^.^jj  est  plutôt  appliqué  au  fait  accompli  du  mariage. 
Wellhausen  pourrait  bien  avoir  raison  lorsqu'il  dit  que 
le  mot  employé  pour  fiançailles  est,  dans  l'ancienne  langue, 
,^.J,  car  nous  trouvons  dans  Boh.  VII  p.  17,  à  propos 

de  ""Âïéah  :  c>^  ^^*  i^^  ^■l=>j>^*i  ^-j^  .:^.^  .i>Jj  J:.  l-r>3jj' 

Ijt^j  ^Jsss.  ^i>ocCc.   «-^■.  I.  Sa'd  VIII  p.  45,  5  et  passim. 

Les  termes  UJic  (_^wv,c,  usités  chez  les  Bédouins  de  Syrie '), 
en  Syrie,  Z  D  M  G  22  p.  153,  et  en  'Oman,  R  0  pp.  276/7, 
380,  1,  et  les  classiques  L^  o"*/^'»  ^-  ^^"^^  ^^^^  PP-  "^^j 
3;  et  86,  lo,  ^c;  87  r.;  93,  3;  95,  u;  et  UJlc  ^^,  ibid. 
p.  12,  23,  13,  28,  Wellh.  0.1.  p.  444  note  4,  ou  L^,ISaM 


1)  Mais  (Jx.    (_^w-£:^ii)'j    chez  les  Bédouins  de  Syrie. -.jLJ!    lil'jAiià 

isA^-'^  J^  o>.A«^  ^''3»  i.i>-»i'  [j:^  ,  lu  nous  as  manqué  hier  soiv ;  où 
as-lu  étùl  Par  Di,  fai  baisé  u«e  femme,  "^anazî.  C'est  le  class.  v  L/'j^'* 
(j«.LxJ',  plaisanter,  Meissner  NAGÏ  p.  133  (j«-c' aussi  des  deux 
époux  :  j»AJ  o-î  *J^''  j«J<1a«^^  ,  avez-vous  consommé  le  mariage  celle 
nuit?  Oui!  I.  Sa'd  VIH  p.  317,  »2. 


823 

95,  12,  ne  sont  pas  employés  dans  le  Sud.  ^^  =ys:\iJt  pli, 
dormir  à  la  pointe  du  jour,  après  avoir  voyagé  la  nuit, 
est  courant  au  Negd.  Sur  une  affinité  éventuelle  entre 
y/.yt,  (jiyi  et  le  babyl.  ursu,  voyez  Rob.  Smith  Kinship 
p.  291,  l'objection  de  Nôldeke  ZDMQ  40  p.  185  et 
Jensen  KB  VI  p.  381. 

Les  mots  dVXo,  fiancer^  des  Bédouins  du  Nord  [=  Higâz 
liUxi],  dVJu^,  qui  arrange  les  fiançailles  :=.  dVJUvc  à  Mekkali, 
et  aXLo  ou  ^ilXs,  fiançailles'^),   ne   sont   pas  connus  dans 

o 

le  Sud.  i^Alii-,  dema?ide  en  7nariage,  n'y  est  pas  usité  non 

plus:  il  n'y  a  que  i^xLii.  sermoyi,  discours.  liULo  y  est  le 

mari  vis-à-vis  de  sa  femme  ou  le  père  vis  à- vis  de  sa 
fille  ou  une  autre   personne,   si  le   père   est  mort.  ^^'î^ 

[et  non  ^J^  =:  santon,  sanctuaire']  y  est  le  père,  un  pa- 
rent ou  une  autre  personne  vis  à-vis  de  la  fille,  qui  est 

sa  pupille.  Mais  (~eVJu,  éà^  et  ê^^  appartiennent  aussi 
à  la  lurah,  et  en  ^Omân  dUx«t  est  se  marier,  Vollers 
ZDMG  49  p.  510. 

«.^L  est  le  prix  que  le  fiancé  paie  au  père  de  la  fille, 
et  que  celui-ci  garde  pour  lui.  Il  n'est  pas  obligé  d'en 
rien  donner  à  sa  fille.  S'il  le  fait,  c'est  par  bonté.  C'est 


1)  Je  répète  encore  que  je  n'ai  puisé  mes  connaissances  que  dans 
le  commerce   avec   toutes  espèces   de   Bédouins   pendant    trente  ans 

et   nullement    dans    les    livres  d'autrui.   Sur   ilxLs    et  dV-U-^ ,  voyez 

Snouck,  Mekka  II  p.  157  et  ss. 

2)  iÔK^    ^^    «yi    dVJ^    Ai^    ^^y    ijr.^i,  I  Sa^d  VIII  p.  105,2', 

il  s'était  fiancé  avec, 

5G 


824 


le  1â  de  l'antiquité  arabe  et  de  l'Islam,  die  Ehe  p.  433, 
Rob.  Smith,  Kinship  p.  78  et  s.,  le  "in-i  des  Hébreux, 
le  tir  ha  tu  des  Babyloniens,  Winckler  Gesetze  Plammu- 
srabi  p.  38  note.  J  Jeremias,  Moses  und  Hammurabi 
p.  11,  D  H  Mûller  Gesetze  H.  p.  141.  Mais  en  Hadra- 
môt,  dans  les  milieux  hadar,  le  père  donne  le  ta  ma' 
à  sa  fille,  conformément  au  Qorân.  ''Antarah  Ahlw.  N°  2 
V.  16  dit: 

Mais  il  ne  s'ensuit  pas  que  le  père,  ou  le  walî,  garde 
pour  lui  le  mahr.  Les  "^Anazeh  et  les  vrais  Bédouins 
du  Nord  n'acceptent  pas  de  mahr,  selon  l'assertion  des 
'Anazeh  que  j'ai  fréquentés,  ce  qui  concorde  avec  ce  que 
dit   Burckhardt  BW   pp.   88  et   212.  Cela  est  d'autant 

]»]us  intéressant  que  ^^^  a,  dans  toute  la  Péninsule, 
le  sens  de  hutin  qu'on   prend   dans  une  razzia  ■=.  class. 

^_^  Boh.  III  p.  135/6.  Le  prix  de  mariage  est  donc 
assimilé  à  un  butin  ;  v.  Gloss.  s.  v..  Dans  le  même  ordre 
d'idées  est  lorsqu'on  appelle  le  tama"  ».Lm~>,  véritable- 
ment perte  ou  dépense^  voyez  mon  M  S  p.  6  et  14,  Jahn 
M  S  p.  273,  s.  V.,  Stumme  M  G  T  Gloss.  s.  v..  Cette  ha- 
bitude des  "Anazeh  paraît  ne  pas  avoir  été  étrangère 
aux  anciens  Arabes.  Les  maris  sont,  d'après  un  dicton 
proverbial,  divisés  en  trois  classes,  I.  Sîdah  IV  p.  24,  5 

d'en   bas:    2  ^3^3    11^    ^3]    : iLi^LS•  -  J3J^JÎ    ^^  ^^\^ 

,t  1  y        ^  Go  ,      O 

^■V^  j7^'  ç.'^'^^  ^  ^r  ^  ^f  y^  ô^)  ^^-5  /^  z^)^ 

X_j    Jf^ju})    -i!^!    iCi'^iXi    <v'-o    JJs     .jl^    oyy^'o    ^    „;;    Lo'3    K*i> 

'lP^   J'^  -îji  •   Il   ressort  de  cela  que  le  mahr  n'était 


825 

précisément  pas  du  goût  des  filles  bédouines,  ainsi  que 
nous  allons  le  voir  pour  les  femmes  de  Zebîd  p.  827. 

^  est  ce  que  le  fiancé  donne  à  la  fille,  la  moitié  le 
jour  du  mariage,  Jji^\  J^,  l'autre  moitié  après,  ici 
p.  27,  27,  le  douaire  des  Romains  et  du  Moyen-Age. 
C'est  le  droit  de  la  fille,  ^^-^j!  où>,  ou  le  L^'  trf^,  ce 
qui  lui  est  noynmé.  Elle  lui  demande  :  ^^^  ^^^-v^  j.*  ^3  ^'^ 

où  est  ce  qui  me  doit  être  donné,  mon  mahr?  C'est  une 
locution   fort  ancienne,   car  nous  trouvons  dans  I.  Sa'd 

III,  I  p.  24,  1:  ^jl  ^crf*^  J^  tiX>5;j1  "^  ^Lfts,  et  elle  lui 
dit:  „Je  ne  t'épouserai  pas  avant  que  tu  ne  m'aies  nommé 
ce  que  tu  me  donnes.  (3000  dirhem  !)."  I  Sîdah  IV  p.  25, 
11,  12.  I  Mâgah  p.  314.  Gudea  offre  à  Bau,  déesse  très 
honorée  de  l'ancienne  histoire  babylonienne  avant  Ham- 
murabi,  au  nom  de  son  époux  Nin-Girsu,  „des cadeaux 
de  noces."  Cela  eut  lieu  au  jour  du  Nouvel  An,  Jastrow 
R  B  A  I  p.  59.  Cette  habitude  est  donc  aussi  ancienne 
que  l'Orient.  Les  femmes  sont  tout  aussi  rusées  en 
Arabie  que  partout  ailleurs,  et  un  „ droit"  est  aussi 
exigé  comme  prix  de  défloraison,  ainsi  que  je  vais  l'ex- 
poser plus  loin. 

Le  mahr  est  peu  de  chose  et  bien  moins  que  le 
ta  m  a".  Il  consiste  la  plupart  du  temps  en  choses  en 
nature,  rarement  en  argent.  Il  est  estimé  en  argent, 
soit  par  la   famille  de  la  fiancée,  soit  par  un  amîn,  si 

elle  n'a  pas  de  proches  parents.  C'est  la  'iLiCsSs  de  l'Islam, 
Qor.   IV   V.   3  •),   ou  ^îa>o,   BoIj.  VII  p.  20,  3,  L  A  XII 


1)  Cette    forme    ne   se  rencontie  que  dans  ce  passage.  Les  autres 


826 

p.  65,  le  nudunnu')  des  Babyloniens,  Winckler  o.  1. 
p.  38  note.  La  fille  le  garde  pour  elle,  même  après  le 
divorce.  Si,  à  ce  moment,  elle  n'a  pas  tout  reçu,  le  mari 
est  tenu  de  le  lui  compléter.  Comme  le  walî  l'acca- 
parait quelquefois,  le  Prophète  dicta  S.  IV  v.  3-).  Selon 
I.  el-Mogâwir,  les  femmes  de  Zebîd  n'acceptent  pas  de 
dot.  Il  raconte,  à  ce  propos,  ceci: 

Cr    rr-'    -^^    '-^l-^'    >>3     --rV-^     ^^    C^^^ 


f; 


r3    -jr^    ^-^'     -r-3;    o 


isl5    •  A4         ^4-.-''0 


,      5 


formes,    plus    courantes,    sont:    i3A^^    '\iJKj^  ^    iCïA>o    et    iCïwV.^, 
I.  Sidah  IV  p.  25,  LA  XII  p.  65.  Les  variantes  du  passage  qoranique 

o      _  0    3  5        3 

cité  sont  -ijjïAo,    o-ÏAo    et    o^Ao^    Beydâwî  p.  195,  7,  8,  mais 


Abu  IsliÎKi  est  d'avis  que  la  lecture  o-ï^V^^  est  une  sounnah  qui 
ne  doit  point  être  changée.  L  A  XII  p.  05,  2  d'en  bas.  Quant  au 
sens   primaire   du    mot  o'A>j>  ,  je  partage  l'opinion  de  Wellliausen, 

die  Ehe  p.  434,  contre  Noldeke  ZDMG  40  p.  -154.  On  pourra  com- 
parer fiancer  et  fiancé,  ital.  fidanzare  et  fichinzato,  qui,  en  premier 
lieu,    viennent   du    bas   latin    fidarc,   renfermant   une  idée  qui  n'est 

pas   bien    loin   de   celle   qui  se  trouve  dans  o'A^    et    ^LV-o ,  dot. 

1)  De  nadânu,  donner,  l'arabe  ^wVJ",  comme  le  français  dotàe 
dolem,  et  dotarc  de  dare. 

2)  Sur  le  o'Aas  de  Fâtimah  et  les  autres  filles  du  Prophète, 
voyez  les  intéressantes  notices  chez  I.  Sa'd  VIII  p.  12  et  13.  Sur  le 
^  de  Hadîgah  ibid.  p.  10,  2. 

3)  ^  ne  donne  pas  ici  le  sens  du  parfait.  Il  est  ainsi  employé 
aussi  dans  le  Sud,  comme  "^  et  Le.  On  sait  que  le  ms  d'I.  el-M_ 
est  très  corrompu.  Avec  l'aide  de  la  collation  des  mss  de  ?chefer 
et  de  Miles,  due  à  l'obligeance  de  notre  vieil  ami  de  Leide,  j'ai  tâché 
de  donner  un  texte  acceptable.  Je  passe  sous  silence  les  nombreuses 
fautes  de  copiste. 


827 
^^Jt    ...^   lus    JL>Jî    iUè,    \jiJ    dUj    ^)    ^"if     «>,    tJ>'i    'uiiiL) 

<j       ,  s.  .  i  I  ,_ 

^j:j-*i:  ^jo  o-^=>l  'u.*^  ^î  ^_5=v«  Jc>'j  j^l  uîLi>i  J^-iLj  1^^'":^? 
U-*J  aj.M^Î  Jy^3  jr*'  ''^'  ^  (^  X-s'J^  j^^^Jj'  ^^^<J  "^  AÏ3 
X—L-sJ    ^-r*^   "^'    ^JV^   (j^    U:>_:^.    I — i^3;    ,uV— s    '^    ...^    rrr^ 

J^  dW-3j  ^c^^jj'i  :'^  (^O^.  ^[,-î  ^'  «'^  ^  ^^  ^L-^ 
.  *JLx*j    \ji5    ^x/8    ..Ji'    (^Ai!    ^>;^î    ij.    "^'    ^if^'     "^H     ^3      JiJ>"b!S5 

v_jiJL«  LiJLc  tL^Jlî  O*^^  ^^""^  "^^  ^'^  (*^^  '"^^  '  "Z*^'  *^  o^ 
A'  U^_5  (i^  "j"^"^  '-r'^-^  l5^^'  *^  (j?*^'^'  ^  ^■^*^  cr^  -^5 

^l!    iJ    ("  [^-0^<J"]     ^^Co;5     [^_c*^]     L-î^sriJo    *ivO    vjjj  _b     _*-.r  * 

^.   ^3   .U^  ^Àiî  i_^v.LJ'  JLo  ôycs  S^^    'lJ   ^..ars:.   ^t 

u,A.*-i:>:._5     .  ■JJAy.i^     >ii^î    Jji    iyî     JyJî    '^i    J^Ui    "^$5    [j^:*^,    'u^JL/î 

^'i    |^_^(_5    ^.A^j    Jl^^î 

1)  Mss.  iscLb  qui  dialectalement  est  =  AÏLb. 

2)  Ms.  ^^..  3)  Ms.  ^^yyh„ 

4)  Ms.  Schefer  :  (_^w.ï_x;^l  j,  ^'j^Jîj,  ce  qui  est  une  construction 
impossible.  Ce  qui  suit  explique  que  le  -^r^  se  fait  aussi  bien  dans 
les  (_^«'-c'  que  clans  les  -r'js',  ce  qui  est  aussi  la  vérité;  cf.  p.  787 
même  tournure.  5)  Voyez  plus  loin.  G)  son  oncle. 

7)  M.SS.  :  v^^^  J^^^À  S<fi  vJLj>Lj  ^.  Miles:  w^:dA5  wLi^JCs. 
Correction  des  deux  derniers  mots  de  de  Goeje. 


828 

Les  femmes  des  habitants  de  ce  pays  ne  prennent  pas 
de  raahr  de  leurs  maris;  cela  serait  pour  elles  une 
grande  honte.  Toute  femme  qui  prend  le  mahr  de  son 
mari  est  appelée  mafrùkah,  c'est-à-dire,  que  son  mari 
lui  a  donné  le  mahr  et  l'a  détestée,  c'est-à-dire,  répudiée. 
Car,  si  le  mahr  était  exigé,  les  hommes  auraient  peu 
envie  de  l'épouser,  et  le  mari  suivant  dirait:  ,^J'ai  bien 
peur  qu'elle  ne  prenne  de  moi  le  mahr,  comme  elle  l'a 
pris  de  l'autre.'"  Souvent  aîissi,  l'homme  n'a  pas  les 
moyens  de  rendre  le  mahr  [en  la  répudiant],  et  les  fem- 
mes se  disent  alors:  „[SiJ  son  mari  ne  peut  la  faire  par- 
tir^) de  chez  lui  qu'en  donnant  {tout)  le  mahr,  vu  qu'il 
n'a  plus  envie  de  la  garder,  [et]  elle  est  couverte  d'opprobre." 
Par  conséquent,  si  un  homme  veut  épouser  une  femme, 
les  femmes  du  quartier  viennent  sans  crainte  à  la  femme 
lui  dire:  ^Déteste  ton  mari  avant  qu'il  te  déteste,"  c'est-à- 
dire,  fais-lui  don  du  mahr  et  sors  avant  qu'il  te  pèse 
[te  donne  tout]  le  mahr  et  te  fasse  partir. 

Ils  font  aussi  le  tar]i,  cadeaux  de  fête,  à  l'occasion 
des  fêtes  de  famille  et  des  noces,  ainsi  qii'il  a  été  dit 
précédemment  à  propos  de  Mekkah.  Si  une  femme  a  donne 
quelque  chose  pour  une  noce,  07i  le  lui  rend  à  l'occasioyi 
d'une  noce  dans  sa  propre  famille.  Si  c'est  à  l'occasion 
d'une   circoncision,  on  le  lui  rend  à  la  circoncision  d'un 


1)  Voilà  pourquoi  une  femme  divorcée  ou  veuve  est  appelée— ,li> 

V.  Gloss.  s.  V..  Les  femmes  de  Zebîd  ne  veulent' point  battre  monnaie 
de  leur  mariage,  en  acceptant  le  main-,  j)our  mettre  le  mari  à 
raônoe  de  s'en  aller  après  avoir  prononcé  la  formule  de  divorce,  sans 
avoir  à  payer  le  reste  du  mahr,  car,  ne  pouvant  faire  cela,  il  se 
garderait  bien  de  la  répudier,  et  elle  serait  alors  malheureuse.  D'après 
la  coutume,  la  femme  répudiée  peut  garder  le  mahr,  et  le  mari  doit  lui 
donner  encore  ce  qui  y  manque. 


829 

enfant  dans  sa  propre  famille,  et  si  c'est  à  une  nais- 
sance, la  réciprocité  est  de  même  observée.  Elle  ne  rend 
le  tarh  qu'exactement  à  une  occasioti  pareille  et  la  même 
chose  qu'elle  a  reçue.  Ahmed  b.  Mas^ild  m'a  raconté  ce  qui 
suit:  „Les  femmes  du  Yéman  n'ont  été  dépravées  que 
par  suite  de  cette  habitude  c^Mtarh."  —  ,^ Comment  cela?", 
lui  demandai-je.  —  ,^ Parce  que,  repondit-il,  les  femmes  ont 
reçu  une  avance  {im  préty),  sans  qu'elles  soient  à  même 
de  rembourser  leur  dette.  Elles  sortent  alors  au  hasard, 
à  îin  endroit  de  la  route  où  passent  les  jeunes  gens  ^), 
se  teignent  de  hinniV  et  se  maquillent^),  jusqu'à  ce  qu'elles 
ramassent  assez  pour  rembourser  leurs  dettes.  On  n'accepte 
pas  d'elles  ni  serment,  ni  témoignage  :  *)  ce  que  l'u7ie  dit 
avoir  reçu  en  tarh  de  l'autre,  est  cru  sur  parole.  Les 
hommes  se  teignent  les  mains  et  les  pieds  de  hinnâ''^). 
Le  verbe  éJi  demande  ici  une  explication.  De  Goeje 
traduit^)  'îS^jiA  par  haïssable.  D'après  les  dictionnaires 
LA  XII  p.  363,  4  et  s.,  Lane  s.  v.,  ^i)jS  est  =  ii)y.  Est-ce 
une  variation  phonétique  pour  \3f,  Hdr  p.  131?  Dozya 

éX  déguerpir  etc.,  mais  le  verbe  est  ici  transitif,  éf-^ 


\)   Le   p-Ja    est   considéré   comme   un  wà^,  une  avance,  somme 

j 

payée,  un  prêt.  Il  m'était  toujours  expliqué  par  ^.-àLw,  827,  '*,  ou  KJ^Lo. 

2)  De  Goeje  me  renvoie  à  Gen.  38,  14,  où  il  est  question  de 
l'inceste  de  Tamar;   voyez  ici  p.  765. 

3)  Comme  font  les  putains  orientales  encore  aujourd'hui. 

4)  Cela  se  rapporte  sans  doute  à  ce  qui  suit.  De  Goeje  m'écrit: 
»Je  ne  le  crois  guère.  C'est  j)lut6t:  les  femmes  ne  sont  pas  admises 
à  prêter  serment  ni  à  témoigner  ;  seulement  leur  témoignage  contre 
d'autres  femmes  est  accepté."  Je  crois  qu'il  s'agit  du  tarh  en  question. 

5)  Cela  est  aussi  très  en  vogue  en  Hdr. 

6)  Communication  sur  le  livre  d'ibn  al-Modjâwir,  congres  de  Paris. 


830 

est  dans  L  A  expliqué  par  u^A^''  ^*X.\  Ferazdaq,  Z  D  M  G 
59,  p.  609,  dit: 

il/a«5  z7s  sont  détestés,  des  hermaphrodites,  qui  pissent 

[par  de  larges  urètres^  comme  les  femmes. 

Voyez  la  juste  observation  de  Hell  o.  et  I.  !..  Je  croyais 

qu'il  fallait  partout  mettre  d) j'  pour  ^^,  et  de  Goeje  était 

de  mon  avis.  Je  me  rappelais  alors  que  ^l''^}  ■=.  ^^,  haïr, 

est  justement  employé  dans  l'A  T  comme  terme  tech- 
nique pour  détester  sa  femme,  Ges.-Buhi  H  W  B  p.  720 
et  spécialement  Deut.  22  v.  16.  Dans  les  papyri  ara- 
méens  d'Assouan,  du  Ye  siècle  avant  notre  ère,  HIV  est 
précisément  le  terme  technique  pour  demander  le  divorce, 
ZA  XX  p.  145.  Je  ne  vois  donc  pas  pourquoi  ce  terme 
doit  être  „rimitation  d'une  locution  égyptienne,"  comme 
le  pense  Spiegelberg,  o.  et  1. 1..  C'est  plutôt  une  locution 
orientale  commune.  ^S,  ^S\  et  -sjCCv-l  figurent  aussi  dans 
la  phraséologie  matrimoniale,  p.  e.  Boh.  VII  p.  45,  8,  10, 
15.  ^i  me  paraît  donc  être  un  verbe  fort  ancien  pour 
divorcer,  comme  l'explique  aussi  I.  el-M..  Mais  j'en  ignore 
le  sens  primordial  d'où  s'est  développé  celui  de  détester. 
Peut-être  le  l"}?  de  l'Exode  I,  13,  14  est-il  le  même  mot: 
hai)ie?  Une   femme   qui  procède   ainsi  à  l'égard  de  son 

mari  est,  dans  le  Nord,  appelée  ^y*^,  pl-  --j'-^»  Socin 
Div7.   I   p.    284  v.  18  et  note,  et  dans  la  lurah  on  dit 

1^^  b-^t  .^i^^^û^,  1  Sîdah  III  p.  21,  8.  Ceci  était  déjà  écrit 
lorsque  l'idée  me  vint  de  chercher  dans  I  Sîdah  s'il 
parle  de  ce  verbe.  Et  voilà  que  j'y  trouve  lY  p.  20  ceci: 


831 

3 3-  3  5^0  ^ 

3-  -     _oE  w  3  O  O  £ 

(A^XJÎ^    xp^-'uo    (jC^ijî     Lw.jj    'U^3     ^i].li     oW';3     ^)^    sîysîj    S|^ 

CM  E  3--_  i  O-  3 

lil.t^î    ^Lm/JJI     ,L^2-jf    t^LJLcb       ioLyo.    j^^Jbsr  j^    ^   JuJJI    (o! 

^^^:>!5-t  ^^  ô^j'"-^'   O^/^  o-h"^-    Nous  voyons  donc  que 

le  '»^^f^  du  texte  d'I.  el-M.  est  régulièrement  formé  de 

éf,   qui   s'emploie   pour   l'homme   et   la   femme,  comme 

dans  les  deux  textes.  La  traduction  de  de  Goeje  est  donc 
bonne,  seulement  détestée  est  encore  plus  exact.  Voyez 
aussi  I.  Sîdah  1.1.  p.  21,  1. 

Chez  les  vrais  Bédouins,  le  père  n'est  pas  tenu  de 
donner  quoi  que  ce.  soit  en  dot.  S'il  le  fait,  c'est  à  titre 
gracieux.  Cela  ne  paraît  pas  avoir  été  la  coutume  dans 
l'antiquité,  car  chez  les  Babyloniens,  le  père  donnait  une 
dot,  s  e  r  i  q  t  u,  cadeau,  à  sa  fille.  Winckler  G  H  p.  38 
et  §167,  Jeremias,  Moses  und  Hammur.  p.  11. 

En   Datînah,  la  fille  apporte  les  ustensiles  de  ménage. 

La  mère  lui  donne:  Jlii",  b.ô',  2^-»^,  Z^,  ;^,  et  les 
autres  objets  en  "a  z  a  f  énumérés  plus  loin.  Le  père  fournit  : 
oL^,  Axj,  is-jo^,  iwO,  iiUjè^w^^s^,  j^c^^y^,  _AJ5  et  ajsjd',  sur 
lesquels  voyez  p.  606.  Cela  s'appelle  5^ il  jû^,  le  trous- 
seau  de   la  jeune  mariée.  C'est  l'infinitif  de  L^'  j^,  lui 


1)  L.  1.  p.  20,  6; 


vJiXûil  ôl;-oti:-I'  %  J^li      L^  ^^j  ^  .J^'  S  ^3;  L^ 


832 

fournir  le  trousseau;  jU:^  est  seulement  le  fourreau  du 

poignard.  Lorsque  le  Prophète  maria  Fâtimah  à  ^Alî,  il 
lui  donna  comme  trousseau:  ^\    ^^    %J^»^  Zj^J^    ^^ 

iojj  |.ol  ^   .Jj^  ^àJ  L?>ij>,   I.   Sa'd  VIII   p.   14,  22  et 

s,,   et   d'après  p.    15,  a  encore  un  ^'^^-lii,  tapis  en  peau, 

p.  14,  23,  15,  17,  un  J^^,  un  '»Jlùj^,  un  _j^,  p.  15, 
2î,  deux  meules,  tjv'w=-;.  et  deux  jarres,  p.  16,  2,  3. 
Ce  sont  donc  en  partie  les  mêmes  objets  qu'aujourd'hui 
encore    en    Datînah.    On    observera   que   le    même    mot 

s.y  (jyi)  y  figure,  ibid.  p.  15,  2.  Quelle  simplicité  bé- 
douine !  Fâtimah  mourut  peu  de  temps  après  son  père, 
probablement  par  surexcitation  nerveuse  à  cause  du  refus 
d'Abu  Bakr  de  lui  donner  une  part  de  la  succession  du 
Prophète,  ibid.  p.  18,  9  et  ss.,  Boh.  IV  p.  79.  Le  fiancé 
doit  envoyer  à  la  maison  du  père  de  la  fiancée,  quelques 
jours  avant  les  noces,  les  choses  suivantes: 

*J'i'^,  pièce  de  cotonnade  teinte  d'indigo,  qu'on  fait  à 
Ansâb,  Capitale  des  "Av^âliq  supérieurs; 

i3->,  Kopftuch  en  cotonnade  bleue  d' Ansâb, 

slXac,   Kopftuch  en  soie  des  Indes, 

iX*^,  Kopftuch,  fait  en  guise  de  réticule,  à  fils  rouges, 

jaunes  et  bleu  foncé  (oj-«.!).  On  le  fait  au  pays  de  Yâfi^ 

En  outre,  ^,  café,  ^^,  beurre  cuit,  ^,.^>.=>  ou  ^\jdj,(\M\:d,\\, 

ijJ^,  huile  de  sésame.  Le  iJ^j,  dont  elle  fait  un  ujy, 
vi'tement,  et  la  iiy>  sont  de  rigueur;  les  autres  choses 
ne  le  sont  pas,  si  le  fiancé  est  pauvre.  On  les  rapporte 
le   matin   des  noces  à  la   maison  du  fiancé.  Ce  sont  là 


833 

les  o>Jt  330  =  class.    ty^.  La  même  habitude  existe  un 

peu  partout,  Snouck  Mekka  II  p.  211. 

Au  *Jo  du  Sud  correspond  le  oLu«,  Meissner  N  A  G  J 

p.  108,  12,  ou  le  ^^iJ  du  Nord").  Ces  mots  ne  sont  pas 
employés  dans  le  Sud,  mais  seulement  le  verbe  (jj'w*,  0.*) 
j^!  oywo   ici  p.   26,    18,   comme   Boh.    VII   p.  21,  7: 

L^t  vi^ilw  1^  et  K  A  X  p.  49,  2  :  llî  \J-^.  On  demande 
d'abord  beaucoup,  et  les  négociations  sont  souvent  longues. 
C'est  le  j^çjj  que  la  fllle  a  chargé  de  cette  affaire  qui  les 
conduit.  Pour  rabaisser  le  prix,  il  fait  appel  à  la  généro- 
sité  de   la   famille    de  la  fille,   et  il  dit   au  père  p.  e.  : 

j^^Uj  Jv4^  o^'  Le,  ne  r  énonces -tu  p^s  à  un  chameau  pour 
l'amour  d'un  tel?  Et  puis  il  continue  de  demander  un 
rabais  de  telle  ou  telle  chose,  pour  l'amour  d'un  tel, 
jusqu'à  ce  que  le  prix  soit  réduit  à  des  proportions  ac- 
ceptables. De  cette  façon,  il  arrive  que  le  prétendant  n'a 
à  payer  que  la  moitié  de  la  somme  demandée.  V/etzstein, 
Die  Lieb.  v.  Amasia  p.  147,  prétend  que  „c'est  une  opinion 
tout-à-fait  erronée  lorsqu'on  se  figure  le  mariage  oriental 
comme  un  achat  de  la  fille  au  père,  ou  bien  qu'on  croit 
que  le  père  retient  quelque  chose  de  la  somme  du  mahr 
pour  lui."  Wetzstein  généralise  le  mariage  chez  les  "Anazeh. 
Pour  le  reste,  il  est,  lui,  dans  une  profonde  erreur.  On 
achète,  ni  plus  ni  moins,  la  fille  au  père,  puisqu'on  paie 
le  siyâq,  et  toute  plaidoirie  en  faveur  d'une  autre  opi- 
nion est  gratuite.   Cela  n'empêche  pas   que  les  jeunes 


4)  Littinann  BGA  A-i  Gl.  s.  v.  ;  je  ne  l'ai  entendu  qu'avec    ij^. 
2)    V.    Gloss.    s.    vJîLv  pour    l'emploi    assez    étendu    do   ce  verbe. 
Wellliausen  Skizze  VI  p.  158  en  haut. 


834 

gens  ne  puissent  s'aimer  et  se  donner  rendez- vous,  pré- 
cisément comme  chez  nous.  Le  cas  des  "^Anazeh  offre  la 
seule  exception,  en  ce  sens  que  le  père  ne  garde  pas  le 
prix  d'achat.  Nous  avons  donc  ici  un  cas  oià  les  us  et 
coutumes  des  Bédouins  diffèrent  aussi  bien  de  ceux  de 
l'antiquité  sémitique  que  de  ceux  de  l'Islam.  Il  y  a 
encore  une  autre  pratique  bédouine  du  Sud,  que  je  n'ai 
constatée  que  là.  Avant  la  consommation  du  mariage, 
lorsque  le  harîw  est  seul  avec  sa  femme,  il  faut  qu'il 
lui    donne    un   cadeau   en   espèces,    ui.^.   Cela  s'appelle 

*:>jiî  'i^-i  ou  K=>-jl)  'i^è.  Il   ne  peut  la  défloj'er,  y  .àilwî, 

=  cl.  p  jol,  jijjoi  et  (jcià:^!,  Ehe  p.  435]  avant  de  l'avoir 

donné.  C'est  selon  Wellh.  o,  1.  485  ')  l'ancien  «Ju  ou 
laesio  virginitatis.  Comme  le  mahr,  ce  „prix  de  déflo- 
raison" est  aussi  un  droit,  oi=>,  que  la  fille,  ou  même 
la  femme  quelquefois,  exige  de  son  mari  ou  de  son 
amant.  Cela  trouve  une  jolie  illustration  dans  une  his- 
toire racontée  par  el-Bohârî,  qui  la  donne  en  trois  ver- 
sions. 

1°  III  p.  80:   i>-^  J^  *JL^-    '^^  ^t  "^!  ^"^l  Sh 

c>JI-JiJ  sLwjJt  |J«^J1  v'-^l  l^    tXiii^  (f*^  o!.Àj  Q^   a!--*'   v-.*.:>I 

1)  Dans  KA  XVIII  p.  111,  4  d'en  bas,  5^  a  le  sens  de  cdit. 
L'amie   de  ^Alî    b.  Ôabalah  était  par  hasard  vierge.  D'après  les  dic- 

tionnaiies,  ,«.*:2j  a  le  sens  de  -w  .  Véritablement,  c'est  la  déchirure 
de  l'hymen,  d'où  le  cLi2>JCa«"^Î    ^L^. 

2)  On  s'attendrait  à  ^^ji^  et  ^■'■\j.*'\  mais  la  femme  dit  cela 
d'elle-môme:  tu  n'obtiendras  pas  cela  d'elle  avant  que  tu  loi  donnes; 
c'est  ce  que  les  grammairiens  appellent  oLàVLt. 


835 


()  ???c»>i  Z)/ew  /  dit  le  second,  tu  sais  bien  que  f  aimais 
une  de  mes  cousines  aussi  vivement  quun  homme  peut 
aimer  une  femme.  „  Tu  n^ obtiendras  pas  cela  de  moi 
me  dit-elle,  avant  de  me  do7iner  cent  dinars' \  Je  fis 
des  démarches  et  réussis  à  réunir  cette  somme.  Mais 
lorsque  je  fus  en  posture  entre  ses  jambes,  elle  me  dit  : 
y, Crains  Dieu!  Ne  brise  le  cachet  que  moyennant  le 
droit  qui  me  revieni\  A  cela,  je  me  levai  et  je  la 
quittai. 

.2°  III  p.  91:^1  ^^  ^c  c>-Lj  ^J  ^^  l^\  f^}\  Sh 
(~  0.4J!  ,c^>"  tc-*-^  ^,i>ot>_X^'ii  L.>**ài  (^  ^^-_x:  Uj'O.Li  ^\  (jwLoI 
^^     .LuO    iLjLj    ^yiJiUz.    LiXxIicli    ^J^si^    ^^-^J-wJl    ^^    iL>Lw    LiJ 

ciJlà'  UaIc  Oj'Aï   !JI     ^-X^  c>»>J^*«   U-'^sâj  (J-03   (_ryjj  ic'^    n' 

0  mon  Dieu!  dit  le  second,  f avais  une  cousine 
que  f  aimais  plus  que  toute  autre  personne  au  monde 
et  je  voulais  qu'elle  se  livrât  à  moi,  mais  elle  s^y  re- 
fusa. Etant  éprouvée  par  une  mauvaise  année  de  disette^ 


\)  Var.  :  ^<W,  qui  nuance  un  pou  la  signification. 

2)  Var.:  0^''=  ^^jj. 

3)  Var.:  j^î. 


836 

elle  vint  chez  moi  et  je  lui  donnai  alorfi  cent  vin^t  dinars 
à  condition  qii'elle  me  laisserait  jouir  d'elle.  Elle  se 
mit  en  posture  '),  mais  lorsque  j'allais  accomplir  Vacte, 
elle  me  dit:  „»/(?  ne  te  permettrai  de  briser  le  cachet 
que  moyennant  le  droit  qui  me  revient,''  Je  m'abstins 
alors  de  coïter  avec  elle  et  je  m'en  allai  de  chez  elle, 
bien  qu'elle  fût  la  personne  que  j'aimais  le  plus,  tout 
en   lui  abandonnant   l'argent  que  je  lui  avais  donné. 

3°  III  p.  106:  le  c>-^  J.  ^^^  'i_^î  ^'1  ^\  Sh 

ijSx>    o>j'i2    ^^i^    ^i^xLas    tUw^L^!    jj>_-!    V^^.    ^    lA^'i    LiXx.«J>' 

0  mon  Dieu!  dit  le  secoiid,  c'est  que  j'avais  une  cou- 
sine que  j'aimais  autant  quun  homme  peut  aimer  une 
femme.  Je  lui  demandai  de  se  donner  à  moi,  mais  elle 
refusa.  Enfin  je  lui  apportai  cent  dinars  que  f  avais  beau- 
coup de  peine  à  réunir.  Mais  lorsque  je  me  trouvais  entre 
ses  jambes,  elle  me  dit:  „Mon  bon  homme*)!  Crains 


\)  c>-ijc  traduit  par  Houdas-Marçais  II  ji.  67  par:  elle  accepta, 
mais  cela  ne  rend  pas  la  situation  renfermée  dans  le  verbe. 

2)  Var.  :  U*JÎ,  ce  qui  vaut  mieux,  à  cause  de  ce  qui  suit:  elle 
refusa  à  moins  que  je  ne  lui  apportasse  cent  dinars. 

3)  Var.:  u^-ou"   convient  mieux. 

4)  Houdas-Marçais  II  p.  9C  rendent  xLIÎ  A-j-c  1j  par  6  adorateur 
de  Dieu!  ce  qui  est  faux  à  plus  d'un  titre.  On  se  servait  de  a,^'  Aat: 
au  lieu  de  q"^,  lorsqu'on  s'adressait  à  un  inconnu,  I.  Rosteh 
p.  497  *,  '.  Pour  une  femme,  on  disait  xU!   JCnî, 


837 

Dieu  et  n  ouvre  pas  le  cachet,  si  ce  ii'est  moyennant 
le  droit  qui  me  revieniJ-    Là-dessus,  je  me  suis  levé'. 

Si  j'ai  rapporté  cette  tradition  d'une  façon  si  détaillée, 
c'est  que  je   suis  en  désaccord  avec  les  savants  arabes 

et  européens  sur  sa  portée.  On  prétend  que  sz^.  signifie 
j^yiJI  -bjJ!,  le  mariage  légal,  et  Houdas-Marçais  le  tra- 
duisent par  à  moins  que  ce  ne  soit  légalement,  vol.  II  p.  48 
et  p.   96;   quand  tu   en  auras  le  droit  légalement  ibid. 

p.  67/8.  *i^.  veut  dire  par  son  droit,  soit  celui  du  cachet, 
par  le  droit  à  des  dommages-intérêts  que  donne  la  bri- 
sure de  l'hymen  ou,  plus  simplement,  le  fait  du  coït. 
Le  contexte  montre  bien  qu'il  ne  s'agit  pas  de  mariage. 
Elle  va  jusqu'à  lui  ouvrir  les  jambes,  et  il  est  tout  prêt, 
lui,  à  entrer  en  matière').  Elle  voulait  la  douceur  pécu- 
niaire usuelle  dans  ce  cas,  et  si  l'homme  l'avait  sortie 
de  sa  bourse,  il  aurait  pu  aller  de  l'avant.  Quand  même  les 
paroles  de  la   femme  impliqueraient  le  mariage,  le  mot 


1)    Pour   bien   comprendre  la  situation  peinte  par  1"  o^^Jts    'LéJi 

Lj-fJ^.    (j-o  =  3°  U^'J^r    c;^    u>J»Ï3    i-Jls  et  2°  'i!    ^'■s>    ^^^ijdé 

L^Ac  {::jjJ^,  il  faut  savoir  que  les  Arabes  ne  font  point  l'amour 
de  la  mrme  façon  que  nous  autres.  Ils  sont  à  genoux  devant  la 
femme  dont  ils  relèvent  les  jambes.  Voilà  pourquoi  on  dit:  Asti 
'^i^^^j  ij^}  il  était  assis  entre  ses  jambes.  Houdas-Marçais  ne  tra- 
duisent que  le  troisième  passage  d'une  fliçon  à  peu  près  exacte  par 
fêlais   déjà   entre   ses  jambes  II  p.  9G.  I.  el-Mogâwir  dit  de  même: 

»U'  ^J^  J^-^'  i-Xjiiw  U;.^  Axi^  Uj  "^Li»  Io'ls,  v.  plus  loin  et 
GI0.SS.  s.  v.  lAxi  .  Le  chameau,  en  saillant  la  chamelle,  est  assis  de 
la  même  façon;  voyez  planche  plus  loin.  Ceux  qui  ont  adopti-  la 
théorie  de  G.  Jacob  sur  la  provence  des  mètres  en  arabe,  Studien 
in  arab.  Dichtern  II  p.  dOG,  idem  ABL  p.  181,  diront  peut-être 
que  c'est  le  chameau  qui  a  appris  aux  Arabes  la  posture  du  coït! 


838 

aÎ>:  ne  se  rapporte  pas  moins  au  prix  de  la  défloraison. 
Cette  idre  étant  contraire  aux  préceptes  de  l'Islâm,  le 
mahr  une  fois  payé,  les  savants  orthodoxes  y  ont  vu 
autre  chose,  plus  en  harmonie  avec  leur  doctrine. 

Les  Bédouins  ne  déflorent  jamais  avec  le  doigt,  comme 
en   Syrie  et  en   Egypte   (voyez  plus  loin).  Ils  montrent 

le  plus  grand  respect  vis-à-vis  du  „i,  qu'ils  ne  regardent 
même  pas.  Je  demandai  à  mon  datînois  Fadl,  qui  est 
marié  depuis  plusieurs  années:  „Comment  est  le  „ji  de 
vos  femmes?"  —  „Je  ne  le  sais,  je  ne  l'ai  jamais  vu", 
fut  sa  réponse.  Les  Bédouins  ont  grand  soin  de  ne  pas 
montrer  les  parties  génitales.  Ils  sont  en  général  très 
pudiques  dans  leurs  gestes  et  leur  langage.  Plus  à  l'ouest, 
à   Aden   et  au  Yéman,  le  cadeau  en  question  a  le  nom 

de  i^Lyo,  ce  qui,  comme  sens,  correspond  à  notre  Mor- 
gengahe.  Snouck,   Mekka   II   p.   186,  nous  apprend  qu'à 

Mekkah  on  dit  iL^v>^  ou  'i><^.>^  et  que  le  mari  le  donne 
le  lendemain  matin  après  le  dt'jeuner.  Ce  déjeuner^  auquel 
sont   conviés   parents  et  amis,   souvent   toute  la  tribu, 

grands  et  petits,  s'appelle  justement   à  Aden    'i^^'.j^   et 

en  Dt,  -yyo. 

Avec  la  pauvreté  des  Bédouins,  le  mahr,  pour  ne 
pas  parler  du  tama'^,  n'est  pas  toujours  possible.  Sou- 
vent la  fille,  quœ  nihil  secum  athiUt,  prœter  libertatem 
pudicitiamque,  comme  dit  Tite  Live,  ne  reçoit  qu'une 
petite  chose  de  minime  valeur.  Mais  il  faut  qu'elle  reçoive 
quelque  chose.  Cela  est  en  conformité  avec  la  Sounnah, 
qui  doit  représenter  une  ancienne  habitude  orientale.  Boh. 
VII  p.  19  et  20,  nous  raconte  que  le  Prophète  admettait 
que  le  mahr  devait  se  donner,  ne  fût-ce  qu'une  bague 


839 

en  fer  ou  le  poids  d'un  noyau  de  datte,  même  un  verset 
du  Qorân.  L'histoire  est  jolie.  La  voici  selon  Bohârî  YII 
p.  19  et  p.  20,  2  et  ss./)  Fath  el-Bârî  IX  p.  179  et  s.: 

„  Une  femme  vint  chez  le  Prophète  et  s^o^rit  à  lui. 
„Je  n^ai  pas  besoin  de  femmes  aujourd'hui^  répondit 
le  Prophète.  Un  homme  dit  alors:  „0  Messager  de 
Dieu!  Marie-la  avec  moi'\ —  „ As-tu  quelque  chose  ?"  — 
„N^onf"  —  fiVa  chercher  quelque  chose,  ne  fût-ce 
quune  bague  en  fer"  Ils^en  alla  cliercher.  Ensuite,  il 
revint  et  dit:  ,,Je  n\ii  rien  trouvé,  pas  même  une  bague 
en  fer  y  —  „Sais-tu  quelque  chose  du  Qorân  ?"  —  Je 
sais  telle  sourat".  —  ,,  Va-t-en,  car  je  te  la  donne  en 
mariage  pour  ce  que  tu  sah  du  Qorân."  Une  histoire 
analogue  Boh.  VII  p.  12.  L'esclave  Sâlmîn,  dont  j'ai 
déjà  parlé,  ne  pouvant  plus  se  tenir  tranquille  sur  la 
chaise,  me  lâcha  subitement.  Trois  jours  après,  il  revint, 
marié  à  une  noire.  „Que  lui  as-tu  donné  en  mahr?" 
lui  demandai -je.  —  „Une  poignée  de  sel,"  répondit-il  laco- 
niquement. C'est  qu'il  travaillait  dans  la  mail  â  h  ah 
d'Aden  !  Le  Prophète,  lui-même,  ne  pouvait  donner  grand' 
chose,  car,  à  un  certain  moment,  il  ne  possédait,  malgré 
ses  neuf  femmes,  qu'un  sa"  de  blé,  Boh.  III  p.  142. 
Tout  ce  monde  vivait  de  dattes,  d'eau,  ibid.  p.  153,  et 
du  lait  des  brebis,  'i^J^,  qu'on  lui  prêtait.  Cela  changea 
cependant  bien  vite,  et  les  Juifs  de  Heybar  devinrent 
la  première  source  de  la  richesse  extraordinaire  de  la 
famille  du  Prophète. 

On   ne   marie  pas  la  fille  avant  l'ilge  de  15  ans.  Le 


1)   J'ai   réuni    les  deux    versions,   p.   1U    et  p.  20,  qui  ne  diiïèrent 
que  de  quelques  mots. 

57 


840 

Prophète  épousa  ""Aïéah  lorsqu'elle  n'avait  que  neuf  ans. 
Le  pucelage  est,  dans  tout  l'Orient,  la  chose  précieuse 
que  toute  fille  doit  garder  intacte  jusqu'au  jour  de  son 
mariage.  Dans  mon  Arabica  I  p.  83,  j'ai  relevé  l'asser- 
tion de  Snouck  qui,  dans  ses  M  S  p.  72  note,  soutient 
que  „les  Arabes  attachent  bien  moins  d'importance  qu'on 
le  prétend  à  la  virginité."  Wellhausen,  Ehe  p.  473,  répète 
cela  pour  l'antiquité  arabe.  Jacob,  A  B  L  p.  54,  a  déjà 
avancé  que  cette  opinion  est  exagérée.  Si  les  savants 
de  Leide  et  de  Gôttingen  veulent  dire  par  là  que  les 
Arabes  épousent  aussi  des  femmes  divorcées  ou  veuves, 
ils  ont  parfaitement  raison.  Cela  se  fait  dans  le  monde 
entier.  Mais  s'ils  croient  que  le  pucelage  ne  joue  pas  un 
rôle  prédominant  lorsqu'on  épouse  une  jeune  fille,  ils  ont 
tort.  Wellhausen,  o.  1.  p.  448,  dit  lui-même:  „Les  vier- 
ges ont  un  prix  plus  élevé  que  les  veuves  et  les  divor- 
cées." Je  crois  que  nous  avons  deux  points  de  vue  dif- 
férents. Moi,  je  ne  parle  que  de  la  jeune  fille  qui  se 
marie,  tandis  que  mes  deux  honorables  confrères  parlent 
des  femmes  en  général.  Qu'on  lise  ce  que  j'ai  écrit  dans 
mon   Arabica   1   p.   83   et  s..   Une  vierge^  dans  le  Sud, 

n'est  pas  appelée  ^<j,  qui  ne  se  dit  que  de  la  '!^f,  agnelle 

n'ayant  pas  encore  mis  bas.  X»  c>wo  appartient  au  langage 

du  Nord.  Les  Bédouins  du  Sud  l'appellent  t^Àc,  pi.  ^J^^ 

et  la  vvi^  classique  y  est  -^L=>,  pi.   -j^,  ou  -^^.f>,  parce 

que  -yi  ^j^  ^:.>^f>-  La  prescription  du  Prophète  de 
donner  sept  jours  à  une  vierge  et  trois  seulement  à  une 
femme  veuve  ou  divorcée  n'implique  pas  nécessairement 
que  la  première  était  plus  estimée,  mais  qu'on  a  plus 
de  plaisir  avec  elle  qu'avec  l'autre.  Il  pensait  du  moins 


841 

ainsi,  lui,  et  cela  est  devenu  une  Sounnah  islamique. 
Si  le  mari  découvre  que  la  fille  n'est  pas  vierge,  il  la 
répudie;  le  père  doit  rendre  le  tama"^,  et  la  fille  le 
mahr,  ainsi  que  tout  ce  que  le  harîw  lai  a  donné. 
Aussi  dans  le  Nord,  Burckhardt  B  W  p.  88  et  ss..  Le 
Prophète,  fin  connaisseur,  épousa  bien  des  femmes  non 
vierges,  mais  les  vierges  qu'il  avait  prises  pour  femmes 
auraient  été  immuablement  renvoyées  s'il  avait  constaté 
que  le  pucelage  était  déjà  perdu.  Dans  les  milieux  hadar 
du  Nord  et  chez  les  chrétiens  de  la  Syrie,  il  y  a  encore 
l'habitude  que  les  parents  attendent  dehors  que  le  mari 
vienne  les  informer  qu'il  y  avait  du  sang.  Je  pourrais, 
à  ce  sujet,  raconter  bien  des  épisodes  que  j'ai  vus  devant 
mes  yeux.  La  pièce  justificative  du  mouchoir  ensan- 
glanté est  confirmée  par  le  récit  d'Ahmed  Fâris  es-âidyâq 
dans  son  livre  fort  intéressant  vjLJ'  J.£  o*^'  P*  ^79. 
Les  Syriennes  ne  se  sont  jamais  distinguées  par  leur 
chasteté:  l'histoire  de  Julia  Domna  est  bien  connue. 
C'est  là  du  reste  une  coutume  ancienne,  car  l'exhibition 
coram  populo  de  cette  pièce  justificative  est  même,  dans 
un    certain   cas,    loi    en    Israël,    Deut.    22,    17  et  ss.  : 

•  T      ■■!......         T  :    •  :  T       ' 

L'égalité  de  naissance  ^)  est  devenue  bien  moins  impor- 
tante avec  l'introduction  de  l'Islam.  Un  qabîlî  préfère 
bien  une  qabîlîeh,  et  surtout  un  bint  "a  m  m,  cousine 
plus  ou  moins  éloignée,  contribule,  mais  il  prend  femme 


i)   Ce  qui   sonne  en  arabe  parlé:  ujL:^!    «y^ir    *i-»-C«X-L^   î^^^ 

û  - 

r 

2)  Class.  jÀi'.  Je  ne  connais  pas  de  substantif  pour  cette  idt'e  dans 
les  dialectes  bédouins. 


842 

là  où  l'intérêt  ou  l'amour  le  conduisent.  Par  contre,  il 
ne  donne  jamais  sa  fille  à  un  hêk  ou  à  ceux  qui  se 
trouvent  sur  la  même  échelle  sociale  que  le  hêk.  Nous 
faisons  bien  de  même  en  Europe.  Un  muslim  peut  épouser 
une  femme  des  Ahl  el-Kitâb,  mais  non  vice-versa. 
Les  membres  de  la  même  tribu  sont  tous  égaux,  «AjAj, 

jfP>,  entre  eux.  Les  iÇo:,  d'une  tribu  ne  sont  point  en- 
globés dans  cette  égalité.  Une  tribu  est  plus  noble  qu'une 
autre.  Ainsi,  parmi  les  ''Ôlah,  ce  sont  les  ""Ôlahîn  el- 
Kaur  qui  jouissent  de  la  plus  grande  considération,  et 
chez  les  "Olat  el-Bahr,  les  Ahl  Sâleh  ont  la  pré- 
séance. Dans  les  familles  aisées,  on  tient  beaucoup  à 
l'égalité  de  naissance  de  la  femme.  Il  y  a  aussi  une 
aristocratie  arabe,  tout  comme  chez  nous.  Les  anciens 
Arabes  étaient  sans  doute  plus  difficiles  que  les  Bédouins 
actuels,  s'il  faut  en  croire  Hamâsah  p.  261,  10  et  ss., 
lorsque  les  B.  Bedr.  refusèrent  de  donner  une  de  leurs 
filles  en  mariage  à  Zeyd  b.  ^Uyeynah,  parce  que  sa  mère 
était  esclave.  Les  temps  ont  bien  changé  par  l'Islam  :  la 
soi-disant  khédîwah  d'Egypte,  la  femme  du  khédîw  actuel, 
était  une  esclave,  laveuse  du  harem,  et  les  dames  du 
corps  diplomatique  du  Caire  vont  faire  la  pirouette  devant 
elle  !  C'est  dégradant  !  C'est  dégoûtant  !  '). 

Bohârî  VU  p.  15^)  rapporte  une  tradition  de  ""Âïéah. 
Ce  petit  cours  d'éthologie  préislamique  est  fort  intéres- 
sant.  Il  est  évident  que  la  femme  fougueuse  et  vindi- 


4)  Aussitôt  que  ''Abbîis  pacha  devient  khédrwi,  sa  mère  lui  fit 
cadeau  de  trois  femmes  esclaves.  C'est  à  peu  près  la  situation  du 
CH  §14G.  Mais  l'Islam  a  les  manches  larges,  et  les  Européens  en 
sont  charmés! 

2)  K.  en-Nikâh  JJ^L.   ^î   ^Ki   ^    Jà'   ^   ^\j. 


843 

cative  du  Prophète  n'en  est  pas  l'auteur.  Mais  on  la  lui 
a  attribuée,  comme  tant  d'autres  Traditions. 

Abu  Zakarîyâ  el-'Âmîrî  \  -f  893,  dans  son  JiLs^î  x.^uj 
JoLo'^t  's^*),  p.   4   de   mon   ms.,   cite  tout  l'article,  qu'il 

commence   par  ■^y.\  Jb",  sans  faire  mention  d'el-Bohârî! 
Je    crois    utile   de   repoduire  ici  le   texte   d'el-Bohârî, 
dont  l'importance   a  déjà   été  signalée  par  Wilken,  Das 
Matriarchat  p.  2.5,  et  Rob.  Smith,  Kinship'  p.  132. 

(j^Ui!     UG    L^^L^  ^'ljCls  ^L^'Î  wu^!  ^  ^  :<Jl5^'i4l  ^  ^bCd! 

?"  ' 

^j^  o^   \ô>\   {- kÎS/^   ^yJè-i,   jc>yî   ^i^  ^\    _,LjCJ3  .  L^^;^ 

«.*:2-yl..vo"    (^_o3J!    i3^y'    *èJiO    ^yt    ^Ju^    cyn-^    ^S"^    '*^^   '-f»*^'*tî 
tiUô  JjiÀj  L*j]_5   i»,o!   !o!   1^3;   L^L^'   '-éJ^*-^  \ry^  '"^^ 


L^AAAOJ    ^di'    sîit     Jv£    o^Jli>AAS    syiijtji    jj3L>    Lo    J3^_j!    «.«JC^. 
vi>JLw.!    LjJU^»    «.a:^"    ,..t    lXju    JLi    l-,i:4^     -^i    i,j^Jt-Cs53    o^i?"    !jl3 

■^    ^^^-^    ^t  owUl  1^^.  ^"J^.^yt  (3^ 


1)  Brockelmann  G  A  L  II  p.  72. 

2)  LA  IX  p.  3G1,"a:iùyi!   3!    iOC^'bJ. 

3)  Var.  :  *joo,  comme  l'a  supposé  Wellhausen,  die  Ehep.  4G1  notel, 
mais  I.  Hagar  a  aussi  w. 


844 

^y  i>  o^  c/  ^'^^'  ô-^^  ^''^  a^  îr^^'  "^  »V' 

Ze  mariage^),  du  temps  de  V Ignorance,  était  de 
quatre  espèces.  1°  Le  mariage  des  gens  d'aujourd'hui. 
Un  homme  demande  à  un  homme  sa  pupille  [ou  sa 
JiHe]*)  en  mariage,  et  il  lui  (à  elle)  donne  la  dot; 
ensuite  il  V épouse.  —  2°  Un  homme  dit  à  sa  femme  *), 
lorsqiielle  s'est  purijiée  de  ses  menstrues^):  ^Envoie 
quelquhm  à  un  tel  et  demande-lui  de  coiter  avec  toi,''' 
Le  mari  se  retire  alors  d^elle  et  ne  la  touche  plus 
jusqu'à  ce  que  sa  grossesse,  par  le  fait  de  Vhomme 
à  qui  elle  a  demandé  le  coït,  soit  évidente.  Alors,  la 
grossesse  étant  évidente,  le  mari  jouit  de  sa  femme,  si 


\)  I.  el-Hagar  el-Asqalânî,  el-Fath  el-Bâri  IX  p.  159:  _^3  wàjUlt 
&Âa3i    ,0%   lXJ^'Li    JJjJî    KjJJ^    ^f^-    o^^  •    Le   Qâif  (qôf)   est 

peut-être,    midaiis    mutandia,    le    successeur   du    qépu   babylonien, 
Winckler  Geschichte  Bab.  u.  A.ss.  pp.  297;  idem,  Die  jvingsten  Kiimpfer 
wider  den  Panbabylonismus  p.  41  ;  idem,  K  A  T^  p.  470  et  s.. 
2j  Var,:  iCCJ'jJ'j.  I.  Hagar  0.  et  1. 1.:  ^L*2L'i    -b^î    Jj^Îj. 

3)  Je  traduis  rX^  par  mariage,  quoique  cela  soit  erroné.  C'est 
co'itus,  mais  comme  tout  J^  dans  le  Qoràn  est  .io^jj,  L  A  III 
p.  465,  6  d'en  bas,  je  suis  cet  exemple.  L'inexactitude  de  cette  tra- 
duction ressort  clairement  du  texte  d'I.  Ha^ar  rapporté  ci- après. 
j?0o  s'applique  aussi  à  la  femme,  Boh.  VII  p.  43,  3  d'en  bas,  I 
Sa  d  VIII  p.  G3  en  bas. 

4)  Variante  du  texte  primitif  de  la  Tradition. 

5)  ou  à  son  esclave  femelle,  selon  l'addition  de  L  A  IX,p.  36i,", 
G)  Voyez  sur  cela  Rob,  Smith  Kinship*  p.  133  note. 


Il 


845 

cela  lui  lylaîL  II  ne  fait  cela  qiûen  vertu  de  son  désir 
d'avoir  un  enfant  sain  ^),  Ce  numage  s\ip2wlle'iiii'kàh 
el-istibdâ". — 3°  Un  çertahi  nombre  d^ hommes,  mais 
pas  plus  de  dix,  se  mettent  ensemble  et  „enirent  chez'' 
une  femme  dont  ils  jouissent  tous^).  Si  elle  devient 
enceinte  et  met  au  monde  un  enfant^  elle  envoie  dire 
a  ces  hommes,  quelque  temps  après  sa  délivrance,  de 
se  réunir  chez  elle,  sans  qiCun  seul  d'entre  eux  puisse 
se  refuser  a  faire  acte  de  présence.  Elle  leur  dit 
alors  :  „  Vous  connaissez  bien  ce  qui  est  ai^rivé  par 
votre  fait  :  c^est  que  fai  eu  un  enfant,  et  il  est  à  toi, 
un  tel.''''  Elle  nomme  alors  celui  qu'il  lui  plaît  de  désigner 
par  son  nom.  L'enfant  lui  est  atti'ibué  sans  quHl puisse 
s^y  refuser.  —  4°  Un  grand  nombre  cVhommes  entre- 
tiennent, en  même  temps,  des  relations  avec  une  femme 
sans  qiî'elle  refuse  ses  faveurs  à  celui  qui  la  visite. 
Ce  sont  là  les  putains  qui  attachent  des  guidons  à  leurs 


\)  LXiyt  ^L^  ne  saurait  se  traduire  par  y>nohle  progéniture^'' 
comme  le  fait  Wilken,  car  l'enfant  ne  pouvait  devenir  plus  noble 
pour  avoir  été  procréé  par  l'autre,  car  il  devait  appartenir  au  lit 
du  premier.  Les  musulmans  envoyaient  leurs  enfants  pour  être  élevés 
chez  les  Bédouins  ôoy]    iûLs^Aj  pour  que  V enfant  devint  sain  et  fort. 

2)  C'est  sans  doute  de  cette  espèce  de  mariage  dans  l'Arabia  Félix 
que  parle  Strabon  :  «Tous  les  membres  d'une  association  matri- 
moniale, ffvyysvelç,  ont  une  propriété  en  commun,  mais  le  plus  âgé 
en  est  le  chef.  Il  y  a  aussi  une  femme  pour  tous.  Celui  qui  vient 
le  premier,  jouit  d'elle;  il  met  le  bâton  devant  la  porte  —  chacun 
a  l'habitude  de  porter  un  bâton  — ,  mais  elle  passe  la  nuit  chez  le 
plus  âgé;  tous  sont  frères  les  uns  des  autres.  L'adultère  est  puni 
de  mort.  Adultère  est  celui  qui  est  d'une  autre  famille",  c'est-à-dire, 
qui  ne  fait  point  partie  de  cette  association,  yévoç.  De  Lagarde  Mittl. 
II  p.  G7.  Wellh.  Ehe  p.  4G2. 


846 

portes^  en  guise  cVenseigne.  Celui  qui  veut  avoir  affaire 
à  elles,  entre  chez  elles.  Si  alors  une  de  ces  femmes 
devient  enceinte  et  met  au  moj,ide  un  enfant,  les  hom- 
mes quelle  a  eus  sont  réunis.  On  appelle  les  augures, 
et  on  attribue  V enfant  a  celui  que  ceux-ci  regardent 
comme  le  père.  H enfant  lui  reste  attaché,  il  est  appelé 
son  fils,  et  Vhomme  ne  s'^y  refuse  jjas." 

L   Hagar  el-Asqalânî,   dans   son  ..^^x^  ^^  ^J^''  -^^ 
;_cjL^uJt,  IX  p.  157,  commente  cette  „tradition"  en  disant: 


^p*^    Q^    y^!    vj^JLiit    Oj.^    f^^i    -byi    \as    (jr^t    -lAc 

Ed-Dâwûdî  et  d'autres  ont  dit:  „Il  lui  (à  '^Âisah)  reste 
des  espèces  dont  elle  n'a  pas  fait  mention.  1°  Nikâh 
el-hidn,  auquel  se  rapportent  ces  mots  du  Qorân  „et 
qiC elles  n'aietit  point  d'amants."  C'est-  qu'on  disait:  B 
n'y  a  pas  de  mal  à  ce  qui  se  fait  en  cachette^  mais  ce 


1)  Qor.  41,  29;  et  5,  7:  q'^X=»(   ^^J>J^   %. 

2)  Pur  cette  locution  L^JLc   aJ    ^-^^    voyez  p.  848  note. 


847 

qui  se  fait  ouvertement  est  blâmable.  2°  Nikâh  el- 
mufah,  dont  l'explication  a  déjà  été  dotmée  précédem- 
ment. 3°  Nikâh  elbadal.  El- Dâraqotnî  a  rapporté  une 
Tradition  d'Abu  Horeyrah  ainsi  conçue:  el-badal,  au 
temps  de  l'Ignorance,  consistait  en  ceci:  un  homme  dit 
à  un  autre:  „Cèdemoi  ta  femme,  et  je  te  céderai  la  mienne, 
et  autre  chose  pardessus  le  marché."  Mais  son  isnâd 
est  très  faible.  A  cela  je  réponds  ceci:  n°  1  n'a  pas  été 
cité,  car  elle  ('Âïsah)  voulait  seulement  parler  du  nikâh 
de  celle  qui  n'a  pas  de  mari  ou  de  celle  à  qui  le  mari 
a  permis  de  faire  ainsi;  n°  2  n'a  probablement  pas  été 
cité,  parce  que  ce  nikâh  est  prohibé  comme  étant  fixé 
pour  U7i  certain  temps,  ce  n'est  pas  que  la  non  inter- 
vention du  wali  y  soit  une  condition.  La  raison  de  l'omis- 
sion du  n°  3  est  encore  plus  évidente  que  tout  le  reste. 
Si  l'on  traduit  partout  _bo  par  coït  ou  cohabitation, 
toute  difficulté  disparaît.  Ce  n'est  que  le  n°  1  qui  parle 
d'un  mariage  légal:  J^î  „bCj.  Tout  le  reste  ne  roule  que 
sur  les  différentes  formes  du  nikâh  qui  ne  tombent 
pas  dans  cette  catégorie,  soit  la  polyandrie  ou  l'hétairisme, 
soit  l'amour  libre.  Le  nikâh  el-hidn^)  est  tout  sim- 
plement jjVivre  en  concubinage",  selon  nos  idées  religieuses, 
ou  „avoir  un  amant".  Wellhausen  dit  avec  raison,  Ehe 
p.  470:  „Das  Verhâltniss  ist  nicht  unedel:  eine  sadîqah 
ist  durchaus  keine  Hure."  Je  renvoie  à  l'excellent  ouvrage 


1)  II  est  intéressant  de  constater  que  les  mots  qui  désignent  celui 
qui   s'occupe   de   la  femme,  d'une  façon  ou  d'une  autre,  sont  sur  le 

o  ~  o 

paradigme    Jjù,   tels  que  wv>,    I  Sa'd  IV,  i  p.  42,  oJo    LAI 

Où  O  o  o  o  o 

p.  352,  ^^Jci>,    ^-^li=>,    L-JJ>,    ^j,   y^,   ^^^^   gJo   v^3,   Syrie, 
ouï,  Afrique,  =  ^J^-tri  tém.  *^j. 


848 

de  Wilken  p.  25  et  ss.  où  l'on  trouvera  d'autres  faits 
qui  se  rapportent  à  cette  matière.  11  faut  étudier  la 
question  de  la  fraternisation  des  anciens  Arabes,  dont 
j'ai  parlé  p.  311  et  ss.,  pour  savoir  si  elle  pouvait  aussi 
impliquer  une  communauté  ou  un  échange  de  femme 
entre  les  deux  „ frères",  comme  le  croit  WelJhausen  Ehe 
p.  461.  Bob.  VII  p.  4:J^^jj   Ji  ^i   s^^}  J^J!  Jy  ^t. 

(^  b^  dVJ  J  j!  j:s>  o>^ui  semble  donner  un  certain  appui 

à  une  telle  supposition.  De  l'histoire  y  racontée  de  la 
fraternisation  de  "Abd  er-Rahman  b.  ^Auf  avec  l'Ansfiri 
médînois  Sa'd  b.  er-Rabi",  Wellhausen  en  déduit,  avec 
peu  de  logique,  un  fait  général,  en  disant:  „Lorsque  les 
Médînois,  au  commencement  de  la  higrah,  conclurent  le 
pacte  de  fraternité  avec  les  Mekkois  immigrés,  ils  vou- 
laient aussi  partager  les  femmes  avec  eux,  de  même 
qu'ils  partageaient  avec  eux  leurs  maisons."  Wellhausen 
généralise  ici  un  fait  isolé,  qui,  par  le  récit  d'Ibn  Sa'^d 
III  I  p.  A  A  et  s.  prend  un  tout  autre  aspect.  S.  b.  er- 
R.  offrit  bien  à  son  „frère"  mekkois  une  de  ses  femmes, 
mais  il  la  répudia  d'abord,  o.  1.  p.  89,  5,  et  alors  tout 

fut  en  règle.  Il  lui  offrit  une  partie,  ^,  de  ses  biens, 
parce  qu'il  était  le  plus  riche  d'el-Medînah,  et  cela  était 
joli  de  sa  part. 

Quant  au  Nikah  el-badal,  il  ne  doit  pas  être  sans 
fondement,  malgré  „risnâd  faible."  Selon  R.  Schmidt, 
L  E I  p.  544,  il  est  encore  pratiqué  chez  les  Dayak  de 
Sidim,  dans  la  partie  ouest  de  Bornéo. 


1)  La  locution  Lj-sc  aÎ  Jij  était  le  terme  technique  pour  la  ces- 
sion de  la  femme  ;i  l'ami,  v.  p.  84G.  I3oh.  III  p.  53,  1  ;  1.  Fa'd  IV, 
I  p.  60,  •*. 


849 

Les  enlèvements  sont  très  communs  dans  le  Nord,  v»Jik>, 
et  le  Sud,  (ji.L^,  o.  L'enleveur  se  rend  alors,  avec  la  fille, 
chez  un  ami.  Si  elle  a  été  enlevée  de  son  propre  gré, 
elle  doit  entrer  la  première  dans  la  tente  de  l'ami,  sinon, 
c'est  l'homme  qui  y  entre  le  premier.  On  leur  offre  une 
dabîhah;  on  leur  donne  une  tente  où  la  consommation 
du  mariage  a  lieu,  si  la  famille  a  consenti  à  l'enlève- 
ment. Au  cas  contraire,  l'ami  tâche  d'arranger  la  chose, 
ce  qui   réussit   presque  toujours.   Dans  le  Sud,   les  Bâ 

Kâzim  surtout,  pratiquent  l'enlèvement  :  i'^wjJi  oT^-^- 
ou  t'uvjJ;   oy^"  ^^  ^^  ^^^  ^^^^  '  '^'-^'   (-^^  ^'^^  ^  <\=>^^ 

jû  :;^>  -         o  —  û  -G^  w  J  5 

-f- 
,LJLc    5-^-r!    ^=^3    o^lijj    iOLo    j^'JaLoJ)    ^^3     w*"^'    JVjLc    J.Î 

Un  homme,  à  Abijan,  enleva  une  femme  mariée  à  un 
autre  d'Ahyan.  Celui  qui  l'avait  enlevée  vint,  avec  celui 
à  qui  elle  avait  été  enlevé,  chez  le  sultan  (^"^5),  qui  jugea 
entre  eux  en  prononçant  le  divorce  et  la  restitution  de  la 
dot  au  mari.  L'enleveur  est  ^^  et  le  mari,  ^y^j  v. 
p.  824.  Les  faits  accomplis,  on  donne  la  -s^.,  comme  on 

appelle  le  tama*"  chez  les  Bâ  Kâzim,  au  père  ou  au 
tuteur  de  la  fille.  Si  elle  est  mariée,  comme  dans  le  pre- 
mier récit  de  ce  recueil,  on  offre  la  riswah  et  la  ka- 
sîrah  au  mari.  Les  Bâ  Kâzim  ont  des  habitudes  sau- 
vages, comme  ils  ont  un  langage  particulier.  Au  Heu  de 
ii)j,  ils  disent  ^,  i:  bâ  te'arrini  bibhillis')  veux-tu 
me  laisser  f enfiler?^) 


\)  Conversation   interceptée  jiar  un  sMj  de  Dt,  à  propos  d'une  his- 
toire d'amour  d'un  Kâziniite.  En  arabe  et  en  hébr.,  je  ne  trouve  rien 


850 
Le  cortège  nuptial,  vufJtÇia'yu'yîx,  qui  est  pratiqué  là  oià  il  y  a 
les  moyens  pécuniaires,  n'est  pas  appelé  wj  dans  notre  dia- 
lecte,  mais  ,Lyw,  ^L*^,  .^.3  J'  ou  -î^^^.  Mais  on  le  dit 
en  ""Oman,  RO  p.  41,  5  d'en  bas,  p.  276  dern.  1.,  et  en 
H(Jr  chez  les  Hadar.  03,  0,  est  faire  la  ij^  (pas  ioj)  ou 

le  lJI*,  la  danse  des  hommes  et  des  femmes  que  font 
les  hâwî,  pi.  hâw,  en  Dt,  dans  les  mariages.  C'est  le 
v^àx^J!  iij,  parce  qu'ils  ont  un  bâton  oii  est  attaché  un 
morceau  d'étoffe  et  qui  doit  représenter  le  sabre.  Ces 
hâw  se  réunissent  à  une  certaine  distance  de  la  maison 
du  nouveau  marié.  Ils  font  quelques  pas  rapides  en  avant, 
et  s'arrêtent  quelques  instants  et  continuent  ainsi  jusqu'à 
la  maison  du  nouveau  marié,  tout  en  dansant,  chantant 

et  battant  du  tambour,  jJIj.  Les  qabâil  ne  s'en  mê- 
lent pas  et  restent  simples  spectateurs.  Le  nom  provient 
probablement  des  petits  pas  rapides,  car  le  sens  classique 

de  <J\  est  trottiner  à  petits  pas,  dont  j^ij,  danser,  n'est 
qu'un  développement,  L  A  XI  p.  36,  13.  Wellhausen, 
Ehe  p.  443,  dit  „ qu'il  n'y  a  pas  de  traces  dans  l'ancien 
temps,  en  Arabie,  qu'on  soit  allé  chercher  la  fiancée  en 
grande  pompe."  Jacob,  0. 1.  p.  58,  fit  à  cela  la  juste  re- 
marque  que   l'appellation   ^^^^ap,  conduite,    de   la   jeune 

mariée,  implique   sans  doute  le  fait  qu'elle  fût  conduite 


qui   puisse  élucider   ce   sens  de  J^.  J'ai  pensé  que  l'assyrien  bêlu, 
arabe  J^,  aurait  pu  donner  J^,    comme  j'^  et  ^^O;  (jr'J  et  (jiWJ ; 

jLw,    JLw  et  i3>-i^j    demander,    Stumme    T.    Gr.  Gloss.  s.  v.,  Doutté 

TO  p.  48;    }\  et  ^5=:  ibid.  :  oLs  et  OU*.  Simple  hypothèse,  qui  ne 
renferme  aucune  impossibilité  linguistique. 


851 

plus  ou  moins  solennellement  à  la  tente  du  mari  et 
que  le  cortège  nuptial  des  Bédouins  modernes  doit  être 
une  ancienne  habitude.  Les  femmes  conduisirent  Fâtimah, 

^.3^\,  à  'Alî,  I.  Sa'd  VIII  p.  15,  19.  P.  Haupt,  the  Book 
of  Canticles  p.  21.  El-Bohârî  [+256]  VII  p.  22,  ii.  Le 
grammairien   el-Leyt,    contemporain   d'el-Halîl,   et  el-Mo- 

barrad  (-j-  282  ou  285)  mentionnent  bien  ^J^*|fJ\  lJj, 
L  A  XI  p.  37,  2,  Kâmil  p.  180,  9,  mais  cela  ne  prouve 
pas  que   la  pratique  et  la  locution  soient  préislamiques. 

Lane  commence  l'article  ^\  par  où  il  aurait  dû  le  finir 
et  il  ne  cite  même  pas  L  A.  Nous  savons  par  les  cha- 
pitres d'el-Bohârî:   iuJ^îj  JJJÙ)  j.  ^JJî  ^y^  ^U  p.  19 

et  L^;)j  ^\  B^!  ^^.j4?  l^"^!  »>-^S  ^^  p.  22,  L  Sa'd  VIII 

p.  13, 4,  Fath  el-Bârî  IX  p.  174  et  ss.,  que  les  Arabes  étaient 
coutumiers  des  réjouissances  nuptiales.  Le  Prophète  non 
seulement  ne  les  défendit  pas,  Boh  VII  p.  25  :  ^LwjLÎt  ^\J>3 

u«J»J!  ^X!  ^^LxaJIj,  mail  il  ordonna  même  d'accepter  une  invi- 
tation, ibid.  p.  20  et  24  :  ^1  iùb>l  >-jL.,  et  l'on  peut  alors,  avec 

raison,   supposer  que  ce  verbe  comprenait  aussi  une  xbj 

plus  ou  moins  pompeuse.  Je  crois  bien  que  „la  pompe  d'une 
noce  syrienne  devait  paraître  extravagante  aux  yeux  du 
vrai  Arabe",  mais  il  ne  s'ensuit  pas,  comme  le  veut 
Wellhausen,  Ehe  p.  443,  qui  cite  K  A  XII  p.  35  et  s., 
que  les  vrais  Arabes  n'eussent  pas  leur  ziffah  plus 
modeste  et  plus  en  harmonie  avec  la  simplicité  et  le  peu 
de  moyens  des  Arabes  préislamiques.  Voyez  I.  Sa'd  VIII 
p.  171,  20  et  ss.  sur  les  bijoux  de  noces  de  Hind  bint 
'Otbah  et  la  walîmah  de  ^Alî  lorsqu'il  épousa  FAtiiT^ali» 
ibid.   p.   13,  4  et  p.  14,  is.  La  walîmah  que  le  Prophète 


852 

donna  à  l'occasion  de  son  mariage  avec  Zeynab  était  la 
plus  grandiose  de  toutes:  une  sa  h,  I.  Sa'd  VIII  p.  73,  lo  et  s., 

cf.  ibid.  p.  74  sur  la  i:<_c.  L'extrême  mesquinité  de  la 
maison  nuptiale  d'Umm  Salamah,  ibid.  p.  64. 

Un   mariage  n'est   pas   célébré  au   mois  de  sauwâl. 

C'était  là  aussi  une  superstition,  »^,  probablement  fort 

ancienne,  des  Arabes,  Wellhausen  Ehe  p.  444,  LA  13 
p.  400  en  bas.  Le  Prophète  ne  s'en  souciait  pas,  selon 
I.  Sa'^d,  VIII  p.  40  et  ss.,  p.  13,  27,  qui  dit,  sur  la  foi 
d'I.  'Asim,  que  cette  aversion  pour  ce  mois  provient 
d'une   peste  qui  aurait  sévi  dans  l'ancien  temps,  ^^•f-^ 

^^^\  ^y^y'^  ^  Jî^  ^  ^.,  ibid.   p.    41,   22.   La  raison   en 

doit  être  tout  autre.  Dans  le  Sud,  Sy^]  est  =  J^l,  gauche, 
le  j.  étant  devenu  3,  ce  qui  fait  supposer  que  Jyi!  est 

une  forme  très  archaïque,  ^yio!  lXJî  =  bUiJî  lXJI,  la 
main  gauche.  Jotiiî,  gaucher.  Jyi,  biaiser,  ^^-^tj  ^^  c>j^ 
i^jyw  c>^->  l^,  la  pierre  a  biaise,  c'est-à-dire,  tu  n'as  pas 
jeté  droit.  <]^  o'w>,  elle  (la  pierre)  est  allée  en  biais,  de  côté., 
contr.  de  ^  ou  ^^L*«.  En  outre,  ici^,  dans  lalurah,  estla 
queue  du  scorpion  =  iù>^,  et  le  scorpion  est  lui-même, 
totum  pro  parte,  iL^  ou  iJ[^.  Mais  Jy);  n'est  pas  déno- 
minatif de  iu^,  comme  semble  le  croire  Hommel  Z  D  M  G 
45  p.  605  note  2.  Or,  le  mois  de  éauwai  tombait,  lorsque 
la  computation  était  solaire,  au  plus  fort  de  l'été,  ainsi 
qu'il  ressort  de  l'explication  de  LA  13  p.  400,  *  d'en 
bas  et  ss.  ;   cf.  Hommel  0.  et  1.1.  Selon  la  computation 

des   agriculteurs   du    Sud,    l'étoile  JyîJI  (=  class.  xi^l, 


853 

A  et  V  du  Scorpion)  est  la  troisième  étoile  du  ol^II!  jii, 
qui  est  la  première  saison,  de  sept  étoiles,  de  l'année 
agricole.  La  forte  chaleur  et  le  manque  de  lait  des  cha- 
meaux étaient  une  cause  plausible  pour  ne  pas  se  marier. 
Il   peut  aussi  y  avoir  une  autre  raison.  Lorsque  la  lune 

se  trouve  entre  les  v/*^'  'r^^j»  ^^^  deux  cornes^  les  étoiles 

X  et  /3,  cela  est  un  ^j^^  L  A  XVIII  p.  56,  4.  Il  est  de 

mauvais  augure,  ^y^-,  d'être  né  pendant  cette  époque, 
car  on  risque  alors  de  naître  le  prépuce  rabattu,  ce  qui 
était  un  effet  de  la  lune,  Hçlr  p.  696,  LA  VI  p.  426, 7, 
L   Qot.   p.  39,  18,  et  le  ^^j:s>  n'était  plus  alors  possible. 

Voilà  pourquoi  ^cJIjjj  corne  du  Scorpion,  est  au  figuré  = 

&àJlï,  prépuce.  On  est  aussi  tenté  de  voir  en  Jyi  un  très 

ancien    mot  sémitique.  Nous  avons  déjà  vu  que  Jyi^  = 

J^l  est  gauche,  le  côté  des  ténèbres,  le  Nord,  JU-ciJt. 
Osera- t-on  penser  au  ^INt^,  d'étymologie  énigmatique? 

Il  est  très  fréquent  de  trouver,  en  Arabie,  des  hom- 
mes impotents,  ^xJ,  pi.  oLJt  ').  C'est  leur  plus  grand  cha- 
grin. Que  de  fois  on  m'a  demandé  des  pilules  aphrodi- 
siaques! J'en  avais  fait  faire  de  sucre  et  de  fenouil,  qui 
ont  produit  un  grand  effet,  à  ce  qu'on  m'a  dit!  Les 
'Anazeh  m'ont  assuré  que  cette  impotence  provient  de 
ce  qu'ils  montent  beaucoup  à  cheval.  Un  proverbe  bé- 
douin  du  Nord  semble  confirmer  cela:  -i  <v!  Lo  „,^t  w^t,, 

celui  qui  monte  en  selle  n'a  pas  de  vulve  [=  il  ne  peut 
s'en  servir].  On  m'en  donna,  à  Damas,  ce  commentaire: 

1)  Aussi  chaire. 


854 

111  i  birkab  el-heyl  ma  biqdar  'alal-gemâ'^ 
ubibrod  essulb')  ma  bi^ùd  lu  qùwe  lal•gëmâ^ 
U^and  el-'Arab  iza  kân  zà'alet  bint  ""aramu 
minnu  min  qillat  el-gemâ''  tatraku  utérOh  la 
""and  àhelha.  Celui  qui  monte  à  cheval  ne  peut  pas 
coïter,  sa  vigueur  tombe  et  il  n'a  plus  de  force  pour  coïter. 
Chez  les  Bédouins^  si  la  femme  est  fâchée  contre  son 
mari  à  cause  du  peu  de  coït,  elle  le  quitte  et  s'en  va 
dans  sa  famille.  On  trouvera  une  jolie  anecdote  sur  ce 
sujet  dans  le  livre  du  Pseudo-ôâhiz  K.  el-MaMsin  wa 
el-Addad,  éd.  v.  Vloten,  p.  358,  7  et  ss..  Bohârî  VIT  p.  56 , 

oj>3  ù"  J  UcJLi  'Lisill:»  !i'  v_j1j,  rapporte  l'histoire  de  la  femme 
qui  vint  se  plaindre  au  Prophète  parce  que  son  nouveau 
mari  avait  une   verge   qui  n'était  plus  qu'une  frange, 

^jil)  ioAs^;  aussi  Boh.  TU  p.  168  =  1.  Sa'd  VIII  p.  335/6. 
Le  terme  classique  est  âs^,  I.  SaM  III,  i  p.  288,  e,  et 

dans  le  Sud  on  appelle  cette  faiblesse  iix^^J'  ^y>  .^^^^', 
être  impotent  dans  l'intimité  d'une  femme,  parce  que 
o'-«  wj*  L'impotence  est  partout  une  cause  de  divorce. 
La  femme  ne  rend  pas  alors  le  mahr,  et  le  père  garde 
le  tama^ 

La  sensualité  des  Arabes  est  énorme,  mais  leur  capa- 
cité phallique  l'est  encore  davantage,  comme  le  disait 
déjà  Ammianus,  v.  plus  loin.  Le  thème  dU,  »d5\J,  déve- 
loppé en  ^<j,  a  toujours  été  à  la  tête  du  vocabulaire  de 
tous  les  peuples  orientaux.  Il  n'a  pas  encore  eu  son 
histoiien,  ce  que  je  regrette  infiniment,  car  toute  l'anti- 


1)  wJ^ojf,  les  (leniièrcs  vertèbres  de  Vépine  dorsale:  \oyez\\e\\h. 
Ehe  p.  457  note  2. 


855 

quité  sémitique  n'était  qu'un  culte  de  l'amour  charnel. 
Je  n'ai  pas  besoin  de  rappeler  ici  quelles  facilités  les 
Musulmans  ont  pour  satisfaire  leur  priapisme.  Le  Pro- 
phète a  réglé  tout  cela  et  il  a  donné  le  bon  exemple. 
Mais  il  n'avait  pas,  lui,  besoin  de  o^:  il  choisissait 
tout  bonnement  la  femme  qu'il  voulait  avoir.  Et  il  avait 
tout  de  suite  un  verset  qoranique  dans  la  manche  pour 
justifier  le  choix  d'une  nouvelle  femme,  I.  Sa'd  VIII 
pp.  8,  111,  112  et  122.  Boh.  I  p.  58  =  trad.  I  p.  103 
[=1.  SaM  VIII  p.  139]  nous  raconte  sur  la  foi  d'Anas 
b.  Malek:  Kt'w^î  j.  »^u^  J^  ^Ju  jJL«5  ^Ac  *ijî  JLo  ^_^^î  Ji' 

? 

Le  Prophète  faisait  la  tournée  de  ses  femmes  dans  le 
même  espace  de  temps,  soit  le  jour,  soit  la  nuit  '),  et  elles 
étaient  au  nombre  de  onze.  —  „Etait-il  donc  capable  de 
faire  cela?"  disje  à  Anas.  —  ,,Etitre  nous,  répondit-il, 
nous  nous  racontions  qu'il  lui  avait  été  donné  la  force 
de  trente  hommes"  Et  pourtant  cela  est  au-dessous  de 
la  vérité.  Le  Prophète  dit  lui-même  que  Gabriel  lui  ap- 
porta une  marmite  de  viande  dont  il  mangea.  Cela  lui 
donna  la  force  de  quarante  hommes  pour  cohabiter.  On 
lira  les  désopilantes  traditions  sur  ce  sujet  dans  I.  SaM 
VIII  p.  139  et  LA  s.v.  ^^j^.  Abu  Sofyân  b.  Harb, 
proche  parent  du  Prophète,  l'appelait  el-fahl,  l'étalon, 
à  cause  de  sa  sensualité,  I.  SaM  VIII  p.  70.  Les  Juifs 
reprochaient  au  Prophète  sa  gourmandise,  Boh.  III  p.  154, 
et  la  quantité  de  femmes  dont  il  se  régalait,  mais  le 
Prophète  se  réclamait  de   Salomon  qui  aurait  dit:  „J0 

•1)  La  traduction  de  Houdas-Marçais  n'est  pas  exacte. 

68 


856 

ferai  bien  la  tournée  de  70  femmes  [dans  une  seule  soirée]," 
I.  SaM  VIII  p.  146,  10  et  ss.  Avec  un  tel  exemple,  les 
Musulmans  n'y  vont  pas  de  main  morte.  En  lisant  I. 
SaM  VIII,  on  est  étonné  de  voir  comme  les  femmes 
passaient  d'un  homme  à  l'autre,  et  l'on  constate  avec 
quelle  facilité  on  pratiquait  le  divorce.  Le  premier  Islam 
était  une  vraie  orgie  de  volupté.  Ce  n'est  pas  là  une  des 
moindres  causes  de  sa  rapide  propagation.  Il  faut  partout 
chercher  la  femme.  Les  femmes  de  l'ancienne  Arabio 
étaient  tout  aussi  entreprenantes  en  fait  d'amours.  L'ex- 

plication   que  Meydânî  nous  donne  du  proverbe  ^y^  c.y^'i 

x>.L=>  ^t  _lXj  montre  la  liberté  qu'avaient  les  femmes 
d'alors,  en  même  temps  que  leur  insatiabilité  amoureuse. 
Les  Babyloniens  avaient  la  même  latitude  pour  se  satis- 
faire avec  leur  co-femme  et  leurs  esclaves,  selon  le  C  H 
§§  144  et  145.  Un  chef  datînois  m'a  confié  que,  pen- 
dant quarante-cinq  ans,  il  avait  sacrifié  sur  l'autel  d'As- 
tartès   tous   les    soirs   et    tous   les   matins,   quelquefois 

davantage.  Un  ^j^^-^^,  dans  un  bain  de  Sayda,  me  ra- 
conta que,  pendant  quinze  ans,  il  avait  eu  commerce 
charnel  cinq  fois  par  jour  avec  sa  femme.  On  comprend 
pourquoi  la  colombe  était  consacrée  à  létar-Astartès- 
Venus  et  pourquoi  nous  parlons  des  roucoulements  de 
nos  amoureux. 

On  ne  doit  pas  oublier  que  le  Sud  de  l'Arabie  a  une 
civilisation  qui  diffère  sensiblement  de  celle  du  Nord. 
Les  grandes  tribus  nomades  n'y  existent  pas.  Nous  y 
trouvons  une  coutume  que  je  n'ai  constatée  que  là. 
C'est  la  redevance  ou  le  cadeau  que  le  marié  doit  don- 
ner lorsqu'il  se  marie.  Dans  le  pays  de  Marhah,  Arabica 


857 

V  p.  53 ,  où  dominent  les  sâdah  de  iN^ii  jl,  une  branche 
des  ^La:^  jT,  V.  d.  Berg  le  Hadhr.  p.  53,  domiciliés  h 
ed-Deymah,  le  ^âqil,  Hoseyn  b.  Ahmed  b.  Seyh,  le  chef 
de  ces  sâdah,  prélève  un  droit  de  un  quré  sur  chaque 
mariage.  A  Ansfib,  on  doit  donner  deux  qurûé  au  sultan. 
En  Harîb,  Arabica  V  p.  81  et  ss.,  l'émîr  prend  part  aux 
mariages,  où  il  se  fait  régaler  avec  ses  soldats  et  „se 
fait  donner  le  droit."  On  envoyait  aussi  à  la  famille  de 
Mohammed  des  cadeaux  en  argent,  I.  Sa'^d  IV  i,  p.  116,*, 
et  les  s  ad  a  h  ne  font  que  réclamer  ce  qu'ils  considèrent 
comme  une  obligation  à  leur  égard. 

En  Datînah,  où  il  n'y  a  pas  de  sultan,  c'est  la  famille 

du  sêh  ''Alî  bâ  Hâlâl,  p.  456,  qui  prend  le  i^yiof  >_j^, 
soit  un  qurs.  Si  quelqu'un  de  la  famille  n'assiste  pas 
à  la   noce,   on   y   envoie   un   serviteur   pour  prélever  le 

taub.  On  appelle  cet  impôt  coutumier  ajLJi  ^_^-,  plus 
rarement  »oLJt  Jac,  -^iJ'  v^'»  comme  en  Marhah  et 
en  Beyhân,  ou  tj^î  ^yi^  Vetoffe  du  voisinage  ou  de  pro- 
tection. Ce  n'est  pas  pour  cela  une  étoffe^  mais  de  l'argent. 
Anciennement,  c'était  sans  doute  une  longueur  d'étoffe^ 

v->^.  On  sait  que  les  étoffes  du  Sud  étaient  renommées, 
et  le  Prophète  se  faisait  payer  les  impôts  partiellement 
en  étoffes.  Cette  coutume  paraît  aussi  remonter  au  loin, 
car  l'ancien  dVJuj"  eut  souvent  lieu  devant  l'autorité  su- 
prême, à  laquelle  on  devait  donner  un  taub  en  recon- 
naissance du  pouvoir.  Wellhausen,  Ehe  p.  482  note  3, 
dit:  „Dans  l'Islam  le  gouvernement  (le  sultan)  a  la  tutelle 
suprême,  à  laquelle  on  en  appelle  en  matières  matrimo- 
niales,  comme  l'avait  de   son  temps  le  Prophète."  Cela 


858 

est  confirmé  par  Bolj.  VIII  p.  17:  ^^î  jyû  ^J*,  ^LLLJî 

^Tyii!  ^J^  A*.a  l^  Lii'U=>3j.  En  Europe,  on  paie  aussi  à 
l'Eglise  un  taub  pour  recevoir  d'elle  la  bénédiction  nup- 
tiale, car  elle  est  encore  le  walî-sultan  de  ses  sujets! 
Wollhausen,  Ehe  p.  465  veut  que  le  v^^  f^'-Sj^"  ^^^^ 
une  forme  particulière  du  mariage,  mais  c'est  le  mariage 
des  pauvres,  qui  n'ont  que  leur  taub  à  donner  comme 
mahr. 

Il   trouve   son  illustration  dans  la  Tradition  Boh.  VIT 

p.  13:  UwÀj  sUÎ  (ji3^  v_jL.,  qui  est  liée  à  celle  que  je  viens 
de  rapporter.  Le  Prophète  dit  à  l'homme  de  se  procurer  au 
moins  une  bague  en  fer  pour  donner  en  m  a  h  r.  Mais  celui-ci 
n'avait  pas  même  cela  et  proposa  de  donner  à  la  femme, 
désireuse  de  se  marier,  la  moitié  de  son  izâr.  Le  Pro- 
phète trouva  cela  peu  pratique  et  maria  l'homme,  qui 
apportait  en  dot  ce  qu'il  connaissait  du  Qoran  :  U^'LlOu 
^^tyiîî  ^yt  (A*x>  Uj.  C'était  certainement  l'habitude  dedon- 
n3r  un  taub,  lorsqu'on  n'avait  pas  autre  chose,  et  le 
Prophète  sanctionna  cela.  Les  parents  mâles  et  les  esclaves 
reçoivent  également  ce  taub,  qui  est  toujours  aussi  en 
argent. 

Nous  avons  vu,  p.  26,  16  et  ss.,  qu'on  présente  au 
nouveau  marié  un  cadeau  qui  est  toujours  en  argent. 
On  place  un  ioy«^  devant  le  harîw,  qui  est  assis,  et 
les  invités  passent  et  y  déposent  leur  obole  appelée  sjJ.i), 
chacr.n  selon  ses  moyens.  On  l'appelle,  à  Aden  et  dans 
le   Yéman,      ^  ou  iaii.  Le    dernier  mot  est  employé 


1)   =  secours.   ^bl^iL   yo   ^o    ^_^   oAs^    Tab.  I  p.  1620, 8. 


859 

aussi  en  Syrie,  où  la  même  coutume  existe.  On  montre 
ce  qu'on  donne  au  harîw.  Lorsque  le  donateur  se  marie, 
il  s'attend  à  ce  qu'on  lui  donne  la  même  somme.  Cette 
habitude  est  confirmée  par  I.  el-Mogâwir,  même  pour 
Mekkah.  Il  dit: 


(_,Jl2^.   'iLjf^    ^^j>    ^y,   ycotJi    J,    (is^^jcl!    J^!  j!yi-  ^j> 
yi>-ou  LLfl    lliiy    j^*^  1^'j  (i)!J>  -J3  Udi   .  .AgL/Jîji    sJiiÀilj   \A«^  J^c 

toLi   u^UJl   ^^   u-L-^^'^   ^^;^%   c^-^^'^   V^^'  ^'^   ^^ 

^t    J^t    ^,ç^    dU.\S3    (   ^_^3    ^_^t3    ^.^j    jL:>yS    ^>.^. 
(j/,Lbj-s    slX--^3   uj-la^^tj    J^"^!    ^J^   xJIîJ^as!    J^  j*^^^^.^  oyîy:a:>»| 

SAÔ<SJ     «OiACj      /^-W»'      .M;^      /*-^      («H'^'      (*"^'      *rV^     LJJJIX/S      ('^    .«f-ilsAX 

^tjj!  ^lil^   ^   ^i*3J._5   LL-a-    ^i^ij^   p^^'!   ^1  (i  u-J^Î  ^jj^.^ 
^*>f^\   ^'^   ^^   ^4-ciJL.  -•j^._5   .i^-v."::^!  ^j^s^Ul   J-^-JLj^   U".^^^; 

3>  J^  u-î;  ('«y-^^  ^  cr^  ^^^'  ^^'  "f^'^-  t^"  ^^' 

Uji    jj\Jl>    .•.»Js*5    *^    lA;"?*:!    l—iiyo    &J    ^/^.    (iUo    lAÀCj    «A— J 

d)  Miles:  xîCo.       2)  Se  rapporte  à  Jc>..  Construction  défectueuse. 

3)  Ms.:   .5-vA^,  qu'on  peut  aussi  lire  .5. aux,  enroulé,  serré, 

4)  Ms.  :  (^««3j*j',  qui  dans  la  Jura  h  a  le  sens  d'cpoitaé,  mais  non 
dans  les  dialectes.  ^J*>•,JtJ\  suivant  rend  cette  correction  nécessaire. 

5)  Avec  Mile.s;  niun  ms.  a  "^jJ^.  =  "^jJ^V  ce   qui    e.st  moin.s  bon. 


860 

^y.  u-f^^   ^if^  cy-^'   ry^'  cr  ^r^jr"   cr  ^3   -^^  ^-^ 
,J^3Jt   jsJ;.^    pv^'   cr   ^^^'^    i'   ;i'   ^3ci>!   ^=J0!   0^!   ÔJ* 

Mention  du  mariage  des  Mekkois.  —  Le  10  de  Dû  el- 
Hig^ah,  Zeyd  demande  la  fille  de  '^Amr  en  mariage,  et 
le  10  d'el-Moharram  chacun  d'eux^)  „entre  chez"  sa  jeune 
femme,  *  publiquement  et  en  pompe^).  Nous  leur  deman- 
dâmes: ,jEt  pourquoi  cela?"  Ils  répondirent:  „Parce  que 
chacun  de  nous  partage  la  vie  des  pèlerins  dans  les  in- 
cidents licites  ou  illicites."  Mais,  les  pèlerins  mie  fois 
partis,  les  dernandes  en  mariage,  les  mariages,  les  fêtes 
de  famille  et  les  festins  de  noces  *)  vont  leur  train  parmi 
les  gens.  Lorsqu'un  homme  des  habitants  de  Mekkah  se 
marie,  après  s'être  acquitte'  de  la  dot,  et  qu'il  veut  „entrer 
chez"  la  femme  (pour  consommer  le  mariage),  il  se  teint 
les  mains  et  les  pieds  de  hinnâ  et  il  se  pare,  ainsi  que 
c'est  l'habitude  de  tous  les  habitants  d'el-Yéman  et  de 
Hadramôf^).  Tous  ses  amis,  ceux  de  sa  famille  et  de  ses 
parents,  font  acte  de  présence.  Il  porte  à  la  main  un 
papier  déployé  où  est  inscrit  le  nom  de  celui  qui  y  est 
venu,  de  même  que  le  poids  des  espèces  et  leur  nombre 
que  celui-ci  remet  en  cadeau  entre  les  mains  du  fiancé, 
chacun  selon  sa  situation  et  ses  moyens.  Les  femmes  font 
de  même.   Le  fiancé  se  rend  au   Temple,   ow  il  fait  les 


1)  Miles:  Oj. 

2)  C'est-à-dire,  tous  les  Zeyd  qui  se  marient. 

3)  Tiaduction  incertaine.  De  Goeje  propose  »y»iaJLi. 

4)  Même  tournure:  ^jJ\~-£^^\»,  _tj_5^!,  p.  709,».  Ji!  e.st  ici  autre 
chose  que  (j^'jC.),  Dans  les  —Lsl  on  donne  aussi  le  tarh.  Ce  sont 
donc  des  fêtes  de  famille,  telles  que  naissance,  circoncision,  etc.. 


861 

sept  Tournées  de  la  Ka'^hah^  prie  deux  r  a  k'a  h  au  m  a  q  â  m 
Ibrahim  et  baise  la  Pierre  noire.  Ensuite,  il  se  rend, 
accompagné  de  personnes  portant  des  cires  '),  à  la  maison 
de  la  future  épouse.  Celle-ci  y  ôte  son  voile,  et  il  con- 
somme le  mariage  avec  elle.  Il  reste  ainsi  sept  jours  avec 
elle.  Le  septième  jour,  il  en  sort,  il  ramasse  tout  ce  qui 
lui  a  été  donné,  le  tarh,  et  cela  lui  sert  de  capital  qu'il 
fait  travailler,  en  ouvrant  une  houtiqiie  dont  il  vit.  Ce 
tarh  est  une  dette  qu'il  a  contractée^).  Lorsque,  ensuite, 
ceux  qui  ont  pris  part  aux  noces  se  marient,  il  est  obligé 
de  leur  rendre  la  même  chose  qu'ils  lui  ont  apportée, 
voire  même  davantage  -).  On  procède  de  même  dans  toutes 
les  autres  co7itrées  du  Yémcm. 
A  propos  du  mariage  dans  le  Negd  yémanite,  il  raconte  : 

3!  Ax<-*  OÏaÏO  q"^^  (■*  ^'j^-  ^  '-H*-^  '-rVJ'^j  ^^j3/-  [•'-^"^ 
..."^iLfl  (^  L-Jf-i^  iî»-r!^  J"^  '^^j*^  ^«^2*?.  iÀaÀa=>5  .  wa-o:  3!  OJ-i^*». 
l^yia^    C"  qJJJÎ    '■éy^\    ^j.'Jo'^    ^\^    î Jîj   j^îj    j»Ljj    îiwX/S    L^iiàxj 


1)  C'est  aussi  la  coutume  des  Chrétiens  d'Orient  et  d'Europe! 
C'est  évidemment  un  symbole  de  quelque  chose.  Les  Babyloniens 
faisaient  de  même. 

2)  Cf.  p.  26,  18. 

3)  M  S  Ujw  (^c^b^î)  ïi^3.is  le  duel  L-^^U^  prouve  qu'il  y  a  ici 
une  faute  de  copiste. 

4)  v'j?"  »  est  usité  que  dans  le  Nord  et 

5)  0J3    seulement   dans  le  Sud;  voyez  GIoss.  s,  li.  v.  sur  le  sens 

exact  de  ce  mot;  ^=:  J-^J-ii,    dans  le  Nord. 

G)  Je  le  laisse,  au  lieu  de  j|0!  ou  ^^'^',  car  l'auteur  ne  savait 
pa.s    bien    la    grammaire    classique.    Il    faudrait    alors   aussi    corriger 


862 

^Jut^  «j^_5  J^  l>  ^  JSU  v!jI^  »V'  LJ  o3^  J.^  ^Jf^^ 
Lorsque  la  femme  entre  dans  la  demeure  de  son  époux, 
les  femmes^  ses  voisines^  viennent,  deux  à  deux\  la 
féliciter  sur  Vaccomplisseme?it  de  son  bonheur  et  elles  lui 
apportent  un  sac  rempli  de  fleur  de  farine,  de  sawîq 
ou  de  raisins  secs.  La  jeune  mariée  peut  alors  recevoir 
environ  cent  trousses  pleines,  de  sorte  qu'elle  a  des  pro- 
visions pour  des  jours  et  des  mois.  Mais  lorsqu'utie  des 
femmes  qui  ont  pris  part  aux  7ioces  célèbre  elle-même 
ses  noces,  elle  doit  lui  rendre  le  sac  plein,  comme  il  l'était. 
Ce  S07it  là  leurs  habitudes. 
L'extrait  suivant  est  particulièrement  intéressant: 


ij_<_j  ^^\  u>^i^  b!  jwi  'l1^  ui^î  ('^oy>>y-  ("^-5  ^"^ 

L^>^^    ^J^î    5-^.    «'t-o'    «fc     -u^LXc     ^^     ^j\y^     .^^>^\^\ 

P^pJi_j_5  slVc^  ^5  ^y*w't  vit  L^-^jù  vJjLamJj^j  (*LJ!c   L>^  v^-^' 

c>o'^    qLs    bjOj    ^*)v^    ^r*-J^    cr»    ^'    =  1-^*^    l5^^-    ^'— '^— ^    ^-^ 

(s^-^^JL^-^y    (^"^^^   L^vJ^l*   v^.  cr  ^'^  =^^  ç?"^^-  ^L» 


1  )  C'est  là  le  sens  de  (jy'y»'    J^,  conformément  au  verbe  suivant 
au  duel. 

2)  V.  remarque  p.  826  note  3. 

3)  Miles:  }yjy^.- 

4)  M  S  v^!c   ^oy>. 

5)  Mon    ms   a    ^1    ^.a£^\^   ^— '^^^3    ^^*-^'J-   Ceux  de  Sclief'er  et 


863 


^   ["l-pljUj.. 

••  cr 

W**J5 

'^.JLo    0  ->^^'f3    '-^î 

«î^î    ^ 

o^' 

,\    ^y>\  ,\ 

Lp_^i 

!3Ls 

k-^    ^3/    LJ'^    ^3 

L;^i 

-r^^   cr 

ÎOÎ5 

^JsJî    ic>5 

U  1  ^. 

^•);j" 
G^^ 

:J^/    jy^    ^'j;^ 

U^ 

?  3'  k*= 

Mention  du  mariage  chez  les  Negdites  (du  Yéman). 
Slémân  h.  Ma^isûr  m'a  raconté  que  tous  les  habitants 
des  provinces  des  Montagnes,  tous  ceux  des  campagnes, 
les  Bédouins,  les  habitants  de  Tihàmah  et  de  Negd  ma- 
rient leurs  filles  sans  rien  leur  laisser  en  héritage.  Par 
contre,  si  la  fille  est  pucelle,  elle  reçoit  son  trousseau  de 
mariage  des  biens  de  son  père.  Si  la  fille  a  une  famille 
et  des  parents,  elle  trouve  par  cela  facilement  à  se  marier^). 
Mais  la  femme  qui  n'a  qu'une  petite  famille  et  appar- 
tient à  un  petit  clan  est  difficilement  demandée  en  mariage. 
Si  elle  n'est  pas  à  même  de  supporter  la  charge  de  son 
bétail,   de  ses  biens  et  de  ses   esclaves,   elle  monte  dans 


de  Miles,   ;^\   ^^A^y-J!^   Li»il>5   ^s-<-^j.    Après   avoir   longtemps  ré- 

o 

fléchi,   je    suis    persuadé    qu'il    faut    lire    comme   je    l'ai    écrit.    ^^ 

est,    dans    L  A    V    p.    359,  13,  explique  par:  "^    1^'^'^    rir^'^^^    J^' 

»Jo     ^->ci.5\j.  L'autre   mot  a   été   plus    dur.  I.  Sîdah  IV  p.  22,  15 

seul  a,  d'après  es-Sîrâfî,  ,i>-fci3>l=  Lj-^-^v  q£  iCrïdx^uiî  s^^lî 
o^  ^î  vJJ^sUaJ,  c'est-à-dire,  répudiée  ou  veuve,  et  L  A  III  p.  81, 
14  donne  la  même  définition,  d'après  Ta'^lab,  pour  ■*js\jLi.L  ,.^JL>  =: 
<f^,  0. 1.  p.  84,  8  d'en  bas.  Il  est  intéressant  de  constater  que  ces 
deux  mots  fort  rares  (si  ma  restitution  est  bonne)  étaient  encore 
courants  au  temps  d'I.  el  M..  1)  Mss:  uj^OJt. 

2)  C'est  ainsi  que  je  comprends  cette  phrase.  De  Goeje  propose; 
une  fille  qui  a  des  enfants  à  sa  charye,  mais  je  ne  crois  pas  que 
cela  convienne. 


864 

une  haute  litière,  et  son  bétail  est  conduit  au  marche^  un 
jour  fixé.  Un  crieur  la  présente  alors  au  public  eri  criant  : 
„Hallô!  Qui  demande  une  fiancée  aimante?"  —  Mais  si 
elle  est  veuve  fou  répudiée],  il  crie:  ,jHallô!  Qui  demande 
une  veuve  fou  répudiée]  et  de  la  fortune?"  [el-Ihlîg 
est   la  femme  qui  a  été  mariée,  et  ed-dibr  est  ses  biens 

et  son  bétail  de ]   Celui  qui  est  amateur  d'elle 

et  de  ses  biens,  l'épouse.  Son  père,  son  frère,  son  cousin 
ou  quelque  parent  dit  alors  à  l'homme:  ,^Epouse-la,  mon 
brave  Bédouin!  Mais  si  tu  n'en  a  pas  grande  envie,  tu 
seras  son  mandataire  de  mariage,  et  marie-la  d  qui  tu 
voudras." 

Je  suppose  que  I.  el  M.  veut  dire  que,  si  elle  ne  fait 
pas  partie  d'une  grande  tribu  où  il  y  a  beaucoup  de  JLc, 

membres,  contribtdes,  pouvant  se  marier  et  son  le  ^î 
étant  déjà  marié,  elle  n'y  trouve  pas  de  mari,  elle  a 
recours  à  l'exogamie.  Faute  de  connaissances  d'hommes, 
elle  s'offre  elle-même  de  la  façon  décrite.  C'est  une  espèce 
d'offre  de  mariage  par  les  journaux  de  notre  époque 
moderne.  On  dira  peut-être  que  I.  el  M.  raconte  des  ba- 
livernes, mais  Burckhardt,  Reiseu  p.  676,  confirme  ce 
procédé  matrimonial:  „ Avant  la  conquête  des  Wahhâ- 
bites,  il  y  avait,  chez  les  Bédouins  de  "Asîr,  la  coutume 
de  conduire  leurs  filles  à  marier,  parées  de  leurs  plus 
beaux  atours,  au  marché  public  et  de  crier,  en  marchant 
devant  elles:  man  yiéteri  el-'adra  tj^JotJî  ^y^.  q^: 
qui  veut  acheter  la  vierge?  Le  mariage',  souvent  décidé 
d'avance,  fut  toujours  conclu  au  marché,  et  aucune  fille 
ne  pouvait  se  marier  d'une  autre  façon."  Ces  deux  témoi- 
gnages se  corroborent  l'un  l'autre. 

En  parlant  de  Daraâr,  I.  elMogâwir  a  un  chapitre  sur 


865 

la  JL^^t  ^À5>  J-^f  _l^  ijbo  où  il  dit:  o^  Aj^  v'.Ii^   loi 
ii\j>Ujj^  JU=>  (A^Uit  i^r'^i  :jt*««-  '-\^3  iJyy  dUÀj  aJ  *jtjj  3>/: 

Uj^]^;>   (__cJCiiJ^    LiJt/iî   Le    ^■^:*J^    Oj-wJI    j,    JarS^    LiiL^     .lAï    (J>^3 

iùj>^"b5Î5  J'u^il  «liftj'  L5>^|,_5  lgA..*i>.'>  ^y.^  I-^T^  (i^  '4^";'^  ^-j^ 

y  3  y  - 

UJLçi^i  U^U:>5  UiL=>  ^y-^y'  v^'  '^'^  r/*^"^"  -^^  l— ^^  ç  -^  ,j^ 

Uj    dU-»J    dVJo    JCoé    J'î^ai''    Jy^    j!>^    l^ry^    ^J     ^'r**:5     ^~^-*:^3 

Z(?  ??io(/6  de  mariage  des  habitants  de  ces  contrées. 
Lorsque  Zeyd  demande  la  fille  de  "Amr  en  mariage 
et  que  celui-ci  la  lui  accorde,  il  dit  à  "Amr:  „Et  je 
veux  voir  de  mes  propres  yeux  la  beauté  de  ta  fille.''' 
^Amr  lui  répond  alors  :  „  Va  à  un  marché  tel,  car 
elle  s^y  rendra,  et  tu  Vy  verras  toi-même,  sa  manière 
de  faire  le  commerce  et  sa  beauté.  "Amr  se  rend  alors 
au  marché  que  Zeyd  lui  a  indiqué  et  se  met  au  milieu 
de  la  route.  Sa  fiancée  vient  alors,  le  ballot  sur  le  dos, 
et  dépose  au  marché  la  charge  que  ses  forces  lui  per- 
mettent de  2)orter  ;  elle  vend  ce  qu'elle  a  et  achète  les 
choses  dont  elle  a  besoin.  Elle  charge  son  ballot  sur 
le  dos  et  retourne,  suivie  de  son  fiancé.  Elle  j)'^^^ 
par  monts  et  jmr  vaux,  par  vallons,  plaines  et  mon- 
tagnes ;   tantôt  par  chemins  faciles,  tantôt  sur  un  ter- 


866 

vain  ardu.  Et  tout  cela  sans  ôter  son  ballot  du  dos 
et  sans  se  reposer.  Si  alors  son  asjject,  sa  beauté  y  sa 
force  de  porter  la  charge,  sa  capacité  de  commerce 
et  son  endurance  à  porter  une  lourde  charge  plaisent 
à  Vhomme,  il  Vépouse  et  consomme  le  mariage.  Elle 
s^ adonne  ainsi  à  ce  travail  jusqiCà  sa  mort.  Voilà 
l'habitude  des  gens  chez  les  Bédouins  et  dans  les  cam- 
imgnes. 

Au  chapitre  sur  „Gebal  Kudummul,"  à  moitié 
chemin  entre  le  Higâz  et  le  Yéman,  (jez.  p.  51,  13,  et 
sur  la  route  qui  de  là  conduit  à  Zebîd,  I.  el-M.  raconte: 


JU«=^Î    «j^    JJ5Î    J^y     -SJUO 

>'*^''    *-?'    (^  0^*'-î   ^^^^'^    (^  J^-^^Jj    7-/^3    O^*^'    '^^    '^'^-5 

-    ?.  "^     *  ^        . 


1)  C'est-à-dire:  v_j,c\Jij    ^,xj    .•,"'^« 

2)  Ms:  'wi^j/^. 

3)  Mss.  L  M  S  :  Jwwibj    _  yvso^    rr^^j    »iai^  »  JUi^j!    ^^]    prouve 

3 

qu'il  faut  lire  rr^--^    etc. 

4)  Tous  les  mss  ont  rrv^'«  J'ai  pensé  à  >-.*.* r^^'. 

5)  Miles:  JAawj^  ;  Schefer  A^^o^;  L  lA-io^.  La  première  leçon  est 
la  seule  compréhensible. 


867 
Jyiji  (•'^  iujj!  ^  iiVju>  ou^  L^  (-  o3-l>^  ^^J  iir^  o^ 

a;_j"^    J'it    ^jLc    0_J     ^jîL.    J>i2>i'    Lfs'^^ls    O^J>^î    ^^'   y:^- 

Depuis  ces  parages  jusqu'à  Zebid,  les  habitants  appel- 
lent le  pays  es-Sam  m  a  h,  parce  que  ces  contrées  s'ap- 


1)  Ainsi  tous  les  mss. 

2)  Il  faudrait  q^,    mais,  il  est  vrai,  I.  el-M.  ne  suit  pas  toujours 
la  grammaire,  et  ces  femmes-là  n'ont  pas  la  langue  raffinée. 

3)  Les  mss.  ont  wyî.    Si  l'on  lit  i^J^',  cela  ne  donne  pas  de  sens. 

v_j^  est  la  forme  ordinaire,  mais  iù;  se  dit  aussi.  Les  Babyloniens 
disaient   de   même:    ina   kubur   zibbatisu  isbatsuma,  jj«)'  la 

grandeur   de   sa   queue  il   le  prit  =  *^;  j^j     ^%   *-^2■^^,  Epopée  de 

Gilgamès,  Dhorme  p.  252  v.  147.  Les  Assyriologues  disent  quezib- 
batu  est  pour  zinbatu,  Meissner  A  Gr.  p.  20,  22,  ce  qui  corres- 
pondrait à  l'arabe  ^-o3,    ôth.  Hi'fl,  hébr.  3ij,  syr.  LaJoî  Brockehn. 

Tt  ' 

-.5  «  il 

VGSS  §  IIG  a,  et  l'arabe  uj;,  en  sahhî  v_j;,  pi.  l_j^;,  B  B  R  A  S 
1902  p.  267,  n'aurait  donc  rien  à  faire  avec  le  babyl.  zibbatu. 
VoUers  veut  même  que  le  synonyme  yj,  d'où  rV-J;,  clitoris,  soit 
plus  ancien.  Il  e.st  vrai  que  \^C>  est  aussi  =  i— j;  en  arabe,  comme 
queue   en    français,    mais   je   ne    vois    pas    bien  pourquoi  v_j:,    ^_jj, 

le  premier  de  tous  les  mots  culturaux,  ne  peut  être  le  même  que 
le  babylonien  zibbatu.  Il  a  un  signe  cunéif  à  lui,  Del.  Gr.  p.  32, 
N"  116,  OLZ  Febr.  1907  p.  74  note. 

4)  Mss.  L  et  S:  a-oJoi;  M.,  les  deux  mots  omis.  iùtXJI  rime  avec 


868 

pellent  à  Zebîd  eâ-ââm  ou  es-Sfi'^id^) Mode  de 

mariage  des  habitants  de  ces  contrées.  Depuis  le  jour  de 
sa  puberté  jusqu'au  jour  de  son  mariage^  on  ne  laisse 
pas  la  fille  s'épiler  les  parties  génitales;  au  contraire., 
ses  poils  deviennent,  avec  le  tem.ps,  de  plus  en  plus  longs. 
Elle  les  laisse  croître,  au  point  de  les  tresser  en  une 
tresse.  On  dit  même  que  la  tresse  est  graissée,  déployée 
à  l'air  et  lavée  avec  du  sidr')  et  de  la  terre.  Le  soir 
de  son  mariage,  elle  tresse  ses  poils  en  deux  tresses,  et 
chaque  tresse  retombe  sur  chacmie  de  ses  cuisses.  Elle 
est  ensuite  conduite  en  la  présence  de  son  mari.  Celui-ci, 
une  fois  seul  avec  elle  et  ayant  pris  la  place  qu'un 
mari  a  le  droit  d'occuper  avec  sa  femme  ^),  saisit  les 
deux  tresses  quHl  ne  cesse  de  tirer  jusqu'à  ce  qu'il  les 
arrache  de  la  racine.  Les  ayant  ainsi  arrachées,  il  la 
déflore  ensuite.  Le  lendemain  matin,  les  femmes,  ses  pa- 
rentes, la  visitent  ;  chacune  apporte  une  assiette  de  beurre. 


\)    Au    chapitre   sur   Zebîd,  I  el-M.  a  un  passage  fort  important: 

JL:>    ^^3    CT*^'    CT*    '^""^    ^^^    iULji-j"    Loî»)    iOoUJ'    U>i2.!      -.«.wo^ 

.•M    L^jO*à:>5    &X/I    J*5iA:>    L^U^^,    ...î-iS^^    (ji:?.r>5    slXjlo    iLfc^>lJo 

Ncus  voyons  que  telle  partie  de  l'Arabie  était  encore  appelée 
K(iH  au  temps  d'I  el-M..  La  théorie  de  Glaser,  Winckler  et  Hommel 
ti'ouve  par  cela  une  confirmation  éclatante,  K  A  T*  p.  144  et  s.. 

2)  Comme  I.  SaM  VIII.  p.  23.  Voyez  Dozy  S.. 

3)  La  phrase  ~">J  iA*il<  Lp^  l\*s  implique  la  mi'-me  position 
que  j'ai  exposée  p.  837  note.  Cf.  L  A  II  p.  44,  9  d'en  bas. 


869 

On  lui  demande:  .^Comment  ça  va-t-il  avec  la  queue?" 
A  quoi  elle  répond:  „Très  bien!  Comme  le  vendeur  de 
citrouilles"  ').  Elle  soigne  l'endroit  blessé  avec  du  beurre 
afin  de  calmer  la  doideur,  car  son  mari  arrache  la 
peau  en  même  temps  que  les  poils.  C'est  là  la  coutume 
de  ces  gens-là.  Jusqu'à  el-Halîyeh^  il  y  a  8  parasanges. 
etc 


1)  L'allusion  m'échappe. 


9. 

Banat  hel   ^Arwal. 

37,  20:   "^a  b  b  a  é  n  a  =  Luc^i  :=  LLciyJCcî,  partir  avmit 

Vaube.  iL-ii-vi  iPolcj  \^^,  nous  sommes  partis  que  la  nuit 

était  encore  obscure  ■=.  ^j<£  L^oicj-,  =  ^Omân  et  Mésop.  dj^^, 
l'heure  avant  Vaube,  RO  p.  113,  s  d'en  bas,  p.  186,  6, 
Meissner  N  A  G I  p.  136,  Vollers  Z  D  M  G  49  p.  509.  Le 
class.  ^J^  en  est  une  variation  phonétique. 

38,  3:  lislah=:  ;-;lv^.   J  ;Juw  =  J  ij^,  J  ffj  o>  ^t 

-$\}i,  plaisanter.  Y  i  s  1  a  h  i  n  n  a  =  y  i  n  g  o  r  î  n  n  a,  H  plai- 
sante avec  710US.  Mais  ^JLw,  a,  est  aussi  rompre^  briser, 
de  façon  que  les  deux  pièces  soient  encore  adhérentes 
par  quelque  lien.  On  brise  p.  e.  une  branche  d'arbre,  mais 
les  fibres  retiennent  encore  le  morceau  brisé.  ^.-Jlmo!  ,  se 

briser  de  cette  façon.  ^J^S^^  .-^ ,  il  brisa  ou  arracha 
la  jeune  pousse  de  la  branche.  ;.-Jlw  dans  le  sens  de  se 
déshabiller,  sahhi  BBRAS  1902  p.  268,  =^  ;--l*J-,  Meiss- 
ner NAGI  p.  127,  et  ,%JL,  déshabiller,  ibid.  p.  100,  4 
d'en  bas  et  p.  127,  ne  sont  pas  employés  dans  nos  dia- 
lectes,   pas   plus   que   dans   le   sens  ^.'asperger  K  A  T' 

p.  602  :  c'est  le  syr.  ,.?JU;,  se  déshabiller,  =  Sud  (jJû>  se. 
uj^t,  comme  l'hébr.  pn. 


I 


871 

38,  4:    uhebbibhen,   où  u  est  ^,  et  la  préformante 

est   régulièrement    tombée;    ce    n'est  pas   Qf^■^=>',   mais 

Q.îA>.>3.   Dans  tout  le  monde  bédouin,  en  Arabie  et  hors 

de  là,  u,*^,  0,  est  aimer  et  baiser^  kiissen.  Chez  les 
Hadar  de  partout,  excepté  dans  l'Afrique  du  Nord,  on 
ne  lui  donne  que  le  sens  à.'aimer.  w-^>  et  w/jb>,  baiser 

la  main,  sahhî  BBRAS  1902  p.  265.  x».>,  partout tm 

baiser,  o.  1.  p.  251  (avec  le  pi.  ^^y>p>\\  Hartmann  L  L  W 
pp.  125  et  177.  Ce  n'est  pas  seulement  baiser  la  main 
du  seyyid,  comme  on  l'a  prétendu.  wo>  =  JLs  sont  tous 
les  deux  yémanites,  et  si  l'homme  de  A.  Jahn,  M  S  p.  55, 
23,  s'en  est  servi,  c'est  qu'il  l'avait  appris  à  Aden.  Jahn 
l'enregistre  dans  son  Gloss.  haçlramite,  s'imaginant  que 
■^Abd  el-Hâdi  parlait  ce  dialecte. 

La  langue  parlée   ne   connaît  que  la  1ère  forme  S*.-^. 

Les  lexicographes  l'ont  rejetée,  en  n'acceptant  que  wvs=-i. 

Mais  i_,o  a  dû  exister,  car  sans  cela  on  ne  s'expliquerait 
pas   le   participe  v>^^?  aime,  qui  ne  peut  venir  de  l'in- 

tr.  class.  w^^,  être  aime,  ainsi  que  l'a  déjà  relevé  Nôldeke 
ZGCA  p.  21  note  5.  Un  article  d'ez-Zâhir  d'Abû  Bakr 
el-Anbfirî  +328,  à  propos  du  proverbe^)  -^_L>  u-o  ^, 


1)   Cet   ancien    proverbe    n'a  pas  (Hé  bien  compris  par  les  savants 

arabes,  qui  ne  connaissaient  pas  le  sens  primaire  de  ^-^-^^  :  qui  ai>nc 
veut    aussi    alloncltcr.    Voyez   les   Gloss.    de    Ildr   et  de  Dt.  Ce  sens 

concret  et,  avec  un  jeu  de  mots  J  jtalbable  de  v*-»^»  ('^f  taper)  est 
le  point  de  départ  des  autres,  et  non  vice  versa,  comme  le  croit 
Wuliliauseu   llesle-  p.    140  note,  et  d'autres  avec  lui. 

59 


872 

Meydânî,   Freytag   II   p.  G68,   est  particulièrement  inté- 
ressant. En  voici  le  passage  qui  nous  intéresse: 

Iî3b>    ...li    !o!    L-A-o-b^i    l^aI:»    Jc>.    ^3^^   \X>lLisj   v_^**l3]!   ,  c**" 

• v>^3  v^  d^j  J^'  ^  JLJi_..^  li^L_î  Ç^l  ^^Li 

li^Ji  ^^U  ^  y^b   ^3  ^_^  J^_^  yi-  u^  ^  J^x_ii^ 

J5    \j    j»JL5JC_j    "^    Joé    tL>o    (J>c    *ji jJLi    >s„a1iàj    As    \y[.si 

5  -OC  _0-ûw£5^c£  0--1  O-û  i  t 

vjb.t    JyjtiL.    ois^î    ^^î    [*— L-clî       Xjfj"   u-A^  Q^    sU^2Jtî!  Ijî   ^s>! 

!lX^    ,5    ^jja   tLJl  ^-Oaj  (-idJ!  *X*.>>>:    ^_c4>*^"'^    'r-^    ^^'    ''"^^ 

^t^!3  ^^lLwX!ï  Jy   i;!^  Jj=  5-Xj  Û^  i^  o^  ^' 

La  dernière  partie   se   trouve   aussi  chez  el-Mobarrad 
p.  192  et  dans  I.  Sîdah,  el-Mohassas  vol.  XI7p.  176.  Un 

autre  exemple  classique   de  Jo-  se   trouve   Hdr  p.  24 

note.  M  el  M.  a  ^.^^  j;:s>  Jo"^!  '^:^iy^,  les  chameaux  ont 
bu  à  satiété,   mais   Gauharî,   le  seul  qui  donne  ce  sens, 


1)  Aussi    LA    I  p.  281,  avec  des  variantes;  Kâmil  d'el-Mobarrad 
p.  192  (dern.  hém.  seiilem.). 

2)  Qor.    III   V.  29;    cf.    Voilais    V  S   p.  109,  12,  paragraphe  fort 
intéressant,  qui  est  pleinement  confirmé  par  les  dialectes  du  Sud. 


873 

a  vi>4^,    comme  Lane   aussi.   Vu   que  les  Bédouins  du 

Nord  disent   ici  j^Jt  u^-^c  et  que  w^  y  est  remplir,  je 

crois  que  v*-^^J  remplir,  et  ^v^?  -^^  remplir,  do  ôauharî 
et,  d'après  lui,  T  A  I  p.  199,  10  d'en  bas,  ne  sont  qu'une 
prononciation   avec   „  pour   c    Aussi  I.  Sîdah  a-t-il  mis 

cette  signification  en  doute,  T  A  et  Lane  ;  cf  ^c  et  les 

w  _  oc 

syr.  ^jj^  et  ^Jr>J^\  remplir. 

38,  6:  mûzinneh,  pour  la  forme  voyez  p.  720 et ss.,  de 
^■'3!  ou,   plus   communément,   ^^,   B  fl  1  â  z  i  (=  ^cJii  = 

^cjy)  fi  hâdem-heyd,  yious  allons  nous  arrêter  contre 
cette  montagne,  propr.  7ious  appuyer.  Voyez  les  diction- 
naires. Cf.  les  thèmes  class.  j^cjT  et  ^3^(5,  être  en  face  de, 

jJ,  ujjJ,  ^-^j  ^j3,  j.jj,  ^ y  et  le  sudarabique  (^ji,  avec 
V,  (J^  ou  J,  s'appuyer  a,   sur.   (^jJ,  a,   toucher  à,  é^re 

près  c?e,  co/^é  à,  joint  «*).  K^  ou  lâzâ",  prép.,  d  côté  de 


i)  liÂgJ   i^y^    !iÂ5^    T^^   ce   tombeau  louche  à  celui-là,  est  tout 

près  de.  (CjJ,  tr.,  aussi  serrer,  mettre  à  Vétroil  =  jàj  .  i^^,  /atre 
toucher  à,  appuyer  contre,  mettre  à  côté  de,  rapprocher.  ^  i^0j 
rapprocher  deux  choses,  mettre  Vune  à  côté  de  Vautre,  t^;^!»'  "^ 
.yJijt  ^^jaj,  ne  rapprochez  pas  les  tombeaux  l'un  de  Vautre,  propr. 
ne  faites  j^cts  de  façon  que  les  t.  soient  près  Vun  de  Vautre  (^;blj', 

être   près   de,   être  collés  Vioi  à  Vautre.  oyj^^wLfl   «A^    ;^^^'  ^'^^ 

tombeaux    se    touchent    Vun    Vautre.   Socin    Diw.    Gloss    s.  v.  :  (j:jJ 

avec  J  ,  être  prés  de  qqc.  =  i^j*^  .  H  compare  le  class.  J  ,  qui, 
ilans  le  Sud   du   moins,  n'est  jias  usitô. 


874 

=r  ty  ou   i^^j^-^  i  él  i  S   1  a  u  z  À  y  =  ^c^f-)  ^^^^^  ^  (^ôté  de 

moi.  Pour  la  forme,  cf.  lot  a,  en  dessous,  StummeTGr. 
§§  170,  178,  lûrà  ou  leur  a,  derrière,  Marçais  Gr.  p.  181. 

38  7:  r  a  dû  ni.,  bi^iey  d  =y^\:^.  ^J^*^J.  (j:>->,,  i,  est 
aussi  classique  et  figure  dans  les  Traditions  LA  19, 
p.  33.  Au  figuré,  jeter  la  pierre  d,  blâmer,  critiquer,  en 
dire  du  mal.  Un  proverbe  datînois  dit:  ehdèh,  ehdèh 

o 

in-èhteda    willerdèh   »o.1    "iîj    ^^SJ^'^   ^l    ^J^t  sJ^Î, 

conduis-le,  conduis-le  (sur  le  bon  chemin),  sHl  se  laisse 
conduire,  sinon,  jette-lui  la  pierre,  blâme-le.  i^^y,  sans 
foi,  méchant,  débauché,  propr.  quelqu'un  à  qui  on  a  jeté 
la  pierre,  p^KiL.  *J3^y. 

38,  10:  warahù\  L_5  1°  dans  une  demande  directe, 
est  suivi  des  pronoms  possessifs  suffixes;  la  première 
personne  est  toujours  ni,  comme  dans  J.j>!c.  Warâk 
gâlis  hàna,  pourquoi  restes-tu  ici?  =  wus  ma'^ak 
g.  h.?  Exemples  Arabica  V  p.  154  et  s.  et  ibid.  Gl.  s.v. 
Il   me   fut  toujours   expliqué   par  wus    ou   eé   ma^ak, 

qu'as-tu  que  tu  .  . .  .?  Le  simple  é^.y  =  l^^Â,  réponse  à 
un  appel:  Où  es-tu  Fadl?  —  Warak,  Me  voici!  2°  dans 
une  demande  rhétorique,  il  est  suivi  des  pronoms  per- 
sonnels séparés  ou  d'un  autre  mot.  [lif  1^^  =]  lii^^  ti\J  ô^\^\ 
(Aj^Lo  L,  tu  as  le  dessus,  et  je  lutterai  avec  toi,  moi! 
Sibâm.  ti5^-ç>  _^  L^,  est-ce  qu'il  est  un  heyk,  lui!  comme 

dans  notre  texte.  ^  ic^i  ^o  ij:A>Lc  L^,  est-ce  que  j'ai 

donc  une  dette  envers  toi!  Arabica  III  p.  61.  Ana  bà' 
Ijarîf.  —  Les    ma    qùlteli    h  ad  a    qabl?  —   Wàra 


875 

h  an  a    ma   yebîâ^ùn    minneha?  Je  veux  des  dattes 
mûres.  —  Pourquoi  7ie  me  V as-tu  pas  dit  auparavanf^  — 

N'en  vend-on  donc  pas  ici?  C'est  donc  un  \^}-^'A  M^:^^. 
Un  poète  des  "Awâliq  Inférieurs  a  dit  dans  une  qasîdah: 


Sal^lt  au  poète  dont  la  parole  m'a  touché, 

Qui  a  dit  pas  un n'erre  dans  le  monde. 

Commuent  do7ic,  puisque  tu  te  portes  garant  pour 

[les  Arabes^ 
As-tu  pu  laisser  ton  cheykh  dans  cette  situation 

[pénible? '^) 

Snouck,  Feestbundel  p.  30,  raconte  une  jolie  anecdote 

qui   mérite  d'être   traduite:  „Un  Egyptien  passa  devant 

des   Jîadramites   qui    le   saluèrent   par:    „yâ  hayya!". 

Effrayé,   l'Egyptien  regarde  de  tous  côtés,  croyant  qu'on 

parlait  d'un  serpetit,  xç>.  —  „Warâk,  Qu'as-tu  donc?" 
lui  demandèrent-ils,  ne  s'expliquant  pas  sa  frayeur.  Le 
brave  Egyptien  se  tourne  brusquement  en  arrière,  ayant 
compris:  derrière  toi."  Snouck,  qui  considère  l'origine 
de  ce  mot  comme  obscure,  lui  donne  la  signification  de 
„comme7it  çà  se  fait-il  que  ?"  Cela  n'est  qu'en  partie  exact. 
Mais  ^\j^  est  bien  rendu  par  es  bak?  Qu'as-tu?  Que 
veux-tu?  Ce  mot  figure  aussi  chez  Socin  Diwan  Gloss. 
s.  V..  L'analyse  de  cet  adverbe  n'est  pas  bien  claire.  En 
tout  cas,  ce   n'est  pas  ici  la   préposition  s!.^,  derrière, 


1)    Littéralement:    entre   les   dents   molaires  et  les  dents  canines. 
Sing.  ^^  (lèhyak),  pi.  ^l^J'  =  class.  L\i>U. 


876 

qui,  du  reste,  n'existe  pas  dans  notre  dialecte.  Mais 
j'avoue  que  la  langue  classique  offre  des  exemples  où 
l'on  serait  tenté  de  voir  le  prototype  de  ce  î^^.  Dans 
Su'^arâ'  en-Nasr.   I   p.   252   en  haut,  nous  lisons:  ^.^^j^ 

qu'on  pourrait  traduire  par:  Qu'est-ce  qu'il  y  a  donc, 
ôalîlah ?  \xJjCî  \.\^  o^  Jï  >i)'-',3  ^  [y^'i  J^^./'  (Jk  j»^  UJj 
L^  JJlc  J^  Lo  *JJ|^,    Tab.    I    p.    1624,  12.  J.c  Jic  -y^' 

^  ^.^\  Le  Jo  ^i]ti^_5  Le  Syï  ^o^^h^  ^LiJ^!  ^  ia^yi  é^^\ 
US)tjo]    *JJI    J^.   ^y»    >i^w^    y.î    ^L^!5    Lj=y«    ^^J    J'ï    ^oî,    OÙ 

qu'est-ce  qu'il  y  a  est  bien  la  traduction  adéquate.  I. 
Sa'd  VIII  p.  13,  2.  K.  el-Addâd  p.  43  et  s..  C'est  ici 
la  préposition  usitée  de  la  même  façon  que  le  sudara- 
bique  Uï. 

On  peut  remplacer  L^,  par  ^^y,  dont  j'ai  parlé  p.  489. 
La  phrase  de  notre  texte  pourrait  aussi  se  rendre  par 
tara  hû  etc  ou  tara  h.  Les  Datînois  y  voient  le  verbe 

(J^L,  cela  est  hors  de  doute,  mais  je  ne  saurais  m'en 
expliquer  la  forme.  La  nature  verbale  du  mot  ressort 
du  fait  qu'on  dit  warâni,  comme  ""â d n i,  et  non  w a r â'i, 
qui  est  derrière  moi,  =  q  a  f â^i  et  qu'il  peut  être  suivi 
du  pronom  personnel:  wara  hû'  sâhit,  est-il  donc  im 
sahit,  lui?  ou  de  tout  autre  mot. 


10. 

Et-taurîd  ''and  hel  'Arwal. 

L'infinitif  de  S^  est  ^^y,  prononcé  aussi  tùrîd, 
selon  p.  346,  et  oL^. 

39,  4:  "ayl^J^,  pi.  J^,  eau  courante,  qui  coule 
toujours,  cours  d'eau.  D'après  Belâdorî  p.  71,  ce  mot 
paraît  appartenir  au  langage  du  Yéman,  où  il  est  aussi 
employé,  selon  Glaser  Peterm.  Mittheil.  V  p.  173.  j^-^u^J! 

^^^]  ^  ^j^  ^U!  jJiiJî^  ^<^]^  J^!  ^J  JUb^ ....  ^JA  ^U! 

K.  el-Addàd  p.  146,  3  et  s.;  Ôézîrah  p.  86,  ii,ZDMG 
53  p.   9,   Yâqût  III  p.   830.   RO  p.  285,  4  traduit  rêl 

par  Flussbett,  En  'Oman  'dLl,  est  boue  RO  p.  173,  4 
d'en  bas,  ce  qui  concorde  avec  Jayakar,  pour  le  sahhî, 
BBRAS    1902   p.   267:   mucl,   pi.  jy^.  Le  même  sens 

est  donné  à  rêt  RO  p.  41  dern.  1.,  tandis  que  p.  415 
N°    177  il   écrit  rêt,   et  Jayakar  o.  1.  p.  250  iixè  —  Dt 

oji>  OU  ^_JL=>.  I.  Dabi  a  dit: 

j*^M^!   J-*^  o~i>  aVÀli'  (jij      d^Lo  ^^Ji.>^  JL^!  J^  ^ô  L 

0  toi  qui  arroses  ta  propriété  avec  l'eau  du  rel. 
Qu'est-ce  qui  t'a  forcé  de  passer  près  du  torrent 

[impétueux  ? 


878 

On  doit  le  distinguer  de  J^,  pi.  J|^,  qui  est  le  Utxlu 
torrent  lorsqu'il  est  déjà  sorti  du  ravin  et  qu'il  charrie 
de  Veau  ^U'  Jju  ').   Comme  il  y  a  presque  toujours  des 

broussailles,  le  mot  signifie  aussi  taillis  de  broussailles 
autour   d'un   cours  d'eau  et  même  le  lit  à  sec,  flumara, 

est  ainsi  appelé.  On  peut  donc  dire  J^^  *-ç  J^',  il  y  a 
de  l'eau  courante  dans  le  taillis  de  broussailles  aux  bords 
du   lit  du  torrent,   car  le  J^  n'a  pas  toujours  de  l'eau. 

Dans  le  Dâlnr,  Jy:  (qaul  et  gaul)  est  même  le  terrain 
cidtivé  à  côte  d\m  cours  d'eau.  J'ai  môme  constaté  le 
sens  de  bas-fond  d'un  ravin,  avec  le  pluriel  \l,  au  pays 
de  Yesbom,  et  encaissement  du  terrain  en  général,  même 
trou  ou  évasement  causé  par  le  sêl,  Hdr. 

39,  5  :  m  û  t  i  r  =  ii^,  v.  p.  590.  Dô^an  a  dit  (conti- 
nuation de  la  p.  639  note  3): 


d)  Prononcé  par  les  Harîbites,  les  Dâliii'ites,  les  '^Aiilaqites  et  cenx 
de    Mailjah    yaqill,   et    par    les   Datînois,   y  ai  II.    Cf.  le  J~Lc  de  K. 

el-Addâd,    cité    plus    haut,    et    le    classique  ^,  tratisporicr,  porter. 
De  même,  le  ''ayl  des  Datînois  se  prononce  aussi  q  a  y  1.  Glaser  Skizze 

II  p.  219  a  kaulet  es-Sejjid,  ce  qui  doit  être  iA;fc*wJî    xJyi^.  Voyez 

sur  JvÈ  Yîiqi'it    111  p.  820.  Selon  <iézîrah  p.  155,",  J^  est  l'endroit 

où    il    y    a  beaucoup  de  ,cS1j  ,  mimosa  gummifcra.  Aussi  bien  J^ 

que    (Jyi    et    iLÎ^    figurent    souvent   dans    la  liézîrali  d'el-Hamdànî. 
Gioss.  s.  V.. 

2)    ,  c-«J  ,  i,  =  ^ ,    luire;    faire    un    signe.    i^JA-^-J    (i,    o.^  = 


879 

Oh!  qu'il  y  a  de  nuages  de  pluie  au  nord-ouest ^ 
Son  éclair  luit  et  sa  pluie  est  tombée. 
Une  mi  r  gaz  a  h  de  Sâleh  elHamyarî: 

Cette  année,  ô  Lahig;  je  ne  veux  aller  à  ton  loâdi, 
Je  veux  m'arrêter  à  el-Hacldân,  qui  est  à  côté  d'és- 

fSa'îd  ') 
Il  y  a  de  la  pluie  à  Salmûn%  et  la  hrimie  mati- 

[nale  tombe. 
Dites:  Nous  voulons  aller  à  Hamdûn  (où)  frappe 

[vigoureusement  Bû  SaHd. 

39,  6:  yidwi.  ^^j>,  i,  fai7'e  du  bruit^  de  toute  chose. 


l53' 


uU 


Acyî,  le  tonnerre  roule.  e5»Aj  sLii,  l'eau  bruit  e?i 
coulant.  e=3Aj  J^v^t,  le  torrent  bruit.  i^^Jo  v_j^^  ^^^ 
abeilles  bourdonnent  =  ,^y>r;^  comme  J-^uJ!  ^5.1-^-^  (^3^ 
chez  Damîrî  H.  el-H.  el-Kubrâ  s.  v.  ^\  Dans  la  bataille 

d'el-Qâdisîyeh  tJ>l  Q^yJ^Li  i^^j.Jv.  !>j'^' qtv*J^'  cr  ^^^ 

(J/.UJI  oLJ  ^^  0^^-Jî  ^5^^  J^'î  |S^v^  Q-^  1  des    hommes 


^      u>_-iya*^  ,    lu    m\is   fait    toi  t>i(/)ie  =  ^c^    o^;>W  •  O^^J'    --^) 

Véclair  luii=i'tX.  Nous  avons  donc  la  filiation  ^,  ^n-L  et  »i. 
Les  deux  derniers  sont  aussi  classiques  et  ne  sont  qu'une  variation 
phonétique.  ,  c^ ,  lama,  est-il  un  affaibJissement  de  c__,  ou  bien 
lamà'a-t-il  donm-  lainà\  comme  nàqa  et  naq;V,  nà  fa  et  nafà'^? 
La  premièie  éventualité  est  la  plus  probable,  avec  le  recul  de  l'accent. 

1)  Arabica  V  p.  20 1. 

2)  Arabica  V  p.  '200. 


880 

parmi  les  Musulmans  murmurèrent  le  Qorân,  lorsque  la 
mût  les  couvrit  de  ses  ténèbres^  comme  le  murmure  des 
abeilles,  et  aveccela  ils  étaient  des  lions  de  bravoure,  Tab.  I 

p.  2366,  13.  ^o  et  ^^j),  bruit ,  J^^y^Ji  ^o  Dt,  Hodeyl.  Koseg. 

E°  2  V.  23.  iùjj»,  détonation,  R  0  p.  42,  5.  'Antarah  el- 
'Absî  a  dit^),  Ôu'arâ'  en-Nasr.  II  p.  828  v.  6: 

Xai  visité  les  demeures  des  Kindah,  qui  retentissent 
Comme  le  tonnerre  par  le  galop  des  nobles  coursiers. 
S  eh  et  u  delà  g  minni  s-sêf  bissûg 
Ulègel  elli  hegêlâh  dùa  bis-sag^) 
J'étais  pensif,  et  le  sabre  me  glissa  du  fourreau 

fau  marché. 
C'était  à  cause  de  celle  dont  l'anneau  au  pied 

[cliquetait  à  la  jambe. 
M  SOS  VI  p.  112  N°43. 

TibËi  behiss  el  y  isba  h  el-^iffe  dâwi 
Mitl  er-rubâbeh  hissaha  bîde  sa"ar') 
Qui  pleure  sur  un  ton  qui  ressemble  au  bruissement 

[de  la  plage, 
Sa  voix  est  comme  celle  de  la  rabâbah  cela  main  d'un 

chanteur  % 
ibid.  p.  84,  1.  Ubârùdet  el  bîha  el-milhe  dâwi, 
un  fusil  dans   lequel  la  poudre  détonne,  ibid.  p.  86,  5. 


1)  Je  n'en  garantis  pas  l'authenticité. 

2)  Le    mètre    est  en  dcsoiilre,  mais  je  le  laisse  tel  quel.  Meissner 
écrit  dùa,    dont    la    notation    à   la  Sieveis  me  j)araît  étrange.  C'est 

probablement  i_55^ ,  mais  il  faut  ici  pour  pour  Unir  ^ — i. 

3)  Doit  rtre  ainsi  chanté.  Mètie:    — ^-  |  — ^-  |  -^ —   . 

4)  Et  non  danseur,  comme  le  traduit  l'auteur. 


881 

El-hugûl  tidwi  mitl  olnaqqârèît,  les  anneaux  des 
pieds  font  du  hruit  comme  les  nacaires,  qasîdat  es- 
Sahgah,  Haurân.  U'^addet  tigri  fid-dâwi,  es  eilte 
durch  das  brausetide  Meer,  Hartmann  LLW  p,  146,  1  ^). 

Aussi  (^3(0  :  qJjÎAj  çFjîv^'-o'  ,   l(is  intestins   me  groîdllent 

Dt.  =  qj^lXj.  Dans  les  dialectes  nordafricains,  y  compris 
le  Maroc,  ^^o,  i,  a  pris  le  sens  de  parler,  Stumme  M  G  T 
p.  298,  Doutté  T  0  p.  27,  Marçais  R  M  T  A  p.  433, 
comme  .c^  est  devenn  en  Algérie  parler.  Nous  avons 
donc  vu  que  le  verbe  (^jo  est  répandu  un  peu  partout 
dans  les  pays  arabes  (v.  aussi  Dozy  s.  v.),  et  pourtant  il  ne 
figure  pas  dans  les  dictionnaires  classiques.  Nous  y  trouvons 

seulement  la  Ile  forme  intensive  ^^^o,  L  A  18  p.  307  en  bas; 
cf.  I.  Qot.  p.  340,  18.  Si  les  lexicographes  s'étaient  donné 
la  peine  d'étudier  un  peu  plus  les  dialectes  bédouins,  ils 
n'auraient   pas  eu   besoin   de  faire   un   si  long  discours 

pour  expliquer  30,  iù^b  et  Kj^o,  comme  on  pourra  le 
lire   dans  LA  s.  v..  Es-Suyùtî  Muzhir  I  p.  8  dit:  v^-ij 

^t  ^yi  (^3>Ai'.  C'est  donc,  selon  lui,  une  onomatopée. 
Un  synonyme  de  ce  verbe  est  j»-s^-w,  0,  gronder  (ton- 
nerre,  eau,   torrent,   pluie),   bruire,   murmurer,  retentir, 
résonner,  faire  du  bruit;  babyl.  sagfimu,  brilllen  Del. 


1)    Meissner   0.  1.    p.    108   N°  38   a   (i)bdauwi   qu'il  tiadiiit  ])ar 

dans   le  désert;  c'est  le  classique  3O  =  is^lili  ,  comme  _^  quant  à  la 
forme.   J'ai   entendu  des  Bédouins  "^Anazeh  appeler  le  désert  (^^ÎlXJ! 

ou  iù^iiAJl,  ce  qui  est  aussi  très  classique. 


882 

Gr.^  pp.  237,  258.  j*-^Vwj  J-^^JI  :=  ^=3^.,  les  deux  dans 
notre  texte,  ^^^-^-j  ^A-n^î,  le  tonnerre  gronde,  75,  a. 
*^./*o  Jai(,  la  pluie  bruit.  *-?^wwj  J^LzJl,  le  tambour  re- 
tentit (le  bruit  sourd).  j*^s^-wj  ^^L*o*il,  l'homme  murmure 
(le   bruit  qu'on   entend   de  loin).  ;_^JuJÎ  |*js^w  «-^t,  ecoz^^e 

?e  murmure  des  gens,  (au  théâtre,  à  la  bourse)  ;  cf.  ^.z^,  Gl. 
s.  V..  Tout  cela  se  rapporte  au  son  qui  se  produit.  Dans  les 
dictionnaires,  nous  ne  trouvons  rien  de  tout  cela:  seu- 
lement couler,  p.  e.  les  larmes,  1.  Qot.  p.  434,  1^,  et  j»-^^*-, 
arroser  abondamment  Mo'all.  Labîd  v.  40.  Mais  l'assy- 
rien sagûmu,  hurler,  Del.  H  W  B  p.  640,  Winckler  ASO 
p.  131,  note  3,  nous  prouve  que  l'idée  de  bruit  y  est  à 
l'origine.  Dans  le  Sud,  ce  n'est  plus  couler  tout  court. 
C'est  ^^^^^  qui  l'y  remplace,  coider,  couler  avec  un  léger 
murmure.  La  phrase  datînoise  (et  ailleurs)  correspondant 
au  classique  (L  A  s.  v.)  ^aJ!  ^^^l  c:^-«j^Uv  serait  ^<J>:^ 
cyîAii   ^^yfjx^,^_  ou  ,^^.>ju>Lwjo,  mes  yeux  laissent  couler 

des  larmes.  %s>\^**^.  |.c\jt,  le  sang  coide.  Jy^I!  j,  ^i^F^-^^.  ^'-^'> 
Veau  coule  placidement  en  murmurant  dans  le  raul; 
mais   J>->-^.  'U' ,   l'eau  coide  avec  bruit,   plus    fort  que 

t^^wj.  La  phrase  '^omânite  RO  p.  274,  16:  Iqît  h  ad 
madrûb  u  demmo  sàgil  fis-sukke,  se  rend  en 
datînois  par:  laqît  wâhed  qatîl  u  dammeh  sâ- 
éCc^"  ou  yisga^  fim-tarîq,  j'cii  trouvé  un  assassiné 
dont  le  sang   coidait   dans   la  rue.  Il  faut  y  voir  l'idée 

première  qui  a  donné  origine  au  terme  technique  t:s\*«, 
qui  se  rapporterait  alors  primitivement  au  parler  en 
sourdine,    au    iOs^-    des    kâhin    proférant    l'oracle,    le 


I 


883 

JSs}\  ^y,  iîJo,  Yâqût   S.  V.    ^XwJlil.    Comme    ces    oracles 

étaient  toujours  musaggaS  ainsi  que  c'est  encore  une 
affectation  favorite  des  Bédouins,  ma  La  langue  arabe 
p.  71  et  s.,  le  ^^f^,  le  parler  mur^nurant,  est  devenu 
le  terme  technique  connu,  ^^f^,  renfermant  l'idée  de 
murmure^  s'emploie  aussi  pour  les  oiseaux,  même  le 
chameau,  Goldziher  Abh.  I  p.  69,  note  5  et  L  AXp.  13 
en   bas.   Cf  l'éthiop.  H'}*7(l,  caqueter.  La  prétention  des 

Arabes  que  le  ^^^^-,  Ict  prose  rimée,  vienne  du  roucou- 
lement des  tourterelles  est  ridicule,  jugée  à  leur  point 
de  vue,  car  ils  n'ont  pas  reconnu  le  sens  primordial  du 
verbe.  Lorsque  Lane  assigne  à  5-^^^,  comme  sens  pri- 
maire, celui  de  ke  pursued  an  eve?i,  miiform  course,  en 
acceptant  l'opinion  de  T  A,  il  est  évidemment  dans  l'er- 
reur. Du  reste,  ce  sens  ne  figure  point  dans  L  A.  Il 
n'est  pas  sans  intérêt  de  constater  que',  de  même  que 
«>sn^  se  rapporte,  au  figuré,  à  la  manière  de  proférer  les 
mots,  son  quasi-synonyme  J^*»-  est  employé  dans  ce 
même  ordre  d'idée:  QÏyij'  J'-?^,  reciter  le  Qorân  conti- 
nuellement, Lane  s.v..  (^^JL>wwj  ^_ju5"  J-J!  t^-wl  =  q.;^^., 
écoute  comme  les  chameaux  gémissent  '),  Dt.  Lane  at- 
tribue même  ce  sens  de  ^  à  \.:^^^:  ïCïL-Ji  c>->i-w.  the 
she-camel  prolongea  lier  t:;.^>L:>.  J'ai  déjà  dit  que  ce  n'est 
pas  mugir,  y\P,  mais  un  son  sourd  et  prolongé  que  je 
ne  saurais  rendre  par  un  mot  européen.  L'assyrien  ô  e  g  û, 
.^igû,  être  agité,  pousser  un  .<?o?i  pZam^z/,  ce  qui  est  l'arabe 


1)  (;«''mir  n'est  qiio  liiiitc  de  tiiieiix.   l'ersonne  n'a  su  me  donner 
une  tiiidnctioii  ilt;    q^*  appliqin'  aux  cliairicaiix. /)7r(/('T<>' est  tiop  fort. 


884 

-N.jsiUw,  %~^^,  Ls^-w,  et  d'où  le  êigù,  psatime  pénite7itiel, 
parce  que  récité  sur  un  ton  plaintif,  le  ^J  ou  Jyjy  des 
Orientaux  modernes.  ^~>\^,  que  Noldeke  lui-même  assi- 
mile à  Vy2^,  pourrait  bien  avoir  la  même  provenance,  et 
le  %=>l^  le  courageux,   renfermerait   alors  la  même  idée 

que  l'hébreu  V^^P,  fou:  le  courage  des  Arabes  se  mani- 
feste par  des  cris  et  des  gesticulations  de  forcenés!  De 
Lagarde,  Bildung  der  Nomina  p.  201  note,  le  désapprouve, 
parce  que  ce  serait  ,,contraire  aux  lois  phonétiques"; 
mais  il  est  trop  sévère,  ainsi  que  je  l'ai  déjà  dit  à  la 
page  499  et  s.. 

*:>:,  parler  tout  bas,  marmotter,  n'est  qu'une  variation 
phonétique  de  *^av,  corroborant  le  sens  ci-dessus  de  ce 
dernier  verbe.  Nous  le  trouvons  dans  les  sentences  pro- 
noncées  par   l'oracle    d'el-Galsad,    Yâqût    2    p.    101,   5: 

j»j>j  c^-oLajj,  ein  schweigender  hat  geredet  (Wellh.  Reste 
p.  55)1). 

39,  6:  hiidîet,  sur  la  forme  voyez  p.  319  et  ss. 
^5u\P,  a,  être  mouillé,  être  trempé.   -Lil  ^^^  K:^^Sj>,je  suis 


1)  Suivi  de  *:>.    ^: J  ,   expliqué   par   Winckler   A  OS    p.   131.  Je 

ne  suis  pas  à  môme  de  discuter  l'interprcHation  du  savant  assyrio- 
îogue,  mais  je  veux  seulement  appeler  l'attention  sur  le  fait  que 
l'assyrien  ragâmu,  faire  du  bruit,  comme  k>rsque  beaucoup  de 
monde  parle  à  la  fois  [cf.  *^  plus  haut],  pourrait  bien  se  trouver 
dans  le  sudarabique  <»^  ,  faire  du  bruit,  f.  du  vacarme,  avec  per- 
mutation fréquente  de  J  en   .  (v.  Gloss.  s.  J  «t  .  ).  *^  peut  aussi  ôtre 

un  développement  de  ^,  retentir  (écho,  son)  =  u, -o-  ;  voyez  Gloss.  s.v.. 


885 

trempé  par  la  pluie,  ^jXc  ^^JJ'  ^_^Lo,  les  habits  qiie  je 

porte  sont  trempés  d'eau,   c_5Ôl^,  mouillé  =^  y^\.  (^cJ^, 

i,  pleuvoir   dru   et   menu^  bruiner,  piovigginare:  i^S<s>, 

intensif.   Synonyme   de   J3^,    i,    et    son    intensif  JjJ^. 

Nous   avons    donc   (^A^   ^t,    Ja^j  yji\    et   JjJ^  Ml 

la  pluie  tombe  dru  et  memi.  J'ai  entendu  la  dernière 
forme    chez  les  ""Awâliq   supérieurs   et  les   Datînois  = 

kSjù,  i,  Habbân.  Il  y  a  cependant  une  petite  nuance,  car 
JJÀ^  est  pleuvoir  peu,  mais  à  grosses  gouttes  =  class. 
JJa^.  Ces  verbes  renferment  l'idée  de  bruit  que  fait  la 
pluie  en  tombant,  voilà  pourquoi  i^ÂP,  i,  a  pris  le  sens 
de  radoter,  'Oman  M  S  0  S  III.  p.  3,  marmotter  et  délirer, 
comme  sa  variation  consonantique  Ap,  L  A  s.  v.,  qui 
a  aussi  donné  j»jÀp,  radoter,  divaguer,  Dt  et  classique, 
LA    16   p.   88.  ^p:^.  ^2^»,  la  pluie  bruit,  et  ^,^^.  Jy^*, 

le  torrent   bruit,   où   ^y^,   i,   peint   le  bruit,  ce  qui  est 

pour  ^cA^,   i:   ^^\  q^  ^^^  Us^   ^s^>^.  ^',  la   pluie 

gronde  comme  le  hâdi  (qui  chante  des  maràgîz),  lors- 
qu'il revient  du  pèlerinage,  me  dit  un  'Aulaqite.  On  voit 
donc  pourquoi  le  i_=^L>  est  ainsi  appelé.  Partout  l'origine 

concrète  doit  être  recherchée,  d'où  l'idée  abstraite  s'est 
développée. 

39,  10:  milk  em-heyd,  expliqué  par  ayant  la  mon- 
tagne en  face  de  nous,  devant  nous.  liVLi  est  le  Nord, 
car  c'est  le  synonyme  de  ^J^  [de  J^i,  aller  vers  le  Nord, 
contr.   de  ^,   ol   ou  ^g^'^,   le  côté  du   m  il  h,  sel.  On 


886 

tourne  le  dos  à  la  mer,  en  allant  dans  la  direction  m  i  1  k. 
C'est  tout  ce  que  je  sais  sur  ce  mot. 

39,  10:  ugilb  eé-sams.  v'-^i?  ^yr-^  ©t  vy^3  6st 
la  rougeur  que  produit  le  soleil  en  se  couchant,  ^j,-.-*^!  c;a>j>5, 

le  soleil  a  produit  cette  rougeur,  le  soleil  s'est  couché. 
^J„^,♦^t  (t  i  g  i  b  b)  i_^"  Ù  dUx  Lai:!  L.,  je  travaillerai  avec 

toi  jusqu'à  ce  que  le  soleil  se  couche.  Les  lexicographes 

donnent  à  ^^^^  le  sens  de  tomber  avec  bruit,  L  A  II 
p.  294,  Zamahsarî  s.  v.,  Haraâsah  p.  741.  Si  c'est 
tomber  avec  bruit.,  je  ne  comprends  pas  qu'on  puisse 
dire,  classiquement  et  dialectalement,  ^J-.^.♦.^!  u>y^3  =  ^^j^U 

LA  1.1.,  Boh.  Il  p.  167,  13  (B.  rukûb  el-budn)  :  .^^^^  jUb 

jj^4^!  e>~^:>3  ^-^3  lP)*^'  ^'  ui'iailw.  On  appelle  un  tué 
(.-^o-l^j  ein  Gefallener,  et  i-x>5  est  mourir,  tomber  mort. 

Cela  dans  la  lurah  seulement.  Dans  le  Sud,  ^jysjî  v^^^ 

ou  ^J^JlJ!  *>->35  orbite  de  Vœil,  et  ^v^t  c^y^^,  Vce'd  est 
enfoncé  dans   son   orbite,    l'œil   creux,  cave.  L  A  donne 

0;Li    *^^^v^    ^^^^-î-r'5. 

39,  14:  ahl  Ilâtim  Arabica  IV  p.  28. 

39,  14,  15:  etqannà'na.  %^,  a,  grimper  dans  la 
montagyie,  hinaufklettern.  J^_yj\  ^,  fais  monter  le  bétail 
dans  la  montagne  Hdr.  eUvL  «jLï,  lève  la  tête  en  arrière, 
dit  le  barbier  à  celui  qu'il  rase,  I.Llr  =  dU.!.   oilc  Hdr.  = 

oc  **  ^  .  C-c 

class.  %Js\  L  A  et  Asâs  s.  v..  ^^  \xj!^  ^<A-^  u^> 
pourquoi  marches-tu   le  nez  en  Vair?  Hdr.  *Iiu',  monter 


887 

dans    la   montagne   en   grimpant ,    hinaiifklettern  =  «j3, 

qui  est  peu  employé  dans  notre  dialecte.  «jji;C/«  Os^  tA^ 

ii)!o  (J^x:,  ce^^e  montagne  est  plus  haute  que  celleM,  la  sur- 
passe en  hauteur.  Un  thème  %^,  être  haut,  a  donc  dû 
exister.  Dans  les  dictionnaires  classiques,  nous  trouvons 

L  A  X  p.  173  en  bas:  *J^  to!  xijijLsj  JyJ-  ^\,  c;/ocLi, 
où  la  première  forme  correspond  à  l'usage  dialectal,  et 
dont  %^  est  l'intensif.   Il   faut  peut-être  lire  dans  L  A 

«Ifli"  pour  ^.   Dans   la  lurah  ^l=«    LAX  p.  173 

passim,  et  «jiÂj  «^î  est  même  le  terme  technique  pour 
lever  les  mains  vers  le  ciel  en  implorant  Dieu,  LAI.  1., 
Asas  el-Bal.  II  p.  184,  Tab.  Gloss.  s.  v.,  0  S  Festschrift 
Nôldeke  I  p.  327.  »^\^  ^\  est  par  Zamahsarî  considéré 
comme  une  locution  figurée,  jl^,  mais  non  wAj  ^!! 
Il   a   tort.   La  racine  ^  a    sans    doute    originairement 

le  sens   ù.'être  haut,  car  ^yi!  et  qLxïî,  se  tenir  debout, 

aufrecht  s^e^ew  =  «-N^aXJÎ,  LA   17  p.  228  et  s.,etjs^  iUï, 

Tab.  I  p.  1366,  =  J^  ids',  L  A  17  p.  228,  10  d'en  bas, 

les  deux  formes  courantes  dans  le  Sud.  ^SUJ!  &L>,  Hodeyl. 

Koseg.   p.   223,  6.  Cf.  le  classique  "^  et  ^.   En  Dt  jjs, 

dresser,  aufrecht  stelleti;  ô»^,  dressé,  aufgerichtet  ;  jjût, 

monter  en  haut,  se  dresser  =  class.  ycïl,  LA  1.1.  Aussi 

''Oman  Jjs,  aufstellen,  RO  §303;  felân  yiqill  salîb, 
N.  stellt  sich  auf  den  Kopf,  ibid.  p.  268  note;  stawit 
(jlerabit  sêf  ilîn  qtoll  essalîb,  es  enistand  ein 
Schioerterkampf,  bis  dass  „der  Staub  aufflog"  (wortlich  : 

60 


sich  der  Angepfahlte  erhob),   ibid.   §  415.  On  doit  donc 

admettre  que  ^  et  JJ>  sont  ici  une  variation  couso- 
nantique  des  deux  liquides,  comme  aussi  ]p  etbp,  bmit. 

xls,  idi,  bjils  et  i^jui  sont  synonymes  dans  la  lurali, 
LA   X   p.    173   en   bas.   A  présent,  le  sens  de  pLi  est 

clair  :  c'est  une  étoffe  qu'on  met  sur  la  tête  :  (j^yt  J^  ^^ 
ou  (j^!J'  M  jJLju,  et  la  forme   Jjc  est  normale  pour  les 

objets  avec  lesquels  on  couvre  qqc.  Ce  n'est  donc  pas 
véritablement  un  voile,  ce  qui  ressort  aussi  clairement  de 
Moh.  Tàhir  M  B  el-A  II  p.  174. 

«Jjs  a  aussi,  dans  la  lurah,  une  autre  signification: 
\j  ««^Lc  L^^jtiîj  _bfcM*iÎ3  ^Jlk^Ij  sxXi  LA   X   p.    174  en  haut. 

xUas  ^Jlk^\j  'xS^  _jjI  sxjjis  'ùJé,  il  s'approclui  alors,  et  A.  Q. 
lui  flanqua  un  coup  de  sabre  et  le  tua,  Hodeyl.  Wellh.  p.  14, 
12.   Je  ne  connais   pas  ce  sens  dans  les  dialectes,  mais 

dans  le  nôtre  ^^,  o,  i,  est  couper,  trajicher,  frapper. 
^ÀjywJLi  x^t  ci*^,  je  lui  ai  tranché  la  tète  avec  le  sabre, 
mais  LcjlIL  kJ'k  c>^,  je  lui  ai  frappé  la  tète  avec  le  bâton. 
à/iJLi  jjiL)  v.:>>-vc5,  j'ai  coupé  la  plume  avec  le  couteau'^). 
^^^\  ^j  iuL^^J(  ^J^]^  ^,  tranche  vite  la  tète  au  mouton  (à  la 
chèvre).  Cf.  hébreu  ^^p,  abreissen,  abpflûcken  Levy  W  B  s.v., 
comme  iiï  et  .«aIsï.  Mais  il  faut  observer  que  mes  Datînois, 


i)  Je  trouve  dans  le  dict.  de  Jacob  Levy  lY  p.  331  s.v.  p  ceci: 
ND^'^iO  ]p"l  NCrabip  ip  yor,  ce   qui   se  rendrait  en  arabe  dialectal 

du  Sud  par:  jJj^!    iliï^    jJLaJf    iLLs    tf*  (le   dernier    mot   est  seu- 
lement classique):   l)ien  expliqué  chez   Levy. 


889 

en  m'expliquant  ces  locutions,  disaient  qu'il  y  a  le  sens  de 
^jé,  émettre  U7i  bruit  sourd,  comme  lorsqu'on"  frappe,  v. 

Gloss,  s.  V.,  et  que  ^,  dans  le  sens  de  frapper,  était 
au   figuré:   „c'est  une  exagération  ^^^J^\  ^î^-^j  ."  Comme 

Feyroûzâbâdî  est  le  seul  qui  enregistre  ^^  avec  le  sens 
de  'u^L.  vy^'?  ^^  ^st  en  droit  de  supposer  qu'il  l'a  en- 
tendu à  Zebîd.  Je  ne  veux  nullement  prétendre  que  ^, 

dans  w«rv^Li  wJi,  soit  un  thème  développé  de  ^^.  Je 
constate  seulement  des  faits.  Il  est  très  difficile  de  tracer 
la  marche  séraasiologique  d'un  thème,  de  poursuivre  la 
transition  d'une  conception  à  l'autre.  Les  résultats  qu'on 
obtient  en  comparant  les  racines  analogues  dans  les  diffé- 
rentes langues  sémitiques,  sont  souvent  en  profond  dés- 
accord avec  les  phases  que  le  mot  parcourt  dans  la 
sémantique  sur  le  terrain  à'une  seule  de  ces  langues. 

39,  19:  màraz  ou  maràzz.  Le  mot  est  jj^,  pi.   ;U 

ou  :!>if.  Dans  Hdr  p.  41  et  s.  j'ai  expliqué  la  raison  de 
cette  prononciation  et  du  pluriel  jUi'  des  mots  analogues. 
Le  même  phénomène  se  rencontre  dans  les  dialectes 
nordafricains.  Stumme  MGT  p.  249  §73,  §108,  §131 
(p.   264),  idem.  Tun.  Gr.  §49,  §137  (p.  108  màqsi  = 

^,-Aaiw,  mes  ciseaux),  Marrais  Gr.  p.  139  2°.  j^  =  e>.A:>  ^^^ 
Zs^^\  J.  ^;JV^?Jr4  ^^^-p-  cr3  u-^'  oîJt^'  ^'^'^^^roit  on  se 
tiennent  les  gens  et  là  où  l'on  fait  le  ^y^  po^ir  le  cor- 
tège. Z»^  et  jy9  sont  synonymes.  J^  expliqué  ici  par 
^Ux*.'.  Voyez  le  Gloss.  s.  v.  ^^  et  Je.  Dô'an  a  dit: 


890 

+         +  -  + 

Le  territoire  est  à  Ahmed,  c'est  la  place  de  réunmi 

[des  tribus. 
Et  nous  attisons  la  guerre  pour  hii  à  toute  heure. 

39,  22:  hiMya  =  L>  v.  p.  330  et  s.. 

39,24:    sinnet   wùgheha.    oi->— li^!    x.-w    ,i^    ^ 

marche  sur  la  route  battue  ')  =  ^^ôJi,\  ouia^î  ou  vjb  JaJt 

sinnah  est  la  route  que  les  anciens  ont  tracée;  ils  y 
ont  marché  et  ils  Vont  défrichée  Dt.  Cela  correspond  à  la 
définition  de  L  A  1 7  p.  90,  8  d'en  bas  :  'iJ^  Joo^!  j  joLvJI  :  ^ 

^IjLii  Uiilw,  eZ^e  a  TaïV  fichu,  j^v**^  L^^^»  ^/Ze  a  le  port 
joli,  expliqué  par  iCs^^-w  Uoo'i ,  e^^e  a  la  stature  droite. 
i^v*vs:>  À^-;iJ>  iJLw,  to  forme  de  son  nez  est  jolie.  {xfP-'S\ 
Jj^j^.  iHr^33  ^-^y;^  3  ^^^'^■*-^  ^y-^  erî>  «^^i  comparait  son 
aspect,  sa  barbe  et  sa  figure  à  Gabriel,  Tab.  I  p.  1487, 
4.  iCLvJ!  ..^^  est  une  expression  élégante  pour  dire: 
d'im  bel  aspect,  Ibrahim  el-Yazgî,  Nug'at  er-raid  p.  5. 

Cette   signification   de  iLL*  (cl.  'ïJ^)  est  très  classique, 
ainsi  qu'il  appert  de  L  A  17  p.  88.  Êl-Gâhiz,  Tria  opus- 


1)  oi>0  =  oico  cliez  les  ^Awiiliq  supérieurs  v.  Gloss.  s.  v..  Roule 
hrilliir   est   donc   la    traduction   exacte,   et  la  route  battue  est  aussi 

lt(   ruitlltic,  l:i  xXm^  Ui  cntlinHc  chez  les   F.uropéens. 


891 

cula  p.  41,  5,  parle  du  iCL^Jt  t!^!  des  Turcs,  leur  corps 
bien  proportionné.  \j^p>^  x>Lw  m'était  toujours  expliqué 
par  UJlc  ^J;^-LLv.J:x  ^j:i  ij^p)^  ^J^  "iî^  (>?,'^î  f*'^^>  ^^  ^^^^" 
^wme  oz<  la  routine  du  pays  selon  laquelle  ils  procèdent. 
iùLU,  l^-wJu  v/^'  ^"^^^j  ^^  coutume  des  Arabes  est  de  por- 
ter des  sandales  R  0  §  430  c.  El-Mutalammis  Vollers 
N°  1    V.  16,  dit: L^  l5^^-^  ^  ^"^  ^jî^ 

Afi7i  que  je  laisse   après  moi  en  héritage  une  coutume 

[sur  laqîielle  on  se  réglera: 
Labîd,  Mo^allaqah  v.  81  : 

(Il   est)   d'une  tribu  dont  les  pères  leur  ont  indiqué  la 

[route  à  suivre, 
Car  chaque  peuple  a  une  routine  et  un  prototype. 

Le  verbe  ^y^.  oMj^'  j-  j*^'  ^.li-j-w,  les  moutons  sui- 
vent la  route ,  marchent  sur  la  route.  t'u\_iJI  |^JLv« 
|.y^>jt  (J^  (cc^r^''  ^=)5  ^'^^  coururent  sus  à  l'ennemi,  := 
]yj^  (pluralité),  isj^*)  (J^  (j:-'^^^  (V-^'-î  "3^  J-J^y'  iV"^ 
LA  17  p.  90,  3  d'en  bas.  obii!!  J.  (jJ*v  J^Jî,  ^es  cha- 
meaux ont  suivi  la  route  en  marchant  =  ^v^-w  (pluralité). 
b^y^J!  ^jM,  activer  la  marche,  pousser  de  l'avant.  ^^^Iw^ 

^  iÎLXjtJt ,  27  ?e?<r  accélère  la  marche,  étant  devant  eux. 
Le  premier  qui   est  devant  est  ^Lu«  par  rapport  aux 


l)L'Imâm  musulman  n'est  que  la  continuation  de  l'intercesseur  baby- 
lonien, sur  lequel  voyez  K  A 'P  p.  419  et  s.  Nuld.  Fiinf  Mo.  11  p.  92. 


892 

autres.  Voilà  pourquoi  le  mot  a  pris  le  sens  de  chep). 
i-ijotj!  bJ-w  ->cixj",  vois-tu  la  vitesse  de  leur  marche? comme 
ils  courent  vite.  On  me  dit  que  c'est  comme  lorsqu'on 
aiguise ,  ^ ,  le  poignard  et  que  c'est  pris  de  cela. 
vjb^J!  |^^u*«  expliqué  par:  .L^i  j.^  JJJî  J.  ^«-^m  ^>j  yi=>J> 
ils  marchent  sur'  la  route^  qui  se  voit  7iuit  et  jour. 
\j^  u-Jyi  ^}.c  ç_Jcoil  ^y!vv,  dresser  le  jeune  chameait  d 
être  monté  comme  il  faut,  c'est-à-dire,  pour  qu'il  marche 
droit  sur  la  route,  ^^l^  ^>y-^.  C'est  le  classique  ^y^ 
L^  j.LJiil_5  U:^^  ^y.^]  \ô\  xU  Jc>yt  LA  17  p.  87,  5  et  3 
d'en  bas,  et  J^  ^I->Lio  J,  ^j:^  ! jl  .UciJI  J.  t_,-ràj!  ^yi^^S 
&iA=>i^  ic^  j  \;^Lw ,  0.  1.  p,  93,  8  d'en  bas.  J^  ^y.^j 
52<ïwe  /a  routine,  la  coutume,  comme  plus  haut.  Le  sens 
de   v^>    répandre,  verser,  ausgiessen,  LA  17  p.  91,  8 

d'en  bas,  n'est  pas  connu,  mais  j'ai  entendu  Jk*«  dans 
ce  sens,  dans  le  Sud. 

Maintenant,  Nôldeke,  en  commentant  le  vers  susmen- 
tionné de   Labîd,   dit,   o.  1.   p.   91:  „^>w  paraît  signifier, 

diriger,  tourner  vers,  richten,  lenken,  d'où  sj^,  direction, 
route,  manière  d'agir."  Il  dit  „ paraît."  D'après  moi,  c'est 
plutôt  former  'yo,  LA  17  p.  88, 13,  de  la  façon  impliquée 
dans  notre  exemple  à  propos  de  ov>cXli  \juiii!,  et  \:^'l  iuL« 

•1)  ij^-*^  est  aussi  le  fer  de  la  lance;  l'autre  bout  porte  un  boul 
en  fer  —  ;  =  Dâliir  *^'j.  _:  est  le  babyl.  ziqtu,  poinle,  Dhorme 
j).  370  V.  G. 


893 

est  paraphrasé  dans  L  A  p.  88,  8  par  ^^1  b^y^?,  Schliff 
des  Gesichtes,  feature  of  the  face.  Voyez  K.  el-Addâd, 
éd.  Houtsma  p.  255.  La  route  devient  un  k-Lw  parce 
qu'on  la  trace  à  force  d'y  marcher,  une  route  foulée^ 
hathie:  vj5y>u\x!  ^Juh  =  ^wSjiaJl  iCLw  Jk^   ww,  marche  sur  la 

route  battue.  Il  n'y  a  rien  dans  les  dictionnaires  qui 
nous  autorise   à  admettre  le  sens  proposé  par  Nôldeke, 

La  iwLw  a  parfait  la  même  évolution  sémasiologique,  du 
propre  au  figuré,  que  vjij^  (=  yji^}^)  ^t  iCajyj  et  que 
route  et  routine.  Je  ne  suis  nullement  sûr  qu'il  faille, 
avec  Nôldeke  Fûnf  Mo^all.  II  p.  92,  absolument  éhminer 
le  sens  iVaiguiser  au  point  du  vue  étymologique  du  mot 
iclw .   Mais   ce  qu'il   y   a  de   sûr,   c'est  que  les  Arabes 

pensent  à  cela  en  tâchant  d'expliquer  ^^  et  idw,  ce  qui, 

du  reste,  n'est  pas  une  preuve.  La  route,  à  force  d'être 
^y>o^  OU  03^,  devient  Qy-^^,  abgeschîiffen.  Plusieurs 

significations  de  ^y^  et  des  autres  formes  sont  certaine- 
ment des  dénominatifs  de  icu«.  Ce'  mot  était  fort  en 
usage  avant  l'Islam.  On  n'oubliera  pas  que  le  thème  c  yi, 
dont  j'ai  longuement  parlé  Hdr  p.  501  et  ss.  et  ici  p.  543 

et  ss.,  nous  ofi're  ^  ,^  =  ëJ^,  coutume,  et  p  ,U:  =r  id^, 
route,  et  la  iUj^  est  même  devenue  un  xj^^  (dans  le 
sens  théologiquo)  pour  les  Musulmans.  Le  Prophète  fixait 
déjà  le  terme  ^^»  iu*«,  en  même  temps  que  ^JJi  v-jUs', 
I.  SaM  VIII  p.  189,  4.  De  la  même  façon,  alaktu  en 
babylonien,  chemin  et  manière  d'agir,  Del.  H  W  B  p.  68 
et  s.,  Jeremias  A  T  p.  53,  KD  VI  p.  4,  v.  9,  16,  19, 


894 

et  h  a  ni  nu,  chemin  et  entreprise,  affaire.  T^l  a,  dans 
l'A  T,  le  même  sens  figuré.  Pareillement,  on  dit  en  fran- 

5   1  -   > 

rais  la  voie  des  hommes,  leur  conduite  morale,  ^j^  i^-^, 
et  nous  parlons  des  Wege  Gottes  ou  sa  manière  d'agir. 
La  similitude  de  transition  sémasiologique  est  frappante. 

39,  25:  min  qàrneha  alàmma  ""urqûbha,  ce  qui 
correspond  exactement  à  notre  „de  pied  en  cap",  „des 
pieds   à   la   tête."    On    dit   d'un    homme   très  honnête: 

liVjy^  UJI  dûj  ^j^  eUjLol  [je  te  crois]  :  ta  bonne  foi  est 
depuis  ta  tête  jusqu'à  ta  cheville,  ou  bien  ^iJ.^^'  ,j^  eVJoLo! 
^i)^yy^  LJ!,  depuis  tes  ongles  Jusqu'à  ton  occiput.  ^^  est 
chaque  coté  du  vertex;  &j^,  pi.  ^^,  est  un  peu  plus  bas: 

— (       1 qarnah.  j^^  cst  le  derrière  de  la  tête'.       V.  • 

Nous  trouvons  une  expression  analogue  dans  le  Livre 
des    Avares  d'el-ôâhiz  p.   216:   ^   ^^S   c>^-j'j  o^-po 

viXxOvï  ^\  liViyj,  et  comment,  du  moment  que  tu  es  plein 
de  fautes,  des  pieds  à  la  tête  !  Cf.  Gen.  XIV,  23. 

39,  26:  tesinna  =  Ui  ,^.-^"  ==  LJ  ijy^-  Ta'simin- 
na   qahwah  =  !5^  Llî  ,*..'*>jij",   comme  1.  28  kamman- 

n  a  =  Lu  J^,  avec  assimilation  des  liquides. 

39,  26:  falak.  éUî  est  ,ji.*c,  Ji',  manger  pour  hom- 
mes et  animaux.  C'est  un  '^j>^  'iLt^S,  mot  choisi,  selon 
mes  Datînois.  B  â'  t  i  s  ù  n  n  a  é  i  falak,  voulez-vous  nous 
faire  quelque  chose  à  manger?  [UJ  îy*J>"].  Kullin  yi- 
dùwir  leh  falak,  chacun  cherche  ses  moyens  d'existence. 


895 

K  u  1 1  a  n  d  â  i  r  b  a^â  d  '  )  f  a  1  a  k  u  h,  chacun  court  après 
son  gagne-pain  Hdr.  El-yôm  éf  falak  lira-bôs  fim- 
w  i  d  d  e  h,  y  a-til  à  présent  de  la  pâture  pour  le  bétail 

clans  les  wâdis  ?  dVMl   ,^lXj  ,^,  il  a  émigré  pour  chercher 

le  falak.   De   là  le  dénominatif  dÛi,  donner  le  falak. 

-otoi  éSî  feed  the  camel,  Stace  p.  63,  et  dûàj",  chercher  le 

falak  ou  manger  le  falak  Wèn  tabù"?  —  Labà' 
Lahig.  —  La  eys?  —  Labà"*  netfallak  fîha.  Oii 
voulez-vous  aller?  —  Nous  voulons  aller  à  Lahig.  — 
Pourquoi?  —  Nous  voulons  y  chercher  les  moyens  de  sub- 
sistance. Bâ  lisàrrih  em-baus  yitfallak  fimwadi, 
nous  voulons  mener  le  bétail  ce  matin  paître  dans  le  wâdi. 

Le  liUL'î  jj^  est  un  terme  inconnu  chez  les  Bédouins 

du   Sud,    qui   disent  ^^y^^^^  (*Ic-   Je  dis  à  un  Datînois: 

mà^rif  sf  bi  "^ôlm  el-falak,  Je  ne  connais  point  l'astro- 
nomie. Il  me  répondit:  „Mènteh  sf  miftâq  leh: 
e  n  t  e  h  m  u  d  m  i  r,  tu  n'en  as  pas  besoin  :  tu  as  de  la 
fortune.  Cette  réponse  prouve  qu'il  ne  connaissait  ^Ui 
que  dans  le  sens  de  iiA*c.  Hommel  A  A  p.  251,  nous 

apprend  que  oUî  vient  de  l'assyrien  pulukku,  cercle^ 
sens  qui  se  trouve  aussi  en  arabe,  L  A  XII  p.  366.  Ce 
serait  donc  l'Ecliptique  qui  traverse  l'A  nu,  l'Océan  cé- 
leste, et  dans  laquelle  naviguent  les  planètes  et  les  étoiles 
qui  s'y  trouvent.  Les .  anciens  Egyptiens  se  figuraient 
Rê",   le   dieu  solaire'),  de  même  que  Thot,  le  dieu  lu- 


1)  Obs.  l'emploi  de  Axj  =^  K^. 

2)  Erman  cl.  p.  352  fait,  à  propos  de  cela,  cette  réflexion:  »Les 
conceptions  n'ont  lien  eu  à  faire  avec  la  leliprion  pro|)reii)ent  dite." 


896 

naire,  traversant  le  ciel  auv  leur  bateau.  Voilà  pourquoi 
l'un  des  noms  de  la  lune  est  ^^^L ,  I.  Sîdah  IX  p.  27, 
5  d'en  bas.  Nous  possédons  toute  une  série  d'objets  an- 
tiques, où  figure  le  bateau  lunaire,  c'est-à-dire  le  crois- 
sant ^,  Menant,  Cat.  La  Haye  pi.  IV,  19,  Glypt.  I  pi. 
II  fîg.  4,  etc.;  CIS  II  88a;  Del.  B.  B.  p.  49;  Palest. 
Jahrb.  II  p.  48.  C'est  le  bateau  de  Sin  sur  lequel  il 
parcourt  le  ciel. 

Dans    le    Hi/mneti    und    Gebete   an  Sin  de   Guthrie 
Perry,    élève   de   Zimmern,    nous   lisons    ces    passages, 

A 

N°  p.  5 :  0  barque,  luisante  du  Ciel.  0  barque,  lorsque 
tu  parcours  le  milieu  du  ciel.  Lorsqu'à  TJr  tu  montes  la 
barque  luisante  =-  N°  4  p.  20.  „Barque  luisante",  en 
soumérien  mdgiàr  azag  zi::  bab.  makurru  ellitu, 
est  selon  Jensen  KB  VI,  i  p.  533  et  s.  et  Guthrie  Perry 
p.  18,  „un  bateau  qui,  vu  de  côté,  a  l'aspect  du  crois- 
sant." Je   me  demande   si  le  mot  soumérien  n'est  pas 

resté  dans  le  Qorânique  s^   y=>^    ^Uait  (j=y3,  XVI,  », 

XXXV,    13,   d'où   le   dénominatif  ^,  Bolj.  III  p.  56,  a. 

I.   Sîdah  IX  p.  26,  5  d'en  bas.  Ce  j^^_yA  est  expliqué  de 

plusieurs  façons,  ce  qui  est  déjà  très  suspect,  quand 
même  le  verbe  _>  ,  fendre,  se  prêterait  à  un  sens  tout 
naturel;  voyez  ma  critique  M  S  p.  21.  Vollers,  Z  D  M  G  49 
p.  504  et  V  S  p.,  veut  que  yi>Lo  s'explique  comme  m  â- 
k  il,  m  â  h  i  d  etc.,  v.  ici  p.  698  et  s.,  mais  cela  est  bien  loin.  ') 
On   pensera  plutôt  au   babyl.  mahâru,  gegenilbertreten 


Et  pourtant  Brugscli  avait  drjà  vu  clair!  Un  écho  de  cette  concep- 
tion d'Ami  est  la  locution  arabe  jl-^'  y>-  v5 ,  da)is  le  courant 
fie  la  journée. 

1)  Je  vois  à  préaent  que  V.  lejette  cette  étyniol.  VS  p.  189. 


897 

(einer  Sache),  propr.  (einer  Sache)  seine  Vorderseite  gegen- 
îiber  hringen,  Ungnad  ZA  XVIII  pp.  21,  35,  d'où  ma- 
Ii  a  r,  deva?it,  coram.  y>L«  est  sur  les  côtes  du  golfe  d'Aden, 
aussi  donc  au  pays  des  Sômâl,  la  dh-ection  vers  "Alûleh, 
''User  et  Hâfùn  (ou  Heyfûn);y!j>  est  celle  de  Mît, 

Berbera  et  Bù  el-Hâr.  Lorsqu'on  est  ^Lo,  on  se  met 
en  face  du  vent  d'est  qu'on  monte  en  courant  des  bor- 
dées.  On  parle  de  çf  j>l-«  qv*  et  ^Jc>  ^*,  selon  le  pays 
de  la  provenance  du  beurre.  yi-Lo  est  Vest  et  ^b  Vcnest 
chez  les  Sômâl,  ce  qui  a  déjà  été  relevé  par  Glaser,  Skizze 
II  p.  196.  îJy>Lo  iU-^,  pi.  r=>|y«  ^^]^^,  bateau  qui  navigue^ 
pendant  la  mousson  d'est,  contre  le  vent  vers  l'est,  et 
ayto  'iXjJij^  ou  îj^lLc,  qui  navigue  vers  l'est,  ayant  le  vent 
arrière,  LPjo  q^.  .>^^  est  naviguer  avec  peine  contre  le 
vent.   Je  crois  que  nous  avons  ici  l'origine  des  y>|^  du 

Qorân,  que  cela  vienne  du  soumérien  magur  ou  du 
babyl.  m  ah  â  ru. 

Même  conception  chez  les  Egj^ptiens,  dont  la  cosmo- 
gonie est  également  astrale  et  probablement  de  prove- 
nance babylonienne,  malgré  le  mutisme  intentionnel  des 
Egyptologues.  Khons  d'Edfou,  le  dieu  lunaire,  est  ap- 
pelé le  grand,  le  grayidiose  dans  son  bateau,  éclairant  le 
monde  de  ses  rayons,  Brugsch,  Rel.  und  Myth.  der  alten 
Aegypter  p.  500.  On  sait  que  les  anciens  bateaux  égyp- 
tiens avaient  la  forme  d'une  demi-lune.  Erman  Aegypten 
p.  432/3  et  chapitre  XIX,  Jeremias  AT-  pi.  N°  144. 
Le  croissant  est  le  bateau  lunaire  aussi  chez  les  Egyp- 
tiens, Erman  llandb.  dcr  Kgl.  Sammlung  zuBerlinp.nl. 


898 

Les  bateaux  modernes  sur  le  Nil  et  dans  le  Golfe 
d'Aden  ont  encore  conservé  une  courbure  qui,  ancienne- 
ment, a  dû  être  plus  accentuée  encore.  Les  caravelles 
du  Moyen  âge  étaient  dans  le  même  cas.  Les  bateaux 
assyriens,  sur  le  Tigre,  affectaient  la  forme  d'une  demi- 
lune  K37,  V.  Oppenheim  Reise  II  p.  195;  elle  est  encore 
conservée  sur  les  cours  d'eau  dans  la  Babylonie  moderne, 
Sachau,  Am  Euphrat  und  Tigris,  fig.  N"  3  p.  18,  et  la 
quffa,  si  usitée  dans  ces  parages,  ibid.  p.  27,  G  Jacob 
Studien  in  arab.  Dichtern  I  p.  41,  doit  aussi  originaire- 
ment provenir  de  la  forme  lunaire.  Nebo  vient  du  temple  de 
Borsippa,  sur  son  bateau,  rendre  visite  à  son  père  Mardouk. 

éSî  a  pu  donner  dùi,  bateau,  [jJé  Hdr  p.  252]  et  spécia- 
lement l'arche  de  Noé,  fréquent  dans  le  Qorân,  où  il 
revient  23  fois,  et  le  moderne  '^ji^i.  La  même  adaption 
sémasiologique  s'est  peut-être  produite  pour  l'hébreu  ^i^î, 
bateaux,  flotte,  l'Anu  des  Babyloniens,  l'Océan  céleste. 
Le  pluriel,  ou  plutôt  le  collectif,  eUs  et  "•iJ*,  représentent 
tout  le  firmament  avec  les  corps  célestes  qui  y  accom- 
plissent leur  course.  Dans  l'hymne  à  Sin,  Guthrie  Perry 
0. 1.  p.  5,  nous  lisons  :  Père,  Nannar,  Seigneur,  Grand 
dieu  Anu,  régnant  parmi  les  dieux!  Au  N°  2  p.  13,  Sin 


1)  Rien  ne  pronve  mieux  l'ancienneté  de  ce  mot  que  son  emploi 
dans  le  Qoràn,  où  il  est  tantôt  masc,  tantôt  fém.  ;  tantôt  sing., 
tantôt  plur,  Boh.  III  p.  56,  2.  Le  Prophète  avait  une  notion  vague 
de  l'ancienne  conception  orientale  de  la  concavité  sphérique  du  fir- 
mament, le  pulukku  des  Babyloniens,  et  il  se  servait  du  mot  en 
question  avec  un  certain  tâtonnement,  absolument  comme  de  *j*jt  J^^, 
ainsi  que  je  le  prouve  plus  loin.  I.  Sîdab,  IX,  p.  23  et  s.,  a  une  longue 

dissertation  sur  dUi  ,  mais  qui  n'avance  à  rien.  Il  y  donne  le  pluriel 


899 

est  imploré  par  :  o  Ami  du  ciel  dont  personne  n'apprend 
l'essence:  ilu  Anum  sa  samê  sa  la  ilammadu 
meliksu  maamman  =  arabe  :  (}  jJju  "^5  (^Àiî  tUwJ!  jjî 

[U]  iA>!  iJbCU.  Si n  et  Anu  sont  donc  ici  identifiés,  et  l'opi- 
nion de  Hommel  que  Anu  est  l'Océan  céleste  me  paraît 
assez  probable.  Fraenkel  F  W  p.  219,  veut  que  iU],  î;a.5e, 
provienne  de  ce  ""iî^,  et  il  compare  avec  raison  le  lat. 
vas  aux  français-ital.  vaisseau,  vascello.  On  peut  aussi 
comparer  o-xâcpjj,  objet  creux,  vase^),  et  ensuite  barque, 
scif,  esquif,  lat.  scapha.  Seulement,  ce  n'est  pas  ""iN*,  ba- 
teaux, qui  a  donné  ^Li],  babyl.  anu,  Del.  II  W  B  p.  94, 
et  unûtu,  vas,  Del.  Gr.  p.  172  et  ibid.  Gloss.  p.  24, 
mais  la  forme  du  firmament  Anu  est  le  point  de  départ, 
et  iU]   est  calqué  sur  le  paradigme  JL«  des  nom.  vasis. 

De  même  (j^,  lu7ie,  a  donné  iLv-Lb,  bol,  tasse,  et  agû 
ou  agan[n]u,  disque  lunaire,  est  l'origine  de  ]\^,bass  in 
dont  je  parle  plus  loin. 

Dozy,  Suppl.  s.  V.,  rejette  tout  rapport  entre  dUi  et  i^_^; 
à  tort,  je  crois,  et  son  étymologie,  de  harrâq ah,  Gloss. 
des  mots  espagnols,  p.  265,  n'est  pas  acceptable.  Sur  la 

côte  du  Sud  et  en  Yéman,  on  dit  'sfjè  avec  deux  1,  ce 

qui  pourrait  être  le  diminutif,  '»Syé  de  liUî  ou  de  tiUà. 
Les  marins  de  la  Méditerranée  ont  appris  ce  mot  des 
marins  de  la  Mer  Rouge  et  ils  l'auront  prononcé  avec 
un  seul  1.  Quoi  qu'il  en  soit,  une  chose  me  paraît  sûre, 


1)  =ou  lîD^"i  ;  cf.  1-WLj. 

2)  Peut-(*tro    aussi    roii<j;ino    (Vécnpc;    suéd.    shapn;    an^l.  scoop; 
allem.  Scliopprn,  du   v.  ail.  scuplia. 


900 

c'est  que  le  sens  de  bateau  doit  provenir  de  la  conception 
cosmogonique  des  Babyloniens.  Vollers  Z  D  M  G  51  p.  300 

ne  veut  pas  non  plus  admettre  une  relation  entre  ^ 
et  'iSj^è.  Il  considère  'iS_^  comme  étant  d'origine  très 
récente  parce  que  el-Hafùgî,  dans  son  Sifâ,  el-Murtada, 
dans  son  T  A,  n'en  parlent  pas.  C'est  que  le  premier, 
ou  l'aura  oublié,  ou  le  tient  pour  arabe,  non  dahîl,  et 
le  second  ne  parle  que  de  la  langue  classique.  Vollers 
le  fait  dériver  de  scpéXKiov,  o.  I.  50  p.  620,  51  p.  300  et 
325,  idem  V  S  p.  98,  et  le  fait  est  que  l'auteur  du  Peri- 
pluà  Maris  Erythraei,  éd.  Fabricius  §  16  p.  68  en  haut, 
appelle  les  bateaux  de  commerce  dans  la  Mer  Rouge 
è(pôXKix.  Ce  sont  les  bateaux  qu'on  peut  encore  y  voir. 
Or,  s(péxxiov  est  chaloupe  en  grec,  Beiboot,  qu'un  grand 
bateau  traîne  après  lui,  justement  la  felùkah  du  Levant. 
L'auteur  du  Périple  appelle  la  felûkah  (T)cci<pii,  §33  fin. 
Il  dit  en  parlant  de  l'île  de  Masîrah:  "E^xpt1^ov(ti  Velç 
ctvTvjv  (Tvvii^uç  ol  xTto  Kûcvîjt;  (TKÙcpxç  xx)  icpôKKix,  Les  gens 
de  Kane  affrètent  pour  là  (cette  île)  habituellement  des 
barques  et  des  navires  ').  Ces  deux  mots  ont  donc  eu 
un  développement  contraire  l'un  à  l'autre.  Tandis  que 
(TKtkcp^j,  barque^  canot,  est  devenu  anc.  allem.  scif,  allem. 
mod.  Schiff\  suéd.  skepp,  grand  vaisseau  [mais  le  fran- 
çais a  conservé  le  sens  primitif:  esquifs  barque,  esp. 
esquife^%  par  contre,  ècpé^xtov  est  devenu,  dans  le  langage 
des  marins  de  la  Mer  Rouge  au  premier  siècle  de  notre 

1)  Aujourtl'hui   ce   seraient  dans   le   Siul  des  j*j!cj  ,  pi.  de  &■♦*£;, 
et  des     ^Ua«  ,  pi.  de  iCA£.Lw. 

(I  - 

2)  Ce    qui    a   donnt''    l'algérien    ■^JiSJ^ ,    vavirc,    chqef  nn-nâr, 

haleaii  à  vapeur,  Sedira  Diot.  fr.-arabe  p.  55,  et  ouJw ,  rannt, 
RM  TA  p.  447. 


I 


901 

ère,  grand  bateau,  tout  en  gardant,  en  grec  de  la  Grèce, 
le  sens  de  chaloupe,  barque.  L'auteur  du  Périple  était 
sans  doute  un  négociant  d'Alexandrie,  fort  illétré,  il  est 
vrai,  mais  qui  savait  pourtant  ce  qu'il  écrivait.  Si  scpàxaiov 
était  un  vrai  mot  grec,  et  vu  le  commerce  et  les  rela- 
tions existant  entre  Alexandrie  et  la  Grèce  —  Alexandrie 
était  môme  une  nouvelle  Grèce  —,  comrnent  l'auteur  du 
Périple  aurait-il  pu  appeler  les  bateaux  d'un  certain  ton- 
nage, qui  servaient  pour  le  commerce  dans  les  eaux 
inhospitalières  de  la  Mer  Rouge  et  des  côtes  de  l'Arabie 
du  Sud,  du  nom  d'une  petite  barque?  Anciennement,  en 
Europe,  une  felouque  était  une  galère,  et  cela  n'est  pas 
précisément  de  nature  à  faire  penser  à  une  étymologie 
grecque. 

L'auteur  nous  donne,  §  16,  une  autre  notice  qui  est 
tout  aussi  intéressante.  En  parlant  du  commerce  que  les 
habitants  de  Mouza  ')  faisaient  avec  la  côté  de  l'Afrique 
Orientale,  il  dit  que  „to  plupart  du  temps  on  se  servait 
de  pilotes  {xupspviÎTai)  et  d'employés  ixpsK'^^oi)  arabes  qui 
sont  familiers  et  parents  (des  indigènes),  ayant  la  con- 
naissance des  endroits  et  de  la  langue  (des  indigènes)." 
Or,  ces  pilotes  existent  toujours.  C'est  une  classe  toute 
particulière  dont  le  métier  se  transmet  de  père  en  fils. 
Ils  forment  en  Egypte  une  corporation  ayant  des  privi- 
lèges qui  datent  de  loin.  J'ai  eu  beaucoup  de  relations 
avec  eux  à  Alexandrie,  à  Suez  et  sur  les  bateaux  du 
Levant  et  de  la  Mer  Rouge,  à  l'époque  où  leurs  services 
étaient  encore  n'clamés.  A  présent,  les  bateaux  à  vapeur 
n'en  ont  plus  besoin,   et  les  bateaux  à  voile  européens 


\)  L;i  r  \y^  actuello,  au   Nord    d'el-Moljâ'. 


902 

ne  passent  plus  par  la  Mer  Rouge.  On  voit  donc  que 
„la  corporation  des  pilotes"  ne  date  pas  d'hier.  Ces 
Kv(3£pi/)ÎTat  et  ces  xp^^<x-^oî  arabes  parlaient,  bien  entendu, 
arabe,  et  c'est  dans  leur  langage  marin  qu'il  faut  chercher 
la  provenance  du  sens  du  scpéxiciov  du  Périple.  Je  ne  peux 
nullement  prouver  que  ce  mot  faisait  partie  de  la  phra- 
séologie des  marins  de  la  Mer  Rouge,  mais  ce  qui  a  été 
prouvé,  c'est  que  les  Arabes,  que  le  Périple  nous  présente 
comme    de   sagaces   navigateurs,   n'ont   pas   appris  leur 

métier  des  Grecs.  Du  moment  que  dUs  est  déjà  dans  la 
langue  littéraire  bateau  (avec  une  acception  toute  spéciale 
cependant),  je  ne  vois  pas  pourquoi  les  loups  de-mer  des 
côtes  arabiques  n'ont   pu   avoir   adapté  la  môme  racine 

à  un   mot  signifiant  bateau^  comme  ^^<JOi>  *^^J^  OM'i^Ji, 

'iSji?  Je  suis  persuadé  que  le  mot  grec  rentre  dans  la 
grande  catégorie  d'anciens  mots  sémitiques  culturaux  qui 
ont  ensuite  rayonné  sur  le  monde  grec. 

39,  note  2:  legibna  v*^  ,  a,  est  synonyme  de  «^*, 
monter,  grimper,  ^y  .li  j?,  lXx^^jÎ  ^  ]^^^ ,  Us  sont  mon- 
tés clans  la  montagne  en  s'enfuyant.  i-oaijî  ^  >_^ ,  il 
grimpa  sur  l'arbre.  C'est  peut-être  dans  ce  sens  un 
développement  de  \J- ,  mais  grimper  sur  l'arbre  ne  ren- 
ferme pas  la  nuance  de  se  réfugier.  Aussi  passer  devant 
une  montagne,  au-dessous  d'une  montagne:  Bfi"  legf 
lâgib    hâdem-heyd,    nous   allons  passer  devant   cette 

montagne.  l\^    ._,*^"^    1^    l^>    ^  ^J^',   les  Bédouins, 

lorsqu'ils  campent,  s'installent  au-dessous  de  la  montagne 
ou  adossés  d  la  m..   A>il   — ^=>^3  li*.^!i ,  7ious  sommes  pas- 


903 

Cl  ^  s 

ses  a  côté  de  la  montagne,  et,  le  plus  souvent,  w-j^.  UxJ 

lXuJI  [(jc^  ou],  Çdr  Gloss.  s.  v.  ^ .  wa.>  est  aussi  produire 

un  bruit  sourd,  retentir,  faire  écho,  =  iJ  ,  i.  iLj..^\!,ec/^o,= 

A^.  Cela  est  aussi  classique,  xc^  *i  q'^W;1  j-^^^.  e^ 
le  contingent  des  H.  fait  entendre  des  clameurs,  Su^'arâ' 
en-Nasr.   I   p.   173  v.  10,  Tab.  I  p.  2365,  s.  &,opJ   *^^ 

^M  entends  un  bruit  sourd  le  soir,  soit  d'un  homme,  soit 
de  bêtes  fauves,  et  l'ayant  bien  entendît,  tu  constates  que 
c'est  le  bruit  d'un  homme.  I.  Sîdah  II  p.  187,  4  et  s.. 
La  raétathèse  classique  >-Jb.>  I-  Sîdah  II  p.  135,  i,  5  d'en 
bas,  L  A  I  p.  261,  11,  avec  le  même  sens,  n'est  pas 
•  connu    dans    les    dialectes.  Le  Qâmoûs   seul   a  iLiilL^TJt 

j4^-v*^|5  v^^'j  vacarme,  bruit.  C'est  donc  probablement 
un  mot  yémanite. 

Le  verbe  simple  ^  ,  =  I . ,  aussi  class.,  I  Sîdah  II  p. 
135,  5  d'en  bas,  Tab.  Gilo'ss.è.  y.,  produire  un  bruit  sourd, 
retentir,  faire  écho,  résonner,  tinter.  Èdnak  telig;g 
min  qarhat  em-binduq,  Voreille  te  tinte  par  suite 
de  la  détonation  du  fusil,  le  coup  de  fusil.  vJ;A>lJ!  Ll>J5 
aJ-o  L\Ji  ^3 ,  nous  tirâmes  un  coup  de  fusil,  et  la  mon- 
tagne en  retentit.  Cs^  J.  Jju  AcJI,  le  tonner e  retentit 
dans  la  montagne.  .^JL»  ^^\  la  mer  bruit.  ys^'^Jî  K^J, 
le  bruit  de  la  mer.  ^\^  ii^i,  Vécho  de  la  montagne. 
u*.UJ!  'li^ ,   le  vacarme  sourd,  le  murmure  des  gens  •=. 

61 


904 

I.  ez-Z.  et  ceux  qui  étaient  derrière  lui  prononcèrent  (en 
priant)  le  mot  âraîn  de  façon  que  le  Masgid  en  retentit^ 
Boh.  I  p.  152,  4').  Klnnebak  leggah,  comme  si  tu 
étais  assourdi,  tu  fais  la  sourde  oreille. 

^  so  trouve  aussi  dans  le  Nord.  Qîimet  bintu  uel- 
banât  illi  ""andëha  yinhinnuh:  hadret  el-rîyfib 
Sa'dûn!  hayyâl  el-bul  Sa'dûn!  Ulaggin^)  bin- 
nahâwi'')  uez-zarârît  ilyâraa  éètu  el-hôse^) 
ebrâsu  ulifin  yesdub"^)  ilyâhu  ebdahàrha  wa- 
yirhi  râseha  ^ala  el-gôra.  Sa  file  et  les  files  qui 
étaient  avec  elles  se  mirent  à  l'encourager  par  des  cris 
de  bravoure  en  disant:  ^Sa'dûn  vaut,  par  sa  présence^ 
tous  les  braves  qui  sont  absents"')!  Le  cavalier  des  cha- 
meaux, c'est  Sa^diml"  Et  elles  firent  retentir  les  cris  de 
bravoure  et  les  trilles  de  joie  jusqu'à  ce  que  l'ardeur  lui 
vînt  à  la  tête.  Il  sauta  alors  en  selle  et  une  fois  monté 
sur  sa  jument,  il  la  lâcha  contre  l'ennemi,  récit  "^anazite 
de  SaMûn  el-'Awâgî. 

1)  (jV^Lù    auoj)    ^^    V^  î  *^^*  ''  y  ^  '^  variante   i^-^, 

2)  =.  J^Sj\    ^.,i5'   G  0. 

3)  PI.  de  (j:>^,    non  de  syè^. 

4)  =  Xw.-'  JJl*,  comme  Vivresse  GO.  \j»^-.  o^avoir  rie  V  ardeur. 
'LaJ^  y  ^y>M^  ^  allez-y  avec  ardeur,  mes  braves!  dit-on  pour  en- 
courager les  combattants.  De  là  vient  la  hôseh  des  habitants  de 
la   Mé.sopotamie,  Meissner  NAGI   p.  140,  Hilprecht.  Ausgrabungen 

in  Nippur  p.  23.  ij^j^,  enflammer,  anfeuern,  anireibcn  Eg  ,  consterner 

5)  =  r'y,  sauter  en  selle  G  0. 
R)  Litt.  :  la  présence  des  absents. 


905 

Wa  el-'arab  —  Alla  yidfa''  èl-bàla  —  gâim  la- 
hom  lâggat')  er-r[r]ràwa  (s^yî)  min  el-wurdân 
uel-'^ôggaz  tigta^  el-reyt  min  ès-sàma.  Quant  aux 
Bédouins  —  que  Dieu  écarte  le  malheur!  —  il  se  leva  parmi 
eux  des  criaiUeries  et  un  vacarme  de  la  part  des  enfants 
et  des  invalides^   au  point  de   couper  la  pluie  du  ciel, 

récit  "^anazite  d'el-Hâyârî.  De  là  aussi  ^,  Jaser,  caqueter, 

Nord,  Meissner  M  S  OS  VI  p.  108/9  N°  37.  ^\,  être 
touffu,  ^anazî;  Zamahsarî  est  le  seul  qui  l'enregistre. 
J'ai  déjà  dit  que  ^^  est  peut-être  une  variation  [(j^  = 

i]  de  ».-J,  V.  Gloss..  Le  sens  concret  ici  relevé  de  ^, 
étant  répandu  dans  tous  les  milieux  bédouins  de  l'Arabie, 
on  est  en  droit  de  le  considérer  comme  primaire,  et  il 
aurait  dû  figurer  à  la  tête  de  l'article  dans  les  diction- 
naires, puisque  tous  les  autres  en  découlent.  Un  autre 
développement  de  ce  verbe  est  ^,  i,  faire  du  bruit,  f.  du 


vacarme,  murmurer,  intr.  v.  p.  903  d.  !..  ,.,c.*^JL|  ^jui' 


o: 


,<-f*', 


écoute    comme   ils   murmurent,    la   rumeur   du   monde. 
5<î>  JoyA)  ^y^  j*jsrJLj  ^i>«-yj',  la  maison  retentit  de  leur  voix, 


1)  ='!>^^\    GO.  —  j  ,  produire   un  bruit  sourd,  murmurer,  faire 
du  vacarme.  ;^~»Ij    LlJx.    „;,  il  nous  parlait  eu  criant. 'i^ybruit 

Cl   -  >  M 

confus  de  voix  =  à.LXP  ou  .'AP.  (_«J..'  ic>:  =  ^«/.J-i  ^'t^.  Cf. 
y>;.  «i^Jv,  i,  soulever  la  poussière,  blaguer,  y^^'  *iW^  ^à'  ^V>L!, 
le  vent  soulève  la  poussière  sur  loi.  —Ls; ,  blagueur,  qui  cause  beaucoup. 
Cf.  \Ji-M,   *i>à*«   et    ,  Jom. 


906 

parce  qu'ils  ^js^*-'^  o^^J^'  ^^  f^^^^  ^^^  vacarme  en  parlatit . 
Dô''an  dit: 


^^.^    bU.:S\J     -M    o'i-=*        ~^^ 


^3-i    -^1    !^^t^    _.^''    U?. 


Quatre-vmgt-dix  tireurs  de  fusil  sont  venus  du  côte 

[de  Marîh^) 

A  midi  ils   la et  le  soir  ils  étaietit  déjà 

[en  fuite 

Nous  avons  donc  la  série  ^J,  .^  et  *J-  qui  signi 
fient  à  peu  près  la  même  chose.  ..^  et  ^,  avec  per 
mutation  des  labiales,  ont  aussi  le  sens  d'être  à  côté  de, 

presque   synonymes   de    :!,  ^y  et  *J.    Je   ne  fais   que 
constater. 

40,  2:  gû  wah  =  _L>,  voyez  p.  346.  _^,  ^^,,  luire, 

briller  =  ^.^  [pour  le  class.  s'là^].  ^^'   .UJî  =  ^>^^,  le 

/eî<  6n//e.  Un  proverbe  du  Sud  dit:  (-wJjCi'  _'lJ  Jj:   w* 

^LjJI    -'y>    J<c  %,  marche  vers  l'aboiement  du  chieti,  et 

non  vers  la  lueur  du  feu.  Ss=>,  intens. '),  poindre  se  dit 

de  la  première  lueur  à  l'horizon  =  Jj>  .  -^  ou  „î^,  la 
lumière  qui  i»récède  la  lune  avant  qu'elle  se  lève,  et  la 


\)  Wâdi  entre  Suqrah  et  el-'^Asalah,  Cf.  — ^  p.  902  et  s.. 

2)  Prononcé  el-kalb,  non  pas  el-kelb! 

3)  y^i  est,  dans  les  dialectes,  une  forme  qui  se  rajjporte  aux  couleu  rs 

jji3*J,    devenir  blanc:  ,.*s>,    devenir  rontje\  C>yM,    devenir  noir \  y^2:>  , 

devenir  vert,  etc.,  et  ^>^  est   de   cette   catégorie,  comme  le  h  if  il 
hébreu:  |*3'?ri,  devenir  blanc. 


907 

première  clarté  qui  précède  le  soleil  levant,  l'aube.  ..^^^a^!  Jy>- 

=  ^^.u^'f   ,Ûj>.  Le  dictionnaire  arabe  ne  nous  offre  aucun 

indice  de  ce  sens,  l'hébreu  et  l'araméen  nous  donnent 
n"*:!  ou  m:,  ^^     jaillir,  hervorhrechen,  Ges.-Buhl  H  W  B 

p.  123  où  j,b-  est  a/fouiller,  emporter  (J^).  .^s^j^àJ' _ly> 
serait  donc  proprement  la  pointe  du  jour,  das  Hervor- 
brechen  des  Morgens. 

40,  3  :  t  à'I  i  b  =  t  â'I  i  b  =r  v^iiu',  elle  refuse. 

Lorsque,  dans  mes  Arabica  IV  p.  25  et  s.s.,  je  dévoilai 
pour  la  première  fois  la  coutume  erotique  des  "^Arwal 
et  des  Marâzîq,  Nôldeke  m'écrivit  ceci:  „Ich  will  natùr- 
lich  keine  Garantie  fur  die  Keuschheit  aller  Mâdchen 
der  von  Ihnen  behandelten  Bergstâmme  ûbernehmen, 
aber  dass  bel  diesen  die  Ehesitten  so  lax  seien  und  dass 
im  Grunde  fast  ganze  Stâmme  aus  Hurensôhnen  bestehen, 
das  glaube  ich  Ihren  Gevs^âhrsmânnern  einstweilen  noch 
nicht.  Maqrîzî  glaubte  ja  seinen  Hadramî  was  sie  (bona 
fide)  von  gewissen  Stâmmen  erzâhlten,  dass  sie  Wer- 
wôlfe  seien  ')  etc.  etc.  :  wir  sehen  daraus  nur,  V7as  die 
etwas  civilisierteren  Stàmrae  den  abgeschlossenen  in  den 
Bergen  wohnenden  zutrauen.  Ist's  nun  mit  den  Wer- 
wôlfen  nichts,  so  braucht  es  auch  mit  jener  Promiscuitât 


1)  Voyez  sur  ce  sujet  Arabica  IV  p.  22  et  ss.  Maqrîzî  ne  dit  pa^; 
qu'il  y  croyait:  il  ne  fait  que  relater  ce  qu'on  lui  avait  raconté. 
Les  Bédouins  étaient  du  reste  Vî*^'  vl^*^  aussi  pour  les  hadar  du 
Nord,  Wellhausen,  Moh.  in  Médina  p.  52,  ''.  I.  el-Mogâwir  parle 
aussi  de  lions  qui  mangent  les  horanaes,  mais  il  rapporte  cela  comme 
des  ,,on  dit".  Cette  croyance  doit  avoir  une  origine  mythologique 
ancienne.  Burckhardt,  Reisen  in  Arabien  p.  G81,  raconte  les  fables 
qui  couraient  sur  les  B.  Kelb  :  ils  ne  parlent  pas  arabe,  mais  aboient 
comme  des  chiens;  leurs  femmes  seules  parlent  arabe.  C'est  le  nom 
qui  a  donm;  lieu  à  la  fable. 


908 

nichts  zu  sein.  Kommt  einmal  ein  ernster  europiiischer 
Forscher  zu  ihnen,  so  kann  er  ja  sehen.  Dass  den  wilden 
und  tapferen  y^-^^^  derartiges  mit  Unrecht  nachgesagt 
wird,  ist  wohl  ziemlich  sicher." 

Me  laissant  inspirer  par  ce  doute  du  grand  sceptique 
de  Strasbourg,  j'ai  fait  des  recherches  pour  éclairer  ma 
religion.  Pour  ce  qui  est  des  ""Arwal,  tribu  des  'Ôlah,  le  fait 
est  tellement  connu  par  les  habitants  de  W.  Marrân,  les 
Mayâsir  et  les  Hasaneh,  qu'il  ne  faut  pas  en  douter.  J'ai 
eu  des  centaines  de  Datînois  chez  moi  ;  ils  ont  tous  con- 
firmé la  chose.  Lorsqu'ils  montent  dans  les  montagnes 
des  ""Arwal,  ils  profitent  toujours  de  leur  très  grande 
hospitalité,  non  seulement  en  fait  de  dabâih,  mais  aussi 
de  compagne  de  nuit.  Notre  récit  peint  une  aubaine 
pareille.  Je  pourrais  en  rapporter  d'autres  textes,  sur  ce 
sujet,  qui  m'ont  été  dictés  à  Aden,  mais  ils  n'ofi'rent 
rien  de  nouveau  pour  la  lexicographie  datînoise.  Chez 
les  ""Ôlah,  ce  ne  sont  que  les  ""Arwal  qui  pratiquent  le 
tawrîd.  Mais  presque  toutes  les  tribus  bédouines  des  hau- 
tes montagnes  entre  le  Yéman  et  le  Hadramat  font  de 
même.  Les  multiples  renseignements  que  j'ai  recueillis, 
pendant  plusieurs  hivers  à  Aden,  mettent  la  chose  hors 
de  doute.  Il  faut  observer  que  ce  n'est  pas  le  mari  qui 
fait  le  maquereau  pour  sa  femme,  mais  le  muwarrid') 
peut  même  être  un  parent  du  mari;  „cela  n'est  point 
honteux",  wa-o:  \aî  L«.  I.  el-Mogâwir,  p.  63  de  mon  ma- 
nuscrit, en  parlant  d'el-Halî  sur  la  côte  de  'Asîr,  nous 
raconte  ceci  : 


1)  ^)y^    est   celui    qui  conduit  l'hôte  à  une  fille.  ^K^,  est  voleur 
professionnel. 


909 

^1    (3_5l)oLj    j^   „-.^t   pyLj^   *^À>   -bJ^,  ui>>    bU   ^L^î   J,! 

!J'_5  *«^^  ôy-^  L-iJw  oij_5  U*i2àiLwL)  _»  ^  (^  'o^  i^.'  Aj  \  J>-==0 
cy^^  *^J  ^j-^  A**5  3y=  ci^  c:^*J  J.  ^r^  éy^  ^j:>  ^^^ 
jjlt    «sL^cj    s5lÂ=>    (^w»J    ...[5    „'tXJJÎ    lAac    *j    uViixj    JOJ-«wS>»    l^j 

J^i>uXJ'    "^3    c>»-;^->-5'    iiL;.^>'wO    (_5^x-J    Oi-J«5    (J^^^-^iJ    oi^'*.**^  (^  (j*^ 


1)  Ms:  (^-^^^^  et  i^cpJù,  mais  le  Bédouin  a  certainement  dit  comme 
j'ai  écrit,  et  non  d'après  Wright  Gr.  I  p.  H2, 

2)  N'existe  pas  dans  mon  ms..  Complété  d'après  Schefer  et  Miles. 

3)  Miles:  .^yjcJi    j.   ^lXju    ^^. 

4)  Ms.    et   Schefer   v^l->r.   L»,  mais  je  ne  crois  pas  que  l'auteur  se 
soit  servi  de  ce  L    du   Sud.  5)  Miles:  vi^^J. 

0)  Ainsi   le   ms.   Miles:   f^.j-  —  v£>o .  ?    Wiistenf.  Moh,  b.  ITabîb, 
Gleichlieit  etc.  p.  42.  7)  Ms:  sAs.  ;  Miles:  iJAs: 

8)MS:^-.^.. 


910 

Drtws  Z<?s  pa2/s  à  l'Est  de  ces  contrées,  il  y  a  un  peuple 
qii'oti  appelle  les  Bahîmîyeh  fies  brutes  ou  les  bestiaux]. 
Leur  origine  remonte  à  Al  \4mir,  qui  tirent  leur  origine 
des  Sinhân'^).  Si  un  hôte  descend  chez  eux,  le  maître  de 
la  maison  lui  dit:  „Qîie  veux-tu  pour  souper?"  Il  dit 
alors  ce  qu'il  veut  manger.  Et  de  même  pour  le  déjeuner. 
On  ne  lui  sert  que  ce  qu'il  leur  demande  et  désire.  Lors- 
qu'il a  soupe,  le  mari  dit  à  sa  femme  :  „  Va  honorer 
l'hôte."  Elle  va  alors  et  couche  entre  les  bras  de  l'hôte 
jusqu'au  matin,  sa7is  peur  ni  égard.  Le  matin,  chacmi 
va  à  son  travail.  Si  Zeyd  demande  la  fille  de  "Amr  en 
mariage,  et  que  celiiici  lui  fasse  une  réponse  affirmative, 
Zeyd  entre  dans  la  tente  de  '^Amr  et  déflore  la  fille.  Il 
passe  toute  la  nuit  avec  elle.  Le  matin,  il  sort,  en  lais- 
sant ses  deux  sandales  dans  la  tente  de  '^Amr,  qui  sait, 
par  cela,  que  Zetjd  a  trouvé  sa  fille  de  son  goût.  Alors 
'^Amr  conclut  le  pacte  de  mariage.  Mais  si  Zeyd  met  sa 
chaussure  et  son  manteau,  "Amr  sait  que  Zeyd  ne  veut 
point  de  la  fille.  C'est  là  la  coutume,  même  des  plus  dis- 
tingués parmi  ce  peuple.  Leurs  ornements  ')  sont  en  cuivre 
jaune,  en  fer  et  en  plomb.  Leurs  vêtements  sont  en  peaux 
tannées,  et  leurs  bijoux  en  coquilles.  Leurs  métiers  con- 
sistent à  faire  le  brigandage  et  à  infester  les  routes. . . . 

Jusqu'à  Dahbân  ')  il  y  a  quatre  parasanges.  Les  habi- 


4)  Burckhardt,  Reisen  in   Arabien  p    678.  TA  II  p.  168,  5. 

2)  pUi«    pourrait  aussi  signifier  ici  les  objets  qu'ils  fabriquent,  eu 
égard  au   c-^i    ^^\y>-   suivant.  C'est  ainsi  que  le  traduit  Sprenger. 

3)  Sur  Dahbân  voyez  S^^renger  AGA  p.  40  et  s.  La  fornae  qU^O 
et  non  ^^^-3 ,  est  assurée  par  le  mètre  Cez.  p.  227,  23. 


911 

tants  en  sont  des  Bédouins,  principalement  des  B.  Asad, 
des  B.  R. . . . ,  des  B.  Ma'âsim  et  des  B.  Rufeydah  '). 
Lorsqu'un  hôte  arrive  chez  eux,  ils  lui  disent:  ,^ Baise! 
Frotte!  Mords  et  embrasse!^)  —  c'est-à-dire,  la  maîtresse 
de  la  maiso?i  —,  mais  n'eritre  pas  avec  elle  (pour  faire 
l'amour)  car  si  tu  entres  avec  elle,  je  ferai  aussi  entrer 
avec  toi  ce  poignard." 

Cela  rappelle  fort  l'état  des  choses  chez  les  Slêb,  comme 
nous  allons  le  voir  plus  loin. 

Sprenger,  Post  und  Reiserouten  p.  132,  donne  la  tra- 
duction de  la  première  partie  de  ce  morceau,  mais  elle 
est,  comme  toutes  les  traductions  de  ce  savant,  fort 
inexacte,  parce  qu'il  connaissait  mal  l'arabe.  Ainsi,  ^^^.y^^ 
pj>y.\  n'est  pas  du  tout  traduit,  et  ^3  vjb^!  ^  ^^^ 
J-v-^J!  est  rendu  par  „wwd  statt  eine  Mitgift  zu  gebeUj 
weissen  sie  ihre  Kinder  auf  Strassenraub  an."  Le  pluriel 
j^  du  singulier  s^,  métier,  ne  lui  était  pas  connu. 

I.  el-Mogâwir  raconte  aussi  le  même  relâchement  de 
mœurs  chez  les  Bagîlah,  qui  ont  joué  un  rôle  important 
dans  les  premières  conquêtes  musulmanes  et  qui  prirent 
part  à  la  mémorable  bataille  d'el-Qâdisîyah.  Ils  habi- 
taient alors  dans  le  Sarw  du  Hiéâz.   11  dit: 


4)  I.  Doreyd  G  W  B  p.  202  et  p.  314,  Burckhardt  Reisen  in  Ara- 
bien  p.  678. 

2)  L'Arabe,    en     tête-à-tête    avec    su    belle,    lui    mord,  (ji^c,    les 
joues  et  y  frotte  les  siennes. 

3)  Schefer  :  ^y*^'    '-«'j. 


912 

C:  >  •  _  *■  ■■ 

Chapitre  sur  es-Sanv.  Les  Bagîlah  sont  des  tribus  et 
des  familles  de  Bédouins.  Ils  ne  sont  pas  gouvernes  par 
un  sidtan,  mais  par  des  cheykhs  qui  sont  de  leurs  tribus. 
Ce  sont  des  clans  répandus  dans  le  pays.  Si  quelqu'un 
d'eux  part  en  voyage,  sa  femme  se  rend  chez  /e  m  u  h  1  i  f, 
le  remplaçant  du  mari,  c'est-à-dire  son  amant,  et  celui-ci 
couche  avec  elle  jusqu'à  ce  que  son  mari  revienne.  Lorsque 
le  voyageur  (le  mari)  est  près  de  sa  demeure,  il  s'écrie 
de  sa  plus  forte  voix:  ,,0  muhlif  importun!  C'est  que 


1)  D'après  Miles,  Lbg  et  Schefer:  ^J:^*^    'v>j. 

2)  Lbg  et   Schefer  :    oi^^^j^    ^    o»^^  .    Si  on  lit  \^jl<^:^^>^, 

j*i-,  cela  n'est  pas  arabe,  et  il  faut  y^  oJJb^,  ce  que  j'ai  adopté, 
probablement  à  tort,  parce  que  alors  la  phrase  suivante  est  un  peu 

abrupte.  Peut  ôtre  faut-il  lire  ^Ci\   oLs^*>*j  ,  il  s'y  frotte  le  pénis? 

o       > 

De  Goeje  propose  j-s^J'  o».:5=^-^,  ce  qui  conviendrait  mieux,  eu 
égard  à  la  cojiulative  suivante  :  il  broie  le  pain  pour  faire  la 
tarîdah   et  il  baise  la  femme.  La  signification  de  oi^s^    n'est  pas 

de  noise  ici.  J'ai  conjecturé  j^s^WJ,  il  la   baise. 


913 

l'heure  de  sortir  est  venue!"  U  entre  alors  brusquement 
chez  lui,  et  s'il  y  trouve  le  muhlif,  il  le  tue;  mais  si 
celui-ci  est  déjà  sorti,  Dieu  pardonne  ce  qui  s'est  passé. 
J'ai  demandé  à  un  homme  des  leurs  à  Mekkdh  en  lui 
disant:  ,^Mon  brave  homme  et  habitant  de  la  Ville  Sainte! 
Que  fait  le  muhlif?"  Moji  interlocution,  me  donne  alors 
cette  réponse:  „Ce  qu'on  dit  est  vrai  fou.  il  broie  le  pain] 
et  fout  la  femme."  Tout  le  pèlerinage  de  ces  gens  con- 
siste en  une  "^omrah,  visite  au  Sanctuaire,  le  premier 
de  Ragab.  Le  Prince  des  Croyants  ''Omar  b.  el-HaUâb 
leur  a  garanti  que  cette  'omrah  leur  tieiidrait  lieu  d'un 

pèlerinage  complet  et  admis  comme  tel.  Sur  cette  «^ 
des  Baéîlah,  voyez  la  description  détaillée  d'I.  Gobeyr 
p.  132  et  s..')  ""Omar  fit  lui-même  une  ^omrah  au  mois 
de  Ragab,  en  l'an  17,  de  même  que  Mo'âwiyah,  Wellh. 
Reste  p.  78,  où  l'on  voit  que  cette  coutume,  courante 
avant  l'Islam,  s'est  conservée  encore  très  longtemps  après. 
Il  n'est  peut-être  pas  sans  importance  de  rappeler  que 
les  Bagilah   étaient  des  méridionaux^),  Tab.  I  pp.  2221 


\)  Cette  description  est  vraiment  d'un  haut  intérêt.  I.  Gobeyr, 
qui  loue  la  pureté  de  leur  langue,  p.  133,  3,  p.  135,  1,  nous  fait 
assister  à  leurs  prières  drolatiques  dans  la  Ka'^bah.  C'est  ainsi  que 
j'ai  souvent  vu  des  Bédouins  du  Sud  prier  dans  la  Mosquée  de 
'Aydaroûs  d'Aden.  Ils  regardent  à  gauche  et  à  droite,  en  causant 
et  en  demandant  des  nouvelles  à  leurs  voisins,  tout  en  murmurant 
quelque  chose  qui  devait  être  une  prière.  Il  y  avait  de  quoi  crever 
de  rire.  Ils  ne  connaissent  pas  même  la  fâtihah. 

2)  Dans  les  pays  méridionaux  dont  je  m'occupe,  je  ne  connais  pas 

de  Bagîlah,  mais  il  y  a  une  famille  xL^  Jl,  âl  Bagalah,  qui  fait 
partie  des  âl  Begîr,  grande  tribu  des  Awdillah  d'el-Kaur.  Elle  est 
considérée  comme   étant  fort  ancienne,  et  son  *âqil  est  très  influent 

auprès  du  sultan  do  Laudar.  Il  habite  à  jjyi-xjf,  es-SaVah.  Sprenger 
A  G  A  p.  43. 


914 

et  2495,  de  même  que  les  Naha",  qui  se  trouvent  encore 
au  S.  de  Datînah.  Les  deux  tribus  étaient  bien  fournies 
de  femmes,  car  à  la  bataille  glorieuse  d'el-Qâdisîyah,  les 
Bagîlah  avaient  avec  eux  mille  femmes  à  marier,  et  les 
Naha",  sept  cents,  Tab.  I  p.  2363. 

Ce  rôle  d'el-muhlif  est  confirmé  par  Burckhardt, 
Reisen  in  Arabien,  Weimar  1830,  p.  682:  „Lorsqu'un 
homme  de  ces  Béni  Yâm  entreprend  un  voyage,  il  en- 
voie sa  femme  à  la  maison  d'un  ami  qui,  ainsi  qu'il 
convient,  doit  en  toutes  choses  remplacer  le  mari  pen- 
dant son  absence,  et  lui  rendre  la  femme  à  son  retour." 
Voilà  donc  deux  témoignages,  à  une  distance  d'environ 
600  ans  l'un  de  l'autre,  qui  concordent  parfaitement 
entre  eux.  On  dira  que  c'est  là  l'écho  de  racontars  sans 
fondement,  ni  I.  el-Mogâwir  ni  Burckhardt  n'ayant  fait 
une  expérience  personnelle.  Mais  la  persistance  même  de 
ce  racontar  prouve  qu'il   n'y  a  pas  de  fumée  sans  feu. 

L'excellent  Burckhardt,  dont  les  ouvrages  sont  encore 
aujourd'hui  ce  que  nous  avons  de  mieux  sur  les  Bédouins 
du  Nord,  nous  donne  une  autre  confirmation  de  l'obser- 
Viition  d'el-Mogâwir,  par  le  récit  suivant,  Reisen  in  Ara- 
bien  p.  675.  „Les  el-Merekede,  une  branche  de  la  grande 
tribu  de  "Asîr,  suivaient  une  ancienne  coutume  de  leurs 
ancêtres,  en  donnant  à  l'étranger  qui  descendait  dans 
leurs  tentes,  une  femme  de  la  famille  pour  compagne 
pendant  la  nuit.  C'était  le  plus  souvent  la  propre  femme 
du  maître  de  la  maison.  Les  jeunes  vierges  n'étaient 
jamais  sacrifiées  à  ce  système  barbare  de  l'hospitalité. 
Si  l'étranger  trouvait  grâce  aux  yeux  de  sa  jolie  com- 
pagne, il  était  traité,  le  lendemain  matin,  avec  la  plus 
grande  attention  par  son  amphitryon,  qui  lui  donnait  à 


915 

son  départ  des  vivres  suffisants  pour  le  reste  du  voyage. 
Par  contre,  si,  malheureusement,  l'étraoger  déplaisait  à 
la  femme,  on  trouvait  le  lendemain  qu'il  manquait  à  son 
manteau  un  morceau  qu'on  avait  coupé  en  signe  de 
mépris.  Lorsqu'on  s'apercevait  de  cela,  l'étranger  était 
chassé  avec  mépris  par  toutes  les  femmes  et  les  enfants 
du  campement  ou  du  village.  Ce  fut  avec  beaucoup  de 
peine  que  les  Wahhâbites  réussirent  à  les  forcer  d'aban- 
donner cette  coutume.  Mais  lorsque  deux  ans  après  il 
y  eut  manque  de  pluie,  les  Merekede  considérèrent  ce 
malheur  comme  une  punition  pour  avoir  abandonné  la 
coutume  louable  de  l'hospitalité  pratiquée  pendant  des 
siècles  par  leurs  ancêtres. 

J'avais  souvent  entendu  parler  de  cette  coutume  extra- 
ordinaire de  la  tribu  des  Merekede  dans  mes  voyages 
chez  les  Bédouins  de  la  Syrie.  Cependant,  j'avais  de  la 
peine  à  ajouter  foi  à  une  histoire  qui  était  en  contra- 
diction avec  nos  idées  sur  l'estime  en  laquelle  est  tenu 
l'honneur  de  la  femme  chez  les  Arabes.  Mais  je  ne  sau- 
rais plus  avoir  de  doutes  sur  ce  point,  ayant  reçu  à 
Mekkah  et  et-Tâif,  de  différentes  personnes,  qui  ont  eu 
une  expérience  personnelle  de  la  chose,  les  preuves  les 
plus  positives  de  la  véracité  de  ce  fait." 

Le  nom  de  Merekede  de  Burckhardt  n'est  qu'une  épi- 
thète.  C'est  oji^,  comme  c'est  aussi  écrit  dans  son  Bed. 

u.  Wahaby  p.  145.  Le  sens  est  donc  ceux  qui  font  cou- 
cher ou  dormir.  Ce  sont  sans  doute  les  Bahîmîyah  d'I. 
el-Mogâwir,  ou  bien  les  tribus  qu'il  énumère  ici  p.  911  et 
qui  se  trouvent  encore  aujourd'hui  dars  le  ""Asir,  Burck- 
hardt Reisen  p.  678.  On  observera  que  Burckhardt  dit 
que  cette  coutume  d'une  hospitalité  poussée  jusqu'à  la 


916 

débauche  fut  abolie  par  les  Wahhàbites,  et  que  des  per- 
sonnes, dignes  de  foi  selon  lui,  en  avaient  une  expérience 
de  fait.  Si  la  chose  n'était  qu'un  racontar  des  musul- 
mans orthodoxes,  les  Wahhàbites  ne  se  seraient  point 
efforcés  de  l'abolir.  Les  Hodeylites,  en  se  faisant  musul- 
mans, prièrent  le  Prophète  de  leur  permettre  la  fornica- 
tion, lijjf  «^J  S^.  q],  Kâmil   d'el   Mobarrad  p.   288  et  s.. 

Wellhausen,  Ehe  p.  4G2,  cite  KA  XIX  p.  131  l'histoire 
de  Laqît  b.  Zirârah  avec  Qeys  b.  Hâlid  comme  une  preuve 
que  „quelquefois  l'hôte  de  la  maison  n'est  pas  laissé 
pendant  la  nuit  sans  femme."  Mais  l'histoire  y  racontée 
est  de  tout  autre  nature,  et  Wellhausen  semble  ne  pas 
l'avoir  bien  comprise. 

C'est  peut  être  de  ces  tribus  que  parlent  Agatharchide 
et  Artémidore  en  racontant  sur  les  Troglodytes  des  côtes 
de  la  Mer  Rouge  qu'ils  ont  en  commun  femmes  et  en- 
fants. „Le  prince  seul  a  sa  femme  à  lui.  Celui  qui  a 
commerce  avec  la  femme  d'un  prince  doit  payer  un 
mouton  comme  punition."  ')  Les  xivxilonoKTriToi  que  Pto- 
lémée  place  ici,  Sprenger  A  G  A  §  30,  pourraient  bien 
aussi  être  identiques  à  ces  tribus. 

Les  Slêb  et  les  autres  tribus  congénères  mentionnées 
p.  812  sont  renommées  pour  la  liberté  de  leurs  mœurs. 
Curtiss,  Ursemitische  Religion  p.  46  et  ss.,  les  prend 
comme  exemple  pour  tracer  une  esquisse  de  la  vie  et 
des  coutumes  des  Sémites  primordiaux.  La  conclusion 
restera  pour  lui.  Mais  les  renseignements  qu'il  a  re- 
cueillis sur  les  §lêb  concordent  avec  les  miens.  Il  dit:  „Le 
mariage,   comme  lien   pour  la  vie,   n'était  guère  connu 


1)  Wellh.  dio  Ehe  p.  4G3. 


917 

(dans  le  sémitisme  primordial);  à  sa  place  il  y  avait 
une  sorte  „d'amour  libre."  Chez  les  Slêbî,  les  deux  se 
trouvent,  l'un  à  côté  de  l'autre.  Le  viol  et  la  vie  illégi- 
time en  commun  des  non  mariés  ne  sont  point  inconnus. 
La  forme  sous  laquelle  les  fiançailles  sont  célébrées  est 
grossière  et  rebutante.  Un  amant  agréé  peut,  sans  autre 

préambule,  jouir  charnellement  de  la  fille Chez  les 

Slêbî,  qui  sont  très  hospitaliers,  l'adultère  n'est  pas  con- 
sidéré comme  un  crime;  le  mari  fait  peu  de  cas  de  l'in- 
fidélité de  sa  femme ....  La  danse  des  deux  sexes  en- 
semble est,  chez  les  Arabes  et  les  Syriens,  presque 
inconnue  ^).  Ici  (chez  les  Slêbî)  les  hommes  et  les  femmes 
dansent  ensemble  à  la  ronde  sans  se  gêner.  L'homme 
peut  embrasser  et  baiser  la  partenaire  qu'il  a  choisie, 
autant  que  le  cœur  lui  en  dit,  sans  qu'elle  se  rebiffe." 
Un  Slêbî  que  je  rencontrai  au  Nord  du  Ledgâ  me  raconta 
que  les  Slêbîât  se  laissent  embrasser  et  que  „ce  n'est 
pas  là  une  mauvaise  chose,  car  avec  la  vie  dure  que  nous 
meno7is,  il  faut  hien  aussi  une  halâwah,  douceur.*^ 
Une  telle  hospitalité  erotique  est  aussi  pratiquée  dans 
l'Archipel  indien,  selon  R.  Schmidt,  L  E  J  p.  561  ^). 


\)  Chez  les  Hadar,  oui;  mais  non  chez  les  paysans  et  les  Bédouins. 
Voyez  Gioss.  s.  v.  danse. 

2)  Je  m'associe  volontiers  au  jugementdeFriedrich  Krauss  ZD  M  G 
59,  p.  435,  lorsqu'il  dit,  à  propos  de  cet  ouvrage  capital  :  »dass  man 
es  voraussichtlich  zu  den  wichtigsten  Ilandbuchern  des  Ethnologen 
rechnen  wird,  so  bald  man  nur  einmal  die  leider  auch  noch  in 
•wissenschaftlichen  Kreisen  hie  und  da  immer  wieder  auftauchenden 
moralischen  Bedenken  gegen  die  Beschiiftigung  und  Erforschung  ge- 
schlechtlicher  Verhiiltnisse  als  Aeusserungen  des  Unverstandes  und 
der  Unwissenheit  iiberwinden  haben  wird."  Seulement,  ce  qu'on 
appelle  ici  ethnologue  et  ethnographie,  je  l'appelle  éthologue  et 
éthclologie,  de  '^âo«,  coutume,  usage,  institution,  car  l'ethnologie  est 
autre  chose. 


918 

Au  chapitre  v^^-^^^'  ^'  '^-^  cr'  ■'-•  el-Magâwir  dit 
à  propos  des  Béni  Ou' bah,  qui  habitent  à  Far% 
cX  et  qui  sont  une  subdivision  des  Hodeyl'): 

••         -^    y  j      ■■     jj    ''  •    ^  •       ••       r 

pj   («„L^  JU  A3.!   j.   f^^   (^  J.i.t   ^3   j.^^î  -^^   C^^^^' 
^1    ^}^S  y^'    (^U-^    J^^   *iiJL5^J    xCi    i:>Là:> 

L&urs  femmes  ne  se  vêtissent  que  de  peaux.  A  cet  effet, 
la  femme  prend  deux  pièces  de  peau  qu'elle  coud  ensemble 
en  y  découpant  un  rond  (pour  la  tête),  et  elle  s'en  ha- 
bille. Par  conséquent,  lorsqu'elle  marche^  tout  son  corps 
est  visible^  en  haut  et  en  bas.  Si  uti  étranger  voit  une 
femme    clans   un   tel  costume,   il  lui  dit:   ^Couvre-toi!" 


\)  Voyez  ma  La  Langue  arabe  p.  69. 

2)  Les  trois  mss  ont  cette  leçon.  Leçon  fort  douteuse. 

3)  Même  remarque. 

4)  Les  trois  mss  ont  O-**',  qui  peut  être  bon;  voyez  Gloss.  Hdr 

s.  V.    V_îw»«. 

^  -  o  ir 

5/  Les  trois  mss:   ,m^\,   qui  pourrait  être  relatif  de  -wj»!  ou  de 


=  plus  ruineux. 
G)  Mile?:  Jw.^ii., 
7)  Les  mss  :  x«^. 


919 

Mais  son  mari  lui  réplique  alors:  ,jHabiUe-la,  toil"  Si 
une  femme  nue,  tout  en  étant  vêtue  [d'après  leurs  idées 
à  eux],  est  alors  habillée  par  V étranger ,  le  mari  la  tue, 
car,  disent-ils,  celui  qui  couvre  fait  venir  la  jalousie  '). 
Dans  le  monde  entier,  il  n'y  a  pas  de  plus  égarés  que 
ces  gens-là,  ni  de  plus  voleurs,  ni  de  plus  criminels,  ?ii 
de  plus  vils  pour  s'emparer  des  biens  des  pèlerins;  ait 
point  qu'ils  appellent  ces  derniers  „la  gamelle  de  Dieu.'' 
Et  si  on  leur  dit  quelque  chose  à  ce  propos,  ils  répon- 
dent: „ Lorsque  ,^la  gamelle  de  Dieu"  arrive  à  ses  créa- 
tures, tout  venant  en  mange  l" 

On  voit  donc  que  presque  toutes  ces  tribus  du  Higâz 
et  de  ''Asîr  se  ressemblent.  Les  Su'bah  ne  sont  pas  des 
Slêb,  et  si  aujourd'hui  ceux-ci  ont  conservé  leur  „cos- 
tume  national"  de  peaux,  les  Su^bah  le  portaient  aussi, 
il  y  a  quelques  centaines  d'années.  Le  costume  ne  peut 
donc  pas  former  un  critérium  pour  la  provenance  des  Slêb. 

Le  Qarmatite^Alî  b.  Fadl  [H  303  a.  H.],  après  avoir 
assis  son  pouvoir  sur  le  Yéman,  voulait  aussi  y  introduire 
les  mœurs  lascives  des  Qarmates.  Il  se  déclara  prophète  et 
,{permit  à  ses  partisans  de  boire  le  vin  et  de  baiser  les  filles  '). 
A  cet  efifet,  il  fit  construire  une  maison  dans  la  ville  d'el- 
Mudeyhirah,  oià  il  résidait.  El-Bahâ  el-Ganadî  nous  raconte 
à  ce  propos  ')  : 


1)  Je  traduis  d'après  le  sens  supposé.  Le  texte  est  obscur. 

2)  'Omârah,  éd.  Kay  p.  \f^  et  s.. 

3)  0. 1.  p.  If  V. 

62 


920 

obÇj    ^i_i    Lfi-x    ^^iiÂsoÙ]    Aj-o    '«-otJ   ^!   j-:?^    !-«'    *'*-^?^.    ^    ^ 

c      > 
/^  y  fît  construire  une  vaste  maison,  où  il  réunissait 

la  plupart  de  ses  partisans  religieux,  femmes  et  hommes, 
attifés  et  pa^'fumés.  A  la  lumière  de  bougies  allumées  on 
s'y  entretenait  quelque  temps  par  une  conversation  agré- 
able et  joyeuse.  Ensuite,  les  bougies  étaient  éteintes  et 
chacwi  mettait  la  main  sur  une  femme  et  ne  se  retenait 
pas  de  la  baiser^),  quand  même  elle  aurait  été  une  proche 
parente  avec  laquelle  le  mariage  était  canoniquement  pro- 
hibé. Souvent  l'homme  attrape  ainsi  quelque  chose  qui  ne 
lui  plait  point,  soit  à  cause  de  l'âge,  soit  pour  une  autre 
raison.  Il  veut  alors  s'esquiver  d'avec  elle,  mais  elle  n'admet 
guère  d'excuse.  La  continuation  de  cette  histoire  se  trouve 
ici  p.  417. 

Ici  se  présente  une  coïncidence  bien  extraordinaire. 
Pendant  mon  long  séjour  en  fSyrie,  j'ai,  à  plusieurs  re- 
prises, visité  la  contrée  du  lac  de  Hùleh  et  de  Bâniyâs. 
J'ai  eu  l'occasion  de  beaucoup  fréquenter  les  Nosayrîeh 
qui  habitent  aux  villages  de  Ragar,  Za'ùrâ  et  ^Ayn  Fît  '). 

Je  copie  mon  Journal  du  15  Octobre  1877.  „ Ces  Nosayrîeh, 


1)  Kay    a   j_^*^  ,  ce  qui  n'est  pas  un  habitus  littéraire,  mais  peut  se 

5  5 

défendre.  J'écris  Làlaj,   au  lieu  de  LàLj,    à  cause  de  ce  qui  suit. 

2)  La  traduction  de  Kay  y>whom  having  scized  hc  did  nol  aban- 
don" renferme  une  nuance  qui  n'est  pas  dans  la  phrase  arabe. 

3)  Dussaud,  Histoire  et  religion  des  Nosairîs  p.  4  et  note.  Ebers 
und  Giithe,  Palestina  in  Bild  nnd  Wort  I  p.  504  note  84.  On  pro- 
nonce 'An  fît. 


921 

qui  se  disent  parents  de  ceux  des  Montagnes  au-dessus 
d'el-Lâdqîeh,  ont  une  pratique  très  curieuse.  Ils  ont  un 
Ijalwah  oiî,  à  une  certaine  époque  de  l'année,  ils  célèbrent 
une  fête  religieuse.  On  y  allume  une  quantité  de  lampes, 
qui  ne  sont  que  des  coquilles  d'escargot  avec  des  mèches. 
Hommes  et  femmes  s'y  réunissent,  l'on  cause  d'abord 
ensemble  et  l'on  lit  des  chapitres  d'un  livre  religieux 
nosayrite.  Ces  fonctions  finies,  on  éteint  les  lampes.  Les 
hommes  saisissent  alors  les  femmes  par  le  nœud  du 
fichu,  que  celles-ci  ont,  pour  cette  occasion,  lié  par  der- 
rière. Si  quelqu'un  saisit  la  femme  par  devant,  elle  crie 
rarîb!  c'est-à-dire,  elle  constate  qa'un  étranger  se  trouve 
parmi  eux,  et  la  céi'émonie  est  interrompue.  Celui-ci  est 
même  mis  à  mort,  selon  mon  interlocuteur,  mais  cela 
ne  peut  être  vrai  que  pour  le  temps  passé.  On  doit  savoir 
que  les  paysannes  de  Syrie  lient  toujours  le  fichu  qu' 
elles  portent  autour  de  la  taille  en  un  nœud  par  devant. 
C'est  pour  cela  que  les  statues  de  Vénus,  l'Astartès  des 
Phéniciens,  ont  toujours  le  nœud  par  devant.  Si  la  céré- 
monie doit  se  continuer,  l'homme  baise  la  femme  qu'il 
a  ainsi  saisie,  quand  même  celle-ci  serait  sa  proche  parente, 
même  sa  mère  ou  sa  sœur.  Il  y  a  une  promiscuité 
complète^).  "Abd  Allah  el-Ragarî,  que  j'ai  à  mon  service 
ici,  prétend  „que  cela  se  fait  tous  les  ans,  que  les  mœurs 
des  Nosayrîeh  sont  très  dissolues  et  qu'on  peut  avoir 
n'importe  quelle  femme  Nosayrîeh".  Observez  que  ceci 
était  écrit  bien  avant  la  publication  de  l'histoire  de  ^Oraârah. 
N'ayant  pas  tenu  la  chandelle,  je  ne  saurais,  bien  entendu, 
confirmer  ces  racontars,  qui  ont  cours  dans  toute  cette 


4)  I.  el-Moéâwii-  l'appelle  -.^^3    -.j^    j    rr^'  '  ^-  P*  ^^'^'  ^' 


922 

partie  de  la  Syrie.  Dussaud,  o.  1.  p.  153  et  ss.,  défend 
les  Nosayrîeh  „contre  ces  attaques  malveillantes",  de 
même  que  de  Goeje  a  tûché  de  laver  les  Qarmates  des 
débauches  dont  on  les  accusait.  Mais  nous  avons  ici  deux 
témoignages  conçus  presque  en  termes  pareils,  et  pro- 
venant de  deux  points  extrêmes  du  monde  arabe.  La 
pratique  nosayrite  est  sans  doute  un  reste  du  culte 
lascif  d'Astartès.  A  une  heure  à  pied,  à  peu  près,  du 
village  de  Ragar,  il  y  a  plusieurs  acacias  d'une  grandeur 
extraordinaire,  l'un  tout  près  de  l'autre.  Ils  sont  sacrés 
aux   yeux  des   habitants,   nosayrites  ou  musulmans.  On 

les  appelle  sagarât  el-^'asirah  syijtlî  oîy^  ').  Les  musul- 
mans disent  que  les  Compagnons  du  Prophète  visitent 
souvent  cet  endroit,  tandis  que  les  Nosayrites  prétendent 
que    ces  arbres  appartiennent  à  une   divinité  'Aserah: 

ayisc  ic^"^!'-^).  C'est  la  déesse  iyÇ  la  A  T R  T  ûes  Sabéens, 

la  Aéirtu  des  Babyloniens.  A  Saydâ,  il  y  a  une  allée 
très  touffue  des  mêmes  arbres  qui  y  sont  appelés  ^]jkii:> 
vli,^!^).  Dans  l'inscription  de  Neb  de  Wâdi  Brissa,  il  est 
fait  mention   d'une   allée   sur  le  dernier   parcours  de  la 

û 

route  de  procession  au  Bit  Aqîtu,  ijë^f  ^i>^*J*)»  ^^ 
temple  des  noces  d'Istar.  On  voit  donc  que  l'ancien  Orient 
n'a  pas  encore  tout-à-fait  disparu.  Lamairesse,  le  Kama 
Soutra,    p.    XXII,    raconte   des   partisans    de  „la   Main 


\)  Aussi  entendu  a-ïl'^t  et  !-CC^L 

2)  Je  l'ai  entendu  ici  sans  l'article       3)  ou  o'j^^^v*-'    <cJ>y^\ùé. 
•4)  Ki\^\    &J^L>    ^J^    Jo>^    «3    Roh.  III  p.  95:  v.  Gioss.  s.v.  «j. 


923 

gauche",  une  secte  des  Bhâkta:  „Les  rites  de  la  Main 
gauche  unissent  les  deux  sexes  en  supprimant  toute 
distinction  de  caste.  Dans  des  réunions,  qui  ne  sont  point 
publiques,  les  affiliés,  gorgés  de  viandes  et  de  spiritueux, 
adorent  la  sakté  sous  la  forme  d'une  femme,  le  plus 
souvent  celle  de  l'un  d'eux;  elle  est  placée  toute  nue 
sur  une  sorte  de  piédestal  et  un  initié  consomme  le 
sacrifice  par  l'acte  charnel.  La  cérémonie  se  termine  par 
l'accouplement  de  tous,  chaque  couple  représentant  Siva 

et   son   sacty,  et  devenant  identique  avec  eux Les 

catéchismes  qui  enseignent  ces  pratiques  sont  remplis 
de  hautes  théories  morales  et  même  d'ascétisme;  mais, 
en  réalité,  les  membres  de  ces  réunions  ne  sont  que  des 
libertins  hypocrites."  Ce  que  Curtiss  dit  dans  son  livre, 
si  nourri  de  renseignements  de  toutes  espèces  sur  les 
coutumes  religieuses  de  la  Syrie  actuelle,  des  Nosayrîeh, 
n'est  pas  de  nature  à  mettre  ces  sectateurs  d'un  ancien 
culte  sémitique  sous  un  jour  aussi  favorable  que  le  fait 
Dussaud. 

De  Goeje,  Mémoire  sur  les  Migrations  des  Tziganes  à 
travers  l'Asie,  parle  des  Ragar,  p.  66.  Mais  je  me  per- 
mets de  faire  observer  qu'en  Egypte,  les  ^sc  sont  les 
familles  oià  se  recrutent  les  filles  publiques  qu'on  trouve 
dans  presque  chaque  village.  Elles  sont  aussi  appelées 
iXcLj,  et  ce   seraient  les  disjecta  memhra  des  familiers 

des  Barmakides,  après  leur  dispersion  par  Harûn  er-Rasîd. 
Ce  ne  sont  pas  des  .J,  bohémiens,  comme  le  prétend 
Newbold,  cité  par  de  Goeje  o.  1.  p.  35et 66, etlesNawar 
de  l'Egypte  ne  s'appellent  point  Barâmikah  o.  1.  p.66, 
malgré  Lane,   Sitten   und   Gebrâuche  II  p.  216  et  224. 

"^i  Ilabeiche,  Dict.  fr.arabe,  rend  bohémien  par  (^->-^,  o=j*J 


924 

et  Spiro,  an  arab.-engl.  vocab.,  traduit  ^^^  par  gipsy, 
c'est  qu'ils  considèrent  ces  Ragar  comme  des  Tziganes. 
Peut-être  ont-ils  été  induits  en  erreur  par  Lane  II  p.  224. 
Les  Ragar  d'el-Hûleh,  c'est-à-dire  ceux  qui  habitent  le 
village  de  Ragar,  sont  des  Nosairîeh.  M.  el-M.  dit  que 
c'est  là  le  nom  d'une  tribu  d'Arabes  peu  civilisés,  qui 
demeurent  dans  el-Hûleh  et  dans  la  région  du  Jourdain. 
Cela  n'est  pas  tout-à-fait  exact,  car  les  habitants  des 
autres  villages  ne  sont  pas  appelés  Ra|ar.  J'ignore  le 
pourquoi  de  la  coïncidence  de  cette  appellation  pour  des 
genres  d'hommes  d'origine  aussi  différente.  De  Goeje  o.l. 
p.  66,  veut  que  ce  nom  ait  été  donné  aux  Ragar  d'el- 
Hûleh  par  les  Tziganes.  Cela  n'est  pas  possible,  d'abord 
parce  que  les  Tziganes  ne  sont  nullement  appelés  .:^, 
et  puis,  parce  que  les  Ragarites  d'el-Hùleh  sont  séden- 
taires, tandis  que  les  Nawar  ne  le  sont  pas.  Les  Tzi- 
ganes auraient  bien  eu  quelque  point  de  comparaison 
pour  appliquer  le  nom  à  une  classe  totalement  différente. 
Dans  le  voyage  que  je  fis  dans  ma  jeunesse,  accompagné 
d'un  âne  et  d'un  noubien,  à  travers  l'Egypte,  depuis  le 
Caire  jusqu'à  la  lèie  cataracte,  passant  chaque  jour  dans 
un  nouveau  village,  j'ai  beaucoup  fréquenté  les  Ragar- 
Barmakides,  mais  jamais  je  n'ai  entendu  le  premier  nom 
appliqué  aux  Nawar.  Ces  Ragar  égyptiens  forment  une 
caste  de  prostitués  et  de  maquereaux.  Le  mari  de  la  &jy^ 

fait  ce  dernier  métier,  et  il  entretient  les  visiteurs  avec 
son  jeu  de  rabâbah.  Il  attend  à  la  porte  que  le  visiteur 
Ulo  ^_5Ài:^^  Les  Ragarites  d'el-Hûleh  sont  aussi  lascifs, 
comme  je  viens  de  l'exposer.  J'ignore  absolument  d'où 
vient  ce  nom.  Vollers  ZDMG  50  p.  611  le  fait  dériver 


925 

du  turc  kaéar.  Les  étymologies  que  de  Goeje  met  en 
avant  ne  sont  que  des  essais  tâtonnants. 

Je  crois  que  l'ancienne  religion  sémitique,  en  se  per- 
pétuant à  travers  les  siècles,  a  aussi  entraîné  avec  elle 
les  pratiques  religieuses.  On  oublie  si  facilement  que  les 
parties  sexuelles  ont  toujours  gouverné  le  monde  sémi- 
tique, comme  elles  gouvernent  encore  le  monde  moderne. 
L'antiquité  sémitique,  voire  toute  l'antiquité  en  général, 
était  un  priapisme.  La  „Montagne  des  dieux"  Arallu^), 
n'est  autre  chose  qu'un  phallus,  le  pivot  du  monde.  Nous 
savons  que,  jusqu'au  temps  de  Constantin,  une  licence 
illimitée  de  mœurs,  de  la  part  des  femmes  mariées  et 
des  filles,  régnait  dans  le  temple  d'Astartès  à  Baalbek  ^). 
Pour  se  persuader  qu'elle  n'a  pas  cessé  de  régner,  on  n'a 
qu'à  lire  le  livre  de  R.  Schmidt  L  E  J  p.  556  et  ss.,  où 
il  décrit  les  débauches  dans  les  temples  hindous.  Je  ne 
mets  nullement  en  doute  ces  débauches  religieuses.  L 
Batoûtah   II  p.   228,  en   parlant  des  femmes  de  'Oman 

dit  :  liU  JJ  ^IXi]  %  j?L\ic  éjJ:  "^  jj'uvÀÎ'  o/^-  (?£'-^.  Leurs 
femmes  sont  très  corrompues,  et  ils  n'en  éprouvent  aucune 
jalousie  et  ne  blâment  point  leur  conduite. 

P.  229  il  raconte  cette  anecdote:   !l\^  jolx:  Lo^  J^ 

io-**o  .-y^J!  ^«'^*^^  al.— <l  xiLJ'li  im^^  i-t^  cX-*^  -_i!  ..LIaL«.JÎ 
(5**3    lX.*^    LiL    *J    vi^Oiîj    XJu\j    ,.-u    K^j^jS    i^^^'     ^pLi    s.yuJI 


1)  Mémoire   sur   les   Carmathes   de   Bahrain  2e  éd.  p.  30  et  159. 

2)  Homrael  A  A  p.  273,  K  A  T'  p.  636.  Jeremias  A  T  pp.  47,  333. 

3)  Eusebius    \'ita    Constant.    III    p.    58,    Barhebreus   Chron.  Syr. 
p.  65.  Kinship  p.  136. 


926 

U   ^z   ^^S)    L^   JULJ   Ju^   Ih   ^Jy:>   j   li!^    ^;-^^^'   ^ 

Je  me  trouvai  un  jour  chez  ce  sultan  Abu  Moh.  b. 
Nabhdn  quand  une  jeune  femme^  belle  et  d'une  figure 
admirable,  entre  chez  lui.  Elle  se  tint  debout  devant  lui 
et  lui  dit:  „0  Abu  Moh.  !  Le  démon  s'agite  dans  ma  tête."  — 
Il  lui  répondit:  „Va  t'en  et  chasse  ce  démon."  Elle  ré- 
pliqua :  „  Je  ne  le  'peux  pas  et  je  suis  sous  ta  protection, 
ô  Abu  Moh."  Le  sulta?i  reprit:  „Sors  et  fais  ce  que  tu 
voudras."  J'ai  su,  après  avoir  quitte  ce  roi,  que  cette 
femme  et  celles  qui  procèdent  comme  elle,  sont  sous  la 
protection  du  sultan  et  se  livrent  alors  au  libertinage. 
Ni  son  pérCy  ni  un  proche  parent  ne  peuvent  s'en  offus- 
quer; et  s'ils  la  tuent,  ils  sont  tues  à  cause  d'elle,  car 
elle  est  sous  la  protection  du  sultan. 

Cela  rappelle  le  cas  des  panyeroan  de  Bali.  Ce  sont 
les  filles  ou  les  femmes  des  hommes  de  la  classe  la  plus 
basse  (sudra)  qui  sont  morts  sans  héritiers,  ou  de  ceux 
qui  ont  été  mis  au  ban  de  la  société.  Ces  femmes  deviennent 
la  propriété  du  sultan  qui,  s'il  ne  les  garde  pas  pour  lui 
dans  son  harem,  les  envoie  dans  le  pays  pour  s'adonner, 
en  son  nom,  à  la  prostitution.  Elles  sont  obligées  de  lui 
remettre  une  certaine  partie  de  leurs  recettes.  Dans  l'Archi- 
pel indien,  cette  prostitution  au  profit  du  sultan  ou  des 
Grands  du  pays,  se  rencontre  aussi  à  Indragiri,  R.  Schmidt 
L  E  J  p.  5G3.  A  en  croire  I.  el-Mogawir,  les  habitants  de  Mek- 

kah  n'étaient  point  meilleurs.  Il  raconte  :  j.  'Is^  j^_^!  c>ol^3i 


927 

slXçvvJ  .  c-îaxJ"  iixiiiJ  *-Jx.  .j»JtLiftJ3  lX-oO!  .^^JOio  jPiAiî  v.^Lw 
^    L^;|>>    Js-E^    ^^'J'^    ^'j-'    j-aiLj    iL*JJÎ    ^UiÀS^i    *./o^    *^.    J^ 

jL>yi  e^/it  jjL,-  ^!  ^/iî  >>y  iù^'L^  ^yi  ^'An  j.;^.^- 

L^  ^,  L^^'  JAo-  ":^  iu^b-  ^  :  iLjL5>UI  J.Û  j.  J^  iiUJ^_5 
J^t   dUo   J-£   ^3   J^t   >j«Uo   ^   ^^    [24,  33]    lli^-   ^^oy 

1)  Schefer  :  (*-gtv'^  ....  tXjLxJtJS.  Le  sing.  est  ici  fji^Jj^^.  Bey- 
dâwî  II  p.  22,  20  exprime  JS^  jsjtlaaiî  ^laï  par  i— ^Lc^iî  q^jJx  ^yi?, 
voyez  ici  p.  41,  16. 

2)  Les  rnss.  Lbg  et  Schefer  ont  r-f^^  J^-V-"  3'  -"T^'  J^^-  Je 
ne  sais  si  la  seconde  partie  est  l'explication  de  la  première.  J'ai  suivi 

dans  la  traduction  la  conjectuie  de  de  Goeje  qui  propose —^t  j:>  J"; 
il   faut   alors  lire  j^^Jo.  J'ai  pensé  à  —?»-'(    (<r^-j}  locution  connue. 

3)  MS.  -^  =  -r^-^-î'    ou    ^j^^l  ou  peut-être  aussi  „!-^J!,  par 

rapport    à   -r- tÀj)    JlXaj"?   Le  sing.  r- p»    est  un  peu  académique,  et 

le   mot   serait  étrange    dans   la  bouche  d'I.  el-M..  La  locution  ^j^^ 

-.-♦-[5  est  connue,  LA  III  p.  189,  G,  Lane  s.  v.,  Grùnert  :  Die  Al- 
litération  im   Altarabischen   p.    37.  Elle  est  encore  courante  dans  le 

Sud  pour  désigner  un  pêle-mêle  =  class.  LSsa  L-Uùi .  Les  deux 
verbes  signifient  dans  la  lurah  Lil*''>l  et  au  fig.  .iOo  (— yo).  Dans 
notre   dialecte,   -.**    est    luxer \  -rf^    ou    —  j^î    =    r^y*'  se  luxcr^ 

4)  Seulement  dans  Miles,  mais  l'anecdote  suivante  le  justifie. 


928 

Jo^î  ^^!  Aj  j   dVÎi   ^^juî^  «^1  J.!   C  ti^  ^^'  «i'^  "^  '4^3j^ 

Les  habitants  de  Mekkah  achetaient  anciennement 
des  esclaves  auxquels  ils  imposaient  une  contribution 
à  payer  chaque  jour  au  maître.  De  même,  les  fem- 
mes imposaient  une  contribution  à  leurs  esclaves  fe- 
melles. Celles-ci,  dans  V espoir  de  s'' en  acquitter,  se 
mettaient  à  être  généreuses  de  leurs  personnes  vis-à-vis 
des  hommes:  la  promiscuité  en  amour  était  complète! 
Cela  existe  encore,  à  Vheure  quHl  est,  à  Aden,  aussi 
bien  de  la  part  des  étrangers  qiCentre  les  habitants 
eux-mêmes"^).  Ce  ri! est  pas  là,  pour  eux,  une  chose 
malhonnête;  les  femmes  s'en  vantent  même.  Il  en  était 
de  même  au  temps  de  V Ignorance  :  toute  esclave  qui 
ne  Jît  bon  marché  de  sa  vulve,  était  en  cela  désap- 
prouvée. Cet  état  de  choses  dura  jusqu'à  ce  que  fut 
révélé  le  verset  qorânique  :  „Ne  contraignez  pas  vos 
femmes  esclaves  à  la  débauche,  si  elles  veulent  être 
chastes^'  ^).   Cette  habitude  date  de  ce  temps-là,  et  Von 


1)  Peut-êtie  une  faute  de  copiste?  On  s'attendrait  à  un  verbe 
(j-JbJ'  ou  quelque  chose  d'analogue,  mais  J^    peut  se  défendre. 

2)  De  Goeje  traduit,  o.  1.  p.  27:  tant  par  des  étrangers  que  par 
les  habitants  eux-mêmes;  mais  Vétranger  v^^'  ^^^^  ^'6"  partie 
de  L^'-  La  traduction  de  de  Goeje  peut  aussi  se  défendre;  on 
choisira. 

3)  Voyez  aussi  Bohârî  "VII  p.  Gl  :  Aa-IàS!   ^^^'3    U^'    Jt^    ""^^ 


929 

y  tient  encore  à  Vheure  quHl  est.  Lorsque  le  maître, 
Vesdave  mâle  et  Vesclave  femelle  sortent  pour  vaquer 
à  leur  travail,  la  femme  est  laissée  seule  à  la  maison. 
Elle  reste  alors  couchée  sur  les  quatre  pattes,  si  elle 
n^a  pas  cV occupation,  et  cette  position  devient  alors 
pour  elle  une  habitude  avec  laquelle  elle  s^est  familia- 
risée. On  dit,  à  ce  propos,  que  lorsquhm  homme  se 
chamaille  avec  sa  femme,  celle-ci,  prise  d'un  accès  de 
furie,  lui  dit:  „Tu  veux  sans  cloute  que  je  me  le  casse  H 
C'est-à-dire,  tu  veux  que  je  reste  assise  sur  le  derrière. 
Le  mari  lui  réplique  alors:  „Je  t'en  supplie,  ne  le 
fais  pas!" 

Il  y  a  toute  raison  pour  supposer  que  l'époque  du 
Prophète  n'était  pas  marquée  au  coin  d'une  grande  pu- 
reté de  mœurs  et  de  langage.  ''Omar  b.  el-Hattâb  viola 
'Atikah,  qui  voulait  rester  fidèle  à  son  mari  défunt,  I 
Sa'd  VIII  p.  194.  Abu  Bekr  es  Siddîq  lança  cette  boutade 

o^t  (^T^  L>^'*'')î    -5^^^    ^^   clitoris   circoncis  d'el-Lât, 

Boh.  III  p.  194,  à  "Urwah  b.  Mas^oûd  qui  l'avait  accusé 
de  lâcheté. 

Les  habitants  de  Zebîd  sont  encore  aujourd'hui  renom- 
més pour  leurs  mœurs  faciles  et  joyeuses.  I.  el-Mogâwîr, 

sur  le  ^j:^^    wA-A^    et  le  ^Lo*^'    wA.A^^i"    et  ibid.  III  p.  94  en  haut: 

1)  Var.  :  (^^a>.2x!,  ce  qui  est  moins  bon,  LA  s.  v.,  mais  non  pas 
»une  erreur"  comme  le  veut  Qasfallânî  IV  p.  446  et  Ta'lab,  el- 
Fasîh  p.  4,  car  on  l'a  certainement  dit  et  on  le  dit  encore. 

2)  Var.:  ^. 


930 

qui   parle   beaucoup   de  cette   ville,   en  dit,  entre  autres 
choses,  ceci:    ^.y^Lï^dl  ^=A^!  C^  J^  ^  ^j:,xl\  Jc^  Jï 

^l,!   qvI^   jS^ÎJ  lAxjj    J-Jî!   "^î   sLoJ>5   \>uu>   *j   --Jl*^   Le   ^X!    Jw-r_ 
•  vs^^'   fii^3    ^c^jJî   V^^jr-^b   ^L^^'   u-^^'j   Vjr^'3  ^^' 

*^^6c/  en-Nehî  b.  '^Alî  h.  el-Malidi  a  dit  aux  per- 
sonnes pi'ésentes  :  „Je  m^ étonne  des  habitants  de  ces 
deux  ivâdis"  —  „Et  qiûas-tu  vu  d^étonnant  de  leur 
'partT'  lui  demanda-t-on.  —  „J^ai  vu,  répondit-il,, 
que  le  caractère  de  toutes  espèces  dlwmmes  incline 
vers  les  qualités  mâles  et  viriles,  excepté  pour  ceux  qui 


1)  Seulement  dans  Miles. 

'2)  S.  et  L.  viA.»3i,   M.   t*^\  ce  qui  indique  .qu'il   l'aut  lire  couit 


3)  Les  mss:  q^,  mais  cela  est  contraire  au  sens. 

4)  M.  et  S.,  io.i^,  ce  qui  ne  donne  pas  un  bon  sens;  mon  ms. 

.'))  L  M  S  ont  Q»*.jo»*j.  ,Ie  ne  connais  pas  un  verbe  pareil. 


931 

habitent  entre  ces  deux  luâdis,  car  leur  caractère,  à 
eux,  incline  vers  le  sadisme  et  le  naturel  des  femmes  y  — 
„Et  comment  a^-tu  pu  constater  cela?  —  Tqute  créa- 
ture humaine  incline  vers  ce  qui  est  utile  a  sa  reli- 
gion et  à  sa  vie  sur  la  terre,  excei^té  les  habitants  de 
Zebîd,  car  ceux-ci  ont  Vinclination  au  manger  et  au 
boire,  aux  beaux  ^)  habits,  à  la  chausswe  et  ils  aiment 
à  sentir  des  parfums.  Vinclination  de  leur  caractère 
est  plus  grande  pour  les  femmes  que  pour  les  hom- 
mes." Un  de  ceux  qui  étaient  présents  à  cette  réimion 
fit  alors  observer:  „Zebîd  a  précisément  été  placé  entre 
deux  Wâdi,  à  l'instar  d'un  homme  qui  habite  entre 
deux  femmes:  il  s'adonne  a  ce  que  son  goût  personnel 
lui  fait  choisir,  et  a  ce  que  ses  besoins  lui  dictent."  I. 
el-Mogâioir  dit:  La  plupart  de  leurs  hommes,  dans 
leur  parler    et    leurs   mouvements,   causent,  font  des 

minauderies, et  se  dandinent  le  corps,  comme 

font  les  femmes. 

Yâqoût  (+  626)  IV  p.  482  dit,  à  propos  des  habitants 
de  Mirbât:  ^  ^cJ!  é^3*,  8oL«JLi  \j>y^,.^\  ^li'  ]i^  iùLï   ouij 


1)  \^i>*n\   a   ce   sens   dans   les   dialectes  hadar  du  Nord,  v.  Prov. 
et  Dict.  s.  V., 

2)  Qazwînî  [  +  ^>82]  Kosmofïia[)hie  I  p.  40  a  au  lien  de  cela  v^b>"^L 


932 

UJls   &ÀC  l  g'*'*X5\)   Î.Ljt^t  j.i.XcioÎ5    IjAx^'   LLyii    iho^.   ^-^ol   J^-ilc 
'bJj    *jj^S    \c^    (•■J^>>-E    (jNxJb    aI    vi>JLs    s^yJj    ^_5^   \i>jiAi>-    Jl L> 

Lj.Aï  _^j   xLiJ   ..j!  LxxiiiLw!   ^_5   Uàj'  Ljili»  A/o  aJj  LiUiJ    \JLc 

i/.?  manquent  de  jalousie,  comme  si  cela  leur  était 
devenu  une  seconde  nature.  Ainsi,  leurs  femmes  sor- 
tent en  dehors  de  la  ville  et  elles  s^ entretiennent  le 
soir  avec  les  hommes  qui  ne  soient  pas  proches  parents. 
Elles  folâtrent  avec  eux  et  sont  assises  près  d''ev^jus- 
qvHa  ce  que  la  plus  grande  ixirtie  de  la  soirée  soit 
passée.  L'homme  passe  devant  sa  femme,  sa  sœur,  sa 
mère  ou  sa  tante  matei^nelle,  et  si  elle  folâtre  et  cause 
avec  un  autre,  il  la  laisse,  s''en  va  vers  la  femme 
d'un  autre  et  s''assied  près  d'elle,  comme  on  a  fait 
avec  sa  femme  à  lui.  Je  me  suis  trouvé  à  Kîs  avec 
beaucoup  de  ces  gens,  entre  autres  un  homme  sage  et 
bien  élevé,  qui  savait  beaucoup  de  choses.  Il  me  récita 
des  vers  dont  je  pris  note.  Dans  le  courant  de  notre 
conversation,  je  lui  dis  :  „J''ai  appris,  sur  vous  autres, 
une  chose  qui  me  répugne,  înais  je  ne  sais  si  cela  est 
vrai."  —  „Peut-être,  s^empressa-t-il  de  répondre,  veux- 


1)  L'éditeur  a  (ji^;  Qazwînî,  1.1.:  (j*^  »r?j^.  ;  I.  Rat.  II  p.  456. 
Les  prononciations  kîs,  kîs  et  qîs  sont  également  bonnes,  Marâsid 
II  p.  M\l  et  .509.  J'ai  suivi  de  Goeje  I.  Khord2  p.  62. 


933 

tu  parler  du  samar^),  V entretien  du  soir?'''  —  ,, C'est 
précisément  cela"  —  „Ce  que  tu  as  entendu  dire  sur 
ce  sujet  est  vrai.  Mais  je  jure  par  Dieu  quri  cela  est 
vilain  ;  c'est  que  nous  avons  grandi  avec  cela,  et  depuis 
que  nous  sommes  créés  cela,  nous  est  familier.  Nou^s 
n'avons  pu  le  faire  cesser.  Nous  Vaurions  changé, 
si  nous  Vavions  pu.  Mais  il  n'y  a  pas  moyen  d'aller 
contre  la  coutume  invétérée  des  années  passées."  Les 
habitants  de  Mirbât  sont  des  Mahrah.  Yâqoût  les  appelle 
v_j^  et  il  ajoute  :  „iZs  ont  le  même  aspect  que  les  anciens 

Arabes."  Ils  sont  aussi,  pour  el-Maqrîzî,  des  ^îyo  ^j^, 
Arabes  pur-sang^). 

W.  Hein,  Mitteil.  der  kk.  Geogr.  Gesell.  in  Wien  XL VI 
p.  254,  dit:  „Endlicli  muss  ich  zur  Ergânzung  der  Berufs- 
arten  anfûhren,  dass  es  ein  eigentliches  Huren-gewerbe 
nicht  giebt.  Wiederholt  sagte  man  mir,  dass  aile  Swa- 
hilifrauen  ohne  Ausnahme  huren,  dagegen  sollen  die  Mahra- 
frauen  sich  nicht  der  Hurerei  ergeben.  Qbrigens  erhielt 
ich  gerade  ùber  diesen  einen  Gegenstand  einige  recht 
bezeichnende  Texte  diktiert,  welche  im  Zusammenhange 
mit  dem  was  Yâqût  ùber  Mirbât  im  Zafârlande  sagt, 
auch  die  Frauen  in  einem  eigentùmlichen  Lichte  er- 
scheinen  lassen."  C'est  dommage  que  ce  savant  con- 
sciencieux soit  mort  avant  de  nous  avoir  donné  les  détails 
éthographiques  qu'il  a  recueillis  sur  ce  sujet.  Il  serait 
intéressant  de  savoir  pourquoi  les  Mahrites  portent  sou- 
vent le  nom  de  la  mère,  ibid.  p.  259,  ainsi  que  c'est 
aussi  le  cas,  selon  Hein,  chez  les  Bédouins  de  Hadramùt. 


i)  Encore  employé  dans  ce  sens  j)oiir  la  niT-ine  chose. 

2)  De  Valle  Hadliiamut  p,  25.  Cf.  ma  La  Langue  arabe,  p.  8. 


934 

J'ignore  si  les  Bédouins  de  Hdr  ont  les  mœurs  relâchées 
des  Mahrites.  Dans  ce  cas,  qui  ne  me  paraît  pas  pro- 
bable, il  ne  faudrait  pas  voir  dans  le  port  du  nom  de 
la  mère  une  preuve  du  matriarchat  préislamique.  C'est 
plutôt  la  suite  de  l'impossibilité  de  la  recherche  de  la 
paternité.  Chez  nous,  un  enfant  illégitime  porte  aussi  le 
nom  de  la  mère. 

D'après  Nilus,  Narratio  V,  les  Sarracènes  qui  avaient 
manqué  l'heure  du  sacrifice  de  Theodolus,  l'auraient  en- 
gagé à  „ manger  des  choses  impures"  et  à  „ jouer  avec 
les  femmes",  •ywxi^l  7rpo(T7r»l^eiv.  C'est  là  sans  doute  le 
sL^\  iL^^Lo  de  certaines  tribus  arabes.  On  sait  que  les 
Slêb,  les  Htêm  et  d'autres  tribus  analogues  mangent  le 
ij«^  =r  Sud  ci*As'  (pour  c>^^'i).  Le  Prophète  entendait 
bien  le  ^L^^^^f  'iUî^'%^'^)  d'une  façon  plus  honnête,  sous 
la  sanctification  du  mariage;  il  en  était  grand  amateur 
et  le  recommandait  aux  Musulmans.  Mais  le  ^..Jao]!  Js'î 
était  plus  grave,  et  il  le  défendit,  ce  qui  prouve  que 
cela  était  une  habitude. 

Tabarî,  III  p.  418,  nous  raconte  que  chez  une  secte 
râwandite,  un  homme  offrit  sa  propre  femme  à  ses  par- 
tisans après  les  avoir  régalés.  Cette  secte  existait  encore 
au  temps  de  Tabarî. 

L'intolérance  racontée  par  Bent,  Southern  Arabia  p.  238, 
au  pays  de  Dofâr  n'a  rien  à  faire  avec  le  sujet  qui  nous 
occupe. 


1)  Boh.  III  p.  G2,  10  et  p.  100,  4  d'en  bas.  Sifr  es-Sa'âdah  d'el- 
Feyrûzîibâdî,  Caire  1295  p.  90,  5.  Le  Prophète  aimait  à  baiser  ses 
femmes  I.  Sa'^d  VIII  p.  103,  où  il  faut  lire  ^LvUU  (i-*^',  de  môme 
que    p.    104,    21.    La    manière    de   s'asseoir   du  Prophète  y  décrite, 

>y?^)    i}-^    c*^''    ^^^  encore  celle  des  Bédouins. 


935 

Par  I.  Hallikân  nous  apprenons  que  le  célèbre  juris- 
consulte 'A ta  I.  Abî  Rabâh,  +  115 '),  originaire  du  Yéraan 
et  grand  amateur  de  chant,  sanctionna  la  légalité,  pour 
une   tierce  personne,   de  faire  l'amour  avec  les  esclaves] 

avec  le  consentement  de  leurs  maîtres:  s-b»  iJ>L'  ,cj  ..'i' 

^^ji-4i)  (i)'^^  ^}^'   ^"^   prétendait   même  u>-x>j  ^j^  ».jî 
«    "  - 

i^^Juso  ^\  a^.Jjr^.  qu'il  envoyait  ses  femmes  esclaves  à  ses 
hôtes  ^).  Ces  idées  libérales  du  grave  juge  mekkois  sont 
confirmées   par   Abu   el  ""Abbas  Ahmed  er-Râzî  dans  son 

Histoire  du  Yéman  ^}  lorsqu'il  dit  :  .-^^  ^i  <sii!  uW    S3 

*i]o!  k_jbo'  Jï  liVJo  *-  c^yjsi  _Li.  ^!  ^  Llic  (J^  c>J^^ 
Mention  de  "Abd  Allah  b.  Wahb.  ^Abd  er-Razzâq  a  dit 
que  son  père  a  raconté  que  A.  A.  b.  Wahb  a  dit:  „Je 
suis  parti  dans  mon  premier  pèlerinage  et  mon  père 
m'ordonna  de  conclure  un  mariagedemufah{hM.Qkkdi\[). 
Lorsque  j'arrivai  à  Mekkah,  je  visitai  "Atà  b.  AU  Rabâh 
et  je  lui  fis  me^ition  de  cela.  Celui-ci  dit  alors  :  „  Ton  père 
a  eu  raison."  Cela  concorde  avec  ce  que  nous  apprend 
Ammianus  Marcellinus  ^)  des  .Saracènes:  Uxores  merce- 
nariae  conductae  ad  tempus  ex  pacto  atque,  ut  sit  species 
matrimonii,  dotis  nomine  futura  coniunx  hastam  et  taber- 


\)  Trad.  de  Slane  II  p.  204;  éd.  Caire  I  p.  401  ;  Arabica  IV  p.  27. 

2)  I.   Rasîd    envoya   aussi    deux   femmes  esclaves  à  ses  ...Là|yto,  J. 

Euting   et   Huber,    pour   leur    faire   le   mi'-nape  à  Hâil.  Etait-ce  seu- 
lement pour  faire  le  ménage?  Euting  ne  nous  le  dit  pas! 

3)  Mon  ms.  et  Brit.  Mus.  Suppl.  1894,  p.  371. 

4)  de    Lagarde    Mitteil.   Il   p.   G7  ;    Wellh.    die   Ehe   p,  465;  Rob. 
Smith  Kinship  p.  07. 

63 


936 

naculum  offert  marîto,  post  statiim  diem,  si  id  elegerit, 
discessura:  et  incredihile  est  quo  ardore  apud  eos  in  Ve- 
nerem  uterque  solvitur  sexus.  Je  ne  vois  pas,  contraire- 
ment à  Wellhausen,  die  Ehe  p.  465,  qu'il  y  ait  une  grande 
différence  entre  ce  mariage,  symbolisé  par  la  lance  et  la 
tente,  oii,  bien  entendu,  elle  recevait  les  amateurs,  et  le 
muf'ah  arabe,  aboli  par  le  Prophète.  Les  formes  sont 
différentes,  mais  le  but  était,  comme  dans  tout  mariage, 
la  jouissance  charnelle.  La  conclusion  qu'en  déduit  Rob. 
Smith  à  la  prédominance  du  Matriarchat  est  absurde, 
comme  l'a  déjà  relevé  de  Lagarde  o.  1.  II  p.  68. 

Cette  immoralité  des  habitants  de  l'Arabie  méridionale 
a  été  persifflée  par  Tàbit  Qutnah  lorsqu'il  dit,  KA  XIII 
p.  51,  29: 

Leurs  femmes  sont  un  objet  de  commwiauté  pour 

fie  libertin 
Et  leurs  voisins  sont   le  butin   des  cavaliers  et  des 

fpiétons. 

Le   poète  n'aurait  pas   été  aussi  cru  dans  son  tL:s\P, 

s'il  n'y  avait  eu  un  fond  de  vérité  à  mettre  en  évidence. 

Ferazdaq,  dans  sa  satire  contre  el-Muhallab,  dit  Z  D  M  G 

59,  p.  599: 

Des  pays  où  pas  un  jeune  homme  ne  peut  désigner 
Ses  deux  parents  et  oii  les  jeunes  filles  ont  des  enfants^). 


\)  Ilell    traduit    les    deux  derniers  mots  ])ar  y>où   les  filles  se  fo)it 
faire  la  cour'",  et  pour  défendre  son    'à1Ji.a    il  s'appuie  sur  Wright 


937 

L'accusation  d'I.  Hauqal  p.  542,  citée  par  Yâqoût  I 
p.  541,  contre  les  Berbères,  qui  offraient  leurs  garçons 
à  l'hôte  pour  l'honorer,  ne  me  semble  pas  être  sans  fon- 
dement. Nous  savons  par  „le  Maroc  inconnu"  de  Mou- 
liéras,  que  les  Marocains  se  distinguent  justement  par  ce 
vice  invétéré  chez  eux,  comme  les  Chinois  encore  de 
nos  jours.  Les  statues  d'Antinous,  esclave  de  l'empereur 
Adrien,  sont  une  expression  lapidaire  du  sadisme  romain. 
Il  ressort  des  inscriptions  de  l'île  de  Théra  (Santorine), 
publiées  par  le  Baron  Hiller  v.  Gaertringen  vol.  III,  que 
l'amour  des  garçons,  chez  les  Dorions,  -remonte  à  une 
haute  antiquité.  L'homosexualité,  existant  de  tout  temps, 
n'est  pas  connue  des  Bédouins,  mais  les  Haçlar  ont  dû 
la  pratiquer  même  au  temps  du  Prophète.  Nous  trou- 
vons dans  Bohârî  VII  p.  159,  un  chapitre  sur  „les  hom- 
mes qui  veulent  ressembler  aux  femmes  et  les  femmes 
qui  veulent  ressembler  aux  hommes."  Un  tel  homme  était 

appelé  ui*.;^^')  et  une  telle  femme,  idi:î-.xxi.  Le  Prophète 
lui-même  et  "^Omar  avaient  chez  eux  un  muhannat, 
qu'ils  mirent  ensuite  à  la  porte,  Fath  el-Bârî  10  p.  280. 


GH    I    p.   148    B   b.    Il    le  fait  dériver  de  J^'j    et  alors  il  ftxut  lire 

iLijix.    Mais   (J;c!    n'a   pas    cette  signification.  Le  sens  paraît  plutôt 

i''tre  que  les  ^LJj»   ou    im*^^   '^®   '^^  P^ys,  soit  les  jeunes  filles,  les 

gawârî,   sont  déjà  iCyw,    mcltenl  au  monde  de  jeunes  ffazelles=^ 

des  enfants,  ce  qui  explique  ce  qui  précède.  rjJ^'  n'est  pas  r>Yor- 
fahren'\  mais  les  parents,  père  et  mère.  On  peut  ignorer  ses  an- 
cêtres, mais  l'on  n'ignore  point  ses  parents  ! 

i)   (_».L«JJ)     (wJLxj      et    'y-w-À^Li     ...>;  <i-\i-'».,l     v_;Li. 

2)  Dans  le  Sud,  vi>-c>  est  faire  Vamour,  en  général. 


938 

Tab.  dans  son  Tafsîr  dit  que  le  Prophète  siJ^>I!   w    i 

Le  code  de  Hammourabi  fait  aussi  mention  de  cette 
zinnistu  zi-ik-ru-ura  §§  178,  179  et  180.  D  H  Muller, 
die  Gesetze  Hammur.  p.  144,  y  voit  une  „putain  qui 
se  donne  des  allures  d'homme",  et  J.  Jeremias,  W  Z  K  M 
18  p.  109,  lui  donne  raison^).  Les  Hébreux  avaient  aussi 

leurs  ^y'^'^  et  leurs  obL>yo«,    sans   cela  la  défense  de 
Deut  22,  5  n'aurait  point  été  nécessaire. 
Il  ressort  clairement  des  Commentaires  de  la  Nihâyah, 

de  Fath  el-Bârî  10  p.  279,  et  de  M.  B.  el-A.,  *)  que  ^.J^ 
n'est  pas  ici  un  hermaphrodite,  mais  un  cynède,  comme 
c'est  aussi  l'avis  de  v.  Kremer  Culturgeschichte  I  p.  45. 
T  A  I  p.  619  en  bas,  n'est  pas  de  cet  avis,  et  il  dit  que 

c>j3>  n'a  pas  le  sens  en  question  en  arabe.  Il  a  tort. 
On  n'a  qu'à  lire  les  commentaires  d'el-Meydânî  sur  les 
proverbes    suivants,    pour   se   persuader    du   contraire: 

ci^    ^    è^>cf>!    Freytag  I  p.  451,  jS^o  ^  o>^=>',  ibid., 

sx^\    jujiA  j^  ■.iy.x=>\  ibid.  p.  452  et  u«^jv^  ^■J^  ^3-^==-!,  ibid. 

p.  468.  Le  tableau  qui  y  est  déroulé  des  mœurs  d'el- 
Médînah  est  bien  le  comble  de  l'immoralité.  L'auteur  de 
Fath  el-Bârî   [+852]    10,   p.   279  est  très  explicite:  Ja, 


1)  Zimniein  m'écrit:  »Zi  n  n  is  tu  m-zi  k  ru  ni  (wie  besser  statt 
Wincklers  a  mel  i  t-zikr  u  m  zu  lesen  ist)  »Weib-Mann",  niag  selir 
wolil  nach  Ihrein  Vorschlag,  in  Analogie  mit  dem  Arabischen,  zu 
erkliiren  sein.  Aus  dem  Babylonischen  seibst  liisst  sich,  soviel  ich 
sehe,  Genaueres  nicbt  daruber  entnehmen." 

2)  La  Nihâyab  ne  parle  pas  de  ^S>J^,  mais  seulement  de  'il:^^ 
II  p.  G9. 


939 

^    Uo    dUJo'^    iJl^yLi    iL«.juî    ^j^    x*-;io'    j^3    ^ù\    j.  sL**>w1j 

/  e^Tm  a  dit:  La  malédiction  dans  cette  Tradition 
s'applique  aux  hommes  qui  veulent^  dans  leur-  manière 
de  s'habiller,  ressembler  aux  femmes,  et  de  même  aux 
femmes  qui  veulent  ressembler  aux  hommes.  Mais  quant 
à  ceux  qui,  dans  leur  manie  d'imiter  les  femmes,  vont 
jusqu'à  se  faire  enculer,  et  aux  femmes  qui  s'adonneyit 
à  l'amour  lesbien,  c'est  que  ces  deux  catégories  encou- 
rent un  blâme  et  une  punition  plus  forts  que  ceux  qui 
ne  poussent  pas  la  chose  à  ce  iMint  extrême.  Il  est  clair 

qu'on  n'était  pas  iL«^'L.  xyi;joo  ou  JL:>jIj  iCi>-:ix«,  c'est-à- 
dire  que  l'homme  s'habillait  en  femme  et  la  femme  s'ha- 
billait en  homme,  en  affectant  les  allures  et  le  langage 
de  l'autre  sexe,  sans  qu'il  y  en  eût  une  raison,  et  c'est 
justement  celle  qui  est  mentionnée  ici.  Au  premier  temps 
de  l'Islam,  ces  individus  pervers  n'étaient  point  molestés. 
La  société  arabe  citadine  n'était  donc  pas  aussi  morale 
qu'on  a  voulu  nous  le  faire  accroire. 

Les  ^*^j1^^  o'-^5  du   Paradis  musulman,  Qor.  56,  17 

et  76,  19,  n'y  sont  certainement  pas  pour  le  plaisir  des 
yeux!  J'ai  vu,  dans  ma  jeunesse,  des  Moh  an  natîn  dans 
les  cafés  de  Damas  ').  Si  la  chose  n'avait  pas  existé,  le 
Prophète   ne   l'aurait   pas  défendue,   Hdr  p.  328.  Moùsa 

1)  Haalbek,   en    Syrie,   est   le   pays  des  Cynèdes,  une  Kyncdopolis 
moderne. 


940 

el-Hadî  fit  tuer  ses  deux  esclaves  femelles  qui  s'adon- 
naient à  l'amour  lesbien,  i^L>^'^);  mais  c'est  là  un  cas 
particulier  qu'il  ne  faut  pas  généraliser.  Abu  Hayyân 
rapporte  ces  vers,  âifâ'  el-Ralil  p.  194: 

que  la  crudité  me  dispense  de  traduire.  Aux  Indes,  on 
trouve  quelquefois,  parmi  les  Devadâsî,  des  hommes  ha- 
billés en  femmes,  les  soi  disant  beksa.  Cela  se  rencontre 
surtout  parmi  les  danseuses  balian  de  Bornéo.  Ils  y 
sont  appelés  basir  et  sont  habillés  en  femmes.  Il  y  a 
même  des  basir  dans  le  Kahayan  moyen,  qui,  selon  une 
coutume  ancienne,  sont  mariés  à  des  hommes  dont  ils 
partagent  le  lit.  Malgré  cela,  ils  sont  très  estimés;  on 
les  préfère  aux  balian  et  on  les  paie  plus  cher.  De  même, 
il  y  a,  chez  les  Bouguinèses,  les  bissu,  prêtres  mâles 
et  femelles,  qui  se  prostituent,  R.  Schmidt  L  E  I  p.  562. 

J'espère  que  le  y^\  „-Xlo  dont  parle  (jubayhfi'  el-A^ga*"!, 
Mofaddalîyât,  Anmerkungen  p.  88,  et  Meydânî  Proverbes 
sub  ^'w.^  ^j^  „Joî,  Freytag  II  p.  778,  n'est  qu'une  gros- 
sière plaisanterie  ou  un  cas  isolé. 

Dans  le  chapitre  ^Lx-à-o  xi_>o,  I.  el-Mogâwir  fait  une 
remarque  fort  drolatique.  Après  avoir  énuméré  les  fruits 
et   les   plantes   qui  y  viennent,   il  dit:   ,  *-  .>/■>  ^,jJ-S"Â-=> 


1)  Gâhi?,  K.  el-Mahâsin,  éd.  vau  Vloten  p.   395. 


941 

Çetjsar,  familier  de  G.  ecl-D.,  et  le  daulah  Gauhar, 
m'ont  raconté  que  les  radis  *)  s'y  vendent  fetidus  en  quatre 
parties.  ,^Pourqîioi?"  lui  demandai-je.  —  ,^Parce  qu'il  s'est 
trouvé  une  femme  qui  s'en  servait  dans  sa  vulve.  Le 
Seigneur  de  la  ville  ayant  appris  ce  qui  en  e'tait,  ordonna 
alors  que  les  radis  ne  pourraient  être  vendus  que  fendus, 
et  l'on  en  fit  une  coutume." 

Lorsque  les  auteurs  arabes  parlent  de  putains  en  Arabie, 
il  ne  faut  pas  penser  aux  Bédouins.  Il  y  avait,  comme 
il  y  a  encore,  autre  chose  que  des  Bédouins  en  Arabie. 
Les  milieux  hadar  n'étaient  pas  beaucoup  meilleurs  que 
partout  ailleurs  dans  ce  tempslà.  On  n'était  nullement 
déshonoré  parce  qu'on  fréquentait  une  putain,  ainsi  que 
l'ont  déjà  prouvé  Rob.  Smith,  Kinship  p.  143,  etNôldeke 
ZDMG  40  p.  155.  Que  de  fois  j'ai  vu  en  Egypte,  sur- 
tout dans  les  villages  de  la  Haute-Egypte,  les  employés 
du  gouvernement  jouer  aux  dominos  en  pleine  rue  avec 
les  Barâmlkah,  les  filles  publiques,  qu'on  y  trouve  par- 
tout. Les  Hindous  ne  pensent  pas  autrement.  Pour  la 
société  indigène  indienne,  la  prostituée  n'est  pas  une 
paria.  Les  idées  sur  la  vie  conjugale  y  sont  tout  autres 
qu'en  Europe,  R.  Schmidt  o.  1.  p.  561.  On  ne  doit  pas 
se  figurer  que  l'antiquité  fût  plus  chaste  que  notre  éqoque 
moderne.  Bien  au  contraire.  Les  rois  de  France,  pour  ne 
parler   que   de   ceux-là,    ne   donnaient   pas   précisément 


1)  Le  J«-^,  de  l'Orient,  Raphanus  sativus  L,  est  long.  Je  l'ai  bien 

souvent  vu  fendu  en  quatre  sur  les  marchés  orientaux.  Cela  doit 
bien  avoir  une  raison.  Celle  que  rappoite  1.  el-M.  pourrait  être  vraie, 
car  en  Orient  tout  était  possible,  et  l'est  encore.  Ce  qu'il  y  a  de 
plus  curieux,  c'est  que  le  pliallus  revêt  sur  les  monuments  assy- 
riens postérieurs  !;i  lurme  d'un  l'igl  oriental.  11.  Le  figl  s'appelle, 
i  Nice,  racine  amère. 


942 

l'exemple  de  conduite  morale.  „Le  Parc  aux  Cerfs"  était 
un  lupanar  royal,  et  „les  Dragons  de  l'Impératrice''  étaient 
les  hommes  les  plus  beaux  et  les  plus  gaillards  de  France  ! 
Toute  l'antiquité  orientale  était,  à  nos  yeux,  une  débauche 
éhontée.  Celui  qui,  un  jour,  écrira  l'histoire  philologique 
et  culturale  de  la  racine  nk  et  nkh  dans  toutes  les 
langues  sémitiques  et  hamétiques,  prouvera  que,  pour  les 
Orientaux,  les  naturalia  n'étaient  pas  turpia^  mais  plutôt 
clivina.  On  doit  bien  les  cacher,  quitte  à  s'en  servir  à 
la  première  occasion.  Nous  avons,  dans  Tabarî  I  p.  1727 
et  s.,  un  intéressant  document  émanant  du  Prophète. 
C'est  la  missive  qu'il  donna  à  'Amr  b.  Hazm  qui  se 
rendait  chez  les   B.   el-Hârit   b.   Ka^b  pour  les  instruire 

G 

dans  les  préceptes  de  l'Islam  :  ^  <s=>\  ^  JLoj  (.,'  ij*1jl' 

t_r^  --^  o  ^        Lr      ..  ^ 

(^  »jii    J.    'làe    'i'    ^Avî.     jt^    w\:>'    c-^^.    "^    q'-    Bob-    I   P- 

(s^ocî  ^  jc*o  wc  ^Li),  cf.  Boh.  III  p.  70.  Cela  était  im- 
portant surtout  pour  les  Arabes  du  Sud  qui  n'ont  pour 
tout  vêtement  que  leur  pagne.  Lorsqu'ils  se  courbent  ou 
passent  le  pagne  autour  des  genoux^  étant  assis,  i^c-y^', 
on  risque  de  voir  ce  qui  doit  être  caché.  Voilà  pourquoi, 
dans  le  Sud,  on  dit,  en  guise  de  plaisanterie  à  celui  qui 
est  ainsi  assis  et   qui   n'a   pas   eu   soin  de  couvrir  son 

1)  Mais  les  Bédouins,  surtout  ceux  du  Nord,  le  font  tout  de  mî-me.  La 
prol'ibition   qui  suit  dans  le  texte  de  Tabarî  n'est  pas  observée  non 

plus,  Hdr  Gloss.  s.  v..  On  voit  que  —  i  s'applique  aussi  ai\i\  pudenda 
de  l'homnoe,  comme  I.  Sa'd  VIII  p.  139  d.  1.,  où  il  est  dit  que  "^Âisah 
n'avait  jamais  vu  le  aI'!  Jv-^,  „^,  et  pourtant  ils  se  lavaient  tous 
les  deux  dans  le  même  vase  aprèti  le  coït. 


943 

'aurah:   -l^^^.^'',  mouche-toi  le  nez!  C'est  à  cela  que  le 

Prophète  a  pensé  dans  ses  recommandations.  Si  le  taub 
est  assez  long  pour  qu'un  bout  puisse  être  jeté  sur 
l'épaule,  il  suffit  aussi  pour  couvrir  \espuclenda,Boh.]A.. 
Ce  précepte  paraît  toutefois  être  une  législation  du  Pro- 
phète. Selon  I  Sa'd  17  i  p.  113,  I.  Sîdahllp.  31  ['Omar] 
et  L  A  XIX  p.   3,   'Abd  Al]âh   b.  'Omar  b.  el-Hattâb, 


qui  était  d'une   pruderie  exagérée  }^^f-  A' 


.'>.4^ 


L'.^ 


oi^  J.v:>-=>'  S^  Jl-=^-^i  regarda  au  bain,  les  pénis 


'j  ■  > 


des  hommes  et  il  dit:  ^^Laissez-moi  sortir!"  avec  cela  ils 
étaient  circoncis,  et  L  A  ajoute  :  è^  ^  o-,.  On  ne  por- 
tait pas  encore  la  fûtah  au  bain  ').  V.  Hdr  p.  487,  note. 
Dans  ce  relâchement  de  moeurs  que  je  viens  d'exposer, 
nous  voyons  bien  une  prostitution;  mais  les  Orientaux 
n'étaient  point  du  même  avis.  Nôldeke  dit,  Z  D  M  G-  40 
p.  155:  „In  der  Angeblich  regulâren  Vielmânnerci  in 
Mittelarabien  sehe  ich  immer  noch  einfach  eine  Art 
Prostitution",  et  il  juge  ainsi  le  tavï^rîd  des  tribus  du 
Sud.  Certainement,  pour  nous  autres,  avec  nos  lois,  cela 
est  prostitution,  mais  nous  ne  devons  pas  juger  d'après 
nos  idées  modernes  un  monde  qui  pense  autrement  que 
nous  sur  les  relations  charnelles  des  deux  sexes  entre 
eux.   L'enfant  né  hors  du  mariage,  ou  d'une  esclave  qui 

ne   tombe  pas    dans  la  catégorie  J^^  ^u-oCU!  L'),  est 


1)  En  Suède  et  en  Norvège,  on  ne  porte  pas  de  feuille  de  figuier 
en  se  baignant,  et  je  ne  crois  pas  que  mes  compatriotes  soient  plus 
débauchés  pour  cela.  Tout  au  contraire.  Le  Bédouin,  à  la  p.  918,  ", 

avait  bien  raison  en  disant   ^    J^    ,«. 

2)  (Jii  sX*y   .z^iJLo  Le  Hul).  VII  p,  n,  r>  d'en  bas.  Comme  Deuter.  21, 10. 


944 

toujours  un  bâtard^  _^j  ou  ■ji*ô^L  (Nord)').  Il  l'est  bien 
aussi  pour  les  Aj^y^'i  ^],  mais  ceux-ci  n'y  voient  rien 
do  honteux,  ni  pour  l'enfant,  ni  pour  la  mère.  C'est  un 
\jop>\  oïLv  ou   ujijJci-  Lftï  ^jJLw,  une  coutume  du  pays  y 

transmise  par  les  ancêtres.  La  femme  est  rusée  en  Arabie, 
comme  partout  ailleurs.  La  recherche  de  la  paternité  n'y 
est  pas  défendue.  Lorsque  la  fille  qui  a  reçu  la  visite 
des  mitwarridîn,  met  au  monde  un  enfant,  elle  a  le 
droit  de  désigner  un  des  visiteurs,  Joî^  ^^^'s,  comme 
père  de  l'enfant.  C'est  le  plus  riche  qui  fait  alors  l'objet 
de  son  choix.  Elle  peut  alors  l'obliger  de  l'épouser,  s'il 
ne  peut  payer  la  kasîrah,  p.  40.  Mais  ce  n'est  le  cas 
que  si  elle  s'est  livrée  étant  vierge.  Il  va  sans  dire 
qu'elle  ne  peut  s'adresser  qu'aux  membres  de  sa  tribu,  car 
les  étrangers  qui  la  visitent  sont  hors  de  sa  portée.  Les 
tribus  ne  sont  pas  grandes  dans  les  montagnes  du  Sud, 
et  la  fille,  l'objet  du  tawrîd,  n'est  pas  une  putain 
publique  avec  son  guidon,  râyat,  ou  sa  lanterne  à  la 
porte.  Ses  adorateurs  sont  vite  trouvés.  Le  ^'i  ont  dis- 
paru, mais  le  ^âqil  dans  le  Sud  et  le  \\rifah  dans  le 
Nord  remplissent  les  mêmes  fonctions  de  juge,  sans  re- 
garder, bien  entendu,  de  trop  près,  si  l'enfant  ressemble 


1)  G  Jalin,  dans  Die  Liebenden  von  Amasia  de  Wetzstein  p.  12, 
note  1,  donne  à  ce  mot  o»^Xàj,  pi.  oiJOi^J,  l'étymologie  suivante: 
»Bastard,    von    der    Ilivrte   der   Flinte   (und    ilirer    Schuss-fertigkeit) 

bcnannt,  wie  Bastard  von  Bastliart."  Il  pense  donc  à  Ow\>j  ou  oAàj, 
/"uii7,  v.  ici  p.  437  et  note.  Mais  ces  deux  mots  ne  sont  pas  usités 
en  Syrie,  uii  l'un  appelle  un  fusil  ïC^JïlXàj.  Au  lieu  de  03AÀJ,  on 
dit  aussi  ^Jj^Aj.  L'étymologie  est  à  clierclier  ailleurs. 


945 

à  son  père  putatif.  Dans  le  pays  des  Marâzîq,  Arabica 
IV  p.  27,  où  le  el-fahl  talaq,  l'étalon  est  libre,  a  tant 
contribué  à  l'agrandissement  de  la  tribu,  l'i  s  t  i  m  à'  devient 
plus  difficile,  et  il  y  est  rarement  pratiqué.  Ce  tawrîd 
est  réprouvé  par  les  autres  tribus.  Lorsque,  pendant  la 
dernière  épidémie  de  petite  vérole  qui  sévit  en  1899, 
surtout  dans  les  hautes  montagnes,  les  tribus  proxénètes 
de  Datînah  furent  très  décimées,  les  Datînois  plus  civi- 
lisés des  basses  vallées  disaient  que  c'était  là  une  puni- 
tion de  Dieu.  Le  fahl  a  soin  de  remplacer  ce  qui  est 
perdu.  On  a  souvent  fait  des  démarches  auprès  du  "âqil 
des  'Arwal   pour  qu'il   mette  un   frein  au  proxénétisme 

de    sa    tribu,    mais    il    a   toujours  répondu:  «Luiji  yLwî  U 

^y^\  pU!  (j^  v^JiJLw^  je  ne  le  puis:  7îoîcs  l'avons  trouvé  ainsi 

comme  une  coutume  de  l'ancien  temps. 

L'histoire  mythologique  des  Babyloniens  commence  par 
un  inceste:  celui  de  Mummu  avec  Tiâmat,  comme 
chez  les  peuples  primitifs  de  l'Amérique  du  Sud,  où  le 
soleil  et  la  lune  se  poursuivent  à  cause  d'un  inceste  '). 
L'histoire  des  Hébreux  débute  par  des  turpitudes.  Pour 
se  procurer  des  avantages  matériels  en  Egypte,  le  père 
Abrâm  offre  sa  jolie  femme  au  pharaon,  qui  l'incorpore 
dans  son  harem,  Gen.  12,  10  —  20.  Il  en  fut  récompensé. 
La  richesse  des  Juifs  commence  de  là.  Ensuite,  les  filles 
de  Loth  qui  couchent  avec  leur  père,  après  l'avoir  d'abord 
soûlé,  et  Tamar  qui  s'habille  en  putain  pour  se  laisser 
baiser  sur  la  route,  par  son  propre  beau-père.  C'est  un 
reflet  du  culte  d'Istar,   je  le   veux   bien;   mais  c'est  là 


1)   Paul   Ehrenreicli,    Die    Mytlien  uml  Legemlen  der  Siiil  Ameri- 
kunischen  Urvolker,   Berlin   1905,  y.  30. 


946 

notre  „Ecriture  Sainte",  que  nos  enfants  lisent  à  l'école. 
L'histoire  légendaire  des  Arabes  a  un  exorde  pareil. 
Loqmân,  Arabe  du  Sud,  selon  le  Ta  g  elMulùk  d'I.  Hi- 
éclm,  et  comme  l'indique  son  nom,  se  serait  rendu  cou- 
pable du  même  crime.  I.  el-Anbârî,  L  A  XI  p.  354,  cite 
ces  vers  d'en-Namir  b.  Taulab: 

Loqeym,  fils  de  Loqmân,  avec  sa  sœur;  il  était  donc 

\en  même  tem^ys  jils  de  sa  sœur  (neveu)  et  son 

[propre  fils. 

Un  soir  que  Loqmân  était  soûl,  sa  sœur  se  jeta  dans 

\ses  bras,  et  il  la  baisa  ignominieusement. 

Mais  il   s'aperçut  que  ce  n'était   pas  là   oià   il   avait 

l'habitude  de  jouir  et,  se  couchant  la  nuit  suivante  avec 

sa  femme  à  lui,  il  prononça  ces  mots  passés  en  proverbe  : 
-  •  >  '  '>       . 

JOLx     .:>     A     iL:ï-'->wi     ^:>^»     v_j.jw    .>    \J>J>,  VOUa    11716  Vldve 

que  je  connais,  mais  hier  soir  j'en  avais  une  qui  ne 
m'allait  pas,  Meydâni,  Freytag  II  p.  858  N°  47,  el-Mo- 
faddal  o.  1.  p.  69. 

La  sœur  de  Loqmân  a  fait  comme  les  filles  de  Loth 
et  les  Ptolémées  d'Egypte.  Tout  cela  est  de  la  légende, 
dira-t-on,  mais,  légende  ou  non,  elle  montre  qu'un  tel 
rapprochement  charnel  n'avait  rien  de  contraire  aux  con- 
ceptions éthiques  de  l'ancien  monde  oriental.  Il  fut  plus 
tard  sévèrement  puni,  mais  cela  prouve  même  son  exis- 

1)  Amtâl   el-Arab   d'el  Mofadclal  ed-Dabbi  Cstpl  1888  p.  69  a 

2)  u.  1.:    Ly   j«i;  uù  aussi  un  tiuisièrne  verset. 


947 

tence  dans  la  haute  antiquité.  Les  Arabes  n'ont  pas  été 
meilleurs  que  les  autres.  Aus  b.  Tàbit,  père  de  Hassan, 
le  poète  en  titre  du  Prophète,  avait  épousé  la. femme  de 
son  père,  au  dire  d'I.  Sa'd  III,  ii  p.  63,  qui  ajoute  :  oo'i'^ 
LLoi  sj3  ,cJ  %  liVJo  XxsCi  ^_jjl;'  les  Arabes  avaient  la 
coutume  de  faire  celai  sans  y  voir  aucun  inconvénient. 
L'inceste,  qui  pour  nous  est  une  horrible  turpitude, 
n'était  point  un  crime  dans  la  haute  antiquité  sémitique. 
Les  Hébreux  semblent  avoir  eu  la  conscience  large  sous 
ce  rapport.  Les  préceptes  lévitiques  sur  ce  sujet  sont 
une  innovation  réformatrice  Z  A  S  R  K  Y  p.  95.  Les  dis- 
positions du  Prophète  concernant  la  prohibition  du  mariage 
avec  un  proche  parent,  Qor.  IV,  26,  27,  prouvent  que 
la  chose   était  pratiquée  jusqu'alors.   L'addition  v.    26: 

^jJlw  lXï  '-0  "5',  à   propos  de  la  défense  ^Sj  U   \^'^  ^ 

^  *\j\,  est  très   significative.   L'islam  n'a  pas  de  terme 

spécial  pour  l'inceste,  si  ce  n'est  »^^  ^\3  JjCi  ou  JS3 

'i^y>  o!3  ou  ^\^  Li»^.  Chez  les  plus  ancien  Germains, 
frère  et  sœur  pouvaient  se  marier,  Z  À  S  R  K  V  pp.  58 
et  65.  Les  parents  de  .Siegfried  étaient  frère  et  sœur. 
Dans  l'Inde  ancienne,  l'inceste  ne  paraît  pas  avoir  été 
un  crime  pénal.  Chez  Manou,  ce  n'est  qu'une  faute  spi- 
rituelle, ibid.  p.  79. 

Les  Minéens  pratiquaient  la  polyandrie,  Winkler  A  F 
II  p.  81  et  ss.,  ce  qui  est  confirmé  par  Strabon,  ibid. 
p.  82,  Wellhausen  die  Ehe  p.  462.  Celui-ci  dit  même 
qu'ils  avaient  commerce  avec  leurs  mères,  absolument 
comme  cela  pouvait  arriver  dans  le  cas  de  'Alî  b.  Fadl 
et  des  Ragar  d'el  Hoûleh.  Dans  l'ancienne  Babylonie,  le 
culte   d'IAtar   était   accompagné    de    prostitution.    Aussi 


948 

était-elle  appelée  q  a  d  i  ^  t  u  i  1  â  n  i,  la  courtisane  des  dieux, 
Epopée  de  GilgameA  K  B  VI  p.  202  v.  11  =  Dhorme  p.  270. 
Dante  dit,  Paradiso  VIII  1  et  ss.  : 

Solea  creder  lo  monde  in  suo  periclo 

Che  la  bella  Ciprigna  il  folle  amore 

Raggiasse,  vôlta  nel  terzo  epiciclo. 
Déjà  dans  la  légende  de  Dibarra,  K  B  VI  p.  56  et  ss., 
ce  culte  est  associé  aux  éamhâti  et  aux  Harimati, 
„aux  mains  desquelles  Istar  procure  Vhomme  et  le  donne 
en  propre."  Les  noms  de  Samhâti  et  de  Harimati  sont 
aussi  ceux  des  putains  des  villes  babyloniennes  et  assy- 
riennes, Jeremias  AT  p.  37. 

Dans  le  mythe  d'Ira,  K  B  VI  p.  63,  nous  lisons  :  De 
Uruk  la  demeure  d'Anou  et  d'Iêtar,  la  ville  des  garces, 
des  filles  de  joie  et  des  putains  ^),  auxquelles  Istar  paya 
l'homme  et  le  livra  à  leur  discrétion.'"  Et  ibid.  p.  176 
V.  184  et  ss.  :"  (Alors)  Istar  réunit  les  garces,  les  filles 
de  joie  et  les  putains,  fit  mie  lamentation  sur  le  morceau 
droit  du  taureau  céleste.  Mais  Gilgameé  appela  les  ouvriers 
et  les  artisans  d^armes,  tous  ensemble.  Et  les  ouvriers 
regardèrent  avec  étonnement  la  grandeur  de  ses  cornes^)." 
létar  avait  aussi  à  son  service  des  hiérodules,  kurgari 
et  isinni,   que  Jansen,  o.  et  1.1.,  traduit  par  Eunuches 

et   Cynèdes.  Ce  sont  peut-être  les  ^^y^  dont  j'ai  parlé 
p.  937.  Vu   que   létar  comme  Etoile  matutine  est  mâle, 

i)  Kizritu,  ub;ltu  et  1>  a  ri  m  tu  (*jy>).  Il  y  a  tant  de  noms 
pour  désigner  ces  filles  de  joie,  comme  le  montre  Jensen  K  B  VI 
p.  377  et  ss.,  qu'on  ne  saurait  encore  débrouiller  en  quoi  consis- 
taient leurs  diirérentes  fonctions.  K  A  T'  p.  423.  Ôamljâtu  du  sing. 

ï^LaJÎ    se.    lg.**».g*a  ? 

2)  La  locution  «avoir  des  cornes",  appliquée  à  un  cocu,  vient  en 
ligne  directe  de  la  lîabylonie. 


949 

zikrum,  ^s'i,  et  comme  Etoile  sérale,  fémmin,  zin- 
uistum,  0'>ft,  son  culte  fut  aussi  associé  aux  amours 
du  même  sexe ,  à  l'homosexualité  —  la  A^'énus  barbue. 
Les  Babyloniens  appelaient  un  chat  chat,  et  dans  l'Epopée 
de  (Nimrod)  Gilgames,  le  plus  important  document,  avec  le 
Code  de  Hammurabi,  que  l'Antiquité  nous  ait  transmis, 
nous  assistons  à  la  rencontre  de  labani  avec  une  pros- 
tituée. Nous  y  lisons  Dhorme  p.  194  v.  40,  K  B  V I  p.  127  : 
Gilgames  lui  dit,  au  chasseur:  41  Va,  mon  chasseur! 
emmène  avec  toi  une  prostituée,  une  fille  de  joie!  48  Elle, 
qu'elle  enlève  son  vêtement,  et  lui,  qu'il  prenne  sa  vulve !'^) 
Et  ensuite  ibid.  Col.  IV  v.  6:  Lorsque  la  fille  de  joie  le 
vit,  l'homme  de  luxure,  7  le  fort,  le  destructeur  qui  était 
au  milieu  de  l'enclos,  8  Le  voilà!  fille  de  joie!  Découvre 
ton  sein  !  9  Ouvre  tes  parties  génitales  pour  qu'il  prenne 
ta    vulve !^)   10  N'aie  pas  honte,  prends  son  souffle!^) 

1)  Le  terme  technique  pour  coïter  paraît  dans  l'Epopée  ilqi 
kuzubsa.  Jensen  traduit  kuzbu  par  force  exubérante,  KB  VI,  i 
p.  427,  et  Dhorme,  par  volupté,  parce  que,  selon  lui,  p.  192  note 
22,  p.  243  note  8,  kuzbu  a  pour  signification  parallèle  ulsu  joie, 
(ybVi  sur  u-^î^  des  dialectes  du  Nord,  voyez  le  Gloss.  s.  v.),  mais  le 
parallèle   n'implique   pas  nécessairement  une  signification  absolument 

identique.  Faut-il  voir  en  kuzbu  l'origine  de  l'arabe  u*^,  vulva, 
ou  bien  est-ce  l'assyrien  kussu,  amour  1  La  dernière  alternative 
rae  semble   la   plus   probable.   Sur  ce  mot,  qu'el-Motarrizî  fait  venir 

du  persan  jS,  cruchon,  voyez  .Sifâ"  el-Ç.alîl  d'el-Hafa^î,  p.  "194. 
Vollers,  ZDMG  50  p.  G17  en  bas,  lui  donne  l'étymologie  grecque 
Kva-âç,  Kviroç  OU   xvaioi;. 

H)  liqie  na  pissu  =  ^^.^j  (^A-i».  Cf.  l'arabe  ,-^>^3).  b  qu'on 
dit  à  une  personne  aimre.  Mais  cela  peut  aussi  signifier  que  labani 
perd  le  souffle  à  force  de  coïter  avec  la  fille  de  joie. 

2)  Urk  i  pitema  k  uzubki  I  i  1  qi  =  ,  —s^Jo!    é^.^^    ou    e)-=> 

-^  - 


950 

11  Lorsqu'il  te  verra,  il  s'approchera  de  toi:  12  Tu 
ouvriras  alors  ton  vêtement  pour  quHl  se  mette  sur  toi. 
13  Cause-lui  la  luxure,  œuvre  de  la  femme,  lé  de  façon 
que  son  bétail  qui  a  grandi  dans  son  enclos^)  ne  le  re- 
conjiaisse  plus,  15  et  son  amour  se  répandra  sur  toi"^). 
16  La  fille  de  joie  découvrit  son  sein,  ouvrit  ses  parties  géni- 
tales et  il  prit  sa  vulve.  17  Elle  n'eut  pas  honte,  prit  son 
souffle,  18  élargit  son  vêtement  et  il  se  coucha  sur  elle. 
19  Elle  lui  causa  de  la  luxure,  œuvre  de  la  femme,  20 
et  son  amour  se  répandit  sur  elle.  21  6  jours  et  7  7iuits 
labani  se  mit  ')  à  coïter  *)  avec  la  fille  de  joie.  22  Après 
s'être  rassasié  tout  son  soûl%  23  il  tourna  son  visage 
vers  l'enclos  de  son  bétail  ^) ...  30  II  retourna  et  s'assit 


1  )  i n a  s ('■  r i s u  =  *j .^^    i% ? 

2)  Dhorme    traduit    p.    497    ainsi,   et  cela   paraît  être  acceptable. 
Jensen  traduit  dadu,  v.  15  et  20,  par  muscles  et  dida,  v.  16,  par 

mamelles  (=  lAJw^,  pi.  '->y.o,  Hdr  Gloss.  s.  v.).  Si  ses  muscles  se  pres- 
sent sur  le  dos  de  la  putain,  c'est  que  le  héros  l'enfila  par  derrière. 
Comme  elle  ouvrit  sa  vulve,  on  ne  saurait  penser  à  un  coït  bestial, 
comme  le  suppose  Jensen  K  B  VI  p.  428.  Dad  u  =  Geschlechtsliebe, 
Del.  HWB  p.  211,  est  adopté  par  Dhorme,  qui  y  voit  un  pluriel, 
comme  »amours"  en  français.  Si  Ton  assimile  ila  sêriki  à  l'arabe 
^^  J>£-  =  J^  (Gloss.  s.  V.),  sur,  la  traduction  de  Dhorme  est  pré- 
férable. 

3)  tibu,   se   lever,  est  ici  employé  comme  ,.'j"   et    ^.^    en  arabe, 
V.  p.  739  et  s.  ;  cf.  Jensen  K  B  VI  p.  306. 

4)  Irihi,    racine   y>,  carabe    v^5i    usité    dans  le  môme  sens; 
voyez  Ilommel  A  A  p.  463,  Hdr  Gloss.  s.  v.. 

5)  Ultu  isbu  =  .v-*«    L*^ ■ 

6)  Panisu   istakan   ana  sîri  bulisu  ==  [ic>^j  ==]  \j:>5  „-L> 
*^1    (^)  "îty^    ^'    J'avais    ainsi    traduit    tout    ce    morceau  en  arabe, 


951 

aux  pieds  de  la  prostituée,  31  La  prostituée  regarde  son 
visage . . .  83  elle  lui  dit . . .:  34  Tu  es  beau  labani,  tu 
es  comme  un  dieu  ....  36  Allons!  Je  vais  te  conduire 
au  cœur  de  TJruk  des  Enclos,  37  à  la  maison  sainte, 
demeure  d'Anou  et  d'Istar,  88  lieu  où  Gilgamès  est  par- 
fait en  force,  30  Et  comme  un  taureau  sauvage ....  42 
labani  lui  parle,  d  la  prostituée:  43  Allons!  fille  de  joie, 
emmène-moi,  moi,  44  à  la  maison  hdsante,  la  sanctifiée, 
demeure  d^Anou,  d'Iétar."  Ensuite,  labani  et  la  prostituée 
vont  à  Uruk,  où  ils  font  la  fête  et  où  les  prostituées 
mènent  une  vie  joyeuse. 

C'est  le  triomphe  de  l'amour  charnel:  Tannhàuser  à 
la  Montagne  de  Vénus.  L'Istar,  la  courtisane  des  dieux, 
est  la  Frigga  ou  Freya  des  Scandinaves,  „la  belle  magi- 
cienne qui  se  prostitue  à  tous  les  dieux",  Ozanam,  Etudes 
germ.  I  p.  65. 

Un  tableau  non  moins  vivant  des  mœurs  babylonien- 
nes nous  est  déroulé  dans  la  Descente  aux  Enfers  d'Istar 
K  B  VI  p.  86,  V.  76,  Dhorme  p.  335.  Depuis  que  létar, 
la  maîtresse,  était  descendue  au  pays  sans  retour,  le  tau- 
reau ne  montait  plus  sur  la  vache;  l'âne  ne  se  couchait 
plus  sur  Vânesse;  Vhomme  ne  se  couchait  plus  sur  la 
servante  dans  la  rue  ')  ;  Vhomme  se  couchait  dans  son 
appartement;  la  servante  se  couchait  de  son  côté.  Même 
tournure  au   revers  v.    7   et  ss..   Nous  y  voyons  même 


pour  montrer  la  paralh'Iisme  des  mots,  mais  j'ai  renoncé  à  faire 
figurer  ici  cette  traduction,  qui  aurait  demandé  un  commentaire, 
les  mots  ayant  été  tirés  de  différents  dialectes  en  môme  temps  que 
de  la  langue  littéraire.  Je  n'ai  suivi  servilement  ni  la  traduction  do 
Jensen  ni  celle  de  Dhorme.  Celle-ci  me  parait  plus  littérale. 

1)Ina   suqi  =  ^^^vJ'    J.. 

C4 


952 

les  précurseurs  des  r  a  w  a  z  i  (.'égyptiennes  avec  leur  danse 
du  ventre  o.  1.  p.  91  v.  50'). 

Ungnad,   OLZ    15    Oct.    1906,    rapporte    un   curieux 
document  privé   d'adoption  de  la  dynastie  kassite,  où  il 

est  dit:  La  Ina-Uruk-Risat n'a  pas  de  fille  et  pour 

cela  elle  a  adopté  la  Efirtu Elle  donne  7  sicles  d'or, 

soit  qu'elle  veuille  la  donner  à  un  homme,  soit  qu'elle  la 
destine  au  service  des  Hiérodules,  harimûtu^). 

Ces  Hiérodules  étaient  partout  attachées  aux  temples, 
comme  les  Bayadères  aux  Indes.  J'ignore  en  quoi  une 
kizritu,  une  uhâtu  ou  une  harimtu  se  distinguait 
d'une  enîtu  qui,  selon  CH  §127,  ne  pouvait  être  im- 
punément outragée.  Elle  était  donc  chaste,  celle-là,  — 
seulement  vis-à-vis  du  public,  sans  doute. 

Les  Minéens,  précurseurs  des  Sabéens,  étaient  très 
ardents  dans  leurs  offrandes  de  Hiérodules  aux  temples 
de  leur  pays.  Nous  avons,  dans  llalévy  190,  publiée  par 
Hommel  SA  Chr.  p.  117  et  plus  tard  commentée  par 
lui  dans  son  Egupten  in  den  sûdarah.  Inschriften  ''),  une 
liste  de  Hiérodules  qui  est  d'un  intérêt  capital.  La  for- 
mule schématique  y  est:  X  fils  de  X,  de  l'endroit  X, 
de  ^\  X,  consacra  et  voua  (au  temple)')  la  X  du  pays 
de  X.   En   voici  un   exemple  d'après   Hommel:  ^^  uW 

wO^        .o        ii..4.Ài       Kx)         ,mS>^        <^SJ^        {'Y^^        J^'^        «— è-OO       l_jl. 


'1)  Virgile,  Cojja  2,  dit:  Crispum  suh  crotalo  docla  movcrc  lalus, 
en  parlant  des  danseuses,  habiles  à  contracter-  le  corps  au  son  des 
castagnettes. 

2)  Nom.  qualit.  :  llicvodulctischaft. 

3)  Dans  Aegyptiaca,  Festschrift  fur  Georg  Ebers. 

/j.)   .^^*s>   est  dans  le  Sud,  dépenser,  payer  pour,  v.  Gloss.  s.  v.,  et 

le    verbe   minéo-sab,  pourrait  bien  signifier  que  X  avait  supporté  les 
dépenses  pour  l'achat  de  la  femme.  W  Z  K  M  I  p.  104. 


953 

'^A.  b.  R.  de  Saiima"^  de  la  famille  de  G.  consacra  et  voua 
(au  service  du  temple)  Amat  Samé  de  l'Egypte.  Ces  Hié- 
rodules  proviennent  de  l'Egypte,  Razzah,  Dedan,  Gedar, 
Yatrib  (Medînah),  ""Amman,  Moab,  Qatabân,  Hadramoût, 
Hagar,  etc..  On  ne  sait  pas  au  juste  quelles  fonctions 
remplissaient  ces  femmes.  Hommel,  G  G  G  p.  143,  pense 
aux  Vestales  romaines.  Celles-ci  étaient  chastes,  ou  étaient 
censées  l'être.  Je  ne  crois  pas  que  cet  élément  féminin 
du  temple  oriental  représente  rien  de  pareil.  Les  «Ves- 
tales" minéennes  avaient  des  enfants.  Selmay,  la  fille  de 
""Âdat,  prêtresse  de  Wadd,  fut  à  son  tour  donnée  au  temple 
pour  y  remplir  les  mêmes  fonctions  que  la  mère,  EDA 
N°  XXIV  p.  45,  Mordtmann  Beitr.  Z.  Min.  Epigr.  p.  48. 
Or,  Selmay  provenait-elle  d'un  mariage  régulier  de  sa 
mère,  ou  bien  était-elle  un  produit  de  l'amour  de  celle- 
ci  avec  un  prêtre  ou  un  autre,  sous  l'égide  du  Dieu  Wadd? 
Il  ne  s'agit  pas  ici  de  placer  Selmay  simplement  sous  le 
vocable  de  Wadd,  comme  le  faisaient  les  anciens  Arabes, 
Tab.  I  p.  1092,  i,  et  les  Catholiques  qui  se  vouent  à  un 
saint,  car  il  est  expressément  dit  qu'elle  fut  aussi  consacrée 
comme  prêtresse  du  temple.  La  luxure  était  un  culte. 
Le  coït  est  la  source  de  toute  vie;  le  phallus,  le  point 
de  départ  de  l'existence  humaine.  Les  parties  sexuelles 
sont  le  symbole  de  la  force  primordiale  génératrice,  mys- 
térieuse dans  son  essence,  mais  pleine  de  vie  dans  ses 
manifestations.  On  pensait  comme  les  Nosayrîeh  encore 
de  nos  jours,  lorsque,  en  adoration  devant  la  fille  nue, 
à  l'occasion  d'une  fête  religieuse,  ils  prononcent  la  for- 
mule sacramentale  en  s'adressant  à  la  vulve  :  Q  o*>ju!  v_j  .  L 

1)    ou  '.>^-^«x    y. 


954 

ôyù  C  ^^'3  ^r>  ^^»  »  0  Père  adoré!  De  toi  nous  sor- 
tons et  à  toi  nous  ferons  retour.  La  même  formule  est 
prononcée  par  le  mari,  encore  couché,  lorsque  le  matin 
sa  femme  relève  sa  jupe  pour  lui  montrer  sa  vulve.  Cette 
vénération  des  pudenda  n'est  qu'un  effluve  de  l'estime 
dont  jouissait,  chez  les  peuples  primitifs,  une  nombreuse 
progéniture,  selon  l'idée  de  Wilken,  Gids  II  p.  634  ;  mais 
la  sensualité,  érigée  en  précepte  religieux,  y  est  bien 
aussi  pour  quelque  chose.  Dans  les  cavernes  de  la  Phénicie, 
que  je  connais  toutes,  on  voit  le  signe  (\)  gravé  sur  les 
parois,  Rob.  Smith  Religion  der  Semiten  p.  160.  On  dira 
qu'on  le  voit  aussi  dans  nos  pissoirs  modernes.  C'est  que 
le  culte  est  universel,  mais  nous  y  jetons  le  voile  pour 
le  cacher.  Les  anciens  Sémites  n'ont  pas  fait  de  même. 
^T^  ou   â   est  le  déterminatif  pour  femelle,  comme    R 

l'est  pour  mâle,  dans  l'écriture  figurée  archaïque  des  Baby- 
loniens, Del.  Gr.  p.  46,  c'est-à-dire,  les  parties  génitales 
des  deux  sexes.  Les  signes  cultiques  a  se  rencontrent 
souvent  sur  les  monuments  babyloniens.  Wadd  était, 
pour  les  Minéens,  le  Dieu  de  l'Amour,  non  pas  l'amour 
éthique  du  cœur,  mais  celui  des  sens.  Voilà  pourquoi 
Nàbirah,  Yàqût  IV  p.  913,  dit: 

G 

Que  Wadd  te  fasse  vivre  i^=  W.  te  salue)! 
Car  il  ne  nous  est  plus  permis  de  nous  amuser  avec 
[les  femmes^  puisque  la  religion  est  devenue 

[chose  sérieuse. 

Les  orthodoxes  ont  ici  substitué  ^^.  à  o^^  Ahlw.  N°  23 

1  )    ou   C^'  . 


955 

V.  6.  Wellhausen,  Reste-  p.  18,  ne  veut  pas  qu'on  voie 
en  Wadd  l'Eros  des  Grecs,  et  Nôldeke  „s'en  réjouit", 
ZDMG  41  p.  708,  supposant  que  quelqu'un  veuille  que 
Eros  soit  la  traduction  grecque  de  Wadd.  Personne  ne 
l'a  dit.  Mais  tous  ceux  qui,  comme  moi,  admettent  que 
la  mythologie  grecque  n'est  originairement  qu'une  con- 
ception sémitique,  accomodée  à  l'esprit  de  Hellas,  ne  ver- 
ront en  Eros  autre  chose  que  le  Wadd  minéen,  l'Istar 
babylonienne,  le  Siva  des  Hindous.  Le  Wadd  des  Minéens 
était  le  Sîn   des  Hadramites,   la  lune;   c'est  pour  cela 

qu'il  est   appelé   ^J^  ^ù^  =  ^fJ:^\  3^  ou  ^LxJl,  la  lune 

levée,  luisante  (et  non  ==  j^\)  ').  C'est  la  lune  qui  est 
encore  le  symbole  de  l'amour  et  la  protectrice  des  amou- 
reux.  Ce  culte  de  Wadd  était  certainement  marqué  au 

coin   d'une  certaine  lubricité.   Le  prêtre  était  appelé  y 

et  la  prêtresse  «y  (prononciation  incertaine)  \  D  H  Muller, 
E  D  A  p.  42,  dit:  „Nous  pouvons  peut-être  conclure  du 
mot  sy,  quelque  chose  à.' ignominieux,  de  honteux,  trans- 
mis par  les  lexicographes  arabes,  de  quelle  sorte  étaient 
les  fonctions  de  ces  prêtres,  hommes  ou  femmes."  L  A 

seul,  I  p.  149,  enregistre  le  thème  !J,  qui  se  trouve  dans 


1)  Voyez  le  N"  12  suivant. 

2)  Hommel,  A  A  p.  30,  le  prononce  lanân,  ce  qui  ne  nie  paraît 
pas  juste,  car  le  n  final  est  l'article  an,  et  il  faudrait  alors  au  moins 

dii'e  lau'a-ân,   comme   N'XXIV    I.  2:  ryly-'    est  =  3^]!.  En  outre, 

»y    n'est  pas  le  fém.  de   rylyy    comme  il  l'expose  (par  inadvertance), 

mais  de  [y.  Jeremias  KA  p.  271:  lawi'u  et  lawiût,  en  adop- 
tant la  provenance  du  mot  hébreux  du  minren.  Nielsen,  Mondreli- 
gion  p.  137:  levvi,  sous  rinlluence  de  l'hrbreu. 


956 

la  locution  e^  aUI  y,  paraphrasé  par  ^y^,  que  Dieu  t'en- 
laidisse^ à  peu  près  =  ^  ou  dU>3  >:^.  Mais  il  est  ex- 
pressément dit  qu'on  le  prononce  aussi  sans  hamza,  L  A 
XX   p.    13-1:,    5   et  s.  d'en  bas.  Il  est  évident  que,  si  le 

minéen  y,  prêtre^  vient  de  ce  thème,  celui-ci  n'a  pas 
eu,  en  minéen,  ce  sens;  car  les  Miuéens  n'auront  pas 
appelé  le  prêtre  de  leur  dieu:  le  laid.  Mais  la  compa- 
raison de  D  H  Mûller  peut  tout  de  même  être  juste,  car 
l'appelation  du  prêtre  a  pu  donner  lieu  au  sens  en  question 
lorsqu'on  n'avait  plus  de  prêtres,  et  qu'on  se  souvenait 
seulement  de  leur  conduite  ignominieuse.  Hommel  A  A 
p.  30  et  Mordtmann  Beitrâge  Z.  Min.  Epigr.  p.  43  ap- 
prouvent la  traduction  do   Mùller  par  prêtre.  Pourtant, 

Hommel  donne  à  y  une  autre  étymologie  :  (j;S,  être  long  ; 
et  il  rejette  la  conclusion  de  Muller,  sans  donner  pour 
cela  la  moindre  raison.  Hommel  me  paraît  ici  peu  heu- 
reux dans  son  opposition,  car  son  ^^  n'est  qu'une  variété 

de  y  et  de  ^y,  ainsi  qu'on  pourra  facilement  s'en  per- 
suader en  étudiant  L  A.  Il  n'a,  en  outre,  qu'à  lire  L  A 
XVII   p.   402   et   s.   pour   se  convaincre  que  ^J^  et  s^, 

par  lequel  y  est  expliqué,  signifient  „-^  et  --Jj.  Mùller 
n'a  donc  pas  tort,  comme  Hommel  le  prétend,  o.  1.  p.  30 
en  bas.  La  combinaison  de  Hommel  de  ce  mot  avec  le 
nom  des  Lévites  est  très  réussie.  Elle  a  aussi  été  acceptée 
par  Mordtmann  o.  1.  p.  43.  La  signification  primordiale 
de  ce  mot  ne  nous  en  demeure  pas  moins  très  obscure. 
La  iLoc,-   iuX:>,  Boh.  V  p.  174,  *,  transplantée  en  Midyan 

par  les  Minéens,  a  aussi  influencé  les  Hébreux,  et  non 
seulement  le  Prophète.  Je  vais  encore  plus  loin  et  je  dis 


957 

que  le  nom  du  père  des  Qoreychites  wJLi  ^^  g:J  ren- 
ferme le  même  mot.  LA  XX  p.  134,  6  d'en  bas,  dit: 
J:^  JyLj"  iCoLxii^  C'^j*i^\-i  Q^^  ^j*^'  l}^'^?  absolument 
comme  dans  le  Sud,  encore  à  l'heure  qu'il  est.  Lorsqu'on 
se  rappelle  que  les  Qoreychites  avaient  l'intendance  de 
la  Ka^bah,  cette  étymologie  n'a  rien  d'impossible. 

Dans  l'inscription  Glaser  282  de  Saudc\,  Hommel  S  A 
Chr.  p.  115,  DH  Mùller  WZKM  ii  p.  4  et  ss.,  il  y  a 
la  description  de  la  fête  nuptiale  des  Hiérodules  de  Wadd 
avec  Attar.  On   y  trouve  ces  passages:   1.   3  et  4  :  j._^ 

•^!  oJ  ^jJJ>  [j^^  ^^j^  o'  CT^'^'  (*^  ^?^  lorsqtCil  ap- 
purut  parmi  les  feimnes  qui  arrivèrent  avec  sa  femme; 

quand  elle  arrive,   etc. ...   et  1.  5  :  |_cr-^'  ij^  J^  C^. 

jLii  viAJLj"  oJ  Ojj  j*^  cj*^^"  o'  f~^  cf^y  lorsqu'il 
apparut  parmi  les  femmes  qui  se  rendirent  à  "Attar  afin 
de  lui  donner  une  femme,  alors  qu'arriva  le  ta'annut 
de  "Attar.  Je  me  suis  longtemps  creusé  la  tête  pour 
trouver  une  traduction  exacte  de  ces  phrases.  J'y  ai 
aussi  peu  réussi  que  mes  prédécesseurs,  et  je  m'en  suis 
tenu  à  celle  de  D  H  Mûller  1.  1..  Mais  ce  qu'il  y  a  de 
très  probable,  selon  moi,  c'est  que  le  verbe  0^3,  est  ici 
employé  dans  une  sphère  d'idées  qui  n'est  pas  éloignée 
de   celle   de    notre   ^\j,y  "arwalite.    Peut-être   ce   terme 

technique  de  iuL*o)  ^  0J3  est-il  le  dernier  écho  d'une 
cérémonie  cultuelle  minéo-sabéenne? 

Le  Chapitre  CXCIXII  du  1  Livre  d'Hérodote  est  assez 


2)  O.^    est,  en  général,  arriver,  ^j»),  (airo  arriver  =  conduire. 


958 

connu,  maib  je  crois  devoir  le  reproduire  ici,  étant  per- 
suadé qu'il  ne  contient  pas  d'exagération."  La  i)lus  hon- 
teuse des  lois  de  Babylone  est  celle-ci:  toute  femme 
indigène  est  obligée  de  s^asseoir  une  fois  en  sa  vie 
dans  le  temple  de  Vénus  et  de  se  livrer  à  un  étranger. 
Plusieurs  qui,  fieres  de  leurs  richesses,  dédaignent  de 
se  mêler  aux  autres  femmes,  se  rendent  au  temple  en 
char  couvert,  escortées  d'une  multitude  de  servantes. 
La  plupart  agissent  comme  il  suit:  elles  s'' asseyent 
dans  V enclos  sacréy  la  tête  ceinte  d'une  corde;  elles 
sont  là  en  grand  nombre;  les  unes  entrent,  les  autres 
sortent.  Elles  lawsent  entre  elles,  de  tous  côtés,  des 
chemins  alignés  que  les  étrangers  parcourent,  après  quoi 
ils  choisissent.  Des  qiCune  femme  s^y  est  assise,  elle  ne 
retourne  plus  à  sa  maison  avant  qu^un  étranger  ait 
jeté  sur  ses  genoux  une  pièce  de  monnaie  et  se  soit 
uni  avec  elle  hors  du  temple.  En  jetant  cette  pièce 
d'argent,  il  doit  dire:  „ J'invoque  pour  toi  la  déesse 
Mylitta  ')."  Cest  le  nom  que  les  Assyriens  donnent  à 
Vénus.  Quelque  médiocre  que  soit  son  présent,  la  femme 
ne  doit  pas  le  refuser  ;  ce  n'est  point  permis,  car  cet 
argent  est  sacré.  Elle  suit  le  premier  qui  le  lui  jette. 
Elle  ne  dédaigne  persoime.  Lorsqu'elle  s'est  livrée,  elle 
a  satisfait  à  la  loi,  à  la  déesse;  elle  retourne  en  sa 
inaison  et,  par  la  suite,  quelque  somme  considérable 
que   tu   lui  offres,  tu  ne  la  déciderais' pas  à  se  livrer 


\)   =  sAj^I,    celle    qui  fait  mcltre  au  >no)ule,  celle  qui  préside 
à   la  itarlurilioii,  K  A  T'  p.  4213,  n.  7. 


959 

à  toi Il  rj  a  quelque  iiart,  à  Chypre^  une 

coiUuïne  qui  se  rapproche  de  celle-ci.'''' 

On  croira  sans  doute  que  cette  institution  des  Hié- 
rodules,  cette  coutume  de  vouer  les  filles  au  service  du 
temple  ou  à  celui  des  prêtres,  ait  disparu  des  mœurs 
plus  civilisées  des  temps  modernes.  Mais  non.  Curtiss, 
0.1.  p.  191,  nous  raconte:  „Les  Nosayrîeh  du  côté  de 
Safîta  vouèrent  à  leurs  cheykhs  religieux,  en  cas  de 
maladie  de  leurs  filles  ou  d'un  membre  de  la  famille,  un 
quart  ou  la  moitié  des  filles,  si  le  recouvrement  de  la 
santé  eût  lieu.  Dans  ce  cas,  le  cheykh  seul  peut  l'épouser, 
ou  bien,  si  un  autre  l'épouse,  avec  son  consentement  à 
elle,  réclamer  pour  lui  sa  dot.  Il  y  a,  parmi  cette  secte, 
des  santons  qui,  après  leur  mort,  deviennent  des  welî. 
L'eau  avec  laquelle  on  lave  leur  corps  avant  l'enterre- 
ment est  distribuée  aux  fidèles:  elle  passe  pour  être 
miraculeuse.  Lorsqu'on  salue  ces  cheykhs,  on  leur  baise 
d'ordinaire  la  main  ;  l'un  d'eux  était  tellement  saint  qu'on 
lui  baisait  même  les  pieds.  Les  pères  vouaient  leurs  filles 
au  service  de  sa  sensualité.  Ce  monstre,  soit  dit  en  pas- 
sant, après  avoir  fait  cruellement  assassiner  un  chrétien, 
tomba  victime  du  talion.  Dans  ses  procédés  diaboliques, 
se  perpétuaient  les  sacrifices  de  chasteté  qui  étaient  autre- 
fois offerts  dans  le  culte  des  santons  syriens  et  babylo- 
niens. Une  coutume  pareille  existe  au  sanctuaire  d'ez- 
Za'^bi  à  Remte  dans  le  Haurân.  Une  seyyidah  ^)  a  raconté 


1)  En   disant  ^«rt-^J    l;  j^^    ^    *-f'-'"^3    [l?^^^]    (JV    o'    ^^^°^ 

mes  informations,  qui  concordent  avec  celles  de  Curtiss,  o.  I.  p.  192, 
note  4.  Pendant  de  longues  années,  j'ai  parcouru  la  Syrie  pour 
recueiller  ces  restes  de  l'antiquité  sémitique,  et  mes  cahiers  de  notes 
pourraient  faire  un  gros  livre.  Curtiss  m'a  devancé  et  il  nous  a  donné 


960 

que  lorsqu'un  père  do  lamille  tombe  grièvement  malade, 
on  fait  faire  à  sa  petite  fille  une  fois  le  tour  de  son  lit, 
et  on  la  voue  à  ce  santon.  En  signe  du  vœu,  le  père 
et  la  mère  coupent  un  peu  des  cheveux  de  la  fille.  A 
l'âge  de  sa  puberté,  les  prêtres  se  présentent,  en  chan- 
tant et  en  jubilant,  avec  leurs  amis  et  leurs  parents  et 
5  —  8  chameaux  sur  lesquels  montent  des  femmes  de  la 
famille.  La  fille,  ornée  d'habits  nuptiaux,  est  amenée  sur 
un  chameau  paré,  au  Sanctuaire,  oîi  elle  est  donnée  en 
mariage  à  un  descendant  d'ez-Za^bî.  J'ai  appris  de  l'un 
des  familiers  que  cette  coutume  est  tellement  répandue 
chez  les  Arabes,  que  de  10  à  50  filles  sont  ainsi  tous 
les  ans  conduites  chez  les  prêtres  ').  Ceux-ci  les  ven- 
daient à  un  amateur  ou  les  affranchissaient  du  vœu, 
contre  un  dédommagement,  ou  bien  les  épousaient  eux- 
mêmes.  Naturellement,  la  chose  a  perdu  tout  sens  reli- 
gieux aux  yeux  des  prêtres  et  des  descendants  d'ez-Za^bî, 
dont  il  y  a  plus  de  30  domiciliés  à  Remt-e,  en  qualité 
de  faqîrs,  d'après  ce  qu'on  dit.  Ils  envisagent  simple- 
ment toute  la  chose  comme  une  affaire  dans  laquelle 
l'un  rivalise  avec  l'autre.  Un  paysan  de  Remte  me  ra- 
conta, avec  enthousiasme  et  orgueil  que,  rien  que  là,  15 
filles  lui  étaient  vouées  et  attendaient  le  jour  de  lui  être 
amenées.  Il  estimait  que,  chaque  année,  50  filles  lui  sont 
vouées  de  cette  façon."  On  lira  chez  Curtiss  d'autres 
■  détails  fort  intéressants  sur  cette  consécration  des  filles 
à  un  sanctuaire.  L'auteur  fait,  p.  193,  à  ce  propos,  cette 


un  beau  livre  d'une  grande  importance.  Seulement,  comme  je  parle 
arabe  comme  ma  langue  maternelle,  je  n'ai  pas  puisé  par  l'inter- 
médiaire de  révérends  et  de  missionnaires,  mais  chez  le  peuple 
directement.  Voilà  la  diflérence  entre  nous  deux. 

1)  Cela  n'est  pas  juste,  car  ce  ne  sont  pas  là  des  prêtres. 


961 

réflexion:  „De  cette  façon,  elles  sont  mieux  partagées 
que  ces  femmes  de  l'ancienne  Syrie  qui  s'offraient  elles- 
mêmes  en  victimes  à  Astartès  pour  s'abîmer  ensuite 
dans  la  prose  d'un  mariage  polygame.  Le  dévouement 
de  la  personne  à  la  divinité  reste,  en  cela,  le  point 
caractéristique."  Comme  le  saint  homme  peut  encore 
prendre  trois  femmes,  s'il  ne  les  a  pas  déjà,  et  autant 
d'esclaves  qu'il  veut,  je  ne  vois  pas  que  le  sort  de  la 
fille   vouée  soit  à  l'abri  d'un  „mariage  polygame."  Cette 

coutume  de  vouer  un  enfant,  by^xî,  mâle  ou  femelle,  au 

service  de  la  divinité  a  toujours  existé,  Hoséa  4,  13  et 
S-,  comme  elle  existe  encore  en  Europe  chez  certains 
parents  entichés  de  piété  cléricale.  Le  Prophète  en  fait 
mention  lorsqu'il  fait   dire  à   la   mère  de  Marie,  3,  31: 

Kf>^  ^c^  i-  ^  ^  o;iAj  ^^1  ^_jj,  mais  l'Islâra,  comme 
religion,  ne  connaît  rien  de  pareil. 

Ces  filles  vouées  aux  cheykhs  ne  sont  pas,  bien  en- 
tendu, des  Hiérodules  ayant  des  fonctions  égales  à  celles 
de  l'antiquité.  Le  culte  ancien  disparut  avec  l'Islam, 
mais  la  chose  persistait,  adaptée  aux  allures  imposées 
par  la  nouvelle  religion.  Il  n'y  a  plus  ni  sanctuaire  d'As- 
tartès,  ni  prêtres:  les  filles  sont  données  en  mariage  à 
ceux  qui  se  sont  substitués  au  dieu  tutélaire  antique, 
ou  vendues  aux  amateurs  friands  d'une  sainte  vierge. 
En  Egypte,  où.  les  filles  de  joie  se  recrutent  dans  une 
caste,  la  débauche  est  plus  grande  que  dans  les  autres 
pays  levantins.  Les  orgies  que  j'ai  vues,  dans  ma  jeu- 
nesse, à  Tanta,  en  l'honneur  du  éeyh  Ahmed  el- 
Bedawî,  surpassent,  ou  plutôt  surpassaient,  car  à  pré- 
sent les  mœurs  se  sont  un  peu  modifiées  en  Egypte, 
tout  ce  qu'on   peut   s'imaginer.   Il   y   avait,  à  ce  qu'on 


962 

disait,  un  demi-million  de  personnes.  On  faisait  partout 
l'amour,  n'imi)orte  où  et  comment  :  Même  les  femmes 
„du  meilleur  monde"  s'y  prêtaient.  Souvent  on  pouvait 
voir  quatre  pieds  en  mouvement  hors  de  la  tente,  et  cela 
laissait  supposer  ce  qui  se  passait  dans  l'intérieur.  C'est 
là  une  fête  religieuse,  une  fête  d'Astartès,  pendant  mo- 
derne de  celle  d'Afqa  dans  le  Liban.  Ce  serait  vraiment 
dommage  de  l'abolir,  car  elle  est  un  reste  de  l'Antiquité 
et  ne  choque  que  ceux  qui  voient  partout  de  l'immoralité 
là  où  les  lois  de  la  nature  prennent  leur  droit. 

On  est  bien  tenté  d'identifier  les  Hiérodules  sémitiques 
aux  devadàsi  de  l'Inde.  Celles-ci  sont  de  deux  espèces: 
les  devadâsî  prostituées  qui  correspondent  a  celles  d'Europe, 
et  les  devadâsî  des  temples,  les  Bayadères,  comme  nous 
disons.  Les  Brahmanes  choisissent  pour  les  danses  du 
temple,  parmi  les  filles  de  l'endroit,  les  plus  dignes  de 
cette  haute  situation.  Comme  une  fille  hindoue  ne  doit 
pas  rester  célibataire,  les  devadàsi  sont  mariées  à  la  divi- 
nité du  temple.  Les  Brahmanes  remplacent  alors  la  divi- 
nité dans  l'accomplissement  des  devoirs  conjugaux  et 
pourvoient  à  l'entretien  de  la  divine  ballerine  ').  Ce  sont 
là  les  maîtresses  des  prêtres,  mais  elles  doivent  aussi  se 
livrer  aux  visiteurs  dans  les  halles  du  Temple,  afin  de 
recueillir  des  fonds  pour  l'embellissement  des  lieux  de 
dévotion  ^). 

Le  culte  phallique  était  répandu  dans  tout  l'Orient. 
C'était  une  conception  religieuse,  Jeremias  A  T  p.  37 
note  2.  Les  Egyptiens  et  les  Grecs  représentaient  le 
phallus  dans  leur  écriture  et  sur  leurs  objets  de  tous  les 


1)  Kurt  Bocck,  Durch  Indien  ins  verschlossene  Land  Népal,  p.  78. 

2)  R.  Schiuidt,  L  E  I  p.  557. 


963 

jours.  On  a  trouvé  des  phalli  dans  les  ruines  de  Zim- 
babwe, et  le  culte  phallique  se  rencontre  encore  chez 
des  nègres  de  la  côte  occidentale  de  l'Afrique,  la  Géo- 
graphie 15  Avril  1907,  p.  278.  Les  Japonais')  et  les 
Indiens  l'ont  encore  aujourd'hui.  Sur  le  culte  de  linga 
(Priapus),  dont  le  siège  principal  est  à  Bénarès,  voyez 
le  livre  très  important  de  E,  Schmidt,  Liebe  und  Ehe 
im  Alten  und  Modernen  Indien,  Berlin  1904  p.  13  et  s., 
p.  26  et  ss.  L'  'l^ô:px^\oç  fut  porté  en  pompe  dans  les 
fêtes  de  Bacchus.  Ce  culte  a  dû  se  perpétuer  longtemps 
chez  les  Nosayrîeh,  car  Curtiss  a  trouvé  à  Nebî  Yûnls, 
à  1  h.  au  Sud  de  Safîta,  un  sanctuaire  avec  une  pierre 
phallique,  dont  il  donne  deux  photographies  dans  son 
beau  livre,  p.  340  et  341.  Il  veut  même,  p.  275  note 
et  p.  341,  que  les  massebôt-)  des  Hébreux  soient 
originairement  des  phalli.  Il  y  avait  certainement  des 
massebôt  qui  étaient  des  pierres  phalliques^),  mais  tous 
ne  l'étaient  pas.  Si  la  théorie  phallique  de  Movers  est 
exagérée,  elle  n'est  pas  pour  cela  à  rejeter,  comme  le 
fait  Rob.  Smith,  Rel.  der  Sem.  p.  160  et  s.  La  traduction 
de  LXX  de  n^^çp*)  par  s'ihxov  ne  prouve  rien  contre 
cette  théorie,  o  et  11..  Celle  de  la  Vulg.  :  Simulacrum 
Priapi,  me  paraît  plus  juste.  Le  culte  ùu  phallus,  0x\\ôç, 
est  venu  aux  Grecs  de  l'Orient,  en  môme  temps  que  le 
nom(?),   car  dans  le  mot  hébreu  se  cache  peut-être  l'ori- 


4)  J.  Buckley,  Phallicisme  in  Japan.  (Chicago  1895). 

2)  Les  i-XÎLAaJ  des  Arabes,  Arabica  V  p.  209  et  Hdr  Gloss.  s.  v., 
sont  les  deux  Anges  de  la  Mort,  I.  Qot.  p.  143,  5.  Sur  le  Mansib 
du  Sud,  voyez  Hdr  Gloss.  s.  v.. 

3)  Rob.  Smith  le  nie,  Die  Religion  der  Semiten  p.  IGO. 

4)  Dans  les  passages  identiques  de  I.  Reg.  15,  '^  et  II.  Chrom. 
15,    '«.    Kautzscli    le  traduit  par  Schniulbild,  ce  qui  ne  préci.sc  rien. 


964 

gine  du  mot  grec.  Seulement  la  désinence  ôç  fait  quelque 
difficulté,  si  elle  n'est  pas  radicale;  les  Grecs  l'auront 
peut-être  considérée  comme  une  désinence  de  leur  con- 
jugaison. Les  obélisques  sont  probablement  l'origin  des 
phalli,  et  le  bloc  de  pierre  où  est  gravé  le  Code  de 
Hammurabi  représente  sans  doute  un  phallus,  Jeremias 
A  T  p.  262.  L'Aphrodite  de  Paphos  était  adorée  sous 
l'image  (i'un  phallus  sacré,  symbole  de  la  déesse  de  Paphos  : 
l^ùcpxK^oa-  'ispoç  TTxpâavjf^ûv  UxCplxç  Lewy  F  W  p.  108. 
J'ai  vu,  dans  ma  jeunesse,  un  saint  homme,  Cheykh  Seiîm, 
très  vénéré  dans  toute  l'Egypte  et  surtout  par  les  marins 
sur  le  Nil,  et  qui  était  assis  à  côté  d'un  qubbeh,  sur 
le  bord  du  fleuve,  dans  la  Haute-Egypte  ').  Il  était  très 
vieux  et  pouvait  à  peine  mouvoir  ses  membres.  On  me 
raconta  que  depuis  60  ans  il  était  là  dans  la  même  posi- 
tion. Il  est  mort  en  1880.  Il  avait  un  phallus  formidable 
que  les  femmes  venaient  baiser.  Je  l'ai  vu  de  mes  pro- 
pres yeux.  On  prétendait  même  que  les  femmes  stériles 
se  donnaient  auparavant  à  cet  homme,  lorsqu'il  avait 
plus  de  force,  et  que  cela  était  pour  elles  une  iC5y,  béné- 
diction. Cela  n'a  rien  d'étonnant,  car  dans  certains  milieux, 
en  Syrie,  on  jure  Lu"  ujj  3L*=>5,  joar  la  vie  du  pénis  de 
Notre  Seigneur"^).  Dieu  est  une  personne  et,  comme  tel, 
il  doit  bien  avoir  l'organe  avec  lequel  il  crée  toute  chose 
vivante:  il  est  la  source  de  toute  vie. 

Le   nom  du  prêtre  ici:  vient  peut-être  du  babyl.  ku- 


1)  Voyez  le  dessin  et  la  description  dans  mon  J  OInirir  ocli  Palm- 
lundcr,  p.  '24  (en  suédois). 

2)  Dans  l'A  T,  on  inro  aussi  par  les  parties  génitales  selon  Jere- 
mias AT*  p.  ill  noto,  mais  je  n'ai  pu  y  découvrir  un  passaf^e  à 
ra|i|iMi  (le  cela. 


965 

mdru,  pénis '^).  Les  Araméens  appelaient  un  pre7r^|^:j£,2.£, 
mot  qui  paraît  avoir  été  assez  répandu,  Cook  Gloss.  of 
Aramaic  Inscript,  p.  64,  Ges.-Buhl  H  W  B  s.  v..  Les  inscrip- 
tions de  Nêrab  sont  les  épitaphes  de  deux  prêtres  Nzrbn 
et  Agbar,  qui  ont  le  titre  de  ID^  l/'DD,  prêtre  de  la  lune. 
Les  deux  divinités  "in'Z^  et  ^TDïï'  y  sont  invoquées,  G 
Hoffmann  Z  A  XI  p.  207  et  ss..  Dans  K.  el-Fihrist 
pp.  322,  23,  323,  9,  le  prêtre  des  Sâbiens  de  Harrân 
est  appelé  ^^,  Chwolsohn  Die  Ssabier  I  p.  506  et  s.,  II 
p.  197  et  s.,  de  même  que  Mas'oûdi  Pr.  d'Or  I  p.  199: 
^JiytS'  ^J^^J,  le  chef  des  prêtres.  En  arabe  classique,  »_♦/ 
est   le  gland  du  pénis  ^),   qqf.,  selon  el-Misbâh,  le  pénis 


1)  Hommel  ZDMG  45  p.  604  note  4.  Si  le  nom  des  deux  étoiles 
a  et  /3  du  Scorpion,  (_cJLiji^j  est  l'assyr.  zibânîtu,  ibid.  p.  597,  on 
ne  saurait  le  juxtaposer  à  uj:,  à  moins  d'admettre  que  la  balance 
a  reçu  ce  nom  des  deux  ujj,    branches,  dont  elle  est  composée. 

2)  =  îiy  ou  'iUj^  dans  le  Sud.  by  était  aussi  un  nom  de  femme 
avant  l'Islam.  La  prononciation  Barrah  figure  dans  L  A  et  Nihâyah. 
Ce  nom  ne  plaisait  pas  au  Prophète,  qui  en  donnait  un  autre  à 
celles  qu'il  avaient  choisies  pour  lui  et  qui  étaient  ainsi  appelées.  Si 
c'est  vraiment  Barrah  qu'il  faut  prononcer,  je  ne  vois  pas  trop 
pourquoi  le  Prophète  n'aimait  pas  ce  joli  nom.  Pensait-il  au  puits 
Zamzam,  LAV  p.  118,  10  =  Nih.  I  p.  73,  .5,  qu'on  appelait  aussi 
de  ce  nom,  ou  bien  faut-il  lire  Burrah?  Dans  ce  cas  on  comprend 
que  le  Prophète  ne  pouvait  supporter  qu'on  dît:  tLc  Prophète  est 
sorti  de  chez  Burrah'\  I.  Sa'd   VIII  pp.  84,  98,  338,  L  A  V  p.  114,  ", 

Nihâyah    I   p.    73,   Jy    renfermait  sans   doute    poiu-  lui  une  allusion 
par    trop   naturaliste:   ce   n'était   pas    la   chose   qui    lui  luisait  peur, 

mais  le   mot.    is  j    ne   se   trouve   pas   dans  ce  .sens  dans  les  diction- 

naires,  mais  il  est  courant  dans  le  Sud.  En  Egypte,  j'ai  entendu  ii^s^ws, 
ffland,    ce  qui    est   dans    le   m^me   ordre  d'idées.  Le  Prophète  était 


966 

même.  Une  femme  est  b.jj^Xa  ::=  'ï^jSLla,  I  Sîdah  V  p.  113, 
8   d'en   bas,   et  ^y^  J^.,  Q^i  «  un  grand  pénis,  ibid.. 

Le  pluriel  y*^  ^)  n'est  pas  rare  dans  les  anciennes  poésies, 
p.  e.  Ferazdaq,  Z  D  M  G  59  p.  609  v.  9,  où  il  faut  tra- 
duire le  mot  par  le  pluriel,  et  p.  610,  10: 

jLftiol    JXi!    xj^^d.    v:>w*^'       -v^    ,c^    c;^>3-I    ,Ai>    L    "bJ! 

Holà!  0  Heyrah,  sœur  des  B.  0.! 
N'es-tu  pas  le  puits  des  lourds  pénis? 

JOE         > 

^\  À^\  ^î,    tous    les    pénis  se   ressemblent^   Prov. 

Meydânî   Freytag  II  p.  357.  Le  singulier  i^i  se  trouve 

Prov.  d'el-Meydûnî  sub.  »  jy>  ^^  „-jCjî,  Freytag  II  p.  776, 
LA  V  p.  237,  4  et  ss..  Sîbaweyh,  II  N°  191  =  éd.  Caire 
II  p.  185  fin  =  Jahn  Trad.  II  p.  518  =  L  A  V  p.  97, 
cite  ce  ragaz^): 


Je  rfecrzs  des  ânes  sauvages  qui  paissent  d  el-Hanzarâ, 

Je  les  décris  [ils  sont  toutl  pénis  et  glands. 

Il   doit  y  avoir   une   corrélation   entre   ce   mot  et  ^ 

un  peu  priule,  ou  affectait  de  l'être,  et  les  autres  l'imitaient,  bien 
entendu.   "Abd    Allâli,    fils    de   "Omar   b.  el-Hattâb,  ne  voulait  rester 

dans    un    bain    en    voj^ant    les    Jy-<i!^c:    des    baigneurs,  I.  SaM  IV,  i 

p.  1i4,  ce  qui  ne  l'empr-chait  pas  de  se  faire  raser  les  pudenda  par 
son  esclave  servante,  is^jl->,  ibid.  p,  113,  Hdi'  p.  487,  note.  Cf.  I. 
SaM  IV,  I  p.  84  sur  Abu  Mûsâ  el-As'^arî. 

1)  Ce    pluriel    est   ôtrange    pour    un    mot   ])areil    et   donne  (b'-jà  à 
penser. 

2)  Yâqoût  II  p.  478  a  une  autre  rédaction  : 


967 

d'après  ce  que  j'ai  exposé  Hdr  p.  695  et  s..  Comparez 
ce  que  dit  L  A   YI   p.   426,  7  et  ss.  et  XVII  p.  55,  6 

d'en  bas  et  ss..  Cependant,  ^  n'est  pas  dans  L  A  syno- 
nyme de  ^î',  comme  le  croit  Hommel  Z  D  M  G  45  p.  604, 
note  4  '),  et  I.  Sîdah  ne  le  dit  pas  non  plus.  Cela  n'em- 
pêche pas  que  l'assimilation  de  Hommel  ne  soit  juste, 
au  fond.  ^  et  ^  permutent  souvent,  Hdr  p.  131,  et  le 

sudarabique  ^lï,  s'opposer  à,  contrarier,  est  presque  l'as- 
syrien kamâru,  zu  Boden  schlagen,  Del.  HWBp.  336, 

comme  le  synonyme  sudarabique  de  y^'i  est  ^^^'^  pour  ^^i^ 
babyl.  kamû^). 

Une  chose  curieuse  est  à  relever.  Le  prof.  Enno  Litt- 
mann  m'a  communiqué  une  note  où  il  dit  que  dans  la 
langue  tigré  'SaoC,  sâmâr,  signifie  pénis,  et  %aoC, 
gàmàr  (prononcé  d'àmàr),  est  vulve,  et  il  ajoute:  „vu 
la  concordance  phonétique  des  deux  mots,  il  doit  bien  y 
avoir  une  corrélation  étymologique  entre  eux.  Gràmar 
pourrait  directement  être  une  prononciation  bédouine  pour 
qamar."  Je  crois  aussi  que  d'amâr  est  une  palatili- 
sation  de  ^  kumâru,  pénis.  Il  n'est  pas  sûr  que 
sâmi'ir   soit   aussi   une   prononciation  du  même  mot.  Il 


1)  Le    nom    de    l'île  fie  K  a  ni  a  va  n  doit  être  =  -«iij',  la  hoir,  et 

non   -♦"^'j  le  pénis;  mais  le  passage  de  vjs  en  ^  est  ici  très  instructif. 

2)  Cf.    le    kamânii    des    Babyloniens   pâtisserie   (VIMar,    .Tensen 
Mythen   nnd  Epen   pp.   .380,  511,  K  A  T^  p.  441  =  pD  des  Hébrenx 

Ges.-Buhl  s.  v.,  comme  le  babyl.  Tamwzii,  Tawi'izii  a  donne  j'i'^n  en 

liébreii,  \y^  en  arabe.  Les  musulmans  vendent  aussi  des  pains 
ad  hoc  dans  leur  «Grande  Ft'te",  mais  je  ne  me  suis  pas  renseigné 
à  cet  éganL 

65 


968 

se  peut  que  nous  ayons  ici  le  verbe  "i'2*r -«-*,,  et  le  mot 
se  rapporterait  alors,  en  tout  cas,  à  la  lune;  voyez  plus 
loin.   Ou   bien   faut-il  le  rapprocher  de  -»-ù,  parce  que  le 

pénis  est  ^jJii'.  Le  sujet  est  important  pour  l'histoire 
du  culte  de  la  lune,  et  j'espère  que  mon  savant  ami 
l'étudiera  d'une  façon  plus  approfondie. 

La  lune  et  l'amour  charnel  sont  intimement  liés  dans 
la  conception  populaire.  Tout  le  monde  le  sait.  Le  voya- 
geur français  Leclerc  raconte,  dans  la  Revue  Indo-Chinoise, 
qu'il  a  assisté,  dans  un  village  du  Cambodge,  à  ,,la  fête 
de  la  lune."  Quoique  défendue,  elle  s'y  célèbre  au  mois 
d'octobre,  à  la  pleine  lune.  Pour  les  Chinois,  la  lune  est 
de  nature  féminine;  c'est  la  déesse  bienfaitrice  de  la 
fécondité.  Les  femmes  font,  le  jour  de  la  fête,  de  grands 
pains  de  banane,  qui,  à  l'approche  de  la  nuit,  sont  mis 
devant  les  maisons  avec  des  fleurs  et  des  essences.  On 
place  dessus  un  support  en  bambou  oià  sont  attachées 
des  bougies  d'encens.  Celles-ci  sont  allumées  au  moment 
où  la  lune  est  à  son  plein.  On  entonne  alors  „le  chant 
de  la  Lune."  On  danse  et  l'on  joue.  Les  jeunes  gens 
s'en  vont  ensuite  par  couples  sacrifier  à  la  déesse  de  la 
fécondité.   Le  qamar  et  les  kamar  sont  des  alliés,  et 

c'est  le  cas  de  dire,  avec  L  el-Mogâvvir:  ^^a^  _^  J.  -/s^-'i, 
ici  p.  927,  4. 

Il  reste  imprécis  de  savoir  si  iç*^  se  rapporte  à  ^, 
lune,  ou  à  -i^,  kumâru,  p/^a^^ws  ;  probablement  aux  deux. 

Le  culte  phallique  sera  prochainement  traité  par  Hommel 
dans  son  mémoire  Bas  Fruchtharkeitssijmbol  m  der  ait- 
habylonischen  Kunst.  On  y  verra  que  le  Kômer  a  dû 
réellement  remplir  des  fonctions  d'un  culte  phallique.  Les 


969 

principaux  documents  en  sont;  1°  „Le  monument  Blau", 
le  plus  ancien  monument  babylonien  qui  existe,  publié 
d'abord  par  le  Dr.  Ward  dans  le  Journal  américain  d'Ar- 
chéologie 1888,  et  ensuite  par  Fr.  ThureauDangin  dans 
la  Revue  Sémitique  IV  Janvier  1896  p.  43  et  ss.,  sous 
le  titre  „Les  deux  plus  anciennes  Inscriptions  proto- 
cunéiformes connues."  La  tablette  A  représente  une  femme 
qui  joint  les  mains  devant  un  homme  barbu,  dont  la 
chevelure  abondante  est  retenue  par  un  bandeau.  C'est 
là  sans  doute  le  Kômer,  car  il  tient  dans  ses  mains  un 
phallus  dessiné  d'après  nature.  Le  savant  assyriologue 
n'a  pas  relevé  ce  détail  qui  pourtant  est  capital.  Sur 
l'envers  de  la  même  tablette,  trois  hommes  du  peuple, 
assis  sur  des  bancs  et  tenant  entre  leurs  mains  un  objet 
que  Th.-D.  prend  pour  un  pilon  à  broyer.  Je  n'ose  sup- 
poser que  ce  soit  un  phallus,  le  gland  tourné  en  bas.  Au 
milieu,  un  homme  vêtu  d'une  tunique,  qui  paraît  frapper 
dans  les  mains.  Th.-D.  y  voit  un  intendant  qui  excite 
au  travail,  dans  un  milieu  de  vie  agricole.  Or,  je  suis 
persuadé  que  ce  petit  monument  représente  une  scène 
d'actions  de  grâces  de  la  part  d'une  femme  aisée  qui 
vient  d'avoir  un  enfant.  Les  mamelles  démesurément 
gonflées  l'indiquent.  Pour  témoigner  sa  gratitude  au  Kûmer, 
elle  lui  offre  des  chèvres,  des  vêtements,  des  pierres  pré- 
cieuses taillées,  des  grains  rôtis,  des  boissons  fermentées, 
etc.,  selon  la  traduction  de  Th.-D..  L'autre  tablette  B 
est  plus  difficile  à  expliquer ,  mais  elle  paraît  se  rapporter 
au  même  sujet.  Le  même  personnage  barbu  y  figure, 
cette  fois-ci  tenant  une  chèvre,  l'offrande,  entre  ses  mains. 
Je  m'étonne  qu'on  n'ait  pas  publié  un  fac-similé  exact 
de  ce  monument  important.  2°  Morgan-Scheil,  Mémoires, 


970 

t.  VI,  Textes  élamites  sémitiques  3  Série  Paris  1905.  PI.  2 
N°  2  :  Monument  du  Patesi  babyl.  de  Souza,  Baéa  Ôusi 
nak.   A  gauche,   un   lion;   au   milieu,   une   divinité   âge 
nouillée  tenant  un  phallus;  derrière  ce  dernier,  une  femme 
suppliante.  3°  Divinité  agenouillée  devant  un  phallus  qui 
plonge  dans   la   terre,   avec  une  inscription  de  Goudéa 
figurée  chez   Horamel,   Geschichte   Bab.   u.  Ass.  p.  241 
La  divinité  est,  selon  Hommel  Nin-gié-zidda,  le  maître 
du  phallus^  le  dieu  spécial  de  Goudéa.  4°  Stèle  de  victoire 
de  Naram-Sin   chez   A.   Jeremias  A  T^  p.   290.  Le   roi 
célèbre  la  victoire  sur  ses  ennemis  devant  une  montagne 
en   forme   de  cône,   forme  postérieure  et  conventionnelle 
du  phallus,  comme  celle  de  la  stèle  de  Hammourabi. 

Nous  savons  quel  rôle  le  linga  de  Siva  joue  dans  le 
»  culte  phallique  de  l'Inde.  C'est  le  sj^mbole  du  Sivaïsme, 
que  ses  partisans  se  font  même  marquer  sur  le  corps. 
Ainsi,  parmi  les  différentes  sectes  adoratrices  de  Siva, 
les  Saiva  portent  le  linga  sur  les  deux  bras  ;  les  Brâkta, 
sur  le  front  ;  les  Yangamas,  sur  la  tête  ;  les  Pâsupata, 
sur  le  front,  la  poitrine,  le  nombril  et  les  bras  ').  Les 
Lingayètes,  les  Lingavants  ou  Yangamas  portent  un  petit 
linga  de  cuivre  ou  d'argent  dans  un  étui,  autour  du  cou 
ou  dans  le  turban^).  Mazumdar,  Phallus-worship  in  the 
Mahabharata,  JRAS  1907  p.  837,  veut  que  le  linga, 
comme  une  forme  de  Siva,  ne  soit  pas  reconnu  dans 
cette  grande  épopée,  et  que  les  passages  oii  il  en  est 
parlé  soient  une  interpolation  postérieure.  Mais  l'exis- 
tence du  culte  ne  peut,  par  cela,  être  mis  en  doute. 

L'abbé  Delaporte,  qui  écrivait  en  1741,  dans  son  ouvrage 


1)  Wilson,  Sketli  of  tlie  religions  sects  of  llie'Hindns,  p.  12. 
'2)  Ibid.  p.  142. 


971 

Le  voyageur  français^  Vol.  III  p.  300  (Paris  1772),  parle 
avec  indignation  du  culte  religieux  de  la  ville  d'Alcatile, 
dans  l'ancien  royaume  de  Carnale,  sur  la  côte  du  Koro- 
mandel.  „Le  culte  des  habitants  d'Alcatile,  dit-il,  est  le 
comble  de  l'impudicité.  Leurs  prêtres  adorent  solennelle- 
ment le  dieu  Priape,  qu'ils  appellent  Lingan.  11  est 
représenté  sous  la  figure  des  parties  naturelles  de  l'homme 
ou  des  deux  sexes  réunis.  Cette  divinité  déshonnête  a 
grand  nombre  de  sectateurs  dans  l'Inde.  Ils  l'adorent 
comme  la  source  de  la  génération  des  êtres  vivants  et 
en  portent  à  leur  cou  l'image  obscène,  à  laquelle  ils  don- 
nent le  même  nom,  et  offrent  tous  les  jours  des  sacri- 
fices." Et  à  la  page  301  :  „En  vertu  d'une  loi  établie 
par  les  prêtres  linganistes,  les  jeunes  filles  leur  prosti- 
tuent leur  virginité."  Les  représentations  lubriques  et  les 
scènes  de  coït  qu'on  rencontre  partout,  révoltaient  beau- 
coup l'abbé  voyageur  o.  1.  p.  489.  Dans  la  description 
de  Madras,  il  dit  p.  307  :  „Les  Indiens  ont  conservé  leurs 
anciennes  pagodes  desservies  par  des  Bramines  et  par 
des  jeunes-filles,  dont  les  principales  fonctions  sont  de 
chanter  les  louanges  de  leurs  dieux  et  de  se  prostituer 
à  tous  ceux  qui  se  présentent,  sans  distinction  de  sexe 
ni  de  pays."  Odoardo  Barbosa,  dans  sa  Ptelation  de  voyage  ^) 
raconte,  sur  les  Naires  de  Malabar,  que  la  jeune  fille,  à 
r;ige  de  dix  ou  douze  ans,  est  mariée  avec  une  céré- 
monie assez  bizarre.  Le  jeune  homme  lui  passe  au  cou 
un  cordon  auquel  est  attachée  une  petite  feuille  d'or 
percée  d'un  trou."  Il  s'éloigne  ensuite  d'elle,  et  la  mère 
de  la  fille  se  met  alors  à  la  recherche  d'un  homme  qui 


1)  Dans  Les   Voyages  de  Ludovico  di  Varlhema,  éd.  Ch.  Schefer, 
Paris  1888,  p.  303  et  s.. 


972 

consente  à  déflorer  sa  fille,  car,  parmi  ces  gens,  l'action 
de  ravir  à  une  jeune  fille  sa  virginité  est  tenue  pour 
vile  et  méprisable.  Lorsque  la  mère  peut  considérer  sa 
fille  comme  une  femme,  elle  se  met  à  la  recherche  d'un 
individu  qui  en  fasse  sa  maîtresse  ;  si  elle  est  belle,  trois 
ou  quatre  naires  font  entre  eux  un  accord  pour  l'entre- 
tenir et  partager  ses  faveurs;  plus  elle  a  d'amants,  plus 
elle  jouit  de  considération.  Chacun  de  ces  Naires  a  un 
jour  déterminé  qui  commence  à  midi  et  prend  fin  à  la 
même  heure.  Il  cède  alors  la  place  à  un  autre,  sans 
qu'il  y  ait  jamais  entre  eux  de  disputes  ou  de  récrimi- 
nations." 

Le  cadre  de  cet  ouvrage  ne  me  permet  pas  de  m'étendre 
davantage  sur  un  sujet  qui  comporterait  un  volume  et 
exige  des  recherches  que  je  ne  suis  pas  à  même  de  faire. 
Ce  qui  précède  suffit  pour  prouver  que  l'antiquité  et  le 
Mo3"en-âge  étaient  encore  pires  que  les  temps  plus  mo- 
dernes. Le  tawrîd  des  tribus  montagnardes  du  Sud  peut 
donc  être  la  continuation  d'une  coutume  lascive  antique, 
où  le  sentiment  religieux  joue  un  rôle  qu'il  a  à  présent 
perdu.  Les  filles  qui  y:ic  o^V  P^^^*  se  donner  au  temple, 
n'étaient  point  des  prostituées,  car  le  manteau  de  la 
religion  les  couvrait.  Les  banât  'Arwal  qui  se  met- 
tent à  la  disposition  da  ->,*:c*  ne  le  sont  pas  non  plus, 
car  il  n'y  a  pas  de  do  2d  des,  condition  de  toute  prosti- 
tution, p.  40,  3.  Le  jTjkX  n'est  pas  non  plus  un  vulgaire 

(jLX7r:xôç.  Pour  moi,  qui  crois  que  toute  religion  est  une 
mythologie  et  qu'il  ne  tombe  du  ciel  que  de  la  pluie  et 
de  la  neige  et  qu'il  n'y  monte  que  de  la  fumée  et  des 
vapeurs,  j'envisage  la  coutume  du  ta  w r  î d  non  pas  comme 
une  immoralité,  mais  comme  un  défaut.  Nous  autres,  qui 


973 

obéissons  aux  lois  de  nos  pays,  qui  doivent  être  respec- 
tées, nous  sommes  habitués  à  considérer  comme  immoral 
tout  ce  qui  est  contraire  au  code  des  mœurs  adopté  par 
la  Diète.  Les  Musulmans,  qui  peuvent  se  payer  autant 
de  femmes  qu'ils  veulent,  d'une  façon  très  légale,  consi- 
dèrent toute  infraction  au  Qorân  et  à  la  Sounna  du  Pro- 
phète comme  une  immoralité.  Mais  les  "^Arwal  et  les 
Marâzîq,    qui   n'ont   pas  notre  législation  et  qui   n'ont 

d'autre  code  de  mœurs  que  le  J^^'  *!Jî  ^y,  ^J>L^,  la  cou- 
tume de  l'ancien  temps,  ne  trouvent  rien  d'immoral  à  se 
procurer  par  un  o.yo  une  compagne  d'amours.  Le  norme 

pour  juger  de  la  moralité,  sur  ce  point,  leur  manque. 
Lorsque,  dans  une  guerre,  nous  avons  tué  des  milliers 
d'hommes  de  notre  ennemi,  nous  chantons  un  Te  Deum 
laudamus  à  l'Eglise.  Est-celà  de  la  moralité?  Si  les  "Ar- 
wal  sont  immoraux,  nous  le  sommes  bien  plus.  Question 

•r    -  '  ' 

de  la  paille  et  de  la  poutre!  (^%£  j,  ^^J^'  y^'  ^J^ 
eU^  ^  ^^iktl\  ^J^J!  ^Jù^  dUi>!  Prov.  Meydânî,  Frey- 
tag  II  p.  355. 


11. 

Lis   y  a  8  â  1  e  h   q  a  t  a  1 1  m  i  n  s  il  n  ? 

41,  5:  "awâqib,  pi.  de  iuix:,  petit  garçon^  propr.  pos- 
térité. Le  tum.  en  est  isjO^  .JL^  est  un  mot  emprunté 
d'Aden. 

41,  7  :  d  a  h  a  g  h  0  m  b  i  t  à  o^  ^s>j>,  frapper  en  géndral , 

=r  ^^,  v_jy:D;  ne   se   dit  que  pour  le  fusil,  tirer-.  vJJAiJL 

En  Mésopotamie,  J^  ^s=>j>  est,  selon  Meissner,  regarder, 
sehen,  hinschauen  NAGI  p.  121,  idem  M  S  OS  VI,  ii 
p.  86  N°  5  1.  3;  fi.cer=J^.^,  ibid.  p.  106  note  3.  Mais 
Wetzstein,  ZDMG  22  p.  122,  a  ^^^,  qui  est  peut- 
être  la  vraie  forme;  développement  de  ^  _LL?  Cf. 
cependant  ^o  est  ses  dérivés. 

41,  8:  indàmar.  yoj>,  périr,  être  décimés,  exterminés 

par  la  guerre,  la  peste  ou  autre  chose,  être  complètement 
usé,   ruiné  =  u>.^     .  ^^'    ^    bytjjî  ioiy!^  iO-i  ^  iJ^!, 

er-rummah  est  la  ficelle  bonne,  et  la  ficelle  usée  s'ap- 
pelle r  e  m  1  i.  ^c'aJI    •<j^\   ^   (^  'sJi^ ,   e  1-h  u  s  s  a  h  veut 


1)  l'i. 


975 

diro  une  maison  ruinée^  une  ruine.  Dmùr  lûktâba 
bu  fillôh,  efface  l'écriture  qui  se  trouve  sur  la  tablette,, 

RO  §274.  yjj»  —  j/ooî,  faire  périr ^  extermi^ier,  ariéantir, 
achever.  In  à  B.  m  km  a  '^alam-zâd  udammarnàh,  nous 
noîts  sommes  jetés  sur  le  manger  et  nous  en  avons  fait 
table  rase^rs\jû^. 

-  o  -  ,  o  ^ 

-♦iJ>o  =  j^o,  71,  7,  ruiner,  démolir^  abbrechen,  me 
paraît  être  un  développement  de  y«j>  ou  une  dissimilation 

consonantique  de  y«^.  C'est  bien  avec  «(  que  je  l'ai  en- 
tendu  ici,   mais  aussi  avec  „,  et  il  se  peut  que  ce  soit 

o 

la  vraie  forme,  vu  la  faiblesse  de  la  gutturalité  dans  le 
Sud.  Ce  serait  alors  comme  le  sabéen  '^Dm,  Hal.  478, 
DH  Mûller  S  D  A  p.  38,  14;  ^.o  et  „^à,  rouler^  faire 
des  tours^  se  promener^  aller  par  ci  par  là,  herîimgehen; 
sJiJ:  et  oiJb>j,  glisser,  Syrie,  oi^i  il  y  a  plutôt  contami- 
nation de  deux  thèmes;  iji^^b,  se  casser  avec  bruit  en 
tombayit  à  terre  et  ^ji^^h^  casser  en  jetant  par  terre, 
Haurân; -*1)  et  y*^'!^,  sauter,  Sud.  Mais  le  »  épenthétique 
après  la  première  radicale  est  aussi  commun  dans  les 
dialectes.  .^^  =.l\^3,  exciter  à  faire  qqc,  pousser  à,  in- 
citer à.  Wahdàrtani  isteri  hâda  ma  hù^  si  me- 
nâfiq  \\\  tu  m'as  poussé  d  acheter  ceci  qîii  ne  me  con- 
vient pas.  .h  et  j»j^^,  tourner  autour,  se  promener, 
Stumme  M  G  T  p.  298,  pull  down,  démolir,  sahhî  B  B  R  A  S 
1902,  p.  268,  ;^^',  traîîier  les  jambes  par  fatigue,  Dt. 

j^j,  être  chaud,  class.,  et  j-^jj',  flamber,  brûler  Dt. 

Comme  je  l'ai  déjà  dit,  cette  intercalation  d'ane  lettre 
est  souvent,  mais  non  toujours,  une  dégémination  ou 
dissimilation  des  géminées. 


976 

41,  12:  intafaq.  oià:^!,  se  rencontrer,  est  pour  vjiij!, 

qui  ne  se  dit  pas.  JL.  a  ce  sens  de  s'entendre,  convenir 
de  qqc. 

41,  13:  uitràgamu  ya  ha^ar.  Sur  la  locution, 
voyez  p.  424  et  s..  Les  Arabes  du  Sud  excellent  dans 
l'art  de  jeter  des  pierres.  Dans  les  soi-disant  guerres,  la 
pierre  joue  un  grand  rôle.  Elle  remplace  souvent  le  fusil, 
comme  le  remplaçait  anciennement  le  sabre.  Vu  l'élasti- 
cité du  bras,  on  est  à  même  de  la  lancer  à  une  grande 
hauteur  et  à  une  longue  distance,  comme  je  l'ai  souvent 
pu  constater.  En  voyageant,  on  porte,  la  plupart  du  temps, 
une  pierre  dans  le  ^Lo  (v.  le  Gloss.  s.  v.)  pour  être  prêt 

à  toute  éventualité.  L'Arabia  Petrea  se  trouve  partout 
en  Arabie.  Cette  coutume  de  combattre  à  coups  de  pierres 
paraît  du  reste  avoir  été  pratiquée  dans  l'ancien  temps, 
car  el-A'sâ  dit,  I.  Qot.  p.  70,  Sîb.  I  p.  76,  7: 

Nous  ne  combattons  pas  avec  des  hâtoyis 
Et  nous  ne  nous  jetons  pas  de  pierres. 
Cela  est  confirmé  par  K  A  II  p.  162,  16  et  ss.  :  ^  Ja 

.^\    '^^^iJ-L,    Qy_;L.:2X;^    a^L^L-    0^'/^    O^T^'    ^^    ^'-5 

Il  dit  :  il  n'y  avait  pas  d  cette  époque  des  guerres  entre 
eux,  si  ce  n'est  la  journée  de  B  u'^â  t  77îais  elle  était  grave, 
celle-là.  On  sortait  seulement  pour  se  jeter  des  pierres  et 
se  battre  à  coups  de  morceaux  de  bois  ou  de  bâtons.  Le 
Prophète  fut  blessé  par  une  pierre  lancée  sur  lui  à  la 
bataille  de  Uhud  Tab.  I  p.  1408,  16,  où  les  pierres  furent 
très  en  honneur,   ibid.   p.    1410,   10,  comme  en  général 


977 

dans  les  rencontres  des  deux  partis  ennemis,  ibid.  p.  1433, 
3,  p.  1542,  14. 

41,  15:  ta  f  à  11.  fJ>h,  a,  est  tomber  raide  -nort  tout 
d'un  coup,  s'affaisser,  propr.  s'étendre  par  terre,  à  cause 
de  l'hébr.  noîD  et  l'araméen  ^^.^ ,  Ges.-Buhl  PI  W  B 
p.  250.  Le  sens  de  déborder  est  inconnu;  cela  se  dit  en 
Dt  JlI^,  Hdr  Gl.  s.  v.. 

41,  15:  eddièh,  quelquefois  aussi  die  h,  iuj>. 

Les  qabail,  surtout  les  tribus  soi-disant  himyarites, 
Arabica  V  p.  230,  n'acceptent  jamais  le  prix  du  sang, 
mais  pratiquent  le  talion.  Miles,  Excursion  into  the  In- 
terior  of  Southern  Arabica  JRAS  Vol.  41  p.  213,  dit 
des  Dîyêb:  „The  Arabs  in  this  part  of  the  countryhave 
the  savage  practice  of  never  accepting  the"  decat."  Blood 
can  be  atoned  for  only  by  blood."  Ce  n'est  qu'une  tribu 
faible  et  hors  d'état  de  prendre  la  vengeance,  qui  se  con- 
tente d'un  dieh.  Il  est,  en  général,  de  ôOO'/^  réaux,  jusqu'à 
700,  moitié  en  argent,  moitié  en  bétail.  La  somme  peut 
varier  selon  la  situation  de  l'assassiné.  Un  arrangement 
convenable  n'est  pas  exclu.  Si  un  qabîlî  a  été  tué  par 
un  qabîlî  d'une  autre  tribu,  tous  les  hommes  de 
celle-ci  sont  tenus  de  prendre  fait  et  cause  pour  leur 
contribule,  en  tuant  ou  l'assassin  en  personne,  ou  un 
homme  de  sa  tribu,  Maltzan  Reisen  p.  263.  Dans  en- 
Naqâid,  éd.  Bevan  p.  2  en  haut,  une  diyeh  est  de  100 
chameaux  dont  Hilàl  b.  Sa'sa'^ah  payait  le  tiers,  33 '/j. 
La   vendetta  peut  durer  des  années,  mais  elle  viendra  '). 


4)  Les  Danàkil  sont  connus  pour  leur  stiicte  observation  du  talion. 
SuV  ce  sujet,  je  vais  raconter  une  histoire  t'trange.  Il  y  a  trente  ans, 
j'avais  iiiit,  au  Caire,  la  connaissance  il'un  certain  M.  Arnoux,  de  Nice. 


978 

Il  faut  que  le  nombre  des  tués,  s'il  y  en  a  plus  d'un, 
soit  le  même  des  deux  côtés.  Il  est  honteux,  aux  yeux 
des  q a  bail,  de   tuer  un  da'îf,  un  ra'^ieh  qui  s'occupe 


Il  revenait  du  Choa,  où  il  avait  passé  deux  ans.  Le  roi  de  Clioa 
était  alors  le  Négoûs  d'Abyssinie  actuel.  Il  avait  confié  à  Arnoux 
une  grande  quantité  de  produits  de  son  pays  pour  être  vendus  en 
France.  A  Zeyla^  Arnoux  fut  pillé  par  le  gouverneur  égyptien. Abu 
Bekr,  et  il  revint  aussi  pauvre  qu'il  était  parti.  Il  s'adre.ssa  au  re- 
présentant de  France,  au  Caire,  Des  Michel,  qui  fit  la  sourde  oreille 
parce  qu'on  accusait  Arnoux  d'avoir  tué  deux  hommes  de  sa  cara- 
vane, en  se  rendant  à  Zeylal  Je  ne  sus  cela  que  plus  tard.  Comme 
j'étudiais  alors  la  langue  amarina,  voulant  aller  en  Abyssinie,  je 
m'intéressais  beaucoup  à  Arnoux.  Je  l'accompagnai  même  à  Paris 
pour  l'aider  à  trouver  justice.  Dans  ce  temps-là,  je  n'étais  pas  riche, 
mais  je  partageai  avec  Arnoux,  qui  n'avait  rien,  mon  argent  pendant 
plusieurs  mois.  Il  était  dépourvu  d'instruction,  et  c'était  moi  qui 
rédigeais  toutes  ses  requêtes  au  ministre.  Il  m'avait  promis  de  m'amener 
au  Choa,  où  le  roi  me  recevrait  bien.  Arnoux  avait  avec  lui  une 
fille  qui  était  du  reste  foit  pieuse.  Je  ne  la  voyais  jamais  qu'en 
présence  de  son  père.  Un  beau  jour  A.  m'écrivit  une  lettre  dans 
laquelle  il  m'accusa  de  faire  la  cour  à  sa  fille.  Le  propriétaire  de 
l'hôtel  vint  aussi  m'enjoindre  de  le  quitter  tout  de  suite.  Mes  amis 
de  Paris  m'avaient  bien  mis  sur  mes  gardes  contre  cet  homme, 
qu'on  traitait  d'a.ssassin,  mais,  dans  ma  candeur  d'alors,  je  ne  vou- 
lais le  croire.  Je  quittai  tout  de  suite  l'hôtel,  sans  que  A.  eût  l'idée 
de  me  rendre  les  5.000  fr  qu'il  m'avait  coûté,  et  je  n'entendis  plus 
parler  de  lui.  J'étais  guéri  de  mon  enthousiasme  pour  l'Abyssinie. 
Deux  ans  après,  il  retourna  en  Aby.ssinie,  accompagné  de  sa  fille, 
avec  l'argent  d'un  syndicat  parisien.  Il  fut  tué  à  Obock.  où  il  est 
enterré.  L'hiver  1898  à  Aden,  j'avais  fait  venir  chez  moi  un  Dan- 
kalî,  pour  connaître  un  peu  cette  langue.  Je  lui  demandai  s'il  avait 
été  à  Obock  et  s'il  pouvait  me  raconter  quelque  chose  sur  un  Frangi 
qui  y  avait  été  tué.  A  mon  grand  étonnement,  il  s'écria:  «C'est  moi 
qui  l'ai  tué  parce  qu'il  avait  tué  mon  frère  et  un  autie!"  Il  nie 
raconta  alois  qu'un  soir,  entendant  des  cris  dans  la  tente  où  se 
trouvaient  A.  et  sa  fille,  il  s'y  était  introduit  et  avait  enfoncé  son 
ban^ar  dans  le  dos  de  l'assassin.  Les  détails  qu'il  me  donnait  de 
la  vie  de  ce  misérable  étaient  tellement  horribles,  que  je  ne  pus 
qu'approuver  .son  acte  de  vengeance.  »Notre  hangar  ne  s'endort 
jamais  ",  fut  sa  réfiexion  finale. 


979 

de  ses  affaires,  de  sa  terre  ou  exerce  nn  métier.  Un  juif, 
qui  est  un  ^^o,  n'est  pas  attaqué  non  plus.  Ceux-ci  ne 

font  pas  la  guerre,  et  à  cause  de  cela  on  ne  Irs  tue  pas. 
On  est  tellement  sévère  sur  ce  point,  que  si  un  da^'îf 
a  été  tué  par  un  qabîlî,  les  parents  de  celui-ci  lui  font 
expier  son  crime  par  la  mort.  Cela  est  arrivé  à  Yeébom, 
il  y  a  quelques  années,  pendant  mon  séjour  à  Aden. 

Les  hommes  tués  à  la  guerre  n'entraînent  pas  le  paie- 
ment du   dish.   Une  chose   qui   prouve  bien  la  cohésion 

de  la  tribu,  c'est  que  le  JLLs,  l'assassin,  ne  supporte 
pas  la  charge  du  dieh,  mais  toute  la  tribu  est  respon- 
sable  de   son    acquittement.   A    cet   effet,   on  s'impose, 

chacun  selon  ses  moyens.  O71  fait  même  la  quête  ^..^lxLo, 
dans  les  tribus  amies  et  alliées,  comme  dans  notre  récit. 
Cela  rappelle  la  prescription  du  C  H  §  §  23  et  24.  Com- 
parez ce  que  j'ai  dit  à  propos  de  ^^^.wj  Gloss.  s.v..  Cette 

cotisation,    »As.,  est    réciproque   dans    un   cas  analogue. 

C'est  le  proche  parent  du  tué  qui  prend  le  dieh.  Il  y 
a  cependant  des  tribus  tellement  ennemies,  que  le  dieh 
n'y  est  jamais  accepté.  C'est  le  cas  des  Hasanah  et  des 
Mayâsir  de  Datînah,  où  il  y  a  beaucoup  de  qatl,  des 
deux  côtés,  qui  n'a  pas  encore  été  expié.  Une  trêve,  iCc:., 
est  toujours  strictement  observée  ;  toute  vengeance  est 
alors  suspendue.  Le  rachat  de  la  vengeance  par  l'argent 
est  très  ancien  chez  les  Germains,  Z  À  S  R  K  V  p.  65, 
et  chez  les  Indien  ibid.  p.  85. 

On  sait  que  le  talion  est  admis  par  le  Qoràn,  II,  173, 
V,  49,  XVII,  35  et  Boh.  IX  :  iojjt  ^L,  Gahiz  Tria  Opus- 
cula  p.  52  on  haut,  ZASRKV  p.  105,  comme  il  l'était 


080 

chez  les  Babyloniens  et  les  Hébreux,  Deuter.  19,  21,Bolj. 
IX  p.  6,  4  et  s..  J.  Jeremias  Moses  iind  Hammurabi 
p.  21  et  s.,  où  est  relevée  la  similitude  d'expressions 
dans  les  trois  codes  religieux  :  le  C  H,  le  Thorah  et  le 
Qorân,  Boh.  IX  p.  5,  6.  Le  Prophète  a  lui-même,  de  sa 
propre  main,  exercé  le  droit  de  talion,  Tab.  I  p.  1671 
en  haut:    c'était   même   la  première  fois  depuis  l'Islam: 

^J  Joil  J.O  J^î  _^^.   Il   ne  reculait  pas  devant  la  vendetta 

lorsqu'il  se  sentait  trop  lésé,  Tab.  I  p.  1586,  16,  p.  1639/40. 
Mais  il  a  en  môme  temps  sanctionné  le  prix  du  sang 
par  Qor.   II    173,   IV  44-45,  V  49  et  par  la  Tradition 

suivante  :  (}  î^oî^  [ypA  ^^l^  \^Ji  \_^jp>\  ^l  s'ils  veulent,  ils 
prendront  le  talion,  et  s'ils  veulent,  ils  pretidront  le  dieh, 
LA  XX  p.  261  en  bas.  Un  musulman  de  Beyrouth  en 
avait  tué  un  autre.  Il  fut  condamné  ù  mort.  On  télé- 
graphia à  Stamboul  pour  demander  s'il  fallait  exécuter 
la  sentence.  La  réponse  laconique  fut:  „Demandez  à  la 
mère  si  elle  accepte  le  dieh."  La  mère  n'accepta  pas, 
et  l'assassin  fut  strangulé,  le  17  Juillet  1874,  en  pré- 
sence de  milliers  de  corréligionnaires.  Mon  cordonnier,  h. 
Damas,  m'avait  livré  une  paire  de  bottines  le  soir.  Le 
lendemain  matin  je  le  trouvai  pendu  à  un  arbre,  car  il 
avait  dans  la  nuit  assassiné  quelqu'un,  et  la  femme  de 
celui-ci  refusait  la  rançon  ofïerte  par  la  famille  de  l'as- 
sassin. C'était  bien  là  le  ij-v^L,  j-^^!,  Boh.  IX  p.  5,  6, 
un  peu  trop  expéditif.  Le  code  mosaïque  n'admet  pas  le 
"iDi)  =  8.li5'  ou  'iJù.  Cela  ne  milite  pas  précisément  en 
faveur  de  l'humanité  des  Hébreux.  La  réflexion  que  fait 


1)  Ainsi  voyelle  poui-  '3^'}. 


981 

à  ce  propos  J  Jeremias,  Moses  und  Hammurabi  p.  26: 
„Les  différences  ne  se  trouvent  point  dans  la  direction 
de  l'éthos,  mais  dans  l'organisation  sociale",  et  „le  droit 
de  vengeance  n'est  pas  éthiquement ,  mais  socialement 
plus  bas  que  le  droit  d'expiation  et  le  droit  pénal,  (Buss- 
und  Strafrecht)",  est  pour  le  moins  étrange  dans  la  bouche 
d'un  prêtre  chrétien.  L'organisation  sociale  des  Hébreux 
reflète  bien  ici  leur  éthique.  On  dirait  qu'elle  n'a  pas 
voulu  abolir  une  coutume  ancienne,  qui  existe  encore 
chez  les  vrais  Bédouins  et  facultativement  dans  l'Islam, 
tandis  que  le  G  H  supprime  le  .Li  qu'il  réserve  au  code 
pénal  de  l'Etat.  Mais  le  Dieu  des  Hébreux  a  la  poigne 
forte.  On  lira  ce  qu'a  écrit  Wellhausen  sur  ce  sujet  dans 
le  ZÀSRKV  p.  93  et  ss.. 

Le  die  h  est  aussi  accepté  pour  une  blessure,  une 
lésion  qui  n'a  pas  été  faite  à  la  guerre.  C'est  le  ^«yiî  iùo, 
tandis  que  l'autre  est  le  ,^w^*  ïCj^,  le  VZi^b  ipb  de  Nura. 
35,  3L  II  est  évalué  selon  la  gravité  de  la  blessure.  Un 
membre  du  corps  mis  hors  d'usage  compte  pour  un  demi- 
homme,  soit  de  800  à  350  réaux.  Mais  ce  diat  es-sôb 
n'est  accepté  que  par  une  tribu  faible.  Dans  les  grandes 
tribus  puissantes,  on  cherche  le  coupable  jusqu'à  ce  qu'on 
puisse  lui  faire  une  blessure  semblable.  Comme  il  y  a 
;^*^sJlj  (J*^«^!,  il  y  a  aussi  v-j^Ij  ^^*^\  ^  blessure  pour  bles- 
sure. C'est  aussi  la  prescription  qorânique:  JAj^  i^i^^b. 
V,  49.  Si  le  d  i  e  h  n'est  pas  accepté,  on  dit  ^  a^lc  ^^^L.  v_jyô, 

ime  blessure  vous  reste  encore  à  expier.  Il  n'est  point 
nécessaire  que  le  talion  de  blessure  soit  exercé  à  l'égard 
de  la  personne  môme  qui  a  blessée.  Un  individu  d'égale 


982 

position  de  la  tribu  suffit.  On  appelle  ce  dieh  ^_jJ,  à  peu 

près  notre  dommages-intérêts.  ^^  est  payer  ce  ^y.  Il 
consiste,  la  plupart  du  temps,  en  nature,  rarement  en  ar- 
gent. Ce  n'est  pas  seulement  pour  une  blessure  qu'il 
est  payé,  mais  pour  tout  tort,  tout  dégât  qu'on  aura 
fait  à  une  tierce  personne.  Si  p.  e.  on  .a  déchiré  un  sac 

en  cuir,  iCcJs,  d'un  rabf,  ceux  chez  qui  celui-ci  est 
rabi^  ou  hall  envoient  à  ceux  de  la  tribu  de  laquelle 
fait  partie  le  coupable  une  gàmbîeh,  une  pique,  ou 
quelque  chose  d'analogue,  avec  un  homme  qui  doit  leur 

raconter  ce  qui  est  arrivé.  Cet  objet  est  appelé  k>-,,  et  le 
terme  technique  pour  cela  est  is^<^  ^^^SSj,_,  ils  envoient 
un  wagh.  On  se  réunit  alors  et  l'on  fixe  le  montant  du 
lôm.  Ce  lôm  s'applique  à  toute  chose,  excepté  le  Jjlî 
pour  lequel  \\  y  a  le  ioj, 

Glaser,  Peterm.  Mitth.  1884  Heft  V  p.  176,  nous  a 
relaté  comment  la  chose  se  pratique  chez  les  q  a  bail 
du  Yéman.  La  situation  est  à  peu  près  la  même.  Le 
talion  est  sensiblement  adouci  par  le  di'oit  de  protection 
et  le  droit  d'asile.  J'en  parlerai  à  un  autre  lieu  dans 
cet  ouvrage. 

(joLûï  1)  est  le  mot  qorânique  pour  talion  ■=.  oys.  C'est 

l'infinitif  de  (jolï,  donc,  véritablement  une  taille  réciproque. 
Depuis  longtemps,  (js^Laï  signifie  pM?«"^zow  dans  les  dialectes 

hadar  du  Levant  et  de  l'Arabie;  ^j^^*^  et  ^y^i  y  sont 
punir.  On  pourra  comparer  l'ancienne  expression  fran- 
çaise tailler  le  peuple,   imposer  une  faille.  L'idée  est  la 

1)   l'.oh.  m    p.    180;  I.  Sa'-tl  IV,  l   p.  04. 


983 

même,  si  le  mode  est  différent.  Dans  les  dialectes  bédouins 
du   Sud,  (j^,  couper ^  n'est   pas  employé;  on  le  connaît 

seulement  à  Aden.  Couper  y  est  wa-Ls.  Le  ^j^, ciseaux, 
n'est  pas  non  plus  un  mot  bédouin,  mais  hadari,  car  les 
Bédouins  disent  -y^^,  et  leurs  ciseaux  affectent  la  forme 
de  notre  tondeuse  pour  couper  le  poil  des  animaux.  Dans 
nos  dialectes,  (j-oï  est  seulement  examiner,  rechercher, 
se  mettre  aux  trousses  de,  ^-il  u^s  ou  ^Sh,  le  dépister, 
rintracciarlo;  «^  ^jai,  aller  aux  informations  ;  &JL:^!  ,j^, 

dépister  l'intrigue.  Tout  cela  est  très  classique,  mais  c'est 
un  sens  secondaire.   Venger  qqn  par  le  talion  se  dit  dans 

le  Sud  v_j  \jA^'  ou  saj:  .Li,  son  sang  a  coulé;  \^o  ,*i, 
il  a  fait  couler  son  sang. 

41,  19:  laqintha.  ^^,  a,  comprendre,  saisir.  \J>  est 

ici  neutre,  se.  iL^,  la  chose,  ou  quelque  chose  d'analogue. 
C'est  un  verbe  très  classique,  v.  L  A  s.  v.. 


66 


12. 

Em-éahr  em-bâr. 

Ce  récit  est  peut-être  le  plus  intéressant  de  tous.  Après 
les  publications  de  Hommel'),  de  Winckler^)  et  de  Niel- 
sen^),  sur  le  culte  de  la  lune  dans  l'antiquité  sémitique, 
je  suppose  que  ce  fait  est  connu  à  tout  arabisant.  Mais 
ce  qu'on  ne  connaît  certainement  pas,  c'est  que  dans 
l'Arabie  du  Sud,  où  ce  culte  a  longtemps  persisté,  on 
jure  encore  par  la  lune.  Lorsqu'on  conclut  un  h  a  1  f,  pacte 
d'alliance,   on   prononce  cette  formule  de    consécration: 

LLJt  =]  .LJî  t^b  ^''  l-^,  Oître  nous  il  y  a  Dieu  et 
la  lune  qui  luit.  Si  la  lune  n'est  pas  visible,  on  dit: 
-o  L.  [i  1 1  e  d  i]  (j:À."'  -^''3 ,  par  la  lune  qui  va  paraître.  La 
lune  est,  en  général,  entourée  d'une  grande  vénération 
à  cause  de  l'influence  qu'on   lui  attribue  sur  le  temps 


1)  A  A  p.  149  et  ss.  ;  Der  Gestirndienst  der  alten  Araber  (1901); 
GGG  p.  84  et  ss. ;  Die  siidarab.  Altertumer des  Wiener  Hofmuseums 
1899  p.  30  et  ss.. 

2)  A  F  II  p.  354  et  ss,. 

3)  Die  Altarabische  Mondreligion  1904.  L'auteur,  qui  connaît  quel- 
ques mots  liébreux  et  pas  un  mot  d'arabe,  n'a  fait  que  réunir  ce 
que  Hommel  et  Glaser  lui  ont  appris.  Son  ouvrage  est  habilement 
combiné,  et  la  science  en  profite.  Il  a  la  spécialité  de  ne  pa.s  citer 
ses  sources,  qui,  du  reste,'  sont  bien  connues  —  à  noup,  mais  non 
à  ceux  de  Danmark  pour  qui  il  a  écrit  son  livre! 


985 

et  la  végétation.  A  sa  première  apparition,  on  lui  adresse 

ce  s  a  g  :   «-^^cyls    tÎ^^jIj  *  ^^3u   J-Jl^  lt-^  ^  *  ^>*-'*^  Ij   -s-^i  Ij 

0  Zwwe/  o  heureuse  I  6  toi  qui  nous  reviens  toujours  avec 
la  pluie  et  le  tonnerre!  Si  le  mois  lunaire  a  été  bon,  on 

dit:  -^  j  LuJLc  jj>5  ^  X  UJLc  Jcï.o,  son   entrée  nous 

a  domié  des  biens  et  sa  sortie  nous  a  doymé  des  biens. 

-2^,  a,   être  haut,   de   façon   à  dominer  ce  qui  est  en 

bas.  Ax:^J'  vjîki  .ixio  L,  wows  allons  monter  sur  la  montagne 

où  nous  donmierons  le  pays,  Ban3'ar  et  ed-Dâhir.  C  '^-^J^ 

[JS  Lo^'  ^  ijjfi:3  ^^îj/i  (^«L,  nous  flous  arrêtâmes  sur 
la  hauteur  de  M^  Marrân  d'oil  nous  dominioyis  tout  le 
jMTjs  p.  39,  15,  16.  ^y  ^U  'j^^^  ^U  ^J^]  Lotij,  noîis 
sommes  montés  dans  le  haut  Marrân  {=  à  la  naissance 
de  AV.  Marrân)  et  noîis  étions  au-dessus  de  W.  er-Ruqb 
=r  nous  dominions  d'un  coup  d'œil.  {jpp)''^  ^  ^Li  \X^, 

la  montagne  s'élève  au-dessus  du  pays,  le  domine.  ^^î 

bii'  LoJjt  J^   .L.  >5[5    ^Ui,  la  lune  est  au-dessus  de  toute 

la  terre,   ^'^  =  Jj.    D'autres   exemples   p.   377   et   ss.. 

I.    el-Mogûwir   dit,    en    parlant  du   Mt  Milhân:  ^]-4  ^^3 

Jl^'4)  ^  x^  U   Socin  Diwan  I  N°  48  v.  4: 
[U]  t ô  r-i  s  s a'^a  d  y  a  sitre  mûdî  éehar  bî 
Der  Vogel  des  Glûcks,  0  du  Beschûtzer  der  Mûdî 

[flog  mit  mir  in  die  Hohe. 
Ibidem  N°  61,  v.  6: 


1)  Ne  pas  ronfomlio  avor  «îon  synonyme  sôinasiolofririnp  3^  p.  rî78  et  s, 


986 

âaharte^)  ''an-ezzahdah  wuhî  lî  wusfeh 
Ich   Un  erhaben^)  ûber  die  Emsamkeit,  da  mir  die 

[Welt  offen  steht. 

o-i^  fut   ici  paraphrasé  par  ^Jo.  La  note  de  Wetz- 

stein  à  cet  endroit  est  très  exacte:  „^!,  Jtoch  erheben, 
raan    sagt  ^UJI  Js^,   der  sich  hoch  erliehende  Berg." 

Cela  coïncide  avec  les  exemples  que  je  viens  de  donner 
des  dialectes  méridionaux. 

^]  =.  ^ .    xt.iAJ!    vjîkS   ^^^;iva    j^t^!   -a2j!,  je  vois  des 

personnes  qui  se  trouvent  en  haut  de  la  maisonnette. 
Bêta  mishir  fin-nezlât,  sa  tente  s'élève  [au-dessus 
des  autres]  dans  les  campements,  Hartmann  L  L  W  p.  118 
Str.   13,   oîi  la  G  0  le  traduit  par:  gross,  hervorstehend. 

j^,  lever,  dresser  en  haut.  Le  vers  36  de  la  qasîdah 
d'Abu  Hamzah  du  Diwan  de  Socin  N°  69  est  ainsi  conçu 
dans  la  dictée  qu'on  m'en  a  faite: 

Je  Zez;a2  ^a  <e7e  de  la  lance,  ensuite  je  la  plantai  dans 
fia  pouliche  alezane  cl  la  queue  écourtée. 


1)  Le  mMre  en  désordre.  »A^j    n'est  pas  »Scliniach." 

2)  La  traduction  de  Wetzstein  est  bonne.  Le  i_»o»  ^}^  c^i^î 
suivant  implique  la  niêrae  idée  que  Or^. 

3)  Socin  :  viiOAxs,  ce  qui  est  moins  bon. 

4)  Socin:  tuni  markezteh,  ce  qui  vaut  mieux. 

5)  Socin  :  iJ^  jjii!  ,  çcL  j.,  dann  sliess  ich  sic  don,  der  —  rill, 
in  die  Drusl.  Cela  n'y  est  pas,  et  ce  qui  suit  montre  que  ma  leçon 
est  meilleure. 


987 

^  est  ici  l'intensif  comme  le  ^  classique,  qui  s'em- 
ploie dans   le  même  sens,  v.  p.  379  et  L  A  VI  p.  102, 

10  et  ss.,  Gâhiz  Tria  Opuscula  p.  51,  i7.  Abu  el-^Abbâs 
es-SafFâh  et-Tarlibî  dit  êu'arâ'  en-Naar.  I  p.  186: 

Et  le  matin  ils  (les  v^L^)  tornbèrent  sur  les  G.  et  les 

[L.  avec  les  sabres  qui  étaient  levés  (contre  eux). 

Dégainer^  des  dictionnaires,  n'est  pas  tout,  voilà  pour- 

(^uoi  L  A  dit  :  x«,3  «Lcoit  «r^3  ^^  (_«'  sxkm  ...^li  _^, 
mais  ici  le  second  n'est  que  l'intensif  du  premier.  Au 
figuré  faire  cotmaître:  yesahhiru  Iqâtil,  de7i  Môrder 
ans  Liclit  zu  bringen,  Rôssler  M  S  0  S  I  p.  90,  c  d'en 
bas.  ^U^  ^U;^   offentlick,  RO  §231,  Le  thème  yi  paraît 

signifier  être  haut.  Le  dialecte  "^omânite  a  .yi,  hauteur ^ 
RO  §  162;  ys\>Jt  ^î^,  Hochgang  des  Meeres,  ibid.  §415; 

jj^,  haut,  ibid.  §  99,  voyez  ici  p.  463.  En  Syrie,  Jyh 
est  montagne  à  pic,  le  haut  d'un  mur,  parapet  d'un  en- 
clos ;  le  syriaque  \i,2.^  ^^,  Rasîd  "Atîyah,  ed-dalîl,  etc. 
p.  192.  j^  serait  donc  comme  b  et  ^^,  .L  Qt  ^',  ijJù 
et  (jii^,  o'o  et  vjui,  JLw  et  ^^^^  demander,  J)Q\xiié  T  0 

p.  48,  Stumme  T.  Gr.  Gl.  s.  v. ,  j.u  et  ^etj*^,  Muzhir 

11  p.  225,  etc.;  nous  avons  de  même  [3  =  in:,  luire, 
d'oîi  ^^j,  jour,  propr.  lumière.  Le  môme  thème  a  encore 
donné  c^i,  ^J^io  et  ^yi,  v.  E[dr  Gloss.  et  ici  Gloss.  s.  v. 
^yi.  Cf.  ici  p.  463  sur  .Li'  et  pî.,  pouvoir,  propr.  être 
d  la  hauteur  de.  L'assyr.  sarâru,  briller,  se  lever  en 
rayonnant  (les  étoiles)  (éarûru,  splendeur)  est  le  syno- 
nyme do  bar  dru,  et  sarùru  est=:barîru  ou  barii- 


988 

rîtu,  lever  rayonnant  des  étoiles,  Del.  H  W  B  s.  v.. ')  Or, 
comme  ^,  briller, peut  être  un  développement  de  bar â ru, 
briller,  birbirru,  éclat,  Del.  HWB  p.  182a,  id.  Gr. 
p.  156,  ^  peut  aussi  l'être  de  sarâru^).  L'idée  pri- 
mordiale de  8  ara  ru  peut  être  être  haut,  car  la  planète 
ne  brille  que  lorsqu'elle  s'est  levée.  Sarru,  roi,  et  sar- 
rùtu,  royauté,  seraient  donc  comme  notre  altesse,  l'ori- 
gine de  czar.  Mais  ^  peut  aussi  être  parent  de  '^j,  et 
mon  raisonnement  est  alors  gratuit.  L'étymologie  de 
Glaser,  mentionné  ici  p.  379/80,  est  inspirée  par  l'exis- 
tence de  quelques  substantifs  de  la  racine  iriD  où  est 
renfermée  l'idée  de  rondeur.  Mais  ces  significations  ne 
sont  que  la  comparaison  avec  la  lune,  qui  est  ronde, 
inp,  enclos,  parc,  Lévy  W  B  III  p.  485,  a  la  forme  d'une 
J^^rç,  lune.  La  même  adaptation  sémasiologique  se  constate 
pour  quelques  mots  formés  de  ^.  Aussi  bien  Ges.-Buhl 
que  Levy  donnent  au  verbe  "lûD  le  sens  primordial  de  um- 
ringen,  umkreisen.  Cela  doit  être  par  déduction,  car  rien 
ne  nous  autorise  à  l'admettre.  L'identification  avec  iriT 
^,^j,  briller,  est  tout  aussi  problématique.  Elle  n'est  pas 
impossible,  mais  pas  encore  prouvée,  et  je  ne  connais 
point  de  verbe  iûd,  umringen,  umkreisen.  Si  "iriD  est  = 

inï',  ce  qui  n'est  pas  absolument  liors  de  doute,  il  faut 
lui  assigner  un  autre  sens  primaire.  L'arabe  ^  étant 
ici  très  clair,  je  crois  que  c'est  là  qu'il  faut  chercher 
l'origine  sémasiologique  de  T£. 

ji,  i,   ne   se   dit  que  de  la  lune,  lorsqu'elle  se  montre. 


1)  L^_^^   ^^  JJJ!  J^]   LA  V,  p.  148, 

2)  Cf.    .^^i-CC,  éclat,  sploidcur. 


989 

Il  m'était  toujours  expliqué  par  -^  ou  tlb,  souvent 
aussi  par   ^.  A   la  p.   377,  j'ai   rapporté   un   vers  où 

figure  la  phrase:  ^  ^  (^^  \^  ni  lune  n'est  sortie. 
Sâ^at  ma  yebirr  es-sâmir  bâ"  lisâfir,  lorsque  le 
clair  de   lune  sortira  {paraîtra),  nous  allons  partir.  El- 

qamar  bar  (=  X)  "alad-dunya,  le  clair  de  lune  est 
répandu  sur  la  terre.  Le  mehri  .L,  o,  voyager  la  nuit, 
Jahn  M  S  p.  171  '),  =.  l'arabe  (^^,  est  bien  de  cette 
provenance.  Comme  on  prétendait  que  c'est  le  contraire 
de  ^\J^y  a  et  i,  il  faut  y  voir  le  sens  de  sortir  à  la  lu- 
7nière,  paraître.  Je  ne  suis  point  sûr  que  ce  sens  soit 
conservé  dans   le   dialectal   hadarî   du  Nord  et  d'ailleurs 

l_j  et  J.I  j,  dehors  (v.   Belot  s.  v.),   car  cela   peut  aussi 

être   ly,  contraire  de   !y5^,  d'autant  plus  que,   dans  le 

Sud,  cela  se  dit  bl^J!  S  =  mehri  babarr.  On  est  tenté 

de  comparer  j  à  l'assyr.  baràru,  briller,  luire.  Barîru 
est  le  lever  rayonnant  des  étoiles  Del.  o.  1..  L'éthiop.  flCii, 
lucere,   amar.   fl^,  esser  chiaro,  risplendere  (Guidi  Voc. 

s.  V.),    Jj,  briller.  Ce  verbe   arabe   s'emploie  en  parlant 

des  planètes  et  des  étoiles:  -*&!!  ^  et  ;j*...*./iiJ!  o^iu,  LA 

V  p.  148,  10,  18,  correspondant  à  notre  ^j^'y  [^J'.^4^'  oy 

ne  se  dit   pas],  et  ^L  ^1,  LA,   V  p.  148,  13,  XVIII 

p.   236,   3,   à  notre  "jj  ^^'.  Dans  les  pays  à  l'est  du 

Yéman,  -^  est  seulement  clair  de  lune  =z  Dt  yL^  ou  yi'j", 

et  'Oman   iù^^,   Rôssler   M  S  OS   I  p.   61,  11.  A  Lahig, 


1)  Où  il  faut  ajouter  18,  '»;  53,  ^  ;  95,  '^  '8,  '«  et  passiin. 


990 
j'ai    entendu    li^coU^    _*jjj^    ^'  -j^.  U  'xcL^,  lorsque   la 

lune  sortira  et  brillera ,  nous  allons  charger  et  partir 
où  -«jjj  fut  paraphrasé  par  jjb,  mais  j'avoue  ne  pas  en 
être  sûr.  Toutes  les  significations  des  dérivés  du  thème 
'^i  découlent  de  ^,  lune.')  Glaser  cite  0  L  Z  1906  pp.  316 
et    388    un    verbe   j*i,  griinweisslich    oder  gelbioeisslich 

schimmem,  mais  cela  ne  se  trouve  pas  dans  mes  dic- 
tionnaires, ^(/n/,,  rohmdare,  orbiculare,  est  aussi  un 
dénominatif.  A  propos  de  l'éthiopien,  oli  «f»m><i  signifie 
aussi  cainerare,  fornicare^  voûter.,  ^ao^,  caméra,  fornix, 
il  y  a  une  coïncidence  extraordinaire.  On  faisait  l'amour 
dans   un  fornix  ou  caméra  fornicata,  chambre  voûtée,  et 

de  là  le  verbe  fornicari,  forniquer.  Or,  en  arabe,  ,*<iJ 
veut  aussi  dire  coïter,  LA  VI  p.  427,  7  dans  un  vers 
d'el-A'sâ.  On  a  vu  que  ,.^  z=  ^  est  pénis.  C'est  la  forme 
de  la  lune  qui  a  donné  naissance  à  ces  sens  secondaires^). 


1)  Aiioir  une  lune  sur  la  lèlc,  lorsqu'on  est  clim<ve,  est  une 
métaphore  qui  se  trouve  dans  toutes  les  langues  européennes,  de 
mt'ime  qu'en  grec,  a-e^viviov,  et  en  arabe:  Abu  en-Nagin  a  dit,  ici 
p.  753  :  Si  ma  tête  devient  grisonnante  de  quelques  touffes  de  che- 
veux, comme  si  quelqu'un  qui  tire  par  les  cheveux  les  eût  détachés 
d'un  vertex  qui  est  comme  la  lune  luisante,  Haffner  AL  p.  173 
en  bas.  Nil  novi  sub  sole! 

2)  Je  ne  vois  pas  pourquoi  Kcti^iifix,  voûte,  chatnbre  voûtée,  et  caméra 

ne  pourraient  pas  venir  de  la  forme  de  la  lune  '^^^^^^,  j«J,  cf  Lewy 
p.  157.  Les  Grecs  et  les  Romains  ont  tant  emprunté  à  l'Orient,  d'où 
est  venu  le  mot  avec  la  chose,  exactement  comme  nous  avons  ac- 
cepté dans  nos  langues  des  mots  grecs  et  romains,  en  int'me  temps 
que  les  choses  qu'ils  désignaient;  p.  e.  caméra,  chambre,  Kammer. 
Les  qasr  que  Musil  a  découverts  dans  le  désert  à  l'Est  de  Ma  an, 
sont  des  i\V^/,  en  l'orme  de  qamar  ou  plutôt  de  demi-qamar, 
dont   la  ^.j\   mésopotaniienne  est  le  prototype:  f^.- 


991 

Les  différents  sens  de  ^  sont  donnés  dans  le  Gloss.  de 
Hdr.  Je  veux  seulement  rappeler  ici  un  sens  qui  doit 
probablement  se  rapporter  à  ^,  c'est  y^sùjJ,  être  jaloux. 

L^  j.  ^ô  y*sù\  ^J^  ^  M^  ^^  L^3j  J^  ^y4JJX^',  elle 
est  jalouse  de  son  mari  contre  la  femme  d'un  tel,  à  cause 
de  la  jalousie  qui  est  dans  son  cœur.  çcr*i,  jaloux,  fém. 
's^.yii.  On  comparera  ae^t^viâ^o.uxi,  être  lunatique,  TsXvjvéf^x^Toç, 

lunatique,  frappé  par  la  lune,  et  lunaticus,  lunatique.  Il 
n'est  pas  étonnant  que  la  hine  soit  le  point  de  départ 
de    toutes   espèces   de   conceptions    et   de   locutions,  car 

[Yoiisouf  était  plus  beau  que  les  hommes]  y^\  ^^JLà  U/ 

^\^\  ^  .lXaJI  kLJ  comme  la  lune,  le  soir  de  la  pléni- 
tude, a  la  préférence  sur  les  étoiles,  Tab.  I  p.  1158,  o, 
surtout  dans  des  milieux  où  elle  était  le  dieu  suprême 
dans  l'antiquité.  Nous  avons  vu  que  ^Lw  est  clair  de  lune, 

synonyme  de  ^  et  de  y^i.  C'est  un  icJL£  xsjo,  Muzhir 

I  p.  159.  Bâ  liTab  es-samrah  ''ala  es-sâmir,  7iou8 
allons  danser  la  samrah  au  clair  de  lune.  Le  contraire 

de  -«Lw  est  ^:   ^  iJLJ,  une  nuit  sans  clair  de  lune,  et 

se  dit  même  lorsque  la  lune  est  cachée  par  des  nuages. 
Un  verbe  jç*,,  luire,  ne  m'est  pas  connu  dans  notre  dia- 
lecte, mais  nous  le  trouvons  dans  celui  des  Bédouins  de 
Tripoli.  Stumme  T  B  L  v.  230  porte: 

y  a   nâre  gelbi,    sa  mer   ù   liarrùg 

ô  feu  de  mon  cœur!  [Tu  es]  flambant  et  brûlant. 

Dans  le   Glossaire,   le   savant   confrère   de  Leipzig  dit 

que  le  verbe  s'emploie  pour  le  feu  de  branchage  (Reisig- 

feuer),   =  notre  v^/,  qui,  par  les  mêmes  Bédouins,  est 


992 

appelé    ^^-eU-,  Stiimme   o.  1.  Gloss.  s.  v..  Beaussier  a  ysLw 

pi.  y«l^^,  feu   dans  luie  chamhi'e  ou   en  dehors^  hacher^ 

et  Dozy,  d'après  Cherb.,  y«U,  tisons.  Stumme,  o  et  1. 1., 

compare  y*^,  Acacia  etbaïca,  probablement  parce  qu'on 
s'en   sert  comme  combustible.   Mais  comment  expliquer 

alors  le  verbe  ^.v,  flamber?  Tout  arabisant  sait  que  y^ 
veut  dire  s'entretenir  en  causant  le  soir.  C'est  là  un  em- 
ploi chez  tous  les  Bédouins  et  non  Bédouins  de  la  Pé- 
ninsule et  hors  de  la  Péninsule.  Dans  le  Sud,  -f.w,  o,  et 

^j4-w.j  sont  synonymes,  ^.♦-w,  causerie  du  soir,  comme  dans 
ce  vers  de  la  longue  qasîdah  de  Ma'gar  el-'Aulaqî: 

S'il  a  été  écrit  (destiné)  que  nous  nous  rever- 

frons  encore, 
Nous  pincerons  le  luth  et  nous  nous  entretien- 
drons en  causant  le  soir. 

Ou  l'infinitif  ^,  T  A  III  p.  277,  23,  comme  dans  ce 
vers  d'un  poète  d'Ahwar,  la  suite  de  celui  cité  Hdr 
Gloss.  s.  v.  yj  : 

Je  ne  suis  pas  en  veine:  ma  veine  s'est  perdue. 
Les  bons  conseils  se  sont  perdus*)  et  les  réunions 

[du  soir  se  sont  dissoutes. 
Voyez    L  A    VI  p.   42,  2  d'en   bas  =  Boh.   V  p.  92. 


•1)  On  ne  sali  plus  quoi  faire.  Sur  yoj    voyez  le  Glossaire. 


993 

s  ♦.!  .}J-\  Tab.   I   p.    1376,  9.   Sur  les  ^Cj*^  ou  oIj^^I-m,, 

on  lira  Hartmann  L  L  W  p.  242.  Mais  cette  signification 
ne  saurait  être   primordiale.    LA   VI  p.  43,  ^  d'en  bas, 

dit:  kjS  j^yiiA^  !^'^  iù>5  -t£\  ^yo  ^J  j«-vJ!  S^^»,,  sa- 
mar  signifie  originaiî'ement  la  couleur  de  la  lumière  de 
la  lune,  parce  qu'ils  avaient  l'habitude  de  causer  ensemble 
alors.  T  A  III  p.  277,  ai  copie  cette  définition  de  L  A, 
mais  il   n'a  pas  ^*^ ,  seulement  ^!  ^yo,  qui  se  trouve 

aussi  chez  Lane  s.  v..   Cette  étymologie,  tirée  de  j^, 

être  brun  clair  (pas  foncé),  rappelle  le  nom  du  café^^yé^^ 
des  Bédouins  de  Syrie.  Elle  prouve  au  moins  qu'on  soup- 
çonnait que  ,**«,  passer  la  soirée  à  causer,  avait  quelque 
rapport  avec  la  lune.  Si  y*  est  la  couleur  de  la  lune, 
ou  même  la  clarté  de  la  hme,  il  est  plus  naturel  de  sup- 
poser que  y^  est  originairement  avoir  la  coideur  de  la 

hme.  Pour  nous,  elle  n'est  pas  précisément  brun  clair, 
mais  les  Arabes  anciens  et  modernes  n'avaient  pas,  et 
n'ont  pas,  les  mêmes  idées  que  nous  sur  les  couleurs 
V.  Hdr  Gloss.  s.  v.  y:^^.!  et  oy..  y*^  n'est  donc  pas 
'»Ju3,    mais   la   conversation   le    soir  faite  sans  clair  de 

lune.  C'est  ainsi  que  ^^  et  .ZwJj"  sont  encore  causer  le 
soir,  qu'il  fasse,  ou  non,  le  clair  de  lune.  De  ce  sens, 
qui  ne  s'est  conservé  qu'en  arabe,  classique  et  dialectal, 
le  verbe  a,  dès  une  haute  antiquité,  pris  le  sens  de  veiller, 
garder  en  général.  L'hébreu  "lO'»:',  garder,  et  l'assyr. 
si  mi  ru,  KB  V  p.  31  et  Gloss.  s.  v.,^hébr.  IQ'^,  gar- 
dien, d'où  Jo^J!  .Lflx,  Lane  s.  v.,  Vollers  Z  A  IX  p.  200. 
P.   de  Lagarde,   Bildung  der   Nomina  p.    105,   dit:  ,,^-« 


994 

kann  nur  '^^'t  sein,  woher  N^P'»?'^  (plus  exactement  Nnv^i'f^, 
Ges.Buhl   HWB   p.   64)   Nachtioachc :   dann  ist  freilich 

y^  Denominativ."  Dénominatif,  non,  mais  transition  séma- 
siologique,  oui.  L'hébreu  a  suivi  une  route,  l'arabe,  une 
autre.  Mez,  0  S  Festschrift  de  Nôldeke  I  p.  250,  avance 

une  étymologie  encore  plus  étrange:  „^j.*:cwl  selbst  ist  schon 
in  der  s.  g.  ursemitische  Zeit  die  Mutter  von  _{■*,  sitzen 
bleihen  '),  die  Nadit  hindurch  sich  unterlialten." 

Vu   l'existence  de  ^ixcj!  ysL-,  le  clair  de  lune,  Véclat 

de  la  lune  dans  les  dialectes  du  Sud^),  il  faut  chercher 
si  ^4-w  n'a  pas  signifié  oiùginaireraent  briller  ou  quelque 
chose  d'analogue.  Une  telle  signification  ne  découle  pas 
nécessairement  do  >!L«,  car  celui-ci  peut  avoir,  ainsi  quo 

yoj ,  le  même  point  de  départ  que  les  adjectifs  et  parti- 
cipes provenant  des  verbes  en  question.  Nous  savons  que 
parmi  les  noms  minéo-sabéens,  il  y  en  a  qui  contiennent 
deux  éléments:  Gott-\-\\n  verbe  qui  signifie  briller^  ou 
vice  versa  :  Y  a  s  r  a  h-i  1  u,  brille-dieu  =  Dieu  brille,  ou  i  1  u- 
éariha,  ilu-yapi^a,  ilu-ma-nabata,  iludaraha, 
Hommel  AI  Q  p.  81. 


1)  Cette  signification  de   .^*    ne  figure  point  <lans  les  ilictionnaii-es. 

2)  Dans   les    pays    du    coin    sud-est   de    la    Péninsule,   on    a  {j^^p 

i,  s^entretcnir  le  soir,  RO  p.  315,  ",  ou  ^J'*^^,  faire  passer  In  soirée, 

ibi.l.  j.  '245,  '^  d'en  bas;  iL^j,  soirée,  ibid.  p.  281,  »,  ZDMG  49 
p.  515,  où  Vollers  ne  veut  pas  le  considérer  comme  une  métatlièse  de 
jf*.,  mais  comme  un  araméisme.  Brockelmann,  VGSS  p.  272,  est 
de  l'avis  do  Reinbardt  et  veut  que  l'arani.  ramsâ,  soir,  soit  déjà 
une  raétathèse  de   ,,-.«.    Mebri,  semôr. 


995 

I.  Doreyd  [+321]  E  W  p.  50  et  ez-Zamahéarî  [-j-  538] 
A.  el-B.  rapportent  cette  muêâwazahi^l^^-vJi  *uù1  "^5 

Ahmed  I.  Fâris  [+  395],  dans  son  ajib^î^  é'^'^'  v^j 
publié  par  Briinnow  dans  le  Pestschrift  de  Nôldeke  I,  p.  233  : 
^t^  '^^^]  ^Jl1j^^\  L«  idiiî  "^5  El-Gauharî  [+397/8]: 
ytsù)*)  _(vJ!  iJjc!  ^;L  A  [+  711]  a  la  même  tournure  qu'el- 
(jrauharî,  selon  T  A  sur  la  foi  d'el-Farrâ'  [+  207],  et  il 
l'explique   par  je   ne   le  ferai  pas  tant   que  la  lune  se 

lève  et  qu'elle  ne  se  lève  pas,  parce  qu'il  veut  que  j*^ 
soit  nuit  sans  lune.  Pour  moi,  en  cela  d'accord  avec  (jau- 
harî,  cette  locution  signifie  :  je  ne  le  ferai  pas,  tant  qu'il 
y  a  es-samar  et  el-qamar,  soit  l'entretien  au  clair  de 
lune,  à  moins  que  ^  ne  soit  ici,  comme  le  veut  I.  Paris, 
une  vraie  «j^L^",  et  les  deux  mots  sont  par  conséquent 
identiques,  l'un  synonyme  de  l'autre.  C'est  là  la  nature 
de  la  «j^L^.  El-]\Iufaddal  b.  Salamah  -|-  308,  dans  son 
y^^î  iuLi:  Cstpl  1301  (Hams  rasâil)  p.  248,  et  L  A  en- 
registrent le  serment  ^[5  ^-wJL.  oJi>,  ce  qui,  d'après  el- 
Asma'î,  serait  à  traduire  par  :  il  jura  par  l'obscurité  de 
la  lune.  Il  est  évident  qu'on  ne  jurait  pas  par  l'obscurité 
et  qu'il  faut  traduire  :  par  le  clair  de  lu7ie,  l'entretien  au 
clair  de  la  lune  et  par  la  lune.  Ce  serment  correspond 
au  ^Uil  ytJ^\  de  notre  texte.  Ce  sens  postérieur  de  ^^ 
doit  bien  y  être,  car  un  serment  analogue  est  Le  \JL«î  L 
jA^^t  ^,  Ce  n'est  pas  que  y^  ait  signifié  xJLi»,  mais 
l'explication    d'el-Açma^î   nous   donne   ici  la  clef;  jLo":^'^ 

Les  inscriptions  d'eç  Safû  nous  donnent  JLf«,  Dussaud, 


996 

Voyage  archéologique  N°  28,  et  ^^-^  ^  *L,  N°  229'), 
où  .fw  signifie  probablement  briller.  Dussaud  le  traduit 
N°  28  par:  Je  dieu  El  veille",  et  N°  229,  il  le  rapproche 
de  „y<>lA«,   qui  cause  (la  nuit),  qui  veille."  Mais  en  arabe 

classique  et  dialectal  de  l'Arabie,  ^*  ne  veut  pExS  dire 
veiller"),  ni  dans  le  sens  de  7ie  pas  dormir,  ni  dans  celui 
de  surveiller  "ic'^',  car  .^-w  est  veiller  en  causant.  On  peut 
même  être    ^L«   à  partir  du  coucher  du  soleil,  lorsqu'il 

n'est  pas  encore  question  d'aller  se  coucher.  Cela  n'exclut 

pas  que  Z^  ait  pu  avoir  dans  ces  milieux  arabes  le  sens 

de  veiller  =  surveiller,  comme   en   hébreu.  ^  et  yc'i-w, 

pi.  .Ûa«,  I.  Batûtah  III  p.  111  et  148  (Dozy),  monter  la 
garde  la  nuit,  et  qui  monte  la  garde  la  nuit,  ne  le  prou- 
vent cependant  nullement.  Les  voyageurs  en  Orient  savent 

bien  que  les  ^û*.  ne  font  la  garde  qu'en  causant.  Les 
ancêtres  des  graveurs  des  inscriptions  de  Safâ  étaient 
probablement  du  Sud  de  l'Arabie,  à  en  juger  par  les  mots 
sudarabiques  et  l'allure  générale  que  j'y  trouve. 

Le  verbe  pour  veiller,  ne  vouloir  ou  ne  pouvoir  dormir, 
est  en  arabe  classique  et  dialectal,  dans  toute  la  Pénin- 


1)  Ce  j»uA«  est  sans  doute  le  même  nom  que  f"*^,  N°  200  et  230, 
affaiblissement  nabatéen  ou  sudarabique  du  c. 

2)  Comme  dans  les  dictionnaires  de  Kazimirski,  de  Belot,  de  Dozy 
et  de  Ges.-Huhl  p.  774.  Lorsqu'on  cause  la  nuit,  on  w(7/c,  c'est  clair, 
mais  si   Ton    veille   sans   causer,   ni  danseï",  on  n'est  pas  j^Lw.  L  A 

définit  bien  ^'*    par    *>J    ,^-,    il  ne  dort  pas,  et  le  reste  de  l'ailicle 

est  assez  explicite.   Dans  le  Sud,  b^jw    est  la  dausc  qui,  en  Haun'in, 

est  appoK'e  Lv^.;>ww.    On  ne  la  danse  que  le  soir,  d'cn'i  le  nom. 


997 

suie,    r^O»  ^''^^c  ou  sans  causerie.  C'est  le  talmoudique 

nn'i'  et  l'aram.  iiov^,  veiller').  Il  faut  examiner  s'il  n'y 
a  pas  originairement  la  même  idée  que  dans  ^w,  un  rap- 
port avec  la  lune.  ^  peut  appartenir  au  vieux  fonds 
sémitique,  tandis  que  ^  est  le  vrai  équivalent  arabe. 
Si  ^,  veiller,  provient,  comme  sens  secondaire,  dein'v:^, 

on   trouve  la   même  transition   sémasiologique  dans  j*î 

que   LA   VI,   p.    427,  ii  et  s.,  explique  par  .♦iiJi  ^  vjî.t 

f^  Jb.   Je  me  demande  même  si  3j  n'est  pas  né  dans 

le  môme  ordre  d'idées,  de  arhu  assyr.,  DT  hébr.,  phén. 
et  vieil  aram.,  -,^,  sab.,  etc.,  In7ie?  En  arabe,  ^  et  ^ 
permutent  souvent,  mais  je  ne  sais  si  cette  permutation 
peut  aussi  se  produire  lorsqu'un  mot  passe  d'une  autre 
langue  sémitique  en  arabe.  D'après  les  exemples  que 
j'ai  réunis,  je  croirais  que  oui''). 

On  pourra  ici  faire  cette  objection  que,  si  1â  et  in"^, 
nimD  sont  identiques,  et  ils  le  sont,  les  derniers  doivent 
aussi  avoir  l'étymologie  que  j'ai  risquée  pour  le  premier. 
Voire  même,  ^,  in'i'  et  ^^i^ ,  veiller,  doivent  alors  pro 


1)  Et  sa  variation  phonétique  classique  lA^  =z  \Jé.\  I.  Qot.  p.  137,  '•. 

2)  sXitS-    Jyc    "i]    ^LLj    %    xjlJ0c"^5I    (j^    ^jj,,*o    i-^x^î    ^li'^, 

et   le  vieillard,   attentif   à   ses  bagages,  veillait  la  nuit  et  ne  dor- 
mait que  sur  son  chameau,  v.  der  Lith,  Merveilles  de  l'Inde,  p.  79. 

3)  Hommel  veut  même  que  l'égyptien  y  3  h  w,  lumière,  celai,  et 
yjhw-t,  monde  de  la  lumière,  Jiorizon,  ayant  l'idéogramme  rO-|. 
soient  identiques  à  ni"'  —^3.  P^n"  le  passage  assez  fréquent  de  r  en 
j  .  Dans    l'égypt.    archaïque,    \\  D  0  "^^^  {'-^^)  ^^^^  selon  Ernian, 

=  rrr*,  et  Ilommcl  est  porté  à  y  voir  le  h;il)\  Ionien  agfi. 


998 

venir  de  la  même  source.  Je  réponds  ceci:  du  moment 
que  les  premiers  signifient  lune^  il  est  bien  évident  que 

'j^  doit  se  rapporter,  de  quelque  façon  que  ce  soit,  à  la 

lune.  Ce  sens  primaire  se  serait  alors  conservé  en  arabe, 
qui  connaît  aussi  le  sens  secondaire  de  veiller^  seul  dérivé 
du  .^  _  "intt',  commun  dans  les  autres  langues.  Je  ne 
fais  que  constater  ce  que  tout  le  monde  peut  contrôler. 
Mais  la  sémantique  est  une  science  que  les  orientalistes 
ont  grandement  délaissée  jusqu'à  présent. 

.y>L*v  figure  chez  I.  Sîdah,  IX  p.  27  en  bas,  qui  dit; 

:  lA-j.O    Q_jt    . ,  <r^    \Avvâi     .—♦iiit    .tj^\.M^l\  :  'iJi*S.::>  _^l    .  ^ïî^J! 

^jo^  !J>!  ^1  Kfh  ^^  ^5L>Jt  ^.^LJij  y:**^^  '  Umayyalî  b. 
Abî  es-Salt  se  sert  de  ce  mot,  I.  Qot.  p.  280,  Su^arâ' 
en-Nasr.  I  p.  219,  s:  J^*ju^  y^,  ^^Lwj  ys,  qu'on  a  ex- 
pliqué par  ^1  o"ii,  l'enveloppe  de  la  lune  \  lorsqu'elle 

est  éclipsée,  d'après  l'idée  qu'on  y  attachait,  comme  dans 
le  texte  d'I.  Sldah.  C'est  aussi  le  halo  de  la  lune,  et 
LA  VI  p.  51  en  haut  dit  que  ce  mot,  aussi  bien  que 
^ ,  désigne  la  lune  même  :  ytsù\  ^jJ6  S^^»,  .yJ^LvJI^. 
„Les  deux  sont  syriaques,"  ajoute-t-il.  Cela  est  vrai  aussi. 
.  iritt'  est  le  dieu  lunaire  dans  les  inscriptions  de  Nêrab, 
ici  p.  965. 

Les  anciens  Arabes  avaient  peu  de  lumière  de  lampe, 
et  Boh.   I  p.  105  (ny!  JJL^  ^^\  ^L)  nous  fait  savoir 

1)   Aussi  3^Lw. 


999 

que  les  masâbîh  étaient  inusités  du  temps  du  Prophète  : 

c  "  ■  "■■    ^  ■•         -^•"      ^■•-  -'• 

I.  el-Mogâwir  dit  dans  le  chapitre  sur  Damâr.  ^-ju  ^^ 

Jot;il   !J>Î  -L2:>^  ^c*-^  o'"^"'^  iLx;^3    _2_j  (JL^!   j.    «ILu   J'ï 

ies  habitants  ne  connaissent  pas  Véclairage  à  la  lampe. 
Moh.  b.  Mans.  b.  Moli.  el-Wâsitî  m'a  raconté  qu'il  y  a 
dans  les  pays  de  Naqr  et  de  Sayfâ^  des  baguettes  qui 
s'appellent  sauhat^).  Si  le  bout  de  la  baguette  est  allumé^ 
il  prend  feu  comme  la  chandelle,  et  dans  d'autres  pays, 
il  7i'y  a  absolument  que  le  sauhat  qui  s'allume,  et  cela 
à  la  place  de  la  lampe  et  des  mèches. 

Il  paraît,  selon  Bohârî,  que  Mohammed  n'aimait  pas 
le  samar,  causerie  du  soir,  probablement  parce  qu'on 
était  dans  l'obscurité.  Mais  lorsque  la  lune  brillait,  c'était 
autre  chose;  elle  est  le  „fânûs  el-bedu",  la  lanterne 
des  Bédouins,  comme  me  la  nomma  un  ''Anazî.  Du  reste, 
il  y  avait  encore,  au  premier  temps  de  l'Islam,  des  ado- 
rateurs du  soleil  et  de  la  lune,  Boh.  I  p.  156  [B.  es- 
Suéûd].  Les  travaux  du  jour  finis,  on  se  réunissait  le 
soir  au   clair  de  lune,  et   il   n'est   pas  étonnant  que  la 

Où,      o —     Où  ^  0 — 

lune,  ^,  ^,  y^  ou  yi^,  ait  pu  donner  lieu  à  une  foule 

d'expressions.  On  ^  ou  4-wç!  en  passant  la  soirée  à  faire 
quelque  chose  ou  ne  pouvant  dormir  la  nuit:  si  nous 
avions  un   verbe  luner,  il  exprimerait  cet  ordre  d'idées. 


1)  C'est  l'arbic  qui  s'apiiollo  — j::>fc-^,    Grcwin  populifalia. 

07 


1000 

Il  y  a  encore  d'autres  points  qu'il  ne  faut  pas  perdre 
de   vue.   El-Moqaddasî  i  p.   30,    u  dit  que  Aden  a  aussi 

le  nom  de  yjf-^y  cf.  o.  1.  p.  413,  s.  Ce  voyellement  est 
confirmé  par  un  vers  de  Tab.  I  p.  1112,  9  et  s.  Il  y 
est  parlé  des  fils  de  "Adnân,  dont  le  nom  serait  l'origine 
de  celui  de  la  ville  d'Aden,  qui  lui  appartenait,  comme 
le  nom  de  son  fils  Abyan  serait  resté  encore  au  pays 
d'Abyan.   Son   fils  ""Akk  avait  émigré  à  Samrân,  situé 

dans  le  Yéman,  ^^^î  \jdJ^  ^^  o'j*^  ^'  ^-*^'  ^^^"^  o'^- 
Il  appert,  au  moins,  .de  ceci  que  ^t-*-^  était  dans  le 
Yéman.  C'était  même  le  nom  du  Yéman,  selon  J  Mar- 
quardt,  Ërânsahr  nach  der  Géographie  des  Ps  Moses  Xore- 

nac^i  p.  26.  Il  veut  que  ^.j',4-w  soit  la  vraie  forme,  ce 
qui  ne  concorde  pas  avec  celle  du  vers  de  Tabarî.  Les 
deux  sont  sans  doute  bonnes;  voyez  ici  p.  992  et  s..  Parmi 
les  rois  auxquels  Ardasîr  conféra  le  titre  de  Sa  h  figure 
Samrân  S  a  h,  I.  Hordâdbeh  p.  17,  selon  la  correction 
absolument  sûre  de  Marquardt.  Il  paraît  donc  indiscu- 
table que  Q^-w  était  ou  le  nom  du  Yéman,  ou  un  appe- 
latif  idéal  appliqué  à  ce  pays.  Je  crois  qu'il  faut  y  voir 
-fvJî,  la  lune.  Les  preuves  manquent  certainement  pour 
une  telle  signification,  mais  sachant  que  le  Yéman  avait 
le  culte  de  la  lune,  et  en  égard  aux  significations  de  .,-*, 
flamber,  et  jj-ciJ!  jÀ^,  clair  de  lune,  qui  ne  peuvent  pro- 
venir de  -cw,  causer  le  soir,  on  est  en  droit  de  se  deman- 
der si  ^'_,-w  ne  renferme  pas  un  nom  se  rapportant  à 
la  lune.  On  comparera  les  formations  analogues  citées 
ici  p.  294.  Or,  ne  faut-il  pas  reconnaître  dans  le  nom 
de  Sa  m  aria  pp'^  précisément  notre  ^^y -j-- ?  Je  sais  bien 
que  Winckler,  A  0  F  II,  p.  511  et  K  A  T  p.  28,  y  voit  „la 


1001 

vieille  désinence  babylonienne  du  pluriel  â  n  i  avec  la 
prononciation  obscurcie  chananéenne  comme  Sidôn,  As- 
qelôn,  etc.",  et  la  forme  assyrienne  Samerînasemble 
militer  en  faveur  de  cette  opinion.  Ce  serait  donc  comme 
oy».-02>  =  o'-«yi2^,  oLAAjjJt,  o'-«U:Jî,  ici  p.  332.  Mais  il 
y  a,  dans  ces  contrées  du  Nord,  un  grand  nombre  de  n. 
loc.  en  an,  en  et  on  qui  certainement  ne  sont  pas  des 
pluriels,  mais  le  déterminatif  minéo-sabéen.  Les  Sabéens 
parlaient  bien  le  sabéen  lorsqu'ils  étaient  encore  domi- 
ciliés dans  le  Nord,  avant  d'émigrer  vers  le  Sud,  et  la 
culture  des  Minéens,  avant  eux,  a  sans  doute  rayonné 
sur  les  contrées  au  Nord  d'el-'Ola  actuel.  Il  ne  me  paraît 
pas  nécessaire  que  l'assyr.  Samerîna  soit  l'équivalent 
exact  de  Somrôn,  car  ce  pluriel  peut  être  une  manière 
toute  assyrienne  de  désigner  ce  pays,   comme  o>^-*i2^. 

Si  c'est  un  pluriel,  je  ne  m'explique  pas  l'ethnique  "^iip'^. 
Mais  l'on  pourra  dire  de  même  si  ô  n  représente  le  déter- 
minatif minéo-sabéen.  Les  Arabes  l'ont  rejeté,  et  ils  disent 

^s:yîLw,  un  Samaritain^  Qor.  XX,  v.  87  et  90. 

Je  ne  puis  finir  cette  discussion  „lunatique",  sans  ap- 
peler l'attention  de  mes  confrères  sur  l'histoire  du  Châ- 
teau d'el-Hawarnaq.  Le  roi  d'el-Hîrah,  en-No^^mân,  se') 
le  fit  construire   par  l'architecte  Sinimmâr^).   Cela  a 


1)  Selon  quelques-uns,  pour  Bahrâra,  fils  de  Tazdagerd,  mais 
Nôldeke,  Geschichte  der  Perser  etc.  p.  79  note  3,  dit  avec  raison 
que  »cela  est  une  supposition  postérieure." 

2)  Belâdorî  p.  287;  I.  IJord.  p.  287;  Jab.  I  p.  851;  KA  II  p.  38; 
ôauharî  s.  v.  ;  LA  VI,  p.  49  ;  Yâqût  II  p.  49i  ;  (lawâlîqî  el-Mo'^arrab 
p.  87  et  s.;  Hafâ^î,  Sifô'  p.  121;  Meydânî  Proverbes  Freytag  I 
p.  279;  lA  Kâmil  I  p.  287;  Noldeke  o.  1.  p.  78  et  ss.;  Meissner, 
Von  Babylon  nacli  den  Riiinen  von  Ilîra  und  Ilaimrnaq  p.  19; 
Rotlistein  Die  Dynastie  der  Lahmiden  p.  12  et  ss.. 


1002 

été  entouré  d'une  légende  où  nous  voyons  percer  la  cosmo- 
mythologie des  anciens  Sémites.  Sinimmâr  est  sans  doute 
Sinnammâru,  la  lune  luisante^  KAT  p. -362,  dena- 
mriru,  luire,  parent  de  l'arabe   .y^  car  m  i=  w,  doncn: 

S^.   Dans   un   hymne  à  Sin,  celui-ci  reçoit  l'épithète  de 

Munammir  =  .y-o,  Hymnen   und   Gebete  an  Sin  von 

Guthrie  Perrey  p.  12.  On  pourra  aussi  penser  à  Sin- 
Nannar').  Les  60  ans')  qu'il  avait  mis  à  construire 
le  château  représentent  l'année  sexagésimale  babylonienne. 
Il  prétendit  être  à  même  d'en  construire  un  autre,  plus 
beau,  qui  tournerait  exactement  avec  le  soleil  (autour  du 
soleil)  :  (^  o.b  Lo  vi>jç>  ,j«..«J:J!  */>  . ^lXj  ^Lo.  Nous  y  recon- 
naissons la  conception  cosmogonique  babylonienne,  d'après 
laquelle  le  soleil  parcourait  l'Echptique.  ^C^,  selon  les 
lexicographes  arabes,  veut  dire  lune;  il  est  synonyme  de 
(j^y^,  L  A  VI  p.  48,  en  bas  ;  I.  Sîdah  IX  p.  27, 6  d'en  bas  : 

.yX\  ^^U'j   ^ÛLvJ!:  (291+)    vJ^    o^    (352+)  "j^  _^î 

^  est  lune  luisante.  Celui  qui  ne  dort  pas  la  nuit  est  aussi 

^U>Lw,  et  chez  les  B.  Hcçleyl  c'est  voleur,  parce  qa'il  ne 

dort  pas  la  nuit,  LAI.  1.,  Meydânî  Proverbes  sub   y.\;j>- 

ijj^  i\^^  Freytag  II  p.  315.  .lU>w  est  donc  véritablement 

pour  ^ûlw.  Nôldeke,  o.  1.  p.  80  note  1,  dit:  „Die  Ge- 
schichte  hat  genau  so  viel  und  so  wenig  historischen 
Wert  wie  andere  Bauanecdoten  der  Art."  A  présent  que 


1)  Je  vois  après  coup  que  P.  Haupt  le  fait  venir  de  Sin  et  de 
araâru,  voir,  American  J.  of  Sem.  Lang.  and  Lit.  XXII  N""  4  July 
1906  p.  250;  mais  cette  étymologie  est   moins  plausible. 

'2j  Yâqfit  0.  et  1. 1.,  3)  Tab.  1. 1.;  K  A  1. 1  . 


1003 

„le  système,"  inébranlablement  sûr,  a  été  découvert,  notre 
savant  ami  et  maître  envisagera  sans  doute  cette  his- 
toire sous  un  autre  jour.  La  constructiou  d'el-Hawarnaq 
n'est  pas  un  mythe.  Rothstein,  Die  Dynastie  der  Lah- 
miden  in  Hîra  p.  15,  a  réuni  ce  que  les  auteurs  arabes 
en  ont  dit,  mais  il  n'en  a  pas  reconnu  la  portée  mytho- 
logique et  l'appelle  „anecdotique."  C'est  justement  cette 
anecdote  qui  est  le  côté  intéressmit  de  l'histoire  oubliée'^). 
Les  ruines  du  château  existent  encore.  Meissner  l'a  visité 
et  nous  en  a  donné  le  plan.  La  chose  la  plus  intéres- 
sante n'est  pas  la  construction  du  château,  mais  la  légende 
qui  s'est  formée  autour.  Nous  la  trouvons  déjà  toute  faite 
avant  l'Islam.  Dans  cet  espace  de  temps  assez  court, 
depuis  la  construction  d'el-Hawarnaq,  jusqu'à  ce  que  le 
nom  de  Sinimmâr  se  rencontre  pour  la  première  fois 
dans  une  poésie  préislamique  d'Abû  Tamahân  el- 
Qeynî,  la  légende  était  déjà  faite.  Cela  prouve  que  ces 
conceptions  astro-mythologiques  étaient  courantes  encore 
dans  ce  temps,  sans  quoi  la  naissance  de  la  légende  aurait 
été  impossible.  Le  culte  de  la  lune  florissait  encore;  du 
moins  n'était-il  pas  encore  tout-à-fait  oublié.  L'esprit  po- 
pulaire en  était  toujours  fortement  impressionné.  La  légende 
se  rapporte  à  l'évolution  de  la  lune.  Après  son  apogée, 


1)  L'auteur  de  la  Tu r fat  el-Ashâb  en  parle  aussi:  jjro  liJ^JLoj 
;^5v3J!  J-j  ^eUo'!  j^  ^J^^  jS^\  ^j>*^\  _5y)!  ^  j^  ^^  yXiX\ 
O^    tr^    '>-»-Jw5    ^U.^    ^_,;.♦.^*o.    s-j^\j    ^^*)  jJA^Î^i   OUj^  ^à^ 

Lx_*_xi   ^-ij-i   liJL;^  Q^  N-j  i__c^'3   v_j.o\j!  (_,J.  ^l!  \xJLLt  UfjL>o 

«  o 

^Lé-U/    !'\j=>    f^j^y^.    ^Li/5  J->-^ .  Observez  ici  v.'-^-^'   L/'^v    l<i  haut 
de  la  muraille. 


1004 

elle  décline  et  disparaît:  le  contraste  de  la  vie  et  de  la 
mort.  La  chute  de  Sinimmâr  est  celle  de  la  lune  qui 
„se  repose."  L'accouplement  du  soleil  et  de  la  lune  dans 
la  légende  est  aussi  remarquable;  il  trouve  son  pendant 
dans  la  juxtaposition  des  deux  châteaux  d'elHawarnaq 
et  d'es-Sadîr.  Il  n'est  pas  inutile  de  faire  remarquer  que 
le  château  d'el-Hawarnaq  n'est  pas  éloigné  de  l'ancienne 
ville  de  Ur,  siège  du  culte  de  Sin-Nannar. 

Au  moment  de  corriger  les  épreuves  de  ceci,  je  vois 
que  Kessler  a  déjà  donné  à  Sinimmâr  une  étymologie 
babylonienne,  Yerhandl.  dos  V  Orientalistes-Kongresses  II 
p.  298;  OLZ  1907,  p.  334.  J'apprends  également  que 
Halévy  a  publié  une  note  sur  le  même  sujet  dans  sa 
Revue  Sémitique  Janvier  1907  p.  101  et  ss..  Mon  savant 
ami  m'a  devancé.  Tant  mieux!  Nous  sommes  d'accord 
sur  le  point  principal.  Il  fait  venir  Sinimmâr  du  babyl. 
Sin-immâr,  Sin  brille,  ce  qui  est  inexact,  d'après  Haupt 
OLZ  Juin  1907  p.  334.  Mais  où  je  ne  suis  pas  d'accord 
avec  lui,  c'est  lorsqu'il  veut  1°  que  Sinimmâr  fût  vrai- 
ment le  nom  de  l'architecte.  D'après  la  légende,  celui-ci 
était  grec  (byzantin),  rùmi  ou  "^ilg,  Rothstein  o.  1.  p.  15. 
Cela  est  aussi  probable.  Halévy  dit,  p.  104,  7  et  s:  „I1 
n'existe  aucune  raison  qui  empêche  d'admettre  qu'un  nom 
pareil  ait  été  porté  par  un  architecte  babylonien."  Lorsque 
el-Hawarnaq  fut  construit,  il  existait,  au  contraire,  tou- 
tes les  raisons  du  monde  qui  empêchaient  qu'un  tel  nom 
fût  porté  par  un  architecte  babylonien.  Je  n'ai  pas  besoin 
d'expliquer  à  un  savant  tel  que  Halévy  pourquoi  cela 
est  impossible.  2°  que  le  nom  du  grand  prêtre  égyptien 
du  texte  de  Macrobe  ne  puisse  venir  de  Fatoûs,  par 
l'entremise   d'une    altération    de  ,  ^  S  »  '^i  et  ensuite  de 


1005 

(j^dDjLé,  supposés.  3°  que  le  nom  de  l'architecte  ne  puisse 
être  „emprunté"  au  récit  de  Macrobe  relatif  à  l'intro- 
duction du  dieu-soleil  égyptien  par  le  roi  Senemur  dans 
Héliopolis  de  Syrie.  Macrobe  écrivait  bien  avant  la  con- 
struction du  château  lakhmide,  mais  je  ne  crois  pas  que 
les  savants  arabes  aient  jamais  entendu  parler  de  ses 
Satiirnalia.  Du  reste,  il  n'y  a  jamais  eu  un  roi  Senemur 
en  Egypte.  Ce  serait  donc,  d'après  Halévy,  „la  donnée 
littéraire  qui  se  transforme  en  traditions  populaires  de 
divers  aspects  et  tonalités",  p.  102,  qui  aurait  donné 
naissance  à  la  légende.  Cela  n'est  guère  possible  dans  ce 
cas  particulier.  Le  peuple  ne  s'intéresse  pas  aussi  peu 
que  le  croit  Halévy  aux  événements  historiques,  et  sa 
mémoire  d'un  événement  saillant  est  remarquable.  „Le 
peuple  a,  comme  propriété  indiscutable",  autre  chose  que 
„les  chants,  les  fables  et  les  proverbes."  Ce  n'est  pas 
ici  l'endroit  pour  réfuter  cette  étrange  opinion  du  grand 
orientaliste.  La  légende  arabe  n'est  pas  „née  de  la  simi- 
litude de  signification  dans  les  deux  noms  topiques: 
HeliopoHs,  ville  de  soleil,  et  Khawarnaq,  splendeur  de 
soleil",  p.  107,  mais  la  „source  littéraire"  en  est  la 
vieille  conception  sémitique,  mise  à  la  portée  du  peuple 
oriental  et  codifiée  par  les  savants  soumériens,  dont  je 
ne  discute  pas  la  langue,  et  qui  la  léguèrent  aux  Baby- 
loniens: le  culte  de  la  Lune,  comme  divinité  suprême. 
Cette  conception,  érigée  en  doctrine  ecclésiastique,  est 
restée  dans  la  conscience  populaire,  qui  flotte  encore  autour 
du  nom  du  château  et  de  son  architecte.  Le  culte  solaire, 
ayant  plus  tard  supplanté  en  Babylonie  celui  de  la  lune, 
y  a  été  collé,  aussi  bien  dans  la  légende  arabe  que  dans 
le  récit  de   Macrobe.   Cela  n'a  rien  que  de  très  naturel, 


1006 

surtout  de  la  part  de  l'écrivain  latin,  qui  ne  connaissait 
probablement  que  le  culte  solaire  égyptien.  Voyons  main- 
tenant ce  que  c'est  que  le  récit  de  Macrobe,  qui  vivait 
au  Ve  siècle  de  notre  ère.  Je  donne  d'abord  son  texte. 
Âssyrii  quoque  Solem  sub  nomine  lovis,  quem  Dia  Helio- 
politen  cognominant  ^  maximis  ceremoniis  célébrant  in 
civitate  qîio  Heliopolis  nimcupatur.  Ejus  dei  simulacrum 
sumptum  est  de  oppido  Aegypti,  quod  et  ipsum  Heliopolis 
appellatur,  régnante  apud  Aegyptios  Senemure^  seu  idem 
Senepos  nomiyie  fuit.  Perlatumque  est  primum  in  eam 
per  Opiam  legatum  Deleboris  régis  Assyriorum  sacerdo- 
tesque  Aegyptios  quorum  princeps  fuit  Partemetis;  diuque 
habitum  apud  Assyrios,  postea  Heliopoliu  commigravit. 

Nous  trouvons  ici  S  i  n  i  m  m  à  r  sous  la  forme  de  S  e- 
nemur,  ce  qui  prouve  que  ce  mot  a  vraiment  été  cou- 
rant chez  les  Assyriens  et  les  Arabes.  L'événement  his- 
torique, dont  l'époque  n'est  pas  bien  fixée  par  les  égyp- 
tologues,  est  celui-ci^):  Il  y  avait  dans  le  temple  de 
Khons,  à  Thèbes,  une  stèle')  sur  laquelle  une  inscrip- 
tion nous  raconte  que  le  pharaon  (Ramsès  XII?)  avait 
épousé  la  jolie  fille  du  roi  de  Bakhtan-'')  lorsqu'il  se 
trouva  au  pays  de  Naharaïn.  Rentré  à  Thèbes,  il  reçut 
du  roi  de  Bakhtan  un  messager  qui  apportait  des  ca- 
deaux pour  la  fille  de  son  souverain.  Le  messager  pria 
le  pharaon  d'envoyer  un  homme  savant  pour  guérir  la 
fille  cadette,  Bint  Recht,  du  roi  de  Bakhtan,  parce 
qu'elle  était  possédée  par  le  démon.  T.hout-em-hib  re- 


i)   II.    Hiugsch,   Geschichte   Aegyptens   p.  G37  et  ss, ;  idem  Relig. 
und  Mythol.  p.  498;   Hommel  GGG  pp.   117,   119. 

2)  Pul)liée  par  de  Rougô. 

3)  Brugscli  Relig.  und  Mythol.  p.  495  et  s.. 


1007 

çut  alors  l'ordre  de  se  rendre  auprès  de  la  fille.  Il  ne 
put  rien  faire:  la  fille  resta  malade.  Le  roi  expédia  alors 
le  messager  une  seconde  fois  à  Thèbes  pour  engager  le 
pharaon  à  lui  envoyer  la  statue  de  Khons.  Le  pharaon 
y  consentit,  et  la  statue  partit  accompagnée  d'une  grande 
escorte.  L'on  mit  un  an  et  trois  mois  pour  arriver  à 
Bakhtan.  La  fille,  en  la  présence  de  la  divinité,  fut  guérie 
sur  le  champ.  Le  roi  retint  la  statue  trois  ans  et  neuf 
mois  et  la  renvoya  ensuite  à  Thèbes.  Voilà  le  résumé 
de  l'inscription.  Or,  Khons  est  la  lune,  c'est-à-dire  Si- 
nimraâr.  S  in  doit  aussi  se  cacher  dans  Senepos, 
autre  nom  de  Senemur.  On  serait  tenté  d'y  lire  Sin 
et  tos  (pour  pos)  =  tôs,  lime,  par  suite  ou  d'une  mau- 
vaise tradition  ou  d'une  faute  de  copiste.  Partemetis 
pourrait  bien  être  une  altération  de  Thoutemhib. 
D'après  la  tradition  mentionnée  par  L  el-Faqîh  p.  214, 

Sinimmâr  eut  un  fils  appelé  (j«^.  La  forme  est  assurée 
par  le  mètre,  p.  216,  14.  Ce  Fattoûs  était  un  grand  ar- 
tiste. Il  avait   sculpté,  en   pierre  émaillée  de  dififérentes 

couleurs,  l'animal  favori,  appelé  Sabdîz^)  jj-V^,  du  roi 

Abarwîz,  qui  l'avait  reçu  en  cadeau  d'un  roi  des  Indes. 
Cette  œuvre  d'art  fut  considérée  comme  une  des  mer- 
veilles du  monde  et  célébrée  par  les  poètes,  au  point  qu'on 
disait  qu'elle  n'avait  pas  été  faite  par  la  main  des  hom- 
mes:  o'LotS!  'ijù^  ^j^  ^^.  Il  n'y  a  rien  que  de  très  pro- 


1)  On  ne   voit   pas  trop  quelle  espèce  d'animal  était  ce  Sabdîz.  I, 

el-Faqîh  dit  seulement:   v_j!5Ai'    i_^^'    q-»-  C'était  peut-être  un  élé- 
phant,   comme    le    pensent    Basset    et   Halévy,   car   son  sabot,  yLs», 

avait  six  empans  de  tour. 


1008 

bable  et  possible.  Le  nom  du  fils  de  Sinimmâr  doit  bien 
aussi  renfermer  une  allusion  au  culte  lunaire,  comme 
celui  de  son  père.  Cela  ne  souffre  pas  de  doute.  Origi- 
nairement, il  a  dû  être  t_-^''  qj  -  l.-*^"'  Js»  -  ^'^j^i  -  t_->^Li 
^_y._^!  ^!  _   et  finalement   ^j^_^,  dont  le  peuple  ou  les 

copistes  auront  fait  l'^j-^,  Fattùs  ou  peut-être  aussi 
Fattûs,  qui  leur  rappelait  le  diminutif  courant  des  noms 
propres.  Reckendorf  m'a  suggéré  l'idée  d'y  voir  le  babyl. 
eplu  '),  fils,   st.   constr.   e  p  i  1 ,    ce  qui  aurait  facilement 

donné  Jj  ou  ji,  et  le  J  serait  ensuite  contracté  avec 
le  J^  suivant.  J'avoue  que  cela  me  parait  fort  plausible. 
Le  transport  de  la  statue  de  Khons  a  dû  produire  une 
profonde  impression  sur  l'esprit  des  populations.  La  route 
était  longue,  soit  qu'on  identifie  Bakhtan  à  Bohtân,  décrit 
par  M.  Hartmann,  soit  à  la  Bactriane.  Les  démonstrations, 
les  ovations  ont  dû  être  grandioses.  La  mémoire  popu- 
laire n'en  a  retenu  que  les  noms  qui  lui  étaient  fami- 
liers, en  même  temps  que  celui  de  Thoutemhib- 
Partemetis,  le  grand  pontife  égyptien.  Macrobe  rapporte 
le  fait  ainsi  mythologuisé.  C'est  bien  là  la  „donnée  litté- 
raire" qui  s'est  transformée  en  tradition  populaire,  comme 
le  dit  Halévy  o.  1.  p.  102,  mais  il  en  est  de  même  de 
toute  légende,  de  toute  tradition  populaire.  La  donnée 
littéraire  d'où  proviennent  la  cosmogonie  et  la  mythologie 
souméro-babyloniennes,  qui  ont  enveloppé  tout  l'Orient, 
y  compris  l'Egypte,  c'était  l'observation  et  l'étude  des 
corps  célestes  par  les  savants  euphratiens.  La  doctrine 
qui  en  résultait  devint  la  religion  du  peuple.  On  appelle 
cette  religion  aujourd'hui  légendes,  mythes,  fables  et  pro- 

1)  Peut-être  aussi  sans  l'aiticle.  Ungnad  Gramni.  p.  135;  ablu, /(7*'. 


1009 

verbes,  mais  l'on  n'est  point  encore  arrivé  à  reconnaître 
que  nous  avons  été  élevés  dans  les  mêmes  légendes, 
mythes,  fables  et  proverbes.  Lorsqu'on  s'agenouille  devant 
la  „Çainte  Vierge",  on  ignore  qu'on  s'adresse  à  Istar- 
Isis,  Hathor-Khons,  SinSinimmâr,  Sahr-Taus,  à  la  divinité 
suprême  de  la  haute  antiquité  orientale!  La  procession 
du  Corpus  Domini  qui  passe  en  ce  moment  devant  mes 
fenêtres,  avec  la  statue  d'Istar  portée  entre  deux  lignes 
de  soldats  bavarois,  me  rappelle  le  transport  de  Khons 
à  Bakhtan  et  les  processions  des  temples  babyloniens  et 
égyptiens.  Je  comprends  que  ceux  qui  ont  basé  leur  pou- 
voir sur  cette  doctrine  astrale  ne  veulent  pas  qu'on  en- 
seigne dans  nos  écoles  l'histoire  de  cette  doctrine,  telle 
que  nous  la  connaissons,  nous  autres  orientalistes  :  l'Eglise 
s'écroulerait.  Ils  préfèrent  que  le  peuple  adore  Khons- 
Sinimmâr,  comme  les  sujets  du  roi  de  Bakhtan.  Le  sanc- 
tuaire d'en-Nemârah'),  dans  la  Rouhbeh,  où  Dussaud 
a  trouvé  l'inscription  arabe  désormais  célèbre  d'Amr'ul- 
Qeys,  doit  aussi  avoir  été  dédié  au  culte  de  la  lune.  »^UJt 
provient  sans  doute  de  namâru,  luire,  briller.  Le  sêh 
qui  passe  pour  y  enterré  est  appelé  Ne  mûr,  Dussaud 
0.1.  p.  113.  C'est,  comme  le  dit  avec  raison  Dussaud, 
„un  personnage  mythique,  l'éponyme  du  lieu."  Ce  per- 
sonnage mythique  est  le  culte  de  la  lune.  Rien  ne  prouve 
mieux  l'énorme  influence  de  la  culture  babylonienne  que 
la  persistance  de  l'épithète  de  S  in,  attachée  à  son  sanc- 
tuaire ruiné,  jusqu'à  nos  jours.  Le  Cheykh  d'er-Rouh- 
bah  est  Seràq,  Oppenheim  I  p.  224,  et  l'on  est  bien 
tenté  d'y   voir  le  babyl.  éarâqu,  donner,  le  bienfaiteur 


1)   En  safâtique:  niDDH  =  ^j^-»-^'.    Dussaud,  Les  Arabes  en  Syrie 
p.  113. 


luio 

de  la  Rouhbali.  Dussaud,  o.  1.  p.  170,  pense  au  bnbyl. 
érq,  auquel  Winckler,  A  F  II  p.  74,  suppose  le  sens  de 
einsam,  ode  sein,  et  d'où  il  fait  dériver  le  nom  des  Sara- 
cènes.  "Winckler  traduit  par  conséquent  le  bibl.  ri[^T^ 
par  solitude,  désert.  Mais  la  Rouhbah  est  tout  le  con- 
traire d'un  désert  ;  c'était  le  grenier  de  l'antiquité,  comme 
elle  l'est  encore  aujourd'hui,  et  l'étymologie  de  Dussaud 
ne  tient  pas  devant  ce  fait.  Ajoutons;  pour  finir,  que 
P.  Jensen,  dans  son  ouvrage  monumental  Das  Gilgamesch- 
Epos  I  p.  87,  fait  venir  le  nom  de  NimroddeNamurd, 
pour  n  a  m  u  r  t  u,  splendeur;  cf.  Lidzbarski  Ephem.  II  p.  203. 

42,  16;  bannanat.  ^,  élever  ;  ^y^',  être  élevé.  A  n  a 
itbannant  fi  h  a  de  m  ard,  j'ai  été  élevé  dans  ce  pays. 
Dénominatif  de  ^'.  Un  autre  dénorainatif  est  ^}s:.  ^^'J, 
être  affligé  de,  sur  lequel  voyez  mon  M  S  p.  41  en  bas. 

42,  21:  safah.  ;-ssu>.,  a,  est  presque  synonyme  de  Jy-w, 
i,  p.  48,  2,  mais  le  premier  implique  l'idée  à'être  accroupi, 
blotti.    ..'JmJî  X  A.NsLw  '-^^'ï   ^(^   lièvre  est  blotti  doAis   le 

taillis.  La  wahîtu  em-qaum  isfahaôw  minhom, 
si  vous  entendez  les  gens  (les  ennemis),  blottissez-vous. 
v_j  ^>Àw,  éclabousser,  bespritzen.  (j^L  j3^ju»,  il  m'a  écla- 
boussé de  terre.  iUL  (j^-i=^à^,  er  hat  mich  mit  Wasser  be- 
spritzt ,  il  a  fait  jaillir  l'eau  sur  moi.  Safàhni  ed- 
damm  fi   wughi,   le  sang  m'a  rejailli  sur  la  figure. 

(1  J^\i  ^gi^:^   il  me  jeta  des  cailloux.   Cf.  ^Ju»,  ^^sl»4 

et    ^J:. 

t.  > 
42,  21:  bi^iq^ôteh.  ijtsb  est  endroit,  place  en  général. 


1)  Kn  Dt,  on  no  dit  pas     ,-*.i:>  ,  comme  en  Hdr. 


1011 

Uqdùra  iglis  bùq'^uti,  avance  et  assieds-toi  à  ma  place 
=  à  côté  de  moi.  Muqaddasî  p.  31,  6:  ^j^  'Âjùii. 

42,  23:  tidhan  =  qjs^Jjj  où  -b  est  prononcé  comme 
un  d  emphatique. 

42,  24:  etwarkaz.  /jyi,  être  accroupi  les  jambes 
courbées  et  le  derrière  appuyé  contre  les  talons,  kauern. 
Le  Qâmoûs  et  T  A  ont  -^Lic  ^Jo^  ^yi  =  \I^.  C'est  donc 

un  sens  yémanite.  El-'Obâb,  LA,  TA,  donnent jy^^-«  gw«^ 

■=  y^^yt,  _^  .  On  comparera  ^  et  sjL<c.  Voyez  p.  362, 
où  la  définition  arabe  se  rapporte  à  ce  verbe,  et  non 
pas  à  jï^y. 

42,  25:laqadal:iâh  =  *JJ!  £ÎL\i! .  Une  expression  ana- 
logue dans  le  Diw.  des  Hodayl.,  AVellh.  p.  72,  lo  d'en 
bas  :  *JJI  ^\  xjju  ^. .  Voyez  Goldziher  0  S  Festschrift 
Nôldeke  p.  324  et  s. 

42,  27:  lisez  qulteleh. 

43,  2:  sabad  makfinah.  Oy-w,  i,  être  accroupi  et  se 
tenir  coi  dans  un  endroit,  se  tapir.  Ed-dêb  yisbid 
makfinah  u  la  gât  em-galabah  yizqôrha  bihàl- 
qeha,  le  loup  se  tient  tapi,  et  lorsque  le  mouto?i  arrive, 
il  le  saisit  à  la  gorge.  C'est  aussi  un  „ terme  de  guerre" 
qui  indique  bien  comment  on  „fait  la  guerre"  dans  ces 
pays.  On  se  cache  derrière  quelque  chose  d'où  l'on  tire 
sur  l'ennemi.  C'est  là  la  bravoure  tant  chantée  des  Arabes. 
Chacun-  reste  tapi,  xjbC*  ^  AjLw«  c<=>\^  Ji,  pour  épier  sa 

victime.  C'est  comme  le  loup  qui  guette  sa  proie  :  Ô  b  e  h  u 
minem-dêb  la  yisbid  lëkum,  preriez  garde  au  loup, 


1012 

qu'il  ne  vous  attaque  pas.  Mais  on  dit  aussi,  sans  l'in- 
tention  d'attaquer,    îsbidu    makânekum   làraman- 

o  w  £    oc 

b  î  k  u  m  [fJ^^  Ui  ^=  fJ^!  ^j],  restez  là  assis  tranquille- 
ment jusqu'à  ce  que  je  vous  -prévienne.  IjiAjL^j',  ils  s'at- 
taquèrent, mais  toujours  de  la  façon  décrite.  IlIc  cxL^_ 
*yil\,  les  gens  vont  se  mettre  en  embuscade  pour  tirer 
sur  nous,  W.  Meyfa^ah.  Au  figuré:  Uiy  03,l-*i!  c-V-w, 
la  poudre  planait  sur  nous,  nous  enveloppait.  ^^  ckj^ 

+  ,. 

U;-o,  la  guerre  allait  son  train  etitre  nous  =  ^i  v_jil . 

UJie  Jo^  xj!  *^!,    c'est   que   nous   avons   eu  une  rude 

journée,  soit  comme  travail,  soit  à  la  guerre. 

C'est  sans  doute  une   variante  phonétique  de   v,:>_>.^, 
se  reposer,  Tù:^,  cesser,  d'où  viennent,  très  probablement, 

ciJllJî,   samedi,  et  le  Sabbat  des  Juifs,  qui  sont  e^y^--^ 

o-^-A-wJ!  j.^.  D'après  l'hypothèse  fort  plausible  de  D  Nielsen, 
Die  Altarab.  Mondreligion  p.  63  et  ss.,  il  serait  ainsi 
appelé  parce  que  la  lune  se  repose  dans  ses  J^U^i.  A  pro- 
pos d'une  conjonction  de  la  lune  avec  le  soleil,  Jensen 
Kosmologie  p.  39  et  s..  Nielsen  o.  1.  p.  65,  il  est  dit: 
adir  ina  éubat  belûtisu  ul  aéib,  ce  qui  se  ren- 
drait, dans  notre  dialecte,  par  "adir  (^Àc)  fi  masbad 
(belûti)^)-ah    la  tewattab  ou  la  sabad,    uvî  ou  "bJ 

wo>j"  "i  iJj^J^  CsS,»^A  ^  iAa.w,  er  war  verdunkelt  ;  in  sei- 
nem  koniglichen  Sitze  sass  er  nicht.  o-y^,  ^Aa^v,  v.i>-o  et 


1)  cc^'=,-^^'- 

2)  N'a  pas  de  correspondant  en  datînois,  car  Joç  n'y  est  pas  usité. 


1013 

>^3  sont  radicalement  congénères,  voyez  Hdr  p.  339  et  s.. 

Je  mentionne  aussi  ici  {j^J^^^  ^.j^l^  ou  tjo^":^'i  o^>-* ,  les  us 

et  coutumes  du  pays  =  ^yi  ou  ^vly^j  proprement  ce  qui 
reste  fixé;  on  pourrait  dire  les  assises  du  pays. 

43,  3:  yitwaqqaz.  iy'  =  fj^,  marcher  sur  la  pointe 
des  pieds  =  dâss.  Je ,  o.  Voyez  p.  362,  où  je  l'ai  confondu 

avec  le  ^^  précédent. 

43,  4:  Samrah.  Les  Arabes  du  Sud  ont  deux  dan- 
ses: 1°  la  s-*^,  parce  qu'on  la  danse  le  soir,  au  clair  de 
lune.  C'est  la  sahgah  des  Haurâniens,  des  Palestiniens 
et  des  Bédouins  de  Syrie.  Les  femmes  forment  un  rang 

et  les   hommes,   un  autre,  l'un  vis-à-vis  de  l'autre:  s^jo.^ 

^^[A^  Jb>j  ^,Ju^^|  qV"^-   On  sautille,  ^^f^A  sur  place. 

Les  femmes  battent  doucement  des  mains  en  les  tenant 
horizontalement,  les  hommes  de  même,  mais  ils  tiennent 

les  mains  verticalement  et  battent  plus  fort,  ^yjà^-  J'ai 
vu,  dans  l'Abyan,  hommes  et  femmes  danser  pêle-mêle 
sur  le  même  rang.  Chez  les  Béni  ""Amir,  grande  tribu 
fort  ancienne  dans  ed-Dâhir,  hommes  et  femmes  dansent 
ensemble.   Au   milieu,   il  y  a  l'indispensable  poète,  j:Ui, 

qui  débite  une  poésie  jIcco  ^3,  presque  toujours  impro- 
visée; c'est  le  5^4-mJ!  ^ciyo.  le  isL^<uJ!  «oVy^i  du  Nord. 
Lorsque  les  hommes  ont  ainsi  chanté  et  battu  des  mains, 
le  sâ'ir  rentre  dans  le  rang,  et  les  femmes  imitent  alors 
les  hommes,  mais  d'une  façon  moins  bruyante.  Ensuite, 
un  autre  ôa^ir  se  produit,  et  l'on  continue  ainsi  jusqu'à 

la   nuit   avancée.    2°  Le  ^^.  Il  n'y  a  ici  que  deux  per- 


1014 

sonnes,  un  homme  et  une  femme,  ou  bien  deux  hom- 
mes, s'il  n'y  a  pas  de  femmes.  Le  é-lhit  bat  le  tajjibour, 
jJîiit  v-*^'  ^^^  danseurs  chantent.  Le  nom  vient  de  ce 
que  \j  ,  ffJ^***-^  "f*^^  ^*^»  ^^^^  cœur  est  content  et  il  y 
prend  plaisir.  On  danse  j^y>yi:o  pour  se  réjouir,  ^/^. 

Sj^  est  donc  réjouissance.  Dans  le  premier  volume,  j'ai 
rapporté  quelques  poésies  qu'on  chante  en  faisant  le  sa  r  h. 
.^  et  ïOa!,  n.  unit.,  est  le  nom  général  pour  toute 
espèce  de  danse.  Les  sâdah  réprouvent  ces  chants  et 
ces  danses  comme  étant  prohibés  par  la  Sounnah.  Ils 
s'appuient  sur  cette   tradition  du  Prophète:  ^Ijù"  M  ^.J 

ol^llatj  ^!jiÎ3,  L  Sîdah  XIII  p.  12,  L  A  VI  p.  469,  Nih.  IV 

p.  34.  C'est  ainsi  que  partout  les  qJ^î  ^^Ju.^  enlèvent  au 

peuple  la  joie  de  vivre  pour  mieux  le  dominer.  Bent,  Sou- 
thern Arabia,  p.  128  et  s.,  décrit  ainsi  une  danse  qu'il  vit  à 
W.  Serr*)  en  Hadramôt:  „The  performers  ranged  them- 
selves  in  two  rows,  as  in  Sir  Roger  de  Coverley:  time 
is  kept  by  a  drum  and  by  perpétuai  hand-clapping  and 
stamping  of  the  feet,  whilst  two  men  exécute  elaborate 
capers  in  the  centre,  singing  as  they  do  such  words  as 
thèse  : . . . .  Beduin  women  also  take  part  in  thèse  dances, 
and  the  Arabes  think  the  dances  very  impious;  it  was 
very  weird  by  the  light  of  moon^)  and  the  camp-fire'), 


1) 

r^  veut 

justei 

ment  dire 

w 

iidi 

en 

sabéen. 

2) 

=  -/«La«. 

•■î) 

1015 

but  wearisome  when  we  wanted  to  sleep,  particulary  as 
they  kept  it  up  till  after  we  were  ail  astir  in  the  mor- 
ning,  yelling,  bawling,  singing  and  screeching,  Iselem  being 
the  ringleader.  The  ground  was  shaken  as  if  horses  were 
gallopiug  about."  C'est  bien  là  la  sa  m  r  ah. 

43,  7  :  t  û  y  ê  r  i,  ou  plus  correctement  t  i  y  ê  r  î,  car  le  dimi- 
nutif est  }^,  =  L5yy3,  diminutif  de  (^^,  v.  p.  709.  ^^^-^I? 

ne  se  rapporte  pas  au  jeune  homme,  mais  à  une  ancienne 
croyance  populaire  fort  répandue  chez  les  Arabes  et  qu'il 
est  intéressant  de  constater  ici.  On  supposait  qu'un  oiseau 

appelé  (^_oAa^,  sadâ,  criait  dans  la  tête  de  cehii  qui  avait 

e'te'  tué  et  dont  la  mort  n'avait  pas  été  vengée:  .^na^oj  JLL 

xj  Juj  }  tit  JyJjiî  iu'L^  ^5,  L  A  XIX  p.  186.  C'est  ce  ^5^, 
=  notre  vv^  ^y^i  'î^^  ^"^^^  parce  que  le  meurtre  du 
père  du  jeune  homme  n'avait  pas  encore  été  vengé;  mais 
cela  arrivera.  Le  second  verset  y  fait  allusion.  Les  lexi- 
cographes  n'étaient  pas  très   sûrs  à  propos  du  sens  de 

i^sJs^^  car  L  A  ajoute  :  ^  to!  i^\.  ^^  „jè^..  Jib  _^  ^^^ 

isxL^t  j^^lXj^),  _  (^Ao  a  six  significations  différentes,  selon 
elMobarrad  Kâmil  p.  211,  2  et  ss.,  LA  1.1.,  qui  ont 
pour  source  première  la   croyance  en  question.  Celle  de 

cervelle^  u^^t  'iy^,  L  A  XIX  p.  186,  8  d'en  bas,  cor- 
respond à  celle  de  yLL  =  ^Loo,  ibid.  VI  p.  180,  8  d'en 
bas.  Le  vrai  sens  est  écho.  Un  poète  faisant  allusion 
aux  Compagnons  de  l'éléphant  (Mas'oûdî  III  p.  159),  dit 
Mas'oûdî  III  p.  311,  LA  XVI  p.  109  i): 


1)   011   -fcii!!    a  été  changé  en  o^L 

68 


1016 

'  L'oiseau  funèbre  et  la  mort  exerceyit  sur  eux  leur 

[pouvoir  impitoyable, 
Et  les  chouettes  font  retentir  autour  d'eux  les  échos 

[plaintifs  des  tombes. 
Selon  la  traduction  de  Barbier  de  Meynard  III  p.  311, 
oii  ,^<A>o  me  paraît  bien  avoir  son  sens  primitif.  On  con- 
naît la  légende   qui  entoure  la  mort  de  Leylâ  el-Ahya- 
lîyeh.    El-Mas^oudî   V   p.   325   dit:   jcj>  J.^UJ!  j»:ccw.j  jjli 

c^oë^     L^.jV-o     w'.*::^     'LaI:^^^^'!     iUU^Ji'     jUa     ^^     -JïjÎ     ^  AJÎ 

;iJ!  '^3^  5-  '3Ài>i2  i^^.  Et  elle  avait  à  peine  achevé  la 
sahdation  que  le  tombeau  s' entr' ouvrit  et  un  oiseau  sem- 
blable à  une  colombe  blanche  s'en  échappa  et  vint  frapper 
la  poitrine  de  Leylâ  qui  tomba  morte.  On  s'occupa  alors 
de  ses  funérailles,  etc..  Cette  colombe  est  un  des  quatre 
oiseaux  mythologiques  du  Qonln;  voyez  p.  1018.  C'est 
l'âme  de  l'homme,  la  colombe  blanche  qui  descendit  sur 
Jésus. 

Une  autre  de  ces  significations  est  chouette,  ^yj\  S3 
sens  que  l'on  donne  aussi  à  m\j>,  tête.  Les  anciens  Arabes 
croyaient,  LA  XIX  189,  7  d'en  bas,  que  les  os  des 
morts   devenaient  une  chouette  qui  volait,  .^  JJ'  j.Ll3c 

.xlio  'iJ^.  Umayyah  b.   Abî   es-Salt  dit  à  ses  enfants, 
Prairie  d'or  III  p.  312: 

Mon  hâmah  m'inforrne  de  ce  que  vous  pressentez  ; 
Rejetez  loin  de  vous  les  actions   honteuses  et  ré- 

[prouvables. 

El-Mas'oûdî,   0. 1.,   a  un  chapitre  III  p.  309  et  ss.  sur 

le   liâmah  et  es-safar.   Ed-Daniirî,   H.   el-Hayawîln   sub 


1017 

j.^,  dit  que  le  nom  de  la  femelle  du  hibou  est^^Ux^Jî  j.t 
sur  laquelle  voyez  le  Gloss.  s.  ult.  v. '). 

Dans  le  Ôhauri-Texte  de  D  H  Mûller  p.  52,  il  y  a  le 
récit  de  la  marâtre  et  l'oiseau,  où  nous  lisons:  „et  la 
mère  des  garçons  mourut;  les  deux  garçons  allèrent  au 
tombeau  de  leur  mère  et  pleurèrent  sur  le  tombeau  ^).  Un 
oiseau  vint  à  eux  du  tombeau^),  et  ils  le  prirent  et  l'ap- 
portèrent à  la  maison."  Le  père  se  remaria.  Les  garçons 
apprirent  chez  un  maître  d'école,  et  leur  marâtre  voulait 
les  faire  périr,  mais  leur  oiseau  savait  tout  ce  qui  se 
passe  dans  le  monde. 

On  sait  que  chez  les  peuples  européens,  le  hibou  est 
aussi  l'oiseau  de  sinistre  présage,  Jacob  BL  p.  122, 
note  2.  V.  Kremer,  Studien  z.  vergl.  Culturgeschichte 
III  p.  54  et  ss.,  a  traité  de  ce  sujet,  sans  remonter  à 
l'origine  de  cette  croyance.  Les  mânes  des  morts  se  ma- 
nifestent comme  des  chouettes  sur  les  tombes,  Prairie 
d'or  III,  p.  311,  Wellh.  Reste  p.  185.  On  connaît  le  rôle 
que  les  oiseaux  jouent  dans  la  tératologie  des  Arabes, 
ibid.   p.    202   et  s.,   et  des   Romains.  Chez  I  Sa'd  VIII 


1)  Il    y    a    une  différence   entre   ^    et    ^jrAo,  Mas'ûdî    Prairies 
d'or  III  p.  213/4,  mais  je  ne  la  connais  pas. 

2)  Bediôq   z er   qûr.    Obs.    zer=  ^^    et    le    babyl.    sîr,    sxiv\ 

3)  Z  ah  a  rôt  h  ù  lui  m  sefirôt  min  qûr  ^sl}   ,j^    juo  ijU  -ili?, 

Ce   sefi  rôt,  =  soqotri   esfèroli,   rappelle  le  ^«^3    jnythologique,  es- 
pèce de  ij:vAA3,    Ij  A   et   Damîrî   s.  v.  ;  cf.  IDiJ  et  les  autres  formes  de 


|a  même  racine,  d'où  l'arabp  .«à^jc.  Cf.   -Oas  ici  p.  755  n 


ote. 


1018 
p.  229 ,  20  et  ss.  nous  lisons  :  v^lS ....  it^^î  ^  yio   pî 

^.,^.L3t:o.  C7m7w  5/6'r,  /î^?e  d'el-Barcf ....  cZ/^  au  Messager 
de  Dieu:  ^Messager  de  Dieu!  Est-ce  que  les  morts  se  con- 
naissent  entre  eux?'^  Le  Prophète  répondit:  „Les  âmes 
bonnes  sont  des  oiseaux  verts  ')  au  Paradis^  et  si  les  oiseaux 
se  connaissent  entre  eux  sur  les  sommets  des  arbres^  les 
âmes  se  connaissent  aussi."  —  Umm  Hânf  demanda  au 

Prophète:    &JJÎ   dy^^   3^   l-*i2*j    Ll>ù2ju    (j:_j^  iijja  !J»1   ,_5'yj' 

LpAavo>  j,  ;J*^fij.  ^Est-ce  que  nous  7ious  visiterons  lorsque 
nous  serons  morts^  et  pourra-t-on  se  voir  Vun  Vautre?" 
„L'âmej  répondit  le  Prophète,  est  un  oiseau^)  qui  se  perche 
sur  Varbre,  jusqu'à  ce  que,  au  jour  de  la  Résurrection^ 
chaque  âme  rentre  dans  son  corps",  ibid.  p.  337.  Cette 
idée  est   certainement  renfermée  dans   Qor.   II  v.  262: 

^\  ^J^  'ijijj  j^i.  Ces  quatre  oiseaux  seraient  :  le  (^w^LL, 
paon,  le  é^_c>,  coq,  le  lj'jC,  corbeau,  et  la  mIit,  colombe. 

Chez  les  Egyptiens,  l'oiseau  avait  une  signification 
tératolgique.  L'oiseau  Ben  nu  est  l'âme  d'Osiris,  qui  est 
figurée   sur  un   arbre  au-dessus  du  tombeau  de  ce  dieu^ 


•1)  Lisez  ainsi,  au  lieu  de  ^J''À>o!,  à  cause  du  pluriel  suivant. 

2)  La  couleur  verte  était  celle  de  la  Résurrection  chez  les  Baby- 
loniens. C'est  le  Hidr  qui  renaît  toujours  et  se  manifeste  dans  la 
verdure  qui  couvre  la  terre. 

3)  Il  ressort  de  ces  deux  textes  que  ,xIj  est  coll.  et  n.  unit., 
ainsi  que  les  lexicographes  l'ont  aus.si  relevé  et  appuyé  de  nombreux 
exemples,  LA  VI,  180  et  ss. 


1019 

Erman  o.  1.  p.  368.  Sur  Bennu  =  Phénix,  voyez  Hommel 
A  A  p.  217')'  Il  faudrait  rechercher  quel  rôle  mytholo- 
gique ces  oiseaux  jouaient  chez  les  Babyloniens,  car  il 
s'agit  certainement  ici  d'une  ancienne  conception  sémi- 
tique. K  A  T^  p.  429.  Cf.  Jacob  B  L  p.  143  et  les  endroits 
y  cités.  De  Goeje  Z  D  M  G  59  p.  409.  Encore  aujourd'hui 

la  chouette,   qu'on   appelle   iUJ-o,  minineh,   en   Datînah 

et  ailleurs,  est  un  oiseau  funèbre.  Lorsqu'elle  ulule,  ^y, 

c'est  un  présage  de  mort.  Le  mot  n'est  pas  arabe.  J'ose 
avancer  une  hypothèse.  La  conception  est  ancienne,  cela 
n'est  pas  douteux.  Il  faut  donc  se  tourner  vers  la  Baby- 
lonie,  d'où  l'ancien  esprit  sémitique  éclaire  à  présent  nos 
recherches,  grâce  aux  travaux  de  nos  savants  assyriolo- 
gues.  Ninni  ou  Innanna  était  le  nom  soumérien 
d'Istar  d'Uruk,  devenu  ensuite  Nanaï  ou  Nannaïa. 
La  déesse  de  l'amour  est  jalouse  et  elle  amène  la  per- 
dition de  ceux  qui  lui  entravent  ses  amours:  elle  fit  tuer 
son  amant  Tamoûz,  le  printemps,  qui  meurt  par  l'ardeur 
du  soleil  d'été.  Tout  le  monde  le  pleure.  Peut-être  de  ce 
Ninni-Nannaïa  a-t-on  fait  notre  minineh,  oiseau  du 
deuil  et  des  ténèbres?  Nous  avons  un  cas  analogue  qui 
est  absolument  sûr.  L'hirondelle  est,  dans  le  Nord  et  en 

Syrie,  appelée  '»^y^  (vlr^>  n-  g^n.),  que  Fraenkel  F  W 
p.   118,   d'après  Freytag,  constate  aussi  pour  l'araméen: 


1)  Il  n'est  pas  sans  importance  de  noter  qu'el-IIamdânî,  dans  son 

ôezirah,  identifie  LiLo^  p.  3G  (et  ^J:^^y>  p.  37)  avec  le  Yéman.  Le 

souvenir  du  séjour  primitif  des  Phéniciens  dans  l'Arabie  méridionale 
n'était  donc  pas  encore  offusqué  chez  les  savants  arabes  au  lOe  siècle 

de   notre  ère.  Cf.  ici  p.  808  note  sur    ij^y^ • 


1020 

^^n''i^iD.  Or,  l'hirondelle  était  l'oiseau  sacré  d'Istar.  Elle 
dit  dans  un  hymne:  „dans  la  bataille,  j'y  vole  comme 
une  hirondelle,  kîma  sinûnti,  KAT^p.  429  et  p.  431 
et  note  5,  iLo^-w  U/  en  arabe*).  Le  nom  est  donc  le 
même  en  babylonien  et  en  araméo-arabe.  Zimmern  incline 
à  y  voir  le  nom  de  S  in,  mère  d'Istar,  p.  431,  note  5^), 
tandis  que  Hommel  G  G  G  p.  228  note  1,  le  considère 
comme  étant  un  ancien  mot  schytique,  d'où  viendraient 
aussi  ;^îfA55wi/  et  hirundo.  C'est  ainsi  que  l'antiquité  vit 
encore,  si  l'on  se  donne  la  peine  d'ouvrir  les  yeux. 

Voilà  pour  l'existence  de  cette  conception  chez  les 
Arabes.  Il  faudrait  à  présent  rechercher  d'où  elle  vient, 
car  nous  avons  sans  doute  ici  affaire  à  un  ancien  ordre 
d'idées  oriental.  Dans  la  Descente  aux  Enfers  d'Istar, 
KB  VI  I  p.  81  =  Dhorrae  p.  213,  il  est  dit,  à  propos 
des  habitants  des  Enfers,  de  la  demeure  sans  retour, 
entre  autres  choses:  ,^0ù  la  poussière^)  est  leur  nourri- 
ture, et  leur  aliment  est  de  la  houe;  ils  sont  vêtus  comme 
l'oiseau,  d'un  vêtement  d'ailes;  ils  ne  voient  pas  la  lumière 
et  dans  l'obscurité  ils  demeurent."  Presque  la  même  des- 
cription des  Enfers  dans  l'épopée  de  Gilgames  K  B  VI,  i 
p.  189  =:  Dhorme  p.  327.  Je  ne  sais  ce  que  c'est  que 
ce  s  u  b  a  t  k  a  p  p  i,  que  Jensen  traduit  par  Fliigeltuch  ou 


1)  Dans  le  poèmo  du  Déluge,  Dliornie  p.  Il 4  v.  151  lit  sinûndu, 
ce  qui  revient  au  niôtne. 

2)  Hirondelle  est  en  mehri  bel  y  en,  ZDMG  27  p.  2G0,  que  G 
llodiuann,  Z  A  XI  p.  216,  fait  venir  »de  sunûnû-în,  car  s  devient 
en  mehri  h  et  tombe;  n,  par  û,  devient  m  et  b;  1  dissimilé."  S  peut 
devenir  h,  cela  est  vrai,  mais  le  reste!  Le  savant  professeur  de  Kiel 
me  permettra  de  douter  d'une  telle  ("'volution  extraordinaire. 

3)  Ipru=  jàc,  poussière.  Cf.  !y>   J^!. 


1021 

Flûgelkleid.  La  chouette'^),  kasu,  est  bien  mentionnée 
KB  VI,  p.  226  V.  31,  mais  elle  n'y  semble  pas  avoir 
une  importance  particulière.  On  est  tenté  de  voir  dans 
cette  description  l'origine  de  la  croyance  à  propos  du 
hibou,  oiseau  des  ténèbres  qui  „ne  voit  pas  la  lumière 
et  demeure  dans  l'obscurité." 

43,  10:  wug'al.  é^  Jot:>  ou  eU  Joc>r.  est  une  for- 
mule d'imprécation  et  de  malédiction,  pour  ^JJ!  eU  Js*:> 
iL-uycsx,  que  Dieu  te  fasse  venir  un  malheur!  J'ai  déjà 
dit,  p.  46,  que  wug%ll  y  a  était  la  forme  récitée  de 
tout  le  monde,  mais  qu'on  chantait  w  u  g-'^al-l  a-y  â  :  -  -  w  _. 
La  préposition  J  paraît  donc  dans  le  chant,  mais  le  y  a 
suivant  rend  cette  construction  très  bizarre.  La  version 
du  vers  est  bonne.  Je  me  le  suis  fait  réciter  par  des 
douzaines  de  personnes,  et  c'était  toujours  la  même  teneur. 
Il  faut  donc  compter  avec  ce  que   nous  avons  devant 

nous.  Wug'al  est  pour  jJo-^  =  Jatq>3  ;  il  fallait  lis,  ce 
qui  n'allait  pas  avec  le  mètre,  mais  wug'all,  qui  était 
toujours  ainsi  prononcé,  renferme  deux  1,  dont  le  dernier, 
ayant  sa  note  à  part  dans  le  chant,  aurait  pour  complé- 
ment y  a  kulle  ^awdeh,  =  laku  lie  =  jL<J.  Je  ne  trouve 

pas  une  autre  explication.  RO,  p.  153  note,  dit:  „ Comme 
imprécation,  on  se  sert,  la  plupart  du  temps,  de  meg'^al 
avec  la  préposition  1,  p.  e. :  meg^al-lek  srâf  u  wega"- 
ttraf,   que  (Dieu)   te  donne  de  la  folie  et  des  douleurs 

aux  extrémités."  Il  l'explique  selon  §  104  comme  Joisl  U  =: 

Joii^,  dont  j'ai  parlé  La  Langue  arabe  p.  55  et  s.  Mais 
ce  n'est  pas  le  même  cas.  On  lira  I  Ya'îs  p.  1468,  a. 


2)  Traduction  incertaine  selon  Zimmern  et  Ilommol. 


1022 

43.  10:  'awdeh.   o^,  vieillard,  ZDMG  49  p.  133, 

M,   p].    Ajy:,  ce  qui  est  aussi,  et  surtout  comme  pluriel 

de  5j^,  vieille  femme.  Dans  le  Nord,  o^  fait  le  pi.  oyTl, 

et  &o^  fait  oLvc.  Ces  mots  s'appliquent  aussi  aux  ani- 
maux. Hess,  Bemerk.  zu  Doughty  p.  5:  „»->>&  dite  Hun- 
clin,   Eselin  oder  Stute."   Haftner  A  L  p.  77,  9  :  ùy^  et 

sj^,  vieux  chameau  et  vieille  chamelle,  ô^,  cheval,  Burck- 
hardt,  Reisen  p.  703,  et  Bel,  La  Djâzya  p.  122.  Selon 
Hartmann  L  L  W  p.  98,  o^  et  su)^,  cheval  Qt  jument^ 
ont  ce  nom  après  10  ans  passés,  chez  les  Bédouins  nord- 
africains  du  côté  de  l'Egypte,  ao^,  Socin  Diw.  HI,  p.  294  : 
Aller  Gaul;  Beaussier:  jument,  comme  chez  Stumme 
T  T  B  L   V.  35.  Oj£  est  en  'Oman  grand,  R  0  p.  92,  de 

même  qu'en  salihî,  BBRAS  1902  p.  260.  c>y^,  deve- 
nir vieux,  homme  et  animal,  mais  Jb,  o,  et  4;^,  se  dit 
seulement  des  choses. 

43,  12  :  y  i  s  1 0  b  n  i.  v^>  o,  pousser,  chasser,  wegjagen. 
I  é  1  ù  b  e  m-b  a  u  s  b  a'î  d  min  t  î  n  i,  chasse  le  bétail  loin 
de  ma  terre.  lélôbu  hâda  ilçlf  yitnahmar  "^alêna, 

chassez  celui-là  qui  criaille  contre  nous,  =  Jaic  G  0.  j>!jI 
v.i>^i  ^\  ^c^JUi,  le  froid  m'a  poussé  à  la  maison  =  i^c^^^p 
j^^Lw  ou  (^c-LuÀc  G  0.  v^JUio  ^jt>/  o-ol  K^),  écoute  comme 

le  froid  siffle  %  Iddeyyènt  minneh  ugât  em- 
'^àdeh  uhû'  yiélobni  fîha  (se.   qartahr=  iu^^),  je 


1)  «Parce   que    le   froid    fait  du  bruit",  me  dit-on.  Je  ne  le  com- 
prends pas  bien. 


1023 

lui  ai  emprunté  de  l'argent^  le  terme  (de  le  rendre)  est 
venu,  et  il  me  talon7ie  à  cause  de  ce  prêt.  Ce  thème,  qui 
ne  figure  pas  dans  les  dictionnaires  arabes,  se  rencontre 
peut-être  dans  une  inscription  proto-arabe  chez  Halévy 
Nouvel  Essai  sur  les  inscriptions  proto  arabes  p.  17  N°  76a, 
en  même  temps  que  ^j^^y  frapper  (et  class.  laver\  qui, 
tous  les  deux,  ne  s'emploient  que  dans  le  Sud;  ma  La 
Langue  arabe  p.  59. 


13. 

El-l.iaggâm. 

46,  24:  hûrtak  ou  hôrtak  48,  20,  pi.  hawar,  la 
fosse  de  l'occiput.  La  prononciation  hôrah  n'indique  pas 

nécessairement  que  ïj^  soit  la  vraie  forme.  Comme  la 

plupart  des  mots  qui  signifient  trou,  fosse  sont  sur  Joù 

ou   &JL«,  Hdr  p.   252  et  s ,  je  crois  qu'il   faut  voyeller 

'^jy>.   Cependant,  si  l'on   compare    v>  et  ^yi,  on  serait 

tenté  de  préférer  la  forme  '6.»^.  Le  mot  me  paraît  être 

le  diminutif  de  .y>,  baie,  crique,  fosse,  Gloss.  et  Pr.  et 
Dict.  p.  128. 

46,  25:  lisez  em-qahwah. 

47,  2:  yimoqq.  3^,  o,  —  J^,  o, ')  sucer,  inf.  jiJi^ 
et  ^^.^^^r^^,  ou  ,j^'^^  4:8,  23,  mhiz  K.  el-Mahâsin  p.  15, 
15.  xj«_yj>!  vjuj  ^y,  Venfant  se  suce  les  doigts;  aussi 
Syrie:   ^^y^,.   ^^    JujJi    qmI,-    ÛI   .LàxaJ!  oij^l,  ^65  pe^eYs 

enfants  sucent  la  mamelle,  Syrie:  yl«JI  (^wa,-,  tu  suces  le 
sucre.  La  seule  différence  entre  ces  deux  verbes  serait 
que   u-:ixi  est  plutôt  suçoter.   A   l'Est  de   Dt,  y>,   i,  est 

1)  r\)î,'Q  et  pD,  sMCtv. 


1025 

fumer  la  cigarette  ou  le  b  ù  r  î,  =  Dt  ^,  o.  Comme  ce 
verbe  a  le  sens  de  serrer,  il  faut  croire  qu'il  n'est,  dans 
ce  sens   de  fumer,   qu'une  variation  dialectale  de  u^sx, 

comme  les  classiques  i  et  u^,  suppurer  (plaie)  Haffner 

A  L   p.  45,   c.    Une  autre   variation   phonétique   de  \Jla 

est  ^%x),  boire,  sucer,  La  langue  arabe  p.  65.  Mag- 
geyt  em-mâ^  di  fim-qadali,  tu  as  bu  (ingurgité , 
humé)  l'eau  qui  était  dans  le  verre,  aussi  en  Syrie, 
y, ,«  ■-'^v.jyviî  ^^^  fL^\j<Aj\  le  ventouseur  suce  la  ventouse. 
Dans  la  lurah,  c'est  tout  le  contraire.  Diw.  Hodeyl. 
Wellh.  N°  142  v.  6  et  N°  251  v.  \Q.  J^\  J^  idL^JS!  ^>*^:., 

il  fumigote  le  narguilé  toute  la  journée,  Syrie,  bj^î  ^^-^''r.' 
il  buvotte  toujours  du  café,  Syrie.  Le  tunisien  ;,x^,  na- 
schen,  Stumme   T  Gr.  pp.   37   et   180,   me  paraît,  être 

w     3 

un  dénominatif  de  ^.vo. 

47,  4:  sufra.  «^à*,  pi.  ^,  pour  ^su^,  morceau  de 
peau  de  mouton  ou  de  chèvre.  On  dit  au  cordonnier, 
yy>:  en  déni  sufra  bilhzim  [ou  bâhizziml  hâ- 
dâti,  donne-moi  un  morceau  de  cuir,  je  veux  raccom- 
moder ma  sandale. 

47,  7:  yisli.  JUi,  i,  scarifier,  =  d^^,  o,  hors  de  Dt, 
91,  4  et  note.  Le  premier  est,  en  Dt,  le  terme  technique 
pour  scarifier  dans  le   métier  de  ventouseur,  le  second 

l'est  de   même  hors  de  Dt,  49,  4.  ^J^,  pi.  ^c^L^,  47, 

17,  Vendroit  scarifié,  et  ^_JuL«,  lancette  o\x  instrument  avec 

lequel  on  scarifie  =  lidr  -LuiÀ<.  Sur  les  masâlî,  scari- 
fications sur  les  joues,  voyez  mon  M  S  p.  29  et  Snoiick, 


1026 

Mekka  II  p.  120,  ainsi  que  le  portrait  fort  intéressant  d'un 
Bédouin  Qara  dans  B  B  R  A  S  vol.  II  (1844-1847)  p.  195. 
Cf.  -byi  Gloss.  s.  V..  ^  JLi,  i,  est,  en  Mésopotamie,  ap- 
peler, Meissner  MSOS  VI  p.  118  N°17  v.  3. 

47,  7:  m  a  (.1  lab.  LjJiix  est  une  pe^zie  ^ame  qui  se  trouve 
dans  le  manche  du  couteau;  elle  est  retenue  par  un 
petit  ressort.  On  s'en  sert  aussi  pour  se  raser,  tandis 
que  la  grande  lame  s'emploie  pour  égorger  un  animal, 
couper  la  viande,  etc. 

47,  9:   etwasset.   (j^y  =  ^J>J  G  0.  ^^'^  (rare)  = 

^c*y ,  se  dégonfler,  s'amollir ^  se  relâcher,  devenir  moindre. 

(jrij,  dégonfler,  relâcher,  amollir,  desserrer,  diminuer  la 
quantité  de  qqc.  BaM  em-sîreh  wasiet  batni  qa- 
lîl   u   kânet   mil  ha  h,   après  la  marche,   mon  ventre, 

de  plein  qu'il  était,  s'est  dégonflé,  éj^  J^  v'^^'  lt^i 
desserre  le  vêtement  sur  ta  taille.  (^  ^Jlà^  _^  "^  v_;*-' 
^ji^'ij  s-lo  kLa  o-*^,  si  l'outre  est  pleine,  tu  en  verses 
de  l'eau,  et  elle  se  dégonfle,  ijjx^î  ,j^  ci^v^_^>'  ^  ^y  ^>  j<^ 
vais  faire  halte  ici  à  l'ombre,  car  je  suis  éreinté  par  la 


-û  5  -  O 

\)    Pour    Ui*^,  de  \_iiJot ,    remplir,    oi^^x    |jL*o"4> ,   Vhomme 

o  - 

est  plein  de  lui-même^  ^^ljt«-i;,  pétulant,  présomptueux.  Le  sudara- 

bique   oi^,   être  plein,  0»>j',   remplir,  est  bien  le  class.  ouj"   et 

^Li'l,  Tab.  I  p.  1090,  7,  d'où  la  variante  phonétique  oi>^0,  reîJip/ir, 
L  A    XI    p.   390,  G  d'en  bas  (dont  la  racine  est  contaminée  puisque 

c'est  un  lAxoi. 


1027 

marche  =  c^^^y»'!  et  c>^à=>j  G  0.  ^^^3  JdfJ,\  (pour  J^yî, 
inf.),  to  ligature  est  relâchée  (locker).  t*^  Ù  JJ"  "^t  .yJî 
^^  f^>:*^.  iuLj  ^y^'î,  lorsque  le  taureau  mange  jus  qu'' à 
ce  quHl  soit  rassasie',  son  ventre,  le  matin,  est  (cependant) 
vicie  de  nourriture,  ^c^^  a^>r^^3  e_c*y^  J^  J5i*^  ^î'  £^j*^^ 
Za  6apwe  etozi  d'abord  serrée  au  doigt,  mais  à  présent 
elle  est  lâche  (elle  branle  au  doigt).  J^^  qLwJÎ,  u7i  homme 
lâche,  mou,  non  courageux.  iÇui^,  Uc  ,  c'est  qu'elle  est 
dissolue,  femme  de  mœurs  relâchées. 

47,  13  ;  w  a  h  h  à  m  h  a.  ^^3  =  ^j^i  G  0,  supposer,  cal- 
culer à  peu  près. 

47,  14:  neta'^ha.  Sur  le  verbe  «lai,  arracher,  weg- 
riicken,  voyez  Arabica  V  Gloss.  s.  v.  et  Hdr  Gloss.  s.  v.. 
Les  significations  que  Glaser  donne,  Abessinier  p.  48,  à 

^  et  à  ^^  sont  absolument  inconnus,  aussi  bien  dans 
le  Yéman  que  hors  de  là,  et  l'hébr.  ytoi  ne  s'y  prête  pas 
non  plus  comme  sens,  '^-^^  0,  est  dans  le  Sud  arracher 
les  poils  ou  les  plumes,  auszupfen,  mehri  fallen,  heraus- 
fallen  Jahn  M  S  p.  218.  Peut-être  Jiaj,  wfer,  des  ""Anazeb, 
=  ^,  renferme -t-il  la  même  idée  :  tirer  à  soi,  zu  sich 
riicken.  Dans  notre  dialecte,  Jdù  est  tomber,  et  Jjo,  ar- 
racher =  .1,^.  ^^;.es^3  iA*j3  vi>>.4.x>3  ^c^'  à  uoJjjt  u:^T  "::3 
ijiU-l  (5  J-j'J  (j^^\  '^L>^3'  Lorsqu'elle  (la  femme)  a  flan- 
qué le  rond  de  pâte  dans  le  four  et  mis  le  couvercle^  elle 
l'ouvre  ensuite  et  trouve  que  le  rond  de  pâte  est  tombé 
dans  le  fond.    Wetzstein,   ZDMG   22   p.    121,  dit  que 


1028 

*Ltj  est  =  ^Lv.  Voyez  ici  p.  796.  Ce  qu'il  y  a  de  sûr, 
c'est  que  la  racine  iai  (c>J)  renferme  un  mouvement 
brusque. 

47,  14:  ramad,  avec  ce  commentaire  en  dialecte  de 
^dr:  Yihôttu  er-rmâd  fi  zembîl  uyilgi  hufra 
wasàt  er-rmâd,  uyihrig  ed-dam  fil-mahgam  yi- 
kubbuh  fir-rmâd  elmêd  (mingàl  Dt)  ed-dam  ma 
yehèrr  (yehirr  ou  yesîl  Dt).  On  met  les  cendres 
dans  le  panier  et  Von  fait  un  trou  au  milieu  des  cendres. 
Le  sang  sort  de  la  ventouse,  et  il  le  verse  dans  les  cendres 
-pour  que  le  sang  ne  coule  pas  par  terre. 

47,  15:   mûwal  =  J^UÏ  =  J^"^!,  comme  1.  17  mas- 

47,  18:    nibzet.    s^,  pl-  j^j,    est   une   toute  petite 

quantité  d'une  chose  qu'on  peut  saisir,  brin^  flocon  =  syr. 

i^.  Le   verbe  ^j  o,  i,  est  arracher  z^:.^.  iU:^*;!  oj^j 

io^l  ^^^  j'ai  arraché  V arbre  du  champ,   ^-j^  ^j^  -«^io 

yij}j3  xiL^Î,  ils  l'arrachèrent  au  milieu  de  ses  compagnons., 
c'est-à-dire,  27s  le  tuèrent.  Une  imprécation  est:  tij^yu  Lv-x, 

puisses-tu  périr  .'■='ij^  dUi)  Lv^  ou  sjxJ  ê^  Jsjo-,  se.  eVJ^, 
comme  sujet. 


\)  Obs.  ici  La«£  dans  le  sens  primitif  de  faire:  v.  p.  593  note. 


14. 

El-ha^gâm  en  dialecte  hadramite. 

48,  20:  yis'alak.  En  Dt  Jlw  n'est  pas  employé;  on 
y  dit  ^. 

48,  22:  lisez:  uyi'allig. 

49,  1:  utiltaf  pour  tiltàff.  Exemples  analogues  de 
^:;î!  Hdr  p.  114  v.  9,  p.  67  v.  23:  tèhtam  =  ^- ;  p.  114 

V.  9:  fitak=:^Vjiî.  Ces  formes  sont  ici  assurées  par 
le  mètre.  Par  cette  prononciation,  les  nouvelles  formes 
^  et  dUs  ont  surgi,  mais  elles  n'existent  pas  dans  le 
dialecte  de  Dt.  Ce  reculement  de  l'accent  n'est  pas  non 
plus  étranger  à  la  1  u  r  a  h,  comme  on  peut  le  voir  chez 

Vollers  V  S  p.  136  et  Tab.  Gloss.  s.  v.  I,. 
49,  1:  beéra.  yio,  morceau  de  peau -=1)1  3^,47,4, 

49,  1  :  z  a  r  r  a  t  =  i.'^j  G  0.  M  e  h  y  u  m  =  ^:<=\^. 

49,  4:  faéàtuh.  iiixj,  o,  i,  est  en  Hdr  et  chez  les 
"Awâliq  scarifier  et  faire  une  incision.  On  fait  une  idaii, 
incision^  à  l'arbre  pour  en  retirer  le  q'^^,  résine,  et  le 
^^.,LJ,  encens^  ou  pour  en  boire  le  u\^,  comme  chez  les 
Bâ  Kâzim.  -Ll^o  ,  intensif  do  la  U-ie  forme. 


1030 

49,  7:  ilân=r  J  ^t,  cf.  p.  474  note.  Hors  de  Hdr., 
on  dit  lîma,   lima',  il  ma,  ilmâ"*,  làmma,  alàmma. 

49,  7:  enzûë"  pi.  de  ^^,  fois,  mais  seulement  en 
Hdr.  c  ^  est  véritablement  ôter  la  ventouse  ou  l'instru- 
ment à  scarifier  comme  dans  la  drolatique  description 
d'un  ventousement  dans  Gâhiz,  K.  el-Mahâsin  p.  15  en 
bas,  où  -IjJ:^  est  =  notre  J^^,  j.Jlo  =  notre  a4^c<*,  et 
la  trousse  du  ventouseur  :=  %>.  Les  mots  de  signification 

analogue  ^i  ^jj  sont  yi^x^,  (ji^,  ^^,  3jSc>,  byo. 

49,  8:   el-'asër  =  Joli^   Hdr  et   Beyhân.  J^cL;  -/?vit, 

Za  ^toze  suppure  du  sérum.  ^nIï,  suppurer  du  pus.  ^\5w, 

suppurant,  fut  prononcé  m  e  q  î  y  i  li  par  les  Datînois,  mais 
mugeyyih  par  les  Beyhânites! 

On  sait  qu'en  Orient  on  guérit  tous  les  maux  par  les 
ventouses  et  le  fer  à  cautériser.  Un  proverbe  du  Sud  dit  : 

^yCJÎ  ^h»,  (jXixJ!  Orb  j,  xoLsl!!,  la  santé  est  au  bout 

du  couteau  à  scarifier  et  au  bout  de  l'instrument  à  cau- 
tériser'^). Comme  la  maladie  vient  d'Allah,  on  lui  laisse 
aussi  le  soin  de  guérir  ;  voyez  Baudissin,  Esmun-Asklepios 
dans  0  S  Festschrift  de  Nôldeke  H  p.  730  et  ss..  Sur  le 

j*.^,  on  lira  Bohârî  VH  p.  124  et  s.  (K.  et-tibb).  Abu 
Hind  était  le  ventouseur  du  Prophète,  qui  se  louait  beaucoup 
de  l'effet  de  ce  traitement,  Tab.  I  p.  1336, 1.  Hisam,  Tradact. 
Weil  I  p.  342.  On  ne  doit  pas  payer  le  ventouseur,  Boh. 
VII  p.  169  [B.  man  la'an  elmusauwir],  mais  le  Prophète 
donna  à  Abu  Tayyib  deux  §â'  de  blé,  ce  que  les  maîtres 


1)  Sur  le  ^_c^,  voyez  Burckliardt  Beduinen  p.  74. 


1031 

de  celui-ci  n'approuvèrent  pas,  Boh.  III  pp.  79  et  93,  VII 
p.  125  [iljJî  ^^  mI^\  v_jIj].  Encore  aujourd'hui,  on  ne 
le  paie  pas,  mais  on  lui  donne,  par  gracieuseté,  du  blé, 
exactement  comme  le  Prophète,  ici  p.  47  fin.  Le  Pseudo- 
(jâhiz,  Tria  Opuscula  p.  32,  dit  que  le  ha  g  gâ  m,  de  n'im- 
porte quel  pays  et  de  n'importe  quelle  classe,  aime  le 
vin.  Voyez  Nôldeke  Fûnf  Mo^all.  III  p.  29,  Jacob  Studien 
in  arab.  Dichtern  I  p.  43,  Dougthy  Travels  I  p.  492,  Nie- 
buhr  Beschreibung  von  Arabien  p.  131,  Burckhardt  Be- 

duinen  p.  75.  Il  est  curieux  qu'en  tunisien  f*^F\^  ait 
pris  le  sens  de  raser,  J,  et  de  se  raser,  Stumme  Tun. 
Gr.  Gloss.  s.  V.,  Sedira  Dict.  p.  919,  Beaussier,  s.  v.. 


CI» 


15. 

El-mîfa. 

^_juA  se  dit  à  Aden  et  au  Yéraan   mû  fa    (=  |^^y«), 

éth.   ^^-T.   Le   mot   ne  figure  pas  dans  I.  Sîdah  ;  il  ne 

parle  que  de  ^l,i  et  de  iJU,  V  p.  7,  s  d'en  bas.  L  A  XX 
p.  280,  seul,  a  ^^J>^  et  sLà^^.  Il  rapporte  qu'un  Bédouin 

dit  ù  son  cuisinier  :  o^^y-  -^-^^.  ;jn=>  Aàk^  i_jG>,  ce  qu'il 
explique  par  ^L^^l  ^^^y^^  ^-^^  ç$'  v^>  niais  I  p.  352, 
9  d'en  bas,  il  dit:  v«i3.  (j-djil  JUu^  ^^xL»  ^5!  ^_JL>  Ji. 
C'est  là  la  vraie  signification  de  v^,  ainsi  qu'on  peut 
le  voir  dans  notre  texte.  Mais  ce  ^^â*Sj,  de  même  que 
Jjù\  vJlX  ^c«r^',  doit  être  une  faute  de  copiste,  très  an- 
cienne,  pour  ^jjIj  et   .yjù\  (j-Jj  ^^^'.  La  confection  du 

tannûr  est  bien  élucidée  par  notre  N°  16,  commence- 
ment. Un  verbe  lii,  ^i'  ou  li.,  j^  n'existe  pas  en  arabe, 
mais  l'hébreu  a  nçN*,  Gen.  19,  5,  ''DN!  et  l'aram.  i^j,  cuire 
du  pain,  =  hB\)yl  epû  K  A  T''  p.  650,  KB  VI  p.  170 
v.  72  et  p.  522:  ipû.  Jensen  est  d'avis,  0.  et  1.1.,  si  je 
le  comprends  bien,  que  le  sens  primaire  de  ipû,  cuire 
du  pain,  serait  „platt  niederwerfen".  Cela  concorde  très 
bien   avec  notre:   ^^à^f    ^^-P"    j^    L^xUli^    (J^U^M    v^', 


1033 

p.  51,  9,  10.  Il  émet  l'idée  que  riD^^  pourrait  bien  être 
emprunté  de  l'assyrien,  et  Zimmern  se  range  à  cet  avis. 
Halévy,  OS  Festschrift  de  Nôldeke  p.  1023,  y  objecte 
que  ncN*  est  aussi  araméen.  Je  crois  que  nous  sommes 
en  présence  d'un  vieux  mot  cultural  sémitique  dont  le 
point  de  départ  ne  se  laisse  pas  déterminer.  Il  doit  pro- 
venir du  pays  oii  l'on  a  d'abord  fait  le  pain  de  cette 
façon,  ce  qui  est  impossible  à  fixer.  Le  sudarabique  ^^.^ 
ne  peut  pas  être  un  emprunt  araméen.  Fraenkel  F  W 
n'en  parle  pas  du  tout.  Rôssler,  M  S  0  S  III  p.  29 ,  6 
d'en  bas,  a  mû  fa,  qu'il  traduit  par  iîzVseôrod  =  ce  qu'on 
fait  au  môfa. 

50,  3:  tingorah.  ^,  o,  ouvrir  la  terre  avec  un  pic 
ou  une  barre  en  bois  dur  pointue,  aushacken.  On  ne  tra- 
vaille jamais  avec  une  pelle  ou  une  pioche.  Comme  on 

rabote  toujours  avec  Verminette,  j:srux),  on  comprend  que 

yp  a  aussi  pris  le  sens  de  raboter.  Mais  il  faut  savoir 
que  notre  rabot,  en  Syrie  a^ii,  est  d'invention  moderne 
et  que  le  rabotage  ne  se  fait  pas  avec  un  tel  instrument. 
Le  mot  est  déjà  babylonien,  Hdr  p.  350  et  s.  Les  clas- 
siques ,^ ,   Freytag  Proverbes  II  p.  327,  et  xs-x'^ ,  ibid. 

II  pp.  317,  327,  335,  757,  Ferazdaq  ZDMG  59  p.  616 
V.  3  et  d'autres  sawàhid  dans  L  A,  I  Sîdah  II  p.  147: 

origine,  forme,-  etc.,  s'expliquent  facilement,  Hdr  p.  351. 
L'incertitude  de  Fraenkel,  F  W  p.  255,  n'est  pas  motivée. 

Ce  savant  veut,  avec  NOldeke,  que  'J^  soit  un  dénomi- 
natif de  ,L:^J,  0. 1.  p.  254.  Cela  n'est  point  le  cas.  En 
babyl.,  nagga  ru,  charpentier,  Winckler  G  II  Gloss.  p.  107, 


1034 

ou  nangâru,  d'après  Del.  Gr.  §65,  et  le  thème  na- 
gâru  doit  bien  signifier  quelque  chose  qui  se  rapporte 
au  travail   du  naggâru,  Jensen  Gil.  Epos.  p.  41,  Cod. 

Hara.  §  235  ;  cf.  yij.  Si  p>  J  est  le  dénominatif  de  'l^:^, 
il  n'aurait  pu  prendre,  dans  le  Sud,  le  sens  que  je  viens 
de  donner').  D'après  I  Doreyd  GHB  p.  266,  ^  est  tLiï. 

y>y,  Hdr  p.  300,  5  =  L  A  VII,  p.  45,  s  d'en  bas,  Mo- 
""arrab  p.  10,  me  fait  l'effet  d'être  un  mot  yémanite  pro- 
venant de   notre  yp.   L  A  III   p.   199  et  Gawâlîqî,  Mo- 

""arrab   p.   tfv,  disent,  à  propos  de  _^  et  _Jj,  que  la 

forme  -<J  est  yémanite,   fléau  'pour  battre   le  hléz=zh. 

présent  ^UU.  Ils  considèrent  les  deux  mots  comme  J^^ 

parce  que,  selon  el-Mo*^arrab  p.  tfv,  dans  un  mot  arabe, 
n  et  r,  ne  se  trouvent  pas  ensemble,  ce  qui  est  archi- 
faux.  D'après  el-Asma'î,  ^y  serait  une  métathèse  de 
„^i  (_.^y),  Sifâ  elrahl  p.^  227,  et  L  Doreyd,  LA  VIT 
p.  45,  Hdr  p.  300,  ne  le  tenait  pas  pour  un  mot  arabe 
pur.  Les  deux  opinions  me  paraissent  gratuites,  car-^y 
est  sans  doute  primaire  et  de  l'arabe  yémanite  pur. 
Fraenkel,  F  W  p.  134,  veut  que  y>^  soit  une  métathèse 

de  ici-.j,  (qui  n'existe  pas;  il  veut  dire  „^y,  soc  de  la 
charrue)  et  „formé  par  analogie  avec  _^y,  inusité  dans 
le  Higâz."  Il  s'ensuit,  de  ce  raisonnement,  que  les  Higâ- 
zites,  entendant  le  yémanite  _  .y,  en  auraient  fait  leur 
yry^'  Mais  qui  nous  assure  que  ^y>  fût  seulement  higa- 

1)  Nôldeke,  Mand.  Gr.  p.  120  note  2,  veut  même  que  le  i3'l«  des 
mcHiers  ne  soit  pas  originairement  arabe,  mais  aramôen.  Je  n'ai  pas 
('■tiiilié  la  question,  mais,  à  priori,  cela  me  semble  peu  probable. 
L'araméen  est  devenu  le  bouc  émissaire  des  Arabes  ! 


1035 

zite?  Si  le  syrien  -^y,  traîneau  pour  battre  le  blé,  est 

pour  „  .y,  il  faut  que  ce  changement  se  soit  produit  de 
bonne  heure,  car  les  Hébreux  disaient  aussi  J^il?!.  Le  fait 
est  que  y>o  et  -^y  ont  le  même  sens,  tandis  que  ^iilD 
et  „  .y«  désignent   un   autre  objet  pour  le  même  usage. 

L  A    dit   du    verbe     <^  :    .L:^u^    o^^    ^'^  -5  ^'^'  '^^'^'' 

Cela  est  encore  vivant  dans  le  Sud,  où  l'on  dit  :  La^xjL.  ^^* 

il  le  frappa  avec  le  bâton.  cX-^JL  s.^,  il  le  frappa  avec 

la  pierre  7=  x^^^.    ,^ii^,  pi.   .:>-lx^,  herminette  et  pic  avec 

lesquels  on  travaille  la  terre,  en  frappant  avec  pour  creu- 
ser. Meissner  M  SOS  Vil  p.  6,  a:  „nâgâr,  yenâgir  = 
beim  Kaffeestossen  mit  dem  Schldgel  {pilon,  voyez  plus 
haut  la  définition  de  L  A)   an  die  Wdnde  des  Môrsers 

{^^^\.9)  Uopfen.  Hiervon  wohl  abgeleitet  1°  viel  schwâtzen 
und  2°  an  Etwas  anstossen  (Weissbach)."  Tout  cela  est 
exact.   Dans   le  Sud,  ^'  avec  ô  ou   ^,  et  son  intensif 

^^o,  est   blaguer,  gasconner  =  ^}j^,  i, ')  c>-^  ou  c<Zj^ 

avec  J,  ou  simplement  plaisanter,  ,>;JLs  ^),  a,  et  j,%xi,  Y  i- 

niggirinna  =.  UJ  jS>'J^,,  il  nous  raconte  des  balivernes. 

yso^,  blagueur,  y^  j.^Li',  des  blagues.  C'est  aussi  bouil- 


\)  J^-w^,  aussi  courir  à  petits  pas  et  lentement,  trottiner,  suédois 
/i(«/ca,  =  Ji.,  0,  faire  du  bruit  en  marchant^  lorsque  les  vêtements 
cla|»otent  sur  les  jambes. 

2)  Son  synonyme  est  \J^^ .  Ana  qa"^àltëlak  el-yum,  je  plai- 
santais avec  toi  aMJoto'rfVjia "==  hessitt  1  ak,  tiU  i^^'Àjù:^^  .  Pour  les 
autres  sens  de  \J^ii  voyez  le  Glossaire. 


1036 

lir  62,  16:  .:^>u  tUî,  l'eau  bout,  =  .Ju .  ,:^jj  :<^^\  la 
marmite  bout.  Ce  sens  se  rapporte  au  son  que  produit 
une  matière  en  ébullition,  bouillonner.  On  comparera  avec 

cela  L  A  VII  p.  46,  où  il  y  a  j>ff^^  -^  —  ^r^""^'  ®^ 
être  bridant;  jJ>U,  chaleur  brûlante.  Je  n'ai  jamais  ob- 
servé ce  sens  de  bouillir  dans  le  Nord,  et  je  ne  saurais 
débrouiller  quelle  relation  sémasiologiiiue  il  y  a  entre  ^, 
creuser  la  terre  ou  couper  le  bois  avec  un  .^\^,  et  bouillir, 
faire  chaud.  Ce  sont  sans  doute  deux  racines  différentes. 

50,  3:  zehâf.  LiL=>;  (jL*s  des  instruments),  pi.  i^â:>j', 
pour  'iji=>jl  La  première  voyelle  du  pluriel  ne  paraît  dans 
la  prononciation  que  comme  un  son  prostéthique,  ainsi 
que  c'est  le  cas  de  tous  les  idsèt  •  dans  les  ioùî,  elle  tombe 

régulièrement.   >J^3  est  le   pieîi   qui   retient  le  soc  au 

timon.  wÀ:^;,  tailler  pour  donner  la  forme  voulue,  comme 

lorsqu'on  taille  un  pieu,  une  plume,  etc  :=  jJLe  et  ^J>^  = 
class.  et  dialect.  ^ô^. 

50,  4:  tehàllibha.  >_JLλ  liùlub,  n.  gen.,  est  la 
terre  mêlée  d'eau,  la  boue  compacte  produite  par  la  pluie 

ou  le  soi.  L  A  dit  :  vj"^'-'  vJ^'  l'-A-^'    -r^-^^^'î  v^-J^' . 

C'est  presque  la  définition   de   mes  Datînois.  On  voit  à. 

la  forme  ._Jl=>  que  le  mot  a  été  pris  au  langage  courant. 

>_JL>  est  gâcher  la  terre  et  la  pétrir  avec  les  mains  ou 
les  pieds  pour  bâtir.  Voyez  ici  p.  1032.  A  présent,  on  dit 

^esuj\  uJl>  et  non  ^jui\  «_J^  •  Stace  donne  p.  ]  QQ  iùy>, 
mud,  s.  V.  stuck.  Cela  se  dit  à  Aden. 


1037 

50,  9:  tarha  ii>^L>  est  \2i.  quantité  que  contient  la  main. 

50,10:  darga.  &^^,  pl-  ob-^o  et  c-l^,^  =  ^«^  G  0. 

Le  ^^2^-  du  Sud  correspond  au  .yj"  du  Nord,  Prov.  et 
Dict.  p.  14,  où  la  manipulation  est  décrite.  Les  Hadra- 
raites  disent  ^Lb',  Hdr   Gloss.  s.  v,.  R  Dwoh'ik,  Ein  Bei- 

trag  zur  Frage  ùber  die  Fremdwôrter  im  Korân,  a  publié 
un  long  article  sur  l'étymologie  babylonienne  de  ce  mot; 
voyez  aussi  v.  Kremer  Studien  z.  vergl.  Culturgeschichte 
p.  13.  On  peut  donc  conclure  de  l'étymologie  de  ces 
deux  mots,  que  cette  manière  de  cuire  le  pain  au  four^ 
Ittvôç,  Ofen  '),  est  d'une  haute  antiquité  chez  les  Sémites. 
Mais  les  vrais  Bédouins  n'ont  ni  raîfa,  ni  tannùr 
(tinnâr).  Le  four  indique  toujours  un  certain  degré  de 
civilisation.  Dans  le  Sud,  où  les  tribus  sont  sédentaires, 
on  trouve  le  four  plus  répandu  que  dans  le  Nord.  En 
Dt,  comme  ailleurs,  on  se  contentait,  il  n'y  pas  bien 
longtemps,  de  faire  cuire  le  pain  dans  la  burmah, 
marmite. 


1)   Il   serait  intéressant  de  savoir  d'où  viennent  ces  mots.  Je  leur 
soupçonne  une  étymologie  sémitique. 


16. 

El-hubz. 
51,  4  :  t  i  d  h  0 1  =  J30J)",  par  permutation  des  voyelles  = 

51,  6  :  t  e  h  d  i  f  e  h.  uiÀ^,  i,  serrer  (—  renfermer),  pla- 
cer, fourrer  dans,  einschliessen.  Èhdiftiyâbak  fim- 
sandûq,  fourre  tes  habits  dans  la  caisse.  Tulle')  (ou 
""izz)  tôbak  la  yinhedif  bim-mâ",  aie  soin  que  ton 
vêtement  ne  tombe  pas  dans  Veau.  L'idée  de  vitesse  y  est. 
Pas  à  confondre  avec  l_)  oA:>,  lancer  qqc.  sur  qqn.  wjo 

iCAA>L^lj,  il  lança  le  poignard  sur  lui.  On  ne  saurait  dire 

t^A:s^JLl  \îÀ=>,  mais  lX^L  x*^,,  il  lui  lança  une  pierre. 

51,  7:  sâhûb.  v,^^'-^»  Pl-  wy^î>-^,  =  (~o^^  ^  ou 
&AÎ  ^1^  LJI  -«uvi  u>^,  morceau  de  bois  où  le  feu  est  al- 
lumé, •=.  v_jUiiv«    qui  est  aussi  courant   dans  le  Nord  et 


■J)  i}--' 1  0)  =  ^-*y  1  avoir  soin  de  =  jC-,  i.  C'est  peut-être  le  clas- 
sique JJ:»i .  On  comparera  le  suédois  se  upp  =  faire  attention,  litt. 
regarder  en  haut. 

2)  d^^  X  ^^' 


1039 

en  Afrique  Stumme  T  T  B  L  v.  952,  Beaussier  s.  v..  ^c^^^r-^ 
jj«.4^t,  îe  soleil  m'a  brâlé,  MZe  [aussi  classique]  =  (^jj^sl^, 

51,     :   utiitîha.   ^JLl\,  j,   coller,  fixer,   de  ^^,  élre 

collé,  fixé.  éSli  ^Jj^  olAj!  -—  er^';»  l'ancre  est  collée,  at- 

tachée  à  ta  main  =  tti  as  la  main  tachée  d'encre.  *_Jl^>i! 

u^s-iaJ  L^  c>^"«^j  *^>  si  tu  jettes  une  poignée  de  gâchis,  il 

se  colle.  Ana  ragàmtak  bim-hulub  u  latfbak,  je 
te  jette  du  gâchis,  et  il  se  colle  à  toi.  Mâlak  lâti  bi', 
pourquoi  te  colles-tu  toujours  à  moi?  =\Jè.jJi>  ou  ^iULo 

^sUi.  LA  XX  p.  114:  Llij  =  Lk!  =  ojJ  et  il  cite  un  vers 
à  l'appui,  ce  qui  prouve  que  ce  sens  était  connu  ancien- 
nement. Gauhari  n'a  ni  LIiî  ni  ^Jj},  comme  verbes,  et 
Zamahsarî    seulement    [j^J^Ij  LIij.   LA   a:  ij^^'^i^  oJ  lU 

^^  joo  J),,   et  le   Qâmoûs:  l>^,'^Li  ^^  ^^,  ce  qui  est 

devenu  dans  Belot-Hava  ^),  malgré  la  bonne  traduction 
de  Kazirairski,  se  mettre  à  l'abri  dans  une  grotte  \  Dans 
toute  la  Péninsule,  ^^J^l,  i,  est  se  mettre  à  l'abri,  se  ca- 
cher, latêre.  Ht  h  fin  a  min  em-rosâs,  mets-toi  ici  à 
l'abri  des  balles,  =  etlàtt  ou   ethàgg^).   ^c-^Ju»  abri, 


\)  Variation  phonétique  du  premier.  <J>-i^\  se  brûler,  s'échauder. 

Cf.  le  syrien  >--;^    et    ujj-^    du  syriaque  \zi  "  *■  . 

2)  La   première   édition    de  Cuche  de  1862  n'a  pas  cette  addition 
inexacte. 

3)  Pour    la    forme    de    ces    impératifs    de    ,c^   <'t    de      g.^^, 
voyez  p.  323  et  ss.. 


1040 

refuge,  il!  ^^  »wîj->-51  J.  L^ylJ,  no?<s  ?ior<s  sommes  abri- 
tés de  la  pluie  dans  la  grotte  =  ^Jjj  et  Jâl,  o.  Bâllùtt 
"ârï  em-^aiah  min  embard,  7ious  allons  nous  mettre 
ci  Vabri  du  froid  à  côté  de  l'arbre  =  ^-^^■-  Stace  p.  166  : 
^,  sticks   intr.  =  -Lu*,  et  ^v^,  et  ^^,  trans.,  ■=  -L*^ 

et  ^;  et  p.  202:  f^iJsil  ^U  ^^^U^t ')  iLi  _^9,  he  fixed 
the  notice  on  the  walP).  Cf.  ±>^  et  -bbJ!*),  v.  Gloss.  s.  v.. 

50,  10:   l.iugûf.   ^ju^>\^,  pi.   uJ*->"-:>;  le  four  étant 

bombé  clans  la  partie  moyenne,  c'est  cette  partie  qui  est 
ainsi  appelée.  C'est  là  qu'on  colle  les  aqrâs,  qui,  par  ce  fait 
deviennent  bombés^  'ïàss^  ou  i3y>L<u .  LX^il  ^j>js\:>,  évase- 

ment  au  pied  d'une  montagne  ou  d'un  rocher.  ~^j>^^j 
rafler,  prendre  et  toutes  mains,  est  sans  doute  une  méta- 
thèse  de  w»^. 

50,  11:  sitrah.  s^,  pi.  iiii,  fait  de  ^^î^c,  comme 
une  petite  7iatte,  iJiLw.  A  Aden,  on  l'appelle  iL«AP.  La 
mIl^  est  une  pierre  plate  et  mince,  ^jsÂ^^  ^,  qu'on 
pose  sur  la  sitrah. 

50,  13:   nf.   i^cJj  fém.  bû,  cru,  mais  aussi  non  cuit 


\)  Dans  notre  dialecte  ^^_J°^^• 

2)  Pour  le  classique  q^I-  On  dit  partout  q^'. 

3)  Lisez  ivalls,  car    .'A>  est  pluriel. 

4)  _b^    Dt,  amollir  en  irressant  avec  la  main  p.  e.  pâte  ou  pain  = 

Jaî^,    Vt. 


1041 

à  point,   le  contr.  de  „-w>'J.  Un  proverbe  de  Datînah  dit: 

la  kuturèyn  em-niggâhât  harag  erahubz  ni'', 
si  les  boulangères  sont  nombreuses,  le  pain  sera  {sortira) 
crû,  cf.  Snouck  Feestbundol  p.  27. 

Ce  ,  c^:mJ!    >^,    xproq  Irvlrt^ç  ou  (povpvxKioç  ccpTOç  '),  Ofe7l- 

brod,  est  en  Datînah  assez  récent.  L'usage  du  four  est 
venu  de  Hadramôt,  à  ce  qu'on  m'a  dit.  Les  I^édouins 
des  Montagnes  ne  le  connaissent  pas.  Ceux-ci  pratiquent 
les  deux  manières  décrites  ci-après.  Il  y  a  aussi  le  pain 

appelé  iCflys  qu'on  fait  en  voyage  de  la  façon  suivante: 
Ma  titsamma  qurmah  illa  u  hi'  ^and  em-kërîb. 
ôibt  em-'agîn  u  qult:  qurrimùh,  ya  ma'na  sû- 
wuh  aqrâs  fassalûh.  U  kulle  qurmuh  tàrahu 
fîha  hagar  uhi"  hami  min  em-kërib,  bàrdaqu 
(ou  bèddu)  em-gàmër  utarahu  em-qàram  foq 
em-gamër  uqallabùha  fôq  em-gamër  alàmma 
tingah.  U  la  basaru  em-qurmah  nf  min  dâhil, 
dafanûha  fim-màllah  la  ma"  tingah.  Elle  n'est 
appelée  qurmah  que  lorsqu'elle  est  sur  le  feu.  Tu  prends 
la  pâte  et  tu  dis  q  a  r  r  i  m  û  h ,  c'est-à-dire  faites-en  des 
pièces  de  galettes  ;  on  la  divise  en  morceaux.  On  met  dans 
chaque  qurmah  une  pierre  chaude  du  kerîb  {chauffée 
au  feu).  Oîi  étend  le  charbon  incandescent,  sur  lequel  on 
met  les  qurmah,  et  on  les  retourne  sur  le  charbon jusqti'd 
ce  qiC elles  soient  à  point.  Si  Von  voit  que  la  qurmah 
est  encore  crue  en  dedans  (parce  que  la  pierre  n'est  pas 
assez  chaude),  on  l'enfouit  dans  les  cendres  chaudes  jus- 
qu'à ce  qïi'elle  soit  à  point. 


1)  Athen.  Deiimos.  III  y.  113. 


17. 

Em-melahhah. 

La  iL<^X^  correspond  au  _Lw  des  Bédouins  du  Nord  et 
des  habitants  de  la  Syrie,  Prov.  et  Dict.  p.  14,  La  seule 
différence  est  que  le  ^L-  est  en  tôle.  A  Aden  on  l'ap- 
pelle sjL!:?,  qui  est  aussi  en  tôle,  ainsi  nommé  „parce 
que  la  galette  ^jLuj\  Lfv^j'»  étant  de  peu  de  consistance." 

.ÎJ  est  verser  la  pâte  de  Vécuelle,  ajotS"  ou  ïà^>o,  sur  la 
melahhah  et  l'y  aplatir  avec  la  main. 

52,  7:   marâkid.   sA^^,   pi.  Aî'U,  est  synonyme  de 

iL.jàii.  Les  deux  mots  sont  classiques.  J^  <^j^'  oj^ .] 
lXî  LL',   elle  a  posé  la  marmite  sur  les  pierres,  =--  ^.l>>.^ijt. 

L'àtre,  <\xjj>,  se  trouve  dans  la  cuisine,  ^^x^^,  qui  occupe 

une  petite  maisonnette,  'i^'j>,  pi.  Jjw>,  ou  |^c-?,5 ,  dans  laco?<?', 

u^^:>.  Lorsque  la  maison  principale  est  haute,  la  cuisine 
est  installée  dans  un  étage  supérieur,  parce  qu'en  bas 
il  y  a  presque  toujours  de  la  poudre. 

52.  8:  mamsaha.  a^^-w..*..^' =  :o  a-*  avec  laquelle  elle 
frotte,  u^Ai)",  la  pierre. 

52,  11:   luhûl.i.    -_^w,    n.   gen.;  Jc=>î^J,    n.   unit..    Il 


1043 

n'est  mentionné  que  dans  le  Qâmoûs  et  T  A,  qui  lui 
consacre  un  article,  où  il  est  dit  que  c'est  là  la  nourri- 
ture de  la  population  de  Tihâmah,  et  qu'on  ne  la  connaît 
pas  ailleurs.  On  voit  que  le  pays  à  l'est  du  Yéman  était 
une  terre  inconnue. 

52,  11:    ma^^sûbah,    ou    ^jj^^ix^^  est  le  nom  de  cette 

galette,  qui  est  faite  de  j,  froment,  tandis  que  dans  le 
mîfa  toute  autre  espèce  de  pain  est  cuite,  de  durah, 
de  millet,  ^J=>^,  d'orge,  etc.. 


18. 

Qurs  miillah. 

iduî  me  fut  paraphrasé  par  c^^:^'  ^J^  ^^^=>  v'j^"  "^'^  ^'-*; 

.4^!,  cendre  ou  terre  chauffée  qui  se  trouve  sous  le  char- 
bon incandescent.  Presque  la  même  définition  I.  Sîdah 
V  p.  7,  LA  XIV  p.  152,  7  et  21,  K.  el-Addâh  p.  153 
en  bas.  La  sCiwa  nâr  fim-kadamah  teqà^  m  al- 
la h,  sHl  fait  du  feu  dans  le  tas  d'ordures,  il  deviendra 
des  cendres   chaudes.   Le  pluriel  en  est  JXc  Un  I.Iaurn- 

nien   me  dit:  J^UJ'  J.  J«.4-o  t^Jsl\  la  galette  est  fourrée 

dans  les  cendres  chaudes;  il  explique  le  verbe  par  .«'lo. 

Les  Datînois  disent  de  môme  iJLl!  ^  ^jJUj.  J-<,  i,  0,  est 
partout  mettre  le  qurs  dans  la  m  al  la  h,  z=  I.Iaurân  ^, 

0,   ou   J-nO,   0.   Mofadd.   25,   27:   jyu^-  JjZ\  s^L^  ^^  tJ^, 

comme  s'il  était  grillé  par  Vardeur  du  feu.  Mais  :\L,  par 

métonymie,  a  de  bonne  heure  pris  le  sens  de  iJU  i<j>, 
L  Sîdah  V,  p.  7,  K.  el-Fasîh,  éd.  Barth,  p.  fô,  et  son 
Ôarh  par  Abu  Sahl  Moh.  el-Harawî  [+433],  Caire  1285 
p.  138.  C'est  aussi  le  foyer  où  se  trouvent  les  cendres, 
L  A  1. 1.  et  K.  el-AddAd  1. 1..  Mais  cela  est  secondaire, 
et   non   pas   primaire,  comme  le  dit  Dozy  s.  v..  Ensuite, 


1045 

le  pain  est  appelé  xL,  comme  55,  2  ;  Palgrave  l'Arabie 
centrale  II,  p.  80.  Ces  deux  dernières  significations  ap- 
partiennent au  langage  des  Hadar  du  Nord,  car  le  Bé- 
douin du  Sud  ne  dira  jamais  'iU  -5LsT_bî,  LA  1. 1.  10 d'en 
bas.  RO  §  115  donne  aJU,  pi.  J'^U,  Schûssel,  et  son  dimi- 
nutif kJUU  §  44.  JNÙ  est  chez  Stumme  T  T  B  L  v.  631 
Feuerglut  im  Ofen. 

53,  16:  megmar.  -Zs^,  le  foyer  de  charbon. 

53,  17:  yihôffeyn.  o^^,  o,  sécher,  intr. ;  ce  verbe 
a  ce  sens  surtout  en  Hdr.  Les  Datînois  disaient  que  c'est 
compris  chez  eux,   IjuUx:  *jj^,   mais   yigiffèyn   serait 

pour  eux  mieux.  ^Jk=>  est  véritablement  être  sec  par  manque 

de   gras.    v_îL>   i^,  pour   ^^L>,  pain  sayis  h  osa  r.   Les 

cheveux  sont  v_ib=- ,  lorsqu'ils  n'ont  pas  été  graissés,  contr. 

de  Q^A/«.  Le  manger  est  ^Lo,  lorsqu'il  n'y  a  pas  de 
hosâr:  huile  de  sésame,  beurre  ou  bouillon  gras,  etc.. 
RO  p.  116,  s  d'en  bas,  ZDMG  50,  p.  332/3.  Cf.  LA 
X  p.   395  en  bas.  Pour  les  Bédouins,  tout  ce  qui  n'est 

pas  gras  est  \_àî^,  L  A  X  p.  394  en  bas  et  s.. 

54,  2:  ramsa.  u^,  être  chaud,  variation  phonétique 

de  L>a^^  ;  mais  (j^ ,  cligner  de  l'œil,  faire  un  signe  avec 
l'œil,  aussi  hors  de  Ildr,  =  Ow,,  o.  Cela  est  pour  ^j^as, 
qui  se  dit  en  Dt  aussi.  On  dit  d'une  personne  mourante  : 
ij.*^  j  io\^  ^o£,  ses  yeux  ont  encore  un  léger  mouvement., 

cligne7it  encore,  J.Idr.  Cf.  ^a^  et  [j:^,  comme  ^^.  et  ^J^^ 
Dans  le  Sud,  ia.  est  avoir  les  spasmes  de  la  mort,  agiter 


1046 

convulsivement  les  membres,  'x^^'  est  seulement  en  Hdr  = 

ailleurs  &L. 

54,  3:  yahi.  C'est  ainsi  que  j'ai  écrit  dans  mon  ms., 
mais  dans  mes  notes  je  trouve  toujours  (^c^b>.  Ce  paraît 

être  un  mot  mehri  =  ^j",  sol.  A.  Jahn  M  S  p.  55,  w  a: 
Utamôs  la  gizôres,  amôr:  dâ  hâsen  gâhey  dâ? 
Amrôt:  dâ  gizôri,  mehri  =z  Hadr.  utaraàs  "^ala 
sadrhâ,  gâl:  eys  hada  Igâhi?  Galet:  dâ  sidëri 
il  lui  tâta  la  poitrine  et  dit:  „ Qu'est-ce  que  ce  sol?"  Elle 
dit:  „Cela  est  ma  poitrine.'"  L'auteur  le  traduit  par  pZa- 
nities  et  pp.  179  et  270,  par  Ebetie,  Freies.  Cela  est 
inexact.  Vol.  VII  S  AE  (sljauri)  p.  25,  21,  27,  il  y  a  gàhi, 
Hochiveg{\)  Le  seyyid  d'el-Gisn,  avec  qui  j'étudiais  le  qara- 
wî,  à  Aden,  prononçait  g  è  h  i.  J^-u^l  ^Jp''^J  ^^  ^ol  de  la 

mosquée  =  cl.  l\<=u^î  ^-y^>^.  Est-ce  le  soqotri  h  ô  h  i,  sol  ? 
En  Harîb,  ^^,  i,  ramper  sur  les  genoux. 

54,  18,  20:  nar.  jj  n'est-  pas  seulement  /ew,  mais 
aussi  charbon,  cendres  incaiidescentes. 

55,  1,  3  :  istawa.  On  observera  que  ^».^^^  est  être 
cuit  à  points  être  milr,  ainsi  usité  dans  toute  la  Pénin- 
sule, M  S  0  S  VI,  II  p.  98  N°  7  et  note  4,  Z  D  M  G  58 
p.  943,  10,  Socin,  Z.  Arab.  Dialekt  Marokko  p.  174, 
n.  23.  Dans  notre  dialecte,  ce  sens  est  compris,  mais 
peu  employé  pour  le  courant  .^njs^o.  Son  synonyme  dans 

le  Nord  est  ^Lo  1.  17.  ^Lo  ^'^^\  la  pâte  est  faite,  fer- 
mentée  à  point,  Hauran.  Cette  coïncidence  de  significations 
de  i^jyijJ  et  de  ^Lo  est  assez  curieuse.  Dans  le  Sud,  (j:y:*-' 
est  verbe  auxiliaire  et  s'emploie  comme  Lo  dans  le  Nord, 
y^lr   Gloss.   S.V.,    être,   devenir.    Istùwet   bormiiteli. 


1047 

elle  devint  sa  femme,  Jahn  M  S  p.  7,  12  =  mehri:  wu- 
qôt  h  armât  h,  mais  en  arabe  du  Sud,  »:>i«^  c^^^ï^  est 

aussi  bon,  car  «^  y  est  aussi  =z  ^Lo  :  m^  ïC-Jd  ^^^«5, 
la  bottine  est  devenue  {=.  est)  bonne  =  o.Uo,  moins  usité, 
Hdr  Gloss.  s.  v..  Le  mehri  astôu,  istôu,  histou,  Jahn 
M  S  p.  164,  istau,  DH  Muller  MSS  p.  60,  17,  est  le 
même  mot  y  i  s  t  e  w  i,  bon  !  c'est  çà  !  cela  se  peut  !  it.  sarà  ! 

55,  11:  lisez:  kaub^);  13:  diqûnah'');  14:qadd*); 

18:  lamma'^).  ^jf,  bouse  sèche,  n.  gen.,  ioj'  n.  unit.  =: 

Hrb.  _^  p.  464.  Le  dernier  mot  est  sans  doute  le  même 

que  les  classiques  'u*y  et  ic/,  ordures,  balayures  de  la  mai- 

son.  Une  tradition  dit  :  fj*,ù  J.  'À^^\  ^^  ^yif^^i  ^y^^  "^j 
ne  ressemblez  pas  aux  Juifs  qui  gardent  les  ordures 
dans  leurs  maisons  ^),  Zamahsarî,  Asâs  s.  v.,  L  A  XX 
p.  77,  2,  Moh.  Tâhir  M  B  el-A.  II  p.  192  (où  ^:).  L  A 

1. 1.  donne  aussi  '»jS  =  ^.  Notre  vj^  paraît  en  être  une 
transposition.  Comme  3^,  forme  originale  de  'ilS,  est 
aussi  ii^J ,  coUi7ie,  on  est  tenté  de  voir  en  _^f,  IS  et  'iUS 
le  sens  de  tas,  quelque  chose  de  rond,  et  les  verbes  ^ 
(iLjCo,  boide),  ^^,  }^,  ^JJS  renferment  la  même  idée. 
55,  1:  yikbinûh.  ^s',  i,  0,  faire  un  tas,  n'est  pas 
dans  les  dictionnaires.  ^^',  inten..  Synonyme  de  ^^  et 


i)  Le  gouvernement  d'Aden  a  fort  à  faire  pour  cmpûcher  les  Juifs 
de  procéder  ainsi.   Balayures  dans  notre  dialecte:  v:>^'   axjL^o 

ou  v.llA^'    qI*0  . 

70 


1048 

^^,  Hdr  p.  484,  et  de  ^<s^  et  J^,  ibid.  p.  284,  qui  se 
dit  aussi  en  Syrie  Dalman  P  D  p.  135,  17:  aufladen. 
En   Dt  aussi  ^^ .  ^ ,  pi.   ^Li'! ,   tos,   monceau  =  ^^ 

ou  JU^^).  ^^  a  aussi  le  même  sens  figuré  que  ^^^, 
affaisser  qqn,  atterrer  qqn.  H(Jr  Gloss.  s.  v..  q-^î,  s'«/- 
faisser,  s' écrouler,  propr.  former  iin  tas.  Cf.  Gloss.  s.  v. 
c  3 ..  Peut-être  en  trouvera-t-on  une  trace  dans  l'explication 

de  idjS  par  1*1^5  Lsi^l^-j'  j^  i-  o^  -^^^^  »jt^  ^^^  ■'-'  -^ 
XVII  p.  233,  14. 

55,  11:  sabbirûha  sabûr.  JLo,  faire  un  tas,  en- 
tasser. Le  verbe  simple  ^,  a  dû  se  trouver  ancienne- 
ment dans  ce  sens,  car  une  Tradition  dit  :  -^  ^^jA^  j, 

L  A  VI  p.  110,  13.  Comme  .^.^i;:^!,  s'amonceler,  des  nuages, 

0.  et  1.1..  3.A>o,  to5,  surtout  de  blé,  se  rencontre  souvent 
dans  les  Traditions,  o.  et  1. 1.,  Moh.  Tâhir  M  B  el-A.  I  p.  230  : 

Je  n'ai  pas  entendu  3.a>o  en  Syrie,  mais  'L>^,  qui  veut 

dire  la  même  chose,  ^y^j  *^  est  un  endroit  dans  le 
Hauran,  Baedeker  (1891)  p.  201.  Un  verset  de  la  Qasî- 
dat  es-Sahgali:  qatafna^)  subba  gadd  et-tell, 
nous  avons  tamisé  un  monceau  de  blé  grand  comme  une 
colline.  Socin   Diwan  III  Gloss.   s.  v.,  où  renvois.  Aussi 

'Oman  R  0  p.  400  N°  27,  oiî  xÇ^  est  expliqué  par  (jJLs' 


1)  Sturnme  TTBL  v.  374:  r}^\    hanches;  voyez  ici  Gloss.  s.v.. 

2)  Var.  lla'na. 


1049 

comme  al^  dans  L  A  plus  haut.  La  1  u  r  a  h  connaît  aussi 
iuya  dans  ce  sens,  LA  II  25,  9 :  j.ljtk;!  ^J^  i^l*^  joy^it 

Xjylî!  ^^/?^!  or-^"  (^  f^^'  •  ^^'  Halévy  Nouvel  essai  sur 
les  inscriptions  proto-arabes  p.  9  N°  UL  J'ai  écrit  s abîir 
dans  notre  texte  et  je  ne  crois  pas  avoir  mal  entendu. 

Mais  la  forme  jyi>^,  pl-  r^L^jo,  existe  aussi  =  ^^jS  ,  pi. 
j»^j[j/.  C'est  peut-être  un  diminutif.  Je  la  trouve  souvent 

dans  les  dictées  que  j'ai  recueillies  du  côté  du  MtHermon. 
Il  faut  probablement  ramener  à  ce  sens,  y^AS,  la  cour- 
bure au-dessus  du  front,  commencement  du  devant  de 
la  tête,  Haurân,  et  la  locution  sudarabique  i^J'^t  y^  ^, 
sur  le  flanc  du    Wâdi.    .j^,  entasser,  est  l'hébreu  "iDîi, 

et  ^^,  tas,  est  l'hébreu  1?:^,  Ges.-Buhl  p.  613,  iDii  ou 
lia^'V  Levy  W  B  IV  p.  167.  Il  y  a  aussi  en  Syrie,  mais 
seulement  sur  le  littoral,  un  autre  ^  qui  n'a  rien  à 
faire  avec  le  premier,  lester  un  navire.  C'est  le  dénomi- 
natif de  'ijJ^^,  lest  d'un  navire.  Lane  a  les  deux  mots! 
On  dit  toujours  que  j^yl^  vient  du  latin  sahurra,  lest 
d'un  navire,  Dozy  s.  v.,  et  qui  se  rencontre  déjà  chez 
Virgile  [+71  av.  J.  C]  et  le  fabuliste  Phèdre  [-h  44  ap. 
J.  C.].  Cela  n'est  pas  tout-à-fait  exact.  Les  navires  qui 
avaient  conduit  les  Croisés  en  Orient  furent  remplis  de 
lest  pour  retourner.  C'étaient  évidemment  des  Arabes 
chrétiens  qui  portaient  „la  terre  sainte",  dans  des  cabas 


\)  Lisez  plutôt:    ^^Asj'    J^'î  <"-e   qui  est  encore   courant   chez  les 
Bédouins  de  Syrie. 


1050 

ou  corbeilles  nattées,  à  bord  des  bateaux.  Or  on  leur 
aura  parlé  en  italien,  en  français  ou  en  espagnol,  mais 
nullement  en  latin.  C'est  surtout  l'italien  qui  était  la 
langue  intermédiaire,  les  mots  d'emprunt  européens  au 
Levant  le  prouvent.  On  ne  leur  disait  donc  pas  saburra, 
mais  zavorra,  Dante  Inf.  XXII  v.  142,  dont  les  ouvriers 

des  ports  firent  leurs  «.Juo,  io.yuo,  saburre,  et  ^,  sa- 
hurrer  ').  S'il  n'y  avait  eu  le  latin  sabîirra,  on  aurait 
été  en  droit  de  faire  venir  ,>-o,  lester,  de  l'arabe  -<>o, 
entasser,  et  l'italien  zavorra  aurait  alors  eu  la  même 
provenance.  Maintenant,  les  philologues  classiques  recher- 
cheront s'il  pourra  y  avoir  quelque  relation  entre  le  latin 
saburra  et  l'hébreu  "i5îi,  par  l'entremise  d'un  mot  ana- 
logue phénicien. 

55,  12:  yebardiqûnah.  ^3j  =:  Âj,  Â>j  et  oi  G  0, 
étendre,  ausbreiten.  v^Xl!  ^  ^^it  o->y,  étends  le  char- 
bon incandescent  dans  le   karîb.  ^^-o',  s'éparpiller ■=z 

jajL^.  {jp^^\  ^  Z^  ^-^/j',  ^<^5  graines  se  sont  épar- 
pillées par  terre. 

55,  12:  bifhadûha.  Ap,  a,  étendre,  ausbreiten,  lïivà^ 
aussi   fendre:    sjJ.  aJs  =  sJ^,  Ujui,    lui   fendre  la  tête. 

vô^é  o^^,  qui  a  la  cuisse  fendue.  Est-ce  un  développe- 
ment de  o'i,  0? 

55,  14:  lisez  gurs. 

55,  15,  17:  Observez  o^jv,  llaurân  =i  o3 . ,  Dt. 


1)  V;'-*^'    ^  7^*^  !  ^'^  ^-  Lith  Merveilles  de  l'Inde  p.  28. 


1051 

Le  iJU  (joys  est,  dans  le  Negd,  appelé  o^rc.  Gâ  u 
bigurb  ahlel-negdî.  Gâlu  labaMehom  dà^âna 
nàhwi  la  nèhbiz  lina  "arbûd.  Qal  el-Higâzi  roh 
husèlna  hatab.  Ils  eurent  faim,  étant  à  proximité  de 
la  famille  du  Negdite.  Ils  se  dirent  alors:  ^Nous  allons 
mettre  pied  à  terre  [lasst  uns  ahsteigen]  pour  7ious  cuire 
du  pain  dans  les  cendres."  Le  Higâzite  dit:  „P^«  nous 
ramasser  du  bois,  "Anazî,"  Paraphrasé  par  iJU  ,joyj. 
Doughty,  Travels  I  p.  131  l'appelle  incorrectement  „abûd, 
large  fiate  cakes." 

Le  mot  wÀAïj,  si  usité  dans  le  Nord,  est  inconnu  dans 
le  Sud.  Cela  pourrait  étayer  l'opinion  de  Wellhausen  que 
ce  mot  vient  de  l'araméen  .  ^\; ,  cuire  le  pain  dans  la 
cendre,  Isr.  Geschichte  ^  p.  88,  Brockelmann  V  G  S  S 
§  55  a  ').  Cela  avait  déjà  été  avancé  par  Levy  N  H  Ch  W  B 
4  p.  461.  Comme  en  néo-hébr.  les  □'Dp  sont  le?,  pierres 
de  terre  cuite  sur  lesquelles  on  faisait  cuire  le  pain,  le 
^^jLfJ^j  pourrait  correspondre  au  Q"'?V"i  "DND  des  Juifs,  et 
cela  indiquerait  par  conséquent  que  le  ouc.  était  ainsi 
cuit  primitivement.  Cependant,  le  verbe  arabe  wài,,  faire 
des  houles  d'argile  ou  de  pâte,  L  A  s.  v.,  pourrait  être 
le  sens  fondamental  de  ou£,,  de  .  ^v;  et  de  d'^d^i,  for- 
mer en  houlettes,  procédure  usuelle  lorsqu'on  fait  le  pain 
et  les  pierres  en  terre  cuite.  Mais  je  crains  fort  que  vjaîj 
ne  soit  un  dénominatif  récent  de  v-iu-c.  et  que  celui  ci 
ne  soit  un  emprunt  de  l'araméen,  quoique  Fraenkel  F  W 
p.  36,  le  déclare  carrément  arabe  pur.  Je  ne  suis  point 
sûr  que  ,.riL.i»   et   wàèj  soient  z=.  arabe  ^.J»^  ,  comme  le 

1)  Je  ne  trouve  le  verbe  nulle  part  dans  mes  dictionnaires,  seu- 
lement le  substantif  )  oV^  :=  iCU    (joJs  . 


1052 

veulent  Wellhausen  o.  1.  et  Brockelmann  o.  1.,  dont  l'opi- 
nion  est   suivie   par   Buhl   H  W  B  p.   706.   ^^^,  pierre 

chauffée  pour  cuire  le  pain^  est  l'arabe  ^jus.  (coll.)  pier- 
res chauffées  pour  faire  cuire  n'importe  quoi;  mais  je 
suis  persuadé  qu'il  faut  séparer  ce  thème  de  .  .^v;  et  de 
^si:^,  malgré  l'opinion  les  savants  philologues  que  je  viens 
de  citer. 

Une  manière  toute  particulière  de  cuire  le  pain  est 
celle  des   „ Bédouins  blancs"   ou  ,^4^  v/^>  aussi  appelés 

'■éjjss^  ^o,  qui  habitent  le  long  du  fleuve  j^Lâi,  à  8  heu- 
res d'ed-Dêr  et  de  Nisîbîn,  589.  Ce  sont,  selon  eux-mêmes, 
des  Tâyyites  descendant  des  Béni  ""Udrah.  Ils  sont  encore 

renommés  pour  leur  Jsl,:^^   et  leur  don  poétique.  Ils  ont 

des  us  et  coutumes  qui  différent  de  ceux  des  autres 
Bédouins.  On  fait  un  trou  dans  le  sol  et  l'on  y  met  une 
chaîne  en  fer.  On  allume  du  bois  sur  la  chaîne.  Lorsqu'elle 
est  rouge,  on  la  nettoie  des  cendres.  La 'pâte,  qui  est 
très  épaisse  et  forme  un  gros  morceau,  est  ensuite  placée 
sur  la  chaîne.  L'on  couvre  le  tout  avec  un  sâg,  plaque 
en  fer,  bombée  ou  non,  sur  laquelle  on  met  des  cendres 
incandescentes.  Après  cuisson,  le  pain  est  mis  sur  un 
grand  mansaf,   qu'il  remplit  tout  entier.   On  y  verse 

dessus  du  beurre  et  du  dibs.  Ce  pain  est  appelé  'isJ^, 
et  il  suffit  pour  cinquantes  personnes,  au  dire  de  mes 
interlocuteurs  éammarites. 

Pour  moudre  le  blé  ou  la  dura  h,  il  y  a  deux  espèces 

de  moulins  à  main:  \°  '^^=>f,  pi.  ^__c=^^f,  qui  consiste  en 
une  pierre  ohlongue  et  plate,  s'^y»,  appuyée  sur  une  autre 
petite,  àAT^  :   cisssœe^^  .  On  cgruge,  i^^,  a,  là-dessus 


1053 

avec  le  cylindre  en  pierre:  i^L*!'.  2°  Le  ^^-2^  à  deux 
pierres  plates  et  non  pas  concaves  et  convexes.  J'ai  bien 
vu  à  Aden  que  les  pierres  affectaient  ces  deux  formes, 
mais  dans  tout  le  Nord,  de  même  qu'en  Palestine  et  en 

Syrie,  elles  sont  plates.  La  pierre  supérieure  a  un  \j-:^, 
manche,  avec  lequel  on  la  tourne.  La  farine  du  premier 

est  ^_^=>y,  celle  du  second,  {j-^^^.  L'on  fait  de  même  la 
différence  entre  »L>^U  j^  ou  ^^^  j>3.  et  ^^i^M!  j^ 

ou  ^.N^»!:'  i^.  Le  rahi  est  pour  le  pain  du  mîfa,  tan- 
dis que,  le  plus  souvent,  le  tahîn  est  pour  le  Jsy^c. 
On  prétend  que  le  mirliâh  est  d'un  emploi  récent  et 
qu'auparavant  il  n'y  avait  que  des  matâhin.  Le  pain 
ne  se  conserve  pas  longtemps  dans  ces  pays.  Déjà  le 
lendemain  il  est  v^ia^w,  c'est-à-dire,  la  mie  devient  comme 
du  v^j  coton,  et  il  commence  à  setitir  mauvais,  k^.j 
x*.^,  Hdr;  ce  pain  est  ol,  ou  ^c^b>,  il  sent  mauvais^). 


1)  ^"^    ou   ^J^R•,  V^s  frais,  eau  et  denrées,  lc^'-t"   ^^'j  Veau 

n'est  pas  fraîche  et  sent  un  peu  à  cause  de  cela,  ^^^^   a-i^UÎÎ  ,  la 

viande  est  un  peu  gâtée  =  oî.  .  ^_J:^\:>■    q'-*^',    tin  homme iridolent 

=  [^'S*   ^   "^yi   GO;  les  Bli    Kazim   appellent  un  tel  homme  y>, 
ce  qui  est  très  significatif,  t^-^' ,  retourner,  décamper,  j^^î  vi>«.^^i, 

o 

les  yens  sont  retournés.  (j>j.;^Ux  3^-^',  ies  Bédouins  ont  décampé. 
Qvg.^.»j1j  ,J^,  quand  voulez-vous  décamper.  (♦•JCj^-Lc  ^.^^àjLi,  nous 

reviendrons   chez   vous.  Etre  ttn  peu  écroulée  (maison),  pas  tout-à- 
fait,  mais  seulement  une  partie  ;  class.  .drr'- 


1054 

Fâtimah  reçut  dans   son  trousseau  do  mariage  deux 
pierres  de   moulin  à  main  qÎL=>>,  I-  Sa'^d  VIII  p.  16,  3, 

et  elle  se  plaignit  à  son  père  de  la  fatigue  qu'elle  éprou- 
vait en  moulant,  au  point  qu'elle  en  eut  des  ampoules 
aux  mains,   ibid.   p.    16,   5=2Boh.  IV  p.  84,  5:  c^jCcù-î 

^y^^  ûx  t_r=y'  cr  u^  '-*  •  *^^^  ^^  P^^"^  ^^^^  l'anti- 
quité on  lira  v.  Kremer,  Studien  zur  vergl.  Culturge- 
schichte:  I.  Brot  und  Salz,  oii  il  y  a  cependant  plus  d'un 
faux  jugement  pour  ce  qui  concerne  l'antiquité  arabe. 


19. 

Tabîh   em-qahwah. 

56,  3:  binn.  ^^  ne  m'a  jamais  fait  l'effet  d'être  un 
mot  arabe.  Un  lïaçlramite  me  dit;  j,gafal  est  arabe, 
bunn  7ie  l'est  pas."  Cela  d'autant  plus  que  ce  mot  est 
courant  dans  tous  les  idiomes  sémitiques  et  non  sémi- 
tiques, en  Abyssinie  et  les  pays  avoisinants.  Langue 
Kafa,  Reinisch,  Wiener  Sitzungsbericht  1888  p.  368: 
Kaffe  bûnô;  Gonga:  bimno;  Wolamo  et  Warata: 
bùnna;  Garâgué:  fl«T,  bu  no,  ibid.  p.  273.  Amhar.  : 
fl"*),  bûn,  caffè  m  chichi,  Guidi  Voc.  Amar.-it.  p.  340. 
Agau  :  bunn,  cafe\  Waldmeier  Wôrtersammlung  der 
Agau-Sprache  p.  9.  Bilin  :  bûn,  Kafehohnen,  Reinisch 
W  B  der  Bilinsprache  p.  81  =  Chamir  [Agau  au  Takezze]. 
Bûn  se  dit  aussi  en  tigrina,  tigré,  saho,  Afar  etSômâli. 
Les  Gallas  de  Choa  appellent  le  café  bûn  a,  d'Abbadie 
Lex.  Amh.  p.  363,  qui  dit,  p.  241,  que  les  Musulmans 
seuls  appellent  „le  café  liquide"  4*'A  qahwa.  Viterbo, 
gramm.  délia  lingua  oromanica^)  p.  129:  bûn  a  caffè 
in  grani.  Nôldeke  m'a  informé  qu'en  amarina  bûn  bâlâ 


1)  Dans  l'ouvrage  de  A.  Cecchi,  Da  Zeila  aile  frontière  del  Cafïa, 
vol.  III.  Dans  le  môme  ouvrage,  p.  443  bu  no  est  calfe  dans  la 
langue  kafTa.  Il  paraît  que  cette  importante  publication  du  prof. 
Viterbo  est  restée  inaperçue. 


1056 

est  il  bîit  le  café,  mais  en  amarina,  selon  Guidi,  balâest 
manger,  et  cette  phrase  veut  dire  manger  le  café^  comme 
on  verra  à  la  page  1061,  *.  J'ai  aussi  vu  des  Sômàl  manger 

la  poudre  de  café.  Nous  voyons  donc  que  ^  ou  ^y 
s'étendent  sur  un  territoire  assez  grand  et  justement  là 
d'où  est  venu  le  café. 

Les  cerises  sont  appelées  ji>,  n.  géu.,  Hdr  p.  86  note  1. 
Socin  Diwan  N°  87  note  2,  donne  iJlI>,  pi.  jii>.  Les  Bé- 
douins du  Nord  et  les  Negdites  appellent  les  fèves  aussi 
a^ ,  59,  23,  comme  quelquefois  aussi  les  Mekkois,  Snouck 

Feestbundel  p.  29.  ^:  leur  est  bien  connu,  mais  peu  em- 
ployé, et  ce  n'est  que  chez  les  Hadar,  dans  le  Higâz, 
Snouck,  0.  et  1. 1.,  et  dans  le  Sud  que  la  différence  entre 

^,  grains  de  café^  et  a^,  boisson,  soit  observée.  Dans 
la  Notice  sur  l'Arabie  méridionale,  Barbier  de  Meynard 
dit  p.  104,  d'après  l'auteur  de  la  Chronique,  Ahmed 
Râchid:  „Elle  (la  coque  du  café)  renferme  deux  grains 
qui  sortent  alors  de  cette  coque,  c'est  ce  qu'on  appelle 
proprement  qahwô  (café),  tandis   que  la  vrai  nom  de 

l'arbre  est  bunn."  On  dit  certainement  ^^^!  »^,  le 
caféier,  mais  dans  le  Yéman  je  ne  connais  pas  «^  =: 
grains  de  café  ou  bunn.  On  fait  dériver  notre  mot  café 
de  l'arabe  »^.  Je  veux  bien.  Ce  «^  est  le  substantif 
du  verbe  ^^^,  avoir  de  l'aversion  pour  k  boire  et  le  man- 
ger, 71",  pas  avoir  envie  de  [^  ^c,  T  A],  mais  aussi 
avoir  de  Vaversion  pour  une  personne.  Zamahéarî  et  L  A 
IV  p.  407  et  XX  p.  69,  K.  el-Addâd  p.  149  citent  un 
vers  d'Abù  et-Tamahan  el-Qeynî: 


^      ù     ^     OC- 


1057 

^î^î  1)    JjLs^î    ^^tJ^^T   ijrL> 

Alors  les  femmes  m'ont  pris  en  aversion,  comme  les 

[nobles  chameaux  bla^ics, 
Redressant  la  tête  par  aversion,  refusent  (de  boire 
/"dans)  les  auges  d'eau  saumâtre. 
Selon  LA  XX  p.  69,  10.  Dans  le  Qâmoûs,  c'est  seu- 
lement j.Lx-i<'l  ^j^  ^.  La  même  chose  que  ^^jùù\  ^J^  ^^', 

chez  Gauharî,  Zamahéarî  {^),  Qâmoûs,  L  A.  Cf.  nnp, 
Ges.-Buhl  WB  s.  v.,  et  Rôdiger  dans  Wellsted  Reisen  I 
p.   229   note.  Mais   ^\  est  aussi  transitif:    ^  ''^jr^^a 

*L«Ja!î  »j-î-^  i»^lXj"  (_='  tjrr^"  ^"^  dVj  jo  c:.'-^^  JlfiJ,  Gau- 
harî  =  L  A:  i^y^  ^jù"  ^\  ^\jtl3L\  ^^  4^^'^  lj^^"  4^"^ 
et  &ic  i^  pLx-ai'  ^  'l?^'  ''^'  -^  '^-  ^'^^^  ^®  synonyme 
de  ^t,  SiMh,  Zam.,  LA,  K.  el-Addâd  p.  149,  dans  le 
sens  intransitif,  'iy^  serait  donc  aversion  pour  le  boire 
et  le  manger,  manque  d'appétit.  Dans  le  sens  de  vin, 
bj^  se  rencontre  souvent,  même  dans  les  poésies  pré- 
islamiques. Abu  Mihgan  mon  édit.,  p.  69,  6  d'en  bas  = 
Abel  III,  5,  el-A'sâ  el-Akbar  (^«.^^^  t^'^')  Qu'ara"  en- 
Nasr.  I  pp.  358  et  368,  i,  le  même  dans  I.  Qot.  p.  137, 
4,  KA  V  p.  174,  12  d'en  bas:  oLj^L'  J.  b>^,  ibid.  VI 
p.  44,  iK  'li^^j  J,  -iy^.  C'est  une  expression  poétique 
des  buveurs  et  ne  paraît  jamais  avoir  fait  partie  de  la 
phraséologie  du  langage  courant.  Il  est  important  de  noter 
qu'el-Feyroûzabadî  a  fait  de  s^,  =  vin,  un  article  séparé. 


1)  L  A  IV  p.  407  :  ^UiJt 


1058 

Il  s'ensuit  qu'il  n'était  pas  persuadé  que  ce  sens  pût 
provenir  du  verbe  ^_^.  Sous  la  même  rubrique,  il  en- 
registre b^^ifiJi  v__)^  ;j.c  j.b  j^î,  que  les  autres  n'ont  pas. 
Il  considérait  sans  doute  cet  ^^t  comme  un  dénominatif, 

comme  le  dialectal  ^5;^^',  boire  le  café.  G  Jacob,  B  L^ 
p.  109,  dit:  „Dass  das  Wort  qahwe  ursprûnglich  Wein 
bedeutet  zeigt,  wie  Lane  (IIP)  p.  163)  bemerkt,  dass  der 
Kaffe  an  Stelle  des  Weins  trat  ;  die  Kaffeverbreitung  war 
zvs'eifellos  durch  das  qorânische  Weinverbot  bedingt." 
Il  est  donc  d'avis  que  b\.-s,  vin,  est  le  même  mot  que 
3^,  café,  et  que  les  Arabes,  auxquels  le  vin  fut  défendu, 
auraient  appliqué  le  même  mot  à  la  nouvelle  boisson.  Dans 
son  mémoire,  Die  culturelle  Bedeutung  des  Islam  p.  10^), 
il  répète  cela:  „Das  Wort  Kaffe  stammt  zunâchst  vom 
arabischen  qahwe,  das  ùberhaupt  Getrànk  ')  z.  B.  auch 
Wein  bedeutet."  Nous  allons  voir,  par  la  suite,  jusqu'à 
quel  point  cela  est  probable.  Vollers  Z  D  M  G  50  p.  657  : 
„Aus  den  Umgebungen  Abessiniens  stammen  »^,  frûher 
Wein,  jetzt  Kaffe  etc."  Il  doit  y  avoir  une  faute  de 
rédaction,  car  cette  phrase  implique  que  »^,  vin.,  est 
un  „emprunt  africain",  ce  qui  reste  à  prouver.  Mon  sa- 
vant confrère  veut  sans  doute  dire  que  a^,  café,  qui 
en  arabe  était  anciennement  vin^  vient  d'Abyssinie,  et 
alors  nous  sommes  d'accord. 


1)  Lisez:  Sitten  und  Gebrauche  II. 

2)  Geof^r.  Gesell.  Greifswald  1890/3. 

3)  Cela   n'est   pas   exact.    Feyroûzàbadî  est  le  seul  qui  dise  3>çi^' 

(jiijS^y^jl    q^Ij   iUX<:i.JI    iijL»^L)   -«J),  Ce  »Getri'ink"  doit  provenir 

de   Kazimirski.   Lammens,  Mots    français,   p.   05,    lui  donne  aussi  le 
»sens  classique  de  liqueur"^  ce  qui  n'est  pas  vrai. 


1059 

Le  grand  géographe  Pdtter  a  publié  un  long  mémoire 
sur  le  café,  et  là,  Erdkunde  XIII  pp.  537  et  561,  il 
émet  déjà  l'idée  que  l'étymologie  de  a^,  café,  est  à 
chercher  dans  le  nom  du  pays  de  Kaffa,  au  Sud  du 
Schoa,  en  s'appuyant  sur  le  dire  des  indigènes.  Je  vais 
rapporter  ici  le  témoignages  de  deux  voyageurs  tout 
modernes.  A  Deflers,  botaniste  d'une  grande  autorité  en 
cette  matière,  qui  a  exploré  le  Yéman  et  les  pays  à 
l'Est  d'Aden,  pendant  plusieurs  années,  nous  raconte. 
Voyage  au  Yéman,  Paris  Klinsieck  1889  p.  143,  ceci: 
„I1  n'est  plus  douteux  aujourd'hui  que  la  Coffea  Arabica 
ne  soit  d'origine  africaine.  Sa  véritable  patrie  paraît  être 
le  pays  des  Gallas  et  le  Harrar.  Sa  plante  a  dû  être  in- 
troduite au  Yéman  à  l'époque  de  la  conquête  abyssine 
et  de  la  chute  de  l'empire  himyarite,  un  siècle  environ 
avant  l'ère  de  l'Hégire.  La  culture  du  café  s'est  rapide- 
ment propagée  dans  tout  l'ouest  de  l'Arabie  heureuse, 
c'est-à-dire,  dans  la  zone  placée  sous  le  régime  des  pluies 
tropicales,  et  comprenant,  outre  le  Yéman,  le  versant 
maritime  des  montagnes  de  l'Asyr  jusqu'aux  environs 
de  Taïfet,  très  probablement  aussi  la  région  occidentale 
de  Hadhramout."  La  dernière  supposition  n'est  guère 
probable,  car  Hadramôt  est  en  dehors  de  la  zone  des 
pluies  tropicales.  La  culture  du  café  ne  dépasse  pas 
aujourd'hui  les  montagnes  du  pays  de  Yâfi*"  vers  l'Est. 
Wellsted,  Reisen  II  p.  31G/7,  et  Ritter,  o.  1.  p.  542,  sont 
déjà  plus  exacts  quant  à  la  frontière  est.  Deflers  énu- 
mère  ensuite  les  principaux  centres  de  production  au 
Yéman  et  donne  la  description,  en  témoin  oculaire,  des 
procédés  de  culture.  On  lira  aussi  Glaser  Peterm.  Mit- 
theil.    1886   Heft  2   p.   34.  Le  umma  aussi  appelé  su- 


1060 

heymânî,  dont  il  y  parle,  de  même  que  Deflers,  o.  1. 
pp.  39  et  57,  est  le  classique  ^'ui,  brouillard^),  traduit 
par  Deflers  par  nuée  orageuse,  parce  qu'il  est  accompagné 
d'orage  dans  le  Yéman. 

Pour  la  culture  du  café  dans  le  Kafifa,  il  faut  lire  le 
très  important  ouvrage  d'Antonio  Cecchi,  Ba  Zeila  aile 
frontière  del  Caffa,  Rome  1886,  vol.  II  p.  506  et  ss.  Il 
y  dit  ce  qui  suit:  „Importantissimo  fra  i  prodotti  di 
questo  paese  è,  come  dicemmo,  il  cafifè.  Seconde  l'opi- 
nione  di  Mons.  Massaja,  la  quale  si  fonda  sulle  tradizioni 
dei  Caffecio  et  degli  Arabi  di  Mocha  e  del  Jemen,  questa 
rubiacea,  che  la  maggior  parte  dei  botanici  asserisce  esser 
originaria  dell'  Arabia  proverebbe  invece  dal  Caffa,  donde 
sembra  aver  ricevuto  il  nome.  Lo  che  parmi  assai  pro- 
babile,  poichè  il  Cafifa  e  la  terra  adiacente  sono,  almeno 
per  quanto  io  so,  i  soli  luoghi,  dove  il  caffè  cresse  nei 
boschi  cosi  spontanée  e  con  tan  ta  forza  di  vegetazione. 
E  il  cafifè  che  végéta  ail'  ombra  di  grandi  foreste  riesce, 
seconde  gli  indigeni,  di  excellente  qualità  e  non  andrebbe 
soggetto  a  nessuna  di  quelle  malattie,  onde  viene  d'ordi- 
nario  colpito  se  è  lasciato  esposto  ail'  aperta  campagna. 
Quanto  vi  sia  di  vero  in  quest'  asserzione  dei  Cafifeciô, 
io  non  saprei  dirlo;  è  un  fatto  perô  che  i  grandi  pro- 
prietari  del  Caffa,  nel  coltivare  questo  arbusto  presso  le 
loro  dimore,  scelgono  sempre  terreni  molto  arborati  ;  e 
se  gli  alberi  mancano,   ve  ne  piantano  in  guisa  di  for- 


1)  Dans  tout  le  Sud.  Lf£,  ^àma,  (ainsi  déjà  dans  quelques  copies 
du  Qânioûs)  ou  'a  m  à"',  est  brouillard  en  général,  sur  les  montagnes 
ou  dans  le  wâdi.  Il  se  rencontre  déjà  dans  les  Traditions  L  A  XIX 
p.  333,  9  d'en  bas,  Moli.  Tâliir  M  B  el-A.  p.  431,  Lane  s.  v.  ;  «î^n^aûJI  ajL^ 
I  SaM  IV,  I  p.  1G3,  ».  ^ 


1061 

mare  délie  piccole  foreste.  Nel  Cafifa  non  v'è  casa  che 
non  sia  circondata  da  boschetti  di  caffè,  il  cul  prodotto 
sorpassa  sempre  la  quantità  necessaria  al  consumo  délia 
famiglia.  Quand'  è  fresco,  lo  mangiano  salato  e  fritto  al 
burro  '),  o  ne  fanno,  corne  noi,  un  infusione."  L'évêque 
Le  Roy  ^),  dit  que  „le  caféier  croit  à  l'état  sauvage  dans 
une  grande  partie  de  l'Afrique  et  que  les  missionnaires 
l'ont  trouvé  dans  les  forêts  de  la  côte  occidentale."  J'ai 
moi-même  connu  à  Aden  un  capitaine  français  qui  avait 
passé  17  ans  dans  le  Kaffa,  et  il  m'assura  qu'il  y  a  de 
vraies  forêts  de  caféiers,  oii  il  fallait  se  frayer  une  route 
à  coups  de  hache.  On  lira  aussi  Manzoni  el  Yemen 
p.  382  et  ss.. 

Il  ne  me  fait  aucun  doute  que  le  nom  de  la  province 
de  Kafîa  ne  soit  l'origine  de  l'arabe  aj^,  café.  Mais  ici 
la  question  se  complique.  L'idée  de  Deflers  que  le  caféier 
a  dû  être  introduit  au  Yéman  au  temps  de  la  Conquête 
abyssine,  peut  être  vraie,  mais  les  preuves  manquent. 
Cette  conquête  définitive  eut  lieu  en  526  ^).  On  n'oubliera 
pas  que  le  Yéman  ressemble,  comme  configuration  du 
sol,  climat  et  agriculture,  beaucoup  à  l'Abyssinie.  Les 
Yémanites  étaient,  comme  les  Abyssins,  agriculteurs.  S'ils 
ont  connu  le  café  déjà  en  ce  temps-là,  il  ne  s'ensuit  pas 
que  le  caféier  fût  alors  cultivé  dans  le  Yéman.  On  pou- 
vait faire  venir  le  bunn  de  l'Abyssinie.  Il  me  paraît 
certain  que  le  mot  bunn,  qui  doit  attirer  notre  atten- 
tion avant  le  mot  qahwah,  n'apparaît  nulle  part  dans 


i)  Cf.  p.  1050  sur  balâ. 
,    2)  D'Allen   à   Zanzibar.    Un  coin   de   VArabie   Heureuse  le  long 
des  côtes.  Tours,  A  Marne  et  fils  1889  p.  96. 

3)  Nuldeke,  Gescliiclito  der  A.  und  P.  p.  188  et  s. 


1062 

les  livres  arabes  avant  el-Feyroûzâbildî.  On  sait  que 
celui-ci  composa  son  Qàmoûs  à  Zébîd,  où  il  passa  les 
vingt  dernières  années  de  sa  vie  et  oiî  il  mourut  le  20 
éauwâl  817.   Or,   nous   trouvons  dans  le   Qâmoûs  ceci 

T  A  nous  informe  que  cet  autre  homme  était  Moh.  I 
Abî  el-Barakât  el-Bunnî,  un  traditionniste.  Un  antre  tra 
ditionniste  ayant  cette  nisbah  est  mentionné  avant  celui 
ci,  savoir,  Mûsâ  I.  Ziyâd  el-Kûfî  el-Bunnî,  selon  la  cor 
rection  de  T  A.  11  aurait  reçu  cette  nisbah,  selon  I.  es 
Sam'^anî'),  parce  qu'il  vendait  le  bunn,  TA  et  Lane 
Sous  la  même  rubrique  figurent  encore  deux  tradition 
nistes  qui  s'appelaient  j^î  ^  ^isl\  _^l  et  ^Jj^  ^_  AT 
.jiJLxA-!  ^cwVw"^!,  surnommé  ^\  ^^^.  Si  cette  nisbah 
j^jlJI  et  ce  sobriquet  ^t  ^^l  se  rapportent  vraiment  au 

^  en  question,  il  faut  admettre  qu'on  connaissait  le 
café  sur  le  marché,  même  hors  du  Yéman,  et  bien  avant 
l'époque  à  laquelle  on  attribue  son  introduction  au  Yéman. 
Mais  rien  ne  le  prouve.  Bunn  était  une  chose  dont  on 
se  servait  comme  le  mûr  ri.  Ce  dernier  mot  est  expliqué 
par  el-Gauharî  II  p.  398  =  LA  VII  p.  78,  15,  par:^^pl 

«ji^l  ^\  L-y*.^  J'i"  \j  c^>!  Lf-^'-  Ils  rapportent  un  vers 
oii  figurent  ^bC!!^  ^c^î  comme  deux  choses  différentes; 
ils  ne  sont  donc  pas  identiques,  comme  le  croient  T  A 
et   Lane').   Le  ^cy»  est  donc  un  pb].  Livre  des  Avares 

i)  Brockelmann   II   p.    202    mentionne  un  es-Sam'ânî  4-1119.  Si 
c'est  le  grand  es-Sam'Yinî,  il  est  mort  en  506. 

2)   Lane   a   mal   compris  le  Qamoûs:  ^IXSl^   J,c>\   ,^.0J^   Lfr^'j 


1063 

éd.  V.  Vloten  p.  220,  4  et  ss.  ;  mais  il  ne  ressort  point 
de  ces  passages  sous  quelle  forme  on  s'en  servait.  II  se 
peut  que  le  bunn  fût  pris  ou  comme  apéritif,  et  alors 
probablement  bouilli  à  l'eau,  comme  le  café  plus  tard, 
et  cela  expliquerait  pourquoi  b^r=  kaf fa  pouvait  s'iden- 
tifier avec  le  mot  arabe  ï.^,  ou  bien  comme  ^,  à  la 
manière  des  habitants  de  Kafifa  encore  aujourd'hui.  On 
ne  sort  pas  ici  de  l'hypothèse.  En  tout  cas,  le  bunn  a 
dû  être  une  chose  rare  et  extraordinaire,   sans  cela  le 

sobriquet  ^\  ^'  perdrait  de  son  sel.  Chez  Dozy,  Suppl., 
(^  est  une  boisson^  dont  la  préparation  y  est  décrite. 
Il  y  est  dit  qu'elle  se  fait  de  ^j^  ^c-*,  saumure  du 
poisson.  J'ignore  si  ce  ^cyî,  qu'on  retrouve  en  grec,  x^/^vpli;, 

en  latin  et  dans  les  langues  européennes,  provient  de  ^yo, 
mais  j'ai  bien  l'idée  que  ce  sont  là  deux  mots  tout  dif- 
férents, quant  à  leur  origine.  L'arabe  ^_5»  pourrait  aussi 
être  une  étymologie  populaire  pour  la  boisson  en  question, 
importée  de  dehors,  à  moins  que  ce  ne  soit  tout  le  con- 
traire, c'est-à-dire,  que  l'Orient  ait  légué  ce  mot  aux 
peuples  européens. 

Si  le  nisbah  et  le  sobriquet  susmentionnés  ne  pro- 
viennent point  de  l'arabe  ^^,  ce  qui  n'est  pas  du  tout 
clair,   il  faut  cependant  que  ce  ^  soit  venu  de  quelque 


e  1-m  u  r  r  î  sur  la  forme  (^v^'  (parce  qu'on  n'écrivait  pas  les  voyelles, 
mais  choisissait  un  mot  plus  connu  pour  les  indiquer),  signifie  un 
idâm,  de  même  gu'el-kâmih.  Si  i^-^    est  =  :^*^,  il  faut  aussi  que 

(__c-«  soit  =  (C»'->,  si  l'on  doit  traduire  comme  le  fait  Lane. 

71 


1064 

part.   D'après  Vûllers,   ^^i  est  la  môme  chose  que  *-«L<j  ! 

(de  uJl  et  \x>'^)  et  correspond  à  l'arabe  ^y^.  C'est  ime 
boisson,  ^^opsonium  quod  in  urbe  Ispahân  ex  oxygala, 
lacté,  semine  ruiœ  sylvestris,  fermento  sicco  parahir." 
De  ce   M^ ,  les  Arabes  en   ont   fait  leur  ^nx)'/.  Dans  le 

Thésaurus  Syriacus,  {.jas  est  traduit  par  vinum  hordea- 
ceum,  V.  Lôw.  Aram.  Pflanzennamen  p.  373,  et  Brockelm. 
Lex.  s.  V.  par  hordeum  aqua  perfusum.  Il  l'identifie 
avec  le  grec  (iùvi^,  drêche,  qui  n'est  pas  grec  d'origine.  Ce 

Ua^  -  (^^^^  n'est,  du  reste,  autre  chose  que  ^  _  sA<^\  _  ^^. 
Si  le  nisbah  et  le  sobriquet  en  question  se  rapportent 
au   nom   de  cette  boisson,   il  faut  rechercher  si  ce  mot 

^^j  est  persan   d'origine.   Qui   nous   dit   que  les  Persans 

n'aient  pu  connaître  la  boisson  de  ^  pendant  leur  domi- 
nation dans  l'Arabie  du  Sud?  Ils  auront  appliqué  ce  mot 

à  leur  boisson  ^wLJoT,  qui  leur  remplaçait  le  ^y  yémanite, 
lorsqu'ils  ne  pouvaient  plus  en  avoir  en  Perse.  Faute  de 
documents,    on    ne   pourra   trancher    souverainement   la 

question  en   statuant  que  ^J^\  et  ^!  ^^î  ne  peuvent 

pas  avoir  leur  origine  dans  le  mot  hamitique  ^.  Je  ne 

veux,  par  là,  nullement  nier  que  ^^  et  ^y^\  ^'  ne  se 
rapportent  à  la  boisson  persane.  Mais  il  n'est  pas  im- 
possible que  le  nom  ^  de  cette  boisson  soit  de  prove- 
nance yémanite^). 


1)  M.  Streck,  arabisant  et  assyriologue  en  môme  temps,  a  publié 

dans  le  Z  D  M  G  61  p.  635  et  ss.  un  article  sur  le  mot  .c'>^-,  qui 
est  une  carpe,  Cyprinus  Binni  Forskâl,  ibid.  p.  630,  Fleischer  apud 
Levy   NH  WB   I  p.  285.  Il  dit  que  c'est  un  emprunt  à  l'araméen, 


1065 

Le  mot  arabe  s^,  vi7i,  m'a  toujours  paru  suspect, 
quant  à  sa  provenance.  Nous  avons  vu  qu'el-Feyrûzâbâdî 
en  a  fait  un  article  séparé  du  verbe  ^^4^.  Si  l'on  sup- 
pose pour  un  moment  que  s^,  vin,  est  originairement  = 
3^,  café,  il  faut  aussi  admettre  que  l'usage  du  café  est 
bien  antérieur  à  l'époque  qu'on  lui  assigne  ordinairement. 
D'après  ce  que  je  viens  d'exposer,  cela  n'est  pas  impos- 


targ.  :   J^nTD.  i^n^^3 ,   syr.  :  A.*.1wlO  ,  et  que  de  ce  ,  ^    on  a  fait 

T   •     :         T  •  •  V. 

le  substantif  qJ,  saumure  de  carpe,  selon  Dozy,  o.  1.  p.  C38.  Il  re- 
jette rétymologie  d'el-Bistânî,  M.  el-M.  (adoptée  par  Fleischer  Levy 

0.  et  1. 1.),  qui  fait  venir  ^^    de    qJ,    fèves  de  café,  à  cause  de  la 

couleur,  probablement  d'après  Dozy  Suppl.  s.  v.  ^^Ji.  Mais  il  ne  nous 

dit  pas  ce  que  ^J^  signifie  à  l'origine.  Il  me  paraît  invraisemblable 

que  de  l'adjectif  jj^-àj  on  ait  fait  le  substantif  qJ.  Cela  est  contraire 
au   procédé  linguistique.  Streck  nous  cite  trois  auteurs  chez  lesquels 

,^    se  rencontre:  el-Mokaddasi,  composé  en  375,  I.  Gazlah,  +493, 

et  Yâqût,   +  626.  ^^^   est    donc   un   mot  assez  vieux  en  arabe.   Si 

qJ  ,  synonyme  de  i^^  d'après  Dozy,  vient  de  (^^,  il  faut  bien 
nous  expliquer   cf  que  ce  dernier  mot  veut  dire,  et  c'est  ce  que  je 

ne  trouve  nulle  part.  Le  qJ  hamitique  est  une  étymologie  plus  que 
hasardée,  je  l'avoue  volontiers,  car  entre  el-Mokaddasi  et  es-Sàdili, 
il  y  a  plus  de  475  ans,  mais  l'évolution  que  ce  mot  a  pu  faire  pour 
devenir  le  nom  d'une  boisson  »lrcs  récliaulfanlc,  mais  non  enivrante  " 

yCwj  "iJj  !l\>  |^^..s*o',  Dozy  s.  V.  qJ,  n'est  pas  d'une  impossibi- 
lité culturale  et  séma.siologique,  quoique,  pour  le  moment,  toute  preuve 
nous  fasse  défaut.  L'article  de  Streck  n'a  pas  fait  avancer  la  question, 
car  il  ne  traite  que  de  l'histoire  littéraire  du  mot,  et  je  doute  fort 

que  t<n"'i''D  et  ^-yi,    ,  <-o   soient  le  mrmo  mot. 


1066 

sible,   mais  nous  ne  pouvons   nullement  le  prouver.  Ce 
que  le   Qâmoûs  et   T  A   disent  de    ^^i   n'implique    pas 
que  ce  fût  une  boisson,  et  pourtant  cela  est  presque  de 
toute  nécessité  pour  expliquer  l'application   du  mot  au 
vin.   Jusqu'à   nouvel  ordre,   force  nous  est  donc  de  con- 
sidérer »^,  vin,   comme  un   mot  purement  arabe.  Mais 
»^,  café,  ne  provient  pas  de  là.  Les  Arabes  buveurs  qui 
se  fichaient  de  la  défense  du  Prophète  étaient  heureux 
de  donner  à  la  nouvelle  boisson  de  Xaffa  le  même  habi- 
tus  que  leur  mot  Sj^.  viii.  C'est  une  transformation  vo- 
lontaire du  nom  du  pays  qui  produit  l'arbuste,  car  sans 
cela,   l'on  aurait  dit   iis',  la  transition  directe  n'offrait 
pas  de  difficulté  phonétique  au  génie  de  la  langue  arabe. 
Il  y  a  encore  un  autre  côté  intéressant  de  la  question. 
G  Jacob,  Die  culturelle  Bedeutung  des  Islam  p.  10,  dit: 
„Der  zweite  Bestandteil  von  Kaffebohne  ist  nur  eine  volks- 
etymologische  Umwandlung  von  b  o  n  n,  wie  im  Arabischen 
die    Kaffebohne    heisst."   Il  veut  que   Kaffebohne   n'ait 
rien  à  faire  avec  faba,   Bohne,   fève,   et  que  bonn  ait 
été  introduit  en  même  temps  que  le  café.  Pour  appuyer 
cela,   il  ajoute  que  dans  les  notices  occidentales  les  plus 
anciennes,  l'arbuste  est  désigné  comme  ,^arhor  Bon,  cum 
fructu    suo  Buna."  Cela  prouve  seulement  qu'on   con- 
naissait le  nom  indigène.  En  outre,  il  dit  que  le  café  est 
toujours   bu  sans  lait,   en  Arabie.   Cela  n'est  nullement 
le  cas  pour  le   Sud,   d'où   la  boisson  a  été  propagée  en 
Arabie,  mais  tout  au  contraire,  ainsi  que  nous  allons  le 
voir  tout-à  l'heure.  Le  Père  Lammens,  Mots  français  dé- 
rivés de  l'arabe  p.   66,  avait  déjà  avancé  que  „c'est  ce 

mot  (^)  qui  a  dû  donner  naissance  au  néerlandais  boo?i, 
kaffieboon."   Or,   Bohne,   suédois  bôna,  existe  déjà  dans 


1067 

le  vieil  allemand  et  le  vieux  suédois.  Pour  être  sûr  de 
mon  fait,  je  me  suis  adressé  au  savant  germaniste,  le 
professeur  A  Noreen,  de  l'Université  d'Uppsala,  qui  a 
bien  voulu  me  répondre  ce  qui  suit:  „Suéd.  hôïia,  allem. 
Bohne,  est  un  mot  germanique  d'une  haute  antiquité 
(uralt):  vieux  haut  allem.  boïia,  anglosax.  béan,  viel  is- 
land.  bamt,  vieux  suéd.  bon  et  bôna.  Les  germanistes 
admettent  généralement  que  bohne,  dans  Kaffebohne,  est 
absolument  le  même  mot.  Cela  paraît  d'autant  plus  plau- 
sible, qu'en  allemand  on  ne  parle  pas  seulement  de  Kafife- 
bohnen,  mais  aussi  de  Kakaobohnen  et  d'autres  fruits 
en  forme  de  fèves."  C'est  le  sanscrit  bhôwnâ.  Mais  l'éty- 
mologie  de  Jacob-Lammens  fera  bien  son  chemin  à  tra- 
vers les  livres  pour  le  grand  public,  et  il  sera  difficile 
de  la  déraciner!^) 

Il  serait  intéressant  de  rechercher  si  les  Arabes  avaient 
conservé  la  conception  de  la  sainteté  de  la  fève,  qui  se 
trouvait  chez  les  Babyloniens  et  qui  a  laissé  des  traces 
dans  nos  pays  germaniques.  On  mange  encore  en  Suède, 
tous  les  jeudis,  un  potage  aux  pois  chiches  fait  avec 
de  la  viande  de  porc.  Le  Jovis  dies,  Tors-dag  en  suédois. 


1)  H.  Muller,  Sem.  und  Indog.  p.  151,  va  encore  plus  loin  et  il 
dit  que  le  phonème  pw,  qui  veut  dire  fève,  a  donné  en  sémitique 
pwl,  devenu  l'arabe  fûl,  l'hébr.  pôl,  l'éth.  fâl;  en  indogerm.:  le 
grec  TTvxvo-ç,  le  vieux  nord,  baun,  le  vieil  allem.  bôna,  de  l'indo- 
germ.  bhôwanii  ou  bliùwna.  Les  cheveux  se  dressent  sur  ma  tôte, 

et  je  pense  au  j)roverbe  arabe:  0«-<X*-!  j.  .Lo  (Jn>  J«^'  rj^  1"=^^^  "^' 

Il  y  a  certainement  des  thèmes  cultiiraux,  il  faut  être  bien  sceptique 
pour  le  nier,  mais  avec  nos  idées  préconçues  Jusqu'à  présent,  faute 
de  connaissances  aussi  embrassantes  que  celles  de  Molier,  la  théorie 
de  ce  savant  remarquable  nous  paraît  certainement  encore  un  peu 
embarrassante! 


1068 

est  le  jour  de  Mardouk  =  Juppiter-Thor,  dont  le  sanglier 
est  l'animal  sacré.  Comme  la  fève  symbolise  la  nature 
toujours  renaissante,  il  n'est  pas  impossible  que  la  fève 
de  café,  réduite  en  boisson  qui  redonne  les  forces  et  tient 
l'esprit  en  éveil,  ait  été  entourée  d'une  gloriole  antique, 
et  que  le  serment  ^^^JL^'î  '^Ir^^,  ou  ^'  «L^p-j?  repré- 
sente une  idée  mythologique  fort  ancienne.  Sur  la  fève, 
voyez  Winckler  Die  babylonische  Kulturp.  42,  OL  Z  1906 
p.  210  et  s. 

D'après  les  Arabes  et  la  légende  qui  a  cours  dans  tout 
le  Sud  de  l'Arabie,  c'est  le  cheykh  Abu  el-Hasan  "Ali 
b.  ^Omar  b.  Ibr.  b.  Abî  Bakr  b.  Moh.  Da^'seyn  esSûfî 
es-ôridilî  qui  aurait  introduit  l'usage  du  café  dans  le  Yéman. 
Je  vais  ici  reproduire  la  biographie  de  ce  personnage  d'après 
le  Tabaqât  el-Hawàss  de  Zeyn  ed-dîn  Ahmed  b.  Ahmed 
es-Sargî  ez-Zabîdî  -j-  893,  mon  ms.  : 
JLstîLi  xXjÎJo   J,   JjtiLii!   ^À-î'   )yt^    »AaJ!    «v^  L^>^   .-^^ 

fjr  y  •>li    j— jl^"^i    Q^    iicU:^    5^>tj    y-^^i    *UiJf    (•'-Mî    is^Ly-^'f 
Oji^^    lX^L^Î    ^     ^;;JJAJI    u\*^    i^lLJLvJÎ    dVjU^    ».J^»)     iUi-^ 

,^j.-j^j>Lw!^   CT*^'   ^'   ^^;   ^  '"t^  sO'iJj!  jiS"  !_5  \xi>Li  ^^-^j^  U.Ii*/s 


1069 

cr  ^5  UV^^^  y^  L^'  ^'^^  'V^'  r^  o^^  ^^  ^  ^^i>  ^ 

&_J      .Lj^iLjwî     jj^^     ^vj!^_is-     ^L^UXwîj     ^ry-^lî     ''^\?.y^     ùy.^ikA      JhltA 


•c^Cs^L 


c 

7^  e?a2Y  tm  cheykh  considéré  et  renommé.  Il  s'adonna 
dès  sa  jeunesse  à  la  science,  dans  laquelle  il  approfondit 
plusieurs  branches,  spécialement  celle  du  droit  de  suc- 
cession. Il  embrassa  ensuite  le  soufisme  et  fit  le  pèleri- 
nage à  la  sainte  maison  de  Dieu.  Il  quitta  Mekkah  à 
l'effet  de  faire  des  voyages  et  se  rendit  en  Syrie  et  en 
Egypte.  Il  se  rencontra  avec  beaucoup  de  grands  person- 
nages et  fut  particulièremetit  l'ami  dît  cheykh  Nàsir  ed- 
dîn  b.  el-Mulîf  es-Sâdilî  dont  il  adopta  le  tarîq  et  s'y 
initia  sous  sa  conduite.  Ensuite,  il  retourna  au  Yétnan 
et  alla  en  Abyssinie.  Là,  le  sultan  Sa^d  ed-dîn  b.  el-Mu- 
^àhid  le  prit  pour  ami,  et,  étajit  avec  lui,  il  donna  beau- 
coup de  preuves  de  la  grâce  divine  dont  il  était  gratifié. 
La  foi  du  sidtan  en  lui  s'agrandit  par  cela  extrêmement. 
Il  l'honorait  et  le  maria  à  sa  sœur.  La  plupart  des  en- 
fants du  cheykh  so7it  d'elle.  Ensuite,  il  retourna  au  Yéman 
et  s'établit  au  village  d'el-Mahâ\  oit  il  a  une  zàioiyah 


1)  On  dit  aujoiinrimi  -Li^di  ,  el-MohiV,  El-Mokaddasi  écrit  L^j 
mais  Gesandtschaftsbericlit  des  Hasan  b.  Ahmed  el-Hairaî,  publiée 
par  Peiser,  toujours  l^^l. 


1070 

et  des  partisans.  B  fit  connaître  le  tari q  éâdilite  et  répan- 
dit ses  enseignements.  Un  grand  nombre  de  personnes  profi- 
tèrent de  lui,  et  ses  bénédictions  se  manifestèrent  sur  elles — 
Il  recevait  beaucoup  d'offrandes  et  de  cadeaux,  surtout 
des  Abyssins  ;  malgré  cela,  il  ne  possédait  pas  de  fortune 
et  il  dépensait  tout  ce  quHl  recevait,  pour  faire  du  bien. 

Il  est  le  cousin  du  faqîh  es-Sâleh  Abu  Bakr  Da'^seyn 

Ils  font  partie  des  qoreychites  qui  habitent  le  bas  de  Wâdi 
Eima"^).  Notre  cheykh  mourut  en  828.  Son  tombeau'^) 
se  trouve  au  village  susmentionné;  il  est  vénéré  et  Von 
y  va  en  pèlerinage  pour  implorer  sa  bénédiction  et  la 
bonne  réussite  dans  les  affaires.  Celui  qui  s'y  réfugie  est 
en  sûreté.  Il  y  a  de  ses  descendants,  braves  gens,  qui 
habitent  à  l'etidroit  même."  Dans  mes  Arabica  V  p.  160 
et  s.,  j'ai  déjà  parlé  de  ce  soufite,  qui  joue  encore  un 
grand  rôle  dans  tout  le  Sud,  non  seulement  comme  san- 
ton,  mais  aussi   comme  patron   du   café.   On   appelle  la 

cafetière  j^^iL>ccJt  ^,   et   on  jure  s-o  àLp-^.  Ce  ^i  n'est 

que  le  persan  -çj,  nom  donné  aussi  au  patron  dans  les 
congrégations  de  métiers,  Goldziher  Abh.  II  pp.  LXXVI, 
LXXXIII  et  LXXXVIII  note.  ^Jôlc^^^  ^Jlt  ^J^  est  un 
serment  grave  dans  le  Sud.  On  le  prononce  lorsqu'on  a  le 
café  devant  soi.  La  fatihah  qu'on  récite  à  son  adresse, 
dans  le  pays  de  Zebîd  et  de  Ta'izz,  avant  de  boire  le  café,  est, 

selon  un  Zebîdite:   ^L  (''^JuLii^)  ^^oLciJ!  „3^  ^!  iC^'UJl 


i)  Ôez.  p.  71,   '9,  23;  103,   '3. 

2)  Voyez  Manzoni,  cl  Yemen  p.  351.  Chez  Goldziher,  Abhandl. 
Il  p.  LXXXVIII,  il  est  dit  qu'es-Sâdilî  est  enterré  à  el-Gûr,  ce  qui 
est  une  erreur. 

3)  Un   certain  j^^Li^    aurait   inventé   les  tasses.   Les   Sâdah    el- 

Hâmileh  habitent  encore  au  village  d'el-IJâm  ilah  à  Abyan, 


1071 

^\  Ja3  iA-*.r?^  L---^'  s^j.a:2.^  ^L  La  fâtihah  des  *^Awâliq 
est  celle-ci:  ^^  ^^  JJl£  ^^Lii^  ^^jUJ!     ^^  ^^  iC^"LsJ! 

*JJt    ...I    LàjlX-'^»,    Ij^.'wCis/O    „j      ^X!    ^'    ij--^jJbî    cjL>^_5    ij^tv''^'    Jl-r^ 

En  tout  cas,  avant  de  boire  on  dit:  ^_<-a>J!  ■àyii:>  ^t, 
parce  que  inn  kân  ma  yigrûn  el-fâtëhah  tinzil 
filbatën  el-gahwah  de  m  m,  si  o?i  ne  récite  pas  la 
fâtihah,  le  café  descend  dans  le  ventre  comme  du  sang, 
et  cela  au  dire  d'es-Ôâdilî  lui-même  !  Pendant  le  Ramadan, 
on  ne  récite  la  fâtihah  que  pour  le  Prophète  et  alors, 
hien  entendu,  celle  du  Qorân.  Le  cheykh  est  tout  aussi 
vénéré  en  Syrie,  et  chez  les  Bédouins  du  Nord,  Arabica 
y  p.  160.  Curtiss,  Ursemit.  Religion  p.  207,  raconte: 
„Bald  darauf  kam  ich  nach  Rohêbe.  An  einem  Araber- 
zelt  wurden  wir  herzlich  willkommen  geheissen.  Uni  den 
jungen  Hausgenossen,  der  uns  eine  Erfrischung  bereiten 
wollte,  hatte  sich  alsbald  ein  Kreis  von  etwa  15  Per- 
sonen  gesammelt.  Als  der  junge  Mann  den  Kaflfee  ùber 
dem  Feuer  gerôstet,  ihn  mit  Sorgfalt  bereitet  und  dann 
die  Tassen  gereinigt  hatte,  fûllte  er  eine  und  goss  sie 
als  Trankopfer  fur  Schêch  Schâdli  in  das  Feuer."  Il  ajoute, 
note  4:  „Die  wunderliche  Légende  von  Schêch  Schàdli 
oder  Schâzli  als  Erfinder  des  Kaffees  hôrt  man  im  gan- 


i)  La  fàtilia  de  Hdr  dans  Arabica  V  p.  1G1, 


1072 

zen  Lande  erzàhlen,  so  in  Kerak,  Nebk  und  Hama.  In 
Hama  hôrten  wir,  dass  bei  Rûckkehr  eines  Pilgers  der 
Bereiter  des  Kaffees  ihm  entgegengebt  und  den  ganzen 
Topf  als  Trankopfer  zwischen  seinen  Fussen  ausgiesst." 
Eu  Afrique,  la  considération  du  patron  du  café  n'est  pas 
moindre.  On  appelle  même  le  café,  dans  le  Sud,  Arabica 
V  p.  161,  et  en  Algérie,  ^^'iwCiJî  ou  jcJiUiJî,  Beaussier 
s.  V.,  Marçais  R  M  T  A  p.  445.  On  a  vu  que  le  cbeykh 
souflte  mourut  en  828.  Son  biographe  es-Ôargî  mourut 
en  893,  soit  65  ans  après.  Celui-ci  était  de  Zebîd  et  il 
était  par  conséquent  à  même  de  connaître  les  faits  et 
gestes  de  notre  cheykh.  Or,  il  ne  parle  pas  du  tout  du 
café.  Mais  la  tradition  est  tellement  enracinée  dans  tout 
le  Sud,  qu'il  faut  bien  admettre  qu'il  y  a  quelque  fond 
de  vérité.  Le  café  était  certainement  connu  dans  le  Yéman 
avant  cette  époque.  Le  Ôâdilî  avait  été  longtemps  en 
Abyssinie,  et  on  lui  aura  plus  tard,  lorsque  la  culture 
du  caféier  avait  pris  quelque  extension  dans  le  Yéman, 
attribué  l'introduction  de  ce  breuvage  dont  on  ne  pou- 
vait plus  se  passer. 
Les  Arabes  du  Sud  n'aiment  pas  sortir  le  matin  sans 

avoir  pris  une  tasse  de  café.  On  l'appelle,  en  Hdr,  2J^ 

ou  -j-^,  comme  partout  ailleurs,  Hdr  p.  337,  et  hors 
de  là  (3UjI  3^,  café  de  bon  augure.  S'ils  n'ont  pas  le 
temps  d'attendre,  le  café  étant  trop  chaud,  ils  trempent 
le  doigt  dans  la  tasse  et  partent.  Cette  habitude  de  boire 
le  café  est  une  telle  nécessité  de  subsistance,  que  s^ 
est  devenu  synonyme  de  pourboire^  don,  cadeau.  De  même 
le  russe  na  tshai,  pour  le  thé,  est  devenu  le  synonyme 
de  pourboire.  Nous  lisons  dans  le  récit  p.  452:  ^.\  Lu» 
d^j^  d^.>o=>   jii^'  é^y  cette  terre  que  je  possède  est  à 


1073 

toi  pour  autant  de  distance  que  pourra  courir  ton  cheval  : 
ce  sera  ton  café  (à  titre  de  don  de  ma  part).  Les  Ahl 
Menassar,  au  pays  d'et-Taffah,  branche  appauvrie  d'er- 
Rassâs,  ne  paient  pas  de  redevance  au  sultan,  mais  lui 
donnent,  à  titre  gracieux,  quelques  qurûs  par  an,  et  cela 

est  appelé  dans  le  pays  ïj^î  oi^.  Une  expression  cou- 
rante est  ^^\  Us"  [^;^]  "y^  '^yr'  )  "50'*  salaire  court 
toujours  comme  auparavant,  lui  est  toujours  donné,  sans 
que  le  salaire  consiste  en  café,  bien  entendu.  Voyez  Hdr 
p.  460  note. 

Il  y  a  une  grande  différence  dans  la  manière  de  ser- 
vir le  café  chez  les  Bédouins  du  Nord  et  du  Sud.  Chez 
ceux-là,  on  verse  peu  de  café  dans  la  tasse,  car  la  remplir 
serait  une  offense,  tandis  que  chez  ceux-ci,  elle  ne  peut 

jamais  être  assez  pleine.  Dans  le  Nord,  le  -^  ï^  est 

inconnu,   mais  dans  le  Sud,   le  péricarpe  sert  soit  seul, 

soit  avec  le  ^  pour  faire  le  café.  On  le  fait  même  de 

»y*y,  ■  le  détritus  des  fèves  malades  qui  sont  écrasées  à 
l'égrugeage  et  qui  tombent  avec  les  péricarpes,  tandis 
que  les  fèves  entières,   ^jj't>o,  résistent  à  la  pression  du 

dégrugeage.  Mais  c'est  là  un  mauvais  café  malsain  qui 
n'est  bu  que  par  les  pauvres.  Desflers,  o.  1.  p.  144,  dit: 
„0n  sait  que  le  péricarpe,  desséché  au  soleil  et  pulvérisé 
constitue  le  produit  employé  sous   le   nom  de  qischr 

(yio) Cette  boisson  chaude,  elle  même  appelée  qischr, 

a  un  goût  très  agréable ....  Aromatisée  avec  du  gin- 
gembre ou  d'autres  épices,  elle  est,  avec  le  qàt,  le  sti- 
mulant favori  des  Arabes  du   Yéman^).   Partout,  dans 

Parce  (jue  les  fèveij  sont  vendues  et  exportées,  L. 


1074 

les  solitudes  sablonneuses  du  Tehâraa,  aussi  bien  que  sur 
les  cîmes  escarpées  du  pays  Gebeli,  s'élèvele  mikhaye, 
hutte  de  branchages  ou  maisonnette  de  pierres  brutes  .... 
oii  se  débite. ...  la  décoction  de  qischr  incessamment 
renouvelée  dans  les  vases  de  terre  à  long  cou  et  à  large 
panse  appelés  djemîn^).  Les  fruits  du  caféier,  séchés 
au  soleil,  arrivent  de  l'Intérieur  à  l'état  brut  sous  le  nom 
de  gafal  dans  des  sacs  de  nattes  appelés  qa  r  r  ara  s  ^)." 
Ensuite,  il  rend  compte  de  l'opération  du  dégrugeage  : 
„0n  évalue  le  rendement  du  dégrugeage  à  50  °/o  de  grains 

net  (Bun  sâfi  ^^^Lo  ^),  35°/o  de  péricarpes  charnus 
concassés  (qischr),  12  ^/^  de  poudre  de  qischr  prove- 
nant des  noyaux  (duqat  qischr^))  et  2V2  7o  ^^  dé- 
chets." Le  café,  que  ce  soit  ^  ï^,  J:^  sj^,  ou  »^ 
j^3   -cii,  est   une  condition   sine  qua   non   pour  le  bien 


1)  Glaser  Peterm.  Mitth.  1886  Heft  1  p.  2  b.  dit:  sKisr  welches 
in  bauchigen  und  langhalsigen  Gefassen  (Djemîn  =  Plural  von 
djémene)   dargereicht   wird."    A   Aden  je  n'ai  jamais  entendu  que 

'fiJ^jj:^ j  ]>].  ,..Lj>,  comme  Stace,  vocab.,  coffcc-pot  (earthenware) 
p.  33  et  p.  92  (Jiifj.). 

2)  Doit  être  5<'-è,  1>1.  jj'-^>  aussi  appelé  'Sl^,  pi.  JU^,  et 
^'^,    pi.    J'dicl 

w  y 

3)  C'est  wCi>i  iLJso,  appellation  courante.  Même  erreur  chez  Glaser, 
Skizze   II  p.  197,  où  toutes  ces  pages  ont  besoin  d'être  corrigées;  il 

y  règne  une  grande  confusion.  Le  iCJO  par  excellence  est  Vencois 
concassé  et  éniietté,  comme  les  fèves  de  café.  Il  se  vend  sous  ce 
nom  même  au  marché  d'Aden.  C'est  le  Sovxhx  du  Péiiple,  éd.  Fabri- 

cius  §  8,  qui  est  une  corruption  des  copistes  pour  Sovkkx.  Le  mot  Ai^ 
est  donc  ancien.  Glaser  ne  l'a  pas  reconnu. 


1075 

être,  Jyi.jt,  d'un  Arabe.  On  peut  en  ingurgiter  des  quan- 
tités inouïes,  surtout  si  cela  est  bal  a  s,  pour  rien.  Il  y  a 
dans  le  Sud,  surtout  en  Hadramôt,  une  habitude  curieuse  : 
In   kân   wâhed   sâhebak  tegùl:  el-yôm  babitt') 

^  o 

''and  fulân  bâzûruh'),  utsill  mà^ak  tàrëlv^) 
bunn  uin  barêt  siînkar*),  tôrbatuh  fir-râdi'^) 
hàggak  utidhol  fid-dâr  utôtlôb  rata'  el-bunn 
utitràhuh'^)  fîh  uyilgu')  el-gahwah  utitgàhwa. 
Si  quelqu'un  est  ton  ami,  tu  dis:  ^^Aujourd'hui  fircd 
rendre  visite  à  un  tel."  Tu  emportes  avec  toi  une  poignée 
de  fèves  de  café  et,  si  tu  le  veux,  de  sucre,  que  tu  lies 
dans  toti  châle,  Tu  entres  dans  la  maison  et  du  demandes 
le  plateau  du  café  et  tu  y  mets  les  fèves  de  café.  On  fait 
alors  le  café,  et  tu  le  bois,  dialecte  de  Sibâm  en  Hdr. 
Wrede,  Reise  p.  106  et  v.  d.  Berg  Hdh  p.  68,  racontent 
la  même  chose.  Wrede  ajoute:  „Diese  sonderbare  Sitte 
herrscht  im  ganzen  Hadhramout,  weshalb  auch  ein  Jeder 
einen  kleinen   Beutel  mit  rohen  Kafïeebohnen   bei  sich 


1)  =Dt  basîr. 

2)  En  Datînah   ,î;    est  seulement  Dist^er  Ze  sanctuaire,  et  une  femme 

pjj'    une   autre:   les  hommes  ^^^-^^i^JCj,    rendent  visite,  et   Jj    n'est 
pas  usité  pour  les  hommes. 

3)  Dt   oqieh  ou  qablah  (iCoaxs). 

y 

-    7 

4)  Dt  ^^  ,  comme  déjà  à  el-Makallâ. 

5)  Dt    ujji  =  Aden    -Àj^,;    mais   Dt  le  verbe  ^j^    ^->j',  Hdr 
p.  10. 

5 

6)  On  le  verse,  q^>Xm.o,    sans  le  toucher  avec  la  main,  ce  qui  est 
inconvenant. 

7)  Dt  o:r^^^- 


1076 

fùhrt.  Es  wûrde  als  eine  Beleidigung  gelten,  wenn  jemand 
dem,  der  ihm  Besuch  maclit,  mit  Kaffee  bewirthen  woUte, 
bevor  nicht  derselbe  durch  das  Oefifnen  seines  Kaffeebeutels 
das  Veiiangen  darnach  geâussert  bat."  Ce  sachet  à  café 

s'appelle  en  Hdr  ^\  ^^  ou  ':Cd\J>  ou  .^^^  ce  dernier 
mot  aussi  hors  de  là.  Mais  cette  habitude  n'est  pas  aussi 
stricte  qu'il  le  dit').  Sur  le  café  (boisson)  voyez  Botta 
Relation  p.  18,  Niebuhr  Beschreibung  p.  55,  S.  de  Sacy 
Chrest.  Arabe  I  N°  VIII,  Wellsted,  Reisen  I  p.  227  et 
s.  II  p.  64,  B.  de  Meynard  Notice  sur  l'Arabie  Méridio- 
nale p.  103,  Burton  Pilgrimage  II  p.  249,  Hdr  p.  460 
note,  et  v.  Wrede  Reise  in  Hadhramaut  p.  60  et  106, 
V.  d.  Berg  le  ïïadhramout  p.  66  note,  Euting,  Tagbuch 
p.  83  et  ss.  (particulièrement  intéressant  et  détaillé  avec 
dessins  des  ustensiles  à  café),  Huber  Journal  p.  121  et 
ss.,  V.  Oppenheim  vom  Mittelmeer  etc.  II  p.  48  et  ss., 
Socin  Diwan  I  N°  22  l'intéressante  „QaRîdah  du  café" 
et  Excurs  Q,  Palgrave  l'Arabie  Centrale  I  p.  52,  et  ici  p.  20. 
En  fait  de  café,  il  y  a  encore  une  profonde  différence 

entre  le  Nord  et  le  Sud.  C'est  le  café  au  lait  XjCJu)  «j-^, 
20,  23/3,  21,  2,  qui  n'est  guère  usité  dans  le  Nord.  Cette 
habitude  du  café  au  lait  est  une  particularité  des  peu- 
ples néo-latins.  Elle  est  aussi  commune  dans  l'Allemagne 
du  Sud  et  en  partie  en  Autriche,  mais  peu  pratiquée 
dans  le  Nord  de  l'Europe,  o\x  l'on  mélange  le  café  avec 


d)  En  tout  cas,  cette  description  de  Wrede  prouve  qu'il  a  vérita- 
blement été  en  Hdr,  et  les  attaques  du  grand  A.  v.  Iluniboldt  et 
de  L.  V.  Buch,  qui  l'ont  taxé  de  menteur,  ne  retombent  que  sur 
eux-mrmes.  Le  savant  allemand  méprise  la  réclame,  et  celle  à  outrance 
que  fait  Sven  Iledin,  que  personne  ne  peut  contrôler,  serait  impos- 
sible en  Allemagne,  où  l'on  attache  bien  peu  de  foi  aux  aventures 
de  ce  voyageur. 


1077 

un  peu  de  crème  froide.  Dans  tous  les  pays  arabes  que 
je  connaisse,  je  n'ai  constaté  l'usage  du  café  au  lait  que 
dans  la  partie  sud-ouest  de  l'Arabie,  soit  le  Yéman  jus- 
qu'au Haulân  au  Nord  et  à  la  frontière  de  Hadramôt 
à  l'est.  Toutes  les  tribus  entre  le  Yéman  et  Hdr  boivent 
le  café  au  lait,  excepté  les  Bâ  Kâzim,  qui  préfèrent  le 
vin   de  palmier^   ^3o-o.  Ceux-ci  ne  prennent  que  le  café 

noir,  hj^  8j^  '),  et  cela  aussi  très  peu,  car,  disent-ils, 
nous  ne  voulons  pas  lire  la  fâtihah  s%ir  ^e  bôs  (qui 
donne  le  lait),  qui  par  cela  périrait,  J-L<j  L.  =  oj-^j  L.  . 

Cette  habitude  du  café  au  lait  n'est  explicable  que 
dans  un  pays  oii  se  pratique  l'élève  des  bêtes  fournissant 
le  lait.  L'Arabie  Méridionale  n'a  jamais,  que  je  sache, 
été  dans  ce  cas.  Certaines  vallées  peuvent  bien  nour- 
rir un  grand  nombre  de  *>l£,  mais  l'abondance  n'en  est 
pas  telle  qu'elle  puisse  expliquer  l'usage  si  général  du 
café  au  lait.  C'est  sur  la  côte  opposée,  dans  le  Kafifa  et 
en  Abyssinie,  qu'il  faut  en  chercher  l'origine.  Les  Sômâl 
sont  un  peuple  pasteur:  ils  ont  d'immenses  troupeaux, 
de  riches  pâturages,  et  le  lait  forme  leur  principale  nour- 
riture. Les  voyant  boire  leur  café  au  lait  dans  de  grands 
bols,  on  dirait  des  Européens.  Seulement  ce  n'est  pas 
le  café  fait  avec  les  fèves  seules,  comme  chez  les  Arabes 
du  Nord  et  en  Europe,  c'est  une  décoction  préparée,  soit 
avec  le  péricarpe  seul  de  la  cerise,  desséché  au  soleil  et 

pulvérisé,  soit  avec  toute  la  cerise  cowcass^e  (tjù.^^,  Aden) 
avec  fève  et  péricarpe  ensemble. 


\)  Est-ce  que  les  appelations  »cafi''  noir"  et  »café  au  lait"  sont 
venues  en  Euro|)e  en  môme  temps  que  le  caf»'-?  Cela  n'est  pas  im- 
possible. 


1078 

Etant  persuadé  que  l'usage  du  café  fut  introduit  dans 
l'Arabie  du  Sud  avant  le  célèbre  cheykh  ^Omar  es-Sadilî, 
je  fais  aussi  remonter  l'usage  du  café  au  lait  à  la  môme 
époque,  qu'il  est  pourtant  impossible  de  préciser. 

Je  sais  qu'on  me  fera  cette  observation  que  le  café, 
le  tabac  et  les  pommes  de  terre  sont  tout  modernes  en 
Europe,  et  que  cependant  ce  sont  pour  nous  des  articles 
de  première  nécessité;  on  dira  aussi  que  les  Arabes  ne 
peuvent  plus  exister  sans  le  café  et  le  tabac  et  que  tout 

le  bonheur  d'un  Bédouin  est  de  fumer  une  ^jJ^  jojj 
(Nord),  une  pipe  de  tabac.  On  s'habitue  vite  à  une  chose, 
et  à  présent,  nous  ne  comprenons  pas  que  dans  notre 
jeunesse  il  n'y  avait  pas  même  d'allumettes  suédoises. 
On  vend  le  pétrole  dans  l'intérieur  de  l'Arabie,  et  j'ai 
acheté  des  allumettes  suédoises  au  marché  d'e^éihr  et 
de  Kalansoua  en  Soqotra.  Et  pourtant,  il  y  a  50  ans, 
on  n'en  avait  jamais  entendu  parler.  Mais  la  chose  est 
cependant  un  peu  différente,  quant  au  café.  Le  pays  du 
café  était  près  du  Yéman,  les  relations  entre  les  deux 
pays  étaient  suivies  et  multiples.  Les  Abyssins  ont  même 
dominé  sur  le  Yéman  300  ans  environ  avant  es-Sâdilî. 
Peut-on  donc  admettre  que  ces  Abyssins  n'aient  pas  connu 
les  propriétés  et  l'emploi  de  la  fève  du  caféier  dont  il  y 
avait  de  vraies  forêts.  Celles-ci,  au  Sud  de  l'Abyssinie 
connue  d'alors,  cela  est  vrai,  n'ont  pas  été  plantées  après 
coup  pour  satisfaire  une  exportation  qui  n'existait  pas, 
mais  elles  y  sont  à  l'état  natif.  Ne  pouvant  me  livrer 
à  des  recherches  sur  ce  sujet,  je  laisse  à  d'autres  le  soin 
d'éclaircir  cette  question. 

56,  6:  'àûd.  Ce   j>^1  s'appelle,   en   Dt,  é^J^=JjJ^, 


1079 

dans  le  Nord,  M  S  0  S  VI  p.  104,  note.  ^^\  ^!>,  Tab. 

III  p.  1688,  10. 

56,  6:  yistëbek.  tiU-w,  o,  mêler  ensemble,  mélanger. 
é-jjjj ,  se  mélanger.  Dans  notre  dialecte,  ce  n'est  pas 
fondre,  qui  se  dit  ^^^x,  verbe  actif,  p.  e.  du  sucre,  et  ,^2^1, 

se  fondre  :=  ^c^^^.  Fondre  un  métal  est  ^Juo,  i,  mais 
le    plomb  *;n^-  ou  ^^c^.»  se  fond, 

56,  13:  el-'âli.  ^c^Lati!,  le  pilon,  =^}  dans  le  Nord 
p.  60,  2,  Euting  Tagbuch  p.  83.  Les  Hadramites  et  les 
'Awlaqites  l'appellent  «yoï  s'il  est  grand  et  en  bois,  comme 
à  Mekkah,  Snouck  Feestbundel  p.  29,  et  J-ci^  s'il  est 
petit  et  en  pierre,  =  class.  ijJjJ^ .  «^-^  est  bâton  en  général. 

56,  16:  h  a  w  ê  g  =  ,iNj!^,  épiées,  d'où,  le  dénominatif 
_,y>,   56,  2i),  comme  de  ^j-on  a  fait  ^L,  56,   n,   mettre 

le  ^  dans  l'eau,  =  Hdr  '^^^-a^,  o,  ■=  Nord   et  Syrie  ^  ou 

jji,  Socin  Diw.  III  Gloss.  p.  309.  Un  verset  de  la  qasîdah 
rapportée  p.  556  est: 

iVoMS  avons  dit:  il  y  a  sur  nous  un  opprobre:  nous 

[ne  prendrons  pas  7iotre  revanche 

Jusqu'à  ce  que  nous   épicions  son  café  avec  du 

[gingembre  ')• 


1)  =  Nous  le  punirons  ;  peut-être  aussi:  nous  l'empoisonnerons, 
car  cela  est  très  ordinaire  dans  le  Sud.  Ce  sont  les  Juifs  qui  four- 
nissent le  pnison 

72 


1080 

56,24:  husulet  =  c^JL^  =  o^^vî:^  =  Nord  ^^, 
^Juo  ou  oy^',  p.  1046.  Pour  les  voyelles,  voyez  p.  58,  note. 

56,  24:  siyâni.  Les  ^J'^yo,  sing.  ^^c^Lyo,  sont  en  por- 
celaine, mais  les  Bédouins  ont  leur  x^j^,  pi.  ^^,  en 
bois,  qu'ils  fabriquent  eux-mêmes,  plus  grands  que  nos 
tasses  à  café  au  lait.  ^^J^>i  est  inconnu  dans  les  vrais 

milieux  bédouins.  Le  (jyo  JL^uj  de  la  qasîdah  de  café, 
Socin  Diwan  N°  22  v.  15,  explique  l'origine  du  mot  ^^.j-yo. 

57,  3:  radd.  ù.  ou  j>^o,  marc  de  café;  le  premier  est 

o  ) 

en  bon  arabe,  le  second  est  le  persan  o.o,  lie,  d'où  l'arabe 
class.  ^^J>JJ>  *).  Dans  le  Nord,  on  dit  }1=^,  60,  8,  class.  = 
rebut  de  toutes  choses  ;  Socin  Diw.  III  Excurs  Q  a  JsJC=>, 
dont  il  n'a  pas  reconnu  la  provenance.  Le  class.  Ui=> 
ou  ,}Jus>  me  paraît  être  une  contamination  des  deux  ra- 
cines JJc=>  i}-:'^)  et  j^fti.  Aussi  Nord  ^,  lie  de  toutes 
choses,  cf.  LA  s.  v..  Dans  le  Nord,  on  fait  quelquefois 
encore  une  infusion   avec  le   marc;   ce  café  est  appelé 

*j>.  5^  ou  'iy3,  soit  la  seconde  infusion.  Euting  écrit, 

Tagbuch  p.  85,  ,^y-i;  je  crois  à  tort.  En  Tunisie,  s^' 
est  marc  de  café,  Stumme  T.  Gr.  p.  162,  qui  dit  que 
c'est  pour  o^",  Beaussier  s.  v..  'éyJ  n'est  donc  pas  une 
faute  d'impression,  comme  le  pense  Almkvist  Kl.  Beitr. 
p.   413   note,   qui  prend  SjL'  pour  un  mot  turc.  Le  turc 


2)   Lanimens,   Mots   dérivés   p.   238,    veut   faire   dériver  tarlarum 
de  là.  Je  n'en  sais  rien. 


1081 

a^',  prononcé  le  plus  souvent  telfe,  peut  être  ou  une 
métathèse  de  tifle  arabe  ou  tanwa  avec  changement 
phonétique.  Cf.  ^yjih,  Hdr  Gloss.  s.  v.,  et  ^,  comme  .y 
et  jyL>  etc..  Dans  le  Sud,  la  seconde  infusion  n'est  point 

en  usage  ;  là  on  fait  le  café  très  fort,  »^t  oyi^'  ^  ^'^^' 

ception  d'ed-Dâhir,  oii  l'on  est  très  chiche,  comme  dans 
notre  texte  57,  8  et  ss.. 

57,  4:  hâltiom-hâlhom  =  ^->i2*j,  idiotisme  datînois. 
Bâ'  listëri  ana  uyâk  hâdeh  et-tôb,  If  hâlah 
uènteh  hâlah,  nous  allons  acheter,  moi  et  toi,  cette 
longueur  d'étoffe,  une  part  à  moi  et  une  part  à  toi.  L  i  d- 
bah  em-galabah  ulisterikha  arba'^a  suhûm 
ukull  wâhed  (ou  kiillen)  yôhod  hâlha,  nous  allons 
égorger  le  mouton  (ou  chèvre)  et  nous  le  dépècerons  en 
quatre  lots,  et  chacun  en  prendra  une  part.  Hâl  el- 
a  w  â  d  i  m  y  i  s  t  ë  h  u'   y  i  q  û  1  û  n   b  â  r  î  q  u  h  â  1  h  o  m  b  î  s- 

lah,  des  personnes  qui  se  gênent  disent '^)  ou.!  L,  tandis 

que  d'autres  disent  >:$S^\  L,  je  veux  faire  mes  besoins.  Ici 
partout  on  dira  dans  d'autres  dialectes  (ji^su.  Mais  kull 
wâhed  yôhod  hâlah  ne  signifie  pas  chacun  pirend 
sa  part,  mais  prend  sa  part  de  lui-mêyne,  ce  qui  est  un 
non  sens;  il  faut  alors  dire  kull  wâhed  yôhod  qus- 
meh  ou  sahmeh. 

57,  5:  yiblit.  v,i>Jlj  =  ,rJu,  rejeter  par  la  bouche,  aus- 
spucken;  cf.  JaJb  Ilcjr  p.  533. 

57,  7:  nitâyin.  ^^LL  est  véritablement  rendre  con- 
forme, anpassen.  (jJjSi  ,^.LIaj  L,  propr.  :  er  passt  sich  den 


^)  o'm    'i  est  une  expression  élégante  pour  allcv  au  cabinet. 


1082 

Leuten  nicht  mi,  il  ne  s'accomode  pas  des  gens,  il  n'est 
pas  affable  avec  eux .  H  fi  (J  a  m  e  t  â  1 1 1  a  h  =  aJ  ^^LI3/>  'À*, 
cela  lui  convient,  dies  passt  iJim,  de  toutes  choses.  ^LL 
est  transitif  et  intransitif.  ^^^  J^  cr''"-^  vj^'>  ^^  ^^^^" 

ment  me  va.  J  ry^^,  prendre  mesure,  faire  une  chose 
sur  7nesure,  essayer  un  habit,  anpassen,  probieren  ;  faire 
une    chose  selon  une  mesure,   iin   volume,  une  qtiantité 

adéquats.   v_jJj  ["^ali'']  ^Ji^  <:y'>'^  ^>   veux-tu  me  prendre 

la  mesure  d'un  vêtement?  Sw=>^^'  J^  i^c^^"'  o^'^>  f^'^^  ^^ 

pilon  sur  la  grandeur  de  la  meule,  v.  p.  625.  Ma  éi 
m  à^i  in  k  a  n  t  e  y  n  e  m-m  a  s  r  ci  f,  je  n'ai  que  tout  juste 
pour  les  dépenses.  Voyez  Hdr  Gloss.  et  surtout  p.  360. 

Je  ne  suis  pas  très  sûr  que  la  forme  ^^Jo  soit  l'infinitif, 

car,  au  figuré,  (^-.Jj  et  ^j-.w^  sont  égaux,  tandis  que  terre 

est  seulement  (^  ;  le  verbe  me  paraît  être  dénominatif. 

Cette  prononciation  teyn,  tên  pour  tin,  qui  du  reste, 
n'a  rien  que  de  très  ordinaire,  me  fait  l'efifet  d'être  très 

ancienne,   car   L  A   dit  que   ^^lIp  est  une  sJi  pour  ^:>1:}. 

o 

Vollers  Mutai,  p.  35  note  7.  Or,  ^^  a  dû  être  prononcé 
t  a  n  =  tê  n  =  t  î  n,  et  l'adjectif  ^^lL,  =  ^^Nkl!  ,^^  est  ou 

le  substantif  ((j>L  j._^) ,  prononcé  tan  et  qu'on  aura  as- 
similé aux  adjectifs  dont  j'ai  parlé  p.  51^  et  ss ,  ou  bien 
le  participe  :  t  â  i  n  =  t  â  y  i  n,  t  a  y  n  =  t  ê  n  zr  t  a  n,  comme 
le  dit  L  A  XVII  p.  140,  14  :  x-l.c  ^^^j  NUlî  ^,^^<j  ^.,t  gJL^. 

Les  significations  figurées,  classiques  et  dialectales,  de 
(j-Jj  lej.'r^],  de  is.^^  et  du    verbe  xCî  xjJj,  Hafîner   AL 


1083 

p.  20,  14,  remontent  à  la  plus  haute  antiquité,  K  B  VI 
p.  120  V.  34  et  les  passages  cités  dans  KAT'^  p.  506 
note  1,  Jeremias  AT  pp.  72,  6;  74,  5;  75,  14.  Le  terme 
technique  pour  créer  l'hamme  est  tîta  iq taras,  „Lehm 
abkneifen",  dont  j'ai  déjà  parlé  p.  619  note.  Des  babyl. 
tîtu  ou  \\tiu,' argile,  la  dernière  forme  est  primaire, 
Del.  Gr.  §  54  b,  r=  tintu,  conservée  en  arabe,  tandis  que 
l'hébreu  a  la  première  îs"»!;.  Ne  pouvant  m'expliquer  la 
corrélation  entre  tîtu  et  ^Jj,  je  me  suis  adressé  à  Hom- 
mel  qui  m'écrit  ceci:  „0u  bien  1°  ^ty  et  alors  a: 
redoublement  î3'î^  tittu;  b:  développement  en  n:  (^-Jj, 
î'^t;,  cf.  5^03,  boue  (=suj')');  ou  bien  2°  babyl.  tin  nu*, 
fém.  tindu  (au  lieu  de  tin  tu,  cf.  sinûndu,  salam- 
du,  tiâmdu),  et  ensuite  par  assimilation  au  t  préeédent 
tittu,  tîtu,  où  il  faut  cependant  remarquer  qui  tinu 
et  tîndu  sont  en  babyl.  des  formes  supposées.  On  pour- 
rait comparer  P-wnt  et  *lO"îc,  mais  cela  est  encore  incer- 
tain. La  première  hypothèse  me  semble  la  plus  probable." 
Pour  moi,  la  seconde  hypothèse,  à  peu  près  celle  que  je 
viens  d'émettre,  me  paraît  la  plus  plausible.  La  phrase 
babyl.  à  la  quelle  correspond  le  qorânique  6,  2:  ^cÀ.''  ^ 
^^■^I?  i2r  ;*>^Ji^,  =7,    m;    23,    12;  32,  c;  37,  11  et  passim, 

et  la  phrase:   sjjJ^  J^c  aUî  sJ'lI^,  LA  XVIII  p.  141,  4, 

représentent  donc  une  ancienne  conception  sémitique.  Le 


1)  J'avais  bien  vu  cette  comparaison  cliez  Ges.-Buhl  H  W  j).  247, 
mais   je   l'ai   passée   sous   silence   parce  que  StLLj,  vase  noire  aulour 

ilu  imils,  vient  de  î^,  qui  est  une  môtathèse  de  Lb»,  déjà  relevée 
dans  LA  I  p.  110,  ",  et  n'a  lien  à  faire  avec  (^-.-b  .  stLL)  est 
lionc  véritablement  piétinement,  car  cette  vase  se  produit  justement 

par  le  isLbj    des  bMes. 


1084 

rituel  funèbre  de  tous  les  enterrements  protestants  com- 
mence par:  „De  la  terre  tu  es  venu,  tu  redeviendras  de 
la  terre",  ce  qui  rappelle  la  sentence  musulmane  dUxi 
oyij  ^i^\^  L^/>.  La  cosmogonie  mythologique  orientale 
nous  accompagne  depuis  notre  entrée  dans  le  monde  jus- 
qu'à notre  tombe! 

57,  8:  kalab.  u^,  aussi  wOls"  ^J,  qui  ne  se  trouve 

que  dans  le  dialecte  datînois,  est  très  bizarre.  J'en  ignore 
absolument  l'origine,  et  Nôldeke  n'en  sait  pas  plus  long, 
comme  il  me  l'a  dit.  Enteh  bâ'  tesîr?  —  Inkalab 
enteh  ma^^i  bâsîr,  Tu  veux  partir?  —  Si  tu  es  avec 
moi,  je  partirai.  In  kalab  la  mènteh*)  ma^i  bas- 
rah  in  kân  biz-zind,  mais  si  tu  n'es  pas  avec  moi, 
je  ne  partirai  que  par  force,  malgré  moi.  Masàht  em- 
qàfas  in  kalab  ma  ta'  sf  yînfatah, /ai  nettoyé  la 
boîte,  mais  elle  ne  s'est  pas  laissée  02ivrir  =  07i  n'a  pu 
l'ouvrir.  In  kalab  emsîni  la  malih  ùfsur  minneh, 
mais  si  la  tasse  est  [trop]  pleine,  oteen  un  peu  [verse-en]. 
Les  ma  ""abàrtu  min  hânàk?  —  In  kalab  àhna 
râhàqnii  fi  ràliëq  uma  nàhikna  sP  lîgza"'), 
pourquoi  n'étes-vous  pas  passés  par  là-bas?  Mais  c'est  que 
nous  nous  sommes  embourbés  clans  un  bourbier  et  nous 
n'avons  pas  osé  passer.  In  kalab  "^Abd  Allah  yin- 
tiq  em-qirbab,  uin  kalab  entu  iglihu  em-quéâé 
min  em-habb,  quant  à  "Â.  A,  il  doit  remplir  l'outre, 
et  quant  à  vous  autres,  vous  devez  trier  le  blé  du  van. 
Fên  Marzaq?  Kalab  sarah  em-sûq,  oii  est Marzaq? 
Mais  il  est  allé  au  marché.   On   peu   partout  ici  aussi 


1)  Obs.  -,.    pron.  cummo  g;  p.  353  note  4. 


1085 

dire  min  kalab.  C'est  donc  le  class.  Ci  et  correspond 
à  l'égyptien  Q,  Spitta  Gr.  §  87,  5  et  §  190  d. 

57,  8:  yiqullûn  et  yiktorûn  pour  (class.)  ^^yîb 
et  Q^y^j,  car  les  verbes  sont  ]3\  et  j^];  les  participes 
JJt*  et   JXc.   Voyez  p.  357,  sub  8,  21. 

57,  9:   min  g  al.   S-^^^  est  en  cuivre;  il  a  la  forme 

d'une  cafetière  de  cuisine;  on  y  chauffe  aussi  l'eau;  usitée 
surtout  dans  le  Dâhir. 

59,  11:   rab'ah.   iJUj,  pi.  ^L     boîte   pour   le   café    en 

poudre. 

59,  11:   sitt.   iii;;  à   Aden,   Hdr   et   'Awâliq:   JlÂ^ 

corbillon,  it\.  l}j!a^  :  ''ij»,JjC^  Us"  ^_»h  o^ié  ^y,,  faite  d'à,  zblî 
et  long  comme  une  bouteille;  se  dit  tout  aussi  souvent 
c;^.^:'.   Il  est   en  %zaf  très  fin  et  dont  le  tressage  est 

tellement  serré,  qu'il  est  complètement  étanche  91,  2. 
Il  affecte  cette  forme  A  ;  composé  de  deux  moitiés 
égales,  c^"^  est  peut-être  la  vraie  forme,  car  il  se  dit 
en  mehri,  éedd,  petit  panier,  Jahn  M  S  p.  240.  Les 
Sômâl  l'ont  aussi.  Il  serait  intéressant  de  savoir  d'où 
provient  l'industrie  de  ces  objets  bariolés  en  ''azaf.  On 
^es  trouve  dans  tout  le  Sud,  chez  les  SômAl,  les  Abys- 
sins et  même  au  cœur  de  l'Afrique.  Il  y  a  là  une  étude 
que  je  recommande  aux  voyageurs. 

57,  12:  minhAz.  jL^..L  est,  dans  tout  le  Sud,  le 
mortier,  non  le  pilon,  comme  jo  l'ai  déjù,  fait  observer  l[(Jr 


1086 

p.  720  s.  V..  Notre  texte  dit  presque  la  même  chose  que 
Snouck  Feestbundel  p.  29,  où  il  donne  quelques  proverbes 
de  Hdr.  Outre  le  sens  de  piler,  broyer,  ;^,  a,  a  aussi 
celui  qui  figure  dans  les  dictionnaires  classiques,  tousser 

d'un  chameau  qui  souffre  des  poumons;  j^  toux  d'un 
tel  chameau.  ;:>j  ^*j,   chameau  qui  tousse.  L'homme  et 

les  autres  animaux  ^^»,j:^\jsu.,  toussent,  mais  les  BâKâzim 

appliquent  ^,  avoir  un  fort  rhume,  j^.,  même  à  l'homme. 


20. 

58,  16  :   m  e  h  m  â  s  =  m  e  h  m  â  s  a  h,   Nord,    59,   23.  Le 

verbe  est  ^-^,  58,  i6/7,  v.  d.  Berg  Hadhr.  p.  66,  note, 
aussi  Nord  59,  24;  Socin,  Diw.  III  Gloss.  s.  v.,  qui  croit 
III  §  166  que  ^j^  est  plus  original  que  j-^.  Je  crois 
que  c'est  tout  le  contraire,  mais  il  est  impossible  de 
trancher  la  question;  cf.  p.  571  et  ss.  et  p.  595  et  s.. 
Voyez  p.  1088  et  s.. 

58,  17:  yilummân.  En  Dt  cet  n  final  n'est  pas 
ajouté  aux  prépositions  LJ  et  ^Xt,  ilân,  comme  en  Hdr. 
C'est  J  U  et  ^\  ^l 

58,  21:   hàgëb.   wJi:^,  le  café  en  'poudre,  v.  d.  Berg 

Hadhr.  p.  68  note  4.  idLxJ'  w^a>,  0,  ou  ^-^^s=>,  mettre  le 
hôqb  dans  la  cafetière'^).  Hôgiib  ou  hàggib  el-ko*"- 
deh,  mets  le  café  moulu  dans  le  pot.  En  général,  on  ne 
pile  que  la  quantité  nécessaire  pour  une  fois,  comme 
dans  le  Nord.  Tout  au  plus  fait-on  une  réserve  pour  deux 
à  quatre  Jours,  qu'on  garde  dans  le  mahqab  (seulement 

'Awtiliq  et  Hdr),  boîte  faite  des  tiges,  ^Jaxi,  du  régime 
de  dattes,  pour  y  mettre  les  épices.  La  &Jj,  pi.  jJ3,  en 


1)   Mais    dVJlc    ^-r*^^-   *^'  1   expliqué  par  d^J^   -r*-?^^-   *^''    Dt, 


1088 

cuivre,  est  seulement  pour  les  gens  aisés.  On  remplit  le 
fîgân  autant  que  possible  (tout  le  contraire  dans  le  Nord) 
et  on  l'offre  sur  le  •■iyijw,  plateau  en  cuivre.  »^l  o^/*^' 
ils  font  passer  le  café,  l'offrent  à  tout  le  monde,  ou  ^J5y.<Aj, 
.  d'où  aussi  «yp,  service  à  café,  Hdr.  I.  Dabi  dit,  dans  une 
qasîdah  à  l'adresse  du  sultan  Ahmed  b.  ^Alî  de  Lahig: 

Nous  sommes  venus  (car)   7ious  voulons  avoir  la 

fdécisionj  o  seigneur  de  l'etidroit! 

Passe-moi  mie  tasse  de  café  pur  et  rafraîchissant. 

58,22/3:  yitallâ'un  el-ko'deh  'an  en-nar — 
yigaUitu  ed-dalle  'an-nâr,  60,  13,  Nord.  Dans  le 
second  cas,  "b,  n  est  =  'a  ou  'a  e  n  (pour  Jl  Jo^)  ;  dans 
le  premier,  ""an  me  paraît  être  en  vertu  d'une  assimi- 
lation des  liquides  :  "a  1  e  n-n  â  r  =  'a  n  e  n-n  a  r.  ^^  se 
confond  ici  avec  Jvt  ou  J^.  Cf.  le  tunisien  W  Z  K  M  8, 
p.  264  (Nôldeke)  et  ZDMG  50  p.  332  (Vollers). 

59,  4:   miVsara.  yiow,  plateau  en  cm'yre,  "seulement 

en  Hdr  ;  à  ne  pas  confondre  avec  J^sa  ,  Aden,  =  Jo  Dt, 
qui  est  un  panier  de  ""azaf  et  anses. 

59,  20:  m  ah  mas  a.  Le  verbe  est  ^J>*:^,  griller,  torré- 
fier) LA  VII  p.  359,  6:  «^Lï  Ijî  ^\  ,j^.  C'est  là  la 
prononciation  de  toute  l'Arabie.  V.  d.  Berg  Hadhr.  p.  66 
note  2:  m  il;  m  a  s.  Ch.  Iluber  Journal  p.  125:  el-mah- 
masah  '\Ju^,  grande  cuiller  en  fer  pour  torréfier  le 
café.   Mais  les    15('douins   do  Syrie  disent  ,j^,  do  mémo 


1089 

que  les  Syriens.  Euting  Tagbuch  p.  84  note  8:  iooU^, 
m  a  lima  s  eh,  flache  eiserne  Pfanne.  Cette  prononciation 
est  pourtant  ancienne,  car  L  A  VIII  p.  283,  8  nous  lisons: 

mais  l'explication  suivante  d'el-Azharî  est  naturellement 
fausse.  Ce  changement  de  y^  en  ^Jo  est  très  commun 
dans  un  thème  qui  contient  une  lettre  gutturale,  même 
dans  la  langue  classique. 

59,  22:  gahàwa.  Nous  voyons  ici  que  »j^  est  aussi  = 
^,  V.  p.  1056. 

59,  24:  'a la  râdah  =  &^x  JLs,  G  G.  t>oL  i,  faire  qqc 
à  son  aise,  est  usité  en  Hdr,  mais  notre  dialecte  ne  con- 
naît que  u^jj',  s'asseoir  à  son  aise,  se  reposer.  R  0  p.  214,  6 
d'en   bas:  \jj>  liW;  !,  ich  encarte  dich   hier,   mais   ibid. 

p.  277,  4:  yirCidhum,  er  erwartet  sie.  Rîdûni  et- 
hazzem,  erioartet  (mich),  class  ich  mich  umgûrte,  ibid. 

p.  290,  3  d'en  bas,  =y:2jj  aussi  'Oman,"  ibid.  §351.  En 

Mésopotamie  également  (jrL,  i,  attendre: 

Y  a  râkibah  rêdel  serî  'al-gahàuv7ib') 

0  der  du  es  reitest,  warte  aufden  gleich  fertigen  Kaffee. 

Meissner  MSOS  VI,  11  p.  84,  8. 


1)    Ainsi    chanté.     Mètre:    — ^-  \  — ^-  |  -^ — .    Rôdel  = 
J  (ji2J.  :=  J(jn..  Meissner    a    gahâwi,    ce    qui    est    impossible,    car 

l'horamo  qui  a  dicté  cela  n'a  certainement  pas  fait  un  pluriel  i^^^p 
d'un  singulier  gahwa,  où  la  dernière  syllabe  serait  réduite  à  sa 
valeur  phonétique.  Les  Bédouins  du  Nord  prononcent  gahàuwa[h] 
où  la  troisième  radicale  est  ellectivement  double.  Voyez  sur  cette 
furnio    l.ldr    p.    12    ut   42,   Wotzstcin  /DM  G  22  [).  ISi,  note  2,  où 


1090 

^):Z.,  se  reposer,  s'arrêter,  Béd.  de  Syrie;  tarder, 'Ne^à, 

ce  qui  est  pour  ij^.J,  forme  employée  dans  le  Sud  avec 

le  même  sens.  viJcX^i  ^yu\  ^j^^  (àbrinsîdk)  arrête-toi, 

le  veux  te  demander  (qqc),  "Anazî.  Autre  exemple  p.  351, 
12^).  Dans  la  célèbre  qasîdah  de  Sa'dûn  el-''Awâgî, 
ce  vers  fait  suite  à  ceux  de  la  p.  785: 

o 

6.  Rèyyid  ebdàrah')  basse  yômèyne  behsâb. 

.-.    ,  o  o 

Kânènte   min   gat^ar-rahârîhemallèyt 

Repose-toi  dans  sa  maison  seulement  deux  jours^ 

[tout  juste. 
Si  tu  as  assez  de  traverser  les  steppes  arides^) 

o 

Nâdâni   de   rèyyid,    gilte   làh   setrîde  éûf'*) 

^jui    iAjj"   i^y^}    A-    i.i>Jlî    ^J^.^    o    -  c^'-^Li 


cependant  la  dernière  partie  est  absolument  fausse.  el-Bahàrra  = 

o  - 

sysuji,  Sachau  Reise,  p.  61. 

4)    Les    Negdites    disent   ^j,    i,    s'arrêter,  =  *— à-^^-    Rî'ûlkum 
swàyye  la  m  m  a,  nitrèyyàh,  arrêtez-vous  un  peu  pour  que  nous 

nous  reposions ;  =  %j>,^ .  Hàllena  niti'èyya'^,  lasst  uns  haltcn, 
arrêtons-nous!  Aussi  attendre:  Reyyà^  li  hatta  é^^i  attends-moi 
que  je  vienne.  Aussi  '^Omân.  Socin  Diw.  III  Gloss.  s.  v..  Cf.  ici  Gloss. 
s.  V.  c»,.    et  Hdr  Gloss.  s.  h.  v.. 

2)  eb  est  bref,  comme  il  dans  il  y  a  p.  785  et  1094  v.  6,  2. 

3)  KJ^^^  ,  pi.  de  ^^/j  =  ^cJ'^   G  0,=  Jr-^>J'   ^^^-^^   oU<U! 

iUî^   ^jl^)    ^   GO. 

4)  C'est   ainsi    qu'il    faut    liie    et    que    c'est    chanté.    Mètre: 

^1 ^1 ^|~    Le  texte  arabe  n'est  que  pour  rendre 

la  transcription  plus  compréhensible. 


1091 

Il  m'appela  en  disant:  „Reste  donc  là." 
Je  lui  répondis:  „Que  veux-tu?  Voyons! 

Meissner  MSOS   VI,   ii  p.   88,   2   d'en   bas.  Je  J^! 

G)  w 

c  j  ^5o[j  (5  j^^v^Jo  oyt,-^,  les  Ahl  "AU  h.  Mas'^ûd  cam- 
pent dans  le  W.  Burà"  '),  "Aulaqî. 

59,  25  :  t  i  n  g  a  d.  ui2:s\j^  être  cuit  à  points  Nord  =  -;s:s\j, 

Sud,  V.  p.  780.  La  forme  littéraire  est  ,.;s*iij,  qui  est  une 
métathèse  fort  ancienne  de  \j^,  puisqu'elle  figure  dans 
les  dictionnaires  de  la  lurah.  Ce  n'est  pas  tout  le  con- 
traire, car  le  thème  ^  et  ses  dérivés  le  prouvent.  Per- 
sonne ne  dit  ^^^oj  dans  toute  l'Arabie.  Les  lexicographes 
ont  enregistré  la  métathèse,  tandis  que  la  forme  vraie 
leur  était  inconnue. 

60,  4,  5  :   y  i  g  a  1 1  i  t  h  a.   i^iï,  o,  =  j.A5,  avancer,  pré- 

céder,  passer.  -aJlï  ^-^^"^  *.'  ^ôSi  c>^,  je  suis  allé  pour 
l'appeler.,  j'ai  trouvé  qu'il  était  parti.  _^î  Jaiï,  il  a  passé 
le  fleuve.  Autre  exemple  p.  515,  note  2.  Un  'Anazî  me 
définit  ainsi  un  l>J'^  :  ^bJî  ^  ^  j^^.  ^j^^  c^J^  -^^  J'^ 

Véclaireur  est  celui  qui  précède  les  gens  de  la  tribu  et 
leur  cherche  le  (bon)  pâturage.  C'est  presque  la  défi- 
nition de  L  A  IV  p.  169  :  i<J!  p  ^J  ^yiî  ^J^aJù  ^JJ'  sXi\^\. 

Dans  le  beau  récit  de  Sa'dùn  el-'Awâgî  en  dialecte  'ana- 
zite   je   lis:    Uyôm    iqbalu   "al a    ""ôrbànhom    gâm 

O 

''Agab  kitab  gasîde  warsàlha  èl  Muslitmïà' 
tari!^,    walâken    gàbël   gasîdat    "Agâb   ëlgûlta 

o 

gasîdat  abûh  wet'agàbha  gaçîdat  'àmraetu 
Dikfjr    wetettelihin    gasîdat    'Agîib.    Lorsqu'ils 

1)  (leï.  p.  90,  12. 


1092 

arrivèrent  chez  leurs  Bédouins,  '^Agâb  se  mit  à  écrire 
une  qasîdah  qu'il  envoya  à  Muslit  par  un  messager.  Mais 
avant  la  qasîdah  de  '^Agâb  précède  (icIilLait)  celle  de  son 

père,  après  laquelle  suit  celle  de  sa  tante  Dlkr^  et  à  la 
fin  des  deux,  celle  de  ^Âgâb.  On  dit  à  celui  qui  se  pré- 
sente à  la  tente  oglot,  passe!  entre!  avanti!  comme 
Dougthy  II  p.  376.  En  Syrie,  iJlï  signifie  aussi  nettoyer 
un  objet  sale  en  le  raclant  avec  un  couteau,  des  cendres 

ou  autre  chose.  On  iJLaj  p.  e.  une  table  où  la  saleté  est 
invétérée,   un  emplâtre  collé  à  un  linge,  etc..  Est-ce  que 

le  syrien  Jaxis,  salir,  -LIjiIs,  sa^eie,  appartient  à  ce  thème? 

Jais,  faire  avancer,  f.  précéder,  f.  passer,  apporter,  j^c*^ 

iulc]s'  liî  vjj'j^j  conduis-moi  par  cette  ruelle,  car  j'ai  peur. 

KaïLvJ!  ^^  i>^)  fais-moi   (aide-moi   à)  passer  la  rigole. 

s^t  i  Xiî  (Dozy),  =  Sud   ^\  ^   .le,  correspond   donc 

exactement  à  passe-moi  le  café.  &lbL:>  i^  -^jS'  (Dozy), 
le  prisonnier  lui  passa  ses  biens,  gli  porse  en  italien, 

c'est-à-dire,   lui  offrit  ses  biens.  ^U'  JJï  =  &U!  J^  J^". 

Quelqu'un  dit:    ^-M  (^o^,  j^t,  je  veux  faire  une  razzia 

aujourd'hui.  L'autre  répond  :  Si  iaii ,  fais  Dieu  précéder 

:=à  la  garde  de  Dieu.  Uyôm  el-'Arab  nâmu  gal- 
latu  Alla  ""alêhom,  uyôm  saru  bigùrbahom  in- 
falat  èl-wàlad  min  çaff  elq^i'ldi.  'Lorsque  les  Bé- 
douins (ennemis)  se  furent  endormis,  ils  (les  autres) 
s'avancèrent  sur  eux  sous  la  garde  de  Dieu  (propr.  firent 
Dieu  passer  en  avant).  Arrivés  près  d'eux,  le  jeune  homme 
se  sauva  des  côtés  de  la  sentinelle,  récit  "^anazite  d'el- 
Hotrobî.  Dans  la  qaçîdah  de  Dikr,  tante  de  'Aqûb,  mention- 


1093 

née  p.  1091,  il  y  a  ces  vers  ;  mètre  :--^-|--w_  _w__:i) 

5.  Tilfûn  ahûya^)   rîfe  rukban^)   manâkîf 

V.JlxS'LOc      w*i.      ^JU,      (CV>      qV*^" 

Ebbeytah*)  yemacldûn  el-guwa^'al-^)liyâli 

6.  "^j'Ôglel-qira  yadhak  hegâgah^)  ilya*^)  dîf^) 

1)  La  transcription  est  le  chant  du  qK^   f^^,  Moûsâ  Rfira. 

2)  Var.  :  ljy>î  ^àlj.  Obs.  y  a  est  long.  Cela  n'est  pas  toujours 
le  cas,  comme  p.  e.  au  vers  9  de  la  même  qasîdah  : 

0  mon   frère!  Pourquoi  as-tu  ta  demeure  dans  via  contrée 

[des  bons  pâturagesT' 

3)  Moh.  Nâsir  de  Bureydah  dit  rukbun.  Voyez  ma  brochure 
»La  Langue  arabe",  p.  12  et  s.. 

4)  Eb  =  J  est  de  trop,  ce  qui  arrive  souvent  au  commencement 
d'un  vers,  dans  le  Nord,  mais  presque  jamais  dans  le  Sud, 

5)  Il  dicta  d'abord  ^_c^l^  (c|^  et  il  chante  el-guwâ'â,  parce 
qu'il  lui  fallait  ce  pied  — ^-,  mais  les  Bureydites  présents  le  cor- 
rigèrent tout  de  suite.  J'ai  d'eux  une  rédaction  un  peu  différente 
de  cette  qasîdah,  mais  ce  n'est  pas  ici  l'endroit  de  relever  les  va- 
riantes. ^  ,  ^ 

6)  Sur  la  forme  ^.^  <  J-^-c  <  d-^^,  voyez  Hdr  p.  391,  oîi 
il  y  a  une  variante. 

7)  Les  Bureydites  chantèrent  ëhgâgeh,  où  oh  est  bref  parce  que 
la  voyelle  est  prostéthique,  Vorschiag.  — L^  est  employé  comme  plu- 
riel;  le  sing.  m'est  inconnu,  si  toutefois  il  existe.  Socin  Diw.  III  Gloss. 
S.V.,  R  0  p.  11,  7  d'en  bas  et  207,  4  d'enhas:  h  i^k^^  A t(r;enbrauen. 

Dans  la  lurah,  ^L^^s-    est  Vos  qui  entoure  Vœil  et  en  forme  l'or- 
bite ;  Koening  Trois  Traités  p.  81  G.  Mot  inconnu  dans  le  Sud. 

8)  Il  est  bref,  I.Idr  p.  522  et  ici  pp.  78.5, 1094,  v.  Gl.  s.v..  Dans  le  vers 

suivant  Loi  est  compté  comme  une  seule  longue  =  "^,  et  ma  remarque 

Hdr  p.  522  et  s.  est  par  cela  confirmée,  .l'ai  ici  des  exemples  à  foison. 
Les   ]3ureydites   disaient  "bJÎ  <  "l!!}  =  ijt,    comme  aussi  à  l'hémistiche 

suivant.  9)  v-À^/is    Loi  =  ^-î>tV^    ^    ^^>   i^i,    G  0. 


1094 

1 1  y  a   n  à  u  w  a  h  0  m  ')  li  i  n  ^)  g  a  1 1  a  t  û  n  '')  e  d-d  a  1  a  1  i. 

5.  Vous  arriverez  chez  mon  frère,  qui  régale  la  troupe  de 

[cavaliers  rentrant  de  la  razzia. 
Dans  sa  tente  les  affamés  passent  les  soirées. 

6.  Il  est  leste  à  régaler  et  il  a  la  figure  riante  lorsque 

[les  hôtes  lui  arrivent. 

Lorsqu'ils  ont  fait  coucher  leurs  chameaux,  tout  de 

[suite  on  apporte  les  cafetières. 

*ÎÂï  j.!3^Jl  JJlï,  il  envoya  le  serviteur  en  avant.  Tous 
les  exemples  donnés  par  Wetzstein,  ZD  MG  22,  pp.  121, 
137,  156,  et  enregistrés  par  Dozy,  se  laissent  ramener 
au  sens  de  passer,  faire  passer,  faire  avancer.  Les  Bé- 
douins de  Syrie  appellent  le  cowrn'er  déposée  entre  Damas 

et  Bagdad  i^^Lï,  propr.  celui  qui  passe  en  avant  ;  le  vieux 
mot  Aj^*)  leur  est  inconnu. 


1)  =\y>y.   Ma   Langue   arabe   pp.   28  et  s.  et  54;  ZDMG  22, 
p.  128. 

2)  jJJ'ouq^  Béd.   de  Syrie  et  Negd  =  ,.|^,    tout   de  suite.  U:>. 
s^iRjL    Oiji'    w-Jic'    ^3    y\    Lo    -lois    ^    ^J^^i    ôJjtJ 


.  nous  som- 


mes allés  chez   un  tel,  cl  tout  de  suite  il  nous  apporta  le  manger 
et  le  fil  tout  de  suite  suivre  de  café,  'Anazî. 

.3)  =  [jixii,  V.  p.  732.  Cette  désinence,  imitant  Timparfait,  est 
assez  commune  dans  toute  la  Péninsule;  voyez  N^  9G,  v,  6,  où  je 
donnerai  des  exemples.  Noldeke  BZSSW  p.  18. 

4)  Qui  ne  vient  pas  directement  de  verédus,  cheval  de  poste,  mais 
en  i)remier  lieu  de  l'assyrien  purîdu,  burîdu,  birîdu,  mcssnr/cr, 
K  B    VI    p.    .508,   propr.  marcheur,  »pédaleur",  de  pu  rîd  u,  jrt^i^c. 


1095 

En  Syrie,  iaiï  est  aussi  adverbe.  iJî  .!AJi  c^^-j-^^', 
j'ai  acheté  toute  la  maison  (il  n'en  avait  qu'une  partie 
auparavant).  Xjlï  iL^^iA-i!  J,  ^^^!  c^y^^i^,  /a^'  ^25  wîon 
/?fe  au  collège  comme  interne  (tout-à-faitj .  ^^.A^  oojciil 
iaJli  ^jii^,  Dozy  d'après  le  malencontreux  Boqtor,  ne  veut 
pas  dire  „tous  frais  compris",  mais  tout  ensemble.  Tout 
cela  appartient  aux  dialectes  des  Bédouins  de  Syrie,  du 
Haurân  et  de  Damas. 

60,  5,  9,  13:   'an-nâr  =  ^LJ!   '^= j^^    jLi==^LJî^, 

et  non  jjl)  ^js^. 

60,  6:  yifhàgha.  v_Sjà,  a,  lever,  wegheben,  comme 
chez  Socin  Diwan  Gloss.  s.  v..  Développement  de  ^'i, 
comme  ^s^  et  ijc^i  etc.,  v.  p.  987.  oi^,  a,  est,  dans 
le  Sud,  avoir  le  hoquet,  râler  (moribond)  =  ou^ ,  a,  R  0 
p.  145,  9  d'en  bas,  p.  287,  3,  mais  ibid.  p.  270,  lo,  bailler. 

Cf.   le  class.  o'i,  sangloter,  et  l'allem.  aufstossen,  roter. 
\J'o  _o,  Aufstossen  (Schluckzer),  ibid.  p.  207,  9,  lo,  p.  367, 

note   3.  io|^,  Schlucken,   Stumme  Tun.  Gr.  §  65.  L'idée 
fondamentale  est  partout  ici  <^y>. 

60,  8:  yizillha=:UxL^,  GO. 
60,  10:  hadra  =  ^y^b>,  GO. 


D'où  no,  mulet^  sens  qu'a  aussi  ^.-j,  LA  et  Lane.  Je  trouve  l'éty- 

mologie    de    ce   mot,   de   paiâdii,   délaler,  très  plausible.  Cf.  Ges.- 
Buhl  H  W  15  s  V.. 


22. 

Moi  el-laban. 

^jrU,  0,  ^^  lf'-:>,  0,  deux  onomatopées  imitant  le  son 
que  produit  un  liquide  agité.  (ji^Ui  ne  se  trouve  pas  dans 

la  lurah,  mais  (j:a<,  LA  IX,  p.  101,  13,  et  son  intensif 
^<=i*^^^,  comme  aussi  u^i^'^csi-,  61,  12,  de  ^'J>.  Les  Sy- 
riens ont  jc^^  =  c>:i^-*:^,  rincer  la  bouche  en  y  faisant 
jouer   l'eau,    (j^.^:^^,    se   rincer  la   bouche,   où  les  deux 

phonèmes  iv«  et  (j^  ont  fusionné.  ^5  ^111  (m  u  i  t)  c>.*z!x  "^ 

tfj  ♦  *w  «i-j  vj^'j  ^^  ^^*  agites  l'eau  dans  l'outre,  elle  devient 
insipide.  (j^cUxit,  (imtâl),  être  agité,  secoué.  (jsL>  est  le 
terme  technique  pour  baratter,  comparatis  comparandis 
toutefois. 

Dans  le  Nord,  on  fait  qqf  du  beurre  du  lait  du  cha- 
meau; on  l'y  appelle  iiJL^^,  Musil  Arabia  Petraea  I 
p.  232,  22. 

61,  15:   mahsa.  ^c*^)   P^-  ^c**'^i  6st  une  casserole 

ou  un  pot  en  pierre,  plus  petite  que  la  iw«j,  qu'on  fa- 
brique dans  ed-Dâhir.  j^c-"-^»  i)  creuser  dans  un  sol  sa- 
blonneux pour  trouver  de  l'eau,  et  ensuite  recueillir, 
avec  un  vase,  la  petite  quantité  d'eau  y  trouvée,  comme 
LA  18  p.  192  et  ss..  ^^\A  (j-^^^,  1.  17,  est  le  babeurre 


1097 

pur,  sans  mélange  d'eau,  ainsi  que  l'explique  ce  qui  suit. 
C'est   sans  cloute  pour  Jc^^^,  parce  qu'on  le  boit;  mais 

Imk=>  n'est  plus  connu  dans  ce  sens  de  boire. 

61,  15:   teqsidha.   lN-cco,  i,   fccire  cuire  le  beurre ■:=■ 

'sss><sli\  |«-vv>£.  La  pierre   dont  on  se  sert  pour  faire  cela 

est  sAiijw  62,  11,  12;  voyez  le  N°  suivant.  Juio  doit 
être  une  prononciation  pour  Jocii,  qui,  selon  le  Qâmoûs, 
sont  synonymes  ').  I.  Sîdah  V  p.  48  et  L  A  IV  p.  352 
ont  aussi  q-«-«^'  iXcioJsL  2a^  aussi  indique  bien  la  mani- 
pulation décrite  dans  notre  texte.  Je  suppose  que  ôJ^ 
indique  ici  la  manipulation  de  recueillir  le  beurre^  séparé 
des  saletés  qui  s'y  trouve,  moyennant  la  m  a  q  s  a  d  a  h.  Le 

thème  ^jiJs,  écumer  le  beurre  (Berggren)  en  Syrie,  recueillir^ 
ramasser,  hébr.  nti'i^t^i^,  écaille,  a  sans  doute  donné   ^>c^ 

61,  16:  sa'^ah.  '\x/o  =  ^j^'h  *i^5  ^^=>ij  (5;rfi^,  babeurre 

cuit  avec  de  la  farine^  bouillie,  Mehlsuppe.  On  la  fait  aussi 
à  l'eau.  La  différence  entre  ije>o  et  L\yac  est  qu'on  boit 
la  première,  tandis  qu'on  mange  la  seconde  avec  les  doigts. 
Les  mots  à  deux  radicales  ne  sont  pas  nombreux  dans 
notre  dialecte.  En  voici  quelques-uns: 

by,  Tèreh,  Wâdi  et  montée  qui  conduisent  du  pays 
des  ""Awdillah  sur  le  haut  plateau  d'e^-Pîthir  et  un  Wâdi 
qui  tombe  dans  le  W.  'Amagîn,  Arabica  V  pp.  85  et  194 


4)  Mon  exemplaire,  éd.  de  Nasr  el-IIûiînî,  Caire  1.301,  porte  JaXCsi, 
tandis  que  l'exemplaire  qu'avait  Lanc  [)ortait  ixi*/,  voyez  Hdr 
p.  1.31. 


1098 

(V.  Indices).   C'est   pour  syiP)  comme  iCJJ  çf^'î^)  pour 

xJôT  (^o'j  et  f  Lo  (j:>->!3  pour  Llj!  (j:w>Î3;  de  là  le  nom 
d'Abyan. 

iU=>,  vase  noirâtre  qu'un  sort  d'un  puits  qu'on  cure, 

=  class.  »U>  [ou  X-vyJ  ou  iïÀ-oJ,  Haffner  A  L  p.  39],  ou 
qui  se  trouve  autour  d'un  puits,  où  piétinent  les  bêtes 
=  class.  »tlL,  V.  ici  p.  1083. 


1)  Déjà    S;i    dans    Géz.    91,    •»    et    96,    '^   où    il    faut   lire:    L^ 

rr^-5  £/^-5  '^/^  o^/^-î  y^  o!r^^  ^)^-  -^^-î  o^^3  v^y', 

selon    les    indigènes.    A    la    ligne   suivante,  l'éditeur  écrit   «y»',    qui 

était  alors  ^>^-^^  J^'»  mais  aujourd'hui  c'est  iOi3^!  U^;'  (jj'  ■  H 
ne  s'est  pas  aperçu  que  c'est  le  môme  mot.  Dans  les  deux  passages, 
»^!  appartient  aux  B.  Ilabâb  des  Aud.  Seulement,  a^st  n'est  pas 
juste,  car  alors  la  syllabe  initiale  ne  serait  pas  tombée;  il  faut  donc 

y  voir  îJjjl.  Or,  Sjii!  était,  chez  les  Qatabànites  et  les  Minéens, 
l'épouse  de  Atir-Wadd,  Hommel  A  A  pp.  157,  note  2  et  206  et 
s.,  idem.  G  G  G  p.  85.  Réminiscence  du  culte  de  la  lune,  qui  a  laissé 
tant   de  traces  dans  la  nomenclature  de  ces  pays.  Au  lieu  de    «jl-», 

le  texte  de  D.  H.  Millier  a  j^-i'i ,  et  cela  est  très  intéressant  (les 
voyelles  proviennent  de  l'éditeur,  sans  doute).  A  présent  on  appelle 
cette  localité  em-Hazah  ou  em-Hêzah,  et  c'est  cette  dernière 
prononciation  qui  a  donné  la  leçoa  corrompue  rV^^'  d'el-Hamdânî, 
qui  ne  connaissait  les  pays  à  l'est  du  Yéman  que  par  informations. 
Je  suis  dans  son  cas,  mais  j'ai  étudié  la  (iézîrah  pendant  plusieurs 
hivers  avec  des  centaines  d'indigènes,  à   Aden. 

2)  Aujourd'hui    W,    Dena   à    Mârîb.    Araljica  "V,  p.  154,  (^ezîrah 
p.  80,  '22. 

3)  C'est  ainsi  qu'on  l'écrit  à  présent,  et  non    iJj.  Le  nom  du  pa3's 

qui  est  traversé  par  W.  Bena  en  a  été  form/-:  (j;-^',  comme  wOjC, 
.j^,»:^  ((liai.  ~tr*=>)  etc.  Hdr  j).  577  et  s.. 


1099 

x*^,   ve7mi  du  serpent,   Arabica  V   p.   152,  de  V^c^. 

iotiJî,  nom  d'un  pays. 

iCs.2x:,  pi,  >5L:sL£,  arbre,  aussi  classique. 

s^,  pi.  oîjv.,  corc^e  de  charge,  Hdr  Gloss.  p.  606.  C'est 

évidemment  pour  b"^!,  du  class.  ^!,  lier,  ■^^\,  j.'^l,  corde, 

lien,  'iyJi,  lien  de  parenté.  En  assyrien,  nous  avons  a sâru, 
lier,  Hommel  A  A  p.  95  note,  et  renfermer  selon  Del. 
H  W  B  s.  V.  ')  offrant  la  même  association  sémantique  que 
yj,   lier  et  faire  prisonnier^  ^^,  lié,  LA  V  p.  77,  1  : 

^\  ^j^>^  3!  lXï  ^3  u't^^  ^3-  ^onime  ICN'  et  hii-C, 
Zzï  et  prisonnier,  de  iCN'  et  hfiô,  lier.  On  ne  saurait  en 
détacher  _J«,  courroie,  ni  .^^  (=/*)  ^^^^  f^c  ^«^  main 
et  du  front;  la  forme  JL«  indique  que  c'est  originaire- 
ment quelque  chose  servant  à  lier-,  donc,  une  bande,  une 
cordelette,   au  figuré,   une   strie.  Nôldeke,  chez  Fraenkel 

F  W  p.  93  et  s.,  prétend  carrément  que  ^m.  n'est  autre 
chose  que  le  grec  (jsipà,  tresse  de  jonc,  corde  ou,  en  gé- 
néral,  lien,   corde  à  lacet  pour  prendre  les  ennemis  par 

le  cou;  aussi  (retpàç.  Je  crois,  pour  ma  part,  que  ,jyw  est 
un  vieux  mot  sémitique,  car  la  racine  ^w  implique  l'idée 

de  lier,  serrer;  cf.  Jo,  jj,  ^j!  (^y),  "lîx,   ^«]  et  de  nom- 


1)  Voyez  Ges.-Buhl  H  W  15  s.  v.  -|Di<-  Mêsirii,  lien,  assyr.;  y^2> 
n'a  lien  à  faire  avec  ce  thème,  inalgié  Haiipt  Beitr.  z.  Assyr.  I  p.  19, 
27  et  p.  17!{.  Du  val  Gr.  Syr.  j).  33  et  35  compare  ^^Ji»  ^44]  et 
Ill'N;  mais  ce  sont  là  trois  racines  différentes:  la  |)remière  est  y.2X, 
la  deuxième,  -w'    et  la  troisième,  yi'. 


1100 

breux  dérivés.  Par  contre,  je  ne  suis  pas  sûr  que  <T6ipx 
vienne  de  ^j>^').  En  tout  cas,  le  grec  n'a  pas  enfanté  le 

mot  arabe,  car  alors  celui-ci  aurait  pris  la  forme  «.^vw. 
Il  y  a,  bien  entendu,  une  partie  des  mots  qui,  dans  les 
autres  dialectes,  sont  aussi   bilittères,  comme  'ijuj^  (peu 

employé  chez   les  Bédouins  du  Sud  :=  -r'}-^)}  '^■^^^  ("  '^j'^  » 

&jLÎ  etc. 

Voyez  sur  ces  mots,  qui  certainement  ne  prouvent  pas 
l'originalité  de  la  bilittéralité,  comme  l'a  avancé  D  H 
Mùller,  Barth  ZDMG  41  p.  603  et  ss.. 

61,  18:  sahër.  ^C^  et  Hdr  ^J^,  sous  l'influence  de 
^,  Hdr  Gloss.  s.  v..  Je  l'ai  traduit  par  nicotine,  parce  que 
les  Datînois,  en  me  l'expliquant,  faisaient  passer  la  fumée 
par  un   mouchoir   tenu   devant  la   bouche,  et  la  couleur 

jaunâtre  laissée  sur  le  mouchoir  était  pour  eux  le  ^^\ 
pour  nous,  la  nicotine.  En  Hdr,  c'est  charbon  de  bois, 
Hdr  p.  351/2  et  p.  356,  mais  en  Dt,  culot  de  tabac  brûlé 
qui   reste  dans  la  pipe.  On  me  dit  qu'il  a  ce  nom  parce 

qu'il  est  comme  le  charbon  de  bois  j>y^^  Ui'.  Le  sens  de 
noir  y  est.  On  lira  Hdr  p.  357,  d'où  il  ressort  que  les 
dérivés  de  V'^-v-  impliquaient  pour  les  Hadramites  la 
même  idée  de  7ioir.  L'hébreu  et  l'araméen  le  confirment: 
ID'^,  j..A.aàj  être  noir,  et  leurs  dérivés,  "ih'^,  brûle'  par  le 
soleil,  est  le  hadr.  ^...^  ^.^3.  Le  néopersan  a  sikâr 

i)  Les  Grécistes  le  font  du  reste  dériver  de  eVpw,  nouer,  attacher, 
J'ignore  si  cela  est  exact.  Dans  ce  cas,    jf-*»   n'a  pu  donner  a-eipx. 

2)  Que  Glaser,  Peterm.  Mittheil.  1884  Heft  V  p.  179,  prononce 
durra,  comme  tous  les  autres  Européens  qui  ne  saisissent  pas  les 
sons  arabes. 


1101 

ou  sakar,  charbon,  ZDMG  59,  p.  707,  777,  785  et  ss., 
qui,  selon  Scheftelowitz,  o.  1.  pp.  707  et  786,  vient  du 
vieux  wédique  skairya  et  qui  a  donné  ayuplcc,  scoria, 
scorie.  Il  n'est  pas  impossible  que  le  liadram.  jL^,  char- 
bon, puisse  aussi  avoir  cette  origine.  Il  y  aurait  alors 
contamination  avec  l'arabe  ^^^  roc.  ^^,  culot,  reste 
en  tout  cas  arabe. 


23. 

Es-samën. 

62,  8:  kabat.  (jr/,  i,   renverser,   est  un  développe- 
ment de  i^,  verser,  avec  lequel  il  a  ce  sens  en  commun, 

L  A  XX  p.  78,  8,  9  d'en  bas.  ;yCi!  o^  ibid.  est  origi- 
nairement renverser  la  cruche,  comme  on  fait  lorsqu'on 
verse  qqc.  Mais  ^^  s'emploie  exclusivement  pour  ren- 
verser un  vase,  un  ustensile  de  cuisine  pour  lui  faire 
subir  la  fumigation  de  farine  brûlée.  On  ette  de  la  farine 
sur  les  charbons  incandescents  et  on  les  couvre  avec  le 

vase  renversé.  De  là  on  dit  aussi  :  y.:5^î  ^  c;/-<Xi'  iUj^!, 

la  femme  met  la  casserole  à  encens  sous  ses  habits  et 
se  couvre  tout  le  corps,  même  la  tête,  afin  que  la  fumée 
pénètre  bien  partout  et  que  la  bonne  odeur  y  reste.  Cf. 
L  A  XX  p.  78,  4  et  5.  Les  hommes  le  font  aussi,  et  nous 
savons  que  le  Prophète  était  grand  amateur  de  fumiga- 
tions; vieille  coutume  orientale.  En  Dt,  encens  est  ^^^^ 
(pour  Q'f>^)i  mais  déjà  à  ed-Çâhir  on  dit  j^.,  et  les 
verbes  pour  cette  opération  sont  ^^o  et  ^ .  Dans  L  A 
XX,  il  est  dit  que  ^LT,  p.  77,  3,  78,  i,  et  iLS  p.  78,  4, 


1103 

est  une  espèce  de  jy^-^)-  J©  ne  saurais  me  défendre  de 
ridée  que   ce  sens  soit  motivé   par  la  manière  dont  on 

se  furaige,  et  que  ^c-s^j  ^J:^  et  ^c^'  en  ?oient  des 
dérivés.   ^^  est  en  outre  synonyme  de  ^,  renverser, 

retourner  qqc  =  Syr.  «-^^  Prov.  et  Dict.  p.  104.  Ikha"" 
el-qârûrah,  tourne  la  bouteille  vers  en  bas,  comme  lors- 
qu'on verse  qqc.  ^ju]  c^Njel/,  tu  as  renverse'  V outre.  De 

là  le  développement  ^^,  incliner,  faire  pencher.  Zâret 
hîn  tîntësib  uzâret  h  in  tësîr  uènteh  miken- 
ba'^  (ou  midènni)  birâsak,  tantôt  tu  dresses  le  corps 
{tu  es  droit)  et  tantôt  tu  marches  la  tête  iyiclinée,  me  dit 
un  Datînois.  Cf  u-X^j  verser.  Brockelmann,  G  V  G  S  S 
p.  67,  4,  en  parlant  de  „la  tendance  du  dialecte  datînois 
de  quitter  la  gémination  consonantique",  cite  justement 
notre  kabat,  qu'il  croit  être  pour  kabbat,  parce  que 
dans  la  note  p.  62,  je  dis  „et  non  kabbat".  On  voit 
qu'une  Grammaire  comparée  des  langues  sémitiques  est 
impossible  tant  que  je  n'aurai  pas  publié  tous  mes  ma- 
tériaux. 

62,  13,  14  :  u  k  d  û  m  ou  k  û  d  û  m,  pi.  [.'tX/T,  une  poignée, 

les  doigts  étant  plies  en  dedans  =  Nord  ajlî.  Le  verbe 
est  j.^,  0,  prendre  qqc.  de  cette  façon.  Je  crois  que  le 
sens  primaire  est  petit  tas,  car  le  phonème  J»/  renferme 

cette  idée.  Nous  avons  33^,  petit  tertre,  tas,  aussi  au 
figuré,  comme  en  français,  Hartmann  L  L  W  p.  130 
N°  56;  ^J^C^,  Haufen  RO  §28  et  §  208, -pi.  (^y.t^J'!, 
Hartmann  o.  1.  p.  120  en  bas,  =  class.  i_^-.AS';  (j^^Ss,tas 

1)  Imrul-Qeys  Ahlwanlt  N°  20  v.  14. 


1104 
amas,   RMTA   p.   478,  =  ^j^-iA^,   ibid.,   et  ij-jJo',  pi. 
i^w5L\y[tj,  Getreidehaufen,  Meissner  N  A  G  I  p.  140,  laquelle 
forme  est  yémanite  selon  L  A  VIII  p.  75  en  bas.  ^J^Ss', 
aussi  classique,  et  (j^J^j  amonceler ,  Stumme  T.  Gr.  p.  176 

[geddes].  'iLi\3s,  Aden,  monceau  de  balayures  et  de  dé- 
tritus des  maisons  et  des  rues;  il  se  trouve  hors  de  la 

ville  et  brûle  toujours  ^)  ;  «^Ai',  colline,  grande  ou  petite, 

Dt.  '^LaSS^),  monceau  de  détritus  et  d'excréments,  Sud  = 

icLjxi  Nord=:mehri  kidemêt;  c'est  ainsi  qu'il  faut  sans 

doute  lire  Jahn  M  S  p.  203  s.  v.,  mais  cf.  iplÇ,  Scheitel, 
Erhôhung,  Ges.-Buhl  H  W  B  p.  640,  =  bab.  *qadqadu, 

qaqqadu,  tête,  et  le  tun.  geddes.  a^ J^,  coZ/me,  Hartm. 
0. 1.  p.  130.  Cf.  les  class.  '^CsS,  »ÎJO"  et  'iJ.CsS,  colline  et 

p.   79  en  bas,   donc  aussi  =  notre  m3S .  Kudu,  nouba 

1)  ^ôS,    i,    0,    verser^    ausgiessen.    Ukdùf   era-habb     difim- 
ijfûnieh    lam-dibër,   verse  le  blé  qui  est  dans  le  sac  dans  le  coin. 

lJ'iAj     est,  à  Aden,  balayures.,  détritus  de  toutes  sortes  (=  Dt  (jLcJi) 

qu'on  verse  sur  le  ioîjsi'.  Est-ce  que  \^^  serait  un  affaiblisse- 
ment de  s_îiAï? 

2)  D'où  peut-être  les  class.  iixiA^',    homme  gras.,  replet  (obs.  pro- 

nonciation  bédouine)  et  X^!i»vy,  7'este  du  manger.  Il  faut  pourtant 
observer  que  le  class.  f^OS,  mordre,  Nôldeke  Fùnf  Mo'^all.  II  p.  73, 
est  une  prononciation  affaiblie  pour  fr*:^,  qui  est  en  Dt  manger  et 
à   l'est  de  là,   mordre  =  aIiï  .    ♦lXS'  n'est  pas  manger  dans  le  Sud, 

et  notre    '^CsS    ne  peut  pas  s'y  rapporter. 


1105 

de  Kordofan,  montagne  et  forêt,  Munzinger  Ostafr.  Stu- 
dien  p.  543.  iùol^,  monceau  de  terre  ou  de  sable  Dt.  ù>^\ 
pi.  o|^\  colline,  monceau  de  sable  formé  par  le  vent  Dt, 
Hirsch  Reise  p.  218,  pi.  o|^,  sand  Mils,  BBRAS  41, 

p.  214.  àjjî',  monceau,  colline  Dt,  et  class.,  Géz.  p.  8,  10; 
^dr  Gloss.  s.  V..  Les  Hadramites  que  j'avais  amenés  au 
Caire  appelaient  les  Pyramides  o>5,  pi.  de  6^^.  Cf.  .S, 
montagne,   alpe;  jyi3\  J^x>,  le  Mt  el-Kaur  dans  le  Sud, 

et  ».^,  colline,  petite  montagne,  Sud,  v.  Gloss.  s.  v..  ^). 
En   Hdr  a.lï  est  montagne  et  colline  dans  les  Montagnes, 

W.   Meyfa'ah;  (rezîrah  p.  86,  18:  icj'^t  ^fl\  j^   «^LsJ!, 

et  il  donne  le  pi.  .b"  et  ^y;  le  dernier  est  seul  en  usage 
à  présent  ;  Arâgîz  el-^'Arab.  p.  88  =  el-Aggâg,  Ahlw.  N°  15 
V.  45,  Arâgîz  p.  135  =  Ru'bah  Ahlw.  N°  24  v.  27  :  Hilgel 

Aussi  dans  le  Nord  :  s^li",  pi.  j^,  Hess  Bemerk.  zu  Dougthy's 
Travels  p.  9  et  12:  kegelfôrmiger  Berg,  et  en  Afrique, 
Hartmann  o.  1.  p.  148  N°  77  Str.  6,  2  et  p.  150:  jjJI 
^JLxi!  G  0.  Turfat  el-Ashâb  :  yJt^Jt  JsJl  -ij^]. 

62,  16:  tèmtehig.  «.î^p,  a,  fondre,  tr.  (rare);  frap- 
yer  qqn.  soit  à  la  tête,  soit  à  un  autre  endroit  du  corps  ; 
produire  une  grave  lésion,  rendre  en  compote.  ^^!^  ^-s^ 

lXaj«?o,  il  m'a  démoli  la  tête  avec  ime  pierre.  ,^J>^}  o:^^S, 

ma  main  a  été  écrasée,  ^e^  c>^-5^',  mon  œil  a  été  crevé 

•=.  oc^vjx^t .  tUt  j3  ^jLlJt  fs^!,  le  sucre  s'est  fondu  dans 


\)    Kur,    montagne    en    soumrrien,   bab.   karû,  monceau  de  blé, 
Winckler  Gesetze  Ilammur.  Gloss.  s.  v.. 


1106 

l'ea\i.  Je  demandai  à  quelques  Datînois  s'ils  connaissaient 
le   mot  'lijs^A.   „C'est  ^^^\  ^\^\  ^j^,  du  vieux  temps,  fut 

leur  réponse  ;  nous  disons  ,ji-<i  ou  -.x,"  qui  véritablement 
sont  cervelle  et  moelle.  On  dit  d'une  bête  tuée  qu'elle 
fiJoîj  i:^?^,  un  seul  morceau  de  graisse.  Les  diction- 
naires n'offrent  pas  de  trace  d'un  sens  qui  s'approche 
de  fondre.  Comme  le  mehri  a  mahôg,  mêler,  je  crois 
qu'il  faut  voir  dans  notre  ..^^  une  transformation  pho- 
nétique de  ^yA  vl^j  1^  3  étant  devenu  '5,  voyez  p.  315. 
,iOLo,  (^o^,  .is-'iw*  et  sa  métathèse  ^^^^,  class.,  aussi 
mêler,  comme  également  (jiU,  Jiuc^  et  sa  métathèse  Jj^^, 
parallèles   de  ,i>^,  .sJ^,  On  observera  en  outre  oLo-)et 

(_^«Lo  ^),  et  le  class.  ^Ji^x ,  délayer,  et  l'hébreu,  DD?2,  ^er- 
fliessen.  Il  y  a  donc  les  racines  ^sy-^,  Jvc,  »,  ,jiw«,  qui 
ne  sont  qu'une  variation  phonétique,  et  qui  ont  reçu  des 
développements   différents  pour  arriver  à  la  trilittérahté. 


1)  J'ai  beaucoup  d'exemples  de  la  permutation  de  o  et  3,  comme 
oy>    et    ô~A,    amollir,  Haffner  A  L  p.  24. 

2)  Hdr    Gloss.    s.  v.;    I.  Qot.   p.  260;  cf.    o'««    et    O.^tj    amollir, 

comme  ►s>^  et  —/^j  mêler.  On  pourra  dire  avec  raison  que  ce  que 
nous    traduisons    ainsi    implique    pour    les   Arabes   une  autre    idée. 

Nous  rendons  bien  i._.^Iaï  par  mélanger,  parce  que  L  A  II  p.  174, 
l'explique  par    „  ;^  en  parlant  du  vin,  mais  c'est  véritablement  coî//)cr, 

et  le  v_^vlaiw  oi^^;  de  Lebîd,  Ilâlidî  p.  33,  v.  12,  lappelle  notre 
vin  coupé,  (jeschniltener  lie/»  =  "i-xxj  _iJ^ii^,  selon  le  Commen- 
taire; ex|)ression  tout  oiientale!  —  Venue  avec  la  chose? 

3)  Ibid.   Gloss.    s.  v..    (j*y>,    rincer  (la  bouclie,  la  vaisselle,  etc.); 
(j*«j.«j',  se  rincer,  Dt, 


1107 

Je  ne  vois  donc  pas  pourquoi  ^ja  doit  être  un  dénomi- 
natif de  Jyi,  mélange  de  vin  et  d'eau,,  comme  l'avance 
Fraenkel  F  W  p.  172. 

62,  17:  yirtebis.  ^y  mêler ^  au  propre  et  au  figuré, 
V.   Arabica  V  Gloss.   s.  v.,  =:  iaJL=>,   88,   6  et  note  2  z= 

class.  ii)oj,  hébr.  "JD"1.  j^^  intens.  de  la  première.  Dô^an 
dit,  dans  la  qasîdah  citée  p.  497,  5  et  ss.  : 


o  ^        ^       ù  ^    û 


;^«^i   Ajt-j    Lx_xi    -aa!!   (jiojj   (3^ 

Si  je  crie  (à  la  guerre),  les  porteurs  de  fusil  m'en- 

[tendront, 
Qui  mêlent  l'amer  avec  le  goût  du  miel. 
(ji^-ojt,  se  mêler,   se  mélanger,  au  propre  et  au  figuré. 
(j«UJI  ^^:.^J:KJuJ,  il  y  eut  un  désordre,  une  rixe,  une  cohue 

parmi  les  gens.  JoLiJLi  (ji^y>  W,  je  suis  très  affairé,  R  0 

§  257.  éJ^\j  y^,  qu'est-ce  qui  t'a  rendu  si  affairé,  ibid. 

^  ji'j-iy^  S^-=>j  j-^,  il  est,  lui,  un  homme  très  affairé, 

V.  d.  Berg  le  Hadhr.  p.  267,  12.  iUiJ^',  mêlée,  désordre, 
désarroi,  pêle-mêle,  confiision,  rixe,  etc.,  RO§317  =  Syr. 
A^y.  Le  classique  j;i^J  =  jj.^  ^3,  bariolé,  propr.  mêlé, 
R  0  §  9,  est  tout  ce  que  les  dictionnaires  classiques  ofî'rent 
en   fait  de  ce  thème,  avec  la  variation  phonétique  ,ji.xi.f 

et  la  métathèse  (jij-j.  Cf.  le  class.  e^.^  Tunisie  ^Ji.J., 
Stumme  T.  Gr.  Gloss.  s.  v.,  seinen  TJnsinn  mit  Jem. 
treiben.  L'auteur  y  confond  ,ji.Ij  avec  ^Z  qui  est  un 
autre  verbe,  mais  dont  le  sens  a  quelque  similitude  avec 
le  premier.  Vollers,  dans  sa  critique  de  la  Gr.  de  Stummo, 


1108 

Z  D  M  G  50  p.  333,  croit  à  im  emprunt  „à  cause  de  la 
forme  incertaine,  (>  et  „."  Cela  est  gratuit,  car  ^J:^J, 
mêler,  est  un  verbe  archiarabe,  répand»  dans  tout  le  monde 
arabe.  Le  class.  ,j*o.  en  est  une  variation  phonétique. 
Feyroûzâbadî  est  le  seul  à  donner  ^j^J  =  iaibci-t,  à  moins 
que  ce  ne  soit  pour  (ji^j',  la  fiche  avec  la  faute  ayant 
été  placée  sous  ^j^j. 

62,  17  :  y  e  r  d  a  h.  -^jv^,  a,  =  ^Oj,  a,  le  même  sens  que 

le  class.  v^j>  '^^^^^  ^"^^  /<^^^^  '^^  ^'U  déposer  =:C»^,  1.  18. 
L  A  III  p.  72,  7  d'en  bas  donne  pour  ce  verbe  un  sens 

qui  se  rapporte  à  celui-ci  :  {j^j%  ^ur*^'  tiUiwj  ,^o yJtj  _^Jt 
^^yi^.  ^_50=-.  Mais  notre   verbe  est  intransitif.  qWL»  -v^. 

ius  J.I3I,  0.  1.  p.  274  en  haut,  conviendrait  mieux.  c>^àj!  "bJ 

iLcLiLSî  ^  ^.L>-^o.  iLL!  ^  _^î,  si  tu  jettes  la  pierre  dans 
Veau,  elle  va  au  fond,  o\x  u>^:>o.  est  tout  aussi  bon.  _o. 

chez  Hartmann  L  L  W  p.  149,  5  d'en  bas,  qui  le  traduit 
par  sich  tummeln.  Selon  L  A  III  p.  495  j^o.,  boue  épaisse, 

est  "omânite  =  £j>.. 

62,  18:  zfid.  olj  est  ici  la  farine  qui  se  dépose  sur 
le  fond.  On  la  mange.  oK  est  manger  et  provisions  de 
voyage.  Mais  le  z  a  d  n'est,  la  plupart  du  temps,  que  farine 
et  eau.  C'est  là  le  pain  des  Arabes  primitifs.  Ce  sédiment 

de  farine  est  aussi  appelé  aJuiJj,  nom  ancien  que  I.  Sîdah 
V  p.  48  en  bas  explique  par:  ^j4j^\  w  X*o  \J^.y^^  r*j. 
LA   IV  p.   852  :   ...  iLï^^i^  i;>o^^^3  Q-'p]  b-JclaJt  ^^^ 


1)  y]  =  (^^Juw    îôî   q4^!    iUDbL>,   L  A   V,  p.  G4,  est  fort  in  té- 


1109 

O*^  ai  ^^  j^-5  ^.^^  jr*^  (l"  jr^"^'  cy^-5  CT^'  L5^ 
Qâmûs:  oLjy*J!  ^   -xJ^  bt  (Ajjit  jjl^!  ^^.jio  ji£ît  »jj^[- 

^[5.  On  voit  donc  que  cette  manière  de  préparer  le  beurre 
cuit  ne  date  pas  d'hier. 

63,  2:  yihimm.  ^,  i,  être  ou  devenir  mauvais.  lLi>, 
hâm,  mauvais,  hommes  et  choses,  X  v4^  ;  c'est  le  cor- 
respondant sudarabique  du  ^0  nordarabique.  >.:>jL>  ïCjLÏlII 

|,L=>  v*-l2=>,  la  ramasseuse  de  bois  a  apporté  de  maiwais 
bois.  Nous  avons  la  série  suivante  de  verbes  qui  tous 
signifient  setitir  mauvais  :  j».i*  ;  ,i^,  L  A  III  p.  86  ;  ^, 
Hdr  Gloss.  s.  v.  ;  io^,  avoir  une  odeur  particulière  (vin 
et  lait)  L  A  IX  p.  167/8;  ^^  et  ,v:^  (Oâmoûs  seul)  ; — 
^^,  i,  Hdr  Gloss.  s.  v.,  en  Dt  c'est  moins  fort  que  L>,= Jjc>l 
Dt;  y<=>,  class.  et  Sud,  Hdr  Gloss.  s.  v.;  ^^J3.  est  sa  méta- 

thèse,  déjà  relevée  par  LA  XVI  p.  297,  n;  *i-  et  J^, 
Hdr  p.  384  et  ^J,  class.,  L  A  XVII  p.  267.  Cf.  encore 

^  et  ^,  jUxjt,  Hdr  Gloss.  s.  v.,  Nôldeke  Fûnf  Mo%ll. 
III  (Zoheyr)  p.  27  et  s.. 


ressant  parce  que  c'est  pour  yj^,  résidu,  Zie,  Hdr  Gloss.  s.  v.,  devenu 
jic  et  ensuite  yil.  N'ayant  constaté  ce  mot  jic  que  dans  le  Sud, 
et  surtout  en  Hdr,  je  suis  porté  à  croire  que  cette  forme  est  venue 

du  Sud,  comme  'i^J  LA  IV  p.  101, 10  ^  ioy:  <  iùyi,  et  ...L.!  <  i-iljrC 
ibid.  I  p.  207,  1.  Cf.  aussi    oyi  =  oy,    Hdr  p.  384. 


24. 

Ed-d  abbaye  h. 

63,  16:  yidbeyn.  ^_^>3,  a,z=ijc>,  qui  n'est  pas  cou- 
rant en  Dt;  è  est  prononcé  c,  qui  ensuite  à  été  com- 
plètement affaiblie.  Cela  découle  aussi  de  l'imparfait  (^.jAj, 
oii  la  voyelle  de  i^o^j  est  conservée.  Le  c  revient  dans 
iCxjAx!,  65,  22/3.  ^o,  ^_cJ^  est  rajnper  {inaecies,  reptiles)  '). 
Le  verbe  dénote  l'action  de  battre  la  peau  avec  la  pierre. 
Comme  le  Qâmoûs  seul  donne  ic^'Ai'  =  -lijej^,  on  peut  sup- 
poser que  la  forme  ^ô  (^ô)  était  en  usage  dans  le  Sud 
au  temps  d'el-Feyroûzâbâdî,  qui  n'a  pas  su  quelle  espèce  de 
san^ah  c'était,  j^^j»  est  aussi  terrasser:  ijaji\  j  ^^Lo, 
il  m'a  terrassé  et  il  est  sur  moi. 

Ce  sont  les  femmes  qui   préparent  les  peaux,  parce 

que  iUà^c  ^J^  ^[z>^\  o^/^'   ^^'  ^'   ^'^^^^i^'  anciennement, 
aussi  leur  affaire,  comme  il  ressort  d'Ibn  Sa'd  VIII  p.  77 


1)  D'où    ^j^i^i  petites  sauterelles  avant  qu'elles  volent.  aLiJ,  n.  unit.  ; 
partout   dans   le   Sud,   comme    dans  la   lurah.  On  les  appelle  aussi 

L?f^'i    '*'/*'    "•    "nit.  :  le  class.  ij*«,    Diw.  Ilod.  Scliolien  ZDMG  39 

p.  m:\  7. 


1111 

et  p.  206,  où  Zeynab,  femme  du  Prophète,  vaque  à  cetta 
besogne.  Voyez  aussi  la  poésie  qu'el-Walîd  b.  ^Oqbah 
envoya  à  Mo'àwiyah,  L  A  XV  p.  36  en  bas,  I  Sîdah  IV 
p.  108.  Le  verbe  classique  est  aussi  Llp,  I  Sa'd  1. 1.. 

63,  16  :   m  i  d  m  â  n  =  ^loJJ  =  ^Lj^i   v.  p.  289.  ^_y  , 
toujours  prononcé  ^o,  d'après  la  règle  Hdr   519'),   pi. 

^•J^S',  est  la  peau  verte  ayant  encore  le  poil  ou,  comme 

on  dit,  la  fleur:  ^c^Ax  ^,  non  fondée,  tandis  que  oi^, 

pour  oJ^i,   pi.  Q^\   est  la  peau  déjà  foidée,  ^^^    "^ 

o'yoAx.  Mais   ce  sens  ne  paraît   pas  avoir  été  celui  de 

l'ancien  arabe,  car  el-Mutalammis  parle  de  *yC^  ^j\  Vol- 

1ers  Diw.  Mutai.  N°  I  v.  19,  et  de^^f  *j.o'  N°  IX  v.  5, 
oia  il  faut,  avec  Vollers,  le  traduire  par  cuir.  Les  lexi- 
cographes ne  sont  pas  d'accord  pour  savoir  si  *jp'  est 
la  peau  foulée  ou  non  foidée^  I.  Sîdah  IV  p.  108  en  haut, 
L  A  XIV  p.  275.  Mais  l'hébreu  ""ilOIN,  Gen.  25,  25,  pour- 
rait bien  signifier  velu^  comme  le  veut  A.  Jeremias  A  T 
p.  235,  si  on  le  compare  à  notre  ^ù\  ,  peau  ayant  encore 
le  poil.   Seulement,  les  lexicographes  disent  que  ^S^  est 

aussi  oïAî'^îi  oVjlj  y-^  t^^'  ^  o^^*3  f^^^'^  S-^^  ("  c)^  ^  ^^ 
.  ♦  ^\^  ^  loi  AJi^  L  A   XIV   p.    275  en  haut.  La  peau 

devient  rougeâtre  par  les  ingrédients,  dattes,  ,--y^,  sel, 
I  Sîdah  IV  p.  108,  lo,  qarad,  Euphorbia,  et  d'autres  qui 
se  trouvent  chez  I  Sîdah.  Ce  n'est  donc  pas  que  "'il'iDlx 
signifie  rouge,  mais  la  couleur  de  la  peau  tannée  qui  est 


1)  =  N'importe  quelle  peau;  voj'ez  p.  T.'îr». 

74 


1112 

rougeàtre.  Du  reste,  en  arabe,  ^ù\  n'est  pas  rouge,  mais 
bnm,  L  A  XIV  p.  276,  lo.  Le  mot  classique  pour  peau 
avec  son  poil  est  v^l»   ^  Sa^d  III  i  p.  16,  5  d'en  bas. 

63,  19:  tenàqqa^hen.  ^,  parce  que  plusieurs  peaux. 

I  Sîdah  1.1.  p.  108,  4  et  s.:  ^  lo!  IIl2  v_.L5>^I  cU^lLuc 

64,  3;  65,  7:  yihljar.  —  p'b,  qui  peut  même  deve- 
nir yihàr[r].  Cette  contraction  est  très  commune  dans 
tous  les  dialectes    de  l'Arabie^)   dans    la  forme  verbale 

J^b,  J.x^.  I.  Dâbî  a  dit  : 

AJ>;».git     J^*^     oJ2i>    i^iXÀ)/     (jij  ('■^dVJLo     ,  <;-«^*^'     (JLaxJ'    (J>-^  e?'^  |j 

Toi  qui  arroses  tes  biens  avec  l'eau  de  la  rivière! 
Qui  Va  forcé  à  passer  près  du  torrent  impétueux 
Si  tu  as  une  rigole  en  haut  du  wâdi  et  qui  est  à  toi  ^) 
Et  qui  te  fera  parvenir  au  Sentier  droit? 
Chez  Meissner,   N  A  G I   p.   XLIX  §  78  f.,  nous  trou- 
vons yiddirryaddi   Socin    Diw.    III   §  140=^co^. 
Voyez  sub  p.  87,  s. 

64,  10:  temaHet.  Sur  la  palatisation  de  J  voyez  p.  51 

n.  4.  JaJU,  2ûegstreichen  =  «ixi . -x*Jî  >_j^  ^y,  'i^lSM  iaJU  j:;,^, 


i)  Aussi  en  oranais,  Doutté  TO  p.  29,  et  d'autres  dialectes. 

2)  Une  syllabe  manque,  à  moins  que  le  poète  ne  se  soit  servi  du 
pied intentionnellement. 

3)  Traduction  incertaine,  mais  probable. 


1113 

wer  hat  die  Arzenei  von  der  Wunde  des  Kameels  weg- 
gestricheti  ?   jdjJ^  =  ^jd^j^ ,  il  m'a  chipé  mon  argent  = 

Jjû  ijr'^j^  -^^j-*  OU  iîJLo;  cf  L  A  IX  p.  286,  3,  7. 
^^\  iaJU  =  _b-<,  il  a  tout  avalé  =  «Axi,  qui  est  le  con- 
traire de  tL.  Chez  les  ^'Anazeh  et  en  Syrie,  JoJu  est 
dégainer:   ^.-y^S  JaU,   Bâsim  p.   111  en  bas,  =  J^lxa  = 

64,  11  :  y  i  t  m  a  r  r  a  t.  Jd^o,  0,  arrache?-  le  poil,  comme 
dans  la  1  u  r  a  h,  avaler  vite  sans  mâcher  =  h  y,,  a  (class. 

0.0 ;  chiper,  RO  p.  211,  en  bas:  *i^  ^  ujboC!  o^^Lc 

JjLc  *l3^3  ,^^.  ^^«2  cac^é  ^e  livre  pour  qu'un  tel  ne  le 
voie  pas  et  ne  me  le  chipe  pas.  En  Dt  ici  -b-»  et  iaJU. 

JsyL*!,  s'esquiver  sans  être  vu.  -b-«-j",  toinber,  cheveux, 
poils,  est  très  classique  I  Sîdah  IV  p.  107,  2  a  le  même 
verbe:    iy^  o^  »^  ^sjj*,  iUL  Vj-^^^'  -^)  à  peu  près 

comme  notre  texte.  J^^î,  saws  po27,  glabre,  =  Syr.  iaJU!  ; 
sordide,  faisant  semblant  de  ne  pas  avoir  le  sou.  Jsyi  et 
iaJLfl  ne  sont  qu'une  variation  des  labiales,  dont  le  sens 
fondamental  paraît  être  être  glissant,  lisse,  glatt  sein; 
ces  verbes  ont  pris  le  même  développement  sémasiolo- 
gique  que  glisser,  en  français.  Cf.  ^jJU  et  ^vJU,  Bâsim 
p.  33,  0.  C'est  l'hébreu  d?^  dont  î3^pi  est  notre  -LLo«! 
ou  -byool,  entschlûpfen,  au  propre  et  au  figuré.  Je  ne  crois 
pas  que  iJL*,  ilberstreichen,  soit  un  dénominatif,  comme 
le  pense  Ges.-Buhl  H  W  B  p.  387.  Le  sens  est  aussi 
figuré  que  dans  le  verbe  allemand;  l'image  est  la  même. 

Au   syrien  -Uu  JjL>,  pêle-mêle,  on  comparera  le  sudara- 


1114 

bique  ^c-'j^\_c-^i'->  o^"**^''  ^*'^  homme  radoteur,  qui  ra- 
conte des  halivernes.  -Lyi  -L:^,  radotage,  galimatias,  en 

sahhî  BBRAS  1902  p.  267.  On  serait  tenté  de  tra- 
duire le  "^M^  îi^ri  d'Isaïe  8,  i,  par  le  dialecte  populaire^ 
mais,  eu  égard  à  l'Exod.  32,  16,  il  vaut  peut-être  mieux 
le  rendre  par  l'écriture  populaire,  avec  Winckler  0  F  III 
p.  168;  in  leserlicher  Schrift  de  Kautzsch  me  paraît 
moins  réussi,  Die  heilige  Schrift,  ad  loc. 

64,  15:  tekilwit.  Sur  oj-Lt  =r  c>*-îI-S^ ,  voyez  Hdr 
p.  76,  note.  Cette  partie  de  l'opération  s'appelle,  dans  la 
lurah:  ,^^,  I  Sîdah  IV  p.  108,  h  et  ss.,  ici  p.  1112,7. 

65,  4:   tiffâl.  JLai  ou  jûi,   pi.    Ui^ài,  plateau  rond 

en  ^azaf  qu'on  met  sous  la  meule  à  bras.  S'il  est  petit, 
il  s'appelle  v_j^\  Cette  forme,  avec  le  f  double,  se  trouve 
également  dans  l'Afrique  du  Nord,  oîi  il  est  prononcé, 
de  même  que  souvent  dans  l'Arabie  du   Sud,    \Ju,  et 

c'est  sous  ce  thème  que  l'enregistre  Beaussier.  Delphin, 
Recueil- p.'  165  N°  42  et  traduction  p.  116').  Cependant, 
en  Hdr  et  dans  le  Nord,  c'est  jji_i,  ainsi  expliqué  par 

un  "Anazî:  o'.-r^-^'  ^<^y^.  c'  ^^-■^^^  c'.^^^^^  '^''  ^^'  !>-=^- 
^v«*l^î  ^,  on  met  le  tifAl  comme  une  protection  (ou 
Unterlagé)  pour  la  farine,  parce  qu'il  protège  la  farine 
contre  les  saletés  (du  sol).  I  Sîdah  XIÎI  p.  50.  Le  class. 
jwà-i  est  la  vraie,  forme,    sur  JjLi  ;  c'est  peut-être  une 

prononciation  de  ^à^,  bc'^,  parce  qu'il  est  en  bas. 

1)  Du  Général  Faure-Biquet.  Excellent  ouvrage  que  je  recommande 
vivement  aux  arabisants. 


1115 
65,  10:   tefhasah.  Un  exemple  de  ^o^,  frotter,  se 
trouve  dans   I  Sîdah   V  p.  8,  3,  *  :  '^y^^  c>.xi^\i  :  ^'j*:^' 

\sl'  j.  L*/toy«  U;  c^JL^  U2^i  ^v.ij?,s! ,  :=  L  A  VIII  p.  331, 
3.  C'est-à-dire,  elle  écarte  les  cendres  en  raclant  pour 
faire  de  la  place  au  qurs. 


35. 

El-Mesâhid. 

Sur  le   meshad,   voyez   Hdr  p.   484.  Le  sens  exact 
est  illustré  par  ce  vers  du  Diw.  Hod.  Wellh.  N°  151  v.  1  : 

Ne  connais-tu  pas,  ô  Abou  lyâs,  ma  présence  pour 

[combattre 
Aux  jours  que  tu  cries  aux  alliées  de  te  secourir  ? 
Le  ma  s  h  ad  du  se  h  Bû  Bakr  b.  Sâlim,  Arabica 
V  Index,  à  Henû  el-Manâsîr  dans  el-Miswara(pays 
d'er-Rassâs)  n'est  qu'un  monceau  de  pierres  devant  lequel 
on  lit  la  fâtihiah  et  récite  la  sahâdah  en  y  déposant 
une  pierre. 

67,  9:  sûwa  =  ,^^,  V.  p.  346  et  s. 

67,  13:  mesàrriq.  oyi^,  toujours  sans  l'article,  o^^î 

ou  o^!  sont  plus  rares.  C'est  pour  les  Datînois  le  côté 
de  Hdr. 

67,  13:  itqâéaru.  y^,  faire  ravage  ;  zerfleischen  82, 
note   \).  |.j>i3*^l  j  (iJJLJ!  ^,  la  variole  a  fait  ravage 


1)  —  Ja3LwJI  r=  u-v^^'-  Cf.  DÎ3p,  épidémie,  Ges.-Buhl  H  W  B  s.  v. 


1117 
parmi  les  gens  =  *_jL*s:>  ^  s^'^,  il  sont  morts  sans  nombre, 
en  grand  nombre  GO.   ('iiJCî  ^^  ^j^jl\  o^,  les  gens 

ont  été  ravagés  par  le  choléra.  J^,  -r^f,  le  chameau 
toussotte.  Chez  les  "Anazeh,   Jj^ï  est  malencontreux,  mal- 

heureux,  rude,  et  s.Lio  =  s^b.,  G  0,  malheur  z=.  «...io , 
MeissDer  M  S  0  S   VI  ii   p.   80   N°  6,  5,  Socin  Diw.  III 

Gloss.   s.  V..    î^l^o^    v»/^'  rjf-  ^r*-*^=^i  /^'  y'^-*^'  Q^^^ 

^j>yj  ^-^J:  Jiv£  L^  oyMr"-  ^  l<^'  'syiLaJ!  *Lèv!t  j^.  Les  soldats 

(du  gouvernement)  s'enfuirent,  mais  les  Bédouins  saisi- 
rent leurs  étriers^)  (des  soldats)  et  les  attaquèrent  d'une 
attaque  écrasante  dont  ils  (les  soldats)  ne  retournent  pas 

à  un  œil  qui  les  aime,  récit  ^ananzî.  ^cii!  .Ui,  une  rude 
^ournéej  où  le  combat  est  dur,  472,  3  d'en  bas.  Mais yi;sïl 
est  aussi  :=  ^^^  ou  uW>,  parce  qu'un  tel  homme  est 
le  malheur  des  ennemis. 


1)  'iUS^\  se  manifeste  par  une  forte  diarrhée  et  des  vomissements, 
et  l'on  peut  mourir  en  quelques  heures.  C'est  donc  le  choléra. 
Hartmann  L  L  W  p.  94,  8  n'a  pas  su  préciser  ce  mot  et  il  le  met 
en  relation  avec  le  Qor.  26,  94,  ce  qui  n'est  guère  probable.  Loi-sque 
je  vins   en  Syrie,  les  journaux  commencèrent  à  appeler  Juo:i\   ^^r^ 

(choléra),  ii^ia*^,  qu'on  avait  trouvé  dans  le  Sihâh  et  le  Qâmoûs. 
Ce  qu'il  y  a  de  curieux,  c'est  qu'en  mehri  hâydat  est  choléra, 
selon  Jahn  M  S  p.  187. 

2)  Lorsqu'on    saisit    l'étrier   de    l'ennemi,  il  n'y  a  pas  de  pardon: 

sSksu   *!!!   ,  Ji   j>S   _  kj*-^-*    Ij  -^ob   L)   ^  ilxi^Lv   w   U  G  0. 


26. 

Mô^rôq. 

68,  6:  maktùteh.   c>o ,  o,  signifie  1°  répandre,  ver- 
ser =  Jut^j.,   ,12*^,  aussi   dans  le  Nord  et  en  Syrie,  Hdr 

p.  77  note,  ^yv!'   '*y^  '4*^  ^-^^  f'j^'  ^S^"^  ^^^LfiJi  Jo 

g'âc/z  dit:  ^^ Apporte  l'argent,  nous  allons  lu  tenter."  On 
apporta  l'argent,  environ  un  quart  de  moudd  de  pièces 
d'or.  Le  qâdi  se  mit  à  verser  les  pièces  d'or  dans  la 
robe  retroussée  de  la  fille,   Haurân.    2°  faire  descendre. 

^^'^^^  aJI  ^j^,  je  suis,  moi,  sur  la  montagne,  et  toi, 
tu  es  en  bas;  tu  me  cries:  descends  de  la  montagne; 
c'est  alors  kattèytani,  tu  m'as  fait  descendre.  Un 
Diyêbî  dit  à  un  pâtre:  kutt  "aleyna  el-bill,  mène-nous 
les  chameaux  en  bas,  fais-les  descendre.  3°  démolir^  abattre 

3=  Â>:  ou  pc\P,  (-  o**j!  o^ ,  j'ai  démoli  la  maison.  c>oi;o 

1)  Le  lendemain  je  passai  en  revue  cet  article,  selon  mon  habitude 
à  Aden,   et   alors  mon  Datînois  dit:  :^^    ,r,    ,OL^'    ,  J    wJi».    On 

m'assura  que  si>J  et  V^  sont  synonymes,  ce  que  j'ai  constaté 
plus  tard. 

2)  Comme  Mikah  I,  7:  ^T\^2\  lialévy.  Rév.  Sém.  avrill904  p.  101. 


1119 


5   C  - 


en  est  l'intensif.  Un  o^;l\-«  ^^yo  est  moins  délabré  qu'un 
^'kJjU  ,i>y>j ,  complètement  écroulé  =  iA.^04»  ou  ,.«Â^ . 

4°  vider,  finir,  au  figuré,  .jw  (^J>  .i^Aii-  c>v:^,  /«^ 
t;zd^,  /î?iz  ce  que  j'avais  à  dire.  On  comparera  L  A  II  p.  382, 
3  d'en  bas  :  sjlx^^  U/  ^AJr*-=>'  t_=)  «-y^'^i  vi>.j.jJl  ur^  li^j» 

et  dans  la  phrase  de  L  A  xij'  x  J.^LXJ>  ^  ,  ^wi  chucho- 
ter qqc  à  l'oreille,  nous  avons  le  sudarabique  c:^^^,  c^w- 

vi>*.<J'  ou  c>^',  ve7iir  en  bas,  descendre.  ^J^  iU^J  ^i:/.:^  \ 
ww-',  wwe  étoile  est  tornbée  ou  descendue  du  ciel,  me  dit 
un  Diyêbî  en  voyant  une  étoile  filante.  ;^>^'  c^^  S  ^« 
maison  s'est  écroîdée.  J^  c:^;^^'' ,  la  montagne  s'est  éboidée. 

j__^v...«-ioi    oyivJ'    (^  'J»i   ,^    Lj  Joi    c^^ib^i    Aï,  ?e-5  Pléiades  se 

sont  couchées  du  côté  où  le  soleil  se  lève. 

Les  dictionnaires  portent  aussi  le  sens  de  compter.  Je 
ne  le  conteste  pas,  mais  je  crois  que  le  point  de  départ 
en  est  verser.  On  dit  t^«^'  Js^  lorsqu'on  vez-se  ?es  pièces 
de  monnaie  sur  le  sol  (car  il  n'y  a  pas  de  table)  pour 
les  compter;  voyez  le  Gloss.  s.  v..  -.^^  et  ^a.<^  sont 
employés  de  la  même  façon,  ^^i  eU?'  .-a^î  ^;  l^  vii^Jii 
o^JLjc   dVXiic'Lî  -sA^!»   A-yj  iiX>ui   i^J   r-^^'>  ^^  ^^^^  lui  dit:  „Si 

ta  famille  veut   que  je  lui  verse  ton  prix  en  une  seule 
fois  pour  l'affranchir,  je  le  ferai,   Boh.   III   p.  153;  I. 

Sa'd  VIII  p.  77,  26.   ^jaJî  -,sX^  j  ^wuj  iuLo  ^^i  L^aA^i 
*^i  (jOu  ^-o,  7e   lui  donnai  une  dot  de  400  dinar,  en- 

1)  =  ^>^  ^. 


1120 

suite  il  versa  les  dinar  devant  les  gens^  I  Sa'd  VIII, 
p.  69,  9').  A  propos  de  la  phrase  de  ôauharî  (ji^^:^.  libl 

c>Ju  L  (L  A:  yix-ç>  j.,  aussi  bon),   Ahmed  Fâris,   Sirr 

el-layâl,   p.    323,   fait  cette  remarque:  ^j^  o^  J^  ^îbo 

^S^\    ^  yjj  j^i,  ce  qui  reviendrait  à  l'onomatopée  ^^ 

verser,  chuchoter.  ^,  bouillonner,  et  son  intens.  c^-jCxs' 
sont  aussi  connus  dans  le  Sud;  c'est  une  onomatopée, 
comme  L  A  II  p.  381  en  bas  *).  Le  chameau  o-Xj  et, 
plus  souvent  o^KaXj,  lorsqu'il  fait  avec  la  bouche  écu- 
mante  le  même  bruit  qu'une  personne  muette  qui  veut 
parler  [v.  les  dict.],  bafouiller^  onomatopée,  comme  aussi 

le  tun.-trip.  Z^,  aufgrollen  (lion),  aufseufzen^  Stumme 
T  T  B  L  Gloss.  s.  v..  L'hébreu  nnD,  zerschlage?i,  zerstos- 
sen,  rappelle  notre  3°,  Halévy  RS,  Avril  1904,  p.  101, 
5  d'en  bas,  0  S  Festschrift  de  Nôldeke  p.  773. 

68,10:   nasèy  r  =:^Loj,   pi.   de  »^jaa^  —  Hdr  iu^x^j  = 

Nord  iJLy^,  Socin  Diw.  III  Gloss.  s.  v.,  les  deux  pierres 
qu'on  met  de  chaque  côté  de  la  tombe,  à  la  tête  et  aux 
pieds.  Voyez  l'intéressante  notice  de  Tab.  I  p.  738.  Elles 
représentent  les  deux  anges  de  la  mort. 


1)  Toute  cette  histoire  est  de  pure  invention.  Cf.  la  drolatique 
situation  à  l'arrivée  du  fameux  mal  el-I3ahrên,  I.  Sa^d  IV,  i  p.  9, 
10    et  ss..  11  y  est  dit  que  dans  ce  lemps-ïà  on  ne  comptait  j)as  le 

Go-  G  _    .       .     - 

numéraire,   ni   le  pesait  :    ^\»,    "^^    Ol\-e    iA-a-^<j-j  qO  U  ;    mais  on 

pe.sait   l'or   non   monnayé  avec  lequel  on  payait,  Bolj.  111,  p.  IGl,  7 
d'en  bas. 

2)  Les  u:/^  Ui  ,  sing.  ^j^jC*-^  ,  poussin,  qu'on  mange  tant  en 
Kgypte,  sont  ainsi  appelés  par  onomatopée:  ils  font  k  a  t!  kat!  kat!, 
comme  dans  LA  1. 1. 


1121 

68,  10:   sahâbîl,   pi.   de  Jy-s^^,  hloc  de  pierre  plus 

long  que  large,  comme  le  seuil  de  la  porte.  io^àJUo,  pi. 
vji^X^,    hloc  plat ,   plutôt   mince ,  dalle  =  iC:sfù/j>  ;  Syrie 

^sU^  y^,  Prov.  et  Dict.  Gloss.  s.  v..  Le  verbe  J-oi^  est 
faire  une  masse,  une  pelote,  p.  e.  la  pâte  en  gros  mor- 
ceaux, au  lieu  de  l'aplatir,  pour  en  faire  des  {j^\f\.  Aplatir 
est  en  Dt  ^LàLo.  Les  salfàqt  em-qurs,  pourquoi  as- 
tu  aplati  le  rond  de  pain. 


27. 
Gibâl  el-Mesâriqah. 

68,  20:   ri  sa'.  tU^^),  pi.  x^y  et  pi.   de   pi.  oLv^}', 

corde  du  puits;  propriété:  hâda  ri  sa  y,  ceci  est  ma  pro- 
priété.  Voici   une   petite  liste  des  noms  des  cordes  dans 

notre  dialecte.  --^Ji>,  pi-  ^La>,  pour  lier  le  ^*juL'  .|^, 
sangle  de  derrière  qu'on  passe  sous  le  ventre  ;  Socin  Diw. 
III  Gloss.  s.  V.  —  i'ui^,  à  deux  torons^  qJ.^;  Fiqh  el- 
lurah  p.  259,  R  0  p.  312  en  bas.  Hartmann  L  L  W  p.  82, 
10  d'en   bas  donne  ris  y  a.  —  iû. ,  pi.  j.Lo.,  ficelle^   dans 

tout  le  Sud.  Les  lexicographes  l'expliquent  par  bout  de 
corde,    \J^  ^^  iulii^',  Fiqh  el-lurah  p.  346,  ou  corcïe  wsee^). 

Le  premier  sens,  oui;  le  second,  non.  On  a  été  influencé 

par  (...  La  vieille  locution.  ?jji^  ^-r^'  »'■'.''"''  prouve  que 

le  sens  est  corde  en  général,  car  l'image  est  prise  de  la 
corde  du  chameau  et  qu'on  laisse  sur  l'animal  en  le  re- 
mettant au  nouveau  propriétaire,  comme  on  le  fait  en- 
core aujourd'hui.  Lebîd  Mo'all.  v.  16  dit: 


1)  Non  sUi»,    comme  Udr  p.  317. 

2)  Je   crois   avec   Hommel,   A  A   p.  331   note,  qu'il  faut  admettre 
deux  thèmes    *,,    que  les  Arabes  ont  ensuite  confondus, 


1123 

Mazs  à  quoi  penses-Ui  à  propos  de  N.,  du  moment 

[qu'elle  est  loin  et  que  les  cordes  et  les  cordelettes 

[ont  été  entièrement  coupées? 

^^y-1,  encore  usité  chez  les  Bédouins  du  Nord  et  de 

la  Syrie,  et  m^  sont  ici  les  liens  d'amour  ou  d'amitié. 
Nôldeke,  à  en  juger  d'après  sa  traduction,  Fûnf  Mo^all. 
II  p.  58,  envisage  ici  'd^^  comme  corde  usée,  mais  l'image 
devient  alors  assez  étrange.  Johnson,  the  Seven  Poems, 
p.  97,  le  rend  mieux:  ,^and  (both)  the  strong  râpes  (of 
meeting   with   her)  and  the  week  ones   hâve  been  eut." 

'M.  était  la  corde  avec  laquelle  on  liait  les  prisonniers. 
Tab.  I  pp.  1491,  2  et  1652,  u;  Mutai.,  VoUers  XII  v.  5; 
Qutâmî,  Barth  XXIIl  v.  1  ;  Abu  Zeyd  Nawâdir  (Garîr) 
p.  31,  7.  Une  corde  usée  est,  dans  le  Sud,  ^^.  ou  x^ 
»,-«b,  V.  p.  974.  -  -i^,  v.  p.  1099.  —  yLi;,  pi.  _jLi  ou 
y:^  (stàrr),  à  un  seul  toron,  syci;,  d'où  le  nom  =  ^^.^JU 
à  Lahig.  Cf.  l'indien  suttar,  cordelette.  —  ^"-ii,  pi.  ;p^, 
^^  et  o^'-ii,  à  deux  torons,  pour  lier  le  joug,  -n*^,  au 
timon  de  la  charrue,  w)Ij?J,  Hdr  p.  297  et  507.  —  ^j:yi-«, 
pi.  p^'^^^,  pour  lier  les  autres  parties  de  la  charrue.  — 
iL^^,  Hdr  p.  371,  en  Dt  's^-ns^,  pi.  o^-£,  pour  lier  le 
wUJi.  —  s' jw,  pi,  ^-,'w*»,  en  laine  de  chèvre,  tressée  comme 
le  JLaï,  à  3  ou  4  torons.  Ainsi  appelée  parce  qu'elle  ^^^ju" 
est  tressée.  (^^E,i,  filer  au  fuseau,  Jjjw.  —  ^c^,  v.  Gloss.  s.v.. 


1124 

^oU,  ma  dan,   pi.   Q^iy»,  se  dit   à  Lahig  zi:  Dt  byui.  De 

^^iî  ou  de  (.vi^?  Voyez  les  dictionnaires.   Les  cordes,  à 

l'exception  de  s^jw  et  de  c_5-2c,  sont  faites  en  .£^*j^  (adj. 

verbal),   fibres  qu'on  extrait  du  ^^,j^  (içJLw  n.   unit.),  un 

arbuste  que  je  ne  connais  pas.  ^c^>*^-l  ^^j^I;*.j,  on  tresse 
le  sini.  On  observera  que  presque  tous  les  noms  de  cor- 
des,   en   arabe    classique,    sont    sur  la  forme  Jbù.   ^d^ 

p.  272,  ici  p.  63,  note,  Jacob  Studien  in  arab.  Dichtern 
II  p.  100,  Barth  N  B  p.  62,  Brockelmann-Kisâ'î  Z  A 
XIII  p.  37. 

69,  2:  gidah.  _Jc>  est  un  mot  invariable,  comme 
son  synonyme  *> .  ^>a>  *y5 ,  beaucoup  de  ge?is,  b.  cV en- 
nemis. -»^>^  o»i>,  beaucoup  de  monde.  -.l\=>  ^oLo,  116, 
4.   Une  subdivision  des  Ahl  em-Tôsalah  est   ^Jo>  J.^1, 

parce  qu'elle  était  anciennement  très  nombreuse,  Arabica 
IV,  p.  40.  Le  verbe  ^  ^.^x^  =  v  ^j^  j^^^'"'  >  rejeter, 
étendre  qqn  par  terre,  le  coucher  sur  le  sol,  le  tuer,  ne 
saurait    expliquer   ce  mot.   Lahna  nesîr  fi  sîf  em- 

o 

bal,ir  ulqeyna  haéaba  mindôqa,  uqulna:  bàle- 
éilleha,  uqâlu:  min  în')  lakom  hâdem-hasa- 
ba?  Qulna  gedàh  bâha  em-bahr.  Nou^  marchions 
sur  le  rivage  de  la  mer  et  nous  trouvâmes  un  morceau 
de  bois  jeté  là.  Nous  dîmes  :  „Nous  allons  l'emporter." 
On   dit:    „D'oîï   avez-vous   ce   morceau   de  bois?"  Nous 


i)  =  en,  ey n  ^}. 


1125 

dîmes:  ^^La  mer  l'a  rejeté,"  =  ^  ^^s . ^1^:\,  c>^A^ 
rai  abattu  le  mur.  ^A^t  =  _wi;  s'étendre  pour  dor- 
mir. Dans  la  lurah  ^A:>  est  brasser,  remuer,  et  il 
n'y  a  que  ^'a^^,  rivage  de  la  mer,  mentionné  seule- 
ment par  Feyroûzâbâdî,  qui  rappelle  de  loin  le  sudara- 
bique  1Â>. 


28. 

El-Lubeyb. 

C'était  anciennement  le  chef-lieu  des  es-Sur  ma n.  Ham- 
dâni  fait  mention  d'el-Lubeyb,   (jézîrah  p.  91,  25,  où 

il  faut  lire:  ii^^JUj  iL«3.:$\^^  '^j^h  o'j^^  O'/'-  ^^  est  situé 
entre  W.  Marrân  et  W.  Tù'ah.  Les  esâumrân  occu- 
paient le  territoire  des  Mayâsir  actuels.  Sur  le  Heyd 
Qumrah  à  l'ouest  de  W.  Tù^ah,  et  le  H,  Su  mer,  il 
y  a  encore  une  grande  quantité  de  husûn  ruinés  qui 
leur  ont  appartenu.  Ils  y  ont  creusé  des  tunnels,  v. 
N°  29,  w*-*j1jo  ,  et  des  réservoirs  d'eau.  La  plaine  de 
Giyâz  el-Mesâriqah,  v.  N°  27,  leur  appartenait  aussi. 
Nous  possédons  sur  ces  contrées  l'ouvrage  précieux,  men- 
tionné p.  433,  du  roi  rasoûlide  El-Melek  el-Asraf  Abu 
Hafs  'Omar,  régnant  entre  694  et  696.  Il  le  composa 
avant  la  mort  de  son  père  Yoûsouf  b.  'Omar  el- 
Mozzaffar.  Ce  qu'il  dit  de  ces  pays  représente  donc 
l'état  des  choses  à  la  fin  du  Vile  siècle  de  la  Higrah. 
Nous  sommes  ici  dans  le  pays  des  anciens  el-Gahâfil. 
C'était  une  grande  confédération  de  tribus,  dont  quatre 
étaient  surtout  connues.    1^'  Âl   'Ali.   C'est  aujourd'hui 


1)  Dans  ma  Géographie  de  Datiiiah  toute  cette  partie  d'el-Gezîiah 
sera  corrigée.  Dans  l'absence  absolue  de  documents,  l'éditeur  ne  pou- 
vait nous  donner  un  texte  correct.  Il  faut  être  juste  avant  tout. 


1127 

la  principale  tribu  des  M  a^n,  Arabica  IV  p.  39,  à  laquelle 
appartient  la  famille  dominante  d'Ibn  Roways  el-Yis- 
lamî,  qui  avait  la  suprématie  aussi  du  temps  du  roi 
rasoûlide.  Les  Subâhi,  qui  habitent  encore  dans  le  pays 
des  Ahl  um-Sa^îdî,  la  Datînah  proprement  dite,  au 
pied  du  Mt  Ham^'ah,  faisaient  alors  partie  des  Al  ^Alî. 
Une  subdivision  s'appelle  encore  H  al  el-Gahfali  J^i 

JIÎ5:\^!.  Ils  possèdent  l'ancien  château  de  Husn  el- 
Ôahfalî  [ou  H.  el-Gahâfilah].  2»  Al  Yahya  b/Alî 
font  à  présent  partie  des  Naha'^în  des  Fadli.  Ils  habi- 
tent sur  le  territoire  Surrat  el-Mishàl  et  sont  en 
partie  Bédouins,  en  partie  habitant  les  husûn,  40  hom- 
mes environ.  Les  Al  ""Azab  avaient  la  haute  main  sur 
les  Al  Yahya,  qui  comprenaient  beaucoup  de  subdivi- 
sions: ujj^  JT  ^Lse.*^.  SjxiS'  JJLi  ^^^_  jT^.  Al  'Azab, 
ou  Bâ  'Azab,  comme  on  le  dit  à  présent,  sont  des 
maéâih,  c'est-à-dire,  d'origine  himyarite,  et  non  des  qa- 
bail;    il    faut    donc   comprendre  '^^u^^.  dans  le  sens  de 

ma  traduction.  Ils  habitent  à  el-'Arq  oysiî,  dans  W. 
Turûb,  et  à  Rabat,  dans  W.  MaryaS  au  pays  d'el- 
Manqa'^ah,  qui  est  le  territoife  des  puissants  et  terri- 
bles Bâ  Kâzim.  Au  7e  siècle  de  la  H.  ils  étaient  aussi 

dans  ce  pays,  oîi  ils  exerçaient  un  grand  pouvoir.  ^^  Jli 
lXj>!  *JLc   .lAJïj  "^J  'iJ^\    .b  <no  JUj  J>-o*  ^3    ..ytÂX^w^.   Et  les 

Al  ''Azab  sont  en  sûreté  sur  une  montagyie  qui  s'appelle 


1)  Dans  W.  Turûb,  à  deux  heures  de  Sandûq,  on  trouve  sur 
la  montagne  deux  husn  ruinés:  à  gauche  H.  Zînah  et  à  droite, 
H.  ed-I.)ahr.  C'est  là  le  Dur  Zînah  dont  parle  Sprenger  AGA 
§307  en  citant  I.  el-Mog;'iwir.  Il  n'y  en  a  pas  d'autre  de  ce  nom; 
i'iii  lait  bien  des  recherches  sur  ce  sujet. 

75 


1128 

Dilr  Zînah  co7itre  laquelle  personne  ne  saurait  rien 
faire^  Tuifat  el-Ashâb  fol.  203.  Ils  ne  sont  plus  guerriers 
comme  autrefois.  Sous  l'autorité  des  Âl  Azab  se  ran- 
geaient plusieurs  tribus  qui,  presque  toutes,  habitent 
encore  dans  ces  parages.  Les  es-Surraân  étaient  du 
nombre  de  ces  tribus.  On  dit  qu'il  y  en  a  encore  quel- 
ques familles  chez  les  Qumûé,  Arabica  V  p.  231.  Une 
autre  tribu  qui  reconnaissait  le  pouvoir  de  ces  raasâih 
étaient  les  Al  Ben  M  an  sûr,  dont  est  sortie  la  famille 
des  sultans  du  pays  des  "^Awdillah.  Les  Âl  Mansûr  ha- 
bitent à  présent  dans  W.  '^O  r  r  au  village  du  même  nom  ; 
80  hommes  et  trois  husûn.  Les  deux  autres  grandes 
tribus  des  el-Gahfifil  étaient:  3'^  el-'Ugmân,  originaires 
de  la  Perse,  étaient  les  malfaiteurs  et  les  pillards  parmi 
les  ùahâfil  selon  la  Turfah.  Il  n'y  a  plus  de  "Ugmân  en 
Datînah,   mais  il   se  peut  qu'ils  survivent  encore  dans 

une  fahîdah  des  Qumûs:  ^^L*^jti!.  On  n'a  su  me  le 
dire.  4^  El-Hayâtim,  qui  sont  à  présent  la  première 
subdivision  des  Ahl  um-Sa'^îdî.  Une  famille  des  Maya- 
sir,  Ahl  es-Smur,  Arabica  IV  p.  31,  appelée  aussi  jLoJ!, 
de  même  qu'une  famille  des  Farag,  o.  et  1.1.,  sont  ori- 
ginairement de  la  môme  tribu.  On  reconnaît  parfaitement 
la  parenté.  Les  Hayâtim  étaient  anciennement  très  puis- 
sants et  rois  de  Datînah,  'iLL^^>  é>^.  Cette  dislocation 
d'une  tribu  dont  les  memhra  disjecta  sont  absorbés  dans 
d'autres  n'a  rien  que  de  très  commun. en  Arabie.  Quant 
au  Sud  de  la  Péninsule,  on  peut  cependant,  à  l'aide  de 
documents,  poursuivre  ce  phénomène  et  reconstituer,  tant 
bien  que  mal,  l'histoire  des  tribus. 

On  sera  étonné  de  constater,  lorsque  j'aurai  publié  ma 
Géographie   de   Datînah,   que  la  plupart  des  tribus  dont 


1129 

parle  Turfat  el-Aslic\b  existent  encore  dans  ces  pays. 
Une  dislocation  a  bien  eu  lieu  ;  quelques  tribus  sont  étein- 
tes ou  n'existent  que  par  quelques  personnes;  les  ""Aw- 
dillali  ont  pris  la  place  des  o^t,  Arabica  IV  p.  54,  et 
ont  pour  capitale  Lôdar,  Arabica  V  p.  84  et  note,  qui 
a  conservé  le  nom  des  ^^^-i.lXJlJî,  Turfah  fol.  203,  (jézîrah 
p.  96,  19.  Grâce  au  livre  d'el-Melek  el-Asraf,  nous 
savons  plus  sur  ces  pays  éloignés,  depuis  la  chute  du 
pouvoir  himyarite,  que  par  la  description  d'el-Hamdânî. 
Celui-ci  travaillait  assurément  sur  des  documents  antiques 
et  il  connaissait  fort  imparfaitement  le  pays  à  l'est  du 
Yéman. 

69,  13:  Heyd.  uV>  est  ici  montagyie.  Il  offre,  comme 
nous  l'avons  vu,  la  même  transition  sémasiologique  que 
l'hébr.  î?^p,  rocher,  pierre  (petite  ou  grande),  v.  Ges.- 
Buhl  H  W  B  s.  V..  Chez  les  Bâ  Kfizim,  3LXjAr>  est  som- 
met de  montagne,  et  je  me  demande  si  lX-^  peut  avoir 
quelque  affinité  radicale  avec   i/uNl^.. 

69,  15:  hàwa.  (^y>  (ou  \y>)  est  un  endroit  d' abord 
difficile,  entouré  d'obstacles  qui  \jJIc  i^>^:^.  ,  l'entourent,  le 

cernent.  i^>f>,  h  entourer,  cerner,  renfermer,  embrasser, 
umschliessen.  ^^=>,  a,   attraper,   rejoindre,  retenir;  hù' 

hawini,  il  m'attrapa  =  jJi^l  léii'  qafàh  lamma 
ta^wâh,   cours-lui  après  jusqu'à  ce  que  tu  V attrapes^ 

ou  que  tu  le  tiennes,  tj:^',  être  renferme  dans  un  h  a  w  a, 
endroit  presque  impraticable  dans  la  montagne  d'où  l'on 
a  de  la  peine  d  sortir,  =  ^.^^J:^  et,  chez  les  Ba,  Kazim, 

j^^".  Chez  eux,   ^_^^>  est  aussi   être  fatigué  pour  avoir 


1130 

trop  marché,  et  chez  les  Bédouins  de  Tihamah,  attendre 
quelqu'un,  ma  La  Langue  arabe,  p.  16.  J^c  ^y>^  retenir, 
Çdr  p.  652  s.  v.  ^J^,  Dt.  On  comprend  pourquoi  ^^.^ , 
i,  a  pris,  en  Algérie  et  au  Maroc,  le  sens  de  éj,  Beaus- 
sier  s.  v.,  Marçais  R  M  T  A  p.  427,  idem  0  S  Nôldeke  I 
p.  429,  Doutté  TO  p.  18,  Stumme  T  Gr.  p.  163,  Socin 
et  Stumme  Houwfira  p.  61  note  ez.  Le  français  embras- 
ser =  vil'i  offre  le  même  euphémisme.  ^*^^^^,  avoir  besoin 

de,  être  dans  la  nécessité  de.  x^  î  î  j^i  o^^c^',  j'ai  été 
obligé  de  manger  cela,  car  il  n'y  avait  pas  autre  chose. 
o^*».t  ioL^,  la  ramasseuse  de  bois  a  apporté  du  mau- 
vais bois:  *L>  ^.^A2:>  u>oL>.  ^^^^=>,  nécessité zrz ^^jôS ,  ^cJc>- 
,  ^i^l  la  nécessité  m'ii  a  conduit.  Cf.  thème  „  o. 

69,  17:   taurah.   La  vraie  forme  est  a^y  [cf.  i^s  et 

ycj   Gloss.  s.  V.],  pi.    \Js  et   .îp',  grand  panier  ou  grande 

boîte  en  "^azaf.  La  lurah  connaît  .y'  et,  il  paraît,  aussi 
»^y>",  Zamahs.,  Asâs  I  p.  57,  s.  Le  mot  se  rencontre  déjà 
dans  les   Traditions,   Boh.   I  p.   46,  5  d'en  bas:  Jy-,  J' 

\joyLi   ju^  ^j^    yi  j,  sic  aI  'a=>y>li  aJJî,  le  messager  de  Dieu 

vint,  et  nous  lui  apportâmes  un  bol  en  cuivre  jaune,  et 
il  fit  ses  ablutions.   .yJ!  ^y,  sy^jl]  ^i,^  ibid.  p.  47.  oJa 

^L<i  ^^  ^^"  j.  byfu:^  t/mm  >S.  d^Y.•  ,^Bonne  donc  cette 
outre-là!"  Je  la  lui  passai,  et  elle  lui  fit  du  hês  avec  de 
la  pâte  de  dattes  dans  un  bol  en  terre  cuite,  I.  Sa'd  VITI 
p.  74,  *,  i3,  ic,  où  l'on  voit  que  le  Prophète  opéra  même 
un  miracle  dans  un  taur,  à  l'instar  de  son  prédécesseur 


I 


1131 

aux  noces  de  Cana.  Dans  le  trousseau  de  mariage  de 
Fâtimah,  il  y  avait  un  ^)  ^J^  ^y,  un  bol  en  peau,  ibid. 
p.    14,   23  =  15,   2.  ^  ^y  J.  Q^^jsaj  oy  ^>Vï^'  e^'->  qI^ 

M^  Jï  3!  3,1^,  ce  vi7i  était  fait  de  dattes  que  f avais 
trempées  dans  un  bol  de  pierre  fou  bien  il  dit  marmitef, 
ibid.  p.  89,  2  d'en  bas.  b^'l^  ^J^  ^y  j  s'u-.  o^M,  et  elle 
apporta  de  l'eau  dans  un  bol  de  pierre,  ibid.  p.  225,  2. 
I.  Sîdah  VI  p.  12  en  bas,  dit:  5^L5^  ^j^  j*jua  ^y,  ce  qui 
n'est  pas  toujours  le  cas,  comme  il  appert  des  exemples 
cités.  LA  V  p.  164  en  haut:  s^L^  3'  f^  ,^  ^ij]  jS>  ^y 
iC_jL>'§'i' =  Nihâyah  I  p.  120.  Le  Prophète  avait  en  hor- 
reur les  vases  qui  n'étaient  pas  en  peau,  ici  p.  013  et 
I.   Sa'^d   IV  p.  114,  20  et  s.  s.  où  il  est  dit  à  ce  propos: 

j^ii  c^'-.Jl^j  yj  i^%  J6  lui  apportai  alors  un  bol  et 
une  cuvette,  mais  il  refusa.  El-Gawâliqî,  Mo'^arrab  p.  t^'v 
veut  que  .0  soit  un  mot  persan,  au  même  titre  que 
.^i^^^,  tandis  que  el-Hafâgî,  Sifâ^  p.  59,  le  considère  comme 
arabe  pur.  Fraenkel,  F  W  p.  75,  ne  le  retrouve  pas  en 
persan  et  il  n'en  connaît  pas  la  provenance.  Comme  une 
foule  d'autres  nom.  vasis,  celui-ci  doit  bien  aussi  se  ren- 
contrer un  jour  en  babylonien. 

Je  fais  ici  une  remarque  qu'on  trouvera  sans  doute 
bien  déplacée,  mais,  devant  le  nouvel  horizon  que  le 
Babylonisme  nous  a  ouvert,  la  sémasiologie  prend  une 
tournure  qu'on  ne  lui  aurait  guère  supposée  il  y  a  quel- 
ques années.  L'histoire  de  la  pensée  humaine,  les  con- 
ceptions qui  se  développent  d'un  point  de  départ  pren- 
nent plus  de  corps.  Or,  je  suis  bien  tenté  de  voir  dans 
sy,  =  5y>,  ij^  [et   qui   est   pour  s^y,  LA   i   p.    164,  5, 


1132 


comnie  son  synonyme  sudarabique  b.|^  est  pour  bv^yj,  de 

^Ij,  0,   dérivant  de   la   même  idée  fondamentale  que  iyo, 

suédois  gang,  de  gâ  =  ~^'^)  et  que  sy'^  fois,  ùez.  p.  199, 

15  de  jS ,  faire  im  tour,]  la  même  chose  que  b.y  ==  ^Ij], 
babyl.  a  nu,  Del.  HWB  p.  94,  ou  anûtu,  Del.  Gr. 
Gloss.  p.  24.  On  connaît  la  locution ^L^!  ('-  o'^'j^  J^î  =ijl  i3, 

Tab.  II  p.  694,  4,  et  l'on  ad- 
mettra peut-être  qu'il  y  ait 
quelque    relation   sémasiologi- 

que  entre  ^^f,  pi.  S,  temps, 
et    tl3],  vase,    par    quel  mot 

.^i  est  justement  expliqué 
dans    les    dictionnaires.     Le 


Baldaquin  cultuel  de 
yuhruinassar  II-*) 


verbe  ^\ ,  i,  serait  alors  déno- 


minatif'). C'est  l'A  nu,  le  Ciel, 
où  naviguent  la  lune  et  les  "'^n'  qui  règlent  le  temps.  Sa  forme 


1)  Voyez  I.Idr.  p.  564,  comme  l'hébr.  DVC»  i>«set/ots  =  le  suédois 
(jcmg.  L'étymologie  est  ici  très  transparente.  Dans  le  Negd,  on  dit 
aussi  yA  :  «JJI  .lXac  (•jf*^  y'i  Oycw  [«jj^  y«  |^"l-^v^  oy^}'~^^- 
ils  s'attaquaient  mutuellement:  tantôt  S.  s  enfuyait,  tantôt  ^A  A., 
récit  qasîmite.  On  comparera  y,  i,  faire  un  tour,  »y,  tuur,  I.Idr 
Gloss.  s.  V.,  nin.  "lin  et  Jc>,    o,  J'^,   0,  tornare. 

2)  ou  ^J^i^î,    LA  IV  p.  426,  5. 

3)  Cf.   cependant   qI,  qI.=>    et  le   babyl.   inu,   ittu,   temps,  nV 

(suff.  mj;). 

4)  Chez  Perrot  et  Chipiez  II  fig.  388  =  Puchstein  Die  ionischo 
Saule  p.  31.  Le  vase  supérieur  affecte  évidemment  la  forme  du 
croissant. 


1133 

sphérique  a  servi  de  modèle  pour  une  foule  de  vases  ^),  ainsi 
que  la  lune,  comme  j'ai  tâché  de  le  prouver  dans  les  pages 
précédentes.  L'A  nu  est  le  grand  ^li],  to  voiite  céleste,  ^--^^ 
où  les  temps,  t'Jî  et  oJ^'j,  se  déterminent  et  où  se  trouve 
le  point  de  départ  pour  tout  calcul,  basé  sur  son  nombre 
60,  dans  „le  protocole"  des  dieux.  Son  nom  soumérien 
An  est  encore  resté  dans  la  nomenclature  sémitique. 

70,  4:   sûdân   ou   sud.   J'ai  déjà  exposé  Hdr  p.  28 

que  ^^1*5  est  le  pluriel  masculin  et  jJts,  le  pluriel  fémi- 
nin dans  les  dialectes  du  Sud.   Je  suis  donc  étonné  de 

lire  I.  Sa^d  IV  p.  13,  que  Lippert  dit:  «^Làlail  est  gam*^ 
al-gam""  von  '^jôa.)"  die   Unbeschnittenen ,   „wie  qLo^::o 

u.  qÎvV^  von  (j^uj  u.  Oyw."  Mais  Brockelmann  VGSS 
p.  450  dit  la  même  chose.  La  Gram.  de  Wright  I  p.  218, 
6  est  cependant  très  claire.  ^Uli  est  le  pluriel  régulier 

de  û»JÎï',  comme  dans  les  autres  adjectifs  de  sens  ana- 
logue, à  côté  de  ^.jiis,  que,  du  reste,  je  n'ai  jamais  relevé 
dans  un  texte  arabe.  Le  pluriel  en  an  est  fort  commun 
dans  le  Sud. 

_  ^  ù  w  o^ 

70,  4:  bèsama.  ,^,  chat,  pi.  ^\,o\x^j^,  pi.  t^-Lwj! 

ou  ^_^-.-^  en  Hdr,  mais  ^  n'est  pas  usité  en  Dt;  fém. 

iC-wj,  chatte -j  courants  dans  tout  le  Sud  et  le  Yéman, 
Manzoni  El  Yeman  p.  71.  'Âtif  el-Murqusî  a  dit  dans  la 
qasîdah  en  ah  souvent  citée: 


1)  Oypasvoç,  ciel  de  lit,  (/a/i',  pavilluii,  Otto  Puchstoin,  Dio  ionischc 
Saule  p.  52. 


1134 


,  £-— jLj>    (  1  x^»-*^    Lo    "^Î    iA-s>L    Le 

""j^   Lf^  ^■''  ^  i'j^^  "^^ff^  en 

Chacun  prendra  lui-même  ce  qîi'il  désire: 

Je  ne  prendrai,  moi,  que  ce  que  mon  esprit  couve, 

En  présence  du  fusil,  et  ce  que  l'œil  voit. 

Là  où  je  serai  enterré,  il  y  aura  mon  cimetière 

(qui  sera  célèbre  par  ce  fait): 

Je  ne  suis  pas  tin  vil  chat,  moi,  qui  me  laisserai 

[enterrer  sur  le  haut  d'el-Kadàh. 

Bir  Besèym  est  une  famille  des  ahl  Wuleyd  des 

Hasanah,   Arabica   IV  p.   32,   et  Ahl   Besèym  ah  est 

une  subdivision  des  Bâ  Kâzim.  Dans  le  Nord,  ^wj  et  a 


\)  Jww^    0,    avoir    V intention    de,    avoir    l'idée  de:  ^«*-j1j    c;^-*, 

fai   l'idée   de    le   vendre;   spécialement  couver  des  desseins  sinistres 

pour   faire   du    mal    à    qqn,  préméditer  un  crime.    qJ    j^-J    J<Uv«< 

^Lo   jj:y>    ^_y^.  '  37/'.  Bury  nourrissait  des  desseins  sinistres  contre 
mon  frère  S..  Dô'^an  a  dit: 

Que  ce  que  je  prémédite  jndsse  se  réaliser! 

2)  =^f    Li,  passif. 

-  > 

3)  Sur  cette  forme  (=  ^j;*ji;m^),  voyez  p.  708  et  s.. 


1135 

Prov.  et  Dict.  Gloss.  s.  v.,  Hess  Bemerk.  zu  Doughty's 
Travels  p.  8,  ou  _^,  pi.  i^^l-iï,  ibid.  et  Socin  Diwan  I 
N°  83,  note  12,  et  en  Haurân  d'après  Socin  ibid.  l,«L*o, 

bsas;   en  sahhi  s^I^Î,  pi.  JÂ,  BBRAS  1902  pp.  251, 

261  ;  dans  l'Afrique  du  Nord  o?^,  pi.  ^^yn^ALU^  Stumme 

T  Gr.  pp.  56,  112,  fém.  iCo^,  idem.  M  G  T  p.  254  §  88  = 

Dozy  L-v^lai.  Sur  d'autres  variations  du  môme  mot,  voyez 
Marçais  R  M  T  A  p.  472.  Pour  la  Mésopotamie,  Meissner 
NAGI  p.  114  donne  iu^jj,  bezzûne^),  ce  qui  rappelle, 
comme  radicales,  le  syrien  ^^  et  ï^v-^  besayn,  bi- 
son, bisêni.  Cette  dernière  forme  pourrait  être  le  dimi- 
nutif du  sudarabique  *^j  avec  permutation  des  liquides. 
Nous  avons  donc  les  formes: 

,_^^,  Arabie  du  Nord  et  tout  le  Levant. 
,_^v.Uo,  Haurân. 
(j«-*-*mo,  Egypte,  avec  réduplication  des  radicales'). 

j^^j,  Arabie  méridionale. 

^^•^-^J  Syrie;  diminutif-caritatif. 

Q^jj,  Mésop.  ;  diminutif-caritatif. 


r 


1)  Le  bazuneli  de  Jones  n'est  donc  pas  pour  ilÀx^  ,  conimc  le 
croit  NoldeKe  Beitr.  z.  S  S  W  p.  70. 

2)  Phénomène  assez  fivquent  dans  les  noms  d'animaux,  Noideke 
BZSSW  p.  407  et  s.  s..  En  Syrie,  ,^-^-fc^,  IravaiUcr  avec  Icnlcur 
et  négligence,  tripoter. 


2\ 


1136 

iiï,  dans  tout  le  monde  arabe')' 
jLè,  Arabie  du  Nord  et  '"Oman. 
^_*^,  (;jo^),  Afrique  du  Nord. 


Quant  à  l'étymologie  du  N°  1,  j'ai  dit  Hdr  Gloss.  s.  v. 
que  c'est  une  onomatopée^).  Peut-être  à  l'origine,  mais 
le  mot  semble  avoir  une  valeur  plus  importante.  D'après 
moi,  nous  avons  ici  deux  courants:  l'un  oriental,  repré- 
senté par  N°   1  ;  l'autre  européen,  représenté  par  N*^  2. 

ij^  pourrait  facilement  avoir  pour  origine  le  nom  de  la 
déesse  Bast  (Bast)  qui  est  souvent  figurée  avec  une 
tête  de  chat,  et  à  laquelle  le  chat  était  consacré.  Les 
chats  jouent  un  grand  rôle  dans  la  Mythologie  égyp- 
tienne^). On  connaît  le  cimetière  de  chats  de  Bubastis. 
L'on  a  trouvé  les  restes  de  chats  enterrés  ou  momifiés 
dans  plusieurs  endroits  en  Egypte.  Il  n'est  pas  exclu  que 
la  vallée  du  Nil  fût  le  lieu  de  provenance  des  chats,  car 
elle  avait  la  spéciahté  de  l'apprivoisement  des  chats  sau- 
vages, et  que  le  nom  de  la  déesse  Bast  fût,  à  l'étranger, 

appliqué  au  chat  môme.  On  dit  encore  iiwj  pour  le  chat, 

comme  nous  appelons  une  chatte  aussi  chat,  nomen  ge- 
neris.  ^^  et  ,^  sont  parents,  cela  ne  soufi"re  pas  de 

doute,  mais  je  ne  m'explique  pas  bien  d'oi^i  vient  l'm 
.final,  au  lieu  duquel  les  Syriens  et  les  Mésopotamiens 
ont  un  n ,  et  le  mot  prend  chez  eux  la  forme  caritative, 

comme  aussi  (j**.*--!:  et  ^■^J^  de  l'Afrique  du  Nord. 


1)  En  Tunisie,  -lis    est  le  chai  sauvage,  et  ij^j^,  le  chat  domes- 
tique. 

2)  Brugsch,  Religion  und  Mythologie  der  Alten  Aegypter,  p.  334. 

3)  Ibid.  p.  334. 


1137 

Si  bis  et  ses  variations  représentent  le  courant  orien- 
tal, celui-là  a  pourtant  envahi  le  domaine  de  l'autre.  Chez 
les  Germains  et  les  Celtes,  les  noms  Buse  et  Bise  sont 
très  répandus,  Grimm  W  B  s.  v..  Nous  le  trouvons  même 
en  lithouan.  puize,  alb.  piso,  néopers.  piiéek,  kurd.  piéîk, 
afghan,  piêô,  pamir.  pié,  etc.,  P  Horn  Grundriss  der  neup. 
Etym.  p.  72,  tandis  que  Tomaschek,  Centralas.  St.  II 
p.  762,  fait  venir  ces  mots  du  sanscrit  puccha,  queue, 
Hehn  o.  1..  Si  l'ital.  micio,  le  franc,  mite,  l'allem.  7nieze, 
mies,  le  suéd.  misse  et  les  autres  formes  européennes 
sont  des  onomatopées,  comme  le  pense  Diez,  Etym.  W  B 
I  p.  276,  cela  est  encore  à  examiner,  ou  bien  s'ils  ne 
proviennent  pas  tous  du  prototype  Bas-t?  En  langue 
hiérogl.    miw  est  chat,   onomatopée,   comme  l'arabe  2L0, 

inf.  Ç^,  subs.  i]y«,  ^,  cU>,  Lsw,  ^-0,  Lix  et  notre  miauler. 
Catus  ou  cattus  se  rencontre  le  plus  tôt  vers  500  a. 
D.,  Sittl,  Archiv.  f.  lat.  Lex.  V  p.  133,  ensuite  chez 
Palladius,  {catos  et  var.  cattos)  et  kxttx  ^)  chez  l'historien 
Evagrius  d'Epiphanie  en  Célésyrie,  dont  l'histoire  finit 
par  l'année  594  a.  D..  Au  Vie  siècle,  le  mot  kxtto:, 
nxTTx,  était  donc  courant  en  Syrie,  v.  Ducange.  Il  est 
imprécis  s'il  signifie  chat,  Hehn  Kulturpflanzen  und  Haus- 
thiere  p.  457,  mais  dans  ce  sens  il  est  assuré  par  la 
biographie  de  Grégoire  le  Grand  du  Diacre  Jean  (env. 
600).  On  croit  que  cattus  est  d'origine  germanique,  Hehn, 
0.  1.  p.  457 ,  peut-être  aussi  slave,  Friedr.'  Kluge,  Et. 
W  B  p.  198.  En  tout  cas,  les  Arabes  ont  reçu  leur  is, 

dialect.  Là,  de  l'Europe  (Byzance),  où  cattus  se  trouve, 
plus  ou  moins  modifié,  un  peu  partout.  Lane  nous  apprend, 


•1)  ras^uw  II  w  15  s.  V., 


1138 

d'après  un  savant  arabe,  qu'il  figure  dans  les  Traditions, 
mais  c'est  là  une  erreur.  Par  contre,  il  se  trouve  chez 
el-Ahtal,  (+  92),  Sihaii  s.  v.,  L  A  IX  p.  258  et  dans  le 
^J^J^ii  ujU^  d'el-Leytî  contemporain  d'el-Halil  (-f  160—175). 

la  vient  de  catt-ns  ou  plutôt  de  kûtt-oç,  tandis  que  (j^jLa 
serait  tout  le  mot  avec  désinence,  cattus,  kkttoc^  et  fa- 
çonné par  les  Arabes  sur  la  forme  si  commune  pour  de 

petits  animaux  Jyù ')>  voyez  ici  p.  714  et  s..  La  forme 
qatu  est  le  syriaque  a^^s  et  rappelle  singulièrement  le 
slave  kotu  et  le  lithuanien  katé^  chat,  Kluge  o.  et  11.. 
^,  chat,  et  îT^,  chatte,  I  vSa'^d  VIII  p.  351,  n,  est  em- 
ployé en  Hdr  et  dans  la  lurah  aussi  pour  chat  domes- 
tique. Le  vieux  mot  classique  Q^^y^,  chat  mâle,  se  retrouve 
dans  le  Sud  sous  la  forme  q^'-^^).  D  H  Mùller,  Mehri 

u.  Soq.  Sprache  p.  73,  i7,  is,  a  taiwùn,  ma  critique 
M  S  p.  37,  et  A.  Jahn,  M  S  p.  175,  donne  pour  le  mehri 
daywu,  miauler.  Quoi  qu'il  en  soit,  l'assertion  deHehn 
0.  1.  p.  589,  que  tous  les  noms  asiatiques  de  l'animal, 
aussi  bien  dans  les  langues  sémitiques  qu'en  armen., 
osset.,  persan,  turc,  etc.,  proviennent  en  dernier  lieu  du 
grec  byzantin,  qui,  à  son  tour,  l'aurait  emprunté  du 
latin,  me  paraît  sujette  à  caution,  du  moins  pour  ce  qui 
concerne  N°  2. 

70,  7,  8:   hâsid  est  un  génie,   un  ^Jj>  qui  cherche 

à  faire  du  mal  aux  hommes,  Qor.  113,  5;  elAsma'iyyât 
éd.  Ahlwardt  N°  25,  v.  8,  I.  Sa'd  XI,  16,  i3. 

1)  J^    est  aussi  diminutif,  Fraenkei  F  W  p.  112:  j*-^^^  chatte. 

2)  Je  l'ai  entendu  à  el-Makalla. 


i 


29. 

Meysar  u  Heyd  Sùmur. 

C'est  du  nom  de  cette  localité  que  les  May  û sir  tirent 
leur  nom.  y*oyo  est  pour  ^^^o*^». 

71,  5;  mcVad  =  o!c  L,  le  ton  étant  ici  sur  U;  on  aurait 
aussi  pu  dire  ma'^âd;  comme  la^d,  voyez  les  Gloss. 
s.  V.  "li  et  L«. 

71,  8:  essai  =:Jwi^L  Cette  assimilation  progressive 
est  très  commune  dans  cet  élatif,  dans  le  Sud.  Elle  se 
trouve  également  ici  p.  133,  14.  Wâdi  er-Rakab  min 
assàlW.  Baraka,  W.  er-R.  commence  dans  le  bas  de 
W.  B.,  Dâhirite.  Avec  l'article  m,  cela  fait  même  mas- 
sai ou  m  a  s  s  à  1  =  JÀA-*:^!. 

71,  13,  14:  ras  el-heyd,  accus,  loci,  comme  69,  17, 
Js^^  U«Uj,  mais  72,  4,  5:  J^J-  j.  LlxJlL  Cf.  p.  80,  23. 
Un  raéaz  porte: 

p|i    ^ij'   Ujw'j    *J^1j>   ^S   ^yt       3cX-:>Î5    iJ.yii^îj    lA-^î^    ^y^' 

L'intérêt  est  le  même,  et  l'a/faire  est  commwie. 
Celui  qui  a  sa  demeure  en  haut  (de  la  montagne) 

[mange  les  pâturages  des  Alpes.  ^).  ^c^L^Ui^  l.wL  sub 

[N°  31;"v.  p.  1134,  g. 
Cette  construction,   au  lieu  de  ^3  ou  l_j,  est  très  cou- 
rante dans  le  Sud;   cUo  est  aussi  bonne  dans  la  lurab, 
I.  Sîdah  XIV  p.  77,  ii. 


1)  Voyez  p.  090. 


30. 

Em  "^Arm. 

-té^),  pi.  j.^!c,  j.îy:i  ou  j.!^,  désigne  en  général  à  pré- 
sent un  ^lijCJt  y.o ,  mur  des  Idolâtres,  une  digue  antique^ 
môme  une  ruine  antique.  En  Hdr  seulement,  le  sens  de 
digue  n'est  pas  employé;  on  y  dit  -ç^  ou  ^jy^)  parce 
qu'elle  tUî  tjy,  distribue  l'eau,  ic^^  y  est  aussi  bien  la 

bonde  que  le  bo?ido)i,  Hdr  p.  426,  soit  le  trou  et  le  iam- 
pon  qu'on  y  met  pour  boucher.   Cela  me  fut  confirmé 

1)  On  prononce  "^orra  et  "arm. 

2)  D'où  vient  le  nom  de  la  ville  actuelle  de  ^  jy»  Yâqût  IV 
p,  680,  appelée  Mot/C'a  dans  le  Périple,  éd.  Fabriciiis  p.  60,  le  MowÇa; 
hfifrépiov  de  Ptolcmée.  Je  doute  que  ce  soit  el-Mohâ'.  Cette  identifi- 
cation provient  de  Sprenger  A  G  A  §  §  05  et  298,  et,  d'après  lui, 
Manzoni  place  sur  sa  carte  Musa  un  peu  à  l'est  d'el-MoluV.  Sprenger 
l'a  de  Ritter  XII,  i  p.  739,  dans  sa  description  du  voyage  de  de  la 
Grélaudière,  ce  qui  paraît  concorder  avec  Géz.  p.  74,  ".  Cette  iden- 
tification est  acceptée  par  Glaser  Skizze  II  p.  138  et  Die  Abessinier 
p.  113.  Il  y  avait  ici,  et  il  y  a  encore  un  p  \»^  sur  la  mer,  plus 
au  Nord,  et  je  crois  que  c'est  là  l'ancienne  Mu/.a,  qui  était  un  port 
de  mer.  Elle  est  marquée  sur  la  nouvelle  carte  du  War  Office 
d'Angleterre,  1893,  à  quelques  heures  de  route  au  nord  d'el-Mobâ'. 
Manzoni  y  passa,  mais  il  n'en  parle  pas.  El-MohiV  fut  renommée  à 
cause  d'es-Sâçlilî,  le  père  du  café,  mais  nous  savons  par  le  Târîh 
Tarr  '^Adan  qu'elle  existait  déjà  comme  ville  au  IVe  siècle  de  la 
Hif^rah. 


1141 

de  visu,  lorsque  les  Hadramites  m'en  firent  la  démon- 
stration devant  des  barils  de  bière,  en  Bavière.  'iWJu  v3<l, 

bouche-le  avec  un  bondon,  mais  aussi  iUyt]!  ^i  iCoJit  ]az>, 
mets  le  bondon  dans  la  bonde  ^).  Le  'arm  de  notre  texte, 
dans  le  W.  Marrân,  est  appelé  ^lijdt  ^^  ou  \Is^\  ^"0. 
A  propos  de  cela,  un  Datînois  me  dit:  jJ^\  v.5j>  ^''S}\ 

^t(Ai]  ly^^.  ^  [yabôhom]  ,?^  L  ^^^^v,  le  Mur  des 
Idolâtres  qu'ils  ont  fait  contre  les  Prophètes  ^),  ne  voulant 
pas  que  ceux-ci  passent  de  leur  coté.  L'immense  digue 
découverte  par  Wrede,  Reise  p.  148  et  s.,  dans  le  ^ô\^ 

iCiJ,  W.  Libneh^),  et  qui  peut  bien  être  comparé  à 
celle  de  Mârib,  est  par  les  habitants  appelée  '\ù  j,^  ou 
ïclJ  v«j^o.  Dans  le  pays  des  Mourâd  et  de  Mârib,  on  ap- 
pelle la  levée  de  terre  qui  borde  les  champs  encore  j.^, 
mais  déjà  en  Harîb,  on  se  sert  du  mot  j.^>w.  Abu  "Obeyd, 
dans  son  El-Rarîb  el-Mosannaf  dit  aussi  :  L  (^^îÀ^tj  ^^l\ 


4)  Il    en    est   de   même   de   »;J   [berzeh   peut-ôtre   «jjJj    Hilr 

p.   252)   qui  signifie  pe<j7  Irou  et  tampon.  Si  le  bateau  a  une   iijjJ, 

voie  d^eau,  on  dit  ^'^-^    «iAav,  houcJic-lc  avec  iin  <rnH^50»,  ainsi  appelé 

parce  que  U-»^  ^Lli  ;-*j,  Vcaii  sort  par  là,  selon  mes  Hadramites. 
En  Dt,  on  ne  dit  pas   »;-j. 

2)  Expliqué  par   L*^'»  ànbiya. 

.3)  Je  corrige  Wrede,  dont  la  nomenclature  est  aussi  fantastique 
que  relie  do  Miles,  Maitzan,  Ilirsch  et  d'autres. 

A)  j^Xx^  est  encore  usité  en   I.Iarib  et  chez  les    Awâliq,  iia)uic  de 


1142 
décharge   pour   l'eau   dans   un   réservoir  (tank),  y-^^y    o"  dans  un 


o  ^ 


barrage,  V;'^-  ^^  ™*^*'  ®^*'  ^'^'^-i^n)  tar  il  se  trouve  Mal.  424,  ', 
465,  8,  D  H  Muller  E  D  A  p.  24,  2,  0  Weber  St.  S  A  A  K  II  p.  6  e^ 
7.  Je  fais  ici  observer  que  ^J*^'^  de  l'inscription  de  la  digue  de 
Mûrib,  Glaser  Dammbruch  p.  7,  1.  8,  p.  36  1.  'V121  et  que  Glaser 
traduit  par  DurcJilass  p.  13,  et  par  Abfluss  p.  51,  se  dit  en  Beyhân 

encore   ^-y^i-^^^,  pi.    ^^y^^Ui**  .  C'est  un  parapet  en  pierres,  au  point 

de  la  distribution  des  eaux  et  à  la  fin  du  principal  cana^d'iV>u'5fa<ion, 

iCçLv,    d'où   partent   les  rigoles,    rj^fj  sing.    o5/»  P^"^'  consolider 

la  levée  de  terre  qui  s'y  trouve.  Cette  espèce  de  digue  est  j^j»Ji^Xv/fl. 
Abu  Mahramah,  dans  son  Târîh  Tarr  ^Adan  p.  14,  dit  à  proposd'Aden: 

_:s;^_fcJi    &_£>   ^y,    w*/îii    i_5^*y    oiJ3>    ,>Ax>J!    JUL    ^^^ 


O 


^w.j^-x: 


^^!    ]jlh ^J^î  ^b    tUo    [5^^    Ûs tUJî    \XJ>    Jwc 

î^yi e\Ji  j^-  131,  Ûi ^^.^^î  J.  JJ^ôî  J-^ 

p'.jj-otj'   JvaÏ    q^    iL>   JJL:S^J!    (jjL  /i  ?/  avait  dans  la  partie 


haute  {=  Nord)  de  la  ville,  derrière  le  port  des  bateaux,  du  côté 
de  la  mer,  une  digue  solidement  construite  par  les  anciens  habi- 
tants pour  protéger  la  ville.  La  raison  en  était  que,  pendant  la 
mousson  d'Est,  les  vagues  deviennent  fortes,  et  si  alors  une  grande 

vague  arrive,   sa  violence  est  brisée  contre  cette  construction 

et  lorsqu'ils  voulurent  construire  le  palais  du  gouvernement  (nommé 
'âSixM*^]    .lj>),   ils  opinèrent  que  cette  digue  avait  été  construite  en 

pure   perte,    sans   aucune  nécessité, et  ils  en  arrachèrent  les 

pierres ce  qui  causa  des  dégâts  dans  la  ville et  voyant 

que  cela  se  répétait .  .  .  .  ,  ils  reconnurent  que  ces  dégâts  prove- 
naient de   leur  destruction   de  la  digue  (cf.  Hdr  p.  435,  5).  Je  me 

1)   Les    deux    mss  ont  cette  leçon.  Il  faut  peut-r'tre  lire    iLÀ.*a^, 
mais  je  ne  le  crois  pas. 


1143 

(^a^Jjî  i5y>  ^y,  ce  que  LA  a  reproduit  (avec  ^j)  sans 
nommer  sa  source.  Cette  persistance  d'emploi  justement 
dans  ce  pays  est  intéressante  à  constater,  comme  nous 
allons  le  voir.  La  (jézîrah  mentionne  un  ^j>ù)  ^  chez  les 

Hamdân.  En  Hdr,  ^^  est  1°  la  hutte  de  pierres  super- 
posées sur  laquelle  les  Bédouins  tirent  à  la  cible  =  Dt 
(j^33  ou  ^^,  ici  p.  197  note,  et  2°  .^^^  j^^J^-o  ^f  ^>^ 
bjy^,  pilastre  [carré]  construit  en  pierre  et  en  chaux.  Le 
premier  sens  est  presque  identique  à  celui  de  ^^],  vulg. 
^y,  K.  el-Fasîh  p.  29,  o,  LA  XIV  p.  280,  3,  [p.  281,  o: 

(jUil  _^  j,'^î  =  Hamâsah  p.  820,  7],  encore  usité  chez 
les  Bédouins  du  Nord,  pierre  debout  servant  de  p)oint  de 
repère^  Hamâsah  p.  614,  s  [pp.  578,  ii,  820,  5],  Gam- 
hârah  p.  101,  1  d'en  bas  =  ''Abîd  el-Abras  Hommel  A  A 
p.  60,  V.  39,  Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  11  p.  74,  Tab.  I  p.  1503, 
15,  et  au  pluriel  aussi  pierres  tombales. 

Le  pays  de  "^Urmah  est  situé  entre  Hdr  et  le  pays 
des  "Awâliq.  Il  produit  beaucoup  de  blé,  de  beurre  et  de 

sel,  selon  mes  Hadramites.  Cela  pourrait  être  le  m^  de 


rappelle  que  j'ai  lu  le  raéme  mot  dans  la  Gézîrah,  mais  je  ne  le 
retrouve  plus.  Mon  ms.  de  l'histoire  d'Aden  est  copié  sur  l'original 
de  l'auteur    et   voyelle  par  le  savant  Qâdi  d'Aden  Ahmed  el-Hitârî. 

o   - 

La  leçon    ioU^^*    est   donc  juste  et  plus  près  du  sabi'en    rj^^^w.    On 

dit  aussi  en  BeyViàn  J^^**^,  et  chez  les  "^Awâliq,  *-**Ji/9.  Observez 
,..mJUj  ^iU  dans  riklîl,  D  H  Millier  B  S  II  p.  85,  G,  et  ^U!!  ^U^ 
ibid.  p.  84,  note. 

1)  L  A   porte   «yA-',    mais   d'après  L  A  V  p.  359,  ",  c'est    iJjJO. 

A  présent,  on  dit   j3,    Hdr  Gloss.  s.  v.. 

76 


1144 

Gez.  p.  94,  14.  „I1  était  autrefois  sous  la  domination  de 
Belqîs,  de  môme  que  êibâm  et  tout  le  Hdr,  jusqu'à  Sêhût," 
me  dit  un  Ha^ramite. 

Il  y  a  des  digues  un  peu  partout  dans  le  Sud,  à  en 
juger  par  les  restes  qui  en  existent  encore.  La  langue 

classique  n'a  pas  j.!c  dans  le  sens  de  digue,  mais  el- 
Mas'ûdî  Pr.   d'or  III   p.   37/10,   p.   375,    2,   (aauharî  et 

d'autres  expliquent  ^^  par  le  singulier  alLwo,  digue^  tout 

en  disant  que  c'est  un  pluriel!  On  était  tellement  peu 
d'accord  sur  la  portée  de  ce  mot,  qu'on  le  paraphrasa 
par  digucy   torrent^  pluie  torrentielle  et  rat,  L  A  s.  v., 

Yâqût  III  p.  655.  Notre  ^^^  figure  comme  iLt,^  ou  'i,/^ 

dans  les  dictionnaires,  Kâmil  d'el-Mobarradp.  611  etnote. 
j.y:  peut  bien  provenir  de  j.^:,  comme  J^  de  j^,  éj^) 

de  ^i)^3,  etc..  Brockelm.  V  G  S  S  §  43  p.  108.  Par  l'inscrip- 
tion de  la  grande  digue  de  Mârib,  publiée  par  Glaser,  la 
forme  masculine  j.jt  est  assurée.  Nous  y  trouvons,  Damm- 
bruch  p.  7,  N°  554,  1.  6,  ^^  j.Ai  ^  ^^.£  _oA£  =  il  ^) 
répara"^)  la  digue  depuis  la  proximité  de  R.;  1.  24: 
^jy£.  J.IA-S  =  [•jJtJ!  j»LXi  ou  j.'lX5,  devant  la  digue  ;  1.  67  : 
j.^xiÎ5  v^^U.  Ces  exemples  suffisent  pour  prouver  que  la 
fameuse  digue  s'appelait  kxt'  i^ox^v  ^j^  ^j^.  Le  voyel- 

lement  est,  bien  entendu,  incertain.  Mais  comme  le  mot 
> 

^jd  existe  encore  dans  ces  parages,  et  que  les  construc- 


1)  Le  pluralis  majeslaiis^   si   commun   aujourd'hui,   IV'tait   aussi 

dans  l'ancien  temps.  ^"^  1^'t*>  Lj^'->  3^  [rr^]  '^^ ,  Boh. 
I  p.  119,  13.  Muzhir  I  p.  458,  15  et  ss.  où  un  exemple  du  Qorân 
est  citi'.  2)  Voyez  ici  p.  GGG. 


1145 

tions  analogues  s'appellent  encore  dans  le  Sud  ^y^,  on 
est  en  droit  de  supposer  que  les  Himyarites  ne  l'ont  pas 
prononcé  autrement.  Le  pluriel  ^\f^  se  rencontre  dans 
une  inscription  publiée  par  D  H  Mûller  Z  D  M  G  XXX 
p.  675,  N°  3,  1.  4.  Dans  le  Nord,  même  dans  le  Higâz, 
ce  mot  n'a  pas  dû  être  courant.  Il  appartient  aux  dia- 
lectes du  Sud.  Son  emploi  dans  le  Qorân  et  chez  les 
auteurs  arabes  le  montre.  Les  commentateurs  du  Qorân 
XXIV,    15  n'ont  pas  su  au  juste  ce  que  c'était  que  ce 

|,yL!!  J^x^^  bien   que  la  dernière  rupture  définitive  de  la 

digue  eût  lieu  peu  de  temps  avant  la  naissance  du  Pro- 
phète, peut-être  aussi  après  ').  Cela  prouve  que  les  Higa- 
zites  avaient  bien  peu  de  relations  avec  le  Yéman.  El- 
Hamdânî,  dans  son  Iklîl,  D  H  Mûller  BS  II  pp.  84  et 
86*),  applique  bien  le  mot  à  la  digue  de  Marib,  mais 
dans  le  chapitre  qu'il  consacre  à  la  description  des  digues 

du  Yéman,  ^^yt^\  o^o^  v^-^»  1®  niot  ne  se  rencontre  pas 
une  seule  fois'').  El-Ya^qoûbî  I  pp.  231,  4  d'en  bas,  234,3, 
l'appelle  j.jsJt  J^x^î,  pensant  sans  doute  que  le  dernier 

mot  est  un  adjectif  pJtJ!  =  ^XjJoiJî  .U!  ou  oLLj  "^5  t_cJJt  Jyy*Jt 


1)  La  destruction  dont  parlent  les  inscriptions  de  Mârib,  publiées 
par  Glaser,  n'est  pas  celle,  bien  entendu,  qui  aurait  motivé  l'émi- 
gration des  tribus.  Celle-ci  eut  lieu  sous  le  règne  de  'Amr  Mozay- 
qiyâ  b.  ''Âmir,  Pr,  d'Or  III  pp.  365.  378,  probablement  au  Ile  siè(;lo 
de  notre  ère,  et  non  comme  le  dit  D  Nielsen,  Studier  over  Oldara- 
biske  Indskrifter  p.  122. 

2)  Où  il  faut  lire  1.  3  et  note  3  (Bekri)  iwO.LxJ",  pierres  équar ries. 

3)  lX~»*.,  (ligue,  figure  dans  l'insci'iption  do  Libneli,  Hommel  A  A 
p.  107. 

4)  Comme    ^jC   signifie  aussi    rat   ou    taupe,   h  A   XV  p.  290,   ''^ 


1146 

L  A  XV  p.  290,  10,  12  ;  il  ne  connaissait  pas  même  bien 
le  texte  sacré.  Les  poètes  arabes  ne  mentionnent  pas 
|,ytll  Juy^,  seulement  l5->^  'xxJj  [contemporain  du  Pro- 
phète] dit,  Kâmil  Mubarrad  p.  611,  Mas'ûdi  Pr.  d'Or  III 
p.  373,  LA  XV  p.  290: 

Lo^î  xLav  ^y:>  ^^  (ij^y-o     3]  y^U»  ^^ytoLsUl  L^-^  ^^ 

ce  qui  n'est  pas  la  même  chose.  El-Mutawallî,  mon  ms., 
dit:  py*J!  J-ow  ^bù-  4i  ^  lX^Ls^  ^^^  f^-L>  ^(  ^î  ^^î^ 

iUJ(  L^  «^'  ^t  iiUaîî  xli-^lj  j,yiJî  Jiî.  Je  ne  trouve 
pas  ce  mot  dans  les  livres  sur  cette  langue  à  ma  portée. 
Cette  étymologie  est  encore  une  preuve  de  l'Ignorance 
où  l'on  était  concernant  la  provenance  du  mot  en  question. 
S.  de  Sacy,  Mém.  T  48,  p.  498,  d'après  Ritter  Erdkunde 
XII  p.  28,  a  déjà  relevé  cela,  mais  cet  ouvrage-là  n'est 
pas  à  ma  disposition. 

Le   verbe  j,^,  a,   est   1°  boucher  et  2°  ronger  un  os, 

(toujours   selon    le    dictionnaire!),    on    aura   inventé   l'histoire   de  la 

destruction  de  la  digue  par  un  rat.  On  connaissait  bien  le  V)^  '-^^**'> 
mais  son  synonyme  j»j£  leur  était  étranger.  Voilà  comment  un  petit 
mot  peut  devenir  le  point  de  départ  de  toute  une  légende.  Et  il  en 
est  de  même  partout.  Le  rat  était  probablement  alors  déjà  détesté 
comme  propagateur  de  maladies.  Le  surmulot  a  certainement  ap- 
porté la  »mort  noire"  en  Europe.  Quelque  chose  d'analogue  a  peut- 
être  eu  lieu  à  Mârib.  La  peste,  apportée  par  une  migration  de  sur- 
mulots, décima  les  hommes,  et  la  digue  fut  détruite  par  le  manque 
de  bras  pour  l'entretenir.  Sur  le  rat,  comme  animal  néfaste,  voyez 
le  petit  livre  récent  de  W.  Fischer  »Die  Geschichte  des  Teufels" 
et  I  Oestrup  OS  Festschrift  Nôldeke  II  p.  8G7.  Celui-ci  attribue  à 
tort  ce  rôle  au  yarbû'^,  qu'il  traduit  incorrectement  par  Fehbnaus, 
au  lieu  de  Sprim/maus,  Dipus.  11  est  impossible  do  préciser  quelle 
espèce  de  rat  apporta  la  peste,  car  tous  les  l'ats  peuvent  ûtre  pestiférés. 


1)  LA:    O^ 


4 


1147 

manger  le  peu  de  viande  et  de  moelle  qui  y  reste  encore. 
C'est  classique,   L  A  XV  p.   289,  ♦,  et  coïncide  avec  le 

class.  I.L  Les  significations  des  mots  de  ces  deux  raci- 
nes se  touchent  sur  beaucoup  de  points,  j^î  ij^Jjûj,,, 
les  chameaux  se  mordeyit  entre  eux,  Dt.  ^^^  n.  gen.  des  os  ; 

jCoy:,  im  os,   cf.   L  A   XV  p.    289   en  haut.  Cela  se  dit 

aussi  bien  dos  os  (Knochen)  de  l'homme  que  de  ceux 
des  animaux,  mais  il  se  rapporte,  au  fond,  aux  os  d'un 
corps  mort  et,  employé  pour  un  corps  vivant,  c'est  une 

comparaison  qui  comporte  une  idée  de  faiblesse.   j.tyw, 

ùez.   p.   75,  u,   est  en  Dt  le  tas  d'ossements,  même  de 

cadavres  de  bestiaux,  qu'on  jette  dans  une  o\ôd>,  fosse. 

A  xy:,  xy: ,  c^we,  des  dictionnaires,  correspond  l'hébr. 

f^^T}^.}  tas  de  remblais,  de  6/^  =  le  syriaque  aIdj^- Le  mot 
s'est  conservé  en  Syrie,  en  Haurân  et  chez  les  Bédouins, 
tas  de  blé  battu,   mais  non  vanné  :  m^  et  iwy:  =  io-o, 

Dozy  suppl.,  et  m'1,  pi.  j.!y,  Schumacher  Dschôlân  Z  D  P  V 
IX  p.  352,  tas  de  blé,  de  même  que  dans  l'Afrique  du 
Nord,  Delphin  Rec.  de  textes,  Traduct.  p.  124,  Beaussier, 
Fraenkel  F  W  p.  135.  Dans  les  deux  contrées  py,  amas- 
ser, entasser.  Cf.  le  class.  jy>yi,  (jamharah  p.  97,  s  d'en 
bas;  comme  nous  disons  un  tas  de. 

On  a  vu  que  j. y  et  ^J  offrent  plus  d'un  point  de  con- 
tact. Je  suis  bien  tenté  de  reproduire  ici  un  long  article 
que  j'ai   écrit  sur  le  Qor.  89,  ♦,  s:  eVj^  Jjù  ^JoS  y  Jè\ 

ji^!  o'i  *  I  o'ju^  où  le  Prophète  pense  assurément  à 


1148 

ol  [r;'  "^^  o''  voy^2  ici  p.  1143]  =  j.^,  ^^.  Ce  sont 
les  exégètes  qui  l'expliquent  par  Araméens,  et  j..]  se 
rencontre  souvent  avec  ce  sens  dans  les  anciennes  poé- 
sies: Hamàsah  pp.  174,  2  et  285,  s,  Mufaddalîyât  N°  23 
V.  9,  Zoheyr  Diw.  N°  17,  v.  24,  Iraroul-Qeys  N°  58,  v.  3, 
Labîd  Hâlidî,  N°  7,  v.  3  (p.  25),  N°  15,  v.  5,  (p.  86), 
N°  18  v.  81  (p.  135),  N°  34,  v.  4.  Mais  ce  n'est  pas 
ici  l'endroit  de  faire  des  hypothèses.  Loth  a  exposé,  Z  D  M  G 
XXXV  p.  626,  d'après  le  Ta f sir  de  Tabarî,  suivi  par 
el-Barawî,  tout  ce  que  les  Arabes  ont  imaginé  sur  l'in- 
terprétation de  ce  verset.  La  variété  des  explications  et 
la  bizarrerie  des  identifications  montrent  combien  les 
exégètes  étaient  peu  au  courant.  Les  légendaires  ^Âdites 
vivaient  dans  le  Sud  de  l'Arabie,  où  l'on  place  aussi 
oUxJÎ  cj'>3  ^J,  selon  l'auteur  de  j^,Ac   jù  ~^.Jj,  mon  ms. 

p.  2,  et  ôéz.  p.  80,  5  :  oUxJi  o'^  j. .!  w^,  j..|  s^U  ^jj  \^' 

est  (jéz.  p.  53,  13,  =  Yâqût  ITI  p.  622,  i3,  la  campagne 
hors  d'Aden.  Le  Prophète  avait  sa  sagesse  du  Yéman, 
ici  p.  335,  qui  était  anciennement  d'une  grande  pros- 
périté, Prairies  d'or  III  p.  365  et  ss.,  et  entendant  la 
juxtaposition  de  Iram  et  de  'Âd,  mais  ne  sachant  ce  que 
c'était  que   les  premiers,   il  aura  fait  ce  malencontreux 

accouplement  de  o'l*jl!î  o'3  ^  [  j>\ju.  Le  qualificatif  ob 

oU«j!  me  suggère  l'idée  que  ^.1  pourrait  bien  ici  ne  pas 
signifier  Araméens,  dans  l'esprit  du  Prophète,  bien  en- 
tendu. Il  aura  peut-être  pensé  à  Aden  où  se  trouve,  à 
deux  heures  de  marche,  le  grand  sanctuaire  oUxJî,  et  les 

"Adites  étaient,  selon  la  légende,  exposée  par  I  Ilisilm 
dans  son  Tâg  el-Mulûk,  le  peuple  de  l'Arabie  du  Sud. 


1149 

72,  5:  Ô  a  m  s  an.  C'est  le  nom  du  massif  montagneux 
de  la  presqu'île  d'Aden,  appelé  par  les  Sômâl  et  les  Euro- 
péens Chamcham,  et  dans  la  Gezîrah  pp,  67, 22/3,  98,  s: 

^lXc  Ie');  Abu  Mahramah  Hist.  d'Aden:  yt]î  J.>j>.  Le 
nom  est  intéressant  en  tant  qu'il  nous  rappelle  le  culte 
du  soleil,  car  ^Uv-*-ii  est  ;j*^-*_ciJî,  avec  l'article  sabéen. 
Cette  montagne  était  le  'Aja^ttajv/cu  xKpuTiîpiov,  promon- 
toire d'Ammon,  de  Ptolémée.  Sprenger,  AGA  §91, l'iden- 
tifie avec  le  (jebal  Ahsân,  de  l'autre  côté  de  la  baie 
d'Aden;  cf.  Glaser,  Skizze  II  p.  216.  Mais  le  Samsân 
est  le  plus  haut  et  se  dessine  bien  plus  distinctement 
au  milieu  de  la  mer,  lorsque,  de  celle-ci,  on  approche 
d'Aden.  Les  habitants  de  cette  côte  étaient  par  les  Ro- 
mains appelés  Ammonii,  Plinius  VI  §  32,  justement  à 
cause  de  la  montagne  d'Aden,  qui,  alors  déjà,  portait  ce 
nom,  Plinius  1. 1.  et  Fabricius,  Periplus  p.  141.  Je  ne 
comprends  pas  comment  Sprenger,  qui  a  dû  passer  plus 
d'une  fois  à  Aden,  a  pu  juxtaposer  le  prom.  Ammonii 
de  Ptolémée  et  ""Imrân.  Le  golfe  de  "^Imrân  se  trouve 
à  gauche  d'Aden^);  son  nom  est  d'une  tout  autre  pro- 
venance, mais  non  moins  intéressant. 


1)  _E  est,  dans  le  Sud,  montagne,  mais  c'est  à  présent  un  mot 
très  archaïque;  est-ce  le  kanan.  harr,  Zimmern  KAT  p.  052,  et 
l'hebr.   "in?  Sur  cette  montagne,  voyez  Description  géologique  de  lu 

presqu'île  d'Aden,  par  Vélain,  Méin.  de  l'Institut  de  France,  Acad. 
des  Sciences  1880,  tom.  II,  p.  51 — 92,  Scliweinfurth,  Erinnerungen 
von  einer  Fahrt  nach  Sokotra,  Westermann,  Monatsli.,  Févr.  1891 
p.  608,  Deflers,  Esquisse  de  Géographie  botanique.  Revue  d'Egypte 
1895,  p.  358. 

2)  C'est  à  IJûr  Imrûn  que  les  fusils  qui  viennent  en  contrebande 
de  Djibouti  sont  débarques  et  vendus.  Les  Anglais  ne  peuvent  pas 
empêcher  ce  trafic  lucratif. 


1150 
72,  5  :  s  i  d  d  a  =3  SjLii^  comme  !Â=>,  avec  chute  de  l'n  ; 
ma  La  langue  arabe,  p.  27  et  a.. 

72,  6:  m  ara  g  il.  iJb-j^  est  un  plateau,  plus  ou  moins 
grand,  sur  le  versant  d'une  montagne.  A  propos  de  cet 
endroit,    on    me   raconta:    hàllu    fîha   en-nu bùwah 

uàtër   el-heyl   makfinah   mù'âlam   fis-safûh  !^ 

(^sU^!  ^  JjL«  \jbCo  Joii  y;!^  3^1  L^.  Les  Prophètes 
y  ont  séjourné,  et  la  trace  des  chevaux  est  encore  marquée 
sur  le  rocher. 


1)  alÀo,    j)i.    (jràA3,    sîi'i  ou  sifî',  ou,  avec  un  son  vocalique  i)ros- 
thétique,   ùsfi,    es  fi,  qui  correspondent  aux    Iào,    ^j^^^-a    ou    ijA-*^ 

do  la  lu  rail,  est,  selon  les  Datînois  et  les  'Aulaqites,  un  endroit 
plal  et  lisse  dans  la  montagne,  où  ne  peuvent  arriver  que  les  singes 
et  quelquefois  les  chèvres.  Ce  n'est  pas  là  précisément  la  signification 

des  dictionnaires:  j^^^^A^ail  lAJuaJt  j^^\  LA  XIX  p.  197,  8  d'en 
bas.  C'est  presque  la  môme  chose  que  Là.o,  dai/o,  Arabica  V,  p.  211 
note  3.  c>yJ^\   LâxaJI    ^   j^^   -Ija's^!   (c*-*^   "-^.Z   ^-rV^  i  '^  y  « 

«  côté  un  bassin  appelé  el-Waqît,  creusa  dans  le  roc  noir,  Géz. 
p.  78,  20.  Le  texte  de  D II  Mùller  a  ov9j,  mais  un  thème  vi^i», 
n'existe  pas  en  arabe;  voyez  ma  note  Arabica  V  p.  70  sur  le  mot 
JaAÏj  ,    écorché   par   Miles,  Sprenger  et   Maltzan,  Reise  p.  228.    ^U! 

Ja^ljJli    (_5^-iM   jAaK    Lao   q-,    ioy>    J.    .  .  .    (jJLiJ',    l'autre  eau 

se  trouve. .  .  .  dans  une  fosse  ronde  dans  le  rocher  à  Vinstar  d'un 
puits  revêtu   intérieurement  de  dalles  de  marbre,   ibid.  p.    78,  ^^. 

Lr-*.2-'  J,  \J  Î^-Uij  Uà-*  l>^  ^  ..."^5,  parce  qu'oti  a  fait  pour 
chacune  de  ses  colonnes  une  excavation  dans  le  roc,  llamdânî  chez 
Dli  Muller  BS  II  p.  87/8.  El-'Aggâg  dit,  Ahlw.  Sammlungen  II 
p.  28  V.  52 — 54,  Arâgîz  el-"Arab  p.  88,  en  parlant  de  son  chameau  : 


1151 

O  J     5 

72,  7:  sarm.  jyj),  pi.  ^.^^0  et  p'yo,  ainsi  défini:  ^bCc 
j^L\iJî  |.!jJ!  ^J-,  jvJkA_s  s3o,  ^<?^  endroit  ancien  du  temps 
passé  ^).   Mais  aussi  par  ^ÛXJÎ  Lo,  de  même  que  J^.  La 

différence  entre  j.^  et  j.yo  est  que  le  premier  est  un 
miir,  parapet,  digue  antiques,  tandis  que  le  second  est 
une  rui7ie  antique  en  général.  Un  ^^  peut  donc  être 
un  jyi,  mais  un  p^  n'est  pas  toujours  un  ^.y^.  Une  ruine 
moderne,   une  maison  en  ruines  est  iùtjî>,  ijyî.  ou  *jy>, 

qui  s'appliquent  du  reste  aussi  à  une  ruine  antique.  En 
Hdr,  |.yo  est  j^  J,  ^_^l2iU  ^lXJ!  ^L«,  campement  des 

Bédouins,   isolé  dans  la  Montagne  (Egypte  iLS'U),  où  les 

CoMiwe  si  ses  yeux,  à  force  de  s'enfoncer  dans  leur  orbite, 
Après  la  faliyuc  et  la  sueur  des  plis  de  sa  peau. 
Etaient  deux  fosses^}  dans  les  deux  côtés  d'un  roc  excavé. 

_j.^AJix  [suai]  j,  uî^:^  ^Uiî  '^JuS  -\X^5  "^t  y^  L^  i),iln'u 
a  pas  de  château  qui  n'ait  à  côté  un  bassin  pour  Veau,  excave 
dans  le  roc  en  forme  de  réservoir^  Iklîl  VIII,  mon  ms.  sub  -LcIj  Sô. 
El-'Âggâ^,  Ahlwardt  Sammlungen  II  p.    a^  v.  19  ^  Mo^arrab  p.  Ia: 

LàxJ!  i^Ji^  .3  l5^^"  \S^^  )  jitsqii'à  ce  que  l'eau  arrivât  succes- 
sivement dans  les  citernes  du  rocher. 

i)  Jo  demandai  l'explication  de   i^.p-^,    la  réponse  l'ut:  im^oJ)    ^^ 
l^jiAJL!,   et  Ion  protendait  que   l5^^   et    (^J^Ai   sont  synonymes. 
2)  Sur  le  vrai  sens  de    LXr>J    voyez  lo  Gloss.  s.  v. 


1152 

Bédouins  sont*)  ^l^  c:jv«/^>    retirés  d  part.    A    Harîb 
>     —  —  — 

et  au  Nord  de  là,  j.yo,  est  la  totalité  de  la  tribu  =  i^cU^- 
(j^UJi-)  ô\y9  j.yo,  toutes  les  tribus  des  M.  réunies  au  même 
pâturage^),  iicol^!  j.yo,  la  totalité  de  la  subdivision  des 
Q.  des  Mourâd,  si  elle  se  trouve  ensemble  au  même  en- 
droit. Mais  en  ïïdr  ^yo  est  aussi  U7i  enclos  en  pierres 
à  hauteur  de  taille,  où  les  Bédouins  des  montagnes  par- 
quent le  jeune  bétail,  habitant  eux-mêmes  dans  des  J^»)f, 

ïïdr  Gl.  s.  V..  Cesarm  estlesîrahduNord  V.  Gloss.  s.  V.. 
Ayant  L  A  devant  moi,  j'ai  passé  en  revue  tout  l'article 
de  ce  dictionnaire  avec  mon  nombreux  auditoire,  réuni 
de  tous  les  côtés  de  l'Arabie  du  Sud*),  et  j'ai  pu  con- 
stater que  1°  la  plupart  des  significations  de  L  A  sont 
encore  courantes,   surtout  chez  les  Bédouins.  j^\  j.J^, 

1)  =  p^. 

2)  LA  XV  p.  231,  5,  porte:  ^    iotIaii>LL!    iot.«,X;^i!   oLo"^'    ^y^' 

3)  Voyez  note  2.  ibid.  1.  10:   i^^^l^   ^Lj    O^j^    i^cU^    p^' 

iLc   ^  =  Nihâyah  II  p.  2G1,  8. 

4)  Je  ne  finirais  jamais  mon  ouvrage,  si  je  voulais,  comme  je 
devrais  le  faire,  donner  un  tableau  photographique,  pour  ainsi  dire, 
de  mes  conversations  philologiques  avec  les  indigènes.  C'est  ainsi  que 
j'ai  appris  les  dialectes.  C'est  ainsi  que  j'ai  reconnu  l'énorme  impor- 
tance des  parlers  bi'-douins,  pour  lesquels  quelques  tiiéologiens  ont  un 
souverain  mépris.  Les  arabisants  sérieux  ne  veulent  nullement,  par 
ces  études,  remonter  à  la  »semitische  Ursprache",  Z  D  M  G  59,  p.  428 
en  haut,  mais  ils  seraient  bien  payés  de  leurs  peines,  si  les  autres 
sémitisants  voulaient  s'occuper  des  résultats  auxquels  nous  sommes 
arrivés  en  approfondissant  la  langue  arabe  et  ses  dialectes. 


1153 

passer  le  fleuve  à  gué,  Hdr  =  ^\  jfLi  du  Nord,  sj^^j  j.^, 
lui  couper  la  tête.  2°  que  ^yo,  dans  les  significations  qui 
se  ramènent  à  l'idée  primordiale  de  couper,  retrancher, 
Nihâyah  II  p.  260,  5  d'en  bas,  n'est  qu'une  variation 
phonétique  de  ^y^,  avec  permutation  des  labiales.  Quel- 
ques-uns disaient  ^*>y^-^  •^W-^^j  <^'^^i  ^^  téméraire,  mi 
étourdi^),  d'autres  v^/^-  ^^^  ^^^  prétendaient  qu'il  fal- 
lait dire  pljiLJ!  <-j^y^,  la  récolte   (coupure)  de  la  dur  a  h; 

les  autres,  que  a.LJJI  ^t^o  était  seul  usité  chez  eux;  v. 
ici  p.  641  et  ss..  Voyez  Ôams  el-'Ulûm  chez  DHMùller, 
Z  D  M  G  XXX  p.  705,  et  la  même  permutation  de  ces 
verbes  chez  Hartmann  LLW  p.  155,  13  et  s.  d'en  bas; 
^y^\  j.L:l  K  Ar.  X  p.  50,  Gréz.  p.  199.  3°  que  ce  verbe 
comporte,  en  outre,  des  significations  qui  ne  figurent 
pas  dans  nos  dictionnaires  et  que  je  ne  saurais  ramener 
au  sens  primitif  de  couper.  Dans  le  pays  entre  Hdr  et 
le  Yéman,  ^y<i  veut  dire: 

a.  réparer,  mettre  en  état,  ^^^-oyo  ^o^t  ^y,  yvliJi  ojj> 

^_y^l\  vJl^  «.Lijî,  fat  raclé  la  boue  du  champ  [den  Schlamm 
weggekratzt]  (et)  j'ai  réparé  la  coupure  de  la  levée  de 
terre.  xX:s^Lo  ^^^j  j^F^'  J^jr^^  o-*yo,  j'ai  réparé  l'en- 
clos ébréché,  c'est-à-dire,  je  l'ai  mis  eti  bon  état. 

h.  frapper.  j^\^\i  ^^yo,  je  lui  ai  lancé  une  pierre,  ou 
L^L,  je  l'ai  frappé  avec  le  bâton  zzz  ^Ua  ou  i^*^.  jy^J', 

tomber  sur  qqn  --^  siy  \/*^  i^e^)  venir  sur  lui  à  l'im- 
proviste. 

1)  Ce  serait  un  huytunc  courageux,  selon  les  (Uctionnaires. 


1154 

c.  lier  fortement^  serrer  '),  soit  un  objet,  soit  le  museau 
d'une  bute  avec  la  corde  du  licou,  qui,  dans  le  pays  des 
'Awâliq,  porte  le  nom  de  ïOcS^o  =  Dt  ^^,  Hrb  ^^^,  Hdr 
.'À£,  pour   .'J^,  ou  'ijJ'^.  M^y^  est  la  ligature  qu'on  fait 

avec  une  ficelle,  ic^',  à  laquelle  est  attaché  un  petit  bâillon 
en  bois  pour  empocher  le  petit  de  têter.  L  A  appelle  ce 
bâillon  ^.y^,  mais  je  crois  que  c'est  là  un  infinitif  ou 
un  adjectif. 

72,  10:  y  i  s'a  m.  j»jtv.,  marcher,  homme  et  bête,  vite 
ou  lentement,  =  ^p>j>  G  0.  Est-ce  un  développement  de 

^yu^  ?   La  définition   de  Gauharî  Jj^l  y^  ^J^  v/^»  ^^  de 

L  A,  -JJ!  'êJ^^,  n'est  pas  exacte  pour  ce  qui  concerne 
les  pays  entre  Hdr  et  Beyhân.  En  Hdr,  on  ne  connaît 
pas   ce   verbe.   Abu   ''Obeyd,    el-Rarîb   el-Mosannaf,  dit: 

j«jt.wa  j^  -^>^Jt  1**^')  sans  ajouter  autre  chose,  ce  que 
L  A  répète  avec  cette  addition  :  y^l^  xc:y^  j^  yytJ!  u,aj>L£) 

j^xjw  «.4^3  Lf^K  ^j^'  y^'  '^.y^  ^y^  '^^3)-  Dans  le  pays 

de  Harîb,  *jijw  est  trotter  (chameau)  et  couler  avec  ra- 
pidité (torrent). 

72,  11:   surhùq.   o^r*«,  citerne,   pi.  ^jijJ>\y^,  est  un 

mot  emprunté  d'Aden,  où  l'on  appelle  les  tatiks  -«^^ 
pi.  ,^L«2).   11   me  paraît  venir  de  -.3»^,  chaux  vive, 


1)  C'est  un  développement  do   y^,    serrer,  l.Idr  Gl.  s.  v.,  cf.   .;. 

2)  I.  el-Mo^âwir  les  appelle  ,io^gx5,  «^.Lgxa  et  il  dit  qu'ils  furent 
construits  du  temps  du  sultan  Sâh  b.  IJamsîd.  La  6ézîrah  et  Târih 
Tarr   'Adan    n'en  parlent  pas.  Ils  étaient  alors  en  ruines,  connue  ils 


1155 

ou  03^Uî,  plâtre,  qui  remontent  au  persan  ^.b*  ou  ^  Lw, 
Fraenkel  F  W  p.  7,  Vollers  Z  D  M  G  51  p.  644/5,  Mo'ar- 
rab  p.  97,  et  d'où  l'on  pourrait  aussi  faire  dériver  .^njX^, 
citerne,  Vollers  o.  1.  p.  645,  malgré  le  doute  de  Fraenkel 
0. 1.  p.  287.  En  Hdr,  on  dit  aussi  -^^ ,  Hirscli,  Reisen 
p.  221  et  note.  Le  vrai  Bédouin  ne  connaît  pas  ces 
mots-là:  il  dit:  v^Jï,  j.^,   J^Ct>  ou  xiL, 

3     0    1 

72,  12:  ""ôzrah  =  ^^yi,  sa  profondeur.  Jahn  M  S,  p.  185, 
donne  r  â  z  e  r,  Ahgrund  des  Meeres,  tiefes  Meer,  mais  cela 
ne  se  dit  pas  seulement  de  la  mer,  .j^c,  profond,  comme 

aussi  en  mehri  o.  et  1. 1..  >scLo  .;£  de  la  profondeur  de  la 
Mer  des  Indes,  Mas'oûdî,  Prairies  d'or  I,  p.  332,  s.  y^l 
^,jjù],  la  mer  profonde,  est  une  locution  que  je  trouve 
souvent  dans  mes  poésies  du  Sud. 


l'étaient  aussi  dans  la  suite,  jusqu'à  leur  réfection  par  les  Anglais. 
Mais  ils  existaient  déjà  du  temps  des  Sabéens,  car  une  inscription 
en  parle,  Derenbourg  Nouv.  Et.  N°  8,  Glaser  SuwiV  und  el  'Uzzû 
p.  19  et  s. 


31. 

Qatb  îd  es-sûriq. 

Dans  tout  le  Sud,  ce  verbe  est  couper,  Hdr  Gloss. 
s.  V.,  zzz  tnjj.  Sâleh  em-Mûsa,  'âqil  des  I.Iumeyqân,  dit, 
dans  une  qasîdah,  en  réponse  à  celle  du  sultan  ''Awad 
b.  ^Abdallah  des  'Awâliq  Supérieurs: 

..— _jiAj  L«.>  ^iLot  v_jLot  sAJLe  ^_5l3 


^     o 


■  •— j_*_q.  ,1    ^LuJl    (j^L    ,JL*Jî    o!c 


_  > 


1)  Le  sultan  avait  fini  ainsi  sa  qasîdah: 

i>=>-*^  ijr^y  cr-^3  ï^*^  L^  ^ 

SaZwc  Na'-wah  et  B.  Mûsâ  h.  '^Awad  et  dit-lui: 
'^Awnd   (le  sultan)  va  moudre  le  monde  d'une  belle  façon. 
1 

2)  Var.    v^-^J',    r emporter  en  cachelle. 


1157 

El-Homeyqânî  dit,  le  chef  de  la  tribu, 
Qui  a  les  dents  de  la  guerre  lorsqu'elles  se  montrent:  *) 
Tu  ne  mouds  pas  le  monde  et  tu  n'es  pas  son  homme: 
Les  bœufs  se  relâchent  aussi  au  bout  des  sillons 
Nous  ne ... .  pas  qui  est  sur  la  nacaire  de  Hoseyn 
Nous  allons  couper  le  Wâdi,  quand  même  il  aurait 

[deux  déversoirs. 
Ahmed  b.  ^Alî  ed-Diyêbî  el-Hamyarî  chante: 


-  ,  O   - 


__^.    _bLc   L05    vJ5^LJ!    «.JljtJ   L      iOJs-^!   OjjlciJî   dV-o"Lu   iç-*^ 

Mon  œil  est  dans  ces  contrées  de  l'est  (ma  patrie), 
Tant  que  l'éclair  luit  et  la  pluie  s'agite. 
Et  quand  mJme  07i  dirait:  ^^sa  porte  est  fermée,'' 
La  guerre,  qui  coupe  les  cordes,  reviendra  encore. 
Dans  ma  La  Langue  arabe,  p.  65,  je  dis:  „w^^  ^st 
dans  le  Sud,  et  classiquement,  couper,  mais  dans  le  Nord, 
réunir,  coudre  e?isemble"  ;  cf.  ici  Gloss.  s.  v..  A  cela,  Nôl- 
dcke,  dans  sa  critique  de  cet  ouvrage,  Z  D  M  G  59,  p.  419, 
fit  cette  observation:    „I1  n'est  pas  très  sûr  que  v^> 
dans  l'arabe  classique,  veuille  véritablement  dire  couper. 
C'est  là  peut-être  une  fausse  déduction  de  ^j^^  >_;LIis"') 

ou  de  iAJi  =  LxLï,  tandis  que  d'autres  ramènent  le  der- 
nier mot,  et  avec  raison,  au  sens  usuel  de  j^.  Le  sens 
fondamental  est,  selon  toute  probabilité,  resserrer,  zu- 
sammenziehen.  A  cette  catégorie  pourrait  aussi  appar- 
tenir |»^L'î  ^j^  jCxIaiij!  ioLLfii!,  comme  un  morceau  qui  tombe 


4)  Pour  mieux  cornprendro  la  phrase,  voyez  \h\v  Gloss.  s.  v.   !iAj. 
2)  Gauhaiî  fait  d/yù  cette  juxtaposition,  Lbg. 


1158 

en  resserrant,  als  Abfallstùck  beim  Zusammenkneifen. 
L'idée  de  „morceau,  déchet"  est  déjà  dans  la  forme  gram- 
maticale &JL«  et  n'a  pas  besoin  d'être  particulière  à  la 
racine."  SiMh  et  LA,  II  p.  175,  3  et  ir,,  enregistrent 
(_>Jaï  :=  jiis,  sans  exemple  à  l'appui,  cela  est  vrai ,  et 
je  n'en  ai  pas  non  plus.  Il  se  trouve  cependant  dans  les 
dictionnaires  classiques.  Faut-il  donc  admettre  que  Gau- 
harî,  qui  avait  fréquenté  les  Bédouins  puristes  du  désert') 
ait  entendu  «--J25  =  ^  chez    eux    et   qu'il  l'enregistre 

dans  son  _LâP  parce  qu'il  dit,  Préface  p.  2  :  ^sJ^sj^  ^  L» 
wiil!  »j^  ^y,?  Or,  dans  le  Nord,  i»,Jis  n'a  pas  ce  sens, 
et  si  le  Qâmoûs  seul  l'avait,  on  pourrait  supposer  que 
Feyroûzabâdî  l'eût  entendu  dans  le  Yéman.  L'éthiop.  et 
l'amhar.  ont  «l'VniO,  perforer^  formé  par  dissimilation 
de  *|»nin,  Brockelmann  V  G  S  S  §  90  c;  il  ne  s'identife  pas 
directement,  comme  le  veut  Nôldeke  ZDMG  59,  p.  419 
note,  avec  v^-^j  ^'^^  pourtant  n'est  qu'une  variation 
phonétique  de  ^_aLiï.  Du  reste  «-Jaï  n'est  qu'un  dévelop- 
pement de  iij,  comme  oïLïrrassyr.  qatâpu  et  comme 
sa  variation  consonantique  i-^^iaï  l'est  de  ijsié,  les  deux, 

Jajs  et  (jLiï,  couper *)j  usités  dans  le  Sud;  je  dirais  même 

comme  JaJi,  2)ip,  y^  liip,  ^Js,  fendre  Dt,  ^.Ju^,  ^)ip 


1)  Ce   que  Noldeke  nie,  0. 1.  p.  414,  quoique  Ôauharî  dise  dans  sa 

Préface:  L^   ^J/^\Ji^^*)   iuKo   L^LëJ'!}    iuL^   v3'/^^   lgi**aj^    lXxj 
&JOLJL.   ^.Lo    ^5    i^jl*J'    V  î*^'.    Cela  est  bien  clair. 

2)  Dans  le  sens  de  la  longueur.    (jiJaï!,    se  crevasser,  se  fendiller, 
Dt.    *-Jr^'    viiA^iaLil,  Voulre  s'est  déchirée,  est  crevée  =  u>aJ1c!. 


1159 

briser  Dt,  I.  Sa'd  IV  i  p.  32,  i3,  et  J.^^,  coîiper,  Wellh. 

Hod.   N°  252   V.   13.  Dans  le  Nord,  ^..^  Gst  zusammeii- 

nàhen,  S:uà>,  Soc.  Diw.  III  Gloss.  p.  303  s.  v.,  Meissner 
MSOS  VI,  II  p.  104  N°  26  v.  1  et  2  et  p.  105  note 
11  et  12,  ici  Gloss.  s.  v..  C'est  donc  tout  le  contraire  du 
sens  sudarabique.  J'ai  de  la  peine  à  croire  que  la  racine 
iaï  ait  pu  produire  deux  courants  sémasiologiques  dia- 
métralement opposés.  Il  faut  donc  y  voir  deux  racines 
différentes.  Noldeke  dit,  o.  1.  p.  419  note,  qu'on  doit  sé- 
parer v*-^^)  ^6  v^»  quoique  les  sens  dérivés  des  deux 
verbes  se  touchent.  Je  n'en  suis  pas  très  persuadé,  mais 
je  ne  m'explique  pas  bien  où  se  trouve  le  point  de  départ 
pour  i»,*i2s  =  *^.  La  réflexion  que  Noldeke  fait  à  propos 

de  la  forme  '!6^^  est  étrange,  car  il  faut  bien,  pour  qu'une 

racine  puisse  donner  un  substantif  jdL«,  qu'elle  renferme 

un  sens  qui  comporte  une  telle  forme.  iùLLï  n'est  pas 
*j<OJ!  ^y,  iuLï  uniquement  parce  qu'il  est  sur  le  paradigme 

ic^L*s,  mais  parce  que  le  verbe  v-I^ï»  couper,  se  prête  à 


1)  Ce  que  Noldeke  y  dit  de  ^-r*^i  DPD  et  de  l'algérien  *_j^x^, 
poche,  avait  déjà  été  avancé  par  moi-môme  Hdr  Gloss.  s.  v.  et  La 
Langue  arabe  p.  05,  note  5.  Je  fais  observer  que  le  mehri  a  ketôb 
=  v^)   D  H  Muller  M  S  S  p.  71 ,  '»,  et  la  coïncidence  du  classique 

V*^)  coudre  (une  outre,  Ildr  p.  250)  et  le  nordarabique  v^j 
coudre,  ne  peut  guère  rtre  fortuite.  Si  v-^>  SHD,  écrire,  vient  de 
l'opération  déjà  proposée  par  moi,  Hdr  p.  251 ,  et  que  Noldeke,  Z  D  M  G 
59  p.  419  note  1,  semble  admettre,  sans  connaître  mon  hypothèse, 
ou  de  v*^  =  ^-•^)    coudre  ensemble,   cela  est  encore  sub  judicc. 

Il  y  a  donc  on  ^-.^iaï  deux  courants  différents,  mais  dont  le  déve- 
loppement idéal  nous  échappe. 

77 


1160 

une  telle  forme,  donnant  au  substantif  qui  en  dérive 
un  sens  déterminé.  Avec  le  même  droit,  on  pourrait  dire 
que  la  désinence  ure  en  français,  dans  coupure,  balayure, 
ordure,  etc.,  est  tout-à-fait  indépendante  des  verbes  cou- 
per, balayer.  Mais  ce  sont  justement  de  tels  verbes  qui 
comportent  une  telle  désinence  à  sens  déterminé,  et  cette 
désinence  sert  ensuite  pour  des  mots  qui  rentrent  dans 
la  même  catégorie  d'idées.  La  langue  arabe  a  une  vie 
merveilleuse:  elle  est  toute  paradigmatique,  et  ces  para- 
digmes indiquent  à  peu  près  la  signification  du  mot  ainsi 
modelé.  Mais  encore  faut-il  que  le  paradigme  aille  avec 
l'idée  cachée  dans  le  thème.  De  ip^  on  ne  saurait  dire 

iOtoJjXi  pouvant   signifier  selle  du  malade  ou  quelque  chose 

d'analogue,  mais  ïôLIaï  est  possible  parce  que  --Jas>  ^^^^' 

per,  ne  s'y  oppose  pas.  KaLî,  pi.  ^-^,  est  en  Dt  un 
7norcemi  d'une  chose  pouvant  être  déchirée,  p.  e.  de  viande, 
de  peau,  d'étoffe  ^).  wà^,  morceau  de  papier,  (j^ai,  petit 
morceau  de  qqc  de  dur,   ÎT(Jr  Gl.  s.  v.;  cf.  Tab.  Gloss. 

s.  V.   ij:^. 

Le  q  a  d  a  b  0  de  la  1.  5  n'est  pas  î^^^,  car  cette  varia- 


1)  iLaJLi;   ou    isiftiui,  pi.  \JiSÙ^,   \J)ÂX^   ou   oiilii  [les  voyelles  ne 

sont  pas  aussi  absolues  que  dans  le  paradigme  classique],  morceau 
d'une  chose  pouvant  être  cassée  ou  fendue,  p^  e.  de  bois,  de  verre, 
de  poterie,  etc.,  en  Dt,  de  o^Axi,  casser,  fendre,  ici  p.  3G0.  On 
sait  qu'en  Syrie,  iCÀJlii  est  morceau  de  n'importe  quoi,  tandis  qu'en 
Algérie,   c'est  morceau  de  poterie  cassée,  comme  aussi  dans  le  Sud 

de  l'Arabie.  De  môrae  ^ yi-  usité  en  Hdr,  morceau  en  général,  (aussi 
crevasse,  fente  :='Dt  — yi. 


1161 

tion  classique  n'est  pas  usitée  dans  le  Sud,  mais  c'est 
l^xCaï,  où  le  -b  est  prononcé  comme  un  d  emphatique, 
ce  qui  correspond  à  la  prononciation  de  ij^  chez  les  Ha- 
dar  de  Syrie  et  de  l'Egypte,  où  la  superdentalité  de 
cette  lettre  a  disparu.  Ne  connaissant  pas  cette  pronon- 
ciation du  Jb  dans  le  Sud,  D  H  Mûller,  Mehri  und  Soqotri- 
Sprache,  écrit  p.  71,  lo:  qadab  sob'^oh  =  mehri ketôb 
(qedôb)  sab^h  et  soq.  gîsil  (cf.  JJJj  et  J.A^=éth. 
•fcîLA  Billm.  Lex.  p.  472),  et  p.  85,  lo:  qadob  lisâ- 
nuh  =  mehri  qoss  lsîneh  =  soq.  gîsol  lishen.  Il 
transcrit  {ja  par  d,  et  l'on  croit  par  conséquent  avoir 
affaire  à  v^.*i2ï,  tandis  que  c'est  qadab.  Cette  erreur 
de  mon  confrère  de  Vienne  a  déjà  été  relevée  par  moi 
dans  ma  critique  de  son  ouvrage  p.  37. 

Le  texte  de  Hdr  porte  gassow,  mais  ^^  est  tout 
aussi  courant  en  Hdr  qu'en  Dt. 

37,  7:   yimutt.  iw,  djL,  64,  \o  et  JÎ^'  74,  N°  32 

sont  déjà  dans  la  lurah.  En  Egypte,  (_^Ii^*  devient  ^L^, 

s'étendre,  comme  au  Maroc  Lôp"  devint  %^_y,  Socin  Zum 
arab.  Dialekt  von  M.  p.  174,  i,  et  note  24;  voyez  Ara- 
bica III  p.  80,  Hcjr  Gl.  et  ici  Gloss.  s.  v..  Les  thèmes 
j^JCfl,  ^jcx,  l\^,  ij^iyi,  (  c*^^5  -^)  S^i  Qt  Lijw  '),  Well.  Hod. 
N°  196.  V.  5  et  Scholien  ZDMG  39  p.  444,  6,  ne  sont 
que  des  variations  phonétiques. 


1)  ^c^  fiiissi  en  safûtiqne:  c:/-*-^  ^J^^  i  c^Jj  ^^  '^  f'^  ""^ 
incursion,  et  Allah  lui  fit  faire  du  butin  =\:^/>4^ .  On  comparera 
le  nordbédouin  3jiit  >A/o,  foire  une  razzia,  et  la  »-f^^  qu'on  monte 
alors.  La  traduction  de  Diissaud  est  ici  peu  exacte. 


1162 

73,  9:  min  Ijûh,  propr.  de  son  frère.  Pour  établir 
une  comparaison  entre  deux  choses  pareilles,  on  appelle 
dans  tout  le  monde  arabe  l'une  frère  ou  sœur  de  l'autre. 
A  propos  de  cela,  on  sait  qu'il  y  a  à  l'Alhambra  la  salle 
des  deux  sœurs,  el  patio  de  las  dos  hermatias,  et  on  vous 
raconte  une  jolie  histoire  sur  les  deux  sœurs.  A  mon 
entrée  dans  cette  salle,  je  fus  régalé  de  la  môme  histoire, 
mais  un  regard  sur  le  pavé  de  la  salle  m'expliqua  tout 
de  suite  l'origine  de  ce  drame.  Le  pavé  est  composé  de 
deux  grandes  dalles  pareilles,  l'une  est  la  sœur  de  l'autre. 
Naturellement,  les  Arabes  auront  appelé  cette  salle  'xc^ 

{j^'i'i,  des  deux  sœurs  =:  des  deux  dalles  pareilles.  Per- 
sonne ne  s'en  doute  aujourd'hui  ').  Les  orientahstes  d'Es- 
pagne n'ont  pas  même  vu  qu'il  y  a  dans  l'Alcazar  de 
Séville  des  azulejos  à  inscriptions  qui  ont  été  placées 
renversées  dans  le  bandeau  à  inscriptions  qui  court  le 
long  du  mur! 

73,  13:   kurmûh.   -5»/  est  aussi   le  dessus  de  la 

y  y 

main  x  ^^^[;  en  Dt.  Les  formes  J^Lsti  et  'êJ^Jutl,  le 
pendant  de  Jyti,  et  de  i<i>«,  indiquent,  entre  autres 
choses  *),  le  diminutif  ou  une  petite  muasse  grosse  :  ^y^/, 

1)  Il  en  est  de  môme  du  iialio  délia  barca,  qui  n'a  pas  son  nom 
de  sa  forme  ovoïde,  ou  en  forme  de  barque,  comme  disent  les  guides, 

mais  de  l'inscription  ioj,  bénédiction^  qu'on  y  lit  plusieurs  fois 
répétée. 

2)  Le  paradigme  est  peu  réussi,  car  on  ne  doit  pas  par  là  com- 
prendre que  le  J  soit  répété,  comme  Barth  NB  p.  211  note.  Il 
s'agit   ici  de  quadrilittères.  Presque  tous  les  mots  qui  se  rapportent 

à  la  gorge  (poitrine,  nuque)  sont  sur  JJjw  ou  J^JÙ.  (^jJtb,  œsophage 


1163 

extrémité  inférieure  de  cubitus-,  J^^ioti,  Dt,  gros  caca, 
Wurst  —  (jo^JL*ï,  Stumme  T  Gr.   p.  64,  5  p.  88,  18,  avec 

un  c  intercalé;  b-^yt-^a,  houle  de  fiente;  iJ^_;-£o,  kJ^jl^, 
houlette,  ici  p.  794.  Cette  formation  se  rencontre  aussi 
dans  la  lurah,  à  côté  de  iciyè  ;  exemples  chez  Brockelmann 
VGSS§172').  j*,f^,  poétereau,  en  est  l'exemple  typique, 


Bolj.  I  p.  31,  7  d'en  bas;  p>Jy^>,  gosier,  Hdr  p.  384;  .y^U:>,  ^i-ac/ic'e 

ar^trc,    ibid. ,    Diw.    '^Aggâg   p.    08    v.   60;    ^^jfp'i    jwitrinc,  l.  Qoi. 

p.  264,  9  ;  ^ii'^jj  >  ,70>*î7e,  Meissner  N  A  G  1  Gloss.  s.  v.  ;  iwj'-^;  Dul- 
nian    P  D    p.    293,    7    (où  il   faut  lire  gurbâne    zerdûmatik); 

a.JJÀc,   nuque,  Haurân  =  Syr.  3  r-«-J  ;    iC«^_>-_ï,    gorge,  Afrique  du 

Nord,  Stumme  MOT  p.  256  §  102,  RM  TA  p.  469,  où  Marçais 
lui  donne  une  étymologie  berbère,  ce  qui  rend  ce  mot  encore  plus 
intéressant.  Il  en  est  de  même  des  mots  qui  se  rapportent  aux  pu- 

denda,  à  côté  de  &i«,  Hdr  p.  486  :  jy^h  clitoris,  pour  .o;  de  jJ;  •, 
JyOjC,  gros  pénis,  tj^jh±j,  clitoris  R  M  T  A  p.  453  ;  j^iiAÀi  et  is-^AÀs, 

3  O^ 

clitoris,  ibid.  p.  465,  Beaussier  s.  v.;  ^v^,  vulva,  Stumme  T  Gr. 
Gloss.    p.    176;    {^-llDj,   pénis,   Ges.-Buhl   s.  v.,  Levy  N  H  W  B  .s.  v.  ; 

probablement  un  ancien  dira,  de  y;  ou  1D],  avec  permutation  des 
labiales,  comme  ij^,    ij"^   et  y>Dp;  "113^,  nomtn7.  Les  paradigmes 

arabes  constitueraient  une  jolie  étude  pour  un  jeune  arabisant.  Il 
faudrait  y  englober  la  lurah  et  les  dialectes,  quelque  chose  d'ana- 
logue à  ce  qu'a  fait  Weissenbach  pour  le  paradigme  iWcIi  dans  la 
langue  classique,  seulement,  avec  plus  d'ordre  et  sous  des  rubriques. 
1)  L'auteur  y  dit:  »Auf  demseiben  Biidungsprinzip  berulit  auch 
hadr.  skâwak,  klcine  Schlâuche,  neben  skcâw  (Landberg  255  n.  1)." 

Or,  au  passage  cité,  je  dis:  »3y^,  pi.  skâw",  et  dans  la  note: 
»pl.  skâwak,  les  petites  outres'',  pour  montrer  la  forme  plurielle 
en   annexion.   Brockelmann,    lisant    vite   ou  ayant,  après  couj),  mal 


1164 

el-FaWc\kî  cl'el-Abyarî  I  p.  110.  Je  suppose  que  r-y»/' 
est  une  amplification  en  r  de  „^,  mais  je  ne  saurais 
le  certifier.  Tout  ce  que  je  sais,  c'est  que  ^^^  est,  en 

Dt,  rendre  crochu  —  f^/,  et  ^yC«  est  =  ^^^,  crochu^ 

qui  vient  de  .^^^.  En  Hdr,  on  appelle  le  moignon  %^, 


o 


C 


pi.  cUl't,  comme  dans  notre  texte  ^,  a,  n'est  pas,  en 
Hdr,   seulement  couper  un  membre  du  corps:  ^ôJ>  ^ 

ù   - 

Hjà-ccJL,  il  me  coupa  la  main  avec  le  couteau,  mais  aussi 

casser  :  liVcLo  «^1  LA^ixjL»  Â^jo\  ^ilî^,  par  Dieu,  je  te  frap- 
perai avec  le  bâton  et  je  te  casserai  le  bras,  et  briser 
d'un  coup  sec  en  pliant  Hdr  Gloss.  s.  v.  et  ici  Gl.  s.  v.. 
Or,  je  lis  chez  Kazimirski  :  „,^,  couper  (p.  e.  les  pieds)," 
et  chez  Belot,  ^^couper  (les  jambes),"  ce  qui  provient  sans 
doute  de  Freytag  (que  je  n'ai  pas  ici  sous  la  main), 
mais  je  ne  trouve  ce  sens  dans  aucun  dictionnaire  arabe 
à  ma  portée.  Pourtant,  il  est  exact,  comme  nous  venons 
de  le  voir.  Le  j^'i'  classique,  coucher  avec  une  femme, 
est  sans  doute  le  babyl.  kamû,  gefangen  yiehmen^  in 
seine  Gewalt  bekommen,  pacA;ew,  bezioingen,  Zimmern  z. 
bab.  Neujahrsfest  p.  147,  note  2,  einschliessen,  um- 
schliessen^).   Ce   kamû  correspond  également  à  l'arabe 

classique  ^  =  n^o^  s^,  dompter^  et  notre  «^  dialectal 
a  plus  d'un  point  de  contact  avec  le  ^  classique.  Le 

interprêté  sa  propre  ficlie,  en  a  tiré  l'exemple  qu'on  vient  de  lire. 
Et  il  y  a  becmconp  de  ces  lapsus  dans  son  ouvrage  monumental,  qui 
aurait  été  bien  plus  profitable  à  la  science  si  notre  honorable  con- 
frère avait  travaillé  moins  vite.  J'avoue  qu'il  est  très  pénible  de 
corriger  les  épreuves  d'un  tel  ouvrage,  mais  ici  il  y  a  une  faute 
d'inattention  inconcevable, 

1)  Propr.,  selon  Delitzsch  II  W  B,  lier,  et  cf.  iifi  et  tDDp. 


1165 

fait  est  qu'on  dit  dans  le  sud  ^^  et  ^--*S,  v.  Gloss. 
s.  V.  =  cAi  à  Aden,  briser.  Un  ragaz  d'Ahwar  porte  : 

Dis-lui:  nous  sommes  sortis  le  matin  pour  ira- 

[vailler  dans  le  canal  cV  irrigation^ 

Lorsque  nous  avons  brisé  le  joug  [qui  est]  entre 

[les  bœufs. 

73,  14:  yirôzzu.  Ji,  o,  ficher  dans,  enfoncer  dans, 
einstecke7i,  planter^  seulement  en  Çdr,  aussi  dans  le  Nord, 
31,  !♦,  37,  11,  Socin  Diw.  Gloss.  s.v.,  où  c'est  aussi /et^er 
en  l'air,  p.   800.   En   datînois,   il  y  a  la  variation  ji>: 

cUiSt  J,  .^:v«J!  ji-,  il  planta  la  lance  dans  le  sol,  Dt  =  ^^ t 

UdjII  \^-f^  chez  Socin  Diw.  I  p.  294,  9,  lo.  J,  OJ^t  ci^jji> 
cLaSI,  j'ae  enfoncé  le  pieu  dans  le  sol.  Cf.  ^f>,  percer, 
Sud  et  class.,  le  class.  \^  et  le  yémanite  jyi,  o,  i,  en- 
foncer le  qasab  dans  la  bouche  du  chameau  pour  le 
faire  manger,  Stace  p.  G3,  s.  v.  feed. 

73,  15:  ha t tan.  ^y^  ne  se  dit  pas  en  Dt,  et  ^j^:> 
on  Hdr  est  plus  rare;  c'est  la  langue  des  lettrés.  Voyez 
ce  que  j'ai  dit  p.  737. 

73,  16:  yihimm.   "^,   i,   devenir  ou  être  mauvais, 

dans  tout  le  Sud  et  L  A  XV  p.  80.  iu^  -3^.  L  j>j>, 
pour  qu'il  ne  prenne  une  mauvaise  odeur  en  était  la  para- 
phrase. (.U>  ^^\  ^ji  (pour  j.L>)  mets  la  viande  d  l'air, 

mets-la  dehors,  elle  est  mauvaise.  Mais,  en  Hdr,  ^  signi- 
fie aussi  ramasser  qqc  avec  les  deux  mains  et  le  jeter. 


1166 

Ayant  le  dictionnaire  devant  moi,  je  demandai  si  ce  verbe 
signifie  si^tvs^î  lt^j  à  quoi  un  Hadramite  répondit  :  ty*wJij 
iCwU^it  Jsju  ly^^»,  d^  vi>ywJ',  ow  ôatoze  d'abord  la  maison 

et  l'07i  ramasse  ensuite  les  balayures  avec  les  deux  mains. 
Lorsqu'on  a  vu  comment  un  Bédouin  écure  tm  puits, 
on  ne  comprend  pas  autrement  la  définition  du  diction- 
naire: bUj^  ic<uJ'  yJ!  j*3-j.  Un  développement  de  j*^  est 
en  Dt  ,.i^*i>,  seyitir  mauvais-,  cf.  le  class.  ^^. 

73,  18:  yinbërûnah.  ^,  a,  quitter  un  endroit, 
éinigrer.  o^^i-î'  ^y,  |îj*J,  Us  ont  quitté,  abando7iné  la  mai- 
son, î^yo  xÎpIj  .LJt  oviàl^'j  ^G  feu  s'est  éteint^  et  les  habitants 
en  sont  partis,  émigrés,  320/1.  Jà  '.j^^i,  maison  aba^i- 
donnée,  comme  ^\i  =  -ry^àx,  csj>-]^  =  ^y>yi,  etc.,  restes 
d'un    ancien   permansif,   Del.  Assyr.   Gr.   p.   243.  yJ,  o, 

-o  et  ^',  chasser,  îvegjagen,  256,  2,  4.  Halîmah,  fille  de 
Farîd  el-'Awlaqî,  dit,  dans  une  qasîdah  souvent  citée  ici: 

-     -  ^  w  ^  w  -  o-o 

X\     ^     -^     Ô»r-~^      L'T~^-3      ^-^''^'^^-J      iO^-jîj 

£^^  ^e  Reydite,  notes  l'avons  chassé  et  nous  avons  vidé 

fia  coupe, 
Et  tu  demandes,  toi,  où  il  est  allé  se  fixer. 
""Âtif  el-Murqusi  a  dit: 


1)  Obs.  er-Iiey-dï. 

'2)  =:  j>J' ,    comme  dans  l'exemple  suivant. 


1167 

Dô'^an  a  appelé  à  son  secours  du  monde  contre  moi 

[et  il  a  chassé  son  amitié  (?) 
Le  premier  est  bien  avec  moi,   et  il  a  pour  lui  la 

[partie  des  grands  chefs. 

Ce  sens  ne  se  trouve  pas  dans  les  dictionnaires,  mais 

-J  est,   en   Dt,   aussi   être  haut,   dépasser  en  hauteur, 

sortir  du  7iiveau,  être  en  saillie,  saillir  ').  o'r*^''  i  u^ 
^^%:s^J  j.  o|;jL^'',  coupe-moi  les  poils  qui  dépassent  (les 
autres)  de  la  barbe  =  o'Aj'jjI,  die  herausstehenden  Haare. 
Un  balcon  est  jC<:f.'J  ^^  yj,  steht  von  der  Mauer  heraus, 
dépasse  le  mur,  est  en  saillie,  -o  pourrait  donc  être  com- 
paré à  ^,  sortir,  et  y6  (^^0,  à  ^,  faire  sortir,  Prov. 
et  Dict.  Gloss.  s.  v..  Cela  à  déjà  été  entrevu  par  Praetorius 
ZDMG  61,  p.  619  note,  qui  dit,  à  propos  de  ^',  Ara- 
bica V  p.  156,  ou  plutôt  de  yô,  „eigentlich  steigen,  sich 
erheben."  On  serait  tenté  de  considérer  ^  comme  une 
variation  phonétique  de  ^,  s'éloigner,  s'erifuir,  aussi  en 
safâtique,  Dussaud,  Les  Arabes  en  Syrie  p.  136^),  mais 
cela  est  peu  probable.  Je  crois  que  C  H  Becker,  0  S  (Fest- 
schrift  fur  Nôldeke)  p.  337/8,  et  avec  lui  Praetorius,  o.  1. 

p.  617,  ont  raison  d'attribuer  à  ^>^  une  étymologie  pu- 


1)  En  Syrie,    j*àj,    être  haidain,  lever  la  crê/c  =  jAAflJ",  de  SjyLs, 
crête   de  coq.   Je   ne  crois  pas  que  l'égyptien  ambûr,  bosnu,  vienne 

de    j^J,    comme  le  dit  Spitta  Gr.  §  49  d,  car  la  vraie  forme  est  ,v^. 

2)  DM  N"  251  =  Littm.  N'' 53.  Dussaud  traduit    *.    q^   yà*,  par: 

il  est  revenu  du  pays  de  Ruûm,  bien  que  Littmann  en  eût  déjà 
donné  la  vraie  interprétation  il  s'enfuit  du  pays  de  Roûm.  La  suite 
de  l'inscription  confirme  cela. 


1168 

rement  arabe,  vu  que  l'éthiop.  tw'itXC  veut  déjà  dire 
chaise,  siège,  de  Vfl^,  être  assis,  parce  que  le  siège  est 
haiit,  le  sens  primitif  de  Ifl^i  ayant  été  déjà  offusqué 
en  éthiopien.  Les  Ethiopiens  avaient  vraiment  des  chaises, 
mais  les  anciens  Arabes  ne  possédaient  pas  ce  meuble. 

La  ,^/,  chaise,  a  dû  être  bien  rare  et,  comme  l'indique 

son   nom  babylonien,   de  provenance  étrangère.  Le  dict. 

arabe  classique   donne  ^,  i,  =:^^,  élever,  transitif;  les 

dialectes  du  Sud   ont  y6,  intransitif,  en  plus.  ^L/)  est 

donc  un  endroit  élevé,  étymologie  déjà  avancée  par  l'auteur 
de  la  Nihâyah  IV  p.  122,  5.  Le  i  fait  en  arabe  une  diffi- 
culté comme  nomen  loci.  A  présent,  on  dit  du  reste  m  a  m- 
b  a  r.  Je  ne  trouve  pas  que  Becker,  dans  le  mémoire  sus- 
mentionné, ait  prouvé  que  le  min  bar  était,  dans  la 
Gâhilîyeh,  le  siège  du  juge,  comme  le  pense  aussi  Prae- 
torius  0.  1.  p.  617.  Cela  n'exclut  pas  que  le  minbar 
fût  en  usage,  mais  son  emploi  spécial  nous  échappe.  La 
chose  n'est  pas  impossible,  car  le  bâru  babylonien  pro- 
mulgue la  sentence,  dînu,  assis  sur  le  kussû  dayya- 

nûti,  iu'jjJ!  ^J^/,  le  siège  de  la  juridiction,  Hunger  Bêcher- 
wahrsagung  p.  15,  Cod.  Hamm.  éd.  Winckler,  Gesetze 
H.,  p.  10,  1.  5,  le  moderne  'lUSi^  Lf^/-  E*'  ^^^  anciens 
Arabes  n'étaient  pas  seulement  les  Bédouins  de  nos  jours, 
quoique  les  Arabes  du  Higâz  fussent,  aux  premiers  temps 
du  Prophète,  d'une  simplicité  extraordinaire  :  ils  n'avaient 
pas  même  les  ustensiles,  05  r^,  nécessaires,  I  Sa^d  VIII, 
p.  359.  Sur  le  minbar  en  bois  du  Prophète,  voyez  Bolj. 
ï  pp.  81,  5,  93,  6  d'en  bas,  II  p.  9,  lo,  III  p.  154,  4;  I 
Sa'd  VIII  p.  186,  13,  d'où  il  ressort  que  c'était  une  petite 
estrade. 


1169 

On  voit  qne  le  texte  liadramite  a  -^^^vA-u,  ce  qui  serait 
aussi  bon  en  datînois.  C'est  pour  le  schématique  >ij^vAij, 

selon  l'explication  donnée  p.  557  note  1  ;  paraphrasé  par 

s^y>?..  C'est  un  verbe  très  employé  dans  tout  le  Sud 
et  en   ^Omân,  Hçlr  Gloss.  s.  v.,  Arabica  V  pp.  103  note 

3,  166,  8  d'en  bas.  ^SS.  ^y,  ij;^^  ^^^  =  ^3/>,  ^ors 
de  notre  sortie  d'Aden.   R  0   §  191  :  ^^  U^J^J;  ^-s^  C^ 

^j  A^  <\j\  ^\j  ^yt  j^  .lAj  bj^^!,  lorsque  nous  revenions  de 
Vaudience,  il  sortit  de  la  porte  du  château;  ibid.  §257: 
^o^!  ^^\  ^^  iCwJL>  ^,  elle   m'a  retenu  de  sortir;  ibid. 

p.  227,  7  =  ici  p.  818,  is;  ibid.  p.  148,  u  d'en  bas: 
U3  Q-S'U-S'  ^  o;'"^-  o*^  1*^/^'  ^^^  femmes  de  "Oman 
ne  sortent  pas  (de  la  maison)  comme  vous  autres  ici; 
ibid.   p.   319,   ii:   ^Jùjù\  J^  ^^^    AI,  il  sortit  du  lit  du 

fleuve.  .Jù,  herausbringen,  ibid.  p.  407  N®  105.  Tout 
cela  est  aussi  bon  en  datînois.  Vollers  veut  que  l'égyp- 
tien  b.L>wL^,  la  chambre  de  réceptioyi  pour  les  hommes, 
ZDMG  49  p.  512,  i*  et  note  2,  vienne  de  ce  verbe. 
^oi3,  faire  marcher  à  part.   ^UJ!  ^^  u^'  [îj^j,  faites 

1)  On  pourra  comparer  le  lat  tribunal  et  le  français  tribune. 

2)  Becker  dit,  o.  1.  p.  338,  lO,  que  el-a"\vâd  est  le  plus  ancien 
nom  pour  le  m  in  bar.  Je  ne  trouve  cela  nulle  part,  mais  on  lit 
lîolj.   1   p.   93,   7    d'en    bas:    j*-!ll    ^|>^',  et  si  à  la  ligne  G  d'en  bas 

il  est  dit:  ^^4^  u*-*^'  !j>|^î  ^^  JsV.  J-^j  il  ne  s'ensuit  pas 
que  of^'  est=jXÀ/«.  Le  mT-moire  do  liecker  souflre  do  quelques 
inexactitudes  quant  aux  pratiques  du  premier  Islam,  parce  que  l'auteur 
n'a  pas  assez  approfondi  le  Boljârî.  Le  bâton  du  Prophète  et  du 
halîb  remonte  au  loin,  ainsi  que  j'espère  le  prouver  dans  mon  ar- 
ticle sur  le  bâton. 


1170 

sortir  le  bétail  quelques  pièces  à  la  fois  et  non  tout  en- 
semble. j.yL!!  o,>->l->iJ',  les  hommes  se  mirent  chacun  à  la 
place  convenue  pour  attaquer  l'ennemi,  terme  de  guerre, 
car  c'est  ainsi  leur  „guerre".  En  Hârib,  .o'J  est  le  syno- 
nyme de  -^L>,  dehors,  x.xij^  ^\o  ^^  »  Jt^  ^ô  ^j-ju,  {}  j.-:> 
.olj  ^J^,  garrn  est  une  peau  dont  le  poil  est  en  dedans 
et  la  chair  en  dehors,  Hrb.  Dans  le  sens  de  rare,  .oLi 

ne  se  trouve  pas  dans  nos  dialectes,  mais  on  comprend 
à  présent  que  cela  est  la  même  chose  que  son  syno- 
nyme »oL*J!  ^J^  -jL^j  sortant  de   V ordinaire.  Les  .^ty 

sont  donc  les  choses  qui  sortent  de  l'ordinaire.  Notre 
verbe  est  du  reste  très  classique  et  se  trouve  souvent 
dans  les  anciennes  poésies  et  les  Traditions.  Un  Hodey- 
lite  a  dit: 

lAliJJo    (_5L\ji     v_Jljy.wJ!      .lAJ     lAiJj  ^'^)3     stoJt     (C^'    JO3     Li2Jy> 

In  atemlosem  Laufe,  nachdem  er  den  Mantel  hinter 

fsich  geivorfen  hatte 

Und  das  Schivert  mis  dem  Gehenke  gefallen  war, 
selon  la  traduction  de  Wellhausen  Diw.  Hod.  N°  184 
p.  138.  C'est  parce  que  les  dictionnaires  donnent  la  para- 
phrase iaiiw,  tomber,  mais  il  est  clair  que  c'est  là  une 
signification  trop  restreinte,  quoiqu'il  y  ait  des  exemples 
oîi  tomber  convient  mieux,  comme  I  Qot.  p.  216,  5:  ^jXi 

s^y,  son  arc  tomba. 

Le  retranchement  du  poignet  est,  comme  on  le  sait, 
une   punition  islamique  pour  le  vol,  Qor.  V,  42:  o^UJlj 


1)  l'I.    is<*'y>,    pelisse  en  peau  de  mouton. 


1171 

L^wU"  Uj  ^''■j^  (lU^jui  lytiisÉ  xijLJ^,  quant  au  voleur 

et  à  la  voleuse^  vous  leur  couperez  les  mains,  en  rétri- 
bution de  ce  qu'ils  ont  gagné.  Le  Prophète  appliquait 
même  plus  d'une  fois  cette  cruelle  punition,  Boh.  III 
p.  171,  4  et  ss.,  et  il  était  très  sévère  sur  ce  point,  ibid. 
IV   p.   175,   6  d'en   bas  =  I  Sa'd  IV,   i  p.  49,  3  et  ss.. 

Seulement,  on  lui  attribue  ce  précepte:  ^^Aj"^)  j^^"  "^5 
^M*.l\  ^,  Usd  el-râbah  I  p.  180.  Il  ressort  du  passage 
d'el-Bohârî  que  la  mutilation  était  pratiquée  dans  la  (jà- 
hilîyah^),  qui  n'était  pas  aussi  dépourvue  de  droit  cri- 
minel que  le  fait  croire  Nôldeke  dans  Z  À  S  R  K  V  p.  87. 
I.  Sa'd  VITI  p.  192  et  ss..  On  trouvera  tout  ce  qui  se 
rapporte  à  ce  sujet  dans  le  Fath  el-Bârî  d'I.  Hagar 
vol.  XII  p.  86  et  ss.,  le  Masâbî h  es-Sun nah  d'el- 
Barawî,  Caire  1294  II  p.  46.  Voyez  aussi  Goldziher 
ZÂSRKV  p.  110,  I.  Rosteh,  éd.  de  Goeje,  p.  191,  20. 
Pour  le  temps  moderne,  on  lira  Kresmârik  Beitr.  zur 
Beleuchtung  des  islam.  Strafrechts  Z  D  M  G  58  p.  327. 
Dans  le  Code  de  Hammourabî,  le  voleur  est  tué  §§6, 
13,  D  H  Mùller,  Die  Gesetze  Hammurabis  pp.  12,  176, 
où  l'on  a  une  excellente  comparaison  avec  le  droit  juif. 
Les  mains  sont  coupées  à  celui  qui  bat  son  père  §  195. 
Pour  les  punitions  en  général,  Hammurabi  n'y  va  pas  de 
main  morte.  Le  droit  romain  ne  connaît  pas  la  mutilation 
d'un  membre,  Z  À  S  R  K  V  p.  48/9,  mais  le  droit  hindou  l'a, 
ibid.  p.  85.  D'après  Deut.  17,  8,  la  main  est  coupée  à  la 
femme  qui,  dans  une  rixe,  prend  lespudenda  de  l'adversaire. 


r    "^ 
i)  Var.  :  L*-a-JUjÎ. 

2)  Ibn  Hisâm,  dans  son  Tîfi^fkn  el-Mulûk,  on  parle  tout  au  long 

et  attribue  l'établissement  do  cette  pratique  à  Loqmân.  Ce  qui  prouve 

seulement  que  la  pratique  était  ancienne. 


1172 

On  ne  pratique  plus  de  nos  jours  cette  prescription 
qoranique,  basée  sur  une  ancienne  habitude,  au  moins 
dans  les  milieux  qui  sont  sous  l'influence  européenne. 
Mais  on  ne  saurait  dire  que,  dans  ce  cas,  la  loi  ait  été 
ou  soit  idéale,  n'ayant  qu'une  valeur  théorique.  Dans  les 
milieux  du  Sud  où  'il  n'y  a  d'autre  code  que  le  Qonln 
et  les  Traditions,  cette  mutilation  de  la  main  n'est  pas 
abolie.  Des  connaissances  à  moi  l'ont  pu  constater  h 
Lahig.  Il  ne  m'étonne  pas  que  dans  le  pays  de  la  religion 
(^.(Ai!  S:ii,  comme  les  Çadramites  appellent  leur  pays, 

surtout  là  oii  el-Qa^êtî  n'exerce  pas  son  influence,  comme 
Sê'ûn  et  Terîm,  elle  soit  encore  en  vigueur.  Dans  ma 
jeunesse,  on  avait  coupé  la  main  à  une  femme  adultère, 
et  je  l'ai  vue  suspendue  à  la  fontaine  publique  de  Haïfa, 
en  Syrie.  Le  fanatique  qaimaqâm  Hasan  Bey,  frère  du 
grand  wezîr  Kâmil  Pacha,  avait  donné  les  ordres  pour 
cette  exécution.  Tous  les  journaux  de  Beyrouth  en  par- 
lèrent alors.  Abu  el-^Alâ'  el-Mo^arrî  persifle  cette  cruauté 
du  droit  canonique,  en  disant  '): 

J^jJf  ^  {~^.J^  *JJL.  4^      ^  oyCvJÎ  ^1  LlJ  Le  (jSiLu- 

Une  mai7i  [coupée]  est  bien  rachetée  par  une  rançon 

[de  cinq  cents  (dînâr). 
Comment  se  fait-il  donc  qu'elle  soit  retranchée  d  cause 

[d'un  quart  de  dinar? 
Contradictio7i  !  A  quoi  nous  n'avons  qu'à  nous  taire. 
Nous  implorons  Dieu,  notre  Créateur^  contre  le  feu. 


1)  ZDMG  29  p.  G39. 

2)  Obs.  Uj^L 


32. 

Temattât  'Âmir-Matat  'Amir. 

Temattiit  est  l'infinitif  JdIL^  de  JaL^j",  tandis  que 

Matât  est  l'infinitif  de  ia^.  Brockelmann  cite  VGSS 
p.  262  ces  deux  formes  comme  un  exemple  de  haplologie. 
Il  n'a  observé  que  bimtât  75,  4,  mais  le  titre  lui  a 
échappé.  Il  n'y  a  pas  ici  de  haplologie.  Fa^âlu  est  le 
plus  ancien  infinitif  sémitique,  encore  seul  usité  en  babyl.- 
assyr.  et  en  néo-syriaque,  Brockelmann  o.  1.  §  131  c,  et 
quelquefois  en  arabe.  Ce  terme  gramm.  de  haplologie  est 
très  malencontreux  '),  et  le  paragraphe  97  de  Brockel- 
mann V  G  S  S  est  certainement  un  des  moins  acceptables 
de  son  immense  travail.  Il  y  a  des  choses  qui  n'y  ont 
que  faire  ou  qui  s'expliquent  d'une  autre  façon.  Les  Arabes 
ne  simplifient  jamais  une  lettre  géminée  étymologique, 

ils  la  dédoublent  souvent,  v.  p.  341;  -LLL«.j  peut  bien 
devenir  J:?lLc,  mais  cette  forme  ne  peut  jamais  devenir 
JdIIld  seulement.  On  dira  que  je  donne  moi-même  li=> 
et'  Lr,  comme  UJ  et  LJ,   mais  ce  sont  là  deux  mots 


1)  S.  Barth  l'ignorait,  d'après  la  supposition  de  iJrockcImann  Z  D  M  G 
59  p.  029;  j'avoue  que  j'étais  dans  le  mônae  cas. 


1174 

fusionnés  en  un  seul:  Lo  Jj=>  ou  L  JL>^)  et  U]),  et  alors 
la  dégémination  peut  avoir  lieu.  Dans  I.  SaM  IV  i  p.  177, 3, 
nous  trouvons  ce  vers:  ^oLs.  ^^^  c>-^'  l>"^'  ''^  ^.-  ï^ip- 
pert  n'a  pas  observé  que  le  mètre  y  est  brisé,  et  de  Goeje 
ZDMG  61  p.  482  le  corrige  en  (j^l,  en  suivant  la 
leçon  de  Yâqût  IV  p.  292  en  bas.  Une  telle  dégémination, 
sJLiiJt  ouàrs^',  est  ici  impossible  en  arabe,  et  il  faut  lire 
^^.L\IiL  Cela  n'était  certainement  pas  le  nom  de  l'idole, 
mais  les  anciens  ont  déjà  vu  que  ijJlC^  n'allait  pas, 
puisque  Yâqût  donne  aussi  la  leçon  {j^l  Les  deux  ver- 
sions sont  en  tout  cas  inacceptables^).  Le  ^.l^J/,  fém.  de 
^J^,  que   Brockelmann,    V  G  S  S   p.    67,   4,  prend  pour 

■ci4^  de  ^j  est  tout  aussi  impossible,  voyez  ici  p.  1103, 
et  son  exception  pour  le  dialecte  datînois  est  à  biffer'). 


1)  Le  '^omânais  _j-*>>,  pourquoi,  est  selon  Praetorius  ZDMG  34, 
p.  230  =j^  (Jl->  ;  Reinhardt  R  0  §  16  écrit  h  a  m  h  u.  Le  JL>,  lorsque^ 
est  très  commun  dans  la  langue  du  Negd  :  l-aj'^JI    <.^^/S^»,    Le   i^L^, 

lorsque  les  montures  arrivèrent,  Qasîmite.  ^jU.:^\*jt  (Jx  Jiij  U  jL>, 

lorsqu'il   campa   chez    les   'U^mân,    idem.    En    mehri  :   hall,  Zcil: 
lahallë  d6ra  =  Jahn  GMS  p.  120. 

2)  De  Goeje  veut  aussi  lire  o  à  la  fin  de  chaque  verset,  mais  cela 
n'est   pas   nécessaire,   car  le  pied  final  - de  l'hémistiche  est  très 

ordinaire   dans    les    anciens    ra^az    populaires;    donc    ici:    ^i]oL£    ou 

^i)oLc,  (ilobLuo  et  é<J>}^. 

3)  Son  tu  ma  h  et  tu  m  m  ah,  p.  67,  5,  n'y  ont  que  faire  et  ne 
peuvent    nullement    servir    d'exemples    de   dégémination   dans  notre 

dialecte.  C'est  comme  <Aj    et   *-\j    v_jÎ    et    v— >!. 


i 


1175 

La  langue  arabe  est  très  ferme  sur  ce  point,  comme  le 
dit  Brockelmann  lui-même,  o.  1.  p.  66. 

De  Goeje  paraît  depuis  longtemps  caresser  l'idée  qu'une 
telle  haplologie  soit  possible  en  arabe,  car  dans  une  édition 

d'Ibn  el-Faqîh   p.   93,  9.   il  a  imprimé  et  voyelle:  Sfp-^ 

il  cite  ce  cas,  comme  chute  de  la  seconde  consonne  des 
verbes,  dans  son  édition  de  la  Gr.  de  Wright  I  p.  69. 
Dans  son  Gl.  de  I.  el-Faqîh,  il  l'appuie  par  Kâmil  Mub. 

p.  606,  10:  ^Jjj.  Ici  et  dans  les  cas  analogues,  la  forme 

pleine  serait  ^jj  et  q;/j.  Vollers,   VS  p.  132,  adopte 

cette  manière  de  voir.  Mais,  selon  moi,  une  telle  chute 
dans  des  consonnes  doubles  est  impossible  en  arabe.  Les 
exemples  de  Wright  Gr.  I  p.  69  c  et  ceux  de  Vollers 
0.1.  p.  132  doivent  être  jugés  autrement,  et  quant  au 
yazifùna  <yaziffûna  de  Vollers  VS  p.  132,  Bey- 
(lâwî  II  p.  174  sur  Qor.  XXX  7,  92  est  bien  clair.  La 
consonne  est  effectivement  double  à  la  fin  de  la  syllabe, 
et  si  elle  n'est  pas  dégéminée,  ce  n'est  pas  qu'on  n'ait 
pas  suivi  la  règle  des  grammaires,  mais  l'on  a  suivi 
celle  du  parler  quotidien.  L^jj  est  donc  yuziffenha, 
ou  yuziffnaha,   de   même   que   le  ^jb  d'el-Kamil  est 

yaqîrrna;  (JiS  Qor.  56,  65  est  zilltum  (zàlltum), 
et  la  variante  j«jo*o>t  Qor.  4,  5,  pour  ,*Xwjt,  est  ahàss- 
tum.  ^!  ^^î  '30^  uIjl^  Tab.  I  p.  1430,  1  (basît)  son- 
nait bien  fa/çàlltu.  u>yi>!  Le  et  o^,',  Vollers  0. 1.  p.  132, 
sonnaient  assurément  ma  (a)  hàbbtu  et  aràmmtu. 
La  gémination   restait  toujours  pour  l'oreille.  On  ne  l'a 

78 


1176 

pas  marquée  parce  que  la  grammaire  s'y  opposait,  n'ad- 
mettant pas  deux  sul^ûn  consécutifs.  Il  y  a  des  cas 
absolument  analogues,  dans  les  dialectes,  dans  les  verbes 

jJ^,  lorsque  la  voyelle  de  la  seconde  radicale  s'amuïe: 
h  i  d  d  m  e  t  =  o^-^ÂJ=,  Arabica  III  p.  69,  13,  d'en  bas, 
h  ô  s  s  1  e  t  =1  c>«^Lî>,  Hdr   p.   279,   4.,    yilebbsûh,  275  le 

vêtissent.  Ici  quelques  savants  ont  cru  que  la  gémination 
disparaît  à  la  fin  de  la  syllabe  et  no  la  marquent  pas. 
D  H  MùUer  dans  son  M  S  écrit  p.  e.  fa  r  qui  doit  son- 
ner farr.  „La  consonne  est  doublement  sentie",  Brockel- 
mann  Y  G  S  S  §  97,  et  l'arabe  prononce  ici  les  deux 
consonnes,  Hdr  p.  42  et  ma  critique  M  S  p.  32.  On 
pourrait  alors  parler  de  haplologie  par  centaines  d'exem- 
ples, si  l'on  relève  tous  les  endroits  où  des  «  riment 
avec  des  Joù,  comme  on  en   trouvera  à  foison  dans  la 

qasîdah  N°  XI  d'el-'^Aggâé.  Les  verbes  t«  en  Tunisie 
et  en  Algérie,  Brockelmann  V  G  S  S  p.  262  55  ne  doi- 
vent pas  être  jugés  autrement:  hem  met,  Marçais  Gr. 
p.  73,  est  prononcé  hèmm-met  et  non  Ijèmmet;  c'est 
la  voyelle  qui  s'est  amuïe.  C'est  le  cas  des  formes  telles 

Où  , 

que  ^jj,  ^JaJ,  c>>j>l  etc.,  citées  plus  haut.  Je  nie  ab- 
solument que  la  haplologie,  selon  la  définition  de  Brockel- 
mann §  97,  existe  en  arabe  classique,  et  ce  savant  confond, 
sous  le  nom  de  haplologie,  deux  phénomîvnes  bien  distincts: 
le  dédoublement  de  deux  consonnes  organiques  dont  cha- 
cune fait  partie  d'une  syllabe  diff"érente,  comme  dans 
temittat?  0- 1-  P-  262  a  a,  et  la  chute  d'une  syllabe 
non  orgatiiqiie,  identique  ou  non  à  celle  qui  suit,  comme 
}Si  <;  }Jtsu  et  }Stsu  ^  }jdu^.  Le   premier  est,   comme  je 


1 


1177 

l'ai  dit,  impossible;  le  second  se  produit,  mais  seulement 
dans  des  cas  spéciaux,  relevés  par  les  grammairiens  pour 
la  langue  classique.  La  définition  de  Brockelmann  de  la 
haplologie  n'est  donc  pas  exacte.  Dans  les  dialectes,  elle 
est  plus  fréquente,  quoique,  même  là,  la  plupart  des 
exemples  cités  par  Brockelmann  doivent  s'expliquer  d'une 
autre  façon,  surtout  par  une  chute  de  voyelle,  par  la 
contraction  ou  par  le  recul  de  la  tonique,  comme  le  sud- 
arabique  dVJCi,  de  yîftak   pour  yiftàkk,   Vollers  VS 

p.  132  en  bas  et  p.  136  g.,  et  les  mots  tels  que  (j.^^, 
pi.  u^Lfixst,  assimilés  aux  fa'àl,  pi.  af'al,  Hdr  PP.  41  et 

43,  ici  p.    151   note.   Enfin,  C  dW^J^'  "^  Mufass.  p.  173, 

18  =  1  Ya'^îs  p.  1371  en  haut,  n'est  pas  une  haplologie, 
mais  une  vieille  formule  transmise  telle  quelle  et  qui  s'ex- 
plique par  l'assyrien  rabû,  être  grand;  cf.  Lrj  et  HDi. 

74,  17:  harawah.  Mon  texte  avait  d'abord  'urs,  ce 
qui  aurait  été  mieux  ici. 

74,  20:  Barètnahna.  Sur  cette  particularité  du 
dialecte   liadramite  de  se  servir  de  13^)  (ijT),  m.,  ^^,  f.,  et 

de  Ll^',  m.  et  f.,  comme  suffixes  à  l'accusatif,  au  lieu 
du  ^^  et  de  li  des  autres  dialectes,  voyez  Hdr  p.  41  ; 
V.  d.  Berg.  Hadhr.  p.  250.  Cet  emploi  s'étend  aussi  au 
participe:  mulûk  el-ard  mitheffiyînnahna,  les 
rois  de  la  terre  nous  dédaignent^  I.h.lr  p.  31  G,  8. 


1)  Brockelmann  t'crit  5  l.  p.  400  incorrectement  avec  deux  b,  qui 
ne  se  trouvent  ntillc  part. 

2)  Snouck  OS  Fcstsclirift  de  Noldeke  p.  10.1,  v.  3:  h  a  m  m  a- 
lôna,  ils  m'ont  chan/i'-;  ibid.  v.  5:  won-nôm  ma  yâna,  ri  le 
som)niil  ne  me  vint  ^xis. 


1178 

Un  proverbe  égyptien  dit  :  ^y^   .-*^\  &  îi  *  h«'i  3  iOojj  J^ 
„i,   ^02^^   somme   et  tout  étirement  vaut  mieux  que 

les  7ioces  de   Tîtah'),  ZDMG  49  p.  512. 

74,  22;  79,  7:  yâh  »Ij,  oui,  ja,  si  commun  dans  notre 
dialecte,  paraît  de  prime  abord  être  ime  abréviation  de 
xGî,  car  ce  mot,  comme  préposition,  est  souvent  prononcé 
y  a,  Hdr  Gloss.  p.  525,  aussi  dans  le  Nord,  Socin  Diw. 
I  N°  16,  V.  9,  N°  17,  1.  1.  Une  interjection  analogue 
existe  en  Algérie  e  y  h,  è  y  y  a  h,  oici,  Doutté  T  0  p.  36 
note  204,  et  le  yémanite  dit  îyye,  oui,  selon  Glaser 
Peterm.  Mittheil.  1886  Heft  p.  7,  où  il  faut  peut-être 
lire  iyye.  Pourtant,  les  idiomes  bilin,  dembea,  quara  et 
hamir  ayant  respectivement  yawa,  aya,  iya,  yây, 
yà\i,yo  =  02ù,Ja,  l'abréviation  de  «Lî  est  discutable.il 
est  peu  probable  que  le  dialectal  àywa,  èywa,  èwa 
(pour  èwa),  îwa,  oui,  provienne  de  ailL,  ^î.  Spitta,  Gr. 
§84,  et  Ptasîd  "Atîyah,  ed-Dalîl  p.  28,  sont  pour  cette 
étymologie,  dont  j'ai  déjà  douté  dans  mes  Prov.  et  Dict. 
p.  240,  où  je  cite  el-Hafâgî,  êifâ'  p.  21.  Celui-ci  rapporte 
l'opinion  de  Zamahsarî,  selon  qui  le  ^ ,  dans  ^],  serait 
le  j*-^t  5(3.  Cela  n'est  pas  admissible  en  présence  de 
l'éthiop.  et  du  tigriîia  h(D,  tigré  'h'S,  oui. 

75,  1:  lisez:  0-waldah.  75,  2:  hadr.,  lisez:  GAllôha 
et  1.  3:  galet. 


•1)  iiulj    (_r/^    RO    §173    et    p.   402   N"  51,  qui  traduit    &IixL 

par  Freudenlaumcl,  mais    Xta*^    doit  se  rapporter  à  quelque  chose. 

En  Dt,  on  exprime  l'idée  de  ce  proverbe  pai-  q^    rr*""^'    '^-^    '^-^ 

*^y3    ^^)    '"'    so(n//ic,    un    somme    vaut    mieux    que    Farid   (el- 
'awlaqî)  ci  ses  hommes 


33. 

El-'Aulaqîe. 

75,  16 :  q  a  r  a  0  w  i ,  (^^  Ji  =  (_c^ys ,  comme  ^y^s ,  ici 
p.  679,  et  (jr^Âj  du  Nord;  mais  ,j:»j5  est  aussi  bon.  En 
Beyhûn  et  chez  les  ""Awûliq,  on  prononce  c_f^A  comme 
^_^j:  et  çfi^,  Hdr  p.  689.  Le  pluriel  de  (^.^  est  ^.^^ 
ou  y^^fi  et  le  pluriel  de  (^^3  est  '^^,  comme  s^..  Dans 
le  Dâhir  et  chez  les  ""Awâliq,  un  qarawî  est  un  homme 

de  métier  tel  que  oîJo,  dU:>,  ;'/>,  etc.,  En  Dt,  ce  mot 
est  peu  employé,  et  l'on  y  dit  ^.,  pi.  k^L. 

75,  18;  yislàhleha.  J  ^nJLw,  paraphrasé  par  J  u>ixp, 
plaisanter  avec  gqti.  En  arabe  classique,  je  ne  trouve 
rien  qui  approche  de  ce  sens.  L'éthiop.  -l'^A*!*,  Jocari, 
ludere  et  en  amar.  canzouare,  metter  in  ridicolo,  Guidi, 
Vocab.  p.  144,  pourrait  être  le  même  verbe. 

vi>>-i:sP  semble  être  un  développement  du  class.  ^^^, 
être  gai.  I.  el-A'i-abî,  -\-  231,  a  transmis  ^U;L5^  =  ^^-j'-*, 
plaisanter  avec  qcpi,  TA  X  p.  411  en  haut;  le  Qamoûs 
l'a  également,  mais  les  autres  dictionnaires,  non.  is,£j>, 
broder  en  parlant,  en  est  une  variation  vocEiliquo  =  jJiJ=, 
V.   Gloss.   s.  s.  V.  V..   Cf.   ,ji.p    Soc.  Diw.  Gloss.  s.  v..  La 


1180 

première  forme  c>^^,  o,   est   en  Haurân  mentir,  oL^, 

menteur  z=z  ^]3S^),  comme  dans  ce  verset  delaSahgah: 
Ilbis   ya   ba'd")   ^ômêri,   ya  baM«)   el-ftlMu') 

[w  e  1-h  a  s  é  â  t 
Mets-la  {\iy^)),  toi  qui  me  survivras 
Et  qui  resteras  après  (la  mort  du)  le  vil  et  (du)  le 

[menteur  ^)  ; 
75,  22:  yel.iti.  ^=>,  i,  est  pour  i_=wVj>,  i,  comme 
nous  l'avons  déjà  constaté  p.  885.  On  comprend  donc 
à  présent  ce  que  le  ^iJo  des  chameliers  signifie  réelle- 
ment. En  'Oman,  ^c^  est  craindre,  R  0  p.  274,  2,  p.  422 
N°  Vm  V.  2.  Rôssler,  M  S  0  S  i  p.  70,  3  d'en  bas  le  rend 
par  supposer,  ce  qui  est  une  erreur. 

o  o 

75,  24  :  u  1 1  a  f  f  a'a  t.  ^,  envelopper,  d'oii  'ïjtsù  à  Beyl.iân- 

Harîb  =  oyo  ou  tU  ou  ^j^  ailleurs,  Hdr  p.  11.  jiL", 
s'envelopper,  est  aussi  dans  la  lurah,  Bolj.  I  pp.  80,  c, 
116,7,  =  ^'!,  I.  Sa'd  VIII  p.  224,  lo  d'en  bas.  C'est  un 

développement  de  oJ,  comme  -^  et  =  p^,  ('j-:>)  couper) 

lJo  et  J50,  pousser'^);  ^j>  et  <3o,  hineinstossen ;  è^  et 


1)  Kn  Dt,  iji^,  i,  est  plexivoir  fin,  piovi(jgina)'e=  \J^J^y 

2)  Sur  cet  idiotisme,  voyez  Prov.  et  Dict.  p.  107. 

3)  Qj'^ij  vil,  chiche,  maicvais  parleur,  contr.de  *jLc  =  ^S.Llii- 

mann   Bediiinengescliichten  p.  20,  9:  \^LàJI  li,  vile  que  tu  as!  Je  ne 
crois  pas  que  ^.li  soit   pour  ^rJ^- 

4)  Expliqué  par  ^-»JiJj  r?^^^  i)-*^^)  '*<  >*t's<t'S  ojjj'cs  c»a;  cl  lu  les 
enterreras:. 

5)  Et  ^\:J>f  io,   (jii.î^.>,  })ot(sser,  stossen,  tous  employés  dans  le 
Sud,  Hdr  Gloss.  s.  v.. 


1181 

^j>,  aUi  et  ^C;,  ficher  clans,  enfiler;  ■•>  et  ^i,  faire 
un  hond;  1^  et  ^^,  couper,  et  tant  d'autres. 

76,  12  :  j>'l^vJ'  J.  'wJt-^  J^->5  Lr:4^  ^;i  fait  comprendre 
pourquoi  o^^  a  pris  le  sens  expliqué  p.  908. 

76,  3:  a'tazet.  i^-~^^.  est  décliner  son  nom  et  ses 
qualités  :  je  suis  fils  d'un  tel,  de  telle  tribu.  (^-X?l  est 
prononcer  le  cri  de  rallie^nent  de  la  tribu,  la  parole  de 
reconnaissance  de  la  tribu  =  class.  aussi  ^ô\,  Diw.  Hod. 

Wellh.  N°  1434  v.  4  et  Scholien  p.  416.  On  a  tellement 
l'habitude  de  proférer  son  ï.;c  ou  son  bv^,  lorsqu'on  est 
efifrayé,  qu'un  Bédouin  dont  on  ne  connaît  pas  la  tribu 
est  brusquement  effrayé  pour  qu'il  soit  forcé  de  se  faire 
connaître.  Inconsciemment,  il  profère  alors  le  cri  de  sa 
tribu.  C'est  pour  cela  qu'à  Aden  ^^J^\  est  devenu  sim- 
plement criailler.  La  "Aulaqite  fut  tellement  effrayée  par 
la  hardiesse  de  son  amoureux,  qu'elle  se  mit  à  crier  sa 

filiation.  J'ai  parlé  des  cris  de  guerre,  aussi  appelés  K=>^ 

ou  jJj,  le  Jjuj^  classique,  dans  Arabica  IV  p.  17  et  ss.. 
Arabica  V  229  et  s.  ;  Prairies  d'Or  V  p.  136, 140,  Goldziher 
M  S  I  p.  60  et  ss.,  idem.  Litt.  Blatt  f.  Orient.  Phil.  III 
p.  27,  Nôldeke  Funf  Mo'all.  II  p.  78,  Huber  Journal 
p.  176.  A  présent,  je  suis  à  même  de  donner  beaucoup 
plus  de  renseignements  sur  cette  matière. 

76,  8:  edgam.  jJS,  pi.  ^ù,  et  ^âô,  Hdr  Gl.  s.  v.. 
(^j  est  stossen,  aussi  en  Syrie  et  en  Palestine,  Lôhr, 
DJ  p.  15  note.  A  Ôabwah,  ^j>,  o,  ma7'chcr  =  aiWeuvs 
s_iL>j,  propr.  frapper  des  pieds,  stossen.  Le  éabwanî  et 


1182 
le  Harîbî  disent  aussi  ^o,  marcher  vite.  Les  deux,  am- 
plifications  de  o^;  cf.   Jso,  \_^j  et  Jio,  Hdr  p.  101  et 

Gloss  s.  V.,  comme  ^ô,  ^ù  et  ^'ù,  Hdr    Gl.  s.  v..  Abu 
Sâlim  Dabi  dit  dans  une  qasîdah: 

i_,a^lXj|5     iLy«L^Ul     *i^X-J     (^O     (Js£:     JLw 
v-^*  *  f-rl!    lAxc    ;V-2-=^    i  c^^"^     (*-€-^    (3>-^^ 

-Sa^we  ceux  qui  sont  sicr  la  hauteicr  d'él-H.  et  d'ed-D. 
Et  dis-leur  que  je  suis  encore  enfermé  chez  le  médecin. 

76,  9:  delwalî  me  fut  expliqué  par  s^,  mais  mes 
Datînois  ne  comprenaient  pas  bien  ce  mot,  ni  toute 
l'allusion  enfermée  dans  la  phrase  suivante.  Je  crois  que 

c'est  »^o,  petit  seau,  =  le  class.  s'^u>,  L  A  XVIII  p.  290, 
14.  Elle  compare  son  vagin,  qui  lui  fait  mal,  à  un  seau. 

76,  9:  lisez  môlëh. 

76,  10:   hanibet   beh.   v^i^>  a,   se  fixer ^  s'arrêter, 

sich  festsetzen.  Dû'^an  el-Murqusi  (+  1315)  a  dit: 

+ 


4)  15ab\'l.  duppu.  ii^,  est  aussi  quote-part^  tache,  Aufgabc.  Dans 
une  qasîdali  en  mon  honneur,  je  trouve  cette  rodomontade  (''awlaqî): 

J'ai  quatre  cents  taureaux  laboureurs  (guerriers)  j^our  remplir 

\ina  lâche. 
Ils  sortent  le  matin  tous  à   la  fuis,  et  un  garçon  les  mène 

[(au  travail  =  sultan  Sâleli  d'Ansâb). 
Sur  jjj,  voyez  le  Gloss.  s.  v.. 


1183 

C'est   que  tout  taureau  fort,  s'il  s'est  accroché  dans 

[son  joîig, 
Le  batteur  fera  sortir  la  douleur  de  la  icte. 
Enteh   \idak   luiqid')  yôm  kùnna  fim-màrkab 


1)  (JLe  L\iL>,  0,  se  rappeler.  iA5L>  :=  q^^'j  eingedenk.  ^^Jij  [q^^ 
pas  usité]   =   y  J>,   se  rappeler,  réfléchir  à.  ^^  ^  Cso^   JLc  q^', 

CI    >  _ 

rappeler  qqc  à  qqn.  ^^—îJiJ'  ^%  =  Syr.  /  c-^^  i5>  aussi  I.Ich-,  Snouck 
Feestbundel  p.  27.  ^jj  q^Î,  q^^i  et  qJïj,  ê<rc  persuadé  de,  croire. 
Fleischer  voulait,  Kl.  Schriften  I  pp.  50  et  s.,  140,  que  ces  formes 
à  t  initial  déiivent  de  la  VIII«  conjugaison  Joui  pour  J-*^'j  comme 
\X^'  de  i-Xi?"),  dont  la  première  syllabe  it  serait  tombée,  ce  qui  aurait 
formé  le  thème  secondaire  J>*J',  plus  rarement  JjtJ'.  Bartli,  NB  p.  27G 

et  s.,  rejette  cette  théorie  et  considère  J*-*-J'  comme  thème  original 
oùj  serait  devenu  o,  par  substitution  harmonique,  les  Ai'abes  n'aimant 

pas  les  mots  à  ^  initial  faisant  syllabe  sim[ile.  Il  fait  observer  que 
tous  les  substantifs  dérivés  de  ce  thème   JsXj  >  J^xj'  offrent  la  pro- 

>  }  >         -> 

nonciation   j:   cl^Lj"  de  Oj^j  au  lieu  de  oK^  ;   'lU.^  de  |?5,  au  lieu 

_  j  <j  1 

de  i^^^jj  etc..  L'observation  est  juste,  et  notre  ^-J^  =  JL  la  confirme. 

Mais  l'explication  de  Baith,  (jui  appelle  j  préfixe,  ne  me  satisfait  pas, 
et   Philippi   a   raison   de   ne   pas   l'accepte)',   ZDMG   40  p.  155.  La 

voyelle  de  j    peut   avoir  son  origine  dans  le  ^  primitif,  mais  que  co 

J  initial  soit  devenu  directement  J'j  j'ai  de  la  ])eino  à  le  croire.  Je  vois 
à  présent  que  Brockelmann,  VGSS  p.  385,  l'explique  d'une  autre 
façon:  dans  les  dérivés  dos  J^j,  la  diphtliongue  awest  toujours 
raccourcie  en  û,  comme  tugâh,  vis-à-vis,  turât,  hérilage,  qui 
sciaient  donc  pour  tawgâh  et  tawrât,  et  il  renvoie  au  §  42  de 
son    ouvrage.    Mais   ce  §  est,    d'afjrès    moi,    en    partie   basé   sur  imc 


1184 

hàqqak  uhèneb  ''aleyna  fim-heyd,  est  ce  qxie  tu  te 
rappelles  encore  lorsque  nous  étions  à  bord  de  ton  bateau 
et  que  celui-ci  s'était  échoué  sur  %m  écueil  {auf  dem  Fel- 

sen  festsitzen)?  jC>Ji    i  ^.-^J^,  il  resta  accroché  dans  le 

troit,  sass  im  Loch  (est.  ^^Ssl:'  J.  c>^^^^  ij',  je  suis  encore 

engagé  avec  V argent  :=-j'ai  encore  des  dettes.  S^c>ù\  c>-y^ 

i^^-fiJb.  ^3,  la  médecine  m'est  restée,  s'est  arrêtée^  dans  la 
gorge,  sitzt  im  Halse  fest.  'iJ^^^j  o*>^^,  ich  hdnge  an 

dem  Weib.  'iLJ^*,  Q  %jJ^  dU  c;/>«ï.,  tu  as  été  pincé,  tu  te 
trouves  dans  un  joli  pétrin.  On  dit  ^::.^.jJ^^  ^^jJ^  lors- 
qu'on  se   trouve  engagé  dans   une  situation  d'où  l'issue 


conclusion  erronée  et  en  partie  fousse,  quant  aux  exemples.  Si  tuéîili 
provenait  de  tawgâh,  la  forme  uniquement  correcte  tigûh, 
Gloss.  s.  V.,  serait  après  coup  calquée  sur  le  JL«  des  autres  mots  ana- 
logues, et  tugâli  serait  primaire.  LA  XVIII  p.  455,"  a  les  deux 
formes,  et  il  semble  que  les  grammairiens  considèrent  tugâh  comme 
plus  correcte.  Il  faut  du  reste  admettre  une  forme  primaire  tiwgîili, 
comme  tilgiV,  ce  qui  aurait  donné  tî^âh,  devenu  de  bonne  heure 
tigâh,    en    vertu   d'un   phénomène   fréquent    dans    les  dialectes  du 

Nord.  Si  tugâh  <tawgûh,  il  faut  aussi  que  le  verbe  x:s\j' soit  ou 

-   -  o  ^ 

un  dénominatif  de  3L:S\j',  ou  il  est  pour  i<^j^,  selon  la  théorie  de 
Brockelmann;  les  deux  alternatives  me  parai.ssent  peu  plausibles. 
J'avoue  que  l'explication  de  feu  notre  cheykh  de  Leipzig  me  sourit 
le   plus.   On   pourra   lire   l'opinion   des   grammairiens  arabes  sur  ces 

formes  dans  I  Sîdah  XIV  j).  218  et  s.,  qui  dit  que  si  uV<^J   venait 

de  l\:s^j1,  on  dirait  À<.j  et  non  lA^o.  I\Iais  si  quelques  verbes  ont 

la  forme  J^",  comme  O  J',   5-^",   J>^j  '"^j  d'autres  sont  sur  Jjû": 

ji^o",   *.>^',  AJLj'. 

1)  Prononcé  lia  m  ba  h. 


J 


1185 

est  difficile:  je  suis  ims  et  pincé,  H(.li"  Gl.  p.  722.  Un 
synonyme  de  --^^^  ^st  ^  u^y>,  aussi  au  fig.  être  dans 

im  Joli  pétrin.  '!^y>,  mauvaise  impasse  =:  iL-J^  ou  ic^. 

76,  11:  yitljàndaqow.  ^  ^Osj^' ,  plaisanter  avec 
fjrpi,  mais  ,Jj^  o^-^^^^'j  ^^  moquer  de  qqn  =  -iJU-p",  G  0  ^). 

76,  11:   ala  'a bas.   Ala  =  J,  prononcé  j,   et,   avec 

un  a  prosthétique,  ala,  comme  alàmma  et  làmma, 
lorsque,   ila  et  la,   si.  Il  est  très  curieux  que  l'article 

manque  ici,  comme  l'indétermination  des  classiques  Sb'o, 

lAc,  y^,  ^jAc,  Reckendorf  S  V  p.  164,  Donat  Vernier 
Gr.  §§  507  et  580.  L'explication  de  Fleischer  Kl.  Schrif- 
ten   I  p.  156  ne  suffit  pas.  Et  l'article  ne  figure  jamais 

dans  ce  mot  dans  le  Sud,  pas  plus  que  dans  'i>^^^,  de 

bon  matin,  M  S  0  S  V  ii  p.  104  d.  1..  Nous  avons  ici 
N°  57,  V.  3: 

iilàX^J^     XClaw^      ^-V^'^      ■  '■^^^     XcLw 

Tantôt  (la  guerre)  nous  vient  d  midi,  tantôt  à  la  pointe 

[du  jour. 

La  lurah   a  aussi  ^;c^  LA  VIII  p.  213;  ZDMG61 

p.  452. 
Pour   moi,   ce   sont  des   réminiscences,   remontant  au 

loin,  de  la  mimation  qui  indique  la  détermination  :  ,ji^  = 


1)  ^Up^'i'  aussi  marcher  à  pas  lents,  traîner  les  pieds,  presque  = 

-   '■    ^      o 

.fcj^Ajt,  comme   Stummo  MGT  Gloss.  s.v. ;  (Jâliiz,  Livre  des  Avares 


1).    222,    '«:  -JU^. 


1186 

lLIî,  comme  lAc,  demain.  Meissner,  dont  j'apprécie  beau- 
coup le  sens  philologique,  dit  dans  son  „Assyrische  Gram- 
matik"  §38b:  „Le  status  emphaticus  consiste  en  la  racine 
et  une  voyelle  y  attachée,  et  indique  originairement  le 
nom  déterminé.  Dans  le  babylonien  archaïque,  un  m, 
abbrévié  de  ma,  originairement  déterminatif,  est  attaché, 
au  singulier  et  au  pluriel  féminin,  à  la  voyelle  finale 
(mimation):  sarrum  =  ^e  roz,  bêltum  =  Za  maî- 
tresse^ awfitum,  les  iMroles.  Dans  les  temps  posté- 
rieurs, la  signification  de  cet  m  est  tout-à-fait  offusquée  : 
il  peut  rester  ou  manquer,  et  le  nom  peut  avoir  un  sens 
déterminé  ou  indéterminé:  sarru  ou  sarrum  peut 
signifier:  le  roi  et  un  roi."  C'est  là  la  première  fois  que 
nous  constatons  une  telle  définition  de  la  mimation. 
DeUtzsch,  Gr.  189  en  haut,  et  Ungnad,  Z  A  XVIII  p.  2^), 
disent  que  la  désinence  um,  im,  a  m  indique  en  même 
temps  l'état  déterminé  et  l'état  indéterminé.  A  en  juger 
par  le  minéo-sabéen  et  les  rudiments  araméens,  la  thèse 
de  Meissner  me  paraît  fort  juste.  Elle  explique  pourquoi 
les  noms  propres,  en  arabe  et  en  sabéen,  peuvent  avoir 
la  mimation  qui,  dans  ce  cas,  serait  un  reste  fort  ancien. 

Go, 

.Ju  (Badrum)  serait  donc,  comme  nom  propre,  exacte- 
ment, à  l'origine,  la  même  chose  que  q'^^,  ^aj^^  v. 
ici  p.  293  et  ss.  ;  yiai»  (Hadirum)  serait  identique  à  ^^^ya=>, 


1)  Unfïniid,  dans  sa  Babyl.-Assyr.  Gr.,  n'est  pas  explicite  sur  la 
portée  de  la  mimation,  mais  dans  l'exemple  awêhnn  su  sarrak, 
cet  hommc-là  est  un  voleur,  p.  20  en  haut,  la  mimation  avec  le 
pronom  suivant  implique  bien  la  détermination.  Zimmern,  V  G  S  S 
§  57,  dit  que  l'assyrien  n'a  pas  un  signe  extérieur  de  la  détermination. 
Ilommel  GGG  p.  120  est  aussi  d'avis  que  um  indiquait  le  nominatif 
déterminé. 


J 


1187 

Goldz.  Abhandl.  II  p.  1,  3,  et  à^i^J!,  ici  p.  287.  On  com- 
prend à  présent  pourquoi  les  noms  propres  en  arabe  ont 
conservé  la  mimation,  qui  est  là  originairement  le  signe 

G  w 

de  la  détermination.  Cu^  (Mohammadum)  équivaut  donc 

à  (j^-LjjtJ!,  et  l'on  comprend  également  que  Zamahsarî,  el- 
Mofassal   i  p.    7   en  bas,  enseigne  que  l'article,  dans  les 

Go,  >     ù    _ 

noms  propres,  est  facultatif):  ,}.^:as  est  à  l'origine  =  J<>u2àJî 

(ainsi  toujours  ce  nom)   et   q^^-   C'est   pour  cela  que 

les  noms  propres  en  ^^L  sont  diptotes.^Les  anciens  Arabes 
ont  dû  avoir  eu  la  conscience  de  la  détermination  de 
cette  désinence.  Plus  tard,  lorsque  la  mimation  devint 
le  signe  de  l'indétermination,  comme  la  mimation  l'est 
devenue  plus  tard  en  assyrien,  ils  auront  calqué  des  noms 

propres  tels  que  j^';j',  ^J^_^.,  etc.,  sur  les  noms  en  ^^L. 

Si  l'on  n'admet  pas  cela,  on  expliquera  difficilement  lU^ 
et  ^.>r*^;  voyez  ma  La  langue  arabe  p.  36.  Mais  il  y  a 
un  autre  argument  qui  milite  en  faveur  de  la  déterrai- 
nation  originelle  de  um.  Cet  élément  démonstratif  Mm 
est  le  même  que  l'article  em  (um)  des  dialectes  méri- 
dionaux, depuis  Hdr  jusqu'à  la  mer  Rouge,  p.  281  et  ss.. 
Cet  article  m  est  donc  très  ancien  ;  il  devient  qqf  dans 
le  pays  des  ""Awâliq  en;  dans  les  inscriptions  d'el-'Ola 
i^^);  en  sabéen,  comme  syllabe  finale,  -an.  L'élément 
démonstratif  n,   qui  est  une  variation  postérieure  de  m, 


•1)  Cela  est  aussi  lo  cas  dans  les  inscriptions  safâtiques,  Littmann, 
Zur  Entziiïerunj::;  dcr  Safà-Inscliriften  p.  34,  Dussand,  Les  Arabes  en 
Syrie  p.  112:  vJliJtP  =  ouL*J!;  p.  13G:  tiU^  =  li^jLlî,  mais  p.  149 

2)  Brockelrnann,  VGSS  §  107,  dit  que  les  inscriptions  de  SafTi  et 


1188 

est  resté  comme  status  indeterminatus  en  arabe,  et  il  a 
fait  la  même  évolution  que  le  babylonien  um. 

Il  n'est  donc  pas  impossible  que  les  substantifs  mar- 
quant le  temps,  à  l'accusatif  avec  ou  sans  tanwîn,  ap- 
partiennent  au  vieux  fond  sémiticiue,  où  les  désinences 

des  cas  dénotaient  la  détermination.  L-ix*i:  serait  donc 
originairement  =  ^^"^  cU^,  ce  qui  se  dit  aussi,  comme 
I.  Sa'd  VIII  p.  326,  2i;  ^wJub  r=:  ibid.  1.  17  ^-JiiJ'  J..  Le 
tanwîn  est  tombé  (dans  le  Sud,  toujours),  et  la  vo^'Clle 
a  est  seule  restée  :  s^Ai,  ce  jour-là  dans  la  matinée  ou 
aujourd'hui  dans  '  la  matinée.  On  aura  plus  tard  diffé- 
rencié  cette  forme  d'avec  s^Ai,  qui  est  une  matinée  quel- 
conque d'après  les  grammairiens,  mais  L  A  XIX  p.  210, 
3  d'en   bas  dit:   iii?   ^\  J^*jCw.j  "^  ^c^^  ç='  »^;s:u3  ti^o'l 

LiXs^  oUi  ^j  }  ^-y^  liULJ  3!.  D'après  cela,  s^lXc  serait 
donc  ce  wa^??i  d'aujourd'hui^  et  LA  III  p.  333,  14: 
L:>L^  iOùo1,  j^'e  suis  venu  chez  lui  ce  matin.  En  tout  cas, 
la  différence  que  les  grammairiens  font  dans  les  trois  mots 

iiX,  -:5:^  et  a^vAi,  qui  sout  diptotes  lorsqu'ils  désignent 
un  temps  déterminé  et  triptotes  lorsque  le  temps  est 
indéterminé,   I.   Ya'is  I  p.  44,  L  A  XIX  p.  352,  8,  me 

paraît  bien  singulière.  De  cette  façon,  ^^xt  ^\  serait 
iusqu'à  ce  matin  de  bonne  heure,  et  a^iAc  ^li,  jusqu'à  un 

matin  de  bonne  heure,  ce  qui  est  trop  tiré  par  les  che- 
veux. Il   doit  y  avoir,  d'après  mes  faibles  lumières,  une 


de    LihyAn   ont   aussi   cet   article,   et  il  renvoie   à   Littmann  Entziff. 
p.  2,  mais  là  il  n'y  est  j)as  question  do  lia. 


1189 

tout  autre  raison,  et  les  deux  cas,  s^iAc  et  ïjAc,  repré- 
sentent deux  époques  de  l'emploi  des  désinences  et  dont 
le  premier  est  le  plus  ancien.  Les  grammairiens  ne  sont 
pas  ici  d'accord,  et  cela  est  toujours  un  signe  suspect. 
L'histoire  du  tanwîn,  je  le  répète,  n'est  pas  du  tout 
assez  étudiée.  L'exposé  do  Brockelmann  VGSS§246 
repose  sur  une  opinion  qui,  quant  au  fond,  est  contraire 
à  la  mienne.  Les  exemples  qu'il  cite  se  ramènent  facile- 
ment à  un  seul  point  de  départ  :  m  >  n  déterminatif,  dont 
les  restes  sont  encore  si  évidents  en  arabe  et  sporadi- 
quement en  éthiopien. 

76,  12:  qa^:î',  qui  sonnait  presque  comme  raiî;  c'est 
^^^  pour  le  litt.   1^^,  voyez   la  règle  Prov.   et  Dict. 

p.  61  et  s.  et  cf.  la  Iliz.  d'el-Bardâdî  IV  p.  101.  Cer- 
tains savants  arabes  ont  prétendu  que  le  (jr>  est  une 
lettre  particulière  aux  Arabes,  LA  IV  p.  255,  is  d'en 
bas,  Muzhir  i  p.  156,  9,  et  le  Prophète  paraît  avoir  été 
du  môme  avis,  Hdr  p.  259  et  note  2,  A  Fischer  ZDMG 
59  p.  837  et  s.,  Vollers  VS  p.  13,  qui  interprète  in- 
exactement les  paroles  du  Prophète.  Elle  subit  beaucoup 
de  métamorphoses,  mais  je  ne  m'occuperai  ici  que  de 
son  passage  en  i,  déjà  mentionné  Hdr  p.  637  et  observé 
par  Glaser  Skizze  II  pp.  195,  200,  201,  comme  dans 
A  i  i  a  h  =  j»jy5:\àxiî  j."^.  Cette  prononciation  n'est  pas  une 
spécialité  de  Datînah,  comme  le  dit  Brockelmann  V  G  S  S 
p.  132,  d'après  mon  observation  Hdr  p.  637^).  Elle  se 
trouve  depuis  'Oman  jusqu'à  la  frontière  de  Beyhûn, 
Arabica  V  p.  24  note.  Dans  le  Dàhir,  elle  est  plus  rare. 
Elle  n'a   pas  lieu  V  lorsque  ij^  est  suivi  de      ou  de 


4)  Arabica  V  p.  1G7  n'a  pas  cette  icstiiction. 


1190 

et  dont  il  n'est  séparé  que  par  une  voyelle:  darab, 
(larr,  dânî  ou  dênî,  mais  ramaî  ^s^,  "^araî  ijo^, 
qaraî   ijc^,    et   Ramaiân    qL*i2x^;   ^°   lorsque   le  mot 

contient  un  j:  il  ail  a,  J^,  Fadl,  J-^iaj;  cf.  Vollers 
V  S  p.  32.  Par  contre,  le  J  devient  ici  emphatique  sous 
l'influence  du  ^jc,  v.  p.  51  n.  4;  3°  dans  plusieurs  mots, 
sans  que  j'aie  pu  trouver  une  règle  pour  cela.  Ainsi,  on 

dit  toujours  dân  ^^Lo,  tawadda  ^^^jj,  qâdi  ^_tf^'j■'), 
màdba  ^Jr^^c2x,  digir  j:^^^,  qarta  ic^yj  prêé^),   mais 

fur^:a  ïOi^^,  débarcadère.  La  preuve  que  les  Arabes 
entendent  ici  un  1,  c'est  qu'ils  l'écrivent  souvent  avec 
(3,  et  je  trouve  dans  les  textes  que  des  indigènes  m'ont 


1)  Mais  le  verbe  a  1:  el-insan  yiqli  era-sôm  ba'^d  em-sa- 
fai',  peul-on  accomplir  le  jeune  après  le  voyarjel  Pourtant  ,  c-^>2  paraît 
avoir  été  prononcé  avec  1  en  Espagne,  parce  que  l'espagnol  a  a /ca/(/e, 
forme  contanninée  de  q  â  1  i  et  de  q  â  d  i,  mon  Mehrisprache  p.  25.  On  trouve 
aussi  en  espagnol  arrahal=:  (j^sJ-*'-  Dozy,  GIoss.  des  Mots  espagnols 

s.  V.  Adive  et  suppl  ,  parle  d'une  bête  fauve  lobb  wJ,  espagn.  loho^ 
qu'il  traduit  par  loup.  Si  ce  n'est  pas  directement  hipus,  ce  pour- 
rait   être    la   prononciation  sudarabique  de   ^H-^,    lab*^  avec  le    p 

~  y 

affaibli:  laba,  à  moins  que  ce  ne  soit  une  prononciation  pour  ^-j*3, 
mais  la  permutation  de  d  et  1  en  arabe  est  bien  rare,  v.  p.  1192 
et  4193. 

2)  u:^  devient  au.ssi  qqf.  Js  dans  l'Afrique  du  Nord:  -1^  =  ij^, 
Fischer  M  S  0  S  II,  ii,  p.  278  et  279  [ce  qui  s'est  déjà  produit  dans 
la  lurah,  où  (ji2_*J5  =  .h  *  "'t],  riyât  =  ijAj.,_  jardin,  Marçais  Gr. 
p.  230,  N"".  XXil  V.  1  et  p.  308,  q têb  =  wA_x..oaJ5,  baguette,  ibid. 
p.  313,  Bel  la  Djàzya  p.  9G,  Socin  ZADM  p.  1G4,  note  51;  RMTA 

p.  451:  iOpA^ox  =  iùixi;  Brockelmann  VOS  S  §  55  6 /3.  Cette  per- 
mutation est  fiicilitée  par  la  prononciation  de  -b  comme  un  d  em- 
phatique: (i:  dabal)  =  ^nJj;  dass.  L:>0  et  \-^^  LA  XIX  p.  327 
en  bas. 


I 


1191 

écrits  5^  =  vJitv^,  ■?  4  =^  (£.y^'  '^^  "^  ''^'*^'  Il  Y  ^  même 
des  mots  où  l'emphaticité  de  \  est  devenue  nulle,  et  j'ai 
souvent  entendu   lahak  (ou  1  i h i k)  =  dV.:^'^  et  lôâ^  = 

c  vo,  comme  si  c'était  un  1  seulement.  Cette  prononcia- 
tion n'est  pas  moderne,  car  elle  a  laissé  des  traces  dans 
la  lu  rail,  ainsi  que  je  l'ai  exposé  p.  674  note  2.  Le 
mehri  la  connaît  aussi,  mon  M  S  p.  25,  quoique  A  Jahn 
n'en  parle  pas  dans  sa  G  M  S  ;  aussi  en  soqotrî ,  car 
nous  lisons  chez  D  H  Mùller,  Mehri  und  Soqotri-Sprache 
II  Soqotri  Texte  (Sudarab.  Exped.  VI)  p.  107,  18:  wa- 
hérek  lirhâls  (=lirhads)  wal  sirhed,  et  f  essayais 
de  le  laver,  mais  il  ne  se  laisse  pas  laver.  C'est  donc 
le  verbe  connu  03z>.,  laver  ^),  qui  se  trouve  dans  toutes 
les  langues  sémitiques.  N'ayant  pas  étudié  le  soqotri,  je 
ne  sais  si  ce  1  =  d  est  emphatique.  Je  le  crois,  puisqu'il 
l'est  en  mehri.  J^-L  et  u^u^-b  sont  en  Dt  synonymes, 
frapper  avec  la  main  plate.  Y  a-t-il  ici  i  devenu  ^j^, 
ce  qui  serait  curieux,  ou  bien  ^<^  est-il  un  développe- 
ment direct  de  ^_^,  ce  qui  est  moins  probable? 

A  Jahn  constate  trois  prononciations  du  (_p  dans  le 
monde  arabe  et  GMS  p.  4  note  2  il  dit:  „So  viel  mein 
Ohr  hôrte."  Comme  il  énumère  Marrib,  Egypte,  Pales- 
tine, Syrie,  Arabie  septentrionale  (Wadi  Sirhcln,  Somar 
(sic  !)  )  et  Negd,  on  croirait  qu'il  a  été  dans  ces  pays. 
Lorsqu'on  sait  qu'il  ne  quittait  jamais  le  bateau  de  l'Expé- 
dition sudarabique,  la  seule  fois  qu'il  vint  en  Orient,  cette 
assertion  péremptoire  devient  tout  bonnement  grotesque. 

Le  paragraphe  46  Ka  p.  132  de  Brockelmann  V  G  S  S 
a  été  rédigé  un  peu  à  la  hilte.  L'auteur  y  dit  à  propos 
du  passage  de  d  en  I:   „une   telle  transition  se  trouve 

1)  Ma  brochure  Lu  langue  arabe  p.  59. 

79 


1192 

aussi  en  i  d  a  <  i  1  â  déjà  dans  les  chansons  bédouines 
d'Ibn  Haldoûn,  Prol.  3,  376,  6."  J'ai  déjà  prouvé,  p.  466 
et  ss.,  que  cette  supposition,  avancée  d'abord  par  Stumme, 
T  T  B  L  Gloss.  s.  v.,  et  ensuite  par  Hartmann  L  L  W 
p.  237  note,  répétée  par  lui  Z  A  19  p.  364  note,  et  par 
Socin  Diwan  III  p.  87,  est  une  erreur.  Il  n'y  a  pas 
d'exemple  sûr  en  arabe  de  permutation  de  ces  deux  lettres  : 
d>l').  toi,  qui  n'est  jamais  prononcé  ida,  est  o]  +  a, 
tandis  que  %  est  "î^  avec  un  a  prostéthique,  comme 
lamma  et  alamma  et  alii-f j  ^ i  =_Vj  dial.  '^.  Il  faudrait 
donc  comparer,  non  pas  îo!  et  'bJî,  mais  ot  et  "^  et  alors 

s'évanouit  toute  possibilité  de  permutation.  ^î  et  lJî  vont 

quelquefois  sur  une  seule  note  ;  )S\  toujours  sur  deux. 

Lorsque,  dans  le  même  §,  Brockelmann  prétend  que 
le  tripolitain  launah,  da  pîôfdich,  rentre  dans  la  même 
catégorie,  il  ne  fait  que  suivre  Stumme  MGT  p.  313 
s.  V.  ^.  Les  tripol.  lâunâh,  lâwùnha  et  làunha  ne 
viennent  point  de  îi  —  ^^^  +  suffixes,  comme  le  pense 
Stumme,  o.  et  1.1.,  ni  de  1  â  h  u  n  â,  comme  le  veut  Brockel- 
mann, 0.  et  1.  1.,  mais  c'est  la  conjonction  coordonnée 
la winn  +  suffixes,   qui  est   surtout  employée  dans  les 

parlers  du  Haurân,  voyez  ici  pp.  351  et  472,  =  LJ'.  Elle 
est  composée  de  "i+^  +  Q'*)-  Ce  ^5  devient  3  dans  la 
composition  1  a  w  i  n  n,  où  il  est  bref  dans  le  mètre,  comme 


1)  De  d  >  1  on  pourrait  peut-être  citer  w»^^,  1  Sa'd  IV  i  p.  140,  '*,  et 
■wOtî,  jower,  plaisanter. 

2)  Quelquefois    ,..)  :     lawànnuh.    La  fa     'al  a    bétu    lawànn 

el-'abd  nii'ini  ma"^  el-horma,  il  s'en  alla  à  la  maison,  el  voilà 
[qu'il    trouve]  Vcsclavc  qui  couchait  avec  la  femme;  cf.  p.  472,  14. 


1193 

il  l'est  également  avec  l'i  (ou  l'é)  prostéthique  dans  il  y  a, 
èlya'),  ou  comme  oLxJ  pour  o!c^,  Hdr  Gloss-  p.  708, 
Brockelm.  VGSS  p.  76,  7  d'en  bas,  et  le  mehiî  lâd. 
11  correspond,  comme  sens,  au  classique  v  toL  Je  ne  crois 
pas  non  plus  que  le  sabéen  îo  =  hirayar.  30  =:  %  dont 
j'ai  parlé  p.  417  et  note  5,  soit  un  exemple  de  d  >  1, 
comme  le  pense  Brockelmann,  en  suivant  Praetorius 
Z  D  M  G  53  p.  16  ^).  Ce  sont  probablement  deux  mots 
différents,  mais  les  deux  formes  b  et  30,  qui  sont  hors 
de  doute,  restent  à  expliquer.  Elles  offrent  peut-être  la 
même  relation  et  la  même  évolution  que  ^J  dialectal  := 

_jJ,  class.  et  dialect.,  lb.  Nlb,  oL,  a!^-  Le  30  himyarite 
serait  alors  à  prononcer  dô,  selon  p.  297.  Ou  bien  ^o 
est-il  composé  de  la  négation  sabéenne  !o  et  du  pronom 
personnel  h  u,  comme  le  mandéen  In'?,  ne-pas,  est  ^b  +  in, 
Nôldeke  M  G  pp.  66  et  203,  et  le  syriaque  aL  est  jj  +  o«nj 
Duval  Gr.  Syr.  p.  283? 

Sur  la  prononciation  emphatique  de  J,  ne  provenant 
pas  de  02,  voyez  p.  51,  note  4.  Elle  se  trouvait  aussi 
chez  les  Syriens  occidentaux  lorsque  deux  1  se  suivaient 
sans  être  séparés  par  une  voyelle  pleine.  C'est  sans  doute 
par  cette  voie  que  ce  ]a.é»^1:;;.^  ^LiL  a  donné  lieu  au 
tafhîm  du  mot  M,  et  non  vice  versa,  comme  le  pense 
Duval  Gr.  Syr.  p.  24,  à  propos  du  syr.  alâhâ.  Dans 
M,  il  n'y  a  rien  qui  motive  l'emphaticité. 


1)  Voyez   ici  Gloss.  s.  v.,   Ifdr   p.  38   note   et   Gloss.  s.  v.  ;    èlya 
aussi  à  Trip.  Stumme  M  G  T  p.  283. 

2)  On  pourra  tout  au  plus  soupçonner  que  l'adveibe  sabéo-himya- 

rite   est   à   l'arabe  comme  OV*VlA,  via  publica,  itcr,  à  i3^fi>-<)  Arabica 
IV  p.  64  et  note. 


34. 

El-Murqusîeh. 

77,  10:  tasrîf  ou,  note  1,  tasrûf.  Brockelmann 
VGSS  I  §75a,  dit  que  „dans  toutes  les  langues  sémi- 
tiques, les  labiales,  principalement  m,  assimilent  un  a, 
i  en  u,"  et  il  cite  §75|  notre  tasrûf  comme  exemple 
de  cette  assimilation.  Je  ne  nie  pas  que  surtout  l'm  exerce 
une  telle  influence,  quoique,  pour  ma  part,  je  l'explique 
un  peu  différemment^),  mais  je  ne  crois  vraiment  pas 
que  tasrûf  soit  ici  à  sa  place  comme  exemple  à  l'appui. 
Jyùj  est  un  infinitif  légulier,  ici  p.  536  et  note  2,  dans 
les  dialectes  du  Sud,  où  il  est  cependant  plutôt  rare,  et 
en  'Oman.  Il  se  forme  même  des  Jjîs  qui  ne  contiennent 
pas  de  labiale. 

77,  10:   "a  ter  eh.  is^ilc,  dispute^   rixe,  émeute.   c^okJ^ 

3_i!c  iOLo  il  y  eut  entre  eux  une  dispute,   une   rixe  ou 

une  discorde.  '>jj:sl.\  v\v>r.  /^  eU^,  tes  paroles  sont  blés- 

santés,  elles  amènent  la  discorde,  y'wjù",  se  disputer^  en 

venir  aux  mains,  j^  [^Ji  Axj^  '^/-*j')  ils  se  disputèrent 
ou   se  battirent,  et  ensuite  on  les  sépara  Vun  de  l'autre. 


1)    P.  e.    par  la  permutation  constante  de  i  et  u,  sans  qu'il  y  ait, 
dans  le  mot,  une  labiale. 


1195 

Sâleh  em-Bedr ')  a  dit  à  l'adresse  du  sultan  des  Fadli: 

ii)*_*jotj  eV^^iy  J.  Kj]yiJI  Je.     a^!c  (CjLt^  ^fjç-'"  ^  ^"^     ■■ 

Fadl!  ne  dis  pas  des  choses  inconvenantes'. 

Les    ChaféHtes^)  vont  encore  te  blâmer  à  cause  de 

[ton  langage. 
Tu  confiais  nos  expéditions  matinales  et  tu  connais 

[nos  hommes. 
Si  nous  partons  le  matin  pour  ton  pays,  on  t'en  fera 

[déguerpir. 

^i)Juû  ^JJ!  ou  .^ijw  L  est,  chez  les  Bédouins  du  Nord, 
une  imprécation,  pour  le  class.  éy^..  RO,  p.  419,  1,  tra- 
duit vj^'  j  r^  P^^  ungliicklich,  mais  c'est  trébucher 
sur  la  route. 

77,  12:   ragget  beh.   ",  0,  est  en  général  stossen, 

synonyme  de  _o  et  de  tiUv.  ic^jJ-L  ^s=>.,  il  me  donna 

^  ^  o   , 

un  coup  de  poignard.  Màlak  terôgg  birgîlak,  pour- 
quoi tapes-tu  des  pieds  ?  -/>;,  int.  (pour  -/>y),  hin  und 
her  îvackehi  RO   pp.    255,    7,    259,   5  d'en  bas;  agiter, 


1)  Qui  me  l'a  dicté  lui-même. 

2)  Pour  _  .Lv-<  et  -,-w,  comme  Oy^  pour  v_iy^>  Arabica  V  p.  163. 
Ce  thème  est  presque  toujours  ainsi  prononcé  et  écrit;  voyez  ici 
p.  478,  6  d'en  bas.  Le  verset  qui  fait  suite  à  celui  cité  Arabica  V 
note  2  est  ainsi  écrit  par  un  indigène: 

+  ■*"  -        + 

Si  nous  faisons  une  incursion  (nocturne),  7ious  sorlo)is  tous, 
Ou  bien  notis  mettons  la  charge  sur  le  bât  du  chameau. 

3)  C'est-à-dire,  les  Arabes,  car  ils  sont  tous  Chaféites  ici. 


1196 

Syrie,  i^y,  balancer,  branler,  vaciller,  ^y  ^jà^'i,  le  toit 

vacille,  icj.^,  bruit  sourd,  comme  lorsqu'on  entend  qqn 

marcher,  =  x>3  (deg^ah)  et  a^J,  v.  p.  903  et  s.,  io-^  ^-^' 
i_^wvLl!I  ,  entends-tu  le  bruit  (des  voix  ou  des  pieds)  des  gens  ? 

o^^As  L\ij  qT^'  a^c  ^,  Il  y  avait  alors  un  vacarme 
parmi  les  Médinois.  ^A'iéah  demanda  alors:  „Qu' est-ce 
que  cela?"  —  „C'est  la  caravane  de  "A.  er  R.  qui  est 
arrivée",  lui  répondit-on^  I.  Sa'd  III  i  p.  97,  ii  d'en  bas. 
Les  développements  renferment  aussi  cette  idée:  ^,, 
j=>^  (j*^^,  ^==-;?  ^-  Il  y  a  ici  deux  courants  sémasio- 

logiques:  celui  de  taper,  stossen,  I.,  ^.,  Hdr  Gl.  s.  v., 
et  sa  métathèse  du   Nord  ^=>:,  Socin  Diw.  Gloss.  s.  v., 

^J^^J,  i'),  et  celui  de  trembler,  vaciller,  „.,  ac>j,  '^J>^j, 
!^..  Les  deux  sens  se  confondent  même,  car  ^^  est 
taper  des  pieds,  Hdr  Gl.  s.  v.,  et  class.  trembler  et  faire 
du   bruit,   Wellh.  Hodeyl.  N°.  165  v.  7,  N°.  262  v.  27, 

N°.  266  V.  8.  1 .  dans  notre  texte,  jeter  par  terre,  ter- 
rasser, prend  ce  sens  à  cause  de  la  préposition,  qui  est 
le  complément  usuel  de  tous  les  verbes  à  l'idée  ùq  jeter, 
dans  le  Sud. 

77,  12:  sur  qeym  =  |Jè  et  qawèymeha  =  L^ty>, 
voyez  p.  519  et  ss.  ;  cf.  p.  80,  23. 

1)  (j^_*J1j  y^_>^,  er  sliJsst  mit  dem  Ladenstoch  Dt.  ;j/^->jJ" 
iiUj>j  3^L<lJI,  du  slampfest  mit  dcinem  Fuss  don  Sack  zu  Dt, 
ulàmtalàt  hî'  marj^ûseh,  cl  lorsqu'il  cal  plein,  il  est  mar- 
éûsali.  L^"«-^  >ii'"-**^j,  je  me  suis  bien  bourré  le  ventre  =  i^;/-Mi«^. 


1197 

77,  15:   hulùqt  =  c>^iJl=>  par  assimilation  vocalique, 

comme  78,  2  r  u  k  u  b  e  t  =  o^>i.  et  h  u  n  n  u  t  e  t  =  oiL>  ; 

voyez  p.  357.  Brockelra.  VGSS  I  p.  537,  où  (3  n'y  a 
que  faire. 

77,  15:  ma  wâhed  qasa""  li  t]  e  y  1  e  h  :  ^xi3  =  v^à-ci/ 
G  0.  Une  telle  tournure  se  trouve  Boh.  V  p.  120,  6  d'en  bas  : 
iaï  ^î  K^jùf  ^y,  '.u^JcùS  Le,  je  n'ai  jamais  de  ma  vie  mis 

cl  découvert  le  côté  d'uîie  femme.  ^  u^  icJLv  \>  [^dl!  Jy*.]  JU» 

Le  Prophète  dit:  „Salamah,  donne-moi  la  femme."  Je 
lui  répondis:  „0  Messager  de  Dieu,  elle  m'a,  sapristi^ 
plu,  mais  je  ne  lui  ai  pas  mis  à  découvert  un  vêtement, 
Tab.  I  p.  1559,  3  et  s.. 

^-cco,  a,  découvrir,  mettre  à  découvert,  ôter  qqc  qui  couvre. 
Mâlak  qaéà^t  minni  Qm-difk\  pourquoi  m'as-tu  en- 
levé la  couverture?  ^^^S  .«.ciJiit,  la  lune  s'est  dévoilée,  s'est 

mise  à  découvert,   et  l'on  voit  que  le  «J:i^  f^^  d'el- 

Mutalammis,  Vollers  N°.  XXIV,  est  une  locution  encore 

courante.  J  ^r^'  /<^^/<5^^^^^^  partout,  propr.  mettre  à 
découvert.  On  sait  que  *J^  (et  «^)  veut  dire,  en  Syrie, 
en  Mésopotamie  et  en  Algérie,  voir,  regarder,  p.  500, 
Dalman  PD  p.  181,  id.  Il  est  paraphrasé  par  ^^  aussi 
L  A  X  p.  146,  12,  et  l'étymologie  que  je  donne  p.  500 
et  s.  (o  +  ^)  me  paraît  fort  peu  probable.  Le  sens  de 
regarder  découle  sans   difficulté   de  celui  de  v_jui/.   En 

'Oman,  t^,  démolir,  démanteler  (forteresse),  abattre  R  0 
p.  381,  G,  p.  427,  5  d'en  bas;  en  tripolitain,  abattre  la 
tente,  Stumme  TTBL  v.  221,  propr.  mettre  à  découvert. 


1198 

Stumme,  o.  1.  Gl.  s.  v.,  considère  j-î>i  dans  ce  sens  comme 
un   développement  de  ^jLi.  Cela  est  ici  impossible,  mais 

jiiS  a  fait  j-cii  dans  un  tout  autre  courant  sémasiolo- 
gique,  mentionné  au  Glossaire,  et  dans  lequel  nous  trou- 
vous  ^J^,  balayures  du  bain,  L  A  X  p.  146,  9  d'en  bas. 
Dans  le  Sud,  iL*_^,  pi.  t^  ou  ^^,  est  une  montagne 
de  moyenne  grandeur^  plus  petite  que  j^ji,  et  chez  les 
Diyêb,  colline,  ce  qui  rappelle  le  classique  i-jtxi,^.  ==  iui'î, 
L  A  IX  p.  424,  9.  ^'JôJ!  Q>^  'SjiJ>:â  est  une  petite  mon- 
tagne  à  O  q  1  a  t  B  e  n  i  "A  m  i  r,  d'où  sont  venus  les  ijt,ccJi^!  J^!, 

subdivision  des  -bLJ!  JJ>t,  tribu  des  ''Awdillah  d'ed- 
Dâhir.  ^  ^J^  (pron.  qas'an-heyr  p.  286)  est  un  en- 
droit  en   Marhah,    Arabica   IV   p.    53,  où  habitent  les 

^\j  J!,  âl  Rage  h,  dans  le  W.  em-'Ureyd.  J-c^î  ii*^ 
(ges^at)  est  en  Hdr  les  deux  cornes  du  bouquetin.  Le 
mot  se  trouve  également  dans  le  Nord.  Dans  la  célèbre 
Qasîdah    de   DiËr,    tante   de    'Aqâb,   elle  dit: 

4.  Récité:  Yagfelen  min  giéa^-al-Hamâd  el- 

[m  a  é  a  r  î  f  ) 


^  o-  o- 


Chanté:  ou.UUt  oU^J!  ^J^  ^^   o^^- 


1)  l'I.  de  uiyvv*  GO,  mais  plutôt  de  v^jL^,  quoique  j'aie  beau- 
coup d'exemples,  dans  la  langue  du  Nord,  d'un  pluriel  J-^Ux  d'un 
singulier  i}-«^,  tels  que  ou^Ll*  de  v^JiXa^,  qui  rentre:,  '■^■f^^-^  de 
wà-^^,  maiyre,  cfllanquù  ;  j*^\âa  de  jlaà^,  chameau  qui  a  ses  dents; 


1199 

Ils  (les  dalùl)  prennent  ombrage  des  arbustes  qui 

[se  lèvent  dans  le  désert. 

iot-cijj,  pi.  «^,  est  arbuste  en  généraP).  J'ai  toujours 

eu   l'idée  qu'il  y  a  aussi  un  thème  s-i:o  qui  signifie  être 
haut  ou  qqc  d'analogue. 

77,  20:  "a  s  al.  Le  miel  est  extrêmement  goûté  dans 
le  Sud,  et  il  y  en  a  de  bon.  Il  provient  toujours  d'abeilles 
sauvages.  Le  miel  de  ôerdân  est  particulièrement  re- 
nommé, Arabica  V  p.  238.  Etant  à  'Azzân,  je  l'ai  fait 
venir  de  là.  Le  sultan  Muhsin  nous  en  donnait  aussi  tous 
les  jours.  Mêlé  au  café,  il  avait  un  effet  miraculeux!  Le 
Prophète  était  fort  amateur  de  miel,  Boh.  VII  p.  77  en 

bas,  au  point  que  ïdLoloti!  ^!J>  était,  dans  sa  bouche,  un 
euphémisme  pour  faire  l'amour,  I.  Sa^d  VIII  p.  336,  2. 


w*-ç>^  de  L_^^->J-<>,  expéditeur  =  i^j^  Negd  ;  j*r^l-^  de  (*-r^, 
chamelle  noire.  Dans  la  lunih  j'ai  noté  ^j.Ls^  de  Pf^}  chamelle 
qui  donne  peu  de  lait;  K^ytoLo   de    J-^y"?  nourrice. 

i)  Manzoni  el-Yemen,  p.  37,  '^  d'en  bas,  donne  »Qascinàh  (Asclepias 
nivea)",  mais  je  ne  sais  si  c'est  le  mêiue  mot.  R  0  p.  336,  3  :  ^^^t 

kleine,  getrocknete  Finche. 


35. 

^3|^  L«  est  dans  tout  le  Sud  tant  que  =  ^.b  U  Reinhardt, 
p.  122  en  bas  et  p.  210,  donne  pour  ''Oman  ma  zâl  = 
ma  dâm,  so  lange  aïs,  loàhrend.  Le  verbe  y  est  aussi 
conjugué,  de  même  qu'en  Syrie  et  dans  l'Afrique  du  Nord, 
avec  un  autre  sens,  Stumme  T  Gr.  p.  139,  Marçais  Gr. 
p.  184,  et  comme  l'est  aussi  olc  hors  du  Sud:  ma  zilt 
(=:dùmt)  bâqi,  so  lange  ich  biti,  ibid.  p.  274,  1.  De 
même,  en  Syrie,  comme  dans  ce  vers,  Dalman  P  D  p.  221,  3  : 
Lafdîke  ber-rûhe  ma  zâlat  tara  ^êni') 
Oui,  je  me  donnerai  moi-même  en  rançon  pour  toi, 

[tant  que  mon  œil  peut  voir. 
Hartmann  ZDMG  51,  p.  198,  Str.  4,  3: 
Yiliram  "alayyi  1-farah  wid-daqqe  win-naubi 
Tihram  ^alayy  in-nisa  mâzâlaki-bnàyya. 
Les  amusements,  le  jeu  et  la  musique  me  sont  défendus. 
Me  sont  défendues  les  femmes,  tant  que  tu  es  la  fille 

chérie  (de  mon  cœur)^). 

1)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire,  basît.  Ce  morceau  fourmille  de  fautes, 
comme  tous  les  autres  dans  ce  charmant  livre. 

2)  Hartmann  ne  paraît  pas  avoir  bien  compris  ces  vers,  à  en  juger 
par  sa  traduction  et  son  commentaire  p.  210  et  s .  Le  mètre 
—  ^-  I  -^~  I  — ^-  I  —  est  en  désordre  dans  toutes  ces  poésies, 
ce  qui  est  un  peu  fort  pour  un  si  grand  professeur  ès-raètres.  Le 
texte  corrigé  que  je  donne  est  d'après  le  chant  de  mes  Datînois,  et 
alors  le  mètre  reparait.  Tant  qu'on  ne  procédera  pas  comme  moi, 
on  n'aura  jamais  le  vrai  texte.  Ma  zâl  prend  les  suffixes,  ici  p.  79,  *, 
aussi  en  Syrie,  exactement  comme  m  â  d  â  m  =  JyJ  Lo  ZDMG 
XXII  p.  155. 


1201 

Dalman  P  D  p.  145 1): 
Yegûle   sultan  ehlif  birâs  ehsani 
Yehram  ^alêkum  sulhe  yal-bedwâni 
Ma  zâle  Fâyiz  bel-bila  rergû,ni 
Rêr  in   tegîbu  1-gôde  lal-^edwânî. 
Sultan  dit:  ^^ Je  Jure  par  la  tête  de  mon  cheval: 
La  paix  vous  sera  refusée,  ô  Bédouins, 
Tant  que  Fais  sera  plongé  dans  l'affliction  (n'ayant 

[pas  été  vengé) 
Si  ce  n'est  que  vous  apportiez  la  rançon  au  "^Adioanite. 
Comme  ma,  dans  ma  dâm,  est  le  iu^v.^'  ^,  il  faut 
bien  que  ma,  dans  ma  zû,!,  le  soit  aussi.  Mais  Jh  est 
tout  le  contraire  de  j.b,  et  cela  a  suggéré  à  Hartmann, 
0.1.  p.  210,  et  à  Nôldeke,  WZKM  IX  p.  14,  l'idée  que 
^3U  U  soit  une  abréviation  (haplologie)  pour  Jî^  U  L«,  où 
le  premier  U  serait  la  négation.  Cela  n'est  pas  impos- 
sible, mais  pour  mon  sentiment  de  la  langue,  c'est  L 
dans  J|^  Lo  qui  est  la  négation,  et  la  construction  est 
elliptique,  calquée  toujours  sur  j.îj  U  par  analogie,  ce  qui 
revient  à  peu  près  à  l'analyse  de  Hartmann  et  de  Nôldeke. 

79,  1:  burr.  i,  hlé,  Triticum  sativum  L,  Deflers, 
Voyage  au  Yéman  p.  224.  Le  mot  se  rencontre  déjà 
dans  les  inscriptions  sabéennes-).  C'est  peut-être  l'hébr. 
"13,  blé  déjà   battu^).   Dans  l'ancien   arabe,  on  le  trouve 


1)  Où  texte  et  traduction  sont  ôgaleraent  erronés.  Je  les  ai  donnés 
tels  que  je  les  connais,  moi.  Le  premier  verset  cloche. 

2)  Z  D  M  G  40,  p.  320  =  Grimrae  Muhammed  (VVeltgeschichto  etc.) 
pp.  49  et  89  =  Jeremias  AT'^  p.  192,  où  il  faut  lire  |»J  ^j^  ^elon 
Arabica  V  p.  279  et  s..  Glaser,  Dammbruch  von  Mûrib  p  9  1.  40, 
et  p    IJ,  I.  87. 

3)  V.  Kremer,  Studien  zur  vergl.  Culturgeschichte  I  et  II  p.  11. 


1202 

assez  souvent,  LA  V,  p.  120,  ii  et  ss.  et  par  Tab.  I 
p.    1090,    7,   nous  apprenons  que  Hâsim  fit  venir  jLiJt 

(jLi^î  ^'Li  j,Li:JI  (ji5  !  ij^i)  o'i^  de  Syrie  des  sacs  pleins 
de  froment  vanné.  V.  Kremer  a  donc  tort  de  dire,  o.  1. 
p.  13,  que  „du  temps  du  Prophète,  le  pain  d'orge  était 
certainement  connu,  mais  qu'il  n'y  était  pas  fait  men- 
tion de  froment."  Les  savants  arabes  considéraient  y 
comme  étant  plus  fa  si  h  que  les  synonymes  p^  et  &iù:>, 

Muzhir  I  p.  105,  is,  inusités  dans  le  Sud.  C'est  sans 
doute  cela  qui  a  amené  Mordtmann,  Z  D  M  G  46,  p.  320, 

à  attribuer  à  j  une  origine  yémanite,  et  Vollers  y  voit 
„une  nouvelle  preuve  du  rôle  que  les  dialectes  sudara- 
biques  ont  joué  dans  la  formation  de  la  langue  arabe 
écrite,"  ZDMG  49,  p.  512,  note  1.  Le  mot  est  aussi 
courant  au  Yéman,  Glaser,  Peterm.  Mittheil.  1884  V 
p.  173  b.  25,  et  Neswân')  rapporte  un  proverbe  yéma- 
nite: ^!  o^^  '-5^^'^  ^S^  (*^'y^'  oÂ:>,  en  ajoutant  pSi 
(jJlxJI  ^]  Q»r^  ^  l^j'i".  Dans  les  pays  qui  nous  occupent, 
le  burr  n'est  cultivé  que  sur  le  haut  plateau  d'ed-Dahir, 
au  n.  0.  des  "^Awdillah,  où  l'on  a  aussi  le  pêcher,  la  vigne, 
l'amandier,  le  poirier,  etc.  En  s'appuyant  sur  l'étymologie 
égyptienne  de  idi>L=.,  nçn,  \l.^m  ,  v.  Kremer,  o.  et  1. 1., 
émet  l'avis  que  les  Sémites  ont  emprunté  la  chose,  avec 
son  nom,  des  habitants  de  la  vallée  du  Nil.  Au  contraire, 
Guidi,  Délia  sede  primitiva  p.  23,  trouve,  avec  autant 
de  raison,  ce  me  semble,  que  l'accord  des  langues  sémi- 
tiques, quant  aux  mots  'iùijj>  et   -ou:,  prouve  que  le  bas- 

1)  Sur  ce  verbe,  voyez  p.  1026,  note, 

2)  Chez  D.  H.  Muller  S  S  p.  151. 


1203 

sin  des  deux  fleuves  de  la  Mésopotamie  „produceva  grano, 
orzo  et  simili  plante  in  quantita  incredibile."  i;L>L=>  doit 
appartenir  à  un  vieux  fond  cultural  sémitico-hamitique, 
et  ce  mot  nous  montre,  si  cela  est  encore  nécessaire, 
qu'il  faut  démolir  la  muraille  chinoise  dont  les  Egypto- 
logues  ont  entouré  la  civilisation  égyptienne.  Lorsque 
V.  Kremer  allègue,  comme  preuve  de  l'emploi  indécis  des 

mots  ,s^  et  y,  en  arabe,  que  les  Arabes  à  la  conquête 
de  la  Babylonie,  ont  appelé  le  froment:  ta^'âm,  il  n'est 
pas  très  critique').  j.Iju:»  désigne  la  nourriture  principale 

du  pays:  orge,  blé,  riz,  dourah,  etc.,  de  même  que  J^^ 
La  Langue  arabe,  p.  66,  mais  personne  ne  soutiendra 
avec  cela  qu'on   ne  connaisse  pas  les  mots  spéciaux  de 

^,  j^  by,  etc.. 

Je  n'hésite  pas  à  soutenir  que  ^,  ou  plutôt  son  pro- 
totype sémitique  encore  inconnu,  a  donné  le  grec  Typo'ç, 
froment,  qui  se  rencontre  déjà  chez  Homère.  Le  mot  a 
ensuite  voyagé  de  par  l'Europe,  et  Hehn,  Kulturpflanzen 
p.  536,  dit:  „7rypcV,  froment,  se  retrouve  dans  le  vieux 
slave  pyro,  froment,  petits  pois,  lentilles,  et  dans  le 
litouanien  piirai,  froment  d'hiver  (dialecte).  La  signifi- 
cation la  plus  ancienne  est   conservée  dans  les  langues 


i)    ;,,    riz,   ne   vient  pas  de  '6pv^a,  comme  il  le  dit  p.  12,  mais  le 
mot  grec   a   la   môme  origine   que  l'arabe  et  le  persan,  du  sanscrit 

vrihi.  j^  ou  âj  L  A  VII  p.  221,  VoUers  Z  DM  G  49  p.  497.  Brockelmann 

VGSS  p.  244  note  veut  que  la  forme  ;J»,  que  (jawâlîqi  donne  aussi, 
ZDMG  3.3  p.  217,  et  qui  est  encore  usitée  en  "^Omân,  provienne 
du  sansc.  viing.  On  lira  à  présent  I.  Low  Der  Reis,  dans  Z  A  XXI 
p.  20G  et  ss.. 


1204 

nordiques:  russe,  pyrei\  tchèque,  pyr,  etc.  chiendent; 
pruss.  pure,  brome;  anglo-saxon  fyrs,  lohura,  ruseus; 
angl.  furz,  fiirze.  C'était  donc  originairement  le  nom 
d'une  espèce  d'herbe  et  qui  fut,  plus  tard,  appliqué  au 
froment  et  à  d'autres  graines."  L'observation  de  v.  Kremer, 
0.1.  p.  11,  que  „ces  dénominations  burr,  bâr  et  qamh 
ne  se  rapportent  par  originairement  au  froment  seule- 
ment, mais  à  une  ou  à  plusieurs  espèces  de  plantes  sau- 
vages à  graines,  qui  existent  en  Arabie",  pourra  être 
vraie,  mais  jusqu'à  présent  nous  n'avons  qu'à  nous  en 
tenir  à  la  signification  transmise  par  les  livres  et  les 
dialectes. 
79,  6:  yiqerr,  yigorr.  ^,  i,  o=^lî,  imparf.  ^  et 

l£j.  On  fait  cette  différence  que  ^  est  devenir  amer, 

tandis  que  .li",  i,  est  être  amer  dayis  son  essence.  La  même 

différence  existe  entre  Jï  (qâr)  et  ^.  Ahmed  b.   ^Alî 

es-Sahimî  dit,  dans  sa  qasîdah  en  âr,  citée  p.  481: 

Et  le  torrent,  lorsqu'il  tombe  du  haut  de  la  montagne, 
Nous  ne  V empêcherons  pïas,  s'il  s'épand  au-dessîis  des 

[murs, 
Au  point  que  si  quelqu'un  dit:  c'est  une  affaire  con- 

[trariante, 
Il  me  fera  boire  l'amer,  d  moi,  et  il  lui  fera  boire,  à  lui, 

[l'âpre. 


\)  Var.:^t^.  2)  Chanté  y  is-gî-n  i-y  i  1. 

3)  L'oriprinnl  a  -oLS!  1 


i 


1205 

Dô'an,  dans  sa  longue  qastdah  en  ûr,  souvent  citée 
ici,  dit: 

L'armée  de  la  Montagyie  met  à  exécution  ce  que  dit 

[le  Sciffite: 
Nous  buvons  du  doux  et  nous  buvons  des  choses  amères. 

yjs  est  ici  le   pluriel  de  ^,  devenu  ^^,  comme  c>-vo 

et  c>vy«,   ou   -o,  par   le  passage  ordinaire  de  ey,  ê  en  î. 

Une  qasîdah  des  Dû  Mohammed  en  îr  porte: 

Çwz  e7cye  sa  voza;  (pour  appeler  à  la  guerre)  et  fait 

fies  provisions  de  guerre 
Doit  inévitablement  boire  du  doux  et  de  l'amer. 

Voyez  d'autres  exemples  ici  p.  595,  6  et  p.  991.  Hart- 
mann donne  yi  =  J-^  L  L  W  N°.  55  Str.  3,  4,  mais 
ces  textes  sont  si  mal  notés,  si  mal  ou  pas  du  tout 
commentés  et  pour  la  plupart  sans  traduction,  que  j'y 
comprends  peu  de  choses.   Il   me  semble  que  ce  thème 

n'ait  rien  à  faire  avec  ^  ou  Ji,  poix,  Muzhir  II  p.  144. 
I  Sîdah  XI  p.    214,   ts   et  s.  a,  d'après  Abu  "Obeydah, 

JS  =  ^t  y^^!  et,  d'après  I.  el- A'^râbî,  :  é^ô  ^^  piî  îàp 

ja\  j_5t,  ce  qui  est  répété  par  LA  VI  p.  438  (où  y»  y^). 

C'est  donc  sans  doute  la  môme  chose  que  le  J^,  arbre 
à  myrrhe,  Commiphora  Abyssinica,  var.  simplicifolia 
Schweinf..  Je  ne  sais  si  Jiï  et  ^,  i,  en  sont  des  dénomi- 
natifs   ou   bien  si   les  verbes  appartiennent  à  un  fond 


1206 

r  S 

ancien.  jS  pourrait  alors  être  ^JS,  comme  dans  la  qasîdah 
plus  haut. 

79,  12,  13:   kal.   L'a  initial,   faisant  syllabe  simple, 
tombe  selon  Hdr  p.  519.  Ainsi,  dans  ôd>)  qui  fait  h  ad, 

voyez  Gl.  sub.  1.  Cela  prouve  qu'on  a  prononcé  akàl, 
ahàd,  Brockelmann  VGSS  p.  90,  comme  effectivement 
dans  l'Afrique  du  Nord,  klà^  hdà'.  L'on  prononce  encore 
souvent  ainsi  en   Arabie  la  III  p.  s.  m.  du  parfait  et  le 

Joli,  OÙ  la  seconde  voyelle  peut  aussi  être  anaptyktique.. 
On  retrouve  également  les  formes  kal  et  h  ad  dans  cer- 
tains dialectes  marocains,  Socin  AD  M  p.  176,  g,  idem 
Houwâra  p.  40,  13,  31,  A  Fischer  Wappen  p.  279  fin,  Mar- 
çais  Gram.  p.  71  et  note.  Jil  et  l\=>S,  ainsi  réduits,  ren- 
trent donc,  quant  au  parfait,  dans  la  catégorie  des  ver- 
bes III  y:  fa%  ce  qui  explique  la  forme  nordafricaine 
du  III  pers.  sing.  fém.  de  tous  ces  verbes,  mais  que  je 
n'ai  jamais  observée  chez  les  Bédouins  du  Nord  et  du 
Sud,  malgré  Socin  Diw.  III  §  130  a,  où  N°.  66,  33  bëgat 
est  mal  compris  pour  begàt.  ùàt  ou  gàt  n'a  que  faire 
ici.  Mais  les  paysans  de  Syrie  disent  hadêt,  hada, 
h  ad  en  a,  Dalman  PD  p.  154,  5  d'en  bas,  p.  156,  s,  15. 
Cf.  Brockelmann  VGSS  p.  91. 

La  conjugaison   de   ces   deux   verbes  est,   dans  notre 
dialecte,  comme  suit: 


1207 


m 
B' 

CTQ 


Parfait  : 

Im.  etf.  ana')  kalèyt*)  ou  hadèyt^)  ou 

kalt  hatt 

2  m.  enteh  kalèytou  kalt  h  a  de  y  t  ou  hatt 

2f.  entikalèyti,  kaley-  hadèyti,  ha- 

tin  ou  kàlti,  kaltf.  deytîn  ou 

hàtti,  hattf. 

3m.         hù'  kal  had^) 

3f.  hf  kàlet  hàdet. 


2 

2. 


1  m.  et  f.  ahna*)    kalèyna    ou 

kàlna*) 
2m.         entu   kalèytu   ou 

kàltu 
2f.  entèyn  kaleytèyn 

ou  kaltèyn^) 
3  m.         hom   kàlu,   kàlo®) 

kàlow,  kal  au')  et 

kalù' 
3f.  hinkalèyn. 


hadèyna   ou 

hàdna 

h  a  d  e  y  t  u    ou 

hàttu») 

hadeytèyn  ou 

hattèyn 

hàdu,    hàdo, 

hàdow  et 

hadù'. 


4)  Au  Yéman,  a  ni  au  féminin.  Dans  le  Ilaurân,  ani  est  aussi 
bien  inasc.  que  fém.;  en  Mésopot.  ani  masc,  Meissner  MSOS  VI  il 
p.  93  note  14  et  p.  100  N".  14,  ',  comme  qqf  aussi  en  Egypte, 
Spitta  Gr.  p.  72  et  s.  et  Hartmann  L  L  W  p.  107,  27.  Le  dialecte 
hirayarite  paraît  avoir  eu  ani  pour  le  masculin,  D  H  Millier  Sûil- 
arabische  Studien  Sitzungsbericht  d.  phil.  hist.  Classe  LXXXV  Bd  I 
pp.  117,  118  et  121,  2  d'en  bas.  Brockelmann  VGSS  §104.  C'est 
l'hébr.  •«ij.^. 

2)  ey  peut  partout  être  prononcé  é. 

3)  Aussi  'Oman  MSOS  II  ii  p.  23,   '♦. 

4)  Ou  nahna  et  lahna.  L'observation  de  Praetorius,  Z  D  M  G  34 

p.  227,   qu'on    ne   dit  pas  lx\>,   Ui/    n'est  donc  juste  que  pour 
'Oman;  cf.  RO  §315. 

80 


1208 
Imparfait. 

1  m.  et  f.  okol,  ôkul.  ôhod 

2  m.  tôkol,  tôkul.  tôhod 
2f.           tôkli,   tôkli'  ou  etc. 

tôklin. 

3  m.         yôkol,  yôkul. 
3f.  tokol,   tôkul. 

Im.  etf.  yôklùn,  yôklu,  yôk-     yôhdûn  ou 
low,  yôklau,  yôklà""     yôhdu,  etc. 

2  m.         tôklûn  ou  tôklu,  etc.     etc. 
2f.  tôklèyn 

3  m.         yoklûn  ou  yôklu,  etc. 
3  f .  y  ô  k  1  è  y  n. 

Dans  la  prononciation  yôkol,   y  ôhod,   le  premier  ô 
est  par  assimilation  vocalique,  Brockelm.  V  G  S  S  p.  182, 

31,  puisqu'elle  n'a  lieu  que  dans  les  verbes  Axj  comme 
yômor.  Yôkal  est  passive  et  s'entend  qqf..  On  ne  sau- 
rait comparer  les  verbes  analogues  hébreux  J^"D,  qui  font 


5)  Jamais  avec  la  désinence  en,  an,  comme  en  Hdr  [Hdr  p.  487, 
16;  yidhakan]  où  pourtant  les  III  y  l'ont;  ma  brochure  M  S  p.  34. 

6)  Cette  forme  n'est  pas  employée  seulement  devant  les  suffixes, 
comme  on  l'a  prétendu;  cf.  Socin.  Diw.  III  §  131.  En  Hdr  aussi 
kàla  et  bî^da;  en  Egypte,  aussi  kal  et  h  ad,  de  môme  qu'en  ^Omân. 

7)  Avec  la  finale  au  aussi  devant  les  suffixes:  yitrahàunha 
ici  p.  52,  6.  La  prononciation  -on  est  usitée  surtout  en  Hdr: 
yinzahôn  Hdr  p.  248,  4,  5;  yisrabôn  ibid.  I.  7;  t  il  bison  ibid. 
p.  267,  20;  tigûlon,  ibid. 

8)  Cette  assimilation  de  d  avec  t  est  la  règle  dans  tous  les  dia- 
lectes, et  la  lurah  a  sans  doute  procédé  de  même,  Wnght  Gr. 
p.  16,  Brockelm.  VGSS  p.  172;  al)àdtena  et  ahàdt  de  D  H 
Millier,  M  S  pp.  153,  28  et  154,  16  sont  donc  certainement  une 
erreur;  voyez  ma  critique  M  S  p.  55. 


1209 

à  l'imparfait  hji<\  ir]i^\  car  ici  la  longue  â  est  devenue 
ô  en  vertu  de  la  prononciation  spéciale  hébraïque  de  â. 
Brockelmann,  VGSS  p.  49  [cf.  p.  591],  veut  que  ce  soit  par 
analogie  avec  la  première  personne  ""ôkel,  ce  qui  n'explique 
pas  les  voyelles  de  cette  personne.  Snouck  a  donné,  Feest- 
bundel  p.  22,  la  conjugaison  de  ces  verbes  dans  les  dia- 
lectes de  Sê'ûn  (Sêwôn)  et  de  Terîm.  La  différence  est 
peu  importante:  la  Ille  pers.  sing.  y  est  kàla  et  la 
désinence  fém.  dans  les  personnes  respectives  est  in, 
excepté  à  Terîm,  où  aussi  la  III  pers.  pi.  (fém.)  est  en. 
Le  schéma  hadramite  que  donne  v.  d.  Berg,  Le  liadhra- 
mout  p.  242,  de  katab  n'est  pas  juste  quant  à  la  voyelle 
de  la  préformante  de  l'imparfait.  L'accent  sur  la  der- 
nière syllabe  à  voyelle  finale,  que  nous  avons  déjà  con- 
staté dans  la  conjugaison  p.  319  et  ss.,  et  qui  motive 
le  hamza:  kalù',  hadif  qataliV,  a  déjà  été  relevé  par 
les  anciens  grammairiens').  Cet  accent  sur  la  dernière 
remonte   donc   au  loin.  L  A   i  p.    10,   9  et   s.  d'en  bas 

dit^):  y^  lP*J  q5^  ij^'^  ^  L^^'  -^'  ij  i«àïy't  a:^P  \kA», 
j»^lXJ)    |p-A£)5    b|5  jjy)    ^^M^^    %^    U'.'^/^    (^^    »U^    l^>* 

Les  savants  arabes   ont  ici  placé  le  hamzah   sur  la 


1)  L'article  de  Strack  »Der  Ton  im  Altarabischen",  dans  sa  Hebr. 
Gr.  p.  21,  prouve  qu'il  n'a  jamais  ouvert  une  grammaire  arabe. 
Presque  toutes  ses  comparaisons  avec  l'arabe  sont  des  gaffes.  Pour 
un  professeur  de  l'Université  de  Berlin,  c'est  un  peu  trop  fort.  La 
grammaire  hébraïque,  cette  olla  podrida  de  tous  les  temps  et  de 
toutes  les  pro\enances,  est  facile  à  connaître;  l'arabe  est  un  mare 
mu)jnu)n  dont  bien  peu  ont  mesuré  la  profondeur. 

2)  Sîb.  II  p.  311,  15  et  ss.,  Mufass.  p.  102,  5,  Weil,  Die  Beliand- 
lung  des  Hamza-Alif  im  Arabischen  Z  A  XVIII  p.  24. 

3)  Comme  c'est  toujours  le  cas.  Prov.  et  Dict.  p.  435. 


1210 

voyelle  finale,  au  lieu  d'après,  car  on  a  prononcé  et  l'on 
prononce  encore  qûlf,  qûlù^  et  tout  mot  de  cette  na- 
ture reçoit  forcément  le  hamzah  final  ').  L'exemple  clas- 
sique ^iù>  est  donc  véritablement  f^il=>,  hubhV,  et  non 
pas  h  ù  b  1  a',  comme  on  le  transcrit,  Brockelmann  V  G  S  S 

p.  48,  r.  Hiibla  devient,  dans  les  dialectes,  iJLo>,  où  la 
finale  est  réduite  à  sa  valeur  phonétique.  La  lurah  ne 
diffère  pas  ici  des  dialectes,  car  c'est  là  une  loi  physiologique 
générale;  voyez  Hdr  p.  386  et  ici  p.  751  n.,  Brockelmann  1. 1. 
L'impératif  est  kùl  et  hôd,  hùd.  La  voyelle  longue  de 
hûd  et  kûl,  chez  tous  les  dialectes  haçlar  (Damas:  hôd, 
kôl),  excepté  l'égyptien  hod,  kul,  est  par  Oestrup, 
Contes  de  Damas  p.  146,  expliqué  j.par  analogie  avec 
les  autres  impératifs  comme  sràb."  Il  y  a  ici  deux  er- 
reurs: r  sràb  est  une  prononciation  qui  n'a  lieu  que 
lorsqu'on  appuie  beaucoup  sur  la  dernière  syllabe,  autre- 
ment c'est  sràb,  mais  toujours  dans  le  même  cas,  ordi- 
nairement c'estîsrab,  et  isràb>  isrâb  n'est  nullement 
une  règle.  Elle  a  déjà  été  connue  anciennement,  Arabica 
III  p.  48,  Hdr  p.  215  note,  Praetorius  Z  D  M  G  34,  p.  226, 
et  ri  s  b  â^  est,  en  arabe,  accidentel  sous  le  poids  de  l'accent  ; 
2°  hôd  est  par  analogie  avec  les  II  w:  qûm,  comme 
l'impératif  babylonien,  ce  qui  est  à  noter.  Il  y  a  beaucoup 
de  ces  bourdes  dans  le  livre  du  savant  danois. 
Voici  quelques  exemples  des  dialectes  du  Sud  : 
1  Dabi,  poète  des  Wàl.iidî,  a  dit  dans  une  qasîdah, 
citée  p.  653  et  p.  692: 


^-^^^•^^  CT^  -""^  r"  L^->^ 


Lu> 


1)  Par  contre,  là  =  ^ J ,   et  non  pas  là',  est  Juste. 


1211 

Nous  sommes  venus  chez  le  seigneur  de  Sarr;  B. 

[Hanaé  vint  chez  nous, 
Nous   l'avons  pris   en   bas   des   meurtrières  et  des 

[remparts. 

Hdr  p.  94,  9,  mais  aussi  Lo3^,  comme  ici  p.  498,  7  d'en 
bas,  p.  1219,  18.  Un  poète  des  Facllî  dit,  dans  une  pas- 
quinade  renommée: 

c^        +    -       ,-  .> ^  o^         ,=^/o  +/' 

+ 

Emporte  ma  répotise,  ô  doux  zéphyr  qui  te  lèves 

fie  matin! 
Tu  passeras  chez  Sâleli  h.  Hoseyn 
Qui  a  dit:   ^,Ils  vont  se  partager  les  vallées  d'el- 

[Qadam," 

Lorsqu'ils  prirent    le   ventouseur.  0  jeunes  filles 

fsveltes!  Poussez  vos  cris  de  joie! 

Dites  à  Sâleh:  „Ce  que  vous  avez  fait  n'a  nui  à 

fpersonne. 

Vous  avez  pris  les  ventouses  avec  les  fusils  et 

Sur  les  participes  mâkel,  mahid,  et  les  autres  ana- 
logues, j'ai  déjà  dit  le  nécessaire  p.  699,  Gloss.  s.  v.  LXi>!. 
Aussi  "Oman,  Rôssler  M  S  OS  I  p.  68.  Dans  le  même 
cas  se  trouve  le  ^j^.^a  d'el-Gawâlîqî,  Morg.  Forschungen 

p.    134,   et  que  nous   rencontrons  déjà  dans  I.  Sa^'d  V 
p.   248,  7  ^).    L'opinion   de  A.  Fischer,  M  S  p.  203  note. 


1)   Cf.    ibid.   Anm.  p.  30  où  le  rns   L  a  (j*oy<i    au  lieu  de  ij*.^y> 


1212 

que  m  agi  est  formé  par  analogie  avec  mâsi,  a  été 
adoptée  par  Brockelmann  VGSS  p.  292,  qui,  reve- 
nant cependant  sur  cette  idée,  dit  p.  590  que  l'origine 
du  m  dans  mâhed  est  encore  obscure. 


du    texte  de  l'édition.   De  Goeje,  ZDMG  Gl    p.  4G1,  a  raison   de 
vouloir  garder  cette  leçon. 


36. 

80,  9:  wuzzà'tah.  La  première  voyelle  u  est  à  cause 
du  w  précédent.  ^J^  n'est  jamais  distribuer  dans  le  Sud, 
mais  enfermer  y  serrer,  ^^j^^î  j.  dVjLo  ,^:^^^»,  j'ai  serré 
tes  habits  cîa?is  la  caisse  (coffre,  malle), 

80,  12:  wùsàr.  yô^  est  en  Dt  l'aire  où  Von  bat  ou 
entasse  le  blé,  décrit  Hdr  p.  297  ').  C'est  le^Jxlj  du  Nord. 
Sâ^\  j,  J^J!  ^^^j^uL,  on    hat  le  blé  sur  l'aire.  Dô^an 

dit  dans  sa  longue  qasîdah  en  ar,  souvent  citée: 

+ 

jA^!    u  ^^^jj&r    Lj   iobo    *J   ^j^       ri^i^Àjî  iw»^J!5  s-J^f  Ovi  o^Lw 

Dis  aw  sultan  de  tous  les  Bd  Kdzim: 
Pas  un  ne  laisse  son  huile  de  sésame  au  pressurage  V- 
Les  essaims  d'abeilles  sont  partis^  et  le  blé  a  été  vanné  : 
Qui  a  une  créance  viendra  jusqu'à  l'aire^)  (pour 

[avoir  son  dû). 
Ce  mot  appartient  au  dictionnaire  commun  de  l'ancienne 


1)  Où  tj^  représente  la  prononciation  biuu  pour  -L^?. 

2)  Mais  il  l'eiiipurte. 

3)  Ou  mcKjasiii. 


1214 

culture  sémitique.  C'est  le  babylonien  u  sur  tu'),  enclos, 
Umschrankung,  Halévy  RS  Avril  1904,  p.  188,  le  néo- 
hébr.  "i^'1}<,  le  syr.  ;  of,  le  mand.  '\i^)i^V,  Nôldeke  M  G 
p.  134,  Ges.-Buhl  H  W  B  p.  16.  On  ne  saurait  donc,  comme 
le  veut  Haupt,  le  faire  venir  d'une  racine  y^.  Dans  le 
wasar  les  provisions  de  blé,  de  durah  etc  sont  em- 
magasinées. Comme  dans  le  Ciel  tout  est  un  pendant 
de  la  Terre,  il  y  a  aussi  les  ni"i^"ii*  des  vents,  de  la  pluie, 
de  la  grêle  et  de  la  neige,  Schiaparelli,  die  Astronomie 
im  AT  p.  28.  Le  mot  n'est  pas  connu  dans  le  Nord, 
mais  il  se  peut  que  le  class.  et  norddialectal  b^,  enclos 

en  pierres,  p.  654,  lo,  renferme  la  même  racine.  »^  pour- 
rait être  pour  5^3,  ou  »^^,  sur  le  paradigme  iJujé  des 
mots  analogues,  v.  p.  650. 


4)  Il  y  a  un  autre  u  sur  tu,  image^  d'où  vient  l'arabo-araraéen 
a^yo,  Ziramern  K  A  T  p.  65  s,  et  cf.  Del.  H  W  B  p.  422  a,  8  et  ss. 
et  p.  309  b..  Je  crois  que  c'est  justement  notre  usurtu  =  yoj 
qu'il  faut  voir  dans  le  mythe  d'Adapa  K  B  VI,  i  p.  92  v.  3  et  p.  405 
et  s..  Dhorme  traduit  usurat  mâti  par  les  destins  de  la  contrée^ 
0.1.  p.  149  V.  3,  mais  il  s'agit  sans  doute  ici  de  usurat  saraé,  les 

mi!i]K  de  l'A  T,  d'autant  plus   que  Adapa  doit  exécuter  les  ordres 
d'Anu,  où  se  trouve  le  usurat. 


37. 

âû'  di'  tàbbeni? 

Zd3,  0,  taper,  palper,  toucher^  to  tap.  w^i^L,  tapoter, 
daDS  tout  le  monde  arabe  ;  Hçlr  Gloss.  s.  v.  ;  bredouiller 
en  Syrie  ;  4-i2lb,  pat  Mm,  Stace  p.  209,  et  mieux  tap  Mm. 

Le  thème  ÇJ^  a  reçu  plusieurs  développements  dont  les 
suivants  renferment  l'idée  primaire  de  taper  :  (^  ^Ji.JL,  ^^y 
OuIp,  {^^  et  JoL,  Hdr  Gloss.  p.  644.  C'est  originai- 


1)  En   Syrie,   i^-^h,   casser  avec  bruit  une  chose  fragile  (il  faut 

entendre  le  bruit).  (j*>.*i5,  jeter  une  chose  par  terre  et  la  casser; 
patauger,   cf.  L  A  II  p.  44,  10;  mais  en  Egypte,  tâtonner,  marcher 

à  tâtons  comme  l'aveugle,    ij^  * NV,  se  meurtrir  en  tombant.  (j^-^-^taJi, 

se  casser  avec  bruit.  'iLii^<L>  est  le  nom  d'un  village  au  Liban  »parce 
qu'il  est  tombé  avec  fracas  du  ciel";  aussi  vase  à  boire  en  bois  = 
*-^LL,    Wetzstein   ZDMG  XXII  p.  150.  Cf.  le  Syr.    Ji~J:.^^d^   ou 

U^^'^,  casser  en  petits  morceaux  ^ji^-^i-^,  fondre  sur,  se  jeter  sur 

(J^)  ;    /"«"'e  sauter  =  dissijicr  (JUS).    S-fP"   ^-^^^•^s^L  =  ^}-^  iCal^Jib 

Syr.  =  Sud  t}-*p>  iùiiJ:»  ou  Jyp*  \-A>^)  piétinement  des  chevaux; 
cf.  L  A  II  p.  44  et  Usd  el-Ràbah  V  p.  553,  2,  =  Nihâyah  II  p.  31  = 

I.  Sa'd  "VIII  p.  223,  4:   'ê-j^t^^Js.  Contamination  de  v*^  et  de  g»ij? 

2)  xl^î  ^Jk£  Oui?}  iO«3LflJl  sjcX*  (**^',  ^c  lendemain  il  saisit 
l'occasion  et  fondit  sur  ses  gens,  el-Yâqût  el-Mo'^azzam  fol.  61  b.  1. 
6  et  7  =  bôdouin    J^ 


1216 

rement  une  onomatopée  indiquant  le  bruit.  Cela  ressort 
bien  du  syrien  et  de  l'égypt.  IJ^  ^3,  il  tomba  de  façon 
qu'on  entendit  le  pouf:  patatras,  plumps!  Sa  métathèse 
dialectale  i:u,  0,  en  '^Omân  frapper  de  façon  à  produire 
un  bruit  :  o^^yj  \I3J,  il  lui  donna  un  coup  de  pied,  Rôssler 

M  S  OS  III  p.  20,  8  d'en  bas^),  Uu.^  ^-ao,  il  le  frappe 
avec  le  sabre,  ibid.  I  p.  70,  s,  R  0  §  303,  cf.  ibid.  p.  272, 
d.  ]..  Par  contamination  entre  -Lj  et  ^b,  s'est  formé  ^-^, 
retiverser,  w:>5  JLc  aL«J',  Siliâh,   synonyme  du  dialectal 

C^,  et  tomber  par  terre  avec  un  pouf,  Socin  Diw.  Gloss. 

s.  V..  Stace  p.  103  s.  v.  lying  et  p.  131  s.  v.  prone.  u.>^>o  o^ilJ, 

elle  a  accouchée  d'une  fille,  mis  bas,  Syrie,  f^^^^,  Syrie, 
aplati.  Sur  ce  sens  de  renverser,  qui  concorde  peu  ayec 
celui  de  taper,  voyez  plus  loin. 

Ues-surba  el-auwale  kullma  tabbu  'al-'Arab 
yinfâlu,  inkàsu  mafâlîs.  Et  la  première  troupe, 
toutes  les  fois  qu'elle  se  rencontrait  avec  les  Bédouins, 
s'enfuyait  effrayée  et  rebroussait  chemin  en  désordre, 
récit  ''anazî  d'el-Hôtrôbî.  —  U  "ôgëb  dà^  yôm  min  el- 

îyâm  hom  qâ'idîn  wilya  tab  {=^iL>)  'aleyhom 
râ'i  dëlûl  min  sîbat^)  esSumbul.  Et  après  cela, 
un  beau  jour,  lorsqu'ils  étaient  là  chez  eux,  voilà  qu'un 


\)   Mais   battit  p.  29,  7,  elle  prit,  et  battlek  ibid.  I  p.  64,  G 
d'en  bas,  il  Va  apporlé,  ne  me  paraissent  pas  bien  traduits. 

Tj  iO-*.jo    ^j^  =  v_j^o    jj^  =  xOjj^  =  ^    jj^   GO.  c:^rVr*    ^^ 

|JLc    LoîyiJij'    oUi>    âjjO    iy^v^,  lorsque  vous   viendrez    du   côté    du 

territoire  du  Namàd,  vous  trouverez  de  nos  nouvelles,  "^anazî. 


1217 

cavalier,  monté  sur  un  dromadaire,  leur  arriva  du  coté 
d'es-Sumbul,  récit  de  SaMûn  el-'^Awâgî,  'anazî.  liy^yj  iJLJ  J^ 
(J>c.  Ujwi^  iLLJLi  j.Liî  fiyiCsc  isliLvwî  ry^  )H^^3  ^^'  iT*  Ls^^ 
^La-wj  Jlc  (1  LL>JL:i>5  iLJ^'LJî  t:>v^«   Chaquc  nuit  nous 

voyageâmes  par  crainte  de  sa  famille,  et  le  jour  nous  nous 
mîmes  en  embuscade,  pendant  un  parcours  de  dix  jours. 
Un  soir,  nous  arrivâmes  aux  jardins  d'es-S.    et   nous 

entrâmes  dans  un  jardin,  récit  ''anazî.  o^»,  JLw  Joîj 
yTL,  ^\^  |.^f  l^lL  ('^  ^yîJ*5  u>.:C>5.  Quelqu'un  demanda  à 


1)  (ji^:>,  entrer^  n'est  pas  employé  dans  le  dialecte  syrien,  mais 
en  Haurân,  chez  les  Bédouins  de  la  Syrie  et  en  Mésopotamie.  Un 
Bédouin  ^anazî  me  dit  ce  proverbe:  "^omrak  la  tehoss  bêt 
zunniin  u  la  takol  "^ês  mannan,  ti  entre  jamais  dans  la  maison 
d'un  soupçonneux^  ni  ne  mange  jamais  le  pain  de  celui  qui  te  le 
rappelle  toujours.  Sachau  VLM  p.  47  N^  VI,  2,  p.  49  N°.  XI,  5, 
p.  79,  7;  Meissner  NAGI  p.  118  (où  ha  s  s  est  une  faute  d'im- 
pression), {j^^  est  aussi  courant  en  Egypte,  Prov.  en  Dict.  Gloss. 
S.V.,  et  dans  toute  l'Afrique  du  Nord,  Stumme  T  T  B  L  p.  57,  v.  54, 

Marçais  R  M  T  A  p.  428,  =  ^JiJ^  Stumme  o.  1.  p.  53  v.  24. 

2)  Siqq=  ovAas,   v.  p.  433.  Un  »lettré"  anazî  écrivit  cela  p«*û! 

3)  Paraphrasé  par  (j^Vr^K»  >*oms  espérons.  (Cja>!,  supposer,  espérer. 
33 j>  =  »>>,,  supposition,  espoir.  Je  dis  une  fois:  ujLc^t  ^^^  cLto, 

o  _      o  o 

mon  livre  a  été  perdu,  et  un  ^anazite  me  répondit;    lAilJilj   s^j^ï 
sLjI,    espérons   (pie   nous   te  le  trouverons,  'anazî.    -U   ^^j^  ^y  *»^ 


l^j  u^«->cx:,    y-a-t-il   un    peu   d'eau   chez    vous'?  'anazi.  Dans  un  récit 
'oneyzitu,  je  trouve  ceci  : 


1218 

un  autre:  „Est-ce  vrai  que  tu  as  entendu  dire  que  les 
enfants  d'el-A.  se  dirigent  vers  le  Sumbiil?"  —  ,^Par  Dieu, 
je  l'ai  entendu  dire,  et  nous  supposons  qu'ils  arriveront 


a]  Jc>5   (-jJp^  Vy^lî  iU/si-XJt  '^\  L_îj^.  L«  '^[î  p^i-*^  ^L>  («v^-s 

Xjj  J>    Jo    *i^*^    OfA^'    -^    Hîj^    0^-5    ^'-^    L/*^'    J^-*-^    ijr'*^'^ 

xL^  iff^r'  {*^/  *^  '-^  •  r  •  "^^  lorsqu'il  (=  Turkî,  cheykli  des 
Barqah  des  'Oteybah)  arriva  à  leur  campement,  il  n'en  vit  que 
les  traces,  car  les  Bédouins  avaient  déjà  décampé.  Il  trouva  un 
chasseur  à  qui  il  demanda  de  leurs  nouvelles.  Celui-ci  lui  répondit 
qu'ils  avaient  suivi  un  éclair  qui  avait  lui  le  soir  d'avant-hier.  Il 
lui  demanda  où  pourrait  bien  tomber  à  peu  près  cette  pluie  de 
réclair".  —  »jDu  côté  d'el  M.  répondit-il",  et  cet  el-M.  était  à  une 
distance   de   quinze  jours  du  campement   d'où   ils  venaient.  Tnrki 

o 

retourna   alors   auprès  des  siens.   Ici,   »»iy>    me   fut   expliqué    par 

(jJ^ ,  ce   qui   concorde  avec   le  ^omânite    l5^^  ,  estimer,  schàtzen 

RO    p.    230,    14.    ^T^    (pron.    emhàrra),   espoir:      ^>a  1j!-:^Î 

wo  Ji  (^jC  ^^y^^^ .    notre   espoir   est    de    nous   diriger  bientôt  vers 

le-Gauf,   'anazî.    [^c^ ,   a,  se  rendre  à,  avec  accus.    '^l=>y\  l-^yaj, 

710US   nous   dirigeâmes    vers  ez-Zahle,    'anazî.  ^'   ^j:*^   ^^^  y^ 

'-\v^j  ,  demain  je  me  renrfrai  auprès  d'i,  JR.,  qasîmite.  iAj>s.m^(  (J^ 
R.  0.  p.  371 ,  3,  il  se  dirigea  à  la  mosquée  -et  non  :  er  stieg  ab. 
C'est  l'assyr.   nasù,   fuir  {!)  et   l'hébreu   Hîii]-   Aussi  employé  au 

pluriel.  i^Jjï   3jà.»M.Ji  i^y-^  ,  espérons  que  le  voyage  aura  lieu  sous 

peu,  'anazi.  '■é^^  (pron.  èmhàrriih),  pi.  {^y^ ,  territoire,  l'endroit 
où  l'on  demeure,  côté,  exemple  p.  468,  5,  [où  i^y^  est  f.  d'impr.). 
Cf.  LA  XVIII  p.  188,  2  et  189,  5. 


1219 

aujourd'hui  ou  demain,  récit  de  Feysal  es-Sa'^lân,  cheykh 
des  Ràwalah  (ou  Arwalah  =  ijr,  comme  àjlc). 
Tobbête  lil-'arka  nidôhtâh 

'  o  , 

ulgête   Simâr^)  ta  ni   rukùbtah^) 


•'i 


^JL^AJ 


j     'xS-JtJj     vi>>-ç<i3 


Je  me  suis  lancé  ^)  dans  le  combat  {et)  je  l'ai  appelé, 
Et  je  trouvais  Simar  qui  pliait  son  genou. 
Meissner  M  S  0  S  YI,  ii  p.  78  N*"  3  ('Iraq). 

Yôm  àgbal  Sa'dûn  wilya  'ayâluh  wahùh  râ- 
dîn*)  sudd^)  bâlûd  ma  beynrabà'^hom  u  el-gôm 
umin  tàbbetu^)  "ala  el-faras  'allag  en-nahâwi: 
})ayyâl  el-'Alya  Sa'dûn!  etc.  Lorsque  Sa^dûn 
s'avança,  voilà  que  ses  fils  et  son  frère  devi7irent  un 
rempart  d'acier  entre  ses  contribules  et  l'ennemi,  et  dès 
qu'il  eut  sauté  en  selle  sur  la  jument,  il  poussa  les  cris 
de  bravoure  :  „Le  cavalier  d'ePAlya  (la  jument)  est  Sa^dûn  ! 
etc.  récit  'anazî  de  Sa'dûn  el-'Awâgî.  civi^3  i  l^\  vj*!! 
i»Ljj  iCxLs  jJjoLc  e:^.Ai>3  ^^uJic,  les  Bédouins  me  plurent,  et 
je  me  suis  rendu  chez  eux  et  j'ai  passé  chez  eux  quel- 


i)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire  et  chanter.  Le  mètre  de  ces  ma^'âwe 
est  — ^-  I  — ^-  [  -,  mais  ils  sont  mal  transmis,  comme  le  fait 
justement  observer  Meissner  lui-même,  o.  1.  p.  VII,  ii  p.  3. 

2)  Et  non  e  s  -  S  i  m  5i  r ,  comme  dans  le  texte,  voyez  Tab.  Indices,  s.  v. 

3)  Je  traduis  ainsi  au  lieu  de  ich  gincj  de  Meissner,  car  v*^ 
implique  ici  l'idée  de  soudaineté.  Il  est  du  reste  le  synonyme  de 
^LL>,  Hartmann  LLW  p.  147,  41. 

4)  =    ^./^   G  0. 

5)  =   f^^,  GO. 

6)  u--/-''  J^  r^  =  L-/-'  è^  v->^,  GO;  cf.  ^■^ .s'enfuir 
(cheval)  Stace  p.  G7.  s,  fly. 


1220 

ques  jours,  "^anazî.  ïyybo!  ^Lyt  LuJiJj  |!^^->  (i«£^  >-^<^»  nous 

sommes  arrivés  à  leur  pays  et  nous  y  avo7is  trouvé  beau- 
coup de  pâturages,  "^anazî. 
Dans  l'histoire  de  Feysal  b.  Sa'^ûd,  emîr  de  Negd,  dictée 

par  un  'Oneyzite,  je  trouve  :  ^^3  ^y^  ^a-lc  q,  ^c>^' 
'isA=>  ^^\  ^}s.  ^_j^^^\.  SaWd  partit  de  chez  eux  et  se  diri- 
gea vers  el-Bahrén  auprès  de  I.  Khalîfah.  On  voit  donc 
que  Wetzstein,  Z  D  M  G  XXII  p.  121,  a  tort  de  douter 
de  la  construction  sans  ^}^.  Dans  les  dialectes  du  Nord, 
tous  les  verbes  de  mouvement  vers  un  endroit  peuvent 
se  construire  avec  l'accusatif.  Cela  était  aussi  admis  par 
les  Koùfiens,  I.  Sîdah  XIV  p.  75,  12  et  ss.  d'en  bas,  L  A 

I,  p.  379,  10  d'en  bas.  Ibid.:  iC*^cC^'  Js^  w^  j.^j  ^JJ!  a-x^ 
i^jJic  v*-i^  (talaqqôwh)  s^ib'.  Lorsque  '^Abd  Allah  ar- 
riva auprès  des  etivoyés  du  gouvernement  de  Bagdad,  on 
le  reçut  par  un  cortège  superbe. 

Nous  avons  vu,  Hdr  p.  136,  que  ^^  ^st  originaire- 
ment taper,  et  dans  le  Sud,  particulièrement  donner  une 
tape  avec  la  main  plate  sur  le  derrière  de  qqn.  ijJ^-»^ 

%  oàIL.  .x*j>    c^.<XLs  ,  je  préfère  qu'il  me  donne  une 


balle  avec  le  pistolet  que  de  me  taper  sur  le  derrière. 
Cela  est  un  geste  fort  mal  vu  chez  les  Bédouins,  et  la 
juiverie  à  la  Harden  n'y  aurait  pas  de  sujet  pour  une 
chronique  scandaleuse.  La  transition  sémasiologique  est 
bien  illustrée  par  l'exemple  que  voici.  A  Nice,  je  demandai 
à  un  passant:  „Oii  est  la  route  de  la  Corniche"?  Rép.  : 
„En  sortant  de  là,  vous  allez  taper  dans  la  route  de  la 
C",   ce   qu'un    Bédouin   du    Nord    aurait  exprimé  par: 


1221 

^\  vju^  ,J^  w^"  a'jjî  ^yt  ^^r=-;/>  ^•^-*^.   La  question   se 

présente  donc  de  savoir  si  le  sens  de  notre  r^U]  Jll> 
part  de  celui  de  palper,  ou  bien  si  c'est  une  variation 
consonnantique  de  vN  ^-'^»  comme  son  synonyme  sud- 
arabique  ,Jv£  wa^  =  Jk  o.>  [wA^,  tomber  Dt]  ;  cf.  le  tunis. 
Zjc>,  losmarschieren,   Stumme   T  Gr.  p.  15,  7  d'en  bas'). 

1)  En   voici  d'autres  exemples   que  j'ai  recueillis  dans  le  diction- 
naire de  la  lurah:   ^  =  p-V ,  L  A,  229,  18,  Qâm.  III  99  et  100, 

se  souiller.  ^-?'  =  ^^'  LA  IX,  131,  4,  Qâm.  II,  348.  'li^l^  = 
sAi'i^  ,  L  A  IV  63,  6,  Qâm.  II  276,  6  d'en  bas,  se  battre  à  coups 
de  sabre.  ^^  =  ^^ ,  LA  III,  239,  6,  Qâm.  I  215,  7,  se  jeter 
par  terre,  cf.  Ja^  Prov.  et  Dict.  Gloss.  et  Hdr  Gloss.  v»,sIiXJ>!  = 
OwUi>'    LA    X    407,    11,    Qâm.    III    127,    6,    enlever,    arracher. 

■Isjj  =  ày^  =  -^^,    LA    IX    179,    11,    Qâm,    s.    v.,    avaler   = 

iJj.  ^  =  ^vÂ^,  LA  XV,  176,  14,  Qâm.  IV,  126,  6,  d'en  bas, 
127,  4,  hoxicher  la  porte.  OH-:»  —  JisL^  =  ^j) ,  L  A  XI,  383,  10, 

O  i  £  £. 

se  coller  à,  XII,  84,  5:   oi-^b  =  Jèj~\   ,j£.  '^^  =  J^   y   (vjj), 

LAI,   65,  3  d'en  bas,  66,  16,  Qàm.  I  14,  15,  survenir  à  Vimpro- 

viste.  (wl^  =  |*-0,  LA  XV,  91,  6  d'en  bas,  Qâm.  IV,  110,  7,  8, 
s'effacer  (trace,   chemin)  =  u»*-*-^ ,   LA  XV,  355,  13,  et  Qâm.  1.1. 

^c^  =  ^^AÎ ,   LA   IX,   257,    7  d'en  bas,  Sîb.  I,  339.    u*AJ  = 

;j^^    (=  (_^-o.   et   [_*"^) ,   LA  VIII,  90  et  91,  Qâm.  ss.vv.,  je<er, 

frapper.  iJ^^  =  ^-^y^ ,   Qâm.    IV,   50,    bousillage,   éclaboussage. 

r  ...  ^  ... 

(j.»~a-o  =  ^y^^SJ^  ,  L  A  VIII,  6  et  7  d'en  bas,  faire  des  recherches, 

selon   lui   du    grec  ;_,*-UaM».i-I  ;   est-ce   St.   Anastase,   qui  fut  tui'»  peu 

avant  la  chute  <le  Chosrau  II?  <.JuiJ  ,  cuulcr,  LA  XI,  249  en  bas  et 


1222 

Ainsi  que  je  l'ai  dit  p.  1219  note  3,  ^^  a  une  nuance 
de  soudaineté:  ^J<c  ^'ù^  _^^  'i'.  ^»^  ^  LJ.,  et  voilà  que 
Je  vois  qu'il  m'accoste  soudainement,  récit  %nazî,  ce  qui 
correspond  au  datînois  ')  u^uU  oj-j  _j^^  "^'  >:^^^^  ^  *il|5  ou 
_^  ^'i"  ^t  "^î  sans  3,  p.  658,  s  d'en  bas.  Le  verbe  ren- 
ferme la  même  idée  que  le  classique  o-l?,  et  qui  se  trouve 
aussi  dans  le  'irâqite  wJ^,  entrer,  Meissner  N  A  G  I  p.  131. 

Il  y  a  dans  le  Sud  le  verbe  ^cij,  arriver  à  .J^  ou  ,1', 
dont  on   trouvera  un  exemple  p.  522  v.  4  b.  Je  ne  sais 
s'il  y  a  quelque  affinité  entre  celui-ci  et  w*l3. 
Les  dialectes  du   Nord  et  de  la  Syrie  ont  une  autre 

signification  de  w^,  que  j'ai  exposée  Prov.  et  Dict.  Gloss. 
s.  V.,  et  qui  paraît  ne  pas  appartenir  à  la  catégorie  de 
celle  dont  je  viens  de  parler,  w^,  renverser,  retourner 
de  haut  en  bas,  n'est  connu  qu'en  Syrie,  en  Egypte  et 
dans  l'Afrique  du  Nord,  Prov.  et  Dict.  p.  104  et  Gloss., 

où  beaucoup  d'exemples,  oij-*-'  ]y^.  y^j  qu'on  couche 
le  noyé  (le  renverse)  sur  le  ventre,  Syr..  Hartmann  L  L  W 
p.  146  Str.  9,  1,  amaglûba,  qui  lui  fut  expliqué,  p.  147, 


^AJ,   verser  (le  ciel,  la  pluie\  LA  XI,  238,  10,  Qâra.  III,  194  fin, 

192,   12.   *I2?3   =  ïJj:^   LA  IX,  313  ult.,  vallon  couvert  (Varbres. 
Dans   la   plupart  de  ces   mots,  -b   paraît   être-  primaire,  tandis  que 

dans  A*j'   et    *Aa«    (Aa«.   Ti'^)   ->  est  primaire.  Il  est  incertain  si 

^ciaï  est   une  prononciation  pour  J.Je  ,   quoique  les  thèmes  -las  et 
lXï  soient,  au  fond,  identiques. 

1)  ou    JJ^   Ji~^   Dt. 


1223 

11,  par  jjtabbû'^a",  ce  qui  n'est  pas  un  mot  arabe;  c'est 
évidemment  Lp^,  car  w^  est  synonyme  de  wJlï.   En 

Syrie   J*Ij,  comme  adverbe,   est  le  contraire  de   ^Ja^. 

«-^  j»j1j5  vj55jyo  i^rùs^  j'ai  le  dos  endolori  et  je  couche  sur 

le  ventre^  Syr..  ,_c;r^  ci^^  f^=^  ^]^  ^j'  l5^  ^^  cr'  ^  <^«wse 
des   douleurs   de   ventre,  je   couche  sur  le  dos,  supinus 

cubare.  Un  proverbe  syrien  dit  :  JOî  L  (i  .^t  ^yij,  Ç>Liî  j.y, 
coucher  sur  le  ventre  et  boire  à  même  l'eau,  il  n'y  a  rien 
de  plus  délicieux. 

Pour  moi,  il  ne  souffre  pas  de  doute  que  le  sens  con- 
cret de  taper,  palper  ne  soit  le  point  de  départ  pour  le 
sens  abstrait  à.'être  médecin  et  ^'être  expérimenté.  Abu 
Bakr  el-Anbârî,  dans  son  ^\^\  dit  à  propos  du  proverbe 

w*-!:»  ._,.-:>  ^J^,  que  j'ai  expliqué  p.  871  et  s.:  û->i  ^j^  sLlsuo 

v-^sjuJaj    i«,a1j    J^;   J^   xXxLài    L«.A.*i3  •wA.AAiaSt   (  c*-*"  ^[î    'i.ùiiiW^ 

lîôb>  ^1^  !o!.  On  voit  donc  que  l'auteur  [-f  328]  ne  con- 
naissait pas  le  sens  concret  du  verbe  en  question. 

Le  tabîb  est  originairement  celui  qui  palpe,  qui  tâte 
(p.  e.  le  pouls).  On  lira  Hdr  Gloss.  p.  643  et  s..  Si  JJd 
est  devenu  être  ensorcelé,  Boh.  VIII,  p.  83,  Wellhausen 
Reste  p.  161,  v_jj^  i=  .y<u»^,  L  A  II  p.  42,  li,  c'est 
de  la  même  façon  que  le  français  toquer,  rendre  fou,  et 
toqué,   fou,   de  toccare,  toucher").  Le  ^v^  est  donc  un 


1)  Contr.  de  o^ClLi  v"/^'- 

2)  L'étymologio  de  Brachet  est  impossible. 


81 


1224 
J.>oé  r=  Jsi'j.   Le  médecin  était  aussi  ensorceleur^  comme 

on  en  trouve  encore  des  „médecins",  aussi  bien  chez  les 
Bédouins  arabes  que  chez  les  peuples  africains  et  les  Indiens 
d'Amérique.  Le  courant  sémasiologique  n'est  donc  pas, 
d'après  moi,  celui  que  propose  Fraenkel  F  W  p.  260.  En 
éthiopien,  mfl  a  déjà  complètement  perdu  le  sens  pri- 
maire, à  en  juger  d'après  nos  dictionnaires,  et  celui  à.'être 
sage  est  seul  conservé.  Mais  le  substantif  'hTA*!!.  rna- 
drerie,  pourrait  bien  montrer  que  le  mrt.'fl,  à  l'origine, 

n'était  pas  le  sage,  mais  Vimposteur,  ^Ajo  wJxi,  qui  vou- 
lait tout  connaître  en  touchant.  Il  voulait  se  persuader 
en  y  mettant  la  main. 

80,  23:  gàym.  Sur  la  forme  masculine,  voyez  p.  723 
et  s..  ^  est  =  ^a,  sur  quoi  voyez  Hdr  p.  385  et  s., 
ici  p.  519  et  ss.  et  Brockelmann  VGSS  §40  ex.  Le 
même  cas  en  babylonien.  Le  hamzah  de  la  forme  litté- 
raire J.ja  n'est  pas  étymologique  dans  ses  mots,  mais 
comme  les  Babyloniens  l'ont  déjà  marqué,  Meissner  A  G 
§  69  e,  Ungnad  A  G  §  7,  il  faut  y  voir  la  constatation 
de  cette  loi  physiologique,  qui  trouve  son  expression  dans 
la  graphie.  Les  Assyriologues  expriment  cela  incorrecte- 
ment par  :  „la  gutturale  s'est  conservée  après  un  à  long", 
.  Meissner  o.  et  1. 1.,  ou  par  „w  et  y  deviennent  "  après  à," 
Ungnad  o.  1.  §  50  g.  Par  contre,  Brockelmann  VGSS 
p.  53  g  et  p.  57  ramène  ce  phénomène  à  sa  juste  valeur. 
L'arabe,  sur  ce  point  aussi,  suit  donc  une  très  ancienne 
tradition  graphique,  ce  qui  est  intéressant  à  relever. 

80,  23;  81,  5:   dahër  =  J^,  qui  est  devenu  pour 
nous  une  préposition,  mais  pour  l'Arabe  c'est  encore  un 


1225 

substantif,  qui  originairement  était  ace.  loci  ;  ^,  comme 
c'est  le  cas  de  toutes  les  prépositions  à  l'origine;  cf. 
ici  p.  1139.  I  Sa'd  VIII  p.  319:  ^yS^,  ^1  ^  ^^li  Jis 
f^^\  !l\^  'y^  ^y^f.  S^  iH>-«*o! ^s^\  \\s> ,  cf.  ibid. 

p.  150,  8,  15.  Le  contraire  en  est  uiyr-,  dans^  comme  son 
congénère  i:i,  Cook  G  A I  p.  36,  s.  v.. 

80,  24:  tehger.  Rarement  mot  m'a  donné  plus  de 
peine  que  celui-ci.  Tantôt  je  l'ai  entendu  prononcer  avec 
-,  tantôt  avec  ^.  C'est  pourtant  „  d'après  quelques 
«savants"  du  pays,  et  je  le  trouve  ainsi  écrit  dans  les  vers 
p.  445etp.  1211.^y^,  0,  i,  aussi  Hdr  y^!,  avec  le  parti- 
cipe Hj.^^-^,  pi.  oîj-:^^::^,  et  l'intonsif  y^^-=>-,  inf.  p^^^t 

Arabica  V  p.  49  note,  ^dr  p.  449,  3.  'i^^-,  cris  de  joie 
des  femmes,  aussi  Hdr.  C'est  sans  doute  de  cela  que 
vient  le  nom  du  ^L^,  qui  est  toujours  prononcé  avec  «, 

tambour  oblong,  Hdr  Gl.  s.  v.,  v.  d.  Berg  le  Çadhr.  p.  92. 
Ce  verbe  correspond  à  iac^j  =  Ja*i- ,  Syrie  et  Palestine 
du  Nord  [cf.  Prov.  et  Dict.  Gl.  s.  v.l,  à  ojcj,  Béd.  du 
Nord,  Egypte,  Palestine  du  Sud,  à  J^JlP,  Syrie,  Dalman 
PD  p.  192,  7,  et  ""Iraq,  et  à  <Jj^,  Yéman.  Si  la  forme 
originale  était  y^iî»,  ce  pourrait  être  une  métathèse  de 
u:>,  parler  d  haute  voix.  Socin  Diwan  N°  81  v.  5 porte: 
Hû  yehàgr  al-hisse  "ar-râ^al-ljeçlâr  (ramai) 

Il  élève  la  voix  pour  ne  pas  donner  de  soupçon  au 

[maître  de  la  demeure^ 

où  yp^j  fut  expliqué  par  ^.^  parler  haut  (et  non  parler 


1226 

bas).  Socin  n'a  pas  traduit  tout  ce  numéro,  probablement 
parce  qu'il  le  trouva  trop  sale.  Le  sens  de  jS^_  n'est 
pas  incertain,  comme  il  dit:  l'homme  était  derrière  un 
grand  mur  en  train  de  faire  l'amour  et  pour  que  le  maître 

de  la  cabane   d'à  côté  ne  soupçonnât  rien,  le  A^   fit 

semblant  de  causer  à  haute  voix. 
Un  bédouin  de  Bîr  Barhoût  a  dit: 

Et  les  cris  de  joie  des  femmes  dans  les  campagnes 

[et  les  villages^), 
Et  les  gens  de  la  noce  ornent  sa  demeure. 
Ils  n'07it  pas  passé  chez  le  qâc/i,  ni  chez  ses  oncles 

[maternels  ; 
Celle  dont  le  père  est  mort,   les  oncles  paternels  la 

[marient  ^). 
C'est  avec  _  que  le  mot  me  fut  ici  écrit  par  un  homme 
lettré  d'Aden,  mais  y^  a  pu  devenir  ^  selon  de  nom- 
breuses analogies;  cf.  ici  p.  441  en  bas  et  s..  Pour  le 
moment,  je  ne  saurais  rien  dire  de  bien  précis  sur  la 
provenance  de  ce  verbe.  J'ose  à  peine  conjecturer  que 
notre  verbe  soit  l'araméen  •  ^,  être  boiteux,  qui  corres- 
pond à  S^\  ihlii,  sautiller  à  petits  pas,  et  qu'il  soit 


1)  Ces  vers  se  rapportent  à  une  longue  et  intéressante  histoire, 
pour  'aquelle  il  n'y  a  pas  de  place  ici. 

2)  On  ne  prétendra  pas,  j'espère,  que  J«^^^>  soit  dcnoniinatif  de 
^y.:S\i=' ,  jierdrix!  J.j^\>  ,  intens.,  et,  par  dégémination,  J..:^Uj>  = 
^^-»J ,  sauliller^  Dt. 


1227 

un  développement  de  i^=>,  3:in,  originairement  sauter  (de 
joie),  sur  lequel  on  a  déjà  écrit  le  nécessaire.  Dans  I. 
Sa'd  VIII  p.  114  nous  lisons:  J^^  (3^  J^^?^  /*>  C^w 

AÎ^  J.:?^  j,l5  !iA=>t  (jr^j'  '•-^''  G  a'' far  se  leva  alors  et  sau- 
tilla autour  du  Messager  de  Dieu.  ^Qu* est-ce  que  çd?" 
demanda  le  Prophète.  „  C'est  que^  répondit  Ôa^far^  lorsque 
le  Négoûs  d'Ethiopie  avait  contenté  quelqu'un,  celui-ci  se 
mettait  à  sautiller  autour  du  Négoûs."  =  I.  Sa'^d  IV  ii 

p.    24,   8  et  s.:    jLsLi   [(^ioJLc^b]   ^ç^\   J^s>  J^^  ^àjt=>  pLiis 

^J«/JUj  *jjjcU:4  ic^^il  c>j[;  J'î  '^  ^  (j:^^ fo.i  vu  quc 

les  Abyssins  le  font  à  leurs  rois.  H  Zimmern  a  publié 
dans  son  Zum  babyl.  Neujahrsfest  (sâchs.  Gesells.  f. 
Wissenschaft.  vol.  LVIII  p.  126  et  ss.)  un  texte  cul- 
tique  de  la  bibliothèque  d'Assurbanipal,  du  7e  siècle  av. 
notre  ère,  où  nous  lisons  p.  132,  18:  sarru  saakal 
kamanu^)  (a  m  élu)  àangû  ittisu  uéarqadu')  (ilu) 
Marduk  (ilu)  Nabû,  que  Zimmern  traduit  par:  le  roi 
qui  fait  sauter  avec  lui  le  pain  grillé  du  prêtre.  Zimmern 
ajoute  dans  une  note:  „très  étrange,  mais  on  ne  saurait 
guère  le  comprendre  autrement."  L'action  de  saz^^er  était 
donc  une  cérémonie  cultique  aussi  chez  les  Assyriens. 
Même  idée  que  dans   exultare.   On  était  aussi  exultant 


1)  Je  les  mets  entre  parenthèses,  car  c'est  une  glose,  comme  l'a 
déjà  vu  de  Goeje  Z  D  M  G  Cl   p.  470. 

2)  C'est  le  ]13  des  Hébreux,  Ges.-Buhl  II  W  B  p.  305,  le  x«''*«'; 
des  Grecs,  Lewy  S  F  W  p.  77,  et  correspond,  comme  symbole,  au 
8-ylc  des  Aiabes,  Hdr.  p.  4G1,  note  1,  au  pain  bénit  do  l'Eglise 
catholique  et  au  pain  qu'on  mange  pendant  le  carômo  et  à  Pâques 
en  Suède. 

3)  Sur  ce  verbe,  voyez  le  Glossaire. 


1228 

dans  les  fêtes  religieuses  arabes;  et  encore  aujourd'hui 
les  femmes  bédouines  exultant,  ^jJL^v^.,  lorsqu'elles  ^JJ>_^\^.. 

Ma  combinaison  serait  belle,  si  elle  était  vraie.  Ce  serait 
en  même  temps  une  illustration  du  ^=>  arabe.  Par  contre, 
outre  les  significations  données  p.  1225,  y^  est  aussi 
être  pur  et  saiis  mélange.  Un  poète  yâfi'^ite  dit  dans  une 
qasîdah  : 

Il  dit  :  je  suis  venu  furtivement,  et  il  n'y  a  pas  d'em- 

[pêchement, 
Et  je  refuse  ce  qui  est  mélangé;  dis:  par  Dieu,  c'est 

fpur  de  tout  mélange. 
La  suite  du  verset  cité  p.  524  est: 

£^^  le  blé  pur,  vanné,  peut-être  le  prendrons-nous  ; 
Es-Sarrîeh  aux  châteaux  spacieux  se  refusera. 

v^'  j^  =  -^^j  vanner  le  blé.  Un  tel  est^j*:?^^  Ç^  ^j^  — 
^^•y*o  o*r^  Q^,   d'une  bonne  et  noble  maison.  j>'\J>  ^***-', 

le  chameau  est  de  bonne  race. 

81,  2:  qalbeha  qàwi.  A  propres  de  cette  locution, 
on  lira  le  désopilant  passage  de  ma  critique,  p.  13,  sur 
la  langue  mehri  de  A.  Jahn,  où  il  traduit  abû  gai b  'a dm 
par  je  suis  le  père  d\m  cœur  d'os.  Son  homme  a  bien 
dit  galb  ""azm,  ce  qui  est  l'équivalent  de  qalb  qàwi. 


1)  Ecrit  dans  l'original  v^b* 

2)  Ecrit  u-Ao". 

3)  Où  la  syllabe  finale  y  a  est  brève  «  ;  voyez  mon  observation 

Hdr  Gloss.  s.  v.  iu  et  ici  Gloss.  sur  cette  finale. 


1229 

81,  6:  gelîlah.  idJi^,  pi.  Jo^b>,  balle;  en ^Omân  iJ^, 

boulet  de  canon,  B  B  R  A  S  1902  p.  260,  et  en  éahhî  iJJL  i) 
ibid.  C'est  sans  doute  la  même  racine  que  dans  le  baby- 
lonien gullatu,  et  l'hébr.  ni^^,  boules  d'un  chapiteau, 
Zimmern  K  A  T  p.  649,  Ges.-Buhl  H  W  B  p.  126.  Halévy, 
OS  Festschrift  Nôldeke  p.  1017,  veut  que  ce  mot  soit 
venu  aux  Hébreux  par  l'entremise  des  Araméens  ou  des 
Phéniciens,   ce  qui  n'est  pas  nécessaire,  d'après  moi.  En 

*^Irâq  jjj,  n.  gén.,  *is,  une  balle,  pi.  J^lï,  Meissner  M  S  0  S 

VII  II  p.  11.  En  Egypte,  id>,  boule  z=&yv.  -»SS,  balle, 
boulet  *),  serait,  d'après  Vollers,  Z  D  M  G  51  p.  639,  venu 
„du  persan  gôleh^)."  Le  sanscrit  a  gôla,  boule;  l'allem. 
kûl,  Mlle,  Keule  ;  le  suédois,  kula,  et  le  bas  allem.  kollern, 

rouler.   Le   class.,   LA  XIII  p.    126,  o,  et  l'égypt.  icL>, 

mot  très  ancien,  est  tas  d'excréments  des  animaux,  à 
cause  de  sa  forme  plus  ou  moins  ro7ide.  Il  correspond  à 
l'hébreu   ^3,  stercus,   Baudissin   Z  D  M  G   58,  p.   407   et 

note   3.   Je  suis   persuadé  que  ÎJiï,  gargoulette'^)  est  le 


1)  Qui  me  paraît  bien  être  l'anglais  bail,  formé  sur  le  paradigme 

iJyè  ou  *^^i«  des  choses  rondes:  *1e'  ^lii}. 

2)  A   Rasâyat   el-Fohhâi-,  au  i)ied  du  Mt.  Hermon,  le  verbe  rr»)j, 

>     o  . 

terme   technique   du    potier,    me   l'ut  expliqué  pai':  i^  }^  ^JjoX: 

KÏiAii ,  071  le  forme  en  boulette,  comme  le  boulot  de  canon. 

3)  xli  (gollè)  boule,  Kazimirski  Vocab.  fr.-pers.  s.  V..  Guleli,  serait 
donc  à  kullah  comme  yaubali,  cuve,  curette,  Boh.  H,  p.  12,  I.ldr. 
Gl.  s.  V.,  à  gubbah,  panier,  UU  p.  42,   13. 

4)  Et  non  i)as  seulement  cruche  à   cin,  Fracukcl  V  W  p.  170,  cf. 


1230 

même  mot  que  le  babyl.  gullatu  ci-dessus  ;  presque  tous 

les  nom.   vasis   en  arabe  se   retrouvent   en  babylonien. 

Almkvist,  Kleine  Beitrâge,  dans  les  Actes  du  Congrès 

de   Stockholm   p.   425  et  ss.,  veut  que  le  turc  iSS,  J^ 

soit  une  transformation  de  l'arabe  i^  et  que  le  mot  turc 
soit  revenu  aux  Arabes,  qui  en  ont  fait  leur  g  u  1 1  a,  k  u  1 1  a, 
killa,  pi.  gulal,  gulâl,  kulal,  kulâl.  Le  JxIL  v^ 
ou  J^L,  ibid.  p.  425,  est  notre  jeu  de  houles.  Si  xi/  est 

G  5 

l'arabe  i^  (vulg.   5^,  comme  le  class.  y>  •=.  f>)  L  A  III 

p.  257),  il  faut  aussi,  avec  Barth,  ZDMG  41  p.  615, 
y  englober  ^^r=:michna  ^"iD,  tas  de  hlé^^m^^x.  houle  ^)-=. 
babyl.  k  a  r  û,  tas  de  blé,  Winckler  Gesetze  Hammurabis, 
Gloss.  s.  V..  Le  thème  "iD.  ""iD,  ^,  ^S  paraît  effective- 
ment indiquer  quelque  chose  de  rond,  y,  faire  un  tour  2), 
et  .yj,  faire  un  trou,  une  e'chancrure  ronde  au  cou,  v. 
ici   p.  918,  5,   ou  à  la  manche  d'un  vêtement,  »\^,  trou 

y 

du  cou  d'une  chemise,  Beaussier,  et  le  syro-syrien  à.îy, 
Dozy,  Prov.  et  Dict.  Gloss.  s.  v.  ;  en  mehri  bjty',  corbeille, 


Ai-> ,   vase  en  folioles  de  palmier,   LA   XIII,   p.   \1ô,  '  d'en  bas. 
Girgëla  pour  gilgela,  roue,  en  raandéen.  1^3,  ustensile,  vase. 

\)  Pour  les  nombreux  dérivés  de  y»S^ ,  voyez  le  Glossaire.  Cf.  "113, 
être  rond,  IDID  danser,  ^ S  =  w^^1*j    et  vulg.  tourner  la  meule. 

2)  C'est   le   sens   général,  dont  s'est  développé  rouler  et  attaquer 
en  faisant  des  tour,  comme  c'est  la  coutume  des  Orientaux.  Le  class. 

'Ày,tour  et  retour,  fois,  ûez.  p.  199,  15,  n'est  donc  au  fond  que  = 
«y',  avec  conservation  de  la  trilittéralité. 


1231 

Jahn  M  S  p.  203,  3.  Ce  ne  sont  là  que  des  développements 
variés  du  même  thème.  En  Egypte,  ay't,   Mlle  de  billard, 

cloche  de  lampe,  de  ijy',  déjà  signalé  par  L  A  V  p.  86,2. 

ij-j^s,  toupie,  Egypte^).  *iï  MSOS  VI  11  p.  111  en  bas r= 

'iJii,  sommet,   class.   et  dialect.,  est  encore  au  Yéman  et 

en  Hdr  Ki^,  pi.  JL/,  ou  âS,  Arabica  III  p.  37,  Glaser 

Peterm.  Mittheil.  1884  Heft  V  p.  173;  cf.  lat.  collis, 
co^^me  =  suédois  kulle.  Baudissin  dit,  ZDMG  58  p.  411 
note  1,  qu'il  faut  renoncer  à  ramener  les  différents  em- 
plois du  thème  bb:^  dans  les  langues  sémitiques  à  une 
signification  fondamentale  commune.  Il  est  d'avis  que 
„être  rond"  est  secondaire  et  que  „roîder"  est  primaire. 
C'est  possible,  mais  je  ne  crois  pas  que  l'idée  de  rouler 
ait   précédé   celle   d'être   rond,  au   contraire.  1.!^.^^^  est 

encore  rond  en  syriaque.  ,jc>  est  du  reste  en  arabe  un 

ju=«),  LA  XII  p.  124,  K.  el-Addâd  p.  57.  Schulthess, 
dans  son  ouvrage  Homonyme  Wurzeln  im  Syrischen  p.  9 
et  ss.,  parle  en  détail  de  la  racine  JJb-  et  il  y  arrive, 
en  partie,  aux  mêmes  conclusions  que  moi.  Il  distingue 
quatre  courants  sémasiologiques  :  1°  rollen,  wdlze7i;  2°  un 
JJl>  qui  a  donné  naissance  à  plusieurs  mots  de  vêtements  ; 


1)  La  toupie  a  dû  être  très  en  vogue  chez  les  anciens  Arabes,  à 
en  juger  par  les  nombreux  appeiatifs  qu'elle  a  dans  la  langue,  Alm- 
kwist  0.   1,   p.   433.    Cf.   ^.L> ,  toupie. 

2)  J'ignore  par  quelle  procédure  idéale  J^  a  pu  signifier  être 
grand.  En  voyant  les  Grands  d'Orient,  avec  leur  embonpoint,  et  les 
femmes  juives  rondelettes  de  l'Afrique,  on  serait  bien  tenté  de  penser 

à  l'étymologie  primaire  de  Jw> ,  cire  rond,  rouler!! 


1232 

3°  un  JJb.  „gross  sem",  et  4°  des  mots  qui  ne  peuvent 
se  classer  dans  ces  trois  rubriques.  Si  nous  admettons 
que  le  sens  primaire  est  être  rond  et  que  rouler  s'en 
soit  développé  d'une  façon  toute  naturelle,  la  commu- 
nauté des  deux  premiers  est  évidente. 
1  A^a^  ^^  ^'?î'^  ')>  "^ciiiteau,  s'est  formé  de  Vli.^  ^^:i  > 

comme  son  synonyme  arabe  iJu-ù  s'est  formé  de  ô^î 
c'est  donc  une  chose  qui  entoure  le  corps  ou  dont  on 
s'entoure  le  corps.  J^,  dont  j'ai   parlé  p.  761,   est  de 

même  de  JL>,  b}:^  et  ':''':i,  faire  des  tours,  et  je  ne  vois 
pas  pourquoi  jJb>,  si  usité  dans  le  Sud,  serait  un  déno- 
minatif de  jo.  2),   Schulthess,  o.  1.  p.  13,  ici  p.  761.  La 


1)  Il  faut  examiner  s'il  y  a  un  rapport  entre  ce  mot  et  le  latin 
cUlcità  ou  culcitra,  matelas,  cottssin,  qui  a  engendré  tant  de  mots 
dans  les  langues  européennes,  Diez  E  W  I,  p.  134,  Nyrop  Gr.  hist. 
de  la  langue  franc.  §§  158  et  412,  comme  p.  e.  l'allem.  Koller,  couverture 
de  lit,  et  le  suédois  kolt,  jaquette  d'enfant  Les  deux  mots  latins 
synonymes  ont  donné  naissance  à  deux  dérivations,  avec  ou  sans  r, 
et  cela  rend  la  provenance  du  mot  latin  suspecte.  Nous  avons  déjà 
vu  que  l'allem.  kollern,  rouler,  a  aussi  une  r  adventice. 

2)  Fischer  veut,  Z  D  M  G  58  p.  44,  d'après  Vollers  ibid.  50  p.  023 
et  s.,  que  ce  soit  un  nom  exotique,  Fremdwort,  ZDMG  58  p.  44; 
je  no  le  crois  pas.  Le  moderne  sull,  couverture  de  seiZe,  que  Vollers, 
0.  1.,  fait  dériver  du  turc  i})%=^  ,  est  probablement  de  la  même  pro- 
venance que  son  synonyme  syrien  et  nordarabique  S^^  ,  v.  Gl.  s.  v., 
Meissner  NAGI  p.  129.  Les  Arabes  modernes  disent  S-^  ^^  sin- 
gulier, selon  la  j-ègle  sur  le  paradigme  ^^  .  De  même,  les  Arabes 
méridionaux  disent  ,'.; ,  lui  houtun,  pour  le  class.  et  nordarabique 
jj  ,  1  bad  VUi,  p.  239. 


1233 

couverture  Ji»  =  xj^L>  ')  est  ainsi  appelée  parce  qu'elle 

se  roule,  et  la  voile,  J>->>  de  même,  Diw.  ^Aggâg  p.  28 
V.  74.  =  JbL>  ibid.  v.  69,  Arâgîz  p.  89  et  90,  Hdr  p.  518 

note,  parce  qu'elle  est  roulée  sur  la  vergue,  ainsi  que 
c'est  l'habitude  des  marins  dans  les  parages  arabiques. 

'»^J<^i  pl'  ô-rî^i  rideau  de  la  fenêtre,  Damas,  et  ^ilLliJI  JJb>, 
mettre  des  rideaux  à  la  fenêtre,  Damas,  offrent  la  même 
image.   Le   médium  araméen  n'est  pas   nécessaire  pour 

^L>.  Schulthess  émet  bien  lui-même  un  avis  très  juste, 
0.1.  p.  13  et  s.  :  „La  chose  devient  spécieusement  encore 
plus  compliquée  si  nous  prenons  en  considération  le  persan 

Jj>,  couverture  de  cheval  ou  en  général  couverture  pour 
monture,  le  turc  ^  cul,  Jo.  gùl,  J^cul,  etc.,  couver- 
ture de  cheval,  Jy>-  cul,  hardes,  vêtements  usés,  le  kurde 
Jw»gil,  housse,  parure,  habit,  etc..  (Justi  Jaba  116  et  s.) 
d'où  le  néo-syriaque  a  son  ^i^cu.  (p-  e.  Gen.  49,  n,  Lidz- 
barski  Gloss.  428  en  haut  et  435  en  bas) ....  Pour  ce 
qui  est  des  formes  perso-turques  ici  mentionnées,  elles 
sont  certainement  toutes  d'origine  sémitique".  Et  il  se 
demande:  „Mais  quel  rapport  y  a-t-il  entre  tout  cela  et 
la  racine  sémitique   b'b:^,  roider?"   Voici   ma  réponse  à 

cette  question.  Cf.  Gloss.  s.  v.  jL>  et  Jy>. 

Il  est  difficile  de  dire  quelle  était  la  consonne  initiale 
à  l'origine:  g,  k  ou  q.  Cela  est  du  reste  de  peu  d'impor- 
tance. Admettons  kl.  Nous  trouvons  que  ce  phonème  et 
ses  variations  phonétiques  parcourent  toutes  les  langues 
sémitiques  et  aryennes,  de  même  que  son  congénère 
sémantique  gb.  Cela  n'est  pas  un  pur  hasard,  mais  qui 


i)  Snouck  Mekk.  yprichw.  p.  80,  1. 


1234 

n'indique  nullement  une  affinité  dans  l'essence  des  deux 
familles  linguistiques.  Ce  fait  nous  montre  seulement  que 
des  milliers  d'années  avant  l'aurore  historique,  pour  nous 
discernable,  de  la  culture  orientale,  il  y  avait  des  courants 
de  thèmes  qui  ont  partout  laissé  des  traces.  Qu'on  ne 
s'imagine  pas  que  l'ancien  monde  fût  divisé  en  états 
entourés  d'une  muraille  chinoise!  Les  pays  au  deLà  de 
la  Méditerranée  ont  certainement  eu  entre  eux  plus  de 
relations  que  l'Europe  avec  l'Orient.  Rien  n'est  plus  im- 
possible, ni  improbable,  en  fait  de  communauté  de  culture, 
de  migration  de  racines,  de  mots  et  d'idées.  On  n'a  pas 
encore  étudié  ce  côté  de  la  linguistique  parce  qu'on  a 
peur  d'être  considéré  comme  partisan  d'une  théorie  qui 
n'est  pas  scientifiquement  soutenable,  de  la  connexité 
entre  des  langues  aussi  disparates.  Brockelmann,  VGSS 
§  5,  se  prononce  un  peu  trop  en  dictateur  lorsqu'il  prétend 
que  tous  les  résultats  du  rapprochement  des  langues 
sémitiques  et  indogermaniques  sont  restés  nuls.  L'affinité 
existe,  cela  est  indiscutable,  mais  la  question  est  de 
savoir  si  elle  est  organique  ou  adventice,  un  produit 
primaire  ou  un  produit  de  migration  des  racines  et  des 
mots.  Notre  savoir  n'arrive  pas  encore  à  traiter  une 
question  toujours  si  obscure.  Mais  là  où  nos  recherches, 
à  l'heure  qu'il  est,  peuvent  et  doivent  lever  le  voile, 
c'est  sur  le  terrain  de  la  migration  des  racines  et  des 
mots.  L'ancien  monde,  à  l'arrivée  des  Babyloniens  au 
pouvoir,  était  déjà  vieux.  Sa  perfection  d'alors,  la  fixité 
de  son  astronomie  le  prouvent.  Racines  et  mots,  à  une 
époque  que  nous  ne  saurions  pas  même  approximativement 
indiquer,  ont  dû  pénétrer  dans  des  milieux  linguistiques 
d'une  origine  toute  différente.  11  y  a  des  racines  culturales, 


1235 

comme  il  y  a  des  mots  culturaux  internationaux.  Leur 
point  de  départ  est  encore  ténébreux,  car  si  nous  disons 
la  Babylonie,  cela  veut  seulement  dire  que  c'est  là  que 
nous  les  trouvons  à  l'époque  la  plus  reculée  qui  s'ouvre 
à  nos  yeux  scrutateurs.  Je  suis  absolument  persuadé, 
après  tant  d'années  de  recherches  et  d'études,  que  les 
racines  sémitiques  n'ont  pas  seulement  un  sens  intrin- 
sèque, qui  se  greffe  souvent  sur  un  autre  pour  former 
une  nouvelle  nuance  sémasiologique,  mais  qu'un  bon 
nombre  ont  voyagé  au  loin,  où  elles  ont  formé  de  nou- 
veaux mots,  dont  le  sens  rappelle  toujours,  d'une  façon 
ou  de  l'autre,  le  terroir  exotique  d'où  elles  sont  parties. 
La  petite  chose  ronde  qui  roule  a  accompli  sa  trajectoire 
à  travers  le  monde:  de  gôla  aux  Indes,  g ô  1  e h  en  Perse, 
gullah,  kulla,  gelîlah  en  Arabie,  elle  est  devenue 
kula(e)  en  Turquie,  en  Allemagne  et  en  Suède. 

C'est  de  cette  façon  que  la  racine  nuancée  gl  (gl,  kl) 
a  parcouru  le  monde,  où  elle  a  laissé  les  mots  culturaux 
que  Schulthess  a  passés  en  revue.  Les  civilisations  for- 
ment une  chaîne  dont  les  maillons  s'emboîtent  l'un  dans 
l'autre.  Il  n'y  a  pas  que  les  peuples  qui  émigrent:  les 
mots  ont  aussi  leurs  migrations.  La  racine  en  question, 
qu'elle  soit  gl,  ql,  qn  ou  kl,  est  une  des  preuves  mul- 
tiples de  l'influence  des  Sémites,  d'une  civilisation  si 
avancée  déjà  à  la  pointe  du  jour  de  l'histoire  saisissable, 
sur  les  peuples  avec  lesquels  ils  étaient  en  contact. 

Ceci  était  écrit  quelques  années  avant  la  publication 
de  l'ouvrage  extraordinaire  de  Hermann  Môller,  Semitisch 
und  Indogermanisch  1907,  où  il  parle  §  72  de  la  racine 
„g''^l-,  roîder,  tourner,"  qui  s'est  développée  en  g  wl  >  ku-1-. 
D'accord,   mais,   pour  les  exemiiles   dans  les   variations 


1236 

de  cette  racine  et  ses  développements,  il  opère  trop  avec 
le  dictionnaire  de  Freytag  et  de  Lane.  Selon  lui,  la  va- 
riation kl  appartiendrait  au  courant  indogermanique,  ce 
qui  n'est  pas  absolu.  L'ouvrage  de  Môller  nous  tombe 
comme  une  tuile  sur  la  tête.  Il  y  a  certainement  beau- 
coup d'imagination,  mais  on  aurait  tort  de  le  traiter  avec 
suffisance,  car  notre  insuffisance  est,  à  l'heure  qu'il  est, 
encore  plus  grande  que  le  miroitement  de  ce  livre  extra- 
ordinaire et  nouveau.  Depuis  les  derniers  cinquante  ans, 
toutes  nos  idées  de  jadis  sont  révolutionnées,  boulever- 
sées et  en  partie  évanouies  pour  toujours.  La  science  a 
aussi  ses  „possibilités  illimitées."  La  linguistique  com- 
parée est  encore  un  enfant  dans  les  langes. 


38. 
Rîèt  er-râggâl   uel-asad. 

82,  2:  rîet.  'dS  pi.  olj,,  récit,  histoire -=1 1^'^.  Le 
verbe   est   (^cj.,  raconter.   iù^L  ^^  ^^.,   il   me   raconta 

l'histoire  z=-iLjy[,  ^^]Ls>,  v.  Gloss..  ,^^L  informer.  Le 
terme  technique  des  Traditions  iùL,  est  donc  véritable- 
ment récit,  information. 

82,  2:  sêd  =  asad.  Js-y^2  est  lion  dans  les  dialectes 
nordafricains,  Stumme  T  Gr.  pp.  41,  44  et  Gloss.  p.  172, 
Marçais  R  M  T  A  p.  450,  Kampffmeyer,  Materialien  z. 
Stud.  der  arab.  Beduinendialekte  Innerafrikas  p.  215. 
Stumme  veut,  T  M  G  p.  XIX  note  2,  T  Gr.  1. 1.,  que 
àsad  ait  d'abord  fait  sàd,  qui  aurait  été  transformé  en 
sîd,  sous  la  pression  du  ton,  comme  ibil,  bil  et  bîl, 
T  Gr.  p.  41,  et  par  contamination  avec  le  thème  «A^o, 
ibid.  p.  172  et  T  M  G  1. 1..  ce  qui  est  accepté  par  Fraenkel  '). 
Nôldeke,  W  Z  K  M  VIII  p.  269,  a  proposé  l'identité  avec 
v>uy«.,  qui,  d'après  LA  IV   p.   217,  est  loup  et  chez  les 

Hodeyl,  liony  Diw.   Hod.  éd.  Kosegarten  N°  87  v.  9;  le 


\)  Zuni  ^^porad.  Lautwandel  in  den  Semit.  Sprachen  p.  15. 


1238 
fém.  slXx--').  L  a  a  un  long  article  sur  ce  mot,  que  je 
considère  tout  simplement  comme  une  contraction  de 
jÇyw,  prononcé  sîd*)  encore  aujourd'hui.  Je  crois  que 
ces  trois  savants  sont  dans  l'erreur.  Déjà  Kampffmeyer, 
0.  et  1. 1.,  soupçonne  que  c'est  lW>,  Wild^  Wildpret,  par 
antiphrase.  Il  a  sans  doute  raison.  De  même  que  le  lion 
est  le  seyyid,  sîd,  seigîieur  des  animaux,  de  même  il 
constitue  la  plus  noble  chasse,  sêd,  la  chasse  par  excel- 
lence. On  observera  que  dans  le  texte  de  Stumme,  il 
n'est  pas  appelé  sîd,  mais  sêd,  qui  est  la  forme  pri- 
maire, et  sîd  est  en  vertu  du  passage  de  ê  en  î,  dans 
les  dialectes  nordafricains,  et  dans  d'autres  dialectes  éga- 
lement. Chez  les  Bédouins  du  Nord,  csjSo  est  la  chasse 
aux  grands  a^iimaux  seulement.  Dans  le  Sud,  c'est 
principalement  la  pêche  \  y^uJî  J^yi,  et  aussi  synonyme 

de  liU-w,  poisson,  qui  n'y  est  pas  mot  courant. 

On  m'a  dit  qu'il  y  a  encore  des  lions  en  'Asîr  et  dans 
le  Hinterland  du  pays  des  Mahra  et  des  Qara.  Une  fois, 
on  me  montra  à  Aden  deux  peaux  de  lions  qui  prove- 
naient du  premier  pays,  mais  je  n'ai  pu  constater  la 
véracité  de  cette  allégation;  cf.  G.  Jacob  o.  1.  p.  17  et 
p.  113.  Une  inscription  tamûdite  porte  cX^t  ^y^is,  Litt- 
mann  Th.  J.  p.  25,  avec  le  même  verbe  qui  est  encore 
employé  aujourd'hui  pour  la  grande  chasse,  G.  Jacob  o.  1. 
p.   120.   Il   est  curieux  que  vA^-t  figure  dans  les  inscrip- 


1)  En   Hdr.   et   en  'Oman,    R  0   p.    412,  n°.  158,  sJyyo  =   une 
pièce  de  gros  gibier,  une  bête  tuée  à  la  chasse. 

2)  Et  sous  ce  rapport  très  intéressant,  en  tant  qu'il  montre  qu'on 
prononçait  alors  di''jà  sîd  au  lieu  de  seyyid. 

3)  En  Hdr  c'est  aussi  la  chasse,  comme  dans  la  lurah. 


1239 

tions  sabéenDes  où  il  n'a  cependant  pas  le  sens  de  Imi^ 
mais  celui  de  guerriers,  soldats,  Glaser  891,  Die  Abes- 
sinier  p.  82,  Hommel  SA  Chr.  p.  120  dans  l'inscription 
de  Libnah  1.  6  où  il  est  dit  qu'à  la  construction  120 
|.lX**)  furent  employés  =  idem  A  A  p.  166  et  s..  L'ins- 
cription de  Sirwâh,  Glaser,  Die  Abessinier  p.  14,  parle 
de  _^Js-;..f3  _»^y>  Q'-V^  '^'^\  ^^s  guerriers  de  ^Abadân,îes 
libres  et  les  esclaves.  Or,  j'ai  déjà  exposé,  Arabica  IV 
p.  50  et  s.,  que  W.  '^Abadàn  et  W.  Dura  appartiennent 
à  la  famille  régnante  d'Ansâb  et  où  leurs  tribus-soldats 
ont  leurs  flefs.  Ces  daulah  et  ces  soldats,  les  libres  et 
les  esclaves,  sont  donc  les  Q^x^^  ^>^^  de  l'inscription. 
Nous  savons  que  Jw-f  est,  dans  toute  l'Arabie,  employé 
au  figuré:  homme  courageux,  de  même  que  d'autres  noms 
d'animaux.  La  lurah  connaît  aussi  ce  trope,  p.  e.  Yâqût 

III  p.  473,  17,  où  un  Asadite  dit:  ^Jj^)  oyJ  ^^  et  ibid. 
III  p.  615,  13  un  Yémanite  parle  des  siens  qui  étaient 
des  oyJ*,  »oLw.  Abu  Sufyân  comparait  ses  hommes  à  des 
pt/  jjj  Tab.  I  p.  1469,  15. 

Il  n'est  pas  exclu  que  ckJ\  soit  employé  en  sabéen  de  la 
même  façon  que  ^^,  (iwJLxi,  ^yi,  ujUic,  yJ^jS,  ^,  ^,  ^^ 
V.   Gloss.   ss.  vv.,   de   même  que  les  noms  de  serpents^) 

4)  J^«A«i  ^_5^3  iwAJiJtj    ,UjLj  lilit ,  civec  les  Anmâr  nous  avons  pillé 

les  renards  de  Dû  Risl,  K  Ar.  XIII,  p.  101,  5  d'en  bas. 

2)  En-Nâbirah  ed-Dobyânî  a  dit,  L  A  XIII,  p.  408,  Ahlw.  6  Diw. 
p.  174,  H  Derenbourg  Complément  J.  As.  p.  34  (t.  a.  p.),  Su'^aiîi, 
en-Nasr.  II,  p.  728: 

Quel  serpent   rnâle   avons-nous  perdu  en  lui,  un  serpent  dont 
[la  lanyue  vibrante  porte  malheur,  t(ne  vipère  rusée! 

82 


1240 

^U*j,  (jia=>,  ^,  yd  etc.  V.  Gloss.  ss.  vv.,  pour  désigner 
un  homme  courageux,  un  guerrier,  ce  qui  est  une  par- 
ticularité des  parlers  méridionaux,  tout  comme  vi>.Aj  dans 
la  lurah.  Mais  j'en  doute  pour  ma  part.  Il  n'est  pas  inu- 
tile de  faire  observer  que  les  Sabéens  avaient  aussi  Jc>j, 
homme,  0  Weber  Stud.  SAAK  II  pp.  12,  15,  13,  15, 
mais  le  mot  ne  paraît  pas  s'employer  en  parlant  de  sol- 
dats, comme  „hommes"  chez  nous.  J'incline  à  voir  dans 
le  «A«,!  sabéen  l'origine  de  l'appellatif  a*-!  pour  le  lion, 
ainsi  que  l'a  déjà  supposé  Hommel  A  A  p.  29.  Le  verbe 
cs^\  est  bien,  avec  les  autres  formes,  un  dénominatif  de 

aZ,î,  lion,  mais  voyez  Nôldeke,  Z  D  M  G  40  p.  160  note 
4,  qui  pense  que  c\-w!,  lion,  pourrait  être  une  épithète 
postérieure,  de  Cs^Ji,  se  jeter  sur.  L'étymologie  de  ce  mot 

m'échappe,   et  je  n'oserais  trouver  une  corrélation  entre 

Cs^\  et  son  synonyme  l\Çw.  Celui-ci  est  de  \^c>y*,  d'oiî 
découlent  des  noms  qui,  en  sabéen  et  en  arabe,  indiquent 
le  pouvoir.  Il  est  vrai  qu'un  (A*.î  peut,  en  sabéen,  être 
aussi  bien  un  y>  qu'un  J^c  (voyez  ce  qui  précède), 
mais  J.LX-V.!  est,  en  sabéen,  trop  employé  dans  le  sens  de 
soldats,  guerriers,  ouvriers,  pour  avoir  le  môme  point 
de  départ  que  les  mots  dérivant  de  v/-V«- 

82,  3:  râgel,  râ^gâl-  On  ne  dit  pas,  dans  toute 
l'Arabie,  J^!^,  homme,  mais  partout  JL>  ,  pi.  JL>^,  ^L^ot, 
pi.  ^Js^  ')■  Rôssler  M  S  0  S I  p.  65 12,  pour  'Oman;  B  B R  AS 


1)   Snouck,  OS  Festschrift  de  Noideke  p.  iOG  note  8,  veut  réfuter 

i 
ce  que  j'ai  dit  Arabica  III,  p,  28  sur  (_,Jj  et  («i^ljl.  Sa  remarque  est 

basée  sur   une  observation  superficielle.  La  différence  qu'il  y  fait  de 


1241 

1902  p.  266  pour  le  éahhî;  Socin  Diw.  III  Gloss.  s.  v. 
pour  le  Negd,  où  aussi  le  pi.  S^fr^^j  Arabica  V,  p.  159, 
18,   et  dans  l'Afrique,   Bel  La  Djâzya  p.  88.  On  entend 

5     -  -  G    - 

qqf  au  Negd  aussi  J«^^,  ^j  et  J^=>j,  qui  est  collectif 
dans  la  lurah,   Naqâi(J  p.    143,   11  ').   En  Dt,  lj  Jo>^ 

est  courir  après,  suivre,  s'attacher  à.  Un  animal  est 
dVj  Jo>î^,  s'il  te  suit,  folgsam  ist,  v.  Gloss.  ==  ^   ^.^^ .  L  a 

rnutet  uhù^  sa^îr  àrgalu  em-luisi  birâhela 
tâni[eh]2)  mât  ibenha  uem-râhela  râgil(eh) 
bèh,  ula  ma  rigilet  sf  bèh  yegîbu  raasàbb  fîh 

O  O  V 

em-làban  îidhalu  em-zimâ'  fi  tùmuh  ^)  uhû 
yèria^  si  elle  (la  chamelle)  meurt  en  laissant  son  petit, 
on  attache  le  chamélon  (m.  et  f.)  à  une  autre  chamelle 
dont  le  petit  est  mort,  et  celle-ci  est  râgilah  beh, 
V affectionne,  lui  est  attachée;  et  si  elle  ne  s'attache  pas 
à  lui,  on  prend  une  outre  en  peau  contenant  du  lait  et 
Von  fait  entrer  le  pied  de   l'outre  *)  dans  la  bouche  du 

nâs  et  en-nâs  est  partout  valable,  et  awàdim  ne  veut  jamais 
dire  »Diener". 

"1)  S^)  de   Oestrup,  Contes  de  Damas  p.  48,  n».  II,  '  et  p.  133, 

'♦  d'en  bas,  est  faux.  Ce  livre  fourmille  d'erreurs  et  de  faux  juge- 
ments. C'est  un  mélange  de  syrien  et  d'égyptien.  L'auteur  connais- 
sait ces  dialectes  aussi  mal  l'un  que  l'autre.  Le  temps  ne  m'a  pas 
permis  de  publier  ma  critique  de  cet  ouvrage  manqué. 

2)  La  finale  féminine  était  à  peine  perceptible;  voyez  l'observation 
dans  mon  M  S  p.  27  s.  v.  say^ 

3)  Et   non   pas   tummuh;  -uh    est    par  harmonie  vocalique,  car 
le  suffixe  est  en  Dt  -ah  ou  -eh. 

6  O- 

4)  %^\  ,    pi.    |PL«v' ,    est   le  pied  de  devant  (on   ne  coupe  pas  les 
pieds  pour  faire  l'outre),  jusqu'à  Vomoplatc,   ilà.^\«x  ;  chez  l'homme, 

o 

^\   est  V avant-hras. 


1242 


petit  qui  tette  alors.  ^  S^J,  donner  le  petit  à  teter  à 
la  chamelle^  attacher  le  petit  à  la  chamelle^  qui  w  c>>i>j, 
s'attache  à  lui,  ce  qui  se  dit  aussi  du  hâsi:  L^  Jc>.  ^).  — 
j4-J  Ijj*»'»  t^oiis  avons  voyagé  sans  bagage^  qu'on  soit  à 
pied  ou  monté  =  ^J^JJ).  J.>-.  «^  c>vj=>,  je  suis  venu 
sans  charge,  à  pied  ou  non,  en  compagnie  de  quelqu'un 
pourtant  ;  probablement  comme  .;.^:su3  etc. 

En  Hdr  S^y,  marchander,  propr.  être  viril,  ce  qui 
peint  bien  l'esprit  commerçant  des  Hadramites.  Selon 
Snouck,   OS  Festschrift  de  Nôldeke  p.  103  v.  7,  p.  104 

note  9:   nachdenke7i,   avec   le  substantif  iOb-..  Dans  le 

Nord,  jô>^,   sans  doute  pour  jôyj"  =  ^  ou   ^^  J^, 

devenir  homme;  J-^yi,  qui  a  atteint  l'âge  de  la  puberté. 

J^yf  ==  ^f,  être  courageux,   RO  p.  414  N°  170  = 

Jw>ycw!,   ibid.    =   Béd.    du   Nord  ^^,   avec   l'adjectif 

(jJ^/>»  pl-  i>^y  et  i4lL>/«j  et  J>^/»»  pl-  ^^y»  brave, 

courageux,  contr.  de  yJ.  iJi>y«,  bravoure,  aussi  en  "^Omân 
RO  pp.    100,   10,   397   N"  10.  J^tO-.,  homme  d'énergie  et 

de  cœur,  chevaleresque.  Bel  La  Djâzya  p.  88.  J^,!',  pZws 
brave,  Rôssler  M  SOS  I  p.  72,  ♦  d'en  bas. 

82,  3:  tâgir  est  riche,  seulement  en  Hdr. 

82,  4:    mi  s  ter  i.   ^j:yi  n'est   usité  que  dans  le  sens 

de  démanger,  et  tj:^Li  est  vendre  e7i  plusieurs  lots.  ^::^ji^ 

1)  La  chamelle  ne  met  bas  qu'un  seul  petit  (on  petite). 


1243 

iuL^it,  j'ai  vendu  le  mouton  en  différents  lots,  etlP^.Lij'l 

ij^  =  kLa  \j>jS'Jj^\  ,  ils  le  lui  ont  acheté,  chacun  son  lot. 

é^La  lJ>LU:od  L,  nous  allons  te  racheter  en  le  partageant 

en  lots  dont  chacun  prendra  le  sien,  (s  i  r  e)  t_5-ii  L^  oJc>î 

ou  i!yi  (sera/),  j'en  ai  pris  un  lot,  tme  partie,  '»^j^")' 

82,  5:  mhâneb=i  mitharrib  =  OjLv,  j»j>ai>  ou  ^UL 

G  0.  Stumme,  M  G  T  p.  296,  compare  avec  raison  l'hébreu 
2iJ,  voler,  de  même  que  Buhl  HWB  p.  130,  et  Marçais 
R  M  T  A  p.  429,  le  nordafr.  w^.  A  propos  du  second  mot, 
I  el-Hagar  (4-  852)  dit  dans  son  Fath  el-Bârî  XII  p.  86  : 

o^UJl^  Uilkx  JL.JCJ!  ^  o^Lwlfj  ^j^  J^*iî  o^L-J  JUj_5 
^-^  v^  i3  ^.^  cj^'  ^/^  Cj^^'  o'j^'  ^-  El-(jauharî 
et  el-Lihyânî   sont  de  cet  avis.  Job  ^^,  tandis  que  el- 

Qâlî,  Muzhir  I  p.  208,  dit  que  c'est  bien  voler  un  cha- 
meau à  l'origine,  mais  que  c'est  devenu  ensuite  voler 
en  général,  et  L  A  p.  337,  9  adopte  ce  dernier  sens.  On 

o 

est   tenté  de  faire  dériver  ce  sens  de  ^f>^  '^j^  ^^  ^^' 

byl.  harâmu  et  de  le  comparer  à  ^^^f>,  voleur,  mais 
ce  verbe  est  plutôt  l'arabe  j.y>. 

1)  Siràk,  ton  lot;  sirily,  mon  lot,  =  [•-i^» 

o  o 

2)  Hdr.  GIoss.  s.  v.  éy^.  ^yi-  =  {j^:^^ ,  lot,  Boh-  IH,  pp.  139, 
';  141,  8,  ".  Aussi  mehri,  Jahn  MS  p.  242,  siirq,  morceau;  cf 
'iJ>JM ,  tMorceau  Dt,  Hdr.  A  TIemcen  -ij^  =  vi)^  du  Sud,  Marçais 

Gr.  p.  227  V.  2. 

3)  A^^ulait  =  >y^LP  ,  i7s  i'OJ<s  0H<  pillés.  ^-^  n'est  pas  connu 

dans  le  Sud.  4)  Qor.  XXVI  v.  181. 


1244 

82,  3:  y  a  binduq,  voyez  p.  424. 

82,15:   murrârah.   '^ii^  n'est  pas  connu;   on   dit 

Lij>  —  vJiJii.  Voyez  mon  M  S  p.  22.  Autres  signif.  chez 
de  Goeje  Gloss.  Bibl.  Geogr.  Arab.  p.  205. 

82,  22  :  t  a  m  i  r.  -t.i>,  sauter,  est  ici  synonyme  de  ^-o^, 

Hdr  Gl.  s.  V.,  de  jsï,  ibid.  s.  v.,  et  de  ^Lb,  qui  est  pro- 
prement tomber  sur  ibid.  s.  v..  ^  aussi  sauter  dans  la 

lui;  a  h.  iiïUit  -Jj  J-:5^î  est  bon  dans  la  lurah  et  dans 
les  dialectes,   (là  avec  JU),  L  A  VI  p.  173,  o  d'en  bas, 

Diw.  Plod.  Koseg.  p.  190,  s,  oii  le  substantifyl»=:(_j>>!5 

est  la  vraie  prononciation  bédouine  pour  byl:»,  la  manière 

de  sauter,  Hdr  p.  42.  LlJLe  ^  ou  ^,  il  sauta  sur  nous 

survint  à  l'improviste,  mais  aussi  il  s'esquiva;  la  diffé- 
rence gît  dans  la  variation  de  sens  de  UlJU.  Voir  le 
Gloss.  d'autres  exemples.  Le  nordbédouin  et  le  haur. 
^♦jrsvb,  sauter  sur,  se  lancer  sur.  LâÉen  el-bul  min 
èd-dàma  tàhmarat')  ""ala  el-^asâltir  u  fasgalàt- 
hom,  mais  les  chameaux  se  ruèrent  sur  les  soldats  et 
les  dissipèrent,  récit  'anazî  d'el-Hâyârî.  En  Syrie  et  en 
Palest.,   Jsc  (>^^^,  se  ruer  sur,  Littm.   NAVP  p.  31, 

N°  80.  ^h,  i,   en   Dt,   sauter,  jaillir"^),  p.  798,  ma  M  S 

p.   9,  9  d'en   bas,   et  ses  dérivés  jIL  ou  ^Ib  ^),  jaillir, 

\)  Socin  Diw.  Gloss.  p.  287  a  r*^ ,   iihcr  ctwas  springen.  Je  l'ai 
entendu  avec  -, ,  comme  dans  la  luiah. 

2)  Cf.  la  métathèse  JaJ  p.  796  et  ss.  et   ,Iii ,    sauter;   JaJ,  faire 
sauter,  Stumme  MGT  Gloss.  p.  315. 

3)  De  môme  que  qI^  a   lait  t_r^ ,   de  mrme  Jai   a  fuit  (ji>.laj 


1245 

gicler,  spritzen,  schizzare.  Yidbahûn  "a la  sas  em- 
husn  gàlabah  iiyitànniz  em-damm  uyôkolûnha 
era-bënâh  (aLo)  usâheb  em-husn.  On  égorge  un  mou- 
ton sur  les  fondations  du  château,  et  le  sang  rejaillit; 
les  maçons  et  le  propriétaire  du  château  le  mangent,  =r 

yix5  ou  o;i^''  ^^^J^;'  (j^  ^y:^"^  c^-'i^,  tu  t'es  éclaboussé 
{angespritzt)  les  jambes  avec  l'urine.  iojiUi  ^y,  ^U!  ,jixliaj, 

das  Wasser  spritzt  {gicle)  aus  dem  Schlauch  heraus. 
^J^  ^Ji,Jlu  Js^,  le  chameau  fait  jaillir  son  urine  [spritzt 
heraus]  goutte  à  goutte  =  ^î^   .jj  (cf.  .0)  =  class.  v  -/  j 

cf.  (ji^,  0,  asperger,  v.  Gl.  s.  v..  ')  Mais  aussi  iL  est 
en  Syrie  et  Béd.  Nord  sauter  de  haut  en  bas,  Hdr  Gl. 
s.  V.;  cf.   Fleischer  apud  Levy  NHChWB  II  p.  211. 

Nous  avons  donc  dans  les  dialectes:  "^  et  ^,  ^^  et 

jllj,  ^jii.Il);  et  les  classiques  yh  =  jsï,  L  A  VI  p.  167, 5; 

^  du  cheval:  v^^^  n^^y  ^^,  ibid.  p.  150,  6;^  = 
^,  À^  et  jàï,  ibid.  p.  162,  s,  11,  d'oîi  vient  l'hébr.  i''P^, 
bouc  ■=  qui  saute.  Les  savants  diront  s'il  y  a  ici  commu- 
nauté radicale.  Je  ne  fais  que  constater  la  similitude 
séraasiologique  pour  le  moment^).  Un  autre  sens  de  ^, 


ou  (J^ ,  avec  sens  analogue,   ma   MS  p.  9.  Mais  il  y  a  ici  conta- 
mination de  qL>  ,   JaJ  et  \J^ ,  v.  p.  798. 

1)  Cf.  aussi  (ji^I^  et  (jÏ^Iîj  ,   môme  sens.   Voyez  Gloss..  Stumme 
TGr.  p.  16,  >8. 

2)  VwÀ^  ,   sauter,   en  Syrie,  Almkvist  Kl.  Beitràge,  Actes  Congrès 
Stockholm    p.    429.    Au  =  ^  en   'Iraq,    Meissner    M  S  0  S    V    II 

p.  295,  et  class.  ^,  faire  lever  en  cfj'rayant,  Rossler  ibid.  I  p.  79, 


1246 

mais  seulement  dans  le  Nord,  est  enfouir^  enterrer,  com- 
bler,  remplir  =  ^ij,  LA   VI   p.  173,  Usûma  p.   143,  n, 

^  a  déjà  ce  sens,   class.   et  dialect.,  Tab.  I  p.  839,  o, 

Maqrîzî    Hitat    II    p.    230   (^1),   Almkvist  Kl.  Beitrâge 

p.  430,  Littmann  Chanson  de  la  belle-mère  v.  136.  Voyez 
ici  p.  317. 

;aï,  a  [class.  Jii,  i],  se  lever  hrusqitement  avec  un  bond, 

aufspringen ,  sauter  =  i  ou   aj,  a   [class.  jiij,  i,   o],   et 

au  Nord,  c  j.  Ce  sens,  class.  et  dialect.,  est  courant  en 
tout  pays  arabe ^) ,  LA  VU  p.  262,  c  (=  ^3) ,  I.  el- 
Qût.  p.  230,  RO  p.  321,  7  d'en  bas,  Stumme  TTBL 
V.  60;  yigeffiz  chez  Hartmann  LLW  N°  58  Str.  I, 
2  lui  fut  paraphrasé  par  yfizz;  Hdr  Gloss.  s.  v..  Sur 
son  synonyme  i»i,  v.  p.  1257.  Le  néo-hébr.  îDi^,  sauter, 
Levy  N  H  Ch  W  B  IV  p.  352,  serait,  d'après  Fleischer 
ibid.  p.  483,  originairement  se  ramasser  et  pretidre  son 
élan  pour  mieux  saiiter.  Il  compare  ^  et  y^J>,  auxquels 
il  donne  le  sens  primaire  de  sich  ztcsammenziehoi.  Or, 
Y^P  seul  a  ce  sens,  nullement  ;si.  Le  premier  a  bien  les 
deux   sens  zusamrrœnziehen,  ^j^,  et  springen,  plôtzlich 


"':  ^_$-^*2J  f^A  \JJi  ^  j  w«l2i>5  j.yij!  ia^v.  ^^  js,  (7  détala  brus- 
quement du  milieu  du  peuple  et  courait  ahuri  comme  une  gazelle 
qui  bondit  épouvantée.  On  dirait  presque,  a\ec  Grimme,  que  -b 
déjà  renferme  l'idée  de  sauter!  Vollers  Z  A  IX  p.  180  veut  que  le 
»dénoininatir'   -àL?  vient  de   Jàs  .    C'est  peu  probable. 

1)  Le  nom  du  serpent  "Dbp,  serpens  iaculus,  wPfeilsclilange"  nach 
Kautzsch  les.  34,  15,  renferme  donc  la  même  idôe  que  celui  du  ser- 
pent iS'^j    I.Idr.  p.  137,  note. 


1247 

eintreffen,  comme  jài.  Mais  je  crois  que  jii  et  îcp,  sauter^ 
n'ont  rien  à  faire  avec  |^Dp,  resserrer.  Fleisciier  rejette 
l'opinion  de  Levy  que  TDp  peut  venir  d'une  „i-acine  pri- 
maire Dp,  se  lever,  ou  de  TD,  se  mouvoir' \  et  il  n'est  que 
pour  Dp.  Pour  ma  part,  je  crois  qu'il  y  a  ici  l'accouple- 
ment des  deux  racines:  v_^  (^Dp)  et  ^  (TD),  où  secaclie 
l'idée  de  reculer  pour  prendre  son  élan  pour  sauter.  yDp, 
sauter,   est  sans  doute  une  variation  phonétique  de  îDp, 

comme  ;  devient  ^js>  en  arabe  :  ^  =  (j^  L  A  VII  p.  259, 
5,  et  I^Dp,  (j^  '),  resserrer,  auront  suivi  une  autre  route. 
Je  ne  nie  point  que  f Dp  ne  puisse  être  =  u^iàï,  comme 

la  transposition  tunisienne  ;si,  s'accroupir  pour  chier, 
Stumme  T  Gr.  Gl.  s.  v.,  mais  sur  le  terrain  de  l'hébreu 
même,  les  deux  sibilantes  peuvent  bien  permuter  entre 
elles,  comme  y^p  a  pu  y  donner  son  synonyme  iDp,  et 
(jûsi  a  engendré  Aàï,  ou  bien  ce  sont  des  développements 
de  ^jii.  La  réunion  des  deux  idées  pour  former  un  seul 
verbe  se  montre  clairement  dans  ^j4.:>,  class.  trotter  à 
petits  pas,  Boh.  VII  p.  46,  s  d'en  bas,  Syrie,  nordbé- 
douin  et  'omânais,  R  0  p.  43,  17,  §  239,  §  262,  (à^^, 
Sprungstânder  ibid.  p.  90),  sauter,  comparé  au  tripolit. 
j*jo.,  s'asseoir  d  croupetons,   ici   p.  84,   7,  comme  h^ 

et  Jioui  Eg. ,  J^  et  -byt^,  oJljl  et  wài«J'  Eg.,  yo  et 
yico,  Arâgîz  el-'Arab.  p.  5.  Mais  la  variation  phonétique 
j^i  est  sauter. 

Les  verbes  suivants  ont  tous  le  sens  plus  ou  moins 
nuancé  de  sauter,  faire  un  bond.  Je  vais  les  passer  en 
revue  dans  la  lurah  et  les  dialectes,  autant  que  me  le 


1)  Le  Qâraoûs,  seul,  a  y-N^iiJ'  =  wo^. 


1248 

permettent  mes  faibles  lumières.  Je  ne  discute  pas  la 
question  de  savoir  quel  est  le  thème  primitif,  car  il  y  a 
ici,  sans  aucun  doute,  contamination  de  plusieurs  thèmes. 
Les  deux  jj  et  jï  me  paraissent  cependant  avoir  une  vie 
à  eux  indépendante.  Nous  avons  ici  affaire  à  la  particu- 
larité la  plus  intéressante  des  langues  sémitiques,  mais 
elle  ne  me  semble  pas  être  près  de  recevoir  une  solu- 
tion définitive. 

Thème  js. 

1°  Js,  faire  un  mouvement  brusque,  dans  les  dialectes, 
sauter,  Dozy,  =^^5;  hébr.  et  aram.  danser,  1^,  saltavit, 

Brock.  Lex.  s.  v.  ;  mais  dans  la  lurah,  c'est  transitif,  effrayer, 
L  A  VII  p.  258,  3  d'en  bas  =  Jii  et  ^/l,  L  A  VII  p.  259, 5, 
I.  el-Qût.  éd.  Guidi  p.  148,  12,  =  ^js  dans  les  dialectes, 
qqf  aussi  dans  le  Sud  ^à;  ^  o-lj!,  le  mourant  tremble 

ayant  les  spasmes  de  la  mort,  Dt;  v_j  ji,  jeter  qqc  =  jsJ, 
Dt;  aufspringen,  Rôssler  M  S  0  S  I  p.  70,  6,  Meissner 
NAGI  p.  137  s.  V.,  Socin  Diw.  Gl.  s.  v. ;  s'enfuir, 
Rôssler  0.  1.  p.  79,  9  et  le  Gloss.  ;  plôtzlich  aufwachen, 
Stace  p.  163  s.  v.  Start,  Meissner  0.  1.  p.  137  s.  v. ,  cf. 
Arabica  IV  p.  21  et  s.;  bondir,  Prov.  et  Dict.  Gl.  s. v;  = 
is,  faire  un  bond,  Hartmann  LLW  p.  182  N^  58  Str.. 

^^ ,  Syrie,  sautiller.  Sur  sa  métathèse  lJ^,  voyez  ici  p.  850. 
2*^  ^  j5.  Le  sens  primaire  de  se  lever  d'un  bond  ne  figure 
pas  dans  nos  dictionnaires.  Il  a  donné  lieu  à  plusieurs 
applications  sémasiologiques,  aussi  dans  la  lurah:  '^  ^yé 
\jLs  ^^J^  sLj^^d  \s-^  ^!  lL«  c<=>\^  ,  alors  chacun  de  nous  mit 
subitement  la  ynain  sur  son  sabre  et  le  tira  de  son  four- 


1249 

remi,  Arâgîz  el-^Arab  p.  21,  4.  Dans  le  Sud  et  les  dia- 
lectes hadar  hors  de  là,  de  même  que  dans  la  lurah, 
celle  de  s'effrayer,  c'est-à-dire  e?i  tressaillant,  est  la  plus 
commune.  Chez  les  Bédouins  du  Nord,  l'extension  de 
^'emploi  est  plus  grande.  El-'Arab  kullha  fàzâ'et 
'lent  niVim  ma  tènhad  utilhag  el-gôm,  les  Bé- 
douins ont  tous  accouru  (avec  leurs  armes),  tandis  que 
tu  dors,  toi;  7ie  veux-tu  te  lever  pour  te  joindre  aux  con- 
tribules?  Haurân.  Cette  phrase  peint  bien  l'origine  de 
^^.  Elle  correspond  au  vers  d'el-Mutalammis,  VoUers, 
N°  XXXVII  V.  2: 


y      _   -    o 


Il  poussa  un  cri  (pour  réveiller  le  chien)  dans  l'obscurité 

[de  la  nuit  après  avoir  dévié  de  la  route. 

Afin  qu'un  chien  aboie  et  que  les  dormeurs  s'éveillent 

[brusquement. 
Ibid.  N°   XV  V.   13.   ^y  q-»  ? /,  il  se  réveilla  de  son 

sommeil  et  fit  un  soubresaut,  I  SaM  IV  i  p.  68,  2.  Boh. 
IV   p.    108  en  bas:  a^Uail  ^\  l^cjiLs  IS^}.  toli,  et  lorsque 

vous  les  voyez  (l'éclipsé  du  soleil  et  de  la  lune),  accoures 
à  la  prière  dans  la  mosquée;  L  A  X  p.  123,  5  d'en  bas. 
J  c  js,  aider,  secourir  qqn,  comme  Abu  Zeyd  Nawâdir 
p.  158,  2,  7  d'en  bas.  Yôm  min  ayyâm  el-'Arab 
alli  ma  tërîb  âamsu.  U  hâdà  ''and  el-'Arab  l^â- 
lâm  marbùt,  ma  yesîr  innu  yirèyyir  bôh,  wil- 
ya  sàrat  'aleyh  dîga  ufezà'^luh  bisahîh  udâ- 
bah  ma^u.  H  ad  a  fulân  ma  y  in  sa  hal-yôm  uye- 
wassi  'ayâlu  gàbël  el-môt:  fulân  lùh  'andena 
yôm  etc.  „Une  journée  des  journées  des  Arabes"  dont 
le   soleil  ne  se  se  couche  pas.  Cela  est  une  parole  sûre 


1250 

chez  les  Bédouins^  et  il  n'y  a  pas  moyen  qu'il  (le  Bé- 
douin) n'y  fasse  pas  honneur.  S'il  se  trouve  en  détresse 
et  que  l'autre  lui  vienne  en  aide  pour  tout  de  bon,  en 
combattant  à  ses  côtés,  cet  homme  n'oublie  pas  cette  journée 
et  recommande  à  ses  enfants  avant  sa  mort:  un  tel  a 

chez  nous  ,^une  journée" ,  'anazî.  'i^j^  Csj^l=>\  ^^  ^J  î^jà!< 

aidez-moi    à    récolter   ce   semis   (champ),    c  js  est   aussi 

demander  secours,  z=.  c  ^u:^\,  ce  qui  a  déjà  été  relevé  par 
Moh.  el-Anbâxî  K.  el-Açldâd  p.  182,  L  A  X  p.  123,  n. 
Cela  s'explique   par  la  différence   de  la  situation  o\x  le 

c^  a  lieu').  Ou  c'est  celui  qui  demande  secours  (\\n.  p'^,, 
ou  bien  celui  qui  apporte  le  secours.  C'est  même  fuir, 
Tab.   Gloss.   s.  v.,   et  on  comprend   facilement  pourquoi 

^  js^  est  courageux  et  lâche,  les  deux  sont  dans  un  état 

de  ^  j5,  dont  l'effet  peut  être  différent.  Ce  sens  de  é  jî, 

^js,  dépeint  par  Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  II  p.  92,  à  l'occa- 
sion d'une  attaque  ennemie  ou  d'un  trouble  dans  la 
tribu,  est  le  mieux  illustré  par  son  synonyme  \^,  Hart- 
mann LL  W  pp.  236  V.  11,  239,  et  ^,-:^i!  des  Bédouins 
de  Syrie:  on  pousse  des  cris  de  guerre,  on  énonce  sa 
filiation  ou  la  parole  de  la  tribu,  en  criaillant  et  en  fai- 
sant des  sauts,  ainsi  que  c'est  la  coutume  de  ces  gens: 

c'est  là  le  ^ji,  Tab.  I  p.  1507,  i*,  Boh.  IV  p.  52,  lo: 
^  i  xoAlL.  ^^-)  OU  c  jâJ!  lXjLc  ^[^'i)\  s.oL-*  ^\i.  Il  n'est  pas 

1)  V.  ici  p.  1244  et  p.  1252  n..  ,L£  offre  la  niôine  idée  &' accourir  pour 
altaquer  on\)onv  akicr.  1^  ^»M,  }ie  came  lo  my  hclp,  Stace  p.  204. 

2)  Houdas-Marçais   II   p.  337  traduisent   î  ji   par  panique,  ce  qui 
n'est  pas  mal.  Cf.  ^-f^  et  l'éthiop.  zange'a,  radoter. 


1251 
étonnant  que  K*ji  ait  pu,  en  Afrique,  devenir  =  iu'Uxo, 

rixe,  chamaillement,  Hartm.  LLW  p.  44,  e;  o^/  fem- 
mes qui  se  chamaillent,  ibid.  p.  132.  Yôman  fazà'na 
hamsètna,  expliqué  par  intahèyna,  verset  de  la 
Sahgah.  ^Xî  ^^s,  se  réfugier  auprès  de,  demander  secours 

à,  I.  Sîdah  XII  p.  121,  ai,  6  d'en  bas,  L  A  X  p.  123,  * 
d'en  bas;   aussi  au   figuré,  comme  Gâhiz  Tria  Opuscula 

p.  47,  3,  I.  el-Qût.  p.  272  :  i^\  ^j>  ^Jil!  ^\  o^',  et  class. 

^jsî  ^)  est  accorder  un  secours,  wi  asile,  Tarafah  N°  5 

V.  66  =  ^^\,  Tab.  III  p.  202,  .c.  ^^î  ^  jà,  L  Sîdah  XII, 
p.    121,   5  d'en   bas.  ^  ^^,  poursuivre,  Hess  Bemerk. 

zu  Doughty  p.  9.  ^js,  effrayer,  partout  en  Arabie  et 
chez  les  'Anazeh,  jeter  l'alarme,  envoyer  prévenir  une 
autre  tribu  qu'il  y  a  un  ^  i  et  qu'on  a  besoin  de  secours, 

Kcjs.  (3  JNL<^J!  _5  iO^b  Jl^  LiêL>5  aJ  ^^_  ^^LàJ  ^jaJ  ULv^f, 


1)  Aussi   effrayer,   Tab.  I  p.  1292,   '«;  et  1.  17:    %^\ . 

2)  On  comprend  donc  que  ^^  peut  figurer  parmi  les  addâd, 
de  même  qui  p-/^ ,  babyl.  sarâhu,  cner,  Kâmil  Mobarrad  p.  3,  K. 
ei-Addâd  pp.  6  et  54,  Arâgîz  p.  98.  Dans  Arabica  IV  p.  47,  j'ai  parlé  de 

o  > 

ce  dernier  verbe.  Voyez  le  Glossaire,  -^j*^.  '^'^^  —f>  a  JiiC  ...LLJLo 

^b  ^  *Ic ,  le  sullan  de  S.  s'est  rendu  en  Datînali  pour  engager 

les   ^Ôlah  à   faire   la   guerre   au  pays  de   Yâfi".   Il  est  aloi-s  —îj^a 

ou   g-ya/0 ,   propr.  qui  crie  à  la  guerre,  :=  class.  «V.j^,   D'w.    Iloçl. 

Wellh.    n».  148   1.  7.   Dans   notre  dialecte  .:^>.o  est  l'infinitil'  seule- 
ment,   ^y-^ ,  qtti  porte  secours,  dialect.  et  Diw.  Hod.  n».  203  v.  15, 

K.  el-Addâd  p.  51;  ^J-^   Hod.    WoIIIi.  p.  13,  4  d'en  bas.  -/-^Xw! 


1252 

nous  avons  envoyé  chez  un  tel  un  homme,  ^jà/«,  [pour 

faire  savoir  qu'il  y  a  un  ^î  et  que  nous  avons  besoin 

de  secours,  iCcjs]  qui  demandera  son  secours,  et  il  est 
venu  à  notre  aide  avec  tout  son  campement.  La  même 
juxtaposition  des  deux  mots  analogues  dans  ce  vers  de 
Salâmah  b.  Gandal,  Arabica  IV  p.  18,  K.  el-Addâd  p.  51, 
Tibyan  d'el-Ôâhiz,  Caire,  II  p.  74,  Mufadd.  N°  XX  v.  17, 
LA  II  p.  61,  Kiimil  Mobarr.  p.  3,  5: 

Toutes  les  fois  que  quelqu'un  venait  chez  nous  crier  au 
secours,  (notre  réponse  à)  son  cri  (de  secours)  était  celui 
que  nous  produisions  en  nous  frappant  les  tibias  pour 
signifier  que  nous  étions  prêts  au  secours  ^). 

Le  e  À*  porte  un   drapeau  qu'il  lève  en  l'air,  yUt  yu, 
et   agite,   -yco,  p.  800  et  note-),  q\j\qs  appelle  au  secours 


Qor.  28,17.  JL^ ,  o,  est  dans  le  Nord  un  vAXs  par  la  même  raison: 
^^  ijl^û ,  attaquer  =  (J*e  f'^?^  ■,  et  ^^  jî-*^ ,  porter  secours;  v. 
Gloss.  s.  V.. 

1)  Je  crois  que  cette  traduction,  un  peu  prolixe,  rend  mieux  le 
sens  que  celle  de  Nôldeke  ZGCA  p.  110:  Wenn  ein  Huljcsuchen- 
dcr  in  Angst  zu  uns  kam,  sa  bestand  die  Hïdfe  darin,  dass  wir 
(seine  Feinde)  auf  die  Schienheinc  lilopften,  où  »seine  Feinde", 
prouve  que  Nôldeke  n'a  pas  bien  compris  ce  vers,  qui  est  cependant 
bien  expliqué  par  el-Mobarrad  et  passablement  par  Lane. 

2)  Dalman  P  D  p.  146  N».  2: 

Lan  sâhe  sayyâh  en-niba       èhle   es -si baya  dliii relia 
Lorsque  le  crieur  qui  appelle  à  la  guerre  agite  le  drapeau, 
(Alors  vous  autres)  gens  des  coursiers,  montez-les  (leurs  dos)! 
Le  texte  de  D.  est  fautif  et  contre  le  métré  (sauvvah"),  de  même 
que  sa  traduction,  v.  ici  p.  799  et  s. 
Ibid.  N".  3: 


1253 

*^jàj    =:    aiX^UiL   (^oLu.    iCcjS    =    slX.^  ,    secouTS :    <— ^"v^j 

[fS^    *)   0>:^'   (j^  iLcjSjt  c>^>5  ^jLl2j5^sï    ..^J>.lLj  (jjwo^^t     Lo  ^  «jj5 

^LLiisxs  ^^  J-J!,    son  père   monta   à    cheval   et  les  deux 

CAbd  ''AUâh  Abu  Swêrbât  et  son  fils  Hoseyn)  se  mirent 
à  attaquer  les  QaMàn.  Le  secours  arriva  des  tentes,  et 
ils  délivrèrent  les  chameaux  des  mains  des  Qahtân,  récit 

de  'Oneyzah;  expliqué  par  oSSo. 

On  pourrait  aussi  mentionner  yi=>,  i,  dans  la  lurah, 
d'après  LA  et  1.  el-Qût.,  pousser,  exciter,  stimuler  d, 
faire  vite,  Mo^all.  ^Antarah  v.  79,  Mo^all.  Lebîd  v.  15,  = 
L\ft=> '),  avec  le  même  passage  de  d>z,  comme  dans 
jjj^  et  ip"i,  raqâdu,  v.  p.  1259,  peut-être  aussi  ijij;s>  = 
iifijA>,  Qâm.  III  p.  214,  11;  d'autres  exemples  chez 
Schulthess  Homonyme  AVurzeln  p.  66  note  8;  dans  le 
Sud,  presser,  serrer,  fy^,  R  0  pp.  251,  2,  3;  250,  2 
d'en  bas  et  251,  2,  sich  abschleppen  mit.  C'est  le  biblique 
et  targ.  Tcn,  être  effrayé,  perplexe,  se  dépêcher.  11  y  a 


zabn  elëhsân  lan  balad      lan  tall  enneba  râ'^îh  yesîh. 
Il  faut  lire 

zibn  el-hasân  ila  balad       lan  tall  neba  etc. 
à   moins   d'admettre   que  toutes  les  poésies  aient  ét(''  composées  avec 
des  fautes  de  mètre,  ce  qui  me  paraît  bien  peu  plausible. 

Sur    Q^  ,    voyez   ici  p.    704  et  s..   Lo  n'est  pas  colline  ici,  mais 

Vappel  à  la  (jxierre,  le  bruit  qu'il  y  aura  la  guerre. 

\)  Cf.  Aftc,  sauter,  Sud,  =  j*1j  et  jàs  ,  ma  brochure  M  S  p.  37, 
RO  §  30,  ibid.  p.  329,  4  d'en  bas,  p.  298,  10;  Z  D  M  G  44  p.  200, 

ibid.  49  p.  511;  aussi  dans  le  Sud:  chasser,  iveijjagen.  Jac  et  Jaic 
sont  synonymes,  Hdr  p.  659;  le  dernier,  aussi  jeter,  avec  \-j  ,  weg- 
schleudern,  RO  p.  377,  2  d'en  bas. 


1254 

sans  doute  ici  accouplement  de  deux  racines:  ^,  que 
nous  retrouvons  dans  e>j>,  par  lequel  js:>  est  expliqué, 

et  ;-i,  comme  ^j:=>  et  *j,  y^^is>  et  ^^  ^Uij>  etdV-^,^J>o- 

et  _jb,  lîn  et  ";,  et  tant  d'autres.  Cet  accouplement  des 
racines,  qui  est  autre  chose  que  contamination,  est  un 
côté  de  la  linguistique  sémitique  qu'on  n'a  pas  encore 
pris  en  considération.  Toutes  les  langues  sémitiques  ont 
dû  procéder  ainsi.  La  richesse  inouïe  de  l'arabe,  classique 
et  dialectal,  nous  ouvre  des  vues  que  les  autres  langues 
sœurs  n'ont  pas,  à  cause  du  peu  de  matériaux  que  le 
temps  nous  a  laissé. 

(^=:,i:^,  ^^,    LA    VI  p.  162,  i3,  VII  p.  232,  ii. 
3°  lyt^^X^,  jsi,  LA   VII  p.  232,  i3,  =  ^o,  L  el-Qût. 

I       p.  256,  19.  Ici  p.  1245. 
4°   ^6  =  ^^.,   AS  LA  VII  p.  286,  8,  o  =  ,=J  1.   10.  I. 
el-Qûtiyyah   p.    271  =_jfij;  jeter   en    Dt,   d'où  le  mehri 

nefzît,   blessure,   Jahn    M  S    p.   215.     ■J6  =  -^^^,^  faire 

danser  l'enfant,  L  A  VII  p.  286,  a  =  ^^^^,  Hdr.  Gloss. 
s.  v.,  ici  p.  850.  Ya-t-il  ici  un  n  augmentatif,  comme 
^  et  yf^),  li  et  JÙ-),  ]i  et  jai,  voyez  p.  1259,  ^'i 
et  iJiJ6,  bouillir,  dans  le  Sud,  v.  Hdr  p.  137  note  et  ici 
p.  690'),  ou  bien  est-ce  un  des  nombreux  développe- 
ments, class.  et  dialect.,  de  .^?  Encore  ne  faut-il  pas 


1)  L  A  VII  p.  281. 

2j  1.   el-Qût.   p.   272,   ^,   et  déjà    relevé    par    Praetorius    Reitr.   z. 
Assyriol.  I  p.  37. 

3)  Pour  l'hébreu   Vollers   V  S   p.   130  donne  des  exemples.  Il  fait 

dériver  les  Joù   d'un  ^Àj'  primitif,  ce  qui  ne  peut  être,  en  tout  cas, 
une  règle  générale,  car  plusieurs  i^fù  de  cette  catégorie  sont  transitifs. 


1255 

oublier  y,  I  Sîdali  III  p.  24,  et  ^^y,  sauter.  ^J6,  courir 
en  faisant  des  bonds,  L  A  III  p.  204.  On  comparera  sa 
métathèse  (vraie  ou   spécieuse)  ^ij,  nd,i ,  danser,  Hdr 

Gloss.  s.  V.,  et  ici  p.  850  à  propos  de  <Jj. 

Thème  jï. 

Vy  =  ^^,  LA  VII  p.  262,  6  et  s.,  Nihâyah  III 
p.  251,  Qâm.,  I.  el-Qût.  p.  228,  18,  dans  lesquels  est 
citée  la  Tradition  :  y^t  ^  «ius  oyi-il  ^^  hJî]!  ^  ^^LLxxiJt  ^\, 

le  diable  fera  (ou  fait)  un  bond  de  l'est  et  tombera  à 
Vouest. 

Je  ne  sais  s'il  faut  ici  admettre  le  syrien  et  le  nord- 

O  -  Cl 

arabique    ^j::i,   i,   ficher  le  camp:  oLc  ^^  l?jP^   mâche 

dich  von  mir  fort;  ^-Ji,  chasser,  loegjagen.  Cuche,  dans 
la  première  édition  de  1862,  a  (^j,  branler,  se  tnouvoir 

(chose  mal  fixée),  cité  par  Fleischer  Kl.  Schriften  II 
p.  699   sur  le   Suppl.   de  Dozy,   mais  il   ne  figure  plus 

dans   les  éditions  suivantes.   Socin   Diw.   Gloss.   a  ^{i, 

vorangehen,  (C^li',  voricàrts  gehen,  mais  cela  est  ou 
j^j=>  =  ^j>,  et  il  a  confondu  la  prononciation  6  et  ^, 
comme  les  Haurâniens  écrivent   souvent  ^  6  avec  „, 

ou  bien  c'est  pour  ^ji,  c  jï,  se  lancer  et  lancer,  dont  les 

;_cjï,  i^jï  précédents  pourraient  bien  être  une  prononcia- 
tion afifaiblie,  comme  ij.^  et  ^i:>  et  tant  d'autres.  Dans 

le  Sud,  jï,  i,   a  encore  son   sens  classique  d'avoir  du 

dégoût  pour  j  !>jj_;ï  et  plus  rarement  sJ^  oj^»  J<^  l'^'l  ^^^ 
dégoût. 

88 


1256 

2^  Jjï  =  ^':i^,  sauter,  Qâmoûs  seul,  sautiller  comme 
lorsqu'on  a  un  pied  coupé,  clocher,  LA  XIV  p.  74,  I. 
el-Qût.  p.  232;  Tab.  Gloss.  s.  v.  :  Jjï,  clocher  beaucoup; 
et  sa  métathèse  jis  =  woj  et  ^jc ,  L  A  VII  p.  264, 
VIII  p.  209,  Sihâh  I  p.  435;  Zamah.  Asas  n'a  ni  l'un 
ni  l'autre  '). 

3°  ys^^é  =  v^j,  sauter,  LA  VII  p.  261,  Qâm.,  L  el- 
Qût.  p.  229,  1;  tomber,  LA  VII  p.  261,  8,  et  son  syno- 
nyme  affaibli   ;^,   sauter,    Qâm.    seul,    et   ;^^  =  v^^, 

Qc\m.   seul,     -^i,   a,   s'écarter,  s'ôter  de,   Béd.  Syrie  = 

jj^j,  i,  Syrie,  v.  exemples  '  Gloss.,  et  sa  variation  ren- 
forcée ;j«.i^>ï,  qui  est  en  salihî,  B  B  R  A  S  1902  p.  265, 
tojump  et  chez  les  Bédouins  du  Nord,  se  lever  brusque- 
ment, se  précipiter  sur:  «Aij  L  u^^i^^ïî,  lève-toi  vite,  mon 

garçon!  sus!  'anazî;  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  148: 
aufhilpfen.  (j^^U-J!  »l\o  ^«à^aJ!^  sAc.  tj^^^:^^*) ,  et  il  se  préci- 
pita sur  eux,  le  sabre  dans  la  main  droite,  "anazî.  (jcl5^>ï 
^^L/a.si\j|j ,   stimuler  le  cheval  pour  qu'il  galoppe  plus  vite, 

Haurân  =  class.  o;J.  Socin  Diw.  Gl.:  aufspringen; 
aufstehen.  Cf.  (*-<j  "Oman,  tojump,  IRAS  21  p.  847; 
(j^  ^3 ,  sich  stilrzen  auf,  Rôssler  M  S  0  S  I  p.  78,  7 
d'en  bas  ;  aufspringen,  ibid.  p.  79,  2,  ibid.  III  p.  26, 3  ; 
tout  cela  est  à  peu  près  classique.  Aussi  en  'Oman, 
descendre  =  1^,  RO  §§42  et  267,  pp.  135, 5  d'en  bas, 

279,  14,   349,12  =  sahhî   BBRAS    1902   p.   262.   ^i, 


1)  En  datlnois  Jvi  =  JoJ,  être  vis-à-vis  de. 


1257 

faire  descendre,  hinunterhringen  R  0  p.  1 59,  s  d'en  bas, 

où  la  vraie  nuance  est  avec  précipitation.  ^^,  sich 

blindlings   losstûrzen,    se  précipiter   dans,    RO   p.  321, 
Rôssler  M  S  0  S  I  p.  67,  s. 

4°  jài  —  u^'i5,  voyez  p.  1246, 

5"  j^,  i,  sauter^  en  Syrie  et  chez  les  Arabes  du  Nord, 
ZDMG  XXII  p.  139,  Almkvist  Kl.  Beitr.  p.  419,  Tall- 
qvist  A  S  S  Gloss.  s.  v.,  Belot  s.  v.,  Wetzstein  ZDMG 
XXII  p.  120,  19,  Socin  Diwan  Gloss.  s.  v.,  Meissner  N  A  G I 

p.  139.  Dans  le  Sud,  j^,  i,  et  j^,  a,  se  lever  brusque- 
ment, sauter  en  l'air,  éclater.  La  poudre  y  est  [^j^% 
parce  qu'elle  saute  en  l'air  et  éclate,  Gloss.  s.  v..  C'est 
le  class.  ^;^i*i,  L  A  VIII  p.  351,  s,  9,  ii.  j,*^,  class.  ga- 
loper, LA  VII  p.  188;  en  "Oman  sauter,  se  lever  avec 
un  bond,  RO  pp.  43,  n,  130,  12,  144,  lo  d'en  bas,  pour- 
rait être  une  variation  phonétique  de  i*3,  comiiie  le  class. 
j-H_>  l'est  de  jàs,  et  le  nordarabique  i^,  fuir,  de  j^ï, 
Socin  Diw.  III  Gloss.  s.  v.,  ce  qui  est  plus  probable 
qu'une  application  sémasiologique  du  class.  ^^,  prendre 
plein  la  main  =  ynp,  Ges.-Buhl  p.  654,  d'autant  plus  que 
;4.i,  sauter,  ne  se  trouve  pas  dans  la  lurah,  mais  seu- 
lement dans  les  dialectes.  Je  suppose  que  le  j*i  dialectal 

est  un  développement  de  jï  avec  m  médial,  comme  Jbj 

et  liA\,  se  glisser,  Syrie  ;  ^  et  j^,  piquer,  Syrie,  p.  700  ;  J^, 

yjJ-  et  ^V),  V.  Gloss.,  et  ■5"^,  ^  et  ^,  luire.  Il  se 
peut  aussi  que   Ui   provienne   directement  de  fi,  avec 

\)  Aussi     ^  ,  i,  Dt. 


1258 

permutation  do  la  labio-nasale  et  de  la  labio-dentalo.  En 
voici  quelques  exemples  tirés  de  la  lurah. 
jCîI  =  Â^!,  but,  seulement  Qâmoûs. 

\ài'  oi:o>  oLo,  sans  verbe,  pour  ,j^. 

»^!Jc5^  A=>!,  il  le  prit  tout  entier,  L  A  VI  p.  249,  7 

d'en  bas  =  «^Lv^.,  Qâm. 

(ji^âci  =  ijii^',  gwe  a  Zes  ^ew.T  faibles  et  chassieux,  Qâm. 
seulement. 

f}      _    __  G  —  — 

\»Ju^,  ténèbres,  L  A,  Qani.  =  ^»-*«ji:,  L  A,  Qâm.. 

l^àii  z=  L^'  ::^  ^Aaxi^i',  se  déchirer  (habit),  Qâm.  seule- 
ment. 
Et  après  les  sonores: 

icias^  =  *^/j  rnarche  à  petits  pas,  Trippeln,  Qâm.  seu- 
lement. 

\J^f>,  embrouiller,  mêler,  et  ujbL-<Jî  ^c:;w«„i>  =  -^A-i^', 

LA  Qâm.;  cf.  >»j'joC)  ^J>  en  Egypte,  (jii.jj>  et  J^J>. 

jjjài:^,  ^2627^6  femme,   Qâm.   L  A,  et  jjjJ^,  vzeeY^e  cM- 

we^^e,  Qâm.  seulement. 

Comme  presque  tous  ces  exemples  ne  se  trouvent  que 
dans  le  Qâmoûs,  il  faut  croire  qu'el-Feyroûzâbâdî  les  a  rele- 
vés dans  le  parler  courant.  ^  =  j*^,  sauter,  p.  1245  note, 

ne  sont  probablement  pas  de  la  même  catégorie,  car  ^^j^ 
déjà  veut  dire  sauter,  comme  nous  l'avons  vu,  et  comparez 
les  développements  analogues  p.  317.  Le  syriaque  i-r, 
sauter,  va  aussi  avec  ■^'.  w<m  ou  w>m? 

^^  jïj  =  \j^j,  danser,  c'est-à-dire  faire  des  sauts,  L  A 

VII   p.  222=j«i.  j^yi  i^  ou  aJ^''  ^>^  =  jJ^'  Jj  = 


1259 

LXjp!  ^j;  voyez  plus  haut  p.  1254.  Cf.  ckj  L  A  IV 
p.    165,   3,  12,    13:  jïUiî  jl\£  oL\ï^'b5î,   Hdr.  Gloss.  s.  v-  jï., 

"•îll,  i-sp ,  danser,  bab.  raqadu,  saî^^er,  Ges.-Buhl  H  W  B 
p.  707,  comme  îDp  et  iDp,  resserrer,  p.  1 247,  Vollers  Z  A IX 
p.  188,  et  l'arabe  jaS'j,  qui  n'est  pas  employé  dans  le 
Sud,  mais  en  ^Omiln,  R  0  p.  279,  19.  Duval,  Gr.  Syr. 
p.  104,  a  raison  de  comparer  la^  avec  jéj  et  ju,  mais 
lorsqu'il  dit  que  „raphérèse  de  ris  en  tête  du  mot  est 
admissible  en  sémitique",  je  ne  saurais  le  suivre,  et  les 
exemples  qu'il  cite  à  l'appui  ne  tiennent  pas.  Pour  moi, 
jï.  est  un  accouplement  de  deux  racines. 

7"  jiiJ,  a,  faire  un  bond,  sauter,  se  lever  brusquement, 
faire  un  soubresaut,  tressaillir,  dans  le  Sud,  ma  brochure 
„Die  Mehrisprache"  pp.  40,  9,  43,  s  d'en  bas,  45,  20  = 
u^v,  surtout  sautiller  comme  les  oiseaux  L  A  VII  p.  286  = 
jftj,  I.   el-Qût.  p.   271,  17.  Les  jambes  des  animaux  sont 

appelées  jïty,  les  sautantes.  En  Algérie,  l'intensif  ^  est, 

avec    Ai,  le   verbe  ordinaire  pour  sauter,  bondir,  aussi 

en   Tunisie,   Stumme  TMG  p.   6,  »5.  En  Syrie,  (Jx:  jLi, 

taquiner,  piquer  =  j/i-i,  avec  dissimilation  de  la  géminée,  = 

^jj  ')•   Comme  oji  est,   class.   et  en  Syrie,  saiiter,  ojj, 

faire  sauter  (le  cheval),  L  A  XII  p.  229,  3,  il  faut  savoir 
si  c'est  une   métathèse  de  jij,  ou  un  développement  de 

son  synonyme  J,  courir,  et  î;j,  sauter.  Il  y  a  sans  doute 


1)  j  et  jJJ,  aussi- en  Syrie,  =  u^ ,  suinler.  ù-o  ,Li*'^Jî ,  le 
mur  suinte,  ùj*^  O"^' ,  la  source  a  un  mince  filet  cVeau  qui 
jaillit;  "Ti,  jaillir,  gicler;  cl'.    ;-î-j   p.  798  et  p.  12i5. 


1260 

contamination  de^  et  de jï.  Cf.  lax,  sahdt,  Brock.  Lex.  s.  v.. 

Il   n'est   pas   inutile  de   faire   observer   que  tous  ces 

verbes  sont,  dans  le  Sud  du  moins,  prononcés  Jjc  [joé], 

parce  que  l'imparfait  en   est  Jotàj,   et  cela  en  vertu  de 

la  règle  que  j'ai  établie  Pr.  et  Dict.  p.  60  et  s.  et  qui 
s'applique  à  tous  les  dialectes  du  Levant  et  de  l'Arabie. 

H  y  a  d'autres  verbes  qui  impliquent  l'idée  de  sauter 
ou  de  danser,  ce  qui  revient  au  même  (comme  notre 
sauterie  =  petite  soirée  dansante),  tels  que  vj;^,  cl.  trot- 
tiner  avec  vitesse  L  A,  I.  el-Qût.  p.  105,  c,  danser  en 
•"Oman,  RO  p.  418,  c  d'en  bas;  j^.,  ls=^j  et  ^.  Mais 
je  n'ose  m'engager  sur  un  terrain  aussi  mouvant. 

-LL,  i,  est  courant  dans  tous  les  dialectes  arabes,  ha- 
darî  ou  bédouins.  1°  tomber,  Gloss.  s.  v.  ;  Heir  p.  127 
note.  Yôm  ''âd  qarîb  râsu  tâh  min  fôq  ràsu, 
lorsqu'il  était  déjà  près  de  sa  tête,  il  tomba  de  dessus 
sa  tête,  Rôssler  MSOS  III  p.  17,  lo.  Wa  yezîdu  bil- 
hangar  fil-kuré  wu  tûh  rreggâl  màyyit,  et  il  lui 
donna  encore  un  coup  de  poignard  dans  le  ventre,  et 
l'homme  tomba  mort,  id.  MSOS  i  p.  70,  o. 

AwJjf  _.^ ,   la  pluie  tombe  R  0  p.  263,  s  d'en  bas  = 

Dt  le  torrent  descend,  h^ji  JL  ,.„  AId  ...bli,  un  tel  tomba 
du  dos  de  sa  Jument,  ^anazî.  \JLe  >^  -^f^^.  J^',  celle  sur 
qui  tombe  son  7'egard,  ici  p.  36,  i7.  U  kân  yesigguh  ') 
hakk  el-huwclt  elya  (=  \iJ)  hù^  fart  an  ""ômruh 


1)  gww  ,  s'en  aller,  filer.   qK^^*  c^  .ivwj  IjO^  isJo  ,  demain  7wns 

allons  filer  pour  le  H.  =  ■.^f^  ,  ^Anazî  et  Haurân  :  cf.  battre  une 
roule,  et  plus  loin  ^^^. 


1261 

u  Ëân  yôm  ta  h  e  d-D  a  1  i   liùsa,  et  il  lui  asséna  un 
coup  violent,  et  voilà  qu'il  rendit  Vchne,  et  ed-D.  M.  tomba 
alors,   récit  ''anazî.  Mekkîye  ^anûd  utâibe  min  es- 
Sîn  '),  Mekkîye  est  à  la  tête  et  elle  est  tombée  (vient)  de 
la  Chine^  Meissner  M  S  OS  V,  p.  102,  ii. 
Fâris  mësamma  tâhe  yôm  ed-dawi  ^)  (sarf) 
Fâris,  bien  connu,  tomba  au  jour  du  tumulte. 
Hartmann  L  L  AV  p.  131  N"  57  redde  2. 
Sachau  VLM  p.  21  N'^  VIII  v.  3: 

Celui  qui  se  fera  tuer  par  aynour  pour  toi, 

S'en  est  allé  (éperdu)  le  jour  où  tu  as  quitté  notre  eau*). 

Ibid.  p.  46  N''  III,  1  : 

(^  '^U  tjJ  ^  ^^^ 

Ich  furchte,  es  ilberfallt  mich  das  toeisse  Haar  und 

[ich  altère. 
Littmann  AVS  p.  46,  v.  23: 

Baqullhum  min  kutr  idmîfi  ma  tahat. 
Je  leur  dis:   „A   cause  de  tant  de  larmes  qui  sont 

[tombées. 


4)  Mètre  en  désordre,  mais  je  renonce  à  le  redresser. 

2)  C'est  =  le  syrien  iui^Ii!'  |.y. .  Hartmann  n'a  pas  donné  de 
traduction,  parce  qu'il  n'y  comprenait  rien.  J'ai  reconstitué  le  mètre 
chanté. 

3)  Ainsi  le  texte  de  Sachau ,  mais  je  soupçonne  que  le  texte  n'est 

o 

pas  en  ordre  à  cause  de  *mj    ^L1>. 

4)  La  traduction  de  Sachau  n'est  pas  parfaite.  Sur  le  sens  de 
y*^  '  ici,  voyez  FIei.sciier  Kl.  Scluiften  1  p.  04.3. 

5)  C'est  ainsi  qu'on  l'auiait  chanté. 


1262 

Ibid.  V.  24: 
Yâ  rêteh  ma  tah  'al-badd 
PUtt  à  Dieu  qu'il  ne  soit  pas  tombé  dans  le  désert. 

Littmann  traduit  par  in  die  Wiiste  verirrt,  en  s'ap- 
puyant  sur  lo  ^LL),  o,  s'égarer,  de  Belot.  Je  crois  que 
ma  traduction  serre  le  sens  de  plus  près.  ^LL,  s'égarer, 
doit  être  une  prononciation  plus  forte  de  o'j,  i,  d'après 
de  nombreuses  analogies,  L  A  III  p.  368,  ♦,  369,  i. 

(jvi  -IL  est  partout  employé,  tomber  sur,  aussi  au 
figuré.  Geyyo  sukkan  el-Mahsane  utâho  ""alîne 
udâro  yif'add ruine,  les  habitants  d'el-M.  vinrent  et 
tombèrent  sur  nous  ')  en  commençant  à  nous  faire  des 
excuses,  RO  p.  359,  7  et  s.. 

UaXc  Î>^LL,  ils   sont   tombés   sur   nous  à  Vimproviste, 

Çaurân,  ^  UJlc  î^,  soit  pour  visiter,  soit  pour  attaquer. 

jJLa!!  ^c  ^^ysixlaj  ^j^ij  xaj,  il  y  a  des  gens  qui  tombent 

sur  le  monde,   l'attaquent,  Haurân,  d'où  «njLL»,  pi.  j^llb, 

brigand,  voleur  de  grand  chemin.  -.LIL,  chute  d'eau,  Hau- 

o 

rân.    M  ^^  Ll^wL  =  ^JJt  J^  Uxï^  =  iJJ!  ^j^  LJL=>j,    nous 

avons  imploré  l'assistance  de  Dieu. 

Chez  les   Hadar  et  les  Bédouins  de  Syrie,  -LL,  i,  est 

aussi  descendre  ZDMG  XXII  p.  134  =  _^.  A  Jéru- 
salem, j'ai  relevé  le  sens  de  courir  et  de  s'en  aller  ;  dans 
la  lurah,  celui-ci  est  seulement  figuré,  LA  III  p.  369,  de 
même  que  „LL,    o;   le  class.  \js\L>  a  aussi  ce  sens,  LA 

III  p.   228 ,   6  et  ss..  (jr-i^  -,LL ,  he  was  knocked  (fell) 

Stace  p.  151. 


1)  Reinliardt  traduit  und  ficlcn  vor  uns  niedcr,  ce  qui  n'est  pas  bon. 


1263 

2'^  sauter,  ici  p.  82  note  8,  Z  D  M  G  XXII  p.  151  ; 
Socin  Diw.  Gloss.  s.  v.;  Almkvist  Kl.  Beitrâge  p.  429. 
(_y.jô\  ^JXc  qLajJ-  -II?,  le  cheval  a  sauté  sur  la  jument,  l'a 

saillie,  tout  le  Nord.  Les  Druzes  disent  même  i-yl  su^^.^^, 
fai  baise'  la  femme.  Une  injure,  dans  le  Haurân,  Belqâ, 
Syrie  et  Palestine,  est: 

eût  (jii^L^  ^\s.  ^^,    saute   sur   la  marmite  de  ta 

mère  =  sur  la  vulve.  Ki  tâhu  fil-mâ^  lorsqu'ils 
eurent  sauté  dans  l'eau,  Karapffmeyer  M  S  0  S  VIII,  ii 
p.  226/7  (Sud  algérien). 

^nIL  ,  faire  tomber,  f.  sauter  ;  jeter.  Yihèggemu  el- 
hêl  dâhil  sfûf  el-qôm  ida  lôhqit  ënsân  hattey- 
yiho,  on  lance  le  cheval  (=  JyJi)  au  milieu  des  rangs 
de  l'ennemi;  s'il  atteint  quelqu'un,  il  le  fait  tomber,  RO 
p.  422  W  IX.  Huwa  riggal  wahîd  wa  hum  sâ- 
be'^a,  âhar  toyyehûh  el-ard,  il  était  seid,  lui,  tandis 
qu'eux  étaient  sept;  à  la  fin,  ils  le  firent  tomber  par 
terre  =  le  jetèrent  par  terre,  Rôssler  M  S  0  S  I  p.  65, 
12  et  s.. 

(jLa^î  j^ïsllii  r^>>',    A.    N.  fait  sauter  le  cheval  (sur 

la  jument),  le  fait  saillir,  Haurân  et  Damas,  =  jaï. 

cLait  ^  »:^C1j  kAs.  ojîj  v^j,  et  elle  bondit  sur  lui  et 
le  jeta  sur  le  sol,  Stumme  TMG  I  p.  6,  is.  Ersâsa 
iteyyah,  das  Blei  schlug  die  Mdnner  zu  Boden  id. 
T  T  B  L  V.  839.  Dans  le  sens  de  courir,  v.  p.  1262.  J^d,  i, 

fait   au    trans.  ^^  et   ^J^.  On   dit  chez   les  ^Anazeh: 

^La^JJ  li^y^  =  ^!AaJî  ^  Aj  LyJ>.,    nous   avons   donné 

les  rênes  au  cheval,  nous  l'avons  laissé  courir  les  rênes 


1264 

abattues.  C'est  le  classique  \*«^  m  -'Jj  ,  sa  jument  l'em- 
porta =  ^,-*:iX! ,  L  A  III  p.  368  d'en  bas,  locution  qui  est 

aussi  dialectale.  „^,  (de  „^,  o,  s'e7i  aller,  v.  p.  1262) 
est  chez  les  Bédouins  de  Syrie  partir,  en  analogie  avec 
_3^,  ôjj,  etc..  *,jij]  p-y^,  le  razu  est  parti,  Burckhardt 
Beduinen  p.  29,  s.  Déjà  dans  la  lurah  -^  et  ^^  sont 

synonymes.  El-Leyt  a  dit:  ïs^  ^J  S>jfo  Jyù  \^}f.^  c>ot,-* 

iOAj  3  \P^3  i>^>^^  l>^*>  J^  l-^  y^"^'  ,_c^  (J^'' 5  LA  III 
p.  359,  12  et  ss.. 

Sur  le  jeu  syrien  "ïy^*,  ^J^Jc<^,  jeu  de  saute-mouton, 
Bock  springen,  où  i'v.^uL»  est  saz^^  et  '^;^,  bond  cl  pieds 
Joitits,  voyez  Almkvist  Kl.  Beitrâge  pp.  429  et  431.  En 
Syrie,  g.ii^JD,  herumhûpfen  :  -^  A'  _  Iw  ^^  ^vixj^vk)'  ^J , 
pourquoi  toupilles-tu  d'wi  endroit  à  Ta^^^re?  Pour  le  reste, 
voyez  le  Glossaire.  Cf.  les  classiques  ^,  ^\  et  'l^^. 
Les  dialectaux  (ji-^Ja,  ,jii.^aj  p.  1214  n.  =  class.  iji^tj<:\l3, 
et  (^wIj  offrent  une  contamination  entre  ^,  ^iiJj  et  v^  ; 
voyez  le  Gloss.  s.  h.  v..  ^^,  p.  796  et  s.,  est  un  accou- 
plement de  Jkj,  ibid.,  et  de  ^. 

Stumme  traduit  ^fyJLc  ^^cj>  par:  er  stiirzte  sichaufsie. 

Dans  le  Gloss.,  il  rend  ce  verbe  par  angreifen,  =  Dt  ^^  JLp 
ou  j^  u-^,  et  dans  T  T  B  L  Gloss.  s.  v.,  par  schnell 
laufen,  dahinstilrmen.  Ce  verbe  est,  en  Syrie  et  en  Egypte 
=  L'"'^,  foider,  treten,  dont  il  est  un  développement  ;  Eg., 
aussi  ;^«-*x:o.  Dans  les  dialectes  du  Sud,  ^J«^c>:>  est  peu 
usité,  c'est  la  langue  du  Yémau,  où  c'est  piétiner,  stam- 


1265 

pfen,  en  marcMnt  =^  Dt  ^o^,  Hdr  p.  267,  u  d'en  bas, 
p.  275,  13  d'en  bas,  et  (_^w'o,  o,  n'est  pas  plus  commun, 
mais  il  est  assez  courant  dans  le  Nord  et  en  ""Oman,  où 
/j^ji  est  même  récolte,  RO  p.  417,  signification  qui  est 
motivée  par  la  manipulation. 

82,  23:  ukalhom.  Mes  Datînois  ne  voulaient  pas  de 
ce  verbe,  car,  disaient-ils,  le  lion  ne  le  mange  pas,  il  le 
dévore,  [der  Lôwe  isst  ihn  nicht,  sondern  frisst  ihn],  et 
ils  préféraient  J^,  o,  manger  avec  avidité,  fresse^i  ;  Yoyez 
Gloss.  s.  V.. 

82,  23;  83,  3:  qaileh  berâsah.  ^  Jà"  est  une 
locution  fort  commune,  non  seulement  dans  la  lurah, 
mais  aussi  dans  les  dialectes  du  Sud,  Hdr  Gloss.  p.  698. 
I.   Sa'd   III,   I   p.  51  :  U:  jUij  ^oi^^Jb  J^U  ^Ui^  ^t  ^^! 

Sachau  traduit  p.  16  (Anmerk.)  par  [Moh.  I.  Abî  Bakr. 
arriva  chez  "Otmân  et]  er  packte  den  Bart  Othmân's  und 
sprach  dann,  dass  man  hôrte,  wie  die  Zàh7ie  aiif  ein- 
ander  schlugen.  On  voit  que  Sachau  ne  connaissait  point 
cette  locution,  car  il  traduit  Jï  par  il  dit.  De  Goeje  a 
relevé  cette  erreur,  Z  D  M  G  59,  p.  382,  mais  il  n'est 
pas  absolument  exact,  lui  non  plus,  lorsqu'il  traduit  par 
hin  imd  her  beioegen,  schûtteln.  ^  Jj  est  précisément 
notre  faire  comme  ça  avec  (la  main  ou  n'importe  quoi)  ^). 
L  Sa^'d  III  I  p.  235,  27  :  ^  -Jù  »,  k^  X\l^  JU»  ^:dL^  ^l!  'uii^, 

rendu  par  Sachau  par  :  Dann  sprach  er  mit  dem  Schmir- 
bart  vor  dem  Munde  und  fanchte  in  denselben  hinein, 
mais  c'est  :  il  fit  comme  ça  avec  sa  moustache  à  sa  bouche 


1)  En  français  on  entend  souvent  »je  lui  disais  ceci  de  la  main". 


1266 

et ... .  etc..  Ibid.  p.  247,  4  est  très  clair  :  _^^  y^ 

,jJUJî  JsJï  ^^Ji^!  aXjjO  -1  g--»-;  u\i  ««lX-o  C\jC^  JyMj  ci  /fiW- 
tendis  "Omar  qui  fit  comme  ça  avec  la  main  qu'il  (leva) 
ouverte,  en  disant:  Prenez  le  chien^  il  va  me  tuer!  Ici, 
Jo  a  deux  régimes,  ce  qui  est  une  construction  elliptique 
un  peu  défectueuse,  mais  usitée  et  qui  prouve  que  Jï 
a  dans  cette  locution  le  sens  ordinaire.  Une  construction 
analogue  est  Boh.  V  p.  99,  2:  «l3^  ^c^\  «lXjo  ^^I  JU» 
kvAj  JLc  L^  V  t*^  o'"*^  "^5  ^^  ^^  Prophète  fit  un  geste  avec 
la  main  droite  en  disant:  „Celle-ci  est  la  7nain  de'^Ofmân," 
et  il  frappa  avec  sa  main  sur  celle  de  '^Otmân.  I.  Sa'^d 

VIII  p.  74,  24:  v'-^?^  6)^3  ^^i  ij^  "r^^^  ^^^^7  ^^  fit  alors 
U7i  mouvement  avec  la  porte  qui  était  entre  moi  et  lui  et 
descendit  le  rideau  de  séparation.  Beyhaqî,  éd.  Schwally, 

p.  646  avant-d.  1.  :  iuL>j  ^^  ^jyj  JJLs,  il  fit  comme  ça 
avec  la  main  sur  eux  en  les  tâtant  (citât,  de  de  Goeje). 
Boh.  I  p.  57  :  q+j"^'  >^U  ^.Ji^  î'A^i  kJiS^  l\=>L5  . . .  ^..wJCc!  loi 

iuv!^  Q- -L^*)  J.C  UiJ  J'uiLî  y*^"^^'  Jêj  lorsqu'il  (le  Prophète) 
faisait  sa  lotion  ....  il  prenait  (l'eau)  avec  les  deux  mains 
et  commençait  par  le  côté  droit  de  la  tête,  puis  le  coté 
gauche  et  il  passait  les  deux  mains  sur  {le  milieu  de) 

la  tête.  L'édition  du  Sultan  a  \à<j,  mais  la  variante  *JÎXj 
se  trouve  en  marge  ;  cette  leçon  est  nécessaire  à  cause  de 
U^,  ainsi  que  le  fait  justement  observer  Qastellànî  I 
p.  320.  Houdas-Marçais  n'ont  pas  compris  ce  -^  Jo  puis- 
qu'ils traduisent  I  p.  100;  suivant  d'autres  récits,  il  com- 
mençait par  les  deux  mains  et  par  le  milieu  de  la  tête! 


\)  Ne  se  trouve  pas  partout. 


1267 

Boh.  I  p.  123,  10,  d'en  bas:  05«p  A'  ^^j^  (^\*jLob  J'JLi, 
et  il  (le  Prophète)  /î^  un  geste  avec  les  doigts  et  les  leva 
en  haut.  H.-M.  I  p.  214:  Ce  disant,  le  Prophète  fit  un 
geste . . .  etc.,  où  „ce  disant"  indique  que  ces  savants 
n'ont  pas  saisi  la  portée  de  la  locution  ;  leur  „/i^  un  geste", 
ce  qui  est  du  reste  bon,  est  la  traduction  de  Qastellânî 
II  p.  135  :  xJLc  XXi\.  s^  ^^  >iLaJl5  xîbj  JUs,  il  fit  un  mou- 
vement avec  son  châle  qu'il  ôta  de  son  dos,  I.  Sa'^d  IV 
u  p.  56,  13  et  la  note  de  l'éditeur  p.  7.   ,  ,9...»-7>  _^î  LoJc> 

Ji»ob    \l>SJ>    sxjysilj    J.,iJJ3   *l2j|  ^i  siAj    .sju>  _fcj'   Aji-iAj^    !aXp 

AÀj!  ^i  «jLyol  -àjt>  _^î.  ^6w  Ga'far  nous  a  raconté:  „Tai 
vu  que  I.  '^Omar  tout  eti  faisant  sa  prière,  vêtu  de  son 
pagne  et  de  son  châle,  faire  comme  ça  avec  les  mains" 
et  Abu  Ga^far  (pour  expliquer  cela)  fourra  sa  main  sous 
Vaisselle  —  „et  comme  ça  avec  le  doigt"  —  et  A.  G.  fourra 
le  doigt  dans  le  nez.  Cela  est  explicite.  I.  SaM  V  p.  214  u: 

io^r,  \^f^_,  et  lorsqu'il  ("Ikrimah)  eut  fini,  [il  y  avait  parmi 
les  auditeurs]  qui  fit  comme  cela  avec  la  main  en  formant 
le  nombre  30  et  qui  fit  comme  cela  avec  la  tête  en  l'in- 
clinant, en  signe  d'approbation.  Sur  le  ijS:^  csjàj^,  voyez 
Goldziher  Z  D  M  G  61  p.  756/7.  C'est  la  locution  v  Jj' 
qui  est  ici  à  relever  et  non  pas  l'approbation  avec  la 
tête,  qui  se  pratique  dans  tout  le  monde.  De  Goeje  donne, 
Gloss.  Tab-,  plusieurs  exemples  d'où  il  ressort  que  \i 
a  son   vrai  sens  de  dire,  mais  qu'il  correspond  à  notre 


2)  Var.   xjuadLj    et    \A*,«job , 


1268 
faire  (comme  cela).  „yi»t  iu«'y  aJ  J-ï  de  notre  texte  p.  88, 
3,   98  n'est  au  fond,   comme  idée,  autre  chose  que  .Uili 
l^,wJb>î  ^.,t  ^\  de   Boh.  II  p.  47,  s:  il  leur  fit  im  signe 

en  disant:  „ Asseyez-vous." 

Dans  le  Nord,  je  n'ai  pas  entendu   cette  métaphore, 

mais  sA^  ^l\s,  ce  qui  n'est  cependant  pas  tout-à-fait  la 
même  chose.   Quelquefois  Ji'  a,  en  Dt,  le  sens  de  faire, 

comme  dans  cette  locution  :  Q-  u-^aIp  ^ï*,  c)^^  oÂ<i,  je 
inquai  des  deux  le  cheval^  et  celui-ci  se  mit  à  courir^  où 

(j«u^  Jï  est  un  idiotisme  appliqué  ici  au  cheval.  Un 
emploi  presque  analogue  de  Ja  se  trouve  dans  les  langues 
hamitiques,  oii  l'on  paraphrase  les  idées  verbales  par  dire, 
p.  e.  balliô  ala,  dire  splendeur  =^  briller,  Brockelmann 
V  G  S  S  §  82. 

83,  1  :  m  S  ê  =  83,  5  :  s  â  r.  ^c^/«,  quoique  connu  par 
le  Yéman,  n'appartient  pas  aux  dialectes  du  Sud,  où 
l'on  dit  .L^,  aller,  voyager,  marcher  =  \Ji=>^. 

83,  3:  ""ameltrzisûweyt.  ^  dans  le  Sud  est  seu- 


1)  u'.y^ ,    0,   faire   vite   qqc,   marcher    vite.   lX>-[5   (^Aà£.  ^j> 

(j*«-<-^ ,  quelqu'un  qui  marchait  vite  a  passé  près  de  moi.  u*y^  LîrC 

Làj"^  ^3■    (mahratna),  faisons   vite    notre    travail!  LiAc.  i^,w-^^, 

t^'  nous  ont  surpris,  sont  tombés  sur  nous  à  V improviste  =  (i«£  Î51AP 

et  Nord  (J^   }y^'    [j^^^^   est    devenu    interjection:    vite!    =  j»'o 
qu'on  dit  aussi,  quoique  rarement.  La  lurah  a  ij-^^ ,  cire  vif,  alerte, 

marcher  vile,  L  A  VIII,  p.  372.  Cf.  aussi  i-^^ ,   0,   Hdr.  Gloss.  s.  v. 
et  ici  Gloss.  s.  v. 


1269 

lement  labourer  la  terre.  Quelquefois,  au  lieu  de  ^I*«, 
on  y  dit  Jsjè, 

83,  5:  aharabtrrfarr.  uj.^  n'est  pas  employé  dans 

notre  dialecte,  qui  dit  ^  ou  ^.  Praetorius,  Beitr.  zur 
Assyr.  I  p.  37,  veut  que  le  dernier  verbe  ne  soit  qu'un 
développement,  avec  n  augmentatif,  du  dernier.  Cette 
théorie  a  déjà  été  défendue  par  moi,  Hçlr  p.  137  et 
ici  p.  1254. 

83,11:   èlli  =  83,  15:    ille    df   ou   illi.   ^M\  est 

souvent  =  gwe,   puisque,  =^^\  avec   les    suffixes,    aussi 

courant.  Cet  emploi  de  (^AjÎ,  faisant  office  de  conjonction 
coordonnée,  a  déjà  été  relevé  par  Praetorius  pour  le  dia- 
lecte maltais   Z  D  M  G   34   p.   223   note.  Il  est  commun 

aussi  en  Syrie:  i^\yf>-  \jy^  ^<J!  -^^j  Qut,  dass  wir  seine 

Nachharen  geworden,  Wetzstein,  Die  Lieb.  v.  Amasia 
p.  10,  8  [p.  64,  ii:  liîAP  ^JvJt  iJJ  oV^  est  douteux],  qui 
le  compare  à  im  =  '5,  Ges.-Buhl  H  W  B  p.  6G.  Cet  em- 
ploi est  donc  ancien.  Par  Durrat  el-Rauwâs,  Cstpl.  1299, 
p.  100,  nous  savons  que  ^^JJî  se  met  après  iJiI  lA^J-,  et 
il  l'explique  par  l'omission  du  corrélatif,  >ASic,  voulant  que 
ce  soit  là  une  locution  fautive.  El-Hafâgî,  ibid.  p.  209, 
soutient  que  cela  n'a  rien  d'étonnant,  car  les  grammai- 
riens enseignent  que  le  corrélatif,  p.  e.  xixi,  peut  être 
omis.  Cette  explication  n'est  pas  juste,  car  cet  idiotisme 
est  très  ordinaire  en  Syrie  et  dans  les  dialectes  de  l'Arabie, 
dans  toutes  espèces  de  phrases  où  un  corrélatif  est  hors 
de  mise,  comme  c'est  le  cas  dans  notre  texte. 

o<^  (_^'  aJJ  tXiil,  grâce  d  Bieu  que  tu  sois  venu,  Syr.. 


1270 

Juyiîî  iyJL3s-î  ^J\  jjJ>  j«i'!;^,   merci  de  ce  que  vous  avez 

emporté  le  tué  (du  champ  de  combat)  Dt. 

83,  13:  walla  =  17  gaffa.  J5  aurait  aussi  été  bon 
dans  notre  dialecte.  Le  verbe  ^_^ài  [LaïJ,  tourner  le  dos, 
partir,  retourner,  est  employé  dans  toute  l'Arabie;  au 
Negd  aussi,  avec  la  variation  phonétique  i_<jl>,  fuir,  Socin 
Diw.  Gl.  s.  V..  Dô^an  a  dit,  en  réponse  à  la  margoûzah 
p.  288: 

5w  jBa/cr  ^)  jure  le  pacte,  et  les  tribus  jurent  le  pacte; 
Un  sultan  ne  les  a  pas  empêchés  d'aller  à  Sêlat  Balah. 
Il  a  perdit  la  route  d'Abyan  et  il  a  perdu  ses  braves 

[guerriers: 
Il  tourna  le  dos  et  il  fit  de  quatre  marhalah  un 

[seul  marhalah. 

Qâllahom   Hâyâri:  hànna  in  gafèyna  yasil- 

lena^)  halâlna  u  a'yâlna  uyidbàhna  èd-(Jàma, 


1)  Le  sultan  d'Ahwar,  Bû  Bakr  b.  'Abd  Allah. 

2)  J-ii ,  i,  donner  des  soucis  =  r^-  ^^i  c^^aIxI:  ,  lu  tious  as 
donné  des  soKcis  =  L*jij  O'JÀxi .  i^Ui^  ^^  liV-A^Ui ,  je  fai  distrait 
de  ton  travail  =  ^^^^^vr"  J-^' 1  f^trc  soucieux,  tourmenté,  etc.; 
ahgcschnitten   sein  von.   JXci  ,  tourment,  souci,  inquiétude,  plus  tri- 

bulation  que  *.^ •   Ce  verbe  ma  bien  l'air  d'être  une  variation  pho- 

*  .        .     . 
n/'tique  de  i}>> ,  et  il  me  fut  expliqué  par  rv*"^'  e>ÀLj>L  Mais  aussi 

-  ,& 

couper:  (^.p-V.'   vi^v^-**'  3   ^-*tV*   Lf^^"**^)  '"  nias  frappé  d'ioi  coup 


1271 

H.  leur  dit:  Nous  autres,  si  nous  retournons,  nous  serons 
en  peine  pour  nos  biens  (bestiaux)  et  nos  enfants,  et  la 
soif  nous  tuera,  récit  ""anazî  de  Hâyàrî. 

Dans  la  qasîdah  de  Dikr,   tante  paternelle  de  'Aqâb, 
je  trouve: 

^J_^J^\   ^^U    A_^   .^.^    ,^^.^. 

Et  outre  cela,  lorsque  les  chameaux  de  l'ennemi  ar- 

[rivent  et  se  retirent  ensuite  effrayés, 

Sa  voix  se  fait  entejidre  derrière  les  arriérés  (pour 

(les  protéger). 
Voici  ces  deux  vers  de  Dalman  PD  p.  117  ^): 
Lamman  qafaytu  winqata*"  habl  er-raga 
Lorsque  vous  êtes  partis  et  la  corde  de  l'espoir  s'est 

[brisée, 
Lamman  qafaytu  \\de  qalbi  qatta^u 
Lorsque  vous  êtes  partis,   ils  ont  aussi  coupé  mon 

[cœur  en  morceaux. 

^^ ,  tourner  le  dos,  retourner,  s'en  aller,  partir,  exemple 
p.  687,3  d'en   bas.   Socin   Diw.  I  N°    106  A  v.  5:  ^Jj 

y^siAA  (j/.'J5  ^^^^jJiA,   les   uns   restèrent  et  les   autres  s'en 


de  sabre  et   tu   m^as  coupé    la   main   =  ,j?Jd4-o.   Tout   cela    chez 
les  "^Anazeh. 

4)  Avec  un  ^  de  trop  au  commencement  du  premier  hémistiche, 
comme  il  arrive  souvent;  aussi  dans  les  ragaz  anciens,  I  Sa'd  IV  i 
p.  97,  4:   /*^^'  où  j'  est  de  trop. 

2)  Observez  il-yâ  où  il  est  bref  =  Lj  =  "13 ,  si,  lorsque;  v. 
Hdr  p.  38  v.  40  et  ici  p.  472  et  p.  1093. 

3)  J'ai  corrigé  le  texte  et  la  traduction  de  Dalman. 

84 


1272 

allèrent.  C'eyt  le  mehri  qôfî,  tourner  le  dos,  s'en  aller, 
Jahn  M  S  p.  34,  9,  car  l'infinitif  en  est  taqafôt  (Js^owi)')  ; 

ce  n'est  pas  ^^ï,  comme   le   pense  Jahn   à  propos  des 

verbes  mehri  ^y,  car  déjà  l'arabe  ^S  est  une  dégé- 

mination  pour  Joîs.  Le  mehri  qàfiem,  0.  1.  p.  35,  17, 
indique  la  première  forme  du  verbe,  qafày.  Aussi  re- 
tourner,  umwenden,  comme  en  français  et  en  allemand. 

Lahna  la  sirna  fi  ard  em-huçûm  u  de'irna  la 
yikûnu  kâminîn  inna  (UJ)  uneqaffi  bihedfna 
la  yibqa  à  ter  dahqètna  fim-qâS  nous  autres, 
lorsque  nous  marchons  dans  le  pays  des  ennemis  et  que 
nous  craignions  qu'ils  ne  nous  dressent  un  guet-apens, 
nous  retournons  nos  sandales  afin  que  l'empreinte  de 
notre  pied  (Fusstritt)  ne  reste  pas  sur  le  sol,  "awlaqî. 
L'empreinte  y  reste  bien,  mais  elle  n'est  pas  la  même. 
Les  Bédouins  reconnaissent  l'empreinte  des  pieds  d'une 
façon  absolument  extraordinaire.  On  a  eu  tort  de  mettre 
"cela  en  doute  en  Europe. 

^jja] ,  tourner  le  dos,  s'en  aller,  partir.  Dans  la  qasîdah 
d'Abu  Hamzah  =  Socin  Diw.  N°  69  v.  14,  il  y  a  ce  verset, 
ainsi  chanté: 


1)  Lane   a,   d'après  T  A,  sub   «-w^  ,   ce  vers  de  'Obeyd  1.  Ayyûb 
el-'Anbarî 

Làiii!  y^^    Ug  ri  .«■»  «v!    Jot->o       Li^Jt_j    ^L_LJ    xjJLjù     --J'A_j 

qu'il  traduit  ainsi  :  »He  turns  round  his  sandah,  in  order  that  thcy 
may  not  be  known  by  their  prinls  upon  thc  yround  putling  Ihe 
inlerdigilal  Ihongs  thercof  in  tlic  direction  of  Ihe  ncck."  Je  de- 
mande s'il  y  a  quelqu'un  qui  comprenne  ce  que  la  dernière  partie 
de  cette  «traduction"  pourra  signifier.  Selon  Lane,  l'exemple  de  mon 
'Awlaqite  devra  donc  être  traduit  par  i>nous  mettons  nos  sandales 
sur  le  derrière  de  notre  nuque"  !  Le  bon  Lane  n'était  pas  toujoui's 
critique. 


1273 

Agfet  me^â  "^ùrbin  lalèènn  ed'^înuhum^). 
Nahlin  temî  librûsébal-agnàM, 
et  récité: 

^^  elle  est  partie  avec  des  Bédouins,  mais  leur  cou- 

[voi  de  chameaux  de  charge 
Etait  comme  des  palmiers  dans  le  sommet  desquels 
[flottent  les  régimes  de  fleurs. 
La  célèbre  qasîdah  de  Turkî  b.  Homeyd^),  cheykh  des 
'Oteybah,   qui  était  éperdument  amouracbé  de  Si^â",  fille 
de  Moh.  b.  Rubey'^ân,  autre  cheykb  des  ""Oteybabs,  com- 
mence ainsi: 
+ 


1.  C'es^  çw'275  so7it  partis,  par  Dieu,  pour  des  contrées 

[étendues 
Lorsqu'ils   décampèrent  le  matin%  aya?it  leur  bagage 

[suspendu  au ^) 

1)  Socin  :  d'^ûnëhura. 

2)  Socin  Diw.  III,  p.  29. 

3)  On  observera  que  ^  ,   dans   ^' ,  est  bref,  comme  c'est  souvent 

le  cas  ;  Gloss.  s.  v,  aJJÎ. 

4)  Observez  wilhom.  La  préposition  est  il,  non  ill,  chez  les 
Bédouins  et  dans  tout  le  Negd,  où  il  n'est  pas  rare  comme  le  pense 
Socin  Diwan  III,  §40.  Le  tableau  de  Wetzstein  ZDMG  XXII,  p.  "183 
est  le  dialecte  des  Hadar  de  Syrie,  nullement  celui  des  Bédouins  de 
Neéd.  Cela  ne  devient  ill  que  dans  les  cas  que  Socin  expose  o.  I.  p.  187. 

5)  Chanté:  re-zî-nû  m  ug-fa-leh-bi  ;  c'est  une  espèce  de 
haplologie. 

G)  Les   Bédouins   du    Nord,   avant  de  partir  le  matin,  à  la  pointe 


1274 

2.  Ils  suivent  des  éclairs  qui  se  succèdent  le  soir 

Leurs    bétes   au  pâturage   se  rassasient  de   Anvillea 

[radiata  et  de  Melilotus  indiens. 

5.  Ils  sont  partis  avec  celui  qui  s'abreuve  aux  auges  du 

[trépas 

Et  qui  a  l'esprit  lourd  et  enfermé  dans  une  caisse'^). 

Dans   le   récit   ''anazite   de   SaMûn    el-'^Awâgî,    je  lis: 

Min    *'ôgëb    dà'    yôm   wàslat   el-gasîda   Muslat 

wâsa    ëswât')    el-manâh^):    el-byût   egbâl   el- 


du  jour,   saisissent   le   kâsir   de   la   tente   en   disant  aUI  "^1   «"bJ]   ^ 

et  en  regardant  les  chameaux  ;  c'est  pour  cela  que  JJ-?  est  méta- 
phoriquement partir. 

7)    A>  me    fut   expliqué    par  (j:c.' ,    sol,    terre,    et    Socin    Diw. 
Gloss.  s,  V.   a   aussi   ce   sens,   qui   convient   peu    ici.  On  dit:  ^^  y 

A^iAi»  ...  J  (ji^,  un  tel,  quelle  est  la  couleur  de  [comment  est^  votre 

ierre9  ^j^'Jtji ,  chose  suspendue  au  chameau  en  voyage.  jJ^JifjlxA  |>i^, 

emballez  vos  effets  de  voyage. 

1)  Même  expression  chez  Socin.  Diw.  N".  22  v.  2. 

2)  =  o!>^. 

3)  ^Ij!-«  est  la  place  où  se  fait  la  bataille,  RO  p.  69,  11  d'en  bas, 
o 

Schlachtfeld,  et  au  fig.  =  iCi-^'j^l ,  la  bataille  même,  d'où  L^o  = 

Lc>jLo.   Dans  une   raunâwaha,    les    deux   ennemis   sont   campés 

l'un  en   face  de  l'autre.  Les  tentes  sont  plantées   en  cercle,  et  les 

bestiaux  se  trouvent  en  dedans.  C'est  là  une  JbL^^t  ^  iCLs^u  V^» 
guerre  avec   tout  ce  qu'on  possède,  cf.  Hdr  Gl.  s.  v.  p^P'   ^®^  ^"" 

walah,   dans  une  telle  occasion,  ont  toujours  avec  eux  leur  'i^inr.  ou 

y-A^y»  pour  défendre  laquelle  ils  se  font  tuer  jusqu'au  dernier 
homme,  Burckhardt  p.  117,  Wetzstein  Verhandl.  der  berl.  anthrop. 
Gesell.  1879   p.  .389,  Hess  Betuerk.  zu  Doughty  p.  6,  v.  Oppenheira 


1275 

byût,  wasàr  el-më'âlas')  beynahom  meddat 
"asrat  iyyâm  (ou  âyyâm).  Yinkos  hàrgena  ila 
es-sâib  Abu  ""Agab.  Wa  hù''  qâid  bil-bêt  uËân 
sôfuh  qëlîl  yagùl  lebinteh  ërlîd:  yawlôïdi! 
el-'agg^)  ègfa  râd  willa  ègbal?  Yôm  yigfi  el- 
""agg  ""ala  elgôm  itàuwir'')  wayinha  ^ayâlah 
wa^'ôrbânab  wayigûl:  %fyèh!  enuiéâmah,  ra- 
het  ""aleybcm,  râhet!  Après  cela,  lorsque  la  qasîdah 
arriva  à  Muslat,  il  disposa  le  campement  pour  la  bataille, 
une  tente  e7i  face  de  l'autre,  et  il  y  eut  un  combat  entre 


0.  1.   II,    p.  48.  Les  autres  ont  la  iiib ,  qui  est  plus  petite.  Dans  la 

iiJjl^^w  ,  il  y  a  aussi  les  S^^-^  2)  '^^  >  ^^^s  les  tentes  ne  sont  pas 
dressées,   et  les  deux    partis   ne   sont  pas  rangés  en  bataille  comme 

dans  la  munâwahah.  Sur  la  '»^_y^ .,  voyez  le  Glossaire  s.  v. 

4)  u^JLsw  =  i^.Lji^    GO.  Feyroûzâbâdî  est  le  seul  qui  enregistre 

ce  sens  :    io.Liilt  ^jo^^JsiL  ^j-aic  =  Jsj-^àJÎ  (j^^LiSi  G  0.   iLyj>1iLc  = 

iùçwjj  GO;  les  deux  mots  sont  courants  à,  Damas,  Haurân,  Negd 
et  chez  les  Bédouins.  Cela  est  l'hébr.  y^)^ ,  se  réjouir,  jubiler  =  le 
babyl.  elésu,  Del.  HWB  p.  76;  u  1  s  u ,  joie,  Dhorme  o.  1.  p.  192 
note  22. 

2)  >s>-c ,    poussière,  =   .Le ,  GO,  Socin  Diw.  Gloss.  s.  v.  ;  i*:^^, 
Meissner  M  S  OS  VI  ii  p.  120  n».  27  d  1.:  'ayye,  Pulverdampf  ;  = 

—L^Vc    class.    et   dialect.    Syrie,    Meissner  ibid.   p.   82   n**.   2,   3,  id, 

NAGI    p.   133;    Hartmann   L  L  W   p.   140   n«.  68   v.   8   a   _L^c 

expliqué  p.  141   par  oi^ij  >«jt^j',  ^L£.   io-Lr^ ,  Siaubwolke,St\imme 

T  T  B  L  V.  68.  Avec  le  dénominatif  ^^:^U: ,  soulever  la  poussière^ 
idem  TGr.  p.  25,  2. 


) 


3)  =  jyi  =  ^>L>  J^  J.Ï ,    il  se   leva   brusquement  G  0. 


1276 

eux  pendant  l'espace  de  dix  jours.  Notre  récit  revient  au 
vieux  Abu  ^Agâb.  Celui-ci  était  assis  dans  la  tente.  B 
avait  la  vue  faible  et  dit  à  sa  fille  Relîd:  „Ma  chère  en- 
fant: est-ce  que  la  poussière  s'est  éloignée  ou  bien  s'est- 
elle  avancée?"  Lorsque  la  poussière  s'était  éloignée^  il  se 
lève  brusquement  et  incite  les  siens  et  les  Bédouins  au 
courage  en  disant:  ,^Co\irage!  Mes  braves!  Bs  ont  perdu! 

Tous  ces   verbes  régissent  l'accusatif  de  l'endroit  ou 
de  la  personne,  à  l'instar  des  verbes  qui  signifient  s'en  aller' 
à,  partir  pour,  dans  tous  les  dialectes  bédouins  du  Nord  et 
dans  ceux  des  Bédouins  de  la  Syrie,  de  même  que  dans  la 
lurah,  pp.  1077  et  1220,  mais  non  dans  ceux  du  Sud. 

Sur  'cài,  voyez  le  Glossaire.  *j'Lftï,  dans  le  Sud,  comme 

dans  ce  verset  d'Abû  Sâlim  Dabi  (basît): 

.fc^ui!  j.  l^-otliJ   iC-sLsJîJ!   ...kj_3tj  L) 

^^  wzoî,  y'ae  rfes  partisans  qui,   s'ils  lèvent  la  tète, 

[c'est  pour  donner  un  conseil. 

Qui  font   des   fusils   merveilleux   avec   lesquels   ils 

[chassent  les  oiseaux. 
Bs  ne  ramassent  pas  l'or,  ni  ne  ramassent  les  blés. 
Bs  ne  savent  pas  frapper  par  derrière,   mais  ils 

[frappent  dans  les  poitrines. 
Ce  verbe  m'amène  à  dire  quelques  mots  sur  x*sS.  On 

connaît  le  mémoire  de  Goldziher,  Abhandl.  z.  arab.  Phil. 
I  p.  83  et  ss..  Je  regrette  de  ne  pouvoir  accepter  les 
conclusions  de  mon  savant  ami,  malgré  l'étalage  extra- 


1277 

ordinaire  de  citations.  Son  mémoire  est  un  exposé  inté- 
ressant de  l'emploi  littéraire  de  toutes  les  phases  multi- 
ples de  ce  mot.  On  pourrait  écrire  la  même  chose  sur 
le  mot  rime,  Reim,  sans  pour  cela  élucider  l'origine  même 
de  ce  mot.  Goldziher  confond  constamment  l'usage  pos- 
térieur et  figuré  de  biçï,  rime,  verset,  poésie,  et  admet 
même  que  ce  mot  est  originairement  une  poésie  pam- 
phlétique  et  injurieuse.  Les  Arabes  ont  été  et  sont  encore 
forts  sous  ce  rapport.  La  pasqidnade,  „Schmâhgedicht," 
était  bien  une  iCoï,  mais  la  iCxsj  n'a  pas  toujours  été 
un  Schmàhgedicht.  Pour  bien  comprendre  la  portée  de 
ce  mot,  il  faut  savoir  comment  les  poètes  procédaient, 
et  procèdent  encore,  pour  confectionner  leurs  poésies.  On 
fait  d'abord  une  liste  de  tous  les  mots  qui  riment;  en- 
suite on  fait  le  verset  soit  en  suivant  l'ordre  des  rimes, 
soit  en  les  plaçant  dans  l'ordre  exigé  par  l'allure  de  la 
poésie,  absolument  comme  lorsque  nous  faisons  des  „bouts- 
rimés."  Une  parole  finale  est  la  a-çï  de  l'autre,  la  sui- 
vante, de  Uï,  suivre,  propr.  ve7îir  sur  le  dos  d'un  autre 
ou  derrière  qqc.  El-Ahfas  a  trouvé  la  juste  note  en  disant: 
jJlc  J^J>  's^^i  ^_>-s  J,3  Jï  j.^iJC;t  jàsj  UÎ"^  iÇjj'  LJ  Jsaï  Ui! 

Sô^  Ori>5  '!>^_y>  iiAslJL'!  ^^  ^^.  c^-^wsJ  L^L  C'est  donc 
içjï  'xJS',  mot  suivant.   Goldziher  a  trop  en  vue  le  sens 

de  Làï,  ,_^  =-  .^^  ys'u  (ou  »J3j<s)  K>J^.  Soi  J^  J'  o^,  in- 
jurier, L  A  XX  p.  58,  14,  et  sur  lequel  il  construit  sa 
théorie  de  ic-iï,  Schmdhgedicht,  comme  terme  technique. 

Lai,  j_^si,  est  dans  le  même  cas  que  tant  d'autres  déno- 
minatifs des  noms  des  parties  du  corps.  Si  Lài,  injurier, 

de  n'importe  quelle  façon,  et  iL^àï,  injure,  proviennent  de 


1278 

Lftjj,  derrière^),  (et  non  derrière  de  la  tête  exclusivement 
Goldz.  1.1.  p.  104),  il  ne  s'ensuit  pas  que  içils  ait  le  même 
sens  à.' injuriante^  mais  c'est  bien  au  contraire,  celui  de 
suivante,  qui  vient  derrière,,  dans  la  série  des  bouts- 
rimés   des   poètes,    m'6  est   aussi   suite,   Gefolge,  Brode 

MSOS  V  II  p.  2,  8  d'en  bas.  Dans  le  Sud  et  le  Nord, 
la  forme  masculine  est  peut-être  usitée,  comme  dans  ce 
verset  d'Abu  Sâlim  Dabi: 

"^         +  "*" 

^.JLo  ^^'5  J^  ioo^  Jty!  ^j^\  L      (1  v^  ^^'ï  ^  J5  JLw  _^ 

Bû  Sâlim  a  dit:  ^Toutes  les  rimes  {que  je  fais)  sont 

[merveilleuses 
Je  veux  dire  de  belles  choses  dont  toutes  les  rimes 

[portent  coup  (dures). 

Ce  n'est  pas  ici  „mon  qâf",  selon  mes  Datînois.  Mais  je 
n'en  suis  point  sûr.  Socin  Diw.  N°  73  v.  43,  où  ^^is 
peut  aussi  être  rime;  idem  Gloss.  p.  300.  La  pronon- 
ciation de  la  finale  iyeh  des  ic^^'j  étant  partout  très 
faible,  au  point  de  disparaître  tout  à  fait,  v.  ma  M  S  p.  27  et 
ici  p.  1241  n.  2.,  la  forme  uîè"  en  est  résultée.  Elle  est  ré- 
pandue dans   tout  le  monde  arabe.  En  Dt  c'est  =  ^jtii: 

oi"  *jw  _^,  il  est  poète  ■=  jf^'jA ^  ;  sans  pluriel,  mais  Socin 
donne  pour  le  Negd  qIàJj-  Le  syrien  iLoï  ^,  sans  ar- 
rière-pensée,  mentionné  par  Goldziher  ô.  1.  p.  97,  d'après 


1)  Le   sens  de  taper  sur  la  nuque,  Loi,  LA  IV  p.  366,  est  sans 
doute  une  amplification  du  verbe  Làï. 

2)  Mètre  en  désordre;  doit  rtre  basît. 


1279 

M  Hartmann,  figure  déjà  chez  Wetzstein  Z  D  M  G  XXII 
p.  159,  où  le  mot  a  son  sens  naturel  :  se.  '»JS.  En  Algérie, 
dont  les  dialectes  aiment  beaucoup  les  dénominatifs,  on 

en  a  fait  ^ju3,  rimer,  Marçais  Gr.  p.  73,  idem  R  M  T  A 
p.  477,  Beaussier  s.  v.. 

Je  ne  saurais  finir  cet  article  sans  mentionner  d'autres 
verbes  de  notre  dialecte  et  qui  me  paraissent  être  en  rela- 
tion avec  Uï.  j_^a>,  i,  retourner  =  redire;  retourner,  ren- 
verser =  invertere ,  =  wJlï,  cf.  l'éth.  IÇ'^h  ;  ^Jl=>,  faire  re- 
tourner; renverser;  ^y^'^  =  ^<^,  retourner,  revenir  ;  être 
retourné,  renversé;  chavirer  (bateau).  DCan  a  dit: 

Salue  Nâsir  et  dis-lui  —  il  est  mon  ami  —  (?) 
Dis-lui  de  me  l'envoyer  avec  toi,  lorsque  tu  reviendras. 

l\«ï,  i,  retourner,  au  propre  et  au  figuré,  renverser  (J^), 
comme  ,^a:>.  lXàaj!,  retour^ier,  redire;  être  retourné,  ren- 
versé, tomber  à  la  renverse,  umfallen.  <><s^,  descendre, 
venir  en  bas,  lierunterkommen  ■■=  lXâjCjI.  lA-àJs  et  ^AiJLi! 
sont  synonymes  de  csjc>,  i,  et  de  L\à>l,  mais  seulement 
dans  le  sens  de  retourner  =  renverser,  et  Aàjpî  ne  se 
dit  que  des  choses.  Le  mehri  a  kafôd,  herabsteigen, 
hinabsteigen,  landen,  Jahn  M  S  Gloss.  s.  v.,  rendu  p,  48, 
5,  0  inexactement  par  "Abd  el-Hâdi  par  .U.  Jahn  tra- 
duit, p.  153,  3,  Hourem  bûm  nekafêd  bis,  par: 
hier  ist  ein  Absteig,  tandis  que  cela  signifie  littéralement: 
ein  Weg  ist  hier,  loir  steigen  herab  auf  ihm.  Le  Hadra- 
mite  et  le  Datînois  auraient  ici  également  dit  Aà<j  ou 

A«>Co.  Nous  avons  donc  ici  les  thèmes  ^Jsi,  ^^,  Aaï, 
OsstS'  et  LXâ:>  ayant  tous  des  sens  analogues.  Or,  dans  la 


1280 

lurah,  nous  trouvons  [JS'  =  iJiS'  =  '^^ ,  ^  et  J-ot,  re- 
tourner, renverser,  incliner,  L  A  i  p.  135,  s  et  ss.  d'en 
bas,   p.   137,   2,   et  aussi   détourner,   ibid.  p.  138,  ii;  = 

Urî,  ibid.  p.  136,  Boh.  III  p.  188,  5  d'en  bas,  p.  142,  3, 

avec   la   variante   Làs".  Là^OÎ  =  v,:^aàXj!,  revenir,   retourner, 

s'enfuir,  L  A  p.  138,  ii  et  ss.,  Boh.  V  p.  109.  -  U>  = 

Càs'î,  ^^  et  ^Ji,  renverser,  LA  i  p.  41  et  s..  Il  me  paraît 
difficile  de  ne  pas  voir  ici  des  variations  phonétiques 
et  des  amplifications  du  même  thème').  Il  me  paraît 
également  difficile  de  lui  assigner  le  sens  de  se  contracter, 
comme  les  thèmes  traités  Hdr  p.  76  note  4  et  l'hébreu 
j^Dp,  iDp,  car  il  n'aurait  pu  donner  celui  de  retourner. 
Je  me  contente  d'enregistrer  pour  le  moment.  On  pourra 
également  comparer  wàJo,  ^J>^\,  retourner  =  redire,  chez 
les  Bédouins  du  Nord  =  ^j>J^  (class.  u^),  mais  la  ra- 
cine paraît  ici  plutôt  être  liU, 

83,  14:  haéslâh=15  dahallah.  aJ  est  ici  le  dati- 
vus  ethicus  du  latin.  Il  est  fort  commun  dans  tous  les 
dialectes,  surtout  dans  le  Sud.  11  y  a  aussi  un  autre  J  + 
les  suffixes  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  celui-là.  La 
nadaq  em-^amâmeh  fi  hudnak  lik  tesâmehah, 
s'il  jette  le  turban  sur  tes  genoux  {ton  giron),  il  faut 
que  tu  lui  pardonnes.  Yindàq  bëha  fùqak  uènteh 
qàym  tilqàfha  bîdek  ulik  tifsàhah  min  di 
""alêh  hù",  il  le  (turban)  jette  sur  toi,  lorsque  tu  es 
debout,  et  tïi  l'attrapes  avec  la  main,  et  alors  il  faut  que 
tu  lui  fasses  grâce  de  ce  qu'il  a  à  sa  charge  {à  toi 
de ... .  etc.). 


1)  Sui-  —  <;^  li)  et  o,  voyez  Spitta  Gr.  p.  5  note  3  et  ici  p.  G73. 


1281 

83,  20:  Nâd.  ijclj,  0,  se  lever,  n'est  point  connu  dans 
les  dialectes  de  l'Arabie;  seulement  en  Afrique,  Stumrae 
M  G  T  p.  235,  Hartmann  L  L  W  p.  90,  s,  ^s,  p.  '200 
N°  117'  où— js.  Dans  la  lurah,  c'est  remuer,  agiter  et 
se  remuer,  s'agiter  LA  IX  p.  115,  «2.  Dans  le  Ne^d, 
luire,  aussi  classique,  =  ^Sxl  (cl.  ^^),  comme  dans  ce  vers 
de  la  qasîdah  d'Abu  Hamzah  =  Socin  Diw.  I  N°  69, 
V.  16,  où  il  y  a  une  autre  leçon  incompréhensible: 

(Je  suis)  ceint  d'une  épée  d'un  fer  pur  et  tranchant, 
Suffisamment  pointue,  qui  brille  datis  ma  main  droite. 
expliqué  par  ^.  La  forme  amplifiée  ^j^  ^),  se  lever,  est, 
au  contraire,  courante  en  Arabie,  comme  dans  la  lurah, 
EO  p.  371,  10  ;  V.  Gloss.  s.  v.;  ^jc^,  faire  lever,  B,  0, 
p.  418,  a  d'en  bas.  ^jAj  et  o^^  comme  ^b  et  ^o,  ob 
et  o^j,  sangloter,  JU  et  tun.  J^^,  demander,  v.  p.  850 

note,  Jj  et  ^j,  rugir,  Fischer  M  S  p.  220,  jLÎ  et  "l^, 
ini,  îovl  PP-  850  et  987.  Il  y  a  aussi  d'autres  verbes  qui  sont 
peut-être  des  variations  phonétiques,  ayant  un  sens  analogue 
de  {se)  remuer,  {se)  mouvoir.  1°  oL),  o,  dans  toute  l'Arabie 
et  les  dialectes  hadar  du  Levant,  se  mouvoir,  osciller, 
vaciller,  pendiller,  etc.  Arabica  V  Gloss.  s.  v.,  Çdr  Gloss. 
s.  V..  I.  Howeydir,  poète  des  sultans  Fadlî,  dit  dans  un 
zâmil  : 

4. 

>       + 


o  ^   o  ^ 


OjJJ   Li   :iv<|^   \j  ;j:^j   Ji"  'b^      UJ/   <«i|yi:J)    J,    l\j>o   Jc»;^-! 


1)  Babyl.  na'âdu,  être  élevé  et  élever^  Del.  Gr.  p.  237;  cf.  dans 
l'arabe  nriêrae  J'C  et  (_p!,  ^^  et  f^^,  Nold.  Fùnf  Mo'^all.  II 
pp.  41  et  73  et  beaucoup  d'autres,  v.  p.  704. 


1282 

Ahmed  ^)  est  au-dessus  de  tous  les  ChâfiHtes  (les  Arabes)  : 
Lorsqu'il  dit:  ,,Mouvez-vous,  hautes  montagnes!",  elles 

[se  meuvent. 

Lehyî^   yenûd,  ma  dent  canine  branle.  v>^  ur^^^'» 

la  petite  branche  bra?idille  =  ^j^j^.,  comme  LAIVp.441,3 

—  3  > 

d'en   bas.   (j^LaJJi  ^^  try^.  o^  ^-^^  ^^  oscille  de  sommeil, 

comme  LAI.  1.,  =  JoUjo  .o^  ^l^xj  j^,  il  a  sommeil, 

il   balaiice   la   tête,    Syrie.  —  o^,  mouvoir   doucement  = 

^jjij  .iL=>ôotJ'  L>^^  (^^,  ^6  médecin  meut  doucement  la 

pomme  d'Adam  pour  l'examiner.  Un  verset  delà  Sahgah 
porte  : 

(jôz  bënûd  te d ail  tënùd*kallifgôz  es-sur- 

éubbât. 

Une  paire  de  rubans  so7it  là  à  pendiller.  Fais  la 

dépense  d'une  paire  de  flocons  *).  —  o^jjs  =  o'j  =  ^JAj  : 
^^yojs^Jî  ^ysj,,  le  husn  braille,  comme  dans  un  tremblement 
de  terre  =  ^y^y-  i^i:>^t  ^.>^'j  la  planche  bouge,  branle  = 

o^'  et  ij^_y^ .  De  là  j>y,  vent.  ,j..^>Lw-o"  o^lj!,  le  vent  envoie 

des  zéphyrs,  des  souffles.  L'hébreu  a  Tù,  même  sens, 
Ges.-Buhl  H  W  B  s.  v.,  comme  aussi  son  synonyme  yii  ; 


1)  Le   sultan   Ahmed  b.  "Abd  Allah,  grand-père  du  sultan  actuel. 

2)  iùJi-ii,  =  (ji.^_xi,  Haurân,  Dalman  PD  p.  135,  ♦  d'en  bas,  pi. 
(jiA-u'jii,  le  flocon  ou  la  houppe  qui  est  attachée  au  bout  du  ruban, 
iAàj,  =  Syrie  Aj'ji^,    Eg.   i^'r^. 


1283 

l'arabe  dialectal  ^-^-«-j')>  secouer,  néohébr.  ViV^  Levy 
N  H  CH  W  B  III  p.  413.    ^^^^  ^s^ù^.  ^^li,  NN.  làsst  den 

Kopf  auf  und  niedergehen  R  0  p.  254,  3  d'en  bas. 
2°  (j^lj,  0,  =  o'ii  Hdr  Gloss.  s.  v..  (j*j-i->'  iUaiJt,  Varbre 

s'agite,  se  balance  par  le  vent,  vj^'  cr  Lry^-  o^-^*^'» 
l'homme  vacille  sur  les  jambes  à  cause  de  la  blessure. 
^J^y^_  qI-^',  un  homme  qui  se  dodeline^  ici  p.    91,   22. 

(j/.L*Ilt  ^^  Lry^-  à^j  lû'adl  dodeline  la  tête  de  sommeil, 

penche  le  corps  à  droite  et  à  gauche,  einnicken.  KajJîJî 

v_jL>^î  ^^  u-^>  ^^  V2ew:r  chancelle  de  fatigue.  o^(  ^î^j  '), 

iJ(Py>j  J.  (jy«^.,  Zes  boucles  des  Juifs  pendillent  sur  leurs 

figures.   De  là  le  nom   d'Abu  Nuwâs.  (j^,  transit.,  oyjt 

sLajiiî  (j*^",  Ze  vent  agite  les  arbres,  les  fait  balancer.  La 

lufah  connaît  le  même  sens,  I  Ginnî  K.  el-Murtaçab  éd. 
Prôbster  p.  12,  3  et  ss.,  LA  VIII  p.  131. 

De  là  l'intensif  ^vJ^,  il  fait  un  vent  faible^  des  zéphyrs 

V.  p.  1282.  ij^-L-vli  =  jL^jp,  vent  doux  et  faible,  souffle  de 

vent,  zéphyr,  Dt  et  partout  en  Arabie,  Socin  Diw.  Gl. 
s.v..'')  Un  nâ'il  de  'Iraq,  Meissner  MSOS  V  11  p.  128 
N°  10  [cf.  ibid.  p.  297:  leiser  Wind],  porte: 


1)   En   Syrie:    a]U>   ,<>Jt>o,    il  se  dodine;   5^***-*,    délicat   et  fiti, 
dorloté;  cf.  cLj,  pendiller,  et  j;iJ. 

2")  Sing.  «Jj^jj    ou    '^^j\    pour   ['*]  ,Lj;,    qu'on  dit  au  Yéman.  Est- 
ce  vraiment  le  môme  mot  grec  jLi;    do  t^miptovl 

3)  Syrie,  ^jy-  J.  (^-«J.^,   faire  qqc  avec  lenteur,  et  (ji;>J-CCOj  entrer 


1284 

EÉtâbe   minnak    wusal    gabàh    hawa-n- 

[nisnas^). 
Une  lettre  de  toi  est  arrivée;  un   doux  zéphyr  l'a 

[apportée. 
L  A   VIII  p.  IV,  7  a  :  sJ)  .L.  'iJ\.M^  &_w'_;lwJ  ^o^  ^^!^^'  i5j 

b  .L.  L^  >,:>J55  So!  •o-^A-.-Lw^  c^-v-'i.v^  ^"^3.  Socin ,  0  et  1. 1., 
compare  avec  raison  («^v*^.  Je  crois  que  ,j*où,  avoir  som- 
meil, est  un  dérivé  de  (_wlj,  comme  t_^wb  et  ^j-^j»,  fouler. 
Le  babyl.  nâsu,  trembler,  Del.  Gr.  p.  324,  est  en  même 
temps  le  class.  et  dialect.  (j/.'j,  0,  et  le  syriaque  ^aj",  irem- 
hler.,  et,  par  voie  directe,  le  dialectal  (ji-'j,  0. 

3°  tjili,  0,  secouer,  = /=,  est  courant  surtout  à  l'est  de 

Datînah.  ^^^^su^,  [[Tî*-^  =]  [«3^^  uJLxi'  iJ^'?  ^^   secoues  le 

jujubier  pour  que  le  fruit  (dôm)  tombe.  j;}j,  berûhren, 
Sachau  AVLM  p.  20  N°  1,  v.  2,  Meissner  M  AGI 
p.  145,  est  presque  le  sens  classique  du  verbe.  L'hébr. 
Di,  fuir,  est  plutôt  =  (jo'j  que  (^JJ,  v.  p.  1285.  jilù, 
viser,  pointer,  mirer,  de  l'Afrique  du  Nord,  Stumme 
TGr.  pp.  18,  182,  id.  T  T  B  L  v.  4,  227,  355,  est  natu- 
rellement dénominatif  de  ^L^,  comme  qL^o  a  donné 
lieu  à  p,to,  fumer '^).  Pour  les  autres  sens,  ainsi  que  pour 

^i,  voyez  le  Glossaire. 

en  convalescence^  aller  mieux  (malade),  cf.  '  Ja^  et  Ji<i;o.  En 
Datînah,  .jii>J>^io,i»e)Y/ir;  jji5Uxi>-o  [Jd^\,  la  terre  commence  à  verdir, 

et  aussi,  comme  en  Syrie,  entrer  en  convalescence. 

1)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire:  mètre  basît. 

2)  Cela  n'est  pourtant  que  spécieux,  et  le  cas  n'est  pas  tout  à  fait 
le  môme.  C'est  j^ar  plaisanterie  qu'on  dit  -:.'v3,  0,  fumer,  dans  toute 


1285 

4°  ijAj,  0.  Je  ne  le  connais  que  par  les  dictionnaires 
classiques,  Haifner  AL  p.  49,  Z  A  XXI  p.  383,  se  mou- 
voir, prendre  so?i  élan  ;  mais  ces  sens  coïncident  en  partie 
avec  ceux  des   verbes  précédents.  Une  fois  j'ai  entendu 


l'Arabie  du  Sud,   RO  §168,  pp.  120,  »■  205,  '*;  246,  '»,  et  Murâd 

p'3'^i  fumotter,  comme  lorsqu'on  lette.  Mais  ce  verbe  ne  veut  dire 
qu'avoir  le  vertige,  class.  et  dialect. ,  et  Vollers  a  tort  d'y  voir 
l'origine  de  q^->^,  Z  D  M  G  49  p.  507,  ce  qui  a  été  adopté  par 
Brockelmann  V  G  S  S  p.  76.  Le  Syrien  dit  également  par  plaisanterie 

qS>^,   fumer,   dénominatif  de  (^)Li»J,    Prov.   et  Dict.    Gloss.    s.   v.. 

Brockelmann,  o.  et  I.I.,  veut  que  q^>^  soit  dénominatif  de  q^^^. 
Par   cela,   ce   dernier   mot  n'est   pas  expliqué.  Vollers,  1.1  ,  y  voit  la 

forme  originale  ^Li-j^  >  qL^'^,  adoptée  par  Brockelm.  1.1.,  et  nous 

o    ? 

aurions    selon   eux:    jfî>->  >  Qb>»0  >  q1->'->  >  q>^?    pour    ne    pas 

parler  du  syrien  (j^io.  Mais  cette  étymologie  est  impossible,  d'après 
ce  que  je  viens  de  dire,  et  il  faut  chercher  ailleurs.  Le  mehri  a  end  oh, 

-     û    ^ 

fumée,  S  A  Exp.  VII  p.  62  §  5  ;  métathèse.  Le  'omânite  i33»50,  R  0 
p.   4   ■*   d'en   bas,   p.   250,   ',   être  hors  de  soi,  est  une  erreur  pour 

J^^ot,  qui  est  dans  le  Sud  =  avoir  le  vertige;  je  ne  crois  pas  que 
ce  verbe,  qui  est  pour    Jw>iAj,    soit  en  connexité  avec   ~'o  et  ry^j 

comme  le  pense  Vollers  o.  1.  p.  508.  q^'-^j  tabac,  turc  qXj",  a 
naturellement  amené  le  sens  plaisant  de    -iîiJ»,   fumer,  d'autant  plus 

que  le  tabac  donne  aux  Orientaux  la  sensation  d'un  i^^^O  de  bien- 
être.  On  ne  saurait  dire  que  ce  j^io  soit  un  vrai  dénominatif  de  Q^iO. 
Si  le  verbe  très  classique  (•r->^  est  un  développement  de  ^'^3,  cela 
échappe  à  mon  jugement,  mais  c'est  là  une  conséquence  de  l'étymo- 
logie  proposée  par  Vollers.  Ici  une  possibilité  linguistique  ne  suîHt  pas. 


1286 

un  qasîmite  dire:  'ja;^  ^J^  (jo'j,  et  il  le  paraphrasa  par 
IjAic  ^y,  .\j,  i,  ou  v>.P,  il  s'enfuit  de  chez  nous,  ce  qui 
est  aussi  classique;  cf.  Di  fuir,  p.  1284.  Il  se  peut  que, 
dans  certaines  acceptions,    (jo'j  ne  soit  qu'une   variation 

de  (jlj  et  v^-AjLJ,   V.    Hdr   Gloss.    s.  v..   Je   fais  observer 

qu'en   "Iraq,    (j-:iA>jtJ   est    bas,    niedrig,   Meissner  N  A  G I 

p.   144X^^oli,  id.   MSOS   VI   ii   p.    111  note  21;  sur 

^y>^j,  a,  voyez  ici  p.  1218  note. 

83,22:  eltaqèyn,  dallèyn,  ya'tarakèyn.  Le 
verbe  est  au  féminin  pluriel  lorsque  le  sujet  est  un  plu- 
riel ou  un  collectif,  êtres  vivants  ou  choses  mortes,  excepté 
lorsqu'il  désigne  des  personnes  mâles.  Cela  ne  se  limite 
pas  aux  noms  des  animaux,  comme  le  suppose  Wetz- 
stein  Z  D  M  G-  XXII  p.  142,  13  et  ss..  Es-sagâir  ma 
y  i  é  t  e  r  i  b  è  y  n  s  i',  Zes  cigarettes  ne  se  laissent  pas  fumer  = 

on  ne  peut  pas  les  fumer,   Dt.   ou^t  J,  (j-yLw  jLJî,  les 
chameaux  ont  suivi  la  route,  p.  891,  5  d'en  bas.  ^y:i:^\ 
{jJtbii  ^ ,  combie)i  coûtent  les  h.  d  construire? 
Dô'an  a  dit  dans  une  qasîdah: 

Les  chevaux  dont  nous  ne  délions  pas  les  bâts  sont 

[avec  flous, 
Et  qui  (les   chevaux)  07it  fermé  la  vallée  jusqu'au 

[bas  de  Matàn. 
Et  dans  une  autre  qasîdah  du  même  poète: 

^-M*S*)    La;^^   "^^V^       V^"  i^'-*>«*J'  J>~*j^[5  c>wLWt  y 


.  I 


1287 

0   comte   et   Allemands!   Nous   nous   sommes    bien 

[fatigué  pour  toi  ')  : 
Les  papiers  nous  ont  brise]  et  nous  avomj  cassé  les 

[plumes. 
Le  poète  se  sert  ici  de  la  forme  ,jUé,  qui  est  en  Dt 

toujours  eJ^j  cf.  Hdr  p.  22  en  haut.  Les  deux  se  trou- 
vent aussi   dans  le   Nord^).   L  Sîdah  XVI  p.  81,  n  dit: 

83,  23:   dalle  y  n.    On    serait  tenté  de  voir  en  J'j 

une  prononciation  pour  Jso  <  Jj2 ,  affaiblie  en  ^^^ , 
ainsi  qu'il  arrive  quelquefois,  comme  les  thèmes  jjii?,  ^o, 
Prov.  et  Dict.  Gl.  s.  v.  jjo,  *Jj>!,  j.'^o,  couleur  noire,  etc.; 

mais  ^JLo,  quelquefois  affaibli  en  |^Jj,  Gloss.   s.  v.,   et 

ensuite  (^Jo,  est  continuer,  durer,  tandis  que  notre  ^Jo 
est  commencer.  Ce  dernier  sens  est  du  reste  répandu 
chez  les  Bédouins  du  Nord.  El-Ehyâri  dalla  ihàddet 
ràb^uh  ûbgasîde  lu  h,  el-Hdydri  commença  à  réciter 

à   ses   contrihules   une   qasîdah  d  lui,  *^anazî.  ^Jr>^  ^^ 

xji>Ls4Li,  allons  commencer  la  causerie!  'anazî.  Dans  les 
deux  passages  expliqué  par  (j:Jo  et  ^cjyJ. 

Chez  Socin  Diwan,   il  y  a  deux  (ou  plutôt  trois)  ^_Jô 


i)  J'ignorais  complètement  que  le  célèbre  poète  avait  parlé  de 
moi.  C'est  lui  qui  a  réuni  le  recueil  de  poésies  populaires  que  je 
possède,  seul  profit  que  j'ai  tiré  du  traître  Moh.  Sàleh.  Celui-ci  em- 
pocha l'argent  que  je  lui  avais  donné  pour  DO'an.  Je  ne  l'ai  su 
qu'après  la  mort  du  poète. 

2)  (jUaiù  r^yj^.  i«J.>->L*J'  V-^i  (6")  CT^  O^^^  iUrL^Jî  uj^S 
^Anazî  en  expliquant  un  texte. 

85 


1288 

qu'il  confond.  N°  9  1.  1  :  ^^^<x;i..J  ^\3>  n'est  pas  J^x^.j  y:^  , 

comme  il  l'écrit,  mais  c'est  notre  ^j>,  commencer,  ce  qui 
ressort  aussi  clairement  du  contexte;  même  sens  ibid. 
p.  48,  i:  Jn.<u]'  ^5  ^I^aj  Jj>,  il  commença  à  couper  les  pal- 
miers; ibid.  p.  220:  -jAx>ao  ^^b,  il  commença  à  rôder; 
aussi  commencer  ibid.  N°  82  v.  4;  ibid.  N^  104  1.  2: 
j^,;^^>5i  L^i^uiaj  ^_^J,  dalla  yatiibhah  al-âs6i,  le  cui- 
sinier se  mit  à  la  cuire.  Je  crois  que  le  ^J^J>  des  textes 
de  Socin  doit,  dans  la  plupart  des  passages,  être  traduit 
par  commencer.   Mais  comme  t_p  est  souvent  affaibli  en 

3  qui  devient  ensuite  ù,  je  ne  nie  pas  que  ^Jjo,  pour 
J!^  =  class.  et  syr.  J.^  =  Egypte  y:ci^  n'ait  pu  souvent 
devenir  Jj>  et  Jc>.  Cette  transition  affaiblie,  je  l'ai  con- 
statée dans  le  Sud  plus  d'une  fois.  Est-ce  pour  ^^ ,  v. 
Gloss.  s.  v.. 

L'autre  ^Jiù  correspond  au  verbe  classique.  ^G,  faire 
descendre^  v.  Glossaire,  Littmann  N  A  V  P  p.  62  N°  19 
et  note.  ^c*^x^  •^C)],  mon  testicule  est   tombé  =  dégonflé 

Dti.  Une  interjection  fort  usitée  dans  tout  le  Sud,  y  com- 
pris le  Yéman,   mais  non  en  "Oman,  est  dala,  dala, 

"io  'io,  cbucement,  lentement.  C'est  le  classique  Jij> .  Liîj 
L.<J^o-  "^tJj!  t^c^'  (ragaz)  pendaiit  que  moi,  je  traîne  un 
pas  chancelant  autour  de  toi,  Kamil  Mubarr.  p.  347,  lo, 
LA   XIII  p.   248  (avec  ^J^Sl\)^,  cf.  ^amâsah  p.  458,  ii 

et  p.  648,  13,  où  ^.^^\3  est  =  io^-is^!  ^^J:^  et  JtJ,  trottiner, 
L  A  s.v.  ;  on  ne  connaissait  donc  pas  bien  le  sens  de  ce  verbe. 


1289 

83,  29 :  t à u w a  =  84,  6:  tàuwi  haragt,  je  suis 
alors  sorti.  J'ai  déjà  traité  de  cette  particule  dans  Hdr 
p.  321,  où  l'on  trouvera  beaucoup  d'exemples.  Elle  est 
employée  dans  tous  les  dialectes  arabes,  soit  seul,  soit 
avec  les  suffixes.  Le  sens  le  plus  général  est  à  présent^ 
aussi  tout  de  suite,  en  Hdr,  Dt  et  ""Oman,  et  tout  droit 

chez  les   Awâliq.  ^iJp'  ui-^!,  marche  vite  tout  droit  devant 

toi,  ""Aul.,  ou  iiU=>5  jJï  =  Haramâmî  lil^jJ. 

Dans  l'Arabie  du  Sud:  Tàuwi  gît,  à  présent  je  suis 
venu,  je  viens  d'arriver ,  mais  je  suis  venu  tout  de  suite 
en  Dt.  En  ''Oman,  on  dit  ici:  tàuni  wsilt,  R0§§  225, 
258.  lié  kem  ssôV  tau,  à  combien  [est  monté]  à  pré- 
sent le  prix?  RO  p.  92,  9  d'en  bas.  Aussi  prononcé  tô 
en  'Oman :  Auwel  kân  rahîs  lâkin  tô  râli,  d'abord 
c'était  bon  marché,  mais  à  présent  c'est  cher ,  Rôssler 
M  S  0  S  I  p.  62, 2.  W  u  t  ô  "a  g  e  b  ma  se  Vi  d  r  u  m  m  â  n, 
et  à  présent  il  n'y  a  donc  pas  de  grenades,  ibid.  1.  6. 
Sàr  râli  tô  mutharrak  qîmetu,  il  est  cher  à  pré- 
sent, son  prix  varie,  ibid.  p.  63,  12.  Hâdar-reggâl  tô 
qatalnâh,  cet  homme,  nous  l'avons  à  présent  tué,  ibid. 
p.  65,  6  d'en  bas.  Hàda  Ijasîm  min  ahl  Nahal  wa 
ma  anilqâh^)  rêr  tô,  celui-ci  est  un  ennemi  des  habi- 
tants de  N.,  et  nous  ne  le  trouverons  pas  une  autre  fois, 
ibid.  p.  64,  3.  Winte  min  berèt  sîr  tô,  min  bepèt 


1)  Cet  a  devant  l'imparfait  est  futural.  On  le  rencontre  presque 
à  chaque  page  dans  le  texte  de  ROssler  et  quelquefois  aussi  dans 
celui  de  Brode.  Reinhardt  n'en  parle  pas  du  tout.  C'est  une  parti- 
cularité du  dialecte  'omânais.  R.  dit  que  le  Ij  futural  est  rare  en 
'omânais,  ce  qui  n'est  pas  vrai,  car  il  se  trouve  très  souvent  dans 
les  doux  textes,  comme  ici  p.  1290,  '2. 


1290 

sîr  rêr  tô,  et  toi,  si  tu  veux,  vas-y  d  présent,  et  si  tu 
veux,   vas-y  une  autre  fois.   ibid.  III  p.  36,  m  d'en  bas. 

yj"  ^  s:>-\yxjj>,  nous  nous  rencontrerons   une  autre  fois, 

RO  §329,  littéral,  autre  qu'à  présent.  Qiltlahii  tô 
ma  ée  'âd  yebâ'^  suhhâm,  tô  sitt  sâ'ât  dduhr, 
je  lui  dis:  d  présent  on  ne  vend  plus  de  charbon,  à  pré- 
sent il  est  six  heures  {midi),  ibid.  III  p.  24,  7  et  ss.. 
Nnâs  yebî^u  s  suhhâm  min  teiate  sâ^ât  wunte 
tôwak  gâ'i  ""âd  sitt  sâ'^ât,  on  vend  le  charbon  depuis 
trois  heures  (=  9  h.),  et  toi,  tu  viens  d  présent  ici  (d'ar- 
river): il  est  déjà  six  heures  {midi),  ibid.  1.  14  et  ss.. 
Ma  nàglis  ba  ntawar  tau,  nous  ne  resterons  pas, 
nous  allons  nous  lever  tout  de  suite,  Brode,  M  S  0  S  V 
II  p.   6,  G. 

En  Hdr  et  en  Dt  :_o'  dV-^^li',  tu  dis  juste,  =  ^jsv«  et  le  turco- 

arabe  ^J^,  qui   est,   comme  le  _^"  classique,  tout  droit; 

tout  de  suite  =  ^\^,  aussi  avec  les  suffixes  :  éy,  fais  vite, 
tout  de  suite,  H(Jr  p.  321. 

Dans  le  Nord:  Socin  Diw.  Gloss.  s.  v. ;  ici  p.  314,  12. 
Kiinna  riyâb  utàuwena  hadàrna,  nous  étions  ab- 
sents,   et   voici   que   nous  sommes  présents,  récit  "anazî. 

]y  iJL>jJî  (Jj:  Ujc»,  uoiis  sommcs  entrés  tout  de  suite  à  ez- 
Zahleh,  récit  Çaurân.  Hartmann  rapporte  ZDMG  51, 
une  poésie  haurânienne ^)  où,  p.  185,  il  y  a  ce  verset: 


1)  Toute  cette  poésie  est  aussi  mal  notée  que  fautivement  voyeliée, 
parce  que  Wetzstein,  peu  versé  en  fait  de  mètres,  ne  faisait  pas 
chanter  les  poésies  qu'il  recueillait.  Hartmann  l'a  rapportée  telle 
quelle,  .le  l'ai  voyeliée  selon  le  chant,  car  je  la  possède  aussi.    J^>:-U 

n'est  pas  précisément  au  lieu  de  (J«a4-«,  comme  le  dit  W.,  car  le  verbe 

est    ^^,    remijlir,  et  (J^*,  se  remplir,  en  Syrie  et  môme  en  Ne^d. 


1291 


Ô  Malheur!  mo7i  malheur  [est]  dans  sa  main! 
Vois  les  bracelets  à  sa  main! 
Un  jour  je  lui  saisis  le  petit  nichon  : 
Pour  le  moment,  il  n'était  pas  encore  plein. 
Pour  l'Egypte,   outre  les  exemples  déjà  donnés  E[dr 
p.   321,  je  citerai  encore   les  suivants  de  Fleischer  Kl. 

Schriften   II   p.  489:   ^i  ^j^',  il  vient  de  passer.   iCcLJI 

+ 
jw^ii  ciAJfo  [^jj,  trois  heures  viennent  de  sonner.   Jj  Ly, 

il  vient  de  s'endormir.  Vollers,  Lehrbuch  p.  87,  dit:  „tau, 
tawi,  gerade,  eben^  mit  folgenden  Part.,  z.  B.  ane  tau 
gê'i,  ich  homme  in  diesem  Augenblick."  Mais  il  n'est  pas 
suivi  rien  que  d'un  participe  ;  cf.  le  même  Z  D  M  G  30 
p.  332. 

En  Tripoli  et  en  Tunisie,  \Ji,  à  présent,  Stumme  T  Gr. 
p.  162,  id.  TTBL  Gloss.  s.  v.;  Marçais,  Gramm.  p.  183 
note   2,   ne  l'a  constaté  dans  l'Oranais  que  dans  le  mot 

dâk  et-tû  =  (j-.^Jî  lij'i,  a/ors,  =  Dt  (jvH  ^ilJ■,  tout  de  suite. 

Il  ne  paraît  pas  être  courant  en  Algérie  sans  les  suffixes  ; 

id.   RMTA   \).   421.  Le  ^!  \^'S  de  Stumme  TTBL  est 

1^'  ;  il   le   traduit   v.   662   par   bald  et   v.  794,  par  jetzt. 

Hartmann  LLW  p.  171,  i:  JlaIsJ!  Csj^  [^  ^]\-  L*,  il  (le 
pantalon)  est  encore  pour  le  moment  chez  le  tailleur. 


^i>>ljt   peut  venir  de  J^a»'    d'où  l'on  aura  ensuite  fait  le  transit.   (JJ 

et    (Jj",    Hdr.    Gloss.   s.   v.   (p.  2.")4  lisez    Jo"    pour   ^J-*),    comme  Ta 
très  bien  expliqué  Socin  Diw.  III  p.  149. 


1292 

Si  nous  ouvrons  I.  Sîdah  XVI  p.  31  et  s.,  L  A  et 
Lane,  nous  voyons  que  [^  a,  dans  la  lurah,  une  tout 
autre  signification  :  directement,  satis  s'arrêter,  seul,  une 
seule  fois.  Cependant,  c'est  le  même  mot.  Si  les  para- 
digmes classiques  avec  leurs  voyelles  ont  une  fois  été 
le  trait  caractéristique  de  la  langue  parlée,  on  ne  saurait 
dire  que  le  vocabulaire  classique,  tel  qu'il  figure  dans 
nos  dictionnaires  indigènes,  ait  été  en  un  temps  com- 
mun à  tous  les  Arabes.  Le  ^  de  ces  dictionnaires  ne 
représente  qu'un  seul  courant  sémasiologique,  tandis  que 
le  jj  des  dialectes  suit  une  autre  direction  dont  le  point 
de  départ  est  sans  doute  le  même.  Voilà  tout  ce  que  je 
peux  dire  concernant  ce  mot,  car  le  léger  soupçon  que 

y>"  pourrait  être  pour  jl»,  Hdr  Gloss.  p.  648,  n'est  qu'un  — 
soupçon. 

84,6:   sir   merûwah  =  „.-<  ^;  sur  sîr,   vovez 

Hdr  p.   519  sub  ',   et  sur  merùwah,  ici  p.  346  et  s., 
ma   brochure  die  Mehrisprache  p.   7.  De  même  85,  14: 

sîr  =  ^*-J;  85,  24:   mùt  =  o^^'  et  85,  18:  rûwah=: 

84,10:  gâ't  tibki  (^pCo- Ac-j  =  1.  15  Dt:  galis 
tibki.  Jsjti  ne  fait  pas  partie  du  vocabulaire  du  Sud; 
il  y  est  remplacé  par  ^JJl>.  Mais  en  Çdr,  dans  le  monde 
lettré  seulement,  et  surtout  dans  le  Nord,  Joe  est  très 
employé.  Les  deux  verbes,  avec  un  imparfait  suivant, 
ont  la  même  force  que  le  syrien  et  le  negdite  J-^,  le 

syr.   ,«ji,  et  l'égypt.   ^  devant  l'imparfait,   être  en  train 
de  faire  qqc.  v_>jc^î  ij«-'l>,  Je  suis  en  train  d'écrire,  Dt 


1293 

et  M  S  0  S  III  p.  36,  =  Béd.  de  Syrie  ^^\  J^i.  Nous 
lisons  dans  le  Diw.  des  Hoijeyl.  éd.  Wellh.  N°  178  d.l.: 
vi^J  ^c^  (j^  .'lXJ  Lb-  v-^t^^  ''>^hi  €i  (^'  Testa  en  qualité 
de  protégé  d'une  famille  des  B.  L..  Qor.  VI,  67:  ^^m:^  % 
yULL!!  |.yiiî  *x  ijii'Ju!  lX*j,  et  ne   restez  pas,   après   que 

tu  t'en  ressouvie7idras,  avec  les  gens  injustes.  Dans  les 
deux  passages  <A*ï  a  le  sens  de  rester. 

84,  13:  lammal-leyl  v.  ici  p.  469. 

84,  9:  as  bîk  =  84,  15:  es  bik.  Nous  constatons  ici 
la  primordialité  du  dialecte  datînois.  Le  syrien  aurait  dit 
es  fîk.  Fîh  86,  17  se  dirait  boh  chez  les  Bédouins  du 
Nord.  Cet  emploi  de  J,  et  >-j,  me  fournit  l'occasion  de 
parler  de  \as  (Lo),  il  y  a  {il  n'y  a  pas),  usité  dans  tous 

les  dialectes  hadar,  mais  non  dans  le  Sud  et  chez  les 
Bédouins  du  Nord.  Je  vais  compléter  ce  que  j'ai  déjà  dit 
précédemment.  Dans  le  Sud,  on  l'exprime  par^VLc  ou  ^ 
avec  les  suffixes,  comme  dans  la  lurah,  ou  bien  on  se 
sert  de  ^_^,  ainsi  que  je  l'ai  exposé  Hdr  Gloss.  p.  628. 

éî'  n'est  pas  ici  inclitique,  comme  en  Afrique,  Fischer 
MS  p.  211,  Stumme  MGT  §203,  id.  TGr.  §186 a,  Mar- 

çais  Gr.   p.    190').   Les  Bédouins  du  Nord  disent  ici  w, 

il  2/  a,  *^  Lo,  ma  boh,  ou  ^^y  \j  L,  ma  boh  lôn  il  n'y 

a  pas;   v-^'  -Lo  éJsj^y,  as-tu    de  l'eau  que  j'en  boive? 

^anazî.  Cela  est  confirmé  par  Wetzstein,  Z  D  M  G  XXII 
p.  147  et  note,  et  par  Sachau  AVLM  p.  33,  oi^i  bû 
et   bî  pour  w  et  w.  Le   Bédouin   du   Nord  dit  ^L  aj  U, 


1)  Où  ils  i)arlent  de   si   intenogatif,  luais  le  cas  est  le  iiiome. 


1294 

il  n'y  a  pas  d'eau,  et  celui  du  Sud,  i'-o  ^  U»,  tandis  que 

le  hiK^arî  nous  régale  de  son  ma  fî(h)  moy  et  ma  fîé 
ou  ma  fi  h  s,  Arabica  I  p.  73.  Nous  retrouvons  le  même 
emploi  en  éthiop.,  où  fl  bô,  il  y  a,  b.  fait  la  même  évo- 
lution morphologique  et  sémasiologique  que  le  bû  méso- 
potamien.  L'éthiop.  bô  tabîb^),  il  y  a  un  sage,  corres- 
pond donc  à  l'arabe  dialectal  bèti  ou  bû  tabîb,  il  y  a 
un  médecin,  et  l'éthiop.  albô,  à  ma  boh,  ma  bû.  L'as- 
syrien avait  donné  l'exemple,  et  b  a  s  û,  êlre,  exister,  est  = 
Ki,  selon    Zimmern    VGSS   p.    186,   ce  qui,   avant  lui, 

avait  déjà  été  avancé  par  Delitzsch  Wo  lag  etc.  p.  166 
et  par  Trombetti').  Voyez  Ges.-Buhl  HWB  s.  v.  mn  IL 
Les  locutions  bédouines  w  et  hadarî  fîh  sont  donc 
d'une  antiquité  vénérable.  On  sait  que  la  langue  litté- 
raire n'exprime   pas  il  y  a,   et  s'il  le  faut  absolument, 

elle  a  recours  à  iA>^,  qui  est  exactement  le  suédois  det 
finnes. 

85,  1  :  s  b  à  h  n  i  =  85,  9  :  b  a  s  à  r  n  i.  ^^  est,  en  Tri- 
polie,  le  verbe  ordinaire  pour  voir,  Stumme  M  G  T  Gl. 
s.  V.,  aussi  courant  en  Tunisie,  id.  T  T  B  L  Gloss.  s.  v., 
Hartmann  L  L  W  pp.  134  et  182,  c.  Mais  ce  sens  est 
inconnu  dans  la  vallée  du  Nil,  de  même  que  dans  toute 
l'Arabie,  excepté  au  pays  des  Bâ  Kâzim,  chez  les  tribus 
des  (jûwân  et,  plus  rarement,  en  Datînah.  Dans  ces 
contrées-ci,  a^,  a,  est  regarder  [surtout  d'en  haut], 
surveiller,   nachsehen,   Hdr   p.   640.  ^Jic  ^^,  surveiller 


i)  Etbû  tabîba  (accus.),  ce  qui  est  l'allemand  es  giebteinen 
Weisen  (accus.).  Praetorius  Ath.  Gr.  p.  13G. 

2)  Indogerm.  und  Semit.  Forschiingen,  Hologna  1897,  p.  Gl.  Je 
vois  à  présent  que  Brockelmann  VGSS  p.  495  est  aussi  de  cet  avis. 


1295 


ou  ^Jlc  H?-^  ,^,«,  où  ^-^-ci;  est  substantif,  est  un  idiotisme 
de  Dt  et  du  pays  des  *^Awâliq,  sortir  le  matin  pour  in- 
specter le  bétail  pour   voir   s'il   y   a  du   danger.  -^  L. 

^jù^î  ^^JLc  ..^4^,  nous  allons  sortir  ce  matin  inspecter  ou 
surveiller  le  bétail.  C'est  le  propriétaire  qui  fait  cela.  Mais 
il  y  a  encore  un  autre  sens  :  faire  un  ^y-io,  une  barrière 
en  bois  dans  la  zarîbah  pour  séparer  les  différents 
genres  de  bétail,  et  aussi  barrière,  fermeture  en  général. 

jjjtj]  j^JLc  ^-slisj  Li,  nous  allons  faire  une  barrière  pour  le 
menu  bétail  z=.  ^^^  ^Jj^  =  ^^  ^.\\,  (part.  V;j^-)  En  met- 
tant du  zarb  on  fait  le  sabali.  "^  c>^^'  ,M  ,m.-;sa1;^ 
L;,*IJ>  Qy^i  Jes^JJî  vjso  Jî^a  .Ls^j^.  (làhed)  J^^ll\  jy 
^«JL^.  ,^-^'  Qi^^J3  jt-^?^^^  ij;J^-  <^^  /«^^'^  wwe  clôture  sur 

le  défunt,  lorsqu'il  est  dans  la  tombe,  avec  de  longues 
pierres  sur  la  tombe,  et  Von  met  du  gâchis  sur  les  pier- 
res et  on  en  bouche  les  trous  avec  du  gâchis,  Dt.  Hart- 
mann donne  L  L  W  p.  36,  d'après  Zarlûl:  ^Ji^  k^^ 
UJlc  \l2j^  jTJtj  3j.5^,  oià  notre  verbe  serait  synonyme  de 
iaj^,  lier.  Le  verset  de  Socin  Diw.  II  69  v.  10  est  ainsi 
conçu  (récité)  dans  mon  recueil: 


1)  Socin:    J^,  =  ^,  voyez  ici  p.  82G,  note  3. 

2)  Chanté  ràmdan. 

3)  =  "^j^  G  0. 

4)  iijjju  G  0.  Socin  n'a  pas  traduit  le  dernier  hémistiche. 


1296 

Elle  ne  se  plaint  pas  d'ophtalmie,   et  elle  n'a  pas 

[non  plus  un  fétu  à  l'œil. 

C'est  cela!  et  elle  n'est  pas  louche,   et  elle  7i'a  x)as 

[non  plus  les  yeux  de  travers. 

On  voit  donc  que  ce  verbe  a  un  double  sens,  mais  je 
ne  crois  pas  que  l'un  dérive  de  l'autre,  ainsi  qu'on  le 
verra  tout  à  l'heure.  Dans  la  lurah,  il  y  a  quelques  sens 

qui   rappellent  ces  deux  :  1°.  LJ  ^^  =  Lu  JJU),  L  A  III 

p.   324  en  bas  =  Bédouin  du  Nord  UJ  î^j,  et  ..i^,  L  A 

III  p.   324  en  bas,   qui  correspond  au  nordarabique  J^j, 

o^  ou  »j>|^  ;  le  class.  .^^  ^X  J^,  Lane,  est  =  J^^  ^  -^ 
Béd.  du  Nord;  il  me  paraît  parent  de  *^?  Ahtal  2,  2: 

^f>»i  j.^  ^l  f^  Uj  Ui,  et  il  n'y  a  la  aucun  corps,  si 

ce  7i'est  des  arbustes  de  silâm  et  de  harmal,  HafifnerAL 
p.    168  avec  des  exemples.   2°.   Etendre  et  particulière- 

ment  o'JjÎ  (J^J  «Jo*  l\L?J!  ,^^^,  il  tendit  la  peau  entre  les 
pieux  (il  n'est  pas  dit  de  quelle  façon),  Qâm..  L  A  a  ^^  = 
\^\  3^  en  général.  On  pourra  ici  prendre  en  considéra- 
tion le  sens  de  ^%x^,  haute  porte  =  synonyme  de  ,iy-ii, 
d'après  le  Qâmoùs,  mais  L  A  a  seul  la  dernière  forme, 
III  p.  127  en  bas,  qu'il  dit  être  hodeylite.  Nous  la  trou- 
vons effectivement  Diw.  Hod.  Wellh.  N°  280,  v.  14,  où 
Barth,  Z  D  M  G  39  p.  164,  veut  ainsi  lire  au  lieu  de  ^^, 
mais  où  son  „Oberthûr"  me  paraît  erroné  comme  tra- 
duction de  l'explication  ^UJ!  ur^^-*^'  v^''  ^^s  dictionnaires. 

Le  sudarabique  ,^^,  barrière,  pourrait  bien  être  le  même 
mot,  avec  une  application  sémasiologique  nuancée. 


1297 

tfJ^,  cible,  en  'Oman,  RO  p.  158,  9,  p.  22é,  3  d'en 
bas  (où  x^  est  une  erreur).  Ce  mot  peut  appartenir  aux 
deux  sens  susmentionnés:  à  ^^,  barrière,  ou  à  ^js^xi, 
voir;  cf.  viser,  zielen.  Il  faudrait  demander  aux  ""Omâ- 
nites.  -,Lçci^,  Spanne,  R,  0  p.  320,  12,  rappelle  singulière- 
ment  le  sens  du  verbe  synonyme  yj^,  0.  Ce  dernier  verbe 

signifie  aussi  voir^  =yLj.  Il  appartient  surtout  aux  dia- 
lectes des  ""Awdillah  et  des  'Awâliq,  supérieurs  et  infé- 
rieurs. Aussi  en  mehri  sâbûr,  Jahn  M  S  p.  52,  o  et 
ma  note  dans  ma  brochure  critique  M  S  p.  18.  Mais  Jahn 
l'enregistre  sous  âyber,  p.  161,  le  croyant  une  forme 
Jytii:  de  a  y  b  e  r  =  ^.^  et  le  traduit  par  regarder  par 

la  fenêtre,  parce  qu'on  lui  avait  dit  que  l'arabe  Oj^' 
voulait  dire  cela,  mais  comparez  ma  brochure  M  S  1. 1.. 
C'est  ainsi  qu'il  faut  corriger  Jahn  à  chaque  pas.  En 
Algérie,  ^r*-^,  se  tourner  vers  quelqu'un,  Beaussier,  ce 
qui  n'est  qu'une  autre  application  locale  du  sens  pri- 
maire. Avant  d'aller  plus  loin,  je  fais  observer  que  dans 
la  lurah,  yJ>  est  regarder  attentivement,  L  A  V  p.  388, 3 
d'en  bas,  Diw.  Hod.  N°  III  v.  7.  En  babyl.  sabrû, 
Haupt  Beitr.  z.  Assyr.  I  p.  160,  Del.  H  W  B  p.  183, 
ou  bârû,  Del.  0. 1.  p.  639,  KAT  pp.  589  et  note,  606, 
est  Wahrsagepriester^  Seher,  inspecteur,  divin,  magicien. 
Mais  les  Assyriologues  prétendent  que  le  verbe  s  u  b  r  ù 
est  un  ^jtà^  de  barû,  voir,  inspecter,  Del.  Gr.  p.  237. 
D'après  moi,  il  reste  encore  à  examiner  si  les  substantifs 
bârû  et  éabrù  sont  du  même  thème,  ou  bien  si  l'on 
peut  identifier  le  dernier  mot  avec  l'arabe  dialectal  y^, 
voir.  Hommel,  G  G  G  p.  131,  veut  que  sabrû  soit  em- 
prunté de  l'arabe  d'alors,  mais  comme  il  le  compare  avec 


1298 

D^?2ïï>  ''IDm  ')  de  Jés.  47,  is,  déjà  avancé  par  Zimmern 
Beitrâge  z.  Kenntn.  d.  bab.  Religion  p.  82,  note  8,  je 
suppose  qu'il  le  considère  aussi  comme  un  Ajtà^.  Cette 
forme  a  bien  laissé  pas  mal  de  traces  en  arabe,  mais  ce 
n'est  pas  une  forme  purement  arabe;  il  est  vrai  qu'elle 
a  pu  être  commune  à  l'époque  où  Hommel  veut  que  cet 
emprunt  ait  eu  lieu.  Sabrû  paraît  assez  isolé  dans  le 
dictionnaire  babylonien,  et  cela  donne  à  penser. 
De    même   que  ^yi,   i,   est  regarder  d'en  haut,  RO 

p.    145,  =  J^  jlL  Hdr  Gl.   s.  v.,   Stumme   T  Gr.  p.  16, 

où  l'idée  primordiale  est  être  haut,  de  même  ws^,  ren- 
fermant la  même  idée,  Hdr  Gloss.  s.  v.  *),  est  regarder 
d'en  haut,  ibid..  En  Tripol.  et  en  Tunisie,  c'est  aussi 
regarder,  Stumme  T  T  B  L  Gl.  s.  v..  Hartmann  L  L  AV 
ne  l'a  pas  su,  puisque  p.  62  il  dit:  „Das  sebbet  ist 
wahrscheinlich  eine  Verstùmmelung  von  éabahat  oder 
von   mir  dafùr  verhôrt,   wenn   nicht  Chamîs'  Erklârung 

zu  verwerfen  und  an  das  bekannte  ^^.^  zu  denken  ist: 
wenn  er  ausgewachsen  ist."  Tout  cela  prouve  avec  quel 
bagage  scientifique  le  célèbre  professeur  est  allé  dans  le 
désert  Lybique.   Dans  le  même  ouvrage  p.  111,  il  com- 


1)  Il    est  curieux  que  le  babyl.  basa  ru  (hébr.  IKD),  couper,  soit 
à   l'arabe  jxaJ,    voù\    comme  l'hébreu    HID    décider,  choisir,  et   le 

babyl.  barû,  voir,  décider,  à  l'arabe  ijîrJ,  couper.  Cf.  aussi  (jiaj 
et  y^- 

2)  Le   mehri   a   également  les  deux  verbes  sôbb,  lever  les  pieds 

de  devant  et  sauter  (cheval),  ce  qui  est  v*-^;  ^t  sebù,  vire  élevé, 
ce  qui  est  l'arabe  L>-ii,  Jahn  M  S  Gloss.  s.  v.  ;  H(Jr  Gloss.  s.  v.. 
j*^    en  est  un  développement,  comme   -c.    et  j**.    (v.  les  dict.). 


1299 
met  la   même  erreur;   p.  103,  -20  il  y  a  (v.  12):  L-ii  ^^ 

_o  *uà  qu'il  croit  ètre=:_LLjî  *^3  ^^yJJx,  i^^S»  P*  m» 
malgré  l'explication  de  son  homme:  iza  kàn  bassit 
hiye  ya^ni  éebbet  tâh,  et  il  traduit,  p.  111:  „Z)e?*, 
den  sie  anfunkeln,  sinkt  hm."  Mais  la  phrase  signifie: 
lorsqu'elle  le  regarde,  il  tombe,  011  l'homme  veut  dire  que 

(j^  est  synonyme  de  >-^A  Ce  que  H.  y  ajoute  est  carac- 
téristique: „das  sebban  kann  hier  wohl  Vertreter  von 
sebhan    sein;    doch    ist    dièse   Annahme   nicht   nôtig, 

wenn  man  an  ^Ui(  c>^>-ci  denkt."  Or,  ^yJ^  provient  de 
lui,  et  il  le  croit  être  une  „déformation"  de  ^^^,  verbe 

qui  lui  était  connu  ').  Et  comment  veut-il  concilier  ^^, 
pluriel  fém.,  avec  (^3Jt.  Cependant,   en   avançant  dans 

son  travail,  il  a  dû  se  persuader  que  v*-^  ®st  vraiment 
regarder,  car  p.  144  on  le  lui  explique  clairement  par 
o^,    iii  et   ,;=>,  et  il   constate  que  le  .UJ!   c;^    qu'il 

avait  proposé  auparavant,  p.  111,  „était  tout  à  fait  in- 
connu à  ces  gens."  Aussi  p.  185,  u  traduit-il  sebb 
fi  1  g  a  m  a  r  y  i  h  i  s  b  e  n  â  r  correctement  par  :  Er  sah  auf 
den  Moud  und  hielt  ihn  fur  ein  Zeltfeuer. 

Nous  avons  donc  les  trois  thèmes  ^ui,  ^  et  ^^, 
qui  tous,  dans  des  contrées  différentes,  signifient  voir. 
J'ai  exposé   Hdr  p.    124   et  s.   et  p.  136  et  s.,  le  sens 


d)  Ce  livre  est  un  tel  avorton,  qne  je  ne  puis  assez  mettre  les 
jeunes  arabisants  sur  leurs  gardes  contre  lui.  Hartmann  a  publié 
son  brouillon,  que  nous  autres,  membres  do  la  D  M  G,  avons  l'ait 
imprimer  à  nos  frais!  J'espère  que  cette  dilapidation  de  notre  argent 
n'aura  plus  lieu  sous  l'intelligente  direction  actuelle. 


1300 

primaire  de  i^  et  de  ses  dérivés,  être  haut,  monter^). 
Pourra-t-on  considérer  ^  et  .^^-^  comme  développements 

de  1^,  à  l'instar  de  yj^  et  .x^j  et  d'autres,  ici  p.  316 
et  s.?  En  hébr.  biblique  "i2*^  est  bien  exammer,  et  en 
néo-hébr.,  être  d'avis,  espérer  =  syr.  ^,:c,  credidit,  spe- 
ravit,  comme  en  mandéen.  Il  correspond  linguistiquement 
mieux  à  l'arabe  ^  qu'à  .j^.  Je  ne  crois  donc  pas  que 

notre    ^  dialectal  puisse  être  un   dénominatif  de  ^, 

[comme  le  français  toiser  quelqu'un  =  le  regarder  atten- 
tivement*)], et  je  suis  d'avis,  sauf  de  nouvelles  recher- 
ches, que  12*^  et  -»^  sont  de  provenance  identique,  avec 
des  significations  nuancées,  selon  la  BegriffsentwicUung 
dans  les  deux  milieux.  On  dira  peut-être  que  ^  est  le 
éafal  babyl.,  resté  à  travers  les  temps,  comme  sou- 
venir de  l'ancien  éabrû,  espèce  d'itispedor,  mais  les 
éafal  arabes  sont  quadrilitères.  L'on  ne  saurait  pas  non 
plus  penser  à  un  développement  en  s  initial  de  y,  comme 

j>  et  ^j::.,  ronfler. 

En  Datînah,  il  y  a  encore  le  verbe  .s:^,  fixer  qqn 
ou  qqc  du  regard  et  de  près,  regarder  fixement.  C'est 
à  peu  près,  comme  sens,  le  nordarabique  bédouin  ^, 
le  'omânais  vjfj,  M  SOS  III  p.  17,  c  d'en  bas.  Je  ne 
sais  d'où  vient  ce  verbe,  si  ce  n'est  le  >îi  du  class. 
s'i  ^"-ii,  il  ouvrit  la  bouche,   que  I  Doreyd  croyait  être 

i)  ..^^  =  ,«„  Diw.  Lebîd  éd.  Hâlidî  p.  68  1.  7.  rfitvJL?  c:^uu^  j!, 
je  suis  monté  sur  ce  toit,  Socin  Diw.  n°.  49.  v.  G  et  note  c. 

2)  =  class.    v.yj,    I.  Sa'd  IV  t  p.  164,  '<>. 


1301 

yémanite,  L  A  VI  p.  65,  quelque  chose  comme  regarder 
la  bouche  bée.  Peut-être  est-il  parent  de  l'hébreu  FT't:', 
réfléchir.  Dans  le  Haurân,  j'ai  entendu  l'impératif  s  ah  h, 
avec  deux  h,  regarde]  =:è fa,  ici  p.  488.  Cela  ne  peut 
être  pour  iqsàhhu  <  iq  sa'hu  >iqsa'^u,  p.   500,  mais 

tout  au  plus  de  _^,  ma  La  Langue  arabe,  p.  63.  Qui 

sait  s'il  n'y  a  pas  eu  un  verbe  .i^,  voir,  variation  pho- 
nétique de  ^ytXi,   p.   499,   assyr.   HN'^,   Del.   Gr.  p.  301, 

et  dont  ce  ,^u;  serait  un  développement?  ^^  pourrait 
alors  être  une  contamination  de  v^  Gt  de  ^.  ^\  iJjy. 

85,  24:  beyt  mût  =  beyt  amût.  Sur  ba  futural, 
j'ai  assez  parlé  dans  Hdr  p.  745  et  ss..  Nous  avons  ici 
la  forme  pleine  du  verbe,  dont  j'ai  donné  la  conjugaison 
Arabica  III  p.  104  et  s.,  v.  Hdr  Gl.  p.  519  et  s..  Il  y 
a  une  dififérence  entre  (a)na  beyt  mût  et  ana  bâ- 
m  û  t,  le  premier  est  /allais  mourir  et  le  second,  je  vais 
mourir.  Mais  à  l'instar  de  tous  les  verba  cordis,  ov^ 
peut  aussi,  comme  parfait,  avoir  le  sens  de  l'imparfait, 
du  moins  pour  nous  :  n  a  beyt  h  ô  r  r,  ^e  veux  être  libre 

Dt.  &ii.isi^  Js^l  \:^^,  j'ai  voulu  faire  cette  chose  =je 
veux  . . .  etc. ,  Haurân  *).  ^1,  vouloir,  est  courant  dans  la 
plupart  des  dialectes  arabes,  ma  La  langue  arabe  p.  64. 
Nôldeke,  B  Z  S  S  W,  no  veut  pas  admettre  un  ^',  voidoir 
et  p.  67,  il  dit:  „Und  fur  aile  Fulle,  das  wiederhole  ich, 
ist  fur  ein  ^),  wollen,  neben  dem  sehr  lebendigen  ^t, 
nicht  wollen,  im  Sûdsemitischen  keine  Stelle.  Auch  Glaser 
hat  erkannt,   dass  die  Annahme  eines  solchen  ^^\  ganz 


1)   J'ai  entendu  la  m^me  phrase  à  Thèbes,  moins  le  démonstratif, 
bien  entendu. 


1302 

unstatt  liaft  ist  ')."  Je  trouve,  moi,  que  ^\,  vouloir,  est, 
dans  les  dialectes,  bien  plus  vivant  que  ^t,  7ie  pas  vou- 
loir, refuser.  Déjà,  anciennement,  ^'  a  dû  être  un  JLo 
(comment,  je  l'ignore),  car  nous  le  trouvons  comme  tel 
dans  les  lettres  de  Tell  el-Amarinah:  KB  V  x^°  71,  52: 
uyidi  bîli  inuma  ilisu  abitu,  que  le  roi  sache  que 
je  l'écoute;  et  N°  96,  14;  uibai  anaku  la  ismi  ana 
sas u nu,  mais  Je  refusais  et  ne  V écoutais  pas,  selon  la 
traduction  de  Winckler,  et  qui  est  facile  à  contrôler  même 
pour  un  non  assyriologue  du  métier.  Abîtu  ou  abûtu, 

Bescheid,  Del.  Gr.  p.  169.  Qui  sait  si  l'arabe  v'>  o» 
désirer,  sich  sehnen  nach,  n'est  pas  un  proche  parent 
de  ^î,  vouloir.  Ayant  écrit  une  longue  réfutation  de 
l'article  de  Nôldeke  (que  je  compte  publier  autre  part), 
je  ne  veux  discuter  ici  une  question  qui,  pour  moi,  est 
très  claire. 

85,  25;  86,  1:   in   kân   mutt  avec  sa   variante  la 

ra'^n  i  mutt.  ^î  est  ici  =  j,  particules  affirmatives,  iA*s"LiiI. 

Sur  J  voyez  Hdr  p.  147,  s,  et  ici  p.  351,  et  l'excel- 
lent exposé  de  Reckendorf  S  V  §  128.  Le  là  m  afflrmatif 
est   répandu   dans   tous   les  dialectes.   Nous  l'avons  ici 

p.  141  V.  6,  oîi  wallan,  =:^'  ^'^  (où  ^'  est  déjà  une 
affirmation,  Hdr  p.  188  et  note),  est  =  p.  143,  3  walla 


1)  Glaser  n'est  pas  arabisant.  Il  traduit  le  *«^.  j.  r^  ^*,    ^*^t 

de  Hamdânî  dans  son  Skizze  II  p.  481/2,  par:  rtalltàglich  aUjchal- 
tcn^\  ou  twelches  tagweise  der  Reihe  nach  uberlas^en  wird''.  La 
phrase  veut  dire  que  le  himâ  a  un  jour  de  longueur  et  un  jour 
de  largeur,  soit  un  jour  dans  les  deux  sens.  Je  crois  que  cela  suffît. 
Sa  brochure  pamphlétaire  contre  mon  article  dans  Hdr  sur  la  pré- 
formante ba  contient  bien  d'autres  gaffes. 


1303 

la.  Voyez  Gloss.  s.  v.  J  Er-riggâl  da  la  raarîdr=: 
mehri:  rayg  dôm  ar  mârîd,  cet  homme-là  est  certai- 
nement malade,  Jahn  M  S  p.  61,  s.  Hu  ar  beiek  hay- 

mîti  =  ^^p:»^  ^^^  'jt,  je  suis,  moi,  dans  ma  tente,  ibid. 
p.  78,  29.  On  voit  donc  que  le  mehri  ne  diffère  pas  des 
autres  dialectes  sur  ce  point.  Dans  le  Nord,  il  est  aussi 

très  fréquent.  s.a]33  ^^  v_j'l:$\;C!  „j~>  j.^:,  lorsque  le  mes- 
sager sortit,  je  me  trouvais  justement  devant  lui,  "^Oneyzite. 
UJic  c>Ji3>j>  ^*^4-iJ!  j^3  {}  ib>À,'  u>^o  —j,  lorsque  j'ouvris 

la  fenêtre,  voilà  que  le  soleil  entra  chez  nous,  "^Oneyzite. 
"A la  sadr  el-buneyya  1  digge  yômên 
lârîd  ahdim  bî  gauwa  tôbe  yômên^) 
Sur  la  poitrine  de  la  jeune  fille,  je  veux  taper  deux 

f jours. 
Je  voudrais  bien   servir  sous  {dans)  la  chemise  [de 

fia  fille)  deux  jours. 
Meissner  M  S  OS  Yl,  ii  p.  100  N°  13. 
Wana  s-sayyâde  lansublak  sebek^) 
Et  moi,  le  chasseur,  je  te  tendrai  bien  des  filets. 
ibid.  p.  112,  N°  4,  et  ibid.  p.  114,  N°  9  v.  1  et  p.  116 
N°  15,  V.  3. 

Dans  la  locution  bédouine  nordarabique  ..^^  eÛxJ,  il 
y  a  sans  doute  le  Ifim  et-takîd,  comme  le  pense  aussi 
Wetzstein   ZDMG   XXII  p.  146.  Le  syrien  ^^  et  le 


1)  =  viu^,    GO. 

2)  C'est   ainsi   qu'il    faut   lire,   mi'arc  ^^ |  ^ |  ^ — ,  et 

l'on  a  assurément  chanté  ainsi.  Le  texte  n'a  pas  hi  devant  «jjauwa: 
il  est  nécessaire  pour  le  m^tre. 

3)  Il  faut  ici  un  mot  en  -iyyali    pour  rompléter  le  mètre. 

86 


1304 

bédouin  oL*],  Prov.   et  Dict.  p.  197,  sont  dans  le  même 

cas.   ^_jbLJC!  *JL_i;^jt_j  ii^t.  ^cJL~>"b5  ^^!  i^î^UjI  ^.-JL^sXi  ^^1,  si 

ht  (femme)  ouvres  la  bouche,  je  ferai  les  chiens  te  broyer 
la  tête,  ZDMG  XXX  p.  80,  s.  'As-Sâm  lahàuwil 
winzali,  je  veiix  me  diriger  vers  Damas  et  y  rester, 
Hartmann  ZDMG  51,  p.  181,  20.  Hartmann,  p.  186,  11 

d'en  bas,  trouve  l'autre  rédaction  p.  183,  c  :  ^^^*>  3y=*  f^-"^» 

la  seule  correcte,  parce  que  dans  la  première  on  aurait 
la  syllabe  sa  m  sans  voyelle  adjuvante  pour  le  mètre. 
Quoique  je  sois  tout  à  fait  de  l'avis  émis  par  Hartmann 
dans  la  note  2  1. 1.,  il  y  a  cependant  des  vers,  dans  la 
poésie  populaire  où  figure  une  syllabe  doublement  fermée. 

Autre  exemple  ibid.  p.  184,  7  d'en  bas:  kÀ^. 

La'qud   'a  la  ganb  ettarîq  "a  s  a  hîrin')  qalbu 

[raqîq 
Yehèrriqu  qalbu  %lèy^). 
Je  me  mettrai  à  côté  de  la  route: 
Peut-être  un  homme  de  bien  au  cœur  tendre 
Lui  inspirera-t-on  de  la  pitié  pour  moi. 
Dalman  PD,  p.  130  N°  1,  v.  1  et  p.  331  N°  1.  On  ne 
saurait  donc  être  de  l'avis  de  Socin,  Diw.  HI  §  52,  que  le 

3  affirmatif  est  rare  dans  la  langue  vulgaire  moderne. 

Tout  arabisant  connaît  l'emploi  de  ce  3  dans  la  lurah, 
Reckendorf)  SV  pp.  360,  593  et  s.,  656,  702  et  s..  Ce 


i)  Faute  de  mètre:  ragaz.  Peut-être:    hîrin  *asa. 

2)  Texte  de  Dalman  fautif;  je  l'ai  corrigé. 

3)  Qui   veut   même   que    L*J   et  LJ,    qui   en   dériveraient,  renfer- 
ment cette  particule  affirmative,  o.l.  pp.  593  et  656. 


1305 

3  fut  aussi  écrit  %  comme  la  négation  "^  et  W,  Lo!,  et 
il  figure  avec  cette  graphie  dans  le  Qorân  VI,  109  : 
^j^>Lo^  ^  osL=>  îo]  L^]  (^j^/yt/i^.  Lo^,  comparé  au  ^^j^^^ 
précédent;  VII,  ii:  lX:5^'  S5î  ^AxJ^  Lo;  XXI,  95:  ^.î^^ 
^7,^!^  "^  ^F  L^USîM  -4}  J>c,  K.  el-Addâd  p.  136  et  s.. 

C'est  l'assyrien  lu,  Del.  Gr.  p.  218,  Meissner  Gr.  §  51. 
Si  je  mets  ici  en  relief  l'emploi  de  la  particule  affir. 
mative  dans  les  dialectes,  c'est  pour  prouver  que  la 
grammaire  classique  n'est  pas  une  fiction.  Peu  à  peu, 
j'espère  ainsi  donner  un  commentaire  des  règles  de  la 
grammaire  classique,  qui  sont  basées  sur  la  langue  an- 
ciennement parlée. 

86,  7:  hinya.  Sur  la  forme,  voyez  p.  340  et  s.,  et 
sur  l'étymologie,  Barth  S  W  U  p.  22.  Cette  interjection 
est    conservée  dans  tous  les  dialectes  arabes;   elle   est 

souvent  suivie  de  ^  ^^  l^s  suffixes:  \j^  Çs>,  allons  !  vite! 
Il  y  a  un  autre  hànya  qui  n'a  rien  à  faire  avec  celui-ci 
et  qui  est  pour  lI^,  car  le  verbe  est  dialect.  tertioD  y  = 
class.  et  Syrie  Çjj>,  souvent  avec  tiU  suivant,  dont  on  a 

fait  ni  y  fil  a  k,  Prov.  et  Dict.  p.  449.  Charles  Iluber, 
dans  son  Journal  d'un  voyage,  p.  179,  cite  les  vers  d'un 
ancien  éammar  qui  était  parti  pour  le  "Iraq  et  en  revint 
au  bout  de  peu  de  temps  en  vantant  son  pays,  qui 
n'avait  ni  puces  ni  punaises  ^)  : 


i)  Vollers  VS  p.  129,  2'. 

2)  C'est   ainsi   qu'il    f;iut  lire  et  qu'on  a  du  chanter,    ou   se    dit 
en    Dt    ^sé^^^^^i^    sur  la  forme  de    ^^j^y    v.  p.   1102. 


1306 


Les  punaises  et  les  puces  nous  ont  taillade'  la  chair. 
Bien  vous  fasse  à  vous  autres  qui  êtes  à  votre  aise 

[à  Negd! 


1)  On  observera  ici  lahàninû  et  on  lira  Kampfïineyer  Untersu- 
chungen  ùber  den  Ton  im  Arabischen  M  S  0  S  XI,  ii  p.  34  et  ss.. 
Dire  que  des  mots  tels  que  dhùr,  bliàr  sont  monosyllabiques  c'est 
se  mettre  à  un  point  de  vue  non  sémitique.  Pour  l'Arabe,  ils  sont 
de  deux  syllabes,  car  souvent  ils  reçoivent  un  Yorschlag  vocalique, 
ebhàr,  et  dans  le  mètre  la  première  a  sa  voyelle.  Si  en  arabe  f a'^à  1 
est  plus  ancien  que  fà'^al,  qui  encore  aujourd'hui  se  trouvent  l'un 
à  côté  de  l'autre,  cela  échappe  à  mon  jugement. 


39. 

F  ë  r  â'a  t   u  m-w  a  d  i. 

'icU  est    le  grand  canal  qui   porte  les  eaux  directe- 

ment  du  wâdi.  Celles-ci  entrent  ensuite  dans  le  ^.^,  pi. 

L*-£  ou  ,L>-c',  canal  aux   bords  relevés   en  terre,  t^v^. 

^  j,  a,  1°  séparer.  Jo'l^jjJî  ^^-o  c  ^  ^\y— -S  ?e  seijyid  sépare 

les  tribus,  c'est-à-dire,   il  fait  la  paix  entre  elles.  C'est 

très  classique,   LA  X  p.  126,  g,  s.  £L>5  ^^>  \>.  C-^^jJ" 

+ 
LuLo  ci  ^'^^'j,  ^«02(5   nous   lancions  des  pierres,   et  quel- 

qu'un  vint  nous  séparer,  =  (jnj  c  .13 .  ,j«-^:^«Jî  o-.  ^i^^i,  ^6 
t'ai  délivré  de  la  prison.  Dô'an  a  dit,  dans  une  qasîdah 
à  l'adresse  de  "Âtif  b.  Hantamah: 

I^  n'y  a  rien  entre  moi  et  "Atif:  Dieu  nous  a  récon- 

[ciliés. 
Nous  avons  fait  la  imix  entre  nous  sans  que  per- 

[sonne  se  soit  interposé. 

1  )  On  prononçait  aussi  Usi-'j'.  iC;jC»-Li  aj  c>-àÈj,  je  ^"i  latiçai  la 
huule  qu'il  attrapa  au  bond.  Ma  brocliure  iM  S  \k  0.  Cf.  L  A  XI 
|).  37,  s.  V.,  et    o^j    H'jr  Gl.  s.  v. 


1308 

2°  s'enfuir,  comme  ici  p.  92,  is,  —  ^c  ^!,  K.  el-Addad 
p.  202,  et  j  .  LuJlc  j.y,2J^J!  1^^^',  les  voleurs  nous  ont  quit- 
tés en  s' enfuyant;  sincl  von  uns  îveggeflohe7i,  =  \^j3^>o GO. 

S°  saisir  =  ^j .  \Xc^j  J^  "±,  il  s'est  enfui  d'auprès  de 
moi,  mais  je  l'ai  saisi.  'ïj^ji  est,  dans  le  Sud,  une  résine 

odoriférante  qui  vient  des  Indes;  je  crois  que  c'est  le 
mastic.  Les  femmes  disent,  en  entrant  chez  une  tj«Ul, 

accouchée:  ^-j'JoJb  '»^]^i  q^-Iî  f^  lt^  *JJ'  &-^\  ^^  *^om  de 

Dieu  sur  toi  et  myrrhe  et  encens  et  mastic  et  goudron'^). 
On  le  dit  aussi  en  voyant  un  enfant,  comme  en  Syrie: 
dUic  idl!  ^\  tout  simplement.  L'accouchée  reste  quarante 
jours  auprès  de  son  enfant.  On  met  les  quatre  matières 
susmentionnées  dans  un  i^^  où  il  y  a  du  charbon  in- 

candescent,  ^*>,  et  cela  ^J^x^.i  fait  de  la  fumée.  Les  fem- 
mes prononcent  aussi  cette  formule  en  entrant  dans  une 
chambre  obscure  et  lorsqu'elles  sont  effrayées.  C'est  une 
réminiscence   du   temps   de   la    myrrhe   et  de  l'encens: 

T      :  : 

Il  y  a  dans  c.^  trois  sens:  1°  être  haut,  monter,  Tab. 

I  p.  1416,  4,  et,  comme  3^ad,  t^escewc^re,  L  A,  K.  el-Addâd 
p.  202.  Du  côté  d'Aman,  en  Syrie,  i4c.l3,  me  fut  exphqué 

par  (j^,  source,  proprement,  la  montante.  Il  s'est  peu 
conservé,  dans  le  premier  sens,  dans  les  dialectes.  Je 
connais    de   notre   dialecte  lX^Jî  j.  Llcj,  nous  sommes 


\)   Quoique   ^^r^   soit  le  goudron  avec  lequel  on  enduit  le  cha- 
meau galeux,  je  crois  qu'il  faut  le  traduire  ici  pai'  poix. 


1309 

montés  dans  la  montagne,  et  voyez  Çdr  pp.  51  et  490, 
où  il  y  a  sa  variation  phonétique  ^y.  En  mehri,  firâ, 
monter,  Jahn  M  S  p.  177.  Le  dernier  sens  est  tout  à  fait 
perdu,  mais  l'on  comparera  l'emploi  analogue  de  «JLL», 
Prov.  et  Dict.  Gl.  s.  v..  —  2°  séparer,  comme  en  haut. 
C'est  sans  doute  l'hébr.  y"iD,  laisser  libre,  laisser  faire, 
et  correspondrait  aussi  bien  à  l'arabe  =  jqu'àoy.  p'h>, 
raie  des  cheveux,  chez  les  ""Anazeh,  est  le  class.  ^f^, 
tandis  que  vjj^  y  est  l'endroit  où  les  femmes  et  les 

hommes,  devenus  grands,  divisent  la  xJlXï')  sur  le  front. 
^^  est  ici  une  prononciation  de  ^^,  avec  lequel  il  est 
synonyme,  LA  X  p.  121,  6,  9.  Plusieurs  verbes  j  + 
troisième  consonne  offrent  le  même  sens  fondamental, 
p.  e.  ji,  (j^^  [para su,   décider,   babyl.],  (jo^,  v.  Gloss. 

s.  V.,  [jo±,  -h^,  j.^.  ^ji  est  1°  dissimilation  de  «j»,  v. 
p.   361  ;    2°    accouplement   de   c^  et  Oy,  dans   le  sens 

^'éparpiller,  répandre.  \J^J  ^j.  oLsti^-s-^  ^jycLj^\,  les  h. 


1)  aJlXs,    les    cheveux    qu'on   laisse   descendre   le  long   du    front, 

comme  les  Romaines  et  les  femmes  modernes.  Un  bédouin  "^anazl  dit 
à  son  amie  (mètre  en  désordre): 

Ma  lidkor  mufrag  qedlali  yôm  afarricT 
Ugrûn  sugr  ûmdàhhana  bi  "(ifreèàni. 

Ne  te  rappelles-lu  pas  Vendroit  de  séparation  des  frisons  de 
[mon  front  (où  il  la  baisait)  lorsque  je  me  découvrais  la  tète 
Et  les  tresses  blondes  graissées  cJe'^utrsân? 
Si  l'on  tresse  ces  cheveux  de  devant  en  deux  tresses,  ce  sont  lîi  les 

wo|^v3,    s.   'm_^ô,    peu    usité,   qui    descendent  sur   les   tempes.    Les 

>  > 
...^jS    Sont  les  longues  tresses  de  chaque  cûté  de  la  tOte. 


1310 

sont  éparpillés  par  ci,  par  là  dans  notre  pays  Dt,  ex- 
pliqué  par  b'^.Jc^.   3°  pi,  class.,  avoir  toute  sa  chevelure, 

L  A  X  p.  120,  4  et  ss.  d'en  bas;  tlcjî,  el-A'éâ  Lyall  Ten 
ancient  poems  p.  143  v.  2;  d'autres  exemples  chez  Schult- 
hess  HW  p.  56  note  1.  Je  crois  que  ce  sens  est  origi- 
nairement le  même  que  le  premier,  car  on  portait,  et 
l'on  porte  encore  dans  le  Sud,  surtout  dans  les  tribus 
himyaj'ites,  chez  les  Mahrah,  les  Qarâ,  et  les  anciens 
Germains,  la  chevelure  liée  en  houppe  montante^  qui  était 

probablement  le  jt^'  p  i,  VDÇ,  sommet  des  cheveux.  Un 
homme  ayant  toute  sa  chevelure  pouvait  faire  ce  ci, 
ou,  comme  on  dit  à  présent  dans  le  Sud,  idiA^ï,  v.  p.  435  note, 
et  il  était  alors  c^S,  contraire  de  ^JUoî,  L  A  X  p.  120, 3  d'en 
bas;  V.  p.  1811  n.  8:  p':i),  A  présent,  dans  tout  le  Nord, 

chez  les  Bédouins  de  Syrie  et  en  Mésopotamie,  ^'^  est 
se  découvrir  la  tête,  v.  Gloss.  s.  v..  C'est  l'aram.  -^^s, 
dissolvit  (capillos)  ;  denudavit  (caput),  Brockelm.  Lex.  Syr. 
p.  291  ;  Z  D  M  G  58,  p.  944,  Socin  Diw.  ')  Gloss.  s.  v.. 

Dans  la  célèbre  qasîdah  d'el-Hàyârî,   il  y  a  ce  vers 
""anazî  ')  : 


1)  Où  N".  52  V.  33  ff  ^  foit  le  phiiiel  ^.j'^,  comme  v^Axx 
fait    woOi-xxi    et   quelques   autres    J^**^  dans  Je  Nord.  Au  combat, 

on  dégage  la  tête  et  fait  voler  les  cheveux  librement;  voyez  la  poésie 
suivante  d'el-Hàyarî. 

2)  Mètre  --^-  j  --^-  |  __^_||__v.._  |  __v^_  |  __.  Hya 
quelquefois  une  syllabe  de  trop  au  commencement  de  l'hômistiche, 
comme   aussi   dans  la  prosodie  classique,  p.  e.  I.  Sa'd  IV  i  p.  97,  *. 


La  qiiNla,li    li  a  m  y  ar  îy  ol\. 
Pour  les  noma  dus   détails,  voyez  le  Gloss.  s.  v.  ^■i^i- 


1311 

(7  Jbât  (6  J.-v*.Àit  o-v^'j  e^     (*c>vfifi^'U^o>^le(^Lé^^*^12 

11.  /'az  pronoticé:  „Aîi  nom  de  Dieu!"  et  je  suis  monté 

[sur  la  jument  Sa" dû 
Lorsqu'elle  devint  inquiète  —  je  salue  ce  bon  augure. 

12.  Je  Vai  calmée  de  la  voix  jusqîi'à  ce  que  l'attaque  fût 

[bien  certaine 
Contre  eux,  et  je  donnais  coups  sur  coups  à  l'impudent. 


4)  On   prononce  toujours,   avant   de   monter  à  cheval,  la  formule 

2)  LuJLc  [J.\J/^  =  UJic   éj^    G  0  ;  inf.    ^L%xi. 

3)  %^^^,   se  calmer,  être  calme;  mais  non  dormir,  comme  dans 

3  5  -       - 

la  lurah.  cyS\J>,  repos,  tranquillité,  silence  =  qLxj^v^.  5^1-^j 
tranquille,   silencieux.    y.'3j   ^lXac   qJ^.    (J>:*>'^  ^  ^  Vt*^'»  'c6' 

Bédouins  ne  sont  pas  tranquilles;  ils  ont  peut-être  une  sentinelle 
qui  les  met  sur  leurs  gardes  contre  Vapproche  de  Vennemi. 

4)  Se.    &.%^f    ou    iJ.LiiItGO.  Là  mat-haq. 

5)  Faute  de  mètre. 

6)  =  ^C>j   G  0. 

7)  Ecrit  JUirt  par  Moûsa  Râra,  mais  chanté  et  prononcé:  aktâl! 
Voyez  Hdr  p.  G80.  En  Haurân  o  >  ^i)  est  fort  commun. 

8)  Expliqué   par    iU«^>ciJLi    ou    'i^-jàyi,    c'est-à-dire  n'ayant  que  la 
touffe  de  cheveux  au  milieu  de  la  tète,  ainsi  que  c'est  aussi  l'habitude 

des  Bédouins.  On  comparera  la  locution  classique  c  Js'  ^^^  L  A  X 
p.  134,  '^  à  ce  que  j'ai  dit  p.  1310  note  1.  p  Js'  est  à  présent  celui 
qui  porte  cette  tuu/fc  de  cheveux,  cf,  p.  1310:  Pj^^- 


1312 

13.  Nu-tête,  Je  l'ai  fait  fouler  le  marché  du  trépas. 
Dans  une  mêlée  qui  fait  grisonner  la  tête  des  petits 

[enfants. 

Mais  5/  ne  s'emploie  pas  seulement  en  parlant  de  la 

tête,  car  on  dit,  Syrie,  Haurân  et  Béd.,  ij^wicJt  c^, 
dépouiller  l'arbre  de  ses  branches,  en  totalité  ou  en  partie, 
élaguer.  On  le  fait  avec  la  cognée,  iCct^  ou  iCcj^li  ^).  Meissner 
N  A  G I  p.  8,  16  a  ii£^,  enthlôsst  werden,  que  Weissbach 

ZDMG  58  p.  944  croit  être  une  erreur  pour  ^^.  Je 
ne  connais  pas  le  verbe  Ja^i,  mais  il  n'est  pas  impossible 
comme  contamination  de  ci  et  de  -b^,  de  même  que 
l'égyptien  iioii  l'est  de  v_^  et  JoJ.  Cependant  ce  sens 
de  ^^3  pourrait  bien  être  le  néo-hébr.  et  l'araméen  yiD 
"^i^,  mettre  à  nu,  Schulthess  HW  p.  56,  et  alors  =  ^^. 

Nous  trouvons  ce  même  c  î  N°  8  en  néo-hébr.  et  en 
araméen  VDS,  laisser  croître  les  cheveux,  et  je  suppose 
que  ce  verbe  renferme  la  même  idée  que  je  viens  d'ex- 
poser à  propos  de  ytiJi  c^:  les  cheveux  poussent  Kj^, 

germinare,  pousser  vers  le  haut]  et  deviennent  un  ci, 
pirtu,  Del.  H  W  B  p.  537,  reliés  de  façon  à  former  une 

3 
o  -. 

xLaï,  houppe  relevée  (bab.  qisru,  nœud).  Le  titre  ou  le 
nom  de  Pir'u  [Pi  fa  m  Homrael  AI  CJ  p.  223],  yiD  en 
minéosabéen,   doit   provenir  de   ci,  être  haut;  cf.  Hdr 

p.   489  et  Ges.-Buhl  HWB  s.  v.  "ViD,  mais  ce  dernier 


1)    iCcy     est  pelilc   cognée^   et   i^jjli,   grande  cognée,   Prov.   et 
Dict.  p.  420. 


1313 

mot  ne  peut  être  identique  au  premier;  l'objection  de 
Hommel  et  de  Winckler  est  bien  justifiée. 

86,20:  lesîleh  =  Beyhân  nesîleh.  Cette  juxta- 
position aurait  empêché  Brockelmann  VGSS  p.  263,  9, 
de  traduire  la  première  forme  par  fai  fait^  d'autant  plus 
qu'il  enregistre  lui-même,  o.  1.  p.  225,  *,  le  datînois  1  <  n, 
et  p.  299,  9  1  a  h  n  a  <  n  a  h  n  a,  nous.  Il  considère  le  verbe 
sudarabique  Lv ,   i,  ^)  faire^  comme  étant  une  haplologie 

de  (^^,  ibid.  p.  263,  o  et  ii.  Je  n'en  suis  pas  très  sûr 
et  j'ai  plutôt  l'idée  d'y  voir  le  verbe  simple  Lw,  i,  la  pre- 
mière forme  de  ^y^  ou  bien,  ce  qui  est  peut-être  plus 

acceptable,  un  ^_^!,  af^al  de  \/^jy^,  comme  les  verbes 
traités  Prov.  et  Dict.  p.  11;  cf.  Arabica  V  p.  296.  On 
pourra  comparer  L,  i,  Nord,  a.  Sud,  vouloir,  <  ^\,  Ara- 
bica m  p.  104/6  et  Hdr  Gl.  s.  v.. 

86,  23:  sâgie,  ïCaïU,  est,  en  Datînah,  une ngroZe dans 
les  champs,  qIj-=>,  sing.  <-jX-^',  pi.  du  pi.  ^j^\^^).  En 
Beyhân,  içjjL*  est  le  canal  de  dérivation. 

86,  25:   damîr.  ^^^s^  est  le  parapet  en  branchage 

d'arbres  qu'on  met  sur  le  barrage,  ^xi,  en  Beyhân,  pour 
élever  le  niveau  des  eaux.  Hors  de  Beyhân,  tout  ce  bar- 
rage est   appelé  j*aJo.  On   y  fait  d'abord  le  damîr  des 


1)  Aussi  a:  bû,  nasal ku m,  nous  allons  vous  faire,  comme  Lo 
Sud  et  ic-^j   Nord,  nous  voulons. 

2)  Vj^  ^^t  ""  champ  non  labouré,  une  prairie,  un  p*iturage.  C'est 
le  contraire  de  champ  labouré  et  semé.  Cf.  Ges.-liuhl  11  W  13  p.  229 
sub.  3in  I- 


1314 

arbres  qu'on   retient  ou   tasse  avec  des  pierres,  xJ^j^. 

L^ J-L •^  =  r:  ■'  86,  27,  digue  de  branchage  et  de  pierres. 
La  différence  est  qu'en  Beyhân  on  construit  d'abord  le 
Juij  en  pierres. 

87,  1:  yehwi,  sur  ^jup»  voyez  p.  1129. 

87,  3:  farûq.  03^,  pi.  qÏjS,  canal  d' irrigation, 'Bey- 
Mn=^  Dt  et  ailleurs,  Bent  SA  p.  404,  =  partout 
aussi  Ju,  pi.  o\csJ.  Observez  ici  lamma  hatta  Dt=: 
la  ma  hatta  Beyhân. 

87»  3:   girab.   Sur  iù^.=>,  pi.   v_j^,  ou  iuy>,  pi.  ujl>, 

voyez  Hdr  p.  191  et  Gloss.  s.  v.  ;  en  ''Oman  iuL>,  Rôssler 

MSOS  I  p.  71,  5  d'en  bas,  p.  72,  19.  >_;J>  est  défricher 
la  terre  pour  en  faire  une  My>.  Glaser,  Dammbruch 
p.  47  n.  1,  croit  que  le  champ  est  ainsi  appelé  parce 
que  les  pierres  rougeâtres  non  dégrossies,  avec  lesquelles 
on  construit  les  terrasses  superposées  l'une  sur  l'autre, 

ont  le   nom   de   v^^.  Mais   's^f>  est  dans  tout  le  Sud 

champ  en  général  et  non  seulement  sur  les  terrasses.  Je 
renvoie  à  mon  article  Hdr  Gloss.  s.  v.  ^S.  Ce  verbe 
signifie  encore,  en  Mésopotamie,  labourer,  selon  Meissner 
N  A  G  I  Gloss.  s.  V.,  et  vJ/j  labourage,  comme  en  hébr. 
et  en  araméen,  id.  M  S  0  S  V  p.  301,  Fraenkel  F  W  p.  130. 
Mafâtîh  el-^Ulûm,  éd.  v.  Vloten  p.  QQ,  nous  apprend  que 
le  ^^^  avait  60  asl')  carrés  =  3600  aunes  carrées. 
Ce  mot  paraît  avoir  pénétré  dans  d'autres  langues,  La- 


1)  Mot  nabatéen  selon  L  A  XIII  p.  10  en  haut. 


1315 

garde  Ges.  Abhandl.  29,  Armen.  Studien  p.  39  N°  536, 
et  il  pourrait  bien  avoir  ét<}  un  mot  international.  Il 
faut  examiner  si  ^o^  a  un  rapport  avec  io^,  assyr. 

gipùru,  giparru,  qarbâti  (garbitti),  qerbîtu, 
qirùbû,  champ,  Del.  H  WB  s.  v. '),  Ungnad  Gr.  p.  146. 
^^^.q>  est  aussi  une  mesure  de  capacité  =10  qafîz, 
Mafatih  p.  67;  ainsi,  i^  est  une  mesure  de  surface, 
Vio  de  garîb  =  360  aunes  carrées,  en  même  temps  que 
de  capacité,  variable  selon  les  pays,  ibid.  p.  66  et  67. 
La  même  concordance  d'idée  se  trouve  dans  les  mots 

u^o  et    j^Oj,  Hdr  Gloss.  s.  v..  Le  premier  se  rencontre 

souvent  dans  les  inscriptions  sabéennes,  notamment  dans 
celle  du  Sirwâh,  0  Weber  Studien  z.  sûdarab.  Altertums- 
kunde  II  p.  24,  3  et  s  d'en  bas  et  p.  25,  12  d'en  bas, 
oii  il  est  correctement  traduit  par  champ.  Mais  au  temps 
d'el-Hamdànî,  il  avait  déjà  le  sens  d'une  mesure  de  capa- 
cité^ (j-ez.   p.    199,  20:  iCoL^"  J^î  iCxJb  v_^Jj[5  iûy^Jt_^3,  q^î  ; 

p.  200,  2a:  w^o  oij!  qJ-^  l.<j"Lj  ^^  J^^  Vj^^'  cr»  ^-5 

^  ^1  o^^  eUJo,  et  il  l'a  conservé  encore  aujourd'hui. 

Arabica  V  Gloss.  s.  v.  et  s.  v.  [^^,  Hdr  Gloss.  s.  v..  ^^,^«3 

est  le  babyl.  edinu,  syn.  de  se  ru,  champ,  Del.  HWB 
p.  27,  encore  courant  dans  le  Sud,  Hdr  Gloss.  s.  v.,  et 
nous  venons  de   constater  par  el-Hamdâni  que  ^o^,  est 


1)  Voyez    pourtant  KB   VI,   i  p.   304.   Le  persan    v^^^>    V^;;' 
biais,  n'en  fait  pas  j)artie,  comme  le  pense  Lagarde;  c'est  le  syrien 

v-j.^  iHre  biais,  et  Vj^)  biaiser,  aller  en  zirjzag.  Le  persan  V;y'» 
biais,  est  assim'-ment  arabe,  et  je  crois  qu'il  faut  chercher  son  origine 
ailleurs.  Nuldekc  Gescliichte  (1er  Perser  p.  242. 


1316 

aussi  bien  le  champ  que  la  mesure  de  capacité,  v^^>  car 
je  ne  crois  pas  que  v*^^'  signifie  dans  le  premier  pas- 
sage champ,  vu  que  le  second  est  très  clair.  Nous  con- 
statons donc  la  même  transition  de  •  signification  pour 
les  trois  mots: 


=  1°  champ  et  2°  mesure  de  capacité. 


o^3 

Ajoutez-y  -^^  qui  est  mesure  de  surface  et  de  capacité. 
Le  sens  de  champ,  d'une  surface  donnée,  est  ici  assu- 
rément primaire,  et  la  mesure  est  le  produit  moyen  d'un 
tel  champ,  cf.  K  A  T^  p.  339,  li  et  ss.  d'en  bas.  ^^  et 
i_jy>  et  leurs  dérivés  faisaient  partie  du  dictionnaire 
ancien  international.  Le  persan  w>-j-:>  a  certainement 
son  origine  dans  le  monde  sémitique  voisin,  et  le  doute 
de  Fraenkel,  F  W  p.  130,  n'est  pas  motivé,  j^sï  et  ^^ 
rentrent  aussi  dans  cette  catégorie  de  mots  sémitiques 
internationaux.  vMjr-  et  jjJH  ont  du  reste  trop  le  habitus 
sémitique  pour  être  d'emprunt:  v^j>  =  v^j-^  =  v^^^j 
labouré,  et  j^sï  =  j^siw,  dont  le  sens  m'échappe,  à  moins 
que  ce  soit  de  jsï,  sauter.  Comme  v^ô,  champ,  est 
devenu  mesure  de  capacité,  il  n'est  pas  impossible  qu'il 
ait  pu  aussi  finir  par  signifier  or.  Cela  aurait  alors  dû 
se  produire  de  bonne  heure,  puisque  le  minéosabéen, 
l'hébreu  et  l'aram.  possèdent  le  même  mot,  3nT,  Dn"j, 
^^(si\.  Son  étymologie  n'a  jamais  été  tirée  au  clair.  Le 
verbe  u^i  ne  s'y  prête  pas,  et  les  autres  langues  sémi- 
tiques n'ont  pas  de  verbe  dhb,  zhb,  car  les  formes 
dérivées  sont  dénominatives.  Le  babylonien  disait  h  urâsu. 


1317 

or^),  et  kaspu,  argent,  C  H  Winckler  §  7,  encore  con- 
servé dans  le  diminut.   hespônâ,   monnaie,  à  Ma'^lûlâ. 

v_^3,  champ,  étant  un  mot  sabéen,  il  faudrait  que  cette 
évolution,  si  elle  est  vraie,  ait  eu  lieu  déjà  dans  le  Sud 
de  l'Arabie,  le  pays  d'Ofîr,  d'où  venait  l'or.  On  trouvait 
l'or  dans  le  champ,  et  '^S  serait  devenu,  par  méto- 
nymie, chez  les  Minéo-Sabéens,  la  désignation  de  la  ma- 


1)  Haupt,  apud  Brockelmann  VGSS  p.  128,  dit  que  hurâsuest 

o 

l'arabe    (jiajy>].    Ce   mot,  qui  figure  déjà  dans  une  Tradition,  Zam. 

0  1   o  y 

Asâs  s.  V.,  Nihâyah  s.  v.,  L  A  VIII  p.  404  en  bas,  est  =  jâ^^^i, 
Carlhamus    tinclorius,    safran   d'Inde,    matière    tinctoriale,    et 

[jp^  S^>^  6st  un  vêtement  teint  en  jaune  de  cette  matière. 
Aschei'son  et  Schweinfurth  Flore  d'Egypte  p.  96  et  s.,  Hehn  Kul- 
turpfl.  p.  261.  L'hébreu,  phénicien  et  punique  plfl,  or,  est  certai- 
nement le  même  mot  babylonien.  Nuldeke,  ZDMG  40  p.  728,  compare 
l'arabe    •i>ij£>J>,    être  jaune",  mais  un  tel  sens  n'existe  pas  en  arabe, 

et  ij^.j^ï  =  v^>^^-  ne  suffit  pas  pour  le  conjecturer,  pas  plus  que 
le   syr.    )^i.«*7    I^^^oj-jé,  flavus;  cf    Hommel    Silugethiere    p.    415. 

fU^ait  =  i_^iÂ]î,  I,  Sîdah  44  p.  23,  '  d'en  bas.  Il  n'est  pas  hors 
de  doute  qur  hurûsu   et   \jaj^\   soient  de  la  même  provenance. 

L'arabe    connaît    un    mot   ^_^jLço.lii    qui,   d'après   Mafâtîh   el-'UKim 

p.  258,  est  un  métal  d'une  excessive  rareté,  ^rv^^  ^"^-^  J^J~^ 
P^lXxIIj,  consacré  à  Otârid,  Nebo-Mercurc,  dont  la  couleur  était  bleu 
foncé,  KAT  p.  399  n.  4,  p.  G4G  n.  7,  Ilommel  A  A  p.  384  et  s.. 
J'ignore   quel    métal    cela    est    et  je   ne   trouve   ce   mot    nulle  part 

ailleurs.  Il  faut  rechercher  quelle  relation  il  y  a  entre  ^^,  mot 
indien,   safran   iVlnde,    Curciima  lomja,  et    u^j>)  ij^.f^l' 


1318 

tière  y  trouvée,  or  natif  ^).  Ceux-ci  ont  eu  une  grande 
influence  civilisatrice  sur  le  Nord,  et  qui  sait  si  le  nom 
de  lieu  3riTT,  Deut.  I  v.  1  %  n'est  pas  un  reste  de  cette 
influence,  car  il  me  paraît  tout  à  fait  sudarabique.  Si  ^^3 
est  sémitique,  il  ne  pourra  s'expliquer  que  par  V5^> 
devenu  w*-^3,  comme  .^o  et  _^o,  \jr>y^  et  tP-p,  etc.. 
Mais  le  mot  peut  ne  pas  être  sémitique.  L'île  de  Ceylan 
avait  le  nom  de  Serendîb,  le  Z<fAf  5//3<x  de  Cosmas,  et 
sur  lequel  v.  d.  Lith  a  publié  un  article  dans  les  Mer- 
veilles de  l'Inde,  p.  265  et  ss.,  oîi  ce  nom  est  aussi 
donné  aux  îles  de  Java  et  de  Sumatra.  Serendîb  signifie 
îles  de  l'or,  d'après  Bîroûnî,  Fragment  123,  et  les  Mer- 
veilles les  appelle  aussi  »^L>Jt  S:h.  En  sanscrit,  dip 
est  île,  mais  je  n'oserais  dire  que  c'est  là  l'origine  de 
notre  «-^3,  à  l'instar  de  cypreum  >  cupreum  >  cuivre, 
comparé  à  l'égypt.  qabârisa,  monnaie,  Vollers  ZDMG 
51  p.  305,  propr.  ce  qui  vient  de  l'île  de  Chypre.  Fraen- 

kel,  F  W  p.  130,  cite  le  mot  'ij^  (i^-i^  chez  Dozy  S.), 
qui  a  subi  une  transition  semblable.  Nôldeke,  ibid.,  lui 
donne  le  sens  de  mesure  de  superficie  =  michna  n;:i%  et 
il  suppose  que  ce  peut  aussi  être  =  ni^jS  mesure  de  blé 
comme  >-^j>;  cf.  Schulthess  ZA  XIX  p.  129.  Or,  c'est 
le  soumérien  la -ha -an,  vase,  qui  a  aussi  donné  les 
nordarabique,  syrien  et  égyptien  ^y3,  ^,  la  g  an,  baquet, 
cuvette,  Hdr.  Gloss.  s.  v.,  Littmann  NAVP  p.  20,  v.  59, 
Meissner   NAGI  p.  142,   Huber  Journal   p.   128   (^yC, 


1)  On   apporta  au  Prophète  une  pépite  d'or  natif  grande  comme 
un  œuf,  I.  Sa'd  IV  p.  56,  27. 

2)  =:  JCxx^JJt  actuel;  voyez  Musil  Moab  p.  211   et  ce  qu'il  y  dit 
à  propos  de  ce  nom. 


1319 

casserole  basse  sans  manche)  ;  le  'omânais  ^;y?^^,  bassin  ')  : 
le  syriaque  ) i .  S ,  amphore;  le  néohéb.  pj^,  ni'';i^,  î<i"'J^, 
i^n^''^^,  cruchon,  bouteille,  N*ip^,  J^ip"*^,  î^^î?^,  cuvette,  cuve; 
i^Tplp^^  cruchon^  bouteille;  le  grec  Afx<zi/>;,  pto^,  bassin, 
déjà  chez  Dozy  S.  et  Fraenkel  FW  p.  131')  (moderne 
x&yxvyj).  xUoç,  plat,  e'cuelle,  semble  être  d'une  autre  pro- 
venance, car  xsKcivii  ne  serait  pas  une  formation  grecque 
régulière  de  ce  mot.  Il  faut  donc  les  séparer  pour  le 
moment.  Une  autre  question  est  de  savoir  si  xôcyùvoq 
{Kù'/yjvoç)  =  lat.  Idgênd  ^)  vient  aussi  du  mot  sémitique 
ou  bien  de  xxyâv,  flanc,  côté  du  ventre,  cavité,  comme 
le  pense  Prellwitz.   Pour   ma  part,  je  ne  le  crois  pas. 

Nôldeke  *)  y  voit  l'hébr.  ib,  cuvette,  écuelle,  avec  la  dési- 
nence syriaque  diminutive.  J'en  doute,  ib^),  écuelle,  a 
peut-être  donné  xhoc,  comme  il  a  pu  entrer  dans  la 
formation  de  quelques-uns  des  mots  néo-hébreux  ci-dessus. 
Fraenkel,  F  W  p.  131,  a  déjà  combiné  xôc/vivoi;  avec  ^b. 
Alors,  Jib  serait  aussi  la  môme  chose  que  le  soumérien 
la-ha-an  et  l'arabe  ^,  ^.  Les  babylonistes  se  pronon- 
ceront sur  cette  question.  Pour  finir,  je  cite  encore 
l'allemand  Ldgel,  ou  dial.  Lechl,  petit  baril,  par  l'entremise 
du  latin  lagêna,  lagôna,  Kluge  E  W  B  p.  242.  Ce  sont 
de  vieux  mots  internationaux  de  l'Orient. 


1)  Qui  n'a  rien  à  faire  avec  J«^?^j  contrairement  à  Schulthess 
II  W  p.  37  note  1.  2)  Qui  écrit  incorrectement  ^âytjvx. 

3)  Ce  qui  prouve  que  les  Grecs  prononçaient  aussi  Aaywvoç,  Ax-y^voi. 

4)  D'après  H.  Lewy  S  F  W  p.  103,  mais  c'est  là  une  citation 
erronée,  car  Syr.  Gr.  §  132  Noldeke  ne  parle  pas  de  ce  mot.  Lewy 
cite  d'après  Fraenkel  F  W  p.  131,  sans  contrôler. 

5)  La  comparaison  de  Konig,  Lehrgebiiude  II  p.  44,  avec  l'arabe 


^   est  bien  malheureuse. 


87 


1320 
87,  6:    tehna.    ^^,  a,   avoir  assez  d'une  chose  = 
^çi\^^^,  comme  dans  le  texte  beyhanite.  ^U'  (^  ^_^-ic=XA«'  ":;} 

^J=>^'    wà>o'    (j-.r*"^    ''-r*^3    ^j?^-'    >i>vy^3   UV=^'   i-'  ^^    ^'^^^* 

submerge  le  terrain  et  que  le  champ  ait  eu  assez  d'eau, 
tu  y  sèmes  le  millet,  si  le  terroir  est  bon-,  Harîb.  Cf. 

Hamdânî  p.  199,  20  et  ss.:  ^,^'-  ^  JiJU^.  (v.  p.  1315)  ^^i^'i 

^ôC'  i^  wij  Sl;c<'  ^Sz.  Le  Harîbite  disait  :  io^  c>^4^  '^ 
tUL,    lorsque   le   champ   a  bien  bu  Veau,   mais  déjà  en 

Beyhân  Z>  est  tarir:  ^U'  ^  ^  ^^L.  '^  ^',  le  puits 
tarit,  lorsque  l'eau  est  finie,  Beyhân.  Dans  le  pays  de 
Manqa'^ah,    ^  est  boire  en  général,   mais  en  Dt  c'est 

boire  beaucoup,  ce  qui  est  un  emploi  plus  exact,  car  j*:>, 
développé  en  ^*s>,  renferme  cette  idée,  et  dans  le  Sud, 

j«.>  est  adverbe:  beaucoup,  Hafâgî  sur  Durrat  el-Rauwâ? 

p.  217,  8,  15.  Gez.  p.  199,  u:  U=U  c^oyi  ^c»  (i^^)  ^^  'i'. 

87,  8:  yô'dôro.  .je:  v.  Hdr  p.  171  et  Gloss.  s.  v.. 
On  voit  que  le  texte  datînois  a  u,otluij;  c'est  le  eut  off 
de  Lane. 

87,  8:  yihharûn  =  .mî-^*^  =  .mî-==''^»  comme  Hdr 
p.  68  v.  84:  yissilak  et  p.  279,  2;  yibbsûnuh.  Les 

••Cm  w 

verbes  J^',  J^^  et  Jou  offrent  à  l'imparfait  cette  ellipse 
syllabique,  qui  se  retrouve  aussi  dans  les  dialectes  nord- 


\)  Cf.  (jri.  Les  'Aulaqites  disaient  ^L*'  ^Ji^h  L*.>,   lorsque  VeaH 
■sétewi.    A  Aden  ij^^i,  0,  déborder,  =  .é,  0,  en  Dt. 


1321 

africains,  Stumme  T.  Gr.  §  26,  5;  v.  ici  p.  1112.  ckjo\ 
est  en  général,   dans  le  Sud,  ôter,  enlever,  éloigner.  En 

Hdr,   vW^'  '-^^  =  v'ry^'  "-^j  '^^^^  ^^-^  habits,  =  ijJ^,  ii 

(pas  (jJ^)  'Awl.,  Harîb,  Bâ  Kâzim,  =  Mekkah  ^^s^.  La 

forme  jjisî  des  verbes  est  encore  très  vivante  chez  les 
Bédouins  du  Sud. 

87,  11:  lâma  =  lamma.  Voyez  ici  p.  465  et  ss. 

87,  14:  yubton,  Hrb,  est  pour  yibton,  par  assimi- 
lation vocalique;  ^^,  0.   On  dit  dans  les  pays  où  les 

eaux  vont  vers  la  mer  :  j^J!  ^'i  ^\-^  bV^.»  leurs  eaux 

vont  vers  la  mer,  et  dans  les  pays  où  les  eaux  vont 
vers  le  Rubâ'  el-Half ,  ^^2^.  indique  la  direction  du  Nord. 
Dans  le  premier  cas,  q-pL  est  le  Sud  et  Jjj',  le  Nord, 

p.  885,  tandis  que  dans  le  second  cas  c'est  tout  le  con- 
traire. C'est  la  direction  des  cours  des  wâdis  qui  sert 
de  norme.  Cf.  Hdr  p.  31.  La  différence  avec  Snouck,  OS 
Festschrift  de  Nôldeke  I  p.  101  note  1,  dépend  de  la 
même  raison.  C'est  le  â^îLlî  o^b,  au  sud  de  W.  Beyhân, 
qui  forme  la  séparation  des  eaux,  dans  la  contrée  au 
n  0.  d'ecJ-Dâhir. 

Un  poète  yâfi'ite  répondit  à  Dô^an  par  une  qaçîdah 
qui  commence  ainsi:  (citée  ici  p.  543  et  p.  1228): 

r_   I 


(2y.Joi-!    J^'i    3    ^U>"^'    ^    O».=>o!5 


1)  Ou  il  manque  une  longue  après  jflj,  ou  bien  le  second  pied  est 
-'^-,  par  inadvertance  du  poète,  ce  qui  n'est  pas  impossible  dans 
ce  mètre. 

2)  Prononcé  adîr  par  l'intermédiaire  de  J.^c^- 


1322 


0  oiseau,  emporte  ma  réponse!  Et  fais-la  partir,  toi 

/■(messager), 
Et  marche  par  le  pays  des  Hanas^)  dans  la  sombre 

[soirée. 
Engage-toi  dans  le  Wâdi  Sulub^)  et  passe  chez  Ibn 

fes-SâfiH. 
Et  décris-lui  les  qualités  du  pays  que  tu  auras  par- 

[couru  ■*). 

87,18:   luidâd,   o)aJ>,   Dt  =  iLi^^,   Beyhân,   pi.  bÂ=>, 

pour  5Âi>].  C'est  le  classique  3J>,  ■63j>  et  o^Jd>\.  Mais 

le  sing.  j>\od>  a  dû  se  trouver  aussi;  le  pluriel  classique 

BÂi>),  que  L  A  IV  p.  140,  3  considère  comme  irrégulier, 

le  prouve;   avec  le  sing.  o'A>,  au   contraire,  il  devient 
régulier. 

87,  22:  min  es-samiV,  ou  s  à  ma,  selon  l'accent,  est 
un  adverbe  partout  usité  dans  le  Sud  =  jjy,  comme  ici 
86,  25,  ou  oy  ^j^ .  Si  iL<v.,  ciel,  ne  venait  pas  de  ^^^ 
être  haut,  il  me  paraît  bien  difficile  qu'on  ait  pu  en  faire 
la  locution  adverbiale  présente.  Son  synonyme  classique 

est  iUlc,  de  ^U,  être  haut.   Dans  l'Arabie  méridionale, 
iUw  est  le  point  cidminant  du  ciel  :  ^UwJl  ùi  ^Jl\,  comme 


1)hey-tib-te-sîr    =  ytt^  ^  ^i^-;^  (j-»  •  ^^^^  ^j^  est  =  là  où. 

2)  Voyez  Arabica  IV  p.  33. 

3)  Bent  Southern  Arabia,  carte  p.  400.     . 

4)  Propr.  :  là  où  in  voudras  passer. 


1323 

OD  me  l'expliqua').  Dans  la  lurah:  ji^  s^UI  ^^  ^  i-Uv, 
^5  ^^î  Lo,  L  A  XIX,  p.  122,  7,  9,  même  le  dos  du 
cheval  est  A^,  ibid..  Hommel  SA  Chr.  pp.  19  et  46 
(souvent  répété  par  lui)  veut  que  ^'i-fw  soit  composé  de 
s  (s)  causatif  et  de  ^Lo,  caw,  =  celui  qui  donne  l'eau,  la 
pluie.  Mais  ce  serait  là  une  composition  bien  extraordi- 
naire dans  les  langues  sémitiques,  où,  que  je  sache,  le 
causatif  ne  figure  que  devant  les  verbes.  Et  si  iU%v  est 
aussi  ■-=^,  pluie,  c'est  par  métonymie,  au  même  titre 

que  'èu=>j,  pluie. 

Comme  toutes  les  langues  sémitiques  possèdent  le  mot 
iUw,  il  faudrait,  si  l'étymologie  de  Hommel  est  bonne, 
que  cette  composition  extraordinaire,  s  +  m  â",  ait  été 
formée  à  une  époque  à  laquelle  nos  connaissances  n'ar- 
rivent pas.  Nous  trouvons  ^L^  déjà  au  début  des  Baby- 
loniens, et  alors,  ou  ils  l'auraient  forgé  longtemps  avant, 
selon  une  morphologie  non  sémitique,  ou  bien  ce  mot 
est  soumérien,  mais  alors  ^^U  n'y  a  que  faire.  Pour  ma 
part,  je  m'en  tiens  à  l'étymologie  courante  de  ^^^  être 
haut,  pour  ne  pas  me  perdre  dans  une  hypothèse  in- 
sondable. Cf.  Brockelm.  V  G  S  S  p.  232. 

87,  17:  furda.  iUji  est  traité  Hdr  Gloss.  s.  v..  C'est 

[iJLjti  Hdr   p.    252]    originairement   échancrure,    Boh.   I 

p,  101,  12,  M.  ^i  j.  j^yj'  ^i  iuIiS!  ii/to^!  L  A  IX  p.  70, 3 
d'en  bas,  de  [jo^,  faire  une  entaille,  pc,  faire  une  cre- 

\)  Cola   rappelle  singulièrement  kima   kipatti    s  a  mi    iiirsiti, 

Jensen   Epen    und  Mythen  p.  254,  v.  2,  KAT  p.   lt'>0,  =   lyJ    US' 
(j»."^t5  iL^wJ!  ;  cf.  JAmCos  et  |  ^  «->^  ,    voûte,  v^'    t*-^    ^^ 
sont  congénères;  Schulthess  U  W  p.  15. 


1324 

vasse,  bab.  parasu,  percer.  Port  est  secondaire  en  tout 
cas,  mais  je  ne  sais  si  ce  sens,  q-s-^'  h  ^,  L  A  IX 
p.   81,    3,   provient  directement  de  '»^^,  échancrure,  ou 

de  (jTjS,  imposition,  's^f,  taille,  droit  de  douane.  L'hébreu 
l'^Dp,  crique,  port,  semble  militer  en  faveur  de  la  pre- 
mière alternative.  Si  l'échancrure  est  grande,  elle  s'appelle 
^j^Sio  [class.  y^Xo].   De  là  le  nom  de  y^   .y>  à  Aden. 

C'était  un  pont,  construit  sur  des  piliers  en  maçonnerie, 
qui  reliait  l'île  d'Aden  avec  la  terre  ferme.  Il  n'existait 
plus  au  temps  d'Abu  Mahramah,  qui  en  parle  dans  son 

Histoire  d'Aden.  Pour  illustrer  le  ,.,l\c  'x^J>  et  en  con- 
nexion  à  ce  que  j'en  ai  dit  Hdr  Gloss.  s.  v,,  je  vais  re- 
produire l'intéressant  article  d'Ibn  el-Mogâwir  sur  ce  sujet. 

i3w_^_:>    JS^  jytLj^*,    .^Uit   sy^lî    Q'-^-c^    lA'    V*-^j-*    d^3    '^' 

^^  ,^Jo!  (2^i>>5!  J^>j>  ^!  _^3    C»\ij»^  \i  *j>^  ti«clj  i^oLj 


4)  Ms.   [i^  et  plus  bas  IjjJkP  y,   dont  je  ne  sais  faire  que  ce  que 

j'ai    écrit.  l55^^>  pl-  LfJ^t    ^st  à  présent  une  2)c<i7e  barque  sur  la 

côte  de  l'Arabie  du  Sud  et  en  'Oman,  RO  §127,  §271,  p.  279,  '*; 
Vollers,  Z  D  M  G  49,  p.  503,  '•>.  C'est  un  mot  javanais,  pas  indien. 
A  Jahn,  M  S  p.  189,  donne  le  plur.  hawàriye,  ce  qui  est  une 
erreur,  et  il  copie  RO  sans  le  nommer.  J'ai  adopté  la  forme  excla- 
raative  du  Sud. 

G 

2)  Abu  Mahramah  les  appelle,  dans  son  Histoire  d'Aden,  t!y02j<UI  J.x> 
et  ''yca3-t  (^j*-2^>  !    Cette  montagne  est  vis-à-vis  de  6,  Sîrah  et  dont 

la  pointe,  vers  le  Sud,  s'appelle  encore  . j**^!  J-^^J  comme  aussi 
chez  Abu  Maljr.;  il  y  a  encore  un  poste  d'observation,  iJ-Li^. 


1325 

cio^t  eUô  ^  ^^  L^^/i5  u"-^'  ?^J^  ^^^  ^!  ^^.    ^y'LJ! 

(^j>Lu  j-is  x«j>'t,/o  ^!   .L;it  v^y*  *-^'  ^^A^Le  ^ii^^j  oytlî  s^^  J^c 
^y [5  ^t  ^'J.\  ^_^  (^  (?)  v'^  ^j^.  ^^^  v-^ji!  (-  c^i^L? 

o  >  oc  ' 

^5L>Lu  ^t\jtj_5  aj^àILi  ^.Um  jjicî  (^ly'  'AjLc  j^  „^  îj'i  JdJ! 
eVJôj  ,_,jCL  ^Luo  v^/«  J^  en  *^  L-c^  ^-^^V^  «/^  ^  o'^  qIî 

i_^jit   Vî-^    ''^^   L?"^^^    j-'Ci-c   Vr*^    ^"-^'^   o'^   O^    ('ïiUd,^!   ^j-, 

•1)  Je   ne  connais  pas  ce  nom.  Ce  ne  peut  être  Sja>^,  qui  est  une 
montagne  isolée  dans  la  mer. 

2)  Mon   ms.  :  -'^  Ij   Vy^  ;    '^s   autres  :    ^"^  [i  v'r?**    ^^  *^''*''^ 

o 

qu'il    faut   lire   («^bi    à   cause   de   ce   qui  suit,   v'-"?"   doit  rtre  ou 
.L-=>  =  — »-j^ux,  ce  qui  n'est  pas  très  bon,  ou  bien  t^^j^j   comme 

(^Lo,    courrierl 

3)  Mon  ms.  :  v-j'-^-  ^)  Mss.  :  k*^  \>^  sans  b. 

5)  Mon   ms.:    ainsi.   De   Goeje   veut   lire   [jo^\    ce   qui  n'est  pas 
probable.  6)  Mon  ms.  :   oî^jL**^'. 


1326 

*Aaj3  ^:^3  A-'  Qi^*J  _;!  *4^*^  O  ^  V^y^'  J^'  CT*  ^j^  3' 
^0^3    »L^UJ!   iUwtj    sJ^LLj'    j«^'    -r-^^i    (^  '■iJ>y>\jù^  y^    ..^^ 

Lo  ^  uc^'y^'  ^^-*-i)  ^1>^  L5^y  ^'  '^^^b  ^**';  f^  AJlJî 
^^   Q-jj  Q-.^   V^j^'  vi^Jc^.    \j^"l\*=:_5    .Lrpw^Jt  iU-«!  ^^  '1^-y^ 

J^3  (i  !i'j  iGVj'uio  >'  Jc=>lj3  J-il^'  ^-é^:?^  d^i  er  »3^'  O*/^ 
(jixXâiî  iAx-wj_5  ^^LI2JLav.jI  wo'ij  ivjJi  *AJLj"  i_5v*,'3  (^  Lf*r^'  V^r^' 
(jv-^Xltj    Jt«iJlj    A/o'ufjti!   ^lî   (^iX-yCsjJî   i}->^3    ^^)   ^•^^   ^^;   lA-^ 

o       >  .^  -       ) 


1)  Mon  ms. :  »yij  y^  ^ij^]  Miles:  syu.  Ma  leçon  est  une  simple 
conjecture,  surtout  le  dernier  mot  (^iS^à>lxl\). 

2)  Dans  le  Sud,  on  ne  dit  que  ^^^^ •>  avec  deux  r,  comme  aussi 
Stace  p.  31  s.  v.  clerk.  ^S  est  peut-être  étymologiquement  plus 
juste,  mais  on  ne  le  dit  pas,  et  je  m'en  tiens  à  la  prononciation 
actuelle. 

3)  Mon   ms.  :    oLoU^aJI;   toujours   avec  \j>^  chez  Abu  Mahramah. 

4)  Mon  ms.  :  'o!^. 

5)  Observez    que  I.  el  M,  no  se  sert  pas  ici  de  'iJo^. 

•H  V.    J  O  > 

6)  Les   ms. :   »r=>3.    '•i:=>   est    =    ài^^    v.    ici    p.  433   en  haut. 
1)  L.  :  8^   M.  :  ^^.    S.  :  »y^. 


1327 

^jis>-^^^  0^3^'  ^  '^*-V^J  (^  V/^'  ^l-^'  (ji-^'^-à-J  jy^  dVJ^ATj 

-^  ^  j  ' .       •  -^  ^>  r    •• 

Mention  de  Varrivée  des  bateaux  à  Aden, 

Lorquhm  bateau  arrive  à  Aden  et  que  le  gardien 
(vigie),  qui  se  trouve  sur  une  montagne,  le  voit,  il  crie 
de  sa  plus  haute  voix  :  „  Uii  bateau  *)  /"  Cette  montagne 
est  la  fin  {la  pointe  sud)  de  (jebal  el-Ah(Jar  sur 
laquelle  a  été  construit  /e  Husn  el-Ahdar;  elle  s'ap- 
pelle originairement  (je  bal  S.  (fj.  Le  gardien  ne  peut 
y  voir  qu'au  lever  et  au  coucher  du  soleil  parce  que, 
à  ces  heures,  les  rayons  solaires  donnent  directement 
sur  la  surface  de  la  mer,  ce  qui  fait  qiî'alors,  malgré 
V éloignement,  on  peut  distinguer  n'importe  quoi.  A  cet 
effet,  le  gardien  a  placé  devant  lui  une  éclisse  de  bois, 
et  si  quelque  chose  se  présente  à  sa  vue  sur  la  mer, 
il  lui  braque  dessus  V éclisse  de  bois.  Si  c'est  un  oiseau 
ou  quelque  chose  de  semblable,  il  dévie  à  droite  et  à 
gauche  ou  bien  se  levé  ou  descend,  et  le  gardien  sait 
alors   que   ce   n'est   rien.    Par   contre,    si   le  point  à 


1)  Ainsi  Miles.  Mon  ms.  :  bAj.  Le  œs.  de  M.  est  en  généml  meilleur. 

2)  M.  :  ^^Xii^. 

3)  Mon  ras.:  vV^-  De  Goeje  lit  v-^>  "i^'s  vy^-'  ^'^  '^"^^'  ^ 
cause  de  j.  Avec  Vt*^  l'auteur  aurait  dit  J^,  comme  un  peu 
plus  haut. 

4)  Je  répète  que  je  ne  comprends  pas  le  mot  [tj^  ou  uy^» 


1328 

r horizon  reste  ferme  sur  V ombre  ^)  de  réclisse  de  boiSj 
il  est  sûr  que  c'est  un  bateau.  Il  en  fait  part  à  son 
collègue  qui  s'écrie  :  „  Un  bateau  /"  Celui-ci  le  commu- 
nique à  son  compagnon  qui,  à  son  tour,  avertit  un 
courrier  que  le  bateau  est  signalé.  Le  courrier  va 
alors  apporter  au  wâli  de  la  ville  la  nouvelle  de  Var- 
rivée  du  bateau.  Ensuite,  en  sorta^it  de  chez  le  ivâli, 
il  informe  les  cheykhs  du  quai  des  marchandises,  et 
après  eux,  il  s'^écrie  de  sa  plus  forte  voù^,,  du  haut 
de  la  montagne:  „Un  bateau!  Un  bateau P'  Lorsque 
le  public  entend  la  voix,  on  monte,  qui  sur  une  mon- 
tagne, qui  sur  un  toit  et  regarde  à  droite  et  à  gauche. 
Si  Von  constate  alors  que  le  crieur  d  dit  la  vérité,  on 
lui  donne,  pour  chaque  bateau,  un  dinar  mâlikite^), 
qui  est  prélevé  sur  le  droit  à  acquitter  dans  la  fui dsih. 
Si  au  contraire,  il  était  menteur,  on  lui  administre 
dix  coups  de  bâton.  A  V approche  du  bateau,  les  mu- 
baésirûn  se  rendent  en  barques  au  devant  de  celui-ci, 
S' étant  approchés  de  lui,  ils  saluent  et  monte7it  à  bord 
chez  le  capitaine,  à  qui  ils  demandent  d'où  il  vient. 
Celui-ci  leur  demande  les  nouvelles  de  la  ville  et  qui 
en  est  le  wâli,  ainsi  que  le  prix  des  marchandises. 
Les  personnes  à  bord  du  bateau  qui  ont  une  famille 


1)  Je  ne  saisis  pas  bien  le  sens  de  ^^^  ^J^,  car  le  nâzùr  doit  bien 
regarder  ce  qui  est  devant  l'éclisse  de  bois  et  non  sur  son  ombre. 
L'auteur  veut  peut  être  dire  que  le  nâzûr  regarde  du  côté  de 
l'ombre  de  l'éclisse,  c'est-à-dire,  derrière  l'éclisse. 

2)  Je  suppose  que  c'est  un  dinar  pour  chaque  bateau  qu'il  voit, 
car  quel  intérêt  les  autres  bateaux  déjà  dans  le  port  auraient-ils  à 
donner  chacun  un  dînnr  à  un  concurrent?  I.  el-M.  dit  que  souvent 
il  y  avait  60  à  70  bateaux  dans  la  baie  de  G.  Sîrah,  p.  1332  note. 


1329 

ou  des  connaissances  dans  la  ville  reqoivent  ou  les 
félicitations  de  bonne  arrivée  ou  bien  les  condoléances 
sur  la  mort  de  quelqu'un.  Un  mubaééir  se  rend 
auprès  du  capitaine  pour  prendre  note  du  nom  de  ce 
dernier  et  de  ceux  des  marchands.  Entre  temps,  le 
clerc  dresse  une  liste  de  tout  ce  qui  se  trouve  dans  la 
cale  du  bateau  en  fait  de  marchandises  et  d'étoffes  et 
il  remet  la  liste  aux  mubassirûn,  qui  redescendent 
daiu  les  barques.  Ils  retournent  à  la  ville  et  se  ren- 
dent in  corpore  chez  le  wâli  pour  lui  remettre  la  liste 
du  clerc,  en  même  temps  que  celle  qu'ils  ont  donnée 
portant  les  noms  des  marchands.  Ils  lui  donnent  des 
nouvelles  concernant  le  bateau:  d'^ou  il  vient  et  quelles 
marchandises  il  apporte.  Sortis  de  chez  lui,  ils  par- 
courent  la  ville  pour  notifier  aux  familles  des  nouveau^x 
arrivés  la  bonne  nouvelle  de  leur  retour.  Chaque  mu- 
bassir  reqoit  une  douceur  pour  sa  peine  ^).  Lorsque 
le  bateau  est  amvé  dans  le  port  et  a  jeté  Vancre,  le 
délégué  du  sultan  arrive  chez  eux  (ceux  du  bateau), 
et  Vinspecteur  monte  à  bord.  Celui-ci  fouille  les  hom- 
mes, Vmi  après  Vautre,  et  Vinspection  s^étend  même 
au  turban,  aux  cheveux,  aux  manches,  à  la  ceinture 
du  pantalon  et  sous  les  aisselles.  Il  frappe  avec  la 
main  sur  la  poche  du  caftan"^)  de  V homme,  luifow^e 


1)  Je  ne  crois  pas  que  cette  phrase  se  rapporte  aux  diflérents 
membres  de  la  famille  du  nouvel  arrivé. 

2)  '3j-^i^>  est  la  même  chose  que  le  syr.  ^y»x,  Hdr  119  note,  lat. 
sinus,  mais  je  ne  saurais  le  traduire  par  un  seul  mot;  poche  du 
caftan  est  faute  de  mieux.  I  Gobeyr,  en  parlant  de  la  visite  doua- 
nière il  Alexandrie,  dit,  p.  40,  *  (II^  éd.)  >_j'l.^^^^'  ^.^m^  ^ji^JlfiJC''  ^ji 


1330 

les  mains  entre  les  fesses  et  le  flaire  de  son  mieux^). 
De  niêmef  une  vieille  femme  fouille  les  femmes  et  leur 
frappe  sur  le  derrière  et  le  devant.  Les  marchands 
en  descendant  du  bclteau  le  lendemain  pour  se  rendre 
à  la  ville  emportent  leur  bagage,  et,  trois  jours  après, 
on  débarque  les  étoffes  et  les  marchandises  sur  le  quai 
de  débarquement,  ou  on  les  défait  ballot  p)clr  ballot  et 
l'on  compte  chaque  pièce  d^étoffe. 


L^  0_^^  o'  lT**^  '"*^  l^i^J.  Et  à  propos  d'une  telle  visite  dans 
la    Haute-Egypte    p.    62,    i»:  J^^^    -bLw^i    ^\    ^JuSJ'    J^^ii 

Ces  passages  expliquent  bien  le  sens  de  'éLS\:>.  ho,  traduction  de 
Schiaparelli  p.  9:  y>E  si  posera  pure  le  mani  addosso  aile  personc per 
indagare  se   nulla  tcnessero   nelle  cinture'\   et  p.  33:  »(in  quanto 

al ),  al  mettere  le  mani  aile  cintole  dei  mercanti  pervedere 

eiô  che  portaiio  sotlo  le  ascelle  od  in  seno  di  dirham  0  di  dinar, 
accadono  cose  orribili"  etc  n'est  pas  exacte,  comme  on  le  voit,  car 
le  texte  arabe  ne  porte  pas  de  mot  signifiant  cintola,  et  la  dernière 
traduction  de  S.  est  même  très  peu  réussie.  Nihâyah  I  p.  203,  :=  L  A  VII, 

p.  197,  '*,  a  la  vraie  définition;  ^    Jy^^    tX-ii    ^^J^    ^j^^   J^-^^b 

3.yL:S\JJ  3j^  )^y^  ^^^'  ^^  forme  &ix2,  Hdr  p.  252,  montre  que 
ce  mot  doit  indiquer  un  endroit  creux,  un  évasement,  un  trou,  un 
vide,  etc.  Cet  endroit  est  bien  formé  par  la  ceinture  qui  serre  la 
chemise   ou   le  caftan,  qui  par  là  fait  poche,  mais    »j^    n'a  jamais 

pu  signifier   ceinture,   pour  laquelle  jl-?^^>  aurait  été  la  forme  régu- 

o  > 

lière.  Son  synonyme  &Xa:>  est  si  bien  précisé  dans  L  A  XII  p.  288, 
qu'on  ne  saurait  douter  de  la  justesse  de  mon  obser\ation. 

i)  On  serait  tenté  de  lire  \4.iL«ioj,  il  (le  fouillé)  V injurie,  mais 
les  mots  suivants  ne  favorisent  pas  cette  leçon.  L'inspecteur  le  flaire 
pour  savoir  s'il  a  encore  quelque  chose  de  caché. 


1331 

*jto^  n'est  jamais   chez  I.  el.  M.  ni  port^  qu'il  appelle 

^_g^yc,  ni  droit  de  douane^  (\\\.\QsichQz\m.yù:^.  Il  dit  qu'on 
était  de   son   temps   obligé  de  payer  un  quintuple  droit 

d'entrée  à  la  fois:  s^  j.  oL%-^£  ^.r-^  '^><=>jr^.  r3î  }-^*, 
'ijojù]  JLo  _^3  *JiAï  ,«,-i^x::  sA^ij,  V ancien  droit  d'entrée,  ce 
qui  est  la  redevance  due  à  la  douane.  On  peut  bien  tra- 
duire iôto^  par  douane,  R  0  §  27,  ou  port,  puisque  c'est 
là,  à  ciel  ouvert,  sur  l'emplacement  du  débarquement, 
que  les  formalités  de  douane  ont  lieu,  mais  primitivement 
's^J)  n'était  que  la  baie  où  se  plaçaient  les  bateaux  pour 

décharger  et  où  ro7i  s'acquittait  de  la  taille,  iJuJLc  ij^^  L. 

Sur  la  construction  de  la  fur 4a h  d'Aden,  voyez  Hdr 
p.  674. 

87,  18:  lahf.  oti-,  a,  échancrer,  affouiller,  et  au  fig. 
manger  goulûment  en  prenant  dans  le  plat  avec  toute 
la  main  et  la  porter  avidement  à  la  bouche,  s^î  ^J>^, 
sabler  le  café  d'un  seul  trait.  Les  dictionnaires  n'ont  ce 
verbe  que  dans  le  sens  de  rosser,  battre  avec  violence. 


_  o    . 


87,  19:  masnah  =  madwah.  ^3-^,  mur  de  sou- 
tènement du  sôm,  levée  de  terre,  pour  empêcher  l'affouille- 

-  o  ^ 

ment  des  eaux,  aussi  appelé  en  Dt  l\*^^^.  ^u-w,  soutenir, 
appuyer,  étayer.  L  A  m  p.  822,  7  a  «^jL^v  =  ^_py:,  mais  je 
ne  sais  si  c'est  le  même  verbe  ou  une  variation  phonétique 
de  Jj.*v,  même  sens.  La  continuation  du  passage  de 
l'Histoire    d'Aden    rapporté    p.    1142    est:    UiLC»  t^j^ 


1)  Je   ne  sais  an  juste  ce  que  c'est.  Faut-il  lire  'iJ'jsJ'i,  de  l'entrée 
du  port?  I.  el-M.  énumère  les  quatre  recettes  de  douane  qui  devaient 


1332 

on  boucha  son  emplacement  avec  des  pierres  et  on  y  jeta 
de  la  terre  de  fûwah  et  des  choses  pareilles,  et  la  ville 
devint  un  snh  pour  les  bateaux.  Je  ne  comprends  pas 
bien  ce  mot  .^j;^^*.  Est-ce  mauvais  augure  ?  Ou  bien  veut-il 
dire  qu'on  laissait  Aden  de  côté?  Je  crois  que  c'est  plutôt 

cela,  ^-w,  chauffer,  .^n^uj  =  ^J^-w',  se  chauffer  en  se 
mettant  bien  couvert  au  soleil  ou  se  chauffer  en  se 
couvrant  bien  dans  le  lit.  ^^lx-wj  (sâbb)  ^.j,*^  ^}s.  ^^y\  q^^, 

on  couvre  le  malade  pour  qu'il  se  chauffe,  Beyhân,  Çarîb, 
"^Awâliq.  Inusités  en  Datîuah. 

-^A^Jî,  palissade  de  branchage  renforcé  par  des  pierres, 
ainsi  que  dans  note  texte.  Ce  mot  était  inconnu  à  mes 
hommes  hors  de  Beyhân.  Je  dois  faire  observer  que  les 
Beyhânites  prononçaient  certainement  madwah,   tout 

en  disant  que  ce  mot  vient  de  -.y=,  repousser.  Mais 
comme   ils    disaient   en   même   temps   souvent  -^ô  en 


être  remises  tous  les  ans  à  Ta'^izz:  J«^>  o.^  j»!c  J^  i5  (jr*«j!  o°3 

vX  iS  o''^  cr  ^/-  o^^  (-^^  '-^b  '-^f  Dvl-^'  u^r*-?^  »^ 
il    ^J^   ^y,   S^  ^if>  io!ji>3  ^Jui  ,y  yù\  Jy=>o  iulj=>5 

^^  kiUJ»  «laûjS^  (j^ij  i-^'v  v^'^  O^t  U'^r^'«^*^3  ^.'-<  ^-^*^  05^ 
(625)  iu'uJl»«5  ^^-X!xc5  jj*».*^  ii.^  '^ÀP  LoLot.  Je  ne  sais  s'il  s'agit 
ici  de  l'importation  de  fûwah,  terre  tinctoriale,  qu'on  jettait  là  après 
s'en  être  servi;  ce  ne  peut  être  ni  la  garance  ni  l'orcanète,  qui  sont 
des  plantes  et  ne  donnent  pas  de  vIt*  •  '-r^^'  (•3'-^'  «t  v^^ '  f^ 

me  semblent  être  de  la  même  catégorie  que  3^'  à^'^i  ^t  ce  mot 
pourrait  au  fond  signifier  ici  l'entrée  du  port. 


1333 

l'expliquant  :  (j^Iaiî  ^^  ^U!  ^*,c^.  =  q="Aj,  il  refoule  l'eau 
loin  de  la  terre,  j'étais  fort  incertain.  Les  autres,  non 
Beyhânites,  ne  voulaient  rien  savoir  d'un  verbe  -Lïr, 
Jô  ^).  qt»  peut  devenir  o  par  l'intermédiaire  de  o,  v.  Gloss. 
s.  V.  ^,  et  ^y^  >  ^^o  n'est  pas  impossible. 

Le  verbe  -•^ù,  -i^j  impérat.  «50!,  est  partout  dans 
le  Sud  verser.  sA^^iî  ^^^  dU  -^oi,  vêrse  Teaw  de  l'écuelle 
(ausgiessen) ,  Dt.  -,^lXj  J-ylJî,  ^e  torrent  verse  ses  eaux, 
IJarîb,  =  Aden  Jy>,  sur  lequel  v.  Pldr  Gl.  s.  v..  -ÏÂil, 
descendre  d'en  haut.  ù\ôsj^\  îa^  J,  -,jAJ  L,  ?iot(5  a/tows 
descendre  dans  cette  fosse,  Dt.  ^c^y  î  J,  P'3'->^  J^y*^'»  ^e  tor- 
rent se  verse,  roule  ses  eaux  e7i  descendant  le  wâdi.  Par 
contre,  ^U!  Jo,  0,  est  l'eau  qui  fait  du  bruit,  comme  p.  e. 

lorsqu'on  pisse  ou  verse  un  liquide.  -.^Aj  J^-a^JI  =  ^53*-^^  = 
^IJyjs^j  ou  |*.:^^Avo,  ?e  torrent  bruit.  Dans  la  lurah,  -b  est  = 
yj^^  et  pourrait  être  le  membre  intermédiaire  pour  -y:o 

Dans  l'inscription  de  Libneh  (Obne),  Hommel  S  A  Chr. 
p.  120,  id.  A  A  p.  167,  nous  lisons  1.  4  :  ,^  o^^^ 
j^yto^  j.Aw3  Vt**^)  ^^  ^^  c^^e  de  derrière  devait  être  (fait) 

-  i)  Racine  -,^,  stossen:  y^,  wegstossen,  Dt-,  cf.  cl.  r^-^,  Diw. 
Hod.  Wellh.  N°.  139  v.  11   et  comment,  p.  414;  wA>0,  Hdr.  Gloss. 

o  o    -  o  ' 

s.  V.  :  oL>>>  ^sJ»  J.^,  Haffner  A  L  p.  72,  ult.  =  Oixu>,  clans,  et 
^aulaqî•,  ^y>0,  Ildr  Glos.s.  s.  v.,  Ges.-Buhl  II  W  B  s.  v.  nm.  Dm, 
Pjm  et  pni-  ^aXJo     ^Jj>u>,  il  me  donna  un  coup  avec  V épaule. 


1334 

en  pierres  équarries  et  (comprendre  aussi)  une  digue  et 
un  mur  de  soutènement.  Je  traduis  ainsi  ^jyi:  en  pen- 
sant  à  ^y^-  Pourra-t-on   recourir  à  l'arabe  (^^?  Hdr 

Gloss.  s.  h.  V..  Un  village  de  W.  Gerdân  s'appelle  ^g:>\yal\, 
Arabica  V  pp.  228  et  255,  et  le  nom  me  fut  expliqué 
par  ^i^j^,  murs.  On  voit  que  je  suis  bien  incertain  sur 
l'étymologie  de  ^yi=x). 

,  c   - 

Un  synonyme  de   _v:2X)  est,   en   Beyhân-Harib  seule- 
ment, ,;;navL«:  nisôh  "^ala  sabb  et-tîn  la  yisilleh  es- 

s  ê  1,  nous  le  faisons  afin  que  le  sêl  n'enlève  pas  la  terre, 
Beyhân.  Hors  de  Beyhân,  on  l'appelle  aussi  àixlca^,  v.  d. 
Berg  le  Hadhr.  p.  282,  3  et  note,  ou  j^^).  Ce  mot  est 
intéressant.  C'est  sans  doute  le  babyl.  mezah,  ceinture, 
et  l'hébreu  njp,  ceinture,  digue,  Ges.-Buhl  HWBp.  371, 
et  Bondi  donne  pour  l'Egypte  m  s  h,  ceinture.  C'est  donc 
un   mot  cultural  oriental,  dont  le  point  de  départ  n'est 

pas   fixable.    On    est    aussi   tenté  de  ramener  f^.>^,  pi. 

_LM*/it  et  p-y*^,  cilice,  à  la  même  origine,  malgré  l'éty- 
mologie de  Hoffmann  Z  D  M  G  32  p.  760,  Vollers  ibid. 
50  p.  649  N°  307.  Le  changement  des  sibilantes  ne 
ferait  point  de  difficulté. 

87,  22:  lisez  em-samà'  et  1.  23,  el-mâ'. 

87,  25:   Sur  y>,  o,  et  '^j  voyez  ITcJr  Gl.  s.  v.  et  ici 
Gl.  s.  V.. 


4)  Cf.  les  ^^i  (sirtg)  d'un  escalier  en  pierres  6ez.  p.  7G,  •:  Hdr 
Gloss    s.   V. 


1335 

87,  26:   hurrug.   ^^L=>,   pi.   _p.,  une  hête  à  cornes, 

bœuf  ou  vache,  dressée  au  labourage,  hête  de  labour,  fum. 
iê>.L>;  le  pluriel   comprend   les  deux   sexes.   „j,j>,  être 

dressé  au  labourage  (bête),  =  _y^".  _j^,  transitif.  Ce  sens 
est-il  un   dérivé  d'être  opprimé,   être  oppressé,   ou   bien 

o 

doit-on  y  voir  un  rapport  avec  -j;>,  collier,  L  A III  p.  60 
en  bas,  à  cause  du  joug,  .^  ■=  ^^,  qu'on  met  sur  le  cou 
des  bêtes  de  labour?  De  là  vient  sans  doute  l'algérien 
^j=>,  chamarrer  etc.,  et  l'algérien  J  -/>,  préparer  pour, 
ne  me  paraît  pas  éloigné  du  sens  sudarabique.  V.  Beaus- 
sier  s.  v..  „j>=>  en  Algérie  harnachement.  Bel  Djâzya  p.  85 
(t.  a.  p.). 

87,  28:  yisqaf.  v^jiiii;,  a,  retenir,  empêcher  de  s'en 
aller.  Yisûwûn  ^'abâr  (s.  ^ubîir)  yisqaf  eramà^ 
minem-wâdi,  on  fait  des  canaux  qui  retiennent  (col- 
lectent) l'eau  du  loâdi.  J  ^jùLù,  •=  J  tj:^_«.j,  empêcher 
d'avancer  en  lui  coupant  le  chemin,  faire  face  à,  barrer 
le  chemin  à  qqn  pour  l'attraper,   suédois  mota  et  bas 

allem.  inoten  =  ^Jlc\  .  ^J  u>^.^  ^  dit  un  Datînois  lors- 
qu'un autre  le  devança  et  l'empêcha  d'arriver  le  premier, 
il  m'a  barré  le  chemin  =  ^l  {j/Jûj,  G  0.  Autre  ex.  p.  660,  s. 

L'adjectif  'omânais   ^jiai,  que   Reinhardt   traduit,    RO 

pp.  63,  8,  64,  3,  un  peu  librement  par  w/VV^ew^^  et  pp.  173,9 
d'en  bas,  322,  s  d'en  bas,  par  steil,  est  véritablement 
qui  empêche  d'avancer.  Schulthess,  ne  connaissant  pas 
bien  la  prononciation  'omânaise,   a  fait  de  ce  sqùf  un 

verbe   „UiJJ^,  steil  sein",   U  W   p.   84,  note  1,  mais  un 

88 


1336 

tel  verbe  ne  figure  pas  dans  E,  0.  Il  n'a  rien  à  faire  avec 
î.â.AûA, ,  rocher,  ni  avec  f^p^,  s'élever  au-dessus  de,  =  ^jâ^, 

L  A   XI  p.   56,  e:   P^pjl'  otLjî,  et   ibid.  1.  3  d'en  bas: 

aJA>  JJaj   vjijtS  v_M»J!;  I.  el-Qût.    p.    77,   lO:    LàJLw  oi-ii-*« 

Un  synonyme  de  w^  est  Ui-^,  i,  qui  est  véritable- 
ment plier.  Ce  v^jiïx:  sudarabique  me  paraît  être  un  ac- 
couplement de  oJ-ii  +  ^-"  (^-AJj))  peut-être  aussi  un  s  a  fa  1 
de  oii.  s-àJi^,  fendre,  briser,  pp.  360  et  1160  n.,  est  plutôt 

un  développement  de  oi-ii.  o!-«-^i-J'  =  v_>iixiit,  se  casser 
(objet  de  verre,  de  terre  cuite,  etc.). 

88,  2:  yitlemô'.  ^Jù',  o,  i,  faire  des  sillons,  labourer. 

G 

Le  subst.  jjlj'  sillon,  n'est  nulle  part  dans  le  Sud  pro- 
noncé autrement,  c'est-à-dire,  pas  jJLi.  Syrie,  talm.  Hart- 
mann LLW  p.  47,  Il  a  tilm  pour  „les  fellâhîn  d'Egypte"^), 
de  même  que  les  dict.  de  Hobeiche  et  de  Dozy.  Person- 
nellement, je  n'ai  jamais  entendu  ce  tilm  en  Egypte. 
Toutes  les  autres  langues  sémitiques  l'ont  avec  t,  Ges.- 
Buhl  HWB  s.  V.,  même  le  copte  tlom.  Fraenkel  FW 
p.  131  croit  que  ^i"  est  primaire.  Possible,  mais  il  y  a 
bien  longtemps  alors,  car  sous  la  forme  tlm  le  mot  est 
devenu  cultural  à  une  époque  éloignée.   L'égyptien  jji 

[si  cette  prononciation  est  hors  de   doute],  pèserait  un 
peu  dans  la  balance.   Mais  il  se  peut  que  les  fellâhîn  de 


1)  »Fellàhîn  d'Egypte"  est,  à  mes  yeux,  un  lieu  commun,  car  les 
felUihîn  de  la  Haute  Egypte  ne  parlent  pas  comme  ceux  de  la 
Basse  Egypte. 


1337 

la  Haute  Egypte  prononcent  ainsi  sous  l'influence  de  JLi, 
ce  qui,  à  mes  yeux,  est  pourtant  très  incertain.  Encore 
aujourd'hui,  dans  le  Sud  de  l'Araliie,  on  entend  quel- 
quefois un  o  faible  là  où  il  y  a  assurément  un  o.  Nous 
savons   que  i^oo  est  écrit  <c>^"->  dans  les  inscriptions 

sabéennes,  malgré  l'existence  du  o  sabéen.  v^'  6st  une 
tribu  de  plus  de  100  hommes  dans  le  W.  Dô'an  en  H(.lr. 
Elle  est  indépendante  et  prélève  le  magbâ;  elle  habite 
dans  des  huçûn  et  se  dit  originaire  de  Datînah.  C'est 
sans  doute  ce  qui  reste  de  l'ancien  iDDD,  Glaser  N°.  1359/60, 

1.  6,  Die  Abessinier  p.  68,  =  wvlai'.  Le  verbe  jjii,  être 
ébréché,  est  encore  très  vivant  en  Arabie  ^)  ;  dans  ie  Sud 
et  en    sabéen   il  devient  ^Js  =  jCsS,  Hçlr  p.  362,  p.  326 

note,  p.  324,  et  Ji  est  déjà  classique,  Praetorius  Beitr.  z. 

Assyriol.  I  p.  43.  jjs,  brèche,  Rôssler  MSOS  I  p.  73,  is; 

Uàjî,  être  ébréché,  ibid.  p.  75,  ic.  Qâmoûs  seul  a  ^àjî  jJUsî 

&xxXj>.  Mehri  filmât,  SpUtter,  Jahn  M  S  p.  177.  Je 
demande  donc  donc,  si  ^'  est  la  forme  originale,  pourquoi 
cette  prononciation  ne  se  serait  pas  conservée  dans  les 
milieux  où  le  viy  est  toujours  prononcé  tel,  t,  et  où  t  >  t 

n'est  qu'une  exception?  Si  l'égyptien  JLj  était  primaire, 
on  le  rencontrerait  certainement  quelque  part  en  Arabie. 
Une  locution  dans  le  Sud  est:  &IJ!  ^jb"  jjli"  ool  Lo,  tu  ne 
marches  pas  dans  le  droit  chemin,  en  guise  de  reproche. 
Le  *Ut  ^■,  le  sillon  de  Dieu,  joue  un  grand  rôle  chez  les 


1)  »En  Beyhân-Harîb"  il  y  a  même  l'intensif  (t-fc^. 


1338 

Arabes  méridionaux,  Nous  avons  déjà  vu,  p.  457,  que 
„le  sillon  votif",  ''^Ji_yl\  jjû',  c'est-àdire  le  produit  d'un 
sillon,  est  consacré  au  sanctuaire  de  l'endroit.  Au  village 

d'el-Hagêr,  [-.j:^uJI,  la  petite  ville],  dans  le  pays  de  Marhah, 
habitent  les  Ahl  'Atîyeh.  Ce  sont  des  masâih,  descen- 
dants   du    welî    Muhsin   b.   Hoseyn  qui  y  est  enterré; 

4  hommes.  On  leur  donne  trois  j.^Ljf,  sillons,  de  chaque 
propriété  rurale.  En  revanche,  ils  offrent  l'hospitalité  aux 
voyageurs.  Les  Bédouins  du  Nord,  chez  qui  il  n'existe 
pas  de  masâîh  (descendants  de  familles  himyarites) ') 
et  où  les  sanctuaires  sont  fort  rares,  exercent  l'hospitar 

lité  publique  dans  le  .Jl^  ou  à*--^- 

88,  3:  'ageb  hâda,  \JsS>  ^-^Jic,  est  une  locution  adver- 
biale qui  n'est  pas  employée  dans  notre  dialecte,  =  ]Sj>  Juu 

ou  -iJsjii  Dt,  ^ijou,  Hdr,  =  -^^JH,  82,  18,  mais  elle  est  cou- 
rante en  Hdr,  Hdr  Gl.  s.  v.,  en  'Oman,  R  0  p.  7,  a  d'en 
bas,  au  Yéman,  dans  tout  le  Nord  et  chez  les  Bédouins 
de  Syrie.  Je  la  trouve  très  souvent  dans   mes    textes 

bédouins  du  Nord,  aussi  sans  le  pronom:  ^•r'^,  "ugëb, 
même  'ugbin  ou  'ugban,  comme  Socin  Diw.  I  p.  298,  i7, 

p.  296  W  1.  6.  En  Hdr,  on  dit  de  même  ^Jik,  H(Jr 
p.  278,  4,  ou  !  j  w^iic,  ibid.  p.  286,  s,  g  =  4^>  ^'bid.  p.  456. 

o  — 

L  w^Ji£  conj.,  après  que,  est  employé  là  où  l'est  w^c. 
Dans   Hdr   p.  454   et  p.  771,  j'ai  tâché  de  prouver  que 


\)  Dougtliy  II  p.  522  parle  de  »tribus  d'asrâf"  dans  le  Higâz, 
mais  il  faut  voir  si  ce  sont  là  de  vraies  tribus,  comme  celles  des 
niasâib  du  Sud.  Cf  Musil  A  P  III  p.  73  en  bas. 


1339 

la  désinence  des  particules  telles  que  À*j1),  JJi,  vjy 
est  originairement  le  pronon  personnel  cristallisé.  Elle 
était  d'abord  longue  et,  comme  telle,  s'est  conservée  en 
éthiopien,  Dillmann,  Gr.  Àth.  Spr.  p.  431  en  bas,  et 
Praetorius,  Gr.  §  158,  qui  la  considèrent  aussi  comme 
un  reste  pronominal,  contre  Barth  Z  D  M  G  46  p.  706. 
Une  telle  opinion  n'était  pas  non  plus  tout  à  fait  étran- 
gère aux  grammairiens  arabes,  Jahn-Sîb.  I,  ii  (Erklârungen) 
p.  13  Nos.  24  et  25,  I.  Sîdah  XIV  p.  82.  Le  ba'da 
tunisien,   ensuite,  Stumme  T  Gr.  §  173,  est  sans  doute 

slXjÇ,  prononciation  bédouine  du  Nord  et  surtout  du  Sud 
(excepté  en  Hdr,  oii  ba'duh),  comme  le  tlemcenien 
''âda  =  'âd,  l'est  pour  ^j»!c,  Marçais  p.  182.  Brockelmann 

V  G  S  S  p.  462  voit  en  jfli  etc  un  locatif,  opinion  qu'on 
ne  partagera  probablement  pas. 

88,  3:    yineffô'.    ou,  i,    semer.    Le    Qâm.    seul   a 

LPjlXj  [jop)\  v^.  C'est  sans  doute  au  Yéman  que  Feyr. 
l'a  entendu,  car  on  ne  le  dit  pas  à  l'est  de  Beyhân,  et 
effectivement  nous  le  rencontrons  dans  ôez.  p.  199, 20  = 
ici  p.  1320.  Dans  notre  dialecte,  c'est  1°  souffier  en  sif- 
flant (vent),  avec  le  diminutif  -^xs.i,  éventer,  souffler  sur. 

o^.  LisJsJi  ^  ,_àJ ,  souffle  sur  le  (manger  du)  souper 

pour  qu'il  se  refroidisse.    .UJ!  J^  ou,  éventer  le  feu  =■ 

Nord  ^LJ!  o^,  "^Anazeh,   d'où  'sJùa,  pi.  oJ-*,  éventail  en 

1)  Sur  lX*j  Lof,   Boh.  II  p.  10  a  un  Ions  chapitre:  J.   ^i  rjA  *— >Li 

tXxj  La'  tLAxj!  JSaj  JUlir^JS.  Il  paraît  que  c'était  une  locution  favorite 
du  Prophète. 


1340 

"azaf  pour  éventer  le  feu  =  ic>3U  à  Aden.  2°  pleuvoir 

fin,  bruiner,  comme  dans  toute  l'Arabie.  ^^J.i,  pluie  fine, 
bruine,   Stace  p.  52  s.  v.  drizzle  et  p.  155  s.  v.  shower, 

Rôssler  M  S  0  S  I  p.  66,  s,  ce  qui  est  ^'uâÎ  en  Syrie  : 
la  pluie  fine,  bruine,  lorsqu'il  neige  dans  la  montagne^). 

3°  repousser  brusquement,  loegstossen.  ^y^K^  ^W=>î  ^X\ 

^Jo^^i ,  A.  me  saisit  par  le  bras,  mais  je  l'ai  repoussé. 
4°  donner  un  coup  transversal,  marquant  le  mouvement 

du  bras.  Le  bédouin  nordique  3^,  renifler  (bête),  peut 
bien  être  le  même  verbe,  ou  une  formation  verbale  de 
vjut,  D}<.  Les  développements  verbaux  de  Jl^  sont  nom- 
breux. C'est  ainsi  que  presque  tous  les  ni  se  rencontrent 
aussi  dans  un  J-xj  analogue,  comme  wà-i  et  ;^,  ^  et  Jc«->to, 

yo  et  ^^,  Âî»,  lilA^  et  j.lX.5',  etc  etc.  Je  veux  seule- 
ment relever  ici  ^^sj,  i,  expidser,  chasser,  et  ^_^î,  se 
sauver,  comme  dans  ce  verset  de  Dô'^an  (suite  de  la 
p.  1279): 


1)  Par   contre,  Oj-iÀJ,   bruine,  de   Dozy   S.   n'est   pas   connu  en 
Syrie.  C'est  un  sens  forgé  de  Boqtor.  C'est  tout  au  plus  un  diminutif 

de  \«Ji*J  ou  do  v»iji.  On  chante  à  Damas: 

iU!    i^Lii    L«    ]y^^    ij^'^    [i    ôy^3    ^JJt.'i    s^JLs^J!    sJsP 

Ma  mignonne  est  cette  gentille  petite  femme  dont  les  boutons  pro- 
clament Vunité  (T Allah.  Cette  douce  fait  des  mignardises  en  disant: 

A 

O  gens!  dites:  Cest  épatant P'' 

2)  Faute  de  mètre. 


1341 

Pour  moi  ils  n'ont  pas  labouré,  aussi  ne  m'ont-ils 

[fait  aucun  bénéfice. 
Lorsque  j'ai  vu  la  contrariété]  c'est  que  je  me  suis 

[sauvé  (d'auprès  d'eux). 

Dans   le  Nord,   ^jù  a  déjà  ce  sens  de  ^  =  o_b.  La 
célèbre  qasîdah  d'el-Hôtrôbî  ("Anazeh)  porte  (chantée): 

\^yo>yo   o.^   (^  LJ!   J^*   L-w^   Jotit  12 

i^azs  cZes  exploits  :  peut-être  seras-tu  accepté  après  avoir 

[été  chassé! 
Et  maudis  une  vie  qui  n'abrite  pas  au  jour  de  la 

[lutte. 
Paraphrasé  par  Oj^  u^^ty: 

A  l'est   de  Beyhân,  pour  où,  semer ^  on  dit  wo^o  ou 
^.ô,  Hdr  p.  189  et  s.,  mais  ce  dernier  verbe  s'applique 

surtout  à  la  manière  de  semer  avec  la  ^UaIï,  décrite  Hdr 
p.   297.  Le  verbe  correspondant  du  texte  datînois  ^^^, 

expliqué  Hdr  Gl.  s.  v.,  est  presque  une  glose  de  ^^,  car 

^.   est  asperger,   comme  la   pluie  lorsqu'elle  ouj,  et 

l'idée  intrinsèque  de  uù  doit  être  disséminer,  répandre, 
éparpiller  =  Sud  ji;^;  cf.  cl.  tjijsù,  vanner,  Tsih.l  p.  1090. 

La  même  idée  se  trouve  dans  ^.S,  si  l'on  compare  y;, 

^/>    y»    L^y»    "''N  j^>    ~^^->  jji^    ''^-'  jjy   tj)^    ^y»   ^J)^ 

piî,  yo,   etc.,   pour  lesquels  on  n'a   qu'à  consulter  mes 
Glossaires. 


1)  Obs.  \2\: 


1342 

88,  13:  yintahôh.  ;?Jo,  a,  arracher,  déraciner  p.  e. 
herbe,  arbuste,  etc,  Stace  p.  125  s.  v.  plucked,  =  Beyhân 
v_juj,  0,  qui,  en  Dt,  se  dit  plutôt  des  poils,  d'une  épine, 
etc,  I.  el.-Qût.  p.  274,  4;  =  ;jiJo,  Hdr  p.  484,  i  (n'im- 
porte quoi).  Les  trois  verbes  sont  aussi  classiques.  Dire 
des  balivernes^  ;^,  foolish  talk,  Stace  p.  67.  Il  y  a  plu- 
sieurs autres  développements  de  c>o,  qui  tous  reviennent 
à  l'idée  de  tirer  avec  force,  arracher. 

1°  .iOo  est  par  Buhl,  H  W  B  s.  v.  pn;,  comparé  à  vJUj, 
voyez  plus  bas;  il  veut  sans  doute  dire  que  c'est  une 
variation  phonétique  de  oi>j.  Les  deux  verbes  se  ren- 
contrent  seulement    dans   le   sens   class.   et  dialect.  de 

mettre  bas  et  de  aider  à  mettre  bas,  LA.  .iOUj"  s.U-J!,  la 

'  Cl.     ,   >    •  ' 

vache  met  bas,  Dt.  Si  à  l'origine  ..^  se  rapporte  à  la 
manipulation  de  faire  sortir  le  petit  de  l'utérus  ew  le 
tirant,  cela  échappe  à  notre  appréciation.  Ce  n'est  pour- 
tant pas  impossible. 

2°  i^,  déjà  expliqué,  =  ,jiJo,  ^àxj  et  ^y,  class.  et 
dial,  et  class.  ,ji>.«j,  LA  IV  p.  27,  s  et  s.,  mehri  netôh, 
herausziehen,  ausreissen,  Jahn  M  S  p.  218. 

3°  yj,  0,  tirer  cl  soi  avec  quelque  violence,  zu  sich 
reissen,  class.  et  Dt;  mordre  avec  violence,  Dt;  mehri 
netôr,  loegnehmeti,  losmachen,  abladen,  Jahn  M  S  p.  218; 

Egypte:  tirer,  d'oîi  Sii^  et  y:J-ii ,  Eg.,  déchirer  qqn  d 
belles  dents,  Dozy.  C'est  l'hébr.  "ini,  voyez  plus  loin.  Eu 
Syrie  :  ^,  o,  et  ;coî ,  s'eti  aller  fâché  (A=»î  ^J^  ou  ^^  q^). 

~  0        5 

é-XA  »;>j^  j\  „3  va-Ven,  je  suis  fâché  contre  toi,  tu  m'em- 
bêtes ;  cf.  V.  Kremer  Beitrage  z.  arab.  Lex.  s.v..  -^A^-j  j.^  jo, 
il  enleva  le  fardeau  d'un  coup,  Syrie  =  oj  ,  Syr..  L'égyptien 


1343 
yo,  anschreien^  anrufen^   engueuler^   v.  Kremer,  1. 1.,  se 

retrouve  déjà  dans  l'égypt.  c>J,  anschreien,  Hartmann 
LLW  p.  105,  114;  cf.  ùber  Jem.  herziehen. 

4°.  ^jiJo,  Nord,  Sud  et  class.,  =  ;,-oo,  arracher,  Sud  et 
class.  =  iji>.ai,  class.  L  A  YIII   p.  646,  p.  5,  g  d'en  bas  ; 

Eg.  agripper,  Spitta  Contes  Gl.  s.  v..  sXa  ,^c^^i'  kJ^'*^^ 
il  lui  arracha  le  garçon,  Syrie,  =  %^.  Fraenkel  F  W  p.  137 
veut  que  yixj  soit  un  verbe  d'emprunt  à  cause  de  îi'n:, 
6t  .^AJ)  arracher;  mais,  selon  moi,  ce  verbe  fait  partie 
du  vieux  fond  sémitique  comme  tant  d'autres  où  figurent 
le  s  commun.  Si  yiJ6  était  limité  aux  dialectes  du  Nord, 
j'aurais  quelque  doute,  mais  il  est  tout  aussi  courant  dans 
le  Sud,  et  cela  donne  à  réfléchir.  Il  a  donné  ïipi",  des- 
truere,  evertere,  en  éthioqien. 

5°.  «oj,  en  Syrie,  arracher,  tirer  avec  force.  v_jU<i!  txj 
_.t.3,  il  arracha,  chipa  le  livre  et  s'en  alla,  er  riss  das 
Buch  zu  sich,  Syrie.  nCs^^  J^  *aj,  il  enleva  seul  le 
fardeau  d'un  coup,  riss  weg,  Syrie,  comme  l'exemple  de 
Cuche-Belot  „MUi't  J.i:  \x:o,  il  l'emporta  sur  ses  épaules," 
mais  dans  cette  traduction  la  nuance  ^'arracher,  tveg- 
reissen  n'est  pas  exprimée;  eum  in  humeros  abripuit 
ou  eripuit  rend   parfaitement  la   phrase.  ^_^^\  ^Ls^'  <^, 

il  hocha  le  mors  de  la  jument  en  tirant  dessus,  Syrie,  = 

^    et    Oii^-    Au    fig.  o^;^    ^J>'^^=>    ^:j^Jf^  =  ^J:^.J^   o^.U> 

ou  ^^  .o  o^-o-",  je  me  suis  arraché  de  là  et  je  suis  parti, 
ou  simplement  j'ai  détalé,  ich  habe  mich  weggepackt.  Le 
kX)  classique  a  un  tout  autre  sens.  Il  ne  se  trouve  pas 
non  plus  dans  le  Sud,  où  il  y  a  sa  prononciation  empha- 
tique,   à   cause    du  ^:  ^,    attirer  à  soi  brusquement, 


1344 

arracher,  wegreissen,  zu  sich  reissen,  ici  pp.  23,  ic,  47,  u, 
1027  et  Arabica  V  p.  15  note,  et  ibid.  Gloss.  s.  v..  Dans  le 
Nord,  «laj  est  voler,  abripere,  eripere  '),  =  Jlij,  Prov.  et 
Dict.  p.  113,  Socin  Diw.  Gloss.  s.  v.,  =  cAj  "Anazeh. 
Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  75,  s  a  cette  phrase:  ujÀiij 

J-JJ1j_»i  *JiIi-o    vU^iLi   aJJ!  JaXJï5  vJj—wJt   &jo  x^+j   sjjIô  yi^cLi  ^  LJt 

_^,  et  il  se  lança  en  selle,  et  voilà  qu'il  était  sur  son 
dromadaire,  qu'il  dirigea  dans  la  direction  de  Vest  et 
partit  sous  la  protection  de  Dieu.  Pendant  le  jour,  il  lui 
(dromadaire)  Piochait  la  bride  et  la  nuit  il  se  reposait,  et 
ce  fut  paraphrasé  par  ^Lw,  ibid.  p.  121,  ce  qui  est  une 
paraphrase  à  peu  près  seulement  ;  voyez  une  phrase  ana- 
logue p.  1343  avec  ^.  Nous  avons  donc  ^ki  dans  le 
même  sens,  aussi  bien  chez  les  Bédouins  du  Nord  que 
chez  ceux  du  Sud.  Cf.  Ui,  class.,  dans  quelques  acceptions, 

comme  1^  =  ^ù.  C'est  l'hébr.  î^n:,  vn:,  démolir,  détruire^ 
et  le  syriaque  ^îv^aj?  tirer. 
6°.    ^juXJ,   0,  class.  et  dialect.,  partout,  arracher  *),  = 

vjîjo,  j(J^\  •^JOJJ,  les  cheveux  tombent,  p.  84  note  Dt.  = 

Jj^  Dt.  =  class.  iai*:)-,  Boh.  VII  p.  32  d.  1..  Yôm  ti'sil 
râsak   yitnàttaf  sà'arak   lâ^   saqq,   lorsque  tu  te 


1)  ^__^^^  et  ^c^"*J',  voler,  Syrie,  est  pris  d'une  autre  image, 
n'étendre  ou  élcndrc  le  bras  pour  chiper  (un  petit  objet),  weg- 
escamoliren. 

O  O  ) 

2)  De   là   le   syrien   isLàjG  [voyelle  iLâJo  par  les  puristes]  et  son 

i  r.     > 

diminut.  i^y^,   Prov.   et   Dict.  Gl.  s.  v..  Le  'xJuù  do  Dozy,  d'après 
Bc,  do  sens  égal,  n'est  pas  pour  iLàJLJ,  mais  un  tout  autre  mot. 


1345 

laves  la  tête,  les  cheveux  tombent  tout  à  fait,  Dt.  Cf.  wsLi 
ici  p.  798,  note  1. 

7°.  Jéxj  =  ^xj,  arracher,  tirer,  secouer,  class.  L  A  ;  ce 
sens  est  inconnu  dans  le  Sud,  où  oUj!  est  remplir,  v-  p.  1026 
note,  mais  en  Syrie  ')  c'est  tirer,  p.  e.  la  bride  du  cheval 
pour  le  faire  marcher,  comme  ^  et  ^.  pn:,  et  nni, 
abreissen,  loegreissen.  Par  contre,  le  classique 

8°.  èJ^,  que  L  A  XII  p.  338  dit  être  yémanite,  arra- 
cher, se  trouve  en  mehri  nêtok,  mordre,  Jahn  M  S 
p.  218,  proprement  arracher  les  morceaux  de  viande 
avec  les  dents.  C'est  une  prononciation  du  précédent. 
I.  el-Qût.  ne  l'a  pas. 

9°.  Jju  dans  la  lurah  ptÂï  ^i  ^^,  L  A  et  Qam., 
herausziehen,  et  aussi  intr.  s'avancer,  heraustreten  = 
JjjiXwt,  Tab.  I  p.  1319,  s,  =  ^3^,  id.  et  L  el-Qût. 
p.  272,  5.  Dans  le  Sud,  c'est  happer,  wegreissen,  ici  p.  1027. 
Intens. :  J^,  Stace  p.p.  159  s.  v.  snatched.  Barth,  ZDMG 
43  p.  188,  3,  traduit  Jjo  par  hervorspringen,  en  citant 
I.  Hisâm  p.  444,  5,  ce  qui  est  très  juste,  car  nous  avons 
dans  ce  verbe  justement  les  deux  courants  sémasiologi- 
ques  dont  je  parlerai  plus  loin.  Mais  il  a  certainement 
tort  lorsqu'il  dit,  o.  L,  que  l'hébreu  iHi,  aufspringen, 
avec  son  intens.  ini,  hilpfen,  n'est  pas  l'arabe  i^yJ: 
l'arabe  a  envisagé  un  effet  particulier  de  la  racine,  tandis 
que  l'hébreu  applique  celle-ci  à  une  autre  phase  de  l'action 
primaire.  C'est  la  direction  sémasiologique  qui  est  différente, 
nullement  la  racine  elle-même.  Cf.  pp.  798,  1027,  1245, 
1346/7  sur  vi>^j  et  iaj.  JJo,  tirer  le  seau   du  puits,  = 


i)  Aussi  vumir,  cf.   OuaJ,  pcu'ier,  prononcer,  v.  p.  511. 


1346 

_ii,  ^o;^,  -.j,  Hdr  p.  253  et  s.,  happer,  enlever  brus- 
quement ^  ^^  et  ^X^us>\  I.  el-Qût.  p.  274,  is  et  s., 
LA:  =  J^^)»  n'est  qu'une  prononciation  de  Jjo,  avec 
changement  des  dentales,  si  ce  n'est  que  dans  le  premier 
sens  ce  pourrait  être  pour  ^Aj,  sortir.  Vl^,  voler,  pro- 
prem.  eripere,  seulement  dans  le  Nord,  Haurân  et  Bédouins, 
=  «iaj  Sud,   Arabica  V  Gl.  s.  v..  Exemple  ici  p.  505,  7 

d'en   bas,   Socin   Diw.   Gl.  s.  v..  iJGj,  vol,  direptio,  Prov. 

et    Dict.    p.  114,    Arabica    V,    p.  125,    ii.    Jiii,    voleur, 

brigand,  direptor,  "^Anazeh,  =  JJaî  ''Oneyzah.  Burckhardt, 

p.  142,  a  „netâl  J'oJ"  -),  qui  doit  être  jlli.  En  Hdr  et  en  Dt, 

JJii,  tomber,  se  détacher,  ici  p.  1027  ^).  En  Dt,  yj,tirer, 
tramer;  aussi  Nord  Socin  Diw.  Gl.  s.  v.,  et  son  intensif  JjJLj". 
Si  l'on  joint  à  cette  liste  la  forme  emphatique  et  ses 
dérivés,  ici  p.  796  et  s.,  p.  1027  et  s.,  on  pourra  facile- 
ment élargir  le  nombre  des  verbes  de  cette  racine.  Or, 
on  demandera  comment  on  pourra  concilier  des  signifi- 
cations aussi  disparates  que  celles  de  o'^i,  Jaj,  faire  un 
bond,  sauter  et  arracher.  C'est  que  le  sens  primitif  est 
le  mouvement  brusque  qu'on  fait,  soit  avec  les  jambes,  en 
faisant  im  bond,  soit  avec  la  main  en  arrachant.  Ainsi, 


i)  Cf.  le  sudarabique  J»:^   transporter ,  décharger,  v.  Gloss. 

2)  Cela  provient  de  l'éditeur. 

3)  3«ïjj  en   ^Omân,   appliquer    les  bandes  qui  attachent  le  canon 

du    /usil  au  fût,  RO  p.  303,  *.  ilLù,  bracelet  pour  les  pieds,  ibid. 

p.  70,  -  d'en  bas,  p.  388,  *.  La  provenance  de  l'égyptien  iL-w^  ou 
JlLîax,  seau  pour  l'arrosage,  ne  me  paraît  pas  claire,  Vollers  Z  A 
IX  p.  182. 


1347 

dans  l'arabe  y6,  le  mouvement  brusque  a  été  appliqué 
à  la  main,  ce  qui  a  donné  arracher,  tandis  que  dans 
l'hébreu  in:,  ce  mouvement  est  accompli  par  lec  jambes, 
ce  qui  a  donné  sauter.  L'arabe  ^,  sauter,  pp.  798  et 
1244,  est  le  même  verbe,  mais  la  prononciation  emphat. 
y  a  prévalu  ').  La  marche  sémasiologique  est  la  même 
que  dans  l'allemand  springen,  sauter,  et  le  suédois  springa, 
courir.  C'est  là  la  philosophie  du  langage,  intimement  liée 
à  la  linguistique,  car  sans  celle-ci  on  est  facilement  dérouté. 
Ainsi,  l'hébreu  in:  fait  partie  des  racines  homonymes. 
C'est   1°   se  lever  d'un  hond^=.é  ou  ci,  et  alors  = 

l'arabe  yo,  oii  cependant  le  sens  a  pris  une  autre  nuance  ; 

2°  Hiph.    délier,    aram.    tomber,   abfallen,  et  alors  = 
l'arabe  yj. 

Une  autre  synonyme  de  j^oo,  oui  est  u^,  o,  arra- 

cher.  «Loo*]!  ,jaxi  J.^î,  le  torrent  a  arraché  les  arbres. 

(j;£3Ls,  intens.  ou  itérât.:  ^3^  ^j^  vj^'  ij^^  J^^'j  ^e 
torrent  a  déraciné  les  jujubiers  par  son  impétuosité. 
<X-=>i  [j:lx£,  gasconner,   dire  des  rodomontades,  p.  1035 

note,   ^ya^î  ^jn*xs)  r=  (ji2Jiflj!^  le  huçn  s'est  écroulé  =  c^jc^t. 

(jiaxxïi  0^  ou  tji2*iiJS,  la  montague  s'est  éboulée.  o-A^jiiij!, 

o 

8i-Uàji,  la  branche  est  (a  été)  arrachée.  Inqà'aiet  em- 


1)  p.  798  je  demande  si  -liJ  est  un  développement  de  -^  on  de 
•jo.  Cette  demande  n'infirme  nullement  l'exposé  ci-dessus,  car  c>-J 
est  =  -iii,  et  *i  est  =  Jj,  v.  mes  Gloss..  oo  -f-  j'  peut  donc 
faire  -^J,  corne  -LaJ  -j-  _b  peut  faire  JaJ,  la  prononciation  emphati- 
que de  o  fait  la  seule  diflérence.  Ce  qui  se  produit  en  ai'abe,  80 
produit  dans  toutes  les  langues  sémitiques. 


1348 

''aîah,  l'arbre  est  (a  été)  déraciné.  On  coupe  une  branche 
qui  i>^«û>u,  se  détache  de  l'arbre  et  tombe.  Le  classique 
ijiixJs  est  plier  un  morceau  de  bois,  (j^^ju  est  un  déve- 
loppement de  ijci,  0,  démolir,  Qâm.,  t>çJiJ"  =  {j^'j,  L  A 
IX  p.  90  et  91,  11  d'en  bas,  sens  dérivant  de^i^i,  casser. 

88,  17:  gabb  =  jJi,  voyez  p.  432. 
88,  21:  lisez:  'ôtub. 


40  a. 

Les  Hammam  font  partie  de  la  confédération  des  Ma- 
hâ^ir,  ^LsxJ!,  dont  j'ai  parlé  Arabica  IV  p.  41  et  ss.. 

Ils  campent  au  N.  d'Ansâb  et  dans  el-(jrûwân^),  Ara- 
bica IV  p.  43  et  ss.,  Arabica  V,  pp.  33  et  249.  On  les 
trouve  également  en  Marhah.  Ils  se  disent  frères  des 
Morrah,  qui  sont  fort  répandus  tout  autour  du  Hub"  al- 
Hali',  aussi  bien  dans  le  Nord  que  dans  le  Sud,  en 
"Oman  et  dans  el-Hasâ.  Selon  eux-mêmes,  ils  descen- 
draient comme  les  Nisiîn  et  les  Halîfah  des  Béni  Hilâl. 
Les  historiens  arabes  disent  que  Hammfim  était  le  fils 
de  Morrah,  Ahlw.  Asma^iyyât  N°  33  v.  6.  Les  deux  étaient 
donc  des  personnes  historiques.  Il  y  a  tant  de  Morrah, 
qu'il  est  bien  difficile  de  débrouiller  leur  généalogie.  L'auteur 
de  la  Turfah  dit  que  les  Morrah  faisaient  partie  des  huit 
aqyâl  électeurs,  appelés  K>LxLiIt,  qui  élurent  les  rois  des 
^imyar,  et  il'  ajoute  :  ^  ^j^  JJLi  fS-i^^*) ,  leurs  enfants 
sont  des  tribus'  des  Himyar.  La  tribu  avait  donc  le  nom 
de  son  chef,  ce  qui  confirme  l'opinion  de  Nôldeke,  Z  D  M  G 
41  p.  158  et  s.,  et  la  mienne  Arabica  IV  p.  51,  comme 
les  Fa(.llî,  les  Wâhidî  et  les  'Awâliq  actuels.  Cela  n'ex- 
cluait probablement  pas  le  vrai  nom  de  la  ou  des  tribus 


1  1)  Les  Ilammi'lm   prononcent  el-Gaw,  les  autres,  plus  loin  dans 

l'Intérieur,  el-6û'. 


1350 

qui  faisaient  cause  commune  avec  le  chef,  ainsi  que  c'est 
encore  le  cas  des  tribus  des  trois  collectifs  susmentionnés. 
Selon  la  Turfah,  les  Morrah  étaient  les  frères  des  Lahm, 
des  As'^ar,  des  Tayy',  des  Madhig,  des  Kindah  et  des 
"^Amirah  "),  tous  descendants  de  Kahlan.  Il  n'est  pas  im- 
possible que  les  Morrah  soient  venus  primitivement  de 
l'Arabie  du  Sud,  où  ils  avaient  entre  leurs  mains  le  com- 
merce de  ^Lijtj  p!,  Tab.  I,  p.  1981  ^),  Hdr  p.  496.  Un 
individu  était  un  ^ya,  marchand  de  y»,  et  le  collectif  ayi 
est   comme   a^,  aJuLS',  ay^:,    etc.    Si   cela   est   vrai,   on 

s'explique  pourquoi  les  Morrah  étaient  répandus,  et  le 
sont  encore  aujourd'hui,  dans  le  Sud  et  dans  le  Nord. 
Ayant  commenté  avec  les  indigènes  les  chapitres  de  la 
Ôézîrah  et  de  Turfat  el-Ashâb  qui  se  rapportent  au  Sud 
de  l'Arabie,  j'ai  constaté  que 

1°  plusieurs  tribus  existent  encore  et  souvent  dans 
les  mêmes  contrées  qu'autrefois,  p.  e.  ^Olah,  Nalia*^,  Ba 
Ba\ir,  Sa'd,  'Abâdil,  ^Aqarib,  Karab^)  etc; 

2°  d'autres,  à  présent  disparues,  ont  laissé  leurs  noms 
à  des  localités,  H(Jr  p.  195; 

3°  quelques-unes  survivent  par  quelques  familles,  sou- 
vent réduites  à  quelques  personnes  seulement;  p.  e.  les 
Mùslieh,  qui  autrefois  étaient  une  subdivision  des  Madhig, 


1)  Tous  existent  encore,  soit  dans  le  Nord,  soit  dans  le  Sud,  v. 
Index  sous  ces  noms.  Il  ne  faut  pas  confondre  les  Hammam  avec  les 
Humûm,  Hdr  p.  212  et  s,  que  v.  d.  Berg,  Le  Hadhr.  p.  57,  appelle 
el-Homoum! 

2)  Où  l'éditeur  voyelle  incorrectement. 

.3)  D'après  la  Turfah,  les  '^Aqârib,  les  "Abâdil,  les  Karab  et  les 
Marnln  descendent  de  Haulân  b.  "^Amr  b.  Elhâf  b.  Qodà'ah.  Les 
Marrân  ont  disparu,  mais  le  nom  persiste  dans  celui  de  W.  Marrân 
aux  pays  des  Mayâsir  de  Datînah. 


1351 

selon  la  Turfah,  et  dont  il  y  a  encore  cinq  familles  à 
el-Bêdâ,  chef-lieu  d'ed-Dâhir.  Des  B.  Koleyb,  (jez.  p.  96, 17, 
il  y  a  encore  dix  personnes  aux  villages  d'el-Butân  et 
d'el-Muharrabîyeh  près  d'el-Qarn,  Gez.  1. 1.,  couverts  de 
leurs  husûn  ruinés.  C'est  un  long  chapitre.  Les  survi- 
vants de  ces  tribus  ont  le  nom  de  se  h.  Il  y  a  des  tribus 
entières  dont  les  membres  sont  aussi  appelés  masâih, 
p.  e.  les  Bâ  Dâs,  les  Bâ  Bahr  et  les  Brêk  à  âabwah, 
Arabica  V,  Index  ; 

4°  quelques-unes  ont  émigré  vers  le  Nord  où  elles  se 
sont  éteintes  ou  se  sont  assimilées  à  d'autres  plus  puis- 
santes ; 

5°  quelques-unes  se  sont  fusionnées  avec  d'autres  dont 
elles  ont  pris  les  noms; 

7°  la  plupart  des  tribus  paraissent  tirer  leurs  noms 
de  celui  d'un  ancêtre,  comme  je  viens  de  le  dire.  Cela 
n'est  cependant  pas  facile  à  vérifier.  Pour  quelques  tribus 
cela  est  certain. 

Le  Prophète  a  dit  :  ^Cj^^  aJJî  Jox  2JJÎ  ^\  ^ U**^!  C*^'  L  A 

XVII   p,  107,    u,    ou,    selon    une   autre  version,  o'Aoî 

^L>5  iL'TjUi  £Uw^M,  Nihâyah  IV  p.  254.  Hamraâm  était 
donc  un  nom  de  personne  courant.  Les  subdivisions  des 
Hammam  sont: 

l''  Al  Ho  se  y  n  b.  Mohammed,  aI=>*  ^^J  q^t-*^  Js. 
100  hommes  environ. 

2°  Al  Ô ami  an,  ^^  Jt,  20  h..  Une  partie  habite 
au  village  di  ^omâr  en  ei^-Dàhir,  où  elle  forme  une 
fahîdah  des  Al  Farag,  de  la  tribu  d'Al  'Azzan,  de  la 
confédération  des  Banyar. 

3°  Al   Diyab.  ^\j3  Js,  100  h.. 

89 


1352 

4°  Al  Tâlib  b-Hasan,   ^j^  ^  ^[Id  jt,   120   h.. 
5°   Al   Misfir,  /le  Ji,  150  h.. 

6°   Al   Bû   Tehêf  wà-i  ^  3,  80  h..  Ils  sont  venus 

de  Harîb,  où  existe  encore  la  branche  principale,  Arabica 
V  p.  102  et  s. s..  Une  autre  partie  s'est  incorporée  aux 

„Tribus  des  "Awdillah"  d'el-Kaur,  ^^!  iJjjx  JJ'w-Js,  où  elle 

constitue  une  tribu  importante  avec  plusieurs  subdivisions. 
Les  noms  des  husûn  qu'énumère  Maltzan,  Reisep.  280, 
sont  ceux  des  subdivisions,   très  écorchés  et  inexacts. 

7°   Al   Hagrî,  ^^^^  Jî,  40  h.. 

8°   Âl  Kahwal,   J^/  jî,  70  h.. 

On  peut  donc,  avec  quelques  recherches,  poursuivre  la 
dislocation  des  tribus  et  leur  absorption  dans  une  autre 
collectivité. 

Comme  le  palmier  SS  est  fort  répandu  dans  le  Sud, 
plusieurs  tribus  bédouines  pratiquent  l'extraction  de  la 
sève.  C'est  leur  vin  lX-mj.  Les  Bâ  Kâzim  sont  célèbres 
sous  ce  rapport.  Outre  les  Hammam,  d'autres  tribus  des 
Mahâgir  s'adonnent  à  cette  boisson.  Ce  sont  surtout 
celles  qui  habitent  des  tentes  à  poil  et  sont  loin  des 
yeux  des  sâdah  orthodoxes.  Telles  sont: 

r  les  Al  Bâ  Mussallam  à  Wadi  el-Hi^r,  habitant 
à  el-Fâri'ah  dans  W.  Hatîb,  100  h.. 

2°  les  Al  Bâ  Kilwah  à  W.  Radhah  et  à  W.  Ra- 
mân.  qui  se  versent  dans  W.  Çatîb,  qui  est  la  partie 
haute  de  W.  'Abadân,  130  h.. 

3°  les  Al  Bâ  Gûwâs  habitent  avec  les  précédents 
et  à  W.  el-Haddân,  qui  débouche  dans  la  partie  nord 
de  W.  yatîb,  30  h.. 


1353 

4°  les  Al  Laqît  habitent  aussi  avec  les  précédents 
et  dans  W.  'Abadân,  50  h..  Une  branche  a  émigré  en 
Marhah,  où  elle  s'est  amalagamée  aux  Nisiîn.  Les 
Laqît  se  distinguent  par  deux  choses:  leur  prédilection 
pour  le  vin  de  palmier  et  leur  fabrication  d'objets  en 
^azaf,   folioles  de  palmier^   v.  p.   605.    C'est  que  leur 

pays   est   couvert   de  nasr.   On   met  le  corUllon,  Jôi, 

le  soir  sous  le  v^'^»  ^t  le  matin  de  bonne  heure,  on  vient 

boire  le  vin  ^4^'  -^■*^-  Avec  un  peu  de  durah  grillée, 
le  Bédouin  est  alors  au  comble  de  son  bonheur  et  s'enivre, 
bien  entendu.  Lorsque  les  caravanes  passent  sur  le  terri- 
toire de  ces  tribus  bachiques,  on  est  invité  à  cette 
bamboche  matinale  par:  "agi!  ^)  srùb  stabàh  ma^na, 
dépêche-toi,  bois  avec  nous  un  coup  du  matin!  On  peut 
aussi  voir  comme  ces  gens-là  ne  sirotent  pas,  mais  sablent  à 
même  le  corbillon  et  s'enivrent  vite.  Il  n'est  pas  rare 
de  trouver  un  Bédouin  de  ces  pays-là  couché  par  terre 
en  train  du  cuver  son  vin. 

Jacob,  dans  son  A  B  L,  parle  au  long  du  vin  de  raison, 
mais  il  ne  mentionne  le  nabîd  qu'en  passant.  Il  y  discute 
la  défense  du  vin  par  le  Prophète.  Le  vin .  tourné  en 
vinaigre  est  permis,  I.  Sa'd  YIII  p.  356.  I.  Sîdah  XI 
p.  65  et  ss.  a  de  longs  chapitres  sur  le  raisin,  le  vin, 
le  nabîd  et  tout  ce  qui  s'y  rapporte. 

-♦3.  est  le  vin  de  raisin,  soit  notre  vin,  tandis  que  <\^ 
est  une  tisane  de  raisin  sec,  de  dattes,  d'orge  ou  de  miel,  I 
Sîdah  XI  p.  90.  Le  Prophète  buvait  le  nabîd  de  raisin  sec, 
I  SaM  IV  II  p.  17,  2  et  s..  'Abd  Allah  b.  'Omar  el-Hattàb, 

1)  =  Dt.  ^^Jot«.. 


1354 

homme  extrêmement  pieux,  emportait  une  fois  en  voyage 
deux  outres  pleines  d'eau  et  de  nabîcj,  dont  on  pouvait 
boire,   I   Sa'd   IV  ii   p.    109,   20  et  ss..  D'après  Boh.  III 

p.  136,  jo  [wSjJiit  J.  ^  w^uo  ^L],  on  buvait  du  vin  chez 
Abu  Talhah,  et  Anas  faisait  office  d'échanson.  Le  Pro- 
phète ordonna  alors  à  un  crieur  de  proclamer  dans  les 
rues  la  défense  du  vin,  et  Abu  Talhah  fit  couler,  dans 
les  rues  d'el-Medînah,  le  vin  qu'il  avait.  Anas,  qui  ra- 
conta cela,  ajoute:  ^^yucoâit  jJ^^-j  ^~-*-=>  ^'^3,  et   leur  vin 

était  alors  le  fadîh,  décrit  par  I.  Sîdah  XI  p.  90;  Nihâyah 
III  p.  204.  L  A  IV  p.  14  donne  aussi  ce  nom  au  jus 
de  raison,  mais  cela  est  contredit  par  L  Sîdah  XI  p.  73,  c. 
Le  jus  de  raison  n'est  pas  défendu  et  se  boit  encore 
beaucoup  dans  les  milieux  musulmans,  surtout  chez  les 
Turcs.  Cette  sobriété  du  premier  Islam  ne  dura  pas  long- 
temps, car  déjà  ""Abd  Allah  b.  Hasan  b.  Hasan  b.  Hoseyn 
b.  ^Alî  était  grand  buveur  de  vin  à  el-Médînah,  L  Sa^d 
VIII  p.  347  et  s..  La  famille  même  du  Prophète  enfrei- 
gnait donc  la  loi  établie. 

Le  Prophète  avait  des  précurseurs  dans  sa  défense 
du  vin.  Une  inscription  palmyrène,  rédigée  par  un  Na- 
batéen  et  publiée  par  Littmann,  Semit.  Inscript,  p.  70  — 

75,  parle  du  Dieu  ^Jil\  ^^)  des  Arabo-Nabatéens  qui 
était,  selon  Dussaud,  vénéré  dans  le  Çafâ  et  dans  le  Sud 
du  ôebal  Haurân.  Elle  l'appelle  le  dieu  bon  et  rémuné- 
rateur, qui  ne  boit  pas  de  vin.  Strabon  7,  3,  11  parle 
d'un  ensorcelleur  Decaeneus  qui  acquit  une  grande  influ- 
ence sur  les  Gètes,   renommés  pour  leur  ivrognerie,  de 


1)  Lidzbarski   Ephera.   I   pp.    332   et  345,  II  p.  39;  Dussaud  Les 
Arabes  en  Syrie  p.  153  et  ss.;  ici  p.  450,  p.  G47  et  p.  719. 


1355 

même  que  les  Scythes,  les  Thraces  et  les  Slaves.  Ce 
Decaeneus  avait  passé  longtemps  en  Egypte,  où  il  avait 
appris  l'art  divinatoire.  Il  ordonna  aux  Gètes  de  détruire 
les  vignes  et  de  vivre  sans  boire  de  vin.  Ce  qui  fut  fait. 

On  ne  saurait  séparer  le  vin  des  vases  où  il  est  con- 
tenu et  dans  lesquels  on  le  boit.  Or,  plusieurs  de  ces 
noms  se  retrouvent  en  Babylonie.  Je  cite  seulement  les 
suivants  : 

1°  Le  signe  cunéiforme  z  i  g  signifie,  selon  Halévy  0  S 
Festschrift  Nôldeke  p.  1028  (selon  Del.  Gr.  p.  35  zik/k, 
outre,  de   ziqqu,   outre,   qui  se  trouve  dans  les  autres 

langues   sémitiques.    oJ!  j.o,    le  sang  de  l'outre  =z  vin, 

^amâsah  p.  559,  is. 

2°  A  nu,  vase,  ici  p.  899. 

8°  Dan  nu,  voyez  Hdr  Gloss.  s.  v.  ^J.  Cela  a  donné 
tonne,  tunne,  tunna,  etc,  Kluge  E  W  B  p.  394,  Hehn. 
Kulturpfl.  p.  557. 

4°  Kâsu,  vase,   coupe,  jatte,  écuelle,  Hunger  Becher- 

wahrsagung  pp.  7  et  12,  Meissner  Suppl.  p.  44  a;  DÏD, 
coupe  =  ^JJ^  (J^),  Ges.-Buhl  H  W  B  s.  v. 

5°  Kappu,  coupe,  dont  j'ai  déjà  parlé  p.  757  et  s., 
avec  tous  ses  dérivés  dans  les  autres  langues  sémitiques, 
Çdr  Gloss.  p.  697,  et  aryennes,  Hehn  Kulturpfl.  p.  314. 

6°  Kannu,  vase  pour  le  vin,  Veau,  etc,  Del.  HWB 
p.  339  d'où  ]z>.  ap,  Ges.-Buhl  H  W  B  s.  v.,  Hommel  A  A 
p.  225  '),  le  b.  lat.  canna,  le  germ.  et  scandin.  kanne, 
kanna,  le  fr.  canette,  Kluge  o.  1.  p.  193. 

7°  sJ^  sur  laquelle  on  lira  ici  p.  749  et  ss.,  du  pro- 
totype Tawûz  >  Tamûz  >  taws. 

1)  L'ararn.   |-i,-i,   nidua,  ne  vient  pas  de  là. 


1356 

8°  Bansur,  Halévy,  OS.  Festschrift  p.  1026,  =  pâ- 
sûru,  passûru,  le  ^y^  et  le  yi  arabes,  le  pâtra  in- 
dien, coupe,  jatte,  déjà  traité  p.  622  et  s.  '). 

Le  vin  s'appelle  en  babyl.  sabû,  Del.  HWBp.  355  et  p. 
489,  Zimmern  K  AT  p.  650,  Streck,  Babyl.  II  p.  212  note. 
L'hébr.  a  N3D,  boire  du  vin,  Zimmern  o.  et  1. 1.,  et  l'arabe 

L-w,  acheter  du  vin  pour  le  hoire%  de  même  que  L-w, 
iL-w  et  ii^v>-^,  vin.  isL^^  est  à  présent  dans  le  Nord  une 
boisson  faite  de  riz  fermenté,  Doughty  Travels  II  p.  169. 
i^^^^Lv  =  .Ui>,  Kâmil  Mobarr.  p.  74,  *  =  LLw  L  A  I  p.  87, 

1,  2,  tandis  que  N'rb  est  buveur.  Le  sabû  babyl.  pour- 
rait  bien   signifier   la  boisson  par  excellence,  soit  le  vin, 

par  analogie  avec  l'arabe  v'/^-  Nous  sommes  donc  en 
droit  de  nous  demander,  malgré  la  note  de  Halévy  OS 
Festschrift  Nôld.  p.  1022  que  „la  présence  de  N*  [dans 
i<2D]  plaide  en  faveur  de  l'origine  occidentale  du  mot", 
si  le  nom  pour  le  vin,  qui  a  accompli  sa  marche  triom- 
phale à  travers  le  monde,  n'est  pas  un  mot  cultural 
commun  sémitique  dont  la  source  primitive  est  encore 
inconnue? 


1)  iùL*^,    tasse   ou   écuelle  en   bois  des  Bédouins  de  Syrie  et  des 
Negdites,   Iluber   Journal   p.  134,   est   chez   Dozy   S.,   et   d'après  lui 

Vollers  Z  D  M  G  51  p.  322  v^j  "^^'s  la  gémjnation  est  erronée. 
Ces  deux  savants  lui  attribuent  une  étymoJogie  germanique  hnnp, 
hanap,  qui  se  trouve  également  dans  les  langues  italienne  et  fran- 
çaise, en  grec  Kvii^oi,  et  en  sanscrit  kumbha ,  Kluge  cl.  s.  v. 
Humpe.  Mais  j'ai  de  la  peine  à  croire  que  le  negdite  hanâbah 
[ehnâbah]  puisse  venir  du  mot  germanique,  et,  à  causedu  sansciit, 
il  faut  lui  chercher  une  «''tymologie  ailleurs. 

2)  Exemples  chez  Noldeke  Funf  Mo'all.  II  p.  85. 


1357 

Sur  ce  mot  et  ses  différentes  formes  dans  les  langues 
sémitiques  et  aryennes,  voyez,  outre  les  auteurs  cités 
dans  Ges.-Buhl  HWB  sub.  ]V-,  Hommel  A  A  p.  94, 
p.  102,  Hehn  Kulturpflanzen  p.  90  et  ss..  Je  crois  que  la 
question,  malgré  tout  ce  qui  a  été  écrit  sur  ce  mot, 
n'est  pas  encore  élucidée.  Tout  consiste  à  savoir  d'oii  l'on 
a  d'abord  tiré  le  vin  du  raisin,  car  c'est  de  là  que  le 
mot  doit  provenir.  P.  Jensen,  Z  D  M  G  44  p.  705,  a 
prouvé  que  le  mot  inu  pour  vi7i  appartient  au  plus 
ancien  dictionnaire  sémitique  à  nous  connu,  le  babylo- 
assyrien.  Là,  il  est  synonyme  de  sikaru,  boisson  eni- 
vrante^) dont  la  racine  Xw,  "i3tt^,  être  ou  devenir  ivre, 
se  retrouve  également  dans  toutes  les  langues  sémitiques 
et  même  comme  emprunt  dans  le  grec  (rUspcc,  LewyFW 
p.  81.  Malgré  tout  cela,  il  n'est  pas,  logiquement  parlant, 
absolument  sûr  que  inu,  waynu,  soit  d'origine  sémitique. 
Il  peut  aussi  déjà  être  soumérien,  comme  tant  d'autres 
mots.  En  tout  cas,  il  est  un  peu  trop  osé  de  la  part  de 
H.  Lewy  SFW  p.  79  de  statuer  que  ohoç  ne  peut 
venir  d'une  langue  sémitique.  Quelques  endroits  dans  le 
pays  des  ""Awâliq  et  des  Rassâs   s'appellent  encore  di 

Wayn,  ^],  ^3.  Les  anciens  Sémites  étaient,  à  ce  qu'il 
paraît,  de  vrais  Falstaff,  et  le  commerce  du  vin  a  dû 
être  très   florissant.  Le  ^=>\j  avait,  outre  les  femmes  et 

les  objets  de  luxe  [=  s^l^^",  R  0  p.  230,  j],  aussi,  et 
principalement,  le  vin,  Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  ii  p.  27  '). 


1)  Xw,   vin  de  dattes,  LA  VII,  19,  ^  d'en  bas. 

2)  Un    'Anazî    me  définit  une  fois  un  jcl^,  poète,  ainsi  :  lXsLj  ^^^t 


1358 

^^,  dans  le  sens  de  transporter  le  vin,  faire  le  marchand 

de  vin,  n'a  sans  doute  rien  à  faire  avec  'l*-w.  Si  dans  le 
dict.,   LA   XIX  p.  88,  u,  la  définition  en  est:  ^  ^c^ 

cela  est  sans  aucun  doute  une  restriction  motivée  par 
U^  et  sUa«,  car  ^L^   o.  1.   p.   89,  c,   est  le  bois  qui  se 

transporte  d'un  pays  à  l'autre  ou  celui  que  charrie  le 
sêl:  c'est  une  exportation  ou  importation,  comme  en 
allem.    Import  —  cigares    la    Havane.  D  H  Mûller  S  D 

p.  52  suppose  avec  raison,  je  crois,  que  llw  a  dû  signifier 
voyager,   ou  quelque  chose  d'analogue.  Il  cite,  à  l'appui 

de  cela,  Lllx  =  oMA  Qâm.  seul,  J-Ji   j.  oM-^',  Sihâh, 

et  sUL  —  tXoç  jt.^,  Qâm.  seul.  Son  développement  J.>jw 
est  dans  le  même  cas,  ce  qui  ressort  des  sens  de  JoL«, 

voyageur,  T  A  VII  p.  366,  h  d'en  bas,  coll.  xLLw,  pi. 
Jo|y«,  L  A  XIII  p.  340  en  bas,  =  J.-^^,  ibid.  1.  6  d'en 
bas,  et  du  babyl.  sabâlu,  envoyer,  KB  V  Gloss.  s.  v. 
éubiltu.   L-w  serait  donc  voyager  pour  faire  le  commerce. 

D  H  Muller,  B  S  II  p.  80  note,  traduit  Lavw«  par 
station  de  caravane;  le  mot  i)eut  aussi  signifier  loatering 

place.  L'arabe  ujLiJ!  ^^^  ^jl^  ou  ^;,*J-w  =  ^C3^,  boire  d  sa 
soif,  si  ce  n'est  pas  un  dénominatif  de  Ui^  ou  (}  v_jL*^  = 


celui  qui  fait  des  tournées  (1-X53)  chez  les  Bédouins  et  fait  commerce 
de  sa  langue;  ses  vers  constituent  alors  son  commerce. 

1)  C'est   le   sudarabique   V"-**^,    Hdr  Gloss,  s.  v.,  =  class.  oLavo, 

LA  IV  p.  411,  8. 


1359 

yj^  vjj,  outre  pour  le  vin  L  A  i  p.  437  et  s.,  boire  en 
mettant  l'outre  à  la  bouche^  =  cl.  ^  et  «^1  ^),  ce  pourrait 

être  une  méthathèse  de  Uw,  ainsi   que   l'a   déjà  soup- 
çonné MùUer  Z  D  M  G-  30  p.  122,  coïnciderait  avec  DNi:^, 
puiser^  babyl.  sa  bu.  vh»  boire  avec  avidité,  en  est  une 
variation  phonétique. 
Dans  le  Sud,  ^J:^  a  deux  sens:    1°  i,   attaquer  par 

surprise,  pi  L>l>>^,  nous  les  avons  attaqués  par  surprise, 
ûberrumpelt.  ^^^^  attaque  par  surprise.  B  â  1  s  f  1  a  h  o  m 

(-hum)  misba,  nous  leur  ferons  une  attaque  à  l'im- 
proviste.  C'est  là  le  class.  ^ç^,  faire  qqn.  captif,  inusité 
vulg.,  mais  au  fig.  captiver,  aussi  class.,  c'est  courant 
dans  le  Nord  et  en  Syrie.  ^J^  ^-«^j  ^y^  cr^' 
la   beauté  de   ses   yeux   me  captive  l'esprit.  De  là  îLçy-, 

pi.  bL*«,  qui  est  surtout  employé,  Abteilung  Reiter,  Pferde, 
Socin  Diw.  Gl.  s.  v.,  Meissner  M  S  0  S  VI  ii  p.  3,  ibid. 
p.  114  N°.  10,  â,  Rosse.  C'est  riDtt',  emmener  en  captivité, 
\cuL,i  prendre,  enlever,  et  le  babyl.  sabû,  accabler,  ûber- 

wdltigen,  Del.  H  W  B  s.  v.  2°  a,  avec  (j^^  =  ejy?  ^j 
(j%j  gJ^'j  o'-H»  p /î  réconcilier,  arranger  un  différend  entre. 

90,  16:  si.  Ce  éi  interrogatif  est  courant  dans  tous 
les  dialectes  arabes.  En  Arabie,  il  se  met  alors  de  pré- 
férence en  tête  de  la  phrase,  jamais  enclitiquement  au 
mot    principal,    comme   en    Afrique.    Aussi   en    mehri: 


1)  Comme  le  sont  certainement  ^^,  boire  à  même  le  ^^ ,  et  •%, 
hoire  à  même  le  \»S . 


1360 

Hibù  éi  safût  yimô  min  imkôn,  nûka  min 
âbàrr  éî  rikôb,  comment  nouvelle  (Kà>oj)  aujourd'hui 
de  là?  Des  chameaux  sont-ils  venus  de  l'Intérieur? Jahn 
M  S  p.  148,  14,  15.  Ôî  h  ou  rem')  bûme  berèk  nâher 
dôm,  y  a-t-il  un  chemin  par  ici  dans  ce  fleuve?  ibid. 

p.  153,  36.  êàyb  sî  lâ?  =  wOLii  ^  L«,  est-ce  qu'il  n'y 
a  pas  de  rocher?  ibid.  p.  156,  9.  Sûk  sî  habàntke  = 
(iULo  ^  dVjw,  as-tu  des  (tes)  filles?  ibid.  p.  37,  le,  n. 
Qittlu:  se  smîm  bîdât  tebî^  Je  lui  dis:  as-tu  des 
stores  blancs  à  vendre?  Rôssler  M  SOS  III  p.  13,  9,  R  0 
p.  283.  Stumme  M  G  T  p.  284  §  203;  id.  TGr  §186a; 
Marçais,  Gr.  p.  190. 

_^  est  aussi  devenu  particule  interrogative  dans  tous 
les  dialectes,  ici  p.  128,  n,  Arabica  III  p.  72,  d.  1..  C'est 
surtout  une  demande  rhétorique,  qui  implique  une  réponse 
négative.  Dô'an  a  dit: 

\jys^j  u^j  liL^j!  ôy-f^^   U"— *-* 

Compare  les  torrents  de  ton  pays  et  compare  notre  mer  ! 

La  mer  va-t-elle  s'agiter  si  un  torrent  lui  arrive?! 

Moh.  b.  Mehdî  dans  sa  mufâharah  avec  Dô^an,  a  dit: 


1)  Jahn  0.1.  p.  193  dit  que  hùurera,   constr.   harm.,   est  de  la 
racine  .»^>  pour  i}y>  +  la   mimation   sabéenne.   Je  crois  que  c'est 

le  mot   *jC   qui  a  pris  ce  sens,   le  c   étant  devenu  —,  comme  les 
mehri  hayr,    âne,    ,*c,    "i'»y,   et  encore  plus  souvent  s;    barûs^ 

(j«jC,  épouser,   hâtûra   *>x,  devenir  svnibrc,  etc, 

2)  Sur  cbo,  voyez  Arabica  V  p.  211,  note. 


Kous  autres  ou  vous  autres  nous  allons  nous  trou- 

[ver  dans  une  impasse) 
Chez  710US  et  chez  vous  il  y  a  de  ceux  qui  portent 

[les  brancards^). 
Le  pli  (?)  des  filets  est  dans  ma  main,  et  c'est  moi 

[qui  les  serre. 
Ne  vois-tu  donc  pas  que  je  suis  du  miel  sur  le  tran- 

[chant  d'un  rasoir? 
Uj"  U  _^,  lohat  do  y  ou  xcant?  sahhî  BBRAS  1902 
p.  250.  Le  '^omânais  a  mhu,  quoi"?  hamhu,  pourquoi^ 
RO  §  436.  Yawlêdi!  wus  tâkel?  wus  tisrab? 
Esûfak  sift^).  Hù'  bàk  éi  wùga'  lamma  nta- 
bàssar  bàk?  Mon  cher  enfant!  Que  manges-tu?  Que 
bois-tu  ?  Je  vois  que  tu  es  devenu  maigre.  Est-ce  que  tu  as 
quelque  douleur  (dis-le)  pour  que  nous  te  trouvions  quelque 
remède?  récit  ^'anazî  d'el-Hôtrôbî.  Voyez  pour  le  Negd 
Socin  Diw.  III  §  53  b.  Qâ'id  b.  Miglad,  cheykh  des  el- 
""Imârât  des  "Anazeh,  p.  491,  avait  prononcé  trois  fois  la 
formule  de  divorce  contre  sa  femme,  mais,  regrettant  cela, 
il  voulait  la  reprendre.  Fort  peiné,  il  s'en  alla  chez  Halîfah 
b.  'Eqeyyil  à  er-Rass  pour  lui  demander  conseil.  Celui-ci 


i)  =  l-^y-»',   selon  Hdr.  p.  520  sub    î- 

2)  =  Nous  sommes  courageux  à  la  guerre. 

3)  ui'ww,   i,  inf.  q^^^j  devenir  maigre  et  faible. 


1362 
l'accompagna  chez  le  savant  cheykh  Gurnâs  à  qui  il  dit  : 

HtXxaï^    viij'^iilb    iJOoy>    oLLL    i^^    [i    S:i:>     Q_J    oVc'ï    !j^_? 
j.lJLs    P>>j    O^iîî    v*^  .^-^    UjCcU^    J^-«-c!    ii)^Jt    ^yiJ    ^^! 

d  cheykh;  il  a  prononcé  trois  fois  la  formule  de  divorce 
contre  sa  femme^  et  maintenmit  il  veut  que  tu  lui  trou- 
ves un  moyen  pour  qu'il  puisse  revenir  à  elle.'*  Le  cheykh 
répondit:  „Cellelà  vient  de  toi,  Halîfah^  toi  que  nous 
considérons  comme  étant  le  plus  sage  d'entre  nous!  et 
cela  après  avoir  prononcé  trois  fois  la  formule  de  divorce?" 
et  il  le  meyiaça  du  bâton.  —  ^JSTy  allez  pas  si  vite,  mon 
cheykh,  dit  Halifah."  —  Dans   mon   Bâsim  le  Forgeron, 

O  5 

_^  se  rencontre  très  souvent  dans  ce  sens  *).  j^  Llç>I  \> 

fji.fj3.\jLJ  U)  lAil  iiA£-ii  iC:su>  ^^,çJlc  v-^j'i"  c>of,  Mon  bon! 

Tu  as  donc  dressé  un  document  juridique  contre  moi, 
que  tu  ne  me  quitteras  pas?  Bâsim  p.  78  N°  XL.  \S  ^ 

vjsJJI  oy^  ^-^'j  hôrst  du  das  Geràusch  des  Stosseiis? 
1.  Abi  Useybi'a  I  p.  126,  is.  Voilers  Lehrbuch  §  74.  La 
langue  classique  connaît  aussi  cet  emploi,  Tab.  Gloss. 
p.  D  X  L  V  en  haut.  Littmann  veut,  Z  D  M  G  (où  ?),  que  ce 
_^  provienne  du  copte,  mais  cela  est  erroné.  Nous  le 
trouvons  déjà  en  babylonien,  Holzhey^)  ZDMG  57 
p.  755,  Del.  Gr.  §  189,  et  en  éthiopien,  Dillmann  Gr. 
§§161  et  198,  Praetorius  Âth.  Gr.  p.  141  Anm.  et§  156, 


4)  Pages  4,  '8;  g.  lo.  22,  >';  25,  «;  32,  '♦;  41,  ";  72,  2'; 
73,  »;  95,  '♦. 

2)  Qui  du  reste  ne  fait  qu'exposer  plus  en  détail  ce  que  Dillmann, 
Praetorius  et  Delitzsch  avaient  déjà  mentionné  plus  brièvement. 


1363 

où  ih  est  cependant  toujours  enclitique,  et  comme  final 
hu  ou  u  dans  plusieurs  pronoms  interrogatifs  sémitiques 
et  arabes  dialectaux.  En  babylonien,  une  demande  est 
même  exprimée  par  l'accolement  du  phonème  u  portant 
l'accent  à  la  fin  du  mot  sur  lequel  porte  la  demande, 
Del.  Gr.  p.  362/3,  Holzhey  o.  et  1.1..  Cet  u  est  ce  qui 
reste  de  hu,  _^.  Je  trouve  donc  que  l'arabe  a  encore 
ici  conservé  une  primordialité  qui,  dans  les  autres  langues 
sémitiques,  est  déjà  oblitérée. 
Le  pronom  féminin  ^,  h\\  est  aussi  employé  de  la 

même  façon,  o^  ^^t^XP  xUL  jj^^  X  jLo  Lo^  l\>i'  c>oo  ^  ,LJî 

(iJu:i"  U  liÇ    ^3Ji  L  J^  ^J<jyj  ^oJLo  ^^  oL*J.  Hier  je 

m'étais  proposé  de  partir,  mais  cela  fie  me  fut  pas  pos- 
sible. Qu'est-ce  que  l'autre  lui  dit?  [Il  te  dit:]  Peste! 
Ton  voyage  est-il  donc  en  ta  main?  Et  si  ton  Seigneur 
ne  t'assiste  pas,  tu  ne  partiras  pas,  "^Anazî.  Hî'  si 
^andak  el-yôm  flûs,  aurais-tu  de  l'argent  sur  toi 
aujourd'hui?  Dt.  La  manière  d'exprimer  la  demande  en 
babyl.  ressemble  beaucoup  à  celle  du  dialecte  ""omânais. 
Ici  la  voyelle  finale  du  mot  à  relever  devient  longue  et 
accentuée  si  cette  voyelle  est  brève:  h  in  henà',  sojit- 
elles  ici?  Ene  ahfai^  min  nu',  suis-je  plus  bas  que  lui? 
•^Alâmà',  est-ce  un  sigyie?  (de  iw^Lc  >  "^alâma).  Ou  bien 
on  accolle  un  i  à  la  fin  du  mot  à  relever:  torhàbi, 
as-tu  peur?   Ma'^aki   sê%,    as-tu  une  montre  sur  toi? 


1)  Il  y  a  ici  tA/4  dans  les  deux  sens,  voyager, partir:  «A^J  u^ot 
y.a/)  (i^c,  lasst  uns  nach  Agyplen  ziehen,  'anazî,  et  assister,  secourir  : 
xjLj  iil'  bA/0,  Dieu  nous  a  secourus  de  son  conseil,  "^anazî. 


1364 

RO  p.  34  et  §436.  Yesîr  yisraqi  au  yif'ayyar 
■^ala  nnâsi,  doit-il  aller  voler  ou  bien  carotter  les  gens? 
Rôssler  M  SOS  III  p.  31,  2  d'en  bas.  Dans  les  deux  cas, 
c'est  bien  la  même  voyelle  au  fond  ;  dans  le  second,  c'est 
ou  ce  qui  reste  de  la  forme  pleine  hi'),  puisqu'on  con- 
serve hi  devant  une  voyelle  longue:  mhù'  hi,  quoi? 
gubtù"  hi  luktâb,  avez-vous  apporté  le  livre?  ou  bien 
c'est  le  i  qui  s'est  maintenu  de  préférence  des  trois  vo- 
yelles finales  qui,  allongées,  indiquent  la  demande  en 
babylonien.  Delitzsch  §  189  est  ici,  comme  partout  dans 
sa  grammaire,  tellement  peu  explicite,  que  celui  qui  n'est 
pas  assyriologue  ne  sait  à  quoi  s'en  tenir ^).  Le  casserait 
alors  celui  des  désinences  casuelles,  dans  lesquelles  déjà 
en  babylonien  le  i  peut  représenter  tous  les  cas  ^),  Ungnad 
Z  A  XVIII  p.  4,  Z  D  M  G  57  p.  754.  Il  est  assez  curieux 
que  cette  manière  d'exprimer  l'interrogation  soit  une 
particularité  du  seul  dialecte  de  ""Oman. 

90,  16:  erkêbeh  =  x^j. 

90,  16:  bisfor  aie  ha.  ^  J^  ^«-,  0,  est  une  locu- 
tion des  chameliers  dans  tout  le  Sud:  faire  le  chamelier 
et  gagner  son  pain  par  ce  fait.  Kân  riggâl  ismu 
Yûsuf...    wa   huwa   gemmai   yisfur   "a la    be'îr 


1)  Déjà  avancé  par  Socin  G  G  Anz.  1895  N".  2  p.  128,  contre 
l'explication  de  Reinhardt  p.  34.  Brockelm.  V  G  S  S  constate  seulement. 

2)  Avec  les  progrès  inimenses  des  études  des  babylonistes,  je  ne 
puis  cacher  mon  étonnement  en  constatant  que  personne  n'a  eu 
l'idée  de  nous  donner  une  grammaire.  Celle  de  Delitzsch  est  trop 
fragmentaire,  les  exemples  ne  sont  pas  toujours  traduits;  elle  est  en 
outre  fort  indigeste;  celles  de  Ungnad  et  de  Meissner  sont  plus  claires, 
mais  ce  ne  sont  que  des  carcasses. 

3)  Dans  les  dialectes  bédouins  du  Nord,  le  tanwîn  in,  est,  de 
beaucoup,  plus  fréquent  que  an,  qui,  dans  le  "Oman  p.  e.,  est  tout 
à  fait  supplanté  par  in. 


1365 

min  Nahal  "a  Wâd  el-Ma^âwil,  il  y  avait  un  homme 
nommé  Yilsuf,  il  était  chamelier  et  gagnait  son  pain  à 
faire  des  voyages  avec  son  chamean  de  N.  à  W.  el-M., 
Rôssler  M  S  0  S  i  p.  57,  3  d'en  bas.  La  même  expression 

Diw.  Hâtim  Tej,  éd.  Schulthess  N°  XII  :  ^Lî.  ù\j>  ^Ua 

(M^t»»'^  «Lytoî.  Des  visiteurs  demandèrent  l'hospitalité  à 

Hâtim  dans  une  année  de  disette,  sans  qu'il  pût  rien 
leur  offrir.  Il  avait  une  chamelle  dotit  il  se  servait  pour 
ses  voyages  d'affaires,  et  il  lui  coupa  les  jarrets  et  en 
donna  les  portions  de  viande  d  ses  hôtes  pour  les  régaler. 
On  dit  en  Dt  ^  ^}£.  ^L-  de  préférence,  et  cela  implique 
toujours  l'exercice  du  métier  de  chamelier,  car  dans  tout 
le  Sud  iLw  n'est  pas  simplement  voyager,  comme  dans 
la  lurah  et  d'autres  dialectes.  On  sait  que  le  verbe  simple 
^  est  fort  rare  dans  ce  sens,  et  L  A  VI  p.  32,  3  d'en 

bas  dit  :  Jjù  »^  ^_  J  uSi  Jotàjî  J^  ij^3  /*«  i^  f^  ^^^ 

mais  p.  33,   7,  il  donne:  À^t  ^t  u>>.>j>  Kf-'^   jjI'  oi^ 

C  Cj    ,  5  0 

^L«  ijlj.  Comme  Àw,  =  ,^3  jL^et  jLw,  o.  et  1.1.,  2  et  12, 

est  fort  commun  dans  les  poésies  anciennes  ^),  l'existence 

de  ^,  0,  n'est  pas  douteuse.  Mais  il  y  a  une  raison 
philosophique  ou  plutôt  éthologique  de  la  prédominance 


1)  L'éditeur  a  1  ;»'*»''^  ;  à  tort,  ce  me  semble. 

2)  Diw.   Hâtira    Tey   p.  38,  ';    exemples  chez   Nôldeke,    Beitr.    z. 
SSW    p.  60.    Comme   aussi    ^j,  Diw.    Hod.    WelUi.    N^  217    et 

N^.  240  V.  4,   Qor.  17,  ««;   V/^   I-  Qot-  P-  139,  ",  voyez  Noldeke 
0.  et  1.1.. 


1366 

de  ^Lv.  Vu  les  dangers  de  la  route,  un  Oriental  n'aime 
pas  à  voyager  seul:  on  part  „en  caravane",  on  s'associe 
à  d'autres  pour  faire  route  ensemble,  et  cette  association 

est  exprimée  par  la  forme  J^'i  du  verbe.  De  cette  façon, 
iLw  est  voyager^  et  .jou  J>x  jLw  a  le  sens  ci-dessus  men- 
tionné. -à-*w,  faire  aller  plus  vite,  activer  la  marche, 
^Anazeh,  comme  dans  la  célèbre  Qasîdah  de  Sa'dûn  el- 
""Awâgî  (chant): 

Ya  râkiban   min   'andena  fôge  mihdâb^) 
Zauwâ'â^)  gattâVl-fayâfi  ilyanwèyt') 


1)  ^lXP,  0,   Nord,   aller   au  petit   trot;   inf.    V'-^j     P^^^^    '''^^■ 

V-^^j  gui  marche  au  petit  trot  =  i-j'A^,  intensif.  Voyez  Hdr 
Gl.  s.  V..  Dans  le  Sud,  v*^^?  °)  ^^^  "l"-  couper  comme  lorsqu'on  veut 

façonner  un  morceau  de  bois,  et  alors  synonyme  de  «-jAc  v.  p.  666. 

Xx>-o-Lj  ioA5^,  il  le  coupa  avec  le  poignard,  mais  seulement  de 
façon  à  décortiquer  la  peau  ou  enlever  la  chair,  Dt.  2".  aussi  m.ar- 

_    0    _ 

cher  vile,  =  ...lX*^    Dt,    presque   en  concordance  avec  le  Nord.  — 

v^u\?'  =  ^,  Haurân,  Béd.,  Negd.  v_À>y*JL,  ^L»^)iS>  ljÀP  aHIj 
par  Dieu,  il  coupa  cet  homme  avec  le  sabre,  '^Anazî,  mais  non  le 
couper  en  deux,  comme  dans  les  dictionnaires,  et  plutôt  de  la  façon 

du  i—jlXP  du  Sud.  Un  pieu  est  ^*,ôs^  ou  ^lX^^,  Nord  et  Sud,  = 

\^J>^.xA,  Sud,  lorsqu'il  a  été  dûment  coupé  et  façonné  à  son  emploi; 

de  là,  au  figuré,  un  homme  est  ^O^  lorsqu'il  a  été  dégrossi  et  a 
reçu  par  là  une  bonne  éducation.  Tous  les  verbes  développés  de 
lÂP  ont  un  sens  congénère. 

2)  c!;,  =  c^j   intens.,  filer  à  toutes  jambes,  courir  ventre  à  terre, 
s'en  aller  avec  précipitation.  (»yilî  UiL^  ^•*^-:^  ij-^  [^-^5;]  ^j  ^y^-i 


1367 

Bi t tin-nu fûd û ')   darribah  halle   lagnâb^) 
Usaffir  ilya  waral-Hadàli   te'addeyt. 
0  toi   qui  pars  de  chez  nous,  monté  sur  un  dalûl 

[au  petit  trot, 
Qui,   ventre  à   terre,  traverse  les  steppes,  lorsque  tu 

[te  diriges  (vers  ton  but), 

Coupe  les   sables  du  désert  et  dirige-le  vers  le  défilé 

[(qui  conduit  au  pays)  des  étrangers, 


lorsque  nous  avons  filé  sur  »os  chevaux  ventre  à  terre,  nous  avons 
rejoint  Vennemi.  ij^J^'i  (^  ^^j  r^S,  Voiseau  s'envola  rapidement 
de  terre.  Li-M^^t  L»  y^J>  ^^j  J'j*^',  la  gazelle  fila  à  toutes  jambes 
lorsqu'elle  nous  aperçut,  ^•^ji.  *-UJ"  JJiÀJ!  -^jj,  wa^IJ^,  le  cavalier 
frappe  légèrement  le  dalûl  pour  quil  marche  d'un  pas  rapide. 
i-.*JtX]l    ^   LXL?  3     -çoj    iXt    liL^»    ^yi    »^-\^>    ^3i^"    ^^y^i   nous 

avons  fait  une  marche  très  rapide  jusqu'à  Basîr,  et  nous  som- 
mes à  moitié  morts  de  fatigue. 

-  ^  û 

3)   Récité  :   el-fayâfi   ilyanwèyt  =   >i>oy  LJt  ^Lil'.  Obs. 

o 

aussi  que  le  premier  LJt  est  =  "^  =  lot,  et  le  second  =  i'  ;  les 
deux  sont  -^-  dans  le  mètre.  (cJl-*î  =  ^■)^)  =  ^rV-*^'  L>U.:S\]t 
iUSj  y*LiJ!  qX  |^^-L?^J!,  la  steppe  qui  s'étend  au  loin,  vide  de  monde 
et  d'eau,  ^Anazî  ;  v.  p.  1090  note  3. 

1)  iu«<to   •   i^caJ'   c>«J    où   »^   forment  ensemble  la  syllabe  métri- 
que longue. 

2)  J^  =  (j^M^  e/.^    J^JI   j.  ou  JiSî,   'Anazî.  C'est  presque  la 

définition  des  dict.,  LA  XIII   p.  227  en   bas.  v'^'j   P'-  ''«^  t^c**^'^ 

GO;  à  Ne^d  c'est  mnoni  =  *»i. 

90 


1368 

Et  active  la  marche  jusqu'à  ce  que  tu  sois  passé  au 

[delà  cVel-Hadâli. 

C'est  certainement  le  même  verbe  que  le  babyl.  s ap a r  u, 

envoyer,  expédier,  ce   qui  a  donné  l'arabe   .xà-«,  envoyé^ 

messager^  médiateur^  Arâgîz  p.  87,  Hdr  p.  460  note,  parce 
qu'il  j.yji!  ^J^_J  f.^.^  comme  L  A  p.  35,  ic,  et  l'étymologie 

de  L  A  p.  35,  s  est  inacceptable.  Si  nous  admettons  que 
le  sens  primitif  est  faire  partir,  celui  de  balayer  et  ses 
dérivés  figurés,  comme  aussi  dans  nos  langues  euro- 
péennes, —  le  vent  balaie  les  nuages  LA  p.  32,  i3, 
wegfegen  —  et   de    dévoiler   la   figure,   enlever   le  voile, 

s'explique   facilement.   De    même,   ..^saaJS   Jum  et  'JuJ,  du 

second  fagr  LA  VI  p.  36,  «o,  qui  commence  à  luire, 
ibid.   p.  53,   3,   un   peu   avant  le  lever  du  soleil  et  fait 

partir  les  ténèbres  de  la  nuit,  l'aurore.  .^^s^-oJî  Jl^  est 
encore,  chez  les  Bédouins  du  Nord,  l'heure  avant  le  lever, 
l'aurore  matinale,  lorsque  x«o  ^iUco  "^  sj-U?]  sUdI,  ibid. 
p.  36,  5,  et  où  „les  gens  peuvent  voir  où  tombent  leurs 
flèches",  Nihâyah  ii  p.  165,  s.  Hess  Bemerk.  zu  Doughty's 

Travels  p.  17.  Le  "omânais  ^u^,  voir,  distinguer,  en  est 
un  dérivé  naturel. 

S  a  paru   a   bien    pu  donner  "iDID,  clerc,  secrétaire,  et 

")çp,   envoi,   lettre,   âipir   (constr.)   et  Jo^.  Les  courants 

sémasiologiques  sont  multiples,  et  les  transitions  souvent 
difficiles  à  saisir,  mais  il  ne  faut  pas  pour  cela  nier  une 
connexité  d'idées  parce  que  nous  ne  la  comprenons  pas, 
ne  connaissant  qu'imparfaitement  encore  les  anciennes 
institutions  sémitiques  et  les  idées  qui  les  régissaient. 
J'ai    bien    proposé,    y^r    p.  344,    une    autre   étymologie 


1369 

pour   l'hébréo-arabe   "icp,    àw,  mais  ce  n'est  là   qu'une 

conjecture,  faute  de  base  sûre. 

Un   synonyme  de  ^  J^    àw  (J'v-w)  est  dans  le  Sud 

(i^  ^(c  ou   J^  jJ^.  On   demande:  *jt^  ^i!  j^L.-^i':)'  !àp 

(==  Nord  kSs.  t>!),  ce^  homme  que  fait-il  ?  —  Rép.  :  JLc  ^JLju 

^^lXc  lii  ^^^3)  ^^  ô'^ô'we  50?^i  ^aïw  a2;ec  une  chamelle  en 
faisant  des  voyages  à  Aden,  et  il  est  ^Ijw  de  son  métier. 

C'est  véritablement  travailler  à  une  chose  avec  peine.  E  s 
te*^âlig  lek  hàna,  que  cherches  tu  ici?  rép.:  ^ilig 
1  i  m  -  m  a  "^  â  s  je  cherche  les  moyens  de  vivre  =  (a)  d  a  u- 
wir  li.  (j^ltl]  .sJlc  ou  [jdj}^  j,,  travailler  la  terre,  la  défricher. 

Aussi  soigner  un  malade,  «.^^^-^  ,  =  (j:^^,  comme  dans  la 
lurah.  ^^bGL  xsnJbù",  tu  le  contredis  en  parlant.  A  propos 
de  J^  j^Ls>,  voici  un  colloque  entre  moi  et  un  Datînois: 
Moi:  es  yisàuwi  (a)bûk?  Lui:  yihâtir.  Moi  (ne 
comprenant  pas):  binefseh?  Lui:  kân  yihâtir  'a la 
g  i  m  â  1  e  h  la  L  a  h  i  g.  Que  fait  to7i  père  ?  —  Il  s'expose 
(je  compris  ainsi).  —  Lui-même?  —  Il  faisait  des  voyages 
avec  ses  chameaux  d  Lahig.  jJJ>  est  donc  ici  marcher, 
voyager  =  ^\j^,  et  on  lira  Hdr  Gloss.  s.  v.  ^oi» ').  A  ed- 

Dâhir,  L^  est  le  voyage  à  Aden,  aller  et  retour. 


1)  Ja^,  passer,  gehen,  Boh.  I  p.  -121,  »  d'en  bas,  et  j^^^j  s  cx- 

poser  à  un  danger,  j^^s»,  Gefahr,  de  fahren,  pourront  être  compares 

à  -j'^n,  ass>r.    alûku,  Meissner  Gr.  §  8,  aller,  et    eUP,    périr,   se 

perdre,   s'égarer,   Boh.    I   p.    70   *   d'en    bas.   Je  ne  sais  si  dVlw  en 
fait  partie,  pai-  h  <  s,  comme  l'a  proposé  Ewald  Gr.  117'",  ou  si  c'est  un 


1370 

90,  17:  sâ^ni.  En  complément  à  ce  que  j'ai  dit 
p.  496  et  ss.  sur  ^,  j'ajoute  que  les  Harîbites  disaient 
aussi  éàh  yebâk,  le  voilà  qui  te  veut,  que  je  n'expli- 
que que  par  l'affaiblissement  du  c,  et  le  Hammâmite 
uéfùh  yibàk,  qui  doit  venir  de  ^jJu^,  [voir  d'enhautj, 
dont  l'impératif  régulier  est  isf  p.  323,  et  le  premier  u 
de  usfiih  est  assimilé,  par  harmonie  vocalique,  au  second. 
Le  Datînois  aurait  ici  dit  isf  à  h,  avec  un  autre  sens.  La 
racine   o^ii    s'est   développée   de   plusieurs  façons,  Hdr. 

p.  504  note.  ^joJ:^  =  ^y^,  Diw.  Hodeyl.,  Koseg.  p.  187 

V.  34.  L_îb:^î  lXï  ^_»yit  \3\  Jc>JJ  JUb,  Diw.  ^Aggâg  ^).  ^iXi 
peut  donc  signifier  regarder,  voir,  mais  pour  le  moment 
je  n'en  suis  point  sûr.  Il  existe  effectivement  dans  ce  sens 
dans  le  dialecte  oranais,  selon  Bel,  Djâzya  p.  106,  qui 
dit  que  „c'est  une  simple  licence  poétique",  ce  qui  n'est  pas 
probable.  A  l'est  de  Dt,  oL^,  o,  voir,  est  employé,  mais 
très  peu  dans  les  dialectes  de  Dt  et  ceux  des  pays  au  n.  et 
à  l'ouest,   où  ysijj  est  le  verbe  ordinaire  *).   En  sahhî, 

c'est  attendre  BBRAS  1902  p.  270.  oZ^  et  oUi,  par 
contre,  sont  en  Dt  montrer  =  j^^.,  ce  qui  est  devenu  en 

développement  de  J^w.  J'incline  à  croire  que  l'arabe  est  ici  indépen- 
dant,  mais  eu  égard  à  l'association  d'idées  dans  y^>  Gefahr,  et 
ya:>,  fahrcn,   "j^n   alàku,  oller  =  liVi^,  périra  zu  Griinde  gehen, 

aura  pu  donner  *i)sJLw,   aller:  Jlc!  s\]^y 

1)  J'ai  oublié  de  noter  l'endroit. 

2)  L-Jl-ii,  G,  est  cependant  très  vieux,  car  il  se  rencontre  dans  le 
nom  propre  sabéen  Yasi'ipu  pour  Y.-ihi,  Dieu  regarde,  Hommel 
AIU  p.  82. 


1371 

tripolitain  ^jucC^,  Stumme  MGT  Oloss.  s.v..  ^^ycû",  regarder 
d'en  haut  et,  au  figuré,  s'occuper  de,  regarder  aux  in- 
térêts de  =  ^jLyiO".  Dô^an  a  fait  ce  zâmil  : 

_  ,  ^'  ■■  + 


v^-:^^-^  L"  _^-^    ^f^^    J-!>-!'  ^ 


Ce^^e  affaire  est  parvenue  à  mes  oreilles  pendant  que 

[J'étais  à  mon  domicile,  sans  avoir  des  nouvelles, 

De  la  part  du  sultan  et  de  mon  frère  à  l'étranger, 

Et  alors  je  me  suis  mis  à  regarder  aux  intérêts 

[des  tribus  et  des  dôlah, 
Ecoutant  l'homme  probe  et  celui  qui  va  inanquer  à 

[son  honneur. 
91,  3  :  yio,  n.  g.  ;   iiyco  n.   unit.,   travelling  palm   (?), 

mais  «yio,  bétail,   p.  686,  =  ,ji^.  Est-il  ainsi  appelle  de 

yio,  '^^  =  scier  ou  =  s'étendre?  v.  p.  684  et  ss.. 

91,  4:  yifstô",  yiféotûn.  iiClxs,  o,  faire  une  inci- 
sion, p.  1029.  Ce  verbe  se  trouve  également  en  mehri  et 
en  soqotri.  D  H  Mûller  M88  p.  70  §  6  porte  wèlladi 
yuratti  'alays  waldes,  sfoteh  biyèdduh,  et 
celui  qui  te  couvrira  est  ton  fils;  fais-lui  utie  incision  à 
la  main,  cf.  ma  M  S  p.  36,  et  le  verbe  correspondant  est 
en  mehri  bsè^eh,  de  beéôt,  Jahn  Gr.  M  S  p.  8,  ce 
qui  est  Ja^;  en  soqotri  tsefètaih.  Le  soqotri  corres- 
pond donc  au  éfoteh  de  'Abd  el-Ilàdi,  ce  qui  n'est 
qu'une  métathèse  de  l'arabe,  car  Jas-ii  n'existe  pas  en 
arabe.  Dans  L  A  et  le  Qâm.  seulement,  nous  ne  trouvons,  à 


1372 
propos  de  cette  racine,  que  la  courte  phrase  :  ^ytS\  ixisijt 


i?^!  j  ^\  j^,yo  ^»,  A.N*:2.àJ'  ;  c'est  donc  se  fendre,  se  cliver, 
sich  spalten.  Il  y  a  aussi  le  classique  Jiy*o,  =  Jby^JiA, 
ce  qui  a  été  coupé  de  l'ongle  trop  long,  L  A  IX,  247  et 
qui,  comme  forme  araméenne,  pourrait  correspondre  à 
notre  -Lucô 

91,  5:  madabb.  ^CsCd-.  1°  goidot  d'un  vase,  entonnoir, 
et  de  là  2°  ouverture  dans  la  levée  du  champ,  par  où 
passe  l'eau;  3°  fuite  d'eau,  voie  d'eau.  uj3,  o,  est  1° 
repousser,  empêcher,  aussi  classique.  ...ot^f  ^y^  'ÀL\  v^j 
retenir  Veau  de  la  rigole  pour  qu'elle  ne  coule  pas  dans 
le  champ;  2°  couler,  fuir,  ^^\  ^^  ujAj  ^'l!',  l'eau  coule 

de  l'outre,  où  il  y  a  une  fuite,  ujl>w«,  =  ?^7.  v/^'-  D^-ns 
ce  dernier  sens,  c'est  l'hébreu  331,  couler,  et  le  syriaque 
wisîj  fluxit,  et  parent  de  ^c>  et  v'^-  Dans  le  Negd,  c'est 
pousser  vers.  Ahàdat  el-mùhër  udàbbatah  "^al- 
a  b  û  h  a ,  elle  prit  son  cachet  et  le  jeta  devant  son  père, 
Socin  Diw.  I  n°.  61,  s,  d'en  bas.  Sëgâ'^  yëdibb  rûhah 
'^alal-gôm,  un  courageux  qui  se  jette  sur  l'ennemi,  ibid. 
N"".  42  note  13.  Cela  concorde  avec  Meissner  NAGI 
p.    123,    werfen,   fortioerfen;  ausspeien.   Dans  ed-Dâhir 

v_j^Àxi  est  =r:  J..5^.c,  pressé. 

91,  9,  10,  11.  On  observera  que  le  Hammâraî  dit  di 
bâyisrab  et  di  bilyilgi,  tandis  que  le  Datînois  se 
sert  de  la  forme  pleine  ille  di'  yibà'  yisrab,  mais 
ille  di'  bà'  yilqi. 

91,  11:  oljfcj,  pl-  de  ^(cj,  tandis  que  le  datînois    ^[j 


1373 

est  le  pi.  L^'J,  Hdr  p.  422,  comme  en  Syrie,  Pr.  et 
Dict.  p.  454.  Juta  est  le  paradigme  des  verha  vasis,  ici 
p.  63  note  1  ')•   Oi*?   les  lexicographes  ont  enregistré  ^icj 

et  ilcj,  L  A  s.  V.,  la  seconde  étant  vulgaire,  mais  on  lui  a 
fait  l'honneur  de  la  faire  figurer  à  côté  de  la  forme 
régulière:  on  peut  donc  voyeller  ainsi! 

91,  12:  musâmil.  La  première  forme  J^^-w,  i,  o,  sig- 
nifie être  vieux,  être  usé.  Sur  les  voyelles  de  Jjè  pour 
Jj6,  i,  0,  voyez  Prov.  et  Dict.  p.  60  et  s.  ^).  c>i*^  Lf^^^ 
mes  habits  sont  devenus  vieux  =  c>ib .  o*  Lo  J-^*  c?;^ 
^ci  ^Jûj,  mon  pagne  est  vieux,  il  7ie  vaut  plus  rien.  C'est 
très  classique,  L  A  XXIII  p.  367.  iJUL^Ji  ^}^^'  de  la 

p.  520,  2  doit  se  traduire,  d'après  une  glose  que  je  trouve 
à  présent,  par  Jes  tonnerres  anciens  dont  nous  avons 
hérité  de  nos  ancêtres  —  Jvl^,  car  J-^Lw  n'est  pas  r=z 


1)  I.  Sîdah  XVI  p.  25  et  ss.,  a  un  long  article  où  tout  est  pêle-mêle. 
Barth  NB  p.  62,  id.  K.  el-Fasîh  p.  45,  G  Jacob  St.  in  arab. 
Dichtern  p.  100,  Brockelmann,  KisiVi"  ZA  XIII  p.  37,  id.  VGSS  §133. 

_   _  ) 

2)  Les  Joè  >  Joè  se  confondent  ici  avecles  J«*3,  i,  o,etJ^«>  J-«s, 

ainsi   qu'il    ressort   de   la   règle   établie   Prov.  et  Dict.  p.  60  s..  Elle 

n'est  pas  absolue,  surtout  chez  les  Bédouins,  qui  disent  p.  e.  jjÂJ, 
mais  les  hadar,  ^jù.  Barth,  ZDMG  48  p.  3,  a  fait  la  même  obser- 
vation, sans  connaître  mes  Pr.  et  Dict..  Brockelmann,  VGSS  p.  182, 
passe  trop  vite  sur  ce  fait  et  paraît  ignorer  ce  que  moi  et  I3arth 
avons  déjà  écrit  sur  cette  question.  Vollers  VS  p.  16  mentionne 
cette  harmonie  vocalique  pour  quelques  verbes  des  anciens  dialectes. 
Abu  Bakr  el-Anbàrî  K.  el-Addiid  p.  8  a  déjà  relevé  cette  particu- 
larité =  Freytag  Einleitung  p.  05. 


1374 

jwoUwo,  ^  JwÂLw,  être  habitué  à,  proprement  être  vieux 
dans  une  chose,  s'être  fait  à  une  chose  =  Aden  Js^  lX^Lw  ^) 
et  à  ed-pahir,  ^}s^  cr"^  ^)-  Hartmann  L  L  W  p.  203,  i* 
d'en  bas  a  ius  ^jJlwj  =  iico^,  il  leur  fait  ses  adieux.  Est- 
ce  parce  qu'on  dit  en  partant  éj^  S^.  *^'?  d^^^  ^  ^^  même 
sens  d'être  habitué,  Hdr  p.  77,  c  d'en  bas.  Il  offre  la 
même  transition   sémasiologique  que   J«-<Lv,  car  J-^o  est 

un  développement  de  Jb,  o,  être  ou  devenir  vieux  (d^.*,^, 

vieux),  comme  les  exemples  analogues  donnés  p.  850 
note.   J^Sj^  L«,  Ildr   Gl.    s.  v.,    Reckendorf   S  V   §  99, 

Nôldeke  Z  G  C  A  p.  55.  Ce  o'àJI  ^L,  précédant  l'attribut 
après  la  négation,  est  fort  commun  dans  les  parlers  bé- 
douins de  l'Arabie,   surtout  dans  le  Nord,  ainsi  que  l'a 

bien   exposé   Socin    Diw.    III    §  195.   ^j^Ja^co  ^  ^s>  U,   il 

n'est  pas  capable  Dt.  Le  cheykh  Turkî  dit  dans  sa  qasîdah, 
citée  ici  p.  1273  [chant]  : 


1)  lXkw,  0,  rester  longtemps,  faire  qqc  pendant  longtemps,  rester 

Dt  =  iAxA«    Dt,  V,  Gloss.  s.  V..  Le  dict.  nous  donne  j,  Jj*^!  o^f* 

\Jlf:    pb^   ^p)\   ^   c>y^"  ^*5  oÂ>  LsPyAAv,   LA  IV   1).  204;   cf. 

K,  el-Addàd  p.  27.  D'où  le  class.  iA.«ja«,  éternel.  Dans  ce  sons,  il 
me  paraît  congénère  de  r\'yV  et  c>*-o.  Par  contre,  A<-.v  =  jLc, 
être  haut,  porter  la  tête  haute,  L  A  IV  p.  203,  2  d'en  bas,  p.  204,  '*, 
est  peut-être  un  développement  de  y^^  =  iUvJt  ^\  ju«!.  ^y. 
cf.  ici  p.  1322. 

2)  ry^^^^j  à  Aden,  moudre  /în  =:  Intérieur  o»^^**- 


1375 

o  ,  o 

Alla  wa  ladri   hî   minayyan-nahâya 
La  hî   be  min  Barga  wala  hî  be  min  Zûg 
Récitation  : 

C'est  que  Je  7ie  sais  de  quelle  contrée  elle  est: 
Elle  n'est  pas  de  Barqah  et  elle  n'est  pas  de  Zûq. 
Cela  concorde  avec  les  exemples  de  Socin  0.  et  1. 1.. 

^^^  ^\  J^>,*-j  _^  Lo  j:v-**^[5)  ^^  Vémir  d'alors  n'était 

pas  Mohammad,  l'émîr  actuel,  récit  "oneyzite. 
Autres  exemples  dans  le  Glossaire. 


40  b. 

91,  23  :  g  â  d  a  pour  sob-,  bien  défini  par  Hess  Bemerk. 
zLi  Doughty's  Travels  p.  12:  „Auf  den  grossen  Karawa- 
nenstrassen  findet  man  eine  Reitie  von  einzelnen  neben- 
eioander  laufenden  Wegen  von  etwa  40  cm.  Breite.  Sie 
sind  von  Kamelen  ausgetreten  worden  und  sehr  geschlan- 
gelt.  Dièse  einzelnen  Wege  heissen  gùwàdd."  De  même 
dans  le  Sud.  Ces  différents  sillons  ou  sentiers  forment 
la  gâdab  ou  comme  nous  lisons  dans  K.  el-Addâdp.  21 

en  bas  :  »oL>  &î  0,^35  ^^  Ijyli  (j^UJl  iOCLv  (^Joi  lXaxII  oM-Lît. 

92,  12:  tegargafnâlah.  ^jLi^JLJ  est  tâcher  d'em- 
poigner qqn  en  luttant  avec  lui  pour  l'empêcher  de  faire 
qqc.  D'après  L  A,  ^Jiiji  est  grelotter  de  froid  et  faire 
trembler,  1  Sîdah  XI  p.  74,  13  et  s.,  provenant,  selon 
lui,  de  oii.!  avec  un  o  prosthétique.  Je  crois  plutôt  que 
c'est  un  accouplement  de  deux  racines:^,  être  froid,  et 
^jii  (01Ï5).  En  "Oman,  ^»jiyL)',  crépiter,  R  0  p.  254  §  396, 
qu'il  fait  venir  de  ^MJié. 

92,  3:  h  es  ke  te  h.  iXio>,  pi.  é^=>  (liisàk),  pagaie 
roulé  autour  de  la  taille.  Aussi  ^o^a  lorsqu'il  est  teint 
en  indigo.  •'^,  le  pagtie  blanc  avec  bordure,  le  .M  an- 
cien, Boh.  I  p.  78,  I  SaM  III,  i  pp  17  et  19.  Sur  èJ^, 
voyez  Hdr  Gl.  s.  v.. 


1377 

92,  5:  lîàzar  "agi ah.  Sur  ,;:>,  voyez  Arabica  V  Gl. 
s.  V.  et  ici  p.  715  et  s.;  chez  les  Hammam,  savoir. 
L^La^^^j  L  Lp»p>Li,  je  le  sais,  je  ne  l'oublierai  pas. 

92,  6:  rabà'^na.  ^j,  amis,  compagnons.  El-hallîn 
fil-bâlâdinna  [=Ujo^LJ)^5]  negùllhom  ërbiVètna, 
ceux  qui  habitent  dans  notre  pays,  nous  les  appelons  nos 
iCcL ,  Dàhir,  qui  est  le  pi.  de  ^:^ ,,   Hdr  Gloss.  s.  v..  Le 

singulier  de  %j.  serait,  selon  le  Hammâmi,  hôi,  mon 
frère.  Cela  illustre  l'appellation  ^^^b  j^  d'une  tribu.  Du 

reste,  ^^  est  bien  moins  usité  dans  le  Sud  que  dans 
le  Nord. 

92,  6:  raddânâlah  =  raddeynâlah,  comme  ici 
1.  11:  haddâna  =  haddeyna.  Si  haddâna  peut  être 
pour  haddêna,  raddâna  ne  l'est  pas.  La dégémination 

des  verbes  ^  dans  la  conjugaison  n'est,  du  reste,  pas 
pratiquée  dans  les  dialectes,  où,  comme  on  le  sait,  les 
^  assument  dans  leur  conjugaison  la  forme  c:^^,  etc, 
sans  doute  par  analogie  avec  les  yé  et  les  ^^.  Cela  se 
passait  aussi  anciennement,  Mofassal  p.  173,  s  d'en  bas, 
I.  Ya'^îs  p.  1370.  Or,  la  forme  classique  est  radàdna 
avec  l'accent  régulièrement  sur  la  pénultième  longue. 
Celle-ci,  ayant  le  ton  principal,  doit  être  gardée  telle 
quelle,  si  la  dégémination  ne  se  fait  pas,  et  cela  donne, 
d'une  façon  linguistiquement  normale,  quant  à  l'arabe 
du  moins,  la  forme  raddàna.  Si  l'on  conserve  la  dési- 
nence brève  ràdda,  il  se  produit  une  forme  ràddana, 
qui  est  la  Ille  personne.  Comme  la  dégémination  ne  se 

fait  pas  dans  les  dialectes,  on  a  suivi  l'analogie  des  ^ 


1378 

et  des  ^yùt.  Les  anciens  grammairiens  parlent  déjà  de 

cette  forme  o'jÏj,  Wright  Gr.  p.  69,  Vollers  V  S  p.  153, 

et  riiébreu  l'a  également  (ô)  dans  ces  verbes  «,  avant 
les  affirmatifs  t  et  n,  Stade  Gr.  §  428  b,  Kônig  Lehrge- 
bande  I  p.  319  et  s.,  mais  il  y  a  aussi  en  hébreu  des 
exemples  de  la  dégémination  arabe,  Stade  §  472  b.,  Kônig, 
ibid.,  et  Ges.-Buhl  H  W  B  s.  v.  22C.  Delitzsch,  Gr.  p.  267, 
voit  un  cas  analogue  dans  l'a  qui  est  intercalé  entre  le 
thème  du  permansif  et  l'afiformatif  et  dans  les  formes 
kananéennes  du  parfait:  saprâti, /ae  envoyé^  et  l'assy- 
rien dannâta,  mais  le  cas  n'est  pas  le  même.  Halîl, 
Sîb.  II  p.  127  (Caire  =:;:  Trad.  II  p.  484,  où  Jahnn'apas 
compris  ce  passage)  prétend  que  chez  les  Bakr  b.  Wâ'il, 

il  y  a  des  personnes  qui  disent  o^.,  et  Sîrâfî,  Jahn, 
Erklâr.  II  p.  259,  dit  que  c'était  une  mauvaise  prononciation 
de   Bagdad  ;   voyez  à  présent  Brockelm.  V  G  S  S  p.  633. 

92,  8:  haras,  (jiy?,  o,  i,  signifie:  1°  marcher  vite, 
faire  vite,  se  dépêcher  =  ^j.^,  o,  i.'),  surtout  aux  pays 
au  Nord  et  à  l'Est  de  Datînah.  Uhrùsli  bilhaqak, 
marche  donc,  que  je  rejoindrai.  Hdr  Gl.  s.  v..  lAj^, 
marcher  très  lentement  Dt.  Cf.  JOj,  marclier  à  petits 
pas  et  avec  affectation  ■).  Ahmed  "Ali  ed-Diyêbî  a  dit  : 

U^^r^   (jrJl-^^^  à>   J$J"   ^ç^*^     '-V^    wOl^-    \jLj,    ^^    Ij! 

j'ai  une  vierge,  moi,  qui  se  met  ses  plus  beaux  atours. 
Elle   se  met  à  trottiner  avec  affectation,  peinte  de 

[hinnâ  et  de  wars. 

1)  Arabica  IV  p.  43,  où  u«^,   comme  je  l'ai  aussi  entendu. 

2)  En  Syrie,  J^  est  négliger  sa  mise,  prononcé  tantôt  avec  k, 
tantôt  avec  g. 


1379 

C'est  le  tehargalde  Hartmann  L L  W  pp.  86  et  240  = 
temsi  gawâm  là  mesy  ulâ  gary,  thirgil,  selon 
la  glose.  Cf.  jjy^,  class.  et  dial.,  v.  Gloss.  s.  v.  ;  o^, 
trottiner,   Meissner  N  A  G I   p.  145   et  ici   Gl.   s.  v..   2° 

503 

attendre    qqn   J.   ^^lX^  J,  (ji^î,  attends-moi    là   Dt,   ■==. 

J  ptaJCv.!,  J  i^c-^'  ')  ou  J  J-^.  C'est  donc  tout  le  con- 
traire de  marcher.  3°  avaler,  dévorer,  déchirer  à  belles 
dents  (bête  sauvage)  ;  cf.  le  class.  ^^,  être  glouton,  propr. 

broyer,   Din,   démolir,   et   uoy>,  déchirer,   convoiter,  pn, 

se  dépêcher.  ^^^  (ji^  —  ^j%_j  J^jJ>  ou  Jj:,  exciter,  comme 

class.  et  dialect.  ^^^  et  ux.^b>,  L  A  VIII  p.  256,  15,  et 

le  vers  suivant  ;  cf.  {j^y>.  J^j-SS,  se  chamailler;  cf.  u^L^ 
et    (jiijLp    Gloss  s.  V..    d^j.9,    vorace,   glouton,   aussi  des 

hommes,  bête  rapace,  serpent  *)  =  a^,Lp,  pi.  J^Jj^;  exemple 

ici  p.  402,  15.  Avec  coll.  ^J^,  bêtes  rapaces,  n.  unit,  iui^, 

pi.  lAî^-5>  et  qL^^.  Le  poète  des   Abâdil  el-Miswadî  a  dit 

répondant  à  celui  des  Fadlî  B.  lîoweydir: 

''^^*^   cr*^   O^r^  CH   ^3-*-^   cr 


U^if   U^y^.   ^ 


-ÀJlJ   iL_)A_? 


1)  Proprem    attendre  jusqu'à  ce  que  tu  entendes  ma  voix  ou  le  bruit 

o    o  , 

que  je  fais  en  venant,  leP'ii    v.  p.  502. 

2)  Cf.  le  class.  (jii^,  serpent  )ioir. 
H)  Doit  t'-tre  ^^L^r'* 


1380 

Celui  qui  a  dit  ces  paroles  se  fait  aussi   donner 

[une  bonne  réponse, 
Et  sa  part  à  lui  n'est  plus  autre  chose  que  deux 

[souliers  '), 
De  la  confection  de  B.  Ôaubcm,  d\m  travail  hors  ligne, 
Comme  un  cadeau  de  ma  part  à  celui  qui  excite  les 

[bètes  voraces^). 

Dô'an  a  dit,  suite  des  vers  p.  498,  is: 

+ 

^yt^lî    J(^-rî    U^-îJ'    d^^3    (*-^-:^ 

Et  Ahmed  est  arrivé  avec  cent  hommes  :  c'est  Dieu 

[qui  a  déchaîné  cela  sur  vous, 

Et  les  bêtes  voraces  et  les  oiseaux  étaient  là  à  manger. 

3°  gratter,  égratigner  =  C' j:^j>  =  ^j:^..  J'ai  entendu 

avec  3  et  avec  _,  mais  je   ne  sais  quelle  est  la  bonne 

forme.  Etant  donnés  ^J' ,  =  u^f>,  et  (_«-^,  piler,  broyer, 

Ji^f  de   {^iSf,  Stumme,  T  Gr.  p.  37  =  Din,  emmssew, 

les  clasR.  (JO.P,  avoir  la  gale  =  [jo^ ,  ijo'^,  la  gale,  Rôssler 

MSOS  III  p.  33,  11,  et  quantité  de  mots  où  h  permute 
avec  h,  il  se  peut  que  je  n'aie  pas  mal  entendu. 


1)  =  Des  horions  avec  deux  souliers,  v.  Gloss.  s.  v.. 

2)  Les  contribules  d'el-Miswadî. 

3)  Chanté  mèyhë-,  récité  miyèh. 

4)  Littéralem.:  Dicic  Va  secoué  sur  vous,  se.  i^^^i>:^!,  la  chose,  ou 

•-jÀ^,  la  guerre. 

5)  =  J^f>  et  J^f>',   Syrie,  =  ^f>-,  Egypte. 

0)  Comme  ciy  et  oijy,   oy>  et  0»J^:>,  ^J'*^^  et  u^-^c^^,  Jù)^ 
et  —i^-ï,   p  Js  et  5J jï  5   V.  Gloss.  s.  v.. 


1381 

4°  se  gratter,  comme  dU>  en  Syrie  et  au  Yéman  a 
les  deux  sens,  Stace  p.  90  s.  v.  itches. 

5°  ramper  (des  reptiles).  On  a  vu  p.  1379  que^i  .U>est  aussi 

serpent^  propr.  rampant.  Ksieo,  le  développement  Q  d^'X^j 

ramper  comme  les  reptiles  =  Ji^^",  et  aussi  des  hommes, 
se  glisser  furtivement,  faire  U7i  petit  bruit  sourd,  comme 
lorsqu'on  marche  dans  les  arbres  ou  que  les  feuilles  s'agi- 
tent, =  ^^  V.  Gl.  et  Socin  Gl.  s.v..  Jj^^*^.  ^tA^j  '^07i  ventre 
grouille,  =  oi^bc>t,  lorsqu'on  a  mangé  une  chose  nuisible. 
jy^'^,  pl.  yfA^,  vers  qui  se  trouve  dans  les  excréments. 

92,  10:  hahagnâhen.  ,^,  donner  un  coup  de gem- 
bieh  sous  les  bras  (à  un  homme)  ou  sous  les  jambes  de 
devant  (à  une  bête).  Ce  verbe  étrange  est  difficile  à  placer. 
Je  soupçonne  que  le  premier  h  doit  provenir  d'un  s, 
peut-être  sous  l'influence  du  mehri,  où  un  s  arabe  peut 
devenir  h,  Jahn  Gr  M  S  p.  9,  ce  qui  n'est  pourtant  pas 
nécessaire.  Mais  les  significations  nord-  et  sudarabiques 
(et  classiques)  de  ..^s^,  a,  ne  s'y  prêtent  guère.  Je  vais 
les  passer  en  revue: 

1°   Datînah.  Courir  après  qqn  pour  l'attraper,  o^-^:^ 

i^jjL^vjaw^  aj^,  je  me  suis  enfui  de  chez  lui,  et  il  7n' a  couru 
après  pour  m'attraper.  Chasser,  loegjagen,  cacciar  via. 
J3  kls\s^*^  IjAic   y^  \j  ef«3^  iL>,  un  juif  est  venu  chez 

nous,  qui  voulait  réparer  la  vaisselle  cassée  CiJ>»,y^  ou 
Aïyti;^),  mais  je  l'ai  chassé,  et.  il  s'est  enfui.  _o  Jl  j- 

,  Cl  , 

1)  Comme   .lXP   et    ^'-^^,    (fronder  (chien). 


1382 

^^U<il,  le  vent  m'a  poussé  à  (chercher)  l'abri.  Chez  les 
*^Anazeh  et  au  Negd,  c'est  passer  devant,  vorbeigehen  et 
pousser  =  ^\^,  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  145.  ^:>^JS^^ 

(jiiijî,  je  suis  passé  devant  le  troupeau  :=  \Ac  c>j  >>  G  0 

anazî.   jjjJjI'  ^..fi^,  le   troupeau   est  passé  devant  moi, 

anazî.  Lu,Jo  tiy^]  U:^;^^  o^j^r"  ^  ^~*~^>?'  ^^'^^^^  ^^^ 
mes  allés  en  Haurân  et  nous  sommes  passés  devant  el 
Keswah  sur  notre  route,  ^anazî.  Comme  Socin  Diw.  Gl 
s.  V.,  où  I  N°  22,  2  b  -^^f^^  ^^  ^^  route  est  juste.  Mais 
il  n'a  pas  compris  le  vers  2  de  la  qasîdah  : 

yegâhid  genûdin  fi  sawâhîg  alatrâg*) 
qu'il  traduit  par  :  Er  bekàmpft  dann  auf  viel  begangenen 
Pfaden   aile  môglichen   Gegner,   tandis  que  cela  doit  se 
rendre  par:  il  lutte  contre  des  armées  (qui  sont)  dans  les 

C'  -  o- 

pensées  qui  lui  surviennent  (vJîîijî,  pi.  de  o^),  ce  qui 
ressort  clairement  du  second  hémistiche  du  même  verset. 
La  qasîdah  de  Dikr,  tante  de  ''Aqâb,  porte  v.  2  (chanté)  ')  : 

(^^Ju>!^  JL  ^   '^^   {^^o 


d)  Ye  au  commencement  est  de  trop,  comme  souvent.  Il  faut 
lire:  sa- wâ-hî-gâ-lat-râg.  Mètre  comme  le  suivant. 

2)  Mètre:  ----  |  ----  |  ----  ||  ----  1  ----  |  ----, 
ra^az  bédouin  de  toute  l'Arabie. 

3)  De  (5J^'   paraphrasé  par  r^,   wÀj^   et  J>^-)    préparer. 

4)  Sing.  oy>L^,  barque.  Socin  Diw.  Gl.  s.  v.  a  v_i»j5^UX/o,  hntrau 
sur  VEuphrale.  Le  maskûf  de  Vollers  ZDMG  51,  '*,  d'après  D 
de  Rivoyre,  peut  ne  pas  être  une  faute,  comme  le  croit  Socin,  mais 
une  formation  d'analogie  de  \.JiJi^,   voyez  ici  p.  900  note  2. 

5)  La^sj,    |i1.    (le   sjxoj,    n.    unit,    de  _j-»i2J,    chameaux   rapides,   de 


1383 

Préparez,  au  lever  du  Canope,  (vos  dalûls  rapides) 

[comme  les  barques, 

A 

0  vous  qui  montez  des  dalûls  rapides,  prenez  (em- 
/portez)  les  idées  (les  soucis)  qui  me  passent 

[par  l'esprit. 

i£i^\y*i  est  le  pi.  de  -Li^,  pensée,  souci  qui  passe  .c^i^. 

par  l'esprit,  comme  me  l'expliqua  un  'Anazî.  Se  prononce 

aussi    J^j->^.  ^-^jr^,  être    préoccupé:   gâm   el-walad 

(2,  Cl/ 

yisàuhig  m'itl  el-migdâb,  le  jeune  homme  se  mit  à 
marcher   plein  de  pensées  comme  un   toqué,  "^anazi.   Je 

ne  sais  s'il  y  a  une  affinité  radicale  avec  le  class.  ^j'*-^, 
se  présenter  à  l'esprit,  Livre  des  Avares  p.  58,  si  fréquent 
dans  le  Sud  :  ^^^^  et  o-"^^»  v.  Hdr  Gl.  s.  v.  ')»  et  qui 

est  presque  identique,  comme  sens,  au  -Lsy«  du  Nord 

et  encore  plus  à  (j^^_^,  Socin  Diw.  Gloss.  s.  v..  Une 
métathèse  n'est  pas  exclue.  On  comparera  cependant 
yjL>,  esprit,  propr    qui  passe  par  la  tête,  de  yii»,  passer. 

L'idée  de  passer  est  aussi  enfermée  dans  le  class.  ^%^, 
car  LA  III  p.  126,  dit:  Ub  ^  '^^L-  ^JuJLJ  ^yi!  ^..^, 
voyager  toute  la  nuit  sans  s'arrêter.  En  Hdr,  ,^^  est, 

au  figuré,  gaspiller,  'u-w^  L^^sv^,  nous  avons  gaspillé 


^J^,  i,  (class.  L^iaJ,  o),  être  très  rapide,  ce  qui  est  presque  classique. 
(jfAiJ,  se  diriger  vers.  riiJi  et  l'assyr.  nasû  en  sont  les  proches 
parents,  v.  p.  1218  note.  La  remarque  de  Socin  Diw.  Gl.  s.  v._^^  est 
gratuite. 

^  Cl  ^ 

1)  Socin  a  aussi  ^j«j>^,  désirer  qqc,  Diw.   Gl.   s.  v..    Brockelin. 
0. 1.  p.  520. 

91 


1384 

notre  argent,  ic^^,  gaspillage.  q1.:f^,  gaspilleur,  pro- 
digue. L  A  III  p.  126  :  >^=>5  o,>iii  u^j"^'  ^^  o^^v^  et 

)c\j^X-w    ')_5-^    o-^    J*:^3    lAiLioL    L»aO    Liv*^    vi>-<^    -^^tJ'   ovi:S\.A*« 

Le  Qâm.  le  définit  par  ^^î  oÂx^î,  sens  qui  n'est  pas 
en  contradiction  avec  celui  que  je  viens  de  rapporter. 
Un  autre  emploi  en  Dt  est  ^.jlLj  ,i^  [jjJ!  lÀ^,  ce  mé- 
dicament m'a  nettoyé  le  ventre.,  en  me  donnant  une  selle 
abondante,  et  aussi  ,_5vX^p^  ^j3aji,  j'ai  la  diarrhée.  ^_^L« 
est  même  cours  de  ventre^  p.  592.  Cf.  Dozy  S.  s.  v.  .^^cs^u-. 

Le  verbe  classique  ..îs/.-,  LA  III  p.  119,  a  un  sens  ana- 

logue:   Uui,  «Lail  iw^X^o  ,isA«  et  \>Lk)   ..."li   tôt  ^w.  iOLki  ,i  8Jc>l. 

Pour  le  ""Oman,   Reinhardt  donne  a^,  des    Weges  un- 
kûndig  gehen  p.  4,  11,  gehen  ohne  den  Weg  zu  kennen 
%  239. 
Je  ne  puis  me  défendre  de  l'idée  que  ,isi^,  dans  tous 

ces  sens,  soit  un  développement  de  .^■J>,  dont  je  parlerai 
tout  à  l'heure,  surtout  en  comparant  ^,  ou  une  conta- 
mination avec  •.-^j  voyez  p.  1388,  -,L«,  o,  =  iL:>5  ^^, 
L  A  m  p.  126,  r]y^,  errer,  cf.  Ges.-Buhl  HWB  s.  v.; 
Vollers,  Z  D  M  G  49  p.  506  note  1,  l'a  déjà  supposé. 

2°  faire  le  bruit  qu'on  entend  lorsque  plusieurs  per- 
sonnes  parlent  ensemble,  p.  e.  au  théâtre,  au  café  etc, 
murmurer,   bourdonner  =  *sf^  v.   p.   882.  Cf.  L^w,  gé- 

mir  (chamelle),  ^^  et  %.^'\-^,  p.  884.  iL^^'^-^^Uw,  bruit, 

clameur,  aussi  en  Syrie  o\i  =  '»j^^. 

3°  tordre  une  corde,  une  ficelle,  v.  p.  1124.  Ce  sens 
doit  aussi  être  ancien,  quoiqu'il  ne  figure  pas  dans  nos 


1385 

dictionnaires,  car  LA  III  p.  125  donne  son  intensif i4<^, 
tordre  fort:  JoJcciJt  jJiîiL  Nous  lisons  dans  les  diction- 
naires,  LA,  Qâm.,  TA,  que  ,^\^\  signifie:  iCàJLx^  v^-^ 

-JJî  ^^,  que  Lane  traduit  par  varions  sorts  ofrimnmg, 
et  T  A  III  p.  62,  20  ajoute  que  dans  un  ms.  du  Qfimoûs, 
il  y  a  Jo"^?  jf^.  Il  se  peut  que  ^  soit  ici  courroie  (j^l 
est  (jM^^li),  et  que  Jo'îi!  soit  une  glose  marginale  parce 
qu'on  ne  connaissait  pas  le  verbe  ,-^^,  tordre^  oubliant 
ou  ne  comprenant  pas  l'affinité  de  la  forme  intensive 
,iîa<-*,  dûment  enregistrée.  ,&^  est  bien  passer  dans  les 
dialectes,  et  dans  le  dict.  classique  nous  ne  trouvons 
que  ce  que  je  viens  de  rapporter  plus  haut  sous  ce  rap- 
port. Il  me  paraît  étrange  qu'un  mot  aussi  extraordinaire 
que  ,*^U«',  dans  le  sens  cité  par  Lane,  ne  soit  pas  mieux 
appuyé  par  un  verbe  pouvant  servir  de  base  pour  ce  sens. 
^,  i,  dans  toute  l'Arabie,  Nord  et  Sud,  Syrie  et  Egypte, 
s'enfuir,  hommes  et  bêtes;  émigrer;  Socin  Diw.  Gloss. 
s.  V.;  V.  Kremer  Beitràge  s.  v.,  Dozy  S;  cf.  ^^  et^L^, 
voyez  le  Gloss..  En  Syrie  et  en  Egypte,  s'en  aller  sans  qu'on 
sache  oii  l'on  est  allé,  disparaître.  ^^yJ>\*,  ^-ic  o^i-*« 
,io.L^  (^^^Lilb  io!,  je  demandai  de  ses  nouvelles,  et  Von 


1)  (ji;«Àb,  se  sauver,  par  ennui  ou  par  dépit, /wiV,  Syrie  et  Egypte, 

Prov.  et  Dict.   GI.   s.  v..    U^  q»     c-JLcIxàlaJ"  ^ikXj,   veux-tu  me  faire 

partir  d'ici?  Syrie.  ^^Lixib,  qui  s'est  sauvé,  qui  a  disparxi  de  son 
pays  =s  J^^,   V.   Hartm.   L  L  W   p.   115,    '»,  p.  182,  '.   C'e.st   le 

syriaque   ...mD.J,}   fuir,  Brockelm.   Lex.  s.  v.,  Lagarde  Nomina  p.  33 


1386 

m'informa  qu'il  était  fugitif  et  disparu,  Syrie.  El-ga- 
nânîs    éâfom    el-'asâlèir    min    baMd   ugabbom^) 

o 

hagîg  es-sêd  uyilfom  alal-ëHyari  el-''atâm,  les 
chasseurs  virent  les  soldats  de  loin,  s'alarmèrent  et  dé- 
talèrent comme  le  gibier,  et  arrivèrent  chez  el-E.  la  nuit 
tombée^  récit  "anazî.  V.  Prov.  et  Dict.  Gloss.  s.  v..  Pour 
le  Sud,  voyez  Hdr  p.  193.  C'est  peut-être  l'tiébr.  T\T\, 
éloigner.  La  lurah  ne  connaît  point  ce  sens,  qui  pourra 

cependant  se  cacher  dans  le  class.  i-^^x^',  agir  à  sa  tête, 
LA  III  p.   208,   12.   Le  cl.  ^  =  dVlw  est  dénomin.   de 


et  s..  ^_^Ài^  est  aussi  disparaître^  Ya'^qûbî  Hist    II  p.  512,  2  d'en  bas, 

Merveilles  de  l'Inde,  Gloss.  s.  v..  Dans  le  Nord,  i_p-3  est  disperser, 
répandre,  Socin  Diw.  Gl.  s.  v.,  Meissner  N  A  G  I  p.  132,  asperger, 
RO   p.  284,  Stumrae  TGr.  p.  16,  mais  aussi  se  disperser,  s'enfuir. 

^^i>  CT^  lA^  /U^t  aÎ  ^yÙ3\  U/j  xI^lXJ!  ^y^ÂA  ^^  Lfj'r^) 
le  gouvernement  ottoman  était  fâché  contre  cl-Hàyàrî,  et  toutes  les 
les  fois  qu^il  envoyait  des  soldats  contre  lui,  celui-ci  prenait  la  fuite 

devant  eux,  récit  '^anazî,  expliqué  par  ,^,  %X)  et  f»j^''  r***^'  lA^j 

le  chameau   a   détalé.   Làc  c:/.^iX;^  ^^-^j   nos   contribulcs   se  sont 

retirés  de  chez  nous,  Wetzstein  Z  D  M  G  XXII  p.  78,  "  et  s.  =  osï^àj' 

ibid.  p.  137.  jwjxj'  ij^^j  les  nuages  se  dispersèrent,  "^anazî.  Aussi 
sauter,  RO  pp.  403,  ''•',  382,  *,  410,  ^.  Il  y  a  donc  sans  doute 
une  contamination   de  v»Ab  (dans   Jh,  sauter)  et  (ji^. 

1)   >— ^,   i,   se   dit   du   gibier  qui  se   lève  brusquement  et  se  met 

sur  ses  gardes  en  voyant   le  chasseur  et  qui  ensuite  .^i^,  détale; 

inf.  ,.isx.^\P  •V;*''  <-^^)   le^  Bédouins  s'alarmèrent  et  chargèrent 

les  chameaux.  Le  — ^  est  ^îvaj^VjJI  J^Î,  selon  mes  'Anazeh,  et  ^ 

est  =i  8^,  fuite.  Le  sens  primitif  est  se  soulever  ;  Socin  Diw.  Gl.  s.  v.. 


1387 

si  ,i^  est  origin.  —  ,^^. ,  ce  qui  me  parait 
suspect.  C'est  plutôt  un  de  ces  nombreux  développe- 
ments primœ  n  de  «.j,  soit  de  i^.  Mais  ^  a,  outre 
les  sens  susmentionnés,  aussi  celui  de  démolir^  dé- 
truire, classique,  LA  III  p.  209,  et  dialectes,  Hdr 
p.  193.  Son  développé  j*.:?^')  est  également  demo/zV,  aussi 
bien  dans  la  lurah  que  dans  les  dialectes  bédouins  du 
Nord  ^),  en  même  temps  que  assaillir,  courir  sus.  Brockel- 
mann  VGSS  p.  225,  =p.  510,  dit  ceci:  „n  >  r:  hagama 
rennen,  stïirmen"  (vom  pers.  h  a  n  g  â  m  a)  >  âgypt.  hargam 
(Spitta,  Gr.  S.  191)."  Il  s'ensuit  1°  que  dans  l'arabe  ^r^v^», 
l'n  serait  tombé  et  que  celui-ci  ne  serait  resté,  n  <  r, 
que  dans  le  dialectal  égypt.  ^s>,   ou  bien  2°  que  l'arabe 

classique  aurait  fait  :  |*-^^  >  ,<r^  >  j*-^^,  procédé  im- 
possible. Comment  peut-on  s'imaginer  que  j*-^,  qui  est 
un  des  verbes  les  plus  répandus  dans  tout  le  monde 
arabe,  hadar  et  Bédouins,  Nord  et  Sud,  Asie  et  Afrique, 
puisse  venir  du  persan? 

^  j*-:s-\.jLP  est,  dans  le  Sud,  criailler  contre  qqn,  le 
menacer  en  criant,  Hdr  Gl.  s.  v..  C'est  évidemment  une 
épen thèse  avec  n  ou  une  dégémination  de  ^:>^^.  Les 
cas  analogues  sont  aussi  nombreux  que  l'épenthèse  ou 
la  dégémination  avec  r  énumérées  p.  358  et  ss..  L'égyp- 
tien ^^  pour  ^,ssMJ>  est  de  cette  dernière  catégorie,  et 
Spitta  ne  l'explique  pas  d'une  autre  façon.  Pour  moi, 
ce  sont  deux  épenthèses  différentes  avec  r  et  avec  n: 


1)  Comme  AP    et    |»'AP,    \jslc.    et    |*>^3lc,   J.x  et  j«-Lc,  voyez   mes 
Glossaires  s.  v.. 

2)  is:>JiA-'î  d'-*.;?!^,  elle  abattit  la  tente,  récit  'anazite  de  Hôtrobî. 


1388 

*=>J>  et  *-^u^,  et  non  pas,  dans  ce  cas,  permutation  des 
sonores.  La  comparaison  que  fait  Spitta  entre  ^^  et 
le  class.  Jw-y?  est  gratuite,  s'il  veut  par  là  dire  que 
M^  >  J-:^.  Mais  il  veut  probablement  comparer  un 
Joè  >  J.ci,  car  J..^  est  peut-être,  dans  ce  sens,  une 
prononciation  araméenne  pour  J.>u>.  ^J'  ne  représente 
du  reste  qu'une  graphie,  faute  de  mieux,  du  class.  et 
dialect.  hargal')  ou  ^f>,  les  deux  prononciations  s'en- 
tendent dans  les  dialectes.  Pour  cette  permutation^)  de 
n  >  r,  Brockelmann  ne  donne  que  cet  unique  exemple 
qui  ne  tient  pas  debout.  Pourtant,  il  y  en  a  une  dou- 
zaine, rien  que  dans  la  lurah.  Je  les  donnerai  autre  part. 

^,  i,  est,  dans  le  Nord,  s'en  aller ^  filer,  voyez  le  Glos- 
saire ,  quitter ,  =  oy^' ,  Wetzstein  Z  D  M  Gr  XXII  p. 
135.  Le  „y^\^**^  de  Socin  Diw.  N°  31,  2  est  délaissé,  de 

»j^  u>y^-^,  je  VcLÎ  quitté,  et  ibid.  note  {jj:>f^^  ,_}£■  c^v^^?^*-, 
je  me  suis  détourné  de  la  chose;  „etwas  vergessen"  n'est 
qu'une  explication,  et  ^  ne  veut  pas  dire  oublier.  C'est 
l'hébreu  JJr,  errer,  au  fig.  comme  en  français,  et  l'alle- 
mand sich  vergehen.  Le  sens  concret  est  encore  resté 
dans  nri',  j.  ^  et  rth«»f ,  errer,  comme  le  sudarabique 
OrM.  a  aussi  ses  deux  sens,  Arabica  V  Gl.  s.  v.,  de  même 


i)  V.   p.    1378  où   hargal,    harkal  a  cependant  le  sens  syrien. 

2)  Que  Brockelmann  appelle  dissimilation  régressive,  ce  que  je  trouve 
tout  à  fait  fautif.  Sa  terminologie  est  empruntée  aux  philologues 
néolatins,  mais  il  ne  faut  rien  accepter  sans  contrôle.  Je  me  suis  trop 
longtemps  occupé  de  philologie  neo-latine,  pour  ne  pas  savoir  que 
ces  messieurs  peuvent  aussi  beaucoup  apprendre  des  Sémitisants  et 
particulièrement  des  Arabistes,  qui  ont  à  leur  disposition  le  plus 
formidable  matériel  linguistique  qui  existe.  N  >  r,  et  tous  les  autres 
cas  analogues,  n'est  pas  une  dissimilation,  mais  une  permutation, 
une  interchangeabilité. 


1389 

que  le  class.  ^»f^  et  le  lat.  errare.  En  'Iraq,  ^  [ou  ^1  ?], 

vorjager  ou  travailler  nuit  et  jour^  Meissner  M  S  0  S  V, 
II  p.  124,  3  d'en  bas  et  ibid.  VII,  ii  p.  7.  Frapper  avec 
n'importe  quoi,  voyez  le  Gloss..  Socin,  Diw.  I  N°  25  v.  3, 
porte  : 

rîhin  besâmi  zâ'ig  al-môge  saggâti 
[autant  qu']  un  vent  qui  pousse  les  hautes  vagues 
[par  coups  (contre  le  bateau)^). 
Son  -ZJt  .i:^*o,  p.  51  note  3,  peint  les  vagues  qui  se 

û 

dressent  et  s'entre-choquent,  et  son  Joù^    \^^^  ^  est 

exactement  le  syrien  ^!  ,]>-i^  vy^l  A^'^  ^^^  ^^'^'^  (Pro- 
menade) et  reviens. 

Or,  après  avoir  passé  en  revue  toutes  les  possibilités 
étymologiques,  on  est  tenté  de  supposer  que  le  ^J>  de 
notre  texte  peut  trouver  son  explication  dans  un  de  ces 
verbes,  mais  je  ne  vois  vraiment  pas  oii  en  est  la  source. 
Il  y  a  un  certain  nombre  de  verbes  primœ  h  qui  sont 
ou  des  contaminations  de  deux  racines,  p.  e.  p  ;P,  ar- 
racher, empoigner*),  de  c:,  cîj,  et  jp,  ;_,ci^,  se  dégon- 
fler y  —  JLi,  Hdr  Gl.  s.  v. ,  cf.  j::,\s,  déborder  Dt  ^),  [^j], 
ou  un  développement  transitif,  comme  wà^,,  humer,  et 
^jui^,  absorber.  D'autres,  plus  savants  que  moi,  nous 
mettront  sans  doute  sur  le  bon  chemin. 


i)   Le  mètre  est  ragaz  avec  un  tarfîl  à  la  fin.  La  traduction  de 
j^Lwj  est  incertaine. 

2)  Aussi    en    Dt    rendre    le   dernier   soupir  =  c  y    et    au    fig. 

ff^*^w!   qX  p  j^,  je  meurs  de  faim,  Dt. 

3)  Cf.  Vollers,  VS  p.  192,  et  Brockelm.  o.  1.  p.  521   et  s.. 


1390 
92,  10:  lisez:  'âràîna,  et  1.  11:  sar'ânha. 

92,  11:  sar^ânha.  ^!c^  est  le  pi.  de  ^yi,r=wuyiô" 
ou  Kcjyiû'  en  Hdr,  Hdr  pp.  286,  e,  317,  506,  v.  d.  Berg 
le  Hadhr.  p.  81,  propr.  monture,  Aufsatz.  J'sii  longuement 
parlé  du  verbe  ^yi  et  de  ses  dérivés  dans  Hdr  p.  501 

et  ss..  Ici  p.  543  et  ss.,  j'ai  donné  des  exemples  de^  yi-, 
sentiment  d'honneur.  Ce  sens  est  aussi  dans  le  Nord, 
Socin  Diw.  I  N°  51  v.  15,  où  il  faut  le  traduire  ainsi, 
et  non  pas  par  „Religionsgesetz",  comme  le  fait  Socin, 
tandis  que  N°  50  v.  5,  il  le  rend  bien  par  Gesetz,  c'est- 
à-dire  toujours  =  JoLaJlJî  ^^^  .   c! _^,  pi.  ^^,  en  Dt,  la 

corde  qui  lie  le  joug  au  timon,  ^\J>-j  ou  v'-^j»  P^-  v^3>  = 

Syr.  iCcji.,  Hdr  p.   297,   parce  que,   selon  mes  Datînois, 

lu  .^yjjl  (^^kcyco,  on  relève  le  joug  avec  pour  qu'il  reste 

en  haut;  ce  verbe  est  plutôt  un  dénominatif,  ctyi,  voile, 

pi.  wyii,  est  employé  dans  tout   le  Sud,   Hdr  Gl.  s.  v. 

V.  d.  Berg  o.  1.  p.  73,  et  sur  les  fleuves  de  la  Mésopo- 
tamie, Meissner  M  S  0  S  VI,  ii,  p.  88,  s.  Dô'an  dit,  dans 
sa  longue  qasîdah  en  ar: 

A-ji—XÎ-J    *_Id^Lj    iL>^-iJT  xI-JLjÎji 

Ce  soir  la  vague  déferle  contre  les  voiles, 

Et  que  le  diable  emporte  les  gens  des  bateaux! 

cyi,  hisser  les  voiles,  H^r.  Gl.  s.  v.  JJo. 


1)  Sur  ^yl,  voyez  p.  480. 


1391 
92,  16:  fasaho'.  ^£^^,  lâcher,  se  désister,  finir,  cesser, 

renoncer  à  =  jLj,  ma  M  S  p.  46,  i3  d'en  bas.  *j-<>  Ll^^^^vj  = 
ijLo  Ucj,  710US  nous  sommcs  séparés  de  lui,  nous  l'avons 
laissé  là,  Bt. 

92,  18:  lahna  =  wahna,  noiis.  Il  y  a  trois  formes 
dans  notre  dialecte:  nàhnâ,  làhnâ,  avec  dissimilation, 
Brockelm.  VGSS  p.  225 y,  et  àhnâ,  èhnâ,  par  ha- 
plologie  selon  Brockelm.  ib.  p.  299.  Il  faut  observer  que 
la  syllabe  finale  de  tous  les  pronoms  personnels  est  longue 
dans  le  mètre:  ânâ,  ftnâ,  p.  151  d.l.,  et  rarement  an  â^); 
entâ^)  ou  enteh;  entî;  hû,  (syr.  huwa);  hî,  (syr. 
liiya);  nahnâ,   p.  151  d.  1.,  etc.;  entû,  p.  128,  i  d'en 

bas^),  entên  [ho m,  hên  ou  hinneh,  aJ^],.  Ils  ne  sont 

donc  ancipites  que  parce  qu'une  syllabe  finale  à  voyelle 
métriquement  longue  non  accentuée  est  toujours  brève 
dans  le  parler  courant,  mais  dans  le  mètre  la  longue 
reprend  sa  valeur,  moins  les  licences  poétiques^).  Et  il  a 
dû  sans  doute  toujours  en  être  ainsi  dans  les  langues 
sémitiques.    C'est   pour   cela  que   les  licences  poétiques 


G    - 


1)  Wânâ  =z  Ij'j,   Hdr  p.    50,   ^   d'en  bas,  ici  p.  1371:    ijj  ^f-^ 

--W-,  mais  bîj  --,  Ru'bah  Arâ^îz  p.  124.  V.  Gloss.  s.  v.    b!. 

2)  Dans  un  ra<îaz  de  Sâlim  b.  Dârah  el-Ratafânî,  chez  Abu  Zeyd 
Nawâdir  p.  163,  Uiî  est  --;  Hii^.  el-Adab  I  p.  289. 

3)  La  finale  longue,  û,  s'est  encore  conservée  dans  la  langue 
classique  et  qqf.  au-ssi  dans  les  dialectes  du  Nord,  dans  la  combi- 
naison, p.  e.  tamartumûna  p.  30,  '^\  ce  qui  est  la  règle  de  la 
grammaire  classique. 

4)  Noideke,  ZGCA  p.  14,  dit  que  îlna  >  îlnâ  est  en  vertu  de 
»la  tendance  de  donner  une  plus  grande  plénitude  aux  petits  mots". 
Ce  n'est  pas  tout  à  fait  cela,  mais  ani'i  est  la  forme  primaire  qui 
reparait   par-ci   par-là   dans   la   poésie;  Brockelmann  V  G  S  S,  p.  74. 


1392 

s'expliquent:   ce  sont  des  formes  de  la  langue  parlée. 

^jJbJ  sonne  q  a  t  à  1  a  n  i  dans  le  parler,  et  l'on  ne  saurait 

le  distinguer  de   ^Ji^^.  Jl«^',  Qor.   13,  «o,  et  o^î  r»^., 

Qor.  40,  15,  ne  représentent  point  une  différence  de  pro- 
nonciation. Voyez  d'autres  exemples  du  Qorân  chez  Nôl- 
deke  Geschichte  des  Q.  p.    251.  ^^^"  \  Qor.  87,  o,  ne 

diffère  point,  comme  son,  dans  le  parler,  de  ^j^s3  '^.  Al- 
àydi,  nàbri,  àdri,  etc,  Brockelmann  VGSS  p.  75, 
ne  diffèrent  pas,   comme  prononciation,  de  leur  graphie 

plus  correcte  ^=Aj'^^  ^c^,  ^j^\  etc,    parce   qu'on   ne 

prononçait  pas  aydf,  nabri",  adrf,  etc.  La  graphie 
pleine  rend  l'organisme  du  mot;  la  graphie  défecte,  la 
prononciation.  Quelquefois  l'ù  du  pluriel  reste  aussi  bref 

dans  la  poésie,  comme  il  l'est  dans  le  parler  :  dlL"^!  ^]  ^ 


^Jy^  ^1^,  I.  Yâ'îs  p.  1281,  7,  comparéà^^'uJ^Tî^  f^ 
^t,  (tawîl)  Haffner  AL  p.  18,  e,  procédé  que  nous  cons- 
tatons ici  p.  639,  13  et  note  3,  p.  675, 9.  Sarauw,  Z  A  XXI 
p.  39,  veut  même  que  |^JLxJs  reflète  „une  formation 
pausale." 

Les  Assyriens  ne  marquaient  presque  jamais  l'û  du 
pluriel,  Del.  Gr.  p.  53,  Brockelmann  VGSS  p.  75  n., 
et  les  voyelles  longues  non  accentuées  à  la  fin  d'un  mot 
étaient  écrites  comme  si  elles  étaient  brèves,  Meissner 
Gr.  §21.  En  sabéen,  le  cas  est  pareil:  la  longue  finale 
n'était  pas  marquée,  comme  dans  l'inscription  de  Mârib, 
Glaser  Dammbruch  N°  11  1.  20,  selon  Praetorius  Z  D  M  G 
53  p.  16,  et  qqf  aussi  dans  les  inscriptions  araméennes, 
Cook  Gloss.  A I  sub  "i .  Mais  comment  s'expliquer  cette 
conscience  innée  des  Sémites  de  la  différence  entre  une 


1393 

longue  et  une  brève  lorsque,  dans  le  parler^  elles  ont  la 
même  durée?  Comment  les  Latins  ont- ils  su  quand  une 
syllabe  était  longue  ou  brève,  à  telles  enseignes  que,  dans 
le  mètre,  la  tonique  du  mot  parlé  ne  joue  aucun  rôle? 
Cela  m'a  toujours  paru  un  mystère.  Si  l'on  dit  da'àni, 
Qor.  II  V.  182,  ou  da'^àna,  ni  et  na  ont  la  voyelle 
brève  et  forment,  dans  le  parler  courant,  un  ^  [la  raison 
de  la  pause  n'entre  pas  en  compte  ici],  mais  si  l'on  s'en 

sert  en  combinaison  métrique  p.  e.  ^^^^  ^y^^^  ^^  "^^"^ 

I  ^__  I  w__j  ni  et  nâ  reprennent  leur  valeur  de  lon- 
gues. A  cause  de  cela,  on  peut  aussi  prononcer  â  w  e  y  n  à", 
p.  92,  .19.  Pour  les  Sémites,  la  réponse  me  paraît  facile: 
ils  savaient  par  intuition  que  ces  voyelles  sont  organi- 
ques et  par  conséquent  longues^).  Le  class.  c>J^  n'est 

pas  aussi  ancien  que  le  dial.  ^y^^,  qui  se  rencontre 
extrêmement  souvent  dans  les  textes  classiques^)  (qa- 
talti'  p.   319)  ou  e^vJUJîj  fém.,  désinence  qui  s'est  con- 


i)  Je  ne  marque  plus  les  finales  vocaliques  longues  par  un  cir- 
conflexe, car  cela  donne  une  fausse  idée  du  parler  et  ne  servirait 
que  pour  les  non  initiés.  Fischer  ne  le  fait  [pas  non  plus.  Par  contre, 
Littmann  et  Sturame  les  marquent  toujours  par  un  trait.  Il  va  sans 
dire  que  lorsque  cette  finale  porte  l'accent,  elle  est  aussi  marquée 
comme  telle,  p.  e.  ma  Le  et  non  ma. 

2)  P.  e.   U-yLs«-y>,  UjydLv.!  et  U^yUjujt,  variantes  dans  Boh.  III 

p.  112,  9;  L^.r,,  I.  S'ad  VIII  p.  90,   '^   L>LyJL*:>,  ibid.  p.  104,  ••*'; 

*wuo'^   ib.   IV,   I   p.  184,   22.   (^yuOfll,  I.    Qot.    p.  520,    2.    Brockelm, 

V  G  S  S  p.  74,  2  d'en  bas.  Par  analogie  avec  l'imparfait,  avec  chute 
de  la  finale  n  li  : 


1394 

servée  dans  le  schématique  ^^-OùJi^'.  La  meilleure  preuve 

de  la  brièveté  de  la  syllabe  finale  à  voyelle  inorganique 
et  atone  est  la  nisbah  iyyun,  qui,  dans  les  dialectes  du 
Sud,   fait  régulièrement-!  y  ah  au  fém.,  voyez  Hdr  Gloss. 

p.   739  sub.  Aj_  et  ici  Gl.  s.  h.  v.,  oii  l'on  trouvera  des 

exemples  à  foison.  C'est  ainsi  qu'il  faut  expliquer  les 
formes  telles  que  _bLî  L  A  IX  p.  288,  2  d'en  bas,  ^^U, 

^Uj-,  ^yUs,  'Antarah  Ahlw.  N°  140  v.  20,  ^^Lj,  Hod. 
Koseg.  p.  32,  2,  qui  font  le  fém.  en  iù_,  à  côté  du  schéma 
class.  iu_.  iù  !c  1:=  iC^yLo^  LA  YI  p.  304,  7,  que  I  Barri 
réprouve,  OS  Festschrift  Nôldeke  p.  218,  4,  au  lieu  de 
iù.!c,  Brockelm.  VGSS  p.  80,  est  une  prononciation 
méridionale.  ^j^\  fém.  iv^U,  Haffner  AL  p.  142,  19, 
LA  IX   p.  465,  8,  ^^US,  fém.  ^^'^4^;,  et  quelques  autres 

dans  la  langue  classique,  rentrent  dans  cette  catégorie. 
Le  cas  est  le  même  dans  le  dialecte  hispano-arabe, 
Brockelm.  0.  et  1. 1.,  et  prouve  d'une  façon  éclatante  que 
les  tribus  arabes  d'Espagne  avaient  encore  conservé  le 
parler  de  leur  terre  natale. 

De  cette  façon  s'expliquent  les  formes  datînoises  m  i  b  n  i, 
f.  mibnie,  mibnieh  pp.  69,  20;  145,  le;  zèydie, 
p.   71,  9;  fèllie,   pp.   132,  7;  167,  «2;  sàMie,  p.  137,  7, 


Je  passe  la  nuit,  moi,  à  voyager,  pendant  que  tu  la  passes, 
Toi,  à  te  frotter  le  visage  avec  de  Vambre  et  du  musc  odoriférant. 
LA  s.  V.  kiUo. 

i)   ^j,    chez   les  ""Anazeh,  chameau  de  quatre  ans,  Socin  Diw.  I 
p.  288  B  7. 


1395 

etc..  Je  ne  crois  pas  qu'il  faille  y  voir  „une  tendance 
à  abandonner  la  gémination",  avec  Brockelmann  V  G  S  S 
p.  67,  mais  la  raison  avancée  plus  haut  de  la  brièveté 
de  la  finale  et  l'accent.  Le  dialecte  datînois  ne  fait  nul- 
lement exception  à  la  règle  de  la  fixité  de  la  gémina- 
tion.  Spitta  Gr.   §  4  b   est  faux. 

On  voit  donc  que  les  dialectes  arabes  ont  ici  conservé 
les  formes  les  plus  anciennes  des  pronoms,  tandis  que 
dans  la  lurah,  ,^'_w,   à  côté  de  iiS^..,  v^!,  v^!  ont 

déjà  subi  une  modification,  à  tel  point  que  la  finale  y 
est  toujours  mètriquement  brève.  Les  dialectaux  et  dia- 
lectalement  classiques'),  htf,  hi',  Sud  et  Nord,  et  hûw  a, 
hîya,  sont  plus  anciens  que  les  classiques  hûwâ,  hîyà. 
Par  analogie  avec  lahna,  la  préformante  de  la  première 
personne  plur.  de  l'imparfait  est  souvent  aussi  1.;  c'est 
là  une  particularité  du  dialecte  de  Datînah.  (j  è  z  m  e  t  a  k ') 

o        o 

tizîyit  bàlsîlha  dehn,  ta  chaussure  craque^  nous 
allons  la  graisser ^  (propr.  lui  faire  de  la  graissé). 


1)  Noideke   ZGCA   p.  13,    Brockelmann   VGSS    p.  303;   Diw. 
Zoheyr,  mon  édition  p.  167,  >'  (_^);  Sîb.  I  p.  8,  ♦  (s  =  ^). 

2)  On  m'a  entendu  me  servir  de  ce  mot,  qui  n'est  pas  sudarabique. 


41. 

Tidârrâb  em-rûhëleh. 

Sur  vÇ^")  iiif-  ^^  v/^"j  voyez  p.  539.  ^^y^o  est  ac- 

complir  l'acte  de  génération,  mais  v*^'  ^^^  seulement 
monter  sur  la  chamelle  pour  tâcher  d'entrer  en  action. 
Hù'  mitdarribinneha  ou  mid^arribînneha,  il 
est  monté  sur  elle,  lamma  yî^ràbha,  pour  accomplir 

l'acte.   idL=>!Jt  v*=^  ^)'^^^  ^^   chameau   étalon   saillit   la 

chamelle.  Aussi  dans  la  lurah,  Haffner  A  L  p.  66.  I. 
Sîdah,  vol.  VII  a  un  J^^t  v^-^j  où  le  premier  chapitre 

est  vj/^lî»  i'J^*^''  Quantité  de  mots  qui  se  rapportent 
à  la  génération  sont,  dans  la  lurah,  sur  le  paradigme 
JLsé,  sans  que  le  verbe  J^is  soit  toujours  en  usage.  En 
voici  un  choix  tiré  de  I.  Sîdah,  vol.  VII:  ijrU:>,  p.  11,  *, 
d'en  bas;  ■l2±J>  (avec  JaJU>)  p.  6,  s,  JôkJ>  =  [J^\^^ 
p.  11,  15,  Haffner  AL  p.  66,  n;  ^L^^,  S^sl^  p.  5,  4; 
^^Lu,  p.  5,  5  d'en  bas  ;  \J\^,  chaleur  des  femelles  à  pied 
fourchu  et  de  la  chienne,  LA  XI  p.  93,  10 ;  v'/^>  }^i 
L  Sîdah   VII   p.   8,    15;   ^^La£,  p.    11,  2  d'en  bas;  ^t^, 


1397 
p.  13,  i;  ^îys,  p.  5,  o;  ^LJs,  p.  5,  3;  AJ^  p.  6,  5  sans 
verbe;  ujUi^,  p.  9,  9;  _Lai,  „bo,  bCi,  p.  5,  1;  ^\^^ 
p.  13,  5  d'en  bas;  „Lp,  p.  3,  lo.  C'est  qu'il  faut  être 
deux  pour  la  génération,  et  la  portée  de  J'jé  est  encore 
très  vivante  dans  la  conscience  populaire.  Comme  JL«, 
a  engendré  des  substantifs  en  JL*I«  et  &JL«Li,  se  rap- 
portant aux  significations  exposées  ici  p.  63  note,  il  a  aussi 

o 

donné  une  foule  d'adjectifs  sur  jLjtàx,  qui  ont  trait  à  la 

génération  :  p.  e.  :  ^\J^^  0. 1.  p.  7,  9  ;  J^l\x,  Haflfner  A  L 

p.    70,    11;   ^iAx  L   Sîdah   VII  p.  14,  u;  vjsUi*,  p.  6,  3; 

u^bU^  et  J^^Ux,  Haffner  0.  1.  p.  70, 4,  et  quantité  d'autres. 

v_j!j^  est,  dans  le  Sud,  Y  étalon  qui  connaît  déjà  les  secrets 
de  l'amour  et  sait  s'y  prendre.  Les  Anciens  l'appelaient 

v^  i>^,  Açma'î  chez  Hafifner  0.  1.   p.   27   en  bas=rl 
Sîdah,  VII  p.  7,  i4. 

93,  11:  a^:bâ^  «^,  pour  le  class.  tyi,  I.  Sîdah  VII 
p.  2,  pi.  ^Lxo!,  ^^^  Hocjeyl.  Wellh.  Scholien  p.  445,  ne 
se  dit  que  de  la  chamelle  en  chaleur.  «^  et  ^^,  être 

en  chaleur,  '^ju^is,  chaleur  de  la  chamelle.  C'est  très  clas- 
sique,  Haffner  AL  p.   67,  3,  9,  I.  Sîdah  VII  p.  2.  Une 
bête  en  chaleur  se  dit  dans  notre  dialecte: 
Brebis  :  ^Xjw,  pour    j^jl/>  >  J^  >  yow,  à  cause  du   ^ 

Vache  (s^Lib)  :  I>,  pi.  lJ>1,  Meissner  N  A  G  I  p.  130  : 
<J,Lo,  ce  qui  est  aussi   classique,  L  A  XI  p.  93,  10  ;  v. 

ici  p.  1396,  3  d'en  bas  et  p.  1398,  5. 


1398 

Anesse,   (w3):  a^*^  (=  »^.Lw) ,   pi.  j,?^^^,  =  ^ji!oc  Syrie; 

Meissner  ibid.  p.  134,  aussi  de  la  jument. 

Chienne  :    .^  ou   s^^L^^,  ^L^  ou  joe'Liwj.  Meissner 

donne  ibid.  p.   116  :s^^^  ce  qui  est  classique,  [LA  XI 

p.  93,  12  et  XIII  p.  118,  9  d'en  bas:  ^r>o=:  Jjc>1,  être 
en  chaleur]   et   p.  131,  ^Lo  aussi  d'une  chèvre.  Sur  la 

forme  masculine  des  Jjrào  appliquée  à  une  femelle,  voyez 

le  chapitre  instructif  d'I.  Sîdah  XVI  p.  127  :  J.jtà^  j^*^.  J^li. 

93,  14:   dâri.   ^^'3  est  pour  ^J^.  Le  ija  perd  son 

emphaticité,  et  il  reste  le  d  superdental,  mais  alors  la 
voyelle  n'est  jamais  imâlée:  dâri  <^^\jo,  mais  dâri 
>dâri,  de  (C^J,  serrœr^  et  dâri,  de  i^.^^  savoir,  [j^y-  3 
est  assez  commun.  Nous  avons  ici  v-),J>  <  v_;.-o.  Dans  le 
Sud,  où  l'emphaticité  est  si  faible,  l'oreille  a  de  la  dif- 
ficulté à  la  saisir,  et  souvent  elle  disparaît  tout  à  fait  *). 

De  là  les  deux  sens  de  ^o  :  1*^  <  ^^  <  J^  <  ^Jt^,  = 

J-ij  Nord,  et  2°  Jj,  commencer^  <  ^_^j  (?).  Cela  est  tel- 
lement ordinaire  que  le  poète  Ahmed  "Ali  ed-Diyêbî  a 
lui-même  écrit  dans  une  qasîdah: 

j  w  o  T  ^ 


1)  Hartmann  LLW  p.  142,  N^.  69  donne  gadar  et  gedrân  = 
(3>x;   et  ('3^3  '■)  c'est,  bien  entendu,  une  métathèse  de  y^^-^,  class.  et 

dial.,  mais  je  n'oserais  dire,  sur  la  foi  de  Hartmann,  que  {J^  est  ici 
véritablement  >  i3. 

2)  Q-?^,   élre  soucieux,   être  triste,  q-^?^  =  r^j  rendre  sou- 


1399 

Mon  oncle  a  mie  charge  de  fusil  qu'il  est  prêt  à  tirer, 
Tandis  que  le  cheijkh  est   attristé  contre  mon  oncle 

[avec  des  nacaires. 
Dô%n  l'expliqua  par  Lpy. 

Dans  la  lurah,  j'ai   noté  les  mots  suivants:  i!yî>,  K. 
el-A(ldâd  p.  32,  et  ^î^o,  ahri,  L  el-Wallâd  Bronnle  p.  50, 

Meissner  M  S  0  S  VI,  ii  W  3,  4.  (Cjjo",  chercher  un  abri, 
au  propre  et  au  figuré,  se  réfugier  auprès  de  qqn,  est 
class.  et  dialect.  du  Nord,  I.  el-Wallâd,  p.  50.  J^î=:  ij^Jî  — 

JlJ>],  L  a  IX   p.    225,   =  Jjj  ^.  ,-n  r  =  J^jJjlÀ^c,  =  -^^fii^^, 

ibid.  et  p.  223,  de  l^iÛTi^ç.  (j:^,  ôa^^re  (pouls)  =  Jyj,  Sihâh 

et  Qâm.  s.  h.  v.,  L  A  V  p.  51,  i.  On  comparera  aussi 
JxJlc   et  ÀJLc,  Qâm.   seul;   J^Low  et  oLJw,  Qâm.  seul; 

iUaJb-,  Qâm.   s.  V.  =  itji>,  Qâm.   s.  v.,  L  A  V  p.  18  = 

'^ùiAi^)  ^Jr>Ji'i .  (ji3  >  o  a  de  nombreux  représentants  dans 
la  luyah  et  les  dialectes;  je  n'ai  qu'à  citer  l'exemple 
classique  ^^  et  ^05 ,  Tab.  Gloss.  s.  co^ .  o  >  ^_ca  est 
plutôt  dialectal,  RO  p.  10,  Marçais  Gr.  p.  15,  où  l'in- 
fluence berbère  doit  être  écartée. 
^}^  ^jo,  être  habitué  à,  est  répandu  dans  toute  Arabie 

et  en  Afrique,  Beaussier  s.  v.,  Socin  AD  M  p.  178  note 
36.  Je   ne  l'ai   entendu  ni  en  Syrie,  ni  en  Egypte.  RO 

p.  224,  §  358  (î^).  J^  ^^,  habituer  à;  ^'^^  s'habi- 
tuer à,  R  0  p.  279,  13.  Le  verbe  est  aussi  très  classique. 

deux,  triste.  ^Jvc   q.:S^..CCo',   cire   en  peine  pour  qqc,  cire  iitquiet  de 

qqc.  ^^  ^^j:^\aJX,\  =  J^xX^I,  s'attrister,  se  fâcher  de.  qJïïV^,  triste.'sc, 
chagrin.  Tout  cela  est  aussi  classique.  Cf.  ^L^Ui. 

92 


1400 
^.U»,  habitué^  toujours  prononcé  dâri,  en  Dt  avec  Jj^, 

Dozy  S.,  mais  en  'Oman  avec  J,  Rôssler  M  SOS  Ip.  87, 
n,  qui  écrit  dôrîn,  ce  qui  serait  la  prononciation  rap- 
portée ici  p.  295,  mais  R  0  §  430  d  :  f  1  â  n  dâri  y  i  t- 
messe,  un  tel  est  habitué  à  aller  se  promener.  Exemples 
p.  543  en  bas  et  Gloss..  Le  verset  qui  le  précède  est: 

,  :  _,  .    +   c 

Xai  nommé  I)(fan,  qui  est  un  de  ceux  qui  fomentent 

[la  guerre, 
Mais  c'est  que  Iblîs  dans  ma  tête  est  habitué  à  don- 

[ner  des  conseils. 
Sfdim  es-Sâhimî  dit  dans  une  pasquinade: 

Nous  sommes^)  habitués  à  vous  attaquer  le  matin  et 

[nous  prenons  votre  pays 
Avec  les  gens  porteurs  de  fusils  européens  au  bon  tir. 
Abu  Sâlim  Dabi  a  dit: 

C^L?'  ■■'■    *    '^^^    ^^    à>    i_c-î-:^-Jp    Lj[5 


1)  (j*,U=5^,  comme  ^joUliivo,  Arabica  V  p.  250  note. 

2)  Prononcé  distinctement  fâ-ran-gî-â-te,   avec  les  deux  longues. 

3)  Obs.  le  singulier  pour  le  pluriel.       4)  Prononcé    miyèh. 

5)  Une   telle   syllabe  est  rare  dans  le  mètre.  Il  aurait  mieux  fait 
dédire   bâ-mû- te-'^â-dî  nî. 


1401 

J— ir-.'*'-  «V»i   >a      ^-lî      (J^     (^Jt    T   /SI     'jLo 

0  ^oz  gwz  c^z5  de  si  belles  paroles,  soit  cent  fois  salue'! 
Le  pouvoir  est  tantôt  en  baisse  et  tantôt  en  hausse. 
Et  moi,  je  suis  un  Diyêbî  au  pays  des  Himyarites  : 
Je  veux  mourir  pour  ma  religion,  et  ma  mort  me 

[conduira  au  Paradis. 
Je  ne  me  fais  pas  de  soucis  et  je  n'ai  envie  de  rien, 
Habitué  (que  je  suis)  aux  blessures  des  poignards 

[et  du  fer  (de  la  pique)  ^). 

93,  15:    yihlàt   le  ha.   U!  1à=>  ou  xi   est   le   terme 

technique  pour  cette  manipulation.  Chez  I.  Sîdah,  d'après 

Abu  ""Obeyd,  VU  p.  6,  6,  nous  trouvons:  ^^jtJi  c>>i3JL>( 

û 

&.M-JJJ  fLaJLj"  ^j^  liVJo,  comme  aussi  ibid.  JaJLi* .  L  A  IX 

p.   166  ne  fait  que  copier  cela;  cf.  Asma'î  chez  Haffner 
AL  p.  68,  2. 

93,  17:  yitlôseh.  ,j*Jl>,  o,  et  sa  variation  phonétique 
;jJû',  faire  entrer,  mettre  dans,  ficher  datis,  hineinstecken, 
au  propre  et  au  fig.,  comme  en  français  „ mettre  dedans," 
et  l'allemand  hineiiilegen ,  tromper.  Dans  ma  brochure 
„La  Langue  arabe",  p.  58  et  s.,  j'avais  émis  des  doutes 

sur  la  provenance  de  ^y^),  tromper,  de  Uxoç.  Fraenkel 


\)  Prononcé  Me'ùwil,  v.  p.  346. 

2)  C'est  à  dire:    je   suis    habitué    à    faire    des    blessures   avec  les 
poignards. 

3)  Cf.  jmdenda  et  Scham. 

4)  De  Goeje  Gloss.  Bibl.  Geogr,  arab.  s.  v.  ;  id.  Gloss.  Tab.  s.  v.. 


1402 

F  W  p.  188,  avait  déjà  proposé   cette  étyraologie,  que 

Nôldeke  ZDMG   59   p.   417   approuve,   en   rejetant   la 

mienne.  Il  est   bien  étrange   1°  que  la  première  forme 

^wJo   ne  figure   pas  dans   les  anciens  dict.  de  la  lurah, 

seulement  ^_vJo ,  i^wÎAi",  j**Jb  et  ^^wJlXJI  ^),  ce  que  Fraenkel 
0. 1.  considère  comme  une  preuve  d'une  formation  pos- 
térieure, et  2°  que  ^-Jo  soit  même  devenu  un  terme 
technique  des  Traditionnistes,  Marçais  Trad.  d'et-Taqrîb 
de  Nauwawî  p.   50  et  s..  Il  y  a  un  certain  nombre  de 

Jôé  dont  le   Jj6  n'existe   pas  dans  le  dict.  classique^), 

mais  qui  se  rencontre  encore  dans  les  dialectes,  comme  p.  e. 
^,  p.  1365.  Il  en  est  de  même  dans  les  dialectes,  ^jdi^) 
commencer,  seule  forme  en  Syrie,  Harfouch  Drogm.  arabe 

p.   215  et  note,  tandis  que  ^J^L,  i,  ou  ^iJo  (à  cause  de 

jiJLo),  commencer,  est  fort  courant,   non  seulement  du 

côté  du  Hermon,  mais  aussi  en  Haurân  et  chez  les  'Anazeh, 
de  même  que  (ji.i:oî,  Harfouch  o.  et  1. 1..  La  seconde  forme 

^^ô  ne  milite  donc  pas  en  faveur  d'une  provenance 
exotique.  En  outre,  j'ai  de  la  peine  à  croire  que  dans  la 
terminologie  des  Traditions,   si  éminemment   arabe,  on 


1)  Noldeke,  ZDMG  59  p.  417,  cite  en  outre  &-m.Jj,  as/uce,  Tab.  I 
p.  3086,  '.  En  Syrie  ji^  ,j«JAj",    tromper  qqn. 

2)  Misbâh    seul    donne   [j^->,  i,    mais   il   dit   que   ij'^->  est  plus 

commun.   Zamahsart  a  seulement  \j^-^,    tromper.  On  observera  que 
y*Jj  et  (j-Jj  sont  synonymes,  Asâs  et  L  A. 

3)  Qu'on  fait  inutilement  venir  du  turc. 


1403 

ait  pu  adopter  un  mot  d'origine  grecque.  On  dira  que 
les  Arabes  ne  l'ont  pas  reconnu,  le  croyant  de  bon  arabe. 
C'est  là  un  argument  sérieux.  Le  néohébr.  Dlbi,  Levy 
N  H  Ch  W  B  I  p.  409,  et  le  samarit.  ch^,  que  Nôldeke, 
0. 1.  p.  417,  cite  en  faveur  de  sa  thèse  (Séxog),  ne  sont 
pas  bien  probants.  Levy,  o.  et  1. 1.,  a  déjà  soupçonné 
que  Dl^l,  eu  égard  au  samarit.  D^l  et  à  l'arabe  jj-Jj, 
pourrait  bien  venir  d'une  source  sémitique.  Fleischer, 
qui  plus  tard  parlait  dans  ses  cours  de  ^jJo  <  ^ôxog 
comme  une  possibilité,  n'était  pas  d'abord  non  plus  par- 
tisan de  cette  étymologie,  lorsque,  apud  Levy  I  p.  443, 
il  dit:  „ce  qui  rend  une  affinité  étymologique  entre  So'aoç ') 

et  ^o  fort  improbable,  c'est  la  différence  fondamentale 
de  ç  et  de  ^J^.,  car  celui-là  est  la  désinence  du  mot,  tandis 
que  celui-ci  est  organique."  Cela  n'est  pourtant  pas  un 
argument  inébranlable,  car  plusieurs  mots  grecs  en  -o; 
sont    passés  tels  quels  en  arabe:  ^ip^ao^  >  ^^w-c j,  lupin; 

yivoç  >  (^wJ-:>  ;  tcVoç  >  ^J«J^,  corde  ;  cpxvéi;  y- ^j^j^i,  lan- 
terne; i^ycvf4,evoç  >  (j.^^,  prieur;  Kùvoq  >  ;j«oyJ,  pointe  du 
casque,  et  d'autres^).  Mais  dans  beaucoup  de  mots  la 
désinence  grecque  tombe  dans  le  passage  du  mot  à  l'arabe. 
Si  loko(;  >  i^wJo  est  juste,  il  est  de  toute  nécessité  que 
le  substantif  ,jmJj,  ou  ^^-Jj,  qui  ne  se  trouve  que  dans 
le  Misbâh^)  et  en  Espagne  Dozy  S,  ait  précédé  le  déno- 


1)  De  *  3éAw,  amorcer^  trumpcr  Lbg. 

2)  D'après  Volleis  Z  D  M  G  51  p.  294  et  ss..  Cf.  p.  964  :  (Jd«aaoc. 

3)  Ne  pas  confondre  avec  (j^->,  o,  et  son  intensif  ^j^^,  polir  un 
)iiur  après  l'avoir  blanc/ii,  Syrie.  Qqf.  prononcé  ^J^^^^ 


1404 

minatif  ^wJo.  Quoi  qu'il  en  soit,  je  ne  trouve  pas  que 
So'ajç  >  ^J*Jo  soit  absolument  sûr,  malgré  l'opinion  d'un 
maître  aussi  savant  que  Nôldeke.  ^'^  et  (jJj,  tromper, 
falsifier,  Syrie,  Prov.  et  Dict.  p.  193,  en  sont  des  varia- 
tions phonétiques.  Le  negdite  jy,  Socin  Diw.  I  N°  103 
note  11,  a-t-il  quelque  affinité  radicale  avec  notre  ^jAi, 
car  le  sens  est  le  même?  ^JlL  est,  dans  le  Sud,  dé- 
border^ dégoutter,  mentir. 

94,  1:  yikifkif  leha.  Je  ne  sais  si  c'est  un  déno- 
minatif intensif  de  ^^:  lui  témoigner  son  kêf,  mais 
ce  dernier  mot  n'est  pas  courant  chez  les  Bédouins  du 
Sud.  En  Syrie,   Jsc  •^jiSsS'  est  avoir  soin  de,  avoir  des 

sollicitudes  pour.  csl^\  J^  oi^^  v"^',  le  père  est  aux 
petits  soins  pour  son  fils. 

94,  1:  tié^ar.  Jt=>  est  plutôt  roter,  mais  j'avoue  ne 
pas  savoir  rendre  exactement  en  français  ces  sons  du 
chameau. 

94,  5:  lisez:  laqehet.  El-Asma^î,  Hafifner  A  L  pp.  67, 
137  et  141,  donne  à  peu  près  la  même  description  de 
la  chamelle  fécondée.  I.  Sîdah  VII  p.  13,  7  d'en  bas. 

94,  7:  usurà\  C'est  la  forme  classique  ^^y^,  moins 
le  second  u,  en  vertu  d'assimilation  vocalique,  =  Bâ  Kâ- 
zira  ^j\J^.  Asma%  Hafîner  AL  pp.  68,  26,  141,  i5  = 
L  Sîdah  VII  p.  13,  en  bas,  XVI  p.  67,  s  en  bas,  dit 
que  la  chamelle  est  ^Uix  lorsqu'elle  a  accompli  les  dix 
mois  de  gestation.  Mais,  comme  à  présent  on  constate 
déjà  au  dixième  jour  qu'elle  est  pleine,  si  elle  commence 


1405 

alors  à  lever  la  queue  ^),  comme  chez  Haffner  p.  68, 4  = 
I.   Sîdah   VII  p.  11,  8,  il  est  probable  que  le  nom  vient 

des  dix  jours,  d'autant  plus  que  partout  encoro  jLxa  ou 

syiixA  est  pleme.   La  forme  ityi,c  est  étrange,  et  il  y  a, 

en  arabe,  l3ien  peu  de  mots  sur  ce  paradigme.  Ce  sont 
tous  des  substantifs,  à  l'exception  justement  de  ^tycs^. 
I.  Sîdah  XVI  p.  67  les  passe  en  revue.  Barth  N  B 
p.   394.   Est-ce  que  ce  ne  serait  pas  une  ancienne  pro- 

nonciation  pour  le  primitif  tlyix,  qui  aurait  fait  ^^y^, 
par  analogie  avec  ^Ji>,  aussi  prononcé  ^1-^,  h  u  b  1  à",  v.  ici 
p.  611  n.  et  p.  1218,  et  ensuite  ^^^^,  comme  dans  notre  dia- 
lecte ilyisc  ?  En  Datînah,  i'yix  se  dit  aussi  de  la  jument, 
de  l'ânesse  et  de  la  vache;  ^,  mitimm,  pi.  (.Uco^*), 
de  toute  bête  qu'on  trait  :  vache,  chamelle,  brebis,  chèvre. 
Dans  la  lurah,  f>XA  est  la  femme  qui  a  presque  accompli 
sa  grossesse  et  va  accoucher,  Boh.  VII  p.  84,  4.  Dans 
le  Nord,  ^Jjl^,  pi.  ^Jl:^,  est  pleine,  chèvre  et  brebis, 
„ parce  que  (ji-xXJî  UJlL,  le  bouc  lui  court  après,"  selon 
un  Anazî.  Cf.  pour  le  Iladramôt  Ildr  p.  377. 


4)  Cela  se  dit  class.  L^Jo    Ji^-i^',   Haffner  AL  p.  G8;  «,  138,  ", 

I.   Sîdah   VII   p.  13.  Elle  est  alors  JoU,   pi.  Jj.^.   iJ-SU  est  pleine 

de   7    mois,   pi.   Jvii,    Haffner   p.   90,   I.  Sîdah  VII  p.  13,  «,  comme 
Hartmann  L  L  W  V  179,  2». 

2)  Pour  *^\  comme  [y^,  pi.  i^Uw',  Hdr  p.  41. 


1406 

Le  chameau  et  l'Arabe  ne  font  qu'un.  Ils  sont  insé- 
parables. Un  proverbe  sudarabique  dit:  ^^Uo!  ^\  ^jàj  U 
J..4j>  sju-j  Lo,  ne  s'effraie  que  celui  qui  n'a  pas  de  cha- 
meau à  sa  disposition,  p.  498.  C'est  le  ^lXJ!  ïcl^,  le 
vaisseau  du  désert,  Sîb.  II  p.  297  en  bas  (éd.  du  Caire), 
Goldziher  ^otay'a  p.  45.  On  ne  doit  pas  se  faire  payer 
la  saillie  d'un  étalon,  mais  le  prêter  pour  rien,  comme 
aussi  anciennement,  LA  VI  p.  69,  7  et  s. s.  =  ISIihâyah 
II  p.  202.  Une  seule  saillie  ne  suffit  pas,  au  dire  des  Datînois. 

^IjJtiJî  ^yt*^^  iJb-U!  vj*^»   ^^  chameau  ne  compte  pas, 

seulement  la  chamelle  qui  met  bas.  On  laisse  quatre  éta- 
lons saillir  la  chamelle,  et  l'on  vend  les  jeunes  mâles. 

Pour  finir  cette  partie,  je  donne  une  photographie  re- 
présentant le  tidârrâb  em-râhëleh.  On  croit  généra- 
lement en  Europe  que  l'acte  de  copulation  des  chameaux 
se  fait  dans  une  position  de  dos  à  dos,  ou  plutôt  de  cul 
à  cul.  Un  de  mes  plus  savants  confrères,  qui  a  fait  de 
longs  voyages  en  Orient,  était  tout  dernièrement  de  cet 
avis.  C'est  que  personne  n'a  assisté  à  ce  spectacle  amu- 


1)  ^.A,  a,  ou  Ojj'  n'est  pas  l'action  de  mettre  bas,  car  cela  est 
lXJj,  i,  mais  c'est  plus  exactement  donner  de  la  progéniture,  pro- 
créer, reproduire  Vespèce^  aussi  bien  d'une  femme  que  d'une  bête. 
Hôrraeti    bartètli,    ma  femme  m'a   donné  de   la  progéniture. 

û-  Cl 

xjj  Dt,  xjJ  J  Beyh.,  progrém<ure.  C'est  probablement  la  môme  racine 
que  dans  1  j  =  {^13  =  |i.û)  créer.  Je  ne  suis  pas  persuadé  que 
yi  Sud,  -^3,  J.S  )  mehri  ber,  hebré,  f.  bert,  de  même  que 
l'araméen,  soit  le  même  mot  que  ^^yi^J  ^^. 


1407 

sant.  Un  Bédouin  m'a  dit  que  „les  chameaux  sont  très 
pudiques  et  ne  veulent  pas  qu'on  les  voie  dans  l'accom- 
plissement de  leurs  devoirs  conjugaux,  et  que  quelque- 
fois on  jette  alors  sur  eux  une  couverture."  La  photo- 
graphie a  été  prise  par  moi  dans  la  sêlah  d'Aden,  pen- 
dant la  guerre  entre  l'Italie  et  l'Abyssinie.  On  y  avait 
alors  réuni  des  centaines  de  chameaux  pour  les  ex- 
porter à  Masàuwa"^).  C'était  justement  à  l'époque  du 
rut,  et  je  pouvais  chaque  jour  être  témoin  oculaire  des 
orgies  amoureuses  de  ces  bêtes.  Je  saisis  cette  occasion 
unique  pour  en  faire  toute  une  collection.  Le  chameau 
étalon  est  agenouillé,  exactement  comme  l'Arabe  lorsqu'il 
fait  l'amour,  voyez  p.  837  et  note  et  p.  868,  note  3. 


1)  Je  n'ai  jamais  entendu  que  cette  prononciation  py^^  à  Masàuwa*^ 
même.   Maswa',  Snouck   Mekka  II   p.   395,   est  tout   au  plus  une 

prononciation  des  tribus  Tigrina,  qui  l'appellent  aussi  ^-^^L ,  ou 
nX'X,  comme  rae  l'écrit  un  jeune  homme  tigré  que  j'ai  avec  moi. 
Barbier    de    Meynard   lit   dans   les   Pr.   d'or  partout  ^^- 


ADDITIONS. 


p.  283.  Sur  banâh=oUj,  voyez  aussi  Mufass.  p.  176,  2  =  1. 
Ya'îs  p.  1386,  I.  Higâm  Qatr  en-nadâ  Trad.  Goguyer  p.  387, 
Vollers  V  S  p.  158. 

P.  287.  On  dit  aussi  en  Egypte   r- ;M'  i  "^Abd  Allah  en-Nadîm  Su- 

lâfat  et-Tadbîr  II  p.  40,  Caire  1901,  et  dans  l'Afrique  équato- 

riale,   _  .Ly«î ,  le  lendemain,  Rabah  et  les  Arabes  du  Charipar 

Decorse  et  Gaudefroy-Demorabynes  p.  34.  A  propos  de  l'article 
em,  dans  la  Tradition  rapportée  p.  282,  Moh.  ez-Zorqânî,  Comm. 
sur  el-Mowattâ  de  Mâlik  b.  Anas  dit  II  p.  94:  iJti  ^^  ^)3ji 
<\^\  iAx*M<fl  ^^  jfr*^^j  oii  cependant  je  ne  l'ai  pas  trouvé.  Brockel- 
raann  VGSS  p.  317  limite  l'emploi  de  cet  article  à  Datînah, 
mais  il  ne  pouvait  encore  connaître  son  extension.  Au  nord  et 
à  l'ouest  de  Datînah,  il  est  seul  en  usage. 

P.  288.  Ajoutez  encore  (j?**^  =  ic^*^* 

P.  292.  Brockelmann,  o.  1.  p.  263,  cite  ban û>  bal  comme  exemple 
de  haplologie  et  il  dit  que  j'ai  tort  d'en  douter.  Nous  trouvons 
OJJlli^  Tab.  I  pp.  1511,  «,  1517,  '6,  I.  SaM  VIII  p.  88,  '», 
mais  o«Jlù>^!  J^  Tab.  I  p.  1757,  ♦,  I.  Sa'd  VIII  p.  83,  «,Bob. 
III  p.    148,   8  d'en  bas.  ^y^  I.   Sa^d   VIII  p.  104,  "»  et  J^ 

Q^   ib.  p.  104.    2.  iLi^iAjt-Lj    ^^     u*"-^)    Naqâid    p.  115,  ». 

^y>^^.:^^J^  cr  ^j   T^i'j-  I  p.  1019,  1.  ^  '^p-  ^  A-^i-J 


1410 

ui"lAj  ^^  Cu-^^  Tab.  I  p.  4114,  i".  JJL>  .^t  J^^  u>oij 
j.'lw^î  J.t  (?^Ju  ^î  «^[5  v^  ^  o^bs^Jb  ^X!  J^^l  ^  Tab.  I 
p.  1724,  '0  et  s.  s.,  mais  ib.  1.  8:  c:j.Lil  jtj.  Si  dans  ces  exemples 
Jo  est  =_^,  il  n'en  peut-être  de  même  dans  les  exemples  sui- 
vants: ,^^L>oiJu  j=>\   j.j!  ^  ooj  io^l  Jc^lj  Tab.  I  p.  1615, 

Tab.   p.  1669,  '  et  s.,  car  l'homme  ne  pouvait  pas  être  ,_fO  ^ 

o     ^ 

...^L^uit  et  frère  des  Q^iL^VjJt  ^c^ .  La  même  filiation  dans 
une  inscription  nabatéenne  de  Palmyre,  Lidzb.  Ephem.  I  p.  345 
(1.  8):  Dpy'^D  ID  \)V^V  "Q  NT'DÎ.  donc  fils  de  Bal'aqab.  Je  lis 
également  à  la  fm  de  l'inscription  d'en-Nemârah:  slXJj^  lXj«,/*Jj 

Balsa'^d  et  son  fils,  qui  ont  érigé  le  monument.  VoUers  consi- 
dère, V  S  p.  167,  bâ  comme  une  aphérèse  de  abâ,  qui  était, 
de  même  que  ahâ,  I.  Ya'îs  p.  62,  17,  la  prononciation  des 
Balhâiit.  y^ixj  est  Derenbourg,  Monuments  de  Marseille  N"  XII,  = 
qJ  .  Bin  Yemâni  est  le  nom  patronymique  de  la  tribu  prin- 
cipale des  Béni  Dannah  Hdr  p.  467.  Bâ  6a h  1,  ici  p.  338, 
",  =  J»^  _jjt .  Si  nous  trouvons  p.  e.  CjX^^^  à  côté  dejJLj 
O.Li^,  cela  ne  prouve  pas  absolument  que  lW  <  J^  _^ ,  mais 
seulement  que  le  premier,  comme  sens,  est  identique  au  second; 
l'étymologie  n'y  est  pas  impliquée.  Je  persiste  donc  à  croire  que 
Jo    est  pour  ^3'  qJ    et  que  p.  e.  ^^JèSh*^:^  est  O»-^  N  *■"  l*  qJ  , 

I.    Sa'd   VIIJ   p.   83,   2   où   il    y  a    la    filiation    ci^..ij  ''-^■J^-y^ 

VwaXLlclL!  ^   iU-JiA^  Q-J CJjLil    dont  descendaient  les 

05-Lu2;.lt  ^j,  comme  les  j^^L*-)  q_j  ,  mentionnés  plus  haut. 
Cf.  Muzhir  I  p.  234,  dont  l'explication  est  inacceptable.  Grùnert 
Mischworter,  Actes  du  Congrès  de  Stockholm  I  p.  146  et  p.  170. 
Les  Assyriologues  nous  diront  si  le  babyl.  a  plu,  ablu  (apil, 
abil)  =  ^^\  joue  le  même  rôle  patronymique  et  s'il  y  a  quelque 
rapport  entre  lui  et  Jo.  Cf.  \).  1008. 

p.  293  et  s.  s..  El-Mufassal  p.  7  nous  apprend  que  l'article  est  facul- 


1)  Les    Eà   Dâs  existent  encore  dans  le   Sud,  Arabica  V  lud.  s.  v. 
et  ici  p.  255. 


1411 

tatif  dans  les  noms  propres,  et  le  comment.  d'Ibn  Ya^â  p,  50 
ne  fait  que  confirmer  cela.  Nous  trouvons  effectivement  aussi 
bien  q--^   et    b'.y*^,  I-  S-^'tl  VIII  p.  18,  2t,  Boh.  III  p.  144, 

[mais  ibid.  en  marge  (jv«>i-  avec  un  ,i^.o]  que  (-v*<>-  et  (j;v«il, 
I.  Sa'^d  VIII  p.  17,  ',  \  Il  y  a  pourtant  quelques  noms,  comme 
p.  e.  iJ^Aisâîî  ').  qui  ont  toujours  l'article.  Dire  que  c'est  un  in- 
finitif ou  un  x*-wi:  yÀo  et  que  l'article  est  conservé  à  cause 
de  cela,  ne  résiste  pas  à  l'analyse,  car  q-*««>  et  o,L:>  sont 
justement  dans  ce  dernier  cas.  {-y*^  et  ij'.>r**<>-  devinrent  en- 
suite le  nom  propre  par  excellence  des  deux  fils  de  "^Alî,  et 
tout  le  monde  s'appelait  alors  de  même,  voyez  Tab.  Index  s.  v.. 
Cette  liberté  de  détermination  doit  être  ancienne,  puisque  les 
inscriptions  safâtiques  l'ont  aussi,  comme  il  a  été  relevé  p.  1187 
note  1.  Or,  j'ai  voulu  reconnaître  cette  détermination  dans  les 
noms  propres  en  b  n,  en  cela  d'accord  avec  Kampffmeyer.  A 
présent,  Brockelmann,  VGSS  §217,  veut  voir  dans  ces  noms 
des  diminutifs  arabes  en  on.  Hommel,  apud  E.  Gratzl,  Die 
Altarab.  Frauennamen  p.  37,  id.  GGG  p.  130  note  2,  les  avait 
déjà  expliqués  comme  diminutifs  araméens,  disant  que  »cette 
formation  est  assez  récente,  excepté  la  forme  i^y^  qui  est 
ancienne."  G.  Hoffmann,  Z  A  XI  p.  218,  est  d'avis  que  on  et 
un  sont  »des  désinences  hypocoristiques"  et  que  q»o\-i.c  <^ 
*i]î  iAa£  et  ..j»A*>w  <^  iJllî  iA*Aw.  Il  faut  à  cela  faire  remarquer 
que  les  noms  composés  tels  que  q-j>-^Î  «-^^^ ,  de  formation 
assez  moderne,  peuvent  aussi  devenir  des  hypocoristiques  en 
rejetant  le  dernier  mot,  mais  le  premier  prend  alors  l'article: 
qJiAj)  lArs^  >  Jw^î .   Cela   se   rencontre   fort  souvent  dans  la 

littérature  arabe.  ^î  uVjtw  fait  de  cette  façon  vAamJ',  c'est-à 
dire  =:  ^.^^lXaam  ,  d'après  ma  théorie  sur  la  provenance  de  cette 
désinence.  La  coïncidence  ne  saurait  être  fortuite.  Si  le  dimi- 
nutif araméen  en  on  est  un  hypocoristique,  ce  qui  me  paraît 
fort  improbable,  l'arabe  ,.,3  ne  l'est  certainement  pas,  et  Hoff- 
mann les  confond  à  tort.  I^idzbarski,  Epheni.  II  p.  18,  consi- 
dère ]T  aussi  comme  un  hypocoristique.  Il  y  dit:  «Ainsi  se 
dissout    la   question    traitée   par   Kampflmeyer,   c'est-à-dire,   de 


1)  £=  Pa.ssalum,  Hommel  G  G  G  p.  129,  du  temps  do  Hammurabi. 


1412 

savoir  si  la  désinence  q^,  aussi  ^yi ,  ^^î,  dans  les  noms  de 
personne  arabes,  est  la  désinence  dirainutive  araméenne  ou  le 
suffixe  déternninatif  sudarabique.  Elle  n'est  identique  ni  à  l'un 
ni  à  l'autre,  mais  congénère  avec  les  deux.  Plus  proche  de 
l'affixe  araniéen,  en  tant  que  celui-ci  remonte  à  un  affirmatif 
hypocoristique.  La  connexité  avec  le  déterminatif  sudarabique 
est  plus  vague.  Je  me  figure  que  celui-ci  s'est  formé  de  la  même 
façon  que  l'a  araméen  emphatico-déterminatif,  si  ce  n'est  qu'un 
élément  énergique  s'y  est  associé."  La  dernière  partie  est  tout 
à  fait  juste,  et  j'ai  toujours  considéré  l'a  final  araméen  comme 
parfaitement  identique  au  déterminatif  minéo-sabéen  an.  Mais 
lorsque  Lidzbarski  veut  que  le  diminutif  araméen  on  soit  parent 
du  sudarabique  on,  nous  sommes  bien  loin  l'un  de  l'autre. 

Je  nie  de  la  façon  la  plus  absolue  qu'il  y  ait,  en  arabe,  un 
suffixe  diminutif  en  an  ou  on.  Les  exemples  que  cite  Brockel- 
mann  en  faveur  de  sa  thèse  s'expliquent  d'une  autre  façon.  La 
désinence  an  est  celle  de  quelques  adjectifs,  Brockelraann  le 
fait  remarquer  lui-même,  et  de  beaucoup  de  noms  de  plantes 
et  d'arbres,  aussi   dans  les  dialectes,  comme  ,..!a*av,    ^jL^f., 

^Loô,  qU^)  peut-être  aussi  ,^^L^Jj>  =  J.:^\-L>  p.  294, 
358,  729,  etc.  Ce  sont  des  collectifs,  avec  le  n.  unit,  en  3  — .  '^Aqr  a- 
b  a  n  (lisez  "^u  q  r  u  b  â  n),  scorpion  mâlc^  et  non  «petit  scorpion,"  0. 1. 
p.  394  comme  uf'uwân,  serpent  mâle,  que  Brockelmann  §215 
cite,  pourrait  alors,  avec  autant  de  raison,  figurer  ici.  '^Uqfân, 
qui  fait  le  dim.  régulier  '^uqeyfân,  est  y>le  père  des  fourmis 
rouges"  LA  XI  p.  160.  Si  an  était  un  suffixe  diminutif,  je  me 

demande  pourquoi  un  grand  animal  tel  que  qL^^,  loup,  lion, 

et  ...Lxyto,  hyène  mâle,  peut  recevoir  ce  nom.  Le  n.  pr.  *^Ubay- 

dân  est  le  dim.  régulier  de  ^^tA^x.,  comme  '^uqeyfân.  Ku- 
Ijeylân  est  d'un  tout  autre  genre,  et  je  veux  m'y  arrêter  un 

moment.  M.bLjL..:^\J'  est  le  nom  collectif  de  la  race  des  cinq 
divisions  principales  deH  chevaux  de  pur  sang  arabe:  c'est  l'en- 

semble   de    tous   les   Jy^^,    the   stock    of  koheyl.  On  ne  dit 

_  )  -  ' 

pas:   un   tel  cheval   est   ,  gJ^LuS?/ ,  mais  ij-fi^ .  Ce  diminutif 

est  conservé  tel  quel,  et  l'on  y  a  ajouté  la  désinence  collec- 
tive an. 


1413 

Il  y   a  plusieurs  branches  et  subdivisions  de  Koheyl  qui  ont 
la  même  finale  : 

..L-fcC,  dim.  de  -L^c ,  manteau;  une  des  cinq  principales  bran- 
ches; cité  par  Brockelraann  p.  394. 

...UA?,    de  1— ;i-XP)   ou    ljA^  ,  qui  a  de  longs  cils  ou  un  long 
toupet;  même  remarque  p.  394. 

...U^O ,  de  («^«^î  ,  brun   foncé. 

...UJL>  ,  signification  inconnue. 

j^Ui-iy^,  de  (jii'-t-^,    bouc,   j^.-Jx-'j-aJ' ,  singulier;  cité  par 
Brockelmann. 

...(lXj.  ,  de  iAj.I  ,  couleur  de  cendre. 
..Lio. ,  gui  sont  légers  à  la  course,  comme,  une  plume. 

Cl    _ 

...ÎlXaw,  nom  de  plante,  Neurada  procumbens  L. 

...Lï^v*^  ,  de  >*>.«^  ,  doux, 

^jUjyi,  de  iwLi,  marque  ou  st</ne  (de  beauté). 

qLwj  Jj ,  de  fjt^^^Jo,  paon. 

j|.LA«y>,  de  (j«j>',   wwe^ 

j^ljOj ,  de  iM'^i'  )  »!0t<,  souple,  mais  le  sens  n'est  pas  sûr. 

Je  suis  persuadé  qu'on  ne  dira  pas,  après  avoir  parcouru 
cette  liste,  que  les  exemples  de  Brockelmann  offrent  un  suffixe 
diminutif.    Cette   finale   collective   est   du    reste  fort  employée 

dans  toute  l'Arabie:  f-fr^f  ,  c-*ty>^    et    qUaP;   ij^.^j^  l«"**^^; 
et  qI^JjÎ  ^yrr^>  tr:^^^^  ^*^  o'"^'   "^J^'  L'=^;^  ^''    O-/^' 

-l'  .  .  ''-  '■'   ■  — 

JoAP,  ^_^.j^  et   q"^.^,  mais  j^-jI^^Ac  et  i^tfj'i^>^,  e)'*-^^ 

et    j-J'jUyw. 


1)  Un  proverbe  bédouin  dit  :  Li*PJ  A-k3>   ^J>^. 


11  n'y  a  que  le  mot  '^u  sa  y  y  â  n  qui  pourrait  convenir  à  la  théorie 
de  Biockelniann,  mais  c'est  spécieux.  Déjà  Sîb.  §  392  a  traité  de  ce 
diminutif,   sur   lequel   I.    Sîdah,   XIV   p.   112,   a   aussi   tout   un 

chapitre.  'Usayyan  est  le  dira,  régulier  de  ...Loiix,  qui  est 
en  analogie  avec   ^l^y^o,  etc '),  l'état  du  'asî  ou  le  temps  que 

«    _    5 

dure  le  'asî.  C'est  surtout  le  pluriel  c;'jl-yi*>c  qui  est  usité.  Des 
mots  analogues  sont  oJLi,-ow ,  dim.  régulier  de  r)^T*^  ")  5  o'jLiAc, 
LA  XIX  p.  353,  13,  dim.  de  sÎlXc  ou  «s»-^;  . -jLv-w-o ,  L  A  XX 
p,    149,    8,     ":   LjL,v^,^x    xXaj1    ou    o'jl^v*^,  je  suis  venu  chez 

lui  dans  le  courant  de  la  soirée  et  non  un  certain  soir,  ce  qui 
est   à  noter.  On  ne  doit  pas  croire  que  ce  soient  là  des  raretés 

.o|^    du    dictionnaire,    car   ces    formes   sont   employées   encore 

aujourd'hui  chez  les  Bédouins  du  Negd.  Notis  trouvons  Socin 
Diw.  N^  33:  Wâhed  gâi  yamsi  ma'  sûge  Brêdeh  msay- 
yân,  un  homme  passa  vers  le  soir  par  le  marché  de  Boreydah, 

où  le  mot  fut  paraphrasé  par  jAjuOÎ  \.^,<a£..  Sur  une  de  mes 
fiches  de  Ne^d  je  lis  :  .asjcÎ  oJ'yo^Jw  l-»J-=>  ^ ,  nous  sommes 
partis  dans  l'après-midi,  voyez  L  A  VI  p.  414,  '.  q^^LasÎ,  >• 
^3^Lyif,  est  par  I.  Sîdah,  ibid.  p.  113,  et  L  A  XIII  p.  16,  ex- 
pliqué  comme  dim.  de  ^Xoî,  qui  est  le  pluriel  de  Jwyo'3)=z 
.-/i:^.  Ce  qui  parle  en  faveur  d'un  pluriel,  c'est  que  les  autres 


1)  Prov.  et  Dict.  p.  7,  Barth.  N  B  §  206.  Le  paradigme  q^^  in- 
dique l'état  où  est  le  sujet  qui  subit  l'action  exprimée  par  le  verbe. 

2)  Flei-scher,  Kl.  Schriften  I  p.  221',  en  parlant  de  ce  mot,  dit  que 
cet  au  est  la  dcsiuencc  relative  perso-araméenne.  11  analyse  toutefois 
bien  le  sens  du  mot,  d'après  le  Qâm.. 

3)  Ce  qui  est   admis   par   Jabn   dans  sa  traduction   de  Sîb.   §  392. 


1415 

mots   sont  aussi  employés  au  pluriel,  I.  Sîdah  XIV  p.  112,  LA 

XIX   p.    290,   '  d'en  bas  et  p.  353,  '3,  mais  Q^^Ly^'  peut  aussi 

être   le  dim.  de  *  ^j^^î   au  même  titre  que  .-.'i-yisE  et  ,-.LiJw. 

Il  est  à  relever  que  ces  formes  q^'^  ^  O'^'^  -^  olj^^ixaù  ne 
figurent  que  dans  ces  quelques  mots,  Sîrâfî  (+  368),  Sîb.  Ûber- 
setzung  §  392.   I.   Sîdah   1.  1.   p.   112,  "  prétend  que  Le  *^ik*> 

Jaaà  LjLwjlI!  ^L^v*!  q-,  iJjlX^!  \j^  xo  «j  ce  diminutif  irré- 
gulier ne  se  trouve  que  dans  les  mots  se  rapportant  aux  diffé- 
rentes parties  du  soir.  Mais  il  y  a  aussi  oLiy^Ai  qui  se  rap- 
porte aux  différentes  parties  du  matin,  ainsi  qu'on  vient  de  le 
lire.  La  raison  du  pluriel  est  bien  expliquée  d-ans  I.  Sîdah  p.  113, 
'♦,  L  A  et  Fleischer  Kl.  Schriften  1  p.  225;  voyez  aussi  Sîrafî 
Jahn  Sîb.  Erklâr.  p.  241  N-  6;  cf.  sur  le  tard  et  l'ital.  in  sul 
tardi.  D'après  l'opinion  de  Brockelmann,  il  y  aurait  dans  plu- 
sieurs de  ces  mots  un  diminutif  au  diminutif,  ce  qui  serait  bien 
bizarre.  Il  enregistre  le  negdite  musayyân  comme  exemple 
d'une  désinence  locative,  §  216,  tandis  qu'il  fait  figurer  son 
synonyme  "^usayyân  comme  exemple  de  la  désinence  diminu- 
tive  an.  On.  Voilà  qui  est  encore  plus  bizarre!  Lorsque  Brockel- 
mann dit  que  »ce  suffixe  diminutif  est  peut-être,  à  l'origine, 
identique  à  la  désinence  adjective,"  je  crois  que  son  bon  sens 
linguistique,   d'ordinaire  si  sûr,   lui  fait  défaut.  La  forme  dimi- 

_)         -  j 
nutive  Jy^    *J^t^   est,  chez  les  Bédouins  du  Nord,  très  employée  ; 

_) 
elle  y  est  le  pi  os  .souvent  caiitative,  et  le  i^^^V*^  de  notre  ami 
Euting  jouit  d'une  célébrité  mondiale,  mais  jamais  je  n'y  ai  pu 
découvrir  le  suffixe  diminutif  en  question.  Pour  le  '^omânai.s 
éweyyûne,  tissûne  et  tissu  te,  un  peu,  R  0  §  48,  l'influence 
araméenne,  ou  peut-être  mehrite,  n'est  pas  exclue.  Ce  sont  aussi 
les  seuls  exemples  de  ce  suffixe  diminutif. 


oi 

Fleischer,  Kl.  Schriften  p.  225  note,  dit  que  Q'^iot  n'est  pas  un  pluriel, 

o    }t        o  oi 

mais  un  nom  relatif,  formé  du  pluriel  J^/^',  J^as!  avec  le  sens  du  sin- 
gulier, propr.  vospertiaum,  comme  le  persan  bamdâdân,  nom  relatif 
de  bamdàd,  madn.  Je  suis  arrive  à  la  même  conclusion,  mais  par  uuo 
autre  voie. 

03 


1416 

C'est   un   fait   indiscutable    que  les  noms  propres  de  la  forme 

q'^sas  équivalent  à  qJ^  et  à  J^ssit.  ^^yiai»,  K.  el-Mo'am- 
marîn,  éd.  Goldziher  p.  1,  'et  Anm.,  est  y^^^i-,  •  cl-Hcvlir  ou 
cl-Hidr,   qui    n'est  jamais   prononcé   sans  l'article.  Personne  ne 

5     ù 

soutiendra,  je  suppose,  que  ce  soit  là  un  diminutif.  ...yS^^*.^ 
était   un   nom    de   personne   en   Andalousie,    Qâm.  s.  v.,  comme 

aussi   ^^ys\4.*«,    ibid.   (auquel   TA   IX   p.  241  donne  une  autre 

étymologie).  On  ne  doit  pas  confondre  rjj^  >  O^;^  ^^^'^ 
.Jyjl  <^  ^^i_Xj!  >>-^,   ce  qui   est    relativement  moderne,  ainsi 

que  j'ai  dit  p.  1411.    ,iAj,    comme    nom    de  personne,  est  aussi 

o    _ 

nabatéen,   Dussaud,   Les   Arabes    p.    149.  q^l)c*.>   a  même  le 

o   , 

fém.  &J5iA*:>,   Gratzl  Frauennaraen  p.  37.  Brockelmann  a  bien 

raison  lorsqu'il  dit,  p.  394  en  bas,  que  l'emploi  de  cette  dési- 
nence un  (6nV)  ne  se  limite  nullement  à  l'Afrique,  mais  je 
crois  avoir  suffisamment  prouvé  qu'elle  n'est  pas  diminutive,  et 
je  persiste  à  y  voir  le  déterminatif  minéo-sabéen,  malgré  que 
Noldeke  trouve  cela  »hochst  bedenklich",  B  ZS  W  p.  137,  Brockelm. 
VGSS  p.  393  n..  Hommel  G  G  G  p.  129  fait  observer  que,  dans 
les  noms  de  personne  arabes  du  temps  de  Hammurabi,  on  trouve 
p.  e.  Dawidânum,  Hazarânum,  qu'on  aura  de  la  peine 
à  expliquer  comme  diminutifs,  caritatifs  ou  locatifs.  Brockel- 
mann, 0.  et  1. 1.,  est  même  d'avis  que  les  noms  de  lieux  dans 
l'Arabie  du  Sud:  Asba'ûn  Arabica  V  p.  185 2),  Baynûn 
Qaydûn,  Sêwûn,  etc.,  soient  originairement  des  noms  de 
personnes.  Ils  rentreraient  donc  dans  la  catégorie  de  ^^»)j\Xi<C, 
q';'-^  =  .lXaJI,  Q^.*;a>  <^  QLii>  =  wo^,  mais  je  n'en  suis 

pas  tout  aussi  sûr.  Qaydûn  doit  être  =  lX-JL'Î  ,  7a  digue.  Je  fais 


1)  A  présent  on  prononce  un:  Sa^dûu,  nom  courant  chez  les  Bé- 
douins du  Nord.  Comme  û  est  aussi  prononcé  ô,  non  seulement  dans 
le  Sud,  mais  aussi  en  Afrique,  l'ancienne  (?)  prononciation  de  Haldûn 
a  pu  être  H  al  don. 

2)  Aussi  appelé  Mayfa'ah,  comme  tout  le  wâdi,  v.  p.  1426  note. 


1417 

observer  que  de  ce  iMy*5  on  ne  forme  jamais  une  nisbeh  ii>^^> 
mais  (C^j   ^6  qu'on  ferait,  si  c'était  un  diminutif. 

P.  297.  Cette  prononciation  de  â>  ù,  dans  ces  mots,  n'implique  donc 
nullement  un  emprunt  à  i'araméen.  Elle  est  du  reste  fort  ré- 
pandue, et  l'on  n'a  qu'à  lire  Brockelmann  VGSS  p.  142  et 
ss..  Cette  prononciation  archaïque  prouve  justement  que  nous 
avons  affaire  à  des  mots  culturaux,  transmis  tels  quels  depuis 
une  haute  antiquité.  Déjà  les  Babyl.  disaient  sullû,  prier,  im- 
plorer, taslîtu,  prière,  Del.  HWB  s.  v.,  id.  Gr.  p.  182  et 
Gloss.,   où   la   Ile   forme   du  verbe  est  également  à  noter.  Zim- 

mern  KAT  p.  610  dit  que  sullû  (thème  J«*«)  est  le  mot  le 
plus  ordinaire  pour  prier,  avec  le  subst.  teslîtu,  prière,  et 
que  sullû,  prier,  implorer,  ne  s'emploie  pas  à  l'égard  des  dieux. 
Sullû  serait  donc  étymol.  différent  de  sullû,  comme ^^Axj  l'est 
de  ^Aw.  Les  Assyriologues  nous  diront  si  sullû  peut  devenir 
sullû  ou  vice  versa.  Zimmern,  o.  et  1.1.  veut  que  l'aram. -arabe 
""^îf.  i^m^îi  ait  pris  ce  sens  sous  l'influence  de  l'assyrien.  C'est 
possible,  mais  non  nécessaire.  Alors  l'éthiop.  RA?,  prier,  RApI*, 
prière,  serait  dans  le  même  cas  ^),  de  même  que  le  sab.  jms  , 
prier,  et  o^^  ou  c>-^  des  inscriptions  minéennes,  Horamel 
SA  Chr.  Gloss.  s.  v.,  A  A  p.  185,  D  H  Mûller  EDA  Gloss. 
s.  V.,  Mordtmann  Beitr.  z.  min.  Epigr.  Gloss.  s.  v.,  chapelle  ou 
quelque  chose  d'analogue.  Il  n'est  donc  nullement  nécessaire 
de  statuer  que  le  Prophète  avait  reçu  ce  mot,  qui  forme  le  pivot 
de  sa  religion,  du  Yéman.  On  a  de  tout  temps  beaucoup  prié 
en  Orient,  et  l'on  ne  fait  que  cela  encore  aujourd'hui.  »^i/^  [ij  jLa] 

est  vieux  comme  la  prière  même.  Ce  n'est  pas  un  mot  d'em- 
prunt, Fremdwort,  mais  un  mot  sémitique  cultural.  Voyez  Sarauw 
Z  A  XXI  p.  43,  qui  est  bien  près  de  la  vérité. 


1)  Il   n'est   pas   certain  que  f^([(D,  plier,  soit  le  même  verbe.  Il  y  a 
dans  le  Sud  (_i~o,  i,  cire  en  face  de,  6ez.  pp.  80,  5;  lOi,  17;  165,16; 

181,  17;  182,  4,  11,=  ^^L>o,  Hdr  p.  320;  '^%^ ,  en  face  de;  ^<JL«5, 
maUre,  supérieur,  v^  cJ^  l c''-*^  =  J^  ur;^'  J*--*^  >  '''''■<'  rompu 
à.   J    ^Lo,  être  pareil  à;  voyez  Gloss.  s.  v.. 


1418 

P.  229  note.  Les  Babyl.  avaient  aussi  une  désinence  adverbiale  en 
an,  Del.  Gr.  p.  225,  et  notre  ba'^dên  pourrait  correspondre  au 
babyl.  arkân  (u),  après.  Cf.  Brockelmann  VGSS  §216.  Le 
mehri  la  connaît  aussi  fenôwen  etc.  devant;  rdyren,  der- 
rière, Jahn  Gr.  M  S  p.  120. 

P.  300.  Brockelmann  VGSS  §216  cite  ces  deux  noms  de  lieu  Ba- 
garên  et  Hagarên  (d'après  Hirsch,  bien  entendu)  pour  ap- 
puyer sa  thèse  d'une  désinence  supposée  locative,  an,  ayn, 
a  y  m.  Cela  ne  m'a  pas  fait  dévier  de  l'opinion  que  je  viens 
d'exposer. 

A 

P.  301 .  Les  exemples  où  à  >  ê  est  graphiquement  rendu  par  * 
pourront  facilement  se  multiplier,  voyez  Vollcrs  V  S  p.  101  et 
s..  Je  repète  que  la  question  de  l'imàlah  n'est  nullement  épuisée, 
et  ce  que  Sarauw  a  publié  dans  Z  A  XXI  p.  33  et  ss.  sera 
peut-être  nouveau  pour  lui  et  les  lecteurs  assyriologues  de  cette 
revue,  mais  certainement  pas  pour  les  arabisants  de  profession. 
Aussi  bien  Vollers  que  A.  Fischer  et  moi-même  nous  connais- 
sons tout  cela  par  cœur  pour  l'avoir  appris  au  début  de  nos 
études.  Actuellement  p,  è  et  o  n'empêchent  point  l'imàlah, 
et  je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  un  seul  Arabe  qui  prononce 
^-^Lc]>râib  au  lieu  de  ràib  ou  râib.  La  langue  babylo- 
nienne avait  l'imàlah  très  prononcée.  Elle  la  rend  par  ê,  Del. 
Gr.   §41,   Meissner   Gr.   §§    18,   19,   20,  Ungnad  Gr.  §  5.  Ici  ^ 

et  è  motivent  même  l'imàlah,  Meissner  §20b.  ;  les  liquides  et 
les  sibilantes   ont   même   une  prédilection  pour  i:  sirratun< 

sarratun  sjo,  co-femme,  ibid.  §  20  d,  tandis  qu'en  arabe 
râ  ou  -rah  ne  comportent  pas  l'imàlah,  cas  dont  jusqu'à  pré- 
sent personne  n'a  parlé. 

P.  304.  Yahuda,  0  S  Festschrift  Noldeke  p.  406 ,  raconte  qu'en 
Palestine  les  paysans  qui  viennent  à  la  ville  faire  leurs  em- 
plettes ne  touchent  aux  sucreries  qui  leur  sont  ofiertes  que 
lorsque  l'achat  est  conclu,  en  disant: 

-    O  -  ^  Cl 

iii-y.2ij!   (j^iLi^ùo   Lo   Js^   .-U^3    u*-:^    ^l\ax.    *Jt^   L«   Awîj 

Par  Dieu,  je  ne  goûterai  chez  toi  ni  pain  ni  sel  jusqiCà  ce 
que   l'a/faire  soit  finie.  L'auteur  renvoie  à  Gen.  24  v.  33.  Les 


1)  C'est  pour  cela  que  la  finales,-,  en  syrien,  n'est  jamais  prononcée  -ri. 


1419 

Babyl.  avaient  aussi  !e  mot  mel'u,  mellu  =  rirJL«,  K  B  VI  i 
p.  447,  Guthrie  Perry  Hymnen  an  Sin  (L  S  S  11,  4)  p.  45. 

P.  313.  Môller,  Sem.  und  Indog.  p.  189,  4  fait  venir  _,^j  de  la 
racine   g'-w,  jungere,    qui    a   donné,    par   demi  redupiication, 

g'--w-g*>  sémit.  i-w-g.  Le  ^v^US  j ; ,  Naqâid  p.  59,  9,  était 
d'abord  les  deux  Jumeaux  lorsque  l'équinoxe  du  Printemps  se 
trouvait  dans  cette  constellation,  qui  présidaient  aux  destinées 
du   monde,   soit   3.000   avant   notre   ère,   et   puis  c'est  devenu, 

chez  les  Arabes,  mort,  trépas;  on  dit  aussi  is^-t^-^'  -j;  LA 
XIX  p.  84. 

P.  324.  Boh.  III  p.  153,  4:  ^yX-^^  avec  variante  ^^-^Li:l ,  mais 
ibid.   III   p.   102,  3:   ioyLi! ,  comme  variante  pour  «yuit.  Ibid. 

o-  û        « 

III  p.  142,  6:  ^J^J    et  la  variante  ^^J. 

P.  327.  Le  tun.  offre  aussi  un  exemple  de  cet  impératif,  car  han- 
qùllek,  Stumme  T  Gr.  p.  142,  9,  n'est  possible  qu'avec  hall- 
nequllek>hann-nequ]lek  et,  par  haplologie,  hannqul- 
lek>  hanqullek. 

P.  329.  Cf.  i^^tf)  ennemi,  Ges.-Buhl.  s.  v..  Souvent  dans  les  ins- 
criptions safâtiques,  Littmann  zur  Entziffr.  p.  46,  Dussaud,  Les 
Arabes  pp.  147  et  149.  Cf.  le  babyl.  Zâiru,  ennemi,  de  zâru, 
haïr,  KB  V  Gloss.  p.  15.  Ungnad  Gr.  p.  163. 

P.  331 .  Ces  y**i  <[  J-^  n'étaient  pas  inconnues  aux  savants  ara- 
bes puisque  I  Sîdah  14  p.  213  d'en  bas  parle  de  Sf:^^  et  de  lA*^. 
En  mehri,  î>ay,  ey  est  fort  commun,  Brockelmann  VGSS 
p.  19G/7,  de  même  que  dans  tout  le  Sud. 

P.  334/5.  Sur  qU:>J!  on  lira  la  jolie  histoire  dans  Boh.  III  p.  195: 
oL^  ^   J^^yiJ!  ^_j1j.    Quzwînî   II   p.   42  en  bas  rapporte  une 

,     o    _         î  ï  ~_ 

Tradition  du  Prophète:  ^j-^  q-»  rr-*~^'~''  U*""^  uV^'i^  ^j^l 
„.ii»5  ij^*)'^\  3.A2J  \J  oLt  rj«rv'-  Si  le  mot  ne  vient  pas  du 
Yéman,  en  premier  lieu,  comme  je  l'ai  prouvé,  on  peut  néan- 
moins supposer  qu'il  y  a  été  plus  employé  que  dans  les  milieux 
bien    moins   civilisés   des  Arabes  du   Higâz.  Nous  lisons  sui   une 


1420 

inscription  palmyr.  de  188  ad  D.,  Lidzb.  Eph.  I  p.  203:  ^ri}} 
J^iCnil  }<DD  {^n^N-    Je   suis  persuadé  qu'il  faut  lire  la  graphie 

safôtique  DmlnJ  non  pas  *b>. ,  Dussaud  Les  Arabes  pp.  445, 
152,  153,  mais  =  *-fc5» .  ;  c'était  une  divinité  palmyro-safa tique 
qui  figure  aussi  dans  le  panthéon  sabéen.  V.  Barth  Z  A  XXII 
p.  1  ss.. 

Cette  manière  de  ne  pas  rendre  graphiquement  les  voyelles 
longues,  â,  û  et  î,  dont  parle  el-Hamdâni  dans  son  Iklîl,  mon 
ms.  p.  5  et  s.,  n'était  pas  une  spécialité  des  Himyarites.  Dans 
les  anciens  documents,  l'a  surtout  est  supprimé.  Les  papyri  d'el- 
Fayyûm  publiés  par  Loth   Z  D  M  G  34  p.  691  portent  ^J^-♦iJlit, 

ti)Xo;  aussi  dans  les  citations  qoraniques  qui  y  figurent:  ui'.iàÀJ!  = 

o>-*^sjo!5    [\m^s>  =  iAa«L>;    ^J/^J.MJJ)  =  ^w^jjw^t.    Karabacek  a 

relevé  la  même  chose  dans  les  papyri  déchiffrés  par  lui,  Der 
Papyrusfund  von  el-Faijùm  Wien  1882:   -Ciou!  =  _i:L*it,  p.  19; 

JLjl>  et  ry-J^ ,  p.  24;  v-i^Jj",  p  29,  comme  c'est  encore  l'usage 
aujourd'hui  ;  ^%Lo  =  f^^j  P-  30  ;  ^J^JAJÎ ,  p.  35.  Les  chré- 
tiens conservaient  cette  graphie,  comme  on  peut  le  voir  chez 
Graf,  Der  Sprachgebrauch  der  altesten  Christl.  Arab.  Lit.,  Leip- 
zig 1905  p.  7,  où  tous  les  exemples  ne  sont  pas  justes,  l'auteur 
n'ayant  que  des  connaissances  très  superficielles  de  l'arabe.  Son 
livre  est  totalement  manqué. 

Du  reste,  pour  la  scriptio  plena  des  voyelles  longues,  l'arabe 
fait  plus  tard  bande  à  part.  11  serait  intéressant  d'e-xaminer 
comment  et  quand  cette  fixation  a  eu  lieu  et  s'est  érigée  en 
système  graphique  invariable  dont  la  perfection  ne  se  rencontre 
dans  aucune  langue  sémitique,  à  l'exception  du  mandéen. 

P.  340.  Dans  l'inscription  N"  3,  Dussaud-Macler,  Mission,  on  tronve 
yi^*l3  (mUj!,  ce  qui  est  la  forme  ordinaire  syro-palestinienne, 
ainsi  que  l'a  déjà  relevé  Littmann,  Die  Erwiihnung  eines  Per- 
serkrieges  in  den  Safa-lnschriften  (t.  à  part  p.  382).  On  voit 
donc  que  la  langue  vulgaire  était  déjà  formée  en  Syrie  avant 
rislâm. 

p.  358,  note.  Cf.  q^>  et  v^>  Boh-  I^I  P-  134/5,  et  ce  que  j'ai 
dit  p.  1412  sur  la  désinence  des  noms  des  plantes  et  des  arbres. 

p.  362,  l.  0:  biffez  s'accroupir,  hocken;  j'ai  confondu  avec  4jJ', 


1421 

P.  374/83.  On  trouve  dans  LA  XVI  p.  211,  le  sarh  es-Sawâhid  el- 
Kubm  d'el-'Aynî,  Hiz.  el-Adab  vol.  III  marge  p.  381  et  ss.  = 
petite  édit.  du  Caire  1297  p.  231,  Howell  Gramraar  I  p.  354, 
un  exemple  analogue: 

5        '  -  ;  3  5- 

Si  tu  m'eusses  appelé,  toi,  quand  même  il  y  aurait 
devant  moi  un  vaste  pays,  couvert  d'une  profonde 
inondation,  f aurais  répondu  labbeyka  «  qui  m'appelle. 

Dans  liULo  ^\  iUàit  J«c  J^^^^^î  -j^  (jvC  qUa^'S  'i^^, 
vol.  II  p.  265  (Caire  1298,  composé  en  1193),  on  lit: 

7/s  m'o)i<  appelé,  et  j'ai  répondu  par  mon  labbeyka 

lorsque  des  gens  braillards  braillèrent  contre  eux, 

et  mon  braillement  les  fit  taire. 

On  trouvera  dans  cet  ouvrage  toute  la  controverse  sur  ce  mot 
et  l'explication  des  exemples  ici  rapportés.  Le  vers  p.  374  se 
trouve  également  chez  el-'Aynî  Hiz.  el-Adab  III  p.  383.  L'exemple 
p.  383,  aussi  chez  el-'Aynî,  o.  1.  p.  381  ;  le  Sarh  d'el-Girgâwî 
Caire  p.  96  (?),  Sarh  Sawâhid  el-Kaâlâf,  Bûlâq  1281  p.  126,  et 
Howell  Gr.  I  p.  354.  Ce  vers  est  attribué  à  un  Bédouin  des  B. 
Asad.  La  traduction  en  serait:  J'ai  appelé  Miswar  pour  m'as- 
sister  dans  le  malheur  qui  m'a  frappé,  et  il  me  secourut  en 
disant  labbeyka.  Puisse  donc  une  pareille  réponse  lab- 
beyka accueillir  les  deux  mains  de  Miswar!"  D'après  les 
grammairiens,  labbey  ne  peut  être  en  annexion  qu'avec  un 
pronom,    comme    eUit^J)  etc,    et    la    construction    dans  le  vei-s 

cité  serait  oLi  ^oLi.    ^  serait  ici  l'infinitif  à  l'accusatif;  ^_^ 


1)  L  A  a  ^j-^    o'o.  La  traduction  est  incertaine  et  difficile  ;  p  ys/« 

est  un  adjectif,  et  -K^j  peut  aussi  signifier  ^jwiVâj  et  l'on  pourrait  tra- 
duire: ayant  devant  moi  un  puits  plein  cl  profond;  voyez  L  A  et  les 
ouvrages  cités.  L'exemple  nie  fuit  l'effet  d'être  forgé. 


1422 
,4.w^    ,  cvAj   aurait   le   sens   de  [j^»,    tiJ'iAj    c>-*J-*^i,  Sawâhid 
el-Kassâf  1. 1.,  de  im^^i   wO  =  s^y.  On  voit  combien  tout  cela 
est  artificiel. 

Dans  ^Li/it  S  iwLfcll  q^Î  J^  ^j^.  L«  J-l**  ^  V;^'  '^^ 
^ytlt  j.^iy  ^  ^'5;^^^^  par  Abu  Tàlib  el-Mofaddal  b.  Sala- 
mah  +308'),  Brockelmann  G  A  L  I  p.  118,  Cstpl  Ga\vâibl301 
dans  le  recueil  J«jL*«,  u*^-*^»  P-  233  et  s.,  l'auteur  explique 
quelques    proverbes    et  dictons  dont  se  sert  le  vulgaire  sans  en 

connaître   le   sens.   A   propos  de  dV!'-^^*^3    ^^^^  •  il  dit  ceci,  ce 
qui   a   été  en  grande  partie  reproduit  par  LA  II  p.  226  et  s.  : 

iibL>^    j^3    ,ii^\j   ii*>J^'    xJ-xj    dU    K-jL>]    i^A^i    ,_cow    iî_àJ!    Jo 

j,c1   loi   <1J!3   o^*^   "^   ^^-^   cr»  4^^  >-^3   "^^   *5j-^3   ^^^1 
.-^!A:>t   |»-Jiii-5   oî^L   o^^Li;   yLaJLLw'i   t*)«-<-*J   xlo!   j^'i'_5   iu 

^  ô^*^  y-i\    S^i    •  •  •  ^.:>*-»-«-2J'    o3'-^jtJ    u^^y^"   y ^    U/    'tlj 
s_^   \ê^j^   liUo    lAS^    ^    tiJA^x    *.Aii-^    'jl    (jï   xibo   e^jJ    JLjLî 

Oyi>Lo    _j^     JO     iLjt     LaIOjÎ     ioLx     ij^^      i^i'i     ^XXJ     .sLxiï]     ^j;!     (_5j^t 
G  .  -       ,  C      Si 

3Lo1    »Ux*s    (iUuXi'    ^^1^    qLs    iL2_b£    jCx:^    ^c!     iCJ    *!    *.iJyj    ^^ 

lXju    qLj^    c5'    (iLoU:>    (vii^    L?>*^    |.^i)Cl    J,  _^_j    !lX_^  ^^p^ 

1)  Ne  doit  pas  être  confondu  avec  jUx"bJt    v-jLxT    par  Mofaddal  ed- 
Dabbî  +145.  2)  LA:  iuïî   ot   i^. 


1423 

Ainsi  qu'on  le  voit,  il  n'y  a  que  des  incertitudes.  G.  Hoffmann, 
Aram.   Inschriften   Z  A  XI  p.  230,   pousse  la  conjecture  à  une 

limite  extrême.  Il  y  dit;  »d^y^J,  que  j'ai  auparavant  traduit  par 
j»von    Herzen   gern"  »),   et   qui   appartient  plutôt  à  "'iDi-^,  à  "<3t^ 

ou  à  ^^1}^  ^3,  exclamations  de  douleur  ou  de  prière  soumise, 
comme   celles   du   serviteur   devant   son   maître."  Il  le  compare 

avec  tAJ  Û  ^5  ou  dU  v_;!  "^  et  i^  j.î  "^ï  qui,  originairement 
des  interjections,  seraient  une  étymologie  populaire!  Les  deux 
seraient  identiques,  d'après  lui,  et  l'ra  proviendrait  de  b,  comme 
aussi  dans  waylùmmi,  allâhumma,  de  façon  que  la  ab- 
bai  Allâhu  abba  aurait  le  1^^^,  mutatis  mutandis,  devant 
et   derrière:    t'tjç    "Atti^ç    V>ii;.    Le   redoublement   de  b  et  de  m 

serait  comme   celui   de   ^,   »^,  ^c^,  etc..  Le  "^    préposé  dans 

1^!^,  *î^5,  et  ii)u^  serait  le  la,  non  =  oui  du  serment,  qui 
est  tout  aussi  bien  arabe  qu'araméen.  ^_^^^^  Je  sais  bien  que 
le  "^  du  serment  se  trouve  aussi  dans  le  Qoran,  mais  ce  n'est 
pas  là  la  négation,  voyez  ici  p.  1305.  Le  savant  professeur  de 
Kiel  a  quelquefois  des  idées  extraordinaires  qu'il  expose  d'une 
façon  tellement  concise  et  saccadée  qu'on  a  de  la  peine  à  les 
suivre.  Avec  son  «étymologie  populaire",  je  crois  qu'il  n'a  pas 
eu  de  succès,  et  son  argumentation  est  un  cercle  vicieux.  Der- 
nièrement, Sarauw  Z  A  XXI  p.  41  a  expliqué  tîWi  et  liVjA*^, 

comme  des  formes  (<^«  Si  mon  observation  est  juste,  lab- 
beyka  est  beaucoup  moins  employé  dans  le  Nord  que  dans  le 
Sud.  Ce  qui  conforme  l'étymologie  proposée  de  labbeyka, 
c'est  que   dans   tous  les   pays  du  Nord  et  chez  les  Bédouins  de 

Syrie   et   de   Mésopotamie  d^jx   b   correspond  à  ti^>J.  On  ap- 
pelle   quelqu'un;    il    répond    par    d^^    [>.    Or,    q^   est  aide, 
secours,  de  q!c  =  ^^ .  Sur  qV^Li  et  Q«fC  1j  voyez  le  Gloss.. 
P.  391.  Q^Jj^   est   sans  doute  une  prononciation  archaïque,  comme 


1)  11  pense  à  >-^. 


1424 

^^'j^,  épizootie,  (aussi  ^^J^  et  o|^)  est  le  babyl.  mû  ta  nu, 
peste,  Del.  Gr.  p.  164,  aram.  jj^aiic-  Barth.  NB  p.  325  veut 
que  les  Arabes  en  entendant)  1%^.^ .  déluge,  et  jj^oi*,  peste, 

aient  rendu  la  diphthongue  6  par  ^-.  Je  crois  que  c'est  tout  le 
contraire:  tûfân,  mûtân  est  plus  aichaïque  que  la  forme 
araraéenne.  Le  babyl.  mùtânu  ne  pouvait  affecter  une  autre 
forme,   puisque   la   diphtongue  aw   y   devient  régulièrement  û, 

et  les   Arabes    en    ont   fait  q'J^j   à  coté  de  rp^)  comme  les 

Araméens,  mais  ils  n'auraient  pas  fait  mûtân  de  môtân,  s'ils 

> 
n'avaient  eu   cette  forme  par  transmission  traditionnelle.   o|^ 

est  par  contre  une  forme  tout  arabe  :  JLjé  des  maladies.  Brockel- 
mann   incline,   VGSS   §211    Ad,  à  considérer  )j.5a^  comme 

un  infinitif,  et  ce  serait  donc  ^^i^  >■  ^'ijl^  >■  ^^lîjia .  Mais 
l^b^  est  également  transrais  par  tradition,  et  le  tôfân  sud- 
arabique  revêt  une  forme  arabe.  Si  rj^j-^  est  un  mot  étranger, 
Barth.    o.    et    1. 1.,    il    n'est   pas   dit   pour   cela    qu'il  vienne  de 

l'araméen.  El-"^Aggâg  parle  de  ^y'  n^^'  ^h'^^-  ^°  ^^  ^'  "^  = 
Arâgîz  p.  12.  En  tout  cas,  l'histoire  du  mot  me  paraît  assez 
obscure. 

La  région  volcanique  d'Edd,  sur  la  côte  abyssine,  offre  l'image 
d'un  travail  dévastateur  considérable,  semblable  à  celui  que  nous 
trouvons  sur  les  côtes  de  l'Arabie.  Le  volcan  d'Edd,  aussi  ap- 
pelé Doubbi,  avait  encore  en  1861  une  éruption  violente  qui 
dura  dix  jours.  Le  volcan  d'Erteali,  à  la  limite  sud-oue>;t  de  la 
plaine  saline  qui  est  à  61  mètres  au-dessous  de  la  mer,  était, 
en  1904,  en  pleine  activité,  Globus  1906  N°  14  p.  218.  Dans  le 
Târîh  TaiT  "^Adan  d'Abu  Mahramah,  nous  lisons  p.  15,  raonms: 


1425 

^t  ^  yjli  JJLJl   qL---£Î   cr  ^•^  *-*-^-î  ^  '-^  U"!; 

p.  394.  St.  Langdon  a  publié,  Z  A  XX  p.  450  et  ss.,  un  article  sur 
Abîibu,  qu'il  veut  faire  venir  de  33^?,  être  clair,  luisant.  Cela 

me   paraît   improbable.    L'arabe  a,   outre  v'-^^j  ^"^si  la  forme 

i  5  G     i 

affaiblie  ^Ut  w^'  =  ^'^^  v''-^^  ou  V*:"'  =  ^^  ^t  ^[7^  ,  L  A  I 
p.   199,  4   et  6   d'en   bas.    C'est  donc  presque  la  prononciation 

w      > 

babylonienne   Abûbu.   On  ne  saurait  séparer  ce  mot  de  w^, 

Xa£,  3*a£,  dont  le  sens  correspond  parfaitement  à  celui  donné 
par  Jensen,  KB  YI,  i  p.  563,  à  abûbu.  Langdon  nous  apprend 
que  le  mot  soumérien  pour  Abûbu  était  maruru  et  ama- 
ruru.  Les  Babyloniens  y  ont  ajouté  la  désinence  ku,>ama- 
r  u  k  u.  C'est  peut-être  l'origine  de  'OiiopKse  ou  '0//opcuxa,  ce  qui  aurait 

pu  donner  le  sudarabique  lï^c  J  (ou  ^ïjC,  je  ne  le  sais  au  juste 
et    rappelant,    de    même    que    l'araraéen    conjecturé  de  Gunkel 

i^pIN  Di<,  l'abùbu,  le  v'-î-*'  lointain.  Je  prétends  que  toute 
l'antiquité  sémitique  couvre  encore  l'Orient  arabe.  Il  est  temps 
d'en  recueillir  les  fragments  dispersés.  Cui'tiss  en  a  fait  un 
commencement,  mais  n'ayant  pas,  en  sa  la  qualité  de  révérend, 
la  sVorausetzungslosigkeit  der  Wissenschaft,"  et  n'étant  pas 
arabisant,  ce  qui  est  une  condition  sine  qua  non,  il  n'a  pas  su 
mettre  à  profit  les  résultats  de  ses  recherches. 

P.  396.  Hommel  me  dit  qu'il  a  déjà,  en  1890,  dans  la  Neue  Kirch. 
Zeitschrift  I  p.  410,  proposé  cette  étymologie  de  U^vra-oç.  Donc, 
la  priorité  en  est  à  lui.  D'autres  ont  aussi,  à  ce  qu'il  paraît, 
eu  la  même  idée.  Avec  l'immensité  de  notre  science  d'aujourd'hui 
et  la  brièveté  de  la  vie,  on  m'excusera  de  ne  pas  perdre  mon 
temps  à  rechercher  si  j'ai  eu  des  prédécesseurs.  Lorsque  j'em- 
prunte une  idée,  je  cite  toujours. 
'A/3i/<r(7-a   Téf^iç,  Sprenger  A  G  A  §  i  31  (où  variantes),  a  peut-être 


1)  6emâl    ed-dîa    Moh.    b.    Sa'îd    b.   'Alî  Kibbâa   -f  840  était  qiVli 
d'Aden.   Celait  ua  lionimo  très  savant  et  poète,  selon  Abu  Mabraraali. 


1426 

reçu  son  nom  de  cette  étrange  configuration  du  sol  que  Bent 
décrit  en  détail  dans  les  deux  ouvrages  cités.  C'est  une  des 
merveilles  du  monde.  DH  Mùlle.r  et  ses  Viennois  auraient  dû 
l'explorer  lorsqu'ils  étaient  à  Mirbât.  Mais  ils  n'en  avaient 
pas  la  moindre  notion,  et  je  me  suis  bien  gardé  de  leur  laisser 
mon  cahier  de  notes  sur  cette  côte.  Relever  ces  mines  et  ex- 
plorer ce  pays  si  curieux  de  Dofâr,  voilà  une  tâche  qui  aurait 
dédommagé  l'Académie  de  la  perte  de  Sabwah,  où  personne  ne 
peut  aller.  'Afiva-<rx  ttô^k;  est  le  nom  donné  par  les  Grecs  ;  nous 
ignorons  quel  était  celui  de  l'antiquité.  Le  port,  à  présent  en 
partie   ensablé,    était    le    seul   bon   de   cette   partie   de  la  côte. 

3 

.Lài?,  >■  .Lsad  moderne,  était  le  nom  du  pays,  mais  nous  ne 
savons  pas  depuis  quand,  car  Ptolémée  n'est  pas  d'une  haute 
antiquité.   L'identification   de  IDD,   Gen.  10,  30,  avec  Xsàs  par 

Ritter  Erdkunde  XII  p.  253,  est  bien  suspecte  à  cause  du  D  > 
-x>  [je,   comme  l'a  déjà  relevé  Lagarde  Nomina  p.  61  note.  Mais 

ce  "ICD  peut  être  le  ^i  de  W.  Mayfa'ah  >),  et  {<^D,Ges.  10,  30, 

serait  alors  le  Moa-;^*  du  Périple  §  32.  Le  »stupendous  abyss", 
dont  la  découverte  et  l'exacte  description  constituent  le  plus 
grand  mérite  du  couple  Bent,  est  partagé  en  deux  parties,  cha- 
cune traversée  par  un  écoulement  du  lac.  Selon  Bent,  Geogr. 
Journal  Aug.  1895  N°  2  p.  128,  la  partie  est  est  appelée  dir- 
bat  (sur  la  carte  aussi  darbat),  qui  est  aussi  le  nom  du  lac. 


o  ^ 


et  la  partie  ouest,  raerga.  C'est  évidemment  *J.o,  mur,  mu- 
raille, parapet  [et  qui  n'a  rien  à  faire  avec  Mirbât,  comme  le 

dit  Bent  o.  1,  p.  126!],  et  ^j^j  montée.  Dans  la  théorie  de  Glaser 
sur  les  Abyssins,  cette  'A^va-<rx  ttô^ii;  joue  un  grand  rôle.  Il  y 
voit  le  nom  de  n^Dn,  Skizze  II  p.  180,  Abessinier  p.  180/1  et 
ailleurs  dans  ses  écrits,  et  Dofâr  aurait  été,  d'après  lui,  le  centre 
de  l'ancien  pouvoir  habaéite  dans  l'Arabie  du  Sud.  Sa  théorie 
m'a  au  commencement  séduit,  mais  à  présent  que  j'ai  contrôlé 
les  textes  qu'il  cite  pour  appuyer  sa  thèse,  et  surtout  après  les 
publications  de  D  II  Miiller  sur  les  dialectes  mehrites,  je  n'y 
crois  plus.  Abyssa  polis  n'a  rien  à  faire  avec  'A/Sao-t^vo*  de  Steph. 


1)  ^,    Arabica   V  pp.  50  et  187.  ^yjt-j^-^l  ibid.  p.  185  a  aussi  le 
nom  do  Mcyfa'ali,  v.  ibid.  p.  51  uoto  et  p.  1-41G  note. 


1427 

Byz.,  et  je  me  demande  si  ceux-ci  peuvent  être  =:  ,-.Lcyj> 
ou  quelque  forme  analogue,  car  'AjSaa-jjvo;  représente  i/ijii^, 
non  ;ji-^,  comme  le  Xcerpai^uTcei  précédent  vient  deo^j^ia^*. 
Abyssa  polis  doit  évidemment  être  la  traduction  d'un  nom  in- 
digène. Quoiqu'on  soit  porté  à  faire  dériver  Ufiva-a-oç  de  apsu, 
on  ne  saurait  pour  cela  conjecturer  que  ce  dernier  mot  repré- 
sente le  nom  indigène  de  Abyssa  polis.  Mais  la  raison  d'être  de 
ce  nom  doit  bien  se  trouver.  L'auteur  du  Périple  nous  dit, 
§§  34  et  35,  qu'il  y  a,  à  l'est  de  Dofâr  actuel,  des  îles  qui 
s'appellent  »lles  de  Kalaïos",  et  sur  la  côte  d'en  face,  il  y  a 
»la  montagne  de  Kalaïos";  c'est  ainsi  qu'il  faut  lire  §35  au 
lieu  du  Kûc^ov  ipoi  du  texte  de  Fabricius.  Or,  en  éthiopien,  ^'IjB. 
est  justement  iél3v!ra-oç,  et  Gen.  I,  2  Dinn  -  «/3<^3"o"oç  est  rendu  dans 

la  traduction  éthiop.  par  4"!^,  Dill.  Lex.  Eth.  p.  445,  Prae- 
torius  Àth.  Gr.,  Chrest.  p.  31.  KaAa/oç  du  texte  du  Périple  fait 
l'effet  d'être  employé  comme  nom  propre,  mais  l'auteur  n'était 
pas  très  au  courant.  En  tout  cas,  on  ne  saurait  le  traduire  par 
»la  montagne  kalaique",  comme  le  fait  Glaser  Skizze  II  p.  188, 
On  est  pourtant  en  droit  de  se  demander  s'il  n'y  a  pas  une 
corrélation  entre  le  grec  x^va-a-oç  et  kx^xi(-oc)-  4"1^.  Le  nom 
de  la  ville  de  Qalhât  n'a  rien  à  faire  avec  Qalâi-os,  Vollers 
Z  D  M  G  49,  p.  486,  note  9.  Avant  Bent,  aucun  Européen  n'avait 
vu  l'abyssos  de  Dofâr,  et  Cruttenden,  qui  a  suivi  la  côte  de 
Mirbât  jusqu'à  Daharîz,  n'en  entendait  pas  parler,  BBRAS 
vol.  1836 — 1838  p.  184  et  ss..  J'appelle  ce  phénomène  de  la 
nature  »abyssos",  en  me  conformant  au  langage  de  Bent,  mais, 
bien  entendu  rien  ne  prouve  que  Abyssa  polis  fût  ainsi  appelé 
à  cause  de  cet  abyssos,  quoique  cela  .soit  probable.  On  ne  sau- 
rait rien  conjecturer  sur  la  raison  du  nom  de  Qalâi  des  mon- 
tagnes. Etait-ce  à  cause  des  précipices  qui  sans  doute  se  trouvent 
dans  ces  montagnes,  lesquelles  atteignent  une  hautetu*  de  3  à 
4.000  mètres,  ou  bien  à  cause  de  la  profondeur  de  la  mer  dans 
ces  parages?  Si  c'est  ià  l'Apsû  babylonien,  le  concret,  le  visible, 
et  il  n'y  a  rien  qui  s'y  oppose,  il  faut  que  les  Grecs  aient  api>ris 
le  mot  'à^vtTffoi  déjà  à  une  haute  antiquité.  Apsu  est  devenu 
un  mot  cultural,  comme  tiâmat.  Les  deux  sont  restés  jusqu'à 
l'heure  qu'il  est,  quoique  le  souvenir  de  leur  provenance  soit 
depuis  longtemps  effacé. 

P.    396.    En    tâchant   de   donner    à   cette  genèse  de  la  cosmogonie, 


1428 

babjlonienne  un  point  de  départ  concret,  j'avais  complètement 
oublié  qu'il  y  a,  dans  ces  parages  de  la  mer,  un  mammifère 
cétacé  herbivore  qui  se  prête  beaucoup  mieux  que  le  requin 
à  une  théorie  babylonienne  de  l'évolution  du  genre  humain. 
C'est  le  lamantin.  Il  y  a  à  ôebal  Ahsân,  dans  la  baie  d'Adcn, 
un  Grec  qui  y  habite  depuis  de  longues  années.  Il  s'occupe 
de  la  pêche  de  poissons  rares  et  d'animaux  extraordinaires 
qui  peuvent  se  trouver  dans  ces  eaux.  En  1898,  il  avait  pris 
un  lamantin  qu'il  avait  empaillé.  J'ai  pu  l'examiner  de  près. 
C'était  un  exemplaire  fomelle,  long  de  2  mètres  et  demi  en- 
viron. La  tête  était  celle  d'un  singe,  mais  avec  le  museau 
bien  moins  proéminent.  Grande  moustache  ;  crinière  abondante 
partagée  au  milieu  du  front;  mamelles  rondes  très  prononcées  ; 
vulve  sans  poils,  avec  lèvres;  deux  membres  antérieurs,  en 
forme  de  grosses  nageoires,  et  terminés  par  une  sorte  de  main 
munie  d'ongles.  Cet  étrange  animal  fut  appelé  )>lamautin" 
par  le  Grec,  qui  paraissait  être  au  courant  de  son  métier. 
D'après  lui,  il  n'y  en  aurait  que  trois  exemjjlaires  dans  les 
muséums  d'Europe.  J'ai  visité  les  principaux  muséums,  mais 
je  n'y  ai  trouvé  rien  de  pareil.  Ce  qu'on  appelle  le  lamantin 
manatus,  qui  se  trouve  au  Sénégal  et  en  Floride,  a  une  autre 
tête  et  le  museau  cylindrique.  »Mais,  me  dit  le  Grec,  il  y  a 
une  autre  espèce  qui  se  ra})proche  encore  plus  de  l'homme 
et  dont  il  n'y  a  qu'un  seul  exemplaire  en  Europe."  Ces  ani- 
maux aquatiques,  espèce  de  phoque,  montent  la  nuit  sur  la 
plage  pour  brouter  l'herbe.  Ils  poussent  alors  des  sons  plaintifs. 
Les  anciens  Babyloniens  ont  bien  connu  ces  mammifères,  qui 
étaient  alors  peut-être  plus  communs  qu'à  présent.  Qui  sait 
si  ce  n'est  pas  là  le  couple,  sorti  du  chaos  abyssal,  Lahmu 
et  L  ah  à  mu,  Dhorme  o.  1.  p.  4  note  10,  noms  qui  sont  restés 
au  requin^)  actuel,  depuis  la  quasi  disj)arition  de  l'animal 
primitif.  "Winckler  A  F  III  p.  303  a  un  |)eu  trop  vite  adopté 
la  conjecture  de  Houtsma,  qui  traduit  Qji^  par  vent,  sans  y 
apporter  de  preuves.  J'ai  dit  que  je  ne  crois  ])as  que  la  ces- 
monogie  babylonienne  repose  sur  des  idées  abstraites,  car, 
pour  citer  Bufl'on,  »tout  édifice  bâti  sur  des  idées  abstraites 
est  un  temple  élevé  à  l'erreur."  Nous  avons  dans  l'Epopée 
babylonienne  de  la  Création  la  première  étape  de  l'histoire 
des  idées  babyloniennes  sur  l'évolution  du  genre  humain. 
Lal}mu  —  Lal)âmu  se  rencontre  plus  tard  chez  les  Grecs  sous 


1)  SAE  Vil  (sehri)  p.  23  §  18  il  y  a:  luhàm  haJr.,  Ihàymmehri, 
1  e  h  î  m  sehri,  ot  1  è  h  c  m'  soqot.  =  (*^^,  requin. 


1429 

la  forme  de  hi  légende  des  Sirènes.  Par  les  trouvailles  de 
Neandertal  près  Dûsseldorf  en  1856,  de  Spy  près  de  Namur 
en  1887  et  de  Trinil  à  Java  en  1891,  la  descendance  de  l'homme 
n'est  plus  une  pure  fantaisie.  Les  Babyloniens  ont  fort  bien 
pu  avoir  une  théorie  pareille  d'évolution  et,  en  lisant  leurs 
écrits,  j'ai  eu  la  conviction  que  c'est  ainsi  qu'il  faut  inter- 
préter l'histoire  babylonienne  de  la  Création. 

P.  426.  Pour  1^0^  et  l'étymologie  que  j'y  propose,  on  pourra 
comparer  le  babyl,  lapân,  devant,  Del.  Gr.  p.  230,  Ungnad 
Gr.  p.  54,  Meissner  Gr.  p.  59,  de  la  et  pânû,  visage,  corres- 
pondant à  l'hébreu  i^d!?. 

ci 
P.   427   note.    jjLLaojî   se    trouve   6âhiz   Tria   opuscula   p.   8,    '*. 

P.  428.  *^.^.  (j^  se  rencontre  aussi  dans  une  inscription  safatique, 
Dussaud,   Les   Arabes,   p.  137.  Il  ressort  clairement  de  I  SaM 

IV    I    p.    132,    ",    qu'il   faut   le   traduire  par  devant  X  Oi-J^. 

On  dit  aussi  liU^   {j^  =  L;^y^'   l^y?  I  ^^i-'d  IV  i  p.  123,  '". 

P.  434.  Sur  les  six  doigts,  voyez  Del.  H  W  B  p.  307  b  en  bas  s.  v. 
i  m  n  u. 

P.  437  et  note.  J'avais  oublié  que  cette  étj'mologie  avait  déjà  été 
proposée  par  moi-même  dans  mon  Arabica  I  p.  63. 

P.  449  note  1.  Hâdulâi  se  trouve  Stumme  MGT  p.  272,  «>. 

P.  513.  Le  nom  du  dieu  Nabû  (Nebo)  correspond,  comme  étymo- 

logie,  à  l'arabe  ^J^,  Hdr  Gl.  s.  v.  Lo  et  ijr.-J,  ici  Gl.  s.  v.,  sur 
lequel  on  a  assez  écrit,  Ges.-Huhl  H  W  B  s.  v.  j^3^  Hartmann 

OLZ  Miirz  1902  p.  97  traduit  ^^j'j  [^c^^]  par  wHeraussprudler", 

pensant  à  *^.    Il  y  a  un  brin  de  vérité,  qui  paraît  cependant 

avoir  échappé  au  célèbre  professeur.  On  lira  à  ce  sujet  Jastrow, 
Religion  Babyl.  u.  Assyriens  p.  118,  sur  le  ra[tport  de  Nebo  avec 

la   profondeur  de   l'eau  :   Li,    ^_5.j    et   %^.  Nebo  est  le  proto- 

type  de  tous  les  D^N^Di  et  des  -Lçoî  suivants,  jusqu'au  dernier 

*A*:>    icî-*^'-  Comme   Nebo  est  le  wdieu  de  la  révélation",  lo 


1430 
ilu    t  a  s  m  ê  t  i  =  Xx^^-NMJ'    de    semû,    «-f*,    eyitendre,  3  astrow, 

0. 1.  p.  124,  le  Projjliète  Mohammed  est  le  ijr^j^^  /«^  '>  'l"i 
tout  fut  révélé.  Le  supranaturalisme  a  toujours  été  la  grosse 
cloche  des  prophètes  depuis  le  divin  Nébo  jusqu'à  l'infaillible 
Plus  X. 

P.  520,  1.  2.  Il  faut  traduire:  les  tonnerres  du  temps  des  ancêtres, 
V.  p.  1373. 

P.  590,  5.  Ajoutez:  g«w«U,    soleil,  ZDMG  58  p.  940. 

P.  646.  Sur  v'y^  voyez  à  présent  Praetorius  Z  D  M  G  61  p.  621 
et  s.,  qui  y  arrive  au  même  résultat  que  moi.  Sur  V^j^  =  ("'r^j 
ib.  Praetorius,  p.  951,  Brockelmann  VGSS  p.  221. 

P.  063.   r^  a  donné  dans  »le  dialecte  arabe"  de  Dofâr  er  p.  7,  '3,  et  'ar 

p.  00,  26  et  p.  76,  9,  où  il  fut  expliqué  par  "^l  mais  ce  «dialecte 

arabe  de  Dofâr"  ne  m'inspire  pas  confiance').  Cet  erse  trouve 
également  dans  le  dialecte  sehri,  SAE  YII  p.  154  N*^  49,  où 
dans  le  chant  il  fut  prononcé  rayr. 

P.  459/61.  Si  ^[^  et  iuL  s'emploient  souvent  l'un  pour  l'autre,  comme 
le  relève  Wellhausen,  Moh.  in  Med.  p.  269  note.  Il  y  a  cepen- 
dant une  différence  entre  les  deux.  Le  liwâ  correspond  à 
notre  étendard  ou,  disons  même,  drapeau.  Les  B.  "^Abd  cd-Dâr, 
les  Sadanah  de  la  Ka'bah,  devaient  y  garder  le  1  i  \v  à  des 
Qoreychites.  A  la  bataille  de  Badr,  le  liwâ  du  Prophète  était 
le  plus  grand;  il  fut  porté  par  Mus^ab,  ainsi  qu'à  Uhud,  où 
il  fut  enlevé  par  deux  des  Abd  ed-Dâr,  I  SaM  III  i  p.  85  en 
liaut.  El-Wâqidî  dit,  Moh.  in  Med.  p.  269,  que  les  Musulmans 
combattirent  à  Haybar  sous  trois  rayât  et  qu'au])aravant 
ils  n'avaient  que  des  liwâ.  Le  liwâ  de  Mohammed  était 
alors  blanc,  son  raya  h  noir,  fait  d'un  fichu  de  "^Âisah.  A 
Honeyn,  'Ait  porta  le  liwâ  des  Mohâéirîn;  Sa^d  b.  Abi  Waq- 
qâs,  un  râyah,  et  "^Oniar  l'autre.  Du  côté  des  Médhiois,  el- 
Hubâb  porta  le  liwâ  des  Hazrag;  Useyd,  celui  des  Aus;  il 
y  avait  en   outre   les  rayât  des  subdivisions,  ibid.  p.  357.  A 


1)    Ce  jugement   sur    „le   dialecte   de    Dofâr"   ne  s'applique  pas  au 
travail  méritoire  de  Rhodokanakis. 


1431 

la  prise  de  Mekka,  Sa'^d  b,  A.  W.  porta  un  des  trois  rûj-ah 
des  Mohâgirin  I.  Sa'd  III  i  p.  101,  *.  EI-MohalIal  Ahû  Koleyb, 
Su'^arîi^  en-Nasr.,  I  p.  173,  parle  des  »râyât  des  llamdân, 
qui  brillent  comme  l'oiseau  au-dessus  des  vagues  d'une  mer 
profonde."    D'après    ''Antarah    N°  15,   10,   chaque   katîbah 

avait   son   liwâ^:   oy^î     JLLJt    J^z/     i^ty^    J^   05*- 

Cette  idée  de  l'oiseau  en  rapport  avec  le  drapeau  doit  pro- 
venir d'une  conception  ancienne  ainsi  que  je  viens  de  l'exposer. 

Voilà   pourquoi   l'oiseau  par  excellence  j^î^Jt,  Vaigle,  est  resté 

l'insigne  de  la  guerre:  aquila  —  i-jUc.  C'est  là  l'origine  de 
l'aigle  impériale  d'Allemagne,  d'Autriche,  de  France  et  de 
Russie.  I  Sîdah  VI  p.  204  a  un  chapitre  intitulé  olîU'  '^\j, 
où   cependant    il    ne  fait  pas  de  différence  entre  iLit.  et    ^|^. 

G  Jacob  B  L  p.  126  ne  parle  que  de  liwâ.  Ce  mot  ind'que 
déjà  que  l'usage  des  rayât  doit  remonter  à  une  haute  anti- 
quité, car  les  anciens  Arabes  ne  savaient  plus  comment  l'ana- 
lyser.    Sihàh    l'enregistre    sub    (Jîjj,    tandis  que  L  A  et  Qâm. 

l'ont  sub  \jj.  Je  laisse  de  côté  les  verbes  .  «J;)  ^^j  ctc,  qui 
sont  purement  dénominatifs,  comme  'pjn  l'est  de  ^J^.  Sîbaweyh 

veut  que  ce  soit  un  ïXsti  [I.  Sîdah  1.1.],  c'est-à-dire  iU^,  puisque 

«-5 

son  diminutif  est  iÇu .,  L  A  XIX  p.  70  en  bas,  mais  je  ne  com- 
prends pas  bien  lorsque  Sîb.  compare  son  a  >  y  avec  le  hamza 
dans    *Iaw  et    ^Làii,    LA,   TA   et  Lane.  D'aucuns  prétendent 

"  ^  o 

que  c'est  originalement  iùL,  mais  LA  dit  que  jamais  les 
Arabes  ne  le  prononcent  avec  hamzah.  Et  pourtant,  force  nous 

est  bien  de  le  considérer  comme  provenant  d'un  (^L  ou  d'un  ^'j 
primitif:  ce  qu'on  voit,  un  signe,  un  insigne.  C'est  peut-Atrc 
au  fond  un  participe  présent  &-uî.  ou  '»^K)  comme  le  fi'an- 
çais  «voyant",  t.  de  marine  [voyez  Littré  s.  v.].  Cela  semble 
se  confirmer  par  le  nom  correspondant  en  babyl.  diglu  en 
hëbr.    bj"i,    Fahne,   Feldzeichen,  aussi  dans  un  {)ai)yrus  aram. 

d'Asaouan,  ZA  XX  p.  150,  du  babyl.  dagàlu,  voir,  apercevoir. 
L'objection    de    Schulthess,   H  W   p.  20,  à  propos  de  %-^^  "<2 


1432 

me   paraît   pas  justifiée,   i^ï*^'    ^Jj,  elle-même  appelée  o!3 
wUi,  putain,  I.  Rosteh  p.  207,  «>,  ety>Ui!  iul^,  ou^U::^^'  wLc, 

ie  drapeau  du  marchand  de  vin,  LA  XIX  p.  381, '^^  rappellent 
le  Cant.  des  Cant.  2  v.  4: 


iLj^    est    le    sjnonyme    de   a-jL  ,  avec  le  même  pluriel  que 

celui-ci,  oIjLé  et  l5^,  et  les  mêmes  dénominatifs  ^j-^i,  ^çfrà.^. 

Le    thème  est  L-è,    comme  Ij,.  Le  dim.  en  est  K-^-çx,  comme 

iiLo..  Cela  n'est  peut-être  pas  sans  importance  pour  rétymo- 
logie.  iuli  et  wL  sont  employés  Fun  pour  l'autre  dans  les 
anciennes  poésies.  Mo'^all.  'Antarah  Ahlw.  N'^  21  v.  59:  oIj^ 
.L^Uliî,  glosé   par  ol^K,  Gamh.  el-'^Arab  p.  98,  comme  Mo^iU. 

Lebîd    V.    58,    Tlie   Seven  poems  Johnson  p.  iJ4:  j-^J    ^.^'i 

voyez  Bibl.  Geogr.  Arab.  VIII  Gloss.  p.  XXII,  Nôldeke  ï'ûnf 
Mo'all.    II    p.   44.    Je   ne   suis   pas  très  sûr  que  Xj!.  et  *-J.L-c 

soient  deux  mots  différents.  Si  ioLc  est  paraphrasé  par  {^sJ<a) 

^^c^'t  '(jr***^'  ;^  <f^'  ou  sl^AÀ-fl  L  A,  cela  peut  être  une  ac- 
ception secondaire  et  ne  prouve  rien  en  faveiu'  de  l'indépen- 
dance du  thème,  j  et  à  permutent  quelquefois  dans  la  lurah. 
Pour  le  moment,  je  ne  puis  offrir  que  les  exemples  suivants: 
.L),  o  =  éLi,  i,  périr,  Qinxi.. 

i-'j.^  son,    Sihâh   II   p.   487   en  haut.  LA  XIX  p.  57  en  bas, 
et  i^Lic,  chant,  ([u'\  aurait  dû  être  ^l-»>c,  sur  Jaé  [ver- 
bes: ^c^j  et    ^c^.] 
io^L  =  J^J^^-c^ï  outre  d'eau,  Qâm.. 

Jo,A«,  ^V-yt^  et    J^-w,    (jraisser,  LA,  Qâm.. 
Aj_svo'  f?  ,AJ']  =  J^.*ô" ,  se  revêtir  de  la  dir'^,  Qâm.. 


1433 

Oye,  (_^*,w«  et  u>J«-/> ,  lutter  avec  [\)ro\n\  (se)  frotter  à] 
I.  el-Qût.  p.  308,  p.  309,  '*,  dissoudre  un  médicament,  L  A  III 
pp.  iO  et  11;  frapper  Qâm..  Je  suis  persuadé  qu'on  en  trouvera 
d'autres  en  examinant  L  A  et  le  Qâm.,  lequel  sous  ce  l'apport 
est  très  instructif.  Or,  iùLc  n'ayant  pas  d'étymologie  accep- 
table en  arabe,  car  les  verbes  sont  dénominatifs,  a  moins  qu'on 

veuille  attribuer  à  ,ci^  et  ^eè^  =  f^  et  "^fj  [oiseau]  un 
sens  primitif),  on  est  bien  tenté  d'y  voir  une  prononciation 
pour  iuL.  Mais  je  n'ose  me  prononcer  d'une  façon  définitive, 
ne  pouvant  retracer  l'histoire  de  ce  mot.  Les  étendards  ayant 
joué  un  grand  rôle  dans  l'antiquité  sémitique,  Erman  Aegypten 
p.  719,  Spiegelberg,  sur  le  culte  des  étendards  chez  les  Egyptiens, 
on  doit  en  conclure  que  les  Arabes  ne  font  que  perpétuer 
une  ancienne  coutume. 

P.  674.  Il  est  curieux  de  constater  que  le  J..:?^  nagal  sudarabique 
se  trouve  également  en  aram.  \>..J  ,  Schulthess  H  W  p.  39, 
Nôldeke  ZDMG  54  p.  162/3.  La  supposition  de  Schulthess: 
\^  <^^ûJ  =  i3^^  <^  3-^  est  donc  fondée.  L'auteur  des 
Merveilles  de  l'Inde  s'en  sert  aussi:  débarque^'  une  cargaison, 
V.  d.  Lith  Gloss.  s.  v.  p.  203. 

P.  689.  Sur  ^UjLx  cf.  Brockelmann  V  G  S  S  p.  225  et  p.  226  ^. 
Les  Bédouins  du  Nord  disent  ^iL'^  À  ,^,  fronde,  pi.  oL-yColJ-x 
de  wàjtoj  ,  lancer,  pour  *iL(i3jya.  Les  dict.    class.   n"ont   pas  ce 

thème,  mais  voyez  Dozy  S.  Cf.  m  an  su  wa  >  ma  su  a,  bateau 
Sihr,  V.  Gloss. 

P.  692  note.  C'est  peut-être  le  pluriel  classique.  Il  fut  bien  ainsi 
compris  par  mes  Datînois,  mais  ce  pluriel  n'est  cependant 
pas  dans  notre  dialecte. 

P.  724,  '0.  Co  iwXxàjU;  est  =  .>5âifi  (fém.)  +  t-u  (uh  ou  hu),  oii  i 
résulte  de  la  pression  de  l'accent.  Ida  kiin  wâhed  yit- 
-waééafl  'a la  dàtu  beqûl  hal-qôl  kainnu  sairîtlu 
nRibi,  si  quelquun  s^attriste  sur  son  sort,  il  dit  cela  comme 
si  un  malheur  l'eût  frappé,  Haurfm. 

>  - 
1)  >j5^i5^!  tyi!  Su'arâ'  en-Na>r.  I  p.  173,  ». 


1434 

P.  734,  '".  Barth,  Sprachwissenschaftliche  Untersuchungen  zum 
Seniitischen    I    j).    13  et  ss.  veut  séparer  m,  od  ?,  de  |j^,  o»  ?, 

dans  lequel  il  voit  le  préfixe  interrogatif  an,  dont  je  viens 
de  parler.  Mais,  à  mes  faibles  lumières,  il  me  semble  que  les 
deux  mots  renferment  le  même  j)lionème  final,  de  quelque 
nature  qu'il  soit.  Si  ]j^  ne  })rovient  j)as  directement  de  |^i^, 
ils  sont  pourtant  de  formation  analogue. 

p.  735,  note  1.  Sur  ce  phonème  de  négation,  voyez  Victor  Ancessi, 
Etudes  de  Gr.  comp.  l'S  causatif  et  le  thème  N  dans  les  langues 
de  Sem  et  de  Cham,  Paris  1872,  mémoire  qui  a  encore  sa 
valeur. 

P.  753,  6  et  ss.  La  traduction  de  ces  vers  se  trouve  p.  990  note  1. 

P.    769,   12.    De   Goeje,   Z  D  M  G  61  p.  472,  veut  lire  ici  \^'fà   au 

lieu  de  ^r*J',   ce  qui  n'est  pas  nécessaire;  voyez  p.  770,  2, 

P.  824.  j^  doit  correspondre  au  babyl.  IJ^D,  envoyer  \  tamîrtu 
ou  tamârtu,  envoi,  cadeau,  Del.  HWB  s.  v.,  d'où  sans  doute 
.Lo,  i.  C'est  la  même  idée  que  nudunuu  de  nadûnu,  don- 
ner, p.  826  et  note  1. 

P.  829  et  ss.  Le  verbe  *i)i  figure  même  dans  l'ouvrage  de  Rhodo- 
kanakis  Dialekt  im  Dofâr  p.  132  N°  CXXII  :  H  â  d  a  m  i  r  w  i  y  î  g- 
sud  fi  wâheda  mràh  ferkàt  em(?)fôg  ben  ^ammha. 
Ce  Mirwi  chante  à  lyropos  d'une  femme  qui  détestait  son  mari. 

P.  833  note.  Sur  iA*s  =  «^,  voyez  Arabica  \,  p.  175,  en  bas. 
Ne    croyant    pas    avoir   mal    entendu    un    mot  qui  m'est  très 

connu    (u^ias,  dans  le  Nord),  je  suppose  que  iAas  est  un  tout 
autre  mot  :  générosité. 

o 

p.  882/3.  A  propos  de  ^f^^,  il  ne  sera  pas  inutile  de  nous  arrêter 
un    moment    sur   yt-^,    -poésie.    C'est   sans  doute  le  même  mot 

que    le    babylonien    sîru,    oracle,    Orakelspruch,    Del.    II WR 
p.  655  b,  ce  qui  a  donné  l'hébreu  "ii^^  et  i^^^îî^,  dont  le  verbe 

1^,  i,  est  dénominatif  Ce  sont  des  mots  transmis  directement 

de  l'uncicn  monde  sémitique  et  qui  nous  font  voir  la  genèse  du 


1435 

jX^  arabe.  Nous  avons  de  môme  ^3  de  Bel  u,  b>ja,  bïîAoç  des 

Grecs,   comme   emprunt  direct  du  babylonien,  à  côté  de  ^^3, 

sab.  b'^1,  Jv*J,  maître,  seiV/neto',  BaaîA.')  Goldziher  explique  le  nom 
du  -cLi  par    Wissender^  Kundiger,  M  S  I  p.  45,  id.  Abhaiidl. 

z.  Arab.  Phil.  I  p.  17,  en  le  comparant  avec  ^^(f;2N  g^^  ^>)Jr\^  v. 

aussi  Ges.-Buhl  H  W  B  p.  259,  mais  tant  que  nous  ne  con- 
naissons pas  l'étymologie  du  babyl.  sîru,  le  verbe  arabe j*^ 

ne    suffit    pas    pour    expliquer  -cUi  et  r*^.  Il  se  peut  que  le 

verbe  babyl.  *j***'  signifie  aussi  connaître,  mais  jusqu'à  pré- 
sent on  l'ignore.  En  tout  cas,  nous  voyons  à  quelle  source 
remonte  la  poésie  arabe,  et  l'exposé  de  Goldzihcr  n'en  reste 
pas  moins  exact. 


1)  D^ltt'î   démons,   K  T  A   p.  460  note  4,  du  babyl.  se  du,  démon  de 

la  tempête,  est  par  Hommel  Z  D  M  G  46  p.  529  identifié  à  l'arabe  CKxm. 
Jensen  rejette    cela,  à  cause  du  lyo  hébr.,  mais  cette  raison  n'est  pas 


suffisante. 


Le  &s,!c  actuel,  v.  Gloss.  s.  v. 


FAUTES  D'IMPRESSION  A  AJOUTER  A  LA 
LISTE  P.  277/8. 


Pag. 

Pag. 

8,'« 

lisez 

w  a  1 1  a. 

73, 20  lisez  ^«V 

9," 

j> 

gàmbîeh. 

75,1 

» 

ô-waldah. 

20,' 

» 

willarsâs. 

20, '6 

» 

kuMeh. 

75,2 

» 

gâllëha. 

20,21 

» 

kô'deh. 

75,3,* 

» 

galet. 

20,22 

» 

qahwah. 

76,9 

» 

lil-tnèlëh. 

21,12 

» 

aLf-". 

87,  22 

88,21 

» 
» 

e  m -sa  ma', 
'ôtub. 

27,  " 

» 

uyidro^ha. 

89,20 

» 

parenthèses. 

28," 

» 

ij^îilt. 

92," 

» 

sar'ânha. 

3    0- 

94,5 

» 

1  à  q  e  h  e  t. 

37,' 

» 

O.^.-^;- 

108, 12 

)> 

mi  tel. 

109,  1» 

» 

ei-'ôUieh*) 

38,  « 

» 

')■ 

109,  n 

» 

e  1-m  î  e  h  *). 

40,2 

» 

es-subeh. 

120,21 

» 

superdental. 

41,8 

j> 

wâhed. 

135,» 

» 

benak  1). 

42,2 

» 

135,  '5 
138," 

» 

b  enak. 

m  a  é  ii  r  î  h  â' 

150,22 

» 

'./• 

46,8 

» 

•wug'all 

184,* 

» 

huit. 

46, 2* 

» 

sùwîlak. 

187,13 

» 

laverons. 

69,21 

» 

et-tarîq. 

190, 1* 

» 

3. 

70," 

» 

by^- 

211» d. 

.» 

isst. 

1438 


FAUTES  D'IMPRESSION  DE  CE  VOLUME. 


Pag. 

Pag. 

290,  d.  1.  lisez  d'une  filiation. 

464, 

2 

isez 

m. 

292,  d.l.    »       le  Liban. 

T 

299,  '  d'en  ba.s  lisez  renferme. 

468, 

4 

isez 

L^- 

312,  '  lisez  le  paiement. 

468, 

5 

d'en 

bas  lisez  j^iJ.Ls^. 

317,  note  biffez:  Cf. ,  £joJ  =  (Jc; 

V.  p.  1286. 

474, 

6 

d'en 

bas  lisez  baMli. 

329  d'en  bas  lisez  i^rilî2- 

485, 

12 

lise: 

,  ^. 

345,  6  lisez  II  y 

513, 

16 

» 

353,  8  lisez  .^. 

514, 

3 

isez 

Ji^i'    „Jj'î. 

o  • 

517, 

18 

19   1 

)ifïez  :  et   as.svriolo?ue 

353,  "  d'en  bas  lisez  tarîq. 

' 

V                  " 

361    note    5    lisez  tuqsufha  et 

très  sérieux. 

520, 

14 

li.sez 

Ibn  es-. 

teqarsifha. 
362,  2  biffez:  s'accroupir,  hocken: 

521, 
523, 

6 
4 

sôm. 

l'exemple  se  rapporte  par  con- 

523, 

16 

» 

séquent  à  j5jj'  >  y^y  • 

525, 

16 

y> 

387. 

„ 

527, 

4 

•» 

savant  '). 

364  note  2  lisez  ^j^.- 

529, 

13 

» 

')• 

531, 

13 

t) 

usité. 

379,  1*  lisez  Oo^. 

532, 

12 

y> 

TV2. 

402,  "     »     (ji^llaii. 

547, 

note,  renvois  en  désordre. 

402,  3  d'en  bas  lisez  Tâhis. 

565, 

6 

» 

2^tt>. 

o. 

565, 

6 

» 

>  a.A^'- 

404,  »     »       »       »      y3. 

574, 

9 

» 

el-ahbâr. 

404,  1'    »       »       »      15 

580, 

8 

» 

" 

411,   '  lisez  abkâk. 

587, 

3 

» 

Littmann. 

415,  •*  d'en  bas  lisez  'cy^j-'  ^j:-^- 

591, 

5 

» 

faucille. 

419,  '  biffez:  ment. 

595, 

14 

» 

oo«c. 

419,  9  lisez  J^  =  yLé,  ou  ^. 

598, 

13 

» 

,^. 

o      ) 

433,  «  lisez  5j^V=>. 

607, 

8 

» 

î      5 

444,  »  d'en  bas  lisez  mater. 

632, 

10 

» 

*)•         *    .. 

449,  1     »       »       »     théologien. 

632  note  2 

lisez  '•>j^' 

1439 


Pag. 

643,  not  e  i.  1.2.  lisez  rejeter. 

644,  '  d'en  bas       »     "ji^. 
652,  '*  lisez  l'ont. 

o 

655,  ♦  d'en  bas  lisez  uj.^i. 

667,  '  »       »       »    (jiiL^. 

674,  6  »       »       »       '^lis,. 

681,  *  V       »       »    judaïque. 

684,  8,  9  lisez  oJjJ^L 

687,  3  d'en  bas  lisez  ^^fj^. 

691,  *  lisez  ^\y 

693,  '2     »     j,^. 

699,  *      »     Jûî  et  jo=T. 

699,  '8    „    JJC^. 

701,  d.l.»    ^/J. 

735,  2  d'en  bas  lisez  pjjt. 

741,  8     „      »    ÔL>. 

744,  '  lisez  (qëné). 

748,  '0  d'en  bas  lisez  carnaval. 

754,  »°  lisez  nîiP?|. 

754,  '2     ,,     tukkiyyîra. 

759,  '      »     Egyptiens. 

761,  3      »     6ôz. 

765,  '-'     y>     J^. 
776,  d.l.  y>     JU*-*. 

O  o       5 

791,  4      T,    j^  ou  j-^>J« 

-   t*  -  »  - 

797,  8      »     ijy  lAJ',  =cl.  8^4  iXJ. 

800,  ♦  d'en  bas  lisez   ic. 
803,  *  lisez  -1  ou  1_. 


Pag. 

803,  3  d'en  bas  lisez  ^Lo  • 

812,  '♦  lisez  Q^i^^. 

834,  "     »     £/^^î. 

834,  8  d'en  bas  lisez  ')  U;^,  et^) 

867,  "  d'en  bas  lisez  2JT. 

TT 

871,  3      »       »  biffez  I  après  mots. 

874,  8  lisez  ^eS^l 

880,  3  d'en  bas  biffez:  pour. 

883,  1  lisez  SÎAi. 

903,  d.l.»     K^^. 

906  note  1  biffez  la  dernière 

partie. 
908,  20  lisez  Hadramôt. 
913,  '"     »     regardaient. 
918,  ^      »     Mogâwir. 

925,  '»     »     fl\^*^. 

927,  s      »  u-^- 

943,  2      »  taub, 

943,  '      »  Hattâb. 

943,  '"     »  angeblich  regulâren 

Vielmânnerei. 

964,  •*      »  à  l'origine. 

967,  *  d'en  bas  lisez  n?3n. 

974,  ■"  lisez  ,i^;  v_jy^  ne  se  dit. 
1006,  "  lisez  Heliopolin. 

1012,  •  d'en  bas  lisez  .i\c. 


012, 

B      » 

» 

» 

^  ^-^ 

V*^ 

^ 

^AJU 

jXav      oVk.' 

ou     iAaaw 

•4. 

039, 

»  d'en 

bas 

lisez 

i^o^- 

1440 


Pag. 

1041,  >5  lisez  fôq. 

1051,  ^  et  9  d'en  bas  lisez  .  <^v;. 

1052,  8  lisez  des  savants. 
1055,  5  d'en  bas  lisez  balâ. 
1060,  "  lisez  cresce. 

1060,  '9     »      eccellente. 
1062,  9  d'en  bas  lisez  murrî, 
1064,  »  lisez  Vullers. 

1078,  ^  d'en  bas  lisez  Ojsr. 
1081,  8  lisez  hâlhom. 

1088,  8  d'en  bas  lisez  ^. 
1090,  "     »       »      »      lamraa 
nitrèyyâh. 

1098,  »  d'en  bas  lisez  Mârib. 

1099,  "  lisez  hClâ. 
1102,  8      »     jette. 

1108,  2  d'en  bas  lisez  /^l 

1111,  6  biffez  1). 

1111,  '  d'en  bas  lisez  '). 

1118,  d.l.  lisez  in^i. 

1120,  3  d'en  bas  lisez  »JjS^, 
1127,  8  lisez  Husn. 

1131,  "    »     iuL^?!^. 

1134,  *  d'en  bas  lisez  Burry. 
1143,  •*  lisez  Ûamharah. 


Pag. 

1151,  8  d'en  bas  lisez  .su.U^, 

1152,  3  lisez  L^wJjl.  oLo  j,yo. 
1148,  '*  lisez  «l'imn. 

1162  n.  1   »  de  la. 

1163,  "  d'en  bas  lisez  "IDT- 

1163,  '2     „       „       „  {^-)<|»2î. 

1166,  9      »       »       »     iJUs?. 
1187,  *  lisez  Zamahsarî. 
1192,  1     »      ida<ilâ. 

1192,  »,  9  lisez  aif,    mais   bif- 
fez-le. 

1195,  8  d'en  bas  lisez  ^y^  pour 

1196,  '  lisez  wài^L 

1217,  5  d'en  bas  lisez  »>>-v. 
1259,  3  lisez  ^j. 
1269  ^T     »     -^pi^. 

1288,  »  d'en  bas  lisez  ^3l 

1298, 5, 6  „       „       ^  1^^  gj^  ^^ 

1311  d.l.  lisez  ^^f. 
1312,  "  lisez  Jsi. 

1323,  *  d'en  bas  lisez  kippati. 

o 
1375,  ^  lisez  minayyân. 


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